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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>Ce printemps de 1871&#8230;</title>
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		<dc:date>2021-10-29T20:10:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Gouzy</dc:creator>



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&lt;p&gt;Nous reprenons ci-apr&#232;s, avec l'autorisation de sa Direction, en la personne de notre ami Fr&#233;d&#233;ric L&#233;pine, deux longs articles publi&#233;s par L'Europe en formation, revue du Centre international de formation europ&#233;enne (Cife) fond&#233; par Alexandre Marc : un texte historique de Jean-Pierre Gouzy et un th&#233;orique, d'Arnaud Marc-Lipiansky, ax&#233; sur le f&#233;d&#233;ralisme dans la pens&#233;e de Bakounine. Ces textes avaient &#233;t&#233; publi&#233;s dans le num&#233;ro 133, d'avril 1971, &#224; l'occasion du centenaire de la Commune. Nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-190-Septembre-2021-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 190 - Septembre 2021&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L150xH36/arton791-19393.png?1729811655' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='36' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous reprenons ci-apr&#232;s, avec l'autorisation de sa Direction, en la personne de notre ami Fr&#233;d&#233;ric L&#233;pine, deux longs articles publi&#233;s par L'Europe en formation, revue du Centre international de formation europ&#233;enne (Cife) fond&#233; par Alexandre Marc : un texte historique de Jean-Pierre Gouzy et un th&#233;orique, d'Arnaud Marc-Lipiansky, ax&#233; sur le f&#233;d&#233;ralisme dans la pens&#233;e de Bakounine. Ces textes avaient &#233;t&#233; publi&#233;s dans le num&#233;ro 133, d'avril 1971, &#224; l'occasion du centenaire de la Commune. Nous signalons &#224; notre lectorat dans le m&#234;me num&#233;ro un 3&#232;me &#233;crit de l'historien proudhonien Bernard Voyenne, &#171; La Commune n'est &#224; personne &#187; (p. 10-15) non repris ci-apr&#232;s mais disponible au Cife, ou dans une brochure de la collection &#171; Volont&#233; anarchiste &#187;, n&#176; 28, du groupe Fresnes-Anthony de la F&#233;d&#233;ration anarchiste (1985). &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous profitons de cette courte introduction pour faire part du d&#233;c&#232;s d'Arnaud Marc-Lipiansky, fils d'Alexandre Marc, le 7 septembre dernier dans sa 84&#232;me ann&#233;e. Disciple de son p&#232;re, f&#233;d&#233;raliste int&#233;gral et sp&#233;cialiste de Bakounine, Arnaud Marc-Lipiansky avait &#233;t&#233; durant plus de 20 ans r&#233;dacteur en chef de L'Europe en formation et longtemps directeur administratif du Cife. Nous adressons nos condol&#233;ances &#224; sa famille et ses amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quelle journ&#233;e ! Ce soleil ti&#232;de et clair qui dore la gueule des canons, cette odeur de bouquets, le frison des drapeaux, le murmure de cette r&#233;volution qui passe, tranquille et belle comme une rivi&#232;re bleue&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;(Jules Vall&#232;s)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 mars 1871, avant l'aube, les troupes r&#233;guli&#232;res de l'arm&#233;e fran&#231;aise tentent sur ordre, de Thiers, d'investir Montmartre, Belleville et les Buttes Chaumont, pour reprendre &#224; la Garde nationale les canons encore parqu&#233;s trois semaines auparavant dans les quartiers de l'ouest que les Allemands devaient occuper, et que celle-ci a regroup&#233;s sur les hauteurs de Paris, &#224; toutes fins utiles. Dix-huit jours plut&#244;t, la capitulation fran&#231;aise devant Bismarck a &#233;t&#233; symbolis&#233;e par l'entr&#233;e des Prussiens dans une partie de la capitale. Ceux-ci occupent toujours les forts du Nord et de l'Est de Paris. La Garde nationale croyait donc que les pi&#232;ces d'artillerie et les mitrailleuses, pay&#233;es durant le si&#232;ge par les bataillons de quartiers (certaines pi&#232;ces portaient la marque de tel ou tel quartier), &#233;taient en s&#233;curit&#233;. En prenant l'initiative de reprendre ses canons &#224; la garde, le gouvernement d'Adolphe Thiers pensait se pr&#233;munir contre le peuple parisien en armes. Pour r&#233;ussir, il fallait que l'effet de surprise joue pleinement. Des erreurs militaires et des lenteurs de man&#339;uvres ne l'ont pas permis.&lt;br class='autobr' /&gt;
La foule promptement rameut&#233;e, d&#233;ferle dans les rues de Montmartre, fraternise avec les soldats qui refusent d'ob&#233;ir aux officiers, submerge litt&#233;ralement les bataillons de l'ordre, tandis qu'une populace bient&#244;t d&#233;cha&#238;n&#233;e, r&#233;ussit &#224; s'emparer des malheureux g&#233;n&#233;raux Leconte et Cl&#233;ment Thomas pour les mettre &#224; mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que s'est-il pass&#233; ? Nous nous trouvons devant un ph&#233;nom&#232;ne insurrectionnel spontan&#233; qui a pour cadre le Paris des Myst&#232;res de Paris d'Eug&#232;ne Sue et des Mis&#233;rables de Victor Hugo.&lt;br class='autobr' /&gt;
Thiers, dans sa haine du prol&#233;tariat, avait tout pr&#233;vu, sauf la d&#233;bandade d'une partie des troupes de ligne qui fraternisent avec la Garde nationale ; sauf le refus des soldates de tirer sur les femmes et les enfants de Montmartre, &#233;v&#232;nements qui conduisent le soul&#232;vement des quartiers populaires, &#224; l'appel des &#233;l&#233;ments blanquistes, notamment des XX&#176; XIX&#176;, XVIII&#176;, XI&#176;, X&#176;, III&#176; arrondissements, ainsi que du quartier des Batignolles, sur la rive droite de la Seine ; des XIII&#176;, XIV&#176;, V&#176; et XV&#176; arrondissements sur la rive gauche. D&#232;s midi, l'arm&#233;e re&#231;oit l'ordre d'&#233;vacuer la rive droite. Puis Thiers ordonne, avant de rejoindre pr&#233;cipitamment Versailles, contre l'avis de plusieurs membres du gouvernement et des chefs d'arm&#233;e, d'&#233;vacuer totalement la capitale, y compris les fortifications, le Mont Val&#233;rien et Courbevoie. Vingt mille hommes s'enfuient &#224; sa suite sans que la Garde nationale insurg&#233;e ne s'oppose &#224; leur d&#233;part, par exemple en fermant les portes de Paris, dont elle assurait le contr&#244;le. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bref, le 18 mars au soir, Paris est aux mains d'un pouvoir insurrectionnel de fait. Le Comit&#233; central de la Garde nationale &#224; aucun moment n'a provoqu&#233; le mouvement, et, nous le verrons, il cherchera &#224; en tirer les cons&#233;quences, plut&#244;t laborieusement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les causes de la Commune
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On ne peut comprendre la nature d'un pareil &#233;v&#233;nement que si on le replace dans le contexte politique et sociologique de l'&#233;poque. Faute de saisir la &#171; praxis &#187; de la Commune, il est, en effet, impossible d'en restituer l'atmosph&#232;re et la port&#233;e historique ; notamment du point de vue du f&#233;d&#233;ralisme int&#233;gral o&#249; nous nous pla&#231;ons dans cette revue2.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Commune de Paris a eu d'abord des causes lointaines qui influenc&#232;rent et d&#233;termin&#232;rent pour une part la nature de son d&#233;veloppement.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution de 1848, d'abord. C'est pendant cette p&#233;riode de luttes d&#233;mocratiques en France que les th&#233;oriciens tels Blanqui, Fourrier, Saint-Simon, et Proudhon se font conna&#238;tre. Les traces des journ&#233;es r&#233;volutionnaires de juin 1848, qui firent cinq mille victimes, sont encore profondes dans le souvenir populaire en 1871. Nombre d'&#233;meutiers du 18 mars ont donn&#233; &#224; l'insurrection et &#224; la Commune la signification d'une revanche sur les avanies que la classe ouvri&#232;re n'a cess&#233; de subir depuis 1848 : r&#233;pression, livret de travail obligatoire pour les ouvriers, entorses au droit d'association, proc&#232;s de l'Internationale, reconnaissance du droit de gr&#232;ve (mai 1864) bafou&#233; dans la pratique, etc. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant la p&#233;riode qui s&#233;pare la r&#233;volution de 1848 de l'insurrection de Paris, en mars 1871, l'influence de Proudhon puis, &#224; partir de 1864, celle de la Premi&#232;re Internationale, vont marquer le mouvement ouvrier fran&#231;ais. Les statuts de l'Association internationale des travailleurs (AIT) ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;s par Karl Marx qui avait fait paraitre le Manifeste communiste &#224; la veille de la r&#233;volution de 1848. La Premi&#232;re Internationale a, on le sait, connu ais&#233;ment un prestige consid&#233;rable dans les milieux &#233;volu&#233;s de la classe ouvri&#232;re. Son principal m&#233;rite est sans doute d'avoir permis, entre autres, l'expression des divers courants de la pens&#233;e socialiste naissante, de Proudhon &#224; Marx, sans oublier l'anarchiste Bakounine. Mais les th&#232;ses de Proudhon parmi les milieux ouvriers fran&#231;ais demeurent pr&#233;pond&#233;rantes au cours de toute cette p&#233;riode et m&#234;me au-del&#224; de la mort de leur auteur en 1865.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au contraire celles de Marx sont &#224; peine connues : si la premi&#232;re &#233;dition de Das Kapital en langue fran&#231;aise date de 1872, Du principe f&#233;d&#233;ratif a &#233;t&#233; publi&#233; en 1863 ; les &#233;crits sur le mutuellisme et le cr&#233;dit ont donc influenc&#233; incontestablement toute une g&#233;n&#233;ration de responsables du mouvement ouvrier d'un pays auquel Marx demeure pratiquement &#233;tranger.&lt;br class='autobr' /&gt;
Blanqui &#233;galement marque ce temps. Cet adepte de l'insurrection totalise trente ann&#233;es de prison, mais les partisans de la strat&#233;gie sommaire qu'il pr&#233;conise sont avant tout des &#171; activistes &#187; et son influence se fera surtout sentir en 1871 parmi les &#171; &#233;l&#233;ments de choc &#187; de la Commune. Quoiqu'il en soit, le socialisme d'&#201;tat, malgr&#233; Marx (et Louis Blanc), demeure &#233;loign&#233; de la tradition ouvri&#232;re fran&#231;aise dominante de cette &#233;poque. Lorsque la Commune de Paris fut proclam&#233;e, et m&#234;me auparavant, au cours des &#233;v&#233;nements qui la provoqu&#232;rent, comme le souligne le philosophe marxiste Henri Lefebvre, &#171; la seule id&#233;ologie qui pr&#233;sente un projet politique, c'est alors le f&#233;d&#233;ralisme, et cela malgr&#233; tout ce qu'on peut dire sur l'apolitisme et le r&#233;formisme des proudhoniens &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autre motivation du soul&#232;vement de 1871 : la condition de la classe ouvri&#232;re en France &#224; la fin de Second Empire, alors que le pays s'industrialise &#224; vive allure. Tandis que le r&#232;gne des financiers s'affirme avec les P&#233;reire, les Fould, les Rothschild, que la Bourse et la sp&#233;culation s'installent, que la r&#233;volution de la machine &#224; vapeur s'impose, qu'un r&#233;seau ferr&#233; de plus en plus dense sillonne la France (6 500 km en 1852 ; 22 800 km en 1870), que la concentration industrielle favorise des mutations d&#233;mographiques importantes, la condition ouvri&#232;re demeure m&#233;diocre, parfois mis&#233;rable. Certains ouvriers (il faut lire &#224; ce sujet les ouvrages d'Edouard Doll&#233;ans) ont des salaires de 1,50 F et 3 F par jour (l'&#233;quivalent de 3 &#224; 6 kg de pain). Les ouvri&#232;res gagnent moiti&#233; moins. Les journ&#233;es de travail sont encore de onze heures &#224; Paris et de douze en province. Les enfants, prot&#233;g&#233;s par une l&#233;gislation insuffisante, demeurent outrageusement exploit&#233;s. Pour les bourgeois, l'ouvrier des villes n'est qu'un &#171; partageux &#187;. Pour l'ouvrier, le bourgeois c'est le &#171; propri&#233;taire &#187; qui peut jeter &#224; la rue ses locataires quand bon lui semble. Le climat qui en r&#233;sulte est particuli&#232;rement sensible dans les faubourgs populaires de la capitale, et de certaines grandes villes de province (Lyon, Marseille, Saint-&#201;tienne, Le Creusot) o&#249; des Communes ouvri&#232;res tenteront de s'imposer &#233;galement en1871.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, au moment o&#249; &#233;clate la guerre avec la Prusse, l'Empire centraliste et bureaucratique est impopulaire. La Commune sera aussi une r&#233;volte &#171; r&#233;publicaine &#187;, dans l'esprit de la R&#233;volution fran&#231;aise, par opposition &#224; l'ordre bourgeois que l'Empire et les derniers monarques du XIXe si&#232;cle ont trop longtemps symbolis&#233;. Sans doute, les pl&#233;biscites de Napol&#233;on III accordent-ils d'&#233;normes majorit&#233;s aux partisans de l'ordre &#233;tabli, mais ces majorit&#233;s sont trompeuses. Si le peuple a encore approuv&#233; le 8 mai 1870, &#171; les r&#233;formes lib&#233;rales op&#233;r&#233;es dans la constitution depuis 1860, avec le concours des grands corps de l'&#201;tat et ratifi&#233; le senatus-consulte &#187; qui &#233;largit le vote du corps l&#233;gislatif, par 7 836 434 &#171; oui &#187; contre 1 506 709 &#171; non &#187;, les partisans du &#171; non &#187; sont majoritaires dans la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du 4 septembre 1870 au 18 mars 1871
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les causes lointaines de la Commune de Paris sont donc claires, du moins &#224; nos yeux : sur le plan doctrinal, &#233;veil diffus du mouvement ouvrier en faveur d'une forme de d&#233;mocratie libertaire ; impact de Proudhon sur les meilleurs cadres de la classe ouvri&#232;re, notamment lorsqu'il d&#233;fendait le principe de la seule structure politique qui pr&#233;serve l'autonomie de chacun en exigeant la responsabilit&#233; de tous : la f&#233;d&#233;ration, contre l'&#201;tat centralis&#233; ; d&#233;veloppement du prol&#233;tariat urbain cons&#233;cutivement &#224; l'ach&#232;vement de la r&#233;volution industrielle ; impopularit&#233; croissante de l'Empire autoritaire et bureaucratique ; assimilation de l'id&#233;e de centralisation au concept d'ordre &#233;tabli ; difficult&#233;s multiples de la condition ouvri&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; ces motifs lointains de la r&#233;volte viennent s'ajouter des causes conjoncturelles. L'Empire d&#233;clare la guerre &#224; la Prusse, mais il se montre incapable de la bien conduire, et le peuple de Paris, profond&#233;ment patriote, ressent durement cet &#233;chec. La r&#233;dition de Sedan, le 2 septembre, au cours de laquelle Napol&#233;on III est fait prisonnier, provoque l'effervescence populaire quand le 4 septembre 1870, sous la pression de la foule, la R&#233;publique est proclam&#233;e et que, dans une atmosph&#232;re de panique, un gouvernement de d&#233;fense nationale se constitue h&#226;tivement. Les privations suscit&#233;es par un long si&#232;ge au cours duquel la population a eu froid et faim, feront le reste. Dans leur ensemble, les Parisiens sont pr&#234;ts &#224; continuer &#224; manger leurs rats, leurs chats et leurs chiens pour &#171; tenir &#187;, mais ils n'admettent pas la recherche de l'armistice &#224; laquelle se livre le &#171; gouvernement des Jules &#187; (Jules Simon, Jules Ferry, Jules Favre).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans leur ensemble &#233;galement, les Parisiens ne se contentent pas de la d&#233;ch&#233;ance de l'Empire ; ils ne veulent pas entendre parler d'une restauration monarchique, et c'est &#224; l'H&#244;tel de Ville, symbole de la Commune de Paris, que Gambetta et la foule proclament la R&#233;publique. Tr&#232;s rapidement, et notamment quand fut connue la nouvelle de la capitulation de Metz, cette population acquiert la certitude qu'elle a fait un march&#233; de dupes avec le gouvernement de d&#233;fense nationale... Or, le peuple parisien est arm&#233;. Les bataillons de la Garde nationale, grossis par le ch&#244;mage ouvrier, constituent la force militaire pr&#233;pond&#233;rante dans l'enceinte de Paris. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s septembre 1870 s'est constitu&#233; un Comit&#233; central r&#233;publicain des vingt arrondissements qui lance un premier appel &#224; la Commune. Ce Comit&#233; r&#233;clame une &#171; municipalit&#233; &#187; &#233;lue garantissant &#171; seule &#224; la capitale assi&#233;g&#233;e, le contr&#244;le effectif des finances, l'organisation m&#233;thodique de son armement et la r&#233;partition &#233;quitable de ses moyens de subsistance &#187;. Dans le danger supr&#234;me de la patrie, ajoutent les r&#233;dacteurs, &#171; le principe d'autorit&#233; et de centralisation &#233;tant convaincu d'impuissance, nous n'avons plus d'espoir que dans l'&#233;nergie patriotique des communes de France, devenant, par la force m&#234;me des choses, libres, autonomes et souveraines &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le parti de l'ordre s'inqui&#232;te autant de cette volont&#233; de lutte &#224; outrance que des vell&#233;it&#233;s de constitution de la Commune de Paris. Quelques jours apr&#232;s la proclamation de l'Empire allemand &#224; Versailles, le &#171; gouvernement de d&#233;fense nationale &#187; entreprend de n&#233;gocier la capitulation avec Bismarck. Fin janvier, c'est la signature de l'armistice (un armistice de vingt jours). Les Prussiens exigent que les forts de Paris leur soient remis, que la garnison soit d&#233;sarm&#233;e, &#224; l'exception de 15 000 hommes. Par miracle, la Garde nationale se voit reconna&#238;tre le droit de conserver ses armes. Le 29 janvier, un d&#233;cret paru &#224; l'Officiel convoque les &#233;lecteurs pour les 5 et 8 janvier, afin d'&#233;lire une Assembl&#233;e nationale, mettant fin du m&#234;me coup au gouvernement du 4-Septembre. Ces &#233;lections vont encore creuser l'ab&#238;me entre, d'une part, le parti de l'ordre et la province qui veulent la paix et, d'autre part, Paris et les &#171; r&#233;publicains &#187; qui n'admettent pas la capitulation. L'Assembl&#233;e qui sort des urnes comprend 200 r&#233;publicains, 400 monarchistes (orl&#233;anistes et l&#233;gitimistes), une trentaine de rescap&#233;s du bonapartisme. Paris vote massivement (d'autant que les habitants des beaux quartiers ont mis &#224; profit la fin du si&#232;ge pour aller &#171; prendre le vert &#187;) pour &#171; la R&#233;publique sociale &#187; et les patriotes. Parmi les &#233;lus de la capitale : le pamphl&#233;taire Rochefort, l'&#233;crivain Victor Hugo, le &#171; jacobin &#187;, Delescluze, le &#171; proudhonien &#187;, Beno&#238;t Malon, l'internationaliste, Tolain, etc. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la victoire appartient &#224; la province. L'Assembl&#233;e qui se r&#233;unit &#224; Bordeaux le 12 f&#233;vrier 1871 est domin&#233;e par les ruraux les plus conservateurs. Elle charge Adolphe Thiers qui vient de signer les pr&#233;liminaires de paix &#224; Versailles et qui passe pour &#234;tre un des principaux fossoyeurs de la R&#233;volution de 1848, de former le gouvernement. Le 1er mars, en vertu d'un accord avec la Prusse, les troupes allemandes occupent les quartiers des Champs-&#201;lys&#233;es et de la Concorde pour quelques heures. &#192; Bordeaux, l'Assembl&#233;e nationale ne craint pas de provoquer Paris : elle acclame Thiers lorsque celui-ci souligne le caract&#232;re provisoire du r&#233;gime r&#233;publicain ; la ville est d&#233;capitalis&#233;e, l'Assembl&#233;e si&#232;gera &#224; Versailles ; la solde des gardes nationaux est supprim&#233;e sauf pour les &#171; indigents &#187; ; un g&#233;n&#233;ral r&#233;put&#233; &#171; r&#233;actionnaire &#187; - un homme du 2 d&#233;cembre et ancien s&#233;nateur d'Empire - d'Aurelle de Paladines, est nomm&#233; chef de la Garde nationale ; Blanqui et Flourens sont condamn&#233;s &#224; mort ; les clubs et journaux de gauche sont interdits ; les dettes qui ont fait l'objet d'un moratoire doivent &#234;tre pay&#233;es sans d&#233;lai, ainsi que la totalit&#233; des loyers en retard, non acquitt&#233;s depuis l'investissement. &#192; Paris, ces d&#233;cisions sont ressenties comme autant de provocations. Le peuple parisien sent confus&#233;ment que pour le nouveau gouvernement &#171; l'ennemi est de moins en moins le prussien et de plus en plus l'homme des faubourgs &#187;. Provoquer ainsi une population arm&#233;e, affam&#233;e, endett&#233;e, qui compte des centaines de milliers de ch&#244;meurs et qui vient de subir les rigueurs d'un long si&#232;ge, ne pouvait &#234;tre le fait que d'un parti pris d&#233;lib&#233;r&#233; ou d'une maladresse insigne. Paris en fureur r&#233;pond le 15 mars par l'organisation du Comit&#233; central de la Garde nationale domin&#233; par des &#233;l&#233;ments d'&#171; extr&#234;me-gauche &#187;. Trois jours plus tard d&#233;butera la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La proclamation de la Commune
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; central de la Garde nationale n'a pris aucune part, nous l'avons dit, dans l'insurrection du 18 mars qui, pourtant, va l'obliger &#224; assumer d'&#233;crasantes responsabilit&#233;s, &#224; commencer par celles d'un gouvernement municipal r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si les communards de 1871 avaient pu &#234;tre des &#171; l&#233;ninistes &#187;, il est probable qu'ils auraient d'abord song&#233; &#224; mettre &#224; profit l'effondrement du parti de l'ordre &#224; Paris et la fuite de Thiers et de ses troupes d&#233;moralis&#233;es &#224; Versailles, pour les y poursuivre avant qu'elles ne se ressaisissent. Au lieu de fermer les portes de la ville, d'occuper promptement le Mont Val&#233;rien, de d&#233;sarmer certains bataillons &#171; bourgeois &#187; de la Garde nationale qui tiennent les quartiers du centre et de l'ouest de Paris, ils organisent &#224; partir du 19 mars, une sorte d'immense &#171; f&#234;te &#187; (Lefebvre) et c&#233;l&#232;brent l'&#233;v&#232;nement du printemps dans une ville qui s'&#233;veille sur un autre univers. Bref, il fallait subordonner la proclamation de la Commune de Paris et la solution des probl&#232;mes principaux &#224; la r&#233;alisation d'une victoire d&#233;cisive sur les forces adverses. Au lieu de cela, on palabre ; on d&#233;cide en priorit&#233; de r&#233;gler les questions administratives ; on se montre l&#233;galiste dans une situation insurrectionnelle ; on se grise de r&#233;miniscences r&#233;volutionnaires (le 20 mars 1871 devient le 29 vent&#244;se an 79), tout en laissant entendre qu'on accepterait &#171; la conciliation &#187; avec Versailles. Les maires et les d&#233;put&#233;s de Paris tenteront donc de n&#233;gocier avec Thiers, sans comprendre que celui-ci n'a qu'un souci : gagner le temps n&#233;cessaire pour r&#233;organiser l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re et revenir en force &#224; Paris afin, non seulement d'&#233;craser &#171; la r&#233;volte des partageux &#187;, mais aussi d'exterminer l'organisation du mouvement ouvrier pour une ou deux d&#233;cennies. Non seulement Adolphe Thiers refuse donc d'admettre les &#233;lections municipales &#224; Paris et encourage tous les moyens de les saboter, mais&#183; il n&#233;gocie avec Bismarck la lib&#233;ration des prisonniers de guerre pour reconstituer une arm&#233;e dont les contingents ruraux lui permettront de venir &#224; bout de la Garde nationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les hommes du Comit&#233; central ont plus de courage et de g&#233;n&#233;rosit&#233; que de capacit&#233;s militaires, mais face &#224; leurs adversaires ils montrent, du moins au d&#233;but de l'aventure, une bonne volont&#233; touchante. Estimant qu'ils ne constituent pas un v&#233;ritable gouvernement, ils ne s'emparent pas des r&#233;serves d'or et de titres de la Banque de France. Pour payer la Garde nationale, ils demandent d'abord une avance &#224; M. de Rothschild, puis ils n&#233;gocient avec la Banque de France qui consentira au total &#224; la Commune une quinzaine de millions de francs d'avances, alors qu'elle avalisera eu toute libert&#233; des traites versaillaises pour plus de deux cents millions de francs. La Bourse elle-m&#234;me pourra rouvrir ses portes apr&#232;s quelques jours de fermeture. Bref ce sont l&#224; r&#233;flexes d'honn&#234;tes gens, scrupuleux, ne voulant pas appara&#238;tre comme des &#171; usurpateurs &#187; ou des &#171; voleurs &#187;, et qui, de surcro&#238;t, sont d&#233;pass&#233;s par les circonstances.