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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>La dette grecque et un New Deal pour Europe</title>
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		<dc:date>2015-11-10T08:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antonio Mosconi</dc:creator>



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&lt;p&gt;On a dit : les g&#233;ants contre les nains, les riches contre les pauvres, la m&#233;chante Banque centrale europ&#233;enne (BCE) contre le gouvernement Tsipras, l'arrogance des Etats nationaux contre la pacifique Union europ&#233;enne (UE), Wall Street contre l'euro. Des arguments vrais, et d'autres faux, mettent en &#233;vidence une division politique bien connue de ceux qui ont eu la chance d'&#234;tre form&#233;s par la pens&#233;e d'Altiero Spinelli ou de Mario Albertini : non pas la division entre la gauche et la droite (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-169-Septembre-2015-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 169 - Septembre 2015&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On a dit : les g&#233;ants contre les nains, les riches contre les pauvres, la m&#233;chante Banque centrale europ&#233;enne (BCE) contre le gouvernement Tsipras, l'arrogance des Etats nationaux contre la pacifique Union europ&#233;enne (UE), &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt; contre l'euro. Des arguments vrais, et d'autres faux, mettent en &#233;vidence une division politique bien connue de ceux qui ont eu la chance d'&#234;tre form&#233;s par la pens&#233;e d'Altiero Spinelli ou de Mario Albertini : non pas la division entre la gauche et la droite mais celle entre les f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens et les nationalistes. &#192;yant pour cons&#233;quence ennuyeuse que les nationalistes, qui enflamment la rue non pas pour l'ind&#233;pendance de l'Europe mais pour la d&#233;fense pr&#233;sum&#233;e de leur petit jardin national, mendient des appuis l&#224; o&#249; ils pensent pouvoir &#234;tre pr&#233;sents dans des secteurs &#339;uvrant pour la division de l'Europe par l'implosion de l'Union mon&#233;taire. Heureusement, jusqu'&#224; pr&#233;sent, il s'agit plus de trafic d'influence que de r&#233;elles accr&#233;ditations : une aum&#244;ne de Poutine, un d&#233;jeuner &#224; la Villa Taverna (Restaurant italien renomm&#233; &#224; San Francisco, ndt.). Quoi qu'il en soit, il s'agit de haute trahison ! Je ne veux pas rajouter des d&#233;cibels au vacarme sur la dette grecque. Il me semble plus utile de remettre de l'ordre dans les papiers et de ramener &#224; la surface, pour que chacun puisse se faire une juste opinion, des donn&#233;es r&#233;elles et tir&#233;es de l'exp&#233;rience qui ne devraient pas &#234;tre ignor&#233;es concernant les origines de la dette, sa durabilit&#233; et sa solvabilit&#233;, le rapport co&#251;ts/b&#233;n&#233;fices de la politique d'aust&#233;rit&#233;, les facilit&#233;s ult&#233;rieures accord&#233;es par l'UE pour r&#233;duire le co&#251;t de la dette ; et enfin la proposition f&#233;d&#233;raliste d'un plan europ&#233;en pour la d&#233;veloppement et l'emploi, n&#233;cessitant un budget avec des ressources propres, par rapport au Plan Juncker qui en per&#231;oit l'exigence mais qui s'affaiblit en tentant de le r&#233;aliser sans contrarier les Etats nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les origines de la dette&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La fin de la guerre, pour nous les Italiens, a une date exacte : le 25 avril 1945, jour de la Lib&#233;ration. &#192;vec l'intelligence et la prudence de De Gasperi et de Togliatti, on commen&#231;a une interpr&#233;tation italienne originale de l'ordre de Yalta et la reconstruction. Par contre, en Gr&#232;ce, apr&#232;s l'occupation allemande, il fallut encore trois ann&#233;es d'une sanglante guerre civile (1946-1949) avant d'aboutir au choix &#171; occidental &#187;, confirm&#233; ensuite par l'entr&#233;e dans l'OTAN (1952). Toutefois, les blessures de la guerre civile continu&#232;rent &#224; rendre la vie politique du pays peu productive. Une r&#233;ponse communiste de la d&#233;mocratie grecque n'aurait pas &#233;t&#233; tol&#233;r&#233;e par les Etats-Unis, en pleine guerre froide. Les cellules &lt;i&gt;stay-behind&lt;/i&gt; &#233;taient d'autant plus puissantes que le niveau d'alarme &#233;tait &#233;lev&#233;. En Europe, seule la France de De Gaulle s'en &#233;tait affranchie. Dans ce contexte, un coup d'Etat (en Italie, nous avions parfois entendu le &#171; bruit des &#233;p&#233;es &#187;, qui s'&#233;tait cependant rapidement limit&#233; au bruit) a produit, en Gr&#232;ce, la longue et f&#233;roce dictature des colonels (1967-1974), selon un mod&#232;le bien connu en Am&#233;rique latine. La chute du r&#233;gime des colonels et le r&#233;f&#233;rendum qui a instaur&#233; la R&#233;publique (1975) ne pourraient pas &#234;tre expliqu&#233;s par la seule pression int&#233;rieure du pays ; cette fois-ci, la r&#233;sistance &#224; la dictature et &#224; la monarchie complice avait eu le soutien d'une perspective politique europ&#233;enne, capable de rassurer les Am&#233;ricains et, &#224; l'int&#233;rieur, de rassurer les militaires, l'Eglise orthodoxe et la bourgeoisie. L'adh&#233;sion &#224; la CEE fut concr&#233;tis&#233;e en 1981. En 2001, les citoyens grecs commenc&#232;rent &#224; utiliser l'euro, ce que les grands groupes financiers et les grandes entreprises faisaient d&#233;j&#224; depuis trois ans. Nous savons d&#233;sormais tr&#232;s exactement comment le gouvernement grec, aid&#233; dans l'escroquerie par les banques am&#233;ricaines, a occult&#233; une grande partie du d&#233;ficit de son budget et de la dette publique pour satisfaire aux conditions requises par l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire. Lorsque, en 2009, Papandr&#233;ou d&#233;non&#231;a la v&#233;rit&#233;, ce fut son gouvernement que l'on culpabilisa et non pas le pr&#233;c&#233;dent, qui avait truqu&#233; les comptes. &#192;lors on se demande : dormaient-ils, &#224; Bruxelles, au moment o&#249; ils lisaient ces comptes ? Bien entendu, cela est possible. Cependant, l'utilisation de la v&#233;rit&#233; contre Papandr&#233;ou et non contre le gouvernement de droite de Papadopoulos, auteur du forfait, sugg&#232;re une histoire diff&#233;rente : les gouvernements &#171; ne pouvaient pas ne pas savoir &#187;, la Gr&#232;ce &#171; devait entrer &#187; pour des raisons strat&#233;giques. &#192;ujourd'hui, Goldman Sachs admet &#171; l'erreur &#187;, qui lui rapporta un profit imm&#233;diat de 600 millions de dollars, d&#233;plore les &#171; erreurs de pr&#233;vision &#187; successives qui, par contre, lui ont caus&#233; des pertes importantes et d&#233;conseille &#224; la Gr&#232;ce toute tentative de sortir de l'euro, consid&#233;r&#233;e comme ruineuse. Ce que Lloyd Blankfein, son pr&#233;sident directeur g&#233;n&#233;ral, omet de reconna&#238;tre, c'est la nature de ces erreurs. Il me semble permis de supposer que Goldman Sachs a mis&#233; sur la destruction de l'euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que, entre 2001 et 2011, euros en poche et avec les march&#233;s qui interpr&#233;taient la monnaie unique comme si elle &#233;tait soutenue par une solidarit&#233; fiscale, les taux d'int&#233;r&#234;t tr&#232;s bas ont donn&#233; envie au gouvernement grec de mener joyeuse vie. La d&#233;pense publique a tripl&#233;, le d&#233;ficit de l'Etat a atteint 15% du PIB (occult&#233;, jusqu'&#224; la d&#233;claration de Papandr&#233;ou), la d&#233;pense militaire est arriv&#233;e &#224; 5% du PIB &#8211; le niveau le plus haut d'Europe &#8211; et, en 2004, les Jeux Olympiques d'Ath&#232;nes ont ajout&#233; 15 milliards d'euros au m&#233;daillier de la dette grecque qui, en 2007, &#224; la veille de la grande banqueroute frauduleuse de &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt;, avait d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233; 107% pour atteindre ensuite les 175% actuels du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que tout cela porte &#224; condamner le d&#233;biteur et &#224; acquitter le cr&#233;diteur ? Certainement pas. Les fournisseurs allemands de chars d'assauts, fran&#231;ais d'avions de combat, italiens de fr&#233;gates, assist&#233;s par leurs banques respectives, savaient bien que l'Union mon&#233;taire ne comportait pas de solidarit&#233; fiscale ; ils ont cependant continu&#233; d'avancer &#171; comme si &#187; (risque moral) en mettant ensuite leurs gouvernements au pied du mur au moment fatal de l'insolvabilit&#233; : sauvez-nous pour ne pas faire sauter la Gr&#232;ce, l'euro, voire l'Union europ&#233;enne elle-m&#234;me. Les banques am&#233;ricaines, qui avaient manipul&#233; les comptes grecs, en les occultant sous des montagnes de produits d&#233;riv&#233;s, ont cri&#233; au scandale quand Papandr&#233;ou a d&#233;nonc&#233; la v&#233;rit&#233;. Les agences de notation, dont la d&#233;pendance aux grandes banques n'est un secret pour personne, ont d&#233;grad&#233; la dette grecque au niveau &#171; poubelle &#187;. Les taux d'int&#233;r&#234;t ont atteint des sommets et les banques cr&#233;ditrices, tels ces &#171; entrepreneurs &#187; (plus mafieux que schump&#233;t&#233;riens) heureux &#224; cause du tremblement de terre de L'Aquila, ont cru bon de b&#233;n&#233;ficier encore de cette chance avant de crier &#224; l'insolvabilit&#233; et de demander l'aide des Etats. Angela Merkel a oppos&#233; une forte r&#233;sistance et a obtenu qu'au moins une partie des pertes soit support&#233;e par les banques. La r&#233;sistance a n&#233;cessit&#233; du temps, a caus&#233; des retards dans le sauvetage, a cumul&#233; des int&#233;r&#234;ts passifs sur la dette grecque.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Durabilit&#233; et solvabilit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'introduis la distinction entre durabilit&#233; et solvabilit&#233; parce qu'elle peut &#234;tre utile pour voir &#224; travers les nuages de poussi&#232;re, du moins avec un &#339;il. Par le terme &#171; durabilit&#233; &#187;, j'indique la possibilit&#233; de la stabilisation, &#224; savoir que l'Etat grec maintient le rapport dette/PIB au niveau actuel de 175%. Pour que cela se r&#233;alise, un exc&#233;dent primaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par &#8220;exc&#233;dent primaire&#8221; nous entendons l'exc&#233;dent de revenus courants sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est n&#233;cessaire qui, dans le cas de la Gr&#232;ce, est de z&#233;ro, voire n&#233;gatif (&#224; condition que persiste la confiance des march&#233;s qui refinancent la dette existante). Pour bien comprendre, l'Italie a par contre besoin d'un exc&#233;dent primaire de 4.5% du PIB pour maintenir le rapport dette/PIB au niveau actuel de 137%&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous utiliserons i pour le r&#233;el taux d'int&#233;r&#234;t moyen (c'est-&#224;-dire nettoy&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les variables qui d&#233;terminent ces r&#233;sultats sont le taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;el et le taux de croissance r&#233;el. L'Italie paie un taux d'int&#233;r&#234;t d&#233;cid&#233;ment plus haut que le grec et son taux de croissance pr&#233;vu est plus bas (c'est l&#224; le prix pay&#233; pour ne pas avoir &#224; Rome ni la &lt;i&gt;tro&#239;ka&lt;/i&gt; ni Cottarelli, actuel directeur ex&#233;cutif du FMI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par rapport aux pr&#233;visions sur lesquelles se basent ces calculs, diff&#233;rents facteurs concomitants, sources d'am&#233;liorations, sont entr&#233;s en jeu. Le plus important concerne la politique mon&#233;taire de la BCE qui comportera : 1/ des taux d'int&#233;r&#234;t durablement bas, favorables aux investissements &#224; condition que soient men&#233;es les r&#233;formes internes indispensables ; 2/ un taux d'inflation fondamentalement plus &#233;lev&#233; avantageant ainsi les d&#233;biteurs ; 3/ un taux de change favorable aux exportateurs. Les co&#251;ts plus importants des importations, par contre, seront contrebalanc&#233;s par la r&#233;duction du prix du p&#233;trole (avec des effets comparables &#224; ceux d'une politique fiscale expansive d&#233;cid&#233;e non pas &#224; Bruxelles mais &#224; Riyad).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois donc que l'on peut tranquillement affirmer que la dette grecque est durable ; mais est-elle aussi solvable ? La solvabilit&#233; est la capacit&#233; de rembourser la dette, et non pas seulement de la garder en l'&#233;tat. Ici aussi, les bilans et les pr&#233;visions les plus optimistes, qui ont &#233;t&#233; faits (au cours de ces derniers jours (cf. la date ant&#233;rieure de la premi&#232;re publication de cet article par rapport &#224; notre traduction, ndlr), semblent indiquer que la Gr&#232;ce peut atteindre durablement un exc&#233;dent primaire, probablement inf&#233;rieur aux 4.5% fix&#233;s par le gouvernement Samaras avec la &lt;i&gt;tro&#239;ka&lt;/i&gt;, mais certainement sup&#233;rieur &#224; l'objectif r&#233;alisable de 1.5% indiqu&#233; par le gouvernement Tsipras lors de ses premi&#232;res rencontres europ&#233;ennes. L'exc&#233;dent effectivement atteint pourra &#234;tre affect&#233; &#224; une r&#233;duction, lente et graduelle, de la dette. D&#233;j&#224; aujourd'hui, la Gr&#232;ce enregistre un exc&#233;dent primaire dans le budget public et, ce qui est encore plus important, elle a atteint et d&#233;pass&#233; l'&#233;quilibre de la balance des paiements courants. Ceci veut dire que, de nouveau, le pays (et non pas seulement l'Etat) ne d&#233;pense pas plus que ce qu'il produit. Le traitement de la &lt;i&gt;tro&#239;ka&lt;/i&gt; fonctionne mais le patient, lui, ne se sent pas tr&#232;s bien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; quel prix ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le prix &#233;conomique et social pay&#233; par la Gr&#232;ce pour obtenir les r&#233;sultats qui viennent d'&#234;tre mentionn&#233;s a &#233;t&#233; excessif. Comme l'a admis Christine Lagarde, la &lt;i&gt;tro&#239;ka&lt;/i&gt; a sous-&#233;valu&#233; les effets qu'une r&#233;duction soudaine de la d&#233;pense publique aurait sur le PIB grec si elle n'&#233;tait pas compens&#233;e par un plan d'investissements. Une &#233;tude du FMI, cit&#233;e par Lagarde, d&#233;montre que le multiplicateur de la d&#233;pense publique a &#233;t&#233; sous-&#233;valu&#233;. &#192;lors qu'on pensait qu'un point de r&#233;duction aurait provoqu&#233; &#8211; sur cette courte p&#233;riode &#8211; une r&#233;duction du PIB d'un demi-point, la r&#233;duction effective du PIB a &#233;t&#233; d'un point et demi : encore une revanche posthume de Keynes. Je crois qu'il faut aussi reconna&#238;tre que l'exp&#233;rience concernant les r&#233;ductions de la d&#233;pense est encore limit&#233;e vu que, jusqu'&#224; pr&#233;sent, on a surtout enregistr&#233; des augmentations de la d&#233;pense. Le point central de la question n'est cependant pas cette erreur des &#233;conomistes du FMI (bien qu'ils aiment &#224; le penser aussi bien quand ils ont raison que quand ils reconnaissent leurs torts). Entre 2001 et 2007, le PIB de la Gr&#232;ce a augment&#233; en moyenne de 6% par an. Entre 2008 et 2012, la baisse cumul&#233;e du PIB a &#233;t&#233; de 25% (- 4.4% en moyenne annuellement) et le revenu des familles a baiss&#233; de 30-40%. Le ch&#244;mage a atteint 27% et celui des jeunes frappe un jeune sur deux. La dette publique n'a pas diminu&#233;. Maintenant nous pouvons nous demander : pourquoi serait-il plus facile de rembourser une dette publique, de r&#233;duire la demande int&#233;rieure et d'augmenter les exportations lorsqu'on dispose d'un revenu de 75% par rapport &#224; un revenu de 100% ? Est-ce que cela n'est pas paradoxal par rapport au comportement