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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>F&#233;d&#233;ralismes latino-am&#233;ricains : un tr&#232;s rapide tour d'horizon&#8230;</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Federalismes-latino-americains-un</link>
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		<dc:date>2010-04-25T18:33:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ronan Blaise</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ne c&#233;dons pas &#224; la myopie : l'id&#233;e f&#233;d&#233;raliste (l'id&#233;al f&#233;d&#233;raliste) et ses applications institutionnelles concr&#232;tes ne sont pas seulement l'apanage des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, de quelques rares pays de l'ancien monde (Suisse, Allemagne, Autriche, Belgique, etc.) ou de certains &#201;tats appartenant &#224; l'ancienne sph&#232;re coloniale britannique (Australie, Canada, Inde, Afrique du sud, Nigeria, etc.). C'est aussi une modalit&#233; d'organisation des pouvoirs qu'on retrouve en bien d'autres lieux, sur bien (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-numero-147-2010-01-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 147 &#8212; 2010/01&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ne c&#233;dons pas &#224; la myopie : l'id&#233;e f&#233;d&#233;raliste (l'id&#233;al f&#233;d&#233;raliste) et ses applications institutionnelles concr&#232;tes ne sont pas seulement l'apanage des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, de quelques rares pays de l'ancien monde (Suisse, Allemagne, Autriche, Belgique, etc.) ou de certains &#201;tats appartenant &#224; l'ancienne sph&#232;re coloniale britannique (Australie, Canada, Inde, Afrique du sud, Nigeria, etc.). C'est aussi une modalit&#233; d'organisation des pouvoirs qu'on retrouve en bien d'autres lieux, sur bien d'autres continents, et concernant bien d'autres populations aux mentalit&#233;s fort diff&#233;rentes. En Am&#233;rique latine, notamment.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un Nouveau monde qui n'est pas exempt&#233; des querelles de l'ancien&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan humain strictement &#171; ethnique &#187;, cet espace g&#233;ographique latino-am&#233;ricain est caract&#233;ris&#233; par un tr&#232;s important m&#233;tissage de populations tr&#232;s diverses et aux identit&#233;s bien particuli&#232;res -nationales et ethniques- tr&#232;s marqu&#233;es : autochtones am&#233;rindiens divers et vari&#233;s, descendants cr&#233;oles des colons hispaniques, descendants des esclaves noirs d&#233;port&#233;s depuis l'Afrique, descendants des immigr&#233;s europ&#233;ens ou asiatiques des XIXe et XXe si&#232;cles, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, ce m&#233;tissage et ce m&#233;lange identitaires ne sont pas uniformes &#224; l'&#233;chelle du sous-continent. Et ils donnent l&#224; naissance &#224; des identit&#233;s locales -locales, r&#233;gionales et nationales- tr&#232;s sp&#233;cifiques et tr&#232;s marqu&#233;es, caract&#233;ris&#233;es par de forts sentiments d'appartenance, qu'on les appelle &#171; patriotisme &#187; ou &#171; nationalisme &#187;, volont&#233; d'affirmation des uns, tentation h&#233;g&#233;monique &#171; imp&#233;riale &#187; des autres, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sentiments d'appartenance, patriotismes et nationalismes : des passions id&#233;ologiques bien connues de nous autres -Europ&#233;ens. Et qui auront, dans ce Nouveau monde (m&#234;me si ces &#233;pisodes sont assez mal connus de ce c&#244;t&#233;-ci de l'Atlantique...), les m&#234;mes d&#233;clinaisons politiques et les m&#234;mes cons&#233;quences fatales que dans l'ancien : formatage identitaire des individus, &#171; caporalisation &#187; des soci&#233;t&#233;s civiles, mise en place de r&#233;gimes politiques plus ou moins autoritaires (et pas n&#233;cessairement d&#233;mocratiques...), sanglantes guerres au sein m&#234;me des &#201;tats (pour la s&#233;cession &#171; vitale &#187; des uns ou pour le maintien de l'unit&#233; &#171; n&#233;cessaire &#187; selon les autres...), conflits arm&#233;s entre &#201;tats, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces nombreux tourments identitaires (et &#224; leurs tragiques cons&#233;quences militaires et humaines), le f&#233;d&#233;ralisme a pu, autrefois (et peut encore, &#224; ce jour...), repr&#233;senter une s&#233;rieuse alternative &#224; la politique &#171; nationale &#187; du seul &#171; rapport de force &#187;, autre nom de la &#171; guerre larv&#233;e de tous contre tous &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme : une modalit&#233; d'organisation dans la naissance des &#034;Etats-Nations&#034; latino am&#233;ricains&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, d&#232;s le XIXe si&#232;cle, le f&#233;d&#233;ralisme a ainsi &#233;t&#233; l'une des modalit&#233;s pratique de construction &#233;tatique et d'organisation politique de certains de ces nouveaux &#201;tats-nations latino-am&#233;ricains issus de la d&#233;colonisation des Am&#233;riques coloniales espagnoles, et portugaises (Br&#233;sil).&lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi ces tout premiers &#201;tats &#171; f&#233;d&#233;raux &#187; d'Am&#233;rique latine -existant encore &#224; ce jour- on compte le Mexique (&#201;tat organis&#233; selon des modalit&#233;s f&#233;d&#233;rales d&#232;s 1824), l'Argentine (d&#232;s 1853), le Venezuela (&#224; partir de 1864), le Br&#233;sil (&#224; partir de 1891).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, il s'agissait souvent -une fois la &#034;puissance coloniale&#034; (espagnole ou portugaise) enfin &#171; &#233;vacu&#233;e &#187;- d'organiser l'&#201;tat national naissant.&lt;br class='autobr' /&gt;
En essayant d'organiser et de d&#233;coupler les pouvoirs. Et en r&#233;partissant &#233;quitablement les responsabilit&#233;s politiques entre une &#034;cit&#233;-m&#233;tropole&#034; (un pouvoir central&#8230;) d&#233;j&#224; souvent envahissants (ici : autorit&#233;s politiques de Mexico, Buenos Aires, Caracas, Rio de Janeiro -bient&#244;t Brasilia..., etc.) et des provinces p&#233;riph&#233;riques aspirant d&#233;j&#224; &#224; plus d'autonomie et de reconnaissance politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrefois simple &#171; modalit&#233; d'organisation &#187; des pouvoirs (permettant de garantir la paix civile, ainsi que l'unit&#233; de ces &#201;tats dans la diversit&#233; de leurs composantes : notamment face aux tentatives de s&#233;cession identitaires ou &#233;conomiques&#8230;), ces structures f&#233;d&#233;rales se retrouvent n&#233;anmoins, aujourd'hui, souvent confront&#233;es au double d&#233;fi du d&#233;sengagement financier des &#201;tats centraux et de l'apprentissage (parfois douloureux) de l'autonomie locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, apr&#232;s de longs d&#233;bats (parfois de sanglantes guerres civiles&#8230;) lors de leur naissance (au XIXe si&#232;cle...), ces divers &#201;tats f&#233;d&#233;raux semblent avoir aujourd'hui, depuis lors et &#224; ce jour, atteint - bon gr&#233; / mal gr&#233; - leurs points d'&#233;quilibre politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si bien qu'il semble assez peu probable de voir leurs architectures institutionnelles (aujourd'hui consensuelles -en tout cas pour leurs grandes lignes- aux yeux de leurs soci&#233;t&#233;s civiles respectives...), changer de fa&#231;on tr&#232;s significative dans les ann&#233;es &#224; venir...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques &#233;checs tonitruants d'organisations supranationales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lors de la naissance de ces &#171; &#201;tats-nations &#187; latino-am&#233;ricains (qu'ils soient f&#233;d&#233;raux ou non...), il a &#233;galement exist&#233; une tendance politique ayant pour vision et pour objectif politique la formation d'une grande &#171; union continentale latino-am&#233;ricaine &#187; qui serait &#171; au-dessus &#187; m&#234;me des &#201;tats-nations alors en gestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#034;tendance&#034;, cette &#034;ambition&#034; politique &#233;tait alors repr&#233;sent&#233;e par Simon Bolivar, le Libertador lui m&#234;me : le p&#232;re de l'ind&#233;pendance de bon nombre de ces &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un projet politique grandiose qui allait n&#233;anmoins finalement sombrer sous les coups de boutoirs des mesquineries individuelles et des ambitions politiciennes des bourgeoisies locales, sous les coups des nationalismes naissants.&lt;br class='autobr' /&gt;
On allait m&#234;me dire, par la suite, que Bolivar en &#233;tait mort de chagrin, apr&#232;s l'&#233;chec de ce fameux Congr&#232;s panam&#233;ricain de Panama o&#249; venait de sombrer l'id&#233;e de l'unit&#233; latino-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre ce projet avort&#233; de grande &#171; Union continentale latino-am&#233;ricaine &#187;, trois autres structures &#171; supranationales &#187; allaient &#233;galement sombrer dans l'aventure de la naissance des &#201;tats latino-am&#233;ricains.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et se conclure par tout autant d'&#233;checs politiques : la &#171; Grande-Colombie &#187; (dissoute en 1830-1831)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tat compos&#233; (1819-1831) du Venezuela, de l'Equateur, de la Colombie et du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la tr&#232;s &#233;ph&#233;m&#232;re conf&#233;d&#233;ration &#171; p&#233;ruano-bolivienne &#187; (de br&#232;ve existence, en 1836-1839) et les &#171; Provinces Unies d'Am&#233;rique centrale &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tat f&#233;d&#233;ral compos&#233; de six &#171; &#201;tats f&#233;d&#233;r&#233;s &#187; situ&#233;s sur l'isthme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (conf&#233;d&#233;ration dissoute en 1838-1839).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un retour du r&#234;ve bolivarien ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, en ce d&#233;but de XXIe si&#232;cle, il semble que le mod&#232;le supranational pr&#233;conis&#233; en son temps par le Libertador Simon Bolivar soit en train de faire son grand retour dans les d&#233;bats politiques, et dans l'espace latino-am&#233;ricain. Et pas seulement pour satisfaire les &#233;tranges et quelque peu &#171; m&#233;galomaniaques &#187; ambitions personnelles d'un Hugo Chavez (ou les r&#234;ves &#171; indig&#233;nistes &#187; d'un Evo Moral&#232;s...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, &#224; la suite de la mise en place de certains accords &#233;conomiques adopt&#233;s dans les ann&#233;es 1990 -Accords de libre &#233;change nord-am&#233;ricains ou Alena (en 1989-1994), puis March&#233; commun du sud de l'Am&#233;rique ou Mercosur (en 1995) -une douzaine d'&#201;tats d'Am&#233;rique du sud sont, depuis lors, pass&#233;s &#224; l'&#233;tape sup&#233;rieure : celle de la construction politique supranationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ce 23 mai 2008, &#224; Brasilia, au terme d'un processus politique entam&#233; d&#232;s 2004, ces douze &#201;tats sud-am&#233;ricains&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tats membres de cette Union sud-am&#233;ricaine : soit les quatre &#201;tats (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; se sont officiellement r&#233;unis en vue de mettre en place une &#171; Communaut&#233; &#187; supranationale, depuis lors devenue Union politique sud-am&#233;ricaine (officiellement : Union des Nations sud-am&#233;ricaines, Unasur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre une communaut&#233; &#233;conomique, ce projet d'Union politique continentale sud-am&#233;ricaine pr&#233;voyait, &#224; terme : la cr&#233;ation d'une monnaie commune, la mise en place d'une citoyennet&#233; commune et d'un passeport commun, ainsi que la mise en place d'un parlement commun, tout cela devant &#234;tre mis en place en s'inspirant (de l'aveu m&#234;me des auteurs de ce projet politique...) du mod&#232;le communautaire europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela devant aboutir -&#224; terme- &#224; la mise en place d'un nouvel ensemble politique qui devrait alors repr&#233;senter, s'il se concr&#233;tise, une population de 360 millions d'habitants. Et qui sera (en superficie tout du moins : avec ses 17 millions de km&#178;), la plus vaste union &#233;conomique, mon&#233;taire et politique du monde (n'en d&#233;plaise &#224; son &#171; mod&#232;le &#187; institutionnel proclam&#233; : l'Union europ&#233;enne...).