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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>La primaut&#233; du droit de l'Union europ&#233;enne, un principe cardinal dans la tourmente</title>
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		<dc:date>2022-01-23T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Oph&#233;lie Omnes</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans son discours annuel sur l'&#233;tat de l'Union, prononc&#233; le 15 septembre dernier, la pr&#233;sidente de la Commission europ&#233;enne, Ursula von der Leyen, n'a pas d&#233;velopp&#233; de plan plus op&#233;rationnel pour la d&#233;fense de l'&#233;tat de droit, comme on aurait pu l'esp&#233;rer. Elle a n&#233;anmoins explicitement rappel&#233; que les valeurs fondamentales de l'Union europ&#233;enne, que la Commission est d&#233;termin&#233;e &#224; d&#233;fendre, sont garanties par son ordre juridique et que &#171; les arr&#234;ts de la Cour de justice de l'Union europ&#233;enne (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-191-Decembre-2021-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 191 - D&#233;cembre 2021&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L150xH150/arton810-11ec0.jpg?1731954572' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans son discours annuel sur l'&#233;tat de l'Union, prononc&#233; le 15 septembre dernier, la pr&#233;sidente de la Commission europ&#233;enne, Ursula von der Leyen, n'a pas d&#233;velopp&#233; de plan plus op&#233;rationnel pour la d&#233;fense de l'&#233;tat de droit, comme on aurait pu l'esp&#233;rer. Elle a n&#233;anmoins explicitement rappel&#233; que les valeurs fondamentales de l'Union europ&#233;enne, que la Commission est d&#233;termin&#233;e &#224; d&#233;fendre, sont garanties par son ordre juridique et que &#171; les arr&#234;ts de la Cour de justice de l'Union europ&#233;enne veillent &#224; les faire pr&#233;valoir. Ces arr&#234;ts sont contraignants. Et nous veillons &#224; ce qu'ils soient suivis d'effet. Et ce dans chaque pays de notre Union. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une telle pr&#233;cision aurait d&#251; relever de l'&#233;vidence dans un ordre juridique au sein duquel la question de la primaut&#233; du droit de l'Union europ&#233;enne a en principe &#233;t&#233; d&#233;finitivement r&#233;gl&#233;e depuis 1964. N&#233;anmoins, la remise en cause de cette hi&#233;rarchie pourrait &#234;tre en train de devenir une mauvaise habitude des cours constitutionnelles des &#201;tats membres, face auxquelles les institutions europ&#233;ennes peinent &#224; r&#233;agir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Au commencement &#233;tait le principe de primaut&#233;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le principe de primaut&#233; ne date pas des premiers trait&#233;s(1) mais bien d'un arr&#234;t Costa c/ E.N.E.L. de la Cour de justice dat&#233; de 1964, aux termes duquel elle a, pour la premi&#232;re fois, estim&#233; que &#171; &#224; la diff&#233;rence des trait&#233;s internationaux ordinaires, le traite de la C.E.E. a institu&#233; un ordre juridique propre, int&#233;gr&#233; au syst&#232;me juridique des &#201;tats membres lors de l'entr&#233;e en vigueur du Trait&#233; et qui s'impose &#224; leurs juridictions &#187;, et de conclure que cette int&#233;gration au droit de chaque pays membre de dispositions qui proviennent de source communautaire a pour cons&#233;quence une impossibilit&#233; pour les &#201;tats membres de faire pr&#233;valoir une mesure nationale contre un ordre juridique qu'ils ont accept&#233; sur base de r&#233;ciprocit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'instar du principe de l'effet direct du droit communautaire, consacr&#233; par l'arr&#234;t Van Gend en Loos en 1963, le principe de primaut&#233;, qui garantit