de n'importe quelle famille qui, pour rembourser ses emprunts, cherche &#224; augmenter ses propres revenus soit par un double travail, soit en travaillant &#224; deux ? Si nous posons cette question aux &#233;conomistes n&#233;o-lib&#233;raux, qui sont le main-stream (courant dominant), ils nous r&#233;pondent que la rigidit&#233; vers le bas des salaires nominaux, si elle ne peut pas &#234;tre corrig&#233;e par un processus d'inflation (qui &#233;rode les salaires r&#233;els) et de d&#233;valuation mon&#233;taire (qui rend les exportations plus comp&#233;titives &#224; br&#232;ve &#233;ch&#233;ance), entra&#238;ne une d&#233;flation int&#233;rieure, un choc &#233;conomique. Il est inutile de poser cette m&#234;me question aux &#233;conomistes n&#233;o-keyn&#233;siens car Stiglitz, Krugman et bien d'autres nous envoient tous les jours leur &#171; infaillible &#187; recette : il faut augmenter la d&#233;pense publique et la dette au niveau national. Je suis certain qu'ils sont de bonne foi et que leur perspective erron&#233;e vient du fait que les Etats-Unis d'Am&#233;rique sont leur base d'observation. Cependant, cette justification ne tient pas la route non plus. &#192;-t-on jamais vu le gouvernement f&#233;d&#233;ral &#8211; m&#234;me avec une d&#233;pense correspondant &#224; 33% du PIB am&#233;ricain et non &#224; 1% - prendre &#224; sa charge la dette de la Californie ou d'autres Etats en &#233;tat de faillite ? Ou alors, ces prix Nobel pensent-ils que le service de la dette, en suivant uniquement l'indication &#233;lectorale sans tenir compte aussi de celle des march&#233;s, pourrait &#234;tre moins on&#233;reux que celui d&#233;j&#224; consid&#233;rablement r&#233;duit de la solidarit&#233; financi&#232;re europ&#233;enne ? Remonter &#224; Hamilton, comme cela devient habituel chez les non-f&#233;d&#233;ralistes &#233;galement, me para&#238;t plut&#244;t incongru. &#192; cette &#233;poque-l&#224;, les dettes contract&#233;es par les Colonies pour combattre ensemble lors de la guerre d'ind&#233;pendance avaient &#233;t&#233; rendues f&#233;d&#233;rales (en &#233;change de r&#233;ductions substantielles de pouvoir). Nous devons par contre appliquer la r&#232;gle de Tommaso Padoa-Schioppa : les Etats nationaux doivent assainir leurs comptes et corriger leurs erreurs mais l'UE, elle, doit s'occuper du d&#233;veloppement (elle doit donc financer une nouvelle dette, la distribuer et en contr&#244;ler l'utilisation directement). Padoa-Schioppa pensait que chaque gouvernement est responsable devant deux constituencies (instances) : son propre &#233;lectorat et les march&#233;s financiers (&#224; moins qu'il ne soit capable de faire payer les imp&#244;ts &#224; ses propres citoyens et qu'il d&#233;pense dans la limite de cette rentr&#233;e, sans s'endetter).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La restructuration de la dette grecque r&#233;alis&#233;e sans crier gare enexc&#233;dent primaire 2012 &#8211; &#224; la limite de la capacit&#233; d'Angela Merkel de tenir face &#224; ses propres &#233;lecteurs et &#224; la Cour constitutionnelle allemande &#8211; a totalis&#233; &#224; la charge de la zone euro (BCE, FESF, MES et pr&#234;ts bilat&#233;raux accord&#233;s par chaque Etat proportionnellement &#224; sa quote-part dans la BCE) plus des 2/3 de la dette grecque &#224; un taux moyen de 1.5%, avec une p&#233;riode de gr&#226;ce jusqu'&#224; fin 2018, les remboursements intervenant seulement &#224; partir de 2019 et jusqu'en 2048. On pourrait encore proc&#233;der &#224; des r&#233;ductions : sur les taux, sur la p&#233;riode de gr&#226;ce et sur celle du remboursement. On pourrait &#233;galement penser &#224; remplacer le pr&#234;t du FMI, au fur et &#224; mesure des &#233;ch&#233;ances, plus rapproch&#233;es et &#224; un taux de 4.5%, par des pr&#234;ts europ&#233;ens plus favorables mais qui s'engagerait vis-&#224;-vis d'un d&#233;biteur qui d&#233;clare ne pas &#234;tre solvable ? De toute fa&#231;on, sur le front de la r&#233;duction du co&#251;t de la dette, il n'y a pas bien d'autres choses &#224; faire mais elles se feront, &#224; condition que Tsipras propose un programme appropri&#233; et cr&#233;dible. Il faudra r&#233;soudre la contradiction entre les contenus positifs de ses propositions, telle la demande de d&#233;veloppement &#233;conomique et de d&#233;mocratie europ&#233;enne, et les tons populistes de sa propagande, telle la promesse de revenir au deficit spending (d&#233;ficit budg&#233;taire) national, sans en payer la facture. Le vrai d&#233;fi est sur le front de l'augmentation de la croissance. Si le g&#226;teau est plus grand, le cr&#233;diteur en aura aussi une part. C'est ce que disaient Menenius Agrippa et Keynes. Cependant, le moyen d'y parvenir ne peut pas &#234;tre celui des PIB bonds pr&#233;conis&#233; par Varoufakis car il manque aujourd'hui l'&#233;l&#233;ment de base : la confiance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Apr&#232;s la monnaie, il faut le budget&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une politique keyn&#233;sienne grecque serait impossible (n'en d&#233;plaise aux prix Nobel) non pas parce qu'elle serait emp&#234;ch&#233;e par la Commission europ&#233;enne ou la &lt;i&gt;tro&#239;ka&lt;/i&gt; mais parce qu'aucun gouvernement national europ&#233;en ne pourrait mettre en &#339;uvre des politiques de solidarit&#233; plus avanc&#233;es que ce que ses deux constituencies (instances) seraient pr&#234;tes &#224; comprendre et accepter, sous peine de d&#233;faite &#233;lectorale et/ou de vote, tout aussi dur, que les march&#233;s expriment par le spread (marge actuarielle) par rapport &#224; un benchmark (aujourd'hui le taux du bund). Imaginons-nous donc dans le cas d'un gouvernement qui, aujourd'hui, demande un pr&#234;t &#224; Bruxelles ou &#224; Berlin, et qui, demain, donne des interviews incendiaires &#224; Ath&#232;nes en d&#233;clarant que la Gr&#232;ce n'est pas solvable ! Sauf &#224; s'attendre &#224; ce que la BCE ach&#232;te, ou accepte comme du collat&#233;ral, des titres que le gouvernement &#233;metteur lui-m&#234;me a d&#233;clar&#233;s comme non-recouvrables ! Et Draghi a su d&#233;m&#234;ler cet incroyable enchev&#234;trement non seulement en gardant ouvert le dispositif ELA (Emergency Liquidity Assistance) mais m&#234;me en l'&#233;largissant, ce qui est un risque pour la Banque centrale grecque qui, cependant, fait partie du Syst&#232;me europ&#233;en des banques centrales. De plus, Draghi a d&#233;clar&#233; que le retour &#224; la raison &#8211; qui devra &#234;tre jug&#233; par l'Eurogroupe et non pas par la BCE &#8211; pourra permettre aux titres grecs d'&#234;tre de nouveau accept&#233;s dans les achats pr&#233;vus dans le cadre du QE (Quantitative Easing).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse au probl&#232;me met en cause Keynes, mais pas au niveau des Etats nationaux. Un grand plan de relance des investissements et de l'emploi, capable d'&#233;pouser les exigences des territoires et d'affronter les probl&#232;mes de durabilit&#233; sociale des sacrifices dans certaines parties de l'Union et de concentration excessive dans d'autres, ne peut &#234;tre lanc&#233; qu'au niveau europ&#233;en, sur le mod&#232;le du plan Delors, mis &#224; jour dans ses contenus. Du Plan Delors au New Deal for Europe (ND4E), la ligne politique &#233;conomique des f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens n'a pas chang&#233;. Ce n'est pas un hasard si le premier Pr&#233;sident &#233;lu de la Commission a un &#171; regard europ&#233;en &#187; (Ulrich Beck), une &#171; vision &#224; long terme &#187; (Padoa-Schioppa), s'il utilise des mots jusqu'&#224; pr&#233;sent mis &#224; l'index : plan, durabilit&#233; sociale, investissements europ&#233;ens, d&#233;veloppement, emploi. Junker est un fin politique et il conna&#238;t la &#171; machine &#187; de Bruxelles comme peu la connaissent. Il sait bien que le pouvoir a &#233;t&#233; de plus en plus concentr&#233; au niveau du Conseil, organe intergouvernemental / conf&#233;d&#233;ral. Il essaie de faire le plus possible avec des moyens qui sont d'ores et d&#233;j&#224; utilisables parce que, et Keynes le savait, &#171; &#224; long terme, nous serons tous morts &#187; et, Albertini nous l'enseignait, nous devons rester sur le &#171; plan inclin&#233; &#187; qui oblige les Etats au &#171; gradualisme constitutionnel &#187; pour affronter une contradiction apr&#232;s l'autre. Le devoir des f&#233;d&#233;ralistes est d'encourager la nouvelle conscience d&#233;mocratique de la Commission apr&#232;s le silence long et destructeur de Barroso, qui a permis la centralisation du pouvoir dans les mains du Conseil. Toutefois, comme toujours, nous devons aussi sugg&#233;rer l'action n&#233;cessaire et possible pour r&#233;soudre la nouvelle contradiction. Pendant cette phase, il faut lutter pour obtenir le budget europ&#233;en, qui pourrait devenir le budget de la seule zone euro si les pays membres de l'UE mais pas ceux de l'UEM refusaient cette nouvelle avanc&#233;e vers l'int&#233;gration. Le Plan Junker a besoin de ressources propres suffisantes pour garantir le service d'une dette europ&#233;enne. M&#234;me lorsque tout cela sera mis en place, le syst&#232;me financier europ&#233;en et mondial restera pr&#233;caire et cela aussi longtemps que les monnaies nationales feront fonction de monnaies internationales. J'en ai parl&#233; dans d'autres articles mais je dois le rappeler ici comme la base constante de toute question d'ordre financier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Antonio Mosconi&lt;br class='manualbr' /&gt;Pr&#233;sident du Centre Einstein d'&#233;tudes internationales - Turin&lt;br class='manualbr' /&gt;Article publi&#233; en commun avec The Federalist Debate - Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'itallien par Ivana Graziani &#8211; Vienne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par &#8220;exc&#233;dent primaire&#8221; nous entendons l'exc&#233;dent de revenus courants sur les d&#233;penses courantes dans le budget public, avant paieement des int&#233;r&#234;ts de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous utiliserons i pour le r&#233;el taux d'int&#233;r&#234;t moyen (c'est-&#224;-dire nettoy&#233; de l'inflation) ; g pour le r&#233;el taux de croissance du PIB ; D pour la dette, et Y pour le PIB. La condition de soutenabilit&#233; (afin de conserver le ratio D/Y constant) est un exc&#233;dent primiare du budget public &#233;gal &#224; (i-g)-D/Y.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quels outils pour l'Europe d'apr&#232;s crise ? Crise de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine et effondrement financier</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/hegemonie-americaine-effondrement-financier</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/hegemonie-americaine-effondrement-financier</guid>
		<dc:date>2013-01-20T10:55:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antonio Mosconi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Commenc&#233;e en 2007 et actuellement dans son deuxi&#232;me round, la crise est diff&#233;rente de toutes celles qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;e, &#224; l'exception de celle de 1929, parce qu'elle met en &#233;vidence la faillite du capitalisme quel que soit le point de vue consid&#233;r&#233;. Comme l'ont document&#233; Rheinart et Rogoff (2009), il ne s'agit pas seulement d'une r&#233;cession &#233;conomique mais &#233;galement d'une diminution de rentr&#233;es de fonds, g&#233;n&#233;r&#233;e par la cr&#233;ation d'une immense bulle de cr&#233;dits qui a d'abord aliment&#233; les profits (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-157-Septembre-2012-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 157 &#8212;2012/09&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Commenc&#233;e en 2007 et actuellement dans son deuxi&#232;me&lt;br class='autobr' /&gt;
round, la crise est diff&#233;rente de toutes celles qui l'ont&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;c&#233;d&#233;e, &#224; l'exception de celle de 1929, parce qu'elle&lt;br class='autobr' /&gt;
met en &#233;vidence la faillite du capitalisme quel que soit le&lt;br class='autobr' /&gt;
point de vue consid&#233;r&#233;. Comme l'ont document&#233; Rheinart&lt;br class='autobr' /&gt;
et Rogoff (2009), il ne s'agit pas seulement d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;cession &#233;conomique mais &#233;galement d'une diminution&lt;br class='autobr' /&gt;
de rentr&#233;es de fonds, g&#233;n&#233;r&#233;e par la cr&#233;ation d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
immense bulle de cr&#233;dits qui a d'abord aliment&#233; les&lt;br class='autobr' /&gt;
profits priv&#233;s, et ensuite gonfl&#233; les dettes publiques. Ces&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;ductions ont toujours &#233;t&#233; suivies par six ou sept ann&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
de stagnation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avanc&#233;e par des &#233;conomistes am&#233;ricains d&#233;mocrates&lt;br class='autobr' /&gt;
comme Bergsten et Eichengreen, la premi&#232;re solution&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;voit un syst&#232;me mon&#233;taire international avec plus de&lt;br class='autobr' /&gt;
monnaies de r&#233;serve (dollar, euro, renmimbi et autres).&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle est compatible avec des visions de l'&#233;conomie&lt;br class='autobr' /&gt;
internationale comme celle de Rodrik, qui sugg&#232;re de&lt;br class='autobr' /&gt;
renforcer les pouvoirs de contr&#244;le des Etats nationaux&lt;br class='autobr' /&gt;
pour qu'ils puissent d&#233;fendre les mod&#232;les sociaux&lt;br class='autobr' /&gt;
int&#233;rieurs, d&#233;mocratiquement choisis. (Dans le cas&lt;br class='autobr' /&gt;
europ&#233;en, il admet que c'est l'Union qui contr&#244;le et non&lt;br class='autobr' /&gt;
pas chaque Etat).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me solution est celle initialement propos&#233;e par&lt;br class='autobr' /&gt;
les f&#233;d&#233;ralistes (texte d'Alberto Iozzo et Antonio&lt;br class='autobr' /&gt;
Mosconi), puis par la Chine (Zhou-Xiao Chuang) mais&lt;br class='autobr' /&gt;
pas encore par l'Union europ&#233;enne (UE) : elle pr&#233;voit le&lt;br class='autobr' /&gt;
remplacement progressif du dollar et d'autres monnaies&lt;br class='autobr' /&gt;
nationales de r&#233;serve par une monnaie mondiale, en&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;formant au d&#233;part les &#171; droits de tirages &#187; jouant le r&#244;le&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'ECU. Il s'agit d'une proposition dans la continuit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
de la pens&#233;e du dernier Keynes et de ses successeurs les&lt;br class='autobr' /&gt;
plus &#233;minents dans le domaine de la politique mon&#233;taire,&lt;br class='autobr' /&gt;
Tommaso Padoa-Schioppa et Robert Triffin, et elle est&lt;br class='autobr' /&gt;
compatible avec la vision de l'&#233;conomie mondiale&lt;br class='autobr' /&gt;
d'autres &#233;conomistes comme Stiglitz, convaincus que les&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#232;gles sont n&#233;cessaires pour la survie du march&#233; globalis&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
comme elles l'ont &#233;t&#233; pour le d&#233;veloppement des march&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
nationaux. Cette proposition est port&#233;e par le Movimento&lt;br class='autobr' /&gt;
Federalista Europeo en collaboration avec la Fondation&lt;br class='autobr' /&gt;
Triffin (dont Iozzo est le vice-pr&#233;sident).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant notre proposition, les Etats nationaux devraient&lt;br class='autobr' /&gt;
