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L’Espagne assume enfin son passé

1er novembre 2007, par Valéry-Xavier Lentz

Les députés espagnols ont adopté mercredi 31 octobre la loi sur la mémoire historique venant permettre la réhabilitation des opposants à la dictature franquiste.

La transition démocratique a eu lieu en douceur en Espagne, après plusieurs décennies d’une dictature autoritaire et fascisante (1939-1975). Afin de faciliter cette évolution, aucune rupture formelle n’avait été réalisée avec le passé et les victimes républicaines de la Guerre civile, comme toutes celles qui avaient suivi, n’avaient pas été reconnues et le régime lui même n’avait pas pu faire l’objet d’une condamnation officielle.

C’est désormais chose faite avec la nouvelle loi. Les démocrates ne peuvent que s’en féliciter car la lutte permanente contre les tentations autoritaristes nécessite de se souvenir des dérives du passé. On doit ainsi regretter que le Parti Populaire -les alliés espagnols de l’UMP- ne s’y soit pas associé alors que la loi adoptée reste très modérée.

L’attitude de l’Egilise catholique -dont la branche espagnole s’était faite complice du régime- est également choquante. Joseph Ratzinger a effet fait procéder dimanche dernier à la « béatification » de religieux tués au cours de la Guerre civile. Cette provocation m’apparaît comme particulièrement regrettable.

Le texte de la loi sur la mémoire n’est pas une simple loi mémorielle mais elle comporte une série de mesures pratiques, sur l’aide aux associations de victimes, qui recherchent encore les corps, sur les symboles du franquisme qui demeurent dans certaines villes espagnoles, ou encore sur la création d’un centre de documentation historique sur la Guerre civile.


Article paru à l’origine sur le blog de l’auteur