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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>Kenneth C. WHEARE : introduction</title>
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		<dc:date>2008-04-14T22:23:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luigi V. Majocchi</dc:creator>



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&lt;p&gt;A la veille de la seconde guerre mondiale, durant la p&#233;riode qui s'&#233;tend du Pacte de Munich &#224; l'&#233;croulement de la France, au sein de la mouvance du pacifisme britannique et &#224; la suite des id&#233;es novatrices exprim&#233;es par l'am&#233;ricain Clarence Streit dans son ouvrage Union Now , le groupe britannique Federal Union, a su lucidement imputer la guerre &#224; l'anarchie internationale, donner naissance &#224; un large mouvement d'opinion et proposer la formule du gouvernement f&#233;d&#233;ral comme la seule capable de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-kenneth-c-wheare-" rel="directory"&gt;Kenneth C. WHEARE&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A la veille de la seconde guerre mondiale, durant la p&#233;riode qui s'&#233;tend du Pacte de Munich &#224; l'&#233;croulement de la France, au sein de la mouvance du pacifisme britannique et &#224; la suite des id&#233;es novatrices exprim&#233;es par l'am&#233;ricain Clarence Streit dans son ouvrage Union Now , le groupe britannique Federal Union, a su lucidement imputer la guerre &#224; l'anarchie internationale, donner naissance &#224; un large mouvement d'opinion et proposer la formule du gouvernement f&#233;d&#233;ral comme la seule capable de r&#233;soudre le probl&#232;me europ&#233;en et, en perspective, de r&#233;aliser, avec la F&#233;d&#233;ration mondiale, la paix perp&#233;tuelle. Fond&#233; durant l'&#233;t&#233; 1938 &#224; l'initiative de trois jeunes hommes, Charles Kimber, Derek Rawnsley et Patrick Ransome, qui n'acceptaient pas la fatalit&#233; de la guerre, ce mouvement est issu d'une longue tradition de pens&#233;e plongeant ses racines dans la culture du constitutionalisme du 18&#232;me si&#232;cle, d' origine lib&#233;rale, et dans les enseignements de Philip Kerr et Lionel Curtis . En juin 1940, Federal Union compte d&#233;j&#224; 239 sections et plus de 10.000 membres. Parmi ceux-ci, des personnalit&#233;s comme Lord Aston, William Beveridge, Ernest Bevin, Noel Brailsford, William B. Curry, Julian Huxley, Ivor Jennings, C.E. Joad, Harold Laski, Walter Layton, Ronald Mackay, Salvador de Madariaga, Lionel Robbins, Wickham Steed, Arnold Toynbee, C.V. Usborne, Barbara Wootton, les archev&#234;ques de York et Durham, sans compter, naturellement, Philip Kerr et Lionel Curtis. Mais, au del&#224; des adh&#233;sions recueillies, ce qui est extraordinaire c'est le d&#233;bat que Federal Union r&#233;ussit &#224; susciter en y engageant les plus hautes expressions de la pens&#233;e britannique : de Lord Halifax &#224; A. Eden, de Leo Amery &#224; Sir Archibald Sinclair, de N. Chamberlain &#224; Winston Churchill. C'est au cours de ce d&#233;bat que le leader du Parti travailliste, Clement R. Attlee, pronon&#231;a la formule devenue c&#233;l&#232;bre : &#171; L'Europe doit se f&#233;d&#233;rer ou p&#233;rir &#187;. On sait que ce d&#233;ploiement de forces poussa le Foreign Office &#224; &#233;tudier, en mars 1940, le projet d'un &#171; Acte d'association perp&#233;tuelle entre le Royaume uni et la France &#187;, un projet qui, soutenu activement par Jean Monnet, amena Winston Churchill, le 16 juin, c'est-&#224;-dire &#224; la veille de la capitulation fran&#231;aise devant le III &#232;me. Reich, &#224; faire la proposition d'une union indissoluble entre la France et la Grande-Bretagne : &#171; Les deux gouvernements d&#233;clarent que la France et la Grande-Bretagne ne seront plus deux Etats distincts, mais constitueront une union franco-britannique. La constitution de l'Union mettra en place des organes communs pour la d&#233;fense, la politique ext&#233;rieure, les finances et l'&#233;conomie. Tout citoyen fran&#231;ais jouira imm&#233;diatement