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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>Le Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e, d'un point de vue europ&#233;en</title>
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		<dc:date>2013-11-11T09:13:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hartmut Marhold</dc:creator>



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&lt;p&gt;Remarques pr&#233;alables &lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y aucun doute que le Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e &#233;tait, et est toujours, un ph&#233;nom&#232;ne magnifique, tr&#232;s positif pour la France, l'Allemagne, et l'Europe &#8211; nous avons toutes les raisons de nous en r&#233;jouir. Ce constat est aussi vrai sur le plan institutionnel et politique, que sur le plan de la soci&#233;t&#233; civile, des Fran&#231;ais et Allemands individuellement et collectivement. Il suffit de penser &#224; la densit&#233; des r&#233;seaux entre les sph&#232;res politiques, et &#8211; peut-&#234;tre plus important (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-161-Septembre-2013-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 161 &#8212; Septembre 2013&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Remarques pr&#233;alables&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n'y aucun doute que le Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e &#233;tait, et est toujours, un ph&#233;nom&#232;ne magnifique, tr&#232;s positif pour la France, l'Allemagne, et l'Europe &#8211; nous avons toutes les raisons de nous en r&#233;jouir. Ce constat est aussi vrai sur le plan institutionnel et politique, que sur le plan de la soci&#233;t&#233; civile, des Fran&#231;ais et Allemands individuellement et collectivement. Il suffit de penser &#224; la densit&#233; des r&#233;seaux entre les sph&#232;res politiques, et &#8211; peut-&#234;tre plus important encore, puisque moins habituel &#8211; administratives, d'un c&#244;t&#233;, et des &#233;changes et prises de connaissances mutuelles dans le cadre de l'Office franco-allemand de la jeunesse, de l'autre. Ces aspects positifs, et tant d'autres, sont d&#233;velopp&#233;s dans les contributions &#224; ce num&#233;ro de &lt;cite&gt;L'Europe en formation&lt;/cite&gt;, ainsi que dans les nombreuses publications et c&#233;r&#233;monies &#224; l'occasion du cinquantenaire du Trait&#233;. Il fallait le dire en pr&#233;lude, afin de ne pas laisser le moindre doute sur l'attitude positive qu'il convient d'adopter vis-&#224;-vis de ce Trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il y a des mythes qui entourent le Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e qui ne sont pas corrects historiquement et qui, pire encore, pourraient brouiller le souvenir exact de la construction europ&#233;enne, de ses bases historiques, ainsi que de la relation franco-allemande au sein de l'Europe en voie d'unification f&#233;d&#233;rale. C'est sur ces aspects erron&#233;s que sont focalis&#233;es les quelques remarques qui vont suivre, dans le but de r&#233;ins&#233;rer correctement le Trait&#233; dans l'histoire des relations franco-allemandes et de la construction europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La vraie origine de la r&#233;conciliation franco-allemande&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le premier mythe erron&#233; de ce type, pourtant tr&#232;s souvent r&#233;it&#233;r&#233;, est que la r&#233;conciliation historique entre la France et l'Allemagne aurait &#233;t&#233; amorc&#233;e par le Trait&#233; d'amiti&#233;, initi&#233; par le g&#233;n&#233;ral De Gaulle et Konrad Adenauer. Sur le site Internet de l'organisation du Trait&#233; et de &#171; L'ann&#233;e franco-allemande&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, on parle encore assez correctement de &#171; sceller &#187; la r&#233;conciliation franco-allemande. On renvoie m&#234;me au plan Schuman, comme premi&#232;re &#233;tape de cette r&#233;conciliation ; il est donc d&#233;j&#224; beaucoup moins &#233;vident de qualifier le Trait&#233; de &#171; fondateur &#187; pour &#171; la force du couple franco-allemand &#187;. Ce dernier constat est en fait contradictoire avec ce que le renvoi au Plan Schuman met en &#233;vidence ; et contradictoire avec l'id&#233;e que le Trait&#233; a &#171; scell&#233; &#187;, et non pas fond&#233;, la r&#233;conciliation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sur le site indiqu&#233; dans le texte : La force du couple franco-allemand (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On trouve la m&#234;me ambigu&#239;t&#233; sur le site des missions diplomatiques allemandes en France, o&#249; le Trait&#233; est d'abord qualifi&#233; de &lt;q&gt;&lt;strong&gt;d'acte fondateur de la coop&#233;ration franco-allemande&lt;/strong&gt;&lt;/q&gt;, constat