<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
	<link>https://www.pressefederaliste.eu/</link>
	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressefederaliste.eu/spip.php?id_auteur=213&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
		<url>https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L144xH24/logo-site-121f6.png?1729034532</url>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/</link>
		<height>24</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Le f&#233;d&#233;ralisme plurinational et l'Union europ&#233;enne</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Le-federalisme-plurinational-et-l-Union-europeenne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Le-federalisme-plurinational-et-l-Union-europeenne</guid>
		<dc:date>2021-03-10T21:08:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jorge Cagiao y Conde</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;flexions f&#233;d&#233;ralistes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le projet de construction d'une Europe d'abord &#233;conomique, puis politique, est venu s'ajouter &#224; une assez longue liste de processus de f&#233;d&#233;ralisation aujourd'hui bien connus. Les ressemblances &#233;videntes que l'on peut trouver entre le processus europ&#233;en d'int&#233;gration f&#233;d&#233;rale et tous ceux qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233; dans notre modernit&#233; politique ne sauraient en revanche effacer les diff&#233;rences importantes entre le premier et les derniers. Diff&#233;rences de contexte, d'abord. Pensons au moment historique, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-187-Decembre-2020-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 187 - D&#233;cembre 2020&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Reflexions-federalistes-+" rel="tag"&gt;R&#233;flexions f&#233;d&#233;ralistes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L150xH73/arton736-47ade.jpg?1729709832' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='73' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le projet de construction d'une Europe d'abord &#233;conomique, puis politique, est venu s'ajouter &#224; une assez longue liste de processus de f&#233;d&#233;ralisation aujourd'hui bien connus. Les ressemblances &#233;videntes que l'on peut trouver entre le processus europ&#233;en d'int&#233;gration f&#233;d&#233;rale et tous ceux qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233; dans notre modernit&#233; politique ne sauraient en revanche effacer les diff&#233;rences importantes entre le premier et les derniers. Diff&#233;rences de contexte, d'abord. Pensons au moment historique, marqu&#233; par l'existence de d&#233;mocraties consolid&#233;es, dans lequel prend forme et se d&#233;veloppe le projet europ&#233;en. Nous sommes l&#224; tr&#232;s loin du contexte historique tr&#232;s faiblement d&#233;mocratique dans lequel les f&#233;d&#233;rations ont &#233;t&#233; b&#226;ties et ont &#233;volu&#233; jusqu'&#224; devenir ce qu'elles sont aujourd'hui. Or la d&#233;mocratie semble poser des obstacles (si l'on accepte de la voir comme une limite &#224; l'exercice du pouvoir) &#224; un processus d'int&#233;gration f&#233;d&#233;rale &#171; forc&#233; &#187; par le haut. Des contraintes avec lesquelles les f&#233;d&#233;rations historiques &#8211; qui ont de surcro&#238;t parcouru le long chemin vers une forte int&#233;gration f&#233;d&#233;rale avec la promesse de la d&#233;mocratie - n'ont pas eu &#224; composer. Diff&#233;rences &#171; existentielles &#187; aussi. Les f&#233;d&#233;rations historiques ont mis en place un processus de f&#233;d&#233;ralisation doubl&#233; d'un processus de nationalisation (f&#233;d&#233;ration et nation se donnant la main) qui a facilit&#233; grandement l'&#233;volution vers un mod&#232;le de f&#233;d&#233;ralisme fortement int&#233;gr&#233;, avec, en cons&#233;quence, une forme d'inertie favorable &#224; la centralisation du pouvoir, des ressources, etc. (Parent 2019 : 11-49). Le processus de f&#233;d&#233;ralisation europ&#233;en, quant &#224; lui, semble se heurter justement &#224; l'impossibilit&#233; de jouer la carte d'une nationalisation f&#233;d&#233;rale capable de