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'occasion, pour ces &#201;tats d'Am&#233;rique latine, d'exp&#233;rimenter un f&#233;d&#233;ralisme d'un type nouveau, d&#233;sormais supranational&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;R&#233;alisant -peut-&#234;tre, ainsi- le r&#234;ve des Libertadores, le r&#234;ve de Bolivar : celui d'une union des peuples d'Am&#233;rique du sud, travaillant &#224; leur prosp&#233;rit&#233;, &#224; leur rayonnement et au maintien de la libert&#233; et de la paix dans cette r&#233;gion du monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ronan BLAISE&lt;br class='manualbr' /&gt;Ancien responsable des Jeunes Europ&#233;ens Rouen - Ancien R&#233;dacteur en chef du Taurillon - Dieppe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour en savoir plus, du m&#234;me auteur :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.taurillon.org/Histoire-du-Federalisme-en-Amerique-latine&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.taurillon.org/Histoire-d...&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.taurillon.org/Vers-des-Etats-Unis-d-Amerique-du-sud&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.taurillon.org/Vers-des-E...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tat compos&#233; (1819-1831) du Venezuela, de l'Equateur, de la Colombie et du Panama ; dissous en 1830-1831.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tat f&#233;d&#233;ral compos&#233; de six &#171; &#201;tats f&#233;d&#233;r&#233;s &#187; situ&#233;s sur l'isthme central-am&#233;ricain : soit les actuels cinq &#201;tats ind&#233;pendants du Guatemala, du Honduras, d'El Salvador, du Nicaragua, du Costa Rica... et l'ancien &#201;tat &#171; sud-mexicain &#187; -aujourd'hui dissout- de Los Altos.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tats membres de cette Union sud-am&#233;ricaine : soit les quatre &#201;tats fondateurs du Mercosur (Argentine, Br&#233;sil, Paraguay et Uruguay), les cinq &#201;tats membres de la Communaut&#233; andine (Bolivie, Colombie, Equateur, P&#233;rou, Venezuela) et trois &#201;tats associ&#233;s (Chili, Guyana et Surinam).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Plaidoyer pour une Constituante Et si on (r&#233;)essayait la voie d&#233;mocratique ?</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Plaidoyer-pour-une-Constituante-Et,188</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Plaidoyer-pour-une-Constituante-Et,188</guid>
		<dc:date>2009-10-31T15:58:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ronan Blaise</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Avant propos Comme tout article, celui-ci a une histoire. Pour rappeler son contexte, je veux juste pr&#233;ciser qu'il a &#233;t&#233; publi&#233; en novembre 2007. Ce qui correspondait au d&#233;but de la campagne de ratification du Trait&#233; de Lisbonne, pr&#233;sent&#233; par les Chefs d'Etat et de gouvernements en juin 2007. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agissait alors de tirer les le&#231;ons de l'&#233;chec constitutionnel de 2004-2005, de donner mon sentiment sur le nouveau Trait&#233;, n&#233; d'une actualit&#233; encore r&#233;cente, et sur les proc&#233;dures de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-144-2009-02-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 144 &#8212; 2009/02&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Avant propos&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme tout article, celui-ci a une histoire. Pour rappeler son contexte, je veux juste pr&#233;ciser qu'il a &#233;t&#233; publi&#233; en novembre 2007. Ce qui correspondait au d&#233;but de la campagne de ratification du Trait&#233; de Lisbonne, pr&#233;sent&#233; par les Chefs d'Etat et de gouvernements en juin 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agissait alors de tirer les le&#231;ons de l'&#233;chec constitutionnel de 2004-2005, de donner mon sentiment sur le nouveau Trait&#233;, n&#233; d'une actualit&#233; encore r&#233;cente, et sur les proc&#233;dures de ratification en cours, enfin, de me projeter vers l'avenir dans la perspective des &#233;lections europ&#233;ennes. Encore constern&#233; par l'&#233;chec du processus constitutionnel, je l'&#233;tais tout autant par le projet que les Chefs d'Etat et de gouvernements nous proposaient en &#171; remplacement &#187;, projet de trait&#233; minimaliste et insatisfaisant, sinon hors sujet, &#224; bien des &#233;gards. Je tentais donc de me projeter dans l'avenir, avec en point de mire les &#233;lections europ&#233;ennes de juin 2009, qui pouvaient repr&#233;senter une perspective politique forte, o&#249; il aurait &#233;t&#233; question de &#171; recadrer &#187; le travail des chefs d'Etat et de gouvernements avec l'appui de l'opinion publique et la l&#233;gitimit&#233; forte conf&#233;r&#233;e par le suffrage universel. On pouvait alors esp&#233;rer que chacun prendrait conscience de l'enjeu historique et de l'urgence ; que les associations europ&#233;ennes lanceraient fortement et ouvertement le d&#233;bat public, que les dirigeants nationaux et la Pr&#233;sidence de la Commission feraient &#171; mousser &#187; le d&#233;bat, que les candidats s'engageraient clairement, enfin, que l'opinion publique se saisirait de la question&#8230; et s'exprimerait. Or, h&#233;las, hormis quelques &#171; &#233;piph&#233;nom&#232;nes &#187; (articles militants perdus sur la toile, d&#233;clarations politiques isol&#233;es, chez les Verts ou de la part de S&#233;gol&#232;ne Royal notamment) rien de tout cela n'est arriv&#233;. Les associations europ&#233;ennes (moralement affaiblies par la lassitude des combats perdus ?) se sont montr&#233;es incroyablement timor&#233;es et n'ont pas pos&#233; la question frontalement au monde politique, ni devant l'opinion publique. Les responsables politiques, eux, ont carr&#233;ment ignor&#233; le sujet. Quant aux candidats, de m&#234;me que leurs partis, ils n'ont pas os&#233; en faire le th&#232;me central de la campagne. Enfin, les &#233;lecteurs, faute d'enjeux mobilisateurs, sont massivement rest&#233;s chez eux. A bien les entendre, tous, il semblerait donc que l'Europe actuelle satisfasse pleinement ceux qui veulent bien encore y croire (de moins en moins nombreux) ! Quant aux autres, ils se r&#233;fugient dans une attitude souvent consommatrice, parfois protestataire, mais toujours sans espoir. De l'Union europ&#233;enne actuelle, on veut bien lui arracher tout ce qu'elle donne,&#8230; mais pas question de retour d'affection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quant &#224; construire l'Europe avec les citoyens, cela semble &#234;tre un v&#339;u pieux &#233;mis par des gens qui laissent &#224; penser que, finalement, ils n'y croient pas vraiment, ou, inexplicablement, qu'ils refusent de s'en donner les moyens. A ce titre, l'autocensure, le d&#233;faitisme r&#233;sign&#233; et le refus de l'obstacle dont ont fait preuve les associations europ&#233;ennes, m&#233;riteraient &#224; eux seuls une vaste analyse (&#8230;) Autant d'occasions de se tirer une balle dans le pied. Autant d'excuses commodes pour ne finalement rien faire de s&#233;rieux afin de faire avancer la &#171; cause &#187; de mani&#232;re d&#233;cisive. En fait, un discours soit franchement cynique, soit fondamentalement d&#233;pressif, qui a conduit les partisans de l'int&#233;gration europ&#233;enne &#224; se faire voler leur campagne. Les euroti&#232;des et autres eurosceptiques n'auront pas eu besoin de beaucoup faire d'efforts pour investir la campagne, profiter de l'abstention et, en d&#233;finitive, tirer les marrons du feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bilan des op&#233;rations : un parlement mal &#233;lu dont il sera toujours possible de contester la l&#233;gitimit&#233; si certains de ses membres osaient encore sortir du bois (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation actuelle pose donc plus de questions qu'elle n'apporte de r&#233;ponses. Elle pr&#233;sente plus de raisons de d&#233;couragement que de motifs de satisfaction. Mais, si elle est vraiment pr&#233;occupante, c'est surtout qu'elle pose quelques questions fondamentales : comment -aujourd'hui- pr&#233;tendre construire une Europe unie sans jamais en proposer clairement le projet &#224; ses citoyens ni demander franchement l'adh&#233;sion &#224; ses peuples ? (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Plaidoyer pour une Constituante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Europe cherche (vraie) sortie de crise d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#187;. Non, le r&#233;cent Trait&#233; de Lisbonne n'a, en fait, rien r&#233;gl&#233; : il ne fait que provisoirement diff&#233;rer dans le temps l'in&#233;vcitavle r&#232;glement d&#233;mocratique de la -quoi qu'on en dise- toujours br&#251;lante question politique et institutionnelle europ&#233;ennes. Celle l&#224; m&#234;me dont la r&#233;solution semble imparfaitement suspendue &#224; ce jour&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car aucune des r&#233;formes des politiques de l'Union itimidement envisag&#233;es par ceux-l&#224; m&#234;me qui nous gouvernenent ne pourra jamais &#234;tre adopt&#233;e sans l'adoption de quelque r&#233;forme institutionnelle plus ambitieuse et profonde que ce trop timide &#171; lifting &#187; laborieusement obtenu par nos Chefs d'Etat et de gouvernements &#224; Lisbonne. Et car nos contemporains n'accepteront jamais l'Europe telle qu'elle se construit actuellement -en catimini et sans eux- que si elle (re)devient vraiment un objet d&#233;mocratique sont ils pourront librement faire le choix et dont ils pourraient s'approprier r&#233;ellement les destin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, non content de profond&#233;ment d&#233;cevoir bon nombre de &#171; nonistes &#187; de la derni&#232;re campagne r&#233;f&#233;rendaire (puisqu'ils ne remettent finalement en question fondamentalement aucune des politiques de l'UE et aucune de ses orientations &#233;conomiques alors tant d&#233;cri&#233;es&#8230;), ce Trait&#233; de Lisbonne d&#233;sesp&#232;re &#233;galement -&#224; force d'abandons symboliques et de taille- nombre des partisans de l'anvien TCE. Pire ; de par son mode r&#233;dactionnel -soumis aux seules r&#232;gles du jeu intergouvernental- ce texte renonce (et enterre ?) la pourtant novatricve &#171; m&#233;thode conventionnelle &#187;, l'une des pourtant trop rares proc&#233;dures r&#233;dactionnelles un tant soit peu d&#233;mocratique exp&#233;riment&#233;e jusqu'&#224; pr&#233;sent dans l'histoire de la construction europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Identifier l'obstacle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bon, le diagnostic est ais&#233;ment v&#233;rifiable. Et n'importe quel observateur attentif l'aura sans nul doute remarqu&#233;. Aujourd'hui comme hier (par exemple lors du Sommet de Nice, en d&#233;cembre 2000), ce qui blique irr&#233;m&#233;diablement dans le syst&#232;me europ&#233;en actuel, ce sont encore et toujours les Etats membres (el les Chefs d'Etat et de gouvernements&#8230;). Ils se pressent aux Sommets europ&#233;ens, otages d'une presse souvent eurosceptique (et parfois outranci&#232;re) et avant toute chose attentifs aux &#233;ventuelles r&#233;actions des franges les plus extr&#234;mes de leurs &#233;lectorats &#8216;domestiques &#187; respectifs. Plus soucieux encore de revenir &#224; la maison -de Bruxelles ou d'ailleurs- avec un minimum de concessions (et un maximum de &#171; victoires &#187; aptes &#224; soulever l'orgueil national) que de v&#233;ritablement servir l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral europ&#233;en. Ainsi les Chefs d'Etat et de gouvernements ne semblent d&#233;cid&#233;ment plus &#234;tre capables d'incarner l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral europ&#233;en, m&#233;caniquement contraints see s'aligner sur les moins ambitieux d'entre eux, incapables de se mettre d'accord sur autre chose que des compromis boiteux, des accors au rabais, toujours plus m&#233;diocres&#8230; De sommets en sommets (et de brouilllons de trait&#233;s en compromis b&#226;cl&#233;s ; de piteues reculades en trait&#233;s croupions&#8230;) les partisans de l'Union vont de d&#233;ceptions en d&#233;cepstions. Voil&#224; un diagnostic que ceux l&#224; m&#234;me avaient accept&#233; d'adopter pour eux-m&#234;mes. C'&#233;tait &#224; Laeken, en 2001. Et c'est de ce disgnostic qu'&#233;tait n&#233;e l'id&#233;e d'une Conventionn, cette Convention qui avait rempli d'espoirs les militants de l'Europe unie. Cette m&#234;me Convention dont les travaux -partiellement d&#233;natur&#233;s par une Conf&#233;rence