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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>&#192; propos d'un livre de Lucio Levi</title>
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		<dc:creator>Michel Herland</dc:creator>



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&lt;p&gt;Voici un livre que tous les f&#233;d&#233;ralistes devront avoir dans leur biblioth&#232;que. Sans viser un caract&#232;re encyclop&#233;dique, il &#233;gr&#232;ne les principales &#233;tapes de l'&#233;dification d'un corpus depuis The Federalist Papers (1787-1788), puis &#8211; pour ne citer que les auteurs les plus marquants &#8211; les Girondins, Saint-Simon (1814), Kant (1795), Proudhon (1863), Trotsky (1914), Einaudi (1918), Spinelli (1941), Marc (1948), Albertini (1963, 1999), Friedrich (1968), Elazar (1991) et quelques autres. Tous les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-188-Mars-2021-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 188 - Mars 2021&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voici un livre que tous les f&#233;d&#233;ralistes devront avoir dans leur biblioth&#232;que. Sans viser un caract&#232;re encyclop&#233;dique, il &#233;gr&#232;ne les principales &#233;tapes de l'&#233;dification d'un corpus depuis &lt;i&gt;The Federalist Papers&lt;/i&gt; (1787-1788), puis &#8211; pour ne citer que les auteurs les plus marquants &#8211; les Girondins, Saint-Simon (1814), Kant (1795), Proudhon (1863), Trotsky (1914), Einaudi (1918), Spinelli (1941), Marc (1948), Albertini (1963, 1999), Friedrich (1968), Elazar (1991) et quelques autres. Tous les f&#233;d&#233;ralistes &#171; d'instinct &#187; trouveront dans ce livre largement de quoi conforter leur engagement. Ce qui n'emp&#234;che pas certaines observations &#224; propos de quelques points.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Th&#233;orie &#187;, comme nous indique le titre, ou &#171; id&#233;ologie &#187; f&#233;d&#233;raliste ? Faut-il pr&#233;ciser que le mot &#171; id&#233;ologie &#187; n'est pas en soi p&#233;joratif ? Sans l'id&#233;ologie des Lumi&#232;res, sans le travail de sape qu'elle a accompli dans les esprits (tous les hommes sont &#233;gaux en droit) nous serions encore roturiers (ou plus rarement nobles), voire esclaves (ou ma&#238;tres) par la fatalit&#233; de la naissance. Le projet d'une f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne, de m&#234;me que le projet de f&#233;d&#233;ration mondiale sont, comme les Lumi&#232;res, des id&#233;aux capables de mobiliser les esprits dans le bon sens. Qui dirait le contraire ? En tout &#233;tat de cause, cette remarque portant sur le titre du livre ne vise en rien L. Levi qui ne nie pour sa part en aucune fa&#231;on que le f&#233;d&#233;ralisme comme doctrine soit une id&#233;ologie (eg p. 222). On fera plut&#244;t le reproche aux traducteurs d'avoir trahi le sens du titre original, &lt;i&gt;Il pensiero federalista&lt;/i&gt;. D'autant qu'il est assez peu question de th&#233;orie dans le livre. Par exemple, on y chercherait en vain un chapitre consacr&#233; &#224; la pr&#233;sentation ordonn&#233;e des principes &#8211; autonomie, participation, &#233;galit&#233; des composantes &#8211; &#224; la base de toute f&#233;d&#233;ration bien organis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mat&#233;rialisme historique
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les f&#233;d&#233;ralistes croient qu'il existe une raison dans l'histoire. De m&#234;me, pour simplifier, que la r&#233;volution industrielle aurait impos&#233; l'apparition des &#201;tats-nations, la mondialisation imposerait la constitution d'entit&#233;s supranationales et &#224; terme des &#201;tats-Unis du monde. On reconna&#238;tra n&#233;anmoins que cette vision directement inspir&#233;e par le mat&#233;rialisme historique (Levi, pp. 104, 117, 165, 219) n'est en rien une d&#233;monstration : la Suisse, championne de la r&#233;volution industrielle, n'a pas eu besoin de passer par le stade de l'&#201;tat-nation. Quant &#224; la mondialisation, il est un fait qu'elle r&#233;clame une gouvernance mondiale, ne serait-ce qu'en vertu de l'urgence &#233;cologique, mais rien ne permet d'&#234;tre certain que la logique triomphera et que le monde, aujourd'hui largement ouvert, ne redeviendra pas la juxtaposition de territoires balkanis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme et la paix
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Autre &#233;l&#233;ment de l'id&#233;ologie f&#233;d&#233;raliste : le f&#233;d&#233;ralisme est vecteur de paix (voir le Projet de paix perp&#233;tuelle de Kant) ou au minimum &#8211; variante &#8211; il existe une relation dialectique entre le f&#233;d&#233;ralisme et la paix (Levi p. 221). Il est vrai que les f&#233;d&#233;rations ignorent les guerres intestines, du moins les f&#233;d&#233;rations d&#233;mocratiques (ce qui n'&#233;tait pas le cas de la Yougoslavie et de l'URSS qui ont commenc&#233; &#224; se d&#233;chirer avec la fin de la dictature). Il est vrai &#233;galement que le d&#233;sir d'&#233;chapper au retour des guerres traumatisantes peut-&#234;tre une motivation pour &#171; renoncer &#224; la libert&#233; sauvage &#187;, (Kant in Levi, p. 61) et se f&#233;d&#233;rer. La f&#233;d&#233;ration peut donc na&#238;tre d'un d&#233;sir de paix et c'est bien pourquoi tant d'Europ&#233;ens ont pu esp&#233;rer l'av&#232;nement rapide d'une f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne au lendemain de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale. Mais la cr&#233;ation d'une f&#233;d&#233;ration peut tout aussi bien ob&#233;ir non pas exactement au d&#233;sir contraire mais &#224; une volont&#233; de puissance. Et c'est bien ce qui fonde l'envie de &#171; plus d'Europe &#187; aujourd'hui chez de nombreux Europ&#233;ens. Face aux &#201;tats-Unis qui nous imposent l'extraterritorialit&#233; de leur droit et leurs GAFAM, face &#224; la Chine (et dans un moindre degr&#233; &#224; la Russie) qui avancent cyniquement leurs pions sur l'&#233;chiquier mondial, face &#224; la vague migratoire enfin, une majorit&#233; d'Europ&#233;ens, comme le prouvent les sondages successifs, sont d&#233;sormais acquis &#224; l'id&#233;e que l'UE doit imp&#233;rativement s'affirmer comme une grande puissance mondiale. Le monde est en guerre, cette guerre est jusqu'ici principalement &#8211; mais pas uniquement &#8211; commerciale et seule une Europe f&#233;d&#233;rale &#171; proactive &#187;, parlant d'une seule voix, sera en mesure de d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts, bref une Europe offensive au sens le plus g&#233;n&#233;ral du terme. Dit autrement, les Europ&#233;ens attendent de l'UE qu'elle &#171; se pose en s'opposant &#187;. Beaucoup ont compris que la f&#233;d&#233;ration en est la condition et que celle-ci ne sera probablement pas constitu&#233;e de vingt-sept pays mais d'un groupe plus restreint d&#233;cid&#233; &#224; aller de l'avant. Et les m&#234;mes sont bien conscients &#8211; h&#233;las &#8211; que tout ceci n'est pas pour demain.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme et la justice
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une Europe-puissance, ce serait d&#233;j&#224; bien mais de nombreux f&#233;d&#233;ralistes souhaitent davantage. Ils consid&#232;rent que leur combat ne trouvera tout son sens que si la future f&#233;d&#233;ration permet d'instaurer une soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur des valeurs. Plus pr&#233;cis&#233;ment, d'apr&#232;s Mario Albertini (&lt;i&gt;Nationalismo e federalismo, 1999&lt;/i&gt;), largement repris par Levi, il s'agit de &#171; compl&#233;ter (les apports des id&#233;ologies [lib&#233;rale, d&#233;mocratique et socialiste] et d'achever la libert&#233; et l'&#233;galit&#233; par la paix, pour laquelle seul le f&#233;d&#233;ralisme peut fournir le cadre moral, historique et institutionnel appropri&#233; &#187; (Albertini in Levi, p. 223, n.s.). &lt;br class='autobr' /&gt;
On peut certes admettre qu'une f&#233;d&#233;ration d&#233;mocratique garantit la paix &#224; l'int&#233;rieur de ses fronti&#232;res. On peut &#233;galement admettre l'existence d'un lien entre la doctrine ou la th&#233;orie f&#233;d&#233;raliste et la cr&#233;ation des f&#233;d&#233;rations. L'exemple de la premi&#232;re f&#233;d&#233;ration digne de ce nom, les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, le prouve : sans les efforts d'Hamilton, Madison et Jay pour promouvoir un r&#233;gime f&#233;d&#233;ral, la Convention de Philadelphie n'aurait certainement pas accouch&#233; d'une constitution qui demeure toujours un mod&#232;le. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais comment ne pas s'interroger sur la suite de la s&#233;rie causale propos&#233;e par Albertini : f&#233;d&#233;ralisme (&#8594; f&#233;d&#233;ration) &#8594; paix &#8594; libert&#233; + &#233;galit&#233; ? Et d'abord pourquoi le f&#233;d&#233;ralisme pourrait-il &#171; seul &#187; apporter la paix ? D'autres doctrines &#8211; le christianisme (avec l'amour du prochain), le lib&#233;ralisme (avec le &#171; doux commerce &#187;), le socialisme (avec l'internationalisme prol&#233;tarien) &#8211; ont vis&#233; le m&#234;me r&#233;sultat ; aucune, l&#224; o&#249; elle s'est implant&#233;e, ne l'a durablement atteint. Elles avaient toutes pourtant a priori un &#171; cadre moral, historique et institutionnel appropri&#233; &#187;. Les f&#233;d&#233;ralistes peuvent-ils faire valoir que l'&#233;poque (la dimension historique) leur est plus favorable, que la mondialisation forcera les nations &#224; s'entendre ? Il est vrai que la raison pousse dans ce sens plus fort aujourd'hui qu'hier (cf. supra). Cependant l'&#233;tat actuel des relations internationales, les succ&#232;s aussi bien strat&#233;giques que commerciaux de la Chine dans sa marche vers l'h&#233;g&#233;monie rendent plus probable l'av&#232;nement d'un empire sous sa domination qu'une f&#233;d&#233;ration d&#233;mocratique mondiale. S'il est impossible de pr&#233;dire l'avenir, l'incapacit&#233; de l'UE &#224; se transformer en une f&#233;d&#233;ration digne de ce nom ne plaide pas en faveur de la deuxi&#232;me hypoth&#232;se.&lt;br class='autobr' /&gt;
On s'&#233;tonnera peut-&#234;tre de voir appara&#238;tre la morale dans la citation d'Albertini. On aurait tort. Sans ses pr&#233;dicateurs pr&#244;nant la morale chr&#233;tienne, le Vatican n'aurait pas &#233;tendu son r&#232;gne sur la plus grande partie du monde. Sans l'individualisme lib&#233;ral, le capitalisme n'aurait pas triomph&#233;. Sans la foi dans la morale prol&#233;tarienne, l'empire sovi&#233;tique n'aurait pas tenu aussi longtemps. Il est donc l&#233;gitime de penser que le f&#233;d&#233;ralisme doit lui aussi s'appuyer sur une morale. Faire valoir aupr&#232;s des Europ&#233;ens qu'ils ont besoin d'une f&#233;d&#233;ration pour la paix s'av&#232;re en effet insuffisant : ils jouissent d&#233;j&#224; de cette derni&#232;re depuis trois quarts de si&#232;cle. Par contre, parmi ces Europ&#233;ens &#8211; un grand nombre d'entre eux &#8211; n'approuvent pas le syst&#232;me &#233;conomique et social. Et si certains restent enferm&#233;s dans un &#233;go&#239;sme cat&#233;goriel ou corporatif, d'autres ne se satisfont pas du tableau de la pauvret&#233; &#224; c&#244;t&#233; de l'abondance, du gaspillage des richesses, de la morgue des puissants. Ceux-l&#224; aspirent &#224; plus d'&#233;quit&#233;. Souvent d&#233;go&#251;t&#233;s du jeu politique, ils ne se contenteraient pas d'une Europe-puissance, f&#251;t-t-elle d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme int&#233;gral
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Celui-ci fait l'objet dans le chapitre 7 du livre de Levi d'une section qui traite sous ce titre aussi bien du f&#233;d&#233;ralisme d'Alexandre Marc, du r&#233;gionalisme de Guy H&#233;raud ou de Robert Lafont que du communautarisme d'Adriano Olivetti. Un regroupement &#233;tonnant qui s'explique seulement si Levi entend par f&#233;d&#233;ralisme int&#233;gral tout ce qui n'est pas le f&#233;d&#233;ralisme hamiltonien (sur le mod&#232;le am&#233;ricain). En r&#233;alit&#233;, Alexandre Marc est le seul de ces penseurs qui ait d&#233;fendu nomm&#233;ment un mod&#232;le f&#233;d&#233;raliste &#171; int&#233;gral &#187;. Il a d&#233;velopp&#233;, avec d'autres, un projet de r&#233;forme globale (politique, &#233;conomique et social) qui se donne pour but de donner un contenu concret &#224; la libert&#233; et l'&#233;galit&#233; mentionn&#233;es par Albertini. &lt;br class='autobr' /&gt;
Levi reproche &#224; Marc d'&#234;tre en d&#233;phasage par rapport au &#171; cours objectif de l'histoire &#187;. Il lui manquerait, en d'autres termes, &#171; de d&#233;finir des objectifs compatibles avec les conditions historiques de notre temps &#187; (p. 189). Des affirmations quelque peu contradictoires avec le constat qui les pr&#233;c&#232;de de peu suivant lequel le mod&#232;le de soci&#233;t&#233; d&#233;fendu par les f&#233;d&#233;ralistes int&#233;graux (version marciste) aurait &#171; re&#231;u r&#233;cemment un int&#233;r&#234;t croissant de diff&#233;rents observateurs &#187; (p. 187). &lt;br class='autobr' /&gt;
Abstraction faite du jugement quelque peu &#224; l'emporte-pi&#232;ce de Levi sur le f&#233;d&#233;ralisme int&#233;gral, sa pr&#233;sentation (pp. 178-182 et 186-187) est fid&#232;le mais sans doute trop courte pour les lecteurs qui ne sont pas d&#233;j&#224; familiers avec la pens&#233;e d'Alexandre Marc. Ils trouveront dans nos articles parus dans les num&#233;ros 182 et 183 de &lt;i&gt;F&#233;d&#233;choses&lt;/i&gt; un expos&#233; plus complet et pourront juger par eux-m&#234;mes si ses propositions sont ou non en phase avec notre temps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Lucio Levi, La th&#233;orie f&#233;d&#233;raliste. Pr&#233;face de J.-F. Billion. Trad. J. Montchamp et J.-L. Prevel, 2e &#233;d. augment&#233;e, revue par J.-F. Billion et P. Jouvenat avec l'auteur, Lyon, Presse f&#233;d&#233;raliste, 2020, 281 p., 25 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le Brexit ! et apr&#232;s ?</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Le-Brexit-et-apres</link>
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		<dc:date>2020-05-27T18:53:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Herland</dc:creator>


		<dc:subject>Brexit</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nous &#233;tions de ceux qui esp&#233;rions le Brexit (un cheval de Troie en moins dans le flanc de l'Europe) sans trop y croire. Le leave, en effet, l'avait emport&#233; de justesse lors du r&#233;f&#233;rendum de 2016 et Theresa May se r&#233;v&#233;lait impuissante &#224; obtenir du Parlement britannique la majorit&#233; n&#233;cessaire pour le rendre effectif. Son remplacement par Boris Johnson, anti-europ&#233;en convaincu et fin man&#339;uvrier, a chang&#233; la donne. &#192; l'issue des derni&#232;res &#233;lections parlementaires, il disposait de la l&#233;gitimit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Brexit-+" rel="tag"&gt;Brexit&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L150xH84/arton695-d91a3.jpg?1730488810' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous &#233;tions de ceux qui esp&#233;rions le Brexit (un cheval de Troie en moins dans le flanc de l'Europe) sans trop y croire. Le leave, en effet, l'avait emport&#233; de justesse lors du r&#233;f&#233;rendum de 2016 et Theresa May se r&#233;v&#233;lait impuissante &#224; obtenir du Parlement britannique la majorit&#233; n&#233;cessaire pour le rendre effectif. Son remplacement par Boris Johnson, anti-europ&#233;en convaincu et fin man&#339;uvrier, a chang&#233; la donne. &#192; l'issue des derni&#232;res &#233;lections parlementaires, il disposait de la l&#233;gitimit&#233; suffisante et de la majorit&#233; parlementaire indispensable pour acter la s&#233;paration, ce qui fut fait. M&#234;me si beaucoup reste &#224; faire pour la finaliser. B. Johnson et les Britanniques sont en effet confront&#233;s d&#233;sormais &#224; une alternative qui ne devrait pas trop les r&#233;jouir, soit prendre v&#233;ritablement leur ind&#233;pendance et se priver d'un acc&#232;s facile au march&#233; int&#233;rieur europ&#233;en (comme la Suisse et la Norv&#232;ge en b&#233;n&#233;ficient), soit accepter les r&#232;gles du march&#233; unique au risque de vider le leave de presque toute signification autre que symbolique. Car les Britanniques au sein de l'Europe soi-disant Unie avaient d&#233;j&#224; l'enti&#232;re ma&#238;trise des principaux attributs de la souverainet&#233;, &#224; savoir la diplomatie, la d&#233;fense et la monnaie. Sans parler de la restitution financi&#232;re qu'ils avaient obtenue au pr&#233;judice des autres &#201;tats membres. M&#234;me si les symboles comptent en politique, les Britanniques finiront sans doute par comprendre que le Brexit fut soit une erreur soit un coup d'&#233;p&#233;e dans l'eau. Et n'oublions pas le r&#233;veil de l'unionisme irlandais, les vell&#233;it&#233;s d'ind&#233;pendance de l'Ecosse et maintenant du Pays de Galles attis&#233;es par le Brexit et donc le risque d'&#233;clatement du Royaume-Uni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons les Britanniques &#224; leurs probl&#232;mes. Les f&#233;d&#233;ralistes, quoi qu'il en soit, ne peuvent que se r&#233;jouir de voir dispara&#238;tre du Conseil europ&#233;en un pays qui ne cessait d'&#339;uvrer pour l'affaiblissement de l'UE. Mais, que ce soit &#224; 27 ou &#224; 28, l'Europe demeure ingouvernable dans des domaines aussi strat&#233;giques que la d&#233;fense, l'immigration et m&#234;me en mati&#232;re commerciale. Voir &#224; ce propos l'incapacit&#233; de parvenir &#224; une doctrine coh&#233;rente face &#224; la Chine (et l'on ne parle pas ici du coronavirus) et aux &#201;tats-Unis. Inutile de s'appesantir sur la Chine, sur le refus des Europ&#233;ens de faire pr&#233;valoir des clauses sociales et environnementales pour taxer les importations de ce pays. Concernant les &#201;tats-Unis, on demeure pantois que l'on en soit encore &#224; se demander comment taxer les GAFAM &#224; la hauteur de profits r&#233;alis&#233;s en Europe. S'en remettre &#224; l'OCDE dont les &#201;tats-Unis sont partie prenante est un moyen assez s&#251;r d'aboutir &#224; pas grand-chose. Rappelons-nous que c'est l'OCDE qui est charg&#233; de lutter contre les paradis fiscaux : on a vu avec quelle efficacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quation du probl&#232;me est connue. 