qui est relativis&#233; ou m&#234;me remplac&#233; plus tard dans le texte par le terme de &lt;q&gt;&lt;strong&gt;cl&#233; de vo&#251;te de cette relation&lt;/strong&gt;&lt;/q&gt; entre les deux pays&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'un ou l'autre peut &#234;tre vrai, mais pas les deux : soit le Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e est &#171; l'acte fondateur &#187; des relations amicales entre la France et l'Allemagne (f&#233;d&#233;rale, bien entendu, et pour la partie Ouest seulement), et ainsi la premi&#232;re &#233;tape ; soit il est le moment culminant, la &#171; cl&#233; de vo&#251;te &#187;, assurant les murs de l'&#233;difice, en &#171; scellant &#187; ce qui pr&#233;c&#232;de. Le texte du site de l'Ambassade de France en Allemagne va encore un pas plus loin dans la mythologie du Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e, en rel&#233;guant d&#233;finitivement au second plan l'initiative de Robert Schuman et la cr&#233;ation des Communaut&#233;s europ&#233;ennes, quand il dit : &lt;q&gt;&lt;strong&gt;le Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e, sign&#233; le 22 janvier 1963 entre la France et la R&#233;publique f&#233;d&#233;rale d'Allemagne par le g&#233;n&#233;ral De Gaulle et le Chancelier Adenauer, a scell&#233; la r&#233;conciliation entre nos deux nations et pos&#233; les fondements d'une paix durable en Europe&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;/q&gt; Le m&#233;rite historique d'avoir &lt;q&gt;&lt;strong&gt;pos&#233; les fondements d'une paix durable en Europe&lt;/strong&gt;&lt;/q&gt; reviendrait alors au Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e, et plus &#224; l'initiation de la construction europ&#233;enne, en 1950. Pourtant, Robert Schuman, dans sa fameuse d&#233;claration du 9 mai 1950, n'avait pas laiss&#233; de doute sur l'objectif de son initiative : elle devait rendre &lt;q&gt;&lt;strong&gt;toute guerre entre la France et l'Allemagne [&#8230;] non seulement impensable, mais mat&#233;riellement impossible&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;; notons en passant que le texte cit&#233; ici se trouve dans la basic (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambigu&#239;t&#233; c&#232;de d&#233;finitivement au mythe erron&#233; dans des publications moins s&#233;rieuses que celles des gouvernements. Wikip&#233;dia par exemple croit pouvoir dire que le Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e &lt;q&gt;marque surtout le d&#233;but de la r&#233;conciliation des &#034;ennemis h&#233;r&#233;ditaires&#034; et ainsi la fin d'une p&#233;riode qui a co&#251;t&#233; la vie &#224; beaucoup de soldats fran&#231;ais et allemands&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;; Note de F&#233;d&#233;choses : l'article Wikipedia a &#233;t&#233; corrig&#233; sur ce point le 22 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;, en effa&#231;ant compl&#232;tement les &#233;tapes pr&#233;c&#233;dentes, et en particulier celle de la cr&#233;ation de la Communaut&#233; europ&#233;enne du charbon et de l'acier. Mais l'erreur historique n'est pas le privil&#232;ge d'un site dont on sait qu'il ne r&#233;pond pas aux crit&#232;res scientifiques ; un des journaux les plus r&#233;put&#233;s en Allemagne, en raison de sa fiabilit&#233;, la &lt;cite&gt;&lt;strong&gt;Frankfurter Allgemeine Zeitung&lt;/strong&gt;&lt;/cite&gt;, intitule un article sur le trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e &lt;q&gt;&lt;strong&gt;Au d&#233;but de la r&#233;conciliation&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;; notons en passant que le texte cit&#233; ici se trouve dans la basic (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;but de la r&#233;conciliation franco-allemande &#8211; il ne peut pas y avoir de doute &#224; ce sujet &#8211; n'est pas le Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e, mais la D&#233;claration de Robert Schuman ; la r&#233;conciliation n'a pas commenc&#233; avec l'entente entre De Gaulle et Adenauer, mais entre ce dernier et Robert Schuman ; elle ne date pas de 1963, mais de 1950 ; elle n'a pas donn&#233; lieu &#224; un trait&#233; bilat&#233;ral, mais au trait&#233; instituant la premi&#232;re communaut&#233; europ&#233;enne. Robert Schuman, dans une note r&#233;dig&#233;e en printemps 1962, avant la visite d'Adenauer en France, retrace les &#233;v&#233;nements correctement : Lorsqu'en mai 1950, le gouvernement fran&#231;ais offrait aux nations europ&#233;ennes de s'asseoir sans discrimination de pays vainqueurs et de pays vaincu, dans l'&#233;galit&#233; des droits et d'obligations, pour une &#339;uvre de coop&#233;ration commune garantie par un contr&#244;le mutuel, cette v&#233;ritable r&#233;volution politique posait comme pr&#233;alable la r&#233;conciliation franco-allemande. Avant m&#234;me de