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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>Le f&#233;d&#233;ralisme &#233;tasunien est-il apte &#224; contenir le pouvoir pr&#233;sidentiel ?</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Le-federalisme-etasunien-est-il-apte-a-contenir-le-pouvoir-presidentiel</link>
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		<dc:date>2020-04-29T07:07:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucas Tereygeol</dc:creator>


		<dc:subject>Focus</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans son fameux ouvrage intitul&#233; De la d&#233;mocratie en Am&#233;rique, Alexis de Tocqueville d&#233;signait l'organisation politique des &#201;tats-Unis comme &#171; la plus parfaite de toutes les constitutions f&#233;d&#233;rales. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
La v&#233;racit&#233; de cette affirmation est aujourd'hui plus importante que jamais &#224; l'aune de l'arriv&#233;e au pouvoir de Donald Trump, dont le programme menace le progr&#232;s d&#233;mocratique, social et &#233;cologique, bien au-del&#224; des fronti&#232;res de son propre pays. &lt;br class='autobr' /&gt;
En France, la polarisation du pouvoir autour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-184-Mars-2020-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 184 - Mars 2020&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Focus-+" rel="tag"&gt;Focus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Etats-Unis-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L150xH84/arton697-e2343.jpg?1729834818' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans son fameux ouvrage intitul&#233; De la d&#233;mocratie en Am&#233;rique, Alexis de Tocqueville d&#233;signait l'organisation politique des &#201;tats-Unis comme &#171; la plus parfaite de toutes les constitutions f&#233;d&#233;rales. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;racit&#233; de cette affirmation est aujourd'hui plus importante que jamais &#224; l'aune de l'arriv&#233;e au pouvoir de Donald Trump, dont le programme menace le progr&#232;s d&#233;mocratique, social et &#233;cologique, bien au-del&#224; des fronti&#232;res de son propre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, la polarisation du pouvoir autour de l'Ex&#233;cutif, telle qu'elle r&#233;duit le Parlement &#224; la fonction de chambre d'enregistrement des lois, est r&#233;guli&#232;rement d&#233;nonc&#233;e. &#192; l'heure o&#249; une r&#233;forme profonde de la Constitution fran&#231;aise est de plus en plus r&#233;clam&#233;e, la forme f&#233;d&#233;rale du gouvernement &#233;tasunien est-elle une source d'inspiration pour une d&#233;mocratie cherchant &#224; limiter la toute-puissance de son chef d'&#201;tat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En principe, le syst&#232;me f&#233;d&#233;ral &#233;tasunien repose sur la doctrine des checks and balances qui a trait &#224; une s&#233;paration des pouvoirs &#233;quilibr&#233;e. Le L&#233;gislatif, l'Ex&#233;cutif et le Judiciaire se contrebalancent les uns les autres et doivent respecter leurs sph&#232;res d'action respectives. Par ailleurs, les entit&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;es disposent de la comp&#233;tence de droit commun, tandis que l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral b&#233;n&#233;ficie d'une comp&#233;tence r&#233;galienne strictement d&#233;limit&#233;e par la Constitution. Le catalogue des droits &#8211; le Bill of Rights &#8211; est cens&#233; pr&#233;server la libert&#233; et les droits fondamentaux de chaque citoyen. &lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;anmoins, ces garanties impliquent-elles que le f&#233;d&#233;ralisme am&#233;ricain soit suffisamment arm&#233; pour endiguer l'h&#233;g&#233;monie d'un Pr&#233;sident aux valeurs et ambitions dangereuses ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution r&#233;dig&#233;e par Georges Washington et ses amis offre &#224; l'interpr&#232;te une marge d'appr&#233;ciation particuli&#232;rement &#233;tendue, de sorte que le r&#244;le du Pr&#233;sident d&#233;pend de sa personnalit&#233; et de sa fa&#231;on de concevoir la gouvernance. Alors que le f&#233;d&#233;ralisme &#233;tasunien &#233;tait initialement per&#231;u comme congressionnel, les quatre mandats successifs de Franklin Delano Roosevelt ont affermi la position du Pr&#233;sident au sein de l'&#233;ventail institutionnel. En effet, le Pr&#233;sident n'h&#233;site pas &#224; outrepasser les pouvoirs qui lui sont impartis par une lecture raisonnable de la Constitution. Divers exemples suffisent &#224; s'en convaincre. