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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>La r&#233;forme de l'Union europ&#233;enne : de l'UE &#224; l'union f&#233;d&#233;rale</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/La-reforme-de-l-Union-europeenne-de-l-UE-a-l-union-federale</link>
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		<dc:date>2022-02-13T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paolo Ponzano</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Introduction &lt;br class='autobr' /&gt; La r&#233;forme des m&#233;canismes institutionnels et des politiques de l'Union europ&#233;enne (UE) exige-t-elle la r&#233;forme des trait&#233;s europ&#233;ens actuels ? Ou bien l'UE a-t-elle plut&#244;t la capacit&#233; d'&#233;voluer progressivement sous l'effet de changements sp&#233;cifiques du syst&#232;me actuel de gouvernance, mis en &#339;uvre par les gouvernements nationaux et les institutions europ&#233;ennes existantes ? L'examen du th&#232;me de la r&#233;forme de l'UE doit partir de ces questions fondamentales. L'accord conclu sur la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-191-Decembre-2021-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 191 - D&#233;cembre 2021&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L150xH150/arton816-f42e2.jpg?1730050939' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme des m&#233;canismes institutionnels et des politiques de l'Union europ&#233;enne (UE) exige-t-elle la r&#233;forme des trait&#233;s europ&#233;ens actuels ? Ou bien l'UE a-t-elle plut&#244;t la capacit&#233; d'&#233;voluer progressivement sous l'effet de changements sp&#233;cifiques du syst&#232;me actuel de gouvernance, mis en &#339;uvre par les gouvernements nationaux et les institutions europ&#233;ennes existantes ? L'examen du th&#232;me de la r&#233;forme de l'UE doit partir de ces questions fondamentales. L'accord conclu sur la cr&#233;ation de l'instrument financier de l'UE de nouvelle g&#233;n&#233;ration et sur son financement par la dette europ&#233;enne, qui sera rembours&#233;e progressivement d'ici 2058 par l'introduction de nouvelles taxes europ&#233;ennes g&#233;n&#233;rant des ressources propres pour le budget europ&#233;en, semble sugg&#233;rer que l'UE a effectivement la capacit&#233; d'&#233;voluer progressivement vers l'objectif de former un gouvernement europ&#233;en, sans qu'il soit n&#233;cessaire de r&#233;viser le trait&#233;. Cela dit, rien ne garantit que les avanc&#233;es apport&#233;es par l'UE nouvelle g&#233;n&#233;ration et le m&#233;canisme de la dette commune, en tant que r&#233;ponse de l'UE &#224; la crise de la pand&#233;mie, deviendront, &#224; leur expiration, des instruments permanents et non plus contingents de la gouvernance europ&#233;enne, &#224; moins bien s&#251;r qu'elles ne soient garanties par une r&#233;forme des trait&#233;s. En fait, la volont&#233; de certains &#201;tats d'accepter ces instruments d&#233;pendait pr&#233;cis&#233;ment de leur nature extraordinaire et non permanente. En outre, il faut consid&#233;rer que ces instruments restent contestables, &#233;tant donn&#233; qu'ils ne sont pas actuellement envisag&#233;s par les trait&#233;s (voir TFUE, articles 125, 310 et 311). L'ensemble des consid&#233;rations ci-dessus montre qu'il est n&#233;cessaire d'engager une v&#233;ritable r&#233;forme de l'UE selon une proc&#233;dure constituante.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les moyens de r&#233;former l'Union europ&#233;enne
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La proc&#233;dure actuelle de r&#233;vision du trait&#233; de l'UE (art. 48 TUE) exige que tous les (27) &#201;tats membres signent un accord de modification du trait&#233; ; pour que cet accord entre en vigueur, ils doivent le ratifier &#224; l'unanimit&#233; conform&#233;ment &#224; leurs exigences constitutionnelles (soit par l'interm&#233;diaire de leurs parlements respectifs, soit, dans certains &#201;tats, par un r&#233;f&#233;rendum populaire). Il est toutefois notoirement difficile de parvenir &#224; un accord entre les 27 &#201;tats membres, en raison de leurs divergences de vues sur les objectifs du processus d'int&#233;gration. Le droit international offre deux moyens de contourner cette difficult&#233;. La premi&#232;re consiste &#224; invoquer la clause &#171; rebus sic stantibus &#187; telle que codifi&#233;e par la Convention de Vienne sur le droit des trait&#233;s, et donc &#224; permettre aux &#201;tats souhaitant une r&#233;forme plus substantielle de l'UE de convenir, entre eux, d'un nouveau trait&#233; avec des r&#232;gles diff&#233;rentes. Cette solution permettrait de contourner la r&#232;gle de l'unanimit&#233; pr&#233;vue par l'art. 48 TUE et la conclusion d'un nouveau trait&#233; avec l'accord d'une majorit&#233; (&#224; d&#233;terminer) des &#201;tats. Alternativement, un nouveau trait&#233; pourrait simplement contenir une clause stipulant qu'il n'entrerait en vigueur que dans les pays dans lesquels il aurait &#233;t&#233; ratifi&#233;, par le parlement national ou par un r&#233;f&#233;rendum populaire. En fait, en l'absence d'un v&#233;ritable peuple europ&#233;en &#8211; le trait&#233; de Lisbonne fait r&#233;f&#233;rence aux citoyens de l'Union et non &#224; un peuple europ&#233;en &#8211;, il serait juridiquement et politiquement impossible d'obliger un ou plusieurs &#201;tats &#224; adopter un nouveau trait&#233; alors que leur parlement ou leur population auraient vot&#233; contre.&lt;br class='autobr' /&gt;
En tout &#233;tat de cause, un nouveau trait&#233; r&#233;soudrait le probl&#232;me de l'int&#233;gration diff&#233;renci&#233;e au sein de l'UE actuelle, car il permettrait aux &#201;tats souhaitant maintenir le niveau d'int&#233;gration actuel et rester li&#233;s par les dispositions des trait&#233;s actuels, de le faire, tout en donnant &#224; ceux qui veulent progresser vers une v&#233;ritable union f&#233;d&#233;rale la possibilit&#233; de signer le nouveau trait&#233;, qui contiendrait des dispositions suppl&#233;mentaires en ce sens. Naturellement, la nature des relations entre l'UE actuelle et la nouvelle union f&#233;d&#233;rale devrait &#234;tre soigneusement d&#233;finie, soit dans le nouveau trait&#233; lui-m&#234;me, soit dans un accord s&#233;par&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;tat f&#233;d&#233;ral ou Union f&#233;d&#233;rale
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le type de r&#233;forme de l'UE d&#233;pendrait des objectifs que les &#201;tats membres, les forces politiques et les citoyens de l'UE souhaiteraient atteindre. Il serait irr&#233;aliste d'envisager la cr&#233;ation d'un &#201;tat f&#233;d&#233;ral capable de prendre la place des &#201;tats-nations actuels, dont certains ont une existence s&#233;culaire, car cela signifierait doter les institutions du nouvel &#201;tat de toutes les comp&#233;tences actuellement entre les mains de ces &#201;tats-nations. Si, toutefois, nous reconnaissons que l'&#201;tat-nation n'est plus en mesure de remplir toutes les fonctions qu'il remplissait au XIXe si&#232;cle et d'exercer une souverainet&#233; absolue dans tous ses domaines d'activit&#233;, alors la solution la plus r&#233;aliste serait de cr&#233;er, par agr&#233;gation, une union f&#233;d&#233;rale des &#201;tats-nations existants (ou de certains d'entre eux), mais sans que cela implique la suppression d'aucun d'entre eux. Cela reviendrait &#224; une forme de partage de la souverainet&#233;, n&#233;cessaire pr&#233;cis&#233;ment parce qu'aujourd'hui la souverainet&#233; ne peut plus &#234;tre absolue, comme elle l'&#233;tait au XIXe si&#232;cle. Fondamentalement, elle serait partag&#233;e entre les &#201;tats-nations et une union f&#233;d&#233;rale dot&#233;e de pouvoirs &#171; limit&#233;s mais r&#233;els &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le pouvoir constituant
