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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>L'Europe et la monnaie : lntervention d'Andr&#233; Vianes</title>
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		<dc:date>2015-11-08T18:23:10Z</dc:date>
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		<dc:creator>Andr&#233; Vianes</dc:creator>


		<dc:subject>euro</dc:subject>

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&lt;p&gt;Mesdames et Messieurs, et pour beaucoup d'entre vous, Chers Amis F&#233;d&#233;ralistes. Bernard Barthalay m'a demand&#233; de vous pr&#233;senter le syst&#232;me mon&#233;taire international. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je pense que si Bernard Barthalay m'a demand&#233; ce genre d'expos&#233;, c'est essentiellement pour deux types de raisons. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'une part, parce que monnaie et souverainet&#233; nationale sont deux ph&#233;nom&#232;nes li&#233;s, deux aspects indissociables d'une m&#234;me r&#233;alit&#233;. D'autre part, nous assistons depuis l'apr&#232;s-guerre essentiellement, &#224; un ph&#233;nom&#232;ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-9-2e-trimestre-1975-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 9 &#8212; 2e trimestre 1975&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-euro-+" rel="tag"&gt;euro&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mesdames et Messieurs, et pour beaucoup d'entre vous, Chers Amis F&#233;d&#233;ralistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard Barthalay m'a demand&#233; de vous pr&#233;senter le syst&#232;me mon&#233;taire international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que si Bernard Barthalay m'a demand&#233; ce genre d'expos&#233;, c'est essentiellement pour deux types de raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, parce que monnaie et souverainet&#233; nationale sont deux ph&#233;nom&#232;nes li&#233;s, deux aspects indissociables d'une m&#234;me r&#233;alit&#233;. D'autre part, nous assistons depuis l'apr&#232;s-guerre essentiellement, &#224; un ph&#233;nom&#232;ne fondamental qui marque les &#233;conomies occidentales et notamment les plus d&#233;velopp&#233;es, celui de leur internationalisation. Cela signifie que la production, les &#233;changes, le commerce ont de plus en plus une sph&#232;re d&#233;passant celle traditionnelle de l'Etat national. Ce ph&#233;nom&#232;ne international, supranational, transnational comme on le dit parfois, a maintenant toute une sc&#232;ne de r&#233;percussions concr&#232;tes qui frappent chacun d'entre nous. Notre emploi, notre pouvoir d'achat, les possibilit&#233;s de politique &#233;conomique de nos gouvernements sont de plus en plus conditionn&#233;s par des ph&#233;nom&#232;nes ext&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc internationalisation financi&#232;re, internationalisation de la production de m&#234;me par le ph&#233;nom&#232;ne des firmes multinationales dont l'aire d'action, de production, de d&#233;cision d&#233;passe tr&#232;s largement le traditionnel Etat national, et internationalisation des &#233;changes sous forme d'importations et d'exportations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment a-t-on reconstruit le syst&#232;me mon&#233;taire international au lendemain de la seconde guerre mondiale ? Les pays europ&#233;ens de l'Ouest, principalement la France et l'Allemagne, dans une moindre mesure l'Italie, avaient un besoin immense d'&#233;changes ne serait-ce que pour se procurer les biens d'&#233;quipement et les mati&#232;res premi&#232;res n&#233;cessaires &#224; la reconstruction de leurs &#233;conomies. Il fallait donc reconstruire de toutes pi&#232;ces un syst&#232;me r&#233;gissant ces &#233;changes et il va de soi qu'il fallait une monnaie internationale (en termes plus techniques une devise) ; n&#233;cessit&#233; &#233;galement d'un certain niveau de liquidit&#233;s permettant aux &#233;conomies d'avoir la tr&#233;sorerie suffisante pour organiser leurs &#233;changes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs syst&#232;mes &#233;taient possibles, et le d&#233;bat s'est orient&#233;, au cours d'une conf&#233;rence si&#233;geant &#224; Bretton-Woods, autour des diff&#233;rentes solutions envisageables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re solution, solution disons traditionnelle, qui apparaissait par certains cot&#233;s archa&#239;que et par d'autres impossible, &#233;tait celle du retour &#224; l'&#233;talon-or. Cette solution n'&#233;tait pas possible, car le syst&#232;me de l'&#233;talon-or fait subir aux diff&#233;rents pays des contraintes inacceptables ou supportables seulement au prix de tr&#232;s longues p&#233;riodes d'inflation ou de d&#233;flation successives. Notamment au prix de l'acceptation, en cas de d&#233;s&#233;quilibre commercial, d'un taux de ch&#244;mage apparaissant contradictoire avec ce qui &#233;tait politiquement ou socialement acceptable. Egalement refus de l'or, car durant la guerre, par le ph&#233;nom&#232;ne de fourniture d'armes et autres biens aux diff&#233;rents pays de la part des Etats-Unis, la r&#233;partition mondiale du stock &#233;tait telle que les pays ayant le plus grand besoin d'&#233;changer &#233;taient justement ceux dont les r&#233;serves &#233;taient les plus ass&#233;ch&#233;es. A cause d'une mauvaise r&#233;partition des r&#233;serves, ce syst&#232;me n'aurait pu d&#232;s le d&#233;part que fonctionner tr&#232;s mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En refusant l'or, on s'orientait vers deux autres types de solution ; le premier consistant &#224; retourner au syst&#232;me ayant fonctionn&#233; notamment pendant la crise &#233;conomique de l'entre-deux-guerres, celui dit des taux de change flottants ; le second, propos&#233; par l'&#233;conomiste britannique Keynes, consistant &#224; cr&#233;er de fait une sorte de