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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>L'Europe et la monnaie : intervention de Dario Velo</title>
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		<dc:date>2015-11-08T18:46:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dario Velo </dc:creator>


		<dc:subject>euro</dc:subject>

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&lt;p&gt;Au lendemain de la Guerre du Kippur, face &#224; la r&#233;duction des exportations de p&#233;trole d&#233;cid&#233;e par les pays producteurs, le monde a craint un moment de devoir affronter &#224; court terme une situation de p&#233;nurie dramatique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois, peu apr&#232;s, il s'est rendu compte que le p&#233;trole ne manquerait pas ; paradoxalement, on peut dire que la disponibilit&#233; potentielle d'&#233;nergie n'a jamais &#233;t&#233; aussi importante qu'aujourd'hui ; de nouveaux gisements sont d&#233;couverts et la hausse du prix du p&#233;trole rend (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-euro-+" rel="tag"&gt;euro&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au lendemain de la Guerre du Kippur, face &#224; la r&#233;duction des exportations de p&#233;trole d&#233;cid&#233;e par les pays producteurs, le monde a craint un moment de devoir affronter &#224; court terme une situation de p&#233;nurie dramatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, peu apr&#232;s, il s'est rendu compte que le p&#233;trole ne manquerait pas ; paradoxalement, on peut dire que la disponibilit&#233; potentielle d'&#233;nergie n'a jamais &#233;t&#233; aussi importante qu'aujourd'hui ; de nouveaux gisements sont d&#233;couverts et la hausse du prix du p&#233;trole rend &#233;conomique l'exploitation de gisements marginaux. En outre, on peut pr&#233;voir l'utilisation d'autres sources d'&#233;nergie, diversifi&#233;es tant par leur implantation g&#233;ographique. que par leur type.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attention s'est cependant port&#233;e sur les r&#233;percussions de l'augmentation du prix du p&#233;trole sur la balance des paiements, les taux d'inflation et les tendances r&#233;cessives des pays consommateurs. Plus particuli&#232;rement, les pr&#233;occupations majeures se sont rapidement port&#233;es sur le probl&#232;me du financement du d&#233;ficit &#233;nerg&#233;tique que les pays consommateurs devront rencontrer, au moins &#224; moyen terme. Divers pays, vue l'insuffisance de leurs r&#233;serves mon&#233;taires ont recherch&#233; le financement du d&#233;ficit de leur balance des paiements, dans un premier temps, au travers de solutions de march&#233;. En effet, l'utilisation de l'or d&#233;tenu dans les r&#233;serves des principaux pays est rendue difficile par le fait qu'il demeure un instrument peu utilisable et ce malgr&#233; les premiers pas effectu&#233;s en direction de sa r&#233;&#233;valuation et de sa plus grande utilisation comme moyen de paiement international. Les Droits de Tirage Sp&#233;ciaux &#224; qui fait d&#233;faut par ailleurs le consensus n&#233;cessaire &#224; leur pleine affirmation comme instrument de r&#233;serve, sont insuffisants en volume et peu flexibles. Dans ces conditions et compte tenu de la pr&#233;f&#233;rence constamment exprim&#233;e par les pays arabes producteurs de p&#233;trole pour l'argent liquide et anonyme, le recours au march&#233; de l'eurodollar est apparu aux pays en d&#233;ficit comme la solution la plus facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dangers de cette solution sont &#233;vidents. Il a &#233;t&#233; calcul&#233; que l'accroissement de la d&#233;pense pour l'importation de p&#233;trole a &#233;t&#233; en 1974 de pr&#232;s de 80 milliards de dollars ; et l'on peut pr&#233;voir en outre un accroissement constant de ce montant dans le futur (si l'on excepte l'hypoth&#232;se d'une crise &#233;conomique internationale tellement grave qu'elle r&#233;duirait la consommation d'&#233;nergie). Il n'est pas difficile de comprendre qu'une telle masse de liquidit&#233;s deviendra rapidement ingouvernable, d'autant plus que les pays producteurs ne pourront la d&#233;penser sur-le-champ et qu'elle sera ainsi appel&#233;e &#224; augmenter cumulativement d'une ann&#233;e sur l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recours au march&#233; de l'eurodollar - bien connu pour &#233;chapper &#224; toute sorte de contr&#244;le et de r&#233;gularisation d'une organisation centrale - pour recycler les