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les actes administratifs arbitraires sont circonscrits au maximum, qu'il s'agisse de la destitution des fonctionnaires du gouvernement ou de l'incarc&#233;ration de certains autres. La presse bourgeoise continue &#224; para&#238;tre, et peut ainsi inviter ses lecteurs &#224; refuser de voter pour la Commune ; la vente des objets engag&#233;s au Mont-de-Pi&#233;t&#233; est suspendue ; les &#233;ch&#233;ances sont prorog&#233;es ; les propri&#233;taires se voient interdire &#171; jusqu'&#224; nouvel ordre &#187; de mettre &#224; la rue leurs locataires. Enfin, le 26 mars, le peuple est invit&#233; &#224; d&#233;signer &#171; la Commune de Paris &#187;. Sur 484 569 inscrits, on compte 229 167 votants ; 80 000 inscrits (en g&#233;n&#233;ral des quartiers bourgeois) &#233;taient absents de la capitale. Les &#233;lections se font au scrutin de liste par arrondissement : liste unique de candidats, patronn&#233;e &#224; la fois par le Comit&#233; central de la Garde nationale, par le Comit&#233; r&#233;publicain des vingt arrondissements, par la Chambre f&#233;d&#233;rale des soci&#233;t&#233;s ouvri&#232;res et par l'Internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Commune comprend 85 &#233;lus, parmi lesquels les blanquistes qui forment un groupe coh&#233;rent, tel que Rigault, Ferre, Duval, Eudes, Ranvier, qui assumeront les responsabilit&#233;s militaires et polici&#232;res effectives ; des membres de l'Internationale comme Eug&#232;ne Varlin, Theisz, Avrial ; des partisans d'une &#171; R&#233;publique d&#233;mocratique et sociale &#187; survivants de l'esprit de 1848, tels que F&#233;lix Pyat ; quelques &#171; jacobins &#187; dont Delescluze ; le marxiste Frankel ; des proudhoniens, comme Charles Beslay, ancien d&#233;put&#233; a la Constituante de 1848, Beno&#238;t Malon, Lefran&#231;ais ; l'&#233;crivain Jules Vall&#232;s, proche des th&#232;ses f&#233;d&#233;ralistes ; le journaliste Arthur Arnold qui proclame &#171; le mal n'est pas que l'&#201;tat agisse au nom de tel ou tel principe, c'est qu'il soit &#187; ; le chansonnier Jean-Baptiste Cl&#233;ment, auteur du Temps des Cerises. Au total, la Commune compte treize membres du Comit&#233; central de la Garde nationale. Vingt-quatre membres de la Commune sont ouvriers : deux relieurs (dont Varlin), un ciseleur, un bijoutier (Frankel), cinq cordonniers, deux teinturiers, deux chapeliers, sept m&#233;tallurgistes, un cheminot, un ouvrier vannier, un typographe, un menuisier. Les autres membres s'apparentent &#224; la petite bourgeoisie ou aux milieux intellectuels.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Commune de Paris comptera d'ardents serviteurs. Peut-on dire qu'elle eut un seul vrai chef ? Blanqui (alors en prison) et Proudhon (&#224; titre posthume) influenceront ses d&#233;bats. Les v&#233;ritables conflits internes qui opposeront les membres de la Commune entre eux sont, en effet, les conflits entre &#171; autoritaires &#187; et &#171; f&#233;d&#233;ralistes &#187;, proudhoniens ou militants de l'Internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 28 mars, un vaste rassemblement de gardes nationaux devant l'H&#244;tel de Ville et des r&#233;jouissances populaires seront l'occasion de c&#233;l&#233;brer la proclamation de la Commune de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;flexions sur un &#233;chec
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quand on examine ce qu'il convient d'appeler &#171; l'&#339;uvre de la Commune &#187;, un certain nombre d'&#233;vidences retiennent l'attention :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Alors que le mouvement qui a emport&#233; Paris tend &#224; s'&#233;tendre dans certaines grandes villes de province3, la Commune de Paris ne s'en pr&#233;occupera que tardivement4 et superficiellement. Sans doute la ville est-elle largement isol&#233;e, et nous ne sommes pas encore &#224; l'&#233;poque de la radio et du t&#233;l&#233;phone, mais le d&#233;sir m&#234;me d'agir au-del&#224; des murs de l'enceinte n'a pas, c'est le moins qu'on puisse dire, obs&#233;d&#233; les h&#233;ritiers de l'insurrection. Jules Vall&#232;s &#233;crivait dans Le Cri du peuple du 21mars : &#171; Si Paris a le droit de disposer de lui-m&#234;me, il ne peut disposer de la France, il ne peut faire plus que ce qu'il fait : lui donner un grand exemple. Il peut r&#233;clamer, conqu&#233;rir et d&#233;fendre son autonomie, mais il doit laisser la France agir &#224; sa guise&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus tard, le 21 mai, quand les Versaillais forceront l'entr&#233;e de Paris, dans le quartier du Point-du-Jour, ils ne pourront le faire que parce que les gardes nationaux (qui appartiennent aux quartiers populaires) ont pratiquement abandonn&#233; la d&#233;fense de cette partie de l'enceinte, durement bombard&#233;e il est vrai, qui prot&#232;ge les arrondissements bourgeois de la ville. Ce ne sont pas leurs quartiers ; ils ne s'y sentent pas chez eux ; ils les fuiront donc, alors qu'ils se battront avec acharnement pour prot&#233;ger les arrondissements populaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non seulement la Commune de Paris n'a donc pas eu de v&#233;ritable vision nationale de ses responsabilit&#233;s propres, mais ses meilleurs d&#233;fenseurs donnent le sentiment d'&#234;tre d&#233;pays&#233;s d&#232;s lors qu'il s'agit pour eux d'autre chose que de leur quartier dans la grande commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Sur le plan id&#233;ologique, l'exp&#233;rience de la Commune de Paris aura une influence consid&#233;rable sur l'&#233;volution de la pens&#233;e marxiste et du mouvement ouvrier, comme en t&#233;moignent les r&#233;flexions que Marx, Engels, Trotsky et L&#233;nine ont consacr&#233; &#224; l'&#233;v&#233;nement. Ainsi, le marxologue, Maximilien Rubel, a soulign&#233;5 qu'il &#233;tait &#171; ind&#233;niable que l'id&#233;e que Marx s'est faite de la conqu&#234;te et de la suppression de l'&#201;tat par le prol&#233;tariat a trouv&#233; sa forme d&#233;finitive dans son Adresse sur la Commune de Paris et qu'elle diff&#232;re comme telle de l'id&#233;e que nous donne le Manifeste communiste &#187;. L'Adresse est, en effet, un &#171; corps &#233;tranger &#187; dans l'ensemble de l'&#339;uvre marxiste. &lt;br class='autobr' /&gt;