1) Une Europe l&#233;gitime aux yeux des citoyens est une Europe prosp&#232;re. 2) Une Europe prosp&#232;re est une Europe puissante, capable de tenir la drag&#233;e haute &#224; la Chine, aux &#201;tats-Unis, &#224; la Russie, tous gouvern&#233;s par des chefs d'&#201;tat qui ne s'embarrassent d'aucun scrupule. 3) Une Europe puissante doit &#234;tre gouvern&#233;e. 4) Pas d'Europe-puissance sans f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne. 5) Pas de f&#233;d&#233;ration sans l'accord unanime des 27. 6) Donc pas de f&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la raison pour laquelle les f&#233;d&#233;ralistes, et au-del&#224; tous les citoyens qui ne se satisfont pas de l'impuissance de l'UE, doivent imp&#233;rativement renoncer au r&#234;ve d'une f&#233;d&#233;ration rassemblant tous les pays membres de l'UE (aujourd'hui 27 mais il est question d'&#233;largir encore du c&#244;t&#233; des Balkans). Continuer avec les institutions actuelles o&#249; tout repose sur le marchandage (je te conc&#232;de ceci en &#233;change de cela) ne peut conduire qu'&#224; des cotes mal taill&#233;es, &#224; des mauvaises solutions quand ce n'est pas, plus fr&#233;quemment, au blocage. D'o&#249; l'absence de perspective pour les peuples. Apr&#232;s quoi, il n'est pas surprenant que des leaders aux programmes plus ou moins fantaisistes, souvent pernicieux, acc&#232;dent au pouvoir avec l'appui de populations d&#233;boussol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il soit clair qu'il ne s'agit pas ici de droite ou de gauche. Tous les m&#233;contents ne sont pas des id&#233;alistes &#224; la recherche de la justice sociale mais tous demandent la s&#233;curit&#233; et une certaine prosp&#233;rit&#233;, deux choses qui peuvent leur &#234;tre apport&#233;es aussi bien par des gouvernements de droite que de gauche (plus vraisemblablement du centre), &#224; condition que ceux-ci aient une vision claire et poss&#232;dent les moyens de leur politique. Or nous savons que dans nombre de domaines cruciaux les &#201;tats-nations europ&#233;ens n'ont pas la taille critique pour imposer leur volont&#233;, aussi judicieuse soit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls les &#201;tats europ&#233;ens ne peuvent rien faire, ou pas grand-chose, or ils s'av&#232;rent incapables de s'unir : c'est la quadrature du cercle ! Pour en sortir, la solution est connue : &#224; d&#233;faut des 27, se rabattre sur un nombre r&#233;duit de pays mais qui ensemble p&#232;seront suffisamment fort sur l'&#233;chiquier mondial. &#192; eux seuls les pays du &#171; Pacte de Weimar &#187;, Allemagne, France et Pologne, regroupent presque la moiti&#233; de la population des 27 : ceci n'est qu'un exemple d'une configuration possible et d'ailleurs pas la plus probable. Mais laquelle serait plus probable ? C'est ici que le b&#226;t blesse vraiment. Dans l'&#233;tat actuel des forces politiques en Europe, on ne voit pas quels pays, non, pas quels pays, quels gouvernements nationaux seraient pr&#234;ts &#224; se faire hara-kiri pour laisser sortir de leur ventres respectifs un seul gouvernement plus fort. Mais nous avons eu d&#233;j&#224; l'occasion de l'&#233;crire : nos gouvernants ne sont pas des h&#233;ros. Ils ont le &#171; conatus &#187; &#8211; pour employer un terme spinozien &#8211; bien accroch&#233;. Ils entendent avant tout &#171; pers&#233;v&#233;rer dans leur &#234;tre &#187; de gouvernants dont ils tirent maints avantages. En particulier en France o&#249; les pratiques de la monarchie r&#233;publicaine sont si bien ancr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s'attaquant &#224; des lieux symboliques du pouvoir (l'Arc de Triomphe) et de la richesse (les Champs-Elys&#233;es), les gilets jaunes, en France, n'ont pas choisi leurs cibles au hasard. Malheureusement, les dix-huit milliards d'euros &#8211; si l'on en cro&#238;t le chiffrage le plus courant &#8211; distribu&#233;s en r&#233;ponse &#224; leur mouvement ne sortiront pas la France de l'orni&#232;re. Ce n'est pas avec cela qu'on luttera contre la d&#233;sindustrialisation, par exemple (l'emploi industriel est pass&#233; de 4 millions &#224; moins de 2,8 millions en moins de vingt ans). Pour les f&#233;d&#233;ralistes, la difficult&#233; consiste &#224; mobiliser la population en vue d'une fin qui para&#238;t n&#233;cessairement abstraite. L'Europe n'est pas un objectif pour l'immense majorit&#233; des citoyens. Ses v&#233;ritables objectifs ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mentionn&#233;s : la s&#233;curit&#233; et la prosp&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, on ne fera pas la f&#233;d&#233;ration &#8211; contre les gouvernements &#8211; sans un appui populaire massif. D&#232;s lors, la seule strat&#233;gie ouverte aux f&#233;d&#233;ralistes consiste &#224; convaincre les citoyens des pays qui semblent les plus proches (politiquement, &#233;conomiquement, socialement&#8230;) et les plus susceptibles de s'unir que leurs objectifs particuliers ne pourront &#234;tre atteints en dehors d'une f&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Habermas, Macron : deux lueurs d'espoirs pour l'Europe</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Habermas-Macron-deux-lueurs-d-espoirs-pour-l-Europe</link>
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		<dc:creator>Michel Herland</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les partisans d'une f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne ont trop souvent l'occasion de pr&#234;cher dans le d&#233;sert pour ne pas se r&#233;jouir de compter parmi eux deux personnalit&#233;s dont le poids peut s'av&#233;rer essentiel, en raison de son prestige intellectuel pour le premier, par le pouvoir qu'il d&#233;tient pour le second. Les deux sont en effet n&#233;cessaires, l'un pour convaincre, l'autre pour agir. &lt;br class='autobr' /&gt; On sait depuis longtemps l'engagement europ&#233;en de J&#252;rgen Habermas. Dans sa derni&#232;re intervention en date, discours de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-180-Decembre-2018-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 180 - D&#233;cembre 2018&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les partisans d'une f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne ont trop souvent l'occasion de pr&#234;cher dans le d&#233;sert pour ne pas se r&#233;jouir de compter parmi eux deux personnalit&#233;s dont le poids peut s'av&#233;rer essentiel, en raison de son prestige intellectuel pour le premier, par le pouvoir qu'il d&#233;tient pour le second. Les deux sont en effet n&#233;cessaires, l'un pour convaincre, l'autre pour agir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On sait depuis longtemps l'engagement europ&#233;en de J&#252;rgen Habermas. Dans sa derni&#232;re intervention en date, discours de r&#233;ception du Grand Prix franco-allemand des m&#233;dias, le 4 juillet &#224; Berlin, il ne s'est pas content&#233; de plaider une nouvelle fois en faveur d'une &#171; Union europ&#233;enne capable d'agir politiquement &#187;, il a fustig&#233; &#171; la r&#233;sistance f&#233;roce du gouvernement allemand &#224; toute avanc&#233;e vers plus d'int&#233;gration &#187; et d&#233;nonc&#233; la &#171; politique de l'autruche &#187; de la chanceli&#232;re, tout en saluant la &#171; hauteur de vue &#187; et le &#171; courage &#187; du pr&#233;sident fran&#231;ais. Il lui reconna&#238;t en particulier le m&#233;rite d'avoir &#171; arrach&#233; [&#224; Angela Merkel] la premi&#232;re et modeste avanc&#233;e en direction d'un budget de la zone euro &#187;, l'outil indispensable pour &#171; la convergence des situations &#233;conomiques respectives des Etats membres &#187;, laquelle devrait &#234;tre l'objectif de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Habermas, l'absence patente de volont&#233; politique qui caract&#233;rise l'Union est la cause principale du &#171; populisme de droite &#187; qui se r&#233;pand en Europe. Ainsi la focalisation sur l'immigration et l'identit&#233; s'explique-t-elle selon lui par la d&#233;ception des peuples europ&#233;ens confront&#233;s aux &#171; in&#233;galit&#233;s end&#233;miques &#187; au sein des Etats membres comme entre Etats. Les enqu&#234;tes d'opinion (Habermas fait ici r&#233;f&#233;rence aux travaux de J&#252;rgen Gerhards) mettent en effet en &#233;vidence une conscience europ&#233;enne solidaire, bien distincte de la conscience nationale &#187; et qui ne serait pas compl&#232;tement ferm&#233;e &#224; &#171; d'authentiques politiques de redistribution transnationales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habermas ne prend pas explicitement parti sur le p&#233;rim&#232;tre d'une future f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne Il raisonne le plus souvent au niveau de l'Union telle qu'elle existe actuellement, ce qui laisse entendre qu'il croit encore possible une f&#233;d&#233;ration &#224; vingt-sept. Plus r&#233;aliste, dans un discours prononc&#233; &#224; Lisbonne le 27 juillet, le pr&#233;sident Macron a d&#233;fini trois niveaux d'int&#233;gration pour l'Europe &#224; l'horizon de dix &#224; quinze ans. Le cercle le plus large, d&#233;bordant l'UE dans ses fronti&#232;res actuelles, consisterait en une &#171; union de valeurs, de principes d&#233;mocratiques et de libert&#233;s &#233;conomiques &#187;. Le second cercle, &#171; entre l'UE et la zone euro actuelles &#187;, d&#233;limiterait un &#171; march&#233; unique fort &#187; caract&#233;ris&#233; par une compl&#232;te libert&#233; de circulation, avec des comp&#233;tences d&#233;bordant la politique commerciale, par exemple en mati&#232;re militaire. Enfin le troisi&#232;me cercle, plus &#233;troit que la zone euro, serait celui o&#249; la &#171; convergence sociale &#187; pr&#244;n&#233;e par Habermas devrait &#234;tre effective. Cela supposerait un march&#233; du travail beaucoup plus int&#233;gr&#233; avec, en ligne de mire, non seulement l'unification fiscale mais encore une assurance ch&#244;mage commune. M&#234;me si cette derni&#232;re disposition demeure hypoth&#233;tique dans l'esprit d'E. Macron, il est important qu'il l'ait mentionn&#233;e, la caisse d'assurance ch&#244;mage f&#233;d&#233;rale serait en effet un instrument de redistribution automatique des pays (et non plus simplement des r&#233;gions) proches du plein-emploi, qui abondent les finances de la caisse, vers les pays moins prosp&#232;res caract&#233;ris&#233;s par un fort taux de ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il regretter que le pr&#233;sident fran&#231;ais r&#233;duise la future f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne &#8211; car il s'agit bien de cela, m&#234;me si le mot n'est pas prononc&#233; &#8211; au &#171; c&#339;ur &#187; de l'UE actuelle ? Lequel c&#339;ur reste d'ailleurs &#224; d&#233;finir : si les six pays fondateurs devraient a priori en faire partie, l'incertitude est plus grande quant aux pays susceptibles de les rejoindre : l'Espagne et le Portugal, sans doute, mais quid de l'Autriche, de la Gr&#232;ce, de l'Irlande et au-del&#224; ? Quoi qu'il en soit, on ne saurait reprocher &#224; E. Macron de faire preuve de r&#233;alisme. Dans l'&#233;tat actuel des choses, la perspective d'une f&#233;d&#233;ration &#224; vingt-sept n'existe pas : en prendre acte officiellement est un pr&#233;alable indispensable avant tout progr&#232;s vers une int&#233;gration accrue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela vaut &#233;galement pour la mouvance f&#233;d&#233;raliste. Qui ne voit en effet que se battre pour une f&#233;d&#233;ration dans les fronti&#232;res actuelles de l'UE est vou&#233; &#224; l'&#233;chec ? Il est donc plus que temps d'engager la r&#233;flexion sur les limites de la f&#233;d&#233;ration susceptible d'advenir &#224; l'&#233;chelle d'une g&#233;n&#233;ration, ce qui se produira au-del&#224; des deux ou trois prochaines d&#233;cennies &#233;tant totalement impr&#233;visible. Certes, la t&#226;che n'est pas ais&#233;e. Il ne suffit pas en effet de consid&#233;rer l'&#233;tat de l'opinion en faveur ou non de l'Europe dans les diff&#233;rents pays. L'opinion peut se renverser et c'est justement la tache des militants f&#233;d&#233;ralistes que de forger une conscience europ&#233;enne. Encore faut-il qu'ils disposent d'arguments convaincants. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; d'examiner tous les facteurs structurels (d'ordre &#233;conomique, culturel, historique) qui peuvent rendre l'union au sein d'une f&#233;d&#233;ration authentique b&#233;n&#233;fique &#224; court terme pour toutes les parties prenantes, faute de quoi sa p&#233;rennit&#233; serait compromise (les difficult&#233;s de la zone euro illustrant suffisamment ce qu'il convient de ne pas faire). Sachant pour finir que, en tout &#233;tat de cause, la diversit&#233; linguistique constitue un handicap par rapport aux f&#233;d&#233;rations apparues dans le pass&#233; (quelle sera la lingua franca de la future &#171; petite &#187; f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne ? l'anglais alors que, Brexit ou pas, la Grande-Bretagne n'a pas vocation &#224; en faire partie ?).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Herland&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;conomiste et &#233;crivain, Universit&#233;s d'Aix-en-Provence et des Antilles et de la Guyane &#8211; Martinique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les f&#233;d&#233;ralistes et la Catalogne</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Les-federalistes-et-la-Catalogne</link>
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		<dc:date>2018-02-14T21:36:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Herland</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Catalogne</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#192; l'exception des &#201;cossais, les responsables politiques de tous bords condamnent &#224; qui mieux mieux les aspirations des Catalans &#224; l'ind&#233;pendance. Que les chefs d'&#201;tat et le pr&#233;sident de leur Conseil se montrent oppos&#233;s &#224; une telle volont&#233; d'&#233;mancipation se comprend ais&#233;ment : ils redoutent qu'une Catalogne ind&#233;pendante n'encourage des mouvements s&#233;paratistes &#224; l'int&#233;rieur de leurs propres fronti&#232;res. Les &#201;tats centralis&#233;s sont hostiles par nature &#224; une autonomie un tant soit peu pouss&#233;e ; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-177-Decembre-2017-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 177 - D&#233;cembre 2017&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Catalogne-+" rel="tag"&gt;Catalogne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'exception des &#201;cossais, les responsables politiques de tous bords condamnent &#224; qui mieux mieux les aspirations des Catalans &#224; l'ind&#233;pendance. Que les chefs d'&#201;tat et le pr&#233;sident de leur Conseil se montrent oppos&#233;s &#224; une telle volont&#233; d'&#233;mancipation se comprend ais&#233;ment : ils redoutent qu'une Catalogne ind&#233;pendante n'encourage des mouvements s&#233;paratistes &#224; l'int&#233;rieur de leurs propres fronti&#232;res. Les &#201;tats centralis&#233;s sont hostiles par nature &#224; une autonomie un tant soit peu pouss&#233;e ; m&#234;me les &#201;tats f&#233;d&#233;raux (comme la Bundesrepublik Deutschland) n'ont aucune envie que leur territoire se r&#233;duise, ni m&#234;me de d&#233;l&#233;guer &#224; l'&#233;chelon inf&#233;rieur davantage de comp&#233;tences que celles qui sont d&#233;j&#224; les siennes. La r&#232;gle, en l'occurrence, est simple : nul ne souhaite la diminution de ses pouvoirs. En France, l'enchev&#234;trement des comp&#233;tences entre les diff&#233;rents niveaux de la puissance publique (d&#233;partements, r&#233;gions, &#201;tat, pour s'en tenir &#224; quelques-uns !) illustre bien l'impossibilit&#233; d'une v&#233;ritable d&#233;centralisation dans un pays dont la tradition est &#224; l'oppos&#233;. Ainsi, alors que la construction et l'entretien des b&#226;timents des &#233;tablissements d'enseignement sont de la comp&#233;tence des autorit&#233;s locales, le minist&#232;re de l'&#201;ducation &#171; nationale &#187; demeure une administration tentaculaire (le &#171; mammouth &#187;) et toute puissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de meilleure preuve de la soumission de la Commission europ&#233;enne aux &#201;tats que la prise de position de son pr&#233;sident contre l'ind&#233;pendance de la Catalogne. Aux yeux des f&#233;d&#233;ralistes, la Commission devrait &#234;tre l'embryon du futur gouvernement de l'Europe. En r&#233;alit&#233;, elle n'est que l'instrument du Conseil, ce qui s'explique ais&#233;ment puisque ses membres sont nomm&#233;s par les chefs d'&#201;tat. Ceci l'emp&#234;che de se laisser aller &#224; la tendance &#224; l'accroissement de ses pouvoirs qui serait naturellement la sienne si elle proc&#233;dait directement d'un vote populaire. Faut-il rappeler que le principal obstacle &#224; la naissance de la f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne est d&#251; &#224; la pr&#233;sence des &#201;tats qui conservent des pr&#233;rogatives r&#233;galiennes (arm&#233;e, justice, police, diplomatie, d&#233;fense) qui devraient &#234;tre confi&#233;es au niveau f&#233;d&#233;ral ? Seule la monnaie a &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;e jusqu'ici. Encore cela ne concerne-t-il que les pays de la zone euro, lesquels, d'ailleurs, se soucient comme une guigne des engagements souscrits &#224; Maastricht (d&#233;ficit budg&#233;taire maximum de 3% - poids de la dette publique inf&#233;rieur &#224; 60% du PIB).