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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>Les institutions de l'autonomie au Chiapas et au Rojava - Quels enseignements ?</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Les-institutions-de-l-autonomie-au-Chiapas-et-au-Rojava-Quels-enseignements</link>
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		<dc:date>2022-02-20T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Bance</dc:creator>



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&lt;p&gt;Pendant l'ann&#233;e du cent cinquantenaire de la Commune de Paris, il fut fr&#233;quent de lire ou d'entendre que la r&#233;bellion zapatiste au Chiapas et la r&#233;volution kurde au Rojava en sont les h&#233;riti&#232;res. Assur&#233;ment, au Mexique comme en Syrie du Nord, les r&#233;volutionnaires ont en commun, avec les Communards de 1871, la recherche de l'&#233;mancipation par le communalisme et le f&#233;d&#233;ralisme. N&#233;anmoins, pour y parvenir, chaque insurrection emprunte des chemins contrast&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avant d'aller plus loin, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-191-Decembre-2021-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 191 - D&#233;cembre 2021&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L109xH150/arton819-0d0d2.png?1731879872' class='spip_logo spip_logo_right' width='109' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant l'ann&#233;e du cent cinquantenaire de la Commune de Paris, il fut fr&#233;quent de lire ou d'entendre que la r&#233;bellion zapatiste au Chiapas et la r&#233;volution kurde au Rojava en sont les h&#233;riti&#232;res. Assur&#233;ment, au Mexique comme en Syrie du Nord, les r&#233;volutionnaires ont en commun, avec les Communards de 1871, la recherche de l'&#233;mancipation par le communalisme et le f&#233;d&#233;ralisme. N&#233;anmoins, pour y parvenir, chaque insurrection emprunte des chemins contrast&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'aller plus loin, certainement convient-il de garder &#224; l'esprit les diff&#233;rences d&#233;mographiques et g&#233;opolitiques entre le Chiapas et le Rojava. S'ils ont une superficie comparable &#224; celle de la Belgique, leur population passe de quelques centaines de milliers d'habitants au Chiapas, &#224; plus de trois millions pour le Rojava ; quant &#224; la F&#233;d&#233;ration d&#233;mocratique de la Syrie du Nord et de l'Est qui regroupe le Rojava et quatre r&#233;gions &#224; dominante arabe lib&#233;r&#233;es du joug de l'&#201;tat islamique, cette superficie et cette population sont doubl&#233;es. Par ailleurs, si le Chiapas pr&#233;sente une unit&#233; ethnique, les Indiens, et religieuse, la chr&#233;tient&#233;, la F&#233;d&#233;ration est une mosa&#239;que de peuples (Kurdes, Arabes, Chald&#233;ens, Syriaques, Turkm&#232;nes, Arm&#233;niens, Caucasiens&#8230;) et de croyances (y&#233;zidis, musulmans et chr&#233;tiens de diverses ob&#233;diences). Le premier acte des r&#233;volutionnaires kurdes sera d'ailleurs d'affirmer l'&#233;galit&#233; de tous les peuples, de toutes les cultures, de toutes les religions&#8230; Enfin, si perdurent au Chiapas, apr&#232;s une guerre qui fut courte, les provocations, menaces et interventions du gouvernement national ou r&#233;gional, des capitalistes ou des organisations paysannes rivales, au Rojava la guerre est totale. Contre l'&#201;tat islamique qui, vaincu territorialement, est loin d'&#234;tre mort, contre les services secrets d'Assad qui attisent la discorde entre Kurdes et Arabes, surtout contre l'envahisseur turc et ses mercenaires djihadistes. Une guerre men&#233;e sous les yeux d'un garant du cessez-le-feu impassible, la Russie, et d'un alli&#233; non moins perfide, les &#201;tats-Unis. Deux &#201;tats qui ont montr&#233; lors des trois invasions turques (2016, 2018 et 2019) qu'ils sont plus pr&#233;occup&#233;s par leurs int&#233;r&#234;ts que par le soutien aux ambitions d&#233;mocratiques des Kurdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient &#233;galement de comprendre que ni les Indiens du Chiapas ni les Kurdes du Rojava ne pr&#233;tendent