En revanche, au plan des r&#233;alisations, l'&#339;uvre de la Commune de Paris est mince... Il est vrai que du 18 mars au 28 mai 1971, il ne s'est &#233;coul&#233; que 72 jours, et il a fallu que les chefs de l'insurrection fassent essentiellement la guerre aux Versaillais. Pratiquement, depuis l'&#233;chec (le 3 avril) d'une tentative militaire en direction de Versailles, la Commune est rest&#233;e sur la d&#233;fensive. La conscription a &#233;t&#233; abolie ; la remise aux locataires de trois termes a &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233;e ; les &#233;ch&#233;ances ont &#233;t&#233; report&#233;es sans int&#233;r&#234;ts, les amendes inflig&#233;es aux ouvriers abolies ; les ateliers abandonn&#233;s par leurs propri&#233;taires, &#171; nationalis&#233;s &#187; ; de m&#234;me le travail de nuit dans les boulangeries a &#233;t&#233; supprim&#233; ; la d&#233;cision a &#233;t&#233; prise d'adopter les fils et femmes de tu&#233;s de la garde nationale. etc. Nous ne pensons pas que ces d&#233;cisions aient constitu&#233; une tentative d'autogestion de la vie urbaine par le peuple de Paris, comme on l'a dit. Par contre, la Commune si peu port&#233;e &#224; d&#233;cr&#233;ter des mesures de r&#233;volution sociale, m&#234;me lorsqu'elles corrigent certaines injustices par trop flagrantes, s'est voulue inutilement anticl&#233;ricale et m&#234;me antireligieuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans doute, retrouve-t-on &#224; partir du &#171; Manifeste &#187; du Comit&#233; central des vingt arrondissements de Paris, publi&#233; dans Le Cri du peuple du 27 mars 1871, jusqu'&#224; la fameuse D&#233;claration au peuple fran&#231;ais, du 19 avril o&#249; la Commune expose son Programme la continuit&#233; d'une perspective f&#233;d&#233;raliste ind&#233;niable, mais celle-ci n'a gu&#232;re eu l'occasion de se traduire dans les faits, en termes de r&#233;formes r&#233;ellement structurelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La Commune a n&#233;anmoins, et malgr&#233; toutes les lacunes que nous venons de rappeler, une valeur exemplaire, en tant qu'&#233;v&#233;nement historique. R&#233;agissant contre la &#171; claustrophobie &#187; dont il avait souffert durant la guerre et le si&#232;ge, le peuple de Paris a effectivement voulu faire de ce printemps 1871 celui de sa lib&#233;ration. Malgr&#233; ses crimes (moins nombreux cependant que ceux des Versaillais) et ses lacunes, la Commune retient l'attention par la spontan&#233;it&#233; de ses origines ; par l'absence de tout projet totalitaire ; par l'atmosph&#232;re de kermesse populaire qui la caract&#233;rise. Quand les Versaillais forceront les portes de Paris le 21 mai, o&#249; est le peuple ? Il &#233;coute un &#171; concert monstre &#187; dans les jardins des Tuileries, au profit des veuves et des orphelins... &lt;br class='autobr' /&gt;
On peut &#233;videmment se gausser de telles na&#239;vet&#233;s, de ses d&#233;lib&#233;rations &#224; perte de vue, de sa phras&#233;ologie qui nous para&#238;t d&#233;su&#232;te aujourd'hui, de sa m&#233;fiance, jusque dans les pires dangers, &#224; l'&#233;gard de la hi&#233;rarchie (&#171; pas de pr&#233;sident, pas de maire, pas de g&#233;n&#233;ral en chef, &#233;crit Le Cri du peuple, ce sont des images de monarchie, une premi&#232;re &#233;tape vers la tyrannie &#187;), de son absence de discipline ; mais c'est justement tout cela qui conf&#232;re son caract&#232;re extraordinaire &#224; l'&#233;v&#233;nement qu'a constitu&#233; la Commune. Au printemps 1871, c'est Paris tout entier qui explose contre la passivit&#233; et la r&#233;signation, et, somme toute, la Commune fut une des rares exp&#233;riences populaires qui aurait pu se pr&#233;valoir de la devise donn&#233;e par Karl Marx &#224; l'Internationale : &#171; L'&#233;mancipation de la classe ouvri&#232;re doit &#234;tre l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La semaine sanglante
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n'est &#233;videmment pas question dans un tel article de relater les diff&#233;rentes phases de l'agonie de la Commune de Paris, mais d'en souligner quelques faits caract&#233;ristiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s la premi&#232;re semaine d'avril, les Versaillais se sont ressaisis. Deux des principaux leaders de la Commune, le blanquiste Duval et Flourens sont pris. Duval est fusill&#233; ; Flourens massacr&#233;. D'autres communards subiront le m&#234;me sort. La Commune d&#233;cide alors, non sans d&#233;bats internes, de proc&#233;der &#224; des repr&#233;sailles en arr&#234;tant des notables qui lui serviront d'otages. Ceux-ci seront fusill&#233;s sur les hauts de Belleville au cours des derni&#232;res heures de l'insurrection. L'archev&#234;que Darboy, que Thiers refusa d'&#233;changer contre Blanqui, le pr&#233;sident Bonjean, d'autres eccl&#233;siastiques, des gardes de Paris, quelques civils, pay&#232;rent de leur vie les innombrables assassinats et les ex&#233;cutions massives dont les troupes versaillaises se rendirent coupables quand elles r&#233;ussirent &#224; envahir la capitale, &#224; partir du 21 mai.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces massacres sauvages et inutiles nous ont laiss&#233; une image p&#233;nible des derni&#232;res heures de la Commune de Paris. Mais si on ne peut que d&#233;plorer l'ex&#233;cution des otages par les communards au moment o&#249; leur r&#234;ve s'&#233;croule, que penser de la r&#233;pression qui l'accompagne et la suit : 30 000 fusill&#233;s, 70 000 arrestations, 13 440 condamnations (dont 285 &#224; mort, et plus de 4 500 &#224; la d&#233;portation) ? Tout s'est pass&#233;, comme si Thiers (dont la maison parisienne fut d&#233;molie par les f&#233;d&#233;r&#233;s) et le parti versaillais avaient d&#233;cid&#233; de se venger de leur propre peur. &#171; L'ordre social &#187; avait paru un moment menac&#233; par les &#171; partageux &#187;. Ils ne le leur ont jamais pardonn&#233;. Le mouvement ouvrier fut d&#233;capit&#233; pour de nombreuses ann&#233;es, malgr&#233; l'amnistie que les &#171; r&#233;publicains &#187; arrach&#232;rent en 1880. Au total, la Commune de Paris a fait plus de victimes que la R&#233;volution fran&#231;aise au cours de laquelle 2 849 personnes furent guillotin&#233;es &#224; Paris, et qui compta avec la province 12 000 victimes au maximum en deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre aspect de l'agonie de la Commune : le r&#244;le que jou&#232;rent les &#171; vrais &#187; chefs militaires, comme les Polonais Dombrowski et Wrobleski, ainsi que Rossel. Ceux-ci furent d'un d&#233;vouement sans borne, alors qu'&#224; priori, ils paraissaient suspects et n'&#233;taient pas toujours ob&#233;is, ayant constamment maille &#224; partir avec un pouvoir d'autant plus &#171; dilu&#233; &#187; que la situation devenait dramatique. Rossel qui devait payer de sa vie son d&#233;vouement &#224; la Commune eut un jour ce propos d&#233;sabus&#233; &#224; son &#233;gard : &#171; Tout le monde y d&#233;lib&#232;re, personne n'y ob&#233;it ! &#187; Il faut mentionner &#233;galement, le r&#244;le souvent h&#233;ro&#239;que des femmes de Paris, notamment au cours des derniers jours de la lutte, et particuli&#232;rement la figure de la &#171; vierge rouge &#187; Louise Michel, qui survivra d'ailleurs &#224; ces &#233;v&#232;nements dramatiques et &#224; la d&#233;portation en Nouvelle Cal&#233;donie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, &#224; mesure que sous la pression de la guerre, la Commune en tant que telle, abandonne ses pr&#233;rogatives aux hommes du Comit&#233; central et aux membres du Comit&#233; de salut public (r&#233;miniscence de la Grande R&#233;volution) qu'impos&#232;rent les blanquistes et les jacobins, contre l'avis des proudhoniens, celle-ci perd une partie de son &#171; image de marque &#187;. Mais l'&#339;uvre assez d&#233;risoire de ce Comit&#233; de salut public n'est pas rest&#233;e dans l'histoire alors que celle de la Commune de Paris consid&#233;r&#233;e dans son ensemble, y occupe d&#233;sormais une place symbolique et significative. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le v&#233;ritable vainqueur de la Commune, c'est Adolphe Thiers. L'histoire a fait de cet homme habile, qu'aucun scrupule n'a arr&#234;t&#233; pour d&#233;truire compl&#232;tement la Commune, le fondateur de la III&#232;me R&#233;publique. Celui que Gambetta qualifia un jour de &#171; sinistre vieillard &#187;, n'a eu qu'un m&#233;rite : celui de sauver l'ordre bourgeois de son &#233;poque de la crise majeure dans laquelle il s'&#233;tait enfonc&#233;. Vieil orl&#233;aniste, il finit par instaurer la R&#233;publique. Il a dup&#233; les Communards en faisant dire et laissant croire qu'il n'&#233;tait pas oppos&#233; &#224; un compromis. Il a dup&#233; le parti monarchiste, en se jouant des oppositions l&#233;gitimistes et orl&#233;anistes, apr&#232;s s'&#234;tre appuy&#233; sur lui pour abattre Paris. En fait, M. Thiers ne m&#233;rite ni l'exc&#232;s d'honneur, ni l'exc&#232;s de haine que suscite g&#233;n&#233;ralement son nom quand on &#233;voque cette p&#233;riode, bien que son personnage n'&#233;veille aucune sympathie. S'il a &#233;t&#233; le destructeur de la Commune de Paris, il appara&#238;t aussi &#8211; &#233;trangement d'ailleurs &#8211; comme l'homme qui a le plus consciemment contribu&#233; &#224; son enfantement. &#192; la limite, on pourrait soutenir que ce ne sont pas les communards qui ont fait la Commune, mais M. Thiers. L'&#233;crivain, Pierre Dominique &#233;crit excellemment &#224; ce propos : &#171; M. Thiers a pr&#233;cipit&#233; le d&#233;clenchement de la Commune, ayant jou&#233; le r&#244;le de d&#233;tonateur. On affirmerait m&#234;me que M. Thiers a voulu la Commune pour l'&#233;craser, et pour permettre aussi l'&#233;tablissement heureux de cette troisi&#232;me R&#233;publique &#224; laquelle il songe et qu'il veut bourgeoise et capitaliste comme est ce si&#232;cle et comme il est lui-m&#234;me, oui, on affirmerait cela qu'on toucherait du doigt sans doute une tr&#232;s horrible et tr&#232;s sanglante v&#233;rit&#233;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;cim&#233;s par la r&#233;pression, les partisans du socialisme libertaire et f&#233;d&#233;raliste perdront largement &#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle leur influence sur le mouvement ouvrier fran&#231;ais. Nous les retrouverons cependant avec Pelloutier et les Bourses du travail, Griffuelhes et la premi&#232;re CGT... Mais le courant marxiste emportera avec Jules Guesde l'influence pr&#233;dominante avant de faire la fortune contradictoire du r&#233;formisme parlementaire et du bolchevisme. Ceci, cependant, est d&#233;j&#224; une autre histoire qui comporte ses propres enseignements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NOTES DE FIN&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 2 - F&#233;d&#233;ralisme int&#233;gral, qui n'est pas du reste la principale th&#233;matique trait&#233;e dans nos colonnes (Ndlr).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 3 - Commune de Marseille, le 23 mars ; tentatives de Commune &#224; Lyon, le 25 mars, au Creusot, le 25 mars, &#224; St-&#201;tienne, &#224; Toulouse et &#224; Narbonne approximativement aux m&#234;mes dates.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 4 - Notamment dans sa d&#233;claration du 19 avril &#171; au peuple fran&#231;ais &#187;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 5 - Karl Marx, Pages choisies pour une &#233;thique socialiste, introduction, Paris, Librairie Marcel Rivi&#232;re, 1948, 379 p.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Trump et l'Europe</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Trump-et-l-Europe</link>
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		<dc:date>2017-01-12T08:13:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Gouzy</dc:creator>


		<dc:subject>Le billet de Jean-Pierre Gouzy</dc:subject>

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&lt;p&gt;Depuis le jour de l'An 2017, l'Union europ&#233;enne (UE) est pr&#233;sid&#233;e par la lilliputienne R&#233;publique de Malte, c'est-&#224;-dire le plus petit de ses Etats-membres (311 km2) qui, en vertu du Trait&#233; de Lisbonne, en a h&#233;rit&#233; statutairement jusqu'&#224; la fin du mois de juin. Comme l'Ile de Chypre, Malte est devenue membre de l'UE en maintenant son appartenance au Commonwealth britannique. Par ailleurs, le calendrier politique veut que la Grande-Bretagne pr&#233;side &#224; son tour l'Union pendant le second (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-174-Decembre-2016-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 174 &#8211; D&#233;cembre 2016&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Le-billet-de-Jean-Pierre-Gouzy,44-+" rel="tag"&gt;Le billet de Jean-Pierre Gouzy&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis le jour de l'An 2017, l'Union europ&#233;enne (UE) est pr&#233;sid&#233;e par la lilliputienne R&#233;publique de Malte, c'est-&#224;-dire le plus petit de ses Etats-membres (311 km2) qui, en vertu du Trait&#233; de Lisbonne, en a h&#233;rit&#233; statutairement jusqu'&#224; la fin du mois de juin. Comme l'Ile de Chypre, Malte est devenue membre de l'UE en maintenant son appartenance au Commonwealth britannique. Par ailleurs, le calendrier politique veut que la Grande-Bretagne pr&#233;side &#224; son tour l'Union pendant le second semestre de l'ann&#233;e en cours. Situation baroque quand on sait qu'en vertu du Brexit, Teresa May a fait savoir en octobre dernier qu'elle comptait lancer la proc&#233;dure de divorce avec l'Union dans le courant du prochain mois de mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE n'aura pas seulement &#224; se pencher, au cours des temps qui viennent, sur l'une des plus difficiles n&#233;gociations de son histoire. Elle devra aussi affronter parall&#232;lement une s&#233;rie de questions majeures (en commen&#231;ant par les probl&#232;mes que ne manqueront pas de lui poser l'exub&#233;rance et l'impr&#233;visibilit&#233; du nouveau Pr&#233;sident des Etats-Unis apr&#232;s sa prise de fonction le 20 janvier, au nom du slogan &#171; America first &#187;, pendant sa campagne &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trump est, en effet, apparu comme un personnage &#233;bouriffant faisant volontiers son miel des exc&#232;s de langage dont il s'est montr&#233; prodigue, mais sans pour autant se laisser assimiler &#224; un clown, comme il a su en convaincre l'&#233;lectorat f&#233;d&#233;ral. Son gout prononc&#233; pour la &#171; Realpolitik &#187; transparait dans ses propos, qu'il s'agisse de prendre syst&#233;matiquement le contre-pied d'Obama ou de se vouloir isolationniste, en tant que leader de la superpuissance mondiale, ou champion d'un protectionnisme qui s'est d&#233;j&#224; traduit dans la &#171; zone Pacifique &#187; par l'abandon du Trait&#233; de Libre-&#233;change (TIP) conclu par son pr&#233;d&#233;cesseur avec les pays asiatiques, &#224; l'exception notable de la Chine. Celle-ci s'est d'ailleurs r&#233;jouie imm&#233;diatement d'un renoncement susceptible de lui permettre d'instaurer un partenariat &#233;conomique r&#233;gional dont elle serait, cette fois, le pivot. Le projet de Partenariat &#171; transatlantique pour le commerce et l'investissement &#187; d'autre part en cours de n&#233;gociation (TTIP), parait destin&#233; &#224; un sort comparable. Sino-sceptique, climato-sceptique, Trump est aussi un eurosceptique, comme il l'a montr&#233; en applaudissant l'annonce du succ&#232;s obtenu par le Brexit Outre-manche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, les Europ&#233;ens vont devoir faire face &#224; un &#171; partenaire &#187; imbuvable, mais incontournable, chaque fois que des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques, politiques ou strat&#233;giques majeurs seront en cause. Un partenaire, de plus, qui cultive sa proximit&#233; avec les &#233;l&#233;ments les plus durs de la droite europ&#233;enne. Trump, sans aucun doute et sans tarder invitera ses alli&#233;s europ&#233;ens &#224; s'assumer d&#233;sormais sur le plan de la d&#233;fense, notamment dans le domaine budg&#233;taire, laissant par ailleurs clairement entendre que l'Organisation du Trait&#233; de l'Atlantique Nord (OTAN) est devenue &#171; obsol&#232;te &#187;. C'est un des points clefs de son programme, m&#234;me si on ne per&#231;oit pas quel nouvel organisme pourrait se substituer dans le contexte actuel &#224; l'OTAN dont les Am&#233;ricains assurent, &#224; eux seuls, pr&#232;s de la moiti&#233; de la charge et contr&#244;lent plus de la moiti&#233; des infrastructures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus et surtout quels sont les pays europ&#233;ens