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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>Primaut&#233; du droit europ&#233;en : pourquoi la France ne peut pas se targuer d'&#234;tre exemplaire ? </title>
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		<dc:date>2022-01-30T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>F&#233;lix Passy</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#171; Ce que Paris conseille, l'Europe le m&#233;dite ; ce que Paris commence, l'Europe le continue. &#187; Pareille citation de Victor Hugo contredit &#233;videmment la doctrine f&#233;d&#233;raliste, en instaurant une relation tut&#233;laire entre les &#201;tats participant &#224; un m&#234;me projet commun. Pour autant, esp&#233;rons que l'Europe suive les d&#233;licieuses et ardentes incitations de la France &#224; honorer, en toute hypoth&#232;se, le principe de primaut&#233; du droit europ&#233;en. Mais peut-on &#234;tre cr&#233;dible lorsque l'on n'est pas soi-m&#234;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-191-Decembre-2021-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 191 - D&#233;cembre 2021&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Ce que Paris conseille, l'Europe le m&#233;dite ; ce que Paris commence, l'Europe le continue. &#187; Pareille citation de Victor Hugo contredit &#233;videmment la doctrine f&#233;d&#233;raliste, en instaurant une relation tut&#233;laire entre les &#201;tats participant &#224; un m&#234;me projet commun. Pour autant, esp&#233;rons que l'Europe suive les d&#233;licieuses et ardentes incitations de la France &#224; honorer, en toute hypoth&#232;se, le principe de primaut&#233; du droit europ&#233;en. Mais peut-on &#234;tre cr&#233;dible lorsque l'on n'est pas soi-m&#234;me irr&#233;prochable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons-en aux origines de l'indignation. Le 7 octobre 2021, le Tribunal constitutionnel polonais validait une s&#233;rie de r&#233;formes judiciaires d&#233;plorables, initi&#233;es par le parti nationaliste Droit et justice (PiS) pour remettre en cause l'ind&#233;pendance de la justice et affermir son pouvoir autoritaire. Dans cet arr&#234;t, la plus haute juridiction polonaise affirme indument la primaut&#233; de sa Constitution nationale sur les Trait&#233;s europ&#233;ens, d&#233;clar&#233;s inapplicables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, cette situation n'est gu&#232;re surprenante tant les violations des droits de l'Homme en Pologne foisonnent. En effet, en 2017, la Commission europ&#233;enne mobilisait pour la premi&#232;re fois &#224; l'&#233;gard de la Pologne l'article 7 du Trait&#233; sur le fonctionnement de l'Union europ&#233;enne, m&#233;canisme relativement infructueux pour sanctionner les atteintes aux valeurs fondamentales de l'Union commises par un &#201;tat membre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s polonaises pouvaient donc persister dans leur m&#233;pris patent des droits fondamentaux. Fort brillamment, et parmi tant d'autres dirigeants en Europe, Cl&#233;ment Beaune se r&#233;voltait contre une d&#233;cision &#171; gravissime &#187;, prononc&#233;e par le Tribunal constitutionnel polonais. Pour le secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233; des affaires europ&#233;ennes, &#171; quand on dit qu'on ne respecte pas la primaut&#233; du droit de l'Union europ&#233;enne, (...) on tue l'Europe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement fran&#231;ais a-t-il raison de clamer l'importance du principe de primaut&#233; du droit de l'Union europ&#233;enne ? Assur&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;gag&#233; par la Cour de justice de l'Union europ&#233;enne dans ses arr&#234;ts Costa c/ Enel et International Handelsgesellschaft, rendus en 1964 et 1970, le principe de