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce texte n'est pas le lieu appropri&#233; pour une analyse th&#233;orique de la doctrine constitutionnelle ou un examen des diff&#233;rentes mani&#232;res dont le pouvoir constituant pourrait s'exprimer &#224; travers l'acte fondateur (appel&#233; Constitution europ&#233;enne ou Loi fondamentale europ&#233;enne) d'une nouvelle Union europ&#233;enne. Il suffit ici de reconna&#238;tre l'existence d'une doctrine &#171; contractualiste &#187; interpr&#233;tant la &#171; Constitution &#187; ou un autre acte fondateur comme un &#171; contrat social &#187; par lequel une communaut&#233; de personnes ou de peuples d&#233;cide d'adopter un nouveau &#171; statut &#187; reconnaissant leur statut de citoyens d'une nouvelle organisation politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plusieurs moments de la vie institutionnelle de l'UE se pr&#234;tent &#224; l'exercice de ce pouvoir constituant. Il pourrait &#234;tre exerc&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	1) &#224; l'issue de la Conf&#233;rence sur l'avenir de l'Europe, si un nombre significatif de citoyens et d'organisations europ&#233;ennes demandaient au Parlement europ&#233;en (PE) d'&#233;laborer un plan de r&#233;forme de l'UE visant &#224; &#233;largir ses comp&#233;tences, et de conclure un nouveau trait&#233; constitutionnel cr&#233;ant une union f&#233;d&#233;rale ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	2) &#224; la veille de l'un des prochains tours des &#233;lections europ&#233;ennes, si les principales forces politiques europ&#233;ennes souhaitaient donner au nouveau PE, &#233;lu par les citoyens, un r&#244;le constituant, &#224; savoir d'&#233;laborer, pendant la l&#233;gislature, un nouveau projet de trait&#233; &#224; soumettre aux parlements nationaux ou &#224; un r&#233;f&#233;rendum paneurop&#233;en ; ou &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	3) lorsque les membres du G7 et de l'UE, en raison du d&#233;clin de leur PIB, cesseraient de figurer parmi les sept pays les plus industrialis&#233;s du monde ; en effet, &#224; ce moment-l&#224;, seule une nouvelle union f&#233;d&#233;rale europ&#233;enne r&#233;pondrait aux crit&#232;res &#233;conomiques d'adh&#233;sion &#224; cette organisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les projets constitutionnels dans l'histoire de l'int&#233;gration europ&#233;enne
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le processus d'int&#233;gration europ&#233;enne a vu, &#224; deux reprises, l'&#233;laboration de projets, abandonn&#233;s par la suite, qui auraient permis de franchir des &#233;tapes d&#233;cisives vers la cr&#233;ation d'une union f&#233;d&#233;rale.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	a) Le projet de l'Assembl&#233;e ad hoc&lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re de ces tentatives constitutionnelles avort&#233;es a &#233;t&#233; le projet de &#171; Communaut&#233; politique europ&#233;enne &#187; (CPE) &#233;labor&#233; en 1953 par l'Assembl&#233;e ad hoc, mandat&#233;e par les gouvernements des six &#201;tats membres fondateurs de l'Europe et cr&#233;&#233;e dans le cadre de la CECA. Ce projet avait &#233;t&#233; &#233;labor&#233; sur la base de l'article 38 du trait&#233; instituant la Communaut&#233; europ&#233;enne de d&#233;fense (CED). Il pr&#233;voyait un syst&#232;me parlementaire bicam&#233;ral dans lequel la premi&#232;re chambre serait une chambre du peuple &#233;lue au suffrage universel, et la seconde un s&#233;nat d&#233;sign&#233; par les parlements nationaux. Le projet de trait&#233; pr&#233;voyait un conseil ex&#233;cutif europ&#233;en (sur le mod&#232;le de la Haute Autorit&#233; de la CECA), charg&#233; de la gouvernance communautaire. Cet organe devant &#234;tre compos&#233; d'un pr&#233;sident &#233;lu par le s&#233;nat et de membres &#233;lus par le pr&#233;sident, les &#201;tats membres n'auraient pas &#233;t&#233; associ&#233;s &#224; sa d&#233;signation. Un conseil des ministres nationaux (repr&#233;sentants des &#201;tats membres) &#233;tait &#233;galement pr&#233;vu, afin d'assurer l'harmonisation de l'action du gouvernement europ&#233;en avec celle des gouvernements nationaux. Cependant, en raison de la non-ratification du trait&#233; de la CED par l'Assembl&#233;e nationale fran&#231;aise en 1954, ce projet n'a jamais vu le jour.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	b) Le projet Spinelli.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le projet de trait&#233; &#233;labor&#233; &#224; l'initiative et sous l'impulsion d'Altiero Spinelli, et approuv&#233; par le PE en f&#233;vrier 1984, constitue la deuxi&#232;me tentative de donner &#224; l'UE une base constitutionnelle (m&#234;me si Altiero Spinelli, par r&#233;alisme politique, avait &#233;vit&#233; de qualifier son projet de &#171; constitutionnel &#187;). Pourtant, malgr&#233; son langage prudent, son projet de trait&#233; de 1984 contenait un certain nombre d'innovations cl&#233;s qui peuvent effectivement &#234;tre d&#233;finies comme &#171; constitutionnelles &#187; au sens classique du terme : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	1) une s&#233;paration plus claire des pouvoirs entre, d'une part, un ex&#233;cutif/gouvernement (la Commission europ&#233;enne) et, d'autre part, les deux chambres l&#233;gislatives utilisant le vote &#224; la majorit&#233; (c'est-&#224;-dire, le PE et le Conseil de l'Union, ce dernier devant, apr&#232;s une p&#233;riode transitoire de 10 ans, passer largement au vote &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e) ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	2) une responsabilit&#233; politique claire de la Commission devant le PE ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	3) une diff&#233;renciation entre la &#171; loi organique &#187; et la l&#233;gislation ordinaire li&#233;e &#224; la politique ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	4) l'&#233;tablissement d'une capacit&#233; fiscale europ&#233;enne autonome ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	5) l'introduction de droits fondamentaux et de sanctions &#224; l'encontre des &#201;tats membres les violant (&#224; ce moment-l&#224;, il n'y avait pas encore de Charte europ&#233;enne des droits fondamentaux) ; et &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	6) l'application du principe de la majorit&#233; qualifi&#233;e (une majorit&#233; d'&#201;tats membres repr&#233;sentant les deux tiers de la population) comme condition pour l'entr&#233;e en vigueur du trait&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La tentative d'Altiero Spinelli de doter l'Union d'un texte constitutionnel a &#233;chou&#233; au profit d'une r&#233;forme conventionnelle plus limit&#233;e, &#224; savoir l'Acte unique europ&#233;en, qui ne contenait aucun des &#233;l&#233;ments novateurs de son projet de trait&#233;. N&#233;anmoins, deux tiers des dispositions novatrices du projet Spinelli ont &#233;t&#233; progressivement introduites dans les trait&#233;s ult&#233;rieurs, mais pas les r&#232;gles les plus importantes concernant le principe de majorit&#233; pour l'entr&#233;e en vigueur des trait&#233;s, une capacit&#233; fiscale europ&#233;enne autonome et la hi&#233;rarchie des l&#233;gislations.&lt;br class='autobr' /&gt;
De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, on peut dire que ces deux projets &#171; constitutionnels &#187; pr&#233;servaient, dans une large mesure, les r&#244;les que remplissent encore les principales institutions de l'UE actuelle, y compris le Conseil europ&#233;en, si ce n'est leurs comp&#233;tences sp&#233;cifiques, ainsi que les r&#244;les des &#201;tats membres dans l'architecture institutionnelle de l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conditions cl&#233;s n&#233;cessaires &#224; la cr&#233;ation d'une Union f&#233;d&#233;rale
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si l'UE devait lancer une phase constituante (voir ci-dessus) en vue de former une nouvelle union f&#233;d&#233;rale europ&#233;enne, elle devrait d'abord d&#233;finir les conditions et les comp&#233;tences qui devraient &#234;tre inscrites dans le nouveau trait&#233; fondateur.&lt;br class='autobr' /&gt;