consulter nos amis et nos alli&#233;s, nous avions interrog&#233; le chancelier Adenauer. En cas de refus, il ne pouvait y avoir ni d'Europe ni de construction europ&#233;enne. Notre attente n'a pas &#233;t&#233; d&#233;&#231;ue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert Schuman, &#171; T&#233;moignage sur Adenauer &#187;, dans : Marie-Th&#233;r&#232;se Bitsch, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adenauer, de son c&#244;t&#233;, confirme l'appr&#233;ciation de Schuman, dans une lettre qu'il lui a adress&#233;e le 10 septembre 1962 : J'ai pens&#233; souvent &#224; vous, pendant la visite du g&#233;n&#233;ral De Gaulle la semaine derni&#232;re, &#224; vous, l'homme qui a pos&#233;, par sa proposition de cr&#233;er la Communaut&#233; europ&#233;enne du Charbon et de l'Acier, les fondements de l'amiti&#233; qui d&#233;sormais allait lier si &#233;troitement nos deux pays l'un &#224; l'autre. Je pense toujours &#224; notre coop&#233;ration avec beaucoup de reconnaissance. Je ressens le d&#233;sir, surtout dans les circonstances actuelles, d'exprimer vis-&#224;-vis de vous cette reconnaissance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Konrad Adenauer, &#171; Lettre &#224; Robert Schuman &#187;, dans : Bitsch, op. cit., pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les al&#233;as de la coop&#233;ration franco-allemande entre 1950 et le Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le chemin parcouru entre le plan Schuman et le Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e n'a pas &#233;t&#233; simple, ni pour la relation franco-allemande, ni pour la construction de l'Europe. Souvent, les crises et difficult&#233;s de cette p&#233;riode sont pass&#233;es sous silence, au profit d'une deuxi&#232;me composante du mythe qui entoure le Trait&#233; de 1963, celui d'un fleuve tranquille de relations bilat&#233;rales en am&#233;lioration continue &#8211; jusqu'au moment o&#249; l'&#233;difice tranquillement construit pouvait &#234;tre achev&#233; par la &#171; cl&#233; de vo&#251;te &#187; du Trait&#233; de l'amiti&#233; : &lt;q&gt;Depuis lors [depuis le plan Schuman], chacune des &#233;tapes d'approfondissement de la construction europ&#233;enne puise sa source dans une vision partag&#233;e par la France et l'Allemagne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;, sugg&#232;re le site du cinquantenaire du Trait&#233;. Pourtant, il y eut entre-temps, pour ne citer que l'une des graves crises, celle de l'&#233;chec de la Communaut&#233; europ&#233;enne de d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos&#233;e par Ren&#233; Pleven en 1950, peu apr&#232;s le plan Schuman, elle avait &#233;chou&#233; dans l'Assembl&#233;e nationale fran&#231;aise le fin ao&#251;t 1954, entre autres parce que les gaullistes &#233;taient oppos&#233;s &#224; tout transfert de souverainet&#233; dans un domaine aussi crucial pour la souverainet&#233; de l'&#201;tat que la d&#233;fense. Les positions d'Adenauer et De Gaulle pouvaient difficilement diverger plus qu'en ce moment historique ; et la signification de l'&#233;chec peut difficilement &#234;tre surestim&#233;e. Dans une interview t&#233;l&#233;vis&#233;e (et toujours visible sur Youtube&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;: &#171; Konrad Adenauer bei Gaus &#187;, Interview de 1965, premi&#232;re partie, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), G&#252;nter Gaus, journaliste et diplomate allemand, pose la question &#224; Adenauer sur ce qui &#233;tait pour lui la d&#233;ception la plus am&#232;re de sa vie politique en tant que Chancelier. La r&#233;ponse du Chancelier retrait&#233;, &#226;g&#233; de 89 ans &#224; l'&#233;poque, fut sans &#233;quivoque : c'&#233;tait l'&#233;chec de la Communaut&#233; europ&#233;enne de d&#233;fense, pour lui un &#171; terrible revers de fortune &#187; ; selon l'ancien Chancelier, tous les probl&#232;mes qui faisaient barrage &#224; la construction de l'Europe &#171; actuellement &#187; &#8211; en 1965, &#224; savoir la &#171; crise de la chaise vide &#187;, c'est-&#224;-dire le refus du g&#233;n&#233;ral De Gaulle d'accepter les transferts de souverainet&#233; qu'exigeait le passage au march&#233; commun &#8211; auraient &#233;t&#233; r&#233;solus par la CED et ses implications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il conviendrait d'ailleurs de jeter un coup d'&#339;il &#224; d'autres pays et d'&#233;couter d'autres personnalit&#233;s, ni fran&#231;aises, ni allemandes, qui avaient suivi avec autant de passion les &#233;v&#233;nements ; Paul-Henri Spaak, par exemple, qui &#233;tait pr&#233;sent et actif dans presque tous les &#339;uvres europ&#233;ens et atlantiques de l'&#233;poque, s'&#233;tait &#233;mu dans un discours path&#233;tique et passionn&#233;, le 18 septembre 1954, de la catastrophe de la CED : aujourd'hui, votre fameuse