la sup&#233;riorit&#233; du droit europ&#233;en sur les droits nationaux, est un principe fondamental du droit de l'Union europ&#233;enne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans ces deux principes, l'ordre juridique europ&#233;en n'aurait pas pu se d&#233;velopper et se renforcer &#8211; on imagine en effet assez mal comment un ordre juridique supranational aurait pu s'imposer dans les &#201;tats membres s'il n'avait &#233;t&#233; qu'optionnel. Il y a fort &#224; parier que ces derniers n'auraient que tr&#232;s rarement appliqu&#233; un droit europ&#233;en qui n'aurait pas &#233;t&#233; contraignant, surtout quand il entrait en contradiction avec leurs r&#232;gles nationales, comme on peut parfois le constater avec les r&#232;gles de droit international classique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la suite de ces arr&#234;ts fondateurs, la Cour de justice a construit toute une ligne jurisprudentielle ayant permis d'affirmer &#8211; et d'affiner &#8211; les contours du principe de primaut&#233;. Qu'elle se soit prononc&#233;e sur les r&#232;gles de droit primaire (trait&#233;s) ou de droit d&#233;riv&#233; (&#224; savoir les instruments juridiques fond&#233;s sur les trait&#233;s, tels que les r&#232;glements, les directives, les d&#233;cisions et les accords), la Cour de justice n'a eu de cesse de r&#233;p&#233;ter aux &#201;tats membres, et &#224; leurs plus hautes juridictions, que le droit de l'Union prime le droit national, quelles qu'en soient les cons&#233;quences. &lt;br class='autobr' /&gt;
En principe, rien ne laissait donc pr&#233;sager que les &#201;tats membres puissent estimer que la reconnaissance de la primaut&#233; du droit de l'Union sur leur droit national puisse &#234;tre laiss&#233;e &#224; leur discr&#233;tion. Mais c'&#233;tait sans compter le vent de r&#233;bellion qui a commenc&#233; &#224; souffler au sein de quelques cours constitutionnelles des &#201;tats membres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La remise en question du principe de primaut&#233; : une dangereuse tendance des cours constitutionnelles ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si les normes de droit de l'Union se voient accorder sans trop de difficult&#233; la primaut&#233; qu'elles m&#233;ritent sur les dispositions nationales de droit commun, m&#234;me post&#233;rieures(2), la situation des r&#232;gles constitutionnelles est souvent bien diff&#233;rente et ce, &#224; l'encontre de la jurisprudence de la Cour en la mati&#232;re. Si cette r&#233;ticence des &#201;tats membres &#224; consid&#233;rer leur constitution interne comme n'importe quelle autre r&#232;gle de droit soumise &#224; la primaut&#233; du droit de l'Union europ&#233;enne n'est pas nouvelle(3), elle semble cependant &#234;tre redevenue plus r&#233;currente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, en France, un arr&#234;t r&#233;cent du Conseil d'&#201;tat relatif &#224; l'application des dispositions du r&#232;glement g&#233;n&#233;ral sur la protection des donn&#233;es, rappelle la tendance encore manifeste du juge administratif &#224; consid&#233;rer que le droit de l'Union europ&#233;enne prime sur toutes les normes de droit interne, sauf sur celles issues de la Constitution. Par une d&#233;cision du 21 avril 2021, la Haute juridiction administrative a ainsi remis la pol&#233;mique au go&#251;t du jour, consid&#233;rant que &#171; dans le cas o&#249; l'application d'une directive ou d'un r&#232;glement europ&#233;en, tel qu'interpr&#233;t&#233; par la Cour de justice de l'Union europ&#233;enne, aurait pour effet de priver de garanties effectives l'une de ces exigences constitutionnelles, qui ne b&#233;n&#233;ficierait pas, en droit de l'Union, d'une protection &#233;quivalente &#187; le juge administratif devrait l'&#233;carter &#171; dans la stricte mesure o&#249; le respect de la Constitution l'exige &#187;(4).&lt;br class='autobr' /&gt;