de la citoyennet&#233; britannique, tout sujet britannique deviendra un citoyen fran&#231;ais &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Au del&#224; de la propagande usuelle et des initiatives pour influencer la classe politique, Federal Union avait compris que, pour le succ&#232;s de son combat, l'engagement &#224; ses c&#244;t&#233;s du monde de la culture serait d&#233;cisif. La plupart ignorait la cause r&#233;elle de la guerre -la souverainet&#233; absolue des Etats- ; une ignorance qui pr&#233;valait dans le monde du pacifisme et le rendait enclin &#224; l'appeasement et en faisait ainsi un complice objectif du nazisme ; les pr&#233;jug&#233;s qui faisaient consid&#233;rer comme impossible la limitation de cette souverainet&#233; &#233;taient encore plus grands ; l'aveuglement sur l'inad&#233;quation de toute forme de collaboration internationale fond&#233;e sur les bonnes intentions, ou sur l'illusion &#8211;qu'elle soit lib&#233;rale, d&#233;mocrate ou socialiste- de la rendre durable gr&#226;ce au caract&#232;re identique des r&#233;gimes politiques des divers pays, ce qui aurait engendr&#233; spontan&#233;ment et comme un sous-produit la paix, &#233;tait g&#233;n&#233;ral. La faillite de la Soci&#233;t&#233; des nations (SDN) n'avait ouvert les yeux qu'aux seuls f&#233;d&#233;ralistes. Ils &#233;taient les seuls &#224; savoir que seul un gouvernement f&#233;d&#233;ral est en mesure de limiter la souverainet&#233; des Etats en les subordonnant &#224; une loi internationale sanctionn&#233;e par un pouvoir politique international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait faire admettre cette v&#233;rit&#233; &#224; tous ceux qui d&#233;siraient sinc&#232;rement la paix, mais ne connaissaient pas les moyens susceptibles de la r&#233;aliser. Et il fallait donc donner de l'autorit&#233; au point de vue f&#233;d&#233;raliste. Ainsi, en octobre 1939, a &#233;t&#233; fond&#233; &#224; l'initiative de Patrick Ransome le Federal Union Research Institute &#171; pour entreprendre une &#233;tude scientifique des probl&#232;mes pos&#233;s en cas de cr&#233;ation d'une f&#233;d&#233;ration entre des Etats ayant une longue tradition de souverainet&#233; &#187; . Les universitaires les plus s&#233;rieux de l'&#233;poque, pas tous f&#233;d&#233;ralistes, mais tous dispos&#233;s &#224; mettre au service d'une cause juste leur comp&#233;tence reconnue sur les questions qu'ils avaient l'intention d'aborder : de William Beveridge &#224; C.E.M. Joad, de Lionel Robbins &#224; Barbara Wootton, de A.L. Goodhart &#224; K. Zilliacus, furent convi&#233;s &#224; participer. Il y avait &#233;galement parmi eux, Kenneth C. Wheare, un illustre constitutionaliste diplom&#233; d'Oxford, &#224; qui fut confi&#233;e la t&#226;che de d&#233;crire la nature du gouvernement f&#233;d&#233;ral. Leurs contributions, diffus&#233;es initialement sous la forme de Federal Tracts, furent par la suite recueillies par Patrick Ransome dans le volume Studies in Federal Planning publi&#233; en 1943. Dans sa pr&#233;sentation il &#233;crivait avec une extraordinaire sagacit&#233; : &#171; Le f&#233;d&#233;ralisme ne peut &#234;tre institu&#233; que dans des zones o&#249; le gouvernement supranational est n&#233;cessaire et possible, et il se pr&#233;sente comme quelque chose de plus qu'un simple ersatz d'une association d'Etats ind&#233;pendants au plan mondial, particuli&#232;rement affaiblie. Comme le disait Sir William Beveridge, &#8216;le f&#233;d&#233;ralisme est un rem&#232;de de cheval contre une maladie virulente, pas une lotion tonique &#224; asperger sur le monde'. Lorsque la majeure partie de ces essais ont &#233;t&#233; &#233;crits il semblait que l'aire dans laquelle cette m&#233;decine forte &#233;tait la plus n&#233;cessaire c'&#233;tait celle que l'on appelait d'un terme un peu vague l'Europe occidentale, Allemagne comprise... Beaucoup de choses se sont pass&#233;es depuis et la guerre civile europ&#233;enne est devenue une guerre mondiale &#187;. Il est donc, &#224; l'issue du conflit, difficile de d&#233;terminer le terrain