1. La premi&#232;re condition n&#233;cessaire serait l'&#233;laboration et l'approbation d'un texte constitutionnel qui, par le biais d'un processus constituant permettant sa validation par les citoyens europ&#233;ens et/ou leurs repr&#233;sentants par le biais d'une ratification populaire ou parlementaire, donnerait &#224; la nouvelle entit&#233; une l&#233;gitimit&#233; politique et juridique. Bien que les deux termes suivants soient interchangeables, puisqu'ils ont la m&#234;me signification et le m&#234;me contenu, il convient d'utiliser le terme &#171; Loi fondamentale &#187; (d&#233;j&#224; utilis&#233; par la R&#233;publique f&#233;d&#233;rale d'Allemagne pour &#233;viter toute confusion avec la Constitution de Weimar) de pr&#233;f&#233;rence &#224; celui de &#171; Constitution &#187;. Cela permettrait d'&#233;viter toute controverse, dans le cadre d'un &#233;ventuel r&#233;f&#233;rendum populaire, sur la question de savoir si la nouvelle &#171; Constitution &#187; europ&#233;enne serait sup&#233;rieure ou non aux constitutions nationales existantes. La r&#233;ponse &#224; cette question est &#233;videmment que la nouvelle Loi fondamentale n'aurait la priorit&#233; sur les constitutions nationales que dans les domaines d'activit&#233; dans lesquels elle a attribu&#233; des comp&#233;tences (et donc la souverainet&#233;) &#224; l'UE, mais qu'elle n'affecterait les dispositions des constitutions nationales dans aucun autre domaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
2. La deuxi&#232;me condition n&#233;cessaire serait la constitution d'un v&#233;ritable gouvernement europ&#233;en responsable devant un nouveau parlement europ&#233;en et qui serait dot&#233; de fonctions ex&#233;cutives dans les domaines de comp&#233;tence de l'UE (c'est-&#224;-dire de pouvoirs r&#233;els bien que limit&#233;s. Certains pensent que le nouveau gouvernement europ&#233;en devrait &#234;tre une &#233;manation de l'actuelle Commission europ&#233;enne, bien qu'avec une composition diff&#233;rente de celle de cette derni&#232;re, &#224; savoir un commissaire par &#201;tat membre, et avec des comp&#233;tences diff&#233;rentes. Pour sa part, la Commission europ&#233;enne, dans un rapport sur l'UE, a d&#233;j&#224; indiqu&#233; sa volont&#233; d'&#234;tre remplac&#233;e en cas de formation d'un v&#233;ritable gouvernement europ&#233;en. L'essentiel est que les membres du futur gouvernement europ&#233;en, qu'ils soient choisis par le pr&#233;sident unique de la &#171; nouvelle UE &#187; (&#233;ventuellement &#233;lu directement par les citoyens europ&#233;ens) ou par les gouvernements nationaux, soient directement responsables devant le nouveau parlement (compos&#233; d'une chambre du peuple et d'une chambre des &#201;tats) et soumis &#224; un vote de confiance de ce dernier. Si les membres du nouveau gouvernement europ&#233;en &#233;taient nomm&#233;s directement par le pr&#233;sident unique de la nouvelle union, celui-ci ne devrait pas n&#233;cessairement veiller &#224; ce que toutes les nationalit&#233;s soient &#171; repr&#233;sent&#233;es &#187;, et pourrait donc potentiellement choisir plus d'un citoyen d'un &#201;tat membre et aucun citoyen d'un autre. Le nouveau trait&#233; devrait pr&#233;ciser si le nouveau gouvernement europ&#233;en disposerait d'un droit d'initiative l&#233;gislative ou si celui-ci serait confi&#233; au nouveau parlement bicam&#233;ral. Les deux projets constitutionnels &#233;labor&#233;s &#224; ce jour, que nous avons examin&#233;s ci-dessus, pr&#233;voyaient en substance que l'initiative l&#233;gislative devait &#234;tre accord&#233;e &#224; la fois &#224; l'organe ex&#233;cutif (gouvernement) et &#224; l'organe parlementaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. La troisi&#232;me condition est que le gouvernement europ&#233;en serait rendu responsable devant le nouveau parlement bicam&#233;ral. La question qui se pose ici est de savoir s'il faut ou non maintenir une structure comme l'actuel Conseil des ministres (et, &#224; plus forte raison, l'actuel Conseil europ&#233;en) en tant qu'organe l&#233;gislatif, et une structure comme le Conseil europ&#233;en, qui est le principal organe charg&#233; de donner une orientation &#224; l'Union et d'&#233;tablir ses priorit&#233;s politiques. Les deux projets constitutionnels que nous avons d&#233;j&#224; mentionn&#233;s pr&#233;voyaient tous deux le maintien d'une structure politique intergouvernementale (compl&#233;tant un parlement bicam&#233;ral dans le cas du projet CPE). Une possibilit&#233;, comme le sugg&#233;rait Spinelli &#8211; bien que sa solution doive &#233;videmment &#234;tre adapt&#233;e en cons&#233;quence &#8211;, serait de maintenir une structure &#171; intergouvernementale &#187; pendant une p&#233;riode transitoire avant de passer &#224; un parlement unique bicam&#233;ral. Il serait essentiel qu'une fois la d&#233;cision prise de remplacer le Conseil des ministres actuel, ainsi que le Conseil europ&#233;en, tous deux compos&#233;s d'un repr&#233;sentant de chaque &#201;tat membre et d&#233;cidant souvent &#224; l'unanimit&#233; ou par consensus, il soit express&#233;ment stipul&#233; que la nouvelle chambre des &#201;tats devrait compter un nombre &#233;gal de membres de chaque &#201;tat, tandis que la chambre basse serait compos&#233;e proportionnellement &#224; la population, et que les deux chambres devraient utiliser des syst&#232;mes de vote &#224; la majorit&#233;. Cette formule &#8211; le Grand Compromis de Philadelphie &#8211; a &#233;t&#233; jug&#233;e acceptable pour la Constitution am&#233;ricaine et conviendrait &#233;galement &#224; une nouvelle union f&#233;d&#233;rale d'&#201;tats europ&#233;ens, m&#234;me si nombre d'entre eux (contrairement aux &#201;tats am&#233;ricains) ont une histoire s&#233;culaire. L'essentiel serait que les membres de la nouvelle chambre basse soient &#233;lus par les citoyens europ&#233;ens qui voteraient pour des candidats appartenant &#224; des listes transnationales &#8211; cette exigence devrait s'appliquer dans un premier temps &#224; une partie des si&#232;ges, pour &#234;tre progressivement augment&#233;e &#8211;, et donc pour des partis v&#233;ritablement europ&#233;ens avec des programmes v&#233;ritablement europ&#233;ens, et non, comme nous le voyons aujourd'hui, des partis avec des programmes g&#233;n&#233;riquement europ&#233;ens n'&#233;tant en r&#233;alit&#233; que des extensions de leurs programmes nationaux. Il faudrait donc &#233;viter un syst&#232;me permettant aux membres de la nouvelle chambre basse de voter sur une base essentiellement nationale, comme le font assez fr&#233;quemment les d&#233;put&#233;s europ&#233;ens actuels (comme dans le cas, par exemple, des d&#233;put&#233;s fran&#231;ais votant en bloc pour des r&#233;solutions de politique agricole qui co&#239;ncidant avec l'int&#233;r&#234;t national fran&#231;ais).&lt;br class='autobr' /&gt;
4. La quatri&#232;me condition serait de pr&#233;voir, dans la Loi fondamentale, un nouveau syst&#232;me, plus permanent, de r&#233;partition des comp&#233;tences entre l'Union f&#233;d&#233;rale et ses &#201;tats membres qui, avant tout, supprime le pouvoir exclusif des &#201;tats membres d'attribuer des comp&#233;tences &#224; l'Union f&#233;d&#233;rale (en d'autres termes, les prive de leur pouvoir actuel d'&#234;tre &#171; ma&#238;tres &#187; des trait&#233;s). Ce changement serait l&#233;gitim&#233; par l'approbation formelle &#8211; populaire ou par les parlements nationaux &#8211; de la nouvelle Loi fondamentale. En m&#234;me temps, ce nouveau syst&#232;me de r&#233;partition des comp&#233;tences devrait conf&#233;rer &#224; l'union f&#233;d&#233;rale une &#171; autonomie strat&#233;gique &#187; lui permettant d'exercer ses propres comp&#233;tences dans les domaines de la politique ext&#233;rieure et int&#233;rieure. En politique ext&#233;rieure, l'Union f&#233;d&#233;rale aurait besoin d'une capacit&#233; de d&#233;fense autonome pour cr&#233;dibiliser ses d&#233;cisions (envoi de missions de maintien de la paix, de forces d'intervention, etc.), mais ne pourrait pas assumer la responsabilit&#233; de l'ensemble de sa capacit&#233; militaire avant un certain temps, ce qui signifierait que les &#201;tats membres continueraient &#224; jouer un r&#244;le militaire essentiel. En mati&#232;re de politique int&#233;rieure, l'Union f&#233;d&#233;rale exercerait une autonomie strat&#233;gique dans plusieurs domaines : la monnaie (&#224; travers le r&#244;le international de l'euro), l'&#233;conomie/les finances (&#224; travers la capacit&#233; fiscale autonome de l'Europe), la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure (dans la lutte contre le terrorisme et le crime organis&#233;), le march&#233; mondial (&#224; travers la capacit&#233; de l'Europe &#224; &#234;tre comp&#233;titive, &#224; commencer par l'agenda num&#233;rique et l'intelligence artificielle), et les relations avec les pays voisins (&#224; travers le d&#233;veloppement de la &#171; politique de proximit&#233; &#187; lanc&#233;e par Prodi) et avec l'Afrique. Ces relations rel&#232;veraient du domaine de l'action ext&#233;rieure de l'Europe et pourraient &#234;tre renforc&#233;es, conform&#233;ment &#224; l'approche f&#233;d&#233;rale, par la prise en charge, par le gouvernement europ&#233;en, d'un r&#244;le d'initiative et de repr&#233;sentation, et par des d&#233;cisions prises &#224; la majorit&#233; par les deux chambres l&#233;gislatives.&lt;br class='autobr' /&gt;