Outre-Rhin, de mani&#232;re autrement plus retentissante, la Cour constitutionnelle allemande, avait rendu le 5 mai 2020 un arr&#234;t dans lequel elle critiquait le manque de contr&#244;le de la Cour de justice de l'Union europ&#233;enne sur l'action de la Banque centrale europ&#233;enne, laquelle avait, selon la Cour de Karlsruhe, outrepass&#233; son mandat en adoptant en 2015 un programme d'achats de titres publics sur les march&#233;s, s'arrogeant ainsi le droit de juger des d&#233;cisions prises par les institutions europ&#233;ennes concern&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, cette nouvelle mouvance r&#233;fractaire a trouv&#233; son apog&#233;e dans la demande faite par le gouvernement polonais &#224; son Tribunal constitutionnel et dont l'issue se fait attendre. En effet, la Cour de justice avait jug&#233;, le 15 juillet dernier, les r&#233;formes judiciaires initi&#233;es par le gouvernement polonais comme contraires au droit europ&#233;en, rappelant que celui-ci doit primer sur les l&#233;gislations nationales. Une d&#233;cision contest&#233;e par le premier ministre Mateusz Morawiecki qui, estimant que les juges de Luxembourg avaient abus&#233; de leur r&#244;le, a consid&#233;r&#233; qu'il &#233;tait l&#233;gitime de confier au Tribunal constitutionnel de son &#201;tat membre le soin de trancher la question de la primaut&#233; du droit europ&#233;en sur la l&#233;gislation polonaise. Cette position s'inscrit dans le mouvement de contestation syst&#233;matique de la comp&#233;tence du juge europ&#233;en dans laquelle s'est install&#233; le gouvernement polonais et ce, m&#234;me s'agissant des r&#233;formes judiciaires roumaines vis&#233;es par l'arr&#234;t de la Cour de justice du 18 mai dernier(5).&lt;br class='autobr' /&gt;
Autant de cas pour le moins inqui&#233;tants qui, pris ensemble, constituent une menace dans l'harmonisation juridique op&#233;r&#233;e par la Cour de justice au cours des soixante derni&#232;res ann&#233;es, et dont le r&#244;le f&#233;d&#233;rateur a progressivement permis aux citoyens europ&#233;ens de b&#233;n&#233;ficier des m&#234;mes droits sur l'ensemble du territoire de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;action plus qu'attendue des institutions europ&#233;ennes
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; une telle lev&#233;e de boucliers, les regards se tournent naturellement vers les institutions europ&#233;ennes, dont la r&#233;ponse ferme commence &#224; se faire attendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un c&#244;t&#233;, la Cour de justice de l'Union europ&#233;enne a opt&#233; pour la coordination et la p&#233;dagogie. R&#233;pondant pr&#233;sente &#224; l'invitation de la Cour constitutionnelle lettone &#224; une conf&#233;rence &#224; Riga les 2 et 3 septembre derniers, la Cour de Luxembourg a pu &#233;changer avec les cours constitutionnelles des &#201;tats membres, afin que chaque partie puisse pr&#233;senter ses travaux dans le but de favoriser une compr&#233;hension mutuelle des approches. Une solution qui a du sens, surtout quand on conna&#238;t l'attachement du juge europ&#233;en au dialogue des juges, institu&#233; dans le cadre du m&#233;canisme de la question pr&#233;judiciel, gr&#226;ce auquel les juges de Luxembourg ont tant consolid&#233; la construction europ&#233;enne.&lt;br class='autobr' /&gt;
