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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>L'int&#233;gration r&#233;gionale, requiem ou r&#233;surrection ?</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/integration-regionale-requiem-resurrection</link>
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		<dc:date>2013-07-12T09:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bertrand Badie</dc:creator>



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&lt;p&gt;C'&#233;tait la fiert&#233; de notre apr&#232;s-guerre et l'un des rares mod&#232;les que notre Vieux Continent s&#251;t offrir aux autres alors qu'il perdait son statut h&#233;g&#233;monique. En inventant l'int&#233;gration europ&#233;enne, on militait pour une paix cr&#233;dible, on mettait fin &#224; cette &#171; guerre civile &#187; qui &#233;tait presque chronique depuis la paix de Westphalie en 1648. On assurait aussi la reconstruction en mettant des &#201;tats exsangues &#224; l'abri d'une p&#233;nurie de charbon. On allait ensuite plus loin : on se dotait des moyens (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-160-Juin-2013-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 160 &#8212; Juin 2013&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait la fiert&#233; de notre apr&#232;s-guerre et l'un des rares mod&#232;les que notre Vieux Continent s&#251;t offrir aux autres alors qu'il perdait son statut h&#233;g&#233;monique. En inventant l'int&#233;gration europ&#233;enne, on militait pour une paix cr&#233;dible, on mettait fin &#224; cette &#171; guerre civile &#187; qui &#233;tait presque chronique depuis la paix de Westphalie en 1648. On assurait aussi la reconstruction en mettant des &#201;tats exsangues &#224; l'abri d'une p&#233;nurie de charbon. On allait ensuite plus loin : on se dotait des moyens de tenir la concurrence face aux &#201;tats-Unis, puis on s'&#233;quipait pour relever les d&#233;fis de la mondialisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'entreprise avait du sens, ce dont d'ailleurs beaucoup d'autres convenaient en nous imitant. Un peu partout, l'entr&#233;e dans la mondialisation suivait la m&#234;me voie : l'Am&#233;rique latine en lan&#231;ant le Mercosur en 1995, et les &#201;tats-Unis eux-m&#234;mes, pourtant si r&#233;tifs &#224; des accords de ce type, en dotant l'Am&#233;rique du Nord d'un Nafta-Alena, en 1994, c'est-&#224;-dire &#224; la consensuelle jointure d'une administration r&#233;publicaine et d'une autre, d&#233;mocrate. l'Asie ne fut pas en reste, mais &#224; sa mani&#232;re, en promouvant des formes de coop&#233;ration r&#233;gionale beaucoup plus informelles, d'autant plus impressionnantes qu'elles amenaient &#224; des modes d'int&#233;gration entre pays souvent au bord de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci semble appartenir au pass&#233; : partout, la construction r&#233;gionale r&#233;gresse et semble m&#234;me parfois abandonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au profit d'un n&#233;osouverainisme, en faveur d'un regain de bilat&#233;ralisme, ou carr&#233;ment pour donner naissance &#224; des formes plus sophistiqu&#233;es de coop&#233;ration transr&#233;gionale, &#224; l'instar de ce qui se fait avec l'Ibas (liant l'Inde, le Br&#233;sil et l'Afrique du Sud, soit trois continents) ou les Brics (Br&#233;sil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe unie n'est plus que l'ombre d'elle-m&#234;me : incapable de faire face &#224; la crise, elle appara&#238;t d&#233;sormais comme une machine &#224; fabriquer du nationalisme ou, au mieux, &#224; bricoler des compromis ; elle n'a plus de politique &#233;trang&#232;re commune et n'a pas su cr&#233;er un sentiment de citoyennet&#233; europ&#233;enne. Comme si l'Union ne pouvait aller bien que lorsque la conjoncture lui &#233;tait favorable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire encore : elle sert de bouc &#233;missaire, &#224; destination d'opinions publiques en col&#232;re. Le jeu des dirigeants nationaux est d'abord