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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>Ce que nous creuse la taupe de la mondialisation non gouvern&#233;e</title>
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		<dc:date>2019-05-25T06:30:35Z</dc:date>
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		<dc:creator>Giampiero Bordino</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;flexions f&#233;d&#233;ralistes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De nombreux indicateurs t&#233;moignent d'une crise du mod&#232;le actuel de mondialisation, une d&#233;cennie apr&#232;s son triomphe : l'&#233;mergence de gouvernements et mouvements protectionnistes et n&#233;o-nationalistes en Europe et dans le monde, la mont&#233;e de populismes identitaires et x&#233;nophobes, l'arr&#234;t, voire le d&#233;clin des processus d'int&#233;gration supranationaux comme l'Union europ&#233;enne (UE, avec le Brexit en premier lieu), la crise du consensus sur les accords de libre-&#233;change, et, plus r&#233;cemment, la victoire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-181-Avril-2019-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 181 - Avril 2019&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Reflexions-federalistes-+" rel="tag"&gt;R&#233;flexions f&#233;d&#233;ralistes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De nombreux indicateurs t&#233;moignent d'une crise du mod&#232;le actuel de mondialisation, une d&#233;cennie apr&#232;s son triomphe : l'&#233;mergence de gouvernements et mouvements protectionnistes et n&#233;o-nationalistes en Europe et dans le monde, la mont&#233;e de populismes identitaires et x&#233;nophobes, l'arr&#234;t, voire le d&#233;clin des processus d'int&#233;gration supranationaux comme l'Union europ&#233;enne (UE, avec le Brexit en premier lieu), la crise du consensus sur les accords de libre-&#233;change, et, plus r&#233;cemment, la victoire du r&#233;publicain Donald Trump aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de la premi&#232;re puissance mondiale, avec un programme de cette m&#234;me nature. Sur le plan &#233;conomique et structurel, le signal le plus important est l'inversion, apr&#232;s une longue p&#233;riode, du rapport entre croissance du commerce mondiale et croissance du PIB. Ce rapport est pass&#233; de 2,2% dans les ann&#233;es 1990 &#224; moins de 1% en 2015. La production mondiale augmente plus vite que le commerce, avec un renversement ind&#233;niable de la tendance par rapport &#224; la d&#233;cennie de la mondialisation triomphante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour employer une m&#233;taphore, la taupe de la mondialisation creuse encore, et malgr&#233; les faits expos&#233;s ci-dessus, elle continue &#224; impacter nos vies individuelles et collectives de mani&#232;re d&#233;terminante. En effet, la mondialisation ne se r&#233;duit gu&#232;re &#224; un &#233;change de biens et de services ou &#224; un mouvement de personnes et de capitaux. Le ph&#233;nom&#232;ne est bien plus compliqu&#233; et intrusif, et sa racine est avant tout scientifique et technologique ; sa structure n'est r&#233;versible qu'au prix d'une catastrophe globale (comme par exemple une guerre nucl&#233;aire mondiale) &#224; m&#234;me de rembobiner la marche de l'Histoire. Albert Einstein le faisait observer : si l'humanit&#233; conna&#238;t une troisi&#232;me guerre mondiale, elle devra se r&#233;soudre &#224; faire la quatri&#232;me avec des b&#226;tons et des pierres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, la mondialisation de la fin du si&#232;cle dernier et du d&#233;but du si&#232;cle actuel est essentiellement une r&#233;volution des communications et des transports qui a engendr&#233; un r&#233;tr&#233;cissement radical du temps et de l'espace, et donc une sorte d'&#233;volution anthropologique. Rappelons que, comme toujours dans l'Histoire, les innovations scientifiques et techniques sont ambivalentes : si elles offrent des opportunit&#233;s, elles sont en m&#234;me temps porteuses de risques et de p&#233;rils. Tout d&#233;pend des choix humains. En substance, dans le nouveau contexte, l'individu est paradoxalement plus connect&#233; (une opportunit&#233;) et plus isol&#233; (un risque). Il est plus connect&#233; parce qu'il s'ins&#232;re dans des r&#233;seaux de communication et de transport qui sont &#224; la fois locaux et plan&#233;taires, et dans lesquels, presque &#224; chaque instant, il travaille, s'informe, pense, juge, et d&#233;cide de vive voix : en un mot, il y vit. Plus isol&#233;, &#224; l'inverse, parce que ces r&#233;seaux les privent toujours davantage de r&#233;f&#233;rences et d'orientations collectives, communautaires qui puissent les &#171; cueillir &#187; au sens &#233;tymologique de socialement et historiquement &#171; cultiver &#187;, et donc en quelque sorte, les reconna&#238;tre, les prot&#233;ger, et les l&#233;gitimer. En d'autres termes, la mondialisation porte avec elle la crise de certaines structures interm&#233;diaires historiquement pertinentes qui agissaient comme points de rep&#232;re pour les individus, et qui, dans la vie priv&#233;e comme dans la vie publique, ne les abandonnaient pas : agences culturelles, de formation, &#233;coles et syst&#232;mes d'instruction, organisations politiques et sociales (en particulier les syndicats et les partis politiques, qui ont &#233;t&#233; les fondements de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative depuis la r&#233;volution industrielle), et dans une certaine mesure, les acteurs locaux du march&#233;, qui, actuellement, sont de plus en plus d&#233;pass&#233;s par l'&#233;conomie digitale et les m&#233;canismes de la &lt;i&gt;sharing economy&lt;/i&gt;. Le r&#233;seau ressemble &#224; un oc&#233;an dans lequel, bien qu'hyper-connect&#233;s, on navigue seul en prenant, chaque jour, le risque de se noyer : voil&#224; le cadre de la mutation anthropologique que nous vivons, et qui &#233;chappe totalement aux ph&#233;nom&#232;nes, plus ou moins constants et permanents de la d&#233;mondialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que creuse-t-elle, quel chemin se fabrique-t-elle cette taupe de la mondialisation ? Quelles sont la signification et la cons&#233;quence de ce chemin ? La taupe creuse surtout au-dessous des institutions de repr&#233;sentation, qu'elles soient locales, nationales, ou supranationales, avec des r&#233;sultats qui posent probl&#232;mes et qui sont potentiellement mortels pour l'avenir de la d&#233;mocratie lib&#233;rale et repr&#233;sentative. Dans le contexte de soci&#233;t&#233;s toujours plus atteintes par les in&#233;galit&#233;s et par les crises des syst&#232;mes de protection sociale (le &lt;i&gt;Welfare State&lt;/i&gt;, conqu&#234;te historique du XXe si&#232;cle, &#224; l'instar de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative), la &#171; fuite &#187; des contribuables, d&#233;rive rendue possible par la mondialisation n&#233;o-lib&#233;rale, engendre un nombre croissant d'exclus ou de personnes se consid&#233;rant comme telles ; ces derni&#232;res voient les institutions repr&#233;sentatives, et encore plus les formations politiques d'o&#249; sont issus les repr&#233;sentants, comme des parasites &#224; abattre, des castes, des &#233;lites, dont il faudrait se d&#233;barrasser. Cette partie de la population, &#224; savoir les exclus, comprend des portions de plus en plus importantes de la classe moyenne en d&#233;clin, victime, elle aussi, de l'absence d'autorit&#233; gouvernant la mondialisation ; face &#224; l'incapacit&#233; des institutions politiques &#224; assurer des avantages publics de base comme un travail, la s&#233;curit&#233;, ou l'ascenseur social (qui para&#238;t d&#233;sormais uniquement capable de descendre), elle adopte des orientations et des comportements antipolitiques, ou anti-institutions, pour &#234;tre plus pr&#233;cis. Elle refuse ainsi les interm&#233;diaires collectifs, les institutions, les &#233;lites dirigeantes, quels qu'ils soient, et, pourtant, elle r&#234;ve d'un leadership personnel et charismatique qu'elle appelle de ses v&#339;ux comme instrument de sauvetage collectif. Peu importe que l'&#233;ventuel nouveau chef provienne lui aussi des &#233;lites, notamment &#233;conomiques et financi&#232;res : c'est ce que nous montre l'exemple de Donald Trump aux &#201;tats-Unis. Dans la &#171; d&#233;mocratie repr&#233;sentative &#187; de ces derni&#232;res ann&#233;es, dont Trump est la parfaite incarnation, ce qui compte le plus est moins ce qui s'y fait que ce qui s'y dit. Les r&#233;seaux, les m&#233;dias sociaux sont la base technologique, la place digitale de cette nouvelle forme d'agr&#233;gation politique, qui outrepasse les interm&#233;diaires et met face &#224; face, d'un c&#244;t&#233; les leaders, et de l'autres, des millions, voire des centaines de millions d'individus hyper-connect&#233;s et paradoxalement isol&#233;s, comme on l'a dit plus haut. Avec de tels param&#232;tres, on per&#231;oit ais&#233;ment pourquoi dans la vie publique, mais &#233;galement dans la vie priv&#233;e, les &#233;motions sont plus importantes que les donn&#233;es factuelles (et les r&#233;seaux sociaux sont le lieu o&#249; se d&#233;cide ce qui est un fait et ce qui ne l'est pas). Hyper-connect&#233;s, seuls, et sujets &#224; l'empire de &#171; l'&#233;motion &#187; : voil&#224; le mod&#232;le anthropologique &#233;mergent pour le citoyen dans un monde globalis&#233;. Les passions fortes comme la col&#232;re et l'aigreur s'alimentent de cette mondialisation laiss&#233;e sans direction dans laquelle nous vivons, n&#233;o-nationalistes, x&#233;nophobes, et d&#233;magogues, y obtiennent des consensus et font &#233;merger de nouveaux leaders politiques qui partagent ouvertement ces nouvelles orientations. Ces dirigeants trouvent dans les mouvements migratoires actuels, tant en Europe qu'ailleurs, de nouvelles ressources, et de nouvelles occasions de consensus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les citoyens hyper-connect&#233;s et en m&#234;me temps isol&#233;s, d&#233;boussol&#233;s, et apeur&#233;s, ont besoin d'une cause &#224; leurs peurs : les migrants, les &#233;trangers font des coupables parfaits et se pr&#234;tent parfaitement &#224; ce &#171; jeu &#187; qui forme le lien entre les peuples et leurs dirigeants, &#224; l'instar de ce qui se pratiquait contre les Juifs en Europe dans les ann&#233;es 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme que creuse la taupe de la mondialisation non gouvern&#233;e, fille de l'id&#233;ologie n&#233;o-lib&#233;rale qui a domin&#233; les derni&#232;res d&#233;cennies (&#171; laissons faire le march&#233; et tout ira bien &#187;), une mondialisation incapable d'assurer la stabilit&#233; et la paix, priv&#233;e d'horizon, de sens, de r&#232;gles et d'institutions &#224; m&#234;me de la rendre &#171; humaine &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;Elle creuse et effrite petit &#224; petit, les conqu&#234;tes historiques les plus fondamentales de notre pass&#233; plus ou moins proche : la d&#233;mocratie, l'&#201;tat de droit, les syst&#232;mes de protection et de coh&#233;sion sociales fond&#233;s sur des syst&#232;mes &#233;galitaires, ainsi qu'un d&#233;veloppement socialement et &#233;cologiquement durable.&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre, l'Europe, avec 7% de la population mondiale, 25% du PIB, 50% de l'ensemble des d&#233;penses sociales et la plus grande concentration de d&#233;mocraties repr&#233;sentatives et d'&#201;tats de droit de la plan&#232;te est la r&#233;gion qui, peut-&#234;tre, a le plus &#224; perdre de cette &#233;volution. C'est pourquoi, l'Europe devrait &#234;tre l'acteur le plus convaincu et actif en faveur d'une nouvelle mondialisation r&#233;gul&#233;e et gouvern&#233;e. H&#233;las, les classes dirigeantes de l'Union et de ses &#201;tats membres, n'ont pas l'air d'en &#234;tre v&#233;ritablement conscients.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Giampiero Bordino&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Professeur d'histoire contemporaine et analyste politique&lt;br class='autobr' /&gt;
Article publi&#233; initialement en anglais par The Federalist Debate &#8211; Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Alexandre Marin &#8211; Bruxelles&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La crise des social-d&#233;mocraties europ&#233;ennes et les d&#233;fis de la globalisation</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/La-crise-des-social-democraties-europeennes-et-les-defis-de-la-globalisation</link>