De l'autre c&#244;t&#233;, la relativit&#233; du positionnement offensif de la Commission europ&#233;enne, vis-&#224;-vis de la Pologne, entre autres, &#233;tonne. En tant que &#171; gardienne &#187; des trait&#233;s, il est de sa responsabilit&#233; de s'assurer de la bonne application du droit de l'Union au sein des &#201;tats membres. C'est d'ailleurs cette responsabilit&#233; essentielle qui justifie le recours en manquement, aux termes duquel la Commission peut traduire en justice un &#201;tat membre qui n'aurait pas respect&#233; les dispositions du droit europ&#233;en au sein de ses fronti&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le positionnement de la Commission europ&#233;enne en mati&#232;re d'&#233;tat de droit peut l&#233;gitimement questionner(6) , il est en revanche une chose sur laquelle elle ne transige pas : la primaut&#233; des r&#232;gles europ&#233;ennes sur les r&#232;gles nationales. Ainsi, a-t-elle ouverte une proc&#233;dure d'infraction contre l'Allemagne pour avoir remis en cause la primaut&#233; du droit de l'Union europ&#233;enne par le biais de la d&#233;cision de sa Cour constitutionnelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
En outre, et en ce qui concerne la Pologne plus particuli&#232;rement, la situation est d'autant plus complexe que le gouvernement polonais semble dispos&#233; &#224; se livrer &#224; un v&#233;ritable bras de fer avec l'ex&#233;cutif europ&#233;en. La saisine du Tribunal constitutionnel suite &#224; l'arr&#234;t de la Cour de justice n'est en effet que l'une des multiples d&#233;monstrations de d&#233;fiance des autorit&#233;s polonaises vis-&#224;-vis des institutions europ&#233;ennes. N&#233;anmoins, la Commission n'est pas en reste et a pu d&#233;montrer qu'elle n'avait pas dit son dernier mot. Elle a, par exemple, refus&#233; d'approuver le plan de relance national pr&#233;sent&#233; par la Pologne &#8211; n&#233;cessaire pour d&#233;bloquer le Fonds de relance dans le pays &#8211; et on imagine bien que la contestation de la primaut&#233; du droit de l'Union op&#233;r&#233;e par Varsovie n'y est pas &#233;trang&#232;re. On comprend ici que la Commission semble avoir opt&#233; pour un positionnement ferme mais diplomatique. Il est n&#233;anmoins permis de se demander si face &#224; un tel exemple de remise en question revendiqu&#233;e de la primaut&#233; du droit de l'Union, il ne faudrait pas qu'elle montre davantage les dents, si elle veut continuer &#224; voir le principe de primaut&#233; appliqu&#233; au sein de l'Union.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, dans une Union au sein de laquelle les &#201;tats qui la composent ont souverainement d&#233;cid&#233; d'y prendre part et peuvent &#233;galement d&#233;cider de s'en retirer, force est de constater qu'il n'existe pas de moyens plus coercitifs que les dispositifs juridiques mis en place par les trait&#233;s. Contrairement &#224; l'article 50 du Trait&#233; sur l'Union europ&#233;enne, qui permet &#224; un &#201;tat membre de quitter l'Union europ&#233;enne, il n'existe pas de moyen juridique susceptible de permettre l'exclusion d'un &#201;tat qui ne se conformerait pas aux dispositions des trait&#233;s auquel il a lui-m&#234;me accept&#233; d'adh&#233;rer. Maintenir ou augmenter la pression politique et juridique sur le gouvernement polonais pourrait constituer une id&#233;e s&#233;duisante, si elle ne comportait pas le risque, &#224; terme, de voir la Pologne d&#233;cider de quitter l'Union. Une telle issue, dans un contexte post-Brexit, serait un terrible coup port&#233; au projet europ&#233;en.&lt;br class='autobr' /&gt;
En tant qu'organisation sui generis, on dit souvent de l'Union europ&#233;enne qu'elle se renforce au travers des crises, trouvant des solutions innovantes pour r&#233;pondre &#224; des situations in&#233;dites. C'est ainsi que la Cour de justice est parvenue &#224; cr&#233;er le principe de primaut&#233;, qui s'est r&#233;v&#233;l&#233; essentiel dans la r&#233;alisation de la construction europ&#233;enne. Gageons que les institutions europ&#233;ennes seront, cette fois encore, &#224; la hauteur du d&#233;fi que constitue l'attitude peu conciliante oppos&#233;e par certains &#201;tats membres, et qu'elles feront montre d'une innovation politique et juridique permettant &#224; l'Union d'en sortir renforc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;NOTES DE FIN