porter avec elle &#224; la fois la promesse de la d&#233;mocratie (elle est d&#233;j&#224; l&#224; dans les &#201;tats-membres) et la fiction d'une communaut&#233; imagin&#233;e (Anderson 1983) &#224; laquelle adh&#233;rer aussi par les affects, pas simplement par les int&#233;r&#234;ts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la situation d&#233;crite, on pourrait s'attendre &#224; ce que le f&#233;d&#233;ralisme plurinational soit devenu l'une des th&#233;ories descriptives (qui explique la logique f&#233;d&#233;rative &#224; l'&#339;uvre) et normatives (qui s'int&#233;resse au devoir-&#234;tre de l'&#233;volution du syst&#232;me) importantes au sein de l'UE. En effet, il produit une narrative f&#233;d&#233;rale susceptible de rendre davantage intelligible et acceptable le processus d'int&#233;gration politique dans les espaces publics des &#201;tats-membres. Par ailleurs, le f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en a les deux pieds dans le f&#233;d&#233;ralisme plurinational. C'est sa r&#233;alit&#233;. Il est du reste peu probable qu'il puisse, &#224; court terme, faire avancer son projet en s'&#233;loignant de ce mod&#232;le. Pourtant, je crois pouvoir dire que l'int&#233;r&#234;t qu'on a pu accorder &#224; cette th&#233;orie du f&#233;d&#233;ralisme est plut&#244;t mince. Sans doute en raison du d&#233;fi que le f&#233;d&#233;ralisme plurinational lance &#224; la th&#233;orie du f&#233;d&#233;ralisme dominante dans les contextes d&#233;mocratiques pour lesquels il a &#233;t&#233; pens&#233; (1). Mais le faible int&#233;r&#234;t qu'il a suscit&#233; nous informe aussi sur la mani&#232;re, somme toute tr&#232;s classique &#8211; malgr&#233; la croyance europ&#233;enne en une forme d'innovation en mati&#232;re de f&#233;d&#233;ralisme, la th&#232;se du sui generis (Sch&#252;tze 2006) &#8211;, de penser le f&#233;d&#233;ralisme qui se trouve au c&#339;ur du projet europ&#233;en (2).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme plurinational : un invit&#233; g&#234;nant dans le d&#233;bat sur le f&#233;d&#233;ralisme
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du f&#233;d&#233;ralisme plurinational se fait une petite place dans les &#233;tudes f&#233;d&#233;rales &#224; la fin du si&#232;cle dernier, forte des enseignements tir&#233;s &#224; la fois des &#233;tudes sur le nationalisme (national studies) et des recherches et d&#233;bats qui ont lieu au m&#234;me moment en mati&#232;re de justice culturelle (multiculturalisme) entre des penseurs lib&#233;raux individualistes et des penseurs lib&#233;raux communautaristes (Kymlicka 2001). Dans les deux cas, deux des repr&#233;sentations politiques dominantes dans notre modernit&#233; politique, celle qui insiste sur l'id&#233;e d'un &#201;tat-nation d&#233;mocratique et non-nationaliste (qui doit en revanche faire face au d&#233;fi du nationalisme sous-&#233;tatique, pr&#233;sent&#233; quasi-syst&#233;matiquement comme un danger pour la d&#233;mocratie), et celle d'un &#201;tat lib&#233;ral axiologiquement neutre dans le domaine culturel (au sens large : soci&#233;tal), sont d&#233;construites et pr&#233;sent&#233;es comme un mythe savamment entretenu par l'&#201;tat et ses &#233;lites. En effet, les processus de construction &#233;tatique (y compris f&#233;d&#233;ratifs) et nationale charrient avec eux une forme de domination culturelle et nationale institutionnalis&#233;e de la communaut&#233; nationale majoritaire dans l'&#201;tat (reconnue comme seule nation) sur les minorit&#233;s nationales existantes en son sein (le plus souvent non reconnues comme &#171; nation &#187;). Et c'est justement la critique que la th&#233;orie du f&#233;d&#233;ralisme plurinational adresse &#224; la fois &#224; la th&#233;orie du f&#233;d&#233;ralisme dominante et &#224; la praxis f&#233;d&#233;rale la plus &#233;tendue : on fait semblant de ne pas savoir que cette forme de domination est bien r&#233;elle (ou alors on la sous-estime) et qu'elle pose probl&#232;me en d&#233;mocratie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'est donc pas &#233;tonnant que le f&#233;d&#233;ralisme plurinational soit pens&#233; dans des d&#233;mocraties f&#233;d&#233;rales (Burgess &amp; Gagnon 2010), comme