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettons que la Catalogne (et l'&#201;cosse, etc.) acc&#232;dent &#224; l'ind&#233;pendance. Ces provinces n'ont ni arm&#233;e, ni r&#233;seau diplomatique, etc. Leur int&#233;r&#234;t serait d'int&#233;grer une Europe f&#233;d&#233;ralis&#233;e qui remplirait pour elles ces fonctions indispensables de mani&#232;re bien plus efficace que si elles devaient s'en charger elles-m&#234;mes. Nul n'ignore, en effet, que l'&#233;parpillement des fonctions r&#233;galiennes entre les &#201;tats, tel qu'il existe actuellement, est source non seulement de gaspillages mais encore d'impuissance. Or les &#201;tats, plus pr&#233;cis&#233;ment leurs repr&#233;sentants au niveau europ&#233;en, les &#171; chefs d'&#201;tat et de gouvernement &#187; &#8211; ne souhaitent &#233;videmment pas renoncer &#224; des pouvoirs qui, bien que souvent illusoires sur le plan de l'action, leur apportent des avantages symboliques consid&#233;rables (et dans une moindre mesure des avantages p&#233;cuniaires). La preuve en est que, m&#234;me apr&#232;s avoir mesur&#233; leur impuissance, m&#234;me au comble de l'impopularit&#233;, m&#234;me s&#233;v&#232;rement battus, les leaders politiques ne pensent qu'&#224; reconqu&#233;rir leur poste. Autre preuve s'il en &#233;tait besoin : le nombre d'aspirants au poste supr&#234;me alors que, regard&#233; de sang-froid, il n'y a rien de s&#233;duisant &#224; se retrouver oblig&#233;, une fois &#233;lu, de renier la plupart de ses promesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; &#224; reconna&#238;tre que le roi est nu, il y a en effet une distance que les politiques ne savent pas franchir. C'est pourquoi ils s'accrochent aux apparences du pouvoir. Ils travaillent dur ; ils prennent toute sorte de d&#233;cisions. Sans nul doute conscients &#8211; ils ne sont pas idiots &#8211; qu'ils ne sont pas en mesure de choisir la bonne, ils se rabattent sur des politiques sous-optimales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons un autre exemple. Le nouveau chef d'&#201;tat fran&#231;ais a d&#233;cid&#233; de baisser la fiscalit&#233; sur le capital au d&#233;triment en particulier des retrait&#233;s ais&#233;s qui subiront de plein fouet la hausse de la CSG. Pourquoi a-t-il pris cette d&#233;cision ? Tout simplement parce que les chefs d'&#201;tat europ&#233;ens n'ont pas r&#233;ussi &#224; se mettre d'accord pour mettre fin &#224; la concurrence fiscale entre leurs pays. Aussi absurde que cela puisse para&#238;tre, des &#201;tats europ&#233;ens ont la possibilit&#233; d'attirer les investisseurs en leur proposant un taux d'imposition sur les b&#233;n&#233;fices quasi nul ! Alors, &#233;videmment, les autres sont &#171; oblig&#233;s &#187; d'abaisser &#224; leur tour les imp&#244;ts sur les entreprises. N'importe quel observateur ext&#233;rieur ne manquerait pas de remarquer que dans un espace o&#249; les capitaux, les marchandises et les hommes circulent librement, il est indispensable d'harmoniser les imp&#244;ts (et les charges sociales), sauf &#224; cr&#233;er des distorsions indispensables. Eh bien, ce n'est pas ainsi que fonctionne l'Europe ! On ne s'&#233;tonnera pas qu'elle fonctionne si mal&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ind&#233;pendance de certaines provinces et autres r&#233;gions qui en ont le d&#233;sir (&#224; condition, &#233;videmment, qu'il soit confirm&#233; par un vote de la population concern&#233;e apportant toutes les garanties n&#233;cessaire ) est la meilleure des nouvelles pour les f&#233;d&#233;ralistes. Rappelons que le partage des pouvoirs, dans une f&#233;d&#233;ration bien construite, ob&#233;it &#224; la r&#232;gle &#171; d'exacte ad&#233;quation &#187; : chaque collectivit&#233;, de la plus locale &#224; la f&#233;d&#233;ration elle-m&#234;me, d&#233;tient les pouvoirs qui sont les mieux assur&#233;s &#224; son niveau . Dans une Europe f&#233;d&#233;rale il n'y a plus de place pour les &#201;tats. La d&#233;fense, la diplomatie, le commerce ext&#233;rieur et le contr&#244;le des fronti&#232;res sont &#224; l'instar de la monnaie pr&#233;rogatives de la f&#233;d&#233;ration. La culture, l'&#233;ducation, le d&#233;veloppement &#233;conomique, etc. rel&#232;vent du niveau imm&#233;diatement infra-&#233;tatique (la province ou la grande r&#233;gion). Les entit&#233;s constitutives de ce niveau se distinguent principalement les unes des autres par des diff&#233;rences culturelles, linguistiques souvent, h&#233;rit&#233;es de l'histoire (Catalogne / Castille ; Flandre / Wallonie, etc.). La construction des &#201;tats a cr&#233;&#233; des s&#233;parations artificielles (comme entre les Catalans et les Basques espagnols et fran&#231;ais) qu'il serait opportun de supprimer tant que le sentiment d'appartenance &#224; une culture commune demeure suffisamment fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il subsiste des comp&#233;tences partag&#233;es entre entit&#233;s composantes et compos&#233;es dans une f&#233;d&#233;ration bien ordonn&#233;e, il n'y a pas cependant de recouvrement. Par exemple, les polices municipales, provinciales et f&#233;d&#233;rale coexistent avec des missions diff&#233;rentes. De m&#234;me pour le pouvoir l&#233;gislatif, etc. Reste l'&#233;conomie. L'objection soulev&#233;e &#224; l'&#233;gard des provinces qui souhaitent prendre leur ind&#233;pendance est de cet ordre-l&#224;. On refuse leur &#233;mancipation au pr&#233;texte que leur d&#233;part appauvrirait le reste du pays . Dans l'UE actuelle, la redistribution s'exer&#231;ant principalement au niveau national, c'est effectivement le cas mais, d'une part, on ne voit pas quel droit invoquer pour s'opposer au principe d'autod&#233;termination, d'autre part et surtout, dans une f&#233;d&#233;ration bien organis&#233;e l'essentiel de la redistribution serait confi&#233;e au niveau f&#233;d&#233;ral , ce qui permettrait de r&#233;duire bien plus efficacement les disparit&#233;s que le syst&#232;me actuel qui laisse subsister des &#233;carts consid&#233;rables entre r&#233;gions appartenant &#224; des pays diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, l'accession &#224; &#171; l'ind&#233;pendance &#187; (&#224; l'int&#233;rieur de l'UE) des provinces les plus riches de certains &#201;tats devrait acc&#233;l&#233;rer la disparition de ces &#201;tats, une &#233;volution &#233;minemment favorable &#224; la construction d'une authentique f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne, puisque les provinces devenues autonomes (au sens de la th&#233;orie du f&#233;d&#233;ralisme) n'auraient aucune incitation &#224; briguer les comp&#233;tences de l'&#201;tat-nation qui sont mieux exerc&#233;es au niveau f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Michel Herland&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;conomiste et &#233;crivain. Professeur honoraire aux universit&#233;s des Antilles et de la Guyane et d'Aix-en-Provence - Martinique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Retour sur la crise grecque</title>
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		<dc:date>2015-11-10T07:50:52Z</dc:date>
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		<dc:creator>Michel Herland</dc:creator>


		<dc:subject>Focus</dc:subject>

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&lt;p&gt;Rappel des faits &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise de la dette grecque &#233;clate en 2010, comme une suite de la crise des subprimes en 2008. Mais, en l'occurrence, c'est surtout la r&#233;v&#233;lation dans le courant de l'ann&#233;e 2009 des &#171; tricheries &#187; du gouvernement grec &#224; propos de l'ampleur de son d&#233;ficit qui provoqua la crise de confiance des investisseurs priv&#233;s, la tr&#232;s forte hausse des taux d'int&#233;r&#234;t et l'incapacit&#233; pour le gouvernement de se financer sur le march&#233;. Depuis cette ann&#233;e-l&#224;, la croissance de la Gr&#232;ce est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Focus-+" rel="tag"&gt;Focus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rappel des faits&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise de la dette grecque &#233;clate en 2010, comme une suite de la crise des subprimes en 2008. Mais, en l'occurrence, c'est surtout la r&#233;v&#233;lation dans le courant de l'ann&#233;e 2009 des &#171; tricheries &#187; du gouvernement grec &#224; propos de l'ampleur de son d&#233;ficit qui provoqua la crise de confiance des investisseurs priv&#233;s, la tr&#232;s forte hausse des taux d'int&#233;r&#234;t et l'incapacit&#233; pour le gouvernement de se financer sur le march&#233;. Depuis cette ann&#233;e-l&#224;, la croissance de la Gr&#232;ce est devenue n&#233;gative (avec un l&#233;ger sursaut en 2014) et depuis 2013 ce pays conna&#238;t m&#234;me la d&#233;flation (les prix diminuent en cons&#233;quence de la baisse du pouvoir d'achat). C'est dire que la crise n'est pas que financi&#232;re : elle impacte l'&#233;conomie r&#233;elle plus s&#233;v&#232;rement que n'importe quel autre pays de l'Union europ&#233;enne ((UE). L'UE n'est pourtant pas rest&#233;e inerte, loin de l&#224;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant m&#234;me la crise, selon certains calculs, les transferts nets de l'UE (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un premier plan d'urgence de 110 milliards &#8364; a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; en mai 2010, financ&#233; par des pr&#234;ts bilat&#233;raux des &#201;tats europ&#233;ens. En 2012, la Gr&#232;ce s'av&#233;rant toujours incapable de se financer sur le march&#233;, un nouveau plan de 130 milliards &#8364; a &#233;t&#233; annonc&#233;, cette fois financ&#233; pour la plus grande part par le Fonds europ&#233;en de stabilit&#233; financi&#232;re (FESF cr&#233;&#233; en 2010), le reste par le FMI. En contrepartie, la &#171; tro&#239;ka &#187; (Commission, BCE et FMI) s'arrogeait le droit de v&#233;rifier que les r&#233;formes demand&#233;es &#224; la Gr&#232;ce &#233;taient bien r&#233;alis&#233;es. Ces r&#233;formes visant &#224; r&#233;tablir l'&#233;quilibre budg&#233;taire se traduisent principalement par la r&#233;duction des d&#233;penses et sont douloureusement ressenties par le peuple grec. Du coup, les r&#233;formes tardent &#224; se mettre en place et c'est ainsi que l'on a assist&#233; &#224; la fin juin 2015 &#224; une situation de blocage, les chefs d'&#201;tat et de gouvernement refusant que soient vers&#233;s les derniers milliards du deuxi&#232;me plan d'aide (dont le total &#233;tait mont&#233; alors &#224; 165 milliards), sans engagement plus cr&#233;dible de la part de la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretemps, deux &#233;v&#233;nements tr&#232;s importants avaient eu lieu. D'abord, sur le plan strictement financier, en 2012, les cr&#233;anciers priv&#233;s du gouvernement grec durent abandonner la moiti&#233; de leur cr&#233;ance tandis que la dette publique port&#233;e par le FESF &#233;tait elle aussi &#171; restructur&#233;e &#187; (allongement de l'&#233;ch&#233;ance et moratoire des int&#233;r&#234;ts jusqu'en 2023). Ensuite, sur le plan politique, une force nouvelle s'est affirm&#233;e, incarnation du &#171; ras-le-bol &#187; populaire face aux cons&#233;quences des politiques de rigueur. Apr&#232;s sa victoire aux &#233;lections europ&#233;ennes du printemps 2014, puis aux &#233;lections l&#233;gislatives qui suivirent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;lections anticip&#233;es provoqu&#233;es par Antonis Samaras, le premier ministre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les Grecs confi&#232;rent ainsi, en janvier 2015, leur sort &#224; &lt;i&gt;Syriza&lt;/i&gt;, le parti qui promettait de les affranchir des diktats de la tro&#239;ka. D&#233;buta alors une partie de bras de fer entre le nouveau premier ministre Alexis Tsipras et son ministre de l'&#233;conomie Yanis Varoufakis, d'une part, les autres chefs d'&#201;tat et de gouvernement de l'UE, d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partie grecque plaidait pour des r&#233;formes moins radicales, tout en laissant planer implicitement la menace d'une sortie de la zone euro, le &lt;i&gt;grexit&lt;/i&gt;, accompagn&#233; d'un d&#233;faut sur la dette. La dette de la Gr&#232;ce envers des institutions publiques s'&#233;levait alors &#224; un peu plus de 250 milliards &#8364;, dont quelques 30 milliards envers le FMI, le reste &#233;tant partag&#233; entre le M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233; (MSE, nouvel intitul&#233; du FESF, 142 milliards), les pr&#234;ts directs des autres &#201;tats europ&#233;ens (53 milliards) et la BCE (25 milliards).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perspective d'un &lt;i&gt;grexit&lt;/i&gt; a eu pour premier effet d'inciter les Grecs &#224; sortir leurs euros des banques, lesquelles, bien qu'ayant &#233;t&#233; d&#233;j&#224; recapitalis&#233;es, se sont retrouv&#233;es &#224; cours de liquidit&#233;s. Malgr&#233; le contingentement des tirages de billets par les particuliers, l'instauration d'un contr&#244;le des changes et les concours suppl&#233;mentaires de la BCE, les banques ont encore besoin d'un apport de capitaux. Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; les Grecs de voter majoritairement (&#224; 61%) en faveur d'Alexis Tsipras lors du r&#233;f&#233;rendum du 5 juillet. En d&#233;montrant &#224; ses partenaires europ&#233;ens qu'il b&#233;n&#233;ficiait toujours du soutien de son peuple, Tsipras entendait renforcer ainsi sa position dans les n&#233;gociations en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dits partenaires, n&#233;anmoins, avaient fait leur compte. Nombreux &#233;taient les gouvernements europ&#233;ens d&#233;cid&#233;s &#224; vider l'abc&#232;s, c'est-&#224;-dire en l'occurrence &#224; laisser la Gr&#232;ce quitter la zone euro. Son maintien signifie en effet n&#233;cessairement l'octroi d'aides suppl&#233;mentaires. Alors que les &#233;conomistes, au d&#233;but de la crise, concluaient majoritairement que le d&#233;part de la Gr&#232;ce serait une catastrophe pour l'euro, plus le temps passait et plus nombreux, au contraire, &#233;taient ceux qui minoraient les inconv&#233;nients &#233;ventuels de ce retrait. Par ailleurs, le poids d'un d&#233;faut pour chaque pays europ&#233;en n'aurait pas &#233;t&#233; consid&#233;rable. Par exemple l'&#201;tat fran&#231;ais, si l'on cumule les pr&#234;ts bilat&#233;raux et sa part dans le MSE, n'est engag&#233; que pour une quarantaine de milliards vis-&#224;-vis de la Gr&#232;ce : une goutte d'eau dans l'oc&#233;an de sa propre dette !&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les partisans du grexit pouvaient faire valoir par ailleurs que la Gr&#232;ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cependant le Pr&#233;sident Hollande &#8211; au nom de la n&#233;cessaire solidarit&#233; entre les pays europ&#233;ens ou parce qu'il redoutait les cons&#233;quences pour notre pays d'un &lt;i&gt;grexit&lt;/i&gt; qui aurait pu laisser pr&#233;sager la sortie d'autres pays lourdement endett&#233;s &#8211; s'est employ&#233; avec succ&#232;s &#224; trouver un compromis acceptable aussi bien par M. Tsipras que par Mme Merkel. Faut-il rappeler ici que la France elle-m&#234;me n'arrive pas &#224; contenir la croissance de sa dette publique, laquelle fr&#244;le d&#233;sormais les 100% du PIB (derri&#232;re l'Italie et le Portugal &#224; 130% et naturellement la Gr&#232;ce &#224; 175%)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alors que tous les pays membres de la zone euro ont souscrit aux accords de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;grexit&lt;/i&gt; n'a pas eu lieu. Malgr&#233; sa victoire au r&#233;f&#233;rendum, Alexis Tsipras est venu &#224; Canossa d&#232;s le 13 juillet. Apr&#232;s s'&#234;tre d&#233;barrass&#233; de son ministre Varoufakis, jug&#233; infr&#233;quentable par les partenaires europ&#233;ens, il a accept&#233; de mettre en &#339;uvre des r&#233;formes plus s&#233;v&#232;res que celles qui se trouvaient sur la table les 25 et 26 juin. &#192; la cl&#233;, un troisi&#232;me plan d'aide &#224; la Gr&#232;ce de 80 milliards &#8364; sur trois ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir dira ce qu'il adviendra de la Gr&#232;ce et de l'euro. Tout porte &#224; croire n&#233;anmoins qu'il aura &#233;t&#233; vain de s'ent&#234;ter dans des plans de rigueur aux cons&#233;quences socialement inacceptables, de surcro&#238;t incapables de r&#233;duire la dette. Que faudrait-il faire dans ces conditions ? La solution optimale consisterait sans nul doute &#224; r&#233;former la zone euro de telle sorte qu'elle devienne durablement viable. Pour expliquer de quoi il s'agit, il suffira de prendre l'exemple d'un pays comme la France, puisqu'il pr&#233;sente tous les caract&#232;res d'une zone mon&#233;taire durable. Ce n'est pourtant pas qu'elle soit constitu&#233;e de r&#233;gions homog&#232;nes, de niveaux de d&#233;veloppement comparables : la question n'est pas celle-l&#224;. Pourquoi une r&#233;gion fran&#231;aise dont l'&#233;conomie est sinistr&#233;e ne conna&#238;t-elle pas un d&#233;s&#233;quilibre financier majeur, c'est-&#224;-dire une dette astronomique du conseil r&#233;gional ou des autres collectivit&#233;s locales ? Simplement en raison de la pr&#233;sence de m&#233;canismes r&#233;&#233;quilibrants qui ont prouv&#233; leur efficacit&#233;. Ainsi les recettes fiscales collect&#233;es au niveau national sont-elles redistribu&#233;es de telle sorte que les r&#233;gions d&#233;prim&#233;es re&#231;oivent davantage de &#171; ressource fiscale &#187; qu'elles n'en &#171; produisent &#187;. Cette forme de p&#233;r&#233;quation n'est pas pourtant la plus importante. Comme il y a peu d'emplois