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		<dc:date>2019-01-20T16:27:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Giampiero Bordino</dc:creator>



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&lt;p&gt;Dans un contexte de crise &#233;conomique et financi&#232;re mondiale d&#233;but&#233;e en 2008 et de processus de mondialisation, le d&#233;clin &#233;lectoral et politique des social-d&#233;mocraties europ&#233;ennes au cours des derni&#232;res d&#233;cennies est d&#233;sormais reconnu comme une &#233;vidence empirique. The Economist a &#233;crit que, depuis le d&#233;but de cette crise, les social-d&#233;mocraties europ&#233;ennes ont perdu environ un tiers de leurs &#233;lecteurs, ce qui est le pire r&#233;sultat depuis la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale. Publi&#233;e par la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-180-Decembre-2018-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 180 - D&#233;cembre 2018&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un contexte de crise &#233;conomique et financi&#232;re mondiale d&#233;but&#233;e en 2008 et de processus de mondialisation, le d&#233;clin &#233;lectoral et politique des social-d&#233;mocraties europ&#233;ennes au cours des derni&#232;res d&#233;cennies est d&#233;sormais reconnu comme une &#233;vidence empirique. The Economist a &#233;crit que, depuis le d&#233;but de cette crise, les social-d&#233;mocraties europ&#233;ennes ont perdu environ un tiers de leurs &#233;lecteurs, ce qui est le pire r&#233;sultat depuis la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale. Publi&#233;e par la revue on line Social Europe, une r&#233;cente &#233;tude analytique (juillet 2017) sur les donn&#233;es &#233;lectorales en Europe, portant sur 13 partis pendant une p&#233;riode allant de 1993 &#224; 2017, d&#233;crit et confirme le d&#233;clin, pour ne pas dire l'effondrement, des social-d&#233;mocraties et de la gauche europ&#233;enne, plus particuli&#232;rement. Cette &#233;tude distingue trois phases au cours de cette p&#233;riode globale : l'apr&#232;s-Maastricht (1993-2000), l'apr&#232;s-euro (2001-2008) et enfin l'apr&#232;s-crise (2008-2017) qui repr&#233;sente le point culminant du d&#233;clin &#233;lectoral de la gauche. En r&#233;sum&#233;, alors qu'&#224; la fin des ann&#233;es 1990 les partis socialistes gouvernaient et &#233;taient &#224; la t&#234;te de coalitions dans 13 des 15 &#201;tats membres de l'Union europ&#233;enne (UE) de l'&#233;poque, 2017 se termine avec la gauche en minorit&#233; dans la quasi-totalit&#233; des 28 &#201;tats de l'Union, &#224; l'exception du Portugal, o&#249; une coalition entre socialistes, partis de la gauche plus radicale et Verts dirige le gouvernement avec un certain succ&#232;s quant au consensus et aux r&#233;sultats, et de l'Italie o&#249; le PD (Parti D&#233;mocratique), h&#233;ritier en quelque sorte des traditions social-d&#233;mocrate et membre du parti socialiste europ&#233;en (PSE), dirigeait encore le pays (&#224; l'&#233;poque de la r&#233;daction de l'article, ndlr.), m&#234;me si, lui-aussi, d&#233;clineait fortement au niveau &#233;lectoral et conna&#238;t une &#233;vidente crise identitaire. L'article fait porter l'analyse des donn&#233;es &#233;galement sur trois grandes zones g&#233;ographiques : le nord, le centre et le sud, zone dans laquelle le d&#233;clin des partis socialistes / social-d&#233;mocrate est plus marqu&#233;. Entre 2001 et 2009, le pourcentage moyen des votes des partis du sud de l'Europe avait &#233;t&#233; de 36,3 % ; depuis, il y a eu une perte d'environ 15 points (pourcentage moyen de 21,37 % entre 2009 et 2017). La France et l'Allemagne, les deux pays moteurs de l'Union, sont eux aussi dans un contexte de d&#233;clin de leurs partis socialistes respectifs. En France, Beno&#238;t Hamon, candidat du Parti Socialiste aux derni&#232;res &#233;lections pr&#233;sidentielles remport&#233;es par Macron &#224; la t&#234;te d'un mouvement politique tout &#224; fait nouveau et, en m&#234;me temps, fortement europ&#233;iste, n'a recueilli au premier tour que 6 % des voix. Une crise d&#233;vastatrice si l'on songe que, si nous voulons faire une comparaison significative, Mitterrand avait gagn&#233; les &#233;lections pr&#233;sidentielles de 1981 avec 25,9 % au premier tour et 51,8 % au deuxi&#232;me tour. En Allemagne, le SPD n'a comptabilis&#233; que 20,5 % aux derni&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives de septembre 2017, gagn&#233;es encore une fois par le parti de la chanceli&#232;re Merkel. Le d&#233;clin est particuli&#232;rement fort et &#233;vident &#233;galement dans les pays de l'est europ&#233;en, entr&#233;s dans l'Union apr&#232;s la fin du communisme. Pour donner un exemple, en R&#233;publique tch&#232;que, le parti social-d&#233;mocrate avait obtenu 32,3 % des voix en juin 2006 et il est tomb&#233; &#224; 7,3 % lors des &#233;lections politiques d'octobre 2017. Dans ce contexte, le meilleur r&#233;sultat quantitatif est celui du parti travailliste britannique de Jeremy Corbyn qui, lors des &#233;lections politiques de juin 2017, gagn&#233;es cependant par les conservateurs, a obtenu 40 % des voix (+ 9,6 %) avec un programme anti-lib&#233;ral plut&#244;t radical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi remarquer que la crise des mouvements politiques progressistes et de gauche est mondiale et pas uniquement europ&#233;enne. De ce point de vue, il est r&#233;v&#233;lateur de voir que, lors du dernier sommet du G20, qui s'est d&#233;roul&#233; &#224; Hambourg en juillet 2017, &#233;taient pr&#233;sents seulement trois gouvernements reconductibles dans la sph&#232;re politique du centre-gauche, avec une forte pr&#233;sence du centre : ceux du Canada, de la Cor&#233;e du Sud et de l'Italie. Et tr&#232;s r&#233;v&#233;lateur aussi est le fait que les &#201;tats-Unis, qui sont encore &#224; l'heure actuelle, m&#234;me si en fort d&#233;clin, la plus grande puissance mondiale, en tout cas du point de vue militaire, soient gouvern&#233;s par Donald Trump, repr&#233;sentant un populisme de droite n&#233;o-nationaliste qui progresse m&#234;me en dehors des pays occidentaux, comme le d&#233;montre tout particuli&#232;rement le cas de l'Inde indouiste et nationaliste de Narendra Modi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quel cadre g&#233;n&#233;ral, dans quel contexte faut-il placer le d&#233;clin, jusqu'ici sommairement d&#233;fini, des mouvements politiques progressistes et de gauche, aussi bien en Europe que dans le reste du monde ? Le contexte n'est pas seulement repr&#233;sent&#233; par la crise financi&#232;re et &#233;conomique n&#233;e en 2008 aux &#201;tats-Unis, avec toutes ses cons&#233;quences sociales (ch&#244;mage, pr&#233;carit&#233; dans le travail, baisse des revenus, in&#233;galit&#233;s, crise des classes moyennes etc&#8230;) auxquelles s'ajoutent en s'imbriquant les cons&#233;quences de la r&#233;volution scientifique et technologique en cours : automatisation, digitalisation, d&#233;sinterm&#233;diation etc&#8230; et donc une forte r&#233;duction des possibilit&#233;s de travail. Depuis longtemps, une transformation politique, institutionnelle et culturelle plus g&#233;n&#233;rale est en cours qui, dans le cadre du processus de mondialisation, se manifeste par la crise de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative et des grands &#171; interm&#233;diaires &#187; traditionnels de ce mod&#232;le du si&#232;cle dernier (partis politiques de masses, syndicats, grandes institutions publiques de formation, telles l'&#233;cole etc&#8230;) ; par l'&#233;mergence de mouvements populistes et de leaders qui agissent comme des &#171; entrepreneurs de la peur &#187; dans un rapport direct entre le &#171; chef &#187; et le &#171; peuple &#187; ; par la tendancielle h&#233;g&#233;monie culturelle, que personne ne combat de fa&#231;on appropri&#233;e, de perspectives souverainistes, n&#233;o-nationalistes, x&#233;nophobes et identitaires, toutes bas&#233;es sur l'opposition entre &#171; nous &#187; et &#171; eux &#187; (les &#233;trangers, les migrants, mais pas seulement). Cela se passe dans un contexte de d&#233;clin des &#171; grandes histoires &#187; progressistes du si&#232;cle dernier (id&#233;ologies, dans un autre langage) et plus particuli&#232;rement de celles d'inspiration socialiste, qui lisaient l'histoire comme un parcours de progr&#232;s et de lib&#233;ration et la politique comme la participation directe au d&#233;bat public et aux processus d&#233;cisionnels collectifs. L'id&#233;ologie dominante des derni&#232;res d&#233;cennies, le n&#233;o-lib&#233;ralisme et le fondamentalisme de march&#233; (bas&#233; sur la formule : l'&#201;tat est le probl&#232;me, le march&#233; est la solution) est en crise, elle-aussi, apr&#232;s avoir mis en &#233;vidence ses &#233;checs (comme on le sait, les &#201;tats ont d&#251; intervenir, avec l'argent public, pour sauver les march&#233;s) et laisse un vide qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, n'a &#233;t&#233; combl&#233; avec un certain succ&#232;s que par les mouvements n&#233;o-nationalistes et souverainistes. Ce n'est pas un hasard si aujourd'hui, en Occident et non seulement, les &#171; d&#233;mocratures &#187; (hybride de d&#233;mocratie et dictature) personnifi&#233;es, par exemple, par Poutine en Russie, par Erdogan en Turquie ou par Orban en Hongrie ont une bonne capacit&#233; de s&#233;duction. M&#234;me Trump, aux &#201;tats Unis, aspirerait &#224; la &#171; d&#233;mocrature &#187; ; cependant, du moins pour le moment, les contrepouvoirs traditionnels de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative et f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine, les autonomies locales, les &#201;tats f&#233;d&#233;raux, les juges, la presse etc&#8230; l'en emp&#234;chent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation est le cadre incontournable de r&#233;f&#233;rence de tout cela, de cette grande r&#233;gression des mouvements progressistes et de gauche. &#192; la base de la mondialisation, il y a l'extraordinaire r&#233;volution technologique dans les communications, les informations et les transports qui a tendance &#224; compresser et &#224; r&#233;initialiser le temps et l'espace et qui fait que le monde entier est interd&#233;pendant comme jamais auparavant. Une r&#233;volution dont les capacit&#233;s de transformation ont &#233;t&#233;, pour ainsi dire, &#171; lib&#233;r&#233;es &#187;, et donc rendues en grande partie incontr&#244;lables, par les politiques n&#233;o-lib&#233;rales qui ont &#233;t&#233; dominantes au cours des derni&#232;res d&#233;cennies. Par voie de cons&#233;quence, aujourd'hui, les flux globaux (de capitaux, de marchandises, de personnes, d'informations, d'images, de valeurs etc&#8230;) traversent et, pour ainsi dire, &#171; infl&#233;chissent &#187; les lieux qui, &#224; leur tour, sont oblig&#233;s d'interagir et de &#171; n&#233;gocier &#187; avec les flux. La dialectique flux/lieux est devenue d&#233;cisive de partout. Le r&#244;le principal de ces flux est tenu par de nouveaux acteurs transnationaux et mondiaux qui, dans une large mesure, ne sont pas des &#201;tats mais des acteurs priv&#233;s, donc tout &#224; fait d&#233;pourvus de l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique fond&#233;e sur le consensus : entreprises, multinationales financi&#232;res, manufacturi&#232;res ou tertiaires ; criminalit&#233; organis&#233;e transnationale, dont les chiffres d'affaires d&#233;passent souvent en volume les bilans des &#201;tats ; terrorisme transnational. En fait, les &#201;tats nationaux et, dans une certaine mesure, aussi les &#201;tats qui ont des dimensions continentales &#224; caract&#232;re d&#233;mocratique&#8211;f&#233;d&#233;ral, comme les &#201;tats Unis ou l'Inde, et &#224; caract&#232;re autoritaire, comme la Chine ou la Russie, sont travers&#233;s par des flux qu'ils ne sont plus en mesure de contr&#244;ler, et souvent m&#234;me de conna&#238;tre, ce qui rend d&#233;sormais illusoire la revendication d'une souverainet&#233; propre (comprise, suivant les conventions, comme le pouvoir qui ne reconna&#238;t aucun autre pouvoir au-dessus du sien et est la source de tous les pouvoirs en-dessous du sien). Dans la pratique, les &#201;tats ne sont plus en mesure de garantir aux citoyens, qui per&#231;oivent et vivent cette exp&#233;rience, qu'ils ne savent pas le plus souvent comprendre de fa&#231;on rationnelle, les biens publics fondamentaux qui en ont toujours justifi&#233; l'existence et le pouvoir de gouvernement : la paix, le droit, le travail, la stabilit&#233; de la monnaie et de l'&#233;pargne, le savoir, la protection publique