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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>La technique du f&#233;d&#233;ralisme</title>
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		<dc:date>2011-05-21T15:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Mouskhely</dc:creator>


		<dc:subject>Focus</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si le f&#233;d&#233;ralisme r&#233;ussit la conciliation du g&#233;n&#233;ral et du particulier, s'il r&#233;alise 1'&#171; unit&#233; dans la diversit&#233; &#187;, s'il accomplit ce v&#233;ritable miracle de tirer du jeu des oppositions qu'il respecte la source du bonheur et de la civilisation, c'est qu'il dispose d'une technique particuli&#232;re conforme &#224; son g&#233;nie et respectueuse de ses exigences. Il fournit donc lui- m&#234;me les moyens de sa propre r&#233;alisation et contient en soi ses principes d'organisation qui sont : A. l'autonomie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-150-2010-12-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 150 &#8212; 2010/12&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Focus-+" rel="tag"&gt;Focus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si le f&#233;d&#233;ralisme r&#233;ussit la conciliation du g&#233;n&#233;ral et du particulier, s'il r&#233;alise 1'&#171; unit&#233; dans la diversit&#233; &#187;, s'il accomplit ce v&#233;ritable miracle de tirer du jeu des oppositions qu'il respecte la source du bonheur et de la civilisation, c'est qu'il dispose d'une technique particuli&#232;re conforme &#224; son g&#233;nie et respectueuse de ses exigences. Il fournit donc lui- m&#234;me les moyens de sa propre r&#233;alisation et contient en soi ses principes d'organisation qui sont :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; A. l'autonomie constitutionnelle des &#201;tats membres,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; B. la superposition des institutions gouvernementales,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; C. la participation des &#201;tats membres &#224; la formation de la volont&#233; de l'Union,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; D. la r&#233;partition des comp&#233;tences,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; E. l'institution d'une Cour de Justice de caract&#232;re arbitral.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;L'appareil technique du f&#233;d&#233;ralisme est aussi complexe et aussi souple que le principe lui-m&#234;me. Examinons-le de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;A. L'autonomie constitutionnelle des Etats membres&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le plus souvent, ce sont des communaut&#233;s politiques ind&#233;pendantes qui d&#233;cident de se f&#233;d&#233;rer. Naturellement, en s'unissant, elles ne d&#233;sirent pas renoncer &#224; leur individualit&#233; et, pour cela, elles conservent leur organisation politique et se r&#233;servent le droit, de la modifier &#224; leur guise. Dans toute association f&#233;d&#233;rative, les &#201;tats membres poss&#232;dent ainsi l'auto&#173;nomie constitutionnelle, c'est-&#224;-dire le droit de se donner libre&#173;ment une constitution et celui de la modifier librement. Il s'agit l&#224; d'un droit qui n'appartient qu'aux collectivit&#233;s membres d'une F&#233;d&#233;ration ; il est refus&#233; &#224; une collectivit&#233; administrative d&#233;centralis&#233;e et &#224; une province autonome dont le statut constitutionnel est l'oeuvre de l'&#201;tat dont elles font partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autonomie constitutionnelle implique l'autonomie tout court : chaque &#201;tat membre a son propre pouvoir l&#233;gislatif, ex&#233;cutif et judiciaire. Aucune diff&#233;rence essentielle ne s&#233;pare l'organisation des &#201;tats membres d'une F&#233;d&#233;ration de celle d'un &#201;tat unitaire ind&#233;pendant. La preuve en est que si d'aventure le lien f&#233;d&#233;ral venait, &#224; se briser, les &#201;tats membres pourraient reprendre leur vie ind&#233;pendante sans &#234;tre oblig&#233;s de se donner une nouvelle organisation politique. On ne saurait en dire autant d'une commune ou d'une province autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autonomie constitutionnelle implique aussi le droit de d&#233;cider en dernier ressort. Dans les limites de la constitution