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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>En revenir d'urgence &#224; l'esprit de la R&#233;sistance face aux capitales qui sabordent l'Union europ&#233;enne...</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/revenir-esprit-resistance-face-aux-capitales</link>
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		<dc:date>2018-09-02T07:16:57Z</dc:date>
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		<dc:creator>Michel Theys</dc:creator>


		<dc:subject>Le Regard europ&#233;en de Michel THEYS</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'horrible sort r&#233;serv&#233; aux passagers de l'Aquarius au d&#233;but de l'&#233;t&#233; est une inf&#226;mie dont les pays europ&#233;ens - et par devers eux une Union europ&#233;enne r&#233;duite &#224; l'&#233;tat d'otage impuissant - porteront longtemps la marque. Avec ce bateau fran&#231;ais interdit de port, c'est l'id&#233;al europ&#233;en qui gisait par le fond, faisant de quelque 500 millions de citoyens europ&#233;ens des naufrag&#233;s d'un projet sabord&#233; par ceux qui, dans les capitales des &#201;tats membres, en avaient la charge. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un seigneur du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-179-Aout-2018-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 179 - Ao&#251;t 2018&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Le-Regard-europeen-de-Michel-THEYS-+" rel="tag"&gt;Le Regard europ&#233;en de Michel THEYS&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'horrible sort r&#233;serv&#233; aux passagers de l'Aquarius au d&#233;but de l'&#233;t&#233; est une inf&#226;mie dont les pays europ&#233;ens - et par devers eux une Union europ&#233;enne r&#233;duite &#224; l'&#233;tat d'otage impuissant - porteront longtemps la marque. Avec ce bateau fran&#231;ais interdit de port, c'est l'id&#233;al europ&#233;en qui gisait par le fond, faisant de quelque 500 millions de citoyens europ&#233;ens des naufrag&#233;s d'un projet sabord&#233; par ceux qui, dans les capitales des &#201;tats membres, en avaient la charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seigneur du journalisme, Jean Daniel, patron mythique du Nouvel Observateur du temps de sa splendeur, plongea alors sa plume dans l'amertume : &lt;i&gt;&#171; En ce d&#233;but de XXIe si&#232;cle, les spectres du XXe ressortent du placard. Certes, ils n'avancent plus au pas de l'oie. Mais les voici au gouvernement &#187;&lt;/i&gt; (&lt;a href=&#034;http://www.nouvelobs.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.nouvelobs.com&lt;/a&gt;, 7 juin). Il avait raison, et Matteo Salvini a confirm&#233; depuis que Bertolt Brecht avait raison d'avertir, dans La r&#233;sistible ascension d'Arturo Ui, que &lt;i&gt;&#171; le ventre est encore f&#233;cond d'o&#249; a surgi la b&#234;te immonde &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, un peu partout en Europe, des ventres d&#233;mocratiques accouchent par les urnes &#233;lectorales d'apprentis sorciers extr&#233;mistes et nationalistes qui redressent des murailles nationales sur les esp&#233;rances europ&#233;ennes laiss&#233;es beaucoup trop longtemps en jach&#232;re par des &#8216;responsables' politiques ne tol&#233;rant pas que l'Union puisse un jour les priver de leurs parcelles de pouvoir et des pr&#233;bendes qui y sont li&#233;es. Il ne faut pas s'&#233;tonner que le ministre italien de l'Int&#233;rieur ait fait son miel des incoh&#233;rences qui en r&#233;sultent depuis trop longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La brutalit&#233; de la d&#233;cision de Matteo Salvini interdisant aux ports italiens d'accueillir l'Aquarius r&#233;vulse, mais elle a aussi &#233;t&#233; appr&#233;ci&#233;e par des Italiens qui, enfin, ont eu le sentiment d'avoir quelqu'un qui hausse le ton pour contester les errements de l'Europe sur le plan migratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, la Ligue en tire b&#233;n&#233;fice sur le plan &#233;lectoral et dans les sondages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;alisme politique devrait donc inciter les &#8216;responsables' europ&#233;ens &#224; comprendre pourquoi un peuple qui &#233;tait encore tr&#232;s r&#233;cemment le plus europhile de l'Union europ&#233;enne puisse s'accommoder des outrances d'un apprenti-sorcier d'extr&#234;me-droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pactisons pas avec le diable : Matteo Salvini est un politique pervers qui a mont&#233; l'op&#233;ration &#8216;ports ferm&#233;s' avec un cynisme insupportable. Tout prouve que, sous sa houlette, le Centre de coordination des secours de Rome a fait de l'Aquarius l'instrument d'une manipulation politicienne inf&#226;me en veillant &#224; ce que des naufrag&#233;s secourus par un navire commercial et, comble de tout, par trois garde-c&#244;tes italiens soient transf&#233;r&#233;s dans le navire fran&#231;ais bient&#244;t interdit d'accostage. &#192; des fins politiques et id&#233;ologiques, le ministre italien a ainsi montr&#233; qu'il &#233;tait pr&#234;t &#224; mettre en jeu des vies humaines pour arriver &#224; ses fins. C'est indigne, c'est inacceptable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, ce personnage sinistre a eu beau jeu de montrer ainsi &#224; la face du monde, et de ses &#8216;partenaires' europ&#233;ens en tout premier lieu, qu'il &#233;tait pr&#234;t &#224; tout pour &#233;viter que l'Italie ne devienne &lt;i&gt;&#171; le camp de r&#233;fugi&#233;s de l'Europe &#187;&lt;/i&gt;. Des Italiens lui en rendent gr&#226;ce parce que l'insupportable &#233;go&#239;sme que les autres dirigeants des pays membres de l'Union manifestent dans le conteste de cette crise migratoire sans pr&#233;c&#233;dent ne leur &#233;tait plus tol&#233;rable. &#192; raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le geste humanitaire pos&#233; par le nouveau Premier ministre espagnol Pedro S&#225;nchez a sauv&#233; l'honneur de l'Espagne en la mati&#232;re. Mais, outre qu'il ne r&#232;gle pas le probl&#232;me tant il est vrai que les 700 milles nautiques qui s&#233;paraient l'Aquarius de Valence ont &#233;prouv&#233; plus que de raison les 629 personnes recueillies &#224; bord, il &#233;claire aussi dramatiquement le mutisme des autres. Alors que la Corse aurait &#233;t&#233; une destination bien plus proche, la France d'Emmanuel Macron est rest&#233;e obstin&#233;ment muette, semblant ne pas vouloir accueillir un... bateau fran&#231;ais dans un port fran&#231;ais ! Ne jetons donc pas la pierre sur le seul Matteo Salvini : tous ceux qui se taisent aujourd'hui, tous ceux qui se sont oppos&#233; au principe d'une r&#233;partition &#233;quitable du fardeau des r&#233;fugi&#233;s, tous ceux qui ne veulent pas r&#233;former le r&#232;glement de Dublin, tous ceux aussi qui invitent &#224; jouer avec le respect de l'article 3 de la Convention europ&#233;enne des droits de l'homme, ceux enfin qui songent &#224; cr&#233;er des camps d'expuls&#233;s hors de l'Union partagent la m&#234;me culpabilit&#233;, la m&#234;me indignit&#233;. Celle-ci a &#233;t&#233; act&#233;e au plus haut niveau les 28 et 29 juin, lorsque les membres du Conseil europ&#233;en se sont sans vergogne r&#233;sign&#233;s &#224; l'inacceptable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, George Soros avait os&#233; cette affirmation : &lt;i&gt;&#171; La d&#233;sint&#233;gration de l'Europe n'est plus une figure de style : c'est une dure r&#233;alit&#233; &#187;&lt;/i&gt; (The Guardian, 5 juin). Sans doute, h&#233;las, ce financier devenu philanthrope dit-il vrai, la Commission, le Parlement europ&#233;en et les vrais organes r&#233;ellement et pleinement europ&#233;ens n'&#233;tant pas en mesure de s'opposer au sabordage qui occupe dans les capitales nationales. Jean Daniel confesse que ce qui le chagrine le plus, &lt;i&gt;&#171; c'est le cr&#233;puscule de l'Europe, c'est-&#224;-dire de l'une des plus magnifiques constructions de l'homme depuis qu'il a r&#233;ussi &#224; b&#226;tir des associations de peuples et pour mieux dire encore des civilisation &#187;&lt;/i&gt;. Ce grand seigneur du journalisme a raison, &lt;i&gt;&#171; ce que nous devons redouter &#187;&lt;/i&gt; aujourd'hui, &lt;i&gt;&#171; c'est le renoncement de l'Europe &#187;&lt;/i&gt;, trahie par des irresponsables nationaux ! Jamais la soci&#233;t&#233; europ&#233;enne et les soci&#233;t&#233;s nationales d'Europe, en un mot le peuple europ&#233;en, n'ont &#233;t&#233; &#224; ce point fractur&#233;es depuis les ann&#233;es vingt et trente du si&#232;cle dernier. L'aust&#233;rit&#233; aveugle impos&#233;e aux citoyens les plus fragiles de l'Union n'avait en apparence cr&#233;&#233; du ressentiment que dans la p&#233;riph&#233;rie europ&#233;enne. En r&#233;alit&#233;, des politiques favorisant les in&#233;galit&#233;s sociales et territoriales et le d&#233;classement de la classe moyenne ont aliment&#233; les craintes et les ranc&#339;urs m&#234;me dans les pays les plus prosp&#232;res. M&#234;me en Allemagne, Angela Merkel le d&#233;couvre d&#233;sormais de mani&#232;re cuisante, la peur de l'&#233;tranger, de l'Autre, sert les int&#233;r&#234;ts &#233;lectoraux des extr&#233;mistes et, pire encore, contamine les partis politiques traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pour arr&#234;ter les politiques nationaux dans leur course &#224; l'ab&#238;me, les citoyens s'en remettent &#224; des marchands de r&#234;ve, ou aux fauteurs de haine &#187;&lt;/i&gt;, a &#233;crit l'&#233;conomiste et f&#233;d&#233;raliste fran&#231;ais Bernard Barthalay (blog.mediapart.fr, 29 juin). Il a raison, c'est le cas absolument partout en Europe ; m&#234;me en France o&#249; la victoire d'Emmanuel Macron sur Marine Le Pen ne peut occulter l'&#233;vidence d'une dangereuse radicalisation des id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Tous les &#233;l&#233;ments d'un basculement vers la droite extr&#234;me et les nationalismes et racismes sont bien pr&#233;sents. Cette fois, ce sont les r&#233;fugi&#233;s dits ill&#233;gaux, ou les Roms en Italie, qui sont les boucs &#233;missaires. Ou les ressortissants mexicains aux &#201;tats-Unis. On reparle, comme si c'&#233;tait normal ou anodin, de centres de&#8230; regroupement. (&#8230;) Partout certains veulent reconstruire des murs et des grillages &#187;&lt;/i&gt; &#8230; Ce propos exprim&#233; sur Facebook est le fait d'une d&#233;mocrate-chr&#233;tienne pond&#233;r&#233;e, longtemps porte- parole d'un Premier ministre belge qui a fini sa carri&#232;re comme pr&#233;sident du Parti populaire europ&#233;en. Que dirait aujourd'hui Wilfried Martens de la prise en otage d'Angela Merkel par le chr&#233;tien-d&#233;mocrate Horst Seehofer, des agissements de Viktor Orb&#225;n ? M&#234;me s'il a longtemps ferm&#233; les yeux sur les outrances berlusconiennes et conclu des accords affligeants avec les conservateurs britanniques pour asseoir la mainmise du PPE sur le Parlement europ&#233;en, pourrait-il se complaire longtemps encore dans la posture d'un Ponce Pilate au service de la realpolitik ? Non, le temps est venu que toutes les consciences d&#233;mocrates prennent acte de l'&#233;vidence que la mondialisation d&#233;brid&#233;e et la realpolitik europ&#233;enne des derni&#232;res d&#233;cennies mettent d&#233;sormais gravement en danger les d&#233;mocraties. En Europe comme aux &#201;tats-Unis &#8211; pour ne pas parler de pays comme la Russie ou la Turquie o&#249; la d&#233;mocratie n'est jamais que le cache-sexe de r&#233;gimes autoritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps est venu aussi que les d&#233;mocrates d'Europe prennent d&#233;finitivement conscience que c'est l'Europe intergouvernementale incarn&#233;e par un Conseil europ&#233;en omnipotent, mais en r&#233;alit&#233; impotent, qui les renvoie aux heures les plus sombres de l'histoire du continent. Notre cons&#339;ur journaliste Shada Islam, aujourd'hui active chez Friends of Europe, a raison d'affirmer que &lt;i&gt;&#171; les dirigeants europ&#233;ens &#8211; ceux qui croient encore aux valeurs