le Canada (Taylor 1992, Tully 1999, Gagnon 2010) ou la Belgique (Lijphart 1981, Dumont 2011), ou d&#233;centralis&#233;es, comme l'Espagne (M&#225;iz 2008, Requejo 2009) ou le Royaume-Uni (Keating 2001, Tierney 2004). Dans ces contextes d&#233;mocratiques travers&#233;s par une diversit&#233; profonde, le constat du pluralisme national existant au sein d'un &#201;tat d&#233;mocratique qui n'est initialement pens&#233; que pour h&#233;berger une seule et v&#233;ritable nation politique est v&#233;cu de mani&#232;re probl&#233;matique (Parent 2011). Les demandes de reconnaissance nationale du Qu&#233;bec au Canada, de la Flandre en Belgique ou de la Catalogne et du Pays basque en Espagne (le RU se distingue ici par la reconnaissance de ses nations internes) appellent ainsi &#224; un r&#233;&#233;quilibrage du syst&#232;me dans lequel elles se trouvent. Ce sont des demandes qui viennent ainsi perturber la logique dominante dans le f&#233;d&#233;ralisme, qui se trouve assez confortablement install&#233;e dans une dialectique de self-rule/shared-rule &#233;galitaire. Tout en garantissant un autogouvernement plus ou moins important aux unit&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;es, ladite logique doit servir les int&#233;r&#234;ts de la nation majoritaire &#224; l'&#233;chelle de la f&#233;d&#233;ration. Or ces nations minoritaires (entendons : les nationalismes porteurs de ces nations) revendiquent justement un droit &#224; &#234;tre trait&#233;es diff&#233;remment, comme l'est du reste la nation de l'&#201;tat ou de la f&#233;d&#233;ration. Elles ne veulent pas &#234;tre simplement une unit&#233; territoriale parmi toutes les autres, lesquelles, de surcro&#238;t, ne se per&#231;oivent pas comme &#233;tant une nation distincte de celle de l'&#201;tat ou de la f&#233;d&#233;ration. C'est bien ce qui se produit au Canada ou en Espagne, o&#249; on ne trouve une nation sous-&#233;tatique diff&#233;rente (revendiqu&#233;e comme telle) de celle de l'&#201;tat ou de la f&#233;d&#233;ration que dans une province sur dix (Canada) et dans deux communaut&#233;s autonomes sur dix-sept (Espagne), la nation &#233;tatique ou f&#233;d&#233;rale &#233;tant h&#233;g&#233;monique partout ailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut d&#232;s lors comprendre que la th&#233;orie f&#233;d&#233;rale dominante, pas habitu&#233;e &#224; g&#233;rer les probl&#232;mes pos&#233;s par la diversit&#233; nationale ou soci&#233;tale profonde (la Suisse serait ici l'exception) ait pu regarder avec une certaine m&#233;fiance ce nouvel invit&#233; aux d&#233;bats sur le f&#233;d&#233;ralisme. L&#224; o&#249; les unit&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;es &#233;taient g&#233;n&#233;ralement trait&#233;es de mani&#232;re &#233;galitaire (repr&#233;sentation au S&#233;nat, par exemple), le f&#233;d&#233;ralisme plurinational demande un traitement diff&#233;renci&#233; ou asym&#233;trique entre les unit&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;es en raison de leur caract&#232;re national diff&#233;renci&#233;. L&#224; o&#249;, dans le f&#233;d&#233;ralisme historique, le gouvernement partag&#233; suit g&#233;n&#233;ralement la r&#232;gle de la majorit&#233;, le f&#233;d&#233;ralisme plurinational demande, toujours en faveur des minorit&#233;s nationales sous-&#233;tatiques, un droit de veto dans des domaines sp&#233;cialement sensibles pour elles (la r&#233;vision constitutionnelle, par exemple). L&#224; o&#249;, dans le f&#233;d&#233;ralisme dominant, le droit de s&#233;cession est un tabou (Cagiao &amp; Gagnon 2019), le f&#233;d&#233;ralisme plurinational remet sur la table la pertinence d'une clause de sortie. L&#224; o&#249; on observait traditionnellement une inertie centrip&#232;te dans les f&#233;d&#233;rations, le f&#233;d&#233;ralisme plurinational plaide en faveur d'une logique centrifuge et non centraliste. Bref, on l'aura compris, le f&#233;d&#233;ralisme plurinational est une &#233;pine dans le pied du f&#233;d&#233;ralisme territorial ou mononational qui domine dans l'histoire du f&#233;d&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;F&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en : d&#233;passer le pluralisme national ?