ad&#233;quat pour l'affirmation du f&#233;d&#233;ralisme. Mais il n'est pas difficile d'&#233;tablir que &#171; partout o&#249; l'on entend construire un r&#233;el gouvernement international, en renon&#231;ant &#224; la simple coop&#233;ration internationale, c'est au f&#233;d&#233;ralisme que les architectes du nouvel ordre devront s'adresser s'ils veulent r&#233;aliser un syst&#232;me de gouvernement qui garantisse les aspects essentiels de la libert&#233; individuelle et les conditions de la paix internationale &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Dans la culture du f&#233;d&#233;ralisme constitutionnel, si l'on fait abstraction de sa cr&#233;ation qui co&#239;ncide avec les premi&#232;res r&#233;flexions de Alexander Hamilton, l'essai de Kenneth C. Wheare que nous reproduisons ici int&#233;gralement, constitue un v&#233;ritable jalon. Le discours est toujours limpide et clair, l'argumentation directe et convaincante, les d&#233;finitions sont nettes et pr&#233;cises. Le syst&#232;me f&#233;d&#233;ral est caract&#233;ris&#233; par une &#171; division des fonctions gouvernementales entre une autorit&#233;, habituellement appel&#233;e gouvernement f&#233;d&#233;ral, qui a pouvoir de r&#233;gler certaines questions pour la totalit&#233; du territoire, et, un ensemble d'autorit&#233;s, habituellement nomm&#233;es gouvernements des Etats, qui ont le pouvoir de r&#233;gler certaines autres questions pour les parties composantes du territoire&#8230; Le gouvernement f&#233;d&#233;ral signifie donc une division des fonctions entre des autorit&#233;s coordonn&#233;es, nullement subordonn&#233;es les unes aux autres, ni dans l'&#233;tendue, ni dans l'exercice des fonctions qui leur sont attribu&#233;es &#187;. Si c'est cela le gouvernement f&#233;d&#233;ral, alors, voici quels en sont les &#233;l&#233;ments constitutifs : &#171; une constitution supr&#234;me &#233;crite, un processus d'amendement qui ne puisse pas &#234;tre actionn&#233; par le gouvernement f&#233;d&#233;ral ou les gouvernements des Etats agissant seuls, une cour supr&#234;me qui d&#233;termine le sens de la constitution en cas de dispute, et l'autonomie financi&#232;re pour chacune des autorit&#233;s coordonn&#233;es &#187;. Quant aux conditions historiques qui le rendent possible, elles se manifestent seulement &#171; lorsque des communaut&#233;s territoriales sont dispos&#233;es &#224; coop&#233;rer les unes avec les autres pour la r&#233;gulation de certaines questions, et seulement de ces questions, et quand elles sont en m&#234;me temps d&#233;cid&#233;es &#224; demeurer s&#233;par&#233;es et supr&#234;mes, chacune sur son propre territoire pour la r&#233;gulation d'autres questions &#187;. Et, comme s'il pr&#233;voyait l'ignorance de ceux qui consid&#232;rent comme doctrinaire et abstrait le choix entre le mod&#232;le f&#233;d&#233;ral et le mod&#232;le conf&#233;d&#233;ral pour mener &#224; bien la construction d&#233;mocratique et constitutionnelle de l'Union europ&#233;enne, Wheare conc&#233;dait que &#171; le f&#233;d&#233;ralisme n'est pas une forme de gouvernement toujours appropri&#233;e ou facile &#224; faire fonctionner &#187; mais il estimait &#233;galement juste de rappeler que &#171; le gouvernement f&#233;d&#233;ral est un gouvernement : c'est l'ordre, pas l'anarchie, c'est, enfin, la paix et non la guerre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le fait que Wheare d&#233;finisse le gouvernement f&#233;d&#233;ral comme un gouvernement conservateur pourrait surprendre le lecteur. L'expression ne doit pas induire en erreur et il faut faire les deux observations suivantes. En premier lieu, cette d&#233;finition suit imm&#233;diatement celle selon laquelle &#171; les changements ne peuvent intervenir qu'au rythme du plus lent &#187; (et le contexte sugg&#232;re aussit&#244;t qu'il s'agit de changements de type constitutionnel). Il est donc clair, que Wheare entendait par ce caract&#232;re &#171; conservateur &#187; du syst&#232;me f&#233;d&#233;ral la garantie substantielle de l'ind&#233;pendance des Etats membres d'une