banque centrale internationale, ayant pouvoir de battre monnaie et de la r&#233;partir, ainsi que le cr&#233;dit, entre les diff&#233;rents pays. Pour un tel syst&#232;me, la difficult&#233; est de trouver sur le pian politique et international une autorit&#233; accept&#233;e par les diff&#233;rentes souverainet&#233;s nationales. Toutes les exp&#233;riences du type propos&#233; par Keynes ont &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;es comme utopiques, et je crois que c'est le probl&#232;me que vous retrouverez quand vous vous interrogerez sur les possibilit&#233;s de cr&#233;ation d'une monnaie europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, au lendemain de la seconde guerre mondiale, refus de l'&#233;talon-or, refus &#233;galement d'une solution supranationale. On s'est orient&#233; vers un syst&#232;me visant &#224; m&#234;ler un certain maintien du r&#234;le de l'or avec la prise en compte des monnaies dominantes sur le pian international, qu'on a appel&#233;es monnaies de r&#233;serve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait le syst&#232;me de Bretton-Woods recherchait essentiellement trois qualit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La stabilit&#233; du prix des monnaies les unes par rapport aux autres (parit&#233;s fixes) et c'est cette contrainte qui a &#233;t&#233; la plus difficile &#224; tenir en raison, il faut le dire, d'espaces &#233;conomiques nationaux ayant des lois et des rythmes d'&#233;volution &#233;conomique diff&#233;rents.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Seconde r&#232;gle : la tendance &#224; la lev&#233;e progressive des restrictions, des obstacles douaniers et tarifaires restreignant les &#233;changes entre les diff&#233;rents pays.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Troisi&#232;me point : l'id&#233;e que dans un syst&#232;me mon&#233;taire international, o&#249; la force &#233;conomique et politique des diff&#233;rentes nations est in&#233;gale, il fallait instaurer au plan mondial un syst&#232;me de cr&#233;dit.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Il faut bien voir que le syst&#232;me mis en oeuvre a &#233;t&#233; soumis &#224; d'importantes contradictions venant essentiellement du r&#244;le des monnaies de r&#233;serve. Celles-ci sont consid&#233;r&#233;es comme rendant le syst&#232;me relativement instable et dangereux pour deux s&#233;ries de raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier point est que ce syst&#232;me est instable par d&#233;finition, c'est ce que l'on appelle, du nom de son inventeur, le dilemme de Triffin. L'&#233;conomiste am&#233;ricain Triffin raisonne ainsi : pour qu'une monnaie de r&#233;serve puisse jouer correctement son r&#244;le, il faut bien sur qu'elle soit pr&#233;sente dans les r&#233;serves des pays autres que celui qui l'&#233;met. Si l'on prend le cas du dollar, pour qu'il se trouve dans les caisses de pays autres que les U.S.A., il faut que ceux-ci aient connu un d&#233;ficit sur une longue p&#233;riode ou &#224; tout le moins un d&#233;ficit portant sur des quantit&#233;s importantes. Il faut par exemple qu'ils aient export&#233; des capitaux en quantit&#233; sup&#233;rieure &#224; leurs importations de capitaux. Mais s'il y a des sorties de monnaie de r&#233;serve trop importantes du pays &#233;metteur vers les pays qui l'accueillent dans les caisses, ce d&#233;ficit va finalement porter atteinte &#224; la confiance dans la monnaie consid&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;ficit n&#233;cessaire du pays &#233;metteur de monnaie de r&#233;serve rend donc impossible la deuxi&#232;me condition n&#233;cessaire : celle de confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays qui recevront cette monnaie auront tendance &#224; chercher &#224; s'en d&#233;barrasser. L'autre p&#244;le de ce dilemme est le suivant : le pays &#233;mettant la monnaie de r&#233;serve peut &#234;tre titulaire d'une monnaie tr&#232;s forte, et dans ce cas la confiance est r&#233;alis&#233;e, mais cela exige alors du pays &#233;metteur l'&#233;quilibre de sa balance des paiements et de sa balance commerciale. Alors la condition de confiance est remplie mais une condition pratique et de fait ne peut l'&#234;tre : la monnaie reste dans les coffres du pays &#233;metteur. Le syst&#232;me du Gold Exchange Standard &#233;volue donc sur une ligne de cr&#234;te et dans une tr&#232;s grande instabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me point qui explique la faiblesse de ce syst&#232;me est ce que l'on appela le privil&#232;ge des monnaies de r&#233;serve. Passons sur le dilemme de Triffin et imaginons que le syst&#232;me puisse fonctionner. En effet, le pays titulaire d'une monnaie de r&#233;serve a un privil&#232;ge consid&#233;rable sur tous les autres pays membres du m&#234;me syst&#232;me, il n'est pas oblig&#233; de maintenir l'&#233;quilibre de sa balance commerciale et de sa balance des paiements. A condition que ce privil&#232;ge soit accept&#233; par les autres pays, il aura la possibilit&#233; de mener, comme l'ont fait les U.S.A., des guerres lointaines, d'effectuer des d&#233;penses militaires et politiques d'intervention dans d'autres pays, d'acheter des firmes &#224; l'&#233;tranger en exportant des capitaux d'une fa&#231;on massive, vu que chaque fois qu'il sera en d&#233;ficit il pourra le r&#233;sorber d'une fa&#231;on factice en payant ce qu'il ach&#232;te &#224; l'ext&#233;rieur avec sa propre monnaie. Pour le cas des U.S.A., on a pu parler longtemps du dollar comme un moyen de d&#233;velopper un certain type d'imp&#233;rialisme, l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Andr&#233; Vianes &#233;tait assistant de sciences &#233;conomiques &#224; l'Universit&#233; de Lyon II et membre du Comit&#233; Directeur du Parti Socialiste&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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