s'engager &#224; assainir leurs finances publiques. Les&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;rations r&#233;gionales, et plus particuli&#232;rement l'UE, devraient guider et financer (par des imp&#244;ts propres et&lt;br class='autobr' /&gt;
des &#233;missions obligataires) le plan de reconversion et de&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;veloppement fond&#233; sur les investissements, mat&#233;riels et&lt;br class='autobr' /&gt;
immat&#233;riels, n&#233;cessaires pour sortir de l'&#232;re de l'&#233;nergie&lt;br class='autobr' /&gt;
fossile (Alfonso Iozzo, Alberto Maiocchi, Guido&lt;br class='autobr' /&gt;
Montani). Je pense que les politiques anticycliques et les&lt;br class='autobr' /&gt;
sauvetages (ou les faillites pilot&#233;es) des organismes&lt;br class='autobr' /&gt;
bancaires et financiers &#224; risque syst&#233;mique, devraient&lt;br class='autobr' /&gt;
faire l'objet d'une coop&#233;ration renforc&#233;e entre les&lt;br class='autobr' /&gt;
membres de la zone euro. Ceci permettrait d'&#233;viter la&lt;br class='autobr' /&gt;
transformation g&#233;n&#233;rale des dettes publiques nationales&lt;br class='autobr' /&gt;
en dettes europ&#233;ennes, mal vues par les Allemands, de&lt;br class='autobr' /&gt;
fa&#231;on plus pr&#233;cise et convaincante que ce qui a &#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
propos&#233; par Prodi et Quadrio-Curzo (leur initiative a&lt;br class='autobr' /&gt;
cependant le m&#233;rite d'offrir l'or de la nation en garantie,&lt;br class='autobr' /&gt;
en &#233;vitant ainsi aux Allemands l'embarras d'avoir &#224; nous&lt;br class='autobr' /&gt;
le demander). Informer les citoyens europ&#233;ens, comme&lt;br class='autobr' /&gt;
l'ont fait Merkel et Sarkozy, que 3.000 milliards d'euros&lt;br class='autobr' /&gt;
doivent &#234;tre investis (ceci &#224; simple titre d'exemple) pour&lt;br class='autobr' /&gt;
stabiliser la dette des Etats de l'Europe du Sud, provoque&lt;br class='autobr' /&gt;
des perceptions tr&#232;s diff&#233;rentes par rapport &#224; une&lt;br class='autobr' /&gt;
communication qui, par contre, expliquerait que : a) on&lt;br class='autobr' /&gt;
constitue un Fonds de 1.000 milliards pour d&#233;fendre&lt;br class='autobr' /&gt;
contre des attaques sp&#233;culatives la dette d'avant la crise&lt;br class='autobr' /&gt;
(31/12/2007), ce que l'on appelle actuellement le (Fonds&lt;br class='autobr' /&gt;
europ&#233;en de stabilit&#233; financi&#232;re (FESF) ; b) on constitue&lt;br class='autobr' /&gt;
un deuxi&#232;me Fonds de 500 milliards (&#224; r&#233;alimenter&lt;br class='autobr' /&gt;
pendant les p&#233;riodes positives) pour, pendant la crise,&lt;br class='autobr' /&gt;
accompagner la demande par des investissements dont&lt;br class='autobr' /&gt;
b&#233;n&#233;ficie toute l'industrie europ&#233;enne (et l'industrie&lt;br class='autobr' /&gt;
allemande plus que les autres) ; c) on cr&#233;e un Institut&lt;br class='autobr' /&gt;
europ&#233;en pour promouvoir et garantir des augmentations&lt;br class='autobr' /&gt;
de capital n&#233;cessaires pour r&#233;ajuster les ratios des&lt;br class='autobr' /&gt;
banques &#224; risque syst&#233;mique (surtout les banques&lt;br class='autobr' /&gt;
fran&#231;aises et allemandes). On &#233;viterait ainsi un deleveraging&lt;br class='autobr' /&gt;
excessif. Les actions achet&#233;es par le Fonds&lt;br class='autobr' /&gt;
devraient &#234;tre remises sur le march&#233; une fois la confiance&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;tablie, la plus-value revenant au Fonds.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour arr&#234;ter la guerre financi&#232;re, amorc&#233;e par la crise&lt;br class='autobr' /&gt;
am&#233;ricaine et sans cesse aliment&#233;e par la gestion&lt;br class='autobr' /&gt;
am&#233;ricaine de la crise (les fl&#233;chissements de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'Administration Obama face &#224; la pression des banques&lt;br class='autobr' /&gt;
pour ralentir l'entr&#233;e en vigueur de la nouvelle&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;glementation financi&#232;re et en diminuer la port&#233;e, sont&lt;br class='autobr' /&gt;
des indicateurs de cette tension), les luttes pour la&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;forme d&#233;mocratique des institutions internationales ont&lt;br class='autobr' /&gt;
pris un r&#244;le strat&#233;gique important, en commen&#231;ant par le&lt;br class='autobr' /&gt;
Fonds mon&#233;taire et l'Organisation mondiale du&lt;br class='autobr' /&gt;
commerce, ainsi que pour la repr&#233;sentation unitaire de la&lt;br class='autobr' /&gt;
zone euro dans ce m&#234;me Fonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, il faut pleinement soutenir les efforts&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;ritoires des f&#233;d&#233;ralistes italiens pour r&#233;animer l'UEF,&lt;br class='autobr' /&gt;
pour initier le Mouvement des mouvements et proposer&lt;br class='autobr' /&gt;
au World Federalist Movement des domaines d'activit&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
tels que la r&#233;forme du syst&#232;me mon&#233;taire international,&lt;br class='autobr' /&gt;
non suivis pour le moment.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;General intellect et crise de la modernit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La faillite financi&#232;re am&#233;ricaine s'est propag&#233;e dans le&lt;br class='autobr' /&gt;
monde entier. Ce r&#233;sultat n'&#233;tait pas pr&#233;vu : on le doit, en&lt;br class='autobr' /&gt;
partie, &#224; la courroie de transmission utilis&#233;e par des&lt;br class='autobr' /&gt;
classes enti&#232;res de dirigeants financiers nationaux,&lt;br class='autobr' /&gt;
dress&#233;es chez Goldman Sachs ou au Fonds mon&#233;taire. Le&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; parti am&#233;ricain &#187; est encore fort. Du syst&#232;me bancaire,&lt;br class='autobr' /&gt;
officiel et occulte, la crise s'est transf&#233;r&#233;e &#224; l'&#233;conomie&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;elle, au travers de l'effet richesse et du credit crunch,&lt;br class='autobr' /&gt;
armes d'une absolue efficacit&#233; avec lesquelles les&lt;br class='autobr' /&gt;
banquiers, en cr&#233;ant du ch&#244;mage, aident au sauvetage des&lt;br class='autobr' /&gt;
gouvernements, qui peuvent ainsi reprendre le cours des&lt;br class='autobr' /&gt;
choses comme par le pass&#233;. Les Etats leur ayant fourni&lt;br class='autobr' /&gt;
des liquidit&#233;s importantes, puisqu'ils se sont endett&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
dans ce but, les banquiers attaquent la dette de ces m&#234;mes&lt;br class='autobr' /&gt;
Etats, en les obligeant ainsi &#224; se rattraper sur les cibles&lt;br class='autobr' /&gt;
habituelles : salari&#233;s, retrait&#233;s et &#233;pargnants. Le gagnant,&lt;br class='autobr' /&gt;
avec l'as dans sa manche (la Banque) sort du saloon par&lt;br class='autobr' /&gt;
une porte d&#233;rob&#233;e en regardant derri&#232;re lui. Le perdant&lt;br class='autobr' /&gt;
(l'Etat) sort par la porte principale et d&#233;valise les passants&lt;br class='autobr' /&gt;
pour se refaire. Slavoj Zizek, le philosophe de Ljubljana&lt;br class='autobr' /&gt;
qui n'h&#233;site pas &#224; red&#233;finir comme communiste une&lt;br class='autobr' /&gt;
nouvelle hypoth&#232;se d'&#233;mancipation de l'humanit&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;nonce la faillite morale du modernisme. Comment estce&lt;br class='autobr' /&gt;
possible, se demande-t-il, que des gouvernements&lt;br class='autobr' /&gt;
aient fait cadeau de trillions de dollars aux &#233;tablissements&lt;br class='autobr' /&gt;
bancaires du monde entier alors qu'il n'a jamais &#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
possible de mobiliser des fonds, m&#234;me comparativement&lt;br class='autobr' /&gt;
tr&#232;s &#233;loign&#233;s, pour affronter la plaie dramatique de la&lt;br class='autobr' /&gt;
pauvret&#233; et la ruineuse crise &#233;cologique ? Je&lt;br class='autobr' /&gt;
n'approfondis pas ses propositions car je suis convaincu&lt;br class='autobr' /&gt;
que, en l'&#233;tat actuel de son d&#233;veloppement, l'humanit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
n'est pas pr&#234;te &#224; remplacer le capitalisme et que l'issue&lt;br class='autobr' /&gt;
heureuse pour des nations qui sortiraient du capitalisme&lt;br class='autobr' /&gt;
est impossible. Par contre, on peut introduire des&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;formes profondes, capables &#233;galement de cr&#233;er des&lt;br class='autobr' /&gt;
conditions prop&#233;deutiques pour surmonter le capitalisme,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; une &#233;chelle continentale et mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre source d'analyses sur les transformations du&lt;br class='autobr' /&gt;
capitalisme est ce qu'on appelle l'&#233;conomie cognitive. Le&lt;br class='autobr' /&gt;
mode de production g&#233;n&#233;r&#233; par la r&#233;volution scientifique&lt;br class='autobr' /&gt;
et la mondialisation comporte le remplacement progressif&lt;br class='autobr' /&gt;
du capital hard, les &#171; machines &#187;, par le capital soft,&lt;br class='autobr' /&gt;
incorpor&#233; dans les &#234;tres humains et dans leurs proth&#232;ses&lt;br class='autobr' /&gt;
informatiques. Ceci devrait permettre, dans le futur, de&lt;br class='autobr' /&gt;
surmonter le capitalisme parce qu'il n'est pas pensable&lt;br class='autobr' /&gt;
que la totalit&#233; du patrimoine cognitif, cr&#233;atif, &#233;motif et&lt;br class='autobr' /&gt;
relationnel de la soci&#233;t&#233; soit soumis au capital&lt;br class='autobr' /&gt;
(Vercellone). La science, tout particuli&#232;rement, ne pourra&lt;br class='autobr' /&gt;
pas &#234;tre subordonn&#233;e pour toujours au pouvoir du capital&lt;br class='autobr' /&gt;
(Severino). Cependant, le r&#233;sultat peut &#234;tre diff&#233;rent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rullani soutient que le modernisme a utilis&#233; &#224; fond la&lt;br class='autobr' /&gt;
puissance de deux dispositifs qui ont rendu le&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;veloppement automatique et auto-propulsif, en le&lt;br class='autobr' /&gt;
soustrayant ainsi au jugement et &#224; la responsabilit&#233; des&lt;br class='autobr' /&gt;
personnes : l'usage massif de connaissances&lt;br class='autobr' /&gt;
reproductibles (une machine &#224; reproduire indiff&#233;rente &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
tout ce qui d&#233;passe sa fonction) et la division des sph&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
d'action en sous-syst&#232;mes sp&#233;cialis&#233;s (science, technique,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;conomie, politique, droit, etc.), chacun desquels poursuit&lt;br class='autobr' /&gt;
des prestations distinctes sans prendre en consid&#233;ration&lt;br class='autobr' /&gt;
les effets produits sur les autres sous-syst&#232;mes. Pour&lt;br class='autobr' /&gt;
sortir de la crise, &#171; il faut soustraire aux nombreux&lt;br class='autobr' /&gt;
automatismes mis en place par le modernisme, le&lt;br class='autobr' /&gt;
contr&#244;le exclusif de la multiplication cognitive &#187;. A ce&lt;br class='autobr' /&gt;
vaste programme, s'ajoutent des instructions pratiques&lt;br class='autobr' /&gt;
pour les petites et moyennes entreprises : miser sur la&lt;br class='autobr' /&gt;
production de sens, de symboles et de liens, qui ne polluent pas et permettent de r&#233;tablir le profit (d'accro&#238;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
ult&#233;rieurement la diff&#233;rence entre les valeurs d'&#233;change&lt;br class='autobr' /&gt;
et les valeurs d'usage, dirait Marx). Ce n'est pas vraiment&lt;br class='autobr' /&gt;
ce que Marx attendait du general intellect, proph&#233;tis&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
dans les Grundrisse : une connaissance diffuse, partie&lt;br class='autobr' /&gt;
int&#233;grante des &#234;tres humains, et un enchev&#234;trement de&lt;br class='autobr' /&gt;
relations intellectuelles, permettant de s'affranchir du&lt;br class='autobr' /&gt;
capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du passage de l'&#226;ge de la propri&#233;t&#233; &#224; celui de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'acc&#232;s, illustr&#233; par Rifkin, le contr&#244;le des liens devient&lt;br class='autobr' /&gt;
strat&#233;gique. Qui pourra fr&#233;quenter les meilleures&lt;br class='autobr' /&gt;
universit&#233;s ? Les &#233;tudiants les plus capables, gr&#226;ce &#224; des&lt;br class='autobr' /&gt;
bourses d'&#233;tudes, voudrions-nous r&#233;pondre, mais le&lt;br class='autobr' /&gt;
redimensionnement de la d&#233;pense publique est soumis &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
la conservation d'une aristocratie h&#233;r&#233;ditaire. Les acc&#232;s &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
internet sont libres, et ils doivent le rester, mais&lt;br class='autobr' /&gt;
l'offensive des Etats, en leur nom et pour le compte du&lt;br class='autobr' /&gt;
capital, est d&#233;j&#224; en route. Nous pouvons consid&#233;rer les&lt;br class='autobr' /&gt;
noeuds du filet comme des acc&#232;s qu'il faut d&#233;fendre&lt;br class='autobr' /&gt;
contre tant de &#171; Ghino di Tacco &#187;, impatients d'entrer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les r&#233;formes ne se r&#233;alisent pas sans luttes et celles-ci&lt;br class='autobr' /&gt;
demandent un &#171; champ politique &#187; (Bourdieu) de&lt;br class='autobr' /&gt;
dimensions appropri&#233;es. Les luttes nationales ne&lt;br class='autobr' /&gt;
pourraient &#234;tre que r&#233;pressives et r&#233;gressives. Le champ&lt;br class='autobr' /&gt;
politique indispensable est l'Europe, le monde si&lt;br class='autobr' /&gt;
possible. Le &#171; champ politique &#187; est compos&#233;, en plus des&lt;br class='autobr' /&gt;
hommes politiques, &#233;galement de journalistes, de&lt;br class='autobr' /&gt;
syndicalistes, de lobbyistes, etc. La progression de la&lt;br class='autobr' /&gt;
crise a fait &#233;merger le champ politique europ&#233;en,&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'internet rend tr&#232;s visible. Tout ceci est tr&#232;s clair,&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me pour un mauvais ma&#238;tre comme Toni Negri&lt;br class='autobr' /&gt;
(OUI !,) mais pas pour un ambitieux repr&#233;sentant du&lt;br class='autobr' /&gt;
socialisme europ&#233;en comme Fabius (NON !). Il n'y a&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'une politique de l'Union qui pourrait r&#233;tablir un&lt;br class='autobr' /&gt;
contrepoids d&#233;mocratique adapt&#233; au poids du capital en&lt;br class='autobr' /&gt;
Europe et guider ainsi les forces r&#233;formatrices au niveau&lt;br class='autobr' /&gt;
mondial, &#224; partir de la participation de l'Union dans les&lt;br class='autobr' /&gt;
institutions internationales. Le f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en, en&lt;br class='autobr' /&gt;
soi, ne promet pas que les institutions f&#233;d&#233;rales ne&lt;br class='autobr' /&gt;
deviendront pas un outil du capital et des forces&lt;br class='autobr' /&gt;
conservatrices. Il garantit seulement la dimension&lt;br class='autobr' /&gt;
n&#233;cessaire pour le d&#233;veloppement non anarchique des&lt;br class='autobr' /&gt;
forces productives, qui seront, &#224; leur tour, les acteurs des&lt;br class='autobr' /&gt;
luttes, dont nous ne pouvons pas pr&#233;voir les formes&lt;br class='autobr' /&gt;
aujourd'hui, pour surmonter l'exploitation capitaliste, et&lt;br class='autobr' /&gt;
qui constitueront le r&#233;sultat de ces luttes m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme, pr&#233;misse et accomplissement
de la r&#233;forme du capitalisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'UE, notre r&#233;volution pacifique, modifiera-t-elle la&lt;br class='autobr' /&gt;
