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Comité fédéral de la J.E.F. 22 et 23 février 1975 - Langen (R.F.A.)

1975, par Jean-Francis Billion

Des représentants de Malte (Maltese Youth Movement for European Unity) et de la Suisse ont exposé rapide- ment la situation dans leurs pays respectifs. L’adoption définitive de la Section maltaise de la JEF [1] devra être soumise à l’approbation du Congrès. Pour la Suisse, les choses sont moins avancées.

Des membres britanniques du C.F.(Tom Spencer et Alex Layton) ont fait état de leurs contacts respectifs avec des groupes de jeunes portugais et grecs. Les représentants italiens ont alors fait état de l’existence, de 1967 à 1974, de deux sections de jeunes fédéralistes grecs en exil à Bologna et à Pa vie.

Julian Priestley, président de la J.E.F., a présenté son rapport politique que seuls Français et Italiens ont contesté, tous les autres semblant dormir profondément. De ce rapport il ressort que la priorité absolue doit être donnée à des actions telles qu’une visite au Portugal, la mise en place de sections grecques et portugaises, la campagne pour le référendum britannique (voir ici le texte des représentants français et italiens au C.F.I et d’autres de caractère encore plus évidemment confédéraliste (poursuite de la convergence des politiques économiques, politique extérieure de la Communauté...).

Tous objectifs fort intéressants mais dont on voit mal comment ils pourraient être réalisés sans la création préalable d’un gouvernement européen démocratique (aux pouvoirs limités mais réels et donc de type fédéral). Après ce rapport politique du président de la JEF et l’apathie totale dans laquelle il a été accueilli, il semble bien que la grande majorité des responsables du mouvement n’a pas encore la plus petite idée de ce que peut bien être le fédéralisme.

De cela découle le document de la même veine proposé par Julian Priestley pour une rencontre d’une délégation de la JEF avec M. TINDEMANS (premier ministre beige, chargé d’établir le rapport sur l’union européenne). En huit pages, et à la première lecture, on ne trouve ni le mot fédéral, ni le mot fédéraliste... De l’opposition à ce texte de nos amis italiens est donc née la décision de nommer une Commission chargée d’élaborer un nouveau texte et de le présenter à Tindemans (J. Priestley, T. Spencer, F.J. Klein, S. Schepers et D. Moro).

Après un débat politique que nous avons décrit tel qu’il l’a été : fort animé, est intervenu une discussion fort importante (qui a au moins eu le mérite de réveiller bon nombre des participants et fort longue (nous avons dû présenter une motion d’ordre pour y mettre fin sur le Bureau Européen de Coordination des Organisations de Jeunesse (B. E .C.O.I.J.) et... sur les subsides qui pouvaient en être attendus.

Il a été enfin discuté de l’organisation du Congrès extraordinaire de la J.E.F. La première nouvelle fut que les dates indiquées des 2 et 4 mai à Innsbruck étaient en fait celles des 22 et 24 mai dans la même ville, d’où le tollé général de la représentation britannique (à l’exclusion de Layton) qui a affirmé ne pouvoir se rendre à Innsbruck à ces dates à cause de la proximité du référendum en Grande Bretagne. Les dates premièrement proposées ont donc été abandonnées, les Italiens faisant une nouvelle proposition : Congrès à Milan les 2 et 4 mai aux mêmes conditions que celles proposées en Autriche. Finalement, deux possibilités ont été mises au vote : Milan 2 et 4 mai 1975 ou Innsbruck les 18 et 19 octobre 1975. Le choix s’est porté sur Innsbruck (14 votes contre Milan (11 votes).

Le choix politique de la date est clair ; la fraction conservatrice de la JEF européenne (majorité des Britanniques. Autrichiens, Scandinaves principalement) a une fois de plus décidé de repousser dans le temps la démocratisation de l’organisation.

La seule chose qui ait pu être obtenue est que le Congrès d’Innsbruck sera convoqué sur la base d’un fichier de membres unique et centralisé par le Secrétariat Général sur une fiche qui n’est en fait que l’adaptation de celle déjà en vigueur en ltalie. Une cotisation minimale est également imposée pour le Congrès (20 francs belges), devant être augmentée sur décision de celui-ci (probablement 50 FB dans un premier temps).

À quelque chose, malheur doit ètre bon ; le report de la démocratisation de la JEF au niveau supranational donne aux Français jusqu’au mois d’octobre pour structurer leur propre section nationale.

Cela ne sera sans doute pas de trop, et le C. F. a décidé à l’unanimité de donner mandat aux régions Rhône-Alpes et Parisienne de l’organisation de prendre toute initiative nécessaire en ce sens.

Le Comité Fédéral a enfin décidé de fixer sa prochaine rencontre à Londres soit pour les 24 et 25 mai, soit pour les 7 et 8 juin, la date définitive devant ètre connue incessamment.


[1NDLR. JEF : Jeunesse Européenne Fédéraliste