construire des mod&#232;les(14). Seulement des exp&#233;riences, des poches de r&#233;sistance &#224; la mondialisation, dont les enseignements nourriront notre propre r&#233;flexion et, un jour peut-&#234;tre, notre cheminement vers une f&#233;d&#233;ration des communes autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les zapatistes du Chiapas se sont r&#233;solument inscrits dans un projet de d&#233;mocratie directe. Au Rojava, la r&#233;solution des dirigeants et militants n'est pas moindre, mais le processus pour parvenir &#224; la soci&#233;t&#233; sans &#201;tat, au moins r&#233;duite &#224; un &#201;tat fonctionnel, est plus lent et plus compliqu&#233;. La guerre oblige &#224; des adaptations qui peuvent ne pas &#234;tre comprises si l'on ne se pose pas cette question : peuvent-ils faire autrement ? C'est pourquoi, sans jamais perdre de vue cette r&#233;alit&#233;, il est int&#233;ressant de comparer les institutions mises en place pour parvenir &#224; une soci&#233;t&#233; des autonomies, puis assurer son efficacit&#233; et sa p&#233;rennit&#233;, car comme le pensait Jean Monnet, &#171; rien n'est possible sans les hommes, rien n'est durable sans des institutions(15) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Principes d'une politique contre l'&#201;tat et le Capital
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'autonomie politique est la volont&#233; et la capacit&#233; d'une communaut&#233; de s'autogouverner sur un territoire, la commune, et, en tant que besoin, de se f&#233;d&#233;rer &#224; d'autres communes, selon une proc&#233;dure garantissant l'autonomie communale comme l'autonomie de chaque formation f&#233;d&#233;rale. &#171; Le centre est partout, la circonf&#233;rence nulle part &#187;, disait Proudhon(16). Cette id&#233;e, ancienne, de supprimer la s&#233;paration entre gouvern&#233;s et gouvernants, de s'&#233;loigner continuellement de tout pouvoir &#233;tatique, patriarcal, religieux, &#233;conomique ou autre, traverse l'aventure zapatiste comme la trag&#233;die kurde. L'autonomie, telle qu'entendue par ces deux &#233;pop&#233;es, n'est pas l'ind&#233;pendance. Les zapatistes n'entendent pas se s&#233;parer du Mexique, non sans un degr&#233; de patriotisme et la croyance paradoxale que l'&#201;tat-nation est un rempart contre le n&#233;o-lib&#233;ralisme. Les Kurdes du Rojava, appliquant une strat&#233;gie f&#233;d&#233;raliste &#224; long terme, faisant fi des fronti&#232;res, ne pr&#233;tendent pas se s&#233;parer de la Syrie. En v&#233;rit&#233;, le r&#233;alisme les oblige &#224; composer avec l'&#201;tat reconnu par la communaut&#233; internationale, et chacun pr&#233;sente son syst&#232;me politique comme une opportunit&#233; pour son pays. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas le 1er janvier 1994 quand les habitants du Chiapas se soul&#232;vent, ou le 19 juillet 2012 quand ceux du Kurdistan de Syrie, saisissant une opportunit&#233; politico-militaire, proclament leur autonomie, que les uns et les autres d&#233;couvrent la commune autonome et le f&#233;d&#233;ralisme. D&#232;s les ann&#233;es 90, au Chiapas comme au Kurdistan(17), les r&#233;volutionnaires s'interrogent et parviennent au m&#234;me constat, suivi d'une m&#234;me remise en cause de ce qui fut longtemps une certitude : le marxisme-l&#233;ninisme n'est pas une id&#233;ologie &#233;mancipatrice, le nationalisme conduit &#224; remplacer l'&#201;tat-colonial par un &#201;tat-nation qui ne vaut gu&#232;re mieux pour le peuple, serait-il socialiste. Ils regardent ailleurs et, apr&#232;s une longue &#233;volution, les zapatistes, en 2003, f&#233;d&#232;rent leurs communes autonomes, les Kurdes, en 2005, adh&#232;rent au conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique. Id&#233;ologie communaliste et f&#233;d&#233;raliste pens&#233;e par le leader du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah &#214;calan, lui-m&#234;me inspir&#233; par le municipalisme libertaire du philosophe am&#233;ricain Murray Bookchin, p&#232;re de l'&#233;cologie sociale. Tant les zapatistes que les Kurdes souhaitent d&#233;passer le clivage historique entre marxisme et anarchisme, mais alors