f&#233;d&#233;rale, les gouvernements des collectivit&#233;s membres prennent des d&#233;cisions d&#233;finitives et souveraines. Sans doute, leurs d&#233;cisions restent-elles soumises &#224; un contr&#244;le, mais il s'agit d'un contr&#244;le de l&#233;galit&#233;, en particulier par rapport &#224; la consti&#173;tution f&#233;d&#233;rale, jamais d'un contr&#244;le d'opportunit&#233;. Le m&#234;me contr&#244;le s'exerce sur les d&#233;cisions de l'autorit&#233; f&#233;d&#233;rale ; il est ins&#233;parable de tout syst&#232;me f&#233;d&#233;ratif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien &#233;videmment, l'autonomie constitutionnelle n'est pas absolue. Si elle l'&#233;tait, il n'y aurait pas de f&#233;d&#233;ralisme. Le f&#233;d&#233;ralisme, ne l'oublions pas, est la conciliation des contraires. Aussi, l'union impose-t-elle quelques limitations &#224; la libert&#233; constitutionnelle de ses membres. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, la cons&#173;titution f&#233;d&#233;rale contient des prescriptions obligatoires pour les constitutions particuli&#232;res. Elle leur impose un minimum de principes politiques communs sans l'acceptation desquels aucune f&#233;d&#233;ration ne pourrait subsister. Il en r&#233;sulte la possibilit&#233; pour celle-ci, en r&#233;visant sa propre constitution, d'obliger les membres &#224; modifier la leur. En compensation de ce modeste sacrifice, la F&#233;d&#233;ration prot&#232;ge et garantit le r&#233;gime politique de ses membres. Ainsi, l'autonomie constitutionnelle, encore que r&#233;duite dans son &#233;tendue, se trouve en d&#233;finitive consolid&#233;e et renforc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;B. La superposition des institutions gouvernementales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'union, qui respecte l'individualit&#233; de ses membres, suppose n&#233;cessairement l'existence d'une double organisation gou&#173;vernementale : les institutions gouvernementales f&#233;d&#233;rales se superposent aux institutions gouvernementales nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, la superposition des institutions gouverne&#173;mentales ne se rencontre pas seulement dans une union f&#233;d&#233;&#173;rale. D'autres syst&#232;mes internationaux comme la vassalit&#233;, le protectorat et la tutelle internationale -pour ne citer que les plus importants- la connaissent &#233;galement. Mais, dans le syst&#232;me f&#233;d&#233;ratif, elle accuse des traits particuliers, profon&#173;d&#233;ment diff&#233;rents de ceux qu'on trouve ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, on institue un corps nouveau de gouvernants et d'agents, sp&#233;cial &#224; la F&#233;d&#233;ration et affect&#233; exclusivement au gouver&#173;nement et &#224; l'administration de celle-ci. Le gouvernement f&#233;d&#233;ral reste distinct des gouvernements nationaux, aussi bien dans sa structure organique que dans sa comp&#233;tence mat&#233;rielle. L&#224;, ce sont au contraire les gouvernants des &#201;tats int&#233;ress&#233;s -l'Etat suzerain, protecteur ou tuteur- qui gouvernent et administrent les communaut&#233;s prot&#233;g&#233;es ou associ&#233;es, et la communaut&#233; mixte. Ils cumulent ainsi dans leur personne la qualit&#233; des gouvernants nationaux et celle des gouvernants de l'union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La structure gouvernementale de l'union f&#233;d&#233;rative ne fait que traduire l'esprit d'&#233;galit&#233; et de collaboration qui est &#224; la base de toute F&#233;d&#233;ration. Elle le fait d'autant mieux que les &#201;tats membres participent &#233;troitement &#224; la constitution de certains organes du gouvernement f&#233;d&#233;ral. La participation est si importante que ni la formation, ni le fonctionnement de l'autorit&#233; f&#233;d&#233;rale ne sont concevables sans l'existence auto&#173;nome et s&#233;par&#233;e des &#201;tats membres. Lorsque le lien f&#233;d&#233;ral est faible, l'organisation commune se r&#233;duit g&#233;n&#233;ralement &#224; une assembl&#233;e commune, compos&#233;e de repr&#233;sentants directs de ceux-ci. Lorsque, au contraire, il se renforce, elle se d&#233;ve&#173;loppe, se perfectionne et se rapproche de plus en plus de celle d'un &#201;tat unitaire, sans perdre pour autant ses caract&#232;res originaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;C. La participation des Etats membres &#224; la formation de la volont&#233; de l'Union&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Elle s'en diff&#233;rencie principalement par la participation des Etats membres &#224; l'am&#233;nagement et &#224; l'exercice du pouvoir f&#233;d&#233;ral. La loi de participation constitue, nous dit Georges Scelle, &#171; le trait capital du f&#233;d&#233;ralisme : c'est par lui qu'il est un droit de collaboration et non de subordination &#187;.1 En quoi consiste cette participation ? Comment se r&#233;alise-t-elle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pacte f&#233;d&#233;ral &#233;tant leur oeuvre, les &#201;tats membres se r&#233;servent le droit de collaborer directement &#224; sa r&#233;vision. Ils entendent qu'aucune modification ne puisse lui &#234;tre apport&#233;e sans l'approbation de tous, ou au moins d'un grand nombre d'entre eux. On comprend fort bien les raisons de cette exi&#173;gence : le pacte f&#233;d&#233;ral reconna&#238;t leur qualit&#233; d'&#201;tat autonome, il leur octroie la libert&#233; constitutionnelle, leur attribue des pouvoirs en dernier ressort ; il constitue par l&#224; la supr&#234;me garantie de leur existence. Si sa r&#233;vision pouvait se faire en dehors d'eux, non seulement leurs pouvoirs pourraient &#234;tre diminu&#233;s, c'est leur ind&#233;pendance m&#234;me qui serait menac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette garantie ne leur suffit pas. Pour renforcer leur position, ils s'attribuent encore le droit de collaborer &#224; la constitution et au fonctionnement des organes communs. Suivant la force du lien f&#233;d&#233;ral, l'organisation commune sera plus ou moins tributaire des &#201;tats membres : tant&#244;t elle ne comprendra que des repr&#233;sentants directs de ceux-ci, c'est le cas de l'ONU, par exemple ; tant&#244;t, au contraire, comme dans l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral, les &#201;tats ne seront repr&#233;sent&#233;s que dans certains organes. Mais de toutes fa&#231;ons, et quelle que soit la force de l'Union, ils auront leurs repr&#233;sentants dans l'orga&#173;nisation f&#233;d&#233;rale. La volont&#233; de celle-ci sera donc faite, en tout ou en partie, de la volont&#233; des &#201;tats membres. La partici&#173;pation &#224; la formation de la volont&#233; de l'Union., expression m&#233;taphorique sans doute, marque pourtant cette r&#233;alit&#233; incon&#173;testable, qu'&#224; la source de la volont&#233; propre des organes f&#233;d&#233;raux on trouve toujours l'apport plus ou moins important des volont&#233;s individuelles des membres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D. La r&#233;partition des comp&#233;tences&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout syst&#232;me f&#233;d&#233;ratif, par le fait m&#234;me qu'il admet l'exis&#173;tence des institutions politiques superpos&#233;es, commande imp&#233;&#173;rieusement la distribution des pouvoirs entre l'Union et ses membres. Assur&#233;ment, la r&#233;partition des comp&#233;tences est un proc&#233;d&#233; g&#233;n&#233;ral de gouvernement et d'administration, commun &#224; toutes les soci&#233;t&#233;s politiques. Elle joue cependant dans une soci&#233;t&#233; f&#233;d&#233;rative un r&#244;le particuli&#232;rement important et se fait suivant une m&#233;thode originale. Il est donc permis d'y voir un trait caract&#233;ristique du f&#233;d&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les proc&#233;d&#233;s techniques de la r&#233;partition, dont se sert le r&#233;gime f&#233;d&#233;ratif, sont d'une grande vari&#233;t&#233; et souplesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la base, on trouve la distinction capitale entre la comp&#233;&#173;tence de principe et la comp&#233;tence d'attribution. La premi&#232;re appartient aux Etats membres, la seconde &#224; l'autorit&#233; f&#233;d&#233;rale. Autrement dit, l'Union dispose seulement des pouvoirs qui lui ont &#233;t&#233; express&#233;ment et nomm&#233;ment reconnus par le pacte f&#233;d&#233;ral ; tous les autres pouvoirs rentrent par cons&#233;quent dans la comp&#233;tence des Etats membres. Pareille r&#233;partition tout &#224; l'avantage des Etats, s'explique par leur r&#233;pugnance &#224; renoncer &#224; leurs pr&#233;rogatives. Forc&#233;s de s'unir et de se sou&#173;mettre &#224; une autorit&#233; commune, du moins n'accorderont-ils &#224; celle-ci que des pouvoirs