5. La cinqui&#232;me condition (&#224; laquelle fait allusion la quatri&#232;me) serait de doter la nouvelle union d'un budget f&#233;d&#233;ral financ&#233; par de v&#233;ritables ressources propres et, en particulier, d'une capacit&#233; fiscale autonome lui permettant d'imposer des imp&#244;ts europ&#233;ens directs aux entreprises et aux citoyens de l'union. En effet, l'art. 311 TFUE, qui dispose actuellement que &#171; l'Union se dote des moyens n&#233;cessaires pour atteindre ses objectifs &#187;, est interpr&#233;t&#233; de diff&#233;rentes mani&#232;res : certains soutiennent qu'il autorise l'imposition d'imp&#244;ts europ&#233;ens, tandis que d'autres (voir le rapport Monti de 2016) estiment que l'UE ne peut pas imposer directement des imp&#244;ts europ&#233;ens. Compte tenu du calendrier convenu entre le Conseil des ministres et le PE, nous verrons bient&#244;t si l'UE s'av&#232;re capable de se procurer de mani&#232;re ind&#233;pendante de nouvelles ressources propres en imposant des taxes europ&#233;ennes telles que la taxe web, la taxe carbone ou l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s propos&#233;s. Le point essentiel est qu'une nouvelle union f&#233;d&#233;rale devrait &#234;tre dot&#233;e de la capacit&#233; autonome de pr&#233;lever directement des imp&#244;ts europ&#233;ens sur les entreprises et les citoyens (comme ceux pr&#233;lev&#233;s dans le pass&#233; par la Haute Autorit&#233; de la CECA sur les producteurs de charbon et d'acier), sans qu'il soit n&#233;cessaire d'harmoniser au pr&#233;alable les imp&#244;ts nationaux, et donc d'impliquer les budgets nationaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
6. Enfin, et c'est la sixi&#232;me condition n&#233;cessaire &#224; la cr&#233;ation d'une v&#233;ritable union f&#233;d&#233;rale, il faudrait une r&#233;vision des dispositions des trait&#233;s actuels sur la d&#233;fense des valeurs fondamentales de l'UE et sur l'&#201;tat de droit. Le trait&#233; de Lisbonne a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233; diff&#233;remment par ceux qui consid&#232;rent la d&#233;fense de l'identit&#233; nationale comme la priorit&#233; absolue, par opposition &#224; ceux qui, au contraire, attachent une importance primordiale au respect de l'&#201;tat de droit et au principe de coop&#233;ration loyale entre les institutions europ&#233;ennes et les &#201;tats membres. La Cour de justice a d&#233;j&#224; confirm&#233; la n&#233;cessit&#233; de respecter l'autonomie d'un pouvoir judiciaire ind&#233;pendant ainsi qu'une presse libre ne devant &#234;tre soumise &#224; la censure d'aucun pouvoir politique. Il est donc n&#233;cessaire de revoir les dispositions actuelles qui ne permettent pas, en raison d'une proc&#233;dure exigeant l'unanimit&#233;, de sanctionner efficacement les violations de l'&#201;tat de droit. Dans d'autres organisations comme l'ONU et le Conseil de l'Europe, il est possible de suspendre un &#201;tat membre violant l'&#201;tat de droit. Une disposition &#224; cet effet devrait &#234;tre incluse dans la Loi fondamentale d'une future union f&#233;d&#233;rale europ&#233;enne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Altiero Spinelli : les enseignements d'un p&#232;re fondateur de l'Europe</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Altiero-Spinelli-les-enseignements-d-un-pere-fondateur-de-l-Europe</link>
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		<dc:date>2018-09-30T08:21:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paolo Ponzano</dc:creator>



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&lt;p&gt;Altiero Spinelli, r&#233;dacteur en 1941 (avec Ernesto Rossi et Eugenio Colorni) du Manifeste de Ventotene pour une Europe libre et unie, et promoteur du Trait&#233; sur l'Union Europ&#233;enne vot&#233; par le Parlement europ&#233;en en F&#233;vrier 1984, est d&#233;c&#233;d&#233; &#224; Rome il y a trente ans. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans une p&#233;riode historique o&#249; le projet d'int&#233;gration europ&#233;enne risque une possible d&#233;sint&#233;gration et o&#249; la d&#233;saffection des citoyens europ&#233;ens &#224; l'&#233;gard de ce projet a atteint le niveau le plus &#233;lev&#233; des derni&#232;res (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-179-Aout-2018-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 179 - Ao&#251;t 2018&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L150xH78/arton650-b3b36.jpg?1730050939' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='78' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Altiero Spinelli, r&#233;dacteur en 1941 (avec Ernesto Rossi et Eugenio Colorni) du Manifeste de Ventotene pour une Europe libre et unie, et promoteur du Trait&#233; sur l'Union Europ&#233;enne vot&#233; par le Parlement europ&#233;en en F&#233;vrier 1984, est d&#233;c&#233;d&#233; &#224; Rome il y a trente ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans une p&#233;riode historique o&#249; le projet d'int&#233;gration europ&#233;enne risque une possible d&#233;sint&#233;gration et o&#249; la d&#233;saffection des citoyens europ&#233;ens &#224; l'&#233;gard de ce projet a atteint le niveau le plus &#233;lev&#233; des derni&#232;res ann&#233;es, rappeler les enseignements d'un des p&#232;res fondateurs de l'Europe repr&#233;sente non seulement un n&#233;cessaire hommage &#224; l'originalit&#233; de sa pens&#233;e mais aussi et surtout une invitation &#224; ses &#233;pigones de reprendre l'action politique entreprise par Altiero Spinelli afin de r&#233;aliser son objectif d'une Europe f&#233;d&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, si l'objectif d'une Europe f&#233;d&#233;rale est demeur&#233; inalt&#233;r&#233; dans la pens&#233;e de Altiero Spinelli entre 1941 et 1986, sa strat&#233;gie d'action pour atteindre le but poursuivi a vari&#233; au moins cinq fois au fil des ann&#233;es. La strat&#233;gie d'action initiale reposait sur l'hypoth&#232;se que la renaissance d&#233;mocratique des Etats europ&#233;ens aurait coincid&#233; avec l'&#233;limination de l'Etat-nation et le parall&#232;le av&#232;nement d'un Etat f&#233;d&#233;ral europ&#233;en. Lorsque cette hypoth&#232;se ne se r&#233;alisa pas, Spinelli devint &#8220;conseiller des princes&#8221; et chercha &#224; convaincre les leaders politiques europ&#233;ens &#8211; &#224; commencer par Alcide de Gasperi &#8211; &#224; exploiter le soutien des Etats-Unis et la crainte du communisme stalinien afin d'&#233;tablir une &#8220;Communaut&#233; politique europ&#233;enne&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque cette perspective &#233;choua en raison du rejet de la CED (Communaut&#233; europ&#233;enne de d&#233;fense) par le Parlement fran&#231;ais, Spinelli chercha &#224; mobiliser l'europ&#233;isme r&#233;pandu dans une action populaire &#8211; le Congr&#232;s du peuple europ&#233;en (CPE) &#8211; dirig&#233;e contre la l&#233;gitimit&#233; des Etats nationaux. L'&#233;chec de cette strat&#233;gie amena Spinelli &#224; repenser l'action f&#233;d&#233;raliste et son initiale critique de la Communaut&#233; &#233;conomique europ&#233;enne qui &#233;tait en train de se batir sur la base de la m&#233;thode fonctionnaliste pr&#244;n&#233;e par Jean Monnet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1970, Spinelli devint &#171; l'homme des Institutions europ&#233;ennes &#187;, d'abord comme Commissaire europ&#233;en et ensuite en tant que d&#233;put&#233; au Parlement europ&#233;en. En 1978, Spinelli s'adressa au Parlement europ&#233;en afin que celui-ci assume un r&#244;le constituant dans le processus d'int&#233;gration europ&#233;enne. Son projet de Trait&#233; sur l'Union europ&#233;enne, vot&#233; avec une large majorit&#233; par le Parlement europ&#233;en en f&#233;vrier 1984, repr&#233;senta le d&#233;but du processus de constitutionnalisation de l'Union europ&#233;enne et, tout en &#233;tant remplac&#233; par le moins ambitieux &#171; Acte unique &#187; en 1986, verra la grande majorit&#233; de ses dispositions reprises dans les trait&#233;s europ&#233;ens adopt&#233;s par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent Spinelli, loin de r&#233;p&#233;ter servilement les mots d'ordre du Manifeste de Ventotene, a toujours adapt&#233; sa strat&#233;gie d'action afin d'atteindre l'objectif de l'Europe f&#233;d&#233;rale en tenant compte des changements historiques en cours. L'action politique pour une Europe f&#233;d&#233;rale ne pouvait pas &#233;tre la m&#232;me dans la p&#233;riode de la &#171; guerre froide &#187; entre les deux puissances mondiales par rapport &#224; la p&#233;riode suivante de la &#171; coexistence pacifique &#187;. De la m&#232;me fa&#231;on, la r&#233;alit&#233; actuelle d'un monde multipolaire qui connait l'affirmation de nouvelles puissances r&#233;gionales et le ph&#233;nom&#232;ne des migrations de masse ne peut &#232;tre abord&#233; de front en se bornant &#224; r&#233;it&#233;rer les mots d'ordre du mouvement f&#233;d&#233;raliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Spinelli s'appr&#234;ta en 1978 &#224; entreprendre son action constitutionnelle au sein du Parlement europ&#233;en, il s'adressa directement aux organisations f&#233;d&#233;ralistes, dont il avait &#233;t&#233; le principal promoteur, dans les termes suivants : &#171; Je sais que le mouvement (f&#233;d&#233;raliste) est fatigu&#233;, plein de cicatrices, davantage capable de se consacrer abstraitement &#224; une action id&#233;ale que de mener des combats politiques, plus enclin &#224; se replier sur son orgueil de pr&#233;curseur qu'&#224; s'ouvrir &#224; des forces neuves, lesquelles ne seront pas forc&#233;ment sensibles &#224; ses id&#233;es. C'est le prix d'une longue travers&#233;e du d&#233;sert. Mais aujourd'hui se pr&#233;sente la grande occasion de mener finalement la bataille dont vous avez r&#234;v&#233; pendant tant d'ann&#233;es. Sachez la saisir &#187;. Mots de grande actualit&#233;. Pour cette raison, les enseignements de Altiero Spinelli gardent encore aujourd'hui toute leur validit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi que le souligne &#224; juste titre Lucio Levi dans un excellent commentaire du Manifeste de Ventotene, Altiero Spinelli appartient &#224; la cat&#233;gorie des hommes &#171; universels &#187; selon la d&#233;finition qui a &#233;t&#233; donn&#233;e par Hegel (&#171; Les individus universels &#8211; a &#233;crit Hegel &#8211; sont ceux qui ont dit en premier ce que les hommes veulent &#187;). Ainsi qu'a &#233;crit Lucio Levi, &#171; Spinelli appartenait &#224; cette cat&#233;gorie d'hommes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous les hommes universels, il exprima les orientations les plus profondes de notre &#233;poque et s'identifia avec elles &#224; tel point que son but individuel coincida avec le but universel de l'ensemble des peuples d'Europe. Le but qu'il poursuivit n'&#233;tait pas quelque chose d'arbitraire, mais il correspondait aux besoins d'une p&#233;riode de l'histoire et appartenait aux r&#233;elles possibilit&#233;s de notre temps&#8221;. En effet, l'action politique d'Altiero Spinelli ne s'est pas limit&#233;e &#224; proposer un enni&#232;me projet d'unit&#233; europ&#233;enne, tels qu'ils ont &#233;t&#233; propos&#233;s par des dizaines de pr&#233;curseurs du projet europ&#233;en entre le treizi&#232;me si&#232;cle et nos jours (de Pierre du Bois et du Roi de Boh&#232;me jusqu'&#224; Aristide Briand), mais il a op&#233;r&#233; concr&#232;tement pour atteindre l'objectif au cours de sa g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi que Spinelli l'a &#233;crit lui-m&#232;me dans un commentaire au Manifeste de Ventotene, son id&#233;e politique fondamentale &#171; &#233;tait que la F&#233;d&#233;ration (europ&#233;enne) n'&#233;tait pas pr&#233;sent&#233;e comme un bel id&#233;al, auquel rendre hommage pour ensuite s'occuper d'autre chose, mais comme un objectif qui devait &#232;tre r&#233;alis&#233; imm&#233;diatement, au cours de l'actuelle g&#233;n&#233;ration. Il ne s'agissait pas d'une invitation &#224; r&#232;ver, mais d'une invitation &#224; agir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, Altiero Spinelli a poursuivi pendant toute sa bataille politique pour la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne la devise de Giuseppe Mazzini &#171; pens&#233;e et action &#187; : il ne suffit pas de concevoir un enni&#232;me projet pour l'unit&#233; f&#233;d&#233;rale europ&#233;enne si, ensuite, on n'agit pas concr&#232;tement pour sa r&#233;alisation. Lorsque Spinelli entreprit en Juillet 1980 l'initiative d&#233;nomm&#233;e &#171; Club du Crocodile &#187; (du nom du restaurant &#224; Strasbourg o&#249; Spinelli avait r&#233;uni les premiers d&#233;put&#233;s euop&#233;ens dispos&#233;s &#224; proposer une r&#233;forme constitutionnelle de la Communaut&#233; europ&#233;enne), les euro-d&#233;put&#233;s dispos&#233;s &#224; le suivre &#233;taient au nombre de huit. Au moment du vote du Parlement europ&#233;en sur son projet de Trait&#233; pour l'Union europ&#233;enne, les voix en faveur du projet devinrent 237 (contre 31 et 43 abstentions). Ce r&#233;sultat fut atteint uniquement grace &#224; l'activisme infatigable de Spinelli qui rechercha et obtint progressivement l'adh&#233;sion des principaux leaders politiques europ&#233;ens de l'&#233;poque (Enrico Berlinguer en Italie, Willy Brandt en Allemagne, L&#233;o Tindemans en Belgique, etc.). Apr&#232;s le vote du Parlement europ&#233;en, Spinelli se rendit m&#232;me &#224; l'Elys&#233;e pour convaincre Fran&#231;ois Mitterrand &#224; appuyer son projet de Trait&#233;.et il obtint la d&#233;claration du Pr&#233;sident fran&#231;ais &#224; Strasbourg selon laquelle &#171; la France est pr&#232;te &#224; examiner le projet de nouveau Traite dont l'esprit lui convient &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette raison les enseignements d'Altiero Spinelli sont encore valables aujourd'hui. Il ne suffit pas de r&#233;diger un bon projet de nouveau Trait&#233; (qu'il s'agisse de la proposition de &#171; Fundamental Law &#187; &#233;labor&#233;e par le f&#233;d&#233;raliste anglais Andrew Duff et accept&#233;e par le groupe Spinelli au sein du Parlement europ&#233;en ou du &#171; Protocole de Francfort &#187; r&#233;dig&#233; par le m&#234;me Andrew Duff en tant que Trait&#233; pour l'Eurozone). Il faudrait que le Parlement europ&#233;en coupe court &#224; ses atermoiements et adopte un des deux projets sur la table afin d'utiliser les nouveaux pouvoirs dont il dispose sur la base du Trait&#233; de Lisbonne. et d'engager ainsi la proc&#233;dure de r&#233;vision des Trait&#233;s. Il faudrait en outre qu'un nouveau Spinelli se charge avec l'art de la ma&#239;eutique socratique de convaincre les actuels leaders politiques europ&#233;ens &#224; adopter le texte d'un nouveau Trait&#233; qui relance le projet europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est uniquement de cette mani&#232;re que les &#233;pigones d'Altiero Spinelli d&#233;montreraient, au d&#233;l&#224; des comm&#233;morations formelles visant &#224; lui rendre hommage, de consid&#233;rer encore actuels ses enseignements et de les mettre en &#339;uvre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Paolo Ponzano&lt;br class='manualbr' /&gt;Senior Fellow au Centre Schuman de l'Institut univversittaire europ&#233;en de Florence - Professeur de Gouvernance europ&#233;enne et de Droit social europ&#233;en au Coll&#232;ge europ&#233;en de Parme&lt;br class='manualbr' /&gt;Article publi&#233; en commun avec The Federalist Debate, n&#176; 2018, Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : (c) Parlement Europ&#233;en&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>M&#233;thode communautaire et m&#233;thode intergouvernementale </title>
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		<dc:date>2011-10-11T10:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paolo Ponzano</dc:creator>


		<dc:subject>FED'Actualit&#233;</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les deux m&#233;thodes &lt;br class='autobr' /&gt;