que les premiers se refusent &#224; toute r&#233;f&#233;rence explicite &#8210; le zapatisme n'existe pas &#8210;, les seconds th&#233;orisent leur autonomie et leur f&#233;d&#233;ralisme, planifient le changement selon leur nouvelle pens&#233;e politique et proclament un universalisme de la multiplicit&#233;. Sur ce dernier point, ils rejoignent la volont&#233; des zapatistes d'unir les logiques globales et les particularit&#233;s locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'administrer, les zapatistes refusent tout texte constituant, toute loi, toute planification, tout semblant d'&#201;tat. Ils entendent adapter leur syst&#232;me politique en avan&#231;ant sur le chemin ouvert par l'autonomie et faire ce qu'ils disent. Les Chiapan&#232;ques insurg&#233;s n'en n'ont pas moins des d&#233;clarations politiques de r&#233;f&#233;rence. Les plus importantes sont la sixi&#232;me d&#233;claration de la for&#234;t lacandone (ndlr ethnie am&#233;rindienne) de juin 2005, actualis&#233;e par la Sexta de janvier 2013. La sixi&#232;me d&#233;claration et la Sexta s'en tiennent &#224; trois principes fondamentaux :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	une position explicitement anticapitaliste ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	un projet politique hors de la sph&#232;re &#233;tatique, de ses partis et de ses calendriers &#233;lectoraux ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	une d&#233;mocratie directe conduite par les communaut&#233;s de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Kurdes vont, au contraire, rapidement se doter d'une &#171; constitution &#187;, la Charte du Rojava en 2014, puis le Contrat social de la F&#233;d&#233;ration d&#233;mocratique de la Syrie du Nord en 2016. Celui-ci reprend les principes de communalisme, de f&#233;d&#233;ralisme et de d&#233;mocratie directe. Au m&#234;me titre qu'une constitution &#233;tatique classique, il &#233;num&#232;re dans une premi&#232;re partie les Droits de l'homme et les libert&#233;s fondamentales dont on peut dire qu'ils sont respect&#233;s, m&#234;me si quelques d&#233;rapages sont signal&#233;s comme, d'ailleurs, dans toutes les d&#233;mocraties. Dans une deuxi&#232;me partie, il traite en d&#233;tail des institutions d'un proto-&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'aborder les institutions et leur fonctionnement, et parce que le point n'est pas mineur pour les comprendre, pr&#233;cisons que le capitalisme n'est pas trait&#233; sous le m&#234;me angle au Chiapas et au Rojava. Alors que les zapatistes condamnent, au-del&#224; du n&#233;olib&#233;ralisme, le capitalisme en g&#233;n&#233;ral et poursuivent l'objectif d'une autosuffisance comme facteur de l'autonomie, le Contrat social le r&#233;gule sur la dur&#233;e pour que, au m&#234;me titre que le mouvement communal remplacera l'&#201;tat, l'&#233;conomie sociale remplace l'&#233;conomie capitaliste. M&#234;me si Chiapas et Rojava misent sur les coop&#233;ratives, l&#224; aussi la comparaison a ses limites. Le Chiapas est une soci&#233;t&#233; de petites propri&#233;t&#233;s individuelles ou communautaires et il limite son &#171; commerce ext&#233;rieur &#187; avec la soci&#233;t&#233; marchande au strict minimum. Le Rojava est le grenier &#224; bl&#233; de la Syrie et la F&#233;d&#233;ration de la Syrie du Nord est riche de r&#233;serves p&#233;troli&#232;res. Aussi, sans vergogne, parce qu'il faut nourrir les populations, Kurdes et alli&#233;s Arabes commercent-ils avec tout acheteur de leur bl&#233; et de leur p&#233;trole, Damas en premier. De m&#234;me, parce qu'il en va de leur survie, font-ils appel aux comp&#233;tences ext&#233;rieures pour l'entretien de leurs installations p&#233;troli&#232;res et hydro-&#233;lectriques, et &#224; l'investissement &#233;tranger pour d&#233;velopper leur &#233;conomie et reconstruire leurs infrastructures.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les institutions de la d&#233;mocratie directe