par rapport aux grands risques de la vie que sont la perte du travail, la maladie ou la vieillesse (le Welfare State) ; en un mot, la s&#233;curit&#233; sous tous ses aspects et ses dimensions, la s&#233;curit&#233; &#171; humaine &#187;, suivant la terminologie actuellement en vigueur. Le &#171; pacte &#187; traditionnel entre les &#201;tats et les citoyens &#8211; garantie des biens publics versus reconnaissance de l'autorit&#233; de l'&#201;tat &#8211; est, si l'on peut dire, &#171; rompu &#187;. C'est dans ce cadre que s'expliquent l'hostilit&#233; et le ressentiment des peuples de plus en plus r&#233;pandus contre toute institution et toute &#233;lite dirigeante, qu'elles soient nationales, internationales ou supranationales, comme tout particuli&#232;rement l'UE et ses gouvernances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant tout cela, pour faire face &#224; la crise &#233;conomique et financi&#232;re de 2008 et, surtout, &#224; la grande transformation d&#233;crite ci-dessus, g&#233;n&#233;r&#233;e par la mondialisation, quels sont les approches et les projets innovants qu'ont mis en &#339;uvre au cours des derni&#232;res d&#233;cennies les partis et les mouvements socialistes et social-d&#233;mocrate europ&#233;ens, et de fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale la gauche europ&#233;enne, pour tenter de gagner leur bataille politique et, avant m&#234;me cela, leur bataille culturelle ? On serait tent&#233; de dire : rien de nouveau, ou presque rien de nouveau sous le soleil. En effet, presque partout, les projets et les politiques de la gauche se situent entre deux &#171; p&#244;les &#187;, tous deux pour ainsi dire &#171; hors du temps &#187; et aussi en partie &#171; hors sujet &#187; et donc destin&#233;s &#224; dispara&#238;tre. Le premier p&#244;le, celui qui est sorti pendant les ann&#233;es de l'h&#233;g&#233;monie culturelle du n&#233;o-lib&#233;ralisme, est constitu&#233; fondamentalement par la &#171; troisi&#232;me voie &#187; de Tony Blair : redimensionnement de l'&#201;tat social, car impossible &#224; tenir fiscalement, et aussi, en m&#234;me temps, de l'&#201;tat entrepreneur ; flexibilit&#233; plus importante du march&#233; du travail ; d&#233;veloppement de l'auto-entreprenariat et ainsi de suite. Comme on l'a d&#233;j&#224; dit, particuli&#232;rement pr&#233;sent dans le programme des travaillistes de Corbyn mais aussi dans des secteurs minoritaires des partis socialistes eux-m&#234;mes et, plus g&#233;n&#233;ralement, dans les mouvements politiques de la gauche radicale, le deuxi&#232;me p&#244;le s'appuie sur le retour au paradigme keyn&#233;sien de l'&#201;tat social, de la d&#233;pense publique, des politiques fiscales de redistribution, dans un but essentiellement ou exclusivement national. Pourquoi ces deux paradigmes, bien que diff&#233;rents et aussi, d'une certaine fa&#231;on, oppos&#233;s sont-ils tous deux au fond &#171; hors du temps &#187; et &#171; hors sujet &#187; ? &#171; Hors du temps &#187; parce que le premier p&#244;le, le blairiste, appartient &#224; une &#233;poque d'avant-crise (avant 2008) ; il s'est r&#233;v&#233;l&#233; totalement impuissant, d'une part, &#224; gouverner la &#171; grande mutation &#187; li&#233;e &#224; la mondialisation (augmentation des in&#233;galit&#233;s, crise des classes moyennes etc&#8230;) et, d'autre part, &#224; affronter les mouvements identitaires n&#233;o-nationalistes, populistes, souverainistes &#233;mergents et souvent aussi gagnants au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es. &#171; Hors du temps &#187; parce que le deuxi&#232;me p&#244;le renvoie, lui aussi, &#224; un pass&#233; r&#233;volu, &#224; l'&#233;poque de la croissance de la p&#233;riode d'apr&#232;s-guerre, de ce que l'on appelle les &#171; trente glorieuses &#187; (entre 1945 et la crise p&#233;troli&#232;re des ann&#233;es 1970), &#224; l'&#233;poque d'un extraordinaire d&#233;veloppement social fond&#233; sur un grand &#171; pacte &#187; implicite entre le capital et le travail, ce qui ne peut plus &#234;tre reproduit aujourd'hui. Enfin, &#171; Hors sujet &#187; parce que les grands probl&#232;mes de la crise en cours, les grands th&#232;mes litigieux ne sont pas tant et seulement ceux de la d&#233;pense publique, des politiques de redistribution, de la pr&#233;carit&#233; du travail ; mais, avant tout, comme on a essay&#233; de le dire ci-dessus, ce sont ceux de l'impuissance des &#201;tats et du pouvoir politique, dans un contexte de mondialisation, &#224; apporter et garantir les biens publics fondamentaux, de la paix au droit au travail, qui sont n&#233;cessaires &#224; la vie des citoyens et aussi au fonctionnement m&#234;me des march&#233;s. Comment peut-on r&#233;cup&#233;rer la souverainet&#233; perdue afin de pouvoir vraiment mettre en place des politiques de redistribution, des politiques de d&#233;veloppement durable, des politiques de plein emploi et, avant toute chose, vu leur urgence, des politiques de stabilisation et de pacification dans les zones de crise &#224; l'ext&#233;rieur de l'Europe (Moyen-Orient, Afrique) et, donc, &#233;galement des politiques efficaces dans la gestion des flux migratoires ? Est-ce qu'il existe une autre voie que celle du n&#233;onationalisme et du populisme qui promet le salut par l'isolement, le verrouillage et le retour &#224; des formes de souverainet&#233; nationale exclusives et discriminantes rappelant le XVIIIe si&#232;cle ? Une route qui est l'antichambre des guerres, comme toute l'exp&#233;rience historique du XIXe si&#232;cle le d&#233;montre ? Si l'&#233;conomie, la finance, les march&#233;s sont mondialis&#233;s et si, par cons&#233;quent, les impositions fiscales sont partout nomades et &#171; fugitives &#187;, comment peut-on garantir un nouveau bien-&#234;tre social durable ? Si tous les grands d&#233;fis auxquels nous devons faire face (la paix et la guerre, la stabilit&#233; financi&#232;re et mon&#233;taire, la sauvegarde environnementale, la gestion des flux migratoires, la cohabitation dans les m&#234;mes lieux de groupes humains et de personnes d'origines, de culture, de religions etc&#8230; diverses) sont mondialis&#233;s, produits par l'interd&#233;pendance plan&#233;taire et port&#233;s par les flux mondiaux qui traversent chaque lieu, comment peut-on donner l'illusion qu'on peut r&#233;cup&#233;rer la souverainet&#233; perdue au seul niveau national ? Il est bien &#233;vident que la souverainet&#233; ne peut r&#233;ellement &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;e qu'en la partageant avec d'autres, &#224; des niveaux sup&#233;rieurs, supranationaux, continentaux et mondiaux : quel est donc le projet de nouvel &#201;tat et de nouvelle d&#233;mocratie qu'il faut imaginer et construire ? Et quels sont les nouveaux mod&#232;les d'organisation politique et de culture conceptuelle qu'il faut-il mettre en place pour b&#233;n&#233;ficier d'acteurs en mesure de poursuivre ces buts ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe et dans le monde, le futur des gauches et des mouvements progressistes est avant tout li&#233; &#224; leur capacit&#233; &#224; r&#233;pondre &#224; ces questions incontournables. Ceci n&#233;cessite la disponibilit&#233; de penser le futur d'une mani&#232;re nouvelle et la capacit&#233; d'imaginer un v&#233;ritable nouveau paradigme, qui doit &#234;tre construit et ensuite g&#233;r&#233;, bien au-del&#224; de la vision &#224; court terme et du temps restreint qui marquent aujourd'hui, presque toujours, les actions des classes dirigeantes, qu'elles soient politiques ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on arrive &#224; temps car, comme on le sait, le temps n'attend pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Giampiero Bordino&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Professeur d'histoire contemporaine et analyste politique &#8211; Turin&lt;br class='autobr' /&gt;
Article initialement publi&#233; dans The Federalist Debate &#8211; Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Ivana Graziani &#8211; Vienne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'h&#233;ritage de Todorov : Le d&#233;bat sur l'affrontement des civilisations, le nouveau d&#233;sordre mondial et l'Europe</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Tsvetan-Todorov-desordre-mondial-europe</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Giampiero Bordino</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le d&#233;c&#232;s de Tsvetan Todorov, &#224; la fois laisse un grand vide et nous l&#232;gue un h&#233;ritage important. L'&#233;crivain et philosophe bulgare naturalis&#233; fran&#231;ais est mort en f&#233;vrier 2017, peu de temps apr&#232;s deux autres intellectuels de renom &#8211; cela constitue, certes, une co&#239;ncidence, mais &#233;galement un signe des temps &#8211; n&#233;s dans les pays d'Europe de l'Est aux temps du communisme : Zygmunt Bauman, sociologue n&#233; en Pologne et &#233;migr&#233; par la suite en Grande Bretagne, et Predrag Matvejevic, qui vit le jour &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-177-Decembre-2017-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 177 - D&#233;cembre 2017&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_157 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;47&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L308xH500/nouveau-desordre-mondial-todorov-dc46b.jpg?1729835187' width='308' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Tsvetan Todorov : Le Nouveau D&#233;sordre mondial
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;c&#232;s de Tsvetan Todorov, &#224; la fois laisse un grand vide et nous l&#232;gue un h&#233;ritage important. L'&#233;crivain et philosophe bulgare naturalis&#233; fran&#231;ais est mort en f&#233;vrier 2017, peu de temps apr&#232;s deux autres intellectuels de renom &#8211; cela constitue, certes, une co&#239;ncidence, mais &#233;galement un signe des temps &#8211; n&#233;s dans les pays d'Europe de l'Est aux temps du communisme : Zygmunt Bauman, sociologue n&#233; en Pologne et &#233;migr&#233; par la suite en Grande Bretagne, et Predrag Matvejevic, qui vit le jour &#224; Mostar, en Bosnie Herz&#233;govine, d'un p&#232;re russe et d'une m&#232;re croate, et qui v&#233;cut longtemps en Italie, fabuleux &#171; chantre de la m&#233;diterran&#233;e &#187; comme lieu de dialogue et de culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Todorov, comme Bauman et Matvejevic, &#233;tait l'incarnation, le t&#233;moin vivant d'une Europe accessible et d&#233;sirable. L'Europe des identit&#233;s plurielles, des citoyens aux multiples appartenances, l'Europe du dialogue entre cultures, l'Europe de la rencontre entre les peuples et les &#201;tats, capable de penser et de r&#233;aliser &#171; l'unit&#233; dans la diversit&#233; &#187; telle que l'&#233;nonce la devise de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En des temps comme ceux d'aujourd'hui, marqu&#233;s, en Europe et ailleurs, par la r&#233;&#233;mergence, dans un contexte de mondialisation, de mouvements nationalistes et x&#233;nophobes inspir&#233;s par des formes pathologiques d'hypertrophie identitaire, leur h&#233;ritage humain et culturel est d&#233;cisif pour notre pr&#233;sent et notre avenir. Todorov, en particulier, a &#233;labor&#233; au cours du temps, des r&#233;flexions fondamentales sur le caract&#232;re &#171; relationnel &#187; et &#171; construit &#187; de l'identit&#233;, &#224; partir d'une &#339;uvre des ann&#233;es 1980 sur le th&#232;me de la conqu&#234;te de l'Am&#233;rique par les Europ&#233;ens (La conqu&#234;te de l'Am&#233;rique. La question de l'autre, Paris, Robert Laffont, 1982), un &#233;v&#233;nement qui, comme on peut s'en apercevoir, a occup&#233; dans la culture occidentale une grande valeur symbolique. Comme chacun peut en faire l'exp&#233;rience, la perception que nous avons de notre propre identit&#233; passe &#224; travers la perception qu'en ont les autres et le regard qu'ils jettent sur nous. Par la force des choses, nous ne nous connaissons qu'en raison des relations et des conflits que nous entretenons. Seules la distance et la diff&#233;rence rendent possible la connaissance de soi-m&#234;me et du monde qui nous entoure. Le sujet de la diversit&#233;, la r&#233;flexion sur le rapport entre &#171; nous &#187; et &#171; autrui &#187; irriguent la vie et l'&#339;uvre intellectuelle de Todorov. &#171; Nous et les autres &#187; est d'ailleurs le titre d'un ouvrage publi&#233; en 1989 (Nous et les autres. La r&#233;flexion fran&#231;aise sur la diversit&#233; humaine, Editions du seuil, Paris), dans lequel la nation et le nationalisme sont l'objet d'une