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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>Roms, les racines de la haine</title>
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		<dc:date>2011-04-27T15:47:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Barbara Spinelli</dc:creator>



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&lt;p&gt;Il est utile de rappeler comment, il y a tout juste sept &#224; huit d&#233;cennies, la destruction des Tsiganes fut possible dans les camps allemands. Ce ne fut pas un plan d'extermination d&#233;termin&#233; avec acharnement qui serait n&#233; de l'esprit de Hitler. Dans le livre Mein Kampf, on parle de Juifs, pas de Tsiganes. La destruction (en langue rom Por&#224;jmos, la &#171; grande d&#233;voration &#187;) s'origine dans la volont&#233; tenace, insistante des campagnes et des p&#233;riph&#233;ries urbaines allemandes : un fleuve d'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-149-septembre-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 149 &#8212; 2010/09&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est utile de rappeler comment, il y a tout juste sept &#224; huit d&#233;cennies, la destruction des Tsiganes fut possible dans les camps allemands. Ce ne fut pas un plan d'extermination d&#233;termin&#233; avec acharnement qui serait n&#233; de l'esprit de Hitler. Dans le livre Mein Kampf, on parle de Juifs, pas de Tsiganes. La destruction (en langue rom Por&#224;jmos, la &#171; grande d&#233;voration &#187;) s'origine dans la volont&#233; tenace, insistante des campagnes et des p&#233;riph&#233;ries urbaines allemandes : un fleuve d'une r&#233;pugnance puissante, ancienne, que la d&#233;mocratie de Weimar n'endigue pas mais &#224; laquelle elle c&#232;de. Ceux qui ont vu le film de Michael Haneke &#171; Le ruban blanc &#187;, savent comment les fureurs qui aveuglent l'esprit prennent forme, excluent le diff&#233;rent et enfin l'&#233;liminent pour faire le m&#233;nage dans la famille, le village, la nation. M&#234;me l'antis&#233;mitisme a de telles racines, tous les g&#233;nocides sont favoris&#233;s par des consensus tacites. Mais la haine des Roms et des Gitans (durant le si&#232;cle dernier, Boh&#233;miens en est l'appellation m&#233;prisante) remporte des consensus particuli&#232;rement vastes. Il s'agit d'une haine qui s'exprime encore aujourd'hui librement et qui n'est emp&#234;ch&#233;e par aucun v&#233;ritable tabou : en partie parce qu'elle est enfouie dans les tr&#233;fonds de l'&#226;me o&#249; elle subsiste sans &#234;tre d&#233;rang&#233;e ; en partie parce qu'il s'agit d'une aversion pas du tout raciale ; en partie parce que leur g&#233;nocide n'a pas g&#233;n&#233;r&#233; l'interdiction sacr&#233;e typique du tabou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la diff&#233;rence de ce qui s'est pass&#233; pour les Juifs, aucune barri&#232;re faite de honte de soi et de m&#233;moire qui reste en &#233;veil, ne s'est &#233;rig&#233;e en Europe dans l'apr&#232;s-guerre. On a commenc&#233; &#224; parler tardivement des Boh&#233;miens, les livres qui racontent leur histoire sont suffisants mais pas nombreux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;trange que Sarkozy, fils d'un Hongrois, ne se soit pas rappel&#233;, quand il a d&#233;cid&#233; l'expulsion des Roms, de ce qu'ils ont souffert en Europe orientale. Il est &#233;trange qu'il ne se rappelle pas ce qu'ils endurent encore aujourd'hui dans les pays qu'ils fuient, parce que l'Est europ&#233;en est sorti des dictatures en d&#233;non&#231;ant le totalitarisme communiste mais pas les nationalismes ethniques, ni l'id&#233;ologie qui place le citoyen pur sang au-dessus de la personne humaine : en Roumanie, Bulgarie, Hongrie, les Roms sont trait&#233;s, malgr&#233; le g&#233;nocide, comme des sous-hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rapatrier souvent, c'est les condamner encore plus. C'est aussi une hypocrisie, parce que, en tant que citoyens europ&#233;ens, les