dans une r&#233;gion d&#233;prim&#233;e, sa population compte une forte proportion de personnes &#226;g&#233;es revenues au pays &#224; l'&#226;ge de la retraite. Or les retraites ne sont pas financ&#233;es par une caisse r&#233;gionale mais par la caisse, organis&#233;e au niveau national, &#224; laquelle les habitants actuels de la r&#233;gion ont cotis&#233; quand ils travaillaient ailleurs, dans une r&#233;gion plus prosp&#232;re. Par ailleurs les vieilles personnes sont souvent malades, ce qui entra&#238;ne des d&#233;penses de sant&#233; &#233;lev&#233;es : comme les retraites, elles n'ont pas &#224; &#234;tre financ&#233;es au niveau r&#233;gional. Idem pour le ch&#244;mage : l'assurance ch&#244;mage &#233;tant nationale, les ch&#244;meurs d'une r&#233;gion d&#233;prim&#233;e ne sont pas particuli&#232;rement p&#233;nalis&#233;s. &#201;videmment, si l'&#233;conomie de la France enti&#232;re se porte mal &#8211; comme c'est le cas aujourd'hui &#8211; cela aura des cons&#233;quences sur les subventions, les retraites, les allocations ch&#244;mage, le remboursement des frais m&#233;dicaux, mais ces difficult&#233;s ne seront en aucune mani&#232;re ressenties comme &#233;tant sp&#233;cifiquement celles de la r&#233;gion. Or si la Gr&#232;ce, en tant que membre de l'UE, b&#233;n&#233;ficie bien de subventions en provenance de l'UE, elle est priv&#233;e de tous les autres &#171; stabilisateurs automatiques &#187; que l'on vient d'&#233;num&#233;rer, si bien que, en cas de ressources budg&#233;taires insuffisantes, elle n'a d'autre solution que l'endettement. La solution optimale pour elle consisterait donc dans la transformation de la zone euro en une f&#233;d&#233;ration, avec suffisamment de responsabilit&#233;s confi&#233;es au niveau f&#233;d&#233;ral pour que les stabilisateurs en question soient op&#233;rants. &#201;videmment, cela ne r&#232;glerait pas le probl&#232;me de la p&#233;nurie d'emplois et de nombreux Grecs seraient toujours contraints de s'exiler en attendant que les &#171; fonds structurels &#187; europ&#233;ens produisent &#233;ventuellement leur effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la France est elle-m&#234;me en mauvaise posture (le ch&#244;mage ne cesse d'augmenter, le nombre d'emplois industriels de diminuer, la balance commerciale est d&#233;ficitaire), si bien qu'elle aurait, elle aussi, bien besoin de cette f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne. Celle-ci, malheureusement, n'est pas &#224; l'ordre du jour. Certes, l'id&#233;al europ&#233;en existe encore chez nombre de citoyens de l'Europe mais il n'est pas assez puissant pour vaincre les &#233;go&#239;smes nationaux. Car la solidarit&#233; des habitants de l'&#206;le de France envers les Aveyronnais ou les Ari&#233;geois n'a rien de naturel : elle est le r&#233;sultat de si&#232;cles d'une histoire souvent douloureuse au fil desquels s'est constitu&#233;e une identit&#233; nationale. Et si les Fran&#231;ais, aujourd'hui, se montrent solidaires d'une r&#233;gion &#224; l'autre, ils continuent &#8211; beaucoup d'entre eux en tout cas &#8211; &#224; consid&#233;rer les &#233;trangers sur le sol de France ou les Fran&#231;ais de fra&#238;che date comme des intrus qui viennent prendre leurs emplois. Comment esp&#233;rer dans ces conditions que les transferts qui sont accept&#233;s entre les r&#233;gions d'un m&#234;me pays le soient entre pays diff&#233;rents ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une f&#233;d&#233;ration aurait n&#233;anmoins pu sans doute se constituer entre les six pays fondateurs de la CEE, tant que le souvenir de la deuxi&#232;me guerre mondiale demeurait bien pr&#233;sent dans les esprits. Pour diverses raisons &#8211; en particulier l'attitude de la France &#8211; cela ne s'est pas produit et la chance para&#238;t d&#233;sormais pass&#233;e. Pour ne prendre qu'un exemple, les travailleurs des pays europ&#233;ens les plus prosp&#232;res, au Nord, ne sont certainement pas d'accord pour que leurs cotisations ch&#244;mage servent &#224; indemniser les ch&#244;meurs du Sud qu'ils consid&#232;rent &#224; tort ou &#224; raison comme des &#171; paresseux &#187;. &#192; cela s'ajoutent aussi bien l'impossibilit&#233; de s'entendre &#224; 19 (le nombre actuel de pays de la zone euro), a fortiori &#224; 28, que les r&#233;ticences des gouvernements aussi bien du Sud que du Nord, jaloux de conserver les attributs de leur &#171; souverainet&#233; &#187;, celle-ci f&#251;t-elle d&#233;sormais en grande partie illusoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas que la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne ne puisse pas &#234;tre profitable pour l'ensemble des Europ&#233;ens. Tous les pays europ&#233;ens se trouvent confront&#233;s peu ou prou &#224; des d&#233;fis qui ne peuvent &#234;tre relev&#233;s que dans le cadre d'une Europe puissance : l'expansionnisme russe, la puissance &#233;conomique d'une Chine qui tend de plus en plus clairement vers l'h&#233;g&#233;monie, les flux migratoires, la crise &#233;cologique. Dans tous ces domaines il serait indispensable que l'Europe puisse non seulement parler d'une seule voix mais mettre en &#339;uvre sans tergiverser sa politique. La question n'est donc pas de savoir si l'Europe serait n&#233;cessaire mais de savoir comment elle serait possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir au probl&#232;me de la Gr&#232;ce, la preuve est faite qu'un gouvernement seul, m&#234;me port&#233; dans son pays par un &#233;lan populaire incontestable, ne saurait changer les r&#232;gles de l'Europe. On a certes pu imaginer que d'autres pays, se trouvant dans des situations semblables sans &#234;tre tout-&#224;-fait les m&#234;mes, se seraient unis &#224; la Gr&#232;ce afin de peser davantage sur les institutions europ&#233;ennes. D'aucuns ont m&#234;me r&#234;v&#233; un moment que le Pr&#233;sident Hollande prendrait la t&#234;te d'un tel mouvement contestataire ! Peut-&#234;tre cela adviendra-t-il un jour ? Force est de constater qu'il n'en a rien &#233;t&#233; jusqu'ici. Donc si la Gr&#232;ce &#8211; comme c'est probable &#8211; ne parvient pas &#224; sortir rapidement de la r&#233;cession malgr&#233; les aides suppl&#233;mentaires qui lui sont promises (puisque ces derni&#232;res demeurent conditionn&#233;es &#224; des r&#233;formes qui contribuent &#224; appauvrir le pays), le &lt;i&gt;grexit&lt;/i&gt; appara&#238;t la seule option possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'aucuns diront qu'elle n'est pas r&#233;aliste. On peut d'abord leur r&#233;pondre que le retrait (temporaire ?) de la zone euro ne signifie pas plus l'abandon de la Gr&#232;ce par l'Europe que l'abandon de l'Europe par la Gr&#232;ce : celle-ci continuera &#224; b&#233;n&#233;ficier des fonds structurels europ&#233;ens. Quant &#224; la &#171; catastrophe &#187; qui r&#233;sulterait du passage de l'euro &#224; une drachme n&#233;cessairement sous-&#233;valu&#233;e (faute de quoi l'abandon de l'euro n'aurait aucun impact positif), la r&#233;ponse est simple : si manipuler le taux de change, d&#233;valuer sa monnaie, favoriser l'inflation sont des pratiques aussi courantes (dont la France a elle-m&#234;me &#233;t&#233; longtemps coutumi&#232;re), ce n'est certainement pas par masochisme mais parce que cela produit des effets positifs sur les pays qui les utilisent. Reste alors la question de la dette. L'abandon de l'euro devrait &#233;videmment s'accompagner d'un d&#233;faut quasi-total, puisque la Gr&#232;ce ne recevrait plus aucun pr&#234;t pendant un certain temps et qu'elle se trouverait de ce fait dans l'incapacit&#233; de rembourser ce qu'elle doit. Il suffit de noter &#224; ce propos que les d&#233;fauts sur les dettes souveraines ne sont nullement des exceptions : la Gr&#232;ce y a eu plusieurs fois recours ; l'Allemagne elle-m&#234;me l'a pratiqu&#233; apr&#232;s la premi&#232;re guerre mondiale. C'est une solution de d&#233;sespoir mais la Gr&#232;ce se trouve justement dans une situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e. L'histoire d&#233;montre d'ailleurs que les pays qui font d&#233;faut ne doivent pas attendre tr&#232;s longtemps avant de pouvoir s'endetter &#224; nouveau sur le march&#233; international des capitaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Michel Herland&lt;br class='manualbr' /&gt;Economiste &#8211; Fort-de-Francce&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avant m&#234;me la crise, selon certains calculs, les transferts nets de l'UE vers la Gr&#232;ce au titre des divers fonds structurels auraient &#233;t&#233; de l'ordre de 3 &#224; 4% du PIB grec chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;lections anticip&#233;es provoqu&#233;es par Antonis Samaras, le premier ministre conservateur de l'&#233;poque, pour sortir de la crise de r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les partisans du &lt;i&gt;grexit&lt;/i&gt; pouvaient faire valoir par ailleurs que la Gr&#232;ce n'&#233;tait pas, loin s'en faut, le pays de l'UE qui &#171; m&#233;ritait &#187; d'&#234;tre aid&#233; aussi largement. Bien que les calculs du revenu par t&#234;te en dollar PPA &#8211; c'est-&#224;-dire apr&#232;s correction pour tenir compte des diff&#233;rences entre les co&#251;ts de la vie &#8211; ne soient pas d'une pr&#233;cision absolue, les ordres de grandeur peuvent &#234;tre retenus. Pour la Gr&#232;ce, il s'&#233;tablit &#224; 25.000 $, soit au m&#234;me niveau que le Portugal, un chiffre sup&#233;rieur &#224; celui de la Pologne, par exemple (23 000 $), et a fortiori de la Bulgarie et la Roumanie (17.000 $ - donn&#233;es de 2013).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alors que tous les pays membres de la zone euro ont souscrit aux accords de Maastricht qui imposent de ne pas d&#233;passer 60% du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>J&#252;rgen Habermas, La Constitution de l'Europe</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Jurgen-Habermas-La-Constitution-de</link>
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		<dc:date>2014-05-12T08:47:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Herland</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#201;d. Gallimard, coll. &#171; nrf essais &#187;, Paris, 2012, 224 p. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ed. originale, Zur Verfassung Europas, ein Essay, publi&#233; en Allemagne en 2011 &lt;br class='autobr' /&gt; Le livre de J&#252;rgen Habermas, Zur Verfassung Europas, ein Essay, publi&#233; en Allemagne en 2011, a &#233;t&#233; traduit en fran&#231;ais l'ann&#233;e suivante aux &#233;ditions Gallimard.[17] Compl&#233;t&#233;e par divers articles, l'&#233;tude sur la constitution europ&#233;enne[18] occupe la partie centrale de l'ouvrage. Habermas y d&#233;veloppe une conception originale, celle de &#171; souverainet&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-163-Mars-2014-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 163 &#8211; Mars 2014&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;d. Gallimard, coll. &#171; nrf essais &#187;, Paris, 2012, 224 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ed. originale, Zur Verfassung Europas, ein Essay, publi&#233; en Allemagne en 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le livre de J&#252;rgen Habermas, Zur Verfassung Europas, ein Essay, publi&#233; en Allemagne en 2011, a &#233;t&#233; traduit en fran&#231;ais l'ann&#233;e suivante aux &#233;ditions Gallimard.[17] Compl&#233;t&#233;e par divers articles, l'&#233;tude sur la constitution europ&#233;enne[18] occupe la partie centrale de l'ouvrage. Habermas y d&#233;veloppe une conception originale, celle de &#171; souverainet&#233; partag&#233;e &#187;, qui peut appara&#238;tre &#224; mi-chemin entre le f&#233;d&#233;ralisme et le conf&#233;d&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;tude part d'un double constat : 1&#176; - &#171; la crise est venue de ce que l'Union europ&#233;enne (UE) n'avait pas la comp&#233;tence pour imposer une n&#233;cessaire harmonisation des &#233;conomies nationales &#187; (p. 68) ; 2&#176; - &#171; depuis que les march&#233;s mondialis&#233;s se sont h&#226;t&#233;s de mettre, entre eux et la politique, la plus grande distance possible, il est devenu de plus en plus difficile aux pays de l'OCDE de stimuler la croissance &#233;conomique en veillant en m&#234;me temps &#224; ce qu'une large partie de la population b&#233;n&#233;ficie non seulement d'une s&#233;curit&#233; sociale mais encore d'une r&#233;partition &#224; peu pr&#232;s &#233;quitable des revenus &#187; (p. 69).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des transferts de comp&#233;tence en faveur de l'Europe sont donc n&#233;cessaires, si l'on admet que seule une Europe plus unie pourrait imposer des r&#232;gles du jeu moins contraires &#224; l'int&#233;r&#234;t des peuples. Encore faudrait-il que ces r&#232;gles traduisent v&#233;ritablement les aspirations du peuple europ&#233;en, car l'&#233;tat actuel des institutions europ&#233;ennes pose un probl&#232;me &#233;vident de l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique. Mais existe-t-il un &#171; peuple europ&#233;en &#187; sur lequel fonder quelque chose qui pourrait ressembler &#224; un &#201;tat europ&#233;en ? On reconna&#238;tra que, avec une Europe &#233;largie d&#233;sormais &#224; vingt-huit membres, la question puisse se poser. Avant de consid&#233;rer la r&#233;ponse d'Habermas, disons tout de suite qu'il choisit de s'en remettre au droit constitutionnel pour &#171; civiliser et humaniser les rapports de force, tant au niveau &#233;tatique que social &#187; (p. 72).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fonctionnement actuel de l'Europe comporte deux innovations remarquables selon notre auteur. &#171; D'une part, les &#201;tats membres, tout en conservant le monopole de la force, se soumettent&#8230; au droit supranational ; d'autre part ils partagent en un certain sens leur &#8216;souverainet&#233;' avec l'ensemble des citoyens de l'Union &#187; (pp. 78-79).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la situation pr&#233;sente, l'Europe demeure n&#233;anmoins une f&#233;d&#233;ration sans &#201;tat f&#233;d&#233;ral, dans laquelle chaque &#201;tat national demeure le garant du droit et de la libert&#233; de ses propres citoyens. En m&#234;me temps, le renforcement de l'int&#233;gration d&#233;j&#224; en &#339;uvre en Europe traduit une n&#233;cessit&#233; puisque nos &#201;tats-nations s'av&#232;rent d&#233;sormais incapables de r&#233;pondre efficacement &#224; un grand nombre de probl&#232;mes concrets en mati&#232;re &#233;conomique et sociale. Ce constat fonde en l&#233;gitimit&#233;, selon Habermas, la transition vers la &#171; d&#233;mocratie transnationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une difficult&#233; subsiste. Dans le droit comme dans les esprits, les rapports qui existent entre les citoyens au sein d'un &#201;tat d&#233;mocratique sont d'une nature diff&#233;rente de ceux qui s'instaurent entre &#201;tats. Tandis que la &#171; libert&#233; l&#233;gale &#187; des citoyens est soumise &#224; l'acceptation de la loi majoritaire, un &#201;tat conserve son &#171; libre arbitre &#187; aussi longtemps qu'il ne lui est pas d&#233;ni&#233; par la force d'un autre &#201;tat (jus ad bellum).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi cette analyse conduit-elle ? Selon Habermas, le maintien des &#201;tats-nations est possible, et donc le maintien de la libert&#233; auxquels leurs citoyens sont attach&#233;s, pourvu que ces derniers &#171; participent selon un processus d&#233;mocratique &#224; la l&#233;gislation supranationale &#187; (p. 83).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ne parvient-on pas &#224; la solution &#233;vidente qui donnerait corps &#224; ce processus supranational : la f&#233;d&#233;ration ? La r&#233;ponse fournie par Habermas para&#238;t suffisamment convaincante : &#224; la diversit&#233; linguistique et culturelle, qui constitue un premier obstacle, s'ajoute le fait que les &#201;tats europ&#233;ens sont les premiers qui sont &#171; parvenus &#224; la maturit&#233; en tant que nations &#187; (p. 94), et que non seulement ils ont le souvenir des guerres qui les ont oppos&#233;s mais que, en outre, ils ont mis en place des syst&#232;mes sociaux qui, sans &#234;tre totalement inconciliables sont n&#233;anmoins clairement diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute donc de parvenir &#224; br&#232;ve &#233;ch&#233;ance &#224; cette f&#233;d&#233;ration que tous les lecteurs de F&#233;d&#233;choses (ou du Federalist Debate) appellent de leurs v&#339;ux, il faut donc selon Habermas imaginer une autre modalit&#233; de coop&#233;ration, la &#171; souverainet&#233; partag&#233;e &#187; (p. 99). Dans l'organisation actuelle de l'Europe, le maintien de la souverainet&#233; &#233;tatique se voit &#224; de nombreux signes, comme le maintien de la proc&#233;dure unanimitaire pour la r&#233;vision des trait&#233;s ou le droit laiss&#233; &#224; chaque &#201;tat de quitter l'Union s'il le souhaite. Selon Habermas, le n&#339;ud du probl&#232;me &#8211; ce qui explique le maintien de ces pr&#233;rogatives &#233;tatiques &#8211; r&#233;side dans l'exigence formul&#233;e (implicitement) par chacun des peuples, que l'Union ne puisse en aucun cas imposer une &#171; offre &#187; concernant les &#171; libert&#233;s civiles &#187;[19] qui serait inf&#233;rieure &#224; celle de leur &#201;tat (p. 100).