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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>La gauche qui ne comprend pas l'Europe</title>
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		<dc:date>2016-01-10T21:25:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Michele Ballerin</dc:creator>



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&lt;p&gt;La gauche qui ne comprend pas l'Europe est une assez vieille histoire et l'on s'abstiendrait de revenir dessus une fois de plus si ce n'&#233;tait du fait que c'est toujours malheureusement un sujet d'actualit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; En Italie, une r&#233;flexion sur la question a &#233;t&#233; soulev&#233;e &#224; nouveau apr&#232;s que des repr&#233;sentants de gauche du Parti D&#233;mocrate &#8211; fort heureusement, une minorit&#233; &#8211; ont adopt&#233; une position ferme contre l'Union mon&#233;taire europ&#233;enne, se retrouvant avec des forces politiques traditionnellement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-169-Septembre-2015-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 169 - Septembre 2015&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La gauche qui ne comprend pas l'Europe est une assez vieille histoire et l'on s'abstiendrait de revenir dessus une fois de plus si ce n'&#233;tait du fait que c'est toujours malheureusement un sujet d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Italie, une r&#233;flexion sur la question a &#233;t&#233; soulev&#233;e &#224; nouveau apr&#232;s que des repr&#233;sentants de gauche du Parti D&#233;mocrate &#8211; fort heureusement, une minorit&#233; &#8211; ont adopt&#233; une position ferme contre l'Union mon&#233;taire europ&#233;enne, se retrouvant avec des forces politiques traditionnellement europhobes, comme la Ligue et le Mouvement 5 &#233;toiles. Une fois encore, rien de nouveau sous le soleil (levant) ; le fait que le nationalisme parvienne &#224; r&#233;unir les &#233;l&#233;ments les plus disparates est aussi une vieille histoire, et par le pass&#233;, nous avons vu maintes fois la gauche radicale si&#233;ger avec la droite la moins glorieuse. En France, les communistes et les gaullistes ont &#233;paul&#233; la m&#234;me arme lorsqu'il a fallu, en 1954, descendre le projet d'une d&#233;fense commune.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et il pourrait y avoir de nombreux exemples&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre n'est-il pas si &#233;vident de faire le lien entre une telle idiosyncrasie de la gauche vis-&#224;-vis de l'Europe et sa condition de crise perp&#233;tuelle. Dire que la gauche est en crise n'est pas seulement une platitude (sa crise remonte &#224; si longtemps que les deux termes &#8211; &#8220;gauche&#8221; et &#8220;crise&#8221; &#8211; vont bient&#244;t devenir synonymes), mais cela devient carr&#233;ment un euph&#233;misme : aujourd'hui, la gauche europ&#233;enne est aux abois, ou plut&#244;t sur le ring ; et ce sont les accords internationaux de libre-&#233;change des ann&#233;es 90 qui l'ont conduite &#224; cette situation. Le dernier round &#8211; celui du coup de gr&#226;ce &#8211; c'est celui de Doha en 2001, qui a vu l'entr&#233;e de la Chine dans l'Organisation mondiale du commerce (OMC) apr&#232;s quinze ans de n&#233;gociations. L'ann&#233;e 2001 a ouvert la bo&#238;te de Pandore de la mondialisation, en d&#233;ployant dans le monde entier des processus qui ont &#233;limin&#233; les derni&#232;res barri&#232;res protectrices d'un mod&#232;le social &#8211; le mod&#232;le europ&#233;en &#8211; que de nombreuses personnes consid&#233;raient atteint dans l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, incontest&#233; et incontestable. Deux parmi tant d'autres : la mobilit&#233; du capital d&#233;sormais &#233;tendue &#224; une &#233;chelle plan&#233;taire et le dumping social que font les &#233;conomies &#233;mergentes sur les &#233;conomies avanc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas difficile d'imaginer le dilemme auquel les syndicats ont &#233;t&#233; confront&#233;s, au cours des quinze derni&#232;res ann&#233;es. Dans une telle situation, comment pr&#233;server les salaires sans condamner les soci&#233;t&#233;s &#224; la faillite ou les conduire &#224; la d&#233;localisation ? La r&#233;ponse : c'est absolument impossible. Donc les salaires ont commenc&#233; &#224; baisser, faisant chuter la demande de biens et de services, et provoquant d'abord la r&#233;cession de la zone euro, puis sa d&#233;flation. Apr&#232;s la fin de l'exp&#233;rience communiste et celle du paradigme th&#233;orique qui lui servait de guide, la gauche s'est retrouv&#233;e dans un piteux &#233;tat, mais ce n'&#233;tait encore rien par rapport &#224; ce qui l'attendait. Maintenant, elle n'a plus qu'&#224; s'interroger sur les raisons de sa faiblesse, les