querelle s&#233;culaire franco-allemande, elle n'a pas beaucoup d'importance &#8211; excusez-moi de vous le dire &#8211; dans le grand, le grand conflit o&#249; Fran&#231;ais et Allemands, vous &#234;tes du m&#234;me c&#244;t&#233; de la barricade qui aujourd'hui oppose l'Est &#224; l'Ouest, dans le grand conflit o&#249; il s'agit non plus m&#234;me de d&#233;fendre nos territoires sacr&#233;s mais les grandes id&#233;es, une civilisation commune, des r&#232;gles morales et politiques communes et la m&#234;me conception honorable de l'homme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile aujourd'hui d'imaginer la dimension de la crise de la construction de l'Europe dans laquelle l'avait plong&#233;e cet &#233;chec, et la responsabilit&#233; pour cette catastrophe est sans doute &#224; imputer &#224; la renaissance de la m&#233;fiance entre la France et la R&#233;publique f&#233;d&#233;rale d'Allemagne, malgr&#233; la cr&#233;ation de la CECA. D&#232;s lors, il ne peut pas y avoir de doute que la voie vers le Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e &#233;tait &#233;pineuse, marqu&#233;e par des hauts et des bas, dans une relation bilat&#233;rale et une Europe encore fragiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour au pouvoir du g&#233;n&#233;ral De Gaulle en 1958 n'allait pas simplifier les choses, au contraire. Il n'&#233;tait pas la solution au probl&#232;me, il en constituait un autre, et de taille. Pourtant, contrairement aux craintes des cinq autres pays membres des Communaut&#233;s europ&#233;ennes, il ne mettait pas en cause les trait&#233;s existants &#8211; la r&#232;gle &#171; pacta sunt servanda &#187; &#233;tait grav&#233;e dans le marbre, pour lui aussi, malgr&#233; son hostilit&#233; vis-&#224;-vis de toute int&#233;gration supranationale. Selon lui, la construction europ&#233;enne n'avait aucun sens et aucune l&#233;gitimit&#233;, qui, elle, devait revenir exclusivement aux nations, transpos&#233;es dans leur instrument pour faire leur chemin dans l'histoire en toute libert&#233;, l'&#201;tat ; qui, pour traduire la volont&#233; libre de la nation dans l'action, devait rester souverain, au lieu de partager ou de transf&#233;rer la souverainet&#233; &#224; une entit&#233; comme l'Europe qui, aux yeux du g&#233;n&#233;ral De Gaulle, n'avait qu'une existence d&#233;riv&#233;e des &#201;tats-nations. C'est la pens&#233;e politique fran&#231;aise dans sa puret&#233; classique qu'incarnait De Gaulle : la nation est l'unique source de l&#233;gitimit&#233; ; elle a besoin d'un instrument pour agir en toute libert&#233;, l'&#201;tat ; pour que l'&#201;tat corresponde &#224; la libert&#233; l&#233;gitime de la nation, il faut qu'il soit une r&#233;publique, c'est-&#224;-dire qu'il agisse au nom de la nation, et qu'il soit souverain, c'est-&#224;-dire sans &#234;tre soumis &#224; aucune contrainte autre que la volont&#233; de la nation. Nation, libert&#233;, &#201;tat, r&#233;publique, ind&#233;pendance, souverainet&#233; sont donc congruents et ne sauraient pas &#234;tre s&#233;par&#233;s, partag&#233;s, divis&#233;s&#8230;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce n'est, bien entendu, pas la seule fa&#231;on de concevoir des communaut&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que De Gaulle respect&#226;t le droit international, donc les trait&#233;s instituant les Communaut&#233;s europ&#233;ennes, il n'abandonna pas pour autant son dessein d'une Europe construite sur la base de la souverainet&#233; enti&#232;re des &#201;tats nations. Il tenta tout pour qu'une telle construction de l'Europe voie le jour non pas &#224; la place des Communaut&#233;s europ&#233;ennes (puisqu'il respectait leur existence), mais &#224; c&#244;t&#233; d'elles, et, si possible, plus importantes qu'elles. Il fallait, en d'autres termes, doubler la construction europ&#233;enne telle qu'elle &#233;tait en voie de se concr&#233;tiser par des initiatives, projets, r&#233;alisations intergouvernementaux, qui devraient l'emporter sur le mod&#232;le communautaire. C'est l'approche des plans Fouchet, mis en avant sous le nom du collaborateur du g&#233;n&#233;ral De Gaulle &#224; l'&#201;lys&#233;e, Christian Fouchet, charg&#233; de les &#233;laborer et de les faire accepter par les autres pays membres des Communaut&#233;s. L'offre n'&#233;tait pas sans int&#233;r&#234;t : il s'agissait de coop&#233;rer, entre les six &#201;tats membres, dans le domaine des &lt;i&gt;high politics&lt;/i&gt; &#8211; politique ext&#233;rieure, d&#233;fense, s&#233;curit&#233; internationale &#8211; sur un plan qui touche au c&#339;ur m&#234;me de la souverainet&#233;. Le probl&#232;me dans ce dessein de coop&#233;ration n'&#233;tait pas le contenu politique, mais la forme, la coop&#233;ration envisag&#233;e en tant que telle, qui se serait substitu&#233;e peu &#224; peu &#224; l'int&#233;gration