intergouvernementale de plus&#8230;- avaient donn&#233; avaient donn&#233; naissance au fameux Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en, promis au triste sort que l'on sait. Les Etats membres de l'UE avaient su trouver tout &#224; la fois le probl&#232;me et la clef du probl&#232;me. Mais tout &#231;&#224; pour -n&#233;anmoins, aujourd'hui comme hier, mieux refermer la porte alors si timidement entrouverte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Controuner l'obtscle ; d&#233;border les Etats, oser la d&#233;mocratie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que nous avons enfin identifi&#233; ce blocage du conservatisme &#233;tatique, deux attitudes sont possibles. Soit d&#233;finitivement baisser les bras, en nous soumettant docilement &#224; la sacro-saint souverain&#233;t&#233; des Etats (celle-l&#224; m&#234;me contre laquelle les partisans sinc&#232;res de l'Europe luttent depuis toujours&#8230;), soit, vouloir renverser l'obstacle, ou tout au moins essayer de le contourner. En d&#233;bordant les Etats, par la seule voie qui vaille : la voie d&#233;mocratique. En effet, pour contourner l'obstacle, et d&#233;border tous les conservatismes &#233;tatiques qui ligotent aujourd'hui l'Europe et l'emp&#234;chent de se d&#233;velopper, il existe une voie, la voie d&#233;mocratique. Et, enfin, une ocacsion : l'&#233;lection en 2009 du prochain Parlement europo&#233;en au suffrage universel. Que les candidats &#224; la d&#233;putation europ&#233;enne, toutes ob&#233;diences confondues, proclament leur intention de faire de cette &#233;lection un enjeut &#171; constituant &#187; et nous verrons bien, alors, que les Etats membres n'auront pas la possibilit&#233; d'emp&#234;cher ni un tel d&#233;bat d'avoir lieu, ni le scrutin de se d&#233;rouler. Gageons m&#234;me que la tenue d'un tel d&#233;bat pourrait fort bien inciter les Etats membres de l'UE, &#224; r&#233;activer la m&#233;thode conventionnelle (ne serait-ce que pour tenter de conserver une certaine influence sur les d&#233;bats&#8230;). Quoi qu'il en soit : que cette Assemb&#233;le europ&#233;enne d&#233;mocratiquement &#233;lue au suffarge universel, se proclame alors (amjoritairement) Assembl&#233;e constituante ayant pour mission de r&#233;aliser l'Union europ&#233;enne et l'Europe pourra -enfin, d&#233;mocratiquement- se doter des institutions qui lui font actuellement cruellement d&#233;faut. En guise d'illustration, on pourrait rapidement rappel&#233; le projet de Trait&#233; d'Union europ&#233;enne soumis &#224; l'approbation du Parlement europ&#233;en par l'eurod&#233;put&#233; Altiero Spinellin en 1985-1986 ; &#233;ni&#232;me projet constitutionnel jet&#233; dans les poubelles de l'histoire par nos d&#233;j&#224; si pusillanimes Chefs d'Etat et de gouvernements. On pourrait &#233;galement rappeler le projet f&#233;d&#233;raliste du Congr&#232;s du Peuple europ&#233;en (CPE) dans les ann&#233;es 1950. Deux timides tentatives de &#171; coup d'Etat d&#233;mocratique &#187; dont l'histoire a cependant connu biend &#8216;autres pr&#233;c&#233;dents remarquables.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un coup d'Etat d&#233;mocratique europ&#233;en est-il possible ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aisni, en mars 1848, pendant la fameuse ann&#233;e r&#233;volutionnaire, une cinquantaine de citoyens venus de tous les Etats allemands -d&#233;put&#233;s, savants, int&#233;llectuels, &#233;craivains- s'&#233;taient r&#233;unis &#224; Heidelberg pour prendre la t&#234;te du mouvement unitaire et lib&#233;ral qui soulevait alors toutes les Allemagnes. Le Directoire de cette Assembl&#233;e provisoire d'Heidelberg convoque &#224; Francfort tous les membres des chambres constitutionnelles d'Allemagne, invitant l'ensemble des Etats allemands &#224; d&#233;signer au suffrage universel un Parlemetn supplantant tous les Parlements des Etats et ayant pour mission de r&#233;aliser l'unit&#233; allemande et, in fine, d'assumer le pouvoir. Le 18 mai 1848, cette Assembl&#233;e de Francfort, d&#233;ocratiquemen &#233;lue tant sa s&#233;ance inaugurale dans l'Eglise r&#233;form&#233;e Saint-Paul de Francfort (Hesse). Majoritairement compos&#233;e de lib&#233;raux mod&#233;r&#233;s, de socialistes et de juristes, cette assembl&#233;e savante, o&#249; l'&#233;oquence coulait &#224; flot et qui &#233;tait fort divis&#233;e sur de nombreux autres sujets, su n&#233;anmoins adopter une constitution f&#233;d&#233;rale, nommer un gouvernement et jeter les bases de la future unit&#233; allemande. Las, l'exp&#233;rience devait tourner court, trahie par la trahison des grands Etats (Autriche, Bavi&#232;re, Wurtemberg, Hanovre, Saxe et Prusse) qui refus&#232;rent cet accord historique qu'une trentaine de petist Etats venaient cependant de ratifier. D&#233;finitivement discr&#233;dit&#233; par cet &#233;chec, d&#233;laiss&#233; par ses membres, le Parlement de Francfort allait sombrer dans le n&#233;ant. R&#233;duit &#224; une centaine de d&#233;put&#233;s r&#233;volutionnaires (et oblig&#233; de d&#233;m&#233;nager pour Stuttgart), il sera d&#233;finitvement dispers&#233; par la troupe en juin 1849. C'est du coup, vingt ans plus tard, par la Prusse imp&#233;riale et belliqueuse du Chancelier Bismark, et par la voie de la guerre et de l'autoritarisme monarchique (et non pas par la voie d&#233;mocratique&#8230;) que l'Allemagne allait trouvber son unit&#233;, &#171; par le fer et dans le sang &#187;, avec les tristes cons&#233;quences g&#233;opolitiques et continentales que l'on sait&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tirer des le&#231;ons du pass&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette exp&#233;rience d'une Assembl&#233;e r&#233;volutionnaire constituante allemande, lors de l'une des ann&#233;es les plus troubl&#233;es du turbulent XIX&#176; si&#232;cle, peut soulever bien des objections. Certains s'appuieront sur son &#233;chec final et auront beau jeu de dire que seul le contexte r&#233;volutionnaire de l'&#233;poque a pu permettre l'&#233;mergence d'un tel &#233;piph&#233;nom&#232;ne. Mais d'autres ne manqueront sans soute pas de dire que seules les m&#339;urs politiques -belliqueuses, polici&#232;res et autoritaires- de l'&#233;poque ont pu permettre d'&#233;touffer dans l'&#339;uf cette exp&#233;rience d&#233;mocratique, unique et originale. Autre pr&#233;c&#233;dent historique de taille, la fameuse r&#233;union du 20 juin 1789, dite &#171; dela Salle du jeu de paume &#187; &#224; l'occasion de laquelle, lors des premi&#232;res semaines de la R&#233;volution fran&#231;aise les d&#233;put&#233;s du tiers-&#233;tat brav&#232;rent l'autorit&#233; royale en se r&#233;unissant ill&#233;galement et, geste effectivement r&#233;volutionnaire, s'autoproclam&#232;rent Assembl&#233;e constituante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Resterait alors aux futurs d&#233;put&#233;s constituants &#171; europ&#233;ens &#187; &#224; montrer autant de d&#233;termination que les d&#233;put&#233;s du tiers-&#233;tat de la R&#233;volution fran&#231;aise et &#224; &#233;viter l'erreur de leurs pr&#233;d&#233;cesseurs allemands (ou des militants f&#233;d&#233;ralistes des ann&#233;es 1950) : &#233;viter d'&#234;tre r&#233;duits &#224; une minorit&#233; de r&#233;volutionnaires utopsites isol&#233;s et nosnrepr&#233;sentatifs de leur soci&#233;t&#233; dans un univers perclus de conservatisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pr&#233;senter la perspective d'une Assembl&#233;e constituante europ&#233;enne &#224; nos contemporains, notamment gr&#226;ce aux si efficaces outils m&#233;diatiques de notre temps, serait leur t&#233;moigner un grande confiance ainsi qu'une grande marque de respect. Pr&#233;cis&#233;ment celles l&#224; qu'ils r&#233;clament, &#224; corps et &#224; cris, &#224; longueur d'eurobarom&#232;tres ou de consultations r&#233;f&#233;rendaires tronqu&#233;es. Qui osera essayer de transformer ces tr&#232;s fortes demandes &#233;manant de l'opinion publique en un v&#233;ritable d&#233;bat public ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opinion publique europ&#233;enne dit vouloir ce d&#233;bat, et, en France, lors de la fameuse campagne r&#233;f&#233;rendaire de 2005, s'est visiblement passionn&#233;e pour cette question. Alors qui aura donc l'audace de (re)mettre cette balle dans le camp de l'opinion publique ? Et de faire, enfin, de la construction europ&#233;enne, un grand d&#233;bat d&#233;mocratique &#224; la mesure des grandes esp&#233;rances de notre temps et &#224; l'&#233;chelle de notre continent. Certains objecteront qu'il s'agirait l&#224; d'une v&#233;ritable r&#233;volution (d&#233;mocratique). Et alors ? Accepter d'op&#233;rer une profonde r&#233;volution dans nos fa&#231;oons de concevoir l'Etat, ll'exercice du pouvoir, les relations inetrnationales, le principe de la souverainet&#233; nationale et la d&#233;mocratie, n'est-ce-pas, en fin de compte, ce &#224; quoi la construction europ&#233;enne nous a pr&#233;par&#233;s depuis pr&#232;s d'un demi-si&#232;cle ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ronan BLAISE&lt;br class='manualbr' /&gt;Ancien responsable des Jeunes Europ&#233;ens - ancien R&#233;dacteur en chef du Taurillon - Dieppe&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Plaidoyer pour une Constituante Et si on (r&#233;)essayait la voie d&#233;mocratique ?</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Plaidoyer-pour-une-Constituante-Et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Plaidoyer-pour-une-Constituante-Et</guid>
		<dc:date>2009-08-31T08:23:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ronan Blaise</dc:creator>



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&lt;p&gt;Avant propos Comme tout article, celui-ci a une histoire. Pour rappeler son contexte, je veux juste pr&#233;ciser qu'il a &#233;t&#233; publi&#233; en novembre 2007. Ce qui correspondait au d&#233;but de la campagne de ratification du Trait&#233; de Lisbonne, pr&#233;sent&#233; par les Chefs d'Etat et de gouvernements en juin 2007. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agissait alors de tirer les le&#231;ons de l'&#233;chec constitutionnel de 2004-2005, de donner mon sentiment sur le nouveau Trait&#233;, n&#233; d'une actualit&#233; encore r&#233;cente, et sur les proc&#233;dures de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-144-2009-02-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 144 &#8212; 2009/02&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Avant propos&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme tout article, celui-ci a une histoire. Pour rappeler son contexte, je veux juste pr&#233;ciser qu'il a &#233;t&#233; publi&#233; en novembre 2007. Ce qui correspondait au d&#233;but de la campagne de ratification du Trait&#233; de Lisbonne, pr&#233;sent&#233; par les Chefs d'Etat et de gouvernements en juin 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agissait alors de tirer les le&#231;ons de l'&#233;chec constitutionnel de 2004-2005, de donner mon sentiment sur le nouveau Trait&#233;, n&#233; d'une actualit&#233; encore r&#233;cente, et sur les proc&#233;dures de ratification en cours, enfin, de me projeter vers l'avenir dans la perspective des &#233;lections europ&#233;ennes. Encore constern&#233; par l'&#233;chec du processus constitutionnel, je l'&#233;tais tout autant par le projet que les Chefs d'Etat et de gouvernements nous proposaient en &#171; remplacement &#187;, projet de trait&#233; minimaliste et insatisfaisant, sinon hors sujet, &#224; bien des &#233;gards. Je tentais donc de me projeter dans l'avenir, avec en point de mire les &#233;lections europ&#233;ennes de juin 2009, qui pouvaient repr&#233;senter une perspective politique forte, o&#249; il aurait &#233;t&#233; question de &#171; recadrer &#187; le travail des chefs d'Etat et de gouvernements avec l'appui de l'opinion publique et la l&#233;gitimit&#233; forte conf&#233;r&#233;e par le suffrage universel. On pouvait alors esp&#233;rer que chacun prendrait conscience de l'enjeu historique et de l'urgence ; que les associations europ&#233;ennes lanceraient fortement et ouvertement le d&#233;bat public, que les dirigeants nationaux et la Pr&#233;sidence de la Commission feraient &#171; mousser &#187; le d&#233;bat, que les candidats s'engageraient clairement, enfin, que l'opinion publique se saisirait de la question&#8230; et s'exprimerait. Or, h&#233;las, hormis quelques &#171; &#233;piph&#233;nom&#232;nes &#187; (articles militants perdus sur la toile, d&#233;clarations politiques isol&#233;es, chez les Verts ou de la part de S&#233;gol&#232;ne Royal notamment) rien de tout cela n'est arriv&#233;. Les associations