d'afficher leur esprit de r&#233;sistance face aux d&#233;cisions communes, tandis que leur art est de porter aux postes cl&#233;s de l'Union ceux dont le faible charisme prot&#232;ge les princes europ&#233;ens de toute ombre et de tout risque de dessaisissement. Comment expliquer un tel &#233;chec et les blocages qu'on retrouve un peu partout ? Comment y rem&#233;dier ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; quel prix ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Passons sur les erreurs ponctuelles, qui pourtant firent du mal &#224; l'Union : un &#233;largissement mal ma&#238;tris&#233; qui effectivement &#233;teignit la politique &#233;trang&#232;re commune, des rendez-vous dramatiquement manqu&#233;s avec une opinion publique europ&#233;enne, tour &#224; tour &#233;loign&#233;e de l'Europe par un exc&#232;s de technicit&#233;, convoqu&#233;e par des r&#233;f&#233;rendums b&#226;cl&#233;s qui ne furent pas pris en compte, contourn&#233;e par des voies parlementaires qui firent l'exact contraire. Il y eut bien pire : trois tragiques faillites qui expliquent les impasses d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, l'int&#233;gration est un choix strat&#233;gique reposant sur un triple pari : le premier, celui de la paix, a &#233;t&#233; pris avec bonheur ; le deuxi&#232;me, celui de l'utilit&#233; &#233;conomique, a &#233;t&#233; lucidement pens&#233;, m&#234;me s'il n'a pas &#233;t&#233; vraiment actualis&#233; ; le troisi&#232;me, celui de la solidarit&#233;, n'a jamais &#233;t&#233; compris. Or, il n'y a pas d'union sans solidarit&#233; : celle-ci ne veut pas dire charit&#233; ni m&#234;me entraide, mais simplement &#171; indissociabilit&#233; &#187;, obligation r&#233;ciproque, engagement commun. l'Union ne peut pas &#234;tre une addition n&#233;goci&#233;e d'&#233;go&#239;smes nationaux s'adaptant laborieusement les uns aux autres, &#224; l'instar du couple franco-allemand aujourd'hui : en devenant forum de compromis, l'Europe se nie comme int&#233;gration et fatalement se d&#233;fait face &#224; chaque crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'int&#233;gration est, en deuxi&#232;me lieu, ins&#233;parable de celle de communaut&#233; politique, surtout &#224; l'heure de l'int&#233;gration mon&#233;taire : le paradoxe tient &#224; conduire cette derni&#232;re au moment m&#234;me o&#249; on a d&#233;c&#233;l&#233;r&#233; l'int&#233;gration politique. On vote &#224; un niveau et on d&#233;cide &#224; un autre : on pousse la d&#233;mocratie vers la crise et on affaiblit les institutions en s'attaquant &#224; leur l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'int&#233;gration ne peut pas se penser sans concevoir l'alt&#233;rit&#233;, c'est-&#224;-dire 'une place &#224; tenir dans la mondialisation, dans un contexte d'interd&#233;pendance g&#233;n&#233;ralis&#233;e. &#192; l'heure o&#249; dispara&#238;t toute politique &#233;trang&#232;re europ&#233;enne, cette n&#233;cessit&#233; appara&#238;t comme un trou b&#233;ant qui casse tout espoir de red&#233;marrage de l'Europe. Alors que les puissances &#233;mergentes se distinguent, l'effet de partenariat manqu&#233; est catastrophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce la fin d'une histoire ou sommes-nous &#224; la veille d'une r&#233;surrection possible ? Quand la mondialisation vient affaiblir l'&#233;chelle des nations et r&#233;clame de banaliser l'inclusion et l'interd&#233;pendance comme mode de gouvernance, la r&#233;flexion m&#233;rite d'&#234;tre men&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Bertrand Badie&lt;br class='manualbr' /&gt;Professeur &#224; Sciences-Po Paris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; dans le quotidien, &lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt; du mardi 14 mai 2013. F&#233;d&#233;choses remercie M. Badie et &lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt; de l'autoriser &#224; reproduire ce texte&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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