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Ex&#233;cutif se passe r&#233;guli&#232;rement de l'autorisation du Congr&#232;s, pourtant n&#233;cessaire, pour mener une op&#233;ration militaire. R&#233;cemment, Donald Trump a unilat&#233;ralement conduit l'intervention en Syrie, sans se soucier de l'opinion des parlementaires. Mais l'actuel dirigeant n'a pas inaugur&#233; cette pratique : par exemple, les interventions au Kosovo en 1999 et en Libye en 2011 ont &#233;galement &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;es discr&#233;tionnairement par ses pr&#233;d&#233;cesseurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Pr&#233;sident jouit aussi d'une place centrale dans la fabrication de la loi, alors qu'il ne d&#233;tient formellement aucune pr&#233;rogative. Plus pr&#233;cis&#233;ment, le Pr&#233;sident p&#232;se sur l'initiative l&#233;gislative &#224; travers le discours annuel sur l'&#233;tat de l'Union. Surtout, le syst&#232;me du parlementarisme de couloir consiste &#224; demander &#224; un parlementaire de pr&#233;senter un projet de loi confectionn&#233; par l'administration pr&#233;sidentielle. &lt;br class='autobr' /&gt;
En outre, le Pr&#233;sident influence le Congr&#232;s gr&#226;ce &#224; sa capacit&#233; &#224; paralyser la gouvernance. Depuis 1921, le budget est pr&#233;par&#233; par l'Ex&#233;cutif, qui le soumet &#224; l'approbation du Congr&#232;s. Ce dernier est alors incit&#233; &#224; c&#233;der aux vues pr&#233;sidentielles, sous peine de bloquer les recettes et d&#233;penses publiques. Du point de vue de l'&#233;quilibre des pouvoirs, le droit de v&#233;to constitue certainement l'instrument le plus critiquable, entre les mains du Pr&#233;sident &#233;tasunien. Celui-ci peut en user d&#233;mesur&#233;ment pour retarder la proc&#233;dure l&#233;gislative ou obliger le Congr&#232;s &#224; r&#233;unir une majorit&#233; significative, voire inatteignable, de parlementaires en vue d'adopter une loi ind&#233;sirable aux yeux de l'Ex&#233;cutif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t, le processus &#233;lectoral pr&#233;sente deux ambivalences. D'une part, le Pr&#233;sident des &#201;tats-Unis est, de fait, &#233;lu au suffrage universel direct. Depuis 1932, la d&#233;signation des grands &#233;lecteurs ne correspond plus qu'&#224; une &#233;tape purement formelle, &#233;tant donn&#233; qu'ils sont investis d'un mandat imp&#233;ratif. Autrement dit, ils s'engagent irr&#233;vocablement &#224; voter pour l'un des deux candidats, ce qui implique que l'issue du scrutin est connue d&#232;s les r&#233;sultats du vote populaire. Cela favorise la pr&#233;&#233;minence institutionnelle du Pr&#233;sident, qui s'affirme comme un leader national. D'autre part, le syst&#232;me des grands &#233;lecteurs nie la volont&#233; d&#233;mocratique, en ce que le Pr&#233;sident &#233;lu n'est pas forc&#233;ment le candidat ayant suscit&#233; le plus de votes des citoyens. &#192; titre d'exemple, Hilary Clinton, pourtant battue en 2016, avait obtenu 2,7 millions de voix de plus que Donald Trump.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appareil judiciaire, compos&#233; essentiellement de juges d&#233;mocratiquement &#233;lus, est peut-&#234;tre le rempart le plus ind&#233;fectible &#224; l'arbitraire de l'Ex&#233;cutif. Le droit &#233;crit est en retrait par rapport au droit d'origine jurisprudentielle, de sorte qu'Edouard Lambert, juriste fran&#231;ais, a pu qualifier le syst&#232;me &#233;tasunien de &#171; Gouvernement des juges &#187;. La Cour Supr&#234;me des &#201;tats-Unis en est un parfait exemple. Depuis le c&#233;l&#232;bre arr&#234;t Marbury v. Madison (1803), elle s'autorise &#224; contr&#244;ler la conformit&#233; des lois &#224; la Constitution, dont elle retient une interpr&#233;tation dynamique et &#233;volutive. On pourrait notamment citer les d&#233;cisions Roe v. Wade (1973) et Obergefell v. Hodges (2015), par lesquelles elle a respectivement autoris&#233; l'avortement et le mariage pour les couples de m&#234;me sexe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, l'enthousiasme &#224; l'id&#233;e de voir un juge temp&#233;rer les exc&#232;s d'un Pr&#233;sident comme Donald Trump doit &#234;tre singuli&#232;rement nuanc&#233;. En fonction de sa composition, la Cour supr&#234;me alterne entre une lecture conservatrice et une approche progressiste de la Constitution, de sorte qu'elle a pu successivement d&#233;clarer la s&#233;gr&#233;gation raciale contraire et conforme &#224; la Loi fondamentale ! Ne pourrait-on donc pas consid&#233;rer que la Constitution &#233;tasunienne est un r&#233;ceptacle de principes vagues et abstraits, auxquels les juges peuvent donner n'importe quelle signification, f&#251;t-elle arbitraire ? En outre, l'appartenance assum&#233;e des juges &#224; des courants politiques particuliers et clivants peut appara&#238;tre regrettable, si on &#233;rige l'impartialit&#233; et la neutralit&#233; de la justice au rang des principes cardinaux de l'&#201;tat de droit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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