europ&#233;ennes (moralement affaiblies par la lassitude des combats perdus ?) se sont montr&#233;es incroyablement timor&#233;es et n'ont pas pos&#233; la question frontalement au monde politique, ni devant l'opinion publique. Les responsables politiques, eux, ont carr&#233;ment ignor&#233; le sujet. Quant aux candidats, de m&#234;me que leurs partis, ils n'ont pas os&#233; en faire le th&#232;me central de la campagne. Enfin, les &#233;lecteurs, faute d'enjeux mobilisateurs, sont massivement rest&#233;s chez eux. A bien les entendre, tous, il semblerait donc que l'Europe actuelle satisfasse pleinement ceux qui veulent bien encore y croire (de moins en moins nombreux) ! Quant aux autres, ils se r&#233;fugient dans une attitude souvent consommatrice, parfois protestataire, mais toujours sans espoir. De l'Union europ&#233;enne actuelle, on veut bien lui arracher tout ce qu'elle donne,&#8230; mais pas question de retour d'affection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quant &#224; construire l'Europe avec les citoyens, cela semble &#234;tre un v&#339;u pieux &#233;mis par des gens qui laissent &#224; penser que, finalement, ils n'y croient pas vraiment, ou, inexplicablement, qu'ils refusent de s'en donner les moyens. A ce titre, l'autocensure, le d&#233;faitisme r&#233;sign&#233; et le refus de l'obstacle dont ont fait preuve les associations europ&#233;ennes, m&#233;riteraient &#224; eux seuls une vaste analyse (&#8230;) Autant d'occasions de se tirer une balle dans le pied. Autant d'excuses commodes pour ne finalement rien faire de s&#233;rieux afin de faire avancer la &#171; cause &#187; de mani&#232;re d&#233;cisive. En fait, un discours soit franchement cynique, soit fondamentalement d&#233;pressif, qui a conduit les partisans de l'int&#233;gration europ&#233;enne &#224; se faire voler leur campagne. Les euroti&#232;des et autres eurosceptiques n'auront pas eu besoin de beaucoup faire d'efforts pour investir la campagne, profiter de l'abstention et, en d&#233;finitive, tirer les marrons du feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bilan des op&#233;rations : un parlement mal &#233;lu dont il sera toujours possible de contester la l&#233;gitimit&#233; si certains de ses membres osaient encore sortir du bois (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation actuelle pose donc plus de questions qu'elle n'apporte de r&#233;ponses. Elle pr&#233;sente plus de raisons de d&#233;couragement que de motifs de satisfaction. Mais, si elle est vraiment pr&#233;occupante, c'est surtout qu'elle pose quelques questions fondamentales : comment -aujourd'hui- pr&#233;tendre construire une Europe unie sans jamais en proposer clairement le projet &#224; ses citoyens ni demander franchement l'adh&#233;sion &#224; ses peuples ? (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Plaidoyer pour une Constituante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Europe cherche (vraie) sortie de crise d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#187;. Non, le r&#233;cent Trait&#233; de Lisbonne n'a, en fait, rien r&#233;gl&#233; : il ne fait que provisoirement diff&#233;rer dans le temps l'in&#233;vitable r&#232;glement d&#233;mocratique de la -quoi qu'on en dise- toujours br&#251;lante question politique et institutionnelle europ&#233;ennes. Celle l&#224; m&#234;me dont la r&#233;solution semble imparfaitement suspendue &#224; ce jour&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car aucune des r&#233;formes des politiques de l'Union timidement envisag&#233;es par ceux-l&#224; m&#234;me qui nous gouvernent ne pourra jamais &#234;tre adopt&#233;e sans l'adoption de quelque r&#233;forme institutionnelle plus ambitieuse et profonde que ce trop timide &#171; lifting &#187; laborieusement obtenu par nos Chefs d'Etat et de gouvernements &#224; Lisbonne. Et car nos contemporains n'accepteront jamais l'Europe telle qu'elle se construit actuellement -en catimini et sans eux- que si elle (re)devient vraiment un objet d&#233;mocratique dont ils pourront librement faire le choix et dont ils pourraient s'approprier r&#233;ellement les destin&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, non content de profond&#233;ment d&#233;cevoir bon nombre de &#171; nonistes &#187; de la derni&#232;re campagne r&#233;f&#233;rendaire (puisqu'ils ne remettent finalement en question fondamentalement aucune des politiques de l'UE et aucune de ses orientations &#233;conomiques alors tant d&#233;cri&#233;es&#8230;), ce Trait&#233; de Lisbonne d&#233;sesp&#232;re &#233;galement -&#224; force d'abandons symboliques et de taille- nombre des partisans de l'ancien TCE. Pire ; de par son mode r&#233;dactionnel -soumis aux seules r&#232;gles du jeu intergouvernental- ce texte renonce (et enterre ?) la pourtant novatrice &#171; m&#233;thode conventionnelle &#187;, l'une des pourtant trop rares proc&#233;dures r&#233;dactionnelles un tant soit peu d&#233;mocratique exp&#233;riment&#233;e jusqu'&#224; pr&#233;sent dans l'histoire de la construction europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Identifier l'obstacle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bon, le diagnostic est ais&#233;ment v&#233;rifiable. Et n'importe quel observateur attentif l'aura sans nul doute remarqu&#233;. Aujourd'hui comme hier (par exemple lors du Sommet de Nice, en d&#233;cembre 2000), ce qui bloque irr&#233;m&#233;diablement dans le syst&#232;me europ&#233;en actuel, ce sont encore et toujours les Etats membres (et les Chefs d'Etat et de gouvernements&#8230;). Ils se pressent aux Sommets europ&#233;ens, otages d'une presse souvent eurosceptique (et parfois outranci&#232;re) et avant toute chose attentifs aux &#233;ventuelles r&#233;actions des franges les plus extr&#234;mes de leurs &#233;lectorats &#8216;domestiques &#187; respectifs. Plus soucieux encore de revenir &#224; la maison -de Bruxelles ou d'ailleurs- avec un minimum de concessions (et un maximum de &#171; victoires &#187; aptes &#224; soulever l'orgueil national) que de v&#233;ritablement servir l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral europ&#233;en. Ainsi les Chefs d'Etat et de gouvernements ne semblent d&#233;cid&#233;ment plus &#234;tre capables d'incarner l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral europ&#233;en, m&#233;caniquement contraints de s'aligner sur les moins ambitieux d'entre eux, incapables de se mettre d'accord sur autre chose que des compromis boiteux, des accords au rabais, toujours plus m&#233;diocres&#8230; De sommets en sommets (et de brouillons de trait&#233;s en compromis b&#226;cl&#233;s ; de piteuses reculades en trait&#233;s croupions&#8230;) les partisans de l'Union vont de d&#233;ceptions en d&#233;ceptions. Voil&#224; un diagnostic que ceux l&#224; m&#234;me avaient accept&#233; d'adopter pour eux-m&#234;mes. C'&#233;tait &#224; Laeken, en 2001. Et c'est de ce diagnostic qu'&#233;tait n&#233;e l'id&#233;e d'une Convention, cette Convention qui avait rempli d'espoirs les militants de l'Europe unie. Cette m&#234;me Convention dont les travaux -partiellement d&#233;natur&#233;s par une Conf&#233;rence intergouvernementale de plus&#8230;- avaient donn&#233; naissance au fameux Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en, promis au triste sort que l'on sait. Les Etats membres de l'UE avaient su trouver tout &#224; la fois le probl&#232;me et la clef du probl&#232;me. Mais tout &#231;&#224; pour -n&#233;anmoins, aujourd'hui comme hier, mieux refermer la porte alors si timidement entrouverte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contourner l'obstacle ; d&#233;border les Etats, oser la d&#233;mocratie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que nous avons enfin identifi&#233; ce blocage du conservatisme &#233;tatique, deux attitudes sont possibles. Soit d&#233;finitivement baisser les bras, en nous soumettant docilement &#224; la sacro-saint souverainet&#233; des Etats (celle-l&#224; m&#234;me contre laquelle les partisans sinc&#232;res de l'Europe luttent depuis toujours&#8230;), soit, vouloir renverser l'obstacle, ou tout au moins essayer de le contourner. En d&#233;bordant les Etats, par la seule voie qui vaille : la voie d&#233;mocratique. En effet, pour contourner l'obstacle, et d&#233;border tous les conservatismes &#233;tatiques qui ligotent aujourd'hui l'Europe et l'emp&#234;chent de se d&#233;velopper, il existe une voie, la voie d&#233;mocratique. Et, enfin, une occasion : l'&#233;lection en 2009 du prochain Parlement europo&#233;en au suffrage universel. Que les candidats &#224; la d&#233;putation europ&#233;enne, toutes ob&#233;diences confondues, proclament leur intention de faire de cette &#233;lection un enjeu &#171; constituant &#187; et nous verrons bien, alors, que les Etats membres n'auront pas la possibilit&#233; d'emp&#234;cher ni un tel d&#233;bat d'avoir lieu, ni le scrutin de se d&#233;rouler. Gageons m&#234;me que la tenue d'un tel d&#233;bat pourrait fort bien inciter les Etats membres de l'UE, &#224; r&#233;activer la m&#233;thode conventionnelle (ne serait-ce que pour tenter de conserver une certaine influence sur les d&#233;bats&#8230;). Quoi qu'il en soit : que cette Assembl&#233;e europ&#233;enne d&#233;mocratiquement &#233;lue au suffrage universel, se proclame alors (majoritairement) Assembl&#233;e constituante ayant pour mission de r&#233;aliser l'Union europ&#233;enne et l'Europe pourra -enfin, d&#233;mocratiquement- se doter des institutions qui lui font actuellement cruellement d&#233;faut. En guise d'illustration, on pourrait rapidement rappeler le projet de Trait&#233; d'Union europ&#233;enne soumis &#224; l'approbation du Parlement europ&#233;en par l'eurod&#233;put&#233; Altiero Spinelli en 1984 ; &#233;ni&#232;me projet constitutionnel jet&#233; dans les poubelles de l'histoire par nos d&#233;j&#224; si pusillanimes Chefs d'Etat et de gouvernements. On pourrait &#233;galement rappeler le projet f&#233;d&#233;raliste du Congr&#232;s du Peuple europ&#233;en (CPE) dans les ann&#233;es 1950. Deux timides tentatives de &#171; coup d'Etat d&#233;mocratique &#187; dont l'histoire a cependant connu bien d &#8216;autres pr&#233;c&#233;dents remarquables.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un coup d'Etat d&#233;mocratique europ&#233;en est-il possible ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en mars 1848, pendant la fameuse ann&#233;e r&#233;volutionnaire, une cinquantaine de citoyens venus de tous les Etats allemands -d&#233;put&#233;s, savants, intellectuels, &#233;crivains- s'&#233;taient r&#233;unis &#224; Heidelberg pour prendre la t&#234;te du mouvement unitaire et lib&#233;ral qui soulevait alors toutes les Allemagnes. Le Directoire de cette Assembl&#233;e provisoire d'Heidelberg convoque &#224; Francfort tous les membres des chambres constitutionnelles d'Allemagne, invitant l'ensemble des Etats allemands &#224; d&#233;signer au suffrage universel un Parlement supplantant tous les Parlements des Etats et ayant pour mission de r&#233;aliser l'unit&#233; allemande et, in fine, d'assumer le pouvoir. Le 18 mai 1848, cette Assembl&#233;e de Francfort, d&#233;mocratiquement &#233;lue tant sa s&#233;ance inaugurale dans l'Eglise r&#233;form&#233;e Saint-Paul de Francfort (Hesse). Majoritairement compos&#233;e de lib&#233;raux mod&#233;r&#233;s, de socialistes et de juristes, cette assembl&#233;e savante, o&#249; l'&#233;loquence coulait &#224; flot et qui &#233;tait fort divis&#233;e sur de nombreux autres sujets, su n&#233;anmoins adopter une constitution f&#233;d&#233;rale, nommer un gouvernement et jeter les bases de la future unit&#233; allemande. Las, l'exp&#233;rience devait tourner court, trahie par les grands Etats (Autriche, Bavi&#232;re, Wurtemberg, Hanovre, Saxe et Prusse) qui refus&#232;rent cet accord historique qu'une trentaine de petits Etats venaient cependant de ratifier. D&#233;finitivement discr&#233;dit&#233; par cet &#233;chec, d&#233;laiss&#233; par ses membres, le Parlement de Francfort allait sombrer dans le n&#233;ant. R&#233;duit &#224; une centaine de d&#233;put&#233;s r&#233;volutionnaires (et oblig&#233; de d&#233;m&#233;nager pour Stuttgart), il sera d&#233;finitivement dispers&#233; par la troupe en juin 1849. C'est du coup, vingt ans plus tard, par la Prusse imp&#233;riale et belliqueuse du Chancelier Bismark, et par la voie de la guerre et de l'autoritarisme monarchique (et non pas par la voie d&#233;mocratique&#8230;) que l'Allemagne allait trouver son unit&#233;, &#171; par le fer et dans le sang &#187;, avec les tristes cons&#233;quences g&#233;opolitiques et continentales que l'on sait&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tirer des le&#231;ons du pass&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette exp&#233;rience d'une Assembl&#233;e r&#233;volutionnaire constituante allemande, lors de l'une des ann&#233;es les plus troubl&#233;es du turbulent XIX&#176; si&#232;cle, peut soulever bien des objections. Certains s'appuieront sur son &#233;chec final et auront beau jeu de dire que seul le contexte r&#233;volutionnaire de l'&#233;poque a pu permettre l'&#233;mergence d'un tel &#233;piph&#233;nom&#232;ne. Mais d'autres ne manqueront sans soute pas de dire que seules les m&#339;urs politiques -belliqueuses, polici&#232;res et autoritaires- de l'&#233;poque ont pu permettre d'&#233;touffer dans l'&#339;uf cette exp&#233;rience d&#233;mocratique, unique et originale. Autre pr&#233;c&#233;dent historique de taille, la fameuse r&#233;union du 20 juin 1789, dite &#171; de la Salle du jeu de paume &#187; &#224; l'occasion de laquelle, lors des premi&#232;res semaines de la R&#233;volution fran&#231;aise les d&#233;put&#233;s du tiers-&#233;tat brav&#232;rent l'autorit&#233; royale en se r&#233;unissant ill&#233;galement et, geste effectivement r&#233;volutionnaire, s'autoproclam&#232;rent Assembl&#233;e constituante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Resterait alors aux futurs d&#233;put&#233;s constituants &#171; europ&#233;ens &#187; &#224; montrer autant de d&#233;termination que les d&#233;put&#233;s du tiers-&#233;tat de la R&#233;volution fran&#231;aise et &#224; &#233;viter l'erreur de leurs pr&#233;d&#233;cesseurs allemands (ou des militants f&#233;d&#233;ralistes des ann&#233;es 1950) : &#233;viter d'&#234;tre r&#233;duits &#224; une minorit&#233; de r&#233;volutionnaires utopistes isol&#233;s et non repr&#233;sentatifs de leur soci&#233;t&#233; dans un univers perclus de conservatisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pr&#233;senter la perspective d'une Assembl&#233;e constituante europ&#233;enne &#224; nos contemporains, notamment gr&#226;ce aux si efficaces outils m&#233;diatiques de notre temps, serait leur t&#233;moigner une grande confiance ainsi qu'une grande marque de respect. Pr&#233;cis&#233;ment celles l&#224; qu'ils r&#233;clament, &#224; corps et &#224; cris, &#224; longueur d'eurobarom&#232;tres ou de consultations r&#233;f&#233;rendaires tronqu&#233;es. Qui osera essayer de transformer ces tr&#232;s fortes demandes &#233;manant de l'opinion publique en un v&#233;ritable d&#233;bat public ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opinion publique europ&#233;enne dit vouloir ce d&#233;bat, et, en France, lors de la fameuse campagne r&#233;f&#233;rendaire de 2005, s'est visiblement passionn&#233;e pour cette question. Alors qui aura donc l'audace de (re)mettre cette balle dans le camp de l'opinion publique ? Et de faire, enfin, de la construction europ&#233;enne, un grand d&#233;bat d&#233;mocratique &#224; la mesure des grandes esp&#233;rances de notre temps et &#224; l'&#233;chelle de notre continent. Certains objecteront qu'il s'agirait l&#224; d'une v&#233;ritable r&#233;volution (d&#233;mocratique). Et alors ? Accepter d'op&#233;rer une profonde r&#233;volution dans nos fa&#231;ons de concevoir l'Etat, L'exercice du pouvoir, les relations internationales, le principe de la souverainet&#233; nationale et la d&#233;mocratie, n'est-ce-pas, en fin de compte, ce &#224; quoi la construction europ&#233;enne nous a pr&#233;par&#233;s depuis pr&#232;s d'un demi-si&#232;cle ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le &#171; Manifeste de Ventotene &#187; d'Altiero Spinelli et Ernesto Rossi &#171; Vers une Europe libre et unie &#187; (1941)</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Le-Manifeste-de-Ventotene-d</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Le-Manifeste-de-Ventotene-d</guid>
		<dc:date>2009-01-25T06:23:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ronan Blaise</dc:creator>


		<dc:subject>featured</dc:subject>
		<dc:subject>Altiero Spinelli</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Manifeste de Ventotene est l'un des textes fondateurs du renouveau f&#233;d&#233;raliste tel qu'il s'est cristallis&#233;, en Europe, aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale. Ce document est principalement l'oeuvre d'un homme politique exceptionnel, venu de la Gauche communiste : l'italien Altiero Spinelli. &lt;br class='autobr' /&gt; Militant et dissident anti-fasciste venu de la gauche, arbitrairement condamn&#233; par le pouvoir mussolinien &#224; l'&#226;ge de vingt ans, en 1927, &#224; seize ans de d&#233;tention polici&#232;re dans des lieux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-142-2008-12-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 142 &#8212; 2008/12&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-featured-+" rel="tag"&gt;featured&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Altiero-Spinelli-3-+" rel="tag"&gt;Altiero Spinelli&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L150xH100/arton124-80a71.jpg?1731977142' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Manifeste de Ventotene&lt;/i&gt; est l'un des textes fondateurs du renouveau f&#233;d&#233;raliste tel qu'il s'est cristallis&#233;, en Europe, aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale. Ce document est principalement l'oeuvre d'un homme politique exceptionnel, venu de la Gauche communiste : l'italien &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Altiero_Spinelli&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Altiero Spinelli&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Militant et dissident anti-fasciste venu de la gauche, arbitrairement condamn&#233; par le pouvoir mussolinien &#224; l'&#226;ge de vingt ans, en 1927, &#224; seize ans de d&#233;tention polici&#232;re dans des lieux divers : tout d'abord au p&#233;nitencier des &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/&#206;les_Pontines&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#238;les Pontines&lt;/a&gt;, dans l'&#238;le de &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Ponza&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ponza&lt;/a&gt; (1938-1939) puis sur l'&#238;le voisine de &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Ventotene_(&#238;le)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ventotene&lt;/a&gt; (1939-1943)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#206;les &#171; pontines &#187; de Ponza et Ventotene : deux petites &#238;les de la mer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Altiero Spinelli&lt;/strong&gt; y d&#233;couvrira incidemment les enseignements philosophiques d'Emmanuel Kant (i.e&lt;a href=&#034;http://www.taurillon.org/Pour-la-Paix-perpetuelle-Projet&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Vers la paix perp&#233;tuelle&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;) et les &#233;crits des f&#233;d&#233;ralistes am&#233;ricains, Alexander Hamilton, John Jay et James Madison (i.e&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_F&#233;d&#233;raliste&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;The federalist Papers&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 1787-1788) : deux grands textes fondateurs du f&#233;d&#233;ralisme politique moderne dans lesquels il puisera son inspiration.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;i&gt;R&#233;flexions politiques sur un monde en guerre&lt;/i&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A l'origine de la r&#233;flexion des auteurs on trouve deux grandes pr&#233;occupations qui correspondent &#224; deux interrogations fondamentales de la pens&#233;e europ&#233;enne moderne depuis l'Humanisme : comment rendre vraiment possible le progr&#232;s social pour tous et comment assurer une paix v&#233;ritable entre les nations. Le g&#233;nie des deux auteurs ayant &#233;t&#233; d'&#233;tablir enfin un lien intellectuel clair, &#233;vident et lisible entre ces deux grandes probl&#233;matiques et d'en proposer un rem&#232;de op&#233;rationnel : le f&#233;d&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Analysant les &#233;v&#233;nements de son temps gr&#226;ce &#224; cette nouvelle grille de lecture, tirant ainsi les tragiques le&#231;ons des deux guerres mondiales successives de ce sanglant XXe si&#232;cle, Altiero Spinelli comprend alors qu'on pouvait concevoir les relations internationales en tant que cons&#233;quences des rapports de force et comme r&#233;sultat des conflits entre Etats-nations mus par des pr&#233;tentions exclusives et abusives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fruit de ces r&#233;flexions, ce &lt;i&gt;Manifeste de Ventotene&lt;/i&gt;, texte fondateur du f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en, dont le titre original exact est &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Manifeste pour une Europe libre et unie&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, fut r&#233;dig&#233; clandestinement en 1941 avec son cod&#233;tenu &lt;a href=&#034;http://en.wikipedia.org/wiki/Ernesto_Rossi&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ernesto Rossi&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernesto Rossi (1897-1967), auteur de la premi&#232;re partie du troisi&#232;me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce manifeste remet en cause l'&#201;tat national, le consid&#233;rant comme &#233;tant devenu la cause principale des guerres en g&#233;n&#233;ral, et de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale en particulier. Un &#201;tat national &#233;minemment criticable dans la mesure o&#249; la seule r&#233;ponse qu'il semble d&#233;cid&#233;ment pouvoir apporter &#224; ses d&#233;chirements sociaux internes soit la &#171; &lt;i&gt;diversion&lt;/i&gt; &#187; et le &#171; &lt;i&gt;d&#233;rivatif&lt;/i&gt; &#187; bien commodes, mais en aucun cas rem&#232;de de nouveaux conflits internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#201;tat-nation, voil&#224; l'ennemi&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En effet, si les auteurs veulent bien admettre que l'id&#233;ologie de l'ind&#233;pendance nationale &#171; &lt;i&gt;a constitu&#233; un puissant levain de progr&#232;s (permettant) de surmonter bien des divergences bas&#233;es sur l'esprit de clocher, dans l'optique d'une plus grande solidarit&#233;, (&#8230;) (faisant entendre) &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res de chaque nouvel &#201;tat, les institutions et les syst&#232;mes des peuples les plus civilis&#233;s aux populations les plus arri&#233;r&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, ils n'en affirment pas moins qu'&#171; &lt;i&gt;elle portait cependant en soi les germes de l'imp&#233;rialisme capitaliste&lt;/i&gt; &#187; et de la formation des r&#233;gimes totalitaires jusqu'au d&#233;cha&#238;nement des guerres mondiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la nation aurait cess&#233; d'&#234;tre &#171; &lt;i&gt;la forme la plus efficace en vue de l'organisation de (la) vie collective&lt;/i&gt; &#187; puisque devenant une entit&#233; sacralis&#233;e et &#171; &lt;i&gt;un organisme qui ne doit penser qu'&#224; sa propre existence et qu'&#224; son propre d&#233;veloppement, sans se pr&#233;occuper le moins du monde du dommage qui pourrait en venir aux autres&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la souverainet&#233; absolue et de l'id&#233;al autarcique de l'&#201;tat souverain &#224; la volont&#233; de domination h&#233;g&#233;monique pour s'assurer des moyens de subsistance autonomes sans jamais devoir d&#233;pendre de personne, il n'y a qu'un pas. D'autant que chacun d'entre eux se sent d&#233;sormais &#233;galement menac&#233; par la semblable volont&#233; des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence de cela, l'&#201;tat &#171; &lt;i&gt;garant de la libert&#233; des citoyens, s'est transform&#233; en patron des sujets tenus &#224; son service&lt;/i&gt; &#187; faisant tendre ainsi toutes les &#233;nergies vers la plus grande efficacit&#233; guerri&#232;re et vers le service militaire : centralisant les pouvoirs, domestiquant voire caporalisant la soci&#233;t&#233; civile, amenuisant les libert&#233;s jusqu'au totalitarisme. Et ce, m&#234;me en p&#233;riode de paix, consid&#233;r&#233;es comme des p&#233;riodes de pauses en vue de la pr&#233;paration d'autres guerres in&#233;vitables.