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Lettre à un préfét délégué de la Police

avril 2007, par René Cassier

Un de nos lecteurs nous écrit.

A Monsieur de Furst, Préfet délégué à la police, 106 rue Pierre Corneille, 69003 Lyon Lyon, le 29 mai 2007

Monsieur le Préfet,

je me trouvais, hier 28 mars à 10 h. 40, à Perrache, en attente du Bus n° 49, dont le départ était indiqué à 11 h. 05. Assise à ma gauche, une femme de 30-35 ans. Assis à ma droite un jeune homme. Un peu à l’écart, un jeune homme au visage basané, appuyé contre la paroi et équipé d’écouteurs. Arrivent quatre policiers : l’un mesurant au moins un mètre quatre-vingt dix, le second également de bonne taille, le troisième plus jeune et de taille normale, enfin une jeune fille menue les accompagnait. Les policiers se sont approchés du jeune homme debout. Les deux plus grands se sont placés, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche. Le troisième se tenait en face et la jeune fille en retrait.

« Alors que fais-tu là ? » « J’attends le bus. » « Montre tes papiers. » « Vous pourriez tout d’abord me dire bonjour et ne pas me tutoyer. » A partir de là le ton des policiers est monté. Je ne comprenais plus les échanges violents. Ensuite il y a eu fouille au corps. Pendant ce temps la jeune fille téléphonait.

Peu avant la fin de cette altercation, le plus grand des policiers est venu se placer devant nous. « Alors comme ça vous critiquez le boulot de la police ? » Personne ne réponds. « Vous savez que je pourrais vous arrêter pour propos désobligeants vis à vis de la police en exercice ? Vous madame qu’avez dit ? » « Rien. » « Si je vous ai entendu. » Réponse : « Laissez-moi tranquille je rentre chez moi à la suite de ma journée de travail. » Se tournant vers moi : « Alors que disiez-vous ? » Réponse : « Nous échangions entre-nous. Mais vous pourriez au moins nous interpeller avec le sourire. » « Je n’ai vraiment pas envie de sourire, montrez-moi vos papiers. » Il les donne à la jeune fille, qui à nouveau téléphone. Puis question au jeune homme : « Et toi quel est ton âge ? » « Seize ans, monsieur. » « Alors à seize ans tu te permets de critiquer la police en exercice ? La vie va bien se charger de te former. Tes papiers ? » Je dis alors : « Dépêchez-vous, vous aller nous faire manquer le bus. » « A moins que vous vous retrouviez au poste. » Tous le quatre sont partis sans aucune excuse. Le bus arrivait...

Est-ce là, Monsieur le Préfet, la France qui nous attend ? J’ai soixante-dix-huit ans. Je me croyais revenu au temps de l’occupation. Je n’ai pas osé le faire, mais en tant que citoyen, peut-on demander à un policier qui nous aborde de la sorte, son nom et son matricule ? Je souhaiterais, Monsieur le Préfet une réponse sans ambiguïté.

Avec l’assurance de mes salutations les meilleures.

René CASSIER