tendance actuelle, qui est d'&#234;tre sous l'emprise des Etats-&lt;br class='autobr' /&gt;
Unis ? Guidera-t-elle la cr&#233;ation d'un contrepoids&lt;br class='autobr' /&gt;
politique mondial &#224; l'&#233;norme pouvoir du capitalisme&lt;br class='autobr' /&gt;
manag&#233;rial ? Cr&#233;era-t-elle des protections efficaces pour&lt;br class='autobr' /&gt;
le travail et l'&#233;pargne contre ceux qui profitent des deux ?&lt;br class='autobr' /&gt;
A mon avis, tout ceci r&#233;sultera de luttes pour lesquelles&lt;br class='autobr' /&gt;
nous pr&#233;parons le terrain adapt&#233; et des projets&lt;br class='autobr' /&gt;
sp&#233;cifiques. Sans Europe, il n'y a aura pas de luttes&lt;br class='autobr' /&gt;
progressistes mais des luttes nationales qui feront reculer&lt;br class='autobr' /&gt;
d'environ 80 ans les aiguilles de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Trait&#233; de Lisbonne fait de l'Union une &#171; &#233;conomie&lt;br class='autobr' /&gt;
sociale de march&#233; &#187; ; il fait donc un choix net de camp&lt;br class='autobr' /&gt;
entre les deux formes de capitalisme d&#233;crites par Michel&lt;br class='autobr' /&gt;
Albert, favorable au mod&#232;le rh&#233;nan et contre l'anglosaxon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les luttes peuvent se baser sur ce nouvel acquis&lt;br class='autobr' /&gt;
communautaire, tout d'abord pour le consolider et le&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;fendre, dans sa mise en oeuvre pratique, de toute&lt;br class='autobr' /&gt;
tentative de d&#233;voiement, pour le traduire ensuite en&lt;br class='autobr' /&gt;
directives et lois qui, pierre apr&#232;s pierre, fonderont le&lt;br class='autobr' /&gt;
droit europ&#233;en des travailleurs, comme cela est d&#233;j&#224; le&lt;br class='autobr' /&gt;
cas lors des jugements de la Cour europ&#233;enne. Le droit&lt;br class='autobr' /&gt;
du travail limite la libert&#233; des patrons. Il faut r&#233;cup&#233;rer&lt;br class='autobr' /&gt;
trente ann&#233;es de retard et ensuite recommencer &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
progresser, en Europe et dans le monde, jusqu'&#224; ce que&lt;br class='autobr' /&gt;
les d&#233;lib&#233;rations de l'Organisation internationale du&lt;br class='autobr' /&gt;
travail soient plus coercitives que celles de l'Organisation&lt;br class='autobr' /&gt;
mondiale du commerce (qui est d&#233;j&#224; paralys&#233;e par le&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;ficit d&#233;mocratique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Keynes &#233;tait un lib&#233;ral r&#233;formiste. Il partageait une&lt;br class='autobr' /&gt;
grande partie des critiques sur le fonctionnement du&lt;br class='autobr' /&gt;
capitalisme mais il pensait qu'aucun critique du syst&#232;me&lt;br class='autobr' /&gt;
n'avait formul&#233; une proposition convaincante pour son&lt;br class='autobr' /&gt;
remplacement par un autre mod&#232;le &#233;conomique et social.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le capitalisme peut &#234;tre sauv&#233; de ses propres animals&lt;br class='autobr' /&gt;
spirits uniquement gr&#226;ce &#224; des politiques de&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;glementation financi&#232;re et de r&#233;gulation&lt;br class='autobr' /&gt;
macro&#233;conomique. Les f&#233;d&#233;ralistes anglais&lt;br class='autobr' /&gt;
contemporains de Keynes, tel Lionel Robbins, nous ont&lt;br class='autobr' /&gt;
appris que, pour sauver la libert&#233; et le march&#233;, il faut plus&lt;br class='autobr' /&gt;
d'Etat, non pas national et imp&#233;rial comme l'Etat&lt;br class='autobr' /&gt;
britannico-keyn&#233;sien, mais europ&#233;en et mondial. Avec ce&lt;br class='autobr' /&gt;
changement d'&#233;chelle, on peut aujourd'hui parler du&lt;br class='autobr' /&gt;
retour de Keynes et de la d&#233;faite historique d'Hayek,&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;conomiste autrichien, p&#232;re spirituel de Friedman et de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'Ecole de Chicago, du n&#233;o-lib&#233;ralisme et de la shock&lt;br class='autobr' /&gt;
economy. En vrai lib&#233;ral, Hayek n'aurait pas partag&#233;, du&lt;br class='autobr' /&gt;
moins je l'esp&#232;re, l'utilisation sans scrupules par les&lt;br class='autobr' /&gt;
Am&#233;ricains des g&#233;n&#233;raux grecs et sud-am&#233;ricains,&lt;br class='autobr' /&gt;
toujours conseill&#233;s et assist&#233;s par une nu&#233;e de Chicago&lt;br class='autobr' /&gt;
boys ; cependant, il consid&#233;rait comme une pr&#233;somption&lt;br class='autobr' /&gt;
fatale non seulement la planification socialiste et&lt;br class='autobr' /&gt;
l'intervention de l'Etat dans l'&#233;conomie mais aussi la&lt;br class='autobr' /&gt;
raison m&#234;me de notre engagement politique, la confiance&lt;br class='autobr' /&gt;
dans la capacit&#233; de l'homme &#224; &#171; introduire une &#233;tincelle&lt;br class='autobr' /&gt;
de libert&#233; dans l'Histoire &#187;, pour citer les mots de&lt;br class='autobr' /&gt;
Francesco Rossolillo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Environ quatre-vingt ans apr&#232;s, l'exp&#233;rience du&lt;br class='autobr' /&gt;
socialisme national sovi&#233;tique &#233;tant consomm&#233;e et les&lt;br class='autobr' /&gt;
risques de la d&#233;rive unilat&#233;rale am&#233;ricaine devenus&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;vidents, les analyses critiques du capitalisme se sont&lt;br class='autobr' /&gt;
multipli&#233;es mais nous n'avons pas du tout avanc&#233; dans la&lt;br class='autobr' /&gt;
construction d'un syst&#232;me radicalement alternatif. A tel&lt;br class='autobr' /&gt;
point qu'un c&#233;l&#232;bre r&#233;formiste contemporain, Ruffolo, a&lt;br class='autobr' /&gt;
pu ironiquement donner &#224; son livre sur la crise actuelle le&lt;br class='autobr' /&gt;
titre proph&#233;tique Les si&#232;cles compt&#233;s pour le capitalisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme Ruffolo, je pense aussi qu'il n'y a pas de &#171; sorties&lt;br class='autobr' /&gt;
du capitalisme &#187; au coin de la rue ; j'appr&#233;cie donc les&lt;br class='autobr' /&gt;
efforts de tous ces &#171; visionnaire r&#233;alistes &#187; qui tentent de&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;duire les &#171; effets collat&#233;raux &#187; du capitalisme sur l'&#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
humain et sur l'environnement : ce sont eux, les vrais&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;formistes. Chaque r&#233;forme doit avoir pour but de se&lt;br class='autobr' /&gt;
rapprocher de l'unit&#233; politique des &#234;tres humains, jamais&lt;br class='autobr' /&gt;
de s'en &#233;loigner, car elle seule peut permettre d'atteindre&lt;br class='autobr' /&gt;
les valeurs fondamentales que sont la paix, la justice&lt;br class='autobr' /&gt;
sociale et la pr&#233;servation de l'environnement. En appliquant ce crit&#232;re, je consid&#232;re comme des contrer&#233;formes&lt;br class='autobr' /&gt;
celles des trois d&#233;cennies n&#233;o-lib&#233;rales, une&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;action violente (shock economy, justement) du&lt;br class='autobr' /&gt;
capitalisme par rapport au recul subi au cours des ann&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
soixante-dix, avec la chute des pourcentages de profit et&lt;br class='autobr' /&gt;
la contestation radicale de son pouvoir sur les vies&lt;br class='autobr' /&gt;
humaines, &#224; l'int&#233;rieur et en dehors des usines.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s 1968, l'augmentation du pouvoir syndical dans la&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;termination du co&#251;t et de l'organisation du travail,&lt;br class='autobr' /&gt;
l'augmentation du co&#251;t du p&#233;trole et des mati&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
premi&#232;res et jusqu'&#224; une tentative durable de r&#233;volte&lt;br class='autobr' /&gt;
arm&#233;e dans des pays comme l'Allemagne ou l'Italie, ont&lt;br class='autobr' /&gt;
provoqu&#233; la fin de la phase d'or keyn&#233;sienne, du syst&#232;me&lt;br class='autobr' /&gt;
de Bretton Woods, du compromis social-d&#233;mocrate et de&lt;br class='autobr' /&gt;
la r&#233;gulation fordiste. Les d&#233;finitions de Mario Albertini&lt;br class='autobr' /&gt;
de la r&#233;volution pacifique et du gradualisme&lt;br class='autobr' /&gt;
constitutionnel concernent justement une situation dans&lt;br class='autobr' /&gt;
laquelle les d&#233;passements de la guerre et de la lutte des&lt;br class='autobr' /&gt;
classes demeurent, bien-s&#251;r, les conditions pr&#233;liminaires&lt;br class='autobr' /&gt;
pour la r&#233;alisation du f&#233;d&#233;ralisme (Kennth C. Wheare)&lt;br class='autobr' /&gt;
mais elles sont d&#233;j&#224; &#224; port&#233;e de main gr&#226;ce &#224; l'action&lt;br class='autobr' /&gt;
politique f&#233;d&#233;raliste qui, en d&#233;samor&#231;ant la supr&#233;matie de&lt;br class='autobr' /&gt;
la politique &#233;trang&#232;re, fait tomber le masque de l'alliance&lt;br class='autobr' /&gt;
entre l'Etat et les patrons qui incite aussi bien &#224; la guerre&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'&#224; la domination de classes. C'est la raison pour&lt;br class='autobr' /&gt;
laquelle nous pouvons esp&#233;rer que l'extension de la&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;mocratie &#224; tous les niveaux de d&#233;cisions, donc&lt;br class='autobr' /&gt;
l'affirmation du f&#233;d&#233;ralisme, cr&#233;e de nouveau ces&lt;br class='autobr' /&gt;
contrepoids au pouvoir capitaliste qui ont &#233;t&#233; d&#233;truits &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
fin de la guerre froide. En effet, le f&#233;d&#233;ralisme constitue&lt;br class='autobr' /&gt;
le stade le plus avanc&#233; de la d&#233;mocratie, dans le sens&lt;br class='autobr' /&gt;
d'une participation r&#233;elle qui cr&#233;e donc les meilleures&lt;br class='autobr' /&gt;
conditions pour l'&#233;largissement de ces formes&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;conomiques qui, d&#233;j&#224; aujourd'hui, se soustraient &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
logique du capital, au lien entre la propri&#233;t&#233; des moyens&lt;br class='autobr' /&gt;
de production et le pouvoir : les fondations (bancaires,&lt;br class='autobr' /&gt;
plus particuli&#232;rement, garantissent aux banques des&lt;br class='autobr' /&gt;
actionnaires avec le regard tourn&#233; vers le long terme et&lt;br class='autobr' /&gt;
vers le territoire), le tiers secteur, l'&#233;conomie coop&#233;rative,&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;conomie participative&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce que l'on nomme en fran&#231;ais l'&#233;conomie sociale et solidaire (Ndt.).&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (cf. Michael Albert, Etats-&lt;br class='autobr' /&gt;
Unis). En perspective donc, une &#171; r&#233;forme radicale &#187; du&lt;br class='autobr' /&gt;
capitalisme qui se r&#233;alisera au fur et &#224; mesure qu'il se&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;v&#233;lera rempla&#231;able et que d'autres forces auront m&#251;ri la&lt;br class='autobr' /&gt;
capacit&#233; et la volont&#233; de le remplacer. Gramsci nous&lt;br class='autobr' /&gt;
apprend que l'analyse de la possibilit&#233; de remplacement&lt;br class='autobr' /&gt;
du capitalisme (des rapports de force) requiert le&lt;br class='autobr' /&gt;
pessimisme de l'intelligence, la d&#233;cision qui en d&#233;coule&lt;br class='autobr' /&gt;
requiert l'optimisme de la volont&#233; et la capacit&#233; de&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;alisation d&#233;pend de l'h&#233;g&#233;monie culturelle qui doit se&lt;br class='autobr' /&gt;
mettre en place avant le changement de r&#233;gime (&#233;tudier,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tudier, &#233;tudier !).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Antonio Mosconi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Membre du Conseil d'administration du Centro Einstein di Studi&lt;br class='autobr' /&gt;
Internazionale de Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Synth&#232;se d'une intervention de l'auteur &#224; Cagliari lors des r&#233;unions de&lt;br class='autobr' /&gt;
formation du MFE italien (octobre 2011).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte int&#233;gral en italien et la liste des r&#233;f&#233;rences bibliographiques&lt;br class='autobr' /&gt;
peuvent &#234;tre demand&#233;s &#224; F&#233;d&#233;choses (avant publication en fran&#231;ais)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Ivana Grazziani - Vienne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce que l'on nomme en fran&#231;ais l'&#233;conomie sociale et solidaire (Ndt.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La globalisation, les &#201;tats nationaux et la d&#233;mocratie deviendront compatibles&#8230; gr&#226;ce au f&#233;d&#233;ralisme mondial</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/La-globalisation-les-Etats,190</link>
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		<dc:date>2009-11-03T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antonio Mosconi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dani RODRIK, One Economics, Many Recipes. Globalization, Institutions and Economic Growth, Ed. Princeton University Press, Princeton N. J., 2007 &lt;br class='autobr' /&gt; Dans un essai de 1997, Dani Rodrik posait cette question : est-ce que l'opinion publique mondiale, g&#233;n&#233;ralement favorable &#224; rendre les &#233;changes plus libres, resterait inchang&#233;e si les effets n&#233;gatifs de la globalisation n'&#233;taient pas contr&#244;l&#233;s et corrig&#233;s ? Je publiai une revue de cet essai pour The Federalist Debate en 2000 seulement, apr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-144-2009-02-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 144 &#8212; 2009/02&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dani RODRIK, One Economics, Many Recipes. Globalization, Institutions and Economic Growth, Ed. Princeton University Press, Princeton N. J., 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un essai de 1997, Dani Rodrik posait cette question : est-ce que l'opinion publique mondiale, g&#233;n&#233;ralement favorable &#224; rendre les &#233;changes plus libres, resterait inchang&#233;e si les effets n&#233;gatifs de la globalisation n'&#233;taient pas contr&#244;l&#233;s et corrig&#233;s ? Je publiai une revue de cet essai pour The Federalist Debate en 2000 seulement, apr&#232;s l'&#233;chec du sommet de l'OMC &#224; Seattle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dani Rodrik, Has Globalisation Gone Too far ?, Ed. Institute for (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, quand il &#233;tait d&#233;j&#224; &#233;vident que la question qu'il soulevait &#233;tait proph&#233;tique. C'est ainsi que je reconnaissais qu'il avait mis le doigt sur l'essentiel, en observant cependant que les corrections &#171; techniques &#187; &#224; la gouvernance qu'il sugg&#233;rait n'&#233;taient pas suffisantes pour mettre de c&#244;t&#233; la proposition de donner un gouvernement &#171; politique &#187; &#224; la globalisation. Depuis lors, je me suis efforc&#233; de porter plus d'attention &#224; ce qu'il &#233;crit et cette fois-ci j'examine sans retard One Economics, Many Recipes, qui s'applique encore mieux que son essai ant&#233;rieur au f&#233;d&#233;ralisme mondial. La r&#233;flexion de Rodrik, maintenant que les &#233;v&#233;nements ont confirm&#233; ses craintes, va jusqu'&#224; saisir finalement la question qu'il avait &#233;lud&#233;e l'autre fois : la globalisation est-elle compatible avec la gouvernance par des Etats nationaux et avec la d&#233;mocratie ? Le livre se compose de trois parties : d&#233;veloppement &#233;conomique, institutions et globalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude &#233;conomique du d&#233;veloppement n'est pas seulement le sujet sp&#233;cifique de la premi&#232;re partie mais aussi l'objectif qui &#233;claire tout le livre. Rodrik aboutit &#224; des conclusions tr&#232;s int&#233;ressantes et originales parce que, en d&#233;m&#234;lant les contradictions entre les faits et les lieux communs, il se pose les questions correctes. Dans le cas du d&#233;veloppement &#233;conomique sa question est : pourquoi les pays qui se sont align&#233;s sur l'orthodoxie du Consensus de Washington n'ont pas atteint des niveaux de d&#233;veloppement satisfaisants, tandis que ceux qui ont poursuivi des chemins nationaux h&#233;t&#233;rodoxes suscitent aujourd'hui l'admiration de chacun ? Les deux zones qui contrastent sont d'un c&#244;t&#233; l'Am&#233;rique latine et de l'autre, les pays asiatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rodrik offre deux explications soutenues par une recherche en profondeur sur un grand nombre de pays en d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 / L'application au monde entier des recettes standard, telle qu'elle est faite par les &#233;conomistes n&#233;o-lib&#233;raux par le Consensus, sous-estime la flexibilit&#233; de l'analyse &#233;conomique n&#233;o-classique et son adaptabilit&#233; aux diff&#233;rents environnements nationaux. Les principes fondamentaux (droits de propri&#233;t&#233;, concurrence, soutien ad&#233;quat, stabilit&#233; mon&#233;taire, etc.) peuvent &#234;tre mis en oeuvre dans diff&#233;rents plans politiques qui d&#233;pendent strictement des contraintes locales et des opportunit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 / Le d&#233;collage d'un processus de d&#233;veloppement &#233;conomique requiert des politiques diff&#233;rentes de celles qui doivent soutenir un processus qui est d&#233;j&#224; en marche. Pour le d&#233;collage, il faut peu de r&#233;formes, souvent non orthodoxes, comme des initiatives publiques ou la suppression de lourdes charges fiscales qui d&#233;passent une capacit&#233; &#233;conomique donn&#233;e. Rodrik propose un mod&#232;le diagnostic sous la forme d'un arbre de prise de d&#233;cision (la premi&#232;re bifurcation s&#233;pare les causes d'un rendement &#233;conomique faible de celle des co&#251;ts de financement &#233;lev&#233;s ; ensuite on continue par des analyses de plus en plus d&#233;taill&#233;es). L'une des causes sp&#233;cifiques de rendements faibles ou de la raret&#233; des capitaux dans un pays donn&#233; a &#233;t&#233; identifi&#233;e, on peut concentrer l'intervention du gouvernement sur les points critiques pour &#233;liminer les obstacles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, soutenir le d&#233;veloppement sur le long terme est une t&#226;che complexe qui demande la construction d'une structure institutionnelle pour rendre l'&#233;conomie susceptible de r&#233;sister aux secousses, pour soutenir l'&#233;lan et pour renforcer la capacit&#233; &#224; r&#233;soudre les conflits. L&#224;, un r&#244;le important est jou&#233; par la d&#233;mocratie qui est un amortisseur et une m&#233;ta-institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Chine est l'exemple le plus important parmi les nombreux cas illustr&#233;s par Rodrik. En 1977, l'aile mod&#233;r&#233;e du Parti communiste chinois, conduite par Deng Xiaoping reprit le dessus par rapport aux extr&#233;mistes et soutint la ligne de &#171; l'&#233;conomie socialiste du libre march&#233; &#187;, gr&#226;ce &#224; laquelle les instruments du march&#233; &#233;taient mis au service des objectifs socialistes. Depuis lors, la Chine a mis en place des politiques bien choisies. Elle a combin&#233; une &#233;conomie de march&#233; avec un contr&#244;le du capital et des mouvements d'&#233;changes. Elle a exp&#233;riment&#233; des formes de propri&#233;t&#233; priv&#233;e, mis &#224; part la propri&#233;t&#233; de la terre, en m&#234;me temps que la propri&#233;t&#233; publique et la propri&#233;t&#233; mixte (une formule, par exemple, qui a &#233;t&#233; adopt&#233;e pour les zones d'entreprises d'exportation) ; elle a refus&#233; la d&#233;-r&#233;glementation des prix agricoles mais elle a permis aux agriculteurs de vendre sous un r&#233;gime de libre march&#233; pour les produits qui d&#233;passent la production planifi&#233;e, de fa&#231;on &#224; ce que les salaires industriels puissent rester bas. Elle a atteint des r&#233;sultats extraordinaires avec des taux de croissance annuels au-dessus de 10 %. Comme d'autres &#233;conomies asiatiques qui sont entr&#233;es dans le march&#233; mondial sous la pression et le contr&#244;le de l'Etat, elle a profit&#233; d'un succ&#232;s qui a, d'un autre c&#244;t&#233;, &#233;chapp&#233; &#224; d'autres &#233;conomies, principalement les sud-am&#233;ricaines, qui ont suivi de la fa&#231;on la plus orthodoxe la norme officielle n&#233;o-lib&#233;rale de l'Ecole de Chicago. L'augmentation du revenu, avec un planning familial rigoureux, qui a r&#233;duit de 7 &#224; 2 le nombre d'enfants par femme, a accru le revenu par t&#234;te. Le taux d'ouverture du commerce international (le rapport entre la somme des importations et des exportations et le PNB &#233;tait de plus de 50% ), plus de deux fois celui des Etats-Unis et de l'Union europ&#233;enne. Les Chinois de la diaspora, qui contr&#244;lent les &#233;conomies de la plupart des pays de l'Asie du Sud-est, ne consid&#232;rent plus le gouvernement de leur m&#232;re patrie comme un r&#233;gime qui bloque l'initiative priv&#233;e, mais comme une source de prestige et de s&#233;curit&#233; pour leur participation comp&#233;titive sur le march&#233; mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la seconde partie du livre, Rodrik traite de la question des institutions qui sont n&#233;cessaires pour soutenir le d&#233;veloppement &#224; long terme. Le passage des ressources d'activit&#233;s traditionnelles non productives &#224; des activit&#233;s modernes plus productives n'est pas un processus automatique. Cela requiert des march&#233;s qui fonctionnent bien, mais aussi une &#171; politique industrielle &#187; (un terme &#224; &#233;viter &#224; tout prix pendant les trente ann&#233;es de supr&#233;matie de la vulgate) qui donne une impulsion aux investissements et aux initiatives des entreprises dans de nouvelles activit&#233;s, avec des profits dans le r&#233;seau et les interstices de l'&#233;conomie globale. Rodrik illustre de nombreux instruments de politique industrielle que les gouvernements peuvent utiliser, en &#233;troite relation avec les r&#233;alit&#233;s et possibilit&#233;s locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'argument habituel contre une politique industrielle c'est que les gouvernements ne savent jamais trouver des gagnants &#187;, mais Rodrik montre que &#171; ceci n'est pas la bonne mani&#232;re de penser comment fonctionne la politique industrielle. Une politique industrielle convenablement structur&#233;e est un processus de collaboration strat&#233;gique entre le secteur public et le secteur priv&#233; dont l'objectif est d'identifier les blocages et les obstacles aux nouveaux investissements et &#224; &#233;tablir des politiques appropri&#233;es comme r&#233;ponse &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rodrik, One Economics..., pp. 7-8.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans ce cas, pour &#233;tayer sa th&#233;orie, Rodrik pr&#233;sente les performances tr&#232;s diff&#233;rentes de l'est de l'Asie et de l'Am&#233;rique latine : &#171; la diff&#233;rence... n'est pas que la transformation a &#233;t&#233; activ&#233;e par l'Etat dans un cas et par le march&#233; dans l'autre cas : c'est que la politique industrielle n'a pas &#233;t&#233; aussi concert&#233;e et coh&#233;rente en Am&#233;rique latine que dans l'Asie de l'est, avec pour cons&#233;quence que la transformation a &#233;t&#233; moins profond&#233;ment enracin&#233;e dans la premi&#232;re que dans la seconde. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 110.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Egalement pour les institutions qui soutiennent le march&#233;, (droits de propri&#233;t&#233;, institution de r&#233;glementation, institutions de stabilisation macro-&#233;conomique, institutions d'assurances sociales et de traitement des conflits) Rodrik souligne l'importance de la connaissance locale et recommande qu'en les &#233;tablissant, les acteurs politiques ne donnent pas une importance excessive aux sch&#233;mas directeurs th&#233;oriques, au lieu de l'exp&#233;rimentation. &#171; La question est, comment concevoir de telles institutions qui soient sensibles &#224; la connaissance locale et aux besoins locaux. &#187; L'auteur insiste sur le fait &#171; que les syst&#232;mes politiques de participation sont les m&#233;canismes les plus efficaces pour faire fonctionner et rassembler la connaissance locale. &#187; En effet, la d&#233;mocratie est une m&#233;ta-institution pour construire de bonnes institutions &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 8.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qui fournit des s&#233;ries de cas qui prouvent comment les d&#233;mocraties participatives permettent une meilleure qualit&#233; de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, Rodrik r&#233;fute plusieurs lieux communs de la litt&#233;rature r&#233;cente concernant les institutions. L'attention port&#233;e aux r&#232;gles du jeu d'une soci&#233;t&#233;, comme facteur d&#233;terminant du d&#233;veloppement &#224; long terme, n'implique pas une sous-estimation des objectifs et des contraintes de la politique &#233;conomique. Les institutions d'aujourd'hui, dans les pays en voie de d&#233;veloppement, ont &#233;t&#233; fortement influenc&#233;es par les processus de d&#233;colonisation, mais ceci n'implique pas que les mod&#232;les de d&#233;veloppement soient d&#233;termin&#233;s de fa&#231;on rigide par l'histoire. Les institutions essaient de r&#233;duire le fort conditionnement apport&#233; par la g&#233;ographie sur la production du revenu, mais ceci n'implique pas que la g&#233;ographie soit d&#233;nu&#233;e de cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les droits de propri&#233;t&#233; sont critiques, mais cela n'implique pas que les pays en voie de d&#233;veloppement adopteront des r&#233;gimes de propri&#233;t&#233; semblables &#224; ceux qui pr&#233;valent aux Etats-Unis et en Europe. Les deux premi&#232;res parties du livre sont consacr&#233;es, comme nous l'avons vu, &#224; la question d'adapter avec soin les politiques et les institutions aux r&#233;alit&#233;s locales. La derni&#232;re partie, qui est plus significative d'un point de vue politique, s'attaque &#224; la n&#233;cessit&#233; d'un gouvernement de la globalisation. Rodrik ne tergiverse pas, il va droit au but, il sugg&#232;re un &#171; f&#233;d&#233;ralisme global &#187; comme &#233;tant la seule forme de gouvernement pour faire face aux besoins de l'&#233;conomie mondiale et capable de combiner globalisation et d&#233;mocratie. Cependant il remet cette solution &#171; &#224; long terme &#187;, quand, comme disait Keynes, &#171; nous serons tous morts &#187;. Pour le pr&#233;sent, il propose donc de restaurer le compromis de Bretton Woods. Voici comment il r&#233;sume, dans l'introduction son id&#233;e sur la question : &#171; ... J'identifie le dilemme central de l'&#233;conomie mondiale comme la tension entre la nature globale de nombreux march&#233;s d'aujourd'hui pour les marchandises, les capitaux et les services et la nature nationale de presque toutes les institutions qui les &#233;tayent et les soutiennent. Les besoins d'efficacit&#233;, d'&#233;quit&#233; et de l&#233;gitimit&#233; ne peuvent pas tous &#234;tre remplis. Si nous souhaitons faire progresser la globalisation &#233;conomique, il nous faut c&#233;der soit sur l'Etat-nation, soit sur la d&#233;mocratie. Si nous voulons garder l'Etat-nation nous devons c&#233;der soit sur une int&#233;gration &#233;conomique profonde, soit sur la d&#233;mocratie de masse. Et si nous voulons approfondir la d&#233;mocratie, nous devons sacrifier soit l'Etat-nation, soit une int&#233;gration profonde. Mais le message d'ensemble n'est pas pessimiste. Notre d&#233;fi n'est pas tr&#232;s diff&#233;rent de celui auquel furent confront&#233;s les architectes du syst&#232;me de Bretton Woods, apr&#232;s la deuxi&#232;me guerre mondiale. En concevant des institutions appropri&#233;es de gouvernance &#233;conomique globale -en incorporant des m&#233;canismes de clauses de sauvegarde et de retrait- nous pouvons conserver une bonne part du b&#233;n&#233;fice de la globalisation &#233;conomique, tout en accordant aux d&#233;mocraties l'espace dont elles ont besoin pour r&#233;aliser les objectifs internes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., pp. 8-9.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La justification de Rodrik pour conserver la souverainet&#233; nationale est du &#171; r&#233;alisme &#187;, mais ceci l'am&#232;ne &#224; accepter des pratiques tr&#232;s dangereuses -si on les laissait aux d&#233;cisions arbitraires des Etats individuels. En particulier, en ce qui concerne le commerce, l'auteur argumente qu'un &#171; r&#233;gime commercial souhaitable serait un r&#233;gime qui offrirait aux pays en voie de d&#233;veloppement un espace politique beaucoup plus large pour poursuivre des strat&#233;gies de croissance con&#231;ues et organis&#233;es localement, qui pourraient inclure des pratiques peu orthodoxes, comme des subventions &#224; l'exportation, une protection du commerce, des r&#232;glements faibles sur les brevets et sur les exigences de performances des investissements (&#8230;). Le r&#244;le de l'OMC serait de r&#233;guler les interfaces entre des r&#233;gimes de r&#233;glementation diff&#233;rents suivant les nations, plut&#244;t que de r&#233;duire les diff&#233;rences entre eux (&#8230;). Si les n&#233;gociateurs du commerce global sont s&#233;rieux pour faire fonctionner la globalisation pour les pays en voie de d&#233;veloppement, ils devraient laisser de c&#244;t&#233; tout le reste de leur agenda et se concentrer sur un programme de permis de travail temporaires qui permettent aux travailleurs sans qualification des pays pauvres de trouver de l'emploi (pour des p&#233;riodes de trois &#224; cinq ans) dans les pays riches &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 9.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sans doute un &#171; r&#233;alisme &#187; d'une esp&#232;ce diabolique, celui qui conduit Rodrik, juste apr&#232;s avoir identifi&#233; dans le &#171; f&#233;d&#233;ralisme global &#187; la solution du probl&#232;me (&#171; le f&#233;d&#233;ralisme global alignerait les juridictions avec le march&#233; et supprimerait les effets de fronti&#232;re &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 201.