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ne pas se contenter de la simple application du principe de subsidiarit&#233; dans le cadre d'une f&#233;d&#233;ration ? Parce que, r&#233;pond Habermas, si un &#201;tat f&#233;d&#233;r&#233; peut &#234;tre d&#233;clar&#233; responsable des particularit&#233;s historiques, socioculturelles, de sa population, c'est le niveau f&#233;d&#233;ral qui garantit les libert&#233;s fondamentales. Or, d'apr&#232;s ce qui vient d'&#234;tre dit, les citoyens des divers pays membres ne voudraient pas d'un tel partage des pouvoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les citoyens europ&#233;ens ne sont pas encore m&#251;rs pour une f&#233;d&#233;ration, on ne doit pas en conclure qu'un renforcement de la d&#233;mocratie europ&#233;enne n'est pas n&#233;cessaire ou pas possible. La situation actuelle est caract&#233;ris&#233;e par le r&#244;le pr&#233;dominant du Conseil (des chefs d'&#201;tat et de gouvernement), d'ailleurs renforc&#233; par le Trait&#233; de Lisbonne. Or le traitement par le Conseil de la crise financi&#232;re qui a &#233;clat&#233; en 2008 a conduit &#224; des d&#233;cisions tr&#232;s lourdes de cons&#233;quences pour les peuples des pays les plus atteints par la crise, sans que ces derniers, ou le Parlement europ&#233;en, aient eu v&#233;ritablement leur mot &#224; dire. Plus r&#233;cemment, le fait de soumettre les budgets nationaux &#224; une d&#233;cision prise au niveau europ&#233;en, fait peser sur l'ensemble de la zone euro la menace d'une aust&#233;rit&#233; renforc&#233;e, au moment m&#234;me o&#249; celle-ci s'enfonce dans la r&#233;cession, ce qui ne peut qu'encourager l'hostilit&#233; des citoyens &#224; l'&#233;gard de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de faire &#233;voluer les institutions vers un fonctionnement plus d&#233;mocratique, Habermas propose certaines mesures pour r&#233;&#233;quilibrer les comp&#233;tences entre le Parlement et le Conseil, la Commission &#233;tant rel&#233;gu&#233;e dans un r&#244;le subalterne face &#224; ces deux institutions dont elle d&#233;pendrait simultan&#233;ment. Pour que le Parlement joue mieux son r&#244;le de repr&#233;sentation du peuple europ&#233;en, il conviendrait &#233;videmment d'unifier le droit &#233;lectoral et de cr&#233;er de v&#233;ritables partis transnationaux. Mais les difficult&#233;s auxquelles l'Europe se trouve confront&#233;e exigent davantage. Lorsqu'il a fallu parer dans l'urgence &#224; la situation de crise financi&#232;re aig&#252;e de certains pays, ces derniers &#8211; comme on vient de le rappeler &#8211; ont &#233;t&#233; contraints d'accepter des plans d'aust&#233;rit&#233; extr&#234;mement rigoureux, qui auraient d&#251;, dans le cadre d'une Union v&#233;ritable, &#234;tre accompagn&#233;s par des aides en provenance de l'Union. Or de telles mesures positives supposeraient l'existence d'une &#171; solidarit&#233; civique &#233;largie &#187; (p. 106) qui est encore &#224; cr&#233;er. On sait l'importance de la communication dans la r&#233;flexion d'Habermas. Ce dernier souligne &#224; juste titre le d&#233;ficit qui r&#232;gne en la mati&#232;re dans les pays membres. Autant les m&#233;dias nationaux se montrent prolixes lorsqu'il s'agit de relater des n&#233;gociations au cours desquelles le gouvernement d&#233;fend &#171; de haute lutte &#187; les int&#233;r&#234;ts nationaux, autant ils se font discrets sur les d&#233;cisions du Parlement de Strasbourg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que la zone euro sorte du cercle vicieux de la dette, de l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire et de la r&#233;cession il conviendrait, selon une analyse tr&#232;s commun&#233;ment admise &#8211; sinon &#171; unanime &#187; (p. 111) &#8211; qu'elle soit dot&#233;e des comp&#233;tences n&#233;cessaires pour faire converger les &#233;volutions &#233;conomiques et sociales des pays membres. Or la voie actuelle &#8211; tendant &#224; renforcer le pouvoir du Conseil &#8211; est lourde de danger pour les peuples comme pour la construction europ&#233;enne, puisque, comme d&#233;j&#224; not&#233;, la politique mise en &#339;uvre par le Conseil, qui n'est au fond que soumission aux imp&#233;ratifs du march&#233;, rend l'Europe de moins en moins l&#233;gitime aux yeux de ses peuples. &#192; poursuivre sur cette voie, &#171; les chefs d'&#201;tat et de gouvernement retourneraient le projet europ&#233;en en son contraire &#187; (p. 112).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la &#171; solidarit&#233; civique &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne &#187; ne s'instaurera pas tant que les niveaux de vie ne se seront pas suffisamment rapproch&#233;s (ce qui n'implique en aucune mani&#232;re &#171; l'aplatissement des diff&#233;rences culturelles &#187; &#8211; p. 113). D&#232;s lors, conclut Habermas, la solution de la crise europ&#233;enne r&#233;clame un changement de paradigme (de nouveaux objectifs et un nouveau mode de gestion), puisque le mode de gouvernance en vigueur, insuffisamment d&#233;mocratique, s'av&#232;re au service d'objectifs largement impopulaires. Jusqu'ici, un tel changement de paradigme ne pourrait advenir sans l'accord des chefs d'&#201;tat et de gouvernement, d'o&#249; l'aporie qui n'&#233;chappe pas &#224; Habermas : il faudrait que ces responsables politiques &#171; expriment une volont&#233; qui, allant dans le sens de l'int&#233;r&#234;t d'un bien commun europ&#233;en, entrerait en contradiction avec leur int&#233;r&#234;t personnel dans la sauvegarde de leur propre pouvoir &#187; (p. 112). Alors que faire ? Les tentatives des f&#233;d&#233;ralistes pour passer au-dessus des &#201;tats (Congr&#232;s du peuple europ&#233;en,&#8230;) n'ont pas abouti. N&#233;anmoins le nouveau processus d'Initiative citoyenne europ&#233;enne (ICE), ent&#233;rin&#233; par le Trait&#233; de Lisbonne, offre un cadre d'action porteur d'un v&#233;ritable espoir, s'il n'a pas encore d&#233;montr&#233; son efficacit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;conomie : l'Europe, la ris&#233;e du monde entier</title>
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		<dc:date>2013-08-29T10:39:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Michel Herland</dc:creator>



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&lt;p&gt;Si les p&#232;res fondateurs de l'Europe pouvaient se manifester, que diraient-ils ? Nous accuseraient-ils de les avoir trahis ou s'accuseraient-ils eux-m&#234;mes pour nous avoir mis sur de si mauvais rails ? Car c'est assez avant pousser le t&#233;moignage / Je m'y tiens et n'en veux, pour moi, pas davantage (Moli&#232;re, Tartuffe) : la preuve est suffisamment faite que l'Europe des petits pas, l'Europe &#034;fonctionnaliste&#034; n'est pas seulement une impasse ; son impuissance fait de nous la ris&#233;e du monde entier. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-160-Juin-2013-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 160 &#8212; Juin 2013&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si les p&#232;res fondateurs de l'Europe pouvaient se manifester, que diraient-ils ? Nous accuseraient-ils de les avoir trahis ou s'accuseraient-ils eux-m&#234;mes pour nous avoir mis sur de si mauvais rails ? &lt;i&gt;Car c'est assez avant pousser le t&#233;moignage / Je m'y tiens et n'en veux, pour moi, pas davantage&lt;/i&gt; (Moli&#232;re, &lt;i&gt;Tartuffe&lt;/i&gt;) : la preuve est suffisamment faite que l'Europe des petits pas, l'Europe &#034;fonctionnaliste&#034; n'est pas seulement une impasse ; son impuissance fait de nous la ris&#233;e du monde entier. Certes, les p&#232;res fondateurs pourraient faire valoir &#224; bon droit que leurs successeurs ne les ont pas aid&#233;s, qu'une strat&#233;gie con&#231;ue pour six &#201;tats (dont trois alors si semblables qu'on les confondait en une seule entit&#233; &#8211; le B&#233;n&#233;lux) n'aurait pas d&#251; &#234;tre &#233;tendue sans examen &#224; un nombre ind&#233;fini de pays (la Croatie deviendra le vingt-huiti&#232;me membre de l'Union le 1er juillet prochain, et la Lettonie le dix-huiti&#232;me membre de la zone euro le 1er janvier 2014). Quoi qu'il en soit, nous sommes arriv&#233;s au point o&#249; ce qui fut longtemps consid&#233;r&#233; comme un mod&#232;le est devenu un objet de d&#233;rision pour le monde et &#8211;plus inqui&#233;tant&#8211; de ranc&#339;ur pour un nombre croissant d'Europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'en tenir &#224; la France, une enqu&#234;te du &lt;i&gt;Pew Research Center&lt;/i&gt; cit&#233;e dans &lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt; (25 au 31 mai 2013) indique que le nombre de nos compatriotes ayant une opinion positive de l'Europe est pass&#233; en un an de 60 % &#224; 41 %. Alors que les Fran&#231;ais ont le sentiment que la politique &#233;conomique de leur pays se fait de plus en plus &#224; Bruxelles et &#224; Francfort, comment n'incrimineraient-ils pas l'Europe face &#224; la mont&#233;e du ch&#244;mage et du &#034;pr&#233;cariat&#034;, pour reprendre un mot du sociologue Robert Castel, r&#233;cemment disparu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La couverture de ce m&#234;me num&#233;ro de &lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt; se pr&#233;sente comme l'affiche d'un film dont le titre serait &#034;&#034;&lt;i&gt;The Sleepwalkers&lt;/i&gt;, le sous-titre &#034;&#034;&lt;i&gt;A euro disaster waiting to happen&lt;/i&gt; et les accroches : &#034;&#034;&lt;i&gt;A snore of force&lt;/i&gt;, &#034;&#034;&lt;i&gt;Fifthy Shades of Grey, without the sex &lt;/i&gt; &#187;, &#034;&#034;&lt;i&gt;Non-stop inaction&lt;/i&gt;. On aura beau dire que &lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt; est un organe anglais, d'orientation lib&#233;rale, pas favorable &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; &#224; une union europ&#233;enne allant au-del&#224; d'une zone de libre-&#233;change, force est de convenir que, ici, la satire fait mouche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre sino-europ&#233;enne &#224; propos des panneaux photovolta&#239;ques est caract&#233;ristique de l'attitude de l'Union. La d&#233;sindustrialisation est en effet un ph&#233;nom&#232;ne gravissime. Rappelons que les emplois industriels ont &#233;t&#233; divis&#233;s par deux, en France, entre 1975 et 2012, de 5 millions &#224; 2,5 millions. S'il est vrai que les gains de productivit&#233; y sont pour quelque chose, il demeure incontestable que ces chiffres correspondent pour une grande part &#224; la disparition de pans entiers de l'industrie nationale, puisque la logique de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale tend &#224; transf&#233;rer la production vers les zones &#224; bas co&#251;t en main d'&#339;uvre. Au temps du &#034;March&#233; commun&#034;, les industries des pays membres se faisaient bien concurrence, mais l'espace concern&#233; &#233;tait suffisamment homog&#232;ne pour que celle-ci ait des effets positifs. N'en d&#233;plaise aux &#233;conomistes orthodoxes, ce n'est plus du tout le cas lorsqu'on jette dans l'ar&#232;ne des pays dont le co&#251;t de la main d'&#339;uvre est &#233;lev&#233; et des pays dont la main d'&#339;uvre est largement aussi qualifi&#233;e mais beaucoup moins co&#251;teuse. Dans ce cas, pour pr&#233;server un savoir-faire et une production nationale &#8211;ce qui correspond souvent &#224; une n&#233;cessit&#233; strat&#233;gique&#8211;, il n'y a d'autre moyen que la protection. Il est admis que les pays neufs puissent se prot&#233;ger pour favoriser la naissance d'une industrie nationale ; la logique veut que les vieux pays se prot&#232;gent &#233;galement pour emp&#234;cher la mort de leur industrie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant le photovolta&#239;que, c'est en avril 2012 que les &#201;tats-Unis ont commenc&#233; &#224; augmenter les droits de douane sur les panneaux solaires chinois. L'Europe a attendu le mois de juin 2013 pour faire de m&#234;me, en fixant d'ailleurs un tarif plus faible que celui d&#233;cid&#233; par les Am&#233;ricains. Comme d'habitude, h&#233;las !&#8230; l'Europe a agi trop tard, trop peu et en d&#233;montrant une absence de coh&#233;sion qui fait le jeu de la partie adverse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne saurait nier que la division de l'Europe ait des raisons objectives. Si le couple franco-allemand n'est plus que l'ombre de lui-m&#234;me, cela ne tient pas &#224; une absence d'affect entre M. Hollande et Mme Merkel mais tout simplement au fait que l'industrie allemande se maintient contrairement &#224; celle de la France. Alors que la balance des paiements courants de la France est d&#233;ficitaire depuis 2005, l'Allemagne caracole avec un exc&#233;dent qui d&#233;passe m&#234;me, depuis 2009, celui de la Chine. L'exc&#233;dent allemand se faisant en grande partie au d&#233;triment de la France, son principal partenaire commercial, on comprend mieux les raisons de leur divorce. Mais l'Allemagne est-elle pour autant un exemple &#224; imiter ? Ses performances ont pour contrepartie la d&#233;gradation de son mod&#232;le social, avec la multiplication du temps partiel, des travailleurs pauvres et donc des in&#233;galit&#233;s en forte augmentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une Europe qui demeure pour la plus grande part conf&#233;d&#233;rale, l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; ne peut gu&#232;re se r&#233;duire. Les pays membres pr&#233;sentant des int&#233;r&#234;ts divergents, on ne voit pas par quel miracle ils pourraient aboutir &#224; des d&#233;cisions communes qui soient mieux que des compromis boiteux : trop peu, trop tard ! La persistance de la concurrence fiscale, l'incapacit&#233; de lutter contre les paradis fiscaux (jusqu'ici, tout au moins, autrement qu'en paroles), l'impossibilit&#233; de parler d'une seule voix face &#224; un concurrent aussi dangereux que la Chine, l'absence d'une politique du taux de change de l'euro, autant de signes d'une impuissance voulue &#8211;plus qu'elle n'est subie&#8211; par des &#201;tats qui cherchent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; pr&#233;server les sp&#233;cificit&#233;s qui les avantagent, refusant de voir que ces avantages ne cessent de se r&#233;duire et que la &#034;d&#233;saffiliation&#034; (autre mot de Robert Castel) d'un nombre de plus en plus &#233;lev&#233;s d'Europ&#233;ens, aggrav&#233;e par une r&#233;cession qui n'en finit pas de finir, conduit tout droit &#224; la catastrophe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mondialisme</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Mondialisme,443</link>
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		<dc:creator>Michel Herland</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les historiens ont beau rep&#233;rer une ou plusieurs mondialisations ant&#233;rieures &#224; l'&#233;poque contemporaine, jamais les marchandises, les capitaux et les hommes n'ont circul&#233; aussi facilement qu'aujourd'hui. Au progr&#232;s technique qui rend le transport plus rapide et moins co&#251;teux s'est ajout&#233; le triomphe d'une id&#233;ologie favorable au libre-&#233;change, au moins dans les pays occidentaux. C'est ainsi que s'est organis&#233; un r&#233;seau complexe dont les grands axes sont n&#233;anmoins ais&#233;ment rep&#233;rables : flux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-156-juin-2012-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 156 &#8212; 2012/06&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les historiens ont beau rep&#233;rer une ou plusieurs mondialisations ant&#233;rieures &#224; l'&#233;poque contemporaine, jamais les marchandises, les capitaux et les hommes n'ont circul&#233; aussi facilement qu'aujourd'hui. Au progr&#232;s technique qui rend le transport plus rapide et moins co&#251;teux s'est ajout&#233; le triomphe d'une id&#233;ologie favorable au libre-&#233;change, au moins dans les pays occidentaux. C'est ainsi que s'est organis&#233; un r&#233;seau complexe dont les grands axes sont n&#233;anmoins ais&#233;ment rep&#233;rables : flux d'investissement directs des vieux pays industriels en direction des &#233;mergents, flux de biens de consommations en sens contraire. Et comme les derniers l'emportent largement sur les premiers, les pays &#233;mergents accumulent des cr&#233;ances sur le reste du monde. La cons&#233;quence de tout cela, dans un pays comme la France, est bien connue : d&#233;sindustrialisation, d&#233;ficit commercial, ch&#244;mage massif et, en d&#233;pit de tout, sant&#233; insolente des grandes entreprises qui font d&#233;sormais ailleurs leur chiffre d'affaires et leur profit. Le gouvernement, totalement impuissant &#224; renverser ces tendances lourdes, en est r&#233;duit &#224; faire la cour aux nouveaux g&#233;ants industriels des pays &#233;mergents afin qu'ils acceptent, moyennant des subventions ruineuses, de racheter nos usines et de produire chez nous. Ces op&#233;rations, quand elles aboutissent, sont en g&#233;n&#233;ral d&#233;cevantes, les investisseurs &#233;trangers ayant encore moins d'&#233;tats d'&#226;me que les capitalistes fran&#231;ais lorsqu'il s'agit de fermer un &#233;tablissement leur appartenant en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mondialisation-l&#224; a &#233;t&#233; port&#233;e en particulier par l'Union europ&#233;enne (UE) au nom du raisonnement suivant : l'ouverture du march&#233; &#224; la concurrence mondiale est le meilleur moyen de contraindre les producteurs europ&#233;ens &#224; faire les efforts de comp&#233;titivit&#233; n&#233;cessaires &#224; la poursuite de la croissance, laquelle est la condition de la prosp&#233;rit&#233; et de l'emploi. On sait ce qu'il en est advenu ! Certains pays ont accept&#233; le jeu de la comp&#233;titivit&#233;. On pense en particulier &#224; l'Allemagne qui a fait un effort consid&#233;rable pour augmenter la productivit&#233; et r&#233;duire le co&#251;t du travail. D'autres pays, dont la France, n'ont pas eu cet h&#233;ro&#239;sme, ont laiss&#233; leurs emplois industriels filer &#224; l'&#233;tranger, leur d&#233;ficit commercial se creuser, et leur ch&#244;mage s'accro&#238;tre. Avec comme cons&#233;quences in&#233;vitables, une croissance ralentie ou atone, les d&#233;ficits sociaux et publics en augmentation vertigineuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La division qui s'est op&#233;r&#233;e entre pays &#171; cigales &#187; et pays &#171; fourmis &#187; a eu une