p&#233;trodollars, accro&#238;t leur potentiel de d&#233;stabilisation, alors qu'il est d'autre part illusoire d'esp&#233;rer que ces capitaux viendront s'investir d'eux-m&#234;mes par les m&#233;canismes de march&#233; dans les pays importateurs pour des emplois de longue dur&#233;e r&#233;alisant ainsi un m&#233;canisme de compensation simple et imm&#233;diat. Les d&#233;s&#233;quilibres dans la distribution des capitaux offerts par les pays exc&#233;dentaires sont fatals, mais si leur recyclage est fait par le truchement du march&#233; de l'eurodollar, ces d&#233;s&#233;quilibres deviendront suffisamment graves pour mettre en difficult&#233; le syst&#232;me bancaire international et influencer profond&#233;ment les taux d'int&#233;r&#234;t et de change des monnaies nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats europ&#233;ens seront incapables de contr&#244;ler le stock mondial de monnaie et devront donc subir passivement les pouss&#233;es inflationnistes et d&#233;flationnistes d&#233;termin&#233;es par le manque ou l'exc&#232;s de liquidit&#233;s internationales. En d'autres termes, ils abandonneront l'ambition de r&#233;aliser une quelconque politique &#233;conomique autonome et d&#233;l&#233;gueront les choix fondamentaux du d&#233;veloppement &#233;conomique et social aux m&#233;canismes aveugles des march&#233;s internationaux et aux pays capables de les influencer, c'est-&#224;-dire en pratique aux Etats- Unis. Les autorit&#233;s qui, alors, essayeraient de s'opposer au march&#233; de l'eurodollar seraient irr&#233;sistiblement balay&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le recours au march&#233; financier am&#233;ricain, comme alternative, m&#234;me s'il peut indubitablement recycler les p&#233;trodollars avec un degr&#233; de stabilit&#233; sup&#233;rieur &#224; celui permis par le march&#233; de l'eurodollar, pr&#233;sente des limites semblables. Il est &#233;vident par ailleurs que la d&#233;pendance des pays europ&#233;ens pour le financement du d&#233;ficit de leur balance des paiements leur imposerait de subir passivement les d&#233;cisions de politique mon&#233;taire du gouvernement am&#233;ricain et les exposerait &#224; tout chantage possible de sa part. Cela signifierait la renonciation d&#233;finitive des pays europ&#233;ens &#224; leur autonomie avec les cons&#233;quences &#233;conomiques, politiques et sociales qui en d&#233;couleraient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons de toute fa&#231;on concevoir les alternatives entre le recours au march&#233; de l'eurodollar et celui au march&#233; financier am&#233;ricain. Il est certain que ces mesures aussi bien l'une que l'autre seraient valables seulement &#224; court terme et n'apporteraient pas de solution aux v&#233;ritables probl&#232;mes pos&#233;s par l'accumulation de ressources gigantesques par les pays producteurs. A longue &#233;ch&#233;ance, la seule solution pour &#233;viter une crise catastrophique consiste dans la re cherche. d'un &#233;quilibre r&#233;el des &#233;conomies, c'est-&#224;-dire une juste balance des flux de capitaux avec ceux de biens et services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce cadre que doivent &#234;tre pos&#233;es les propositions formul&#233;es par Carli, le gouverneur de la Banque d'Italie. Son analyse est simple : le probl&#232;me est de garantir que les ressources financi&#232;res accumul&#233;es par les pays producteurs soient utilis&#233;es pour financer l'achat de biens et services aux pays consommateurs de p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors que les pays consommateurs (c'est-&#224; dire industrialis&#233;s) sont &#224; m&#234;me, si n&#233;cessaire au prix de sacrifices, de fournir une masse de ressources r&#233;elles &#233;quivalente &#224; leurs besoins de p&#233;trole, les pays producteurs ne sont pas &#224; m&#234;me d'absorber cette masse de ressources r&#233;elles, &#233;tant donn&#233; leur niveau tr&#232;s bas de d&#233;veloppement &#233;conomique. En outre, dans ce processus, les pays en voie de d&#233;veloppement non producteurs (le quart-monde) verraient leur situation empirer, leur capacit&#233; d'importer les biens essentiels &#224; leur d&#233;veloppement &#233;tant encore r&#233;duite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de lancer un grand plan englobant pays industrialis&#233;s, pays producteurs de p&#233;trole et pays en voie de d&#233;veloppement non producteurs. Les premiers auraient la charge de fournir les ressources r&#233;elles, les pays arabes de fournir le