de l'Union europ&#233;enne et &#224; la solidarit&#233; au sein de l'Union &#8211; doivent cesser d'&#234;tre sur la d&#233;fensive en mati&#232;re d'immigration et doivent r&#233;sister &#224; la pression visant &#224; ce qu'ils adoptent une rh&#233;torique populiste toxique &#187;&lt;/i&gt; (Carnegieeurope.eu, 28 juin). Elle a mille fois raison aussi quand elle ass&#232;ne dans la foul&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Au contraire, ils doivent contester les fausses affirmations selon lesquelles l'immigration entra&#238;ne une augmentation du ch&#244;mage, du crime et du terrorisme. En ne le faisant pas, ils amplifient le r&#233;cit populiste &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit du 28 au 29 juin dernier, les membres du Conseil europ&#233;en n'ont pas r&#233;sist&#233; &#224; la pression ; Orban, Salvini, Seehofer les ont conduits &#224; amplifier le r&#233;cit populiste. Ils ont, par les conclusions qu'ils ont adopt&#233;es, confirm&#233; que de nouveaux fascistes en puissance avaient mis le pied dans la porte en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il appartient d&#232;s lors aux d&#233;mocrates europ&#233;ens, de partout en Europe, d'entrer en r&#233;sistance face aux d&#233;rives qui mettent en jeu non seulement l'Union, mais la paix sur notre continent &#224; terme. Il leur faut se souvenir que, ainsi que l'a &#233;crit Henri Lastenouse, &lt;i&gt;&#171; le projet europ&#233;en r&#233;pond historiquement et quasi ontologiquement &#224; l'exp&#233;rience des r&#233;gimes fascistes en Europe au cours du XXe si&#232;cle &#187;&lt;/i&gt; (T&#233;moignage Chr&#233;tien, 28 juin). Il leur faut entrer en r&#233;sistance pacifique en se souvenant de ceux qui, les armes &#224; la main dans la R&#233;sistance des ann&#233;es 40, voulaient b&#226;tir sur les d&#233;combres fumants de la Seconde Guerre mondiale une f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne au service de ses citoyens. Ce que le Conseil europ&#233;en n'a jamais voulu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Michel Theys, journaliste professionnel sp&#233;cialis&#233; dans les Affaires europ&#233;ennes et auteur, vit en Belgique. Il est actuellement &#233;ditorialiste de l'Agence Europe et depuis longtemps le responsable de la Biblioth&#232;que europ&#233;enne, un suppl&#233;ment &#224; ses Bulletins quotidiens. La participation de Michel &#224; F&#233;d&#233;hoses est volontaire et amicale de m&#234;me que strictement personnelle En accord avec lui et sur sa suggestion nous tenons &#224; pr&#233;ciser que l'article ci-dessous est issu de deux &#233;ditos de l'Agence Europe parus en juin dernier et remani&#233;s par ses soins. Qu'il en soit remerci&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Non, le pass&#233; n'est pas mort pour tout le monde&#8230;</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Non-le-passe-n-est-pas-mort-pour-tout-le-monde</link>
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		<dc:date>2018-05-01T15:45:09Z</dc:date>
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		<dc:creator>Michel Theys</dc:creator>


		<dc:subject>Le Regard europ&#233;en de Michel THEYS</dc:subject>

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&lt;p&gt;Il est des dossiers qui am&#232;nent &#224; penser que l'information n'est rien d'autre qu'une fantastique poup&#233;e-gigogne, une matriochka un peu inqui&#233;tante. Certains m&#233;dias &#8211; pas tous, tant est ch&#233;rie l'information dite &#171; de proximit&#233; &#187; par les temps qui courent &#8211; ont rendu compte de mani&#232;re d'un arr&#234;t qui a &#233;t&#233; r&#233;cemment rendu par la Cour europ&#233;enne de justice au sujet de l'accord de p&#234;che liant l'Union europ&#233;enne et le Maroc jusqu'en juillet prochain. Cette information ne n&#233;cessitait, d'un point de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-178-Avril-2018-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 178 - Avril 2018&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Le-Regard-europeen-de-Michel-THEYS-+" rel="tag"&gt;Le Regard europ&#233;en de Michel THEYS&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est des dossiers qui am&#232;nent &#224; penser que l'information n'est rien d'autre qu'une fantastique poup&#233;e-gigogne, une matriochka un peu inqui&#233;tante. Certains m&#233;dias &#8211; pas tous, tant est ch&#233;rie l'information dite &#171; de proximit&#233; &#187; par les temps qui courent &#8211; ont rendu compte de mani&#232;re d'un arr&#234;t qui a &#233;t&#233; r&#233;cemment rendu par la Cour europ&#233;enne de justice au sujet de l'accord de p&#234;che liant l'Union europ&#233;enne et le Maroc jusqu'en juillet prochain. Cette information ne n&#233;cessitait, d'un point de vue europ&#233;en, aucune &#233;laboration particuli&#232;re. Toutefois, ailleurs dans le monde, un arr&#234;t des juges europ&#233;ens peut parfois nourrir des articles et commentaires dont le ton, la tournure et les sous-entendus rel&#232;vent d'un temps que beaucoup d'Europ&#233;ens pensaient r&#233;volu pour de bon. Il ne l'est pas partout dans le monde...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas le cas pour le journaliste marocain qui ouvre sa d&#233;p&#234;che par ces mots : &lt;i&gt;&#171; La justice europ&#233;enne que le Polisario et l'Alg&#233;rie voulaient manipuler pour servir leurs vils desseins a tranch&#233; dans le vif en rendant, mardi, un arr&#234;t qui ne reconna&#238;t aucun r&#244;le &#224; l'organisation mercenaire et &#224; ses complices &#187;&lt;/i&gt; (MAP, 1 er mars). Et notre confr&#232;re de se f&#233;liciter dans la foul&#233;e que la Cour de justice soit rest&#233;e insensible &lt;i&gt;&#171; au tintamarre cr&#233;&#233; par l'appareil propagandiste du polisario &lt;i&gt;le P majuscule &#233;tant soigneusement &#233;vit&#233;...&lt;/i&gt;, relay&#233; en transe par les scribouillards de la presse alg&#233;rienne, ma&#238;tres de l'esbrouffe &#187;&lt;/i&gt;. Voil&#224; qui change du ton sobre auquel sont habitu&#233;s les fid&#232;les de la presse europ&#233;enne de qualit&#233; et qui rappelle que, pour beaucoup de pays n'ayant pas la chance de vivre dans l'Union, la r&#233;alit&#233; reste celle de contentieux toujours susceptibles de tourner en conflits. Du coup, l'information y demeure souvent sous la menace d'avoir &#224; s'accommoder de doses plus ou moins fortes de propagande, le premier talent du journaliste &#233;tant alors de rendre celle-ci la moins pesante et la plus cr&#233;dible possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que fait le confr&#232;re marocain en rapportant simplement, sans s'appesantir, que l'ambassadeur du Maroc aupr&#232;s de l'Union, Ahmed Reda Chami, s'est f&#233;licit&#233; du fait que la Cour de justice n'ait pas adh&#233;r&#233; &lt;i&gt;&#171; aux analyses politiques de son avocat g&#233;n&#233;ral &#187;. Cette information est d'autant moins suspecte qu'elle s'est trouv&#233;e &#233;galement relay&#233;e par l'eurod&#233;put&#233; fran&#231;ais Gilles Pargneaux : la Cour de justice &#171; s'&#233;loigne des analyses politiques de l'avocat g&#233;n&#233;ral et &#233;vacue un vocabulaire tout &#224; fait inappropri&#233; (...) &#187;&lt;/i&gt;, a communiqu&#233; celui qui pr&#233;side le groupe d'amiti&#233; Union europ&#233;enne&#8211;Maroc. Le fait que, cette fois, les conclusions de l'avocat g&#233;n&#233;ral, g&#233;n&#233;ralement suivies par la Cour, aient &#233;t&#233; r&#233;vis&#233;es pourrait inciter &#224; penser qu'il n'y a pas eu de fum&#233;e sans feu...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que l'on quitte le domaine de l'information stricto sensu pour p&#233;n&#233;trer dans un espace o&#249; se croisent d'autres publicistes m&#226;tin&#233;s d'activistes, les uns avan&#231;ant &#224; visi&#232;re d&#233;couverte, d'autres relevant d'officines o&#249; le secret (d'&#201;tat ?) n'est bris&#233; que pour gagner &#224; la cause d&#233;fendue, quitte &#224; discr&#233;diter s'il le faut. C'est l&#224;, par exemple, qu'il s'est murmur&#233; que l'avocat g&#233;n&#233;ral &#8211; et ancien ministre belge &#8211; Melchior Wathelet aurait pu, dans la r&#233;daction de ses conclusions, se laisser influencer par un membre de son cabinet &#171; coupable &#187; d'avoir, par ses activit&#233;s professionnelles pr&#233;c&#233;dentes, fr&#233;quent&#233; des personnes proches d'Alger, donc hostiles au Maroc sur la question du Sahara occidental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'autres de glisser aussi que ce r&#233;f&#233;rendaire aurait pu, par l'arr&#234;t escompt&#233; (et finalement largement rectifi&#233;), chercher &#224; servir les int&#233;r&#234;ts de la Gr&#232;ce face &#224; la Turquie dans le dossier chypriote. Comme le dit la sagesse populaire, m&#233;disez, m&#233;disez, il en restera toujours quelque chose... Ce qu'il reste de parfaitement tangible, c'est l'int&#233;r&#234;t que ce dossier relatif &#224; la p&#234;che europ&#233;enne au large des c&#244;tes du Sahara occidental a suscit&#233; dans un autre pays pas tout &#224; fait de la r&#233;gion : Isra&#235;l ! Ce dossier en apparence marginal y a fait l'objet d'une couverture impressionnante. Et fortement int&#233;ress&#233;e. Ainsi, dans Israel Hayom, Eran Bar-Tal rappelle ce constat de son r&#233;dacteur en chef, Boaz Bismuth, qui fut un temps ambassadeur d'Isra&#235;l en Mauritanie : &lt;i&gt;&#171; Le Sahara occidental est important pour le Maroc presque comme l'est J&#233;rusalem pour Isra&#235;l &#187;&lt;/i&gt;. Ayant &#233;t&#233; en poste dans un pays jouxtant le territoire d&#233;sertique qui oppose le Maroc au Front Polisario soutenu par l'Alg&#233;rie, cet ancien diplomate sait &#233;videmment de quoi il parle. C'est vrai, les dirigeants marocains tiennent au Sahara occidental comme &#224; la prunelle de leurs yeux. Toutefois, ont-ils r&#233;ellement besoin d'alli&#233;s qui ne se joignent &#224; la cause qu'&#224; des fins int&#233;ress&#233;es ? Et qui agissent tels des &#233;l&#233;phants &#233;gar&#233;s dans un magasin de porcelaine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomiste Eran Bar-Tal observe ainsi que dans l'histoire de l'Europe, &#171; le nom de code &#8216;droits de l'homme' l'emporte toujours sur les int&#233;r&#234;ts eux-m&#234;mes &#187; et que, dans ce cadre, &#171; il est plut&#244;t facile pour les groupes de d&#233;fense des droits de l'homme de trouver le juge qui sera sympathique &#224; leur cause et de d&#233;poser leur plainte devant le tribunal de ce juge &#187;. Qui le pol&#233;miste vise-t-il ? La High Court of Justice qui a pr&#233;f&#233;r&#233; poser une question pr&#233;judicielle &#224; la Cour de justice plut&#244;t que de dire que l'accord de p&#234;che entre l'Union europ&#233;enne et le Maroc &#233;tait invalide ? L'avocat g&#233;n&#233;ral Wathelet qui inclinait &#224; le penser ? Un peu tout le monde sans doute, tant il est vrai que quand il est question de foi, la tentation est toujours de se dire que dieu reconna&#238;tra les siens...