f&#233;d&#233;ration. Donc, contrairement &#224; une id&#233;e diffus&#233;e avec art et accept&#233;e par ignorance, dans une v&#233;ritable f&#233;d&#233;ration il n'est pas possible d'&#233;touffer l'ind&#233;pendance des Etats membres, ni d'imposer &#224; une nation des coutumes ext&#233;rieures &#224; ses traditions, et ainsi de suite. En second lieu, il faut pr&#233;ciser que le terme &#171; conservateur &#187; concerne ici principalement la stabilit&#233; constitutionnelle et non l'orientation gouvernementale. Les f&#233;d&#233;rations, comme les Etats unitaires, connaissent aussi bien des gouvernements de droite que des gouvernements de gauche. Il ne faut toutefois pas oublier que, dans le cas des f&#233;d&#233;rations, la stabilit&#233; constitutionnelle, est garantie par l'Etat et non par le gouvernement, ce qui &#233;quivaut &#224; la paix perp&#233;tuelle entre les Etats membres qui n'ont plus besoin des armes (comme les Etats traditionnels) mais seulement des juges pour d&#233;fendre leur ind&#233;pendance. Vu qu'il n'y a pas d'autres voies pour d&#233;sarmer les Etats, il en r&#233;sulte que, dans le monde actuel quasiment arriv&#233; &#224; un point o&#249; les armes ne sont plus un moyen de d&#233;fense mais un moyen d'autodestruction et d'extermination universelle, le choix f&#233;d&#233;ral, abstraction faite de toute politique gouvernementale possible, reste en tout &#233;tat de cause le choix le plus progressiste qu'une communaut&#233; humaine puisse faire aujourd'hui. Cela implique qu'il conviendrait d'acc&#233;l&#233;rer autant que possible la construction de la f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne afin d'indiquer au monde la voie vers le renforcement f&#233;d&#233;ral des Nations unies et le d&#233;sarmement universel.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Wheare est revenu sur la d&#233;finition du f&#233;d&#233;ralisme &#224; l'occasion d'une intervention, intitul&#233;e &#171; Quelques questions th&#233;oriques au sujet du f&#233;d&#233;ralisme &#187; , au colloque organis&#233; par la International Political Science Association qui s'est tenu &#224; Oxford du 19 au 24 septembre 1963. A cette occasion, Wheare a reconnu le gouvernement f&#233;d&#233;ral comme la forme la plus accomplie du constitutionnalisme et d&#233;clar&#233; accepter la d&#233;finition de Sir Robert Garran, le p&#232;re de la constitution australienne, selon lequel le gouvernement f&#233;d&#233;ral est &#171; la forme de gouvernement dans laquelle la souverainet&#233; -ou le pouvoir politique- est partag&#233;e entre le gouvernement central et les gouvernements locaux de telle mani&#232;re que chacun d'eux soit, dans sa propre sph&#232;re de comp&#233;tences, ind&#233;pendant des autres &#187;. Et, r&#233;pondant &#224; une objection de Carl Friedrich selon qui &#171; le f&#233;d&#233;ralisme est incompatible avec le concept traditionnel de souverainet&#233; &#187;, Wheare a observ&#233; : &#171; tant pis pour le concept traditionnel. Qui a le dernier mot n'est pas n&#233;cessairement celui qui l'a sur toutes les questions ; certains pourront l'avoir dans tel cas, d'autres dans tel autre. C'est cela la plus grande d&#233;couverte des architectes de la constitution am&#233;ricaine &#187;. Le syst&#232;me f&#233;d&#233;ral est donc un syst&#232;me &#224; souverainet&#233; partag&#233;e dans le cadre de ses comp&#233;tences respectives, dans lequel le fait de l'ind&#233;pendance est aussi important que celui de la coordination. Cela amenait Wheare &#224; r&#233;futer l'opinion de A. H. Birch et de M. J. C. Vile pour lesquels, selon les mots de ce dernier, &#171; le f&#233;d&#233;ralisme est un syst&#232;me de gouvernement dans lequel les autorit&#233;s centrales et r&#233;gionales sont li&#233;es par une relation de mutuelle interd&#233;pendance politique ; dans ce syst&#232;me s'institue un &#233;quilibre par lequel aucun niveau de gouvernement ne devient dominant au point de dicter ses d&#233;cisions &#224; l'autre, mais chacun peut influencer l'autre et n&#233;gocier avec lui jusqu'&#224; le convaincre &#187;. Selon