p&#233;trole aux pays industriels et une aide financi&#232;re aux pays en voie de d&#233;veloppement. En ce qui concerne les pays du tiers-monde non producteurs, la n&#233;cessit&#233; de leur insertion dans le plan r&#233;pond &#224; deux exigences : d'un cot&#233; l'aida qui leur est due dans le but de garantir un d&#233;veloppement plus &#233;quilibr&#233; de l'humanit&#233; et au nom du principe d'&#233;quit&#233;, de l'autre cot&#233; la n&#233;cessit&#233; de cr&#233;er un nouveau d&#233;bouch&#233; pour les exportations des pays consommateurs. Le plan Carli donne ainsi une perspective r&#233;volutionnaire et logiquement coh&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parall&#232;le entre le Plan Marshall et le Plan Carli est en partie exact. De m&#234;me que le Plan Marshall a permis de r&#233;soudre dans l'apr&#232;s- guerre les probl&#232;mes des rapports &#233;conomiques entre l'Europe et les Etats-Unis, le Plan Carli, s'il &#233;tait r&#233;alis&#233;, permettrait de r&#233;soudre les probl&#232;mes plus graves existant aujourd'hui sur le plan &#233;conomique &#224; niveau mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a une diff&#233;rence fondamentale entre le Plan Carli et le Plan Marshall. Ce dernier correspondait parfaitement aux rapports de pouvoir existant &#224; niveau international dans l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre et ne peut &#234;tre compris si l'on oublie la convergence d'int&#233;r&#234;ts qui pr&#233;valait entre Europe et Am&#233;rique dans le cadre de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine. Le Plan Carli, au contraire, ne correspond pas &#224; la division du pouvoir existant aujourd'hui dans le monde. Aujourd'hui n'existe pas une convergence d'int&#233;r&#234;ts entre pays industriels, pays arabes et pays en voie de d&#233;veloppement non producteurs. Cela ne veut pas dire que le Plan Carli soit abstrait. Le fait que les propositions de Carli aient &#233;t&#233; reprises par Giscard d&#233;montre qu'elles sont r&#233;alisables. Une profonde convergence d'int&#233;r&#234;ts existe entre les pays europ&#233;ens, les pays arabes et les pays du quart-monde, ma is non pas &#224; niveau mondial. Elle s'est jusqu'ici exprim&#233;e tr&#232;s faiblement car les pays europ&#233;ens divis&#233;s n'ont pu &#234;tre un partenaire valable vis-&#224;-vis de ces deux derniers groupes de pays. Les pays europ&#233;ens n'ont pu leur offrir une alternative au protectorat am&#233;ricain. Le Plan Giscard pour l'&#233;nergie a en partie rempli ce vide et pour la premi&#232;re fois exprim&#233; &#224; niveau politique une position autonome europ&#233;enne sur ces probl&#232;mes cruciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Giscard repr&#233;sente aujourd'hui la seule voie par laquelle s'expriment les revendications autonomes de l'Europe. Il semble qu'il ait d&#233;cid&#233; de se porter sur le plan europ&#233;en et sa proposition d'&#233;lire le parlement europ&#233;en d&#233;montre qu'il a compris que les probl&#232;mes pouvaient trouver une solution seulement &#224; ce niveau. Le point de vue europ&#233;en acquis par Giscard est l'&#233;l&#233;ment qui explique la raison pour laquelle il a pu concevoir un projet semblable au Plan Carli. Naturellement, si Giscard parle aux Arabes au nom de l'Europe, il repr&#233;sente aujourd'hui seulement la France, et ses propositions ne peuvent donc &#234;tre imm&#233;diatement accept&#233;es. Mais, malgr&#233; cela elles restent cr&#233;dibles dans la mesure o&#249; est d&#233;bloqu&#233; le processus d'unification politique de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est que l'Europe aurait des int&#233;r&#234;ts beaucoup plus importants que les Etats-Unis &#224; collaborer sur un pied d'&#233;galit&#233;, soit avec les pays producteurs, soit avec les autres pays du tiers-monde. Elle d&#233;pend trop du reste du monde pour tous ses approvisionnements de mati&#232;res premi&#232;res pour pouvoir se refermer sur elle-m&#234;me et renoncer &#224; la collaboration internationale. L'Europe unifi&#233;e rendrait l'&#233;quilibre international plus progressiste et permettrait aux aspirations des pays du tiers-monde de s'exprimer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Dario Velo &#233;tait professeur d'&#233;conomie internationale &#224; la facult&#233; de sciences &#233;conomiques de Pavie et membre du Comit&#233; F&#233;d&#233;ral Europ&#233;en de l'UEF.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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