limitativement &#233;num&#233;r&#233;s, juste ce qu'il faut pour r&#233;aliser le but de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ensuit qu'en raison de son caract&#232;re exceptionnel, la comp&#233;tence de l'autorit&#233; f&#233;d&#233;rale ne pourra pas aller au-del&#224; des limites fix&#233;es par la constitution. Au contraire, les Etats &#233;tant investis d'une comp&#233;tence de principe, leur pouvoir s'&#233;tendra &#224; tous les objets, qui n'ont pas &#233;t&#233; formellement attribu&#233;s &#224; l'Union. En cas de doute, la comp&#233;tence des Etats l'emportera sur celle de la F&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solution parait tr&#232;s avantageuse pour l'autonomie des Etats membres. Il ne convient pas cependant d'en exag&#233;rer l'importance. Tout d&#233;pend de la fa&#231;on dont sont libell&#233;s les titres de comp&#233;tence de l'autorit&#233; f&#233;d&#233;rale : une d&#233;finition large permettra toujours &#224; la F&#233;d&#233;ration d'amplifier ses pou&#173;voirs constitutionnels. Elle le fera d'autant plus facilement que le d&#233;veloppement et le renforcement du lien d'association exigeront des mesures communes et justifieront son intervention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de cette r&#233;glementation de principe et pour la com&#173;pl&#233;ter, on y ajoute le proc&#233;d&#233; de la comp&#233;tence exclusive. La comp&#233;tence exclusive s'oppose &#224; la comp&#233;tence concurrente. Lorsqu'une comp&#233;tence est attribu&#233;e &#224; titre exclusif, la mati&#232;re qui en rel&#232;ve ne pourra &#234;tre r&#233;glement&#233;e que par le titulaire de cette comp&#233;tence. La comp&#233;tence est-elle concurrente, elle appartiendra simultan&#233;ment &#224; l'Union et &#224; ses membres ; il faudra seulement r&#233;gler le conflit possible entre la l&#233;gislation f&#233;d&#233;rale et la l&#233;gislation nationale ; suivant la puissance du lien f&#233;d&#233;ral, la priorit&#233; sera reconnue tant&#244;t &#224; l'une, tant&#244;t &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arrive &#233;galement que le pacte f&#233;d&#233;ral se borne &#224; attribuer &#224; la F&#233;d&#233;ration le pouvoir de poser les principes g&#233;n&#233;raux de la nouvelle l&#233;gislation et r&#233;serve aux Etats membres le soin de prendre toutes les mesures compl&#233;mentaires n&#233;cessaires &#224; leur mise en oeuvre. Il se posera alors une question d&#233;licate d'inter&#173;pr&#233;tation : les mesures compl&#233;mentaires cadrent-elles avec les principes qui leur servent de base ? S'agit-il vraiment des mesures compl&#233;mentaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, malgr&#233; leur comp&#233;tence de principe, les &#201;tats pren&#173;nent soin parfois de se r&#233;server formellement certains pouvoirs d&#233;termin&#233;s. Ce sont g&#233;n&#233;ralement ceux auxquels ils tiennent tout particuli&#232;rement et dont ils ne veulent &#224; aucun prix &#234;tre d&#233;pos&#173;s&#233;d&#233;s. M&#234;me une r&#233;vision de la constitution f&#233;d&#233;rale ne pourrait les en d&#233;pouiller sans leur consentement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;E. L'existence d'une juridiction de caract&#232;re arbitral&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La diversit&#233; et la complexit&#233; des proc&#233;d&#233;s de r&#233;partition des pouvoirs, l'existence de deux ordres de gouvernants, les interf&#233;rences et les frictions inh&#233;rentes &#224; tout syst&#232;me f&#233;d&#233;ratif, susciteront in&#233;vitablement des conflits qui, s'ils ne trouvaient aucune solution pacifique, risqueraient &#224; la longue de mettre en danger l'existence m&#234;me de l'Union. Un mode de r&#232;glement pacifique des diff&#233;rends est d'autant plus n&#233;cessaire que le pacte f&#233;d&#233;ral interdit rigoureusement tout recours &#224; la force &#224; l'int&#233;rieur de la F&#233;d&#233;ration. Aussi ne manque-t-il jamais d'&#233;tablir une proc&#233;dure judiciaire et un organisme sp&#233;cial charg&#233; de la conduire. Tout syst&#232;me f&#233;d&#233;ratif postule l'organisation d'une juridiction ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature de la juridiction f&#233;d&#233;rale d&#233;pend du degr&#233; de coh&#233;sion de la soci&#233;t&#233; f&#233;d&#233;rative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coh&#233;sion