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;serves avec lesquelles la th&#233;orie du f&#233;d&#233;ralisme plurinational a &#233;t&#233; accueillie &#224; la fois dans les &#233;tudes f&#233;d&#233;rales et dans le d&#233;bat public (pour s'en convaincre, il suffirait de voir les commentaires g&#233;n&#233;ralement tr&#232;s critiques adress&#233;s au f&#233;d&#233;ralisme belge) nous &#233;clairent sur la mani&#232;re tr&#232;s classique dont le f&#233;d&#233;ralisme est pens&#233; dans l'UE. Pour le dire sans d&#233;tours : un f&#233;d&#233;ralisme qui reprend les lignes maitresses du mod&#232;le pens&#233; pour l'&#201;tat tout en se d&#233;fendant de le faire ou d'avoir comme objectif ce mod&#232;le. Pourtant, c'est bien dans cette position qu'on se trouve lorsque, &#231;&#224; et l&#224;, on fait avec amertume le constat d'une UE qui peine &#224; laisser derri&#232;re elle le mod&#232;le conf&#233;d&#233;ral ou intergouvernemental, pr&#233;sent&#233; comme un stade &#224; d&#233;passer dans la qu&#234;te d'autonomisation du niveau f&#233;d&#233;ral europ&#233;en vis-&#224;-vis de ses unit&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;es. Or le d&#233;passement de l'intergouvernemental ou du conf&#233;d&#233;ral ne peut se faire qu'en direction du mod&#232;le f&#233;d&#233;ral pens&#233; pour l'&#201;tat. L'histoire du f&#233;d&#233;ralisme dans notre modernit&#233; politique ne laisse le moindre doute sur cette &#233;volution bien connue des syst&#232;mes et processus f&#233;d&#233;ratifs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Se pose alors la question de savoir comment faire afin que l'int&#233;gration f&#233;d&#233;rative souhait&#233;e n'implique pas n&#233;cessairement une disparition des &#201;tats-membres (en tant qu'&#201;tats souverains) et de leurs projets nationaux respectifs (auxquels ils semblent tenir). Force est de constater que la th&#233;orie du f&#233;d&#233;ralisme classique n'a aucune r&#233;ponse &#224; cette interrogation pourtant incontournable dans les processus f&#233;d&#233;ratifs. Sans surprise, reconnaissons-le, car ce n'est pas un f&#233;d&#233;ralisme pens&#233; pour sauvegarder la souverainet&#233; des parties f&#233;d&#233;r&#233;es, ni les nations qu'elles soutiennent (Parent 2011). &lt;br class='autobr' /&gt;
Une th&#233;orie comme celle du f&#233;d&#233;ralisme plurinational prend en revanche &#224; bras-le corps le d&#233;fi d'une int&#233;gration f&#233;d&#233;rative respectueuse de sa diversit&#233; stato-nationale. Mais c'est une th&#233;orie qui, comme il a &#233;t&#233; dit, ne trouve pas gr&#226;ce aux yeux de nombre de f&#233;d&#233;ralistes. Pourquoi ? Justement parce qu'elle est une &#233;pine dans le pied des f&#233;d&#233;ralistes les plus press&#233;s. En effet, le f&#233;d&#233;ralisme plurinational craint et questionne ce moment cl&#233; qu'est l'autonomisation du niveau f&#233;d&#233;ral dans un processus f&#233;d&#233;ratif, ce moment &#224; partir duquel la f&#233;d&#233;ration acquiert une forme et un pouvoir &#233;tatiques. Les efforts d'argumentation que l'on voit se d&#233;ployer &#231;&#224; et l&#224; afin d'atteindre ce but (la recherche du moment dit &#171; hamiltonien &#187;) tout en se d&#233;fendant de vouloir l'atteindre sont sans doute intellectuellement tr&#232;s m&#233;ritants, mais il n'est pas du tout s&#251;r qu'ils rompent avec la logique du f&#233;d&#233;ralisme historique. Il en va ainsi quand on parle, par exemple, d'un constitutionnalisme europ&#233;en sans Constitution, sans peuple ou sans &#201;tat. Derri&#232;re l'affirmation d'un constitutionnalisme sans Constitution, qui serait d&#233;j&#224; &#224; l'&#339;uvre au sein de l'UE, se cache au fond la n&#233;cessit&#233; d'inverser le raisonnement classique (pas de constitutionnalisme sans peuple et &#201;tat) afin d'essayer d'arriver