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Les « Dix jours de Buenos Aires pour la Démocratie mondiale »

Conseil du WFM de Buenos Aires, parlementaires latino-américains et prises de position pour la démocratie internationale, la réforme des Nations unies et l’intégration régionale

décembre 2010, par Jean-Francis Billion

Le Conseil du Mouvement fédéraliste mondial (WFM) se réunit annuellement dans la période séparant ses Congrès internationaux, en plus des rencontres (physiques ou par vidéo-conférence) de son Bureau exécutif. Ces réunions se tiennent souvent par commodité, à New York, près du Secrétariat et du siège des Nations unies, ou en Hollande, où le mouvement dispose d’un bureau européen ; il arrive aussi qu’elles se déroulent en d’autres lieux, par exemple à Ventotene à l’occasion des Séminaires de formation fédéraliste de la fin de l’été et depuis que dans les années 1990 la JEF Europe et l’UEF ont rejoint le WFM.

En 2010, afin d’épauler les efforts des fédéralistes latino-américains le Conseil et le Bureau exécutif se sont tenus en Argentine. En effet, après des décennies d’absence, due en particulier à l’instabilité politique et aux dictatures ayant sévi dans de nombreux pays, le WFM compte à nouveau trois organisations, membres ou associées dans la région : Planetfilia au Mexique, la Fundación Federalista en République dominicaine et Democracia Global, en Argentine, et plus récemment en Uruguay. Le WFM est aussi en contact étroit avec de nombreuses ONG en tant que coordinnateur de la Coalition mondiale des ONG pour la Cour pénale internationale (CICC), dont il a pris l’initiative il y a 15 ans.

Au total, trois séries de réunions se sont tenues sous un chapeau commun : les “Dix jours de Buenos Aires pour la démocratie mondiale” :

  • les réunions du WFM ;
  • celles du Parlement latino-américain, auxquelles se sont associés d’autres parlements nationaux ou régionaux, où ont été discutés un ensemble de thèmes concernant l’intégration latino-américaine et les stratégies pour la création d’une Assemblée parlementaire des Nations unies (UNPA) ; et,
  • la réunion annuelle du Comité d’animation de la Campagne pour une Assemblée parlementaire des Nations unies (CEUNPA), action soutenue par l’UEF Europe, la JEF Europe et le WFM et dans laquelle les parlementaires européens, Jo Leinen et Andrew Duff, ancien et actuel Président de l’UEF Europe sont très actifs.

Le Féd’Actualité de ce numéro de Fédéchoses est largement consacré à ces évènements. Divers articles reviennent en détail sur le WFM et ses actions (Cour pénale internationale, Assemblée parlementaire des Nations unies, principalement) et nous publions également la résolution politique de son Conseil sur le G 20. L’autre résolution adoptée à Buenos Aires concernait des points d’organisation interne tels que la création de nouveaux bureaux dans d’autres régions du monde, en particulier en Amérique latine, et la fondation à Campinas, ville universitaire brésilienne où Spinelli a vécu très jeune, d’un séminaire annuel de formation pour jeunes militants fédéralistes, inspiré des Séminaires de Ventonene. Nous publions également la Déclaration de Buenos Aires adoptée par la Campagne pour l’UNPA de même qu’une interview réalisée à Buenos Aires de M. Olivier Giscard d’Estaing, ancien parlementaire français et Président du Comité pour un Parlement mondial, orateur invité de la Campagne pour l’UNPA.

Il est donc plus intéressant de s’appesantir ici sur les quatre résolutions adoptées par les parlementaires réunis à l’initiative du Parlatino et de sa Secrétaire générale Sonia Escudero :

  • la première apporte le soutien du Parlement latino-américain, du Parlement andin et de celui du Mercosur, au Président constitutionnel Rafael Correa Delgado, face à des menées subversives et à tentative de coup d’Etat en Equateur ;
  • la seconde, apporte un soutien au “Parlement antillais”, et fait part de préoccupations face aux menaces du gouvernement hollandais sur le principe de libre circulation des personnes entre les Antilles néerlandaises et les Pays Bas. Les troisième et quatrième, beaucoup plus développées, concernent plus directement les fédéralistes ;
  • la troisième, sur “la réforme des institutions internationales”, se conclue (points 10 à 12) de la manière suivante : “ … Les parlementaires… appellent les assemblées parlementaires membres du Parlement latino-américain à adhérer à la Résolution de son Assemblée générale en soutien à la mise en place d’une Assemblée parlementaire des Nations unies” ; … “demandent aux Chancelleries des pays membres du Parlement latino-américain qu’ils transmettent à l’Organisation des Nations unies la totalité des informations sur le suivi de sa Résolution 992 (X) sur la Révision de la Charte des Nations unies ; et s’achève en décidant de “présenter la Déclaration de Buenos Aires sur la réforme des institutions internationales au Secrétariat général des Nations unies, au Directoire de la Banque mondiale, au Directoire du Fonds monétaire international, à l’Organisation mondiale du commerce et aux autorités du G 20” ;

la dernière résolution ; sur “l’intégration régionale en Amérique latine et dans les Caraïbes”, après avoir résumé (points 1 à 5), l’état des lieux et les raisons, et atouts, de l’intégration régionale, appelle à la poursuivre et à en accélérer le processus tout en insistant dans sa deuxième partie (points 6 à 11) sur les points suivants : la nécessaire harmonisation avec les autres régions du monde, en particulier à l’occasion des “Sommets entre l’Europe et l’Amérique latine, et l’Assemblée parlementaire euro-latino-américaine (Eurolat)” ; “le rôle fondamental (du Parlement latino-américain) comme organe d’intégration étant donné que de par sa constitution il est une courroie de transmission de la voix des citoyens au plan regional” ; “qu’il est nécessaire d’évaluer l’impact concret de l’intégration régionale, raison pour laquelle nous décidons de promouvoir, dans le cadre du Parlement latino-américain, la réalisation d’une étude complète sur les coûts de la non-intégration qui sera présentée lors des prochains Sommets de la Communauté des Etats américains et des Caraïbes”, et enfin, “qu’il est nécessaire de modifier le principe de représentativité sectorielle dans les institutions internationales pour le principe de représentation régionale et dans ce sens que l’Amérique latine et caribéenne doit impulser une concertation régionale mondiale”. Cette quatrième et dernière résolution devant être “transmise pour information au prochain Sommet de l’Unité de l’Amérique latine et des Caraïbes qui se tiendra en République bolivarienne du Vénézuéla au cours de l’année 2011.”


Jean-Francis BILLION 
Vice-président de l’UEF - France, membre du Comité fédéral de l’UEF et du Conseil du WFM