Les r&#233;centes prises de position du Ministre allemand des finances, Wolfgang Sch&#228;uble, en faveur de l'application de la m&#233;thode intergouvernementale &#224; la gouvernance &#233;conomique ainsi que l'intention pr&#234;t&#233;e par le journal allemand Spiegel au gouvernement f&#233;d&#233;ral de pr&#233;parer une proposition concernant la formation d'un gouvernement &#233;conomique dans la Zone euro relancent le d&#233;bat sur l'utilisation de la m&#233;thode intergouvernementale au d&#233;triment de la m&#233;thode communautaire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-151-mars-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 151 &#8212; 2011/03&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-FED-Actualite-+" rel="tag"&gt;FED'Actualit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les deux m&#233;thodes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;centes prises de position du Ministre allemand des finances, Wolfgang Sch&#228;uble, en faveur de l'application de la m&#233;thode intergouvernementale &#224; la gouvernance &#233;conomique ainsi que l'intention pr&#234;t&#233;e par le journal allemand Spiegel au gouvernement f&#233;d&#233;ral de pr&#233;parer une proposition concernant la formation d'un gouvernement &#233;conomique dans la Zone euro relancent le d&#233;bat sur l'utilisation de la m&#233;thode intergouvernementale au d&#233;triment de la m&#233;thode communautaire dans l'application du Trait&#233; de Lisbonne et, de mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, dans la poursuite du processus d'int&#233;gration europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait suite &#224; ce qu'on a appel&#233; le &#171; Discours de la M&#233;thode &#187;, &#224; savoir le discours prononc&#233; par la Chanceli&#232;re f&#233;d&#233;rale Angela Merkel &#224; Bruges le 2 novembre 2010, dans lequel elle d&#233;fendait l'opportunit&#233; de d&#233;passer l'ancienne querelle entre m&#233;thode communautaire et m&#233;thode intergouvernementale au profit d'une nouvelle m&#233;thode, &#224; savoir la &#171; m&#233;thode de l'Union &#187; qu'elle d&#233;finit comme suit en se r&#233;f&#233;rant d'abord &#224; une d&#233;claration du Pr&#233;sident du Conseil europ&#233;en Herman Van Rompuy : &#171; Dans la plupart des cas, le choix ne se pose pas entre la m&#233;thode communautaire et la m&#233;thode intergouvernementale, mais bien entre une position coordonn&#233;e de l'Europe ou pas de position du tout. Autrement dit -poursuit la Chanceli&#232;re- une position coordonn&#233;e de l'Europe n'est pas n&#233;cessairement le r&#233;sultat de l'application de la m&#233;thode communautaire. Cette position commune est parfois aussi le fruit de la m&#233;thode intergouvernementale. L'essentiel est d'avoir sur les sujets importants une position commune. &#187; En poursuivant son raisonnement, la Chanceli&#232;re ajoute : &#171; Peut-&#234;tre pourrions-nous nous mettre d'accord sur la description suivante de cette approche : une action coordonn&#233;e dans un esprit de solidarit&#233;, chacun de nous (Institutions de l'Union et &#201;tats membres. Ndr) dans la sph&#232;re qui rel&#232;ve de sa responsabilit&#233;, mais tous en nous fixant le m&#234;me but. Telle est pour moi la nouvelle &#171; m&#233;thode de l'Union &#187; dont nous avons tellement besoin (&#8230;.) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A premi&#232;re vue, les propos de la Chanceli&#232;re -tout comme ceux du Pr&#233;sident Van Rompuy- semblent empreints de bon sens : qui pourrait &#234;tre contraire &#224; une action coordonn&#233;e de l'Union qui permettrait &#224; celle-ci de d&#233;finir une position commune sur les sujets les plus controvers&#233;s en discussion entre les Institutions communautaires et les &#201;tats membres ? Mais, en creusant davantage la question, l'on s'aper&#231;oit que la nouvelle m&#233;thode de l'Union pr&#244;n&#233;e par la Chanceli&#232;re ressemble beaucoup -le r&#233;dacteur de son discours ne m'en voudra pas- &#224; la fameuse nuit h&#233;g&#233;lienne dans laquelle toutes les vaches sont noires. En effet, le Trait&#233; de Lisbonne pr&#233;voit l'application de la proc&#233;dure l&#233;gislative ordinaire (&#224; savoir de la m&#233;thode communautaire pr&#233;cit&#233;e) &#224; tous les domaines relevant des comp&#233;tences de l'Union, alors que la m&#233;thode intergouvernementale est r&#233;serv&#233;e pour l'essentiel &#224; la politique &#233;trang&#232;re, de s&#233;curit&#233; et de d&#233;fense (encore que l'initiative des &#201;tats membres aille de pair avec celle du Haut Repr&#233;sentant pour la PESC). L'on peut se demander d&#232;s lors &#224; quels domaines devrait s'appliquer la nouvelle m&#233;thode de l'Union pr&#244;n&#233;e par la Chanceli&#232;re, sinon aux domaines situ&#233;s en dehors des comp&#233;tences de l'Union (par exemple aux retraites). Si, par contre, elle devait s'appliquer &#224; tous les domaines, relevant ou non de la comp&#233;tence de l'Union, il s'agirait bien d'une nuit h&#233;g&#233;lienne...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons maintenant la diff&#233;rence entre la m&#233;thode communautaire et celle intergouvernementale. Elle est bien expliqu&#233;e dans la contribution que les repr&#233;sentants de la Commission europ&#233;enne (les Commissaires Barnier et Vitorino) avaient remis en avril 2002 &#224; la Convention europ&#233;enne. La m&#233;thode communautaire &#171; pure &#187; correspond &#224; un syst&#232;me o&#249; la Commission -institution repr&#233;sentative de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral europ&#233;en- d&#233;tient le monopole de l'initiative l&#233;gislative (&#224; savoir la capacit&#233; de proposer les actes l&#233;gislatifs), alors que le Conseil -institution compos&#233;e des repr&#233;sentants des gouvernements des &#201;tats membres- et le Parlement europ&#233;en -institution repr&#233;sentative des peuples europ&#233;ens- adoptent en cod&#233;cision les lois europ&#233;ennes. Par ailleurs, le Conseil vote en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e, l'unanimit&#233; &#233;tant n&#233;cessaire pour amender la proposition de la Commission. En revanche, la m&#233;thode intergouvernementale vise un processus de d&#233;cision dans lequel les &#201;tats membres n&#233;gocient entre eux et souverainement une position commune sur les diff&#233;rents dossiers, sans aucune obligation de coh&#233;rence ni de transparence. Par ailleurs, les &#201;tats d&#233;cident par consensus unanime et sans l'implication du Parlement europ&#233;en, ce qui aboutit en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale &#224; rechercher le plus petit d&#233;nominateur commun entre les positions respectives des &#201;tats membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au del&#224; de ces d&#233;finitions g&#233;n&#233;rales, quelles sont les diff&#233;rences essentielles entre les deux m&#233;thodes ? La m&#233;thode communautaire confie &#224; la Commission europ&#233;enne le soin d'identifier, apr&#232;s avoir analys&#233; les l&#233;gislations ou positions nationales et apr&#232;s avoir consult&#233; toutes les parties int&#233;ress&#233;es, l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral europ&#233;en qui n'&#233;quivaut pas n&#233;cessairement &#224; la somme des int&#233;r&#234;ts nationaux des &#201;tats membres (exemple bien connu : les &#201;tats membres pourraient avoir individuellement int&#233;r&#234;t &#224; augmenter leurs quotas de captures de p&#234;che, alors que l'Union dans son ensemble pourrait avoir int&#233;r&#234;t &#224; les r&#233;duire dans une ann&#233;e d&#233;termin&#233;e afin de pr&#233;server les ressources halieutiques &#224; l'avenir). Par cons&#233;quent, la Commission n'est pas oblig&#233;e &#224; rechercher le minimum d&#233;nominateur commun entre les positions ou les l&#233;gislations nationales, car l'int&#233;r&#234;t europ&#233;en dans un dossier d&#233;termin&#233; pourrait &#234;tre celui de choisir la l&#233;gislation nationale la plus avanc&#233;e (par exemple la l&#233;gislation finlandaise en mati&#232;re de commerce &#233;lectronique) ou une solution originale qui tienne compte davantage des int&#233;r&#234;ts de certains &#201;tats membres (par exemple des pays producteurs ou des pays consommateurs dans la d&#233;finition d'un march&#233; europ&#233;en de l'&#233;nergie). Bien entendu, la Commission n'a pas le monopole de la v&#233;rit&#233; : elle peut se tromper. Dans ce cas, il revient au Conseil statuant &#224; l'unanimit&#233; et au Parlement europ&#233;en d&#233;lib&#233;rant &#224; la majorit&#233; de modifier la proposition de la Commission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode intergouvernementale est bien diff&#233;rente : les propositions de solution &#224; un probl&#232;me d&#233;termin&#233; &#233;manent des &#201;tats