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;A gauche, toute ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Analyse philosophique et historique (g&#233;opolitique ?) de la situation internationale en ce XXe si&#232;cle, ce &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt; est &#233;galement une critique politique impitoyable des id&#233;ologies et des faits accomplis de son temps : une critique politique, &#233;conomique et sociale des monstruosit&#233;s et des injustices de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Critique de l'absence de libert&#233;s r&#233;elles et de l'&#201;tat policier, militariste et totalitaire qui m&#232;nent &#224; l'oppression et &#224; la guerre ; le &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt; est &#233;galement une violente critique de l'injuste r&#233;partition des richesses, de la &#171; &lt;i&gt;puissance de l'argent&lt;/i&gt; &#187;, de la ploutocratie, des &#171; &lt;i&gt;fortunes colossales d'un petit nombre et de la mis&#232;re des grandes masses&lt;/i&gt; &#187;, du conservatisme social, des privil&#232;ges des classes ais&#233;es et des &#171; &lt;i&gt;aspirations r&#233;actionnaires&lt;/i&gt; &#187; de leurs &#233;l&#233;ments les plus r&#233;trogrades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs les auteurs, hommes de gauche, indiqueront plus tard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans la troisi&#232;me partie du Manifeste&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qu'ils souhaitent pour l'apr&#232;s-guerre que les forces &#233;conomiques n'aient plus le pas sur les hommes mais puissent leur &#234;tre soumises et &#234;tre guid&#233;es et contr&#244;l&#233;es par eux. L'&#233;tablissement d'une vie &#233;conomique enfin affranchie des cauchemars du militarisme et du bureaucratisme national serait rendu possible, nous dit Spinelli, gr&#226;ce &#224; une r&#233;volution f&#233;d&#233;raliste europ&#233;enne, pr&#233;alable &#224; toute &#171; &lt;i&gt;&#233;mancipation socialiste&lt;/i&gt; &#187; v&#233;ritable des classes ouvri&#232;res et &#224; la mise en place de conditions de vie plus humanis&#233;es et d'un train de vie d&#233;cent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien au nom de l'anti-fascisme, de l'anti-racisme, et de l'anti-nationalisme mais aussi au nom de la justice et du progr&#232;s social et humain que le &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt; cherche &#224; apporter sa contribution &#224; la lutte titanesque et mondiale qui se joue alors contre cette &#171; &lt;i&gt;civilisation r&#233;actionnaire totalitaire&lt;/i&gt; &#187; qui, si elle devait triompher, diviserait alors durablement l'humanit&#233; &#171; &lt;i&gt;en Spartiates et Hilotes&lt;/i&gt; &#187;. A ce titre, le &lt;i&gt;Manifeste &lt;/i&gt;est un pamphlet militant, un monument de r&#233;sistance et un discours mobilisateur appelant &#224; lutter courageusement contre ces &#171; &lt;i&gt;puissances totalitaires&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;t&#233;n&#232;bres de l'obsurantisme&lt;/i&gt; &#187; qui menacent alors &#224; nouveau de &#171; &lt;i&gt;suffoquer l'esprit humain&lt;/i&gt; &#187; par l'asservissement g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les t&#226;ches de l'apr&#232;s-guerre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dressant plus loin un rapide panorama de l'apr&#232;s-guerre, Spinelli envisage l'hypoth&#232;se selon laquelle la victoire des forces alli&#233;es n'entra&#238;nerait n&#233;anmoins pas n&#233;cessairement la r&#233;organisation de l'Europe selon un id&#233;al forc&#233;ment d&#233;mocratique et socialement juste. Encore faudrait-il qu'il exist&#226;t vraiment des forces progressistes unies plut&#244;t que dispers&#233;es, et que le contexte leur soit favorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spinelli redoute que &#171; &lt;i&gt;si demain la lutte politique devait -&#224; nouveau- se restreindre au domaine traditionnel&lt;/i&gt; (national)&lt;i&gt;, il serait alors bien difficile d'&#233;chapper aux anciennes apories&lt;/i&gt; &#187; : le retour de l'affrontement politique entre classes, le retour en force des factions conservatrices et r&#233;actionnaires, voire totalitaires, la restauration de l'&#201;tat national et de sa soci&#233;t&#233; in&#233;galitaire, voire servile, l'instrumentalisation du sentiment patriotique, et le retour des conflits internationaux qui en d&#233;couleraient fatalement .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'y rem&#233;dier, le &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt; avance l'id&#233;e, r&#233;volutionnaire pour l'&#233;poque, selon laquelle ces m&#234;mes probl&#232;mes &#233;conomiques et sociaux trouveraient une solution beaucoup plus simple et pacifique dans le cadre d'une f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne et par la cr&#233;ation d'un &#201;tat international et f&#233;d&#233;ral solide &#171; &lt;i&gt;tendant au maintien d'un ordre commun&lt;/i&gt; &#187;, capable d'&#233;loigner le spectre national, de briser le dogme de la souverainet&#233; absolue des &#201;tats et contester les autarcies &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le clivage entres forces r&#233;actionnaires et forces progressistes ne suivrait d&#233;sormais plus &#171; &lt;i&gt;la ligne formelle du stade plus ou moins avanc&#233; de d&#233;mocratie, du niveau plus ou moins &#233;lev&#233; de socialisme &#224; instaurer&lt;/i&gt; &#187;, mais la ligne de s&#233;paration bien plus substantielle et toute nouvelle &#171; &lt;i&gt;entre ceux qui con&#231;oivent comme finalit&#233; essentielle de la lutte (politique) la vieille ambition de la conqu&#234;te du pouvoir politique national&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Et qui ferront par l&#224; m&#234;me, et bien qu'involontairement, le jeu des forces (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;(&#8230;) &lt;i&gt;et ceux qui verront comme une t&#226;che centrale la cr&#233;ation d'un &#201;tat international solide&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Qui canaliseront vers ce but les forces populaires et qui -m&#234;me apr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette Europe nouvelle, libre et unie, organis&#233;e de fa&#231;on rationnelle, serait le pr&#233;alable politique et institutionnel indispensable &#224; l'&#233;mancipation v&#233;ritable des classes populaires dans le processus historique entrepris contre l'in&#233;galit&#233; et contre les privil&#232;ges sociaux, dans le but ultime d'une prochaine &#171; &lt;i&gt;exaltation de la civilisation moderne&lt;/i&gt; &#187;. Il s'agirait l&#224; de futurs &#171; &lt;i&gt;&#201;tats-Unis d'Europe&lt;/i&gt; &#187; (&#8230;) &#171; &lt;i&gt;nouvel organisme qui sera la cr&#233;ation la plus grandiose et la plus innovatrice mise sur pied en Europe depuis des si&#232;cles&lt;/i&gt; &#187;, pouvant &#233;tablir de nouveaux rapports de coop&#233;ration pacifique avec tous les peuples qui constituent l'humanit&#233; &#171; &lt;i&gt;dans l'optique d'un avenir plus lointain qui verrait la possibilit&#233; de l'unit&#233; politique de tout le globe&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une lumi&#232;re dans les t&#233;n&#232;bres&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, les auteurs de ce &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt; y indiquent que la priorit&#233; strat&#233;gique des v&#233;ritables militants progressistes devra &#234;tre, pour r&#233;former efficacement la soci&#233;t&#233; d'apr&#232;s-guerre, la lutte pour la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne plut&#244;t que la conqu&#234;te du seul pouvoir national, dans l'espoir illusoire d'une tr&#232;s hypoth&#233;tique transformation progressiste de l'&#201;tat national. Ce document bient&#244;t traduit dans de nombreuses langues sera d&#232;s lors l'objet d'un int&#233;r&#234;t croissant. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; tout d'abord distribu&#233; sous forme ron&#233;otyp&#233;e il sera publi&#233; pour la premi&#232;re fois &#224; Rome en 1944 et circulera ensuite clandestinement dans la R&#233;sistance italienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est donc pas tout &#224; fait un parfait hasard si ce manifeste sera par la suite adopt&#233; comme programme du &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_f&#233;d&#233;raliste_europ&#233;en&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Movimento federalista europeo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;MFE&lt;/i&gt;) fond&#233; par Altiero Spinelli &#224; Milan, &#224; la fin ao&#251;t 1943. C'est &#224; ce combat politique pour l'Europe f&#233;d&#233;rale et pour le f&#233;d&#233;ralisme, vecteurs du progr&#232;s politique, &#233;conomique et social, que nous invite Altiero Spinelli via son &#171; Manifeste de Ventotene &#187; r&#233;dig&#233; pour promouvoir &#171; &lt;i&gt;une Europe libre et unie&lt;/i&gt; &#187; : f&#233;d&#233;rale, d&#233;mocratique et socialement juste.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;87&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.pressefederaliste.eu/IMG/jpg/sanstefano.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L500xH334/sanstefano-4879a.jpg?1731977142' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;L'il&#244;t San Stefano vu de Ventotene (Ann&#233;es 30)&lt;br class='autobr' /&gt;
Dessin d'un prisonnier du p&#233;nitencier
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#206;les &#171; pontines &#187; de Ponza et Ventotene : deux petites &#238;les de la mer Tyrrh&#233;nienne : situ&#233;es dans le golfe de Gaeta, au large de la Campanie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernesto Rossi (1897-1967), auteur de la premi&#232;re partie du troisi&#232;me chapitre, essentiellement consacr&#233;e aux questions &#233;conomiques et sociales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans la troisi&#232;me partie du Manifeste&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Et qui ferront par l&#224; m&#234;me, et bien qu'involontairement, le jeu des forces r&#233;actionnaires, en laissant se solidifier la lave incandescende des passions populaire dans le vieux moule, et en permettant que renaissent les vieilles absurdit&#233;s&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Qui canaliseront vers ce but les forces populaires et qui -m&#234;me apr&#232;s avoir conquis le pouvoir national- s'en serviront, en toute premi&#232;re urgence, comme instrument de la r&#233;alisation de l'unit&#233; internationale &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>L'&#201;tat national, de Mario Albertini &#8230; Histoire d'une mystification</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/L-Etat-national-de-Mario-Albertini</link>
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		<dc:date>2008-10-24T08:23:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ronan Blaise</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'&#201;tat national (1960) : un ouvrage de Mario Albertini publi&#233; (en 1978, pour l'&#233;dition fran&#231;aise par les Editions F&#233;d&#233;rop alors &#224; Lyon - aujourd'hui 24400 Gardonne-, collection &#171; Textes f&#233;d&#233;ralistes &#187; dirig&#233;e par Bernard Barthalay, Jean-Luc Prevel et Jean-Francis Billion (160 pages). &lt;br class='autobr' /&gt; D&#233;mystifier la &#171; Nation &#187; et &#171; l'&#201;tat-national &#187; en d&#233;montrant leur caract&#232;re id&#233;ologique (mensonger et falsifi&#233;), c'est le parti pris et le projet politique poursuivi dans cet ouvrage par Mario Albertini : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-141-2008-9-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 141 &#8212; 2008/9&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#201;tat national (1960) : un ouvrage de Mario Albertini publi&#233; (en 1978, pour l'&#233;dition fran&#231;aise par les Editions F&#233;d&#233;rop alors &#224; Lyon -&lt;br class='autobr' /&gt;
aujourd'hui 24400 Gardonne-, collection &#171; Textes f&#233;d&#233;ralistes &#187; dirig&#233;e par Bernard Barthalay, Jean-Luc Prevel et Jean-Francis Billion (160&lt;br class='autobr' /&gt;