primaut&#233; implique que l'ensemble des normes europ&#233;ennes pr&#233;valent sur l'ensemble des droits nationaux, y compris sur les Constitutions des &#201;tats membres. Intimement li&#233; &#224; l'exigence d'effectivit&#233; du droit europ&#233;en, le principe de primaut&#233; garantit l'application uniforme des r&#232;gles europ&#233;ennes, et assure donc la r&#233;alisation concr&#232;te des comp&#233;tences et objectifs de l'Union europ&#233;enne, tels qu'ils ont &#233;t&#233; librement d&#233;termin&#233;s et consentis par les &#201;tats membres. Si l'on niait le principe de primaut&#233;, c'est-&#224;-dire si les &#201;tats membres pouvaient privil&#233;gier leurs r&#232;gles nationales dans les domaines de comp&#233;tence de l'Union, le droit europ&#233;en resterait cantonn&#233; au rang de simple recommandation, d&#233;nu&#233;e de port&#233;e contraignante et par cons&#233;quent de toute efficacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En guise d'illustration, rappelons que l'Union europ&#233;enne jouit d'une comp&#233;tence exclusive pour r&#233;glementer &#171; la conservation des ressources biologiques de la mer dans le cadre de la politique commune de la p&#234;che. &#187; Si les &#201;tats pouvaient red&#233;finir leurs propres quotas de p&#234;che, en exc&#233;dant les pr&#233;visions de l'Union, la pr&#233;servation des plantes et animaux marins deviendrait de fait impossible. La surp&#234;che permise dans des &#201;tats situ&#233;s au bord de la Manche d&#233;s&#233;quilibrerait corr&#233;lativement et n&#233;cessairement les capacit&#233;s de p&#234;che dans les &#201;tats se trouvant au bord de la Mer du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, lorsque des &#201;tats adh&#232;rent &#224; l'Union europ&#233;enne et lui conc&#232;dent des comp&#233;tences, le respect de l'&#201;tat de droit suppose qu'ils s'assujettissent de fa&#231;on inconditionnelle aux r&#232;gles prescrites dans ce cadre par les institutions europ&#233;ennes. Plus encore que la protection des droits fondamentaux, la notion d'&#201;tat de droit renferme la soumission des pouvoirs publics aux r&#232;gles qu'ils &#233;dictent ou dont ils ont d&#233;l&#233;gu&#233; la production. Figer les obligations des &#201;tats revient &#224; rendre stables, pr&#233;visibles et effectifs les droits qui en d&#233;coulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, le principe de primaut&#233; constitue l'outil indispensable &#224; la souverainet&#233; de l'Union europ&#233;enne, dans le champ des comp&#233;tences qui lui ont &#233;t&#233; sp&#233;cialement confi&#233;es, au nom d'un imp&#233;ratif d'efficacit&#233; de l'action commune. Ce faisant, le principe de primaut&#233; assure indirectement la mise en &#339;uvre du principe de subsidiarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, si elle a raison de le faire, la France est-elle l&#233;gitime &#224; prodiguer une le&#231;on de respect du principe de primaut&#233; du droit europ&#233;en ? M&#234;me si la d&#233;fiance globale qu'exprime la Pologne &#224; l'&#233;gard de la construction europ&#233;enne et de la protection des droits ne saurait raisonnement &#234;tre reproch&#233;e &#224; la France, celle-ci n'est pas pour autant le mod&#232;le qu'elle pr&#233;tend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le Conseil d'&#201;tat et la Cour de cassation ont p&#233;niblement admis la primaut&#233; du droit europ&#233;en sur la loi fran&#231;aise, ils r&#233;futent depuis les arr&#234;ts Sarran et Fraisse, rendus en 1998 et en 2000, toute pr&#233;&#233;minence des normes europ&#233;ennes sur la Constitution nationale. Dans la mesure o&#249; l'Union europ&#233;enne n'existe que parce que la Constitution fran&#231;aise le permet, les juges nationaux consid&#232;rent que celle-ci est ind&#233;niablement de valeur