est-elle faible, les forces centrifuges encore trop puissantes et le particularisme encore tr&#232;s vivace ? L'Union se contentera d'un syst&#232;me de r&#232;glement emprunt&#233; &#224; la soci&#233;t&#233; internationale. Le pacte f&#233;d&#233;ral se contentera d'imposer aux Etats membres le recours &#224; la conciliation, plus souvent &#224; l'arbitrage, leur laissera le soin de constituer le tribunal ou les obligera &#224; porter leurs diff&#233;rends devant l'autorit&#233; f&#233;d&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une association f&#233;d&#233;rative plus d&#233;velopp&#233;e, le pacte instituera lui-m&#234;me l'organe judiciaire. Ce sera la Cour supr&#234;me f&#233;d&#233;rale, compos&#233;e de juges professionnels &#224; la nomination desquels les Etats participeront avec le gouvernement f&#233;d&#233;ral. Le caract&#232;re arbitral d&#233;j&#224; sensible dans la composition de la Cour, se marquera &#233;galement dans la comp&#233;tence qui lui sera reconnue. La Cour aura &#224; juger tous les conflits qui pourraient survenir dans la F&#233;d&#233;ration, tant dans les rapports des Etats membres entre eux, que dans leurs rapports avec l'autorit&#233; f&#233;d&#233;rale. Elle les r&#233;glera par application des dispositions du pacte f&#233;d&#233;ral dont elle deviendra l'interpr&#232;te en m&#234;me temps que la gardienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est elle qui assurera cette supr&#233;matie de la r&#232;gle de droit, ici du pacte constitutionnel, qui est, nous l'avons vu, l'essence du f&#233;d&#233;ralisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son r&#244;le est m&#234;me plus important. Il lui incombera de suivre pas &#224; pas les incessants changements qui se produiront dans les conditions politiques, &#233;conomiques et sociales, afin d'apporter &#224; la constitution les modifications n&#233;cessaires. Dans ce travail d&#233;licat d'adaptation et de transformation elle devra surtout s'efforcer de r&#233;tablir, par une judicieuse harmonisation de divers int&#233;r&#234;ts en pr&#233;sence, l'&#233;quilibre f&#233;d&#233;ral indispensable au main&#173;tien de l'Union. En v&#233;rit&#233;, on ne saurait exag&#233;rer l'importance de la fonction que la juridiction f&#233;d&#233;rale est appel&#233;e &#224; remplir dans une F&#233;d&#233;ration,&lt;br class='autobr' /&gt;
Tels sont les divers rouages du m&#233;canisme que le f&#233;d&#233;ra&#173;lisme emploie dans la poursuite de ces fins. Il se mod&#232;le parfai&#173;tement sur les caract&#232;res les plus essentiels du principe f&#233;d&#233;&#173;ratif et c'est l'un de ses aspects les plus remarquables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant tout, il en respecte l'esprit et la dialectique. L'exis&#173;tence et le balancement des termes contraires se traduisent dans la th&#233;orie juridique par l'ordre et l'autorit&#233; de la collec&#173;tivit&#233; globale d'une part, le droit de d&#233;cision en dernier ressort des Etats membres de l'autre. L'id&#233;e d'&#233;quilibre s'exprime dans la r&#233;partition des pouvoirs et de m&#234;me que les &#233;l&#233;ments de l'&#233;quilibre sont soumis &#224; des fluctuations constantes, de m&#234;me le volume des pouvoirs appartenant aux gouvernants f&#233;d&#233;raux et aux gouvernants locaux varie sans cesse avec les changements qui se produisent dans la solidarit&#233; f&#233;d&#233;rale. Il lui emprunte enfin la souplesse et la complexit&#233;. La souplesse lui permet de s'appliquer &#224; toutes les r&#233;alisations positives du f&#233;d&#233;ralisme, aux plus rudimentaires comme aux plus parfaites, la com&#173;plexit&#233; d'autre part lui permet de rendre compte de l'extr&#234;me vari&#233;t&#233; des institutions f&#233;d&#233;ralistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Michel MOUSKHELY&lt;br class='manualbr' /&gt;Juriste. Universit&#233; de Strasbourg. Ancien Pr&#233;sident du mouvement F&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en universitaire et ancien responsable du Congr&#232;s du Peuple europ&#233;en et membre du CIFE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait de Conf&#233;d&#233;ration ou F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne ?, &#233;d. Campagne europ&#233;enne de la jeunesse et UEF, Paris, 1952&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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