autre cons&#233;quence. Comme les &#233;changes ext&#233;rieurs des pays europ&#233;ens se font pour la plus grande part entre eux, l'exc&#233;dent commercial des fourmis s'est constitu&#233; pour l'essentiel au d&#233;triment des cigales. En d'autres termes, les premi&#232;res ont export&#233; leur d&#233;ficit commercial en direction des secondes, le r&#233;sultat global &#233;tant typiquement celui d'un &#171; jeu &#224; somme nulle &#187; (pour emprunter au vocabulaire des &#233;conomistes). Et tout cela pour un r&#233;sultat qui, m&#234;me du point de vue des fourmis, n'est pas si brillant, tant leur co&#251;t social para&#238;t &#233;lev&#233;. En Allemagne par exemple : multiplication des temps partiels, augmentation du nombre des travailleurs pauvres et maintien du taux de ch&#244;mage aux environs de 6 %, ce qui est loin d'&#234;tre n&#233;gligeable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps les pays &#233;mergents continuent &#224; afficher une croissance &#224; deux chiffres, ou peu s'en faut. Ils utilisent en effet tous les instruments disponibles pour maintenir leur comp&#233;titivit&#233;, sans se soucier des r&#232;gles de la &#171; concurrence non fauss&#233;e &#187; auxquelles s'accroche l'UE. L'exemple de la Chine est particuli&#232;rement &#233;loquent, qui joue sur une monnaie sous-&#233;valu&#233;e et les protections tarifaires comme non tarifaires. On ne sait pas suffisamment que, pour vendre en Chine, les industriels du vieux monde sont presque syst&#233;matiquement oblig&#233;s d'investir dans une usine sur place, de transf&#233;rer la technologie et de faire en sorte que la plus grande partie de la valeur ajout&#233;e soit produite en Chine. On ne sait pas bien non plus, peut-&#234;tre, que les Chinois pratiquent la r&#233;tention des &#171; terres rares &#187;, ces m&#233;taux indispensables pour les nouvelles technologies : qui en veut doit investir dans une usine de transformation sur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; des &#171; partenaires &#187; pr&#234;ts &#224; tout pour poursuivre leur croissance acc&#233;l&#233;r&#233;e (ce qui suppose d'exporter massivement des produits bon march&#233; et de produire de plus en plus chez soi, gr&#226;ce &#224; la technologie la plus moderne, les produits qu'on importait auparavant, pour devenir &#224; son tour exportateur de ces produits), le discours et la politique libre-&#233;changistes des Europ&#233;ens seraient presque comiques s'ils n'avaient pas des cons&#233;quences aussi d&#233;sastreuses. Quant aux Am&#233;ricains qui ont la r&#233;putation de faire preuve d'un peu plus de pragmatisme, ils sont si lourdement endett&#233;s &#224; l'&#233;gard de la Chine que leur marge de manoeuvre est en tout &#233;tat de cause limit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation dans ses modalit&#233;s actuelles a donc toutes les chances de se transformer en un nouvel imp&#233;rialisme. Et il n'est pas besoin d'&#234;tre grand clerc pour annoncer quel sera le futur h&#233;g&#233;mon. Le pays le plus peupl&#233; de la plan&#232;te qu'il inonde de ses produits de plus en plus sophistiqu&#233;s, le premier cr&#233;ancier du monde d&#233;tenteur de r&#233;serves en dollars colossales, peut d'ores et d&#233;j&#224; faire preuve de beaucoup d'autorit&#233;. Pour l'heure, les dirigeants chinois n'ont pas encore d&#233;cid&#233; de prendre le pouvoir. Ils se contentent de bloquer les n&#233;gociations internationales qui ne leur conviennent pas (sur l'environnement, par exemple) et de se montrer sans piti&#233; vis-&#224;-vis de leurs minorit&#233;s (tib&#233;taine, ou&#239;goure) qui voudraient revendiquer une certaine autonomie. En dehors de leur pr&#233;-carr&#233;, ils se sont montr&#233;s jusqu'ici partisans du maintien d'un certain statu quo (voir Ta&#239;wan), mais il n'y a aucune raison pour que cette attitude relativement n&#233;gligente se prolonge &#233;ternellement. D'ores et d&#233;j&#224;, on aura not&#233; que les anciennes grandes puissances ne se hasardent plus &#224; provoquer le &#171; g&#233;ant chinois &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; consid&#233;rer l'histoire de l'humanit&#233;, l'imp&#233;rialisme est la solution la plus naturelle, celle qui est &#233;prouv&#233;e depuis longtemps : une puissance &#233;merge qui dicte sa loi au monde ; au bout d'un temps plus ou moins long, elle conna&#238;t la d&#233;cadence ; s'ensuit une p&#233;riode d'anarchie, apr&#232;s quoi une nouvelle puissance &#233;merge, et ainsi de suite. L'autre solution qui, elle, n'a jamais &#233;t&#233; &#233;prouv&#233;e serait le mondialisme, au sens de la d&#233;mocratie mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#233;tat actuel des choses, le choix entre les deux solutions est purement th&#233;orique. Car si l'on voit ce qui pourrait conduire &#224; un nouvel imp&#233;rialisme (il est d&#233;j&#224; en train de se construire), la possibilit&#233; pratique du mondialisme ne se dessine toujours pas. Si pourtant un tel choix existait, on verrait imm&#233;diatement appara&#238;tre un conflit entre deux crit&#232;res. Suivant l'id&#233;ologie dominante en Occident, &#224; savoir le lib&#233;ralisme politique (th&#233;oris&#233; par John Stuart Mill, John Rawls&#8230;), le mondialisme est pr&#233;f&#233;rable &#224; l'imp&#233;rialisme comme la d&#233;mocratie est pr&#233;f&#233;rable &#224; la dictature. Par contre, &#224; consid&#233;rer le crit&#232;re de l'efficacit&#233;, un h&#233;g&#233;mon adepte des m&#233;thodes autoritaires para&#238;t bien plus capable de faire r&#233;gner l'ordre, en particulier l'ordre &#233;cologique dont la plan&#232;te a si grand besoin. Certes, jusqu'ici, les Chinois se sont plut&#244;t distingu&#233;s par leur indiscipline sur ce plan-l&#224;, mais les choses sont en train de changer car ils se rendent bien compte qu'ils sont les premi&#232;res victimes de leur pollution. Or il existe une m&#233;thode &#233;vidente pour ramener les nuisances environnementales d'origine humaine &#224; un niveau acceptable : inverser la tendance d&#233;mographique et faire diminuer tr&#232;s rapidement la population mondiale. Qui mieux que les Chinois qui ont d&#233;j&#224; exp&#233;riment&#233; la politique de l'enfant unique (avec des r&#233;sultats certes insuffisants) pourrait l'imposer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut quand m&#234;me r&#234;ver. Imaginer que l'imp&#233;rialisme chinois fera long feu et que, face &#224; l'aggravation des probl&#232;mes &#233;cologiques, l'humanit&#233;, dans un r&#233;flexe de survie, d&#233;cidera de remettre son destin &#224; une autorit&#233; supranationale dot&#233;e de la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique. Un tel gouvernement mondial n'aurait de raison d'&#234;tre que s'il &#233;tait dot&#233; d'un pouvoir effectif. Cela revient &#224; inventer un mode de fonctionnement de la d&#233;mocratie mondiale tel qu'elle serait en mesure d'imposer des d&#233;cisions douloureuses (au moins &#224; court terme) &#224; tous les peuples, mieux &#224; tous les habitants de la plan&#232;te. Quelque chose dont les nations d&#233;mocratiques ne se sont gu&#232;re montr&#233;es capables jusqu'ici dans leur propre territoire, puisqu'elles fonctionnent sur la base du compromis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Michel Herland&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Professeur de sciences &#233;conomiques &#224; l'Universit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
des Antilles et de la Guyane. Directeur adjoint du&lt;br class='autobr' /&gt;
Centre de recherches sur l'insularit&#233; et la&lt;br class='autobr' /&gt;
mondialisation (Martinique). Membre du Centre&lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#233;conomie et de finances internationales (Aix-en-&lt;br class='autobr' /&gt;
Provence - CNRS et Universit&#233; de la M&#233;diterran&#233;e)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La zone euro : des Piigs aux Piifs</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/zone-euro-Piigs-Piifs</link>
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		<dc:date>2012-09-25T16:40:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Herland</dc:creator>


		<dc:subject>euro</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bien que la situation de la zone euro soit particuli&#232;rement instable, ce qui complique la t&#226;che du commentateur, il est quand m&#234;me possible de s'entendre sur quelques constats. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'unification mon&#233;taire de l'Europe en l'absence d'une v&#233;ritable structure &#233;tatique europ&#233;enne &#233;tait en tout &#233;tat de cause risqu&#233;e ; elle le devenait encore davantage &#224; partir du moment o&#249; l'euro s'installait durablement comme une monnaie &#171; forte &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Commen&#231;ons par le premier point. Les unions mon&#233;taires (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-154-decembre-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 154 &#8212; 2011/12&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-euro-+" rel="tag"&gt;euro&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bien que la situation de la zone euro soit particuli&#232;rement&lt;br class='autobr' /&gt;
instable, ce qui complique la t&#226;che du commentateur, il&lt;br class='autobr' /&gt;
est quand m&#234;me possible de s'entendre sur quelques&lt;br class='autobr' /&gt;
constats.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'unification mon&#233;taire de l'Europe en l'absence d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
v&#233;ritable structure &#233;tatique europ&#233;enne &#233;tait en tout &#233;tat&lt;br class='autobr' /&gt;
de cause risqu&#233;e ; elle le devenait encore davantage &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
partir du moment o&#249; l'euro s'installait durablement&lt;br class='autobr' /&gt;
comme une monnaie &#171; forte &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par le premier point. Les unions mon&#233;taires&lt;br class='autobr' /&gt;
inter&#233;tatiques ont toujours &#233;chou&#233;. Voir par exemple&lt;br class='autobr' /&gt;
l'Union latine&#8230; Par contre, lorsqu'une f&#233;d&#233;ration se&lt;br class='autobr' /&gt;
constitue, elle adopte tout naturellement une monnaie&lt;br class='autobr' /&gt;
unique qui devient pour elle un attribut parmi d'autres de&lt;br class='autobr' /&gt;
sa souverainet&#233;. La diff&#233;rence entre l'union mon&#233;taire&lt;br class='autobr' /&gt;
inter&#233;tatique et la f&#233;d&#233;ration tient &#224; l'existence d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
ex&#233;cutif f&#233;d&#233;ral et d'autres institutions non &#233;tatiques&lt;br class='autobr' /&gt;
pourvues de ressources propres (imp&#244;ts, cotisations&lt;br class='autobr' /&gt;
sociales) en provenance de toute la f&#233;d&#233;ration et qui sont&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;pens&#233;es dans toute la f&#233;d&#233;ration. Ce double flux de&lt;br class='autobr' /&gt;
recettes et de d&#233;penses a pour effet de redistribuer les&lt;br class='autobr' /&gt;
ressources entre les collectivit&#233;s composantes. Par&lt;br class='autobr' /&gt;
exemple si l'un d'elle est affect&#233;e par la r&#233;cession et le&lt;br class='autobr' /&gt;
ch&#244;mage, elle versera moins d'imp&#244;ts et de cotisation&lt;br class='autobr' /&gt;
sociales &#224; la f&#233;d&#233;ration dont elle recevra par contre des&lt;br class='autobr' /&gt;
transferts plus importants (subventions diverses,&lt;br class='autobr' /&gt;
indemnit&#233;s vers&#233;es aux ch&#244;meurs, etc.). Inversement, une&lt;br class='autobr' /&gt;
collectivit&#233; composante prosp&#232;re versera au niveau&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ral davantage qu'elle n'en re&#231;oit. Ces transferts,&lt;br class='autobr' /&gt;
appel&#233;s stabilisateurs automatiques par les &#233;conomistes,&lt;br class='autobr' /&gt;
jouent un r&#244;le essentiel pour aider les collectivit&#233;s en&lt;br class='autobr' /&gt;
difficult&#233;s. Ils leur permettent de d&#233;penser plus qu'elles&lt;br class='autobr' /&gt;
ne gagnent -ce qui est n&#233;cessaire aussi bien pour&lt;br class='autobr' /&gt;
stabiliser le niveau de vie que pour relancer l'&#233;conomiesans&lt;br class='autobr' /&gt;
avoir obligatoirement besoin de s'endetter. Il est au&lt;br class='autobr' /&gt;
demeurant possible -et sans doute souhaitable- que la&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ration d&#233;cide de limiter la capacit&#233; d'endettement des&lt;br class='autobr' /&gt;
collectivit&#233;s membres ou des organismes sociaux. Une&lt;br class='autobr' /&gt;
interdiction pure et simple pour les collectivit&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
composantes ne serait cependant pas opportune, la&lt;br class='autobr' /&gt;
variation de la dette restant l'un des instruments sur&lt;br class='autobr' /&gt;
lesquels peut jouer une collectivit&#233; en d&#233;calage&lt;br class='autobr' /&gt;
conjoncturel par rapport au reste de la f&#233;d&#233;ration pour&lt;br class='autobr' /&gt;
modifier sa situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout &#233;tat de cause l'arme budg&#233;taire doit &#234;tre mani&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
avec pr&#233;caution. Dans une f&#233;d&#233;ration o&#249; les capitaux se&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;placent librement, les taux d'imposition du capital ne&lt;br class='autobr' /&gt;
peuvent gu&#232;re se diff&#233;rencier d'une composante &#224; l'autre,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; moins d'avoir de tr&#232;s bonnes raisons pour accepter la&lt;br class='autobr' /&gt;
concurrence fiscale. On peut ainsi imaginer qu'une&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;gion particuli&#232;rement d&#233;prim&#233;e soit autoris&#233;e &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
pratiquer des taux d'imposition nettement inf&#233;rieurs &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
ceux du reste de la f&#233;d&#233;ration, &#224; condition que ce soit&lt;br class='autobr' /&gt;
pour une dur&#233;e limit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il manque &#224; la zone euro, qui demeure pour l'essentiel&lt;br class='autobr' /&gt;
une construction inter&#233;tatique, aussi bien l'Etat f&#233;d&#233;ral et&lt;br class='autobr' /&gt;
ses stabilisateurs que les r&#232;gles limitant la d&#233;rive&lt;br class='autobr' /&gt;
budg&#233;taire des Etats membres. La crise interne dont nous&lt;br class='autobr' /&gt;
observons tous les jours les nouvelles p&#233;rip&#233;ties n'a pas&lt;br class='autobr' /&gt;
d'autre explication. Certes des garde-fous &#233;taient pr&#233;vus :&lt;br class='autobr' /&gt;
le d&#233;ficit budg&#233;taire annuel de chaque Etat membre&lt;br class='autobr' /&gt;
devait rester inf&#233;rieur &#224; 3 % du PIB et l'endettement&lt;br class='autobr' /&gt;
cumul&#233; ne pas d&#233;passer 60 % de ce m&#234;me PIB. On sait ce&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il en est advenu ! C'est que, dans une organisation&lt;br class='autobr' /&gt;
conf&#233;d&#233;rale, chacun fait ce qu'il veut. Sans s'appesantir&lt;br class='autobr' /&gt;
sur le cas de la Gr&#232;ce dont le d&#233;ficit s'&#233;tablit &#224; 10 % et la&lt;br class='autobr' /&gt;
dette &#224; 165 % du PIB, les chiffres correspondants, pour la&lt;br class='autobr' /&gt;
France, atteignent presque 6 % et 90 %, bien loin donc&lt;br class='autobr' /&gt;
des crit&#232;res de Maastricht. Le budget vot&#233; pour 2011 est&lt;br class='autobr' /&gt;
tout &#224; fait symptomatique, &#224; cet &#233;gard : &#171; l'impasse &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
budg&#233;taire s'&#233;l&#232;ve &#224; 90 milliards sur des d&#233;penses totales&lt;br class='autobr' /&gt;
de 360 milliards. Vous avez bien lu : les recettes&lt;br class='autobr' /&gt;
normales (imp&#244;ts et taxes, soit 270 milliards) ne&lt;br class='autobr' /&gt;
repr&#233;sentent que les trois quarts des d&#233;penses. L'Etat&lt;br class='autobr' /&gt;
fran&#231;ais finance le quart de ses d&#233;penses par&lt;br class='autobr' /&gt;
l'endettement ! Ce chiffre mesure l'ampleur de l'effort &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
accomplir pour supprimer le d&#233;ficit : r&#233;duire d'un quart les d&#233;penses ou augmenter d'un tiers les recettes&lt;br class='autobr' /&gt;
fiscales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le gouvernement fran&#231;ais compte &#233;galement d&#233;gager quelques recettes en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel effort, on ne voit pas que le Pr&#233;sident fran&#231;ais&lt;br class='autobr' /&gt;
actuel en soit capable, et encore moins son challenger de&lt;br class='autobr' /&gt;
gauche. Au demeurant, comme le montre l'exemple grec,&lt;br class='autobr' /&gt;
adopter aujourd'hui une politique de rigueur, alors que la&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;cession est &#224; notre porte, a toutes les chances d'aboutir&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; un r&#233;sultat inverse de celui souhait&#233;, c'est-&#224;-dire&lt;br class='autobr' /&gt;
d'alourdir le d&#233;ficit (par baisse des rentr&#233;es d'imp&#244;ts,&lt;br class='autobr' /&gt;
puisque celles-ci d&#233;pendent du niveau d'activit&#233;) au lieu&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'all&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut donc pas s'attendre &#224; ce que l'endettement de la&lt;br class='autobr' /&gt;
France se r&#233;duise suffisamment pour rassurer les&lt;br class='autobr' /&gt;
march&#233;s : la perte du &#171; triple A &#187; para&#238;t programm&#233;e. Les&lt;br class='autobr' /&gt;
rodomontades pr&#233;sidentielles n'y changeront rien. Des&lt;br class='autobr' /&gt;
ann&#233;es de laxisme budg&#233;taire, y compris dans les&lt;br class='autobr' /&gt;
