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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>France, fin 2018 &#8211; Une lecture de la crise sociale en cours</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/France-fin-2018-Une-lecture-de-la-crise-sociale-en-cours</link>
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		<dc:date>2019-01-20T16:27:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Giovanni Stranieri</dc:creator>



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&lt;p&gt;Je suis un citoyen, tr&#232;s engag&#233; en faveur de l'&#233;cologie et de la construction europ&#233;enne. De plus, la justice sociale passant par la redistribution me semble indispensable pour qu'une soci&#233;t&#233; soit digne de ce nom et non pas de celui de jungle. Historien m&#233;di&#233;viste et italianiste, donc techniquement ignorant en &#233;conomie et gestion des crises sociales, mes &#233;tudes me donnent du moins l'habitude d'analyser structurellement les &#233;v&#233;nements, sortant &#171; le nez du guidon &#187; de la conjoncture. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-180-Decembre-2018-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 180 - D&#233;cembre 2018&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis un citoyen, tr&#232;s engag&#233; en faveur de l'&#233;cologie et de la construction europ&#233;enne. De plus, la justice sociale passant par la redistribution me semble indispensable pour qu'une soci&#233;t&#233; soit digne de ce nom et non pas de celui de jungle. Historien m&#233;di&#233;viste et italianiste, donc techniquement ignorant en &#233;conomie et gestion des crises sociales, mes &#233;tudes me donnent du moins l'habitude d'analyser structurellement les &#233;v&#233;nements, sortant &#171; le nez du guidon &#187; de la conjoncture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tincelle pourrait, en effet, appara&#238;tre presque anecdotique, l'augmentation du prix du carburant. Pourtant, elle a allum&#233; le feu de revendications sans fin et de violences injustifiables et disproportionn&#233;es. Je ne sais pas comment on arr&#234;te tout cela : &#224; nos gouvernants de trouver une strat&#233;gie acceptable par toutes les parties. Ce qui m'int&#233;resse, en revanche, c'est d'affirmer que cette explosion s'explique bien, davantage par des frustrations de long cours que par quelques centimes d'euros de plus &#224; la pompe. Je les r&#233;sumerais en quatre points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1)	Depuis les ann&#233;es 1980, &lt;strong&gt;la vague ultra-lib&#233;rale a emport&#233; sur son passage la redistribution par le biais de la fiscalit&#233;&lt;/strong&gt;. En coupant les taxes sur les multinationales, les tr&#232;s hauts revenus et les grands patrimoines, les imp&#244;ts ont &#233;t&#233; augment&#233;s pour le reste de la population. Aujourd'hui, devant le &#171; ras-le-bol fiscal &#187;, nos dirigeants tournent notre regard soit vers et contre la d&#233;pense publique, en fermant les h&#244;pitaux et les cr&#232;ches (centre-droit et centre-gauche depuis trente ans), soit contre les immigr&#233;s, en expliquant aux pauvres et aux d&#233;class&#233;s que la faute est aux plus pauvres qu'eux (Trump, Salvini, Brexit, etc.). Nos &#201;tats doivent se refinancer et l'argent, surabondant, se trouve dans les immenses caisses des multinationales, des paradis fiscaux, de l'optimisation fiscale organis&#233;e par les &#201;tats m&#234;mes (Irlande, Pays-Bas, etc.&#8230;), des grandes fortunes. L'effacement de la dette, les services publics et la r&#233;volution &#233;cologique doivent chercher l'argent l&#224; o&#249; il est, chez ceux qui sont devenus le 1 % de l'humanit&#233; qui d&#233;tient plus de richesse que le 99 % restant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2)	&lt;strong&gt;La financiarisation de l'&#233;conomie&lt;/strong&gt; a cr&#233;&#233; un capitalisme virtuel, logarithmique, sp&#233;culatif qui a &#171; ringardis&#233; &#187; les travailleurs et les vrais entrepreneurs, producteurs de biens et de services. Elle a enrichi scandaleusement les patrons, les managers et les actionnaires qui ont su jouer au poker boursier. En m&#234;me temps, le dumping sur le march&#233; international du travail fait stagner les salaires