Wheare, en fait, &#171; c'est l'ind&#233;pendance ou (si l'on pr&#233;f&#232;re la terminologie de Carl J. Friedrich l'autonomie) qui est essentielle au gouvernement f&#233;d&#233;ral. Il n'y a pas de syst&#232;me f&#233;d&#233;ral sans cette autonomie r&#233;gionale et g&#233;n&#233;rale, mais il peut bien exister un syst&#232;me f&#233;d&#233;ral avec une interd&#233;pendance et une coop&#233;ration modeste et m&#234;me insignifiante &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours dans une pol&#233;mique avec Friedrich, qui soutenait comment &#171; le f&#233;d&#233;ralisme &#233;tait le terme le plus appropri&#233; pour d&#233;crire le processus de f&#233;d&#233;ralisation d'une communaut&#233; politique &#187;, Wheare distinguait &#171; la forme institutionnelle, r&#233;sultat du processus &#187;, &#224; laquelle il donnait le nom de &#171; f&#233;d&#233;ration &#187;, du processus lui-m&#234;me qui pouvait bien se d&#233;finir comme une &#171; f&#233;d&#233;ralisation &#187;, &#224; condition que son aboutissement soit une f&#233;d&#233;ration. Pour une fois, David Hume, tr&#232;s perturb&#233; lorsque les hommes jouaient avec les mots, ne se sera pas retourn&#233; dans sa tombe.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pour les f&#233;d&#233;ralistes, la le&#231;on de Wheare a une grande port&#233;e. L'Etat f&#233;d&#233;ral, en brisant le loyalisme exclusif de l'Etat national, est la formule la plus ad&#233;quate pour l'organisation d'une &#171; soci&#233;t&#233; f&#233;d&#233;rale &#187;. C'est-&#224;-dire le type de soci&#233;t&#233; qui se forme au cours des stades les plus avanc&#233;s du processus historique d&#233;coulant soit de la crise de l'Etat national (qui a engendr&#233; la soci&#233;t&#233; nationale, artificielle ferm&#233;e et n&#233;gatrice de toute particularit&#233; locale) soit du d&#233;veloppement des forces productives qui provoque une interd&#233;pendance croissante des rapports humains tendant &#224; co&#239;ncider avec la plan&#232;te tout enti&#232;re. Dans les f&#233;d&#233;rations historiques, les niveaux de gouvernement qui ont organis&#233; un loyalisme &#171; divis&#233; &#187; sont au nombre de deux. Mais la formule serait parfaitement &#224; m&#234;me d'organiser, en une s&#233;rie croissante de cercles concentriques, tous les centres possibles concern&#233;s par le loyalisme des individus : de la cellule de la solidarit&#233; sociale (le quartier) jusqu'&#224; l'institution de l'unit&#233; du genre humain tout entier (le gouvernement mondial). Le gouvernement f&#233;d&#233;ral est donc le mod&#232;le constitutionnel qui permet de r&#233;aliser les valeurs tant du &#8216;communitarisme' que du cosmopolitisme. C'est encore plus clair si l'on consid&#232;re que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a)	la f&#233;d&#233;ration est la formule politique qui r&#233;alise la paix car elle d&#233;sarme les Etats et les subordonne au droit coercitif d'un pouvoir, un droit face auquel tous les Etats membres sont &#233;gaux ind&#233;pendamment de leur taille. C'est pour cette raison que l'Etat f&#233;d&#233;ral est la plus haute expression du constitutionnalisme et de l'Etat de droit. Mais le gouvernement f&#233;d&#233;ral affirme &#233;galement la d&#233;mocratie internationale car il soustrait les relations entre les Etats &#224; la logique des rapports de force et les soumet au contr&#244;le d&#233;mocratique. Cette formule politique est donc la seule qui permette d'envisager avec d&#233;termination un gouvernement mondial constitutionnel et d&#233;mocratique, un gouvernement qui, &#224; l'&#233;poque du possible holocauste nucl&#233;aire et du risque de catastrophe &#233;cologique, n'est plus seulement une exigence de la raison. Le gouvernement f&#233;d&#233;ral, enfin, aide &#224; envisager, de mani&#232;re un peu moins confuse, la perspective de la &#171; communaut&#233; atlantique &#187; d'une part et de la &#171; maison commune europ&#233;enne &#187; de l'autre, qui acqui&#232;rent des contours plus pr&#233;cis si elles se d&#233;finissent comme des