analyse sp&#233;cifique. La nation, selon Todorov et la culture d'inspiration f&#233;d&#233;raliste, est une construction, &#171; ce n'est pas un groupe qui a vu le jour spontan&#233;ment &#187;, et surtout, contrairement &#224; la famille, &#171; ce n'est ni une vraie &#233;cole de solidarit&#233;&#8230;ni une simple transition vers le respect de l'ensemble des &#234;tres humains de tous horizons. Voil&#224; pourquoi le pass&#233; est abreuv&#233; d'exemples o&#249; la d&#233;votion familiale souffre la tol&#233;rance de l'&#233;tranger, quand le nationalisme, jamais ne satisfait aucune aspiration &#224; l'universel &#187;. En substance, la nation et l'humanit&#233;, l'universel sous la plume de Todorov, forment entre eux un oxymore inconciliable. La culture f&#233;d&#233;raliste, en ces cas, offre au contraire une autre vision via les possibilit&#233;s de gouvernement &#224; diff&#233;rents niveaux dans lesquels la nation et le monde ne sont que des degr&#233;s distincts, li&#233;s entre eux par un syst&#232;me politique identique. Dans ce sc&#233;nario, l'appartenance nationale n'est plus exclusive et peut se marier avec cet universel, &#224; l'instar des diff&#233;rents niveaux de citoyennet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barbares et gens &#233;clair&#233;s, &#224; nouveau, nous et les autres, une autre contradiction fondamentale observ&#233;e et diss&#233;qu&#233;e par Todorov. Nous sommes, dans cette approche ethnocentrique qui pr&#233;vaut souvent dans l'Histoire humaine et dont le nationalisme de l'&#232;re moderne est l'expression la plus aboutie, ceux que la fortune a fait na&#238;tre en cette partie du fleuve, sujets aux m&#339;urs &#233;volu&#233;es ; les autres, ceux qui sont n&#233;s, non moins par hasard, sur l'autre rive, sont les sauvages, pour paraphraser une maxime c&#233;l&#232;bre de Pascal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en v&#233;rit&#233;, qui sont les barbares ? s'interroge Todorov, reprenant l'ancien dicton de Montaigne : &#171; les barbares &#8211; remarque-t-il, sont ceux qui nient la pleine humanit&#233; de leurs semblables. Cela ne signifie pas qu'ils ignorent leur propre nature humaine, ni qu'ils l'oublient, mais qu'ils se comportent comme si les autres n'&#233;taient pas humains, o&#249; ne l'&#233;taient que partiellement &#187;. Comment donc &#244;ter la barbarie de ce monde ? Uniquement en reconnaissant r&#233;ciproquement une humanit&#233; commune passant outre l'affrontement des civilisations qui menace le monde. Il est &#233;vident aux yeux de tous qu'il reste, aujourd'hui encore, un long chemin &#224; parcourir dans cette direction. Todorov rel&#232;ve, dans un essai publi&#233; en France en 2008 &#224; propos de la crise d&#233;mocratique europ&#233;enne (La peur des barbares. Au-del&#224; du choc des civilisations, Paris, Robert Laffont), qu'au-del&#224; des d&#233;saccords politiques et culturels typiques du vingti&#232;me si&#232;cle, entre l'Est et l'Ouest, le Nord et le Sud, une grande fissure se dessine d&#233;sormais en cette &#233;poque de mondialisation hors de contr&#244;le, entre les r&#233;gions domin&#233;es par la peur et celles o&#249; la rancune et le ressentiment r&#232;gnent en ma&#238;tres. Ces passions collectives, toujours plus nourries et l&#233;gitim&#233;s par des dirigeants opportunistes et, de fait, criminels, destinent des Hommes &#224; nier l'humanit&#233; de leur prochain. &#171; Nos d&#233;mons &#8211; note l'&#233;crivain &#8211; nous incitent &#224; ressembler &#224; l'ennemis pour mieux l'abattre. Mais terroriser un terroriste veut dire aussi lui &#234;tre semblable &#187;. Todorov &#233;crit &#233;galement un propos similaire, suivant une ligne de pens&#233;e qui va de Montesquieu &#224; Camus : &#171; un dessein noble ne justifie jamais un moyen ignoble&#8230; les m&#233;thodes ainsi mises &#224; profit peuvent annuler la r&#233;solution entreprise &#187;. Il convient de le pr&#233;ciser, sur les traces de ce m&#234;me Todorov, nous sommes, aujourd'hui, moins en face d'un &#171; conflit entre civilisations &#187; qu'au c&#339;ur d'une m&#233;sentente au sein m&#234;me de &#171; ces civilisations &#187;. Pensons simplement aux blessures profondes engendr&#233;es par les discordes qui secouent le monde musulman (nous omettons trop souvent que les premi&#232;res victimes des terroristes islamistes sont musulmanes), ou &#224; la fracture sociale et culturelle qui marque en leur for int&#233;rieur les soci&#233;t&#233;s occidentales. Craintes et amertume se retrouvent dans toutes les soci&#233;t&#233;s, sans pour autant se situer aux fronti&#232;res entre les &#201;tats et les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Todorov situe le nouveau d&#233;sordre mondial, ainsi qu'il l'affirme dans un livre publi&#233; en 2003 (Le nouveau d&#233;sordre mondial. R&#233;flexions d'un Europ&#233;en, Robert Laffont, Paris), dans la p&#233;riode qui fait suite aux attentats terroristes de septembre 2001, au cours de laquelle la sc&#232;ne internationale pr&#233;senta des conflits, autant entre civilisations qu'&#224; l'int&#233;rieur de celles-ci, ainsi que nous l'avons &#233;voqu&#233; pr&#233;c&#233;demment. L'Occident en g&#233;n&#233;ral, et l'Europe en particulier ont un nouvel ennemi interne, les &#171; n&#233;ocons &#187; (n&#233;o-fondamentalistes) am&#233;ricains, partisans de la &#171; guerre pr&#233;ventive &#187; &#224; l'image de celle qui a failli en Irak et de la strat&#233;gie, elle aussi vou&#233;e &#224; l'&#233;chec, de l'expansion de la d&#233;mocratie par les armes. Todorov oppose au mod&#232;le Outre-Atlantique fond&#233; sur la puissance militaire, celui d'une puissance d&#233;mocratique repr&#233;sent&#233;e par l'Europe qui se caract&#233;rise par une capacit&#233; &#224; limiter son propre pouvoir gr&#226;ce au droit et &#224; l'habitude de la coop&#233;ration et des accords internationaux. Cela ne signifie pas, aux dires de l'&#233;crivain, que l'Union europ&#233;enne ne doive pas se doter d'une force militaire commune, c'est m&#234;me une n&#233;cessit&#233;, mais que cette derni&#232;re doit avoir une fin bien d&#233;limit&#233;e : d&#233;fendre le territoire de l'Union, emp&#234;cher d'&#233;ventuelles guerres en Europe, jouir d'une capacit&#233; de dissuasion, &#234;tre en mesure d'intervenir sur des th&#233;&#226;tres ext&#233;rieurs &#224; l'Europe, pour emp&#234;cher un g&#233;nocide en cours ou si des gouvernements en expriment le besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de la d&#233;mocratie participative, en Europe et ailleurs, escorte ce nouveau d&#233;sordre mondial. L'&#233;crivain, qui, dans sa &#171; Lecture d'Altiero Spinelli &#187; en mai 2005 au centre d'&#233;tudes sur le f&#233;d&#233;ralisme de Turin, parle deux jours seulement avant le rejet du projet de constitution europ&#233;enne par un r&#233;f&#233;rendum tenu en France (interpr&#233;t&#233; comme une victoire du populisme et une grogne contre la d&#233;mocratie), identifie trois facteurs essentiels qui expliquent la crise de ce mod&#232;le, tous susceptibles de concerner quelques individus au m&#234;me titre que la collectivit&#233; dans son ensemble : la domination par des d&#233;magogues soutenue par de nouveaux moyens de communication de masse ; le pouvoir &#233;conomique et financier d'une &#233;conomie mondiale qui &#233;chappe d&#233;sormais &#224; tout contr&#244;le politique des &#201;tats ; et enfin le terrorisme qui a soustrait aux &#201;tats leurs ressources fondamentales, le &#171; monopole de la force l&#233;gitime &#187; pour reprendre les termes de Max Weber.&lt;br class='autobr' /&gt;
Todorov affirme que cette situation rend n&#233;cessaire le &#171; renforcement des institutions publiques, des &#201;tats comme des groupes d'&#201;tats &#187;, sans omettre de pr&#233;ciser que &#171; ce qu'il faut limiter, ce n'est pas la libert&#233; des particuliers, mais leur pouvoir &#187;. En substance, l'auteur reconna&#238;t l'importance d&#233;cisive de la dimension institutionnelle, juridique, et statutaire dans la vie des hommes, une vision qui correspond &#233;troitement &#224; la culture f&#233;d&#233;raliste, &#224; laquelle Todorov n'appartenait pas vraiment. &#171; L'absence d'une quelconque forme d'&#201;tat est pire qu'un mauvais &#201;tat &#187; : dans cette actualit&#233; fa&#238;te d'&#201;tats faillis (songeons aux Moyen-Orient et aux catastrophes qui s'y d&#233;roulent), ce jugement montre toute sa pertinence. L'Europe, pour finir ; Todorov s'explique, au cours d'une interview, sur ce th&#232;me : &#171; le sens de la citoyennet&#233; europ&#233;enne demeure tr&#232;s fort en moi, je d&#233;ambule, fier de la tradition de ce continent et je suis fier d'&#234;tre ressortissant de cette entit&#233; qui fait du pluralisme et de la complexit&#233; ses caract&#233;ristiques les plus remarquables&#8230; L'Europe tra&#238;ne &#233;galement, cela va de soi, de nombreuses pages sombres et douloureuses, mais je reste convaincu qu'il est possible de se projeter en un mod&#232;le positif &#224; partir de son histoire, et en ce mod&#232;le, je m'identifie en tant que personne &#187;. Todorov reconnaissait, on l'a vu, l'importance des institutions communes, de la souverainet&#233; statutaire partag&#233;e par tous les Europ&#233;ens. Ce ne fut pourtant pas le sommet de son &#339;uvre intellectuelle, laquelle se centrait pour l'essentiel aux aspects anthropologiques et culturels du processus de construction de l'unit&#233; de l'Europe, en raison de sa formation de s&#233;miologue et de philosophe de la communication. Il observe que la culture doit devenir &#171; le troisi&#232;me pilier de la construction de l'europ&#233;enne avec l'&#233;conomie et les institutions politiques et juridiques. Nous gardons l'espoir d'un suppl&#233;ment d'&#226;me, une dimension spirituelle et affective, absent autre part &#187;. Et encore, une id&#233;e politique accro&#238;t son efficacit&#233; uniquement si elle est port&#233;e, non seulement par des int&#233;r&#234;ts communs, mais aussi par des passions partag&#233;es &#187;. Ce sont justement ces passions, qui aujourd'hui, en ces temps difficiles, devraient &#234;tre retrouv&#233;es pour essayer de construire un nouveau r&#233;cit &#171; chaleureux &#187; sur l'Europe, qui ne saurait se limiter au march&#233; ou &#224; la monnaie. L'h&#233;ritage de Todorov, mais &#233;galement ceux de Bauman et de Matvejevic &#224; qui il fut fait allusion au d&#233;but de cet article, peuvent, dans une certaine mesure nous aider &#224; le raconter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Giampiero Bordino&lt;br class='autobr' /&gt;
Professeur d'histoire contemporaine et analyste politique &#8211; Pr&#233;sident du Centre Einstein d'&#233;tudes internationales de Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; initialement en anglais par The Federalist Debate &#8211; Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Alexandre Marin &#8211; Paris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mondialisation et new players Le r&#244;le des r&#233;gions pour un nouveau &#171; foedus &#187; mondial</title>
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		<dc:creator>Giampiero Bordino</dc:creator>