Roms peuvent retourner en France ou en Italie sans visa. On les appelle souvent roumains. Il faudrait bien savoir que les Roms sont d&#233;test&#233;s par la majorit&#233; des Roumains. Partout, la crise &#233;conomique les transforme en boucs &#233;missaires. Le plus souvent, ce n'est pas la race qui &#233;veille l'ex&#233;cration. C'est le mode de vie itin&#233;rant. L'Union, en s'&#233;largissant en 2004 et 2007, a aussi accueilli cette communaut&#233; particuli&#232;re, par vocation non s&#233;dentaire, originaire de l'Inde et install&#233;e sur notre continent il y a cinq &#224; six si&#232;cles, pers&#233;cut&#233;e &#224; de nombreuses reprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une directive europ&#233;enne restreint la libre circulation si l'ordre public est perturb&#233;, mais la directive s'applique aux individus et, de toute fa&#231;on, elle sera caduque en d&#233;cembre 2013. Il n'appara&#238;t pas clairement qui a, aujourd'hui, recommenc&#233; cette histoire d'exclusion, de murs qui s&#233;parent les nomades des citoyens &#171; normaux &#187; et leur emp&#234;che de devenir s&#233;dentaires s'ils le veulent, de trouver du travail, de ne pas tomber dans les mains des mafias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est probable que Berlusconi et Bossi ont jou&#233; un r&#244;le d'avant-garde : un r&#244;le de &#171; mod&#232;le pour l'Europe &#187;, a dit Monseigneur Giancarlo Perego, directeur de la Fondation Migrantes della Cei (La Stampa, 22 ao&#251;t). Plusieurs gouvernements de l'Est se sont sentis l&#233;gitim&#233;s par l'Italie. Pays fondateur de l'Union. Actuellement Sarkozy devient le m&#233;gaphone du fleuve d'ex&#233;cration. Le mot qu'il a r&#233;p&#233;t&#233; plusieurs fois en parlant des immigr&#233;s, des Roms et de la d&#233;linquance, c'est la &#171; guerre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me discours, le Pr&#233;sident a annonc&#233; que le citoyen d'origine &#233;trang&#232;re coupable de d&#233;lits, perdra la nationalit&#233; fran&#231;aise (le mot d&#233;ch&#233;ance &#233;voque, renvoie &#224; d&#233;chet, ordures). La d&#233;mocratie ne nous prot&#232;ge pas de telles d&#233;viations, justement parce que la volont&#233; du peuple est sa cheville ouvri&#232;re. Giuliano Amato l'explique bien dans un article sur &lt;i&gt;Il Sole-24 Ore&lt;/i&gt; du 22 ao&#251;t : il y a des moments, et la crise &#233;conomique en est un, o&#249; un conflit mortel peut na&#238;tre entre deux imp&#233;ratifs d&#233;mocratiques qui sont l'exigence du consensus et celle de pr&#233;server la civilisation,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le leader d&#233;mocrate soucieux de recueillir des consensus imm&#233;diats gagne peut-&#234;tre dans les urnes mais ne sauve pas n&#233;cessairement la civilisation (&#171; &lt;i&gt;ce n'est pas par hasard si, dans l'&#233;quilibre institutionnel des d&#233;mocraties on distingue les institutions majoritaires &#233;lues dans lesquelles pr&#233;valent les logiques du consensus, des institutions de garantie, non majoritaires, avec en premier lieu les Cours, dans lesquelles les imp&#233;ratifs codifi&#233;s de la civilisation devraient pr&#233;valoir, justement pour ces droits auxquels les majorit&#233;s sont moins sensibles&lt;/i&gt; &#187;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Rares sont les leaders, dans les &#201;tat-nations modernes, qui savent tenir compte des deux imp&#233;ratifs et dans les moments critiques, placer les exigences de la civilisation avant celles du consensus. Quand Obama ne se d&#233;clare pas oppos&#233; &#224; la construction d'une mosqu&#233;e pr&#232;s de Ground Zero, il d&#233;fend la constitution la&#239;que et la longue histoire am&#233;ricaine plut&#244;t que l'histoire qui va d'un sondage &#224; l'autre. Il ressent qu'il doit cr&#233;er le consensus &#224; partir de l&#224;, tout en sachant qu'il peut aussi le perdre.&lt;br class='autobr' /&gt;