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Refuser toute constitutionnalit&#233; ne signifie pas que l'on n'a pas de constitution et d'institutions. Ces derni&#232;res ne sont peut-&#234;tre pas achev&#233;es ni act&#233;es sur un parchemin, elles n'en existent pas moins et peuvent prendre une forme quasi obligatoire au titre de la coutume. Ainsi en est-il au Chiapas alors que la Syrie du Nord se r&#233;f&#232;re &#224; l'&#233;crit, le Contrat social. Dans ces deux territoires autonomes la structure institutionnelle est comparable, bien qu'en Syrie une tendance centralisatrice se fasse sentir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant la communaut&#233; du Chiapas que la commune du Rojava sont des lieux d'organisation collective mus par une recherche du consensus pour la d&#233;cision, l'action, la r&#233;solution des conflits. Aussi, faisant allusion aux conseils des anciens, des sages ou autres, il est avanc&#233; que l'organisation communaliste ne serait que le produit am&#233;nag&#233; des traditions ancestrales de vie communautaire des indiens, des tribus kurdes ou arabes. Si celles-ci ont pu, comme d'autres facteurs historiques, religieux ou id&#233;ologiques, influencer dans ce qu'elles ont de bon l'&#233;laboration des deux syst&#232;mes politiques et sociaux d'auto-organisation, ceux-ci n'en restent pas moins, en Am&#233;rique comme en M&#233;sopotamie, des id&#233;es neuves qui se confrontent durement &#224; l'ordre patriarcal des caciques et des cheiks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Chiapas, le nombre initial de vingt-sept communes autonomes rebelles zapatistes est pass&#233; &#224; trente et une en 2019. Chaque commune regroupe plusieurs dizaines de communaut&#233;s (villages). De mani&#232;re affinitaires des communes s'associent pour former une zone. Il existe d&#233;sormais douze zones (r&#233;gions appel&#233;es caracoles - escargots) contre cinq &#224; l'origine. L'autonomie est donc en expansion, &#233;tant pr&#233;cis&#233; que sur les territoires zapatistes vivent des non-zapatistes. La Syrie du Nord et de l'Est est compos&#233;e de neuf r&#233;gions autonomes, trois r&#233;gions au Rojava (Ciz&#238;r&#234;, Euphrate, Efrin) chacune divis&#233;e en deux cantons, et quatre r&#233;gions &#224; dominante arabe (Manbij, Tabqa, Raqqa, Deir ez-Zor). On compte quelque sept mille communes au Rojava, sans que l'ensemble du territoire ne soit couvert. Dans les r&#233;gions arabes, l'implantation des communes se heurte parfois aux institutions traditionnelles, tribus et clans. Si les douze zones du Chiapas sont totalement autonomes, les neuf r&#233;gions syriennes sont f&#233;d&#233;r&#233;es au sein de l'Administration autonome de la Syrie du Nord et de l'Est alors que dans la Charte du Rojava de 2014, les trois r&#233;gions du Rojava &#233;taient, elles-aussi, totalement autonomes. On note donc un resserrement du f&#233;d&#233;ralisme, pr&#233;sent&#233; non comme un souci de centralisation mais comme une n&#233;cessit&#233; de coordination et de solidarit&#233; entre les r&#233;gions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Au Chiapas, la d&#233;mocratie directe s'&#233;panouit&lt;br class='autobr' /&gt;
Au Chiapas, &#224; la base, est donc la communaut&#233; (village) organis&#233;e avec une assembl&#233;e communautaire et des agents communautaires. Les communaut&#233;s se f&#233;d&#232;rent en communes autonomes avec un conseil municipal. Les communes envoient trois &#224; quatre repr&#233;sentants &#224; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de zone laquelle, ne se r&#233;unissant que pendant quelques jours tous les deux ou trois mois, d&#233;signe un conseil de bon gouvernement permanent. Celui-ci, compos&#233; d'une dizaine ou d'une vingtaine de membres selon la zone, se divise en &#233;quipes qui se relaient, par exemple tous les quinze jours. La liaison avec les communes et villages reste donc forte. Le conseil de bon gouvernement est charg&#233; de la coordination, de la mise en &#339;uvre des d&#233;cisions collectives relatives &#224; la gestion des ressources, l'&#233;ducation, la sant&#233;, la justice, etc. Il peut intervenir comme conciliateur dans les conflits interpersonnels ou entre institutions qui n'ont pas trouv&#233; une solution &#224; un niveau inf&#233;rieur (communaut&#233; ou commune). Il