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La création d’un État palestinien et la paix au Moyen-Orient

1980, par Lucio Levi

Editorial de Fédéchoses n° 30 – 2° trimestre 1980

Par Lucio Levi, aujourd’hui Directeur de The Federalist Debate – Membre du Comté fédéral de l’UEF - Turin

La crise du gouvernement russo-américain du monde interdit de contrôler dans son évolution, le mouvement d’émancipation du monde arabe et musulman. Ce mouvement qui, en d’autres circonstances, aurait pu apporter une contribution positive à la détente et au développement économique du Moyen-Orient et du reste du monde, est devenu l’un des facteurs les plus dangereux pour la paix, ainsi que le démontrent les récents développements comme la prise des otages américains en Iran et l’intervention militaire soviétique en Afghanistan.

Les racines de l’extrémisme arabe sont dans l’ennuyeuse question de la non-reconnaissance des droits du peuple palestinien. Tant que cette question ne sera pas résolue, non seulement il n’y aura pas de paix au Moyen-Orient, mais la stabilité politique du monde entier sera exposée à un grave danger, car c’est dans cette région que sont situées les sources d’approvisionnement énergétiques vitales pour les pays industrialisés et surtout pour l’Europe.

Seule la reconnaissance du droit du peuple palestinien à l’auto-détermination et à s’organiser dans un Etat indépendant peut ôter à l’extrémisme arabe sa principale justification et son majeur moyen d’expression. C’est ainsi que pourront être renforcées les positions comme celle du gouvernement égyptien qui, par la reconnaissance d’Israël, ont ouvert la voie, semée d’embûches, mais porteuse de résultats positifs, de la coexistence pacifique entre Arabes et Israéliens. D’autre part, dans la mesure où Israël refuse la perspective de la création d’un Etat palestinien et provoque les Arabes par de nouvelles implantations en Cisjordanie, il se condamne à la ruine et expose l’ensemble du monde occidental à un grave péril.

Pour rompre la spirale de l’affrontement toujours plus aigu entre le nationalisme israélien et le nationalisme arabe, il convient donc de s’attaquer et de donner une solution parallèlement, aux problèmes de la création de l’Etat palestinien et de la sécurité des frontières d’Israël. Une initiative dans ce sens ne peut venir que des deux grandes puissances, dont le recours toujours plus fréquent à la force est l’expression de la dégénérescence politique. Les pays de la Communauté européenne, s’ils étaient en mesure d’agir de manière unitaire et de développer une position commune, pourraient contribuer à l’affirmation d’un équilibre mondial, favorisant ainsi la relance de la détente. L’initiative de Giscard d’Estaing en faveur de l’auto-détermination du peuple palestinien et l’approbation qu’elle a reçue des autres gouvernements de la Communauté représentent un bon prémisse pour bâtir une solution au problème du Moyen-Orient.

Mais le rôle international de l’Europe ne pourra être efficace que si la Communauté œuvre pour mener à terme son unification politique, commencée avec l’élection directe du Parlement européen. Une étape fondamentale sur cette voie est l’unification monétaire. Elle permettrait de flanquer le dollar d’un nouveau moyen de paiement international et de stabiliser le marché des changes.

Dans le même temps, il deviendrait possible d’utiliser les ressources monétaires excédentaires, détenues par les pays producteurs de pétrole, pour acquérir en Europe des technologies à transférer vers les pays du Quart-Monde.