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'occurrence, c'est bien de (mauvaise) foi qu'il s'agit. En atteste l'article en forme de cocktail Molotov lanc&#233; par une certaine Irina Tsukerman dans le Jerusalem Post. Selon cette personne pr&#233;sent&#233;e comme une &lt;i&gt;&#171; avocate et analyste des droits de l'homme et de la s&#233;curit&#233; nationale ayant beaucoup &#233;crit sur le Maroc et les questions de souverainet&#233;, de droits de l'homme et g&#233;opolitiques qui y sont li&#233;es &#187;&lt;/i&gt;, l'Union europ&#233;enne a l'immense tort de consid&#233;rer &lt;i&gt;&#171; les territoires contest&#233;s de Jud&#233;e et Samarie comme &#034;occup&#233;s&#034; &#187;&lt;/i&gt;. D&#232;s lors, un arr&#234;t de la Cour trop favorable aux th&#232;ses du Polisario aurait pu avoir des &lt;i&gt;&#171; implications juridiques &#187;&lt;/i&gt; fort g&#234;nantes pour Isra&#235;l. Nul doute, &#224; ses yeux, qu'un arr&#234;t d&#233;favorable au Maroc aurait incit&#233; l'Union &lt;i&gt;&#171; &#224; utiliser la m&#234;me tactique pour aider les Palestiniens &#187;&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que, ass&#232;ne cette dame peu allergique aux amalgames, les revendications de souverainet&#233; du Polisario comme celles des Palestiniens sont &lt;i&gt;&#171; historiquement douteuses &#187;&lt;/i&gt;, elles qui &lt;i&gt;&#171; provenaient de mouvements de lib&#233;ration soutenus par les Sovi&#233;tiques, visant &#224; d&#233;stabiliser et &#224; d&#233;l&#233;gitimiser les pays pro-occidentaux &#187;&lt;/i&gt;. Aujourd'hui, les activistes au service des droits de l'homme restent, selon elle, &lt;i&gt;&#171; inspir&#233;s par les r&#233;volutionnaires communistes et islamistes &#187;&lt;/i&gt;, l'Alg&#233;rie tirant les ficelles dans le cas du Sahara occidental. C'est pourquoi la plainte d&#233;pos&#233;e par la Western Sahara Campaign au Royaume-Uni pr&#233;sentait, selon elle, tous les risques de d&#233;boucher sur &lt;i&gt;&#171; un abus de pouvoir d'un juge activiste &#187;&lt;/i&gt; et pouvait amener l'Union &#224; appliquer la m&#234;me recette de boycott concernant Isra&#235;l et les Territoires occup&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; &#224; quels d&#233;lires peut conduire un arr&#234;t de la Cour de justice. Heureusement, dans sa sagesse, le juge europ&#233;en a tenu &#224; la fois l'&#233;glise, la mosqu&#233;e et le temple au milieu du village. Mais comment ne pas &#234;tre tent&#233; de rappeler aux responsables marocains qu'il est parfois judicieux de demander &#224; dieu qu'il nous prot&#232;ge surtout de nos... (faux) amis, tant les outrances d&#233;plac&#233;es de leur appui pourraient desservir la cause qui est la leur...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Michel Theys, journaliste professionnel sp&#233;cialis&#233; dans les Affaires europ&#233;ennes et auteur, vit en Belgique. Il est actuellement &#233;ditorialiste de l'Agence Europe et depuis longtemps le responsable de la Biblioth&#232;que europ&#233;enne, un suppl&#233;ment &#224; ses Bulletins quotidiens. La participation de Michel &#224; F&#233;d&#233;hoses est volontaire et amicale de m&#234;me que strictement personnelle&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>De Saint Nicolas &#224; des conventions citoyennes instrumentalis&#233;es ?</title>
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		<dc:creator>Michel Theys</dc:creator>



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&lt;p&gt;Voici quelques semaines, pour les &#171; enfants &#187; sages europ&#233;ens, Saint Nicolas est pass&#233; avec 24h de retard, le 7 d&#233;cembre seulement. Mais au moins, il est pass&#233; cette ann&#233;e-l&#224;, lui qui les boudait de mani&#232;re syst&#233;matique depuis de si nombreuses ann&#233;es. Cette fois, il est revenu sous les traits de Martin Schulz, l'ancien pr&#233;sident du Parlement europ&#233;en devenu le patron &#8211; confirm&#233; le m&#234;me jour &#8211; du Parti social-d&#233;mocrate allemand. De sa hotte, le pr&#233;sident du SPD a sorti un cadeau que m&#234;me les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-177-Decembre-2017-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 177 - D&#233;cembre 2017&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voici quelques semaines, pour les &#171; enfants &#187; sages europ&#233;ens, Saint Nicolas est pass&#233; avec 24h de retard, le 7 d&#233;cembre seulement. Mais au moins, il est pass&#233; cette ann&#233;e-l&#224;, lui qui les boudait de mani&#232;re syst&#233;matique depuis de si nombreuses ann&#233;es. Cette fois, il est revenu sous les traits de Martin Schulz, l'ancien pr&#233;sident du Parlement europ&#233;en devenu le patron &#8211; confirm&#233; le m&#234;me jour &#8211; du Parti social-d&#233;mocrate allemand. De sa hotte, le pr&#233;sident du SPD a sorti un cadeau que m&#234;me les plus optimistes des Europ&#233;ens n'esp&#233;raient pas ; il a en m&#234;me temps envoy&#233; un cadeau empoisonn&#233; &#224; Angela Merkel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; contrec&#339;ur, le congr&#232;s du SPD a accept&#233; d'entamer des n&#233;gociations afin que puisse &#234;tre donn&#233; &#224; l'Allemagne un gouvernement sans qu'il soit n&#233;cessaire de repasser par la case &#233;lections, ce qui aurait fait vraisemblablement les choux gras de la tr&#232;s nationaliste et extr&#233;miste Alternative pour l'Allemagne. L'esprit de responsabilit&#233; a donc pr&#233;valu &#224; ce stade. Toutefois, les jeux sont loin d'&#234;tre faits. Ils ne l'&#233;taient ni sur le plan int&#233;rieur, ni sur le plan europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan int&#233;rieur, bien malin qui pouvait alors certifier que les n&#233;gociations ouvertes entre les &#233;missaires des chr&#233;tiens-d&#233;mocrates, des chr&#233;tiens-sociaux bavarois et des sociaux-d&#233;mocrates m&#232;neraient &#224; la constitution d'un gouvernement de coalition. L'hypoth&#232;se d'un gouvernement minoritaire avec les seuls conservateurs aux affaires restait parfaitement possible, tant les militants du SPD continuaient &#224; manifester peu d'app&#233;tence pour un nouvel &#233;pisode de gouvernement sous la houlette d'Angela Merkel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'il faut en partie comprendre les exigences qui ont &#233;t&#233; formul&#233;es par Martin Schulz sur le plan europ&#233;en. Il va de soi que se d&#233;clarer favorable &#224; la cr&#233;ation d'un ministre europ&#233;en des Finances &#171; qui mette fin &#224; la concurrence fiscale d&#233;loyale &#187; ne pouvait que susciter le trouble dans un parti qui se veut le garant intransigeant de la bonne tenue des comportements budg&#233;taires des &#201;tats membres de la zone euro. S'entendre lancer &#224; la figure que l'Union europ&#233;enne &#171; ne peut se permettre quatre nouvelles ann&#233;es de politique europ&#233;enne allemande &#8216;&#224; la Sch&#228;uble' &#187; relevait naturellement, pour Mme Merkel et ses amis, de la provocation pure et simple. De l&#224; &#224; penser qu'une nouvelle grande coalition pouvait relever, elle, de l'illusion, il n'y a qu'un pas qu'il &#233;tait tentant de franchir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, ce cadeau empoisonn&#233; au plan int&#233;rieur a &#233;t&#233; aussi &#8211; et surtout &#8211; un magnifique cadeau offert &#224; ceux qui ne satisfont pas de l'Europe corset&#233;e par les gouvernements nationaux. En demandant que l'Allemagne accepte d'&#339;uvrer &#224; la cr&#233;ation, d'ici 2025, d'&#201;tats-Unis d'Europe dot&#233;s d'une Constitution qui soit &#233;labor&#233;e par une Convention impliquant &#171; les gens et la soci&#233;t&#233; civile &#187;, Martin Schulz n'a pas seulement mis la chanceli&#232;re Angela Merkel au d&#233;fi de prouver concr&#232;tement la v&#233;ritable nature et port&#233;e de son engagement europ&#233;en : il est all&#233; &#8216;un pont plus loin' encore qu'Emmanuel Macron dans la reconnaissance que le statu quo et l'ambig&#252;it&#233; cultiv&#233;s avec constance par les &#201;tats n'est plus de saison. Ce qu'il a signifi&#233; &#224; toute l'Europe par son annonce inattendue, c'est que le statu quo est une impasse qui se r&#233;v&#232;lera mortif&#232;re pour l'Union europ&#233;enne si ses citoyens ne l'en sortent pas rapidement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que convient-il de penser de certaines des id&#233;es de M. Schulz ? Du bien, lorsqu'il est question de la n&#233;cessit&#233; urgente d'une harmonisation fiscale et sociale. De nourrir des doutes lorsqu'il sugg&#232;re que les pays refusant de signer la Constitution se retrouveraient purement et simplement &#224; la porte, alors qu'ils resteraient membres de l'Union europ&#233;enne. Sans doute pense-t-il que cette Constitution europ&#233;enne, comme celle de Philadelphie aux &#201;tats-Unis, n'aura &#224; &#234;tre ratifi&#233;e que par &#190; des actuels &#201;tats membres de l'Union pour entrer en vigueur, ce qui serait effectivement une bonne chose mais ne dit rien, &#224; ce stade, de ce qu'il conviendrait de faire avec le &#8216;vieille' Union europ&#233;enne, toujours en vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade, concentrons-nous toutefois sur le souhait de M. Schulz qu'une Convention citoyenne soit charg&#233;e de r&#233;diger cette Constitution. Voil&#224; qui renvoie aux &#171; conventions d&#233;mocratiques &#187; qui ont &#233;t&#233; pr&#244;n&#233;es par le pr&#233;sident Macron afin de donner la parole aux citoyens et, partant, de les rapprocher de l'Europe telle qu'on la construit en leur nom. &#192; la lecture d'un (tr&#232;s int&#233;ressant) rapport d'information qui vient d'&#234;tre d&#233;pos&#233; par la commission des affaires europ&#233;ennes de l'Assembl&#233;e nationale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il appara&#238;t que le temps n'est pas encore venu qu'ils puissent la construire eux-m&#234;mes tels qu'ils la veulent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dit ce rapport &#233;labor&#233; la d&#233;put&#233;e Val&#233;rie Gomez-Bassac ? Que la parole donn&#233;e aux citoyens devrait &#234;tre tr&#232;s s&#233;rieusement encadr&#233;e. Ainsi, l'organisation de ces conventions dans les &#201;tats membres se fondrait sur une &#171; Charte inter&#233;tatique &#187; dont des &#171; comit&#233;s nationaux de pilotage &#187; veilleraient au respect. Le but serait de &lt;i&gt;&#171; cr&#233;er un mouvement ascendant des citoyens vers les &#233;lus &#187;&lt;/i&gt;, ceux-ci entendant en tout cas rester ceux qui s&#233;parent en d&#233;finitive le bon grain et l'ivraie. &#192; titre d'exemple, Uwe Corsepius, conseiller d'Angela Merkel sur les questions europ&#233;ennes, a sugg&#233;r&#233; que le Bundestag soit associ&#233; &#224; ces conventions &lt;i&gt;&#171; en vertu de la proximit&#233; des d&#233;put&#233;s avec leurs concitoyens au sein de leurs circonscriptions, ainsi que du statut de M. Wolfgang Scha&#252;ble, actuel pr&#233;sident du Bundestag et grand Europ&#233;en aux yeux de nombreux Allemands &#187;&lt;/i&gt;. C'est assez dire si la tentation de l'instrumentalisation de la parole citoyenne sera grande dans la plupart des capitales. &#192; en croire l'auteure de cet &#233;difiant rapport, c'est particuli&#232;rement le cas en Hongrie o&#249;... &#171; des organisations de la soci&#233;t&#233; civile rencontr&#233;es sur place &#187; sont d'un avis diam&#233;tralement oppos&#233; &#224; celui des autorit&#233;s gouvernementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question qui se pose d'ores et d&#233;j&#224; est donc de savoir, au-del&#224; des beaux discours, quelle marge de man&#339;uvre sera r&#233;ellement accord&#233;e aux citoyens europ&#233;ens. &lt;i&gt;&#171; Ces conventions d&#233;mocratiques ne peuvent pas aboutir &#224; un changement des trait&#233;s fondateurs &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;cr&#232;te ainsi l'&#233;lue fran&#231;aise de la R&#233;publique en marche avant d'ajouter qu'il n'est &lt;i&gt;&#171; pas pertinent que la prise en compte des priorit&#233;s politiques des citoyens europ&#233;ens aboutisse &#224; une modification des trait&#233;s &#187;&lt;/i&gt;. Voil&#224; qui ressemble fort &#224; un d&#233;bat qui serait cadenass&#233; d&#232;s le d&#233;part, donc inutile !