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Lorsque l’extrême-droite veut ranimer le cadavre politique franquiste

janvier 1975

Après l’adoption de la loi sur les Associations, divers groupes ultrafascistes ont annoncé leur intention de donner vie à des « associations politiques ». Au premier rang se trouve encore une fois l’ex-ministre phalangiste du travail Girón.

Girón qui avait annoncé son intention de rassembler dans une de ces associations 500 000 anciens combattants franquistes a été pour cela rappelé à l’ordre par les ministres militaires. Le Ministre de la Défense, Coloma Gallegos, et celui de la Marine, Pita Veiga, ont publiquement invité les « officiers tentés par la politique » à « laisser l’uniforme et sortir des rangs militaires ». Le premier ministre, Arias Navarro, craint la politisation à droite de l’armée qui à la mort de Franco pourrait être tentée par un coup d’état néo-nazi. Le projet de Girón consistait à donner vie à une importante association politique d’extrême droite regroupant les ex-combattants phalangistes, le groupe néo-fasciste de Madrid « Force Nouvelle » du trop connu Blas Pinar (inspirateur des Guérilleros du Christ Roi) et quelques franges dissidentes du « Mouvement traditionaliste » (monarchistes). En clair, Girón cherchait à reconstituer le bloc réactionnaire qui permit à Franco l’aventure militaire de 1936-1939.

Les groupes fascistes de Madrid restent finalement désunis camme auparavant. En fait ce sont cinq associations, toutes différentes les unes des autres, qui s’annoncent à l’extrême-droite.

  • Le « Front Espagnol Révolutionnaire Syndical promu par l’avocat madrilène Diego Marquès Morrillo (extrême-droite phalangiste) ;
  • Le « Front Espagnol » de l’ex-dirigeant du syndicat phalangiste unique des étudiants (SEU) David Jato ;
  • La « Gauche Phalangiste » des avocats catalans lgnacio Rubio, Antonio Pellejero et Alberto Peramontes ;
  • L’ « Association politique povériste » de l’avocat phalangiste basque Manuel Maysounave ;
  • La « Réforme Sociale Espagnole » du chef démissionnaire de la phalange madrilène Cantarero del Castillo.

Une autre fraction des phalangistes historiques, avec à sa tète l’écrivain Dionisio Ridruejo, est depuis quelques temps hors-jeu car elle a constitué à Madrid « I’Union Social-Démocrate », semi-clandestine et maintenant de bons rapports avec la Démocratie Chrétienne de Ruiz Giménez.

De leur coté, les « traditionalistes » dissidents (monarchistes n’ayant pas reconnu le choix progressiste de leur leader, le prince Charles Hugo) ont préféré créer leur propre association. lls ont annoncé la création prochaine d’une nouvelle organisation « l’ Action Publique du Régionalisme ». D’autres composantes plus modérées du franquisme annoncent également d’autres projets.

E.S. (Madrid - janvier 75)


Pour en savoir plus sur le contexte : Transition démocratique espagnole