pr&#234;ts &#224; accepter les transferts significatifs de souverainet&#233; aujourd'hui n&#233;cessaires &#224; la mise en service d'une nouvelle organisation militaire int&#233;gr&#233;e pour faire preuve d'efficacit&#233;, sans &#234;tre technologiquement, budg&#233;tairement, politiquement d&#233;pendante des Etats-Unis ? Faute d'en avoir la volont&#233; suffisante, les Europ&#233;ens n'ont cess&#233; de tourner en rond autour de ces dilemmes fondamentaux. F&#233;derica Mogherini, Chef de la diplomatie de l'UE, a d&#233;j&#224; proclam&#233; urbi et orbi qu'il ne pouvait &#234;tre question de &#171; cr&#233;er une arm&#233;e europ&#233;enne &#187; ; la seule chose qui puisse s'envisager &#233;tant celle d'une &#171; coop&#233;ration plus effective &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, comme a tenu &#224; nous le faire savoir Robert Fico qui &#171; pr&#233;sidait &#187;, au nom de la Slovaquie, le Conseil europ&#233;en lors du deuxi&#232;me semestre 2016, le mal- &#234;tre europ&#233;en appelle &#224; &#171; moins d'int&#233;gration &#187; au motif que &#171; plus d'int&#233;gration mettrait en danger les identit&#233;s nationales &#187; ! Dans ces conditions, les avertissements du quarante-cinqui&#232;me pr&#233;sident des Etats-Unis risquent de n'&#234;tre, au moment o&#249; il se pr&#233;pare &#224; assumer sa charge, que des avertissements de &#171; Trump l'&#339;il &#187;, malgr&#233; les d&#233;clarations et les pratiques de Poutine qui a, pour l'instant, toutes ses faveurs. On peut donc se demander de quoi l'Europe pourra se montrer encore capable &#224; l'occasion du soixanti&#232;me anniversaire des Trait&#233;s de Rome, le 25 mars prochain. Car, il faudra bien, au del&#224; des congratulations de circonstance, &#233;voquer les incertitudes de l'avenir dans la foire d'empoigne mondiale, deux mois apr&#232;s que le propri&#233;taire de la Trump Tower se soit install&#233; dans le bureau ovale de la Maison blanche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'affaire Barroso</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/L-affaire-Barroso</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/L-affaire-Barroso</guid>
		<dc:date>2016-10-13T08:35:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Gouzy</dc:creator>


		<dc:subject>Le billet de Jean-Pierre Gouzy</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les f&#233;d&#233;ralistes ont tr&#232;s g&#233;n&#233;ralement soutenu la Commission trop souvent dite de &#171; Bruxelles &#187; et le Parlement dit de &#171; Strasbourg &#187; par les m&#233;dias &#171; grand public &#187;. M&#234;me si, dans nombre de cas de figure, il s'est agi d'un soutien critique &#224; l'occasion de l'&#233;largissement ou du renforcement de leurs comp&#233;tences. C'est pourquoi nous devons nous associer &#224; celles et ceux qui ont d&#233;nonc&#233; ces temps derniers l'attitude du pr&#233;d&#233;cesseur de Jean-Claude Juncker &#224; la t&#234;te de la Commission (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-173-Septembre-2016-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 173 - Septembre 2016&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les f&#233;d&#233;ralistes ont tr&#232;s g&#233;n&#233;ralement soutenu la Commission trop souvent dite de &#171; Bruxelles &#187; et le Parlement dit de &#171; Strasbourg &#187; par les m&#233;dias &#171; grand public &#187;. M&#234;me si, dans nombre de cas de figure, il s'est agi d'un soutien critique &#224; l'occasion de l'&#233;largissement ou du renforcement de leurs comp&#233;tences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi nous devons nous associer &#224; celles et ceux qui ont d&#233;nonc&#233; ces temps derniers l'attitude du pr&#233;d&#233;cesseur de Jean-Claude Juncker &#224; la t&#234;te de la Commission europ&#233;enne. C'est-&#224;-dire Jose Manuel Barroso qui en assuma la pr&#233;sidence entre 1984 et 1994. Le Portugais a d&#233;cid&#233;, en effet, d'agr&#233;menter les avantages d'une d&#233;j&#224; tr&#232;s confortable retraite en accueillant sans &#233;tat d'&#226;me les offres de &#171; pantouflage &#187; de la tristement c&#233;l&#232;bre banque am&#233;ricaine Goldman Sachs mondialement connue pour les responsabilit&#233;s assum&#233;es lors du d&#233;clenchement de la violente crise financi&#232;re des &#171; subprimes &#187;, provoquant &#224; partir de 2008 un clash sans pr&#233;c&#233;dent depuis les ann&#233;es 1930, &#233;branlant de ce fait les &#233;conomies am&#233;ricaine, europ&#233;enne et m&#234;me mondiale, frappant de plein fouet la jeune et encore fragile zone euro, au passage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devenu, au d&#233;but de Juillet dernier, pr&#233;sident non ex&#233;cutif de la branche internationale de Goldman Sachs sise &#224; Londres, Barroso a fait savoir ses intentions en les annon&#231;ant &#224; la cantonade, contribuant ainsi &#224; mettre luim&#234;me &#171; le feu aux poudres &#187;. Par exemple, quand il a d&#233;clar&#233; tout de go au &#171; Financial Times &#187; qu'il &#233;tait pr&#234;t en prenant la t&#234;te d'une telle banque d'affaires, &#171; &#224; participer &#187; au d&#233;nouement des cons&#233;quences financi&#232;res du Brexit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'initiative de Barroso a, de toute &#233;vidence, plong&#233; dans l'embarras la Commission Juncker, d&#233;j&#224; emp&#234;tr&#233;e dans les bourbiers grec et migratoire, sans parler des redoutables cons&#233;quences potentielles du rejet r&#233;f&#233;rendaire de l'appartenance britannique &#224; l'Union europ&#233;enne. M&#234;me si, formellement, l'illustre Barroso fort de ses 32 doctorats &#171; honoris causa &#187; et b&#233;n&#233;ficiant d'une cinquantaine de prix et m&#233;dailles, a respect&#233; les &#171; r&#232;gles de d&#233;cence &#187; aujourd'hui prescrites au nom des textes statutaires de l'Union europ&#233;enne, plus de 120.000 signatures faisant l'objet d'une p&#233;tition &#233;lectronique auraient &#233;t&#233; recueillies l'&#233;t&#233; dernier &#224; son encontre, en vue d'&#234;tre soumise aux pr&#233;sidents en exercice de la Commission, du Parlement et du Conseil europ&#233;en, pour requ&#233;rir des &#171; sanctions exemplaires &#187;. L'eurod&#233;put&#233;e Sylvie Goulard, bien connue en France pour son engagement europ&#233;en, a appel&#233; les chefs d'Etat et de gouvernements de l'Union, en t&#234;te desquels Angela Merkel et Fran&#231;ois Hollande, ainsi que les responsables actuels du gouvernement de Lisbonne, &#224; exprimer publiquement &#171; leur r&#233;probation &#187; sugg&#233;rant &lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me qu'ils invitent M. Barroso &#224; d&#233;missionner de ses nouvelles fonctions, alors que celui-ci s'estime victime &#171; d&#8216;all&#233;gations discriminatoires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'affaire Barroso a pris un tour nouveau quand la M&#233;diatrice de l'Union, &#233;lue par le Parlement europ&#233;en, l'Irlandaise Emily O'Reilly a fait savoir, le 6 Septembre dernier, qu'elle attendait tr&#232;s officiellement de Jean-Claude Juncker une &#171; clarification &#187; de la position de la Commission dans cette affaire. Le Luxembourgeois a r&#233;pondu trois jours plus tard, en assurant son interlocutrice qu'il avait demand&#233; que lui soit communiqu&#233; le contrat de travail liant d&#233;sormais M. Barroso &#224; Goldman Sachs. D'autre part, il a saisi la Commission d'&#233;thique ad hoc du cas de figure que posait, en la circonstance, son pr&#233;d&#233;cesseur. Cette r&#233;ponse n'a, apparemment, pas enti&#232;rement satisfait Mme O'Rielly qui, en pleine connaissance des textes existants (y compris, l'article 245 du Trait&#233; sur le fonctionnement de l'Union europ&#233;enne), a exprim&#233; des doutes sur leur efficacit&#233;, tels qu'ils avaient &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;s. En cons&#233;quence, la