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Albert M. GORDIANI

mars 2011, par Jean-Francis Billion, Jean-Luc Prevel

Albert Marie Gordiani, militant fédéraliste de la première heure, nous a quittés en ce mois de janvier 2011, à quelques semaines de son 87° anniversaire.

Fils d’un militant démocrate-chrétien anti-fasciste italien exilé à Lyon, Albert s’engage à l’âge de 17 ans dans la Résistance.

Dès 1946, il milite à La Fédération, Mouvement fédéraliste français, composante, à l’époque, de la première Union européenne des fédéralistes.

Il s’implique aussi, dès sa création en 1951, au Conseil des Communes d’Europe (qui deviendra par la suite le Conseil des Communes et des régions d’Europe - CCRE) dont il sera un dirigeant local, régional et national. Non seulement il suscitera des jumelages mais il aura à coeur de leur insuffler un esprit et des valeurs allant dans le sens de la construction d’une Europe fédérale, bien loin de la représentation folklorisante qu’on s’en fait souvent.

À la fin des années 1960, Albert sera, aux côtés des militants de la section Rhône-Alpes du Mouvement fédéraliste européen, la cheville ouvrière de la reconstitution de l’UEF Rhône-Alpes. L’UEF Europe s’était dissoute dans les années 1950 après l’échec de la Communauté européenne de défense et la refondation de l’UEF Rhône-Alpes précédera de quelques mois la réunification de l’UEF Europe. Albert sera plus tard le Président de sa section française dans les années 90.

Grand pourfendeur de « l’État jacobin, bureaucratique et centralisé », il fut aussi un militant anti-raciste sans concessions. Albert a été un travailleur infatigable pour la cause du fédéralisme européen, de tout temps au centre de sa vie, son épouse Jeannine et ses fils Bruno et Olivier qui l’ont un temps rejoint dans ce combat, en savent quelque chose.

D’un caractère entier, Albert ne supportait guère les tièdes ni les dilettantes… Enfin Albert était membre du Bureau de notre association éditoriale Presse fédéraliste et a toujours soutenu notre revue. Ses archives fédéralistes, très riches et remontant à l’immédiat après-guerre, ont été transférées il y a quelques années aux Archives historiques des Communautés européennes auprès de l’Institut européen de Florence où elles peuvent être consultées par les chercheurs et constituent, avec d’autres, une base de données irremplaçable sur l’histoire et la pensée du mouvement fédéraliste.

C’est au nom de ta mémoire, Albert, que nous resterons des militants fédéralistes ardents et parfois intransigeants.

Jean-Francis BILLION - Jean-Luc PREVEL