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Au début de la IIIe République, les préfets transmettaient encore les consignes de vote…

juin 2011

Ce 16 juin, le Parlement européen organise (enfin !) dans notre région de Franche-Comté une rencontre entre les eurodéputés de la circonscription et leurs électeurs. On comprend que le préfet du gouvernement de la République française a été invité par courtoisie et il est le bienvenu, sans équivoque. Voilà que nos eurodéputés acceptent de débattre avec ceux dont ils tiennent leur légitimité. Eux qui contribuent -hélas encore trop peu...- à l’élaboration de la législation supranationale européenne, ils en expliquent le contexte, commentent les débats et les décisions passés, tracent des perspectives d’avenir pour cette famille européenne qui est la nôtre. Ils écoutent les questions et y répondent. Ils expriment leurs visions et leurs idées. Quel bonheur de vivre ces trop courts et trop rares instants de débat démocratique !

Tiens ! C’est vrai, seuls les eurodéputés verts et socialistes sont présents ; mais où sont donc allés les autres ? Un débat déséquilibré, a tenu à souligner le préfet ? Il est bien vrai que celles et ceux qui ont osé s’exposer aux électeurs sont de vrais démocrates. Et il semble bien, les impertinents, qu’ils aient, en outre, omis de recueillir des éléments de langage correct auprès du représentant du gouvernement en exercice de notre République. En tant qu’institution, par la présence en retour à ce « Forum Citoyens » (sic) des représentants que le peuple lui avait envoyé -enfin, de ceux qui ont accepté d’y prendre part, le Parlement européen est sorti grandi aux yeux de ses mandants.

Mais la mauvaise humeur du préfet devant leur liberté de ton et d’expression a troublé plus d’un citoyen de notre République. Son choix délibéré de rappeler, en conclusion, que l’évolution des institutions européennes vers une forme de gouvernement fédéral n’était pas l’option qui avait la faveur du gouvernement français (actuel ?), introduit un élément de polémique assez peu constructif. On n’ose imaginer un seul instant que le préfet ait voulu s’interposer entre le peuple et ses élus. Non. Car finalement, toute respectable que soit la fonction préfectorale, à chacun sa légitimité, n’est-ce pas ? Décidément, l’esprit démocratique, ce soir-là, n’était pas également réparti, hélas.

Et il faudra bien admettre un jour que la France ne fera jamais la politique de l’Europe à elle seule.

Auriculus