communautaire, et aurait fait des Communaut&#233;s un support subalterne &#224; la coop&#233;ration au plus haut niveau. C'est la raison pour laquelle les autres partenaires ont r&#233;sist&#233; aux plans Fouchet et les ont fait &#233;chouer en 1962, &#224; la grande d&#233;ception du g&#233;n&#233;ral De Gaulle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les divergences franco-allemandes autour du Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral De Gaulle n'&#233;tait pas pr&#234;t &#224; jeter l'&#233;ponge, pourtant, et engageait aussit&#244;t une nouvelle initiative &#224; l'&#233;chelle r&#233;duite de la relation bilat&#233;rale franco-allemande &#8211; c'est l&#224; qu'on retrouve l'origine du Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e. De Gaulle s'inspirait de la m&#234;me volont&#233; politique qu'auparavant, &#224; savoir court-circuiter la construction communautaire par des relations internationales qui n'allaient pas toucher &#224; la souverainet&#233; des partenaires, malgr&#233; toutes les formes de coop&#233;ration convenues. Selon lui, l'Allemagne &#233;tait le partenaire d&#233;cisif qui aurait pu sauver le dessein des plans Fouchet, surtout parce que tout danger de conflit g&#233;n&#233;ralis&#233; en Europe &#233;tait parti de l'antagonisme franco-allemand dans le pass&#233;, et la conclusion inverse est sans doute aussi vraie : tant que la France et l'Allemagne r&#232;glent leurs conflits pacifiquement, le danger d'un conflit g&#233;n&#233;ralis&#233; en Europe est &#233;limin&#233;. En outre, l'Allemagne, malgr&#233; le fait qu'elle avait partag&#233; le refus des plans Fouchet, malgr&#233; sa volont&#233; de progresser sur le chemin communautaire, n'&#233;tait probablement pas en mesure de refuser une offensive aussi honorable que celle que De Gaulle lan&#231;ait vis-&#224;-vis d'elle, et qu'il r&#233;alisa par son fameux voyage en Allemagne du 4 au 9 septembre 1962, avec les discours en allemand qu'il donna dans plusieurs grandes villes allemandes, en invoquant la grandeur du peuple allemand, en invitant les masses &#224; partager l'amiti&#233; avec le peuple fran&#231;ais&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Adenauer, de son c&#244;t&#233;, chancelier allemand depuis la fondation de la R&#233;publique f&#233;d&#233;rale en 1949, l'autorit&#233; politique incontournable, sinon incontestable, en Allemagne, &#226;g&#233; de 86 ans en 1962, d&#233;fenseur sans faille de la r&#233;conciliation franco-allemande et de la construction supranationale-communautaire de l'Europe (comme nous l'avons vu dans le bref retour au Plan Schuman), &#233;tait tout de m&#234;me en fin de carri&#232;re. Il avait des doutes sur la fiabilit&#233; de ses successeurs potentiels en ce qui concerne leur attachement &#224; la relation avec la France, &#224; leur engagement pour la construction europ&#233;enne ; Ludwig Erhard, qui serait son successeur l'ann&#233;e suivante, le p&#232;re du &#171; miracle (&#233;conomique) allemand &#187;, avait un penchant pour le libre-&#233;change &#224; l'&#233;chelle mondiale, en relation privil&#233;gi&#233;e avec les &#201;tats-Unis. D&#232;s lors, Adenauer accepta l'offre du g&#233;n&#233;ral De Gaulle et en renfor&#231;a m&#234;me le caract&#232;re contraignant en insistant sur la forme d'un v&#233;ritable trait&#233;, au lieu d'un simple accord, liant ainsi par la m&#234;me r&#232;gle &#8211; &lt;i&gt;pacta sunt servanda&lt;/i&gt; &#8211; ses successeurs que ce qui liait De Gaulle aux Communaut&#233;s europ&#233;ennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, le Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e a vu le jour, comme un produit refl&#233;tant des int&#233;r&#234;ts qui n'&#233;taient pas identiques, mais conciliables, entre Adenauer et De Gaulle. Et pourtant, les deux vieux hommes d'&#201;tats ont &#233;chang&#233; une correspondance presque lyrique de m&#233;lancolie, De Gaulle confessant &#224; Adenauer sa d&#233;ception, en comparant la relation avec le chancelier et l'Allemagne f&#233;d&#233;rale tout enti&#232;re avec un jeune amour qui fanait aussit&#244;t apr&#232;s sa courte floraison, tandis qu'Adenauer, vieux cultivateur de roses, lui r&#233;pondait qu'une telle &#339;uvre demandait de la patience, que les roses piquent, mais fleurissent en d'autant plus de splendeur&#8230; Pourquoi cette d&#233;ception du g&#233;n&#233;ral De Gaulle, pourquoi consid&#233;rait-il son projet avort&#233;, pour quelle raison n'y croyait-il plus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse n'est pas visible sur les multiples sites internet quasi officiels qui reproduisent le texte du Trait&#233; d'amiti&#233; franco-allemande &#8211; parce qu'ils &#171; oublient &#187; un &#233;l&#233;ment crucial. De Gaulle et Adenauer signaient, le 22 janvier 1963, une d&#233;claration commune&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte int&#233;gral sur : , 006.html.