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait loisible d'en rire si l'on ne prenait pas la mesure de la d&#233;fiance citoyenne envers les &#233;lus et les &#233;lites nationales et europ&#233;ennes, et envers l'Europe qui est leur &#339;uvre. Le nationalisme renaissant en est la cons&#233;quence. Tout proc&#232;de du fait que &lt;i&gt;&#171; les d&#233;mocraties restent nationales &#187;&lt;/i&gt;, comme vient de le relever l'ancien pr&#233;sident du Conseil europ&#233;en Herman Van Rompuy, alors que certaines comp&#233;tences majeures ont depuis longtemps &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;es au niveau europ&#233;en, sans qu'il y ait transfert &#224; ce niveau de la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique qu'il eut fallu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que le d&#233;put&#233; fran&#231;ais &#8211; et ancien brillant d&#233;put&#233; europ&#233;en &#8211; Jean-Louis Bourlanges a fort joliment fait observer &#224; ses pairs de la commission des affaires europ&#233;ennes de l'Assembl&#233;e nationale : par l'organisation des conventions citoyennes, &lt;i&gt;&#171; nous devons aider les Europ&#233;ens, nos concitoyens, et nous-m&#234;mes, &#224; r&#233;pondre &#224; la question suivante : qu'est-ce qui doit &#234;tre sp&#233;cifiquement fait au niveau de l'Europe ? Pourquoi y a-t-il des choses que l'on doit faire &#224; ce niveau-l&#224; et pas au niveau national ou mondial, et quelles sont ces choses ? Tant que les gens ne se feront pas une id&#233;e concr&#232;te de la pertinence du niveau europ&#233;en par rapport aux probl&#232;mes de leur vie quotidienne, nous labourerons la mer &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne pas labourer la mer plus longtemps, il ne faut en aucune mani&#232;re vouloir brider la parole des citoyens : il faut entendre leurs demandes et leurs critiques. &#171; Il faut remplir l'id&#233;e europ&#233;enne avec des r&#234;ves, des utopies, de la joie &#187;, a lanc&#233; le cin&#233;aste Wim Wenders, pr&#233;sident de l'Acad&#233;mie europ&#233;enne du cin&#233;ma. Il faut, en clair, que le monde politique donne carte blanche aux citoyens, qu'il sorte de son &#233;tat d'esprit actuel tel que d&#233;crit par l'essayiste et historien belge David Van Reybrouck : &lt;i&gt;&#171; Il y a une forme de m&#233;fiance dans le syst&#232;me politique actuel. Il y a un snobisme, un &#233;litisme, un colonialisme largement r&#233;pandu dans les cercles qui d&#233;tiennent le pouvoir aujourd'hui. Et qui est bas&#233; sur une crainte, une ignorance de ce que les gens normaux sont capables de faire &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut, en somme, que les citoyens puissent prendre &#171; eux-m&#234;mes l'initiative de la transgression en &#233;crivant, ville par ville, leurs projets de constitution d'une R&#233;publique d'Europe &#187;, explique l'&#233;conomiste fran&#231;ais Bernard Barthalay, ce complice de Fedechoses ajoutant aussit&#244;t : &lt;i&gt;&#171; Au demos de se constituer et de placer les &#201;tats et les partis devant ce dilemme : dissoudre le peuple ou se lib&#233;rer de leur peur des &#201;tats-Unis d'Europe &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Michel Theys, journaliste professionnel sp&#233;cialis&#233; dans les Affaires europ&#233;ennes et auteur, vit en Belgique. Il est actuellement &#233;ditorialiste de l'Agence Europe et depuis longtemps le responsable de la Biblioth&#232;que europ&#233;enne, un suppl&#233;ment &#224; ses Bulletins quotidiens. La participation de Michel &#224; F&#233;d&#233;hoses est volontaire et amicale de m&#234;me que strictement personnelle .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.assemblee-nationale.fr/15/europe/rap-info/i0482.asp&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.assemblee-nationale.fr/15/europe/rap-info/i0482.asp&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Quand des chiffres trompeurs appellent un nouveau Bismarck !</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Quand-des-chiffres-trompeurs-appellent-un-nouveau-Bismarck</link>
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		<dc:date>2017-09-29T06:09:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Theys</dc:creator>


		<dc:subject>Le Regard europ&#233;en de Michel THEYS</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au sens propre comme au sens figur&#233;, le 31 mai dernier a &#233;t&#233; ensoleill&#233;. Il y a d'abord eu le commissaire Pierre Moscovici qui, pr&#233;sentant le &#171; papier de r&#233;flexion &#187; de la Commission sur l'approfondissement de la zone euro, a soulign&#233; la n&#233;cessit&#233; d'agir afin que la monnaie unique soit un &#171; v&#233;ritable v&#233;hicule de prosp&#233;rit&#233; partag&#233;e &#187;. &#8216;Enfin', aurait-il pu ajouter afin d'&#234;tre entendu par les citoyens qui, il a raison, pourraient bien finir par vouloir sinon la remettre en cause pour de bon. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-176-Septembre-2017-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 176 - Septembre 2017&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Le-Regard-europeen-de-Michel-THEYS-+" rel="tag"&gt;Le Regard europ&#233;en de Michel THEYS&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au sens propre comme au sens figur&#233;, le 31 mai dernier a &#233;t&#233; ensoleill&#233;. Il y a d'abord eu le commissaire Pierre Moscovici qui, pr&#233;sentant le &#171; papier de r&#233;flexion &#187; de la Commission sur l'approfondissement de la zone euro, a soulign&#233; la n&#233;cessit&#233; d'agir afin que la monnaie unique soit un &#171; v&#233;ritable v&#233;hicule de prosp&#233;rit&#233; partag&#233;e &#187;. &#8216;Enfin', aurait-il pu ajouter afin d'&#234;tre entendu par les citoyens qui, il a raison, pourraient bien finir par vouloir sinon la remettre en cause pour de bon. Le m&#234;me jour, &#224; Francfort, le Pr&#233;sident de la Banque centrale europ&#233;enne, Mario Draghi, a pu se r&#233;jouir de l'embellie &#233;conomique mise en lumi&#232;re par la derni&#232;re fourn&#233;e de chiffres de l'office statistique Eurostat qui, n'en d&#233;plaise &#224; ses d&#233;tracteurs allemands, ne sont pas un d&#233;saveu de la politique mon&#233;taire accommodante dont il est le d&#233;fenseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, comme le soleil, certains chiffres peuvent &#234;tre trompeurs. S'il faut &#233;videmment se r&#233;jouir que le ch&#244;mage n'ait plus touch&#233; &#8216;que' 9,3% de la population active au sein de la zone euro en mai, ne faut-il pas aussi &#8211; et m&#234;me surtout ! &#8211; compatir au sort des 15,6 millions de femmes et d'hommes qui restent en rade ? La pr&#233;tendue embellie rend-elle plus acceptable les taux de ch&#244;mage astronomiques qui frappent toujours les Espagnols ou les Grecs notamment, les jeunes de ces pays en particulier ? Sans doute se trouvera-t-il pour le pr&#233;tendre des technocrates d&#233;connect&#233;s de la vraie vie, celle qui est parfois synonyme, pour certains, de privations et de larmes, de pr&#233;carit&#233; et de sant&#233; d&#233;clinante car pas soign&#233;e, et on en passe... Il s'en trouvera aussi pour justifier que le quasi plein-emploi pr&#233;valant en Allemagne (3,9% de ch&#244;meurs) s'y accommode, selon le Fonds mon&#233;taire international, d'une &#171; lente augmentation g&#233;n&#233;rale du risque de pauvret&#233; &#187;, de travailleurs vivant sous le seuil de pauvret&#233; dont la seule consolation est peut-&#234;tre de se savoir un peu mieux lotis que les Grecs &#224; la pension rabot&#233;e &#224; moins de 500 &#8364;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;missement &#233;conomique il y a, mais sur le papier seulement, pas dans la vie de la majorit&#233; des &#8216;gens' qui sont l'immense majorit&#233; des citoyens europ&#233;ens. Ceux-ci, dans tous les pays membres de la zone euro, p&#226;tissent depuis le d&#233;but de la d&#233;cennie d'une politique dogmatique appliqu&#233;e sans discernement, ni l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique. Alors, oui, le commissaire Moscovici a mille fois raison quand il juge que &#171; le statu quo n'est plus une option &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le statu quo reviendrait &#224; permettre &#224; l'Allemagne &#8211; et, &#224; sa suite, aux rigoristes nordiques &#8211; de continuer &#224; imposer une politique qui, selon Desmond Cohen, ancien doyen de l'Ecole des sciences sociales de l'Universit&#233; du Sussex, &#171; a directement contribu&#233; &#224; des ann&#233;es de faible croissance &#233;conomique et de ch&#244;mage &#233;lev&#233; dans l'Union europ&#233;enne, en particulier pour d'autres pays de la zone euro &#187;. Il reviendrait &#224; accepter que Berlin truste tous les postes importants dans le domaine &#233;conomico-mon&#233;taire, &#224; savoir que le banquier central allemand Jens Weidmann soit tout naturellement adoub&#233; pour succ&#233;der &#224; Mario Draghi &#224; la pr&#233;sidence de la Banque centrale europ&#233;enne en 2019 alors que son compatriote Klaus Regling a &#233;t&#233; tr&#232;s r&#233;cemment reconduit pour cinq ans &#224; la t&#234;te du M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233; appel&#233; &#224; venir en aide aux pays de la zone euro menac&#233;s de faillite. Il reviendrait &#224; permettre que l'aide promise &#224; la Gr&#232;ce reste sans fin &#224; la merci du bras de fer entre le Fonds mon&#233;taire international et le Dr. Schauble sur la question de savoir si une dette de 179% du produit int&#233;rieur brut est soutenable ou non. Plus jamais la solidarit&#233; avec la Gr&#232;ce &#8211; ou de tout autre pays qui, &#224; l'avenir, pourrait &#234;tre contraint d'appeler &#224; l'aide &#8211; ne devra &#234;tre prise en otage par des &#233;lections allemandes dont l'&#233;pargnant est davantage le roi que les travailleurs pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refuser le statu quo, ce serait engager sans tarder un d&#233;bat sans &#339;ill&#232;res ni interdits afin que la gestion de la zone euro devienne enfin transparente et pleinement d&#233;mocratique. Ce d&#233;bat peut s'engager &#224; la lumi&#232;re des id&#233;es avanc&#233;es par la Commission dans son &#171; papier de r&#233;flexion &#187;, mais il devrait aussi s'en affranchir, se r&#233;v&#233;ler plus audacieux, tant il est vrai que, &#224; l'&#233;vidence, &#171; la responsabilit&#233; de la sortie de crise doit &#234;tre partag&#233;e entre d&#233;biteurs et cr&#233;diteurs, entre territoires d&#233;ficitaires et territoires exc&#233;dentaires, comme c'est le cas &#224; l'int&#233;rieur des &#201;tats &#187;. Ce point de vue, l'&#233;conomiste et f&#233;d&#233;raliste fran&#231;ais Bernard Barthalay le ponctue par cette invitation qui sonne comme un coup de tonnerre : &#171; Alors, amis allemands, il faut non seulement r&#233;viser votre doctrine &#233;conomique officielle &#8211; votre soi-disant &#8216;constitution' &#233;conomique &#8211; mais il faut r&#233;viser aussi votre id&#233;e d'une Europe sans stabilisateurs automatiques, sans transferts &#187; (Facebook, 31 mai). Ce sont l&#224; autant de sujets tabous &#224; Berlin ? Oui, mais la zone euro peut-elle plus longtemps s'apparenter &#224; une simple zone mark trompeusement par&#233;e d'un peu d'atours europ&#233;ens, dont les gouvernants allemands restent les ma&#238;tres incontest&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me n'est pas allemand, il est europ&#233;en. Il est li&#233; &#224; la malfa&#231;on originelle de la zone euro, quand les dirigeants politiques ont accept&#233; de partager leur souverainet&#233; mon&#233;taire mais ont jalousement gard&#233; intacte leur souverainet&#233; &#233;conomique et budg&#233;taire. Les ch&#244;meurs et travailleurs pauvres de tous les pays de la zone euro en paient cruellement le prix aujourd'hui, sans que les &#233;lections nationales puissent y changer quoi que ce soit, tant il est vrai que seuls les &#233;lecteurs... allemands le pourraient &#8211; et encore ! &#8211; dans l'&#233;tat actuel des trait&#233;s. Voil&#224; pourquoi la vague du populisme a menac&#233; de recouvrir beaucoup de pays europ&#233;ens, tant il est vrai que l'Union s'est trop longtemps aussi pr&#233;occup&#233;e des seuls gagnants de la mondialisation, loin des &#8216;petites gens' qui peinent et souffrent. D'o&#249; cette mise en garde en forme d'appel &#224; la raison r&#233;cemment lanc&#233; &#224; l'Institut universitaire europ&#233;en de Florence par le philosophe et &#233;conomiste Philippe van Parijs : &#171; Si l'Union europ&#233;enne doit &#233;chapper au pi&#232;ge o&#249; elle est tomb&#233;e, si elle doit &#233;viter un destin de chaos et d'agonie auto-inflig&#233;e, elle doit devenir une Union attentionn&#233;e et &#234;tre per&#231;ue comme telle &#187; (Social Europe, 24 mai). Pour cet intellectuel belge, il lui incombe, pour y parvenir, de poser un geste &#171; sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire de l'humanit&#233; : mettre en place un dispositif de redistribution transnational et interpersonnel &#187;, ce qui ne serait rien d'autre que d'agir comme Bismarck l'avait fait en son temps sous la pression de protestations violentes. Ce qui est une mani&#232;re &#233;l&#233;gante de demander &#224; la chanceli&#232;re Angela Merkel, &#224; Wolfgang Scha&#252;ble et &#224; tous les dirigeants politiques europ&#233;ens, ceux de la zone euro en premier lieu, s'ils pensent r&#233;ellement que l'Union sera capable de survivre sans changements radicaux...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Michel Theys, journaliste professionnel sp&#233;cialis&#233; dans les Affaires europ&#233;ennes et auteur, vit en Belgique. Il est actuellement &#233;ditorialiste de l'Agence Europe et depuis longtemps le responsable de la Biblioth&#232;que europ&#233;enne, un suppl&#233;ment &#224; ses Bulletins quotidiens. La participation de Michel &#224; F&#233;d&#233;hoses est volontaire et amicale de m&#234;me que strictement personnelle&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>De l'insuffisance des progr&#232;s &#224; la parole confisqu&#233;e du citoyen&#8230; </title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/De-l-insuffisance-des-progres-a-la-parole-confisquee-du-citoyen</link>