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&lt;p&gt;La formation d'espaces nouveaux-entendus au plan sociologique comme &#171; des lieux de pratiques relationnelles et sociales &#187;- de dimensions infranationales et dans certains cas aussi transnationales est un des ph&#233;nom&#232;nes nouveaux le plus important de l'&#233;poque de la mondialisation. Ces nouveaux espaces assument m&#234;me la configuration de v&#233;ritables sujets institutionnels (les r&#233;gions au sens politique, dot&#233;es d'une personnalit&#233; juridique, comme dans le cas des r&#233;gions europ&#233;ennes, en tant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-152-juin-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 152 &#8212; 2011/06&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La formation d'espaces nouveaux-entendus au plan sociologique comme &#171; des lieux de pratiques relationnelles et sociales &#187;- de dimensions infranationales et dans certains cas aussi transnationales est un des ph&#233;nom&#232;nes nouveaux le plus important de l'&#233;poque de la mondialisation. Ces nouveaux espaces assument m&#234;me la configuration de v&#233;ritables sujets institutionnels (les r&#233;gions au sens politique, dot&#233;es d'une personnalit&#233; juridique, comme dans le cas des r&#233;gions europ&#233;ennes, en tant qu'articulations territoriales des Etats nationaux). Dans d'autres cas, au contraire, ils se configurent essentiellement comme des zones &#233;conomiques et sociales de type fonctionnel, protagonistes des processus de comp&#233;tition/coop&#233;ration au niveau mondial comme c'est le cas, pour donner un exemple (il s'agit de cas &#233;tudi&#233;s par le Japonais Kenichi Ohmae &#224; la fin des ann&#233;es quatre-vingt-dix), d'aires comme Hong Kong et la Chine m&#233;ridionale, la Sylicon Valley/la Bay Area, l'Italie du nord, ce qu'on appelle le Growth Triangle de Singapour et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la globalisation, en substance, les espaces &#233;tatiques et nationaux sont toujours davantage articul&#233;s &#224; l'interne mais aussi sous des formes d'entrecroisement entre eux (et donc transnationales), selon une configuration &#171; en taches de l&#233;opard &#187;. La comp&#233;tition/coop&#233;ration ne se joue donc pas seulement entre les diverses aires stato-nationales mais aussi et surtout entre des zones internes et transversales &#224; celles-ci. La croissance &#233;conomique des &#233;conomies nationales et leur capacit&#233; comp&#233;titive est en r&#233;alit&#233; tr&#232;s diff&#233;renci&#233;e &#224; l'interne avec des asym&#233;tries croissantes. Ce n'est pas toute la Chine, ni toute l'Inde qui progressent &#224; des taux record mais certaines de leurs zones territoriales sp&#233;cifiques (Shangai, Bangalore, Bombay). Les taux de d&#233;veloppement aux Etats-Unis et en Europe sont aussi tr&#232;s diff&#233;rents selon les zones et de r&#233;gion &#224; r&#233;gion. On observe que les articulations et les asym&#233;tries entre les diff&#233;rents espaces se situent aussi sur le plan institutionnel : les diff&#233;rentes r&#233;gions ont aussi, dans certains cas, comme on le dit, une personnalit&#233; institutionnelle et le niveau et la force de cette personnalit&#233; sont tr&#232;s variables selon les cas. Les r&#233;gions fran&#231;aises ou celles des nouveaux pays adh&#233;rents &#224; l'Union europ&#233;enne, par exemple n'ont certainement pas le niveau d'autonomie que les L&#228;nder allemands ou m&#234;me que les r&#233;gions italiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sc&#233;nario qui se pr&#233;sente est en substance celui d'une mondialisation toujours davantage &#171; en archipel &#187; : asym&#233;trique, articul&#233;e, diff&#233;renci&#233;e, complexe. La mondialisation unit, met en rapport les territoires et les soci&#233;t&#233;s mais elle ne les uniformise pas du tout et elle favorise au contraire le d&#233;veloppement d'un processus de diff&#233;rentiation asym&#233;trique. Ce processus concerne des cas toujours plus nombreux et significatifs de comp&#233;tition et &#224; la fois de coop&#233;ration entre des territoires et des soci&#233;t&#233;s. Des exp&#233;riences de relations entre des aires r&#233;gionales infranationales se d&#233;veloppent d'une mani&#232;re croissante ainsi que de v&#233;ritables r&#233;seaux transnationaux de coop&#233;ration dont les protagonistes sont des acteurs fonctionnels (entreprises, membres de la soci&#233;t&#233; civile, associations mais aussi des organismes institutionnels d'importance) install&#233;s dans ces aires territoriales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut remarquer que, dans ce nouveau sc&#233;nario, bri&#232;vement sch&#233;matis&#233;, ce que l'on nomme la &#171; politique ext&#233;rieure &#187; ou la &#171; politique internationale &#187; est de moins en moins une comp&#233;tence exclusive-un des pivots traditionnels de la souverainet&#233;- des Etats nationaux. Les nouveaux acteurs, de plus en plus, &#171; font de la politique ext&#233;rieure &#187;, dans le sens o&#249; ils agissent tant&#244;t &#171; &#224; l'int&#233;rieur &#187;, tant&#244;t &#224; &#171; l'ext&#233;rieur &#187; de leurs fronti&#232;res, o&#249; ils g&#232;rent des relations, construisent des projets et des r&#233;seaux transnationaux. Si, &#224; coup s&#251;r, ils ne g&#232;rent pas le hard power (la force, le pouvoir militaire : ici, les Etats sont en concurrence avec le terrorisme international et la criminalit&#233; organis&#233;e), pour autant ils exercent &#224; coup s&#251;r une part significative du soft power disponible (capacit&#233; d'influence &#233;conomique, culturelle etc.). Les Etats, leurs gouvernements et leurs diplomaties, sont donc d'une certaine mani&#232;re &#171; contraints &#187; de n&#233;gocier avec les nouveaux acteurs des r&#244;les, des comp&#233;tences et des espaces op&#233;rationnels ; de fait, &#224; la fois ils collaborent et sont en comp&#233;tition avec eux, au-del&#224; de ce qui proc&#232;de de la formalit&#233; des r&#232;gles et des organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On observera que cette dynamique a une origine structurelle (elle n'est ni conjoncturelle, ni personnelle ou volontariste) li&#233;e &#224; la mondialisation. Avec la mobilit&#233; transnationale croissante des biens, des capitaux, des personnes et des &#171; signes &#187;, d'une part le &#171; dehors &#187; entre toujours plus souvent &#171; dedans &#187; (si l'on pense aux flux migratoires) et d'autre part le &#171; dedans &#187; (les personnes, les entreprises, etc.) se projette toujours plus fr&#233;quemment &#224; l'ext&#233;rieur, sort de ses fronti&#232;res, devient pour ainsi dire &#171; nomade &#187;. Par cons&#233;quent, aucun acteur ne peut plus faire efficacement de la &#171; politique int&#233;rieure &#187; (s'occuper de son espace familier et donc aussi du &#171; dehors &#187; qui est entr&#233; &#224; l'int&#233;rieur) sans faire aussi &#224; la fois de la &#171; politique ext&#233;rieure &#187; (se consacrer au &#171; dedans &#187; qui est sorti &#171; dehors &#187; et s'occuper des interd&#233;pendances).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est qu'aucun des grands &#171; biens communs &#187;-la s&#233;curit&#233;, l'environnement, la sant&#233;, la connaissance, le d&#233;veloppement, etc., c'est &#224; dire les conditions n&#233;cessaires pour pouvoir jouir de nos &#171; biens priv&#233;s &#187;- ne peut d&#233;sormais &#234;tre produit ou garanti seulement &#171; &#224; la maison &#187;, &#224; l'int&#233;rieur de nos fronti&#232;res. Les acteurs r&#233;gionaux semblent &#234;tre, au moins dans certains cas et dans une certaine mesure, plus avanc&#233;s que les Etats dans l'acquisition de cette prise de conscience. Compte tenu de leur proximit&#233; avec les acteurs de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233; civile, ils vivent en fait quotidiennement l'interd&#233;pendance qui relie le &#171; dedans &#187; au &#171; dehors &#187; et sont donc objectivement appel&#233;s &#224; s'en pr&#233;occuper. Cela d&#233;termine une tendance &#224; r&#233;clamer et &#224; assumer de nouvelles comp&#233;tences, &#224; mettre en &#233;vidence un r&#244;le d&#233;termin&#233; et &#224; intensifier un engagement international et global.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas sp&#233;cifique europ&#233;en, dans le cadre de l'UE, le poids et le r&#244;le des institutions r&#233;gionales (y compris les Etats membres des f&#233;d&#233;rations comme les L&#228;nder allemands) ressortent sous trois aspects. Le premier est politique et &#233;conomique que l'on peut mettre en &#233;vidence par la seule donn&#233;e relative &#224; la d&#233;pense publique. Dans l'Europe &#224; 25 (donn&#233;e 2005) les collectivit&#233;s territoriales (communes, collectivit&#233;s locales, r&#233;gions : plus de 89 mille entit&#233;s institutionnelles infranationales) g&#232;rent une d&#233;pense publique &#233;gale &#224; pratiquement 16 % du PIB europ&#233;en (1.726 milliards d'euros) et, en particulier, elles g&#232;rent deux tiers de tous les investissements publics. Elles sont donc le premier investisseur public de l'Union. Le second aspect est relatif aux relations internationales des r&#233;gions. Le fait que les r&#233;gions europ&#233;ennes op&#232;rent d'une mani&#232;re croissante dans le monde est une donn&#233;e &#233;vidente : la cr&#233;ation de desk, &#171; d'antennes &#187; dans d'autres pays et continents, la promotion de r&#233;seaux transnationaux, les initiatives de coop&#233;ration au d&#233;veloppement, etc. Il y a d&#233;sormais une sorte de &#171; diplomatie parall&#232;le &#187; ou &#171; paradiplomatie &#187; des r&#233;gions qui accompagne et s'intercroise avec celle des gouvernements nationaux. Enfin, le troisi&#232;me aspect-non plus international mais maintenant int&#233;rieur depuis les d&#233;veloppements de l'int&#233;gration europ&#233;enne- est relatif au r&#244;le des r&#233;gions dans le processus constituant de l'UE. Les r&#233;gions europ&#233;ennes collaborent et cr&#233;ent entre elles des r&#233;seaux, donnent naissance &#224; des communaut&#233;s transfrontali&#232;res, participent activement &#224; la gestion des politiques communautaires, &#171; font du lobbying &#187; par rapport aux institutions de l'Union. En d'autres termes, elles participent de fait activement au processus constituant, bien au-del&#224; de ce qui appara&#238;t dans les organisations nationales et communautaires. Elles op&#232;rent &#171; d'une mani&#232;re transversale &#187; par rapport aux Etats nationaux et contribuent ainsi d'une mani&#232;re d&#233;cisive au processus d'int&#233;gration des soci&#233;t&#233;s, des &#233;conomies et des cultures de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sumer et en venir &#224; une certaine conclusion : le monde est aujourd'hui peupl&#233; d'un nombre croissant d'acteurs de dimension r&#233;gionale, infranationaux et transnationaux qui contribuent activement au processus de la mondialisation et aux modalit&#233;s de gouvernance mondiale qui se manifestent. Il s'agit d'un c&#244;t&#233; d'acteurs institutionnels, en tant qu'institutions r&#233;gionales dot&#233;es de pouvoirs publics et de l'autre d'acteurs fonctionnels, en tant qu'espaces &#233;conomiques et sociaux de dimensions r&#233;gionales, dot&#233;s d'une identit&#233; propre et d'un r&#244;le particulier (un r&#244;le qui aspire, comme cela arrive dans certains cas, ou pourrait aspirer &#224; se r&#233;aliser aussi sur le plan institutionnel) dans le cadre de la comp&#233;tition/collaboration mondiale entre soci&#233;t&#233;s et territoires. Ces acteurs constituent une partie d'une importance croissante de la &#171; constellation post-nationale &#187; qui caract&#233;rise le monde globalis&#233;. Ce sont des acteurs, comme le d&#233;montre aussi l'exp&#233;rience r&#233;cente (si l'on pense aux menaces de s&#233;cession de la Flandre et &#224; la possibilit&#233; de la r&#233;gression conf&#233;d&#233;rale de la Belgique qui s'ensuivrait, ou au probl&#232;me du Pays Basque dans l'Espagne des autonomies), marqu&#233;s de dynamiques contradictoires entre int&#233;gration et d&#233;sint&#233;gration, entre vie en commun et rupture. Mais dans tous les cas ils existent, ils p&#232;sent et p&#232;seront toujours davantage, ils ont et ils auront un r&#244;le d&#233;cisif dans les parcours de construction de la gouvernance (et en perspective du gouvernement) mondiale. Alors, comment incorporer dans la r&#233;flexion th&#233;orique et la pratique politique, cette r&#233;alit&#233; &#233;mergente, cette nouvelle complexit&#233; qui semble destin&#233;e &#224; marquer toujours davantage le panorama du XXI&#176; si&#232;cle ? Le monde, s'il ne veut pas succomber aux conflits et s'il veut se mettre en mesure de produire les &#171; biens publics mondiaux &#187; dont il a besoin, doit r&#233;ussir &#224; r&#233;aliser un nouveau foedus (pacte), un foedus mondial dot&#233; &#224; la fois de l&#233;gitimit&#233; et d'efficacit&#233;. C'est un des grands d&#233;fis auquel la pens&#233;e f&#233;d&#233;raliste du XXI&#176; si&#232;cle est confront&#233;e et auquel la tradition ne peut pas, &#224; elle seule, fournir de r&#233;ponse (autres temps, autres contextes, autres probl&#232;mes, autres d&#233;fis). Il faut r&#233;ussir &#224; &#171; penser &#187; d'une mani&#232;re nouvelle la vari&#233;t&#233; et la complexit&#233; des acteurs qui doivent entrer dans le foedus, les conditions et les modalit&#233;s d'un &#233;ventuel &#171; pacte &#187; qui am&#232;ne &#224; moins d'asym&#233;tries et plus de coh&#233;sion, les dynamiques , les opportunit&#233;s et les risques de ces parcours. C'est un &#171; chantier de r&#233;flexion &#187; qui concerne &#224; la fois le mod&#232;le institutionnel f&#233;d&#233;ral pour le monde et la strat&#233;gie pour r&#233;ussir concr&#232;tement &#224; l'obtenir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Giampiero BORDINO&lt;br class='manualbr' /&gt;Professeur d'Histoire contemporaine et analyste politique - Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; avec &lt;i&gt;The Federalist Debate&lt;/i&gt; - Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'Italien par Jean-Luc PREVEL- Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Projets visant &#224; enseigner la tol&#233;rance en Isra&#235;l</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/enseigner-la-tolerance-en-Israel</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/enseigner-la-tolerance-en-Israel</guid>