membres individuellement ou bien d'un organe administratif qui, &#233;tant au courant des positions nationales, cherche &#224; identifier le d&#233;nominateur commun qui permettra aux &#201;tats membres de parvenir plus facilement &#224; un consensus unanime. Dans la m&#233;thode intergouvernementale il n'y a donc pas la recherche pr&#233;alable d'un int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral qui soit diff&#233;rent de la somme (ou du minimum d&#233;nominateur commun) des int&#233;r&#234;ts des &#201;tats qui participent &#224; la n&#233;gociation. D'autre part, la n&#233;cessit&#233; de r&#233;unir le consensus unanime des &#201;tats membres donne forc&#233;ment aux &#171; grands &#187; pays un poids pr&#233;pond&#233;rant dans la n&#233;gociation, alors que dans la proc&#233;dure de d&#233;cision majoritaire tous les &#201;tats sont plac&#233;s sur un pied d'&#233;galit&#233; (avec leur poids d&#233;mographique diff&#233;rent) et peuvent &#234;tre minoris&#233;s &#224; tour de r&#244;le dans la mesure o&#249; ils ne consentiraient pas les concessions n&#233;cessaires pour aboutir &#224; un accord unanime. A titre de rappel, l'Allemagne a &#233;t&#233; souvent le pays le plus minoris&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1990 lors des n&#233;gociations au sein du Conseil pour l'ach&#232;vement du march&#233; int&#233;rieur (compte- tenu de son int&#233;r&#234;t plus g&#233;n&#233;ral &#224; la r&#233;alisation de cet objectif). Enfin, l'impossibilit&#233; pour le Parlement europ&#233;en d'exercer une influence r&#233;elle dans la m&#233;thode intergouvernementale a pour cons&#233;quence de r&#233;duire, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, le niveau d'ambition de la solution retenue par les &#201;tats membres. Au demeurant, il ne faut pas oublier que le Trait&#233; de Lisbonne a supprim&#233; la disposition contenue dans l'art 67 de l'ancien TUE selon laquelle chaque &#201;tat membre disposait du droit d'initiative dans le cadre du troisi&#232;me pilier au profit d'un droit d'initiative reconnu &#224; un quart d'&#201;tats membres. Cela veut dire que les &#201;tats membres eux-m&#234;mes ont reconnu que les initiatives l&#233;gislatives nationales &#233;taient trop ax&#233;es sur l'int&#233;r&#234;t national des pays qui les proposaient et &#233;taient d&#232;s lors d&#233;pourvues d'un int&#233;r&#234;t europ&#233;en suffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de tirer des conclusions sur la valeur relative des deux m&#233;thodes pour faciliter le processus d'int&#233;gration europ&#233;enne, examinons bri&#232;vement -et par cons&#233;quent de mani&#232;re sommaire- les cons&#233;quences potentielles de l'application des deux m&#233;thodes &#224; certains dossiers d'actualit&#233; pour la poursuite du processus d'int&#233;gration.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les dossiers d'actualit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La gouvernance &#233;conomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode intergouvernementale a &#233;t&#233; &#224; la base des travaux de la Task-force pr&#233;sid&#233;e par M. Van Rompuy qui a abouti &#224; des conclusions fond&#233;es sur le minimum d&#233;nominateur commun des positions nationales. Cela s'est refl&#233;t&#233; notamment dans le caract&#232;re politique et non-automatique des sanctions &#224; imposer aux &#201;tats membres qui ne respecteraient pas les r&#232;gles du nouveau Pacte de stabilit&#233;. En d'autres mots, la Commission n'aurait pas le pouvoir d'imposer des sanctions aux &#201;tats qui violeraient les dispositions du nouveau Pacte (sauf d&#233;cision contraire du Conseil statuant &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e), mais elle pourrait uniquement adresser des recommandations au Conseil qui devrait statuer de mani&#232;re positive en faveur de l'imposition de sanctions. Or, l'exp&#233;rience de la proc&#233;dure des d&#233;ficits excessifs au moment de la Commission Prodi a d&#233;j&#224; montr&#233; que les Ministres des finances ne sont pas pr&#234;ts &#224; mettre en minorit&#233; le ou les pays en infraction, surtout s'il s'agit de &#171; grands &#187; &#201;tats membres. Pourtant, l'incapacit&#233; de sanctionner le d&#233;passement par certains pays du seuil de 3 % du PIB a &#233;t&#233; &#224; l'origine de la souplesse introduite dans le respect de la m&#234;me r&#232;gle, ce qui a facilit&#233; le non-respect du seuil par plusieurs &#201;tats membres en p&#233;riode de crise &#233;conomique. Par cons&#233;quent, les propositions de la Commission en mati&#232;re de gouvernance &#233;conomique vont plus loin que celles de la Task-force de M. Van Rompuy en pr&#233;voyant la possibilit&#233; d'imposer aux &#201;tats membres en infraction aux r&#232;gles des sanctions quasi-automatiques fond&#233;es sur le non-respect de crit&#232;res objectifs et non pas sur des crit&#232;res &#171; politiques &#187; difficiles &#224; faire respecter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une conclusion analogue pourrait s'appliquer aux propositions visant &#224; renforcer la coordination des politiques &#233;conomiques en tant que compl&#233;ment n&#233;cessaire de la monnaie unique. Plusieurs &#233;conomistes r&#233;put&#233;s d&#233;fendent la th&#232;se qu'une Union mon&#233;taire sans politique &#233;conomique commune ne survivra pas longtemps, &#224; moins de mettre en place au sein de l'Union des m&#233;canismes compl&#233;mentaires visant &#224; contrecarrer la sp&#233;culation financi&#232;re internationale. A cette fin, ces &#233;conomistes pr&#233;conisent soit la cr&#233;ation d'un m&#233;canisme de solidarit&#233; automatique qui jouerait en faveur des pays en difficult&#233; financi&#232;re, soit la cr&#233;ation d'Euro-bonds permettant aux Institutions de l'Union d'intervenir sur les march&#233;s, soit les deux instruments &#224; la fois. Or, les &#171; propositions &#187; faites par certains &#201;tats membres en la mati&#232;re (par exemple celle de M. J&#252;ncker et de M. Tremonti) ont &#233;t&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent rejet&#233;es par les gouvernements allemand et fran&#231;ais sans qu'un v&#233;ritable d&#233;bat n'ait pu s'instaurer au sein de l'Union. Il est vrai que des propositions &#233;manant de la Commission europ&#233;enne se heurteraient aux m&#234;mes difficult&#233;s politiques, mais le propre de la m&#233;thode communautaire est que ces propositions seraient plac&#233;es &#224; l'ordre du jour des sessions du Conseil, voire du Conseil europ&#233;en, qu'elles feraient l'objet de r&#233;solutions vot&#233;es par le Parlement europ&#233;en et qu'elles ne pourraient pas &#234;tre &#233;cart&#233;es d'un revers de la main par deux &#201;tats membres, fussent-ils deux grands pays. L'on pourrait rappeler &#224; cet &#233;gard le cas du Projet Galileo, o&#249; la proposition de la Commission avait suscit&#233; d&#232;s le d&#233;but l'opposition d'au moins trois &#201;tats membres, dont deux &#171; grands &#187; pays (Allemagne et Royaume-uni). Pourtant, la Commission a insist&#233; sur sa proposition et a fourni des r&#233;ponses successives &#224; toutes les questions/r&#233;serves formul&#233;es par les &#201;tats contraires au projet (notamment sur le recours au financement priv&#233;). Finalement, apr&#232;s des ann&#233;es de n&#233;gociation, la Commission, appuy&#233;e par le PE, a eu gain de cause sur le projet au nom de l'int&#233;r&#234;t europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le budget europ&#233;en et les nouvelles ressources propres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Trait&#233; stipule que le budget europ&#233;en soit &#233;tabli par l'autorit&#233; budg&#233;taire (Parlement europ&#233;en et Conseil), dans le respect du cadre financier pluriannuel, sur la base d'une proposition de la Commission. Il revient &#224; celle-ci de proposer les d&#233;penses &#224; financer chaque ann&#233;e dans la limite des ressources propres disponibles. La Commission dispose aussi du droit de proposer des nouvelles cat&#233;gories de ressources propres tout comme il lui revient de saisir le Conseil et le PE du document qui servira de base &#224; la n&#233;gociation du nouveau cadre financier pluriannuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette proc&#233;dure risquerait d'&#234;tre fauss&#233;e si les &#201;tats membres devaient n&#233;gocier entre eux