repr&#233;sente &#233;galement la collectivit&#233; aupr&#232;s des autorit&#233;s mexicaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour chacune des assembl&#233;es, les mandats sont de courte dur&#233;e, deux ou trois ans, non renouvelables. La rotation des charges emp&#234;che la professionnalisation, tout le monde pouvant, devant, participer &#224; la vie politique. Un va-et-vient constant s'&#233;tablit entre le conseil de bon gouvernement, l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de zone et les communes et villages sur un projet de d&#233;cision. Le processus de ratification peut prendre du temps. En l'absence de consensus, la d&#233;cision est mise au vote, la position minoritaire n'est pas &#233;cart&#233;e mais conserv&#233;e pour, &#233;ventuellement, compl&#233;ter ou remplacer le choix majoritaire qui se r&#233;v&#233;lerait inad&#233;quat. Tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s doivent strictement respecter leur mandat et consulter la base s'ils ne s'estiment pas mandat&#233;s sur la question soulev&#233;e. Ils sont r&#233;vocables et non r&#233;mun&#233;r&#233;s, la communaut&#233; mandante prenant en charge les obligations familiales et professionnelles du mandataire. Une fois la d&#233;cision prise, les instances d&#233;cisionnelles appliquent le principe &#171; gouverner en ob&#233;issant &#187; (mandar obedeciendo). C'est-&#224;-dire que l'organe qui commande, y compris le bon gouvernement r&#233;gional, ne fait qu'ob&#233;ir au mandat donn&#233; par les assembl&#233;es, lesquelles peuvent le rappeler &#224; l'ordre &#224; tout moment, m&#234;me une assembl&#233;e de village. Il existe aussi un organe de contr&#244;le, la commission de surveillance, qui v&#233;rifie principalement les comptes mensuels, semestriels ou annuels &#233;tablis par le conseil de bon gouvernement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, peut-on parler d'une soci&#233;t&#233; sans &#201;tat avec une gouvernance n&#233;anmoins solide et structur&#233;e, d'une d&#233;mocratie directe compl&#232;te o&#249; le l&#233;gislatif et l'ex&#233;cutif sont fondus dans les assembl&#233;es des autonomies et dans le conseil de bon gouvernement, qui n'est justement pas un gouvernement mais un autogouvernement. Ici, le concept d'auto-administration du Rojava serait plus expressif que celui d'autogouvernement utilis&#233; au Chiapas. Il reste que, sans constitution &#233;crite, ni corpus de lois, mais plut&#244;t avec un droit coutumier en perp&#233;tuelle adaptation, les zapatistes avancent vers la meilleure mani&#232;re de faire vivre l'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Au Rojava, la d&#233;mocratie directe se construit&lt;br class='autobr' /&gt;
Les institutions et l'administration sont beaucoup plus compliqu&#233;es en Syrie du Nord et de l'Est. Le Contrat social est une &#171; constitution &#187; tout-&#224;-fait originale et n'est pas la transcription fid&#232;le du conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique. Il en traduit plut&#244;t une phase interm&#233;diaire appel&#233;e &#171; la nation d&#233;mocratique &#187;. Hadiya Yousef, la pr&#233;sidente de l'Assembl&#233;e constituante, la pr&#233;sente ainsi : &#171; C'est en m&#234;me temps un pur syst&#232;me communaliste et un vrai syst&#232;me parlementaire(18) &#187;. Pour beaucoup, il y a l&#224; deux syst&#232;mes politiques incompatibles. Le communalisme, ins&#233;parable de la d&#233;mocratie directe, ne peut cohabiter avec le parlementarisme. Pour les Kurdes, il s'agit de trouver la bonne voie dans un contexte hostile. Le Contrat social qui n'a pas &#233;t&#233; approuv&#233; par r&#233;f&#233;rendum, mais seulement par des d&#233;l&#233;gu&#233;s d&#233;sign&#233;s par consensus, s'applique aux trois r&#233;gions du Rojava et sert de r&#233;f&#233;rence &#171; &#233;thique &#187; aux quatre r&#233;gions arabes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autonomie de la commune est proclam&#233;e &#224; l'article 48 du Contrat social : &#171; La commune est la forme organisationnelle fondamentale de la d&#233;mocratie directe [&#8230;]. &#192; tous les niveaux de la prise de d&#233;cision, la