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, r&#233;affirmant leur volont&#233; de contribuer par le Trait&#233; au &lt;q&gt;&lt;strong&gt;renforcement de la coop&#233;ration entre les deux pays [qui] constitue une &#233;tape indispensable sur la voie de l'Europe unie &lt;/strong&gt; &lt;/q&gt; &#8211; la date est consid&#233;r&#233;e l'acte de naissance du Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e. Le Parlement f&#233;d&#233;ral allemand, cependant, n'&#233;tait pas aussi confiant quant &#224; savoir si le Trait&#233; n'allait pas porter atteinte &#224; l'&#339;uvre communautaire, et craignait toujours la strat&#233;gie de contournement de cette m&#233;thode d'int&#233;gration. En plus, le &lt;i&gt;Bundestag&lt;/i&gt; ne voulait laisser aucun doute que pour lui, la s&#233;curit&#233; de l'Allemagne f&#233;d&#233;rale face au bloc sovi&#233;tique &#233;tait &#224; ses yeux strictement li&#233;e &#224; l'OTAN, &#224; l'engagement militaire des &#201;tats-Unis en Europe et &#224; l'&#233;troite alliance atlantique. De Gaulle avait voulu justement, avec les plans Fouchet et le Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e, cr&#233;er un contrepoids europ&#233;en face &#224; la domination am&#233;ricaine. Or, le Bundestag insista pour faire explicitement barrage &#224; une interpr&#233;tation, une dynamique d'application du Trait&#233; qui aurait pu mettre en cause la construction communautaire de l'Europe et la pr&#233;pond&#233;rance de l'OTAN en mati&#232;re de s&#233;curit&#233; internationale. &#192; cette fin, le Bundestag fit pr&#233;c&#233;der, dans la loi de ratification du Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e, le 15 juin 1963, le texte du Trait&#233; par une d&#233;claration qui affirmait la volont&#233; de l'Allemagne f&#233;d&#233;rale de poursuivre &lt;q&gt;&lt;strong&gt;la d&#233;fense commune dans le cadre de l'alliance nord-atlantique et l'int&#233;gration des forces arm&#233;es des &#201;tats membres de cette alliance&lt;/strong&gt;&lt;/q&gt;, ainsi que sa d&#233;termination de r&#233;aliser &lt;q&gt;&lt;strong&gt;l'unification europ&#233;enne sur la base de la m&#233;thode emprunt&#233;e pour la cr&#233;ation des Communaut&#233;s europ&#233;ennes, en int&#233;grant la Grande-Bretagne&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(traduction de l'allemand par l'auteur).&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait exactement ce que De Gaulle voulait &#233;viter, aussi bien sur le plan des relations transatlantiques que sur le plan de la construction europ&#233;enne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#8230; sans parler de l'adh&#233;sion de la Grande-Bretagne, qui constituait une autre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En l'affirmant dans la loi de ratification, le Bundestag vidait pratiquement le Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e de la substance que De Gaulle y voyait. &#199;a ne veut pas dire pour autant que le Trait&#233; d'amiti&#233; franco-allemand &#233;tait v&#233;ritablement vide de substance ; les quelques remarques introductives sur cette r&#233;flexion, ainsi que les autres contributions &#224; ce num&#233;ro de &lt;cite&gt;L'Europe en formation&lt;/cite&gt; mettent en &#233;vidence qu'il y avait de la substance, et que l'impact n'&#233;tait pas n&#233;gligeable. Mais pour le g&#233;n&#233;ral De Gaulle, la signification strat&#233;gique avait &#233;t&#233; &#244;t&#233;e par le Parlement f&#233;d&#233;ral allemand.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; l'issue du Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aussi, De Gaulle le consid&#233;ra pour un &#233;chec et abandonna d&#233;finitivement son projet de marginaliser les Communaut&#233;s europ&#233;ennes par la mise en avant de sa vision des relations entre les nations europ&#233;ennes. L'abandon ne fut pourtant pas le dernier acte du drame ; De Gaulle pouvait encore jouer d'un atout et il n'h&#233;sitait pas &#224; le faire : s'il ne pouvait pas r&#233;aliser sa vision d'Europe, il avait toujours au moins la force d'emp&#234;cher le mod&#232;le communautaire de progresser et de se r&#233;aliser pleinement. Deux ans plus tard, l'occasion se pr&#234;tait &#224; arr&#234;ter la m&#233;thode communautaire, lorsque le Pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne, Walter Hallstein, l'ancien collaborateur &#233;troit d'Adenauer &#8211; qui avait d&#233;j&#224; repr&#233;sent&#233; l'Allemagne f&#233;d&#233;rale lors des n&#233;gociations du plan Schuman &#8211; crut le moment venu de proposer d'entamer l'&#233;tape d&#233;cisive vers la mise en &#339;uvre du march&#233; commun, comme pr&#233;vu par le Trait&#233; instituant la Communaut&#233; &#233;conomique europ&#233;enne. Il consid&#233;rait qu'il fallait enfin