p&#233;riodes de croissance o&#249; l'on aurait pu redresser la&lt;br class='autobr' /&gt;
barre, finissent toujours par se payer d'une mani&#232;re ou&lt;br class='autobr' /&gt;
d'une autre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a beaucoup glos&#233;, avec quelques ricanements -en&lt;br class='autobr' /&gt;
particulier du c&#244;t&#233; fran&#231;ais-, sur les &#171; PIIGS &#187;, ces pays&lt;br class='autobr' /&gt;
fragilis&#233;s par un endettement excessif (Portugal, Irlande,&lt;br class='autobr' /&gt;
Italie, Gr&#232;ce et Espagne (Spain). Au point o&#249; nous en&lt;br class='autobr' /&gt;
sommes rendus, il est permis de douter que la Gr&#232;ce -en&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;pit de ses efforts, et malgr&#233; l'aide apport&#233;e par les&lt;br class='autobr' /&gt;
autres pays europ&#233;ens et le FMI- puisse demeurer encore&lt;br class='autobr' /&gt;
tr&#232;s longtemps dans la zone euro. Par contre, il est plus&lt;br class='autobr' /&gt;
que vraisemblable que la France basculera sous peu dans&lt;br class='autobr' /&gt;
le camp des pays consid&#233;r&#233;s comme critiques. Exit donc&lt;br class='autobr' /&gt;
la Gr&#232;ce et les &#171; PIIGS &#187; et bienvenue &#224; la France au sein&lt;br class='autobr' /&gt;
des &#171; PIIFS &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux qui pourraient en douter, le spread (&#233;cart) des&lt;br class='autobr' /&gt;
taux entre les emprunts (&#224; dix ans) du gouvernement&lt;br class='autobr' /&gt;
fran&#231;ais et du gouvernement allemand atteint d&#233;sormais&lt;br class='autobr' /&gt;
1,25 %. C'est certes moins que pour la Gr&#232;ce (plus de 20&lt;br class='autobr' /&gt;
%) ou m&#234;me l'Italie (4,5 %) mais ce n'est que le d&#233;but&lt;br class='autobr' /&gt;
d'un processus qui semble in&#233;luctable. Or, faut-il le&lt;br class='autobr' /&gt;
rappeler, chaque fois que le taux auquel un gouvernement&lt;br class='autobr' /&gt;
s'endette augmente, cela creuse m&#233;caniquement son&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;ficit (en ce qui concerne la France, 1 point de taux&lt;br class='autobr' /&gt;
d'int&#233;r&#234;t suppl&#233;mentaire entra&#238;ne une charge&lt;br class='autobr' /&gt;
suppl&#233;mentaire de 15 milliards d'euros).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont alors les perspectives de la zone euro ? Face&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; l'urgence on peut r&#234;ver que les pays membres, enfin&lt;br class='autobr' /&gt;
convaincus que les seules unions mon&#233;taires stables&lt;br class='autobr' /&gt;
s'inscrivent dans un cadre f&#233;d&#233;ral, d&#233;cident la&lt;br class='autobr' /&gt;
transformation de la zone euro en une f&#233;d&#233;ration. H&#233;las,&lt;br class='autobr' /&gt;
nul ne croit s&#233;rieusement &#224; une telle &#233;ventualit&#233;, m&#234;me si&lt;br class='autobr' /&gt;
elle comblerait d'aise, &#233;videmment, les lecteurs de&lt;br class='autobr' /&gt;
F&#233;d&#233;choses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un num&#233;ro r&#233;cent du journal Lib&#233;ration (4&lt;br class='autobr' /&gt;
novembre 2011), un certaine Pierre Haroche, pr&#233;sent&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
comme doctorant en science politique, propose un&lt;br class='autobr' /&gt;
sc&#233;nario diff&#233;rent. Selon lui, la construction europ&#233;enne&lt;br class='autobr' /&gt;
n'est pas la r&#233;alisation progressive d'un id&#233;al qui serait&lt;br class='autobr' /&gt;
port&#233; par une &#233;lite volontariste. Tout au contraire, il la&lt;br class='autobr' /&gt;
voit comme &#171; un processus largement involontaire, port&#233; par des acteurs ne cherchant qu'&#224; pr&#233;server leur pouvoir&lt;br class='autobr' /&gt;
sous l'emprise de contraintes nouvelles &#187;. S'il faut en&lt;br class='autobr' /&gt;
croire cet auteur, les gouvernants des pays europ&#233;ens&lt;br class='autobr' /&gt;
accepteront que les budgets nationaux soient mis sous&lt;br class='autobr' /&gt;
contr&#244;le parce qu'ils veulent &#233;chapper aux inconv&#233;nients&lt;br class='autobr' /&gt;
du laxisme budg&#233;taire des autres ! Or chacun d'eux ne&lt;br class='autobr' /&gt;
peut obtenir la discipline des autres que s'il l'accepte lui&lt;br class='autobr' /&gt;
aussi. C'est seulement ainsi qu'un progr&#232;s vers&lt;br class='autobr' /&gt;
l'int&#233;gration budg&#233;taire pourrait &#234;tre r&#233;alis&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;cisions r&#233;centes au sein de la zone euro ne&lt;br class='autobr' /&gt;
contredisent pas cette analyse. Il n'est pas garanti pour&lt;br class='autobr' /&gt;
autant que les gouvernements se plient mieux &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
nouvelle discipline qu'&#224; celle de Maastricht. Les&lt;br class='autobr' /&gt;
perspectives seraient certes diff&#233;rentes en cas d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
croissance suffisante mais celle-ci n'est pas, pour l'heure,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; l'ordre du jour. La Chine ralentit -comme, en Europe&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me l'Allemagne- et ce n'est pas le l&#233;ger sursaut de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;conomie am&#233;ricaine qui apportera &#224; l'&#233;conomie&lt;br class='autobr' /&gt;
mondiale le sursaut dont elle a besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation actuelle a quelque chose de paradoxal :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;jusqu'ici la crise de la zone euro n'a pas d&#233;bouch&#233; sur&lt;br class='autobr' /&gt;
une crise de l'euro. Le taux de change euro/dollar reste&lt;br class='autobr' /&gt;
bloqu&#233; en effet autour de 1,40 $, un taux beaucoup trop&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;lev&#233; pour permettre &#224; la plupart des pays de la zone de&lt;br class='autobr' /&gt;
retrouver leur comp&#233;titivit&#233;. Malgr&#233; le confortable&lt;br class='autobr' /&gt;
exc&#233;dent de la balance courante de l'Allemagne, la zone&lt;br class='autobr' /&gt;
euro est d&#233;sormais d&#233;ficitaire. Tel est particuli&#232;rement le&lt;br class='autobr' /&gt;
cas de la France, longtemps exc&#233;dentaire mais dont le&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;ficit des comptes courants &#171; grignote &#187; d&#233;sormais &#224; lui&lt;br class='autobr' /&gt;
seul pr&#232;s de la moiti&#233; du surplus allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cette divergence de fait entre les situations&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;conomiques de la France et de l'Allemagne, il n'est plus&lt;br class='autobr' /&gt;
imaginable que le &#171; couple franco-allemand &#187; continue&lt;br class='autobr' /&gt;
bien longtemps d'imposer son leadership politique sur la&lt;br class='autobr' /&gt;
zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous esp&#233;rons nous tromper, mais enfin tout porte &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
redouter un divorce entre les deux pays moteurs de la&lt;br class='autobr' /&gt;
construction europ&#233;enne. Si cette hypoth&#232;se se r&#233;alise, il&lt;br class='autobr' /&gt;
en sera fait de la zone euro.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Michel Herland&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Professeur de sciences &#233;conomiques &#224; l'Universit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
des Antilles et de la Guyane. Directeur adjoint du&lt;br class='autobr' /&gt;
Centre de recherches sur l'insularit&#233; et la&lt;br class='autobr' /&gt;
mondialisation (Martinique). Membre du Centre&lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#233;conomie et de finances internationales (Aix-en-&lt;br class='autobr' /&gt;
Provence - CNRS et Universit&#233; de la M&#233;diterran&#233;e)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le gouvernement fran&#231;ais compte &#233;galement d&#233;gager quelques recettes&lt;br class='autobr' /&gt;
en vendant ses &#171; bijoux de famille &#187; (h&#244;tels particuliers des ministres, par&lt;br class='autobr' /&gt;
exemple). Il ne peut s'agir que d'un exp&#233;dient qui appauvrit l'Etat et&lt;br class='autobr' /&gt;
trouve rapidement ses limites.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La vocation d'un &#201;tat europ&#233;en</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/La-vocation-d-un-Etat-europeen</link>
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		<dc:date>2011-10-09T09:47:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Herland</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#171; Le plus grand probl&#232;me pour l'esp&#232;ce humain est l'&#233;tablissement d'une soci&#233;t&#233; civile administrant le droit universellement&#8230; Ce probl&#232;me est le plus difficile et c'est aussi celui que l'esp&#232;ce humaine r&#233;sout le plus tard &#187;. Kant, Id&#233;e d'une histoire universelle du point de vue cosmopolitique, 1784. &lt;br class='autobr' /&gt; L'impuissance des institutions europ&#233;ennes dans leur organisation actuelle a &#233;t&#233; trop souvent d&#233;nonc&#233;e pour qu'il soit n&#233;cessaire d'y revenir. En dehors des quelques domaines o&#249; les trait&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-151-mars-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 151 &#8212; 2011/03&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Le plus grand probl&#232;me pour l'esp&#232;ce humain est l'&#233;tablissement d'une soci&#233;t&#233; civile administrant le droit universellement&#8230; Ce probl&#232;me est le plus difficile et c'est aussi celui que l'esp&#232;ce humaine r&#233;sout le plus tard &#187;. Kant, Id&#233;e d'une histoire universelle du point de vue cosmopolitique, 1784.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'impuissance des institutions europ&#233;ennes dans leur organisation actuelle a &#233;t&#233; trop souvent d&#233;nonc&#233;e pour qu'il soit n&#233;cessaire d'y revenir. En dehors des quelques domaines o&#249; les trait&#233;s permettent que l'Union parle d'une seule voix, il n'y a &#224; vrai dire pas d'Europe. Cet &#233;tat de fait est particuli&#232;rement flagrant dans le domaine militaire. Avec des budgets nationaux consacr&#233;s &#224; la d&#233;fense qui d&#233;passent au total celui des &#201;tats-Unis, les arm&#233;es europ&#233;ennes sont infiniment moins bien &#233;quip&#233;es que celle de leur alli&#233; &#224; laquelle elles peuvent servir tout au plus de force d'appoint. Le m&#234;me constat peut &#234;tre dress&#233; pour la recherche scientifique -dont tout le monde s'accorde pourtant &#224; dire qu'elle est cruciale pour l'avenir de notre &#233;conomie : plus de d&#233;penses publiques au total et moins de r&#233;sultats qu'outre-Atlantique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, s'il existe une &#171; raison dans l'histoire &#187;, comme tant d'auteurs, Kant, Hegel et bien d'autres, se sont employ&#233;s &#224; le d&#233;montrer, la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne -en tant que pr&#233;alable &#224; la F&#233;d&#233;ration mondiale- est aussi in&#233;luctable que la conqu&#234;te de l'univers par l'esp&#232;ce humaine. H&#233;las ! Le temps de l'histoire n'est pas celui de la vie humaine, aussi des progr&#232;s inscrits dans la logique historique peuvent-ils se faire attendre tr&#232;s longtemps&#8230; N&#233;anmoins c'est dans le cadre &#233;troit des vies individuelles que s'inscrivent les actions concr&#232;tes qui contribuent au d&#233;roulement historique, et il n'est donc pas vain a priori de s'interroger sur ce que pourrait &#234;tre la prochaine &#233;tape de la construction europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'envie d'Europe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-nations se sont constitu&#233;s par agr&#233;gation de territoires sous la forme de conqu&#234;tes guerri&#232;res ou d'alliances matrimoniales &#224; l'instigation de souverains qui avaient clairement envie d'agrandir leur domaine. Aujourd'hui -quoi que cela signifie exactement- les peuples sont souverains. Pour que l'Europe se fasse, il faut donc que les peuples le d&#233;sirent. L'Europe telle qu'elle se pr&#233;sente aujourd'hui est attractive, au moins pour les peuples qui n'en font pas partie, comme le d&#233;montre le nombre de ceux qui se pressent &#224; la porte. Malheureusement, ces peuples demeurant pour la plupart tr&#232;s nationalistes, leur d&#233;sir d'Europe ne va pas au-del&#224; de ce qu'elle peut aujourd'hui leur offrir. Ils ne seront donc pas, dans un avenir proche, les moteurs d'une int&#233;gration plus pouss&#233;e. Il n'emp&#234;che que l'envie qu'ils manifestent est riche de sens pour comprendre l'&#201;tat moderne (cf. infra).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout aussi instructive la faible app&#233;tence des peuples rentr&#233;s depuis longtemps dans l'Union &#224; son &#233;gard. Elle traduit incontestablement une d&#233;ception : face &#224; la nouvelle donne &#233;conomique mondiale, aux nouveaux modes de fonctionnement qu'elle impose sur le plan social, l'Europe appara&#238;t comme un rempart d&#233;risoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le peuple est souverain, il ne r&#232;gne pas directement mais par l'interm&#233;diaire de ses repr&#233;sentants &#233;lus. Ces derniers ont donc une influence d&#233;terminante dans le renforcement de la construction europ&#233;enne. Force est de constater qu'ils sont loin d'&#234;tre tous pr&#234;ts &#224; agir dans ce sens : soit qu'ils aient eux-m&#234;mes des convictions plus nationalistes qu'europ&#233;ennes, soit qu'ils se montrent attentifs aux doutes manifest&#233;s par les populations dont ils doivent d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts, soit qu'ils jugent commode d'imputer &#224; l'Europe la responsabilit&#233; de leur propre impuissance, soit enfin qu'ils n'aient aucun envie d'abandonner la moindre parcelle de leur pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but de cet article n'est pas de faire de la prospective. Il n'est pas de d&#233;terminer combien de temps les forces centrifuges l'emporteront sur les forces centrip&#232;tes au sein de l'Union. Il est simplement, rappelons-le, de consid&#233;rer les diverses orientations de la construction europ&#233;enne qui apparaissent aujourd'hui possibles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi l'&#201;tat ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les hommes sont des animaux sociaux mais l'instinct ne leur suffit pas pour instaurer des rapports harmonieux. Ils doivent donc mettre en place des r&#232;gles, inspir&#233;es par la raison, pour organiser leurs relations. D'o&#249; l'&#201;tat qui sert &#224; la fois &#224; produire les lois et &#224; garantir leur respect. Les premiers th&#233;oriciens de l'&#201;tat, &#224; commencer par Hobbes, attribuaient comme mission premi&#232;re &#224; l'&#201;tat d'assurer la s&#251;ret&#233; des citoyens et de leurs propri&#233;t&#233;s. Plus largement, on lui demandera, &#224; partir du XVIIIe si&#232;cle, de garantir ce que Benjamin Constant appelait &#171; la libert&#233; des modernes &#187; (les libert&#233;s individuelles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les citoyens des Etats modernes &#171; n'ont besoin, pour &#234;tre heureux, que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Par la suite, au XIXe si&#232;cle, se fera jour progressivement la revendication d'une citoyennet&#233; &#233;gale pour tous, donc la g&#233;n&#233;ralisation du droit de vote&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rappelons-en les principales &#233;tapes pour la France. 1791 : suffrage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce qui permettra de retrouver ainsi, apr&#232;s un tr&#232;s long d&#233;tour, ce que Benjamin Constant, encore, appelait &#171; la libert&#233; des Anciens &#187;, le droit de prendre part aux d&#233;cisions en mati&#232;re publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les choses en &#233;taient rest&#233;es l&#224;, la question de la construction de la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne serait sans doute plus simple qu'elle ne l'est aujourd'hui. Car l'&#201;tat se trouve charg&#233; d&#233;sormais en plus, dans l'esprit du plus grand nombre en tout cas, d'assurer la s&#233;curit&#233; mat&#233;rielle des citoyens. Ces derniers ne se contentent plus d'une &#233;galit&#233; formelle, ils veulent sinon l'&#233;galit&#233; r&#233;elle -de toute fa&#231;on impossible- du moins que les in&#233;galit&#233;s de richesse, d'&#233;ducation, etc., soient contenues dans des limites difficiles &#224; fixer pr&#233;cis&#233;ment mais dont la transgression se traduira obligatoirement par une grave crise sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ainsi, &#224; la suite du sociologue T. H. Marshall&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Terence Humphrey Marshall, &#171; Citizenship and Social Class &#187; (1949), dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, distinguer trois &#233;tapes successives de la citoyennet&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la citoyennet&#233; civile, celle des &#171; droits-libert&#233;s &#187; (XVIIIe si&#232;cle) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la citoyennet&#233; politique, celle des droits politiques, &#234;tre &#233;lecteur, &#233;ligible, etc. (XIXe si&#232;cle) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la citoyennet&#233; sociale, celle de l'&#201;tat-providence et des &#171; droits-cr&#233;ances &#187; (XXe si&#232;cle)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On lira avec profit, sur ce point pr&#233;cis comme sur d'autres abord&#233;s dans cet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La revendication en faveur de l'&#233;galit&#233; r&#233;elle est contenue dans le projet d&#233;mocratique. &#171; Les peuples d&#233;mocratiques montrent un amour plus ardent et plus durable pour l'&#233;galit&#233; que pour la libert&#233; &#187;, &#233;crivait d&#233;j&#224; Tocqueville&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alexis de Tocqueville, De la d&#233;mocratie en Am&#233;rique (1840).