commune fonctionne comme une assembl&#233;e ind&#233;pendante. &#187; La commune territoriale est la r&#233;union des habitants d'un village, d'un quartier, d'une rue&#8230; o&#249; chacun peut s'exprimer librement. Pourtant, le Contrat social ne lui donne pas les moyens d'exercer au-del&#224; d'elle-m&#234;me la d&#233;mocratie directe. Si bien que les communes du Rojava, si elles sont des &#233;coles de formation politique, si elles r&#232;glent nombre de probl&#232;me locaux y compris conflictuels, d'un point de vue institutionnel, elles restent des lieux d'expression de la revendication adress&#233;e &#224; la municipalit&#233; pour l'entretien des infrastructures ou le ravitaillement, ou &#224; l'Administration autonome pour les questions administratives. Elles ne sont pas des centres d'&#233;laboration et d'approbation de la loi comme cela se passe avec les communaut&#233;s du Chiapas. Il existe bien une grande coalition des organisations civiles, le Mouvement de la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique (TEV-DEM), mais qui n'est pas la f&#233;d&#233;ration des communes puisqu'il regroupe &#233;galement des partis politique, des syndicats, des association diverses, des communaut&#233;s religieuses, etc. Il est souvent le relai du &#171; gouvernement &#187; aupr&#232;s des populations, parfois son aiguillon, rarement son contradicteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'appareil parlementaire est lui tr&#232;s complet. Chaque unit&#233; administrative du Rojava (municipalit&#233;, district, canton, r&#233;gion et f&#233;d&#233;ration) est dot&#233;e d'une assembl&#233;e &#233;lue et d'un ex&#233;cutif. Un conseil constitutionnel veille &#224; la bonne application du Contrat social ; pour l'heure, il n'a pas &#233;t&#233; mis en place. Au niveau f&#233;d&#233;ral devait si&#233;ger le Congr&#232;s des peuples d&#233;mocratiques, v&#233;ritable assembl&#233;e nationale. Trois cents &#233;lus, &#224; parit&#233; hommes-femmes, devaient y si&#233;ger pour quatre ans renouvelables une fois. Or, les &#233;lections aux assembl&#233;es r&#233;gionales et au Congr&#232;s, pr&#233;vues en janvier 2018, n'ont jamais eu lieu pour, est-il avanc&#233;, des questions de s&#233;curit&#233; li&#233;es &#224; la guerre. &#192; la place, sans tarder, en septembre 2018, pour coordonner l'action publique et unifier le droit, est cr&#233;&#233;e l'Administration autonome de la Syrie du Nord et de l'Est. Elle se compose d'un Conseil g&#233;n&#233;ral de soixante-dix membres &#8210; quarante-neuf d&#233;l&#233;gu&#233;s des r&#233;gions et vingt et un administrateurs techniques &#8210; d&#233;sign&#233;s selon des proc&#233;dures locales pas vraiment transparentes, mais qui respecte la diversit&#233; des ethnies, des religions et la repr&#233;sentation &#233;galitaire des femmes. Il se r&#233;unit deux fois par mois et autant que n&#233;cessaire. Sur la base du consensus entre les r&#233;gions est d&#233;sign&#233; un conseil ex&#233;cutif, v&#233;ritable gouvernement d'une vingtaine de &#171; minist&#232;res &#187;. L'Administration autonome prend des mesures l&#233;gales ou r&#233;glementaires qui s'appliquent, en principe, &#224; l'ensemble de la F&#233;d&#233;ration, les r&#233;gions conservant une marge d'opportunit&#233; sur leur mise en &#339;uvre. Il en est ainsi de la loi concernant de le service militaire du 10 juin 2020, pour ne citer que le dernier grand texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut s'interroger sur le caract&#232;re r&#233;volutionnaire du syst&#232;me th&#233;orique du Contrat social et du r&#233;gime pratique de l'Administration autonome. Vus en d&#233;tail, ils se r&#233;v&#232;lent bureaucratiques, &#233;loign&#233;s du conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique. On peut m&#234;me s'interroger sur sa l&#233;gitimit&#233; de l'Administration autonome en l'absence d'&#233;lection ou de modes de d&#233;signation clairs. Cependant, le respect des Droits de l'homme et des libert&#233;s fondamentales, comme nulle part ailleurs au Proche-Orient, emp&#234;che de dire qu'il s'agit d'une dictature. On est en pr&#233;sence d'une d&#233;mocratie r&#233;volutionnaire aux prises avec une multitude de probl&#232;mes qui emp&#234;chent un fonctionnement normal des institutions et la construction d'une soci&#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les interf&#233;rences politico-militaires