de tout le monde &#224; l'exception du grand management (temps partiel subi, pr&#233;carisation, ub&#233;risation, prol&#233;tarisation des classes moyennes, etc.). Or, la crise d&#233;cennale que nous avons v&#233;cue depuis 2008 a montr&#233; la nature scandaleuse et monstrueuse d'une telle &#233;conomie ainsi que le cynisme et l'incomp&#233;tence de ses protagonistes et de ses chantres. Et qu'ont fait nos pouvoirs publics, apr&#232;s les cris effarouch&#233;s de 2008 ? Absolument rien. Rien n'a chang&#233;. Apr&#232;s 10 ans, nous avons m&#234;me &#233;lu un pr&#233;sident, Emmanuel Macron, qui appara&#238;t &#8211; &#224; tort ou &#224; raison &#8211; comme &#233;tant le plus solidaire de tous ses pr&#233;d&#233;cesseurs avec ce monde, &#224; la fois par son temp&#233;rament et par son pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3)	&lt;strong&gt;La d&#233;cr&#233;dibilisation constante des corps interm&#233;diaires et des syndicats&lt;/strong&gt; a tu&#233; d&#233;finitivement un dialogue social qui, en France, &#233;tait d&#233;j&#224; mis &#224; mal par le dirigisme intrins&#232;que de la Cinqui&#232;me R&#233;publique. On a voulu voir alors dans les r&#233;seaux sociaux la clef d'une d&#233;mocratie directe qui pouvait se passer des formes d'agr&#233;gation de la pens&#233;e et de formation de l'opinion et des revendications. Aujourd'hui, on peut constater le d&#233;sastre auquel conduit une verticalisation &#224; outrance qui nous ram&#232;ne en arri&#232;re de plusieurs si&#232;cles, avec le &#171; peuple &#187; qui se r&#233;volte dans les rues contre le &#171; roi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4)	La Cinqui&#232;me R&#233;publique vit dans le f&#233;tichisme de l'efficacit&#233; qu'assure la personnalisation archa&#239;que du pouvoir et &lt;strong&gt;le manque de repr&#233;sentativit&#233; du parlement. &lt;/strong&gt; Comment en serait-on autrement ? LaREM gagne le premier tour des l&#233;gislatives avec 28 % des votants (14 % des inscrits) puis le deuxi&#232;me tour avec 43 % (16,5 % des inscrits) ce qui lui donne 309 d&#233;put&#233;s sur 577, soit 53 %. &#192; partir de l&#224;, comme tout gouvernement de la Cinqui&#232;me, le gouvernement Philippe se croit l&#233;gitime &#224; l&#233;gif&#233;rer comme un rouleau compresseur pendant cinq ans, pouvant compter sur une majorit&#233; confortable ! Or, les 86 % (!) de citoyens qui ne l'ont pas vot&#233; d&#232;s le premier tour et les 83,5 % (!) qui ne l'ont pas vot&#233; au second tour ont besoin d'&#234;tre repr&#233;sent&#233;s &#224; tout moment dans leur Assembl&#233;e ! Un gouvernement doit &#234;tre oblig&#233; de composer, chercher le compromis tous les jours. C'est moins efficace mais plus sain. On avance moins vite mais avec plus de consensus. Si des partis d'opposition &#8211; minoritaires certes mais non pas r&#233;duits &#224; la partie congrue &#8211; peuvent mettre des b&#226;tons dans les roues, relayer les revendications, ralentir l&#233;gitimement l'action du gouvernement (les &#171; r&#233;formes &#187;) alors on n'arrivera pas &#224; la gu&#233;rilla de rue que nous vivons en ce moment. D'autant que ce pays manque d'un &lt;strong&gt;r&#233;f&#233;rendum d'initiative populaire&lt;/strong&gt; qui constitue chez nos voisins un autre contrepoids d&#233;mocratique, dangereux pour tout r&#233;gime en place, c'est vrai. C'est un risque &#224; courir : une d&#233;mocratie (une vraie) n'est pas une sin&#233;cure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'esp&#232;re que ces notes d'un simple citoyen engag&#233; pourront servir au d&#233;bat. Ces arguments sont avanc&#233;s par bien d'autres citoyens, qui les analysent souvent mieux que moi. Nos gouvernants devraient &#233;couter et se laisser convaincre car la &#171; p&#233;dagogie &#187; devrait aller dans les deux sens. Ils devraient changer de politique en France et se faire m&#234;me les porte-voix sur la sc&#232;ne internationale d'un renversement des politiques &#233;conomiques et fiscales men&#233;es depuis quarante ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Giovanni Stranieri est historien et professeur &#8211; membre de l'UEF Auvergne Rh&#244;ne-Alpes &#8211; Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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