		<dc:date>2011-10-08T09:28:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Giampiero Bordino</dc:creator>


		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>

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&lt;p&gt;Malgr&#233; le climat d'intol&#233;rance rapport&#233; par Uri Avneri, deux initiatives lanc&#233;es en Isra&#235;l t&#233;moignent du fait qu'il existe un espace pour le dialogue interculturel. &lt;br class='autobr' /&gt; Le gouvernement isra&#233;lien a d&#233;cr&#233;t&#233; un projet pilote qui s'adresse &#224; 170 &#233;coles d'Etat (dans le but de le diffuser &#224; tout le pays), faisant de l'arabe une mati&#232;re obligatoire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Ministre de l'Education, en introduisant le projet, a d&#233;clar&#233; qu'&#233;tudier l'arabe serait un outil extr&#232;mement efficace pour promouvoir la tol&#233;rance (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-151-mars-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 151 &#8212; 2011/03&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Israel-+" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; le climat d'intol&#233;rance rapport&#233; par Uri Avneri, deux initiatives lanc&#233;es en Isra&#235;l t&#233;moignent du fait qu'il existe un espace pour le dialogue interculturel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement isra&#233;lien a d&#233;cr&#233;t&#233; un projet pilote qui s'adresse &#224; 170 &#233;coles d'Etat (dans le but de le diffuser &#224; tout le pays), faisant de l'arabe une mati&#232;re obligatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Ministre de l'Education, en introduisant le projet, a d&#233;clar&#233; qu'&#233;tudier l'arabe serait un outil extr&#232;mement efficace pour promouvoir la tol&#233;rance et transmettre un message d'acceptation r&#233;ciproque chez les jeunes gens. Des enqu&#234;tes et des sondages t&#233;moignent du fait que, pour la plupart des citoyens arabes, environ 20 % de la population, tout en se reconnaissant comme Palestiniens de nationalit&#233;, souhaitent continuer &#224; &#234;tre citoyens isra&#233;liens, m&#234;me si un Etat palestinien devait &#234;tre &#233;tabli. Le projet a donc de bonnes chances d'&#234;tre une r&#233;ussite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre projet concernant le dialogue interculturel et les relations avec la minorit&#233; arabe a &#233;t&#233; lanc&#233; par l'opposition. Dans un discours r&#233;cent, Avraham Burg, fondateur de Peace Now et ancien Pr&#233;sident de la Knesset, a exprim&#233; l'intention de construire un nouveau parti, arabe et juif, qui s'appellera Shivion-Isra&#235;l (Egalit&#233; pour Isra&#235;l).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau parti visera &#224; s'opposer aux positions de l'extr&#234;me droite et &#224; sa vision fondamentaliste de l'identit&#233; nationale, qui marginalise la partie arabe. Burg a affirm&#233; que le moment &#233;tait venu d'&#233;tablir une nouvelle unit&#233; pour le pays, bas&#233;e sur des valeurs partag&#233;es et des principes d&#233;mocratiques plut&#244;t que sur des distinctions ethniques et religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Burg, en ce moment, il est important de donner la parole, en Isra&#235;l, &#224; des gens qui pensent que c'est le bon moment pour une renaissance d'Isra&#235;l en tant qu'Etat d&#233;mocratique et &#233;galitaire, garantissant &#224; tous ses citoyens, et donc aussi aux Arabes, les m&#234;mes droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il esp&#232;re donner un exemple pour la reconnaissance des m&#234;mes droits, aussi pour les Juifs exil&#233;s et dispers&#233;s dans la Diaspora, o&#249; qu'ils vivent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Giampiero BORDINO&lt;br class='manualbr' /&gt;Professeur d'histoire contemporaine et analyste politique - Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; en commun avec The Federalist Debate - Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'anglais par Jean-Luc PREVEL - Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le d&#233;fi des processus migratoires et le gouvernement du monde</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Le-defi-des-processus-migratoires</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Le-defi-des-processus-migratoires</guid>
		<dc:date>2009-10-26T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Giampiero Bordino</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Quelques donn&#233;es r&#233;centes t&#233;moignent de l'importance des processus migratoires dans le cadre mondial globalis&#233;. On estime qu'au moins 191 millions de personnes, 3 % de la population mondiale, vivent aujourd'hui en dehors de leur pays d'origine : 64 millions en Europe, 53 en Asie et 45 en Am&#233;rique du Nord. Les envois de fonds des &#233;migr&#233;s &#224; leurs familles rest&#233;es dans leurs pays d'origine &#8212;indicateur significatif du poids des processus migratoires&#8212; sont pass&#233;s de 102 milliards de dollars en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-144-2009-02-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 144 &#8212; 2009/02&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quelques donn&#233;es r&#233;centes t&#233;moignent de l'importance des processus migratoires dans le cadre mondial globalis&#233;. On estime qu'au moins 191 millions de personnes, 3 % de la population mondiale, vivent aujourd'hui en dehors de leur pays d'origine : 64 millions en Europe, 53 en Asie et 45 en Am&#233;rique du Nord. Les envois de fonds des &#233;migr&#233;s &#224; leurs familles rest&#233;es dans leurs pays d'origine &#8212;indicateur significatif du poids des processus migratoires&#8212; sont pass&#233;s de 102 milliards de dollars en 1995 &#224; environ 232 en 2005. Du point de vue des diff&#233;rentes r&#233;gions et pays, la situation mondiale est cependant tr&#232;s diversifi&#233;e pour ce qui concerne la pr&#233;sence d'immigr&#233;s. Dans certains pays, par exemple le Japon, l'immigration n'est qu'un ph&#233;nom&#232;ne marginal (le nombre d'&#233;trangers est inf&#233;rieur &#224; 1 % de la population totale), tandis que dans certains autres comme l'Australie, le Canada ou la Suisse ce nombre approche ou d&#233;passe les 20 %. Dans ce cadre, l'Union europ&#233;enne (UE) est le p&#244;le principal d'immigration dans le monde avec une forte tendance &#224; la croissance. On estime qu'entre 2002 et 2008 les flux nets d'entr&#233;e de migrants ont vari&#233; entre 1,5 et 2 millions de personnes par an. A ce propos, il faut rappeler que, sur la fronti&#232;re de la M&#233;diterran&#233;e, l'Europe fait face &#224; l'Afrique, r&#233;gion o&#249; les diff&#233;rentiels de d&#233;veloppement et de conditions de vie sont les plus forts au niveau de la plan&#232;te. En outre, c'est la r&#233;gion o&#249; les perspectives d&#233;mographiques sont les plus radicalement diversifi&#233;es : en particulier pour ce qui concerne la tranche de population active et jeune, entre 20 et 40 ans (celle dont provient, entre autre, la grande majorit&#233; des &#233;migrants), qui tend &#224; d&#233;cro&#238;tre fortement en Europe (la Commission europ&#233;enne estime qu'en 2050, malgr&#233; les flux d'entr&#233;e migratoires, la population en &#226;ge de travailler aura diminu&#233; de 50 millions d'unit&#233;s) et &#224; augmenter aussi fortement dans les pays de la rive sud de la M&#233;diterran&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on l'a remarqu&#233;, de multiples raisons sont &#224; l'origine de ces tendances migratoires comme, en premier lieu, les diff&#233;rences de revenu qui ont constamment augment&#233; au niveau mondial durant ces derni&#232;res d&#233;cennies. D&#233;j&#224;, entre 1950 et 1999, par exemple, les diff&#233;rences absolues entre le PIB par t&#234;te (exprim&#233; &#224; &#233;galit&#233; d'achats &#233;quivalents) des pays riches et le PIB par t&#234;te des trois continents &#171; pauvres &#187; (Am&#233;rique latine, Asie, Afrique) sont pass&#233;es de 5000-6000 dollars &#224; 14000-19000. Plus r&#233;cemment, en 2002, selon les donn&#233;es de la Banque mondiale, le revenu moyen par t&#234;te des pays de l'Afrique du Nord &#233;tait de 1500 dollars tandis que celui des pays de l'UE &#224; 15 &#233;tait d'environ 22000, celui des 10 pays entrants &#233;tait de 5000 et celui des 7 pays des Balkans d'environ 2000 dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour aller encore plus &#224; la racine des processus migratoires, aux origines de &#171; la pression au d&#233;part &#187;, il faut aussi rappeler l'importance d&#233;cisive de deux ph&#233;nom&#232;nes &#171; extr&#234;mes &#187; r&#233;pandus dans le monde, la violence et la guerre ainsi que la faim. Selon les donn&#233;es des organisations internationales, &#224; la fin de 2007, il y avait dans le monde 11,4 millions de r&#233;fugi&#233;s hors de leur pays d'origine et 26 millions de r&#233;fugi&#233;s internes chass&#233;s par les guerres ou les pers&#233;cutions, dont presque 14 millions assist&#233;s par l'Agence des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s. Parmi ces derniers, 3 millions &#233;taient afghans, 2 millions irakiens, plus de 500.000 soudanais et presque 500.000 somalis. Pour ce qui concerne la faim, les donn&#233;es sont encore plus significatives. Selon la FAO (Agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture), le nombre de personnes mal nourries dans le monde a atteint en 2008 le nombre de 925 millions ; 75 millions en plus, seulement pour 2007, &#224; cause de l'augmentation des prix des denr&#233;es alimentaires au niveau mondial, de 12 % en 2005 et 2006, de 24 % en 2007 et m&#234;me de 50 % durant les six premiers mois de 2008. Compte tenu de la perspective d'une augmentation ult&#233;rieure de ces prix durant les ann&#233;es prochaines, &#171; la pression au d&#233;part &#187; (soit on part, soit on meurt : c'est v&#233;ritablement ce qui est en jeu) ne pourra que continuer &#224; augmenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais face &#224; ces ph&#233;nom&#232;nes extr&#234;mes, face &#224; ces trag&#233;dies individuelles et collectives de tant de &#171; vies ni&#233;es &#187; (la M&#233;diterran&#233;e devient toujours davantage une &#171; mer de morts &#187; ce dont personne ne semble v&#233;ritablement se pr&#233;occuper), face aux tensions et aux conflits d&#233;clench&#233;s entre des flux humains &#224; la recherche de meilleures conditions de vie et, de l'autre c&#244;t&#233;, les communaut&#233;s des lieux de destination pr&#233;occup&#233;es, apeur&#233;es et m&#234;me hostiles &#224; la perspective d'accueillir de nouveaux convives &#224; un banquet toujours plus pr&#233;caire (pensons &#224; la crise &#233;conomique et financi&#232;re en cours), que fait le monde, que font les organisations internationales et avant tout que font les Etats, encore, au moins partiellement (et de moins en moins), d&#233;tenteurs ultimes du &#171; pouvoir de d&#233;cision &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que font-ils ? Si l'on veut &#234;tre brutal, on leur livre une donn&#233;e simple mais claire. Pour doubler la production alimentaire mondiale dans les prochaines ann&#233;es (et donc diminuer le nombre d'affam&#233;s et r&#233;duire &#171; la pression au d&#233;part &#187; dans le monde) il faudrait selon la FAO 30 milliards de dollars pour de nouveaux investissements, que l'on n'arrive cependant pas &#224; trouver. Face &#224; cela, les pays industrialis&#233;s de l'OCDE donnent des aides &#224; leur propre secteur agricole (d&#233;j&#224; relativement &#224; l'aise) pour un montant de 376 milliards de dollars et la d&#233;pense mondiale pour les armements a atteint en 2006 les 1204 milliards de dollars (les Etats-Unis y sont pour une bonne part).