En g&#233;n&#233;ral, quand les gouvernants exaltent &#224; tous moments la souverainet&#233; et les &#233;motions du peuple, ce n'est pas le peuple qui gouverne : ce sont les oligarchies, les pouvoirs secrets, les mafias. M&#234;me notre Constitution voit loin et ce n'est pas un hasard si elle donne la pr&#233;&#233;minence &#224; la personne, plus encore qu'au citoyen. Tous les articles qui concernent les droits fondamentaux (la libert&#233;, l'interdiction de la violence, l'inviolabilit&#233; du domicile, la responsabilit&#233; p&#233;nale, le droit &#224; la sant&#233;) ne parlent pas de citoyens mais de personnes ou d'individus, et pr&#233;c&#232;dent la Constitution elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nomadisme est une forme de vie qui tend &#224; dispara&#238;tre mais qui reste une forme de la vie humaine. Le fait de ne pas avoir de demeure fixe, de vivre en roulotte, de se d&#233;placer en caravane (&#171; en hordes &#187;, &#233;tait &#233;crit dans les d&#233;crets d'expulsion aux temps de Weimar et de Hitler) : tout cela fait partie de la culture des Roms et des Gitans. Ils font aussi le choix d'adopter la religion des pays dans lesquels ils vivent : c'est l'int&#233;gration qu'ils pr&#233;f&#232;rent depuis des si&#232;cles. Comme tous les citoyens ils d&#233;linquent aussi, surtout quand ils sont brim&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
La plupart sont depuis plusieurs si&#232;cles, citoyens des pays dans lesquels ils vagabondent ou se s&#233;dentarisent. Chez nous, 80% des Roms sont italiens. Les protestations contre la politique fran&#231;aise n'ont pas manqu&#233; (700 rapatri&#233;s d'ici septembre) : &#224; l'ONU, dans l'Union europ&#233;enne. Des leaders importants de droite ont protest&#233; : le premier d'entre eux Dominique de Villepin selon lequel il existe aujourd'hui sur le drapeau une &#171; tache de honte &#187;. Il demeure toutefois que les Roms n'ont pas un Elie Wiesel qui transforme en leur nom l'interdiction de la haine en tabou. Nous pouvons compter sur l'Eglise, m&#233;moire de la parabole du Samaritain et de l'histoire de l'Europe.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Europe et les constitutions de l'apr&#232;s-guerre ont &#233;t&#233; invent&#233;es pour &#233;viter de telles rechutes, toujours possibles quand le nationalisme ethnique &#224; la mani&#232;re du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle reprend le dessus. Les structures imp&#233;riales &#233;taient plus favorables &#224; la diversit&#233; et l'objectif de sortir des enclos ethniques et de restaurer des autorit&#233;s sup&#233;rieures &#224; celles des &#201;tats souverains revient au pouvoir sup&#233;rieur qui dans plusieurs entit&#233;s juridiques s'incarne aujourd'hui dans l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'Europe qui doit repenser le statut des Roms : en leur permettant de continuer &#224; voyager, &#224; trouver du travail, &#224; se d&#233;fendre contre les mafias, &#224; respecter la loi et l'ordre. Au quinzi&#232;me si&#232;cle, quand ils ont migr&#233; en Europe, les Boh&#233;miens avaient une protection / sauf-conduit universel, non national ni local : la protection du Pape et celle de l'Empereur. Seule une protection de nature universelle peut garantir &#171; les diversit&#233;s humaines l&#233;gitimes &#187;, ce que Beno&#238;t XVI a indiqu&#233; dans une hom&#233;lie prononc&#233;e en fran&#231;ais le 22 ao&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui les Roms ont la protection du Pape. Celle de l'Empereur (de la politique) manque cruellement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Barbara SPINELLI&lt;br class='manualbr' /&gt;Journaliste et &#233;crivain italienne. Fille de Altiero Spinelli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru sur &lt;i&gt;La Stampa&lt;/i&gt;, du 29 ao&#251;t 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Jean-Luc PREVEL - Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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