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) pour assembler un jeu de propositions capable de l&#233;gitimer des pratiques du type &#171; tant pis pour mon voisin &#187; et compromettre la paix mondiale ! Apr&#232;s avoir lu et relu le chapitre 7, je crois que je peux conclure que Rodrik plonge dans l'erreur parce qu'il ne conna&#238;t pas assez bien le f&#233;d&#233;ralisme. Il a sous les yeux les Etats-Unis qui sont aujourd'hui devenus un Etat national centralisateur et il croit, &#224; tort, qu'un gouvernement mondial sera semblable &#224; ce mod&#232;le. Dans ce cas de figure, il surestime les transferts de souverainet&#233; des Etats aux Nations unies, n&#233;cessaires pour assurer la gouvernance de la globalisation et il n&#233;glige enti&#232;rement le fait que le compromis de Bretton Woods fonctionna gr&#226;ce &#224; la pr&#233;sence d'un pouvoir h&#233;g&#233;monique et &#224; &#171; l'&#233;talon dollar &#187;, deux conditions qui ne peuvent pas se r&#233;p&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; son &#171; r&#233;alisme &#187; mal compris qui le fait penser que le &#171; f&#233;d&#233;ralisme global &#187; est une solution capable de combiner la globalisation et la d&#233;mocratie, mais qui r&#233;duit &#224; pratiquement rien les Etats nationaux. Au lieu de cela, le f&#233;d&#233;ralisme n'est pas incompatible avec les Etats nations, mais seulement avec leur souverainet&#233; absolue et exclusive. En fait, le f&#233;d&#233;ralisme permet de composer ou associer un trio : la globalisation, les Etats nationaux et la d&#233;mocratie, comme le montre l'Union europ&#233;enne. L'Etat (un Etat h&#233;g&#233;monique ou un Etat f&#233;d&#233;ral) doit &#233;tablir les fondations du march&#233;. Il en est ainsi pour les &#233;conomies nationales et continentales ; il ne peut pas en &#234;tre autrement pour le march&#233; global. Les r&#232;gles de la concurrence doivent garantir un march&#233; libre (droits de propri&#233;t&#233;, discipline dans l'ex&#233;cution des contrats, l&#233;gislation anti-trust globale), corriger ses faiblesses (monnaie, politique &#233;conomique, r&#233;gulation et contr&#244;le des march&#233;s financiers et des banques), assurer la rectitude morale (i. e. la justice globale : des crit&#232;res sociaux standards, une politique globale pour le d&#233;veloppement), mettre des limitations &#224; la poursuite du profit (comme la solidarit&#233; globale et la protection globale de l'environnement). Comme Hoffe le r&#233;sume, &#171; la globalisation, dans ses diff&#233;rentes formes, cr&#233;&#233; ou rend plus &#233;vidente la n&#233;cessit&#233; d'agir qui exige, pour r&#233;pondre aux besoins du droit, de la justice et de la d&#233;mocratie, un ordre g&#233;n&#233;ral qui remplace la force par la loi, qui lie la loi aux principes de justice et confie des lois justes &#224; une r&#233;publique mondiale subsidiaire et f&#233;d&#233;rale.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Horfried Hoffe, Demokratie im Zeitalter der Globalisierung, Munich, C.H. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Les Nations unies r&#233;form&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Antonio MOSCONI&lt;br class='manualbr' /&gt;Article publi&#233; en commun avec The Federalist Debate - Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Joseph MONTCHAMP - Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dani Rodrik, Has Globalisation Gone Too far ?, Ed. Institute for International Economics, Washington, D.C., March 1997, revu par A. Mosconi, Politics have not Gone Far Enough, in, The Federalist Debate, XIII, 2000, n&#176; 3, p. 52-54.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rodrik, One Economics..., pp. 7-8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., p. 110.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., p. 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., pp. 8-9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., p. 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., p. 201.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Horfried Hoffe, Demokratie im Zeitalter der Globalisierung, Munich, C.H. Beck, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La globalisation, les Etats nationaux et la d&#233;mocratie deviendront compatibles gr&#226;ce au f&#233;d&#233;ralisme mondial </title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/La-globalisation-les-Etats</link>
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		<dc:date>2009-08-31T08:24:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antonio Mosconi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dani RODRIK, One Economics, Many Recipes. Globalization, Institutions and Economic Growth, Ed. Princeton University Press, Princeton N. J., 2007 &lt;br class='autobr' /&gt; Dans un essai de 1997, Dani Rodrik posait cette question : est-ce que l'opinion publique mondiale, g&#233;n&#233;ralement favorable &#224;rendre les &#233;changes plus libres, resterait inchang&#233;e si les effets n&#233;gatifs de la globalisation n'&#233;taient pas contr&#244;l&#233;s et corrig&#233;s ? Je publiai une revue de cet essai pourTheFederalist Debateen 2000 seulement, apr&#232;s l'&#233;chec (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-144-2009-02-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 144 &#8212; 2009/02&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dani RODRIK, One Economics, Many Recipes. Globalization, Institutions and Economic Growth, Ed. Princeton University Press, Princeton N. J., 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un essai de 1997, Dani Rodrik posait cette question : est-ce que l'opinion publique mondiale, g&#233;n&#233;ralement favorable &#224;rendre les &#233;changes plus libres, resterait inchang&#233;e si les effets n&#233;gatifs de la globalisation n'&#233;taient pas contr&#244;l&#233;s et corrig&#233;s ? Je publiai une revue de cet essai pour&lt;i&gt;The&lt;/i&gt;&lt;i&gt;Federalist Debate&lt;/i&gt;en 2000 seulement, apr&#232;s l'&#233;chec du sommet de l'OMC &#224; Seattle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dani Rodrik, Has Globalisation Gone Too far ?, Ed. Institute for (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, quand il &#233;tait d&#233;j&#224; &#233;vident que la question qu'il soulevait &#233;tait proph&#233;tique. C'est ainsi que je reconnaissais qu'il avait mis le doigt sur l'essentiel, en observant cependant que les corrections &#171; techniques &#187; &#224; la gouvernance qu'il sugg&#233;rait n'&#233;taient pas suffisantes pour mettre de c&#244;t&#233; la proposition de donner un gouvernement &#171; politique &#187; &#224; la globalisation. Depuis lors, je me suis efforc&#233; de porter plus d'attention &#224; ce qu'il &#233;crit et cette fois-ci j'examine sans retard&lt;i&gt;One Economics, Many Recipes,&lt;/i&gt;qui s'applique encore mieux que son essai ant&#233;rieur au f&#233;d&#233;ralisme mondial. La r&#233;flexion de Rodrik, maintenant que les &#233;v&#233;nements ont confirm&#233; ses craintes, va jusqu'&#224; saisir finalement la question qu'il avait &#233;lud&#233;e l'autre fois : la globalisation est-elle compatible avec la gouvernance par des Etats nationaux et avec la d&#233;mocratie ? Le livre se compose de trois parties : d&#233;veloppement &#233;conomique, institutions et globalisation.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude &#233;conomique du d&#233;veloppement n'est pas seulement le sujet sp&#233;cifique de la premi&#232;re partie mais aussi l'objectif qui &#233;claire tout le livre. Rodrik aboutit &#224;des conclusions tr&#232;s int&#233;ressantes et originales parce que, en d&#233;m&#234;lant les contradictions entre les faits et les lieux communs, il se pose les questions correctes. Dans le cas du d&#233;veloppement &#233;conomique sa question est : pourquoi les pays qui se sont align&#233;s sur l'orthodoxie du Consensus de Washington n'ont pas atteint des niveaux de d&#233;veloppement satisfaisants, tandis que ceux qui ont poursuivi des chemins nationaux h&#233;t&#233;rodoxes suscitent aujourd'hui l'admiration de chacun ? Les deux zones qui contrastent sont d'un c&#244;t&#233; l'Am&#233;rique latine et de l'autre, les pays asiatiques.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rodrik offre deux explications soutenues par une recherche en profondeur sur un grand nombre de pays en d&#233;veloppement.&lt;strong&gt;1/&lt;/strong&gt;L'application au monde entier des recettes standard, telle qu'elle est faite par les &#233;conomistes n&#233;o-lib&#233;raux par le Consensus, sous-estime la flexibilit&#233; de l'analyse &#233;conomique n&#233;o-classique et son adaptabilit&#233; aux diff&#233;rents environnements nationaux. Les principes fondamentaux (droits de propri&#233;t&#233;, concurrence, soutien ad&#233;quat, stabilit&#233; mon&#233;taire, etc.) peuvent &#234;tre mis en oeuvre dans diff&#233;rents plans politiques qui d&#233;pendent strictement des contraintes locales et des opportunit&#233;s.&lt;strong&gt;2/&lt;/strong&gt;Le d&#233;collage d'un processus de d&#233;veloppement &#233;conomique requiert des politiques diff&#233;rentes de celles qui doivent soutenir un processus qui est d&#233;j&#224; en marche. Pour le d&#233;collage, il faut peu de r&#233;formes, souvent non orthodoxes, comme des initiatives publiques ou la suppression de lourdes charges fiscales qui d&#233;passent une capacit&#233; &#233;conomique donn&#233;e. Rodrik propose un mod&#232;le diagnostic sous la forme d'un arbre de prise de d&#233;cision (la premi&#232;re bifurcation s&#233;pare les causes d'un rendement &#233;conomique faible de celle des co&#251;ts de financement &#233;lev&#233;s ; ensuite on continue par des analyses de plus en plus d&#233;taill&#233;es). L'une des causes sp&#233;cifiques de rendements faibles ou de la raret&#233; des capitaux dans un pays donn&#233; a &#233;t&#233; identifi&#233;e, on peut concentrer l'intervention du gouvernement sur les points critiques pour &#233;liminer les obstacles.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, soutenir le d&#233;veloppement sur le long terme est une t&#226;che complexe qui demande la construction d'une structure institutionnelle pour rendre l'&#233;conomie susceptible de r&#233;sister aux secousses, pour soutenir l'&#233;lan et pour renforcer la capacit&#233; &#224; r&#233;soudre les conflits. L&#224;, un r&#244;le important est jou&#233; par la d&#233;mocratie qui est un amortisseur et une m&#233;ta-institution.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Chine est l'exemple le plus important parmi les nombreux cas illustr&#233;s par Rodrik. En 1977, l'aile mod&#233;r&#233;e du&lt;i&gt;Parti communiste chinois&lt;/i&gt;, conduite par Deng Xiaoping reprit le dessus par rapport aux extr&#233;mistes et soutint la ligne de &#171; l'&#233;conomie socialiste du libre march&#233; &#187;, gr&#226;ce &#224; laquelle les instruments du march&#233; &#233;taient mis au service des objectifs socialistes. Depuis lors, la Chine a mis en place des politiques bien choisies. Elle a combin&#233; une &#233;conomie de march&#233; avec un contr&#244;le du capital et des mouvements d'&#233;changes. Elle a exp&#233;riment&#233; des formes de propri&#233;t&#233; priv&#233;e, mis &#224; part la propri&#233;t&#233; de la terre, en m&#234;me temps que la propri&#233;t&#233; publique et la propri&#233;t&#233; mixte (une formule, par exemple, qui a &#233;t&#233; adopt&#233;e pour les zones d'entreprises d'exportation) ; elle a refus&#233; la d&#233;-r&#233;glementation des prix agricoles mais elle a permis aux agriculteurs de vendre sous un r&#233;gime de libre march&#233; pour les produits qui d&#233;passent la production planifi&#233;e, de fa&#231;on &#224; ce que les salaires industriels puissent rester bas. Elle a atteint des r&#233;sultats extraordinaires avec des taux de croissance annuels au-dessus de 10 %. Comme d'autres &#233;conomies asiatiques qui sont entr&#233;es dans le march&#233; mondial sous la pression et le contr&#244;le de l'Etat, elle a profit&#233; d'un succ&#232;s qui a, d'un autre c&#244;t&#233;, &#233;chapp&#233; &#224; d'autres &#233;conomies, principalement les sud-am&#233;ricaines, qui ont suivi de la fa&#231;on la plus orthodoxe la norme officielle n&#233;o-lib&#233;rale de l'Ecole de Chicago. L'augmentation du revenu, avec un planning familial rigoureux, qui a r&#233;duit de 7 &#224; 2 le nombre d'enfants par femme, a accru le revenu par t&#234;te. Le taux d'ouverture du commerce international (le rapport entre la somme des importations et des exportations et le PNB &#233;tait de plus de 50% ), plus de deux fois celui des Etats-Unis et de l'Union europ&#233;enne. Les Chinois de la diaspora, qui contr&#244;lent les &#233;conomies de la plupart des pays de l'Asie du Sud-est, ne consid&#232;rent plus le gouvernement de leur m&#232;re patrie comme un r&#233;gime qui bloque l'initiative priv&#233;e, mais comme une source de prestige et de s&#233;curit&#233; pour leur participation comp&#233;titive sur le march&#233; mondial.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la seconde partie du livre, Rodrik traite de la question des institutions qui sont n&#233;cessaires pour soutenir le d&#233;veloppement &#224; long terme. Le passage des ressources d'activit&#233;s traditionnelles non productives &#224; des activit&#233;s modernes plus productives n'est pas un processus automatique. Cela requiert des march&#233;s qui fonctionnent bien, mais aussi une &#171; politique industrielle &#187; (un terme &#224; &#233;viter &#224; tout prix pendant les trente ann&#233;es de supr&#233;matie de la vulgate) qui donne une impulsion aux investissements et aux initiatives des entreprises dans de nouvelles activit&#233;s, avec des profits dans le r&#233;seau et les interstices de l'&#233;conomie globale. Rodrik illustre de nombreux instruments de politique industrielle que les gouvernements peuvent utiliser, en &#233;troite relation avec les r&#233;alit&#233;s et possibilit&#233;s locales.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'argument habituel contre une politique industrielle c'est que les gouvernements ne savent jamais trouver des gagnants &#187;, mais Rodrik montre que &#171; ceci n'est pas la bonne mani&#232;re de penser comment fonctionne la politique industrielle. Une politique industrielle convenablement structur&#233;e est un&lt;i&gt;processus&lt;/i&gt;de collaboration strat&#233;gique entre le secteur public et le secteur priv&#233; dont l'objectif est d'identifier les blocages et les obstacles aux nouveaux investissements et &#224; &#233;tablir des politiques appropri&#233;es comme r&#233;ponse &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rodrik, One Economics..., pp. 7-8.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans ce cas, pour &#233;tayer sa th&#233;orie, Rodrik pr&#233;sente les performances tr&#232;s diff&#233;rentes de l'est de l'Asie et de l'Am&#233;rique latine : &#171; la diff&#233;rence... n'est pas que la transformation a &#233;t&#233; activ&#233;e par l'Etat dans un cas et par le march&#233; dans l'autre cas : c'est que la politique industrielle n'a pas &#233;t&#233; aussi concert&#233;e et coh&#233;rente en Am&#233;rique latine que dans l'Asie de l'est, avec pour cons&#233;quence que la transformation a &#233;t&#233; moins profond&#233;ment enracin&#233;e dans la premi&#232;re que dans la seconde. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 110.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Egalement pour les institutions qui soutiennent le march&#233;, (droits de propri&#233;t&#233;, institution de r&#233;glementation, institutions de stabilisation macro-&#233;conomique, institutions d'assurances sociales et de traitement des conflits) Rodrik souligne l'importance de la connaissance locale et recommande qu'en les &#233;tablissant, les acteurs politiques ne donnent pas une importance excessive aux sch&#233;mas directeurs th&#233;oriques, au lieu de l'exp&#233;rimentation. &#171; La question est, comment concevoir de telles institutions qui soient sensibles &#224; la connaissance locale et aux besoins locaux. &#187; L'auteur insiste sur le fait &#171; que les syst&#232;mes politiques de participation sont les m&#233;canismes les plus efficaces pour faire fonctionner et rassembler la connaissance locale. &#187; En effet, la d&#233;mocratie est une m&#233;ta-institution pour construire de bonnes institutions &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 8.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qui fournit des s&#233;ries de cas qui prouvent comment les d&#233;mocraties participatives permettent une meilleure qualit&#233; de d&#233;veloppement.