au m&#234;me point (pouvoir &#233;tatique du niveau f&#233;d&#233;ral, monopole de l'interpr&#233;tation juridique, comp&#233;tence de la comp&#233;tence, etc.), mais sans s'appuyer sur ce qui fait d&#233;faut dans l'UE&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il convient &#233;galement de noter que, contrairement &#224; l'image id&#233;alis&#233;e qui en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . D'une part, parce qu'on ne peut pas construire en s'appuyant sur ce qui n'existe pas (peuple, &#201;tat, Constitution). D'autre part, pour conjurer les r&#233;sistances des &#201;tats-membres, qui tiennent &#224; garder une forme de monopole sur ces termes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au fond, nous avons l&#224; la tension inh&#233;rente au mouvement vers le f&#233;d&#233;ralisme : des groupements humains diff&#233;renci&#233;s veulent coop&#233;rer, cr&#233;er une union capable de poursuivre les fins qu'ils se sont donn&#233;es en commun, mais sans perdre la libert&#233; politique sans laquelle le pacte f&#233;d&#233;ratif est impossible, impensable. Une libert&#233; qui doit leur permettre, &#224; chacun s&#233;par&#233;ment, de poursuivre aussi des fins particuli&#232;res. Le f&#233;d&#233;ralisme plurinational est pr&#233;cis&#233;ment pens&#233; pour conserver cette tension fondatrice entre le f&#233;d&#233;ral et le f&#233;d&#233;r&#233;. En ce sens, en tant que th&#233;orie analytique ou descriptive, il va comme un gant au contexte actuel de l'UE et aux probl&#232;mes qu'elle et les &#201;tats-membres rencontrent. Mais c'est surtout son int&#233;r&#234;t en tant que th&#233;orie normative qui m&#233;rite un peu d'attention quand on essaie de penser les conditions de possibilit&#233; d'une int&#233;gration politique f&#233;d&#233;rale dans l'UE. Ses recommandations pour les contextes travers&#233;s par une forme profonde de pluralisme national sont pr&#233;cieuses. D'une part, en raison du r&#233;alisme d&#233;mocratique avec lequel travaille le f&#233;d&#233;ralisme plurinational : pas de demos f&#233;d&#233;ral (europ&#233;en) sans le consentement des demoi f&#233;d&#233;r&#233;s diff&#233;renci&#233;s. D'autre part, en raison du langage avec lequel il parle d'int&#233;gration politique, qui est de nature &#224; permettre aux &#201;tats-membres de s'engager avec davantage de confiance et de s&#233;r&#233;nit&#233; dans le processus d'int&#233;gration f&#233;d&#233;rale. Le f&#233;d&#233;ralisme plurinational fait en tout cas une promesse que le f&#233;d&#233;ralisme classique (m&#234;me lorsqu'il se pr&#233;sente sous d'autres appellations ou comme une exp&#233;rience nouvelle) ne peut tenir : que la f&#233;d&#233;ration ne deviendra pas une prison pour les peuples. On mesure aussi, bien s&#251;r, le caract&#232;re frustrant que le f&#233;d&#233;ralisme plurinational peut d&#232;s lors avoir pour les f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens les plus press&#233;s et/ou les plus hamiltoniens (partisans une f&#233;d&#233;ration forte). Car il leur dit qu'il faudra aller sans doute moins loin dans le processus d'int&#233;gration, probablement plus lentement aussi, et pr&#233;voir des m&#233;canismes qui garantissent la libert&#233; politique des unit&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;es. Entre libert&#233; politique du f&#233;d&#233;r&#233; et puissance du f&#233;d&#233;ral, le f&#233;d&#233;ralisme plurinational choisit la libert&#233; politique. Or le stade dans lequel se trouve le processus d'int&#233;gration f&#233;d&#233;rale dans l'UE, l'autonomisation du f&#233;d&#233;ral, semble attirer d'une mani&#232;re compr&#233;hensible le f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en vers l'autre p&#244;le. Une envie de puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie cit&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Anderson, B. (1983). Imagined Communities. Reflections on the Origin and Spread of Nationalism. London, Verso&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Burgess, M., Gagnon, A. (ed.) (2010). Federal Democracies. London &amp; New York, Routledge&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Cagiao y Conde, J., Gagnon, A.