passer au vote majoritaire au sein du Conseil des ministres, afin d'assurer la capacit&#233; du syst&#232;me politique communautaire d'agir et de l&#233;gif&#233;rer dans l'intention d'&#233;tablir les r&#232;gles de comportement (de comp&#233;tition&#8230;) du march&#233; commun ; il voulait &#233;galement assurer la capacit&#233; d'action de la CEE par un budget, par des recettes propres, &#233;liminant ainsi le risque d'un veto indirect par un des &#201;tats membres qui pourrait retenir sa contribution au budget communautaire, paralysant ainsi la CEE m&#234;me en l'absence de droit de veto au sein du Conseil. Et finalement, il consid&#233;rait qu'un tel syst&#232;me politique, l&#233;gif&#233;rant en prenant ses d&#233;cisions &#224; la majorit&#233;, d&#233;pensant l'argent des contribuables par un budget propre, n&#233;cessitait une l&#233;gitimit&#233; accrue par un parlement &#233;lu au suffrage universel et direct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour De Gaulle, il &#233;tait inconcevable de souscrire &#224; de tels projets ; ils &#233;taient en contradiction flagrante avec ses plus profondes convictions sur la l&#233;gitimit&#233; politique. En retirant tous les hauts fonctionnaires et repr&#233;sentants politiques de la France des institutions communautaires, il bloqua toute avance vers les objectifs du Trait&#233; de Rome, tels qu'op&#233;rationnalis&#233;s par Hallstein : s'il lui &#233;tait d&#233;j&#224; impossible de r&#233;aliser l'Europe telle qu'il l'imaginait, il pouvait au moins faire en sorte que l'Europe telle qu'il ne la voulait pas ne puisse pas se r&#233;aliser.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut que ce soit dit sans cesse, afin d'&#233;viter tout malentendu, au prix de la r&#233;p&#233;tition : il ne s'agit pas ici de nier l'importance ni les bienfaits du Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e, tels qu'ils sont &#224; juste titre &#233;labor&#233;s et mis en avant dans ce num&#233;ro. Il s'agit de remplacer des mythes trop simples dans le contexte historique, et de ne pas pr&#233;senter le Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e isol&#233;ment, mais dans sa relation avec la construction europ&#233;enne. Il s'agit enfin de souligner l'importance des relations franco-allemandes dans la perspective europ&#233;enne. Car c'est cela le message principal : la r&#233;conciliation, l'amiti&#233; franco-allemande ne d&#233;ploient pleinement leur sens que quand elles sont mises au service de la construction europ&#233;enne, quand elles s'inspirent de l'esprit des p&#232;res fondateurs &#8211; Fran&#231;ais avant tout, mais Allemands &#233;galement &#8211; de la m&#233;thode communautaire. La particularit&#233; de la relation amicale entre la France et l'Allemagne puise sa l&#233;gitimit&#233; dans son r&#244;le b&#233;n&#233;fique pour une Europe f&#233;d&#233;rale, et l'initiative qui visait ce but &#233;tait le plan Schuman, qui, selon son auteur, devait &#234;tre la &#171; premi&#232;re &#233;tape de la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;claration de Robert Schuman, 9 mai 1950, .&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Hartmut Marhold&lt;br class='manualbr' /&gt;Ex Directeur g&#233;n&#233;ral du &lt;a href=&#034;http://www.cife.eu/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Centre international de formation europ&#233;enne&lt;/a&gt;, Professeur honoraire &#224; l'Universit&#233; de Cologne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;d&#233;choses remercie l'auteur et &lt;a href=&#034;http://www.cife.eu/fr/5/l-europe-en-formation_25-1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;cite&gt;L'Europe en formation&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt; (Nice) de les avoir autoris&#233;s &#224; reprendre cet article&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.france-allemagne.fr/-france-.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.france-allemagne.fr/-france-.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir sur le site indiqu&#233; dans le texte : &lt;q&gt;La force du couple franco-allemand tient en grande partie aux liens &#233;troits qu'ont su tisser, au fil du temps et dans tous les domaines, les deux pays. Le Trait&#233; sur la coop&#233;ration franco-allemande (dit Trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e), sign&#233; le 22 janvier 1963 par le chancelier Adenauer et le g&#233;n&#233;ral De Gaulle, est &#224; ce titre fondateur.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.allemagne.diplo.de/Vertretung/frankreich/fr/09-relations-f-a/01-50-ans-traite/00-50-ans-traite-uebseite.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.allemagne.diplo.de/Vertretung/frankreich/fr/09-relations-f-a/01-50-ans-traite/00-50-ans-traite-uebseite.