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, Rodrik r&#233;fute plusieurs lieux communs de la litt&#233;rature r&#233;cente concernant les institutions. L'attention port&#233;e aux r&#232;gles du jeu d'une soci&#233;t&#233;, comme facteur d&#233;terminant du d&#233;veloppement &#224; long terme, n'implique pas une sous-estimation des objectifs et des contraintes de la politique &#233;conomique. Les institutions d'aujourd'hui, dans les pays en voie de d&#233;veloppement, ont &#233;t&#233; fortement influenc&#233;es par les processus de d&#233;colonisation, mais ceci n'implique pas que les mod&#232;les de d&#233;veloppement soient d&#233;termin&#233;s de fa&#231;on rigide par l'histoire. Les institutions essaient de r&#233;duire le fort conditionnement apport&#233; par la g&#233;ographie sur la production du revenu, mais ceci n'implique pas que la g&#233;ographie soit d&#233;nu&#233;e de cons&#233;quences.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les droits de propri&#233;t&#233;sont critiques, mais cela n'implique pas que les pays en voie de d&#233;veloppement adopteront des r&#233;gimes de propri&#233;t&#233; semblables &#224; ceux qui pr&#233;valent aux Etats-Unis et en Europe. Les deux premi&#232;res parties du livre sont consacr&#233;es, comme nous l'avons vu, &#224; la question d'adapter avec soin les politiques et les institutions aux r&#233;alit&#233;s locales. La derni&#232;re partie, qui est plus significative d'un point de vue politique, s'attaque &#224; la n&#233;cessit&#233; d'un gouvernement de la globalisation. Rodrik ne tergiverse pas, il va droit au but, il sugg&#232;re un &#171; f&#233;d&#233;ralisme global &#187; comme &#233;tant la seule forme de gouvernement pour faire face aux besoins de l'&#233;conomie mondiale et capable de combiner globalisation et d&#233;mocratie. Cependant il remet cette solution &#171; &#224; long terme &#187;, quand, comme disait Keynes, &#171; nous serons tous morts &#187;. Pour le pr&#233;sent, il propose donc de restaurer le compromis de Bretton Woods. Voici comment il r&#233;sume, dans l'introduction son id&#233;e sur la question : &#171; ... J'identifie le dilemme central de l'&#233;conomie mondiale comme la tension entre la nature&lt;i&gt;globale&lt;/i&gt;de nombreux march&#233;s d'aujourd'hui pour les marchandises, les capitaux et les services et la nature&lt;i&gt;nationale&lt;/i&gt;de presque toutes les institutions qui les &#233;tayent et les soutiennent. Les besoins d'efficacit&#233;, d'&#233;quit&#233; et de l&#233;gitimit&#233; ne peuvent pas tous &#234;tre remplis. Si nous souhaitons faire progresser la globalisation &#233;conomique, il nous faut c&#233;der soit sur l'Etat-nation, soit sur la d&#233;mocratie. Si nous voulons garder l'Etat-nation nous devons c&#233;der soit sur une int&#233;gration &#233;conomique profonde, soit sur la d&#233;mocratie de masse. Et si nous voulons approfondir la d&#233;mocratie, nous devons sacrifier soit l'Etat-nation, soit une int&#233;gration profonde. Mais le message d'ensemble n'est pas pessimiste. Notre d&#233;fi n'est pas tr&#232;s diff&#233;rent de celui auquel furent confront&#233;s les architectes du syst&#232;me de Bretton Woods, apr&#232;s la deuxi&#232;me guerre mondiale. En concevant des institutions appropri&#233;es de gouvernance &#233;conomique globale -en incorporant des m&#233;canismes de clauses de sauvegarde et de retrait- nous pouvons conserver une bonne part du b&#233;n&#233;fice de la globalisation &#233;conomique, tout en accordant aux d&#233;mocraties l'espace dont elles ont besoin pour r&#233;aliser les objectifs internes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., pp. 8-9.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La justification de Rodrik pour conserver la souverainet&#233; nationale est du &#171; r&#233;alisme &#187;, mais ceci l'am&#232;ne &#224; accepter des pratiques tr&#232;s dangereuses -si on les laissait aux d&#233;cisions arbitraires des Etats individuels. En particulier, en ce qui concerne le commerce, l'auteur argumente qu'un &#171; r&#233;gime commercial souhaitable serait un r&#233;gime qui offrirait aux pays en voie de d&#233;veloppement un espace politique beaucoup plus large pour poursuivre des strat&#233;gies de croissance con&#231;ues et organis&#233;es localement, qui pourraient inclure des pratiques peu orthodoxes, comme des subventions &#224; l'exportation, une protection du commerce, des r&#232;glements faibles sur les brevets et sur les exigences de performances des investissements (&#8230;). Le r&#244;le de l'OMC serait de r&#233;guler les interfaces entre des r&#233;gimes de r&#233;glementation diff&#233;rents suivant les nations, plut&#244;t que de r&#233;duire les diff&#233;rences entre eux (&#8230;). Si les n&#233;gociateurs du commerce global sont s&#233;rieux pour faire fonctionner la globalisation pour les pays en voie de d&#233;veloppement, ils devraient laisser de c&#244;t&#233; tout le reste de leur agenda et se concentrer sur un programme de permis de travail temporaires qui permettent aux travailleurs sans qualification des pays pauvres de trouver de l'emploi (pour des p&#233;riodes de trois &#224; cinq ans) dans les pays riches &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 9.&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sans doute un &#171; r&#233;alisme &#187; d'une esp&#232;ce diabolique, celui qui conduit Rodrik, juste apr&#232;s avoir identifi&#233; dans le &#171; f&#233;d&#233;ralisme global &#187; la solution du probl&#232;me (&#171; le f&#233;d&#233;ralisme global alignerait les juridictions avec le march&#233; et supprimerait les effets de fronti&#232;re &#187;7) pour assembler un jeu de propositions capable de l&#233;gitimer des pratiques du type &#171; tant pis pour mon voisin &#187; et compromettre la paix mondiale ! Apr&#232;s avoir lu et relu le chapitre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 201.&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, je crois que je peux conclure que Rodrik plonge dans l'erreur parce qu'il ne conna&#238;t pas assez bien le f&#233;d&#233;ralisme. Il a sous les yeux les Etats-Unis qui sont aujourd'hui devenus un Etat national centralisateur et il croit, &#224; tort, qu'un gouvernement mondial sera semblable &#224; ce mod&#232;le. Dans ce cas de figure, il surestime les transferts de souverainet&#233; des Etats aux Nations unies, n&#233;cessaires pour assurer la gouvernance de la globalisation et il n&#233;glige enti&#232;rement le fait que le compromis de Bretton Woods fonctionna gr&#226;ce &#224; la pr&#233;sence d'un pouvoir h&#233;g&#233;monique et &#224; &#171; l'&#233;talon dollar &#187;, deux conditions qui ne peuvent pas se r&#233;p&#233;ter.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; son &#171; r&#233;alisme &#187; mal compris qui le fait penser que le &#171; f&#233;d&#233;ralisme global &#187; est une solution capable de combiner la globalisation et la d&#233;mocratie, mais qui r&#233;duit &#224; pratiquement rien les Etats nationaux. Au lieu de cela, le f&#233;d&#233;ralisme n'est pas incompatible avec les Etats nations, mais seulement avec leur souverainet&#233; absolue et exclusive. En fait, le f&#233;d&#233;ralisme permet de composer ou associer un trio : la globalisation, les Etats nationaux et la d&#233;mocratie, comme le montre l'Union europ&#233;enne. L'Etat (un Etat h&#233;g&#233;monique ou un Etat f&#233;d&#233;ral) doit &#233;tablir les fondations du march&#233;. Il en est ainsi pour les &#233;conomies nationales et continentales ; il ne peut pas en &#234;tre autrement pour le march&#233; global. Les r&#232;gles de la concurrence doivent garantir un march&#233; libre (droits de propri&#233;t&#233;, discipline dans l'ex&#233;cution des contrats, l&#233;gislation anti-trust globale), corriger ses faiblesses (monnaie, politique &#233;conomique, r&#233;gulation et contr&#244;le des march&#233;s financiers et des banques), assurer la rectitude morale (i. e. la justice globale : des crit&#232;res sociaux standards, une politique globale pour le d&#233;veloppement), mettre des limitations &#224; la poursuite du profit (comme la solidarit&#233; globale et la protection globale de l'environnement). Comme Hoffe le r&#233;sume, &#171; la globalisation, dans ses diff&#233;rentes formes, cr&#233;&#233; ou rend plus &#233;vidente la n&#233;cessit&#233; d'agir qui exige, pour r&#233;pondre aux besoins du droit, de la justice et de la d&#233;mocratie, un ordre g&#233;n&#233;ral qui remplace la force par la loi, qui lie la loi aux principes de justice et confie des lois justes &#224; une r&#233;publique mondiale subsidiaire et f&#233;d&#233;rale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Horfried Hoffe, Demokratie im Zeitalter der Globalisierung, Munich, C.H. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les Nations Unies r&#233;form&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dani Rodrik, Has Globalisation Gone Too far ?, Ed. Institute for International Economics, Washington, D.C., March 1997, revu par A. Mosconi, Politics have not Gone Far Enough, in, The Federalist Debate, XIII, 2000, n&#176; 3, p. 52-54.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rodrik, One Economics..., pp. 7-8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., p. 110.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., p. 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., pp. 8-9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., p. 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., p. 201.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Horfried Hoffe, Demokratie im Zeitalter der Globalisierung, Munich, C.H. Beck, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Nous revendiquons un nouveau Bretton Woods</title>
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		<dc:date>2009-01-25T07:07:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alfonso Iozzo, Antonio Mosconi</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'analyse de la relation intercurrente entre la monnaie et le pouvoir a pouss&#233; les f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens, l'ann&#233;e o&#249; Nixon a d&#233;cr&#233;t&#233; l'inconvertibilit&#233; du dollar en or (1971), &#224; estimer que la proposition de Robert Triffin pour une &#233;volution des droits de tirage sp&#233;ciaux du Fonds mon&#233;taire international (FMI) vers la construction d'une v&#233;ritable monnaie mondiale, n'&#233;tait pas m&#251;re. L'&#233;quilibre bipolaire et l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine rendaient alors seulement l'unification mon&#233;taire europ&#233;enne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-142-2008-12-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 142 &#8212; 2008/12&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'analyse de la relation intercurrente entre la monnaie et le pouvoir a pouss&#233; les f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens, l'ann&#233;e o&#249; Nixon a d&#233;cr&#233;t&#233; l'inconvertibilit&#233; du dollar en or (1971), &#224; estimer que la proposition de Robert Triffin pour une &#233;volution des droits de tirage sp&#233;ciaux du Fonds mon&#233;taire international (FMI) vers la construction d'une v&#233;ritable monnaie mondiale, n'&#233;tait pas m&#251;re. L'&#233;quilibre bipolaire et l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine rendaient alors seulement l'unification mon&#233;taire europ&#233;enne n&#233;cessaire (et possible). Mario Albertini &#233;crivait : &#171; Le but &#233;conomique est de transformer un groupe de monnaies nationales, avec des possibilit&#233;s internationales limit&#233;es et subordonn&#233;es, en une monnaie &#8216;nationale' (europ&#233;enne) qui couvre tout l'espace en question. Il s'agit donc de mettre en &#339;uvre le moyen politique&#8230; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le probl&#232;me mon&#233;taire et le probl&#232;me politique europ&#233;en &#187;, in , Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le &lt;i&gt;Movimento Federalista Europeo&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;MFE&lt;/i&gt;) poursuivit cet objectif d'une mani&#232;re tenace, jusqu'&#224; la cr&#233;ation de l'euro. Triffin lui-m&#234;me fut convaincu de l'actualit&#233; de la proposition et se voua exclusivement au projet d'unification mon&#233;taire de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de la guerre froide et de la crispation du monde en deux blocs antagonistes (1991) a favoris&#233; le d&#233;veloppement de nouvelles puissances r&#233;gionales et a redistribu&#233; les poids &#233;conomiques sur la sc&#232;ne mondiale. Elle a aussi malheureusement, en contradiction avec cette r&#233;alit&#233;, encourag&#233; la tentative des Etats-Unis d'&#233;tablir un gouvernement unilat&#233;ral du monde. Quand Bush a r&#233;pliqu&#233; &#224; l'attaque du onze septembre (2001) non pas comme &#224; un acte criminel mais en terme de guerre pr&#233;ventive globale, &#171; avec nous ou contre nous &#187; selon ses paroles, il a pos&#233; les pr&#233;misses pour que le d&#233;clin de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine subisse une brusque acc&#233;l&#233;ration. L'issue en a &#233;t&#233; d&#233;sastreuse pour le monde surtout pour l'accession aux biens communs mondiaux tels que la paix, la s&#233;curit&#233;, la l&#233;galit&#233;, le caract&#232;re &#233;nerg&#233;tique et &#233;cologique durable du mode de production et des mod&#232;les de consommation, l'&#233;quit&#233; dans la distribution et la stabilit&#233; mon&#233;taire. Les Etats-Unis ont perdu leur h&#233;g&#233;monie (que ce soit en termes culturels/gramsciens ou dans la dimension r&#233;aliste/strat&#233;gique) sur tous ces terrains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le destin du pouvoir politique et celui de la monnaie sont aussi apparus comme &#233;troitement li&#233;s aux yeux des Am&#233;ricains. Comme l'a r&#233;sum&#233; Chalmers, &#171; nous ne payons pas vraiment les co&#251;ts de la guerre. Ce sont les Chinois, les Japonais et d'autres investisseurs asiatiques qui le font. Nous mettons les co&#251;ts &#224; leur compte en alimentant le plus important d&#233;ficit public d'un Etat et le plus important d&#233;ficit des comptes courants de l'histoire &#233;conomique moderne. T&#244;t ou tard le militarisme nous am&#232;nera &#224; la banqueroute &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chalmers Johnson, Nemesis. The Last Days of the American Republic , &#233;d. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les d&#233;tenteurs d'actifs financiers libell&#233;s en dollars, d&#233;sireux de diversifier les disponibilit&#233;s et les portefeuilles, se sont tourn&#233;s vers l'euro provoquant ainsi une appr&#233;ciation non proportionn&#233;e &#224; la participation de l'euro-zone &#224; la formation des &#233;quilibres mondiaux (son budget courant est substantiellement en &#233;quilibre). Les monnaies qui sont li&#233;es au dollar (comme le yuan chinois, les monnaies des pays du Golfe, le real br&#233;silien et le peso argentin) s'en sont d&#233;connect&#233;es pour chercher un ancrage dans des paniers r&#233;gionaux correspondant mieux &#224; la composition mon&#233;taire r&#233;elle de leur propre commerce international et donner naissance &#224; de v&#233;ritables unions mon&#233;taires semblables &#224; l'euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, les f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens, en r&#233;alisant la n&#233;cessaire actualisation du rapport strat&#233;gique entre leur action europ&#233;enne et leur action mondiale, ont estim&#233; que le moment &#233;tait venu de reprendre le projet de Triffin et de nombreux &#233;conomistes qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233; : Keynes, avec le &lt;i&gt;bancor&lt;/i&gt; &#224; Bretton Woods, et encore avant jusqu'&#224; Stuart Mill. Nous avons &#233;labor&#233; une proposition concr&#232;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Iozzo, A. Mosconi, &#8220;The Foundation of a Cooperative Global Financial (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui a &#233;t&#233; d&#233;battue au sein du Mouvement au niveau europ&#233;en et approuv&#233;e &#224; l'unanimit&#233; par le XXV&#176; Congr&#232;s du &lt;i&gt;World Federalist Movement &#8211; Institute for Global&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Policy&lt;/i&gt; en 2007. L'id&#233;e, c'est que les Etats-Unis ne peuvent pas continuer &#224; financer sans douleur le d&#233;ficit ext&#233;rieur cons&#233;cutif &#224; l'exc&#233;dent de la d&#233;pense priv&#233;e et publique (&#171; le beurre et les canons &#187;) par rapport &#224; l'&#233;pargne, avec une monnaie qu'ils peuvent &#233;mettre eux-m&#234;mes, gonfler ou d&#233;valuer, mais que tous les pays doivent utiliser une &lt;i&gt;World Currency Unit&lt;/i&gt; ; avec des fonctions analogues &#224; celles que la &lt;i&gt;European Currency&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Unit&lt;/i&gt; (ECU) avait jou&#233; dans la phase pr&#233;c&#233;dant la cr&#233;ation de l'euro ; sous la direction du FMI, transform&#233; en un v&#233;ritable Conseil des ministres de l'&#233;conomie de l'ONU, comme l'a d&#233;j&#224; propos&#233; Delors ; g&#233;r&#233;e par la Banque des r&#232;glements internationaux ; sous la vigilance d'une Autorit&#233; mondiale pour le contr&#244;le des march&#233;s et de leurs inspecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de soumettre &#224; un contr&#244;le multilat&#233;ral et plus d&#233;mocratique la cr&#233;ation des liquidit&#233;s internationales a acquis un caract&#232;re d'urgence dramatique avec la banqueroute du syst&#232;me financier am&#233;ricain. Le sauvetage des principaux instituts de cr&#233;dit foncier, des banques d'affaires et des compagnies d'assurance moyennant le transfert de leurs actifs en souffrance sur le budget des Etats-Unis, pose des questions bien plus inqui&#233;tantes que celles auxquelles il pr&#233;tend apporter une r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de l'&#233;t&#233; 2007, la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine (&lt;i&gt;FED&lt;/i&gt;) a employ&#233; des moyens financiers et de persuasion d'une dimension sans pr&#233;c&#233;dent pour emp&#234;cher que la crise financi&#232;re ne ruine d&#233;finitivement le r&#244;le international du dollar. Dans un premier temps, on disait qu'il s'agissait d'une crise financi&#232;re limit&#233;e au secteur des emprunts &lt;i&gt;sub-prime&lt;/i&gt;, une crise de liquidit&#233;s (des dettes &#224; long terme financ&#233;es par des fonds liquidables &#224; court terme) qui aurait d&#251; se r&#233;soudre avec des pr&#234;ts de la Banque centrale au syst&#232;me pour la p&#233;riode n&#233;cessaire afin de rendre les actifs liquides. On a bien vite d&#251; admettre qu'il s'agissait d'une crise de solvabilit&#233; bien plus grave (des fonds des banques et de l'&#233;pargne g&#233;r&#233;s par leurs &#233;manations investis dans des actifs sur&#233;valu&#233;s ou inexigibles). De nombreux avoirs se r&#233;v&#233;leront non seulement sur&#233;valu&#233;s, mais in&#233;valuables &#224; cause de l'impossibilit&#233; d'en fixer le prix en l'absence d'acheteurs et de l'&#233;tendue de la diffusion de la contagion &#224; travers les d&#233;riv&#233;s et les &#233;changes de paiements d&#233;fectueux (&lt;i&gt;cds, credit default swaps&lt;/i&gt;). Une crise de confiance s'est alors manifest&#233;e. La &lt;i&gt;FED&lt;/i&gt; et la Banque d'Angleterre accepteront, comme garants des pr&#234;ts au syst&#232;me, les actifs inexigibles ou invendables, proc&#233;dant ainsi de fait &#224; des nationalisations bancaires en recourant &#224; la cr&#233;ation mon&#233;taire. Le FMI &#233;valua les pertes &#224; mille milliards de dollars, sur la base d'une baisse de 3 % des prix immobiliers aux Etats-Unis. Des &#233;conomistes ind&#233;pendants l'estiment &#224; trois mille milliards en faisant l'hypoth&#232;se qu'une r&#233;duction de 20 % du prix des maisons sera n&#233;cessaire pour que les acheteurs reviennent et que des prix effectifs puissent &#234;tre fix&#233;s. D'autres suspectent que la crise ne concerne pas seulement le secteur des emprunts et que bien d'autres &#171; affaires &#187; pourraient avoir &#233;t&#233; financ&#233;es avec des syst&#232;mes &#171; cr&#233;atifs &#187; de production de papier avec du papier. Il est un fait qu'en septembre (2008) la &lt;i&gt;FED&lt;/i&gt; elle-m&#234;me a &#233;t&#233; accabl&#233;e et que la dette souveraine des Etats-Unis est rest&#233;e en premi&#232;re ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce point, il ne s'agit plus seulement d'une &#171; catastrophe &#187; financi&#232;re (Strauss Kahn), mais d'une crise qui concerne le r&#244;le du dollar comme principale monnaie internationale, l'avenir de New York comme capitale indiscut&#233;e de la finance mondiale (et, dans la foul&#233;e celui des ambitions de Londres), la cr&#233;dibilit&#233; des autorit&#233;s de surveillance et des agences de cotation, et m&#234;me la foi dans le culte absolu du march&#233; global d&#233;r&#233;glement&#233;. La crise du dollar se rajoute &#224; l'&#233;chec de la tentative am&#233;ricaine d'exercer, d'une mani&#232;re unilat&#233;rale, le r&#244;le de gendarme mondial et rend encore plus manifeste la fragilit&#233; de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine. Les fondamentalistes du march&#233; abandonnent l'id&#233;ologie dont ils furent jusqu'&#224; aujourd'hui les z&#233;lateurs et les propagandistes int&#233;ress&#233;s au fur et &#224; mesure que se manifeste l'opportunit&#233; de transformer les faillites priv&#233;es en dette publique. Selon les recettes n&#233;o-lib&#233;rales de Milton Friedman, codifi&#233;es dans l'Accord de Washington et impos&#233;es aux pays d&#233;biteurs pauvres par le FMI, les changes flottants auraient d&#251; emp&#234;cher la formation de d&#233;s&#233;quilibres fondamentaux, alors que les privatisations auraient favoris&#233; l'efficacit&#233;. Au contraire, jamais les d&#233;s&#233;quilibres n'ont &#233;t&#233; aussi graves et durables et on n'a jamais assist&#233; &#224; de telles appropriations colossales de ressources publiques de la part d'&#233;lites restreintes, comme cela a &#233;t&#233; exp&#233;riment&#233; en Russie, en Am&#233;rique latine, dans le Sud est asiatique et en Afrique en application de la vulgate de l'Universit&#233; de Chicago. Selon la tr&#232;s c&#233;l&#232;bre courbe de Laffer, la d&#233;taxation du revenu des riches aurait amen&#233; l'&#233;pargne des classes quigaspillaient au niveau de celles qui &#233;conomisent, favoris&#233; les investissements et le revenu et rembours&#233; l'Etat &#224; travers un meilleur revenu fiscal. Au contraire, l'&#233;pargne am&#233;ricaine est tomb&#233;e &#224; z&#233;ro et m&#234;me en dessous de z&#233;ro, les biens de consommation et les guerres ont &#233;t&#233; financ&#233;s par le reste du monde dans la mesure de 6 &#224; 7 % du PIB annuel des Etats-Unis et m&#234;me la mondialisation, priv&#233;e de gouvernement, est pass&#233;e non sans traumatismes d'une tendance d&#233;flationniste exerc&#233;e par les nouveaux travailleurs &#224; bas salaires &#224; une pouss&#233;e inflationniste du fait de leur accession aux biens de consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix devant lequel le monde est plac&#233; se situe entre la souverainet&#233; absolue des Etats nationaux (avec ses corollaires : guerre mon&#233;taire, protectionnisme, r&#233;cession et pire encore) et le partage de la souverainet&#233;, en premier lieu mon&#233;taire, &#224; travers une r&#233;forme radicale des institutions &#233;conomiques internationales (FMI, BM, OMC et d'autres). Un seul pays ne peut pas fournir les biens communs n&#233;cessaires au fonctionnement du march&#233; mondial, c'est &#224; dire : les institutions d'un march&#233; libre (le r&#233;gime de la propri&#233;t&#233;, les contrats, les mesures antitrust), la r&#233;gulation et le contr&#244;le de la monnaie et de la finance, certains &lt;i&gt;standards&lt;/i&gt; communs sociaux et concernant le travail, une politique globale du d&#233;veloppement et certaines limitations dans la recherche du profit en fonction de la protection de l'environnement et de la solidarit&#233; mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'euro est d&#233;j&#224; une composante importante des r&#233;serves, des portefeuilles et des paniers de valeurs mais il ne peut pas se substituer au dollar comme monnaie mondiale. Un transfert comme celui du sterling au dollar ne peut pas se r&#233;p&#233;ter. En 1944, &#224; Bretton Woods, les Etats-Unis &#233;taient le seul pays vainqueur qui produisait plus de la moiti&#233; du PIB mondial, qui poss&#233;dait toutes les r&#233;serves d'or et les cl&#233;s du cr&#233;dit international. Aujourd'hui le pouvoir &#233;conomique est beaucoup plus r&#233;parti. En outre un &lt;i&gt;euro-standard&lt;/i&gt; retomberait, comme d&#233;j&#224; le &lt;i&gt;dollar-standard&lt;/i&gt;, dans le dilemme de Triffin (d&#233;pendance de la liquidit&#233; internationale &#224; l'&#233;gard de la balance des paiements d'une zone). Il ne s'agit donc pas de passer d'une h&#233;g&#233;monie &#224; une autre mais de fonder un nouveau syst&#232;me mon&#233;taire et financier sur la coop&#233;ration internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut &#234;tre utile d'ouvrir une parenth&#232;se pour rappeler que la libert&#233; de mouvement des capitaux, les taux de change fixes et l'autonomie mon&#233;taire des Etats nationaux constituent un &#171; trio incompatible &#187;. Nous pouvons donner comme exemple cette image d'&#233;cole des r&#233;gimes mon&#233;taires qui se sont succ&#233;d&#233;s. Premier cas : on cherche la libert&#233; des mouvements de capitaux et une relative stabilit&#233; des changes en sacrifiant l'autonomie mon&#233;taire. C'est le cas de l'&#233;talon or durant l'h&#233;g&#233;monie britannique o&#249; l'or joue le r&#244;le d'auto protection du droit primitif fond&#233; sur la force ; mais c'est aussi le cas de l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire (UEM) o&#249; l'euro joue, au contraire, au moins dans la zone concern&#233;e, le r&#244;le d'une monnaie de papier correspondant au droit d&#233;velopp&#233; fond&#233; sur la partage de la souverainet&#233; (Mario Albertini, 1972). Second cas : le gouvernement de l'&#233;conomie internationale (occidentale) est confi&#233; aux Etats nationaux dans le cadre de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine et la stabilit&#233; des changes est recherch&#233;e &#224; travers un contr&#244;le rigide des mouvements de capitaux. Nous sommes sous le r&#233;gime de &lt;i&gt;Bretton Woods&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;gold exchange standard&lt;/i&gt;, en vigueur de 1944 &#224; 1971. A partir de 1971, la puissance h&#233;g&#233;monique doit privil&#233;gier l'autonomie mon&#233;taire des diff&#233;rents Etats et la lib&#233;ralisation du march&#233; des capitaux. On entre donc dans un r&#233;gime de changes fluctuants par rapport au dollar, le &lt;i&gt;dollar standard&lt;/i&gt;. Avec la cr&#233;ation de l'euro (1998), le &lt;i&gt;dollar standard&lt;/i&gt; est termin&#233;, au moins sur le plan technique, et on entre dans le r&#233;gime actuel multi-devises, caract&#233;ris&#233; par la crise du r&#244;le international du dollar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me &#224; plusieurs monnaies de r&#233;serve et &#224; plusieurs paniers de r&#233;f&#233;rence qui s'est spontan&#233;ment form&#233; et dont font partie (pour citer les d&#233;veloppements les plus proches de la zone euro) le rouble convertible et la monnaie du Golfe, repr&#233;sente une phase &#233;volutive mais pas encore suffisante pour garantir les trois fonctions de la monnaie (moyen de change, r&#233;serve de valeur et unit&#233; de compte), mises continuellement en danger par la fluctuation des changes. Leur volatilit&#233; implique des pertes colossales &#224; l'occasion des crises p&#233;riodiques des devises, des co&#251;ts continuels tr&#232;s &#233;lev&#233;s des transactions et de couverture des risques, des taux d'int&#233;r&#234;t plus &#233;lev&#233;s, une immobilisation de r&#233;serves de devises autrement inutile. C'est seulement avec une unit&#233; de compte mondiale (et par la suite, avec une monnaie unique) qu'on pourra gouverner la mondialisation avec une unit&#233; de mesure stable et &#233;gale pour tous (pensons par exemple &#224; la cote du p&#233;trole et du gaz) sans trop sacrifier la libert&#233; de mouvement des capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut proposer la convocation d'une Conf&#233;rence internationale pour la fondation d'un nouveau syst&#232;me mon&#233;taire mondial qui aurait initialement comme r&#233;f&#233;rence un panier unique de monnaies &#224; l'exemple de l'&lt;i&gt;ECU &lt;/i&gt;qui a pr&#233;c&#233;d&#233; l'euro. L'UEM constitue, en fait, un bon exemple pour une union analogue au plan mondial. Avant tout, son succ&#232;s suscite l'admiration et g&#233;n&#232;re des projets &lt;i&gt;euro-like&lt;/i&gt; dans le monde entier. L'euro a permis de d&#233;fendre l'unit&#233; du march&#233; europ&#233;en par rapport &#224; la force destructrice de la fluctuation des changes, de faire tomber les co&#251;ts des transactions et les taux d'int&#233;r&#234;ts, de renforcer le syst&#232;me bancaire et le march&#233; financier et de cr&#233;er seize millions de postes de travail. En second lieu, sa structure supranationale constitue un mod&#232;le : la valeur de l'euro n'est pas li&#233;e au sort d'un pays mais de l'UEM ; la Banque centrale europ&#233;enne (BCE) est une institution de type f&#233;d&#233;ral qui poursuit en premier chef l'objectif de la stabilit&#233; mon&#233;taire qui est un bien commun de l'Union et aussi un des droits humains. A Bretton Woods on a choisi le dollar et repouss&#233; le &lt;i&gt;bancor&lt;/i&gt; propos&#233; par Keynes. A Maastricht, au contraire, on n'a pas choisi le mark allemand mais l'euro, monnaie unique dont la gestion est partag&#233;e entre les participants &#224; l'UEM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule la zone euro peut promouvoir l'initiative d'une conf&#233;rence internationale. La force de son mod&#232;le recueille un large consensus de la part de tous ceux qui ont int&#233;r&#234;t &#224; la libert&#233; des &#233;changes, en particulier chez les pays exportateurs de p&#233;trole, de gaz et de mati&#232;res premi&#232;res ou ceux qui sont destinataires de d&#233;localisations productives massives. Son poids dans le commerce mondial rend cr&#233;dible la proposition de subordination de la libert&#233; des &#233;changes &#224; l'adoption de r&#232;gles communes pour gouverner la mondialisation. La force de sa monnaie rend possible le lancement d'un panier commun partiel, m&#234;me dans le cas improbable mais pas impossible, o&#249; les Etats Unis ne feraient pas partie du groupe des premiers adh&#233;rents au nouveau syst&#232;me mon&#233;taire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Jean-Luc PREVEL - Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le probl&#232;me mon&#233;taire et le probl&#232;me politique europ&#233;en &#187;, &lt;i&gt; in &lt;/i&gt;, &lt;i&gt; Le F&#233;d&#233;raliste &lt;/i&gt;, Pavie, n&#176; 3, 1972, pp. 77-108.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chalmers Johnson, &lt;i&gt;Nemesis. The Last Days of the American Republic &lt;/i&gt;, &#233;d. Metropolitan Books, New York, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. Iozzo, A. Mosconi, &#8220;The Foundation of a Cooperative Global Financial System. A New Bretton Woods to confront the crisis of the international role of the US dollar&#8221;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;The Federalist Debate&lt;/i&gt;, Milan, n&#176; 2, 2006. Trad. fr., &lt;i&gt;in&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;F&#233;d&#233;choses&lt;/i&gt;, N&#176; 135, 1er trimestre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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