f&#233;d&#233;rations de f&#233;d&#233;rations. Ceci est important car alors, sur cette base, la formule du &#171; gouvernement mondial partiel &#187; que Albert Einstein retenait comme une &#233;tape n&#233;cessaire sur la voie de la construction du gouvernement mondial, et comme un objectif urgent apr&#232;s Hiroshima, prend un contour moins vague ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b)	la f&#233;d&#233;ration est la seule formule constitutionnelle qui permette de penser de mani&#232;re unitaire le processus de d&#233;passement de l'Etat national actuellement en cours en Europe. Il s'agit d'un d&#233;passement qui a pris, vers le haut, la forme de l'unification europ&#233;enne, et, vers le bas, celle de la r&#233;gionalisation et d'une d&#233;mocratie participative &#224; base territoriale. Il est &#233;vident que le fait d&#233;cisif c'est l'Europe. Mais, avec l'affirmation du f&#233;d&#233;ralisme au niveau europ&#233;en, l'application du principe f&#233;d&#233;ral au sein m&#234;me des Etats qui pourraient devenir des f&#233;d&#233;rations de r&#233;gions (avec un S&#233;nat des r&#233;gions) devient envisageable ; &#224; l'int&#233;rieur des r&#233;gions, qui pourraient devenir des f&#233;d&#233;rations de provinces (avec un S&#233;nat des provinces) ; et jusqu'&#224; l'int&#233;rieur des communes (avec un S&#233;nat des quartiers). C'est dans un tel cadre que le concept de planification d&#233;mocratique, d&#233;centralis&#233;e et articul&#233;e, devient compatible avec celui d'une planification globale. C'est encore dans un tel cadre, qu'en attribuant la souverainet&#233; mon&#233;taire &#224; l'Union et la politique de la solidarit&#233; &#224; des niveaux de gouvernement proches des citoyens et susceptibles de la financer par le seul pr&#233;l&#232;vement fiscal, qu'il serait possible de corriger la tendance de l'Etat providence &#224; la d&#233;g&#233;n&#233;rescence. C'est toujours dans un tel cadre qu'il serait possible de donner une r&#233;ponse positive &#224; la l&#233;gitime attente d'&#233;mancipation des minorit&#233;s nationales longtemps opprim&#233;es par des r&#233;gimes despotiques ou imp&#233;riaux (hier les pays de l'Est europ&#233;en, aujourd'hui de nombreux peuples de l'Union sovi&#233;tique ou de la Yougoslavie) sans ramener l'humanit&#233; sur la voie de la division arm&#233;e au terme de laquelle se profile clairement la seule perspective du retour &#224; l'anarchie tribale ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c)	la f&#233;d&#233;ration, &#224; la diff&#233;rence de l'Etat national qui pouvait s'&#233;tendre par l'imp&#233;rialisme, est une formule ouverte. Une fois constitu&#233; un premier noyau, tous les Etats, dispos&#233;s &#224; accepter la constitution et les limitations corr&#233;latives de souverainet&#233;, pourront y adh&#233;rer. Le cas de l'Union des treize colonies am&#233;ricaines, &#233;tendue jusqu'&#224; ses dimensions actuelles, reste exemplaire. Cela signifie que le crit&#232;re de la &#171; g&#233;om&#233;trie variable &#187;, contest&#233; avec quelques bonnes raisons lorsqu'il s'agit du d&#233;veloppement de l'int&#233;gration europ&#233;enne, devient absolument normal lorsqu'il s'applique aux d&#233;veloppements constitutionnels de l'Union. Pour fonder la f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne, il n'est donc pas n&#233;cessaire que l'ensemble des Etats membres adh&#232;rent d&#232;s l'origine. De la m&#234;me mani&#232;re qu'il ne serait pas n&#233;cessaire que tous les Etats du monde adh&#232;rent en m&#234;me temps pour que l'on puisse cr&#233;er la f&#233;d&#233;ration mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luigi V. Majocchi&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Introduction publi&#233;e dans la revue Il Federalista, Pavie, XXXIII &#232;me. ann&#233;e, 1991, N&#176; 1, pp. 74-81.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Traduit de l'italien par Jean-Francis Billion et Jean-Luc Prevel)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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