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La crise des Etats nationaux européens nourrit la crise de la démocratie et du processus d’intégration européenne

11 avril 2016

Nous voulons pour commencer cet éditorial citer quelques lignes publiées dans notre revue en 1975 (cf. « Il y a 30 ans nous avons publié… ») qui s’appliquent avec encore plus d’acuité qu’alors à plusieurs des thèmes développés dans ce numéro (terrorisme, libre circulation et politique migratoire…). « La crise historique des Etats européens… devient de jour en jour plus évidente. Les Etats nationaux sont devenus inutiles… Si l’Etat ne peut plus remplir ses devoirs fondamentaux (avant tout celui d’assurer l’indépendance des citoyens et de défendre leurs conquêtes sociales) il n’y a plus aucune raison de le servir ». Quarante ans plus tard, cette situation perdure. Les Etats nationaux européens, et les classes politiques nationales, largement discrédités par leur impuissance continuent à s’accrocher au souvenir de leurs grandeurs passées et se refusent à accomplir le pas décisif vers la Fédération européenne par des abandons de souveraineté et la mise en place d’une nouvelle souveraineté commune partagée et démocratiquement contrôlée. Devant un tel constat d’échec, dont les « profiteurs de la souveraineté nationale » villipendés par Altiero Spinelli sont les principaux responsables, comment ne pas comprendre le désespoir et le sentiment d’abandon de larges couches des populations vivant en Europe, qu’elles soient autochtones ou immigrées, qui les pousse dans les bras des populistes et/ou des islamistes ? Répétons le, le meilleur terreau du fascisme, qu’il soit religeux ou laïc, c’est la crise de l’Etat national et le meilleur antidote serait la construction, enfin, du rempart fédéral de la démocratie européenne !

Pour une politique migratoire humaine et ambitieuse de l’Union européenne (UE)

Chaque jour aux frontières européennes et en Méditerranée des innocents meurent en tentant d’atteindre l’UE pour fuir les guerres, la barbarie, la pauvreté… et, ils l’espèrent, pour trouver un avenir meilleur. Devant cette situation les fédéralistes doivent se faire les avocats d’une Europe généreuse et aux portes ouvertes, d’une Europe capable de garantir aux migrants un accès sûr et légal sans les contraindre à risquer leurs vies en engraissant de nouveaux négriers. Il est clair que l’Europe intergouvernementale n’apporte que des réponses inadéquates et qu’elle est incapable de mettre en place une politique européenne commune et ambitieuse de l’immigration, celle dont, continent viellissant, l’Europe a du reste besoin. Là encore, la réponse c’est plus et mieux d’Europe. Bref, là encore, la réponse c’est la Fédération européenne !

Dans l’immédiat les fédéralistes ne peuvent se contenter de soutenir les propositions de la Commission européenne en vue d’un corps de garde-côtes européens ou d’une réforme du droit d’asile. Ils doivent au contraire dénoncer « l’accord entre l’UE et la Turquie » et demander sa suspension immédiate tant que les doutes exprimés sur sa légalité par le Haut Représentant des Nations unies pour les réfugiés n’auront pas été levés et que de nombreux doutes existeront sur la possibilité d’accorder (sans rire !) à la Turquie des statuts comme ceux « pays de premier asile » ou de « pays tiers sûr ».

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