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		<dc:date>2017-01-14T09:05:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Theys</dc:creator>


		<dc:subject>Le Regard europ&#233;en de Michel THEYS</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le journaliste qui signe ces lignes couvre l'information europ&#233;enne depuis 38 ans, ayant &#233;crit ses premiers papiers europ&#233;ens sous la Pr&#233;sidence danoise de 1978. Depuis lors, comme journaliste, il n'a plus cess&#233; d'observer la mani&#232;re dont l'Europe se construit. En 38 ans, l'Europe a beaucoup progress&#233;. Il est bien loin le temps o&#249; on lui parlait de Serpent mon&#233;taire europ&#233;en ou de Syst&#232;me mon&#233;taire europ&#233;en ; depuis, aux ann&#233;es d'europessimisme et d'euromorosit&#233; ont succ&#233;d&#233; les ann&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-174-Decembre-2016-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 174 &#8211; D&#233;cembre 2016&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Le-Regard-europeen-de-Michel-THEYS-+" rel="tag"&gt;Le Regard europ&#233;en de Michel THEYS&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L150xH79/arton581-8e4c5.jpg?1730364105' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le journaliste qui signe ces lignes couvre l'information europ&#233;enne depuis 38 ans, ayant &#233;crit ses premiers papiers europ&#233;ens sous la Pr&#233;sidence danoise de 1978. Depuis lors, comme journaliste, il n'a plus cess&#233; d'observer la mani&#232;re dont l'Europe se construit. En 38 ans, l'Europe a beaucoup progress&#233;. Il est bien loin le temps o&#249; on lui parlait de Serpent mon&#233;taire europ&#233;en ou de Syst&#232;me mon&#233;taire europ&#233;en ; depuis, aux ann&#233;es d'europessimisme et d'euromorosit&#233; ont succ&#233;d&#233; les ann&#233;es Delors, avec le grand march&#233; int&#233;rieur sans fronti&#232;res, puis la proc&#233;dure par &#233;tapes qui a conduit &#224; la naissance de la monnaie unique, la lente gestation aussi de l'Espace de libert&#233;, de s&#233;curit&#233; et de justice, l'extension g&#233;ographique permanente de l'Union aussi. Pourtant, avec le recul, toutes ces avanc&#233;es ont-elles &#233;t&#233; en d&#233;finitive de bonnes choses ? &#192; bien y regarder, peut-&#234;tre pas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La zone euro, c'est aujourd'hui la crise des dettes souveraines ; une politique d'aust&#233;rit&#233; qui est le miel des populistes et autres extr&#233;mistes et nationalistes ; la mise &#224; mal aussi de l'approche communautaire au profit de l'approche intergouvernementale qui veut que la loi du plus fort est toujours la meilleure ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'espace Schengen, c'est aujourd'hui le retour des fronti&#232;res et des barbel&#233;s face &#224; la vague des r&#233;fugi&#233;s ; c'est, pire, le refus de la solidarit&#233; avec les &#201;tats membres qui sont en premi&#232;re ligne, la Gr&#232;ce et l'Italie &#233;tant laiss&#233;es quasiment seules pour g&#233;rer cette probl&#233;matique humaine dramatique ; c'est l'&#233;vidente remont&#233;e, un peu partout en Europe, des r&#233;flexes x&#233;nophobes et/ou racistes ; c'est la peur du terrorisme djihadiste que les &#201;tats membres ne se donnent pas les moyens d'attaquer ensemble ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le March&#233; unique, c'est un espace o&#249; les travailleurs de pays moins prosp&#232;res viennent &#171; voler &#187; le travail d'autres Europ&#233;ens ; c'est un espace o&#249; les &#201;tats jouent la carte de la concurrence fiscale entre eux de mani&#232;re &#233;hont&#233;e pour attirer les entreprises, l'affaire Apple en disant long, par exemple, sur la mani&#232;re dont les dirigeants nationaux con&#231;oivent aujourd'hui leur devoir de loyaut&#233; par rapport &#224; leurs partenaires europ&#233;ens, alors que tous les gouvernements sont peu ou prou engag&#233;s dans une course au moins disant fiscal parfaitement scandaleuse ; c'est un espace que beaucoup de citoyens europ&#233;ens per&#231;oivent comme l'antichambre d'une mondialisation d&#233;brid&#233;e au seul service des multinationales et d'1 % &#224; peine de l'humanit&#233;&#8230;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, aujourd'hui, parce qu'il y a eu progr&#232;s, mais progr&#232;s insuffisant, progr&#232;s incomplet, de la construction europ&#233;enne, il ne se passe plus un mois sans que l'Union se voie contest&#233;e par davantage de citoyens europ&#233;ens. Pour des franges de plus en plus importantes de la population, le r&#234;ve europ&#233;en est mort. C'est ce que l'essayiste belge Jean Cornil a parfaitement saisi quand il a observ&#233; que l'actuel &lt;i&gt;&#171; d&#233;sert des valeurs &#187;&lt;/i&gt; que devient l'Union &lt;i&gt;&#171; r&#233;anime la pulsion tribale, le repli sur des identit&#233;s closes, la ref&#233;odalisation sur le terroir et la famille &#187;&lt;/i&gt;. Ce sont autant de ph&#233;nom&#232;nes qui n'&#233;pargnent aucun &#201;tat membre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que, &#224; bien y regarder, la d&#233;mocratie est malade dans presque tous les pays de l'Union. Toutes les d&#233;mocraties semblent atteintes d'un mal qui provoque l'insatisfaction sournoise et grandissante de leurs citoyens. Partout pr&#233;vaut en tout cas un temps de fatigue d&#233;mocratique, ainsi que l'a dit France Strat&#233;gie pour la France. Et il para&#238;t &#233;vident que, sur le plan des id&#233;es, il y a, ainsi que l'a dit le Pr. Sylvain Kahn, &lt;i&gt;&#171; colonisation culturelle des partis d&#233;mocratiques classiques par les forces populistes et nationalistes &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#234;ques fran&#231;ais ont r&#233;cemment estim&#233; que &lt;i&gt;&#171; la crise de la politique est d'abord une crise de confiance envers ceux qui sont charg&#233;s de veiller au bien commun et &#224; l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#187;&lt;/i&gt;. C'est sans doute vrai au plan national, mais ce l'est bien plus encore au niveau europ&#233;en. Pour quelle raison ? Tout simplement parce que les citoyens sont priv&#233;s du droit d'y devenir le peuple souverain ! Les citoyens ressentent confus&#233;ment &#8211; mais tr&#232;s nettement : la mont&#233;e en puissance des populistes, nationalistes et autres extr&#233;mistes en atteste on ne peut plus clairement &#8211; qu'ils n'ont pas voix au chapitre lorsqu'il est question d'Europe. La r&#233;alit&#233; est que 28 d&#233;mocraties nationales, 27 tr&#232;s bient&#244;t, se coalisent pour emp&#234;cher qu'une d&#233;mocratie europ&#233;enne digne de ce nom, de cette appellation, ne voie le jour !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains objecteront sans doute qu'il y a le Parlement europ&#233;en, &#233;lu d&#233;mocratiquement tous les cinq ans. C'est vrai. Mais comment ne pas voir que ces &#233;lections pr&#233;tendument &#171; europ&#233;ennes &#187; ne sont en r&#233;alit&#233; que des scrutins nationaux de seconde zone ? Il n'y a pas de l&#233;gislation &#233;lectorale commune et, surtout, les partis politiques n'accordent qu'une attention relative &#224; ces scrutins, lesquels passent souvent inaper&#231;us de ce fait. Dans le cas de la France, on peut m&#234;me parler de d&#233;mocratie confisqu&#233;e puisque les citoyens n'ont pas le choix d'&#233;lire qui ils veulent : sur la liste de leur choix, ils ne peuvent que valider l'ordre des candidats &#233;tabli par le parti. C'est de la particratie triomphante, un d&#233;ni d&#233;mocratique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, dans les faits, dans l'Union europ&#233;enne, la parole des citoyens est confisqu&#233;e par les partis politiques, par les dirigeants nationaux. Ceux-ci s'expriment en leur nom, sans aucunement leur demander leur avis ! Partis et dirigeants nationaux instrumentalisent le projet europ&#233;en ; ils le font souvent au d&#233;triment des vrais int&#233;r&#234;ts des citoyens, de leurs concitoyens. Qui oserait pr&#233;tendre, par exemple, qu'un FBI europ&#233;en ne les prot&#233;gerait pas beaucoup mieux de la menace djihadiste que 28 polices nationales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Claude Juncker a d&#233;cr&#233;t&#233; r&#233;cemment, &#224; propos des &#171; &#201;tats-Unis d'Europe &#187; : &lt;i&gt;&#171; Les peuples n'en veulent pas ! &#187;&lt;/i&gt; Qui le lui a dit ? Marine Le Pen ? Theresa May ? Les souverainistes de droite et de gauche ? Sans doute. C'est la preuve que le discours politique traditionnel est pollu&#233; aujourd'hui, partout en Europe, par les forces populistes et extr&#233;mistes ! Ce sont elles qui donnent le &#171; la &#187; ! Le citoyen europ&#233;en, lui, n'a rien dit, parce qu'on ne lui demande pas son avis. Et si on le lui demande, c'est de mani&#232;re vicieuse, dans le cadre d'un r&#233;f&#233;rendum national qui ouvre &#233;videmment toutes grandes les portes &#224; un &#171; non &#187;. Un &#171; non &#187; non pas &#224; l'Europe, au projet europ&#233;en, mais au dirigeant national qui pose la question. Le r&#233;f&#233;rendum national sur un sujet europ&#233;en est devenu en r&#233;alit&#233; un instrument de chantage permanent &#224; la disposition des partis europhobes ; les partis d&#233;mocratiques s'en accommodent parce qu'il leur permet de laisser entendre que, non, d&#233;cid&#233;ment, le peuple ne veut pas des &#201;tats-Unis d'Europe ou, du moins, d'une int&#233;gration plus pouss&#233;e. De la sorte, en confisquant la voix du peuple, de tous les peuples de l'Union, les dirigeants nationaux se conf&#232;rent le droit de g&#233;rer l'Europe &#224; leur guise, en fonction de leurs int&#233;r&#234;ts politiques personnels et non pas des int&#233;r&#234;ts bien compris des citoyens de leur pays &#8211; qui sont pourtant, ils l'oublient ou, du moins, ne veulent pas le savoir, aussi des citoyens europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incarnation de cette confiscation de la parole des citoyens, ce sont les ministres, les membres des ex&#233;cutifs. C'est Manuel Valls qui, lors du 20e anniversaire de la Fondation Notre Europe lanc&#233;e par Jacques Delors, lance qu'il faut &lt;i&gt;&#171; dire non aux &#201;tats-Unis d'Europe r&#234;v&#233;s par Victor Hugo &#187;&lt;/i&gt; et continuer &#224; croire aux &lt;i&gt;&#171; nations qui sont un rep&#232;re dans le monde qui change si vite &#187;&lt;/i&gt;. Vous jugerez de la coh&#233;rence de son raisonnement en apprenant que, dans la foul&#233;e, l'ancien Premier ministre a bien d&#251; admettre que, &lt;i&gt;&#171; bien s&#251;r, face aux grandes nations qui &#233;mergent ou qui reviennent sur le devant de la sc&#232;ne mondiale, les Europ&#233;ens seront plus faibles sans union puissante &#187;&lt;/i&gt;. Le message est clair : pour beaucoup de dirigeants nationaux, tout doit &#234;tre sacrifi&#233; au culte de la souverainet&#233; nationale &#8211; ce m&#234;me au d&#233;triment des int&#233;r&#234;ts bien compris des citoyens qui sont les compatriotes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est le b&#233;n&#233;ficiaire de cette forme de hold-up dont sont victimes les citoyens europ&#233;ens ? Le monarque collectif qu'est devenu le Conseil europ&#233;en ! Pour accr&#233;diter ce point de vue, appelons &#224; la barre deux personnalit&#233;s politiques fran&#231;aises qui pointent un doigt accusateur sur cette (d&#233;sormais) institution &#8211; elle a &#233;t&#233; reconnue comme telle dans le Trait&#233; de Lisbonne &#8211; et n'ont pas de mots assez durs pour stigmatiser la glissade antid&#233;mocratique dont se rendent coupables les chefs d'&#201;tat et de gouvernement :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Sylvie Goulard d'abord, pour qui, &lt;i&gt;&#171; par leurs h&#233;sitations et leurs arrangements opaques, ceux-l&#224; m&#234;me qui devraient fortifier l'Europe sont devenus les artisans de son malheur &#187;&lt;/i&gt;, &#224; savoir &lt;i&gt;&#171; un monarque absolu inefficace &#187;&lt;/i&gt;. Et la parlementaire europ&#233;enne de conclure en ces termes : &lt;i&gt;&#171; En faisant main basse sur l'Europe, les dirigeants nationaux assoient leur pouvoir mais ne servent ni l'Europe ni l'int&#233;r&#234;t national &#187;&lt;/i&gt;. CQFD.