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que font-ils, ou mieux, que ne font-ils pas ? On leur livre un autre fait significatif. Tandis que, &#224; travers l'OMC (Organisation mondiale du commerce) les Etats et la communaut&#233; internationale ont r&#233;alis&#233; un processus important de lib&#233;ralisation pour les capitaux, les biens et les services et en m&#234;me temps de r&#233;gulation commune de la mobilit&#233;, m&#234;me si c'est parfois avec des r&#233;sultats contradictoires, discutables et dans certains cas n&#233;gatifs (pensons aux d&#233;sastres de l'inad&#233;quation ou de l'absence de r&#233;gulation des march&#233;s financiers), pour les personnes et le travail, rien de tel n'a &#233;t&#233; fait. La r&#233;gulation de la mobilit&#233; transnationale des personnes et du travail est rest&#233;e essentiellement une comp&#233;tence des diff&#233;rents Etats et aucune organisation internationale de nature similaire &#224; l'OMC ne s'est cr&#233;&#233;e, dans le but, sinon de r&#233;duire mais au moins de r&#233;guler et d'harmoniser les barri&#232;res qui emp&#234;chent le mouvement des personnes. Pour les classes dirigeantes et la communaut&#233; internationale, &#233;videmment, l'argent et les biens sont plus importants que les hommes et m&#233;ritent plus d'attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me des flux migratoires, de la mobilit&#233; des personnes, de la gestion des processus d'int&#233;gration sociale dans les nouveaux contextes multiculturels et multiethniques est donc l'un des grands probl&#232;mes non r&#233;solus du monde globalis&#233;. Il en d&#233;coule des tensions, des conflits, des trag&#233;dies humaines dont on ne semble pas encore avoir suffisamment conscience. Comment r&#233;duire le poids des facteurs -in&#233;galit&#233;s de revenus et de conditions de vie, faim, guerres et violence et ainsi de suite- qui poussent et m&#234;me plus fr&#233;quemment qui contraignent &#171; &#224; partir &#187; ? Comment guider, r&#233;guler, assister, rendre humainement &#171; soutenables &#187; les flux et les parcours migratoires qui se d&#233;terminent, de toute fa&#231;on, entre les continents et entre les pays ? Comment garantir aux immigr&#233;s, dans les soci&#233;t&#233;s de destination, des conditions de vie d&#233;centes, la non discrimination, les droits fondamentaux ? Et comment, dans le m&#234;me temps, garantir le caract&#232;re &#171; soutenable &#187; (&#233;conomique, culturel, humain, en termes de s&#233;curit&#233; aussi bien r&#233;elle que per&#231;ue etc.) de l'hybridation cons&#233;cutive aux processus migratoires de la part des soci&#233;t&#233;s et des populations qui re&#231;oivent de tels flux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'architecture actuelle du monde &#8212;un ensemble d'Etats qui agissent individuellement, de nombreuses organisations internationales de nature intergouvernementale, quelques unions d'Etats qui ont d&#233;j&#224; des &#233;l&#233;ments de souverainet&#233; partag&#233;e (l'UE), une galaxie d'acteurs de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233; civile, une opinion publique mondiale embryonnaire&#8212; m&#234;me si elle est en &#233;volution, n'est absolument pas en mesure d'affronter la gravit&#233; et la complexit&#233; de ce d&#233;fi. Face &#224; des probl&#232;mes communs, face &#224; des processus transnationaux qui traversent les fronti&#232;res des Etats et qui vont au-del&#224; de leurs comp&#233;tences et de leur capacit&#233; d'intervention, on aurait besoin d'acteurs et de pouvoirs &#233;galement transnationaux et communs : d'institutions globales dot&#233;es d'une l&#233;gitimation d&#233;mocratique et d'une efficacit&#233; d&#233;cisionnelle et op&#233;rationnelle. Une certaine forme de gouvernance et &#224; la fois de gouvernement du monde qui le fasse sortir de son &#171; &#233;tat de nature &#187; actuel et primordial dans lequel r&#232;gnent le chaos et la loi du plus fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un cas o&#249; la n&#233;cessit&#233; de gouvernance et de gouvernement mondiaux sont d'une &#233;vidence absolue, comme du reste pour tous les autres grands probl&#232;mes du monde du XXI&#176; si&#232;cle : la paix, la d&#233;mocratie, le d&#233;veloppement humain et &#233;conomique, la qualit&#233; de l'environnement, la sant&#233;, l'instruction. Dans cette perspective il appara&#238;t aussi &#233;vident que l'exp&#233;rience institutionnelle de l'UE, m&#234;me si elle est partielle et incompl&#232;te, pourrait &#234;tre un point de r&#233;f&#233;rence possible pour le monde entier. Et dans le m&#234;me temps il faut souligner la contribution importante que la culture et l'action politique du mouvement f&#233;d&#233;raliste ont donn&#233; et donnent &#224; ce processus d'int&#233;gration. Les f&#233;d&#233;ralistes ont un patrimoine de r&#233;flexion et d'exp&#233;rience sur la question radicale du &#171; comment faire vivre ensemble les diff&#233;rences &#187; (peuples, territoires, Etats, &#233;conomies, cultures) dans un contexte de d&#233;mocratie et de paix, qui peut &#234;tre d&#233;cisif pour l'avenir du monde. Mais nous devons l'&#233;laborer, le d&#233;velopper, l'actualiser, le faire &#233;merger et le rendre visible, non pas &#224; partir d'un mod&#232;le institutionnel propos&#233; &#171; dans l'abstrait &#187;, mais &#224; partir des probl&#232;mes communs r&#233;els, qui ont tous tendance &#224; &#234;tre globaux, dans lesquels nous sommes dramatiquement immerg&#233;s, comme pr&#233;cis&#233;ment celui des processus migratoires. C'est un gros travail de recherche et de r&#233;flexion &#8212;entre g&#233;n&#233;ralit&#233; des mod&#232;les et sp&#233;cificit&#233; des probl&#232;mes&#8212; auquel nous sommes aujourd'hui tous confront&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Giampiero BORDINO&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte publi&#233; en commun avec The Federalist Debate - Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte traduit de l'italien par Jean-Luc PREVEL - Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>R&#233;flexions et points de discussion pour la culture f&#233;d&#233;raliste du XXI&#176; si&#232;cle</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Reflexions-et-points-de-discussion</link>
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		<dc:date>2008-02-25T07:59:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Giampiero Bordino</dc:creator>



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&lt;p&gt;Traduit de l'anglais par Jean-Luc PREVEL - Lyon &lt;br class='autobr' /&gt;
Selon une d&#233;finition classique, l'Etat, ou tout du moins l'Etat moderne, est constitu&#233; de trois &#233;l&#233;ments fondamentaux : le territoire, le peuple et le pouvoir souverain. Si cela est vrai, toute analyse sur les transformations de l'Etat dans la mondialisation doit obligatoirement prendre ces trois dimensions de l'Etat, qui sont pr&#233;sentes et interagissent entre elles, comme th&#232;mes de r&#233;flexion. La &#171; fin des territoires &#187; (selon la d&#233;finition de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-138-2007-4-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 138 &#8212; 2007/4&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Traduit de l'anglais par Jean-Luc PREVEL - Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Selon une d&#233;finition classique, l'Etat, ou tout du moins l'Etat moderne, est constitu&#233; de trois &#233;l&#233;ments fondamentaux : le territoire, le peuple et le pouvoir souverain. Si cela est vrai, toute analyse sur les transformations de l'Etat dans la mondialisation doit obligatoirement prendre ces trois dimensions de l'Etat, qui sont pr&#233;sentes et interagissent entre elles, comme th&#232;mes de r&#233;flexion.&lt;br class='autobr' /&gt;
La &#171; fin des territoires &#187; (selon la d&#233;finition de Bertrand Badie), la mobilit&#233; transnationale et le m&#233;tissage des peuples et de leurs identit&#233;s ainsi que l'&#233;rosion de la souverainet&#233; sont les trois ph&#233;nom&#232;nes dans lesquels nous sommes immerg&#233;s, qui nous concernent personnellement et quotidiennement et que nous devons essayer d'appr&#233;hender et d'interpr&#233;ter. Puisque la culture f&#233;d&#233;raliste traite de l'Etat et de ses caract&#233;ristiques et qu'elle propose m&#234;me (en tant qu'id&#233;ologie) &#224; la fois un mod&#232;le de structure politique pour le monde et une cl&#233; d'interpr&#233;tation de l'histoire humaine, elle ne peut pas esquiver cette t&#226;che. Elle doit proposer une th&#233;orie et un projet pour le XXI&#176; si&#232;cle, mondialis&#233; par l'&#233;conomie et r&#233;volutionn&#233; par la science.&lt;br class='autobr' /&gt;
Concr&#232;tement et pour commencer, qu'en est-il des territoires, des espaces dans lesquels nous vivons et par rapport auxquels &#171; nous nous d&#233;finissons &#187; traditionnellement ? Cependant, le territoire n'est pas une donn&#233;e mais une construction : historiquement c'est le pouvoir politique, l'Etat, qui le d&#233;limite, qui fait qu'il devient la base de r&#233;f&#233;rence des r&#232;gles et des obligations pour ceux qui l'habitent, qui lui donne un nom et qui d&#233;termine en d&#233;finitive un &#171; dedans &#187; et un &#171; dehors &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la mondialisation, la r&#233;volution scientifique et technologique (dans les transports, les communications) qui l'a rendue possible et l'alimente a commenc&#233; en m&#234;me temps &#224; &#171; d&#233;-construire &#187; les territoires ainsi con&#231;us. Les territoires sont en fait travers&#233;s d'une mani&#232;re croissante par des flux transnationaux de biens, de capitaux, de personnes, d'informations et de signes (images, sons, valeurs). Ces flux -le &#171; dehors &#187; qui entre &#224; l'int&#233;rieur- &#233;chappent d'une mani&#232;re croissante aux contr&#244;les, aux pouvoirs de r&#233;gulation et aux directives de l'Etat. Les espaces de relations sociales et d'activit&#233;s se multiplient et ces espaces (pensons par exemple &#224; l'espace de la communication en r&#233;seaux, ou &#224; celui de la finance, ou encore &#224; celui des communaut&#233;s en diaspora) rompent la continuit&#233; et l'unit&#233; des territoires des Etats, ils en traversent les fronti&#232;res, ils interconnectent &#224; travers des r&#233;seaux transnationaux des parties de ces m&#234;mes territoires entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second &#233;l&#233;ment constitutif de l'Etat, le peuple, est aussi dans une mesure croissante soumis aux dynamiques de la mondialisation et de la r&#233;volution scientifique et technologique. Les processus migratoires de multiples natures et origines et la mobilit&#233; transnationale des professions et du travail sont les principaux facteurs du changement. L'homog&#233;n&#233;it&#233; et l'identit&#233; univoque des peuples, r&#233;elle ou pr&#233;tendue (par le mythe et l'id&#233;ologie nationale) dispara&#238;t, m&#233;tiss&#233;e aujourd'hui d'une mani&#232;re croissante par les processus migratoires, par la pr&#233;sence des diasporas transnationales, par les formes de mobilit&#233; r&#233;centes ou plus anciennes qui parcourent d'une mani&#232;re transversale les territoires et les Etats. Plusieurs centaines de millions de personnes dans le monde entier -un nombre toujours plus important dans des territoires toujours plus nombreux- ont des identit&#233;s &#171; compos&#233;es &#187; (anglo-indiens, sino-am&#233;ricains, italo-australiens, etc.) et en tout cas &#171; fluctuantes &#187;, assument une pluri-appartenance, acqui&#232;rent des citoyennet&#233;s multiples, vivent la diversit&#233; et la complexit&#233; des langues, des cultures et des religions et multiplient les exp&#233;riences et les mod&#232;les de vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Territoires d&#233;-construits, peuples m&#233;tiss&#233;s et qui vivent des diasporas : tel est le puzzle compliqu&#233; que la politique et les Etats doivent &#171; prendre en compte &#187; &#224; l'&#232;re globale. Comment arriver &#224; faire vivre ensemble, pacifiquement et d'une mani&#232;re profitable, sur un m&#234;me territoire -d&#233;membr&#233;, comme il a &#233;t&#233; dit, en multiples espaces relationnels toujours davantage transnationaux- des groupes humains diff&#233;rents par leurs origines, leurs langues, leurs cultures et leurs religions ? Comment &#233;chapper au risque des conflits identitaires et des &#171; purifications ethniques &#187; que cette complexit&#233; comporte ? Quelle architecture institutionnelle, quelles politiques sociales, culturelles imaginer et construire dans ce but ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le troisi&#232;me &#233;l&#233;ment constitutif de l'Etat : la souverainet&#233;. Selon la d&#233;finition traditionnelle, c'est le pouvoir &#171; qui ne reconna&#238;t aucun autre pouvoir au dessus de lui et qui constitue la source de tous les pouvoirs au dessous de lui &#187;. En fait, il y a d&#233;sormais beaucoup de signes et de raisons qui mettent en &#233;vidence d'un c&#244;t&#233; le changement des modalit&#233;s et des formes de la souverainet&#233; et de l'autre son &#233;rosion croissante. De nombreux facteurs non occasionnels mais structurels sont &#224; l'origine du changement et de l'&#233;rosion du pouvoir souverain : sur un plan horizontal et fonctionnel, l'&#233;mergence des soci&#233;t&#233;s civiles, pas seulement nationales mais d&#233;sormais aussi mondiales ; par le bas, la mont&#233;e des pouvoirs r&#233;gionaux et locaux ; par le haut, le d&#233;veloppement de pouvoirs intergouvernementaux et dans certains cas tr&#232;s significatifs (l'Union europ&#233;enne [UE] en premier lieu) supranationaux. L'autonomie fonctionnelle croissante de la soci&#233;t&#233; civile -des acteurs &#233;conomiques, des corps sociaux interm&#233;diaires, des associations, etc.