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ambafrance-de.org/Le-traite-franco-allemand&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ambafrance-de.org/Le-traite-franco-allemand&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://europa.eu/about-eu/basic-information/symbols/europe-day/schuman-declaration/index_fr.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://europa.eu/about-eu/basic-information/symbols/europe-day/schuman-declaration/index_fr.htm&lt;/a&gt; ; notons en passant que le texte cit&#233; ici se trouve dans la basic information sur le site de l'Union europ&#233;enne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Trait%C3%A9_de_l%27%C3%89lys%C3%A9e&amp;oldid=87939163&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Trait%C3%A9_de_l%27%C3%89lys%C3%A9e&amp;oldid=87939163&lt;/a&gt; ; Note de F&#233;d&#233;choses : l'article Wikipedia a &#233;t&#233; corrig&#233; sur ce point le 22 janvier 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://europa.eu/about-eu/basic-information/symbols/europe-day/schuman-declaration/index_fr.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://europa.eu/about-eu/basic-information/symbols/europe-day/schuman-declaration/index_fr.htm&lt;/a&gt; ; notons en passant que le texte cit&#233; ici se trouve dans la basic information sur le site de l'Union europ&#233;enne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert Schuman, &#171; T&#233;moignage sur Adenauer &#187;, dans : Marie-Th&#233;r&#232;se Bitsch, Robert Schuman Ap&#244;tre de l'Europe. 1953-1963, Cahiers Robert Schuman, vol. 1, Bruxelles : Peter Lang, 2010, pp. 332 et suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. Konrad Adenauer, &#171; Lettre &#224; Robert Schuman &#187;, dans : Bitsch, op. cit., pp. 335-337&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.france-allemagne.fr/Historique,1404.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.france-allemagne.fr/Historique,1404.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=TV7weYGV6W8&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.youtube.com/watch?v=TV7weYGV6W8&lt;/a&gt; : &#171; Konrad Adenauer bei Gaus &#187;, Interview de 1965, premi&#232;re partie, approximativement six minutes apr&#232;s le d&#233;but de l'interview.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cvce.eu/viewer/-/content/0ade5f89-8c7a-4027-88d7-60ae1f79971a/fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cvce.eu/viewer/-/content/0ade5f89-8c7a-4027-88d7-60ae1f79971a/fr&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce n'est, bien entendu, pas la seule fa&#231;on de concevoir des communaut&#233;s politiques l&#233;gitimes &#8211; les pays f&#233;d&#233;raux, tels que les &#201;tats-Unis, la Suisse et l'Allemagne, connaissent des traditions de pens&#233;e non moins &#233;labor&#233;es, mais diff&#233;rentes, permettant la coexistence de plusieurs niveaux d&#233;cisionnels, li&#233;s entre eux par des contrats (constitutionnels), partageant ainsi le droit l&#233;gitime d'agir au nom soit de l'un, soit de l'autre, au niveau local, r&#233;gional, national &#8211; et europ&#233;en&#8230; Althusius comme les p&#232;res de la constitution am&#233;ricaine en sont des t&#233;moins, l'id&#233;e de f&#233;d&#233;ralisme &#171; con-sociatif &#187; exprime tr&#232;s bien cette approche diff&#233;rente, puisqu'elle fait r&#233;f&#233;rence &#224; plusieurs composantes d'une soci&#233;t&#233; qui s'unissent dans une f&#233;d&#233;ration sans abandonner leur existence propre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte int&#233;gral sur : &lt;a href=&#034;http://www.france-allemagne.fr/Declaration-commune-sur-la&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.france-allemagne.fr/Declaration-commune-sur-la&lt;/a&gt;, 006.html.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.germanhistorydocs.ghi-dc.org/pdf/deu/Chapter2Doc4.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.germanhistorydocs.ghi-dc.org/pdf/deu/Chapter2Doc4.pdf&lt;/a&gt; (traduction de l'allemand par l'auteur).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#8230; sans parler de l'adh&#233;sion de la Grande-Bretagne, qui constituait une autre divergence fondamentale entre les cinq, dont l'Allemagne, et la France. De Gaulle avait confirm&#233; son veto contre l'adh&#233;sion de la Grande-Bretagne le 14 janvier 1963, contribuant ainsi &#224; la col&#232;re, et si le terme est trop fort : au refus du Bundestag de suivre la strat&#233;gie du g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;claration de Robert Schuman, 9 mai 1950, &lt;a href=&#034;http://europa.eu/about-eu/basic-information/symbols/europe-day/schuman-declaration/index_fr.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://europa.eu/about-eu/basic-information/symbols/europe-day/schuman-declaration/index_fr.htm&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



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