&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 1 - Ce n'est qu'en 2009, avec l'entr&#233;e en vigueur du Trait&#233; de Lisbonne, et de la d&#233;claration n&#176; 17, que le principe fait son entr&#233;e dans les trait&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 2 - Dans l'ordre juridique fran&#231;ais, on rappellera ici la cons&#233;cration survenue gr&#226;ce aux arr&#234;ts Soci&#233;t&#233; des caf&#233;s Jacques Vabre (1975) de la Cour de cassation et Nicolo du Conseil d'&#201;tat (1989).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 3 - On citera ici, notamment, le raisonnement expos&#233; par la Cour constitutionnelle f&#233;d&#233;rale allemande dans ses arr&#234;ts Solange I (1974) et Solange II (1986).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 4 - Reprenant ainsi la jurisprudence Soci&#233;t&#233; Arcelor Atlantique et Lorraine et autres (2007) du Conseil d'&#201;tat&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 5 - Ainsi, dans un arr&#234;t r&#233;cent du 18 mai 2021, aux termes duquel la Cour de justice a &#233;t&#233; amen&#233;e &#224; se prononcer sur une s&#233;rie de r&#233;formes judiciaires du gouvernement roumain et &#224; rappeler l'importance du principe de primaut&#233;, le gouvernement polonais a pr&#233;sent&#233; des observations visant &#224; questionner la comp&#233;tence de la Cour de justice sur les questions pr&#233;judicielles qui lui &#233;taient pos&#233;es par les juridictions roumaines &#224; l'initiative des questions pr&#233;judicielles.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 6 - La Commission consid&#232;re ainsi que le r&#232;glement sur la conditionnalit&#233; budg&#233;taire li&#233;e &#224; l'&#201;tat de droit, entr&#233; en vigueur le 1er janvier 2021, n&#233;cessite encore l'&#233;laboration de lignes directrices, ce que le Parlement europ&#233;en conteste formellement, ainsi qu'il l'a rappel&#233; dans sa r&#233;solution de mars 2021.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Brexit, une opportunit&#233; pour ceux qui restent&#8230; isn't it ?</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Le-Brexit-une-opportunite-pour-ceux-qui-restent-isn-t-it</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Le-Brexit-une-opportunite-pour-ceux-qui-restent-isn-t-it</guid>
		<dc:date>2021-02-14T21:17:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Oph&#233;lie Omnes</dc:creator>


		<dc:subject>FED'Actualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Brexit</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pendant longtemps, la position timor&#233;e, parfois contre-productive, souvent contest&#233;e, du gouvernement britannique vis-&#224;-vis de la construction europ&#233;enne a pu &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une &#233;pine dans le pied des Europ&#233;ens, qui les emp&#234;chait de pouvoir aller de l'avant. De ce point de vue, on pourrait donc consid&#233;rer que le d&#233;part des Britanniques (quand il sera enfin finalis&#233;) permettra &#224; l'Union europ&#233;enne d'avancer et de parachever la construction politique du continent. Cependant, si le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-187-Decembre-2020-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 187 - D&#233;cembre 2020&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-FED-Actualite-+" rel="tag"&gt;FED'Actualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Brexit-+" rel="tag"&gt;Brexit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L150xH110/arton732-79bab.png?1731954572' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant longtemps, la position timor&#233;e, parfois