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Europe volée !

juin 2013, par Henri Paraton

L’Europe que voulaient Jean Monnet et ses amis, ainsi que Konrad Adenauer et Charles De Gaulle, nous a été volée !

Cette Europe fraternelle où l’entraide entre les hommes et les pays devait mettre fin à la haine et au désir de vengeance entre les diverses nations européennes est en train de disparaître sous nos yeux et nous ne le voyons pas !

Lorsque les six pays fondateurs ont signé le(s) Traité(s) de Rome en 1957, leur objectif était clair : grâce à la mise en commun de nos moyens et à une volonté politique sans équivoque, nous allions élever le niveau de vie de tous les citoyens des pays membres et aider au développement des autres pays.

Cela devait nous mettre à l’abri des ressentiments que tel ou tel pays pouvait avoir à l’égard de tel autre.

Tout cela est en train de partir en fumée. Pourquoi ?

Parce que les objectifs et les moyens du Traité initial ont été, petit à petit, détournés au fur et à mesure de l’élargissement de ce qui est devenu l’UE :

  • l’entrée en 1973 du Royaume Uni, suivie de certains autres membres de l’Association européenne de libre échange (AELE) qui a impulsé une nouvelle orientation non désirée, à l’origine ;
  • les déclarations de Margaret Thatcher : « I want my money back » qui a engagé les pays membres au « chacun pour soi » ;
  • enfin, l’entrée des pays de l’Europe de l’Est, au 1er mai 2004, sans mise à niveau préalable, qui a tiré l’Europe sociale vers le bas.

Comment peut-on aujourd’hui prétendre que les salaires français sont non compétitifs, alors que depuis des années ils sont indexés sur un indice des prix moyens qui, entre autres, ne prend en compte le logement que pour 16 % ? Tout simplement par comparaison avec ceux de l’Europe de l’Est, deux à trois fois moins élevés…

Finie l’Europe sociale qui devait profiter à tous.

Seuls ceux qui disposent de capitaux importants et qui, grâce au principe de libre circulation des capitaux, non seulement au sein de l’UE, mais aussi dans le monde entier, peuvent les placer n’importe où, par exemple dans des paradis fiscaux, peuvent s’enrichir aux dépens de la grande masse des citoyens européens.

C’est quoi cette crise qui n’en finit pas ?

Seulement un soubresaut qui permet aux plus riches d’enfoncer un peu plus les divers pays membres de l’UE, pour les obliger à leur livrer ces gisements de profits potentiels que sont les services publics.

La recette est connue : si ces services publics, en Grèce ou ailleurs, ne sont pas privatisés, les capitaux détenus par les 10 % les plus riches, non seulement de l’UE, mais libre circulation oblige, du monde, vont renchérir des titres en nombre limité, ce qui créera une bulle qui en explosant risque d’appauvrir, relativement, les derniers à quitter le « navire ».

Alors pour éviter cela il faut, face à ces richesses croissantes détenues par un nombre limité de personnes, leur offrir d’acheter les services publics.