raisons pour lesquelles la mondialisation du march&#233; l'a prise par surprise, si vuln&#233;rable et impuissante. Il y a de nombreuses r&#233;ponses possibles mais l'une d'entre elles arrive en t&#234;te. La gauche doit payer pour une lacune particuli&#232;rement grave dans la gestion d'un probl&#232;me europ&#233;en, une lacune qui, en Italie, par exemple, a &#233;t&#233; critiqu&#233;e par Altiero Spinelli et les autres f&#233;d&#233;ralistes ; mais ce qui manque &#224; la gauche en g&#233;n&#233;ral, c'est une r&#233;flexion sur les institutions, sur le probl&#232;me de l'Etat, de la nation et de la souverainet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut d&#232;s lors s'&#233;tonner. La question des institutions fait partie de la pens&#233;e lib&#233;rale qui a commenc&#233; par l'approfondissement du sujet, alors que quelques accusations ont &#233;t&#233; davantage m&#233;rit&#233;es par le marxisme que celle qui l'accusait d'&#234;tre &#171; une philosophie sans Etat. &#187;. On sait bien que dans ses &#233;crits, Marx, &#224; c&#244;t&#233; d'intuitions incisives sur les dynamiques sociales et &#233;conomiques, a montr&#233; une &#233;tonnante insouciance vis-&#224;-vis des institutions, rejetant l'ensemble du cadre juridique de l'Etat comme une simple &#171; superstructure &#187; et en le rel&#233;guant dans les limbes de l'&#233;piph&#233;nom&#232;ne. Par cons&#233;quent, le soin que les lib&#233;raux ont toujours pris par rapport aux aspects institutionnels (par exemple, le sujet de la loi-constitutionnelle) a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233; par les marxistes comme une tentative visant &#224; d&#233;tourner la discussion du sujet principal, c'est &#224; dire, en fin de compte, comme une mystification id&#233;ologique. C'est une mauvaise interpr&#233;tation substantielle, qui explique aussi pourquoi, partout o&#249; les gens ont essay&#233; de le mettre en pratique, le communisme est &#224; l'origine de syst&#232;mes politiques assez &#233;loign&#233;s de la r&#232;gle du droit, tels que les syst&#232;mes politiques nord-cor&#233;en, chinois et sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Certaines imprudences sont pay&#233;es assez cher &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est sans doute pourquoi, ce qui est tout &#224; fait naturel pour les f&#233;d&#233;ralistes s'av&#232;re aussi difficile pour la classe politique progressiste qui a du mal &#224; concentrer son attention sur les inad&#233;quations institutionnelles de l'Union europ&#233;enne (UE) en y reconnaissant non pas un probl&#232;me d&#233;riv&#233;, mais l'origine premi&#232;re de tous les probl&#232;mes sociaux, &#233;conomiques et politiques qui doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s &#224; leur tour comme les sous-produits in&#233;vitables d'une organisation &#233;tatique encore inachev&#233;e, alors que ceci se fait naturellement pour les f&#233;d&#233;ralistes. Il en r&#233;sulte que la gauche a abandonn&#233; toute fonction publique sauf l'appel &#224; des r&#233;formes sociales qu'aucune institution en Europe, &#224; l'heure actuelle, n'est en position de promulguer : ni les gouvernements des Etats, bafou&#233;s et ignor&#233;s par des processus qui &#233;chappent aux fronti&#232;res politiques et juridiques, ni l'UE, dont la capacit&#233; &#224; gouverner a &#233;t&#233; syst&#233;matiquement &#233;branl&#233;e et qui de nos jours m&#233;rite au plus le nom peu reluisant de &#171; gouvernance &#187;, otage impuissant de nations tout aussi impuissantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etablir des r&#232;gles pour les march&#233;s financiers, instituer des r&#233;gimes fiscaux plus &#233;quitables, relancer des investissements publics, jeter les bases d'un mod&#232;le de d&#233;veloppement plus durable &#224; l'&#233;gard des aspects environnementaux et sociaux, sont autant d'intentions louables. Mais qui agira concr&#232;tement, dans l'anarchie de vingt-huit politiques &#233;conomiques ind&#233;pendantes ? L'id&#233;e d'un &#171; New Deal &#187; europ&#233;en est attractive et fond&#233;e, ou toujours la meilleure, admettons enfin qu'elle est sacro-sainte. Toutefois, nous n'avons pas de Roosevelt &#224; notre &#233;poque &#8211; ou plut&#244;t, nous n'avons pas l'instrument institutionnel qui a permis &#224; Roosevelt dans les ann&#233;es trente de r&#233;aliser ses r&#233;formes en Am&#233;rique : le gouvernement f&#233;d&#233;ral dot&#233; de ressources suffisantes et de l'autonomie politique n&#233;cessaire. L'impuissance de la gauche pourrait bien consister en cette d&#233;formation optique persistante qui finit par transformer chacune de ses propositions en une simple &#8211; et vaine &#8211; protestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confin&#233;s aux marges du d&#233;bat et de l'action, il est alors naturel