sup&#233;rieure. L'argument peut &#234;tre invers&#233; : en reconnaissant la construction europ&#233;enne et ses objectifs, la Constitution accueille par-l&#224; m&#234;me l'ensemble du droit europ&#233;en, notamment en ce qu'il pr&#233;voit sa primaut&#233; g&#233;n&#233;rale et absolue dans son champ d'intervention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans surprise, le Conseil constitutionnel est tout aussi r&#233;ticent &#224; consacrer le principe de primaut&#233; du droit de l'Union. Notamment, dans sa d&#233;cision Droit d'auteur de 2006, il affirme que la transposition d'une directive &#171; ne saurait aller &#224; l'encontre d'une r&#232;gle ou d'un principe inh&#233;rent &#224; l'identit&#233; constitutionnelle de la France. &#187; Certes, la subsidiarit&#233; requiert le respect des traditions et particularit&#233;s locales et nationales. On peut n&#233;anmoins r&#233;torquer qu'elle exige aussi d'agir &#224; l'&#233;chelon le plus fiable et efficace. D&#232;s lors, comment tol&#233;rer qu'une r&#232;gle nationale puisse emp&#234;cher l'action europ&#233;enne, alors que les &#201;tats ont pr&#233;alablement convenu que l'Union est la plus apte &#224; intervenir dans le domaine consid&#233;r&#233;, en lui transf&#233;rant des comp&#233;tences ? Au surplus, une formule aussi &#233;vasive que celle employ&#233;e par le Conseil constitutionnel pourrait conduire &#224; des abus, lorsqu'il s'agira de pr&#233;ciser ce que recouvre exactement l'obscure notion d' &#171; identit&#233; constitutionnelle de la France &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat continue d'animer l'actualit&#233;. En avril 2021, &#224; l'occasion de la retentissante affaire Quadrature du Net, le Conseil d'&#201;tat a refus&#233; de se conformer &#224; l'arr&#234;t de la Cour de justice de l'Union qui, en octobre 2020, avait consid&#233;r&#233; que l'obligation de conservation g&#233;n&#233;ralis&#233;e et indiff&#233;renci&#233;e des donn&#233;es de connexion (adresse IP, g&#233;olocalisation, notamment), impos&#233;e par la loi sur le renseignement du 24 juillet 2015 aux op&#233;rateurs num&#233;riques, contrevient au droit au respect de la vie priv&#233;e des utilisateurs. Le Conseil d'&#201;tat a &#233;cart&#233; la jurisprudence de la Cour de justice au regard de l'objectif de valeur constitutionnelle de maintien de l'ordre public et de pr&#233;vention des infractions. Pour la premi&#232;re fois, le Gouvernement avait express&#233;ment demand&#233; &#224; ce que le droit europ&#233;en soit purement et simplement &#233;vinc&#233; ! Pourtant, la Cour de justice avait revu ses exigences &#224; la baisse, en s'accommodant d'une conservation cibl&#233;e des donn&#233;es num&#233;riques en pr&#233;sence d'une menace grave et imminente&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire ? &#192; la diff&#233;rence de L&#233;nine, nous ne croyons pas qu'une &#171; avant-garde &#187; r&#233;volutionnaire, compos&#233;e d'une poign&#233;e d'individus, r&#233;ussisse &#224; forcer la main aux coriaces juridictions nationales. Bien au contraire, ce n'est qu'en dotant l'Union europ&#233;enne d'une v&#233;ritable assise d&#233;mocratique que le principe de primaut&#233; du droit europ&#233;en peut obtenir la l&#233;gitimit&#233; essentielle &#224; son plein effet. Ce n'est qu'en rationalisant les comp&#233;tences de l'Union europ&#233;enne que le principe de primaut&#233; peut &#234;tre accept&#233;. Ce n'est &#233;galement qu'en dotant l'Union europ&#233;enne d'un pouvoir de contrainte plus abouti que le principe de primaut&#233; peut &#234;tre fait respecter. Bref, une Europe f&#233;d&#233;rale est attendue pour redonner ses lettres de noblesse &#224; ce principe, aussi fondamental que contest&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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