&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s lors l'&#201;tat se trouve in&#233;vitablement ballot&#233; entre des int&#233;r&#234;ts contradictoires : il est somm&#233; d'arbitrer des conflits tout en sachant qu'il risque de ne satisfaire enti&#232;rement personne. D'o&#249; la versatilit&#233; de l'opinion, qui se rep&#232;re &#224; l'alternance plus ou moins r&#233;guli&#232;re des partis au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est cependant plus facile de satisfaire (&#224; peu pr&#232;s) tout le monde dans une &#233;conomie en croissance que dans une &#233;conomie stagnante. Dans le second cas, on ne peut am&#233;liorer le sort d'une partie de la population qu'au d&#233;triment d'une autre. Dans le premier cas, on peut envisager un &#171; jeu &#224; somme positive &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La th&#233;orie des jeux est une branche des math&#233;matiques tr&#232;s pris&#233;e par les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; tel que toutes les parties soient gagnantes. D'o&#249; l'importance de la politique &#233;conomique. Et ce n'est &#233;videmment pas un hasard si l'&#201;tat-providence et l'&#201;tat interventionniste en mati&#232;re &#233;conomique se sont d&#233;velopp&#233;s de conserve, apr&#232;s la deuxi&#232;me guerre mondiale, sous l'inspiration conjointe de Beveridge et de Keynes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avec des variantes suivant les pays. G. Esping Andersen distingue ainsi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques conceptions de l'&#201;tat europ&#233;en&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mod&#232;le hamiltonien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alexander Hamilton (1755-1804) fut le principal contributeur (devant James (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement la politique &#233;conomique n'est pas du ressort de l'Union, et de fait les &#233;carts entre les performances &#233;conomiques nationales, y compris au sein de la zone euro, confirment que la responsabilit&#233; en la mati&#232;re demeure bien celle des &#201;tats. Cela explique pourquoi les peuples continuent &#224; se passionner pour les &#233;lections nationales (en d&#233;pit de la crise g&#233;n&#233;rale du &#171; politique &#187;) alors qu'ils ont du mal &#224; s'int&#233;resser aux &#233;lections europ&#233;ennes. Cela ne signifie pas qu'il ne serait pas opportun d'instaurer &#224; Bruxelles (ou dans un nouveau &#171; district f&#233;d&#233;ral &#187; comme pr&#233;conis&#233; jadis par Maurice Allais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maurice Allais (prix Nobel d'&#233;conomie en 1988), Combats pour l'Europe, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) un super-&#201;tat semblable &#224; celui qui existe &#224; Washington, dot&#233; d'un budget cons&#233;quent et capable aussi bien d'impulser des r&#233;formes structurelles d'int&#233;r&#234;t commun&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme par exemple un programme &#171; int&#233;gr&#233; &#187; de d&#233;veloppement soutenable. Cf. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que de mener une v&#233;ritable politique &#233;conomique au niveau f&#233;d&#233;ral lorsque la conjoncture l'exige. Le projet de transformer l'Union europ&#233;enne en des &#171; &#201;tats-Unis d'Europe &#187; demeure l&#233;gitime&#8230; bien que l'&#233;largissement non ma&#238;tris&#233; de l'Union l'ait rendu plus qu'improbable &#224; court et m&#234;me &#224; moyen terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mod&#232;le schmittien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Carl Schmitt s'est fait l'avocat d'un &#201;tat belliqueux, anim&#233; par la volont&#233; de puissance. Quoique cet auteur, comme ses d&#233;monstrations, soient plus que contestables&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir en fran&#231;ais, de Carl Schmitt (1888-1985), La Notion de politique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il n'en demeure pas moins que les relations internationales demeurent davantage fond&#233;es sur les rapports de force que sur la coop&#233;ration. Si les anciens pays du bloc sovi&#233;tique qui ont retrouv&#233; leur ind&#233;pendance ont voulu adh&#233;rer parall&#232;lement &#224; l'Union et &#224; l'OTAN, c'est bien parce qu'ils jugeaient que l'Union, dans son organisation actuelle, si elle pouvait les aider &#224; atteindre la prosp&#233;rit&#233;, n'&#233;tait pas &#224; m&#234;me de leur garantir la s&#233;curit&#233; &#224; laquelle ils aspirent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mod&#232;le habermassien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#252;rgen Habermas s'est fait le propagandiste contemporain d'un &#201;tat europ&#233;en, fid&#232;le &#224; l'inspiration universaliste de Kant, qui incarnerait un &#171; patriotisme constitutionnel &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#252;rgen Habermas (n&#233; en 1922), philosophe allemand, membre de l'Ecole de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il s'agirait ainsi de dissocier la nation (la France, l'Allemagne, etc.) qui resterait le lieu privil&#233;gi&#233; de l'affectivit&#233;, de l'&#201;tat (l'Europe) qui serait &#171; le lieu de la loi &#187;. Dans l'esprit d'Habermas, la construction d'un tel &#201;tat ne serait envisageable, dans un premier temps, qu'entre les pays constituant le &#171; noyau dur &#187; de l'Europe, mais il n'est pas interdit d'esp&#233;rer, d'une part qu'un &#201;tat semblable &#224; ses v&#339;ux attire assez vite d'autres pays europ&#233;ens, et d'autre part qu'il se substitue &#224; terme aux anciens pays comme objet de l'affectio societatis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mod&#232;le taylorien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles Taylor&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Charles Taylor (n&#233; en 1931) est canadien, professeur &#224; l'Universit&#233; Mc-Gill (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est connu dans le monde philosophique en tant que th&#233;oricien et d&#233;fenseur du multiculturalisme. S'il demeure d&#233;valu&#233; en France, o&#249; l'on pr&#233;f&#232;re d'ordinaire se r&#233;f&#233;rer au mod&#232;le r&#233;publicain assimilationniste, le multiculturalisme s'affirme de plus en plus partout comme une r&#233;alit&#233; incontournable. Taylor part du principe que &#171; notre identit&#233; est partiellement form&#233;e par la reconnaissance ou par son absence, ou encore par la mauvaise perception qu'en ont les autres &#187;. La puissance publique a le devoir de d&#233;fendre officiellement les cultures particuli&#232;res puisqu'une telle &#171; reconnaissance &#187; est, selon Taylor, la condition d'une &#171; vie bonne &#187;. Dans la perspective de la construction europ&#233;enne, un &#201;tat europ&#233;en taylorien devrait donc s'attacher &#224; la d&#233;fense des minorit&#233;s contre les &#201;tats-nations, ce qui pointe vers l'affaiblissement de ces derniers, voire leur disparition pure et simple au profit d'une &#171; Europe des r&#233;gions &#187;, on encore d'un &#171; f&#233;d&#233;ralisme ethnique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rappelons ici que, bien avant Taylor, le professeur Guy H&#233;raud a d&#233;fendu, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que faire ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme on voit, les mod&#232;les ne manquent pas pour la transformation de l'Union en un &#201;tat &#224; part enti&#232;re. Aucun d'entre eux ne saurait &#234;tre rejet&#233; a priori. Il est en outre possible de les combiner pour enrichir le contenu du futur &#201;tat europ&#233;en. Mais l'un est-il plus probable que les autres ? Il est bien difficile de r&#233;pondre &#224; une telle question. Au jour d'aujourd'hui, les chances que l'Europe progresse significativement vers une union politique v&#233;ritable, quelle qu'en soit la forme, sont en effet extr&#234;mement r&#233;duites. L'Europe n'est pas menac&#233;e par un ennemi ext&#233;rieur et n'a pas &#224; se pr&#233;occuper de sa d&#233;fense, ce qui d&#233;valorise le mod&#232;le schmittien. Il existe bien des probl&#232;mes &#171; ethniques &#187;, les dangers du multiculturalisme sont r&#233;els, mais ils sont trait&#233;s au niveau national, ce qui disqualifie le mod&#232;le taylorien. Tout au plus est-il pr&#233;visible que l'Europe mette en place un jour ou l'autre une politique commune plus efficace pour mettre fin &#224; l'immigration non d&#233;sir&#233;e. Le mod&#232;le hamiltonien -le r&#234;ve de nombre d'Europ&#233;ens depuis le congr&#232;s de La Haye (1948)- semble hors d'atteinte depuis les &#233;largissements successifs qui ont aggrav&#233; l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; de l'Union (or il faut se ressembler suffisamment pour vouloir s'assembler vraiment). Enfin si le mod&#232;le habermassien n'est pas sans rev&#234;tir une certaine pertinence aux yeux des philosophes impr&#233;gn&#233;s de kantisme, force est d'admettre que celle-ci n'est que&#8230; philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il pour autant d&#233;sesp&#233;rer ? Non. Plut&#244;t s'armer de patience. Se rappeler d'abord que le temps de l'histoire n'est pas celui de la vie humaine et que L'Europe que nous appelons de nos v&#339;ux, pas plus que Paris ne se construira en un jour. Et puis savoir que n&#233;anmoins des circonstances inattendues peuvent d&#233;clencher des r&#233;actions imm&#233;diates parce que vitales. A cet &#233;gard, on ne perdra pas de vue deux menaces, lesquelles, si elles se concr&#233;tisaient, obligeraient les Europ&#233;ens &#224; r&#233;agir rapidement et collectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La globalisation de l'&#233;conomie mondiale &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle n'a pas encore fait sentir tous ses effets. Plusieurs pays europ&#233;ens, y compris dans la zone euro continuent &#224; engranger des exc&#233;dents commerciaux. Quant aux capitaux &#233;trangers, ils affluent encore en Europe. Certes nos taux de croissance n'ont rien &#224; voir avec ceux des pays &#233;mergents mais il est in&#233;vitable que des pays qui nous rattrapent croissent plus vite que nous. Pourtant nos avantages comparatifs tendent &#224; dispara&#238;tre les uns apr&#232;s les autres et il n'est pas totalement inenvisageable que l'Europe (relativement peu peupl&#233;e et jouissant d'un climat temp&#233;r&#233;e) ne soit plus un jour que le grenier &#224; bl&#233; de l'Asie. Avant d'en arriver l&#224;, les relations sociales deviendront s&#251;rement si tendues que les politiques seront contraints d'agir et cela supposera une Europe r&#233;ellement unie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;fi environnemental&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A nouveau, jusqu'ici, les consid&#233;rations environnementales ne p&#232;sent pas suffisamment sur les citoyens europ&#233;ens pour que la plupart d'entre eux les prennent v&#233;ritablement au s&#233;rieux. Certes, tout le monde sait que le prix de l'essence est condamn&#233; &#224; augmenter sans cesse mais cela ne touche pas encore de mani&#232;re significative les citoyens europ&#233;ens, en dehors des moins fortun&#233;s. Quant au r&#233;chauffement climatique, &#224; la pollution de l'air, &#224; la disparition de nombre d'esp&#232;ces vivantes, etc., la plupart d'entre nous ne les constatent pas personnellement. Tout cela peut pourtant s'acc&#233;l&#233;rer tr&#232;s vite. Dans ce cas, un gouvernement europ&#233;en fort sera indispensable aussi bien pour imposer des mesures draconiennes &#224; tous les pays membres que pour exiger des autres grandes puissances mondiales qu'elles en fassent autant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Michel HERLAND&lt;br class='manualbr' /&gt;Professeur de sciences &#233;conomiques &#224; l'Universit&#233; des Antilles et de la Guyane. Directeur adjoint du Centre de recherches sur l'insularit&#233; et la mondialisation (CERIM) - Martinique. Membre du Centre d'&#233;conomie et de finances internationales (Aix-en-Provence - CNRS et Universit&#233; de la M&#233;diterran&#233;e)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Les citoyens des Etats modernes &#171; n'ont besoin, pour &#234;tre heureux, que d'&#234;tre laiss&#233;s dans une ind&#233;pendance parfaite sur tout ce qui a rapport &#224; leurs occupations, &#224; leurs entreprises, &#224; leurs sph&#232;res d'activit&#233;, &#224; leurs fantaisies &#187; (B. Constant, Discours sur la Libert&#233; des Anciens compar&#233;e &#224; celle des Modernes, 1819).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rappelons-en les principales &#233;tapes pour la France. 1791 : suffrage censitaire (sont &#233;lecteurs les contribuables masculins &#226;g&#233;s de plus de 25 ans dont l'imp&#244;t direct atteint au moins trois journ&#233;es de travail) ; 1848 : suffrage &#171; universel &#187; masculin ; 1944 : droit de vote d&#232;s 21 ans pour les hommes et les femmes ; 1974 : baisse de la majorit&#233; l&#233;gale &#224; 18 ans.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Terence Humphrey Marshall, &#171; Citizenship and Social Class &#187; (1949), dans Class, Citizenship and Social Development, New York, Anchor Book, 1965.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On lira avec profit, sur ce point pr&#233;cis comme sur d'autres abord&#233;s dans cet article, de Dominique Schnapper, La D&#233;mocratie providentielle - Essai sur l'&#233;galit&#233; contemporaine, Paris, Gallimard, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alexis de Tocqueville, De la d&#233;mocratie en Am&#233;rique (1840).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La th&#233;orie des jeux est une branche des math&#233;matiques tr&#232;s pris&#233;e par les &#233;conomistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avec des variantes suivant les pays. G. Esping Andersen distingue ainsi trois mod&#232;les d'Etat-providence : lib&#233;ral, corporatiste-&#233;tatiste et social-d&#233;mocrate. Gesta Esping Andersen, Les Trois Mondes de l'Etat-providence. Essai sur le capitalisme moderne (1990), Paris, PUF, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alexander Hamilton (1755-1804) fut le principal contributeur (devant James Madison (1751-1836) et John Jay (1745-1829) des Federalist Papers (1787-1788), articles de propagande en faveur de la nouvelle constitution am&#233;ricaine -f&#233;d&#233;rale tandis que la pr&#233;c&#233;dente &#233;tait de nature conf&#233;d&#233;rale- qui devait encore &#234;tre approuv&#233;e par le peuple. Alexande Marc nous a appris &#224; nommer &#171; hamiltonien &#187; le f&#233;d&#233;ralisme suivant le mod&#232;le am&#233;ricain (appliqu&#233; aux seules institutions politiques) par opposition au f&#233;d&#233;ralisme &#171; int&#233;gral &#187;, ou &#171; global &#187; (embrassant &#233;galement les structures &#233;conomiques et sociales) dont il souhaitait l'av&#232;nement en Europe. Cf. par exemple d'Alexandre Marc : R&#233;volution am&#233;ricaine, R&#233;volution europ&#233;enne, Lausanne, Centre de recherches europ&#233;ennes, 1977. Le f&#233;d&#233;ralisme global ne sera pas envisag&#233; dans cet article qui traite seulement de la construction politique de l'Europe&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Maurice Allais (prix Nobel d'&#233;conomie en 1988), Combats pour l'Europe, 1992-1994, Paris, Cl&#233;ment Juglar, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme par exemple un programme &#171; int&#233;gr&#233; &#187; de d&#233;veloppement soutenable. Cf. Hartmut Marhold, &#171; Le potentiel int&#233;grateur du d&#233;veloppement soutenable pour l'Union europ&#233;enne &#187;, L'Europe en formation., n&#176; 348, &#233;t&#233; 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir en fran&#231;ais, de Carl Schmitt (1888-1985), La Notion de politique (1933), trad. fr. Paris, Calmann-L&#233;vy, 1972 et la discussion de ses th&#232;ses dans J&#252;rgen Habermas, La Paix perp&#233;tuelle - Le bicentenaire d'une id&#233;e kantienne (1996), trad. fr. Paris, Cerf, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J&#252;rgen Habermas (n&#233; en 1922), philosophe allemand, membre de l'Ecole de Francfort. Cf. Ecrits politiques (1985-1990), trad. fr. Paris, Cerf, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Charles Taylor (n&#233; en 1931) est canadien, professeur &#224; l'Universit&#233; Mc-Gill &#224; Montr&#233;al. Disponibles en fran&#231;ais : La Libert&#233; des modernes (1979-1985), Paris, PUF, 1997, et, surtout, pour ce qui nous int&#233;resse, un article, &#171; Politics of recognition &#187; (1992) traduit dans Amy Gutman (dir.), Multiculturalisme : diff&#233;rence et d&#233;mocratie, Paris, Aubier, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rappelons ici que, bien avant Taylor, le professeur Guy H&#233;raud a d&#233;fendu, sous l'&#233;gide du Centre international de formation europ&#233;enne (CIFE) et des Presses d'Europe, son projet de &#171; f&#233;d&#233;ration des r&#233;gions monoethniques &#187;. Voir de cet auteur : L'Europe des ethnies, Paris, Presses d'Europe, 1963 (trad. all. Die V&#246;lker als die Tr&#228;ger Europas, Vienne, Braum&#252;ller, 1967) ; Peuples et langues d'Europe, Paris, Deno&#235;l, 1968 (orig. it. Popoli e Lingue d'Europa, Milan, Ferro edizioni, 1966) ; Les Principes du f&#233;d&#233;ralisme et la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne, Paris, Presses d'Europe, 1968 (avec une pr&#233;face et une postface d'Alexandre Marc).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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