aussi bien le budget annuel que le cadre financier pluriannuel sans disposer de propositions de la Commission visant &#224; identifier l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral europ&#233;en. C'est pourtant ce qui risque de se passer d&#232;s lors que certains &#201;tats membres (Allemagne, France, Royaume-uni, Autriche et Finlande) ont envoy&#233; une lettre officielle aux Institutions de l'Union indiquant que le budget europ&#233;en ne devra pas d&#233;passer le taux d'inflation de l'Union jusqu'&#224; l'ann&#233;e 2020. En d'autres mots, tout le travail d'analyse du budget de l'Union et de consultation des parties concern&#233;es sur les priorit&#233;s de d&#233;penses effectu&#233; par la Commission -et qui devrait d&#233;boucher sur sa &#171; proposition &#187; de nouveau cadre financier pour les ann&#233;es 2014 / 2020- risque d'&#234;tre mis en cause par une position de n&#233;gociation d&#233;finie d'avance par certains pays contributeurs nets au budget de l'Union. Si l'on traduisait en termes de politiques la position de ces &#201;tats membres, celle-ci aboutirait &#224; figer la structure actuelle du budget de l'Union car la France voudra pr&#233;server les d&#233;penses agricoles, l'Allemagne s'opposera &#224; l'augmentation des d&#233;penses li&#233;es &#224; la coh&#233;sion et le Royaume-uni voudra maintenir son rabais. Or, il appara&#238;t clairement que, si l'Union voulait utiliser les nouvelles comp&#233;tences octroy&#233;es par les m&#234;mes &#201;tats membres dans le Trait&#233; de Lisbonne et atteindre les objectifs de la Strat&#233;gie 2020 -pourtant approuv&#233;e par le Conseil europ&#233;en- elle devrait disposer d'un budget largement sup&#233;rieur &#224; l'actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de songer &#224; la politique de recherche de l'Union car les &#201;tats membres n'ont aucune chance d'atteindre le seuil des 3 % du PIB consacr&#233; &#224; la recherche en 2020 dans la situation actuelle de rar&#233;faction des ressources publiques nationales. L'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral europ&#233;en exigerait ainsi non seulement une augmentation cons&#233;quente du budget de l'Union mais &#233;galement la cr&#233;ation d'une nouvelle ressource propre qui permettrait de donner une nouvelle flexibilit&#233; au budget de l'Union au moment o&#249; les budgets nationaux ne pourront pas prendre en charge des nouvelles d&#233;penses en raison de la discipline budg&#233;taire qu'ils devront respecter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une politique &#233;nerg&#233;tique de l'Union&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Trait&#233; de Lisbonne stipule dans son article 194 (TFUE) que la politique de l'Union dans le domaine de l'&#233;nergie vise entre autres, dans un esprit de solidarit&#233; entre les &#201;tats membres, &#224; assurer la s&#233;curit&#233; de l'approvisionnement &#233;nerg&#233;tique dans l'Union. Cet objectif devrait &#234;tre r&#233;alis&#233; par des mesures adopt&#233;es selon la m&#233;thode communautaire (proposition de la Commission, d&#233;cision du Conseil &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e et cod&#233;cision avec le PE, sauf pour les mesures fiscales). Or, le Conseil europ&#233;en discute d&#232;s &#224; pr&#233;sent une strat&#233;gie &#233;nerg&#233;tique pour l'Union concernant &#224; la fois l'ach&#232;vement du march&#233; int&#233;rieur de l'&#233;nergie, la s&#233;curit&#233; de l'approvisionnement ainsi que l'action ext&#233;rieure de l'Union vis-&#224;-vis de ses principaux partenaires. Certes, des orientations politiques &#233;manant des Chefs d'&#201;tat et de gouvernement seraient fort utiles pour encourager la Commission &#224; proposer des mesures l&#233;gislatives et, si possible, des projets d'accords avec les pays tiers concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, il ne faut pas sous-estimer le risque que les orientations politiques des Chefs d'&#201;tat correspondent au minimum d&#233;nominateur commun entre les int&#233;r&#234;ts diff&#233;rents des pays producteurs et des pays consommateurs de ressources &#233;nerg&#233;tiques. Par exemple, l'Union pourrait avoir besoin de mettre en place une v&#233;ritable Agence d'approvisionnement &#233;nerg&#233;tique charg&#233;e d'ex&#233;cuter les accords conclus entre-temps par l'Union avec les pays producteurs, ce qui permettrait de lib&#233;rer progressivement certains pays de l'Union de leur d&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique vis-&#224;-vis de ces pays (conform&#233;ment d'ailleurs &#224; l'esprit de solidarit&#233; entre les &#201;tats membres inscrit dans le Trait&#233;). Or, cet objectif sera-t-il r&#233;alisable &#224; travers la m&#233;thode intergouvernementale ou ne faudrait-il pas avoir recours &#224; la m&#233;thode communautaire qui a permis, par exemple, la mise en place d'une politique commune de la p&#234;che (malgr&#233; la divergence d'int&#233;r&#234;ts entre les pays disposant de ressources halieutiques et les autres) et la r&#233;alisation du Projet Galileo d&#233;j&#224; rappel&#233; ci-dessus ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les conclusions du Conseil europ&#233;en de d&#233;cembre 2010 en mati&#232;re de gouvernance &#233;conomique innovent le cadre institutionnel de l'Union en ce sens qu'elles pr&#233;voient de modifier l'art.136 du Trait&#233; de Lisbonne en confiant aux &#201;tats membres de la Zone euro la comp&#233;tence d'instituer un m&#233;canisme de stabilit&#233; qui sera activ&#233; si cela est indispensable pour pr&#233;server la stabilit&#233; de la Zone euro dans son ensemble. Ind&#233;pendamment des doutes d&#233;j&#224; exprim&#233;s par plusieurs &#233;conomistes sur le caract&#232;re suffisant de cet instrument pour sauvegarder la monnaie unique, cette disposition introduit un &#233;l&#233;ment novateur dans le syst&#232;me institutionnel de l'Union en introduisant une comp&#233;tence intergouvernementale dans un cadre r&#233;gi, pour l'essentiel, par la m&#233;thode communautaire. Bien entendu, l'on sait pertinemment que cette solution vise &#224; &#233;viter un nouveau transfert de comp&#233;tences aux Institutions de l'Union qui ne pourrait pas faire l'objet d'une proc&#233;dure simplifi&#233;e de r&#233;vision du Trait&#233; et impliquerait probablement le recours au referendum dans certains &#201;tats membres. Toutefois l'Union europ&#233;enne ne pourrait pas &#234;tre enferm&#233;e &#224; l'avenir dans ses comp&#233;tences actuelles si la n&#233;cessit&#233; de les &#233;largir devait appara&#238;tre au grand jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le recours &#224; la m&#233;thode intergouvernementale en mati&#232;re de gouvernance &#233;conomique ou dans les autres mati&#232;res cit&#233;es pr&#233;c&#233;demment risque d'entrer en conflit avec les comp&#233;tences d&#233;j&#224; attribu&#233;es par les Trait&#233;s aux Institutions de l'Union et de conduire &#224; des d&#233;cisions fond&#233;es sur le minimum d&#233;nominateur commun, voire sur les int&#233;r&#234;ts pr&#233;dominants de certains &#201;tats membres (voir ci-dessus). En revanche, ce qui pr&#233;c&#232;de confirme, nous semble-t-il, le caract&#232;re plus &#233;quilibr&#233; et plus satisfaisant pour l'Union de la m&#233;thode communautaire et, &#224; l'int&#233;rieur de celle-ci, du r&#244;le jou&#233; par la Commission dans l'identification de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme disait Jean Monnet dans ses M&#233;moires, &#171; Mettre les gouvernements en pr&#233;sence, faire coop&#233;rer les administrations nationales part d'une bonne intention, mais &#233;choue sur la premi&#232;re opposition d'int&#233;r&#234;ts s'il n'existe pas l'organe politique ind&#233;pendant capable de prendre une vue commune et d'aboutir &#224; une d&#233;cision commune &#187;. Cette affirmation, tir&#233;e d'une longue exp&#233;rience de la coop&#233;ration intergouvernementale pratiqu&#233;e par Jean Monnet, nous semble encore pertinente dans la phase actuelle du processus d'int&#233;gration europ&#233;enne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Paolo PONZANO &lt;br class='autobr' /&gt;
Conseiller sp&#233;cial du Vice-Pr&#233;sident Sefcovic ; Senior Fellow &#224; l'Institut universitaire europ&#233;en de Florence&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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