-G. (dir.) (2019). F&#233;d&#233;ralisme et S&#233;cession. Bruxelles, Peter Lang&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Dumont, H., El Berhoumi, M. (2017). &#171; L'&#201;tat f&#233;d&#233;ral plurinational : tentative de d&#233;finition juridique &#187;. In Les visages de l'&#201;tat - Liber Amicorum Yves Lejeune. Bruxelles, Bruylant, 293-320&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Gagnon, A. (2010). The Case for Multinational Federalism. Beyong the all-encompassing nation. London &amp; New York, Routledge&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Keating, M. (2001). Plurinational Democracy : Stateless Sations in a Post-Sovereignty Era. Oxford, Oxford University Press&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Kymlicka, W. 2001). Politics in the Vernacular : Nationalism, Multicultiuralism, and Citizenship. Oxford, Oxford University Press&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Lijphart, A. (ed.) (1981). Conflict and Coexistence in Belgium : the Dynamics of a Culturally Divided Society. Berkeley, University of California&lt;/li&gt;&lt;li&gt; M&#225;iz, R. (2008). La frontera interior. El lugar de la naci&#243;n en la teor&#237;a de la democracia y el federalismo. Murcia, Tres Fronteras Ediciones&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Parent, C. (2011). Le concept d'&#201;tat f&#233;d&#233;ral multinational. Essai sur l'union des peuples. Bruxelles, Peter Lang&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Parent, C. (2019). L'&#233;tat des f&#233;d&#233;rations. L'unit&#233; dans la diversit&#233;. Qu&#233;bec, Presses de l'Universit&#233; du Qu&#233;bec&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Requejo, F. (2009). F&#233;d&#233;ralisme multinational et pluralisme de valeurs. Le cas espagnol. Bruxelles, Peter Lang&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sch&#252;tze, R. (2016). &#8220;Two-and-a-half Ways of Thinking about the European Union&#8221;. Politique europ&#233;enne, 53(3), 28-37. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.3917/poeu.053.0028&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.3917/poeu.053.0028&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Taylor, C. (1992). Multiculturalism and &#8220;the Politics of Recognition&#8221;. Princeton, Princeton University Press&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Tierney, S. (2004). Constitutional Law and National Pluralism. Oxoford, Oxford University Press&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Tully, J. (1999). Une &#233;trange multiplicit&#233; : le constitutionnalisme &#224; une &#233;poque de diversit&#233;. Les Presses de l'Universit&#233; Laval&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il convient &#233;galement de noter que, contrairement &#224; l'image id&#233;alis&#233;e qui en souvent propos&#233;e, le constitutionnalisme ou l'&#201;tat de droit est ins&#233;parable des acteurs et des institutions charg&#233;s de dire le droit en dernier ressort, cette d&#233;cision juridique ultime appartenant aux acteurs du niveau sup&#233;rieur ou f&#233;d&#233;ral dans la logique qui nous int&#233;resse ici. Nous avons l&#224; une th&#232;se qui a tendance &#224; occulter la dimension politique de la justice constitutionnelle dans les syst&#232;mes f&#233;d&#233;ratifs connus (historiquement favorable &#224; l'extension de la comp&#233;tence du niveau f&#233;d&#233;ral).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