que cela finisse par d&#233;raper vers des id&#233;es d&#233;raisonnables, comme le retour &#224; la souverainet&#233; mon&#233;taire. Parmi les d&#233;combres que l'implosion du mat&#233;rialisme historique a &#233;parpill&#233;s un peu partout, c'est peut-&#234;tre le plus troublant. Le seul fait de voir dans la monnaie une question clef, laisse pr&#233;sager que l'id&#233;e des questions &#233;conomiques repose sur des bases tr&#232;s friables, et cela semble m&#234;me &#233;trange qu'un secteur entier de la pens&#233;e progressiste caresse l'id&#233;e que d'&#233;mettre de la monnaie soit un rem&#232;de &#224; tous les maux, et c'est pourtant le cas. Sur ce principe, une doctrine a m&#234;me &#233;t&#233; fond&#233;e, sous le nom plut&#244;t pompeux de &#171; Th&#233;orie mon&#233;taire moderne &#187;. Il faut croire qu'aucun de ses adeptes n'a lu Pinocchio, sinon ils ne sauraient ignorer qu'il ne suffit pas d'enterrer une pi&#232;ce pour en r&#233;colter une centaine, et m&#234;me si le miracle se produisait, ces cent pi&#232;ces n'auraient aucune valeur. Mais, il en est ainsi. C'est dommage, car on aurait bien besoin aujourd'hui d'une gauche intelligente et de politiques sociales solides, dans un monde o&#249; les in&#233;galit&#233;s sociales se d&#233;veloppent et o&#249; le d&#233;veloppement &#233;conomique se retrouve partout confront&#233; &#224; une crise de revendication et &#224; laquelle on ne peut trouver aucune solution. De plus, il est ironique que la gauche traverse ses pires moments alors que les faits semblent mettre justement en &#233;vidence les pires critiques du libre march&#233;. C'est un paradoxe auquel il lui est impossible de se r&#233;signer. L'ann&#233;e 1929 a ouvert l'&#232;re keyn&#233;sienne, et l'ann&#233;e 2008 ne devrait pas avoir de moindres cons&#233;quences. Quel que soit l'angle sous lequel vous l&#8216;observez, la question a l'air grotesque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peut-&#234;tre en Gr&#232;ce que l'on risque de voir des signes de renaissance de la gauche europ&#233;enne, o&#249; Syriza, apr&#232;s un d&#233;but incertain proche d'un euroscepticisme couru d'avance, a chang&#233; de position en prenant une heureuse d&#233;cision au bon moment alors que Tsipras d&#233;cidait qu'il ne fallait pas lutter contre l'Europe, mai au sein de l'Europe. Aujourd'hui, il est facile de mettre en d&#233;faut celui qui accuse la gauche grecque d'avoir voulu faire sortir la Gr&#232;ce de l'UEM, car Tsipras a clairement d&#233;clar&#233; &#8211; et il le r&#233;p&#232;te &#224; chaque fois que cela s'av&#232;re n&#233;cessaire &#8211; que si Syriza &#233;tait au gouvernement, celui-ci ne manoeuvrerait pas pour faire sortir la Gr&#232;ce de l'euro, mais qu'il demanderait &#224; la Commission et au Conseil de changer le cours des politiques &#233;conomiques en orientant la discussion sur la question de la dette grecque. Il a &#233;t&#233; &#233;galement tr&#232;s clair sur la nature f&#233;d&#233;raliste de ses principes, en citant Spinelli et le Manifeste de Ventotene. Il est vrai que cela devient une mode plut&#244;t qu'une garantie, mais il est &#233;galement vrai que ceux qui se livrent &#224; de telles affirmations auraient ensuite de la peine &#224; se montrer enclins &#224; brandir l'arme de l'antif&#233;d&#233;ralisme. Au pire, il aurait pu ne jamais avoir lu Spinelli et Rossi, une faute commune susceptible d'&#234;tre corrig&#233;e, voire davantage si les f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens pouvaient faire leur travail et chuchoter leurs bonnes paroles &#224; l'oreille du prince qui pourrait les entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute autre consid&#233;ration mise &#224; part, Syriza est aujourd'hui synonyme de bonne nouvelle pour l'Europe, car cela pourrait &#234;tre l'occasion pour la gauche radicale de rejoindre le mouvement pour une position pro-europ&#233;enne critique mais constructive, loin des incitations du nationalisme et des recettes mon&#233;taires magiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pourrions m&#234;me dire que cela pourrait &#234;tre la derni&#232;re chance pour la gauche tout-court ; et, osons esp&#233;rer que, pour une fois, elle sera capable de se d&#233;mentir et de disperser avec un peu de lucidit&#233;, la brume id&#233;ologique qui l'enveloppe. L'Europe a besoin de la gauche, mais l'inverse est vrai aussi. Et maintenant, attendons de voir venir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Michele Ballerin&lt;br class='manualbr' /&gt;Analyste politique, journaliste et blogueur&lt;br class='manualbr' /&gt;Article publi&#233; en commun avec The Federalist Debate - Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'anglais par Agn&#232;s Sampere Volta &#8211; Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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