pages).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#233;mystifier la &#171; Nation &#187; et &#171; l'&#201;tat-national &#187; en d&#233;montrant leur caract&#232;re id&#233;ologique (mensonger et falsifi&#233;), c'est le parti pris et le projet politique poursuivi dans cet ouvrage par &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Mario_Albertini&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mario Albertini&lt;/a&gt; : philosophe et universitaire italien (professeur de philosophie politique &#224; l'Universit&#233; de Pavie), successeur d'&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Altiero_Spinelli&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Altiero Spinelli&lt;/a&gt; &#224; la t&#234;te du &#171; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_f%C3%A9d%C3%A9raliste_europ%C3%A9en&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mouvement f&#233;d&#233;raliste europ&#233;en&lt;/a&gt; &#187; &#8212; MFE &#8212; et personnalit&#233; &#233;minente du f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en au si&#232;cle dernier (pr&#233;sident l' &#171; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_des_f%C3%A9d%C3%A9ralistes_europ%C3%A9ens&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Union des f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens&lt;/a&gt; &#8212; UEF &#8212; de 1975 &#224; 1984).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ouvrage de philosophie politique puissamment document&#233; (reprenant l&#224; les travaux en la mati&#232;re du sociologue et &#233;conomiste allemand &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Weber&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Max Weber&lt;/a&gt;, des philosophes et historiens Boyd C. Shafer, &lt;a href=&#034;http://en.wikipedia.org/wiki/Hans_Kohn&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hans Kohn&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://en.wikipedia.org/wiki/Lewis_B._Namier&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lewis B. Namier&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_Joachim_Friedrich&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Carl J. Friedrich&lt;/a&gt;...) mais d'un acc&#232;s difficile. Un ouvrage qui m&#233;rite n&#233;anmoins qu'on lui consacre un examen pouss&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Moment fondateur&#034;, &#034;Filiation ethnique&#034;, &#034;Langue nationale&#034;, &#034;Histoire nationale&#034;, &#034;Territoire initial&#034;, &#034;Fronti&#232;res naturelles&#034;, &#034;Comportement national&#034; : en fait il s'agit ici de d&#233;mystifier les grandes croyances sacralis&#233;es qui &#034;fondent&#034; l'&#201;tat-nation et n'en font qu'une mystification.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;mystifier les fondements de la Nation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quand il s'agit des &#171; Histoires nationales &#187; (de nations comme la France et l'Allemagne...) telles qu'elles nous ont &#233;t&#233; racont&#233;es par la tradition historiographique des XIXe et XXe si&#232;cles, leur &#233;tude m&#232;ne curieusement &#8212; non pas &#224; l'Europe sous domination romaine &#8212; mais &#224; une esp&#232;ce d'aube brumeuse o&#249; l'histoire se fond (et se confond) avec une l&#233;gende de for&#234;ts, de guerres (nationales) et d'&#233;pop&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, &#224; bien lire ces r&#233;cits on a l'impression durable et le curieux sentiment que les Turcs modernes sont &#8212; tels Minerve, sortie toute arm&#233;e de la t&#234;te de Jupiter &#8212; sortis, guid&#233;s par les loups gris mais &#171; d&#233;j&#224; constitu&#233;s en Nation &#187;, du mythologique val d'Erg&#233;n&#233;kon, que les Allemands ont toujours v&#233;cu en Allemagne en tant que tels et que les Francs &#233;taient fatalement destin&#233;s (par la providence ? pour l'assouvissement d'on ne sait trop quels besoins &#233;conomiques ou naturels ?) &#224; venir t&#244;t ou tard s'installer en France (pardon : en Gaule)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. page 114.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de plus faux. Rien de plus faux, car en fait c'est l'&#201;tat qui va construire la Nation (et non l'inverse...). Puis lui inventer des &#171; racines historiques &#187; (en fait, mythologiques...) se perdant jusque dans les profondeurs de la nuit des temps. Car c'est en fait l'&#201;tat qui &#8212; une fois constitu&#233; et &#233;tabli (et pr&#233;-existant &#224; la Nation m&#234;me qu'il pr&#233;tendra par la suite incarner...) &#8212; diffuse et impose la langue et la mystique (religieuse, politique...) du pouvoir dominant, qui construit ses fronti&#232;res (souvent par la force), qui forme ses &#233;lites. Et qui &#8212; d&#232;s les classes &#233;l&#233;mentaires et primaires &#8212; impose &#224; ses &#034;sujets&#034; (ou &#034;nationaux&#034;) une lecture id&#233;ologique et sacralis&#233;e d'une Histoire &#034;officielle&#034; qui n'est en fait que l'apologie de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, c'est l'&#201;tat qui unifie en &#171; Nation &#187; des individus diff&#233;rents, qui poursuit les r&#233;calcitrants, qui &#233;radique les langues minoritaires ou allog&#232;nes, qui redessine les institutions locales &#224; sa convenances, qui centralise le pouvoir, et qui unifie des territoires dissemblables en un &#171; territoire national &#187; : un espace g&#233;ographique, un espace physique qui ne peut honn&#234;tement &#234;tre consid&#233;r&#233; comme &#171; unitaire &#187; (ayant des &#034;fronti&#232;res naturelles&#034; sacr&#233;es...) que par une lecture anachronique des faits : anachronique car en fait r&#233;trospective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les noms m&#234;mes des nations &#8212; &#171; Allemagne &#187;, &#171; France &#187;, &#171; Italie &#187;, etc. &#8212; ont conf&#233;r&#233; une signification forc&#233;ment unitaire &#224; des exp&#233;riences historiques et politiques pourtant tr&#232;s diff&#233;rentes, voire politiquement contradictoires (ex. : Gaule &#034;celtique&#034;, &#171; Gallia &#187; sous domination romaine, Francie, France, Royaume de France, R&#233;publique fran&#231;aise, &#201;tat fran&#231;ais, etc.). Et ce, seulement bien apr&#232;s que l'&#201;tat centralis&#233; et le lien national aient &#233;t&#233; clairement et solidement &#233;tablis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce sujet, on notera &#233;galement deux autres choses importantes. D'abord le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Nation : fait naturel ou produit culturel ?!&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bref, la naissance d'une Nation n'est pas un processus &#171; naturel &#187; &#8212; souvent racont&#233; comme tel par une &#034;belle fable&#034; &#8212; mais un processus &#233;minemment politique. Une &#034;belle fable&#034; &#8212; en fait, des divagations intellectuelles &#8212; auxquelles l'historiographie nationale officielle (qui, par &#034;sentimentalisme patriotique&#034;, a souvent confondu recherche scientifique et apologie de l'&#201;tat...) a conf&#233;r&#233; un lustre acad&#233;mique surfait, se comportant ainsi en z&#233;l&#233; complice dans la mystification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, il s'agit l&#224; d'un discours &#034;officiel&#034; &#8212; gouvernemental, administratif, scolaire, politique (bient&#244;t m&#233;diatique...) &#8212; qui, &#224; force d'&#234;tre r&#233;p&#233;t&#233;, diffuse l'id&#233;e fausse selon laquelle la &#171; condition nationale &#187; serait une esp&#232;ce d'&#233;tat naturel (voire immanent et transcendental...). Alors qu'il ne s'agit en fait l&#224; que d'une situation (historique et contingente) produite par les hommes et modifiable par les hommes : une construction humaine et une construction de l'esprit parfaitement artificielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi nulle part en Europe la Nation n'a &#233;t&#233; l'&#233;l&#233;ment primaire et l'&#201;tat, l'&#233;l&#233;ment d&#233;riv&#233;. Pas m&#234;me dans les cas o&#249; &#8212; comme en Allemagne et en Italie &#8212; il semble que la Nation ait pr&#233;c&#233;d&#233; l'&#201;tat. A ce titre on se rem&#233;morera la phrase c&#233;l&#232;bre d'Azeglio&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;i.e. : Massimo d'Azeglio, penseur et acteur (pi&#233;montais) du &#171; Risorgimento (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &lt;i&gt;&#171; l'Italie faite, il faut faire les Italiens &#187;&lt;/i&gt;. Et l'on se souviendra &#233;galement des efforts accomplis par notre IIIe R&#233;publique (ou par le IIe Reich allemand) pour &#233;radiquer les patois, tenter de r&#233;duire les autonomies locales et ainsi parfaire l'unit&#233; au combien imparfaite de cette France (et de cette Allemagne) &#034;inaccomplies&#034; de la fin du XIXe si&#232;cle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. pp. 151-152.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons donc que, lorsque les hommes emploient le mot &#171; nation &#187; et l'adjectif &#171; national &#187;, ils les rapportent &#224; des exp&#233;riences diff&#233;rentes : comme l'exercice du pouvoir, l'unit&#233; politique et la possession d'un territoire, mais pas seulement. Il peut &#233;galement s'agir de la langue, de la culture, des &#034;moeurs&#034; et des traditions (culinaires, par exemple), etc.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Expressions du nationalisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, de nos jours, quand un &#171; patriote &#187; fran&#231;ais fait un voyage circonscrit dans les fronti&#232;res nationales, et voit un beau paysage (comme la mer de glace ou le Mont Saint-Michel, par exemple...), il se dit alors avec satisfaction : &#171; Que la France est belle ! &#187;. Peu lui importe alors que ces curiosit&#233;s g&#233;ologiques (qui ne doivent pourtant rien &#224; l'activit&#233; de l'homme...) aient longtemps &#233;t&#233; situ&#233;s sur les territoires d'&#201;tats ind&#233;pendants voire &#233;trangers &#224; ceux dirig&#233;s depuis Paris (ici, Bretagne et Savoie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il tombe en arr&#234;t devant quelque &#233;difice int&#233;ressant, devant quelque chateau de la Loire ou cath&#233;drale gothique des XIIe et XIIIe si&#232;cles (Amiens, Chartres, Laon, Paris, Reims, Rouen, etc.), notre &#171; patriote &#187; pense alors avec plaisir que la France a vraiment des villes inestimables, d&#233;cid&#233;ment uniques en leur genre (mais connait-il les tr&#233;sors d'architectures semblables &#8212; et au moins aussi remarquables &#8212; qu'on puisse pareillement trouver chez nos voisins ?!).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il lit Villon ou admire l'&#339;uvre d'un Corneille, Moli&#232;re, Racine ou Lamartine, Victor Hugo (etc), l&#224; encore il se sent alors &#171; Fier d'&#234;tre fran&#231;ais ! &#187;. Mais connait-il seulement les &#339;uvres &#8212; similaires et aux beaut&#233;s au moins &#233;quivalentes (et, le plus souvent, d&#233;nu&#233;es de tout caract&#232;re &#171; national &#187; vraiment marqu&#233;...) &#8212; d'Hom&#232;re, de Virgile, de Goethe, de Cervant&#232;s, de Camoes, de Shakespeare, Pouchkine ou Mickiewicz ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poursuivant ses recherches litt&#233;raires, il se plonge dans les &#233;crits des philosophes du &#171; Temps des Lumi&#232;res &#187; et s'extasie de voir en Montesquieu, Rousseau et Voltaire des exemples vivants du &#171; g&#233;nie national &#187; ; sauf que Rousseau &#233;tait suisse, et sauf que notre &#034;patriote&#034; n&#233;glige l&#224; les travaux (tout aussi int&#233;ressants et participant du m&#234;me esprit) d'autre philosophes europ&#233;ens des temps modernes (comme Emmanuel Kant) et ne se d&#233;finissant pourtant pas &#8212; eux non plus, d'ailleurs, ni leur oeuvre &#8212; en termes strictement &#034;nationaux&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand &#8212; le 14 juillet &#8212; il voit d&#233;filer, avec leur drapeau, des d&#233;tachements arm&#233;s, il voit l&#224;, &#233;mu, &#171; l'arm&#233;e de la France &#187; en marche. Pareillement, quand il d&#233;guste un bon Bordeaux ou un bon Bourgogne, il s'extasie moins devant les qualit&#233;s g&#233;ologiques ou l'ensoleillement du terroir (ou le travail, le savoir-faire des artisans-cultivateurs...) que devant la France, cet &#171; irrempla&#231;able grand pays de gastronomie ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'&#233;quipe nationale de football ou de rugby gagne, il exulte ; et quand elle perd, il souffre &#171; avec &#187; et &#171; pour la France &#187;. Et il en va de m&#234;me quand un athl&#232;te &#034;compatriote&#034; l'emporte aux Jeux Olympiques ou dans quelque autre concours sportif international : sa victoire aur&#233;olant alors toute la communaut&#233; nationale (comme si celle-l&#224; &#233;tait vraiment partie prenante et vraiment participante dans cet effort sportif pourtant strictement individuel...), son &#233;ventuelle d&#233;faite allant parfois &#8212; souvent &#8212; jusqu'&#224; blesser l'honneur national voire d&#233;primer toute une Nation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand l'&#233;quipe de France gagne...