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au Chiapas comme au Rojava, l'arm&#233;e r&#233;volutionnaire joue un r&#244;le important compte tenu des circonstances de la naissance de ces entit&#233;s autonomes et des menaces pesant sur elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Arm&#233;e zapatiste de lib&#233;ration nationale (EZLN) est une organisation politico-militaire. C'est elle qui a mis en place l'autonomie, assure sa p&#233;rennit&#233; et sa s&#233;curit&#233;. &#192; ce titre, elle jouit d'une forte influence morale, mais se laisse parfois aller &#224; des intrusions dans le jeu de l'autonomie &#224; la place des autorit&#233;s civiles &#233;lues. Aux dires des zapatistes eux-m&#234;mes, l'EZLN n'est pas d&#233;mocratique parce qu'une arm&#233;e ne l'est pas par nature. Aussi, la soci&#233;t&#233; civile, ne manque jamais de le lui &#224; rappeler comme elle le fait dans la Sixi&#232;me d&#233;claration : &#171; En haut le politico-d&#233;mocratique qui commande et en bas le militaire qui ob&#233;it. Et peut-&#234;tre m&#234;me, que c'est encore mieux, rien en haut et tout bien plat, sans militaire. &#187; Cette ambition s'accompagne de mesures concr&#232;tes, par exemple, un commandant de l'EZLN ne peut pas occuper une charge civile de l'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diff&#233;rente est la situation en Syrie du Nord o&#249; existe un parti politique et une arm&#233;e. Le parti est le Parti de l'union d&#233;mocratique (PYD) et sa plateforme politique le Conseil d&#233;mocratique syrien (CDS). L'arm&#233;e est constitu&#233;e des Unit&#233;s de protection du peuple (YPG) et des Unit&#233;s de protection des femmes (YPJ), milices r&#233;volutionnaires kurdes qui se sont int&#233;gr&#233;es, tout en en constituant l'&#233;pine dorsale, aux Forces d&#233;mocratiques syriennes (FDS), coalition de toutes les milices r&#233;volutionnaires kurdes, arabes, chr&#233;tiennes, intervenant dans le nord et l'est de la Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans le PYD, il n'y aurait pas eu de r&#233;volution au Rojava, pas de projet politique novateur. Au travers du TEV-DEM, c'est lui qui a promu les communes. C'est lui qui a pouss&#233; &#224; la r&#233;daction de la Charte du Rojava, puis du Contrat social, qui a fourni les cadres politiques des nouvelles institutions. C'est lui qui a valoris&#233; le principe d'&#233;galit&#233; notamment &#224; l'&#233;gard des femmes qui pr&#233;sident avec un homme toutes les institutions civiles et politiques. C'est lui qui a organis&#233; les YPG-YPJ et les a dirig&#233;es vers la victoire contre l'obscurantisme. Le PYD est partout, c'est un fait. Il est une avant-garde qui, &#224; la diff&#233;rence des avant-gardes l&#233;ninistes, ne se veut pas dominatrice, mais &#233;ducatrice de l'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus d&#233;licate est la situation de l'arm&#233;e, et plus particuli&#232;rement de son chef d'&#233;tat-major, Mazloum Abdi. Ce g&#233;n&#233;ral, form&#233; par le PKK, s'insinue, sans mandat, dans les comp&#233;tences normalement d&#233;volues, en d&#233;mocratie, au pouvoir civil, notamment, mais pas seulement, pour les questions internationales. Or, Abdi est proche des Am&#233;ricains. Ses prises de position, ses interventions, align&#233;es sur Washington, ne sont pas du go&#251;t de tout le monde jusqu'au sein des plus hautes instances du PYD. Des combattants, des politiques comme une partie de la population kurde et arabe lui reprochent aussi de transformer les FDS en police priv&#233;e au service des &#201;tats-Unis dans sa lutte contre l'&#201;tat islamique plut&#244;t que de pr&#233;parer la reconqu&#234;te des territoires occup&#233;s par la Turquie. Ces questions ne sont pas &#8210; encore &#8210; ouvertement &#233;voqu&#233;es dans le d&#233;bat public.