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jean-Louis Bourlanges, qui enseigne &#224; Sciences Po apr&#232;s avoir &#233;t&#233; lui aussi d&#233;put&#233; europ&#233;en, n'est pas moins s&#233;v&#232;re, lui qui d&#233;nonce &lt;i&gt;&#171; les princes eurosceptiques qui nous gouvernent depuis 20 ans &#187;&lt;/i&gt;, tous coupables de s'&#234;tre &lt;i&gt;&#171; ing&#233;ni&#233;s &#224; court-circuiter le syst&#232;me communautaire &#187;&lt;/i&gt; en redonnant vie au Congr&#232;s de Vienne sous la forme du Conseil europ&#233;en. D'o&#249; cette condamnation bien sentie : &lt;i&gt;&#171; Ce syst&#232;me primitif de r&#233;union des dirigeants nationaux qui, dans sa forme la plus achev&#233;e, prend ses fausses d&#233;cisions &#224; l'unanimit&#233;, en dehors de toute pr&#233;paration collective en amont, de toute association parlementaire en parall&#232;le et de tout vrai contr&#244;le juridictionnel en aval est l'absolue n&#233;gation de celui que l'Union a re&#231;u de ses fondateurs, un syst&#232;me qui combine le pouvoir d'initiative d'une institution commune, la Commission, la prise de d&#233;cision des &#201;tats &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e, l'association pleine et enti&#232;re d'une instance parlementaire &#233;lue au suffrage universel et le contr&#244;le d'une juridiction impartiale et respect&#233;e &#187;&lt;/i&gt;. Difficile de trouver procureur plus implacable &#8211; ce qui n'emp&#234;che pas certains dirigeants politiques fran&#231;ais d'avoir r&#234;v&#233; r&#233;cemment &#224; un Conseil europ&#233;en dot&#233; d'une administration &#224; son service afin de pouvoir se passer de la Commission et &#224; un Parlement&#8230; renationalis&#233; comme avant 1979 !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le Conseil europ&#233;en s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#234;tre une nuisance majeure depuis qu'il est sorti de son r&#244;le qui &#233;tait de donner des impulsions et, parfois, d'avoir &#224; trancher des diff&#233;rends au niveau minist&#233;riel. Il en est une car il a pris, par exemple, sans en r&#233;f&#233;rer &#224; personne, la d&#233;cision de ne plus choisir le pr&#233;sident de la Commission que parmi ceux fr&#233;quentant ou ayant fr&#233;quent&#233; ce c&#233;nacle. Donc, plus question d'un Delors, seulement des personnages falots, un Barroso par exemple, qui savent l&#233;cher la main qui les a adoub&#233;s. Au passage, voil&#224; peut-&#234;tre pourquoi Juncker est de temps en temps critiqu&#233; dans certaines capitales : il n'a pas &#233;t&#233; choisi par le seul Conseil europ&#233;en&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil europ&#233;en est aussi une nuisance d&#233;mocratique car, au d&#233;tour de la crise grecque, accuse le philosophe allemand J&#252;rgen Habermas, il s'est rendu coupable d'un &lt;i&gt;&#171; &#233;videmment du processus d&#233;mocratique &#187; en ayant consacr&#233; sur le plan budg&#233;taire une &#171; auto-habilitation des ex&#233;cutifs dans une proportion jusqu'ici inconnue &#187;&lt;/i&gt;. Permettez au journaliste de traduire &lt;i&gt;&#171; &#233;videmment du processus d&#233;mocratique &#187;&lt;/i&gt; par, ni plus ni moins, coup d'&#201;tat des ex&#233;cutifs ! Hormis &#224; Copenhague et &#224; Londres, le contr&#244;le des ex&#233;cutifs pour les actes pos&#233;s au plan europ&#233;en rel&#232;ve en effet de la farce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y a-t-il d&#232;s lors encore quelques raisons d'esp&#233;rer ? &#192; l'heure actuelle, beaucoup de monde aurait l&#233;gitimement tendance &#224; r&#233;pondre par la n&#233;gative. Peut-&#234;tre faut-il toutefois prendre en compte cet enseignement pr&#234;t&#233; &#224; Albert Einstein : &lt;i&gt;&#171; On ne r&#233;sout pas un probl&#232;me avec les modes de pens&#233;e qui l'ont engendr&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Et permettez au journaliste de vous proposer une nouvelle traduction : le probl&#232;me existentiel qu'endure l'Union europ&#233;enne ne pourra &#234;tre r&#233;solu si l'on ne prend pas la Bastille des temps modernes, si l'on ne prend pas le ch&#226;teau de Versailles de la souverainet&#233; nationale qu'est le Conseil europ&#233;en ! Comment penser, en effet, qu'une sortie par le haut de la crise actuelle puisse &#234;tre le fait des responsables politiques nationaux qui instrumentalisent l'Union en fonction de leurs int&#233;r&#234;ts et au rythme des ukases des forces populistes et extr&#233;mistes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc d'urgence changer de logiciel. Comment ? D'abord, il faut miser sur la soci&#233;t&#233; civile et non plus pr&#234;ter attention aux bas instincts de l'opinion publique tels que les relaient les t&#233;nors populistes de droite et de gauche. Ensuite, diff&#233;rentes pistes sont envisageables. Par exemple, Emmanuel Macron a propos&#233;, afin de &lt;i&gt;&#171; recr&#233;er la confiance &#187;&lt;/i&gt;, d'organiser &#171; une convention d&#233;mocratique pendant six mois ou un an &#187; dans les 27 pays de l'Union afin de &lt;i&gt;&#171; r&#233;interroger les gens sur ce qu'ils attendent &#187;&lt;/i&gt; &#8211; il eut selon moi mieux valu dire &#171; interroger &#187; &#8211; afin de pouvoir construire &#171; un projet politique commun, pas une somme illisible manipul&#233;e par tous &#187;. Ce serait effectivement un pas dans la bonne direction. Il y a aussi les Verts europ&#233;ens qui proposent d'organiser une &lt;i&gt;&#171; Assembl&#233;e instituante europ&#233;enne &#187;&lt;/i&gt;. Celle-ci serait &lt;i&gt;&#171; compos&#233;e de citoyens tir&#233;s au sort &#187;&lt;/i&gt; et aurait pour mission de tenter de faire &#233;merger &lt;i&gt;&#171; l'id&#233;e d'une communaut&#233; de destin dont les membres se sentent redevables les uns vis-&#224;-vis des autres &#187;&lt;/i&gt;. C'est int&#233;ressant aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, permettez au journaliste de sortir un peu de son r&#244;le pour apporter sa pierre au projet de reconstruction de l'Europe qui s'av&#232;re aujourd'hui indispensable si l'on ne veut pas voir mourir l'&#339;uvre de Monnet et Schuman. Elle est simple : elle consisterait &#224; convoquer une Convention europ&#233;enne o&#249; ne si&#233;geraient que des jeunes de moins de 35 ou 40 ans. Il leur reviendrait de dire dans quelle Europe ils veulent, demain, vivre, travail, aimer, eux qui sont apr&#232;s tout les premiers int&#233;ress&#233;s. Voil&#224; qui en tout cas, permettrait d'entendre enfin la voix de vrais citoyens et de conna&#238;tre leurs aspirations, pas celles de 28 gouvernements nationaux agripp&#233;s &#224; leurs semblants de pouvoir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Commission europ&#233;enne. R&#233;union du Conseil europ&#233;en &#224; Bruxelles en f&#233;vrier 2011 &#8211; Photo : &#928;&#961;&#969;&#952;&#965;&#960;&#959;&#965;&#961;&#947;&#972;&#962; &#964;&#951;&#962; &#917;&#955;&#955;&#940;&#948;&#945;&#962; (Creative Commons).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entre utopies et complot</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Entre-utopies-et-complot</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Entre-utopies-et-complot</guid>
		<dc:date>2016-07-06T07:37:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Theys</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il y a, chez le penseur belge Philippe Van Parijs, du Janus. Il y a chez lui &#224; la fois l'accoucheur de mondes meilleurs et l'apprenti sorcier dogmatique qui suscite le noir d&#233;sespoir. Voici 500 ans, Thomas More publiait &#224; Louvain son petit livre L'utopie. Pour c&#233;l&#233;brer cet anniversaire, l'Universit&#233; catholique de Louvain (-la-Neuve) a demand&#233; &#224; Philippe Van Parijs de faire de 2016 une &#171; Ann&#233;e d'utopies pour le temps pr&#233;sent &#187;, &#224; savoir d'organiser des &#233;v&#233;nements qui invitent la communaut&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-172-Juin-2016-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 172 - Juin 2016 &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a, chez le penseur belge Philippe Van Parijs, du Janus. Il y a chez lui &#224; la fois l'accoucheur de mondes meilleurs et l'apprenti sorcier dogmatique qui suscite le noir d&#233;sespoir. Voici 500 ans, Thomas More publiait &#224; Louvain son petit livre L'utopie. Pour c&#233;l&#233;brer cet anniversaire, l'Universit&#233; catholique de Louvain (-la-Neuve) a demand&#233; &#224; Philippe Van Parijs de faire de 2016 une &#171; Ann&#233;e d'utopies pour le temps pr&#233;sent &#187;, &#224; savoir d'organiser des &#233;v&#233;nements qui invitent la communaut&#233; universitaire &#224; sortir des sentiers battus. Il lui faut, a-t-il expliqu&#233; dans un entretien accord&#233; &#224; Guy Duplat du quotidien &lt;i&gt;La Libre Belgique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Libre Belgique du samedi 3 et dimanche 4 octobre 2015, pp. 58/59.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &lt;i&gt;&#171; oser imaginer un monde meilleur, contribuer &#224; le faire advenir et &#233;quiper nos &#233;tudiants pour qu'ils puissent eux aussi y &#339;uvrer &#187;&lt;/i&gt;. Cette initiative est &#224; saluer, tout comme doit l'&#234;tre la d&#233;signation comme &#171; Monsieur Loyal &#187; de l'&#233;conomiste et philosophe Philippe Van Parijs qui, ainsi que le rappelle le journal, a &#233;t&#233; &#224; l'origine de nombreux combats utopiques ces derni&#232;res ann&#233;es. Nous en retiendrons deux ici, afin de bien faire percevoir les deux faces du Janus&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, il y a son combat pers&#233;v&#233;rant en faveur de l'allocation universelle, que d'aucuns appellent le revenu de citoyennet&#233;. &lt;i&gt;&#171; Cette id&#233;e m'est venue en 1982 &#187;&lt;/i&gt;, a-t-il d&#233;clar&#233; au journal. Vraiment ? Van Parijs serait-il donc l'inventeur de cette belle utopie, comme &lt;i&gt;La Libre&lt;/i&gt; le laisse &#224; entendre ? Pas du tout ! N'y voyez toutefois pas une intention maligne du professeur de tromper son monde, mais seulement un exemple tr&#232;s parlant de la d&#233;cadence d'une presse &#233;crite (et pas qu'elle, d'ailleurs&#8230;) condamn&#233;e &#224; la superficialit&#233; au nom d'une rentabilit&#233; de plus en plus illusoire. La phrase qui suit imm&#233;diatement en atteste jusqu'&#224; un point qui frise le grotesque puisque Van Parijs discerne la premi&#232;re r&#233;f&#233;rence &#224; l'allocation universelle en Belgique dans un &lt;i&gt;&#171; document non sign&#233;, r&#233;dig&#233; en flamand et confisqu&#233; par la police dans les Marolles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quartier populaire de Bruxelles.