- est &#233;vidente pour tous, ainsi que beaucoup d'entre nous l'exp&#233;rimentent et l'exercent quotidiennement au travail, dans notre profession, dans les activit&#233;s politiques ou culturelles, dans le volontariat. Les soci&#233;t&#233;s civiles dont les acteurs sont toujours plus en mesure de &#171; n&#233;gocier &#187; avec l'Etat leur propre r&#244;le, leur propre espace de r&#233;gulation (non seulement les grandes entreprises multinationales, mais les associations professionnelles, les repr&#233;sentants de ce que l'on appelle le troisi&#232;me secteur, les ONG, etc.) ont tendance &#224; se donner un horizon mondial. Ils ignorent les fronti&#232;res et passent par dessus, ils cr&#233;ent des r&#233;seaux transnationaux, ils associent le &#171; local &#187; et le &#171; global &#187;, bien au-del&#224; de ce que les gouvernements des Etats sont en mesure de faire. Pour donner un exemple significatif, les ONG, selon une estimation de l'ONU sont aujourd'hui 44.000, elles sont pr&#233;sentes dans le monde entier dont elles interconnectent les quatre coins. La mondialisation et la r&#233;volution scientifique et technologique alimentent la croissance de la soci&#233;t&#233; civile par rapport &#224; l'Etat et font na&#238;tre et d&#233;velopper, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire humaine, une v&#233;ritable soci&#233;t&#233; civile mondiale, une &#171; opinion publique &#187; mondiale dont les Etats doivent de plus en plus souvent tenir compte.&lt;br class='autobr' /&gt;
En second lieu, comme nous l'avons dit, la souverainet&#233; de l'Etat est transform&#233;e et &#233;rod&#233;e par l'augmentation des pouvoirs r&#233;gionaux et locaux qui revendiquent, n&#233;gocient et m&#234;me &#171; conqui&#232;rent sur le terrain &#187; leur propre autonomie. La souverainet&#233; est de moins en moins &#171; la source de tous les pouvoirs au-dessous de lui &#187;, selon la d&#233;finition classique parce que la mondialisation propose au &#171; local &#187; de plus en plus souvent des raisons et des opportunit&#233;s d'autonomie, sinon de s&#233;paration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, en troisi&#232;me lieu, la souverainet&#233; est &#233;rod&#233;e par le haut, &#224; la fois par la multiplication des accords et des r&#233;seaux internationaux ainsi que par le d&#233;veloppement d'accords et d'institutions au niveau supranational dans lesquels ils sont contraints de reconna&#238;tre explicitement un pouvoir &#171; au-dessus d'eux &#187; (comme dans le cas des Etats qui font partie de l'UE ou de ceux qui ont ratifi&#233; le Tribunal p&#233;nal international). Selon les estimations (cf. Sabino Casese, Oltre lo Stato, Laterza &#233;diteur, 2006), il existe aujourd'hui plus de 2.000 organisations internationales (il y en avait seulement 123 en 1951), plus de 100 tribunaux internationaux de diff&#233;rente nature et avec des fonctions vari&#233;es, autant d'organes quasi juridictionnels, un nombre croissant de normes universelles qui s'adressent soit aux administrations nationales soit aux individus. En outre des processus importants d'int&#233;grations r&#233;gionales au niveau continental sont en cours (l'UE mais aussi le Mercosur, l'ASEAN, l'Union africaine, etc.) qui impliquent des m&#233;canismes de r&#233;attribution et de r&#233;partition des pouvoirs et des fonctions &#233;tatiques et pas seulement &#233;conomiques. Comme l'a &#233;crit le politologue fran&#231;ais Zaki La&#239;di qui parle &#224; ce propos d'Etat fractal, l'Etat, de plus en plus souvent, -dans les rapports avec la soci&#233;t&#233; civile, avec les pouvoirs locaux et r&#233;gionaux, avec les organismes internationaux et supranationaux- n'est plus &#171; le tout &#187;, selon l'ancienne pr&#233;tention souverainiste, mais seulement &#171; une partie &#187; et il est donc contraint de n&#233;gocier son propre r&#244;le et son propre pouvoir avec d'autres &#171; parties &#187; dans des parcours de gouvernance avec de multiples acteurs &#224; de multiples niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etant donn&#233; cet ensemble d'analyse et d'interpr&#233;tation et pour en venir &#224; une conclusion, quels sont les d&#233;fis auxquels cet Etat transform&#233;, &#224; la souverainet&#233; &#233;rod&#233;e, aux prises, comme on l'a vu, avec le puzzle in&#233;dit et inqui&#233;tant constitu&#233; de territoires d&#233;compos&#233;s et de peuples mobiles qui vivent une diaspora, est-il aujourd'hui confront&#233; ? Le fait est que les Etats traditionnels, m&#234;me les plus grands et les plus puissants, ne sont plus en mesure de garantir &#224; leurs propres citoyens, dans leurs territoires, les &#171; biens publics &#187; fondamentaux pour l'apport desquels ils ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s et, au moins &#224; l'&#233;poque contemporaine, l&#233;gitim&#233;s : la paix et la s&#233;curit&#233;, le d&#233;veloppement &#233;conomique, la coh&#233;sion sociale, la sant&#233;, la protection de l'environnement, l'instruction, etc. Avec la mondialisation, ces biens sont soit produits et garantis ailleurs, au niveau mondial, soit ils ne peuvent m&#234;me plus &#234;tre produits et garantis au niveau d'un seul Etat. Comment, en fait, garantir la sant&#233; &#224; ses propres citoyens face aux flux transnationaux des maladies ou aux cons&#233;quences des catastrophes &#233;cologiques qui se sont produites ailleurs, dans une quelconque partie du monde ? Et comment garantir la s&#233;curit&#233; &#224; l'int&#233;rieur de ses propres fronti&#232;res, &#233;tant donn&#233; qu'elles sont toujours plus poreuses et qu'on peut presque toujours trouver le &#171; dehors &#187; &#224; l'int&#233;rieur et que l'ennemi pourrait m&#234;me habiter dans notre maison ? Tout cela alimente, entre autre, une politique et une culture d&#233;sastreuse de la peur et de la suspicion qui contribuent &#224; la d&#233;g&#233;n&#233;rescence autoritaire de l'Etat et aux crises de la d&#233;mocratie &#224; la fois comme syst&#232;me de garantie des droits et comme processus de participation et d'inclusion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut prendre acte qu'aujourd'hui les &#171; biens publics &#187; qui sont -nous devons toujours le rappeler- la condition n&#233;cessaire pour l'acquisition et l'utilisation des biens priv&#233;s (on le savait bien d&#233;j&#224; au Moyen-&#226;ge : comment faire des affaires et du commerce si les bandits contr&#244;lent les routes ou si la peste se r&#233;pand dans les villes ?), seront produits &#224; de nombreux niveaux et dans de multiples &#171; lieux &#187; (organisations, institutions) y compris le monde. Aucun pays, pas m&#234;me la superpuissance am&#233;ricaine, ne peut les produire et garantir seul. L'UE ne pourrait pas non plus le faire, m&#234;me si elle devenait un Etat f&#233;d&#233;ral accompli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion : face &#224; ces d&#233;fis difficiles et complexes quelles sont les propositions, les projets &#224; l'ordre du jour ? Je crois qu'il n'existe aujourd'hui, dans le panorama de la r&#233;flexion politique, si l'on exclut l'hypoth&#232;se non souhaitable d'un empire mondial h&#233;g&#233;monique impos&#233; et g&#233;r&#233; gr&#226;ce &#224; l'usage dominant de la force, que trois grandes propositions th&#233;oriques sur le tapis auxquelles on peut essentiellement rapporter une grande partie des sc&#233;narios et des projets pensables et susceptibles d'&#234;tre propos&#233;s : l'hypoth&#232;se de la &#171; gouvernance globale &#187;, celle de la &#171; d&#233;mocratie cosmopolitique &#187; et enfin la proposition d'un &#171; Etat de type f&#233;d&#233;ral &#187;. La premi&#232;re, la perspective de la gouvernance globale soul&#232;ve des questions sans solution -ou, d'une certaine fa&#231;on &#171; d&#233;plac&#233;es &#187;- sur deux aspects fondamentaux : celui de la l&#233;gitimation d&#233;mocratique dans la mesure o&#249; elle pr&#233;voit une gouvernance n&#233;goci&#233;e entre des acteurs &#233;tatiques et non &#233;tatiques o&#249; la d&#233;cision, en substance, n'est pas prise en comptant les &#171; voix &#187;, comme en d&#233;mocratie, mais en mettant en balance les int&#233;r&#234;ts organis&#233;s ; et celui de l'efficacit&#233; dans la mesure o&#249; aucun pouvoir de d&#233;cision &#171; de derni&#232;re instance &#187; (ce qui signifie aussi la possibilit&#233; de l'usage l&#233;gitime de la force) n'est pr&#233;vu et la fonction ex&#233;cutive est, en substance, laiss&#233;e &#224; la bonne volont&#233; des acteurs ou pour &#234;tre plus r&#233;aliste, &#224; leurs rapports de force. La seconde, la perspective de la d&#233;mocratie cosmopolitique met justement en relief le th&#232;me de la participation populaire et du consensus mais &#171; d&#233;place &#187; la question du pouvoir et en particulier de l'assurance que les d&#233;cisions et les normes seront bien ex&#233;cut&#233;es au niveau mondial, &#233;tant donn&#233; qu'elle exclut explicitement de son horizon th&#233;orique l'exigence de la disponibilit&#233; et, en derni&#232;re instance de l'utilisation &#233;ventuelle, de la &#171; force l&#233;gitime &#187;. Il reste enfin la proposition d'un Etat de type f&#233;d&#233;ral, la plus ancienne et la plus exp&#233;riment&#233;e mais aussi, paradoxalement, il s'agit d'une proposition qui, dans une certaine mesure reste &#171; &#224; inventer &#187;. Le projet f&#233;d&#233;raliste, tel que nous le connaissons sous l'aspect de son &#233;laboration th&#233;orique d'une part et &#224; travers l'exp&#233;rience concr&#232;te des Etats qui l'ont adopt&#233; d'autre part, offre des r&#233;ponses sur les deux versants fondamentaux du probl&#232;me de l'Etat : la l&#233;gitimation d&#233;mocratique aux diff&#233;rents niveaux du pouvoir f&#233;d&#233;ral, &#224; travers la participation et le consensus, et l'efficacit&#233;, &#224; travers la pr&#233;sence d'un gouvernement dot&#233; d'un pouvoir de commandement, y compris &#171; en derni&#232;re instance &#187;. Ceci &#233;tant dit, il faut cependant admettre que le projet f&#233;d&#233;raliste pour le monde, qu'il s'agisse du contexte (le monde globalis&#233; et r&#233;volutionn&#233; par la science du XXI&#176; si&#232;cle) ou du probl&#232;me (la production de &#171; biens publics &#187; mondiaux, un Etat d&#233;mocratique mondial) &#233;tant donn&#233; qu'il est in&#233;dit, reste dans une grande mesure &#171; &#224; inventer &#187;. Dans ce but, il faut s'ouvrir &#224; d'autres cultures et &#234;tre disponible &#224; la recherche de nouvelles cat&#233;gories d'interpr&#233;tation et de nouveaux langages. Comment &#171; revisiter &#187; l'&#233;laboration f&#233;d&#233;raliste th&#233;orique, pr&#233;-globale, &#224; la lumi&#232;re des changements en cours : la fin des territoires, la diaspora des peuples, l'&#233;rosion du pouvoir souverain ? Que peut-on tirer de l'exp&#233;rience historique des Etats f&#233;d&#233;raux, du &#171; f&#233;d&#233;ralisme r&#233;el &#187; et que faut-il au contraire abandonner ? Comment repenser aujourd'hui le mod&#232;le institutionnel &#224; plusieurs niveaux de gouvernements &#171; ind&#233;pendants et coordonn&#233;s &#187; dans le nouveau contexte du monde globalis&#233; ? De nombreuses questions nous viennent &#224; l'esprit pour lesquelles beaucoup de r&#233;ponses ne sont pas pr&#234;tes. C'est donc un grand &#171; chantier qui s'ouvre devant nous pour lequel il vaut la peine de faire appel &#224; beaucoup, y compris &#224; &#171; ceux qui sont diff&#233;rents &#187; pour collaborer et s'engager ensemble.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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