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;galement, quand il se pr&#233;occupe des valeurs sociales, peu lui importe alors vraiment que les Biafrais meurent de faim tandis et alors m&#234;me que toute la France lui para&#238;t lamentablement coupable quand le SMIC est d&#233;cid&#233;ment trop faible (ou quand elle ne se distingue pas assez, &#224; son go&#251;t, sur la sc&#232;ne internationale pour toute l'aide &#224; apporter alors d'urgence au malheureux Biafra...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, quand il r&#233;fl&#233;chit &#224; la situation politique, il se borne &#224; appr&#233;cier les guerres, les r&#233;volutions et les changements politiques des autres pays du seul point de vue de leur utilit&#233; ou de leur inutilit&#233;, de leur danger ou de leur avantage, pour la seule situation de la France. De m&#234;me, il est plein d'indiff&#233;rence pour les conflits sociaux se d&#233;roulant chez nos voisins alors m&#234;me qu'il participera &#8212; passionn&#233;ment &#8212; au d&#233;bat politique dans son propre pays sur les m&#234;mes sujets. Car, dans le fond, ce qu'il voudrait changer en mieux, c'est &#8212; bien entendu &#8212; la situation de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant aucune de ces exp&#233;riences et d'autres encore, semblables, qu'on pourrait ainsi facilement &#233;num&#233;rer, n'est v&#233;ritablement &#171; nationale &#187; dans son caract&#232;re fondamental. Vu qu'il s'agit l&#224; en fait d'exp&#233;riences esth&#233;tiques, culturelles, culinaires ; de passions sportives, politiques, sociales, de charit&#233; &#034;bien-pens&#233;e-prioritairement-pour-soi-m&#234;me&#034;, etc. Parfois m&#234;me peut-il carr&#233;ment s'agir d'exp&#233;riences absolument d&#233;pourvues - lorsqu'elles sont prises individuellement - du moindre contenu sp&#233;cifiquement national (i. e : allez donc voir la mer de glace, buvez un verre de bon vin, shootez dans un ballon et lisez donc l'&#339;uvre de Moli&#232;re, par exemple...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'emp&#234;che : l'esprit du temps (l'endoctrinement ?!) a absolument voulu qu'on y rajoute le qualificatif &#034;national&#034;. Et qu'on les relient toutes, artificiellement, par celui-l&#224; m&#234;me. Ce qui montre bien qu'on ne doit pas chercher le nationalisme dans ces diff&#233;rentes exp&#233;riences mais dans l'&#233;tablissement id&#233;ologique entre elles de ce lien &#034;spirituel&#034;. Et pour cause : puisque le sentiment national n'est en fait rien d'autre que le reflet id&#233;ologique &#8212; l'expression strictement intellectuelle &#8212; des liens fantasm&#233;s qui relient (attachent ?) le citoyen &#224; son &#201;tat national. Bref : du &#171; jus de cr&#226;ne &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. pp. 56-57&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Jus de cr&#226;ne &#187; qui lui a &#233;t&#233; enseign&#233; - d&#232;s le plus jeune &#226;ge - comme quoi l' &#171; Hexagone &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Hexagone mystique &#187; des fran&#231;ais, ainsi que l'Espagne &#171; p&#233;ninsule parfaite (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, s'il n'est pas vraiment sacr&#233;, ni cr&#233;&#233; par Dieu et programm&#233; de toute &#233;ternit&#233; (quoi que...) pour y inscrire le territoire de la patrie, est tout le moins quelque chose de naturel. Alors qu'il est pourtant bien clair que ces fronti&#232;res &#171; naturelles &#187; (Rhin, Alpes et Pyr&#233;n&#233;es) n'ont pas &#233;t&#233; &#233;tablies par la nature, mais par Louis XIV ainsi que tous ses pr&#233;d&#233;cesseurs et successeurs &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. pp. 103, 105 et 159.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Danger du nationalisme, entre loyaut&#233; et chauvinisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme on vient de le voir, la r&#233;alit&#233; nationale n'est donc pas une r&#233;alit&#233; linguistique, territoriale ou ethnique (etc) et surtout pas un fait de nature, mais une construction id&#233;ologique. Et le nationalisme n'est &#8212; en fait &#8212; que l'expression intellectuelle et id&#233;ologique des liens de loyaut&#233; politique qui artificiellement relient (attachent ?!) le citoyen &#224; son &#201;tat national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il s'agit l&#224; d'une id&#233;ologie dangereuse qui fractionne artificiellement le genre humain, rompant ainsi tout esprit de solidarit&#233; v&#233;ritable (et v&#233;ritablement d&#233;sint&#233;ress&#233;) avec le reste de l'humanit&#233;. Et car le nationalisme induit une inversion de l'&#233;chelle des valeurs qui subordonne toute valeur morale &#224; la &#171; valeur nationale &#187; : alors proclam&#233;e comme &#171; valeur supr&#234;me &#187; de l'ordre politique, &#233;thique et moral (i.e. : &lt;i&gt;&#171; La France et les Fran&#231;ais d'abord &#187;, &#171; America First &#187;, &#171; Right or wrong, my country &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Expression - tronqu&#233;e - attribu&#233;e au politicien &#034;germano-am&#233;ricain&#034; du XIXe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en cas de conflit entre quelque valeur morale que ce soit et la &#171; valeur nationale &#187;, on sait bien que &#8212; pour le nationaliste &#171; fid&#232;le &#224; ses principes &#187; &#8212; c'est toujours l'observance de la valeur nationale qui pr&#233;vaut. Et c'est ainsi que le nationalisme devient si facilement arbitraire, autoritaire, oppressif, totalitaire et &#8212; comme l'a &#233;crit l'historien britannique &lt;a href=&#034;http://en.wikipedia.org/wiki/Lewis_B._Namier&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lewis B. Namier&lt;/a&gt; &#8212; &lt;i&gt;&#034;transforme le groupe national en une horde&#034;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. page 158.&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, faisant ainsi de la nation un facteur de d&#233;s&#233;quilibre du monde contemporain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait de la Nation non seulement une &#034;mystification id&#233;ologique&#034; sans aucun fondement politique vraiment incontestable, mais &#233;galement une &#034;idole sanglante&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. page 11.&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : en tout cas celle qui &#8212; au si&#232;cle dernier, mise au service de diverses autres id&#233;ologies &#8212; aura, sans contexte, fait le plus de morts... D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de d&#233;livrer les citoyens de la pesante tutelle que fait peser sur eux la Nation. D&#233;mystifier l'&#201;tat national : une &#339;uvre de salubrit&#233; publique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- R&#233;f&#233;rences :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'&#201;tat national &#187;&lt;/i&gt; (1960) : un ouvrage de Mario Albertini publi&#233; (en 1978, pour l'&#233;dition fran&#231;aise) par les &#233;ditions &lt;i&gt;&#171; F&#233;d&#233;rop-Lyon &#187;&lt;/i&gt; dans le cadre de la collection &lt;i&gt;&#171; Textes f&#233;d&#233;ralistes &#187;&lt;/i&gt; dirig&#233;e par Bernard Barthalay, Jean-Luc Pr&#233;vel et Jean-Francis Billion (160 pages).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Cit&#233;s dans cet ouvrage :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&#171; Le f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en r&#233;ussira-t-il ? &#187;&lt;/i&gt; (par Carl J. Friedrich) (1957).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&#171; Nationalisme, mythe et r&#233;alit&#233; &#187;&lt;/i&gt; (par Boyd C. Shafer) (1955).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&#171; L'id&#233;e du nationalisme : origine et d&#233;veloppement historique &#187;&lt;/i&gt; (par Hans Kohn) (1944).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&#171; 1848, La r&#233;volution des intellectuels &#187;&lt;/i&gt; (par Lewis B. Namier) (1944).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Sur le m&#234;me sujet :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.taurillon.org/Nations-et-nationalismes-en-Europe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nations et nationalismes en Europe centrale&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187; (critique de l'ouvrage de l'universitaire Bernard Michel, 1995).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.taurillon.org/La-creation-des-Identites&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La cr&#233;ation des Identit&#233;s nationales&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187; (critique de l'ouvrage de l'universitaire Anne-Marie Thiesse, 1999).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.taurillon.org/Quand-les-nations-refont-l&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand les Nations refont l'Histoire&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187; (critique de l'ouvrage de Patrick G. Geary, 2004).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. page 114.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; ce sujet, on notera &#233;galement deux autres choses importantes. D'abord le nom de l'&#201;tat &#8212; bien qu'il paraisse immuable, &#233;ternel, naturel au commun des mortels &#8212; a naturellement lui aussi suivi le cours des vicissitudes historiques et politiques, avant d'&#234;tre &#233;tendu au territoire correspondant &#224; peu pr&#232;s au territoire actuel, mais &#224; la suite d'un processus s&#233;culaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent il ne d&#233;signe qu'une de ses nombreuses composantes initiales (Francs pour la France, Angleterre pour Royaume-Uni, etc.). Parfois il ne s'agit gu&#232;re que du nom antique d'une de ses nombreuses provinces ; exemple : l'&#171; Italie &#187; initiale, ce n'est gu&#232;re plus que la seule Calabre (l'actuel Nord de l'Italie &#8212; pla&#238;ne du P&#244;, jusqu'aux Alpes &#8212; ayant longtemps port&#233; le nom de &#171; Gaule cisalpine &#187;...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, juste noter le caract&#232;re franchement prosa&#239;que et strictement descriptif du noms des &#201;tats, sans qu'un tel nom ne porte &#233;tymologiquement en lui la moindre parcelle de &#171; gloire &#187; nationale vraiment particuli&#232;re : l'Italie (&#171; pays aux bovins &#187;), l'Espagne (&#171; pays des &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Hyraco%C3%AFdes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;damans&lt;/a&gt; &#187;), Gaullois (&#171; &#233;leveurs de volailles &#187;), &#171; Portugal &#187; (&#171; port chaud &#187;), &#171; Nederland &#187; (pays bas), &#171; Luxembourg &#187; (petite forteresse), &#171; Polska &#187; (la plaine), &#171; Deutschland &#187; (&#171; pays teuton &#187;), etc. (Cf. page 82).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;i.e. : &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Massimo_d'Azeglio&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Massimo d'Azeglio&lt;/a&gt;, penseur et acteur (pi&#233;montais) du &#171; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Risorgimento&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Risorgimento&lt;/a&gt; &#187;, ce fameux processus g&#233;opolitique qui, dans la seconde moiti&#233; du XIXe si&#232;cle, vit l'Italie marcher &#8212; sous l'&#233;gide du royaume de Pi&#233;mont-Sardaigne &#8212; vers son unit&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. pp. 151-152.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. pp. 56-57&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Hexagone mystique &#187;&lt;/i&gt; des fran&#231;ais, ainsi que l'Espagne &lt;i&gt;&#171; p&#233;ninsule parfaite &#187;&lt;/i&gt; (de l'historien Rafael Altamira) ou l'Italie : &lt;i&gt;&#171; Terre que Dieu entoura de montagnes et de mers &#187;&lt;/i&gt;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. pp. 103, 105 et 159.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Expression - tronqu&#233;e - attribu&#233;e au politicien &#034;germano-am&#233;ricain&#034; du XIXe si&#232;cle &lt;a href=&#034;http://en.wikipedia.org/wiki/Carl_Schurz&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Carl Schurz&lt;/a&gt; (s&#233;nateur en 1869-1875, puis secr&#233;taire d'Etat &#224; l'int&#233;rieur en 1877-1881) ou &#224; l'officier de marine &lt;a href=&#034;http://en.wikipedia.org/wiki/Stephen_Decatur&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Stephen Decatur&lt;/a&gt; (h&#233;ros de la &#171; seconde guerre d'ind&#233;pendance anglo-am&#233;ricaine &#187;, en 1812).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. page 158.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. page 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

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