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en 1948, quelques jours apr&#232;s l'expulsion de Marx hors de Bruxelles &#187;&lt;/i&gt;. Marx expuls&#233; en 1948, le pauvre : avoir &#224; subir une deuxi&#232;me expulsion cent ans apr&#232;s la premi&#232;re, voil&#224; qui fait beaucoup pour un seul homme&#8230; Non, Philippe Van Parijs est un lettr&#233; qui sait fort bien d'o&#249; vient l'id&#233;e d'allocation universelle, cette utopie n&#233;e lors de la R&#233;volution fran&#231;aise. M&#234;me s'il occulte totalement l'apport d'Alexandre Marc et des personnalistes/f&#233;d&#233;ralistes int&#233;graux de France au cours de l'entre-deux guerres, la conf&#233;rence qu'il a donn&#233;e &#224; Montpellier au d&#233;but de l'ann&#233;e &#8211; et qui est visible int&#233;gralement sur YouTube&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Agora des Savoirs - Philippe Van Parijs - L'allocation universelle, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du c&#244;t&#233; &#171; Agora des savoirs &#187; &#8211; montre bien l'immense actualit&#233; de cette id&#233;e &#224; l'heure o&#249; le syst&#232;me de la solidarit&#233; fond&#233;e sur le travail arrive &#224; ses limites et o&#249; les r&#233;flexes &#233;go&#239;stes redeviennent une r&#232;gle mortif&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me avec Philippe Van Parijs, c'est qu'il est travaill&#233; par une autre utopie, nettement contestable celle-ci. Dans son entretien avec le journaliste Guy Duplat, il rompt une nouvelle lance, en effet, en faveur de l'&#233;tablissement de l'anglais comme &lt;i&gt;lingua franca&lt;/i&gt;, comme langue commune au sein de l'Union europ&#233;enne (UE). C'est, ass&#232;ne-t-il, une &lt;i&gt;&#171; condition indispensable pour cr&#233;er un d&#233;mos europ&#233;en &#187;&lt;/i&gt;. Comment un homme aussi intelligent peut-il soutenir une th&#232;se pareille ? Il convient d'abord de lui signaler que son id&#233;e pourrait presque appara&#238;tre pittoresque aujourd'hui, alors que les possibilit&#233;s de voir les Britanniques quitter le navire europ&#233;en n'ont jamais &#233;t&#233; aussi grandes. Il resterait bien s&#251;r les Irlandais &#8211; et peut-&#234;tre, un jour ou l'autre, les &#201;cossais &#8211; mais rien, vraiment rien, au strict plan europ&#233;en, ne justifierait que leur idiome soit davantage privil&#233;gi&#233; que le croate, le basque ou le&#8230; n&#233;erlandais ! Il faut ensuite lui rappeler un fait d'histoire. &#201;t&#233; 1952 : la Haute Autorit&#233; &#8211; la Commission d'aujourd'hui &#8211; de la premi&#232;re Communaut&#233; europ&#233;enne, celle du charbon et de l'acier, s'installe &#224; Luxembourg. Son Vice-pr&#233;sident belge, Albert Copp&#233;, un flamand de Bruges &#8211; mais c'&#233;tait un temps o&#249; l'&#233;lite de la partie nord de ce pays parlait parfois beaucoup mieux le fran&#231;ais que certains francophones d'aujourd'hui&#8230; &#8211; adresse sa premi&#232;re note au pr&#233;sident Monnet en n&#233;erlandais. Il revendique ainsi d'embl&#233;e que le n&#233;erlandais devienne, tout comme l'italien, une langue officielle de la Communaut&#233;. Son combat n'a pas &#233;t&#233; vain : sans doute lui doit-on peu ou prou, aujourd'hui, le fait que toutes les langues nationales des Vingt-huit soient reconnues comme langues officielles de l'Union. Ce n'est pas anodin car c'est ce qui diff&#233;rencie radicalement l'UE des organisations internationales. Dans l'Union, un citoyen slov&#232;ne peut s'adresser &#224; une institution europ&#233;enne dans sa langue, et il lui sera obligatoirement r&#233;pondu dans sa langue ! Ce n'est pas le cas dans les organisations internationales classiques, par exemple aux Nations unies o&#249; seules six langues officielles pr&#233;valent. Donc, la citoyennet&#233; europ&#233;enne est sexu&#233;e linguistiquement ; suivre Van Parijs reviendrait &#224; l'&#233;masculer ! Dans l'Union des Vingt-huit, l'anglais est la &lt;i&gt;lingua franca&lt;/i&gt; des &#233;lites politico-administratives. C'est par ce biais linguistique que cette &#233;lite a &#171; appris &#187; &#224; se parler &#8211; se comprendre, c'est autre chose. Dont acte. Mais les citoyens ne sont pas fatalement les &#233;lites et n'ont pas tous vocation &#224; le devenir. L'objectif de Jean Monnet, Van Parijs devrait s'en souvenir, n'&#233;tait pas de coaliser des Etats, mais bien d'unir des peuples. Or, on n'attrape pas plus des mouches avec du vinaigre, la sagesse populaire le dit, qu'on n'attrapera les citoyens avec le seul anglais qui, que Van Parijs le veuille ou non, reste un corps &#233;tranger dans la culture de beaucoup de citoyens europ&#233;ens. &#192; vouloir aveugl&#233;ment l'imposer, les institutions, Commission en t&#234;te, ne commettent pas seulement une erreur coupable par rapport aux vis&#233;es humanistes du projet europ&#233;en, elles commettent une faute ! Van Parijs aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais s'agit-il vraiment d'une erreur coupable et/ou d'une faute ? Ne s'agit-il pas plut&#244;t du fruit d'un complot, en tout cas d'une strat&#233;gie m&#251;rement r&#233;fl&#233;chie dans le monde anglo-saxon ? Ainsi, certains veulent que Pr&#233;sident am&#233;ricain Eisenhower aurait, dans les ann&#233;es 1950, voulu que la supr&#233;matie politico-&#233;conomique des &#201;tats-Unis dans le monde soit consolid&#233;e par une offensive culturelle et, partant, linguistique afin de devenir durable. Strat&#233;gie incontestablement payante : la culture hollywoodienne triomphe sur tous nos &#233;crans et jusque dans certaines assiettes, gr&#226;ce &#224; la McDonaldisation. De la sorte, la culture am&#233;ricaine a fait le lit du triomphe de l'anglais dans le monde de l'&#233;conomie, de la finance, des multinationales et, m&#234;me, des sciences. Aujourd'hui, un universitaire qui ne publie pas en anglais est vou&#233; &#224; l'anonymat, hormis rares exceptions. Revenons &#224; l'histoire. Universit&#233; de Harvard, le 6 septembre 1943. Ce jour-l&#224;, Winston Churchill re&#231;oit un dipl&#244;me d'honneur et prononce un discours. Que dit-il ? Que l'anglais, cette langue commune qui a &#233;t&#233; donn&#233;e aux Britanniques et aux Am&#233;ricains, est &lt;i&gt;&#171; un h&#233;ritage commun sans prix &#187;&lt;/i&gt; et qu'il se pourrait bien que cette langue &lt;i&gt;&#171; devienne un jour la base d'une cit&#233; commune &#187;&lt;/i&gt;. Simple propos de circonstance ? Non, v&#233;ritable projet politique : &lt;i&gt;&#171; Je ne vois pas, ajoute Churchill, pourquoi nous ne tenterions pas d'&#233;tendre notre langue plus loin encore &#224; travers le monde, ni pourquoi, sans chercher des avantages &#233;go&#239;stes sur autrui, nous ne profiterions pas de cette pr&#233;cieuse amiti&#233; et de cet h&#233;ritage &#187;&lt;/i&gt;. On est l&#224; dans le registre d'une &#171; qualit&#233; &#187; reconnue bien volontiers aux Anglais, la perfidie, puisque Churchill ajoute aussit&#244;t qu'Am&#233;ricains et Britanniques devraient &#233;tendre l'usage de l'anglais afin qu'ils &lt;br class='autobr' /&gt;
puissent, lors de leurs voyages dans le monde, &lt;i&gt;&#171; trouver partout un moyen, aussi primitif soit-il, d'expression et d'entente &#187;&lt;/i&gt;, ce qui, pour le Premier ministre britannique de l'&#233;poque, permettrait aussi de &lt;i&gt;&#171; profiter &#224; bien d'autres races et favoriser le d&#233;veloppement d'une structure nouvelle pour le maintien de la paix &#187;&lt;/i&gt;. Et Winston Churchill de conclure que &lt;i&gt;&#171; de tels projets assurent des conqu&#234;tes plus heureuses que celles que moissonnent les voleurs de territoires ou de pays &#233;trangers, les oppresseurs et les exploiteurs &#187;&lt;/i&gt;, le tout &#233;tant ponctu&#233; par un vibrant : &lt;i&gt;&#171; Les empires de l'avenir sont des empires de l'esprit &#187;&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, la question s'impose : l'Europe n'est-elle pas devenue, victime consentante ou, &#224; tout le moins, coupablement ignorante, une partie de cet &#171; empire de l'esprit &#187; ? Et Philippe Van Parijs, qui dirige la Chaire Hoover &#224; l'Universit&#233; catholique de Louvain, n'est-il pas un&#8230; agent contemporain z&#233;l&#233; de ce conditionnement de l'Europe et du monde ? Est-il, &#224; ce titre, l'un de ceux charg&#233;s de concr&#233;tiser la &#171; proph&#233;tie &#187; d'un proche conseiller de Tony Blair, Charles Grant, qui avait annonc&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 2.000 dans un opuscule intitul&#233; L'avenir de l'UE : une vision optimiste, le triomphe absolu de la langue anglaise au sein du monde des institutions europ&#233;ennes et assur&#233; que celle-ci serait tr&#232;s vite reconnue langue unique de travail et de communication de l'Union ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-il y avoir de fum&#233;e sans feu ? Peut-&#234;tre. Que Van Parijs se souvienne toutefois qu'aux Assises, des pr&#233;venus se voient parfois condamn&#233;s sur la base d'un faisceau de pr&#233;somptions&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Michel Theys est journaliste ind&#233;pendant. &#8211; Responsable de la &#171; Biblioth&#232;que europ&#233;enne &#187;, suppl&#233;ment hebdomadaire de l'Agence Europe &#8211; Bruxelles&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Libre Belgique&lt;/i&gt; du samedi 3 et dimanche 4 octobre 2015, pp. 58/59.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quartier populaire de Bruxelles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=1g4k-8pgNqo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Agora des Savoirs - Philippe Van Parijs - L'allocation universelle, bricolage ou r&#233;volution ?&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alain Mal&#233;garie, Alain R&#233;guillon - L'Euro : un succ&#232;s inachev&#233;</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Alain-Malegarie-Alain-Reguillon-L</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Alain-Malegarie-Alain-Reguillon-L</guid>
		<dc:date>2013-01-26T11:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Theys</dc:creator>


		<dc:subject>Un peu de lecture f&#233;d&#233;raliste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ed. Presse F&#233;d&#233;raliste - Carnet d'Europe - n&#176; 3 / 4, 2012 - Lyon - pp. 131, 12 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire aussi : L'euro, un succ&#232;s inachev&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt; Ce num&#233;ro de Carnet d'europe &#8212; une revue, explique son directeur, Alain R&#233;guillon, qui &#171; n'a pas vocation &#224; &#234;tre politiquement correcte, mais &#224; susciter l'interrogation et les r&#233;actions de celles et de ceux qui ont vraiment &#224; coeur de faire progresser la construction de l'Union vers un Etat f&#233;d&#233;ral &#187; &#8212; est, de bout en bout, une d&#233;fense vibrante de la monnaie unique (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-157-Septembre-2012-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 157 &#8212;2012/09&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Un-peu-de-lecture-federaliste-+" rel="tag"&gt;Un peu de lecture f&#233;d&#233;raliste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ed. Presse F&#233;d&#233;raliste - Carnet d'Europe - n&#176; 3 / 4, 2012 - Lyon - pp. 131, 12 &#8364;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi : &lt;a href='https://www.pressefederaliste.eu/euro-succes-inacheve' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'euro, un succ&#232;s inachev&#233; ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce num&#233;ro de Carnet d'europe &#8212; une&lt;br class='autobr' /&gt;