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y aurait bien d'autres comparaisons &#224; faire entre le Chiapas et le Rojava sur l'&#233;conomie, la diplomatie, la justice, les finances, l'&#233;cologie, la sant&#233;, l'&#233;ducation, les droits et libert&#233;s, la place des femmes, la religion, le culte de la personnalit&#233;, etc. En se limitant aux institutions, on n'en comprend pas moins que deux voies diff&#233;rentes sont emprunt&#233;es pour parvenir &#224; une soci&#233;t&#233; de d&#233;mocratie directe, fond&#233;e sur la commune autonome et le f&#233;d&#233;ralisme :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	celle du Chiapas refuse toute r&#233;f&#233;rence id&#233;ologique autre qu'&#171; en bas et &#224; gauche &#187;, ne constitutionnalise pas, ne planifie pas, met en place tous les rouages de l'autonomie et affine son projet en marchant ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	celle du Rojava se r&#233;f&#232;re &#224; la nation d&#233;mocratique, id&#233;ologie pr&#233;paratoire au conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique, r&#233;dige une constitution en ce sens, &#233;tablit un programme de politique g&#233;n&#233;rale chaque ann&#233;e, &#233;labore un budget ; elle se dote d'institutions transitoires, notamment d'un proto-gouvernement, &#233;loign&#233;es de la d&#233;mocratie directe mais sans renoncer &#224; parvenir, quand la paix sera revenue, &#224; une soci&#233;t&#233; communaliste et libertaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes deux, parce qu'elles sont des lueurs d'&#233;mancipation dans un monde hallucin&#233;, parce qu'elles sont des mod&#232;les de probit&#233; politique, m&#233;ritent d'&#234;tre soutenues. Un soutien critique, lib&#233;r&#233; de tout romantisme et de tout dogmatisme. Pour les d&#233;mocrates ou les r&#233;volutionnaires qui cherchent la voie d'un autre futur d&#233;barrass&#233; de l'&#201;tat et du Capital, elles sont des sources d'inspiration et de r&#233;flexion contemporaines et uniques. Elles renvoient &#224; cette question fondamentale : apr&#232;s un processus r&#233;volutionnaire f&#233;d&#233;raliste r&#233;ussi, quelle hypoth&#232;se organisationnelle faut-il adopter pour emp&#234;cher l'&#201;tat de reprendre vie, soit parce que l'absence d'institutions autonomes solides lui laisse le champ libre, soit parce que les nouvelles institutions d&#233;mocratiques, en se substituant aux anciennes, le maintiennent en vie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour aller plus loin :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	sur le Chiapas, J&#233;r&#244;me Baschet, La R&#233;bellion zapatiste. Insurrection indienne et r&#233;sistance plan&#233;taire, 3e &#233;dition revue et augment&#233;e, Paris, Flammarion, &#171; Champ histoire &#187;, 2019, 400 pages.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	sur le Rojava, Pierre Bance, La Fascinante D&#233;mocratie du Rojava. Le Contrat social de la F&#233;d&#233;ration de la Syrie du Nord, Paris, &#201;ditions Noir et Rouge, 2020, 600 pages.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;NOTES DE FIN
&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; J&#233;r&#244;me Baschet, &#171; La construction de l'autonomie zapatiste &#187;, F&#233;d&#233;choses, n&#176; 189, juin 2021.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jean Monnet, M&#233;moires (1976), Paris, Le Livre de poche, 2017, 826 pages, citation page 441.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pierre-Joseph Proudhon, Confessions d'un r&#233;volutionnaire (1849), dans &#338;uvres de P.-J. Proudhon, Antony, &#201;ditions Tops/H. Trinquier, 2013, 352 pages, citation page 197.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le Kurdistan, lors du d&#233;membrement de l'Empire ottoman apr&#232;s la Premi&#232;re Guerre mondiale, fut partag&#233;, par les Fran&#231;ais et les &lt;br class='autobr' /&gt;
Anglais, entre quatre pays : la Turquie, l'Iran, l'Irak et la Syrie (le Rojava).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Washington Kurdish Institute, WKI Weekly Digest, 27 septembre 2017&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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