contre-productive, souvent contest&#233;e, du gouvernement britannique vis-&#224;-vis de la construction europ&#233;enne a pu &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une &#233;pine dans le pied des Europ&#233;ens, qui les emp&#234;chait de pouvoir aller de l'avant. De ce point de vue, on pourrait donc consid&#233;rer que le d&#233;part des Britanniques (quand il sera enfin finalis&#233;) permettra &#224; l'Union europ&#233;enne d'avancer et de parachever la construction politique du continent. Cependant, si le triste spectacle que donne &#224; voir le Brexit depuis 2016 a en r&#233;alit&#233; &#233;galement nui &#224; l'Union europ&#233;enne depuis 2016, il pourrait en susciter le r&#233;veil.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Royaume-Uni n'est pas responsable de tous les maux europ&#233;ens
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, l'activation effective de l'article 50, au demeurant peu pr&#233;cis, est la d&#233;monstration de la r&#233;versibilit&#233; de l'int&#233;gration europ&#233;enne, en d&#233;pit de la volont&#233; initiale des r&#233;dacteurs du Trait&#233; de Lisbonne d'introduire une porte de sortie, dans l'espoir que son existence m&#234;me emp&#234;cherait qui que ce soit d'essayer de la prendre. D&#232;s lors, cet &#233;pisode constitue un pr&#233;c&#233;dent malheureux dans une Union dont les Etats se sont engag&#233;s &#224; &#339;uvrer &#224; ce qu'elle soit &#171; sans cesse plus &#233;troite &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
En outre, l'Union europ&#233;enne &#224; 27 ne s'est pas r&#233;v&#233;l&#233;e pr&#234;te &#224; sauter le pas d&#233;cisif au parach&#232;vement de sa construction politique, m&#234;me dans la perspective du d&#233;part des Britanniques. En effet, les positions aust&#232;res des Frugal 4 (Autriche, Danemark, Pays-Bas, Su&#232;de) au moment des discussions relatives aux contributions nationales des Etats membres au budget europ&#233;en ou le veto initialement pos&#233; par la Hongrie et la Pologne au cadre financier pluriannuel 2021-2027 en raison de leur opposition relative au respect de l'&#233;tat de droit sont autant d'exemples des blocages institutionnels subis par l'Union europ&#233;enne au cours des derniers, sans que le Royaume-Uni n'ait eu aucun r&#244;le &#224; jouer. N&#233;anmoins, ces &#233;pisodes d&#233;montrent, si c'&#233;tait encore n&#233;cessaire, que le v&#233;ritable probl&#232;me de l'Union europ&#233;enne vis-&#224;-vis de sa propre construction r&#233;side dans son incapacit&#233; de r&#233;former ses institutions et de prendre les d&#233;cisions qui s'imposent pour devenir un ensemble v&#233;ritablement politique et d&#233;mocratique, et non le seul positionnement d'enfant difficile adopt&#233; par l'un ou l'autre de ses Etats membres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Brexit est finalement un contre-exemple de souverainet&#233; mal exerc&#233;e
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pendant toute la campagne pour le Brexit, il a &#233;t&#233; question pour le peuple britannique de &#171; reprendre le contr&#244;le &#187; (&#171; take back control &#187;). N&#233;anmoins, il s'agit l&#224; d'un exemple parfait d'une bien mauvaise gestion de la souverainet&#233; qu'un peuple peut exercer par le biais de ses repr&#233;sentants, puisque le Royaume-Uni s'en est retrouv&#233; plus affaibli, et non plus fort. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, l'exp&#233;rience rat&#233;e du Brexit, et les cons&#233;quences extr&#234;mement dommageables auxquelles les autorit&#233;s britanniques continuent d'exposer leurs citoyens, sont un plaidoyer vivant pour la construction europ&#233;enne. Le spectacle d&#233;solant, particuli&#232;rement dans l'hypoth&#232;se d'un no-deal, des montages juridiques plus inventifs les uns que les autres auxquels citoyens et entreprises doivent recourir afin de pouvoir esp&#233;rer diminuer l'impact que le Brexit aura sur leur acc&#232;s au march&#233; int&#233;rieur, en termes de libert&#233; de circulation des marchandises et des services, mais aussi et surtout des personnes, ne peut qu'inciter les Etats europ&#233;ens &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; deux fois avant de d&#233;cider d'appuyer sur la g&#226;chette de l'article 50. Les si prestigieuses universit&#233;s outre-Manche auront ainsi bien du souci &#224; se faire une fois qu'elles seront sorties du r&#233;seau europ&#233;en au sein duquel les &#233;tudiants venus de toute l'Union europ&#233;enne peuvent se d&#233;placer librement car s&#251;rs d'obtenir une &#233;quivalence &#224; leur dipl&#244;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, au cours du (long !) processus qu'a constitu&#233; le Brexit, cette exp&#233;rience qui aurait pu &#234;tre traumatique pour l'Union europ&#233;enne si elle n'&#233;tait pas parvenue &#224; faire preuve d'unit&#233;, s'est finalement r&#233;v&#233;l&#233;e comme une opportunit&#233; pour les 27 de prouver qu'ils &#233;taient capables d'adopter un front commun, pour peu qu'ils en aient la volont&#233; politique. Ce constat, loin d'aller de soi en 2016, doit &#234;tre accueilli comme un motif d'espoir pour les modifications structurelles et institutionnelles qui devront &#234;tre entreprises (et aboutir) pour parvenir &#224; l'&#233;tablissement d'Union plus d&#233;mocratique et plus efficace (en un mot, f&#233;d&#233;rale). Ce n'est qu'ensemble que les Europ&#233;ens peuvent pr&#233;tendre &#234;tre plus forts, pas en c&#233;dant aux caprices illusoires du nationalisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un potentiel rebond pour la construction europ&#233;enne
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A plus ou moins court terme, eu &#233;gard aux r&#233;alit&#233;s qu'il a permis de mettre en exergue, le Brexit doit &#234;tre consid&#233;r&#233; par l'Union europ&#233;enne comme l'occasion de rebondir, et de prendre des mesures concr&#232;tes d'&#233;viter une nouvelle exp&#233;rience du genre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un premier temps, elle doit se d&#233;barrasser &#224; tout prix de la r&#232;gle de l'unanimit&#233;. Le pouvoir de blocage du Royaume-Uni au niveau europ&#233;en n'aurait jamais pu &#234;tre aussi grand si l'Union n'avait pas elle-m&#234;me permis de pouvoir &#234;tre prise en otage par l'un de ses Etats membres, au moyen du veto. La r&#232;gle de la majorit&#233; qualifi&#233;e doit devenir la r&#232;gle en mati&#232;re de prise de d&#233;cisions europ&#233;ennes au sein du Conseil si l'Union ne veut pas devenir une construction scl&#233;ros&#233;e, tributaire du seul bon vouloir des gouvernements de ses Etats membres. &lt;br class='autobr' /&gt;
En outre, &#224; terme, seul le d&#233;veloppement d'une v&#233;ritable sph&#232;re europ&#233;enne, de nature &#224; susciter un sentiment d'appartenance permettant l'exercice d'une citoyennet&#233; vivante par les habitants du continent europ&#233;en. Cela permettra d'&#233;viter de reproduire la situation insoluble qui a men&#233; au Brexit, dans laquelle la moiti&#233; des citoyens d'un Etat appartenant &#224; un ensemble comme l'Union europ&#233;enne consid&#232;re qu'elle n'a rien en commun avec cet ensemble et pr&#233;f&#232;re partir. Le d&#233;part des Britanniques peut &#8211; et doit &#8211; &#234;tre envisag&#233; comme une opportunit&#233; de donner aux citoyens europ&#233;ens les moyens d'envisager la construction europ&#233;enne comme une r&#233;ponse efficace aux d&#233;fis actuels, et non plus comme une id&#233;e issue des &#233;lites.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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