revue, explique son directeur, Alain&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;guillon, qui &#171; n'a pas vocation &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#234;tre politiquement correcte, mais &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
susciter l'interrogation et les&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;actions de celles et de ceux qui ont&lt;br class='autobr' /&gt;
vraiment &#224; coeur de faire progresser&lt;br class='autobr' /&gt;
la construction de l'Union vers un&lt;br class='autobr' /&gt;
Etat f&#233;d&#233;ral &#187; &#8212; est, de bout en bout,&lt;br class='autobr' /&gt;
une d&#233;fense vibrante de la monnaie&lt;br class='autobr' /&gt;
unique et une d&#233;nonciation&lt;br class='autobr' /&gt;
v&#233;h&#233;mente des dirigeants politiques&lt;br class='autobr' /&gt;
nationaux qui, pour pr&#233;server &#171; leur&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvoir intra-muros &#187;, ont refus&#233; de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'utiliser pour ce qu'elle &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
v&#233;ritablement, &#224; savoir un tremplin&lt;br class='autobr' /&gt;
vers une Europe politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
l'introduction, les auteurs en tirent&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; la triste morale (&#8230;) qu'il ne faut&lt;br class='autobr' /&gt;
jamais sous-estimer la r&#233;sistance&lt;br class='autobr' /&gt;
passive ou active de certains&lt;br class='autobr' /&gt;
politiciens qui ne reculent devant&lt;br class='autobr' /&gt;
rien pour satisfaire des ambitions&lt;br class='autobr' /&gt;
purement nationales, sans se&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;occuper des effets de leurs&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;cisions, ni pour leurs partenaires,&lt;br class='autobr' /&gt;
ni pour leurs peuples &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les&lt;br class='autobr' /&gt;
dirigeants politiques fran&#231;ais sont la&lt;br class='autobr' /&gt;
cause principale de leur aigreur, mais&lt;br class='autobr' /&gt;
sans doute convient-il d'&#233;largir le&lt;br class='autobr' /&gt;
champ des coupables, ainsi qu'y&lt;br class='autobr' /&gt;
incitait d&#233;j&#224; un certain&#8230; Machiavel&lt;br class='autobr' /&gt;
voici cinq si&#232;cles : &#171; Et il faut penser&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il n'y a chose &#224; traiter plus&lt;br class='autobr' /&gt;
p&#233;nible, &#224; r&#233;ussir plus douteuse, ni &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
manier plus dangereuse que de&lt;br class='autobr' /&gt;
s'aventurer &#224; introduire de nouvelles&lt;br class='autobr' /&gt;
institutions ; car celui qui les&lt;br class='autobr' /&gt;
introduit a pour ennemis tous ceux&lt;br class='autobr' /&gt;
qui profitent de l'ordre ancien, et n'a&lt;br class='autobr' /&gt;
que des d&#233;fenseurs bien ti&#232;des en&lt;br class='autobr' /&gt;
ceux qui profiteraient du nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laquelle ti&#233;deur vient en partie de la&lt;br class='autobr' /&gt;
peur des adversaires qui ont les lois&lt;br class='autobr' /&gt;
pour eux, en partie aussi de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'incr&#233;dulit&#233; des hommes qui ne&lt;br class='autobr' /&gt;
croient pas v&#233;ritablement aux choses&lt;br class='autobr' /&gt;
nouvelles qu'ils n'en voient d&#233;j&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;alis&#233;e une exp&#233;rience s&#251;re. D'o&#249; il&lt;br class='autobr' /&gt;
na&#238;t que toutes et quantes fois ceux&lt;br class='autobr' /&gt;
qui sont adversaires ont commodit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
d'assaillir, ils le font en ardents&lt;br class='autobr' /&gt;
partisans et les autres se d&#233;fendent&lt;br class='autobr' /&gt;
ti&#232;dement ; en sorte que tout p&#233;riclite&lt;br class='autobr' /&gt;
avec eux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'euro parviendra-t-il &#224; &#233;chapper &#224; ce&lt;br class='autobr' /&gt;
funeste destin ? Selon les auteurs,&lt;br class='autobr' /&gt;
toutes les conditions sont r&#233;unies&lt;br class='autobr' /&gt;
pour qu'il en aille ainsi. Apr&#232;s avoir&lt;br class='autobr' /&gt;
rappel&#233; la longue prestation de la&lt;br class='autobr' /&gt;
monnaie unique depuis la fin des&lt;br class='autobr' /&gt;
ann&#233;es 60, ils s'emploient &#224; mettre&lt;br class='autobr' /&gt;
en lumi&#232;re les apports trop souvent&lt;br class='autobr' /&gt;
occult&#233;s de l'euro qui, entre autres,&lt;br class='autobr' /&gt;
s'est impos&#233; en treize ans &#224; peine&lt;br class='autobr' /&gt;
comme la deuxi&#232;me monnaie&lt;br class='autobr' /&gt;
internationale, l&#224; o&#249; le dollar&lt;br class='autobr' /&gt;
am&#233;ricain avait &#171; mis plus de cent&lt;br class='autobr' /&gt;
ans (&#8230;) pour s'imposer partout dans&lt;br class='autobr' /&gt;
le monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Preuves &#224; l'appui, ils&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;construisent les faux proc&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
intent&#233;s &#224; la monnaie unique, qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
s'agisse des lamentations relatives &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
un euro &#171; trop fort &#187; -alors qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
n'interdit en aucun cas &#224; l'Allemagne&lt;br class='autobr' /&gt;
de s'imposer comme la champione&lt;br class='autobr' /&gt;
des exportations, le probl&#232;me de la&lt;br class='autobr' /&gt;
France n'&#233;tant, d&#232;s lors, que la comp&#233;titivit&#233; de son offre&lt;br class='autobr' /&gt;
exportatrice- ou, plus encore, les&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;criminations relatives &#224; l'inflation&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'aurait suscit&#233;e la monnaie&lt;br class='autobr' /&gt;
unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce propos, Alain Mal&#233;garie
&lt;br /&gt;&#8212; Directeur g&#233;n&#233;ral de l'Institut de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'euro et, &#224; ce titre, membre du&lt;br class='autobr' /&gt;
Comit&#233; national de l'euro mis en&lt;br class='autobr' /&gt;
place en France entre 1996 et 2002&lt;br class='autobr' /&gt;
pour pr&#233;parer l'arriv&#233;e de l'euro- et&lt;br class='autobr' /&gt;
son complice relativisent fortement,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais admettent que certains &#171; europrofiteurs&lt;br class='autobr' /&gt; &#187; ont eu &#171; vraiment l'arrondi&lt;br class='autobr' /&gt;
un peu lourd &#187;, notamment dans la&lt;br class='autobr' /&gt;
grande distribution. Et d'accuser les&lt;br class='autobr' /&gt;
politiques de n'avoir pas&lt;br class='autobr' /&gt;
suffisamment veill&#233; &#224; ce que l'euro&lt;br class='autobr' /&gt;
soit bien accueilli dans l'opinion&lt;br class='autobr' /&gt;
publique : &#171; A circonstances&lt;br class='autobr' /&gt;
exceptionnelles, il fallait une mesure&lt;br class='autobr' /&gt;
exceptionnelle : r&#233;tablir le contr&#244;le&lt;br class='autobr' /&gt;
des prix, avec les autres membres de&lt;br class='autobr' /&gt;
la zone euro &#187;, jugent-ils en pointant&lt;br class='autobr' /&gt;
un doigt accusateur vers les&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; industriels de l'agro-alimentaire et&lt;br class='autobr' /&gt;
de la grande distribution &#187;, coupables&lt;br class='autobr' /&gt;
de s'&#234;tre sucr&#233;s par le biais des&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; marges arri&#232;res &#187;, &#224; savoir des&lt;br class='autobr' /&gt;
ententes d&#233;lictueuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'objet&lt;br class='autobr' /&gt;
principal de leur ressentiment, ce&lt;br class='autobr' /&gt;
sont les dirigeants politiques qui&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; n'ont pas su ou voulu accompagner&lt;br class='autobr' /&gt;
cette monnaie unique, rassurer les&lt;br class='autobr' /&gt;
personnes ag&#233;es ou fragiles, dont&lt;br class='autobr' /&gt;
beaucoup passaient parfois de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'ancien franc&#8230; &#224; l'euro &#187;. En&lt;br class='autobr' /&gt;
l'occurrence, cette d&#233;faillance n'a&lt;br class='autobr' /&gt;
pas &#233;t&#233; que fran&#231;aise, raison pour&lt;br class='autobr' /&gt;
laquelle l'euro &#171; s'est trouv&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
orphelin &#187; et est devenu un &#171; malaim&#233;&lt;br class='autobr' /&gt; &#187; dont certains &#233;tablissent l'acte&lt;br class='autobr' /&gt;
de d&#233;c&#232;s &#224; tout bout de champ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux&lt;br class='autobr' /&gt;
politiques, sondeurs et journalistes&lt;br class='autobr' /&gt;
concern&#233;s, les auteurs r&#233;torquent&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il n'y a aucunement crise de la&lt;br class='autobr' /&gt;
monnaie, seulement &#171; crise de la&lt;br class='autobr' /&gt;
comp&#233;titivit&#233;, de la croissance et&lt;br class='autobr' /&gt;
surtout de la gouvernance politique&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'Europe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, Mal&#233;garie et R&#233;guillon&lt;br class='autobr' /&gt;
montrent de quelle mani&#232;re la crise a&lt;br class='autobr' /&gt;
fait &#171; quand m&#234;me avancer&lt;br class='autobr' /&gt;
l'Europe &#187; : apr&#232;s avoir r&#233;cus&#233; de&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; fausses bonnes solutions &#187; (double&lt;br class='autobr' /&gt;
monnaie, sortie de l'euro, voire sa&lt;br class='autobr' /&gt;
fin, protectionnisme&#8230;), ils analysent&lt;br class='autobr' /&gt;
de mani&#232;re les divers &#171; outils de&lt;br class='autobr' /&gt;
solidarit&#233; financi&#232;re &#187; mis en place,&lt;br class='autobr' /&gt;
portant surtout leurs critiques sur les&lt;br class='autobr' /&gt;
limites impos&#233;es par&lt;br class='autobr' /&gt;
l'intergouvernementalisme&lt;br class='autobr' /&gt;
triomphant. Ils avancent ensuite&lt;br class='autobr' /&gt;
leurs &#171; solutions f&#233;d&#233;rales &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
politique industrielle commune,&lt;br class='autobr' /&gt;
budget f&#233;d&#233;ral cons&#233;quent (&#171; cinq&lt;br class='autobr' /&gt;
pour cent du PIB europ&#233;en pour&lt;br class='autobr' /&gt;
commencer &#187;, puis atteindre&lt;br class='autobr' /&gt;
progressivement &#171; quinze pour cent,&lt;br class='autobr' /&gt;
au fur et &#224; mesure de la&lt;br class='autobr' /&gt;
mutualisation des politiques&lt;br class='autobr' /&gt;
nationales &#187;)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tout est ponctu&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
par leurs id&#233;es en vue de parvenir &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; une f&#233;d&#233;ration d&#233;cid&#233;e par les&lt;br class='autobr' /&gt;
peuples &#187;. A n'en pas douter, elles&lt;br class='autobr' /&gt;
seront accueillies avec un&lt;br class='autobr' /&gt;
haussement d'&#233;paules par beaucoup&lt;br class='autobr' /&gt;
de ceux qui nous gouvernent, en&lt;br class='autobr' /&gt;
France notamment. Sont-elles&lt;br class='autobr' /&gt;
toutefois vraiment moins sages que&lt;br class='autobr' /&gt;
celles qui nous ont conduits o&#249; nous&lt;br class='autobr' /&gt;
en sommes ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Michel Theys&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recension extraite de la Biblioth&#232;que europ&#233;enne - suppl&#233;ment hebdomadaire de l'Agence Europe - Bruxelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;d&#233;choses remercie l'auteur pour son autorisation de republier ce texte (et publiera une 2&#176; analyse sur cet ouvrage, de Jean-Pierre Gouzy, dans son n&#176; 158)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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