code de conduite devrait &#234;tre r&#233;vis&#233; et inclure, selon elle, de nouvelles sanctions sp&#233;cifiques. L'affaire suivra donc son cours&#8230; et continuera &#224; nuire &#224; l'image de la Commission tant qu'elle n'aura pas abouti &#224; des conclusions moralement acceptables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Barroso m&#233;rite notre attention particuli&#232;re. C'est, en effet, &#224; son initiative que s'est tenue aux &#238;les A&#231;ores, le 15 Mars 2003 l'historique rencontre &#224; l'issue de laquelle l'am&#233;ricain Bush, le britannique Blair, l'espagnol Azenar ont donn&#233; le &#171; feu vert &#187; de la guerre d'Irak. Comment, d&#232;s lors mieux le remercier de son virage atlantique , qu'en parrainant sa candidature &#224; la pr&#233;sidence de la Commission europ&#233;enne ? C'est ce que fit Tony Blair au d&#233;triment de celle, jug&#233;e &#171; trop f&#233;d&#233;raliste &#187; du belge Guy Verhofstadt, aujourd'hui charg&#233; par le Parlement europ&#233;en de suivre les n&#233;gociations qui s'annoncent avec Londres, &#224; la suite du Brexit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la t&#234;te de la Commission, dix ans durant, le &#171; M&#233;rou &#187; (surnom portugais de Jos&#233;-Manuel) a aussi assum&#233; un deuxi&#232;me virage notoire, : celui d'une &#171; technocratisation &#187; acc&#233;l&#233;r&#233;e de l'ex&#233;cutif europ&#233;en, conform&#233;ment aux v&#339;ux britanniques. Quoi qu'il en soit, les f&#233;d&#233;ralistes doivent, en la circonstance, soutenir les requ&#234;tes de Mme O'Reilly, de la m&#234;me fa&#231;on qu'il est de leur devoir de s'associer au combat de la danoise Margrethe Vestager, Commissaire europ&#233;en en charge de la concurrence, aux prises avec le g&#233;ant am&#233;ricain de l'informatique et du num&#233;rique, APPLE. Ne serait-ce que pour des raisons morales et &#233;viter que la communaut&#233; des citoyens ne rejette une fois pour toutes une construction europ&#233;enne appel&#233;e, par ailleurs, &#224; f&#234;ter son soixanti&#232;me anniversaire en mars 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Schuman et Monnet &#233;taient encore de ce monde, diraient-ils, &#171; autre chose ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un accord en trompe l'&#339;il</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Un-accord-en-trompe-l-oeil</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Un-accord-en-trompe-l-oeil</guid>
		<dc:date>2016-04-11T13:33:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Gouzy</dc:creator>


		<dc:subject>Le billet de Jean-Pierre Gouzy</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;fugi&#233;s</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comment s'efforcer, en quelques lignes, de clarifier ce qui appara&#238;t pour tout un chacun n&#233;buleux ? Desvagues de r&#233;fugi&#233;s depuis des mois, ont fui le grand Orient en guerre via la Turquie, traversant l'imp&#233;tueuse mer Eg&#233;e sur des barcasses de fortune, pour gagner les &#238;les grecques &#224; leurs risques et p&#233;rils, amplifiant ainsi un ph&#233;nom&#232;ne d&#233;j&#224; observ&#233; en M&#233;diterran&#233;e centrale &#224; l'approche des rives italiennes ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Que penser, par ailleurs, de l'accord euro-turc conclu &#224; Bruxelles le 17 mars (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-171-Mars-2016-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 171 - Mars 2016&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Refugies-+" rel="tag"&gt;R&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment s'efforcer, en quelques lignes, de clarifier ce qui appara&#238;t pour tout un chacun n&#233;buleux ? Desvagues de r&#233;fugi&#233;s depuis des mois, ont fui le grand Orient en guerre via la Turquie, traversant l'imp&#233;tueuse mer Eg&#233;e sur des barcasses de fortune, pour gagner les &#238;les grecques &#224; leurs risques et p&#233;rils, amplifiant ainsi un ph&#233;nom&#232;ne d&#233;j&#224; observ&#233; en M&#233;diterran&#233;e centrale &#224; l'approche des rives italiennes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que penser, par ailleurs, de l'accord euro-turc conclu &#224; Bruxelles le 17 mars dernier pour tenter de tarir ce flux et si possible de provoquer des reflux d'amplitude ?&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Plus de 2 millions de r&#233;fugi&#233;s, dont pr&#232;s de la moiti&#233; de Syriens &#171; campaient &#187; en Turquie, toujours plus nombreux depuis des ann&#233;es. Erdogan, fra&#238;chement r&#233;&#233;lusouhaitait qu'ils &#171; d&#233;campent &#187;. Finalement, il s'est content&#233; de &#171; laisser filer &#187; vers l'Europe, tous ceux d'entre eux qui ne sachant o&#249; aller, d&#233;siraient y &#171; refaire leur vie &#187;. On les a donc vus serpenter longuement dans les montagnes balkaniques en qu&#234;te des riches &#171; terres promises &#187; : l'Autriche ; l'Allemagne surtout ; mais aussi la Su&#232;de qui les accueillirent d'abord de grand c&#339;ur. Angela Merkel leur a litt&#233;ralement ouvert les bras. Fille d'un pasteur protestant, &#171; Mutti &#187; qui avait v&#233;cuses jeunes ann&#233;es et les suivantes en Allemagne de l'Est mur&#233;e par les Sovi&#233;tiques, ne tenait pas &#224; voir son pays aujourd'hui &#233;panoui au c&#339;ur d'une Union europ&#233;enne (UE) en paix se transformer peu ou prou en une sorte de &#171; bunker &#187;. Au surplus, l'Allemagne n'a plus qu'un ch&#244;mage r&#233;siduel et veut continuer &#224; cr&#233;er des emplois, malgr&#233; une courbe d&#233;mographique d&#233;clinante. M&#234;me si la masse des nouveaux venus ne cessait d'augmenter, la chanceli&#232;re r&#233;p&#233;tait l'ann&#233;e derni&#232;re pour rassurer ses compatriotes : &#171; Nous y arriverons &#187;. Les pays danubiens et balkaniques, membres de l'UE, qui n'ont pas voulu la suivre sur un terrain devenu trop mouvant, faisaient donc bande &#224; part, fermant leurs fronti&#232;res et dans plusieurs cas, &#233;difiant, des cl&#244;tures au sein de l'espace de Schengen. A Bruxelles, Jean-Claude Juncker, gardien du temple europ&#233;en, ne cessait de mettre en cause les &#171; solos nationaux &#187; et tentait, en vain, de mettre en &#339;uvre son planeurop&#233;en de &#171; relocalisation &#187; par quotas des r&#233;fugi&#233;s, sans vraiment y parvenir autrement qu'au compte-goutte.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devant ce fiasco, Angela d&#233;cida de &#171; tourner casaque &#187; en privil&#233;giant une n&#233;gociation avec les &#233;missaires d'Erdogan. Courant f&#233;vrier 2016, elle est parvenue &#224; arracher un &#171; Sommet &#187; euro-turc (les m&#233;chantes langues diront &#171; germano-turc &#187;) qui s'est tenu le 7 mars suivant, apr&#232;s une soir&#233;e bruxelloise o&#249; Ahmet Duvatoglu, homologue turc de la Chanceli&#232;re, a pu r&#233;gler en t&#234;te &#224; t&#234;te avec elle les questions qui f&#226;chaient encore. Il ne restait plus au Conseil europ&#233;en, r&#233;uni dix jours plus tard qu'&#224; ent&#233;riner, avec quelques modifications &#224; la marge, le troc diplomatique dont Berlin et Ankara avaient pris l'initiative. A savoir : un r&#233;fugi&#233; syrien sera, &#224; partir du 20 mars 2016, accueilli en Gr&#232;ce de mani&#232;re l&#233;gale en &#233;change d'un demandeur d'asile syrien en situation irr&#233;guli&#232;re qui sera renvoy&#233; en Turquie. Ceci dans la limite actuelle de 72000 personnes. Pour ce faire, la Gr&#232;ce s'est engag&#233;e, en l'occurrence, &#224; reconna&#238;tre la Turquie comme un &#171; pays s&#251;r &#187;, alors que dans les faits, ce n'est pas vraiment le cas sous le r&#232;gne plus qu'autoritaire d'Erdogan.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En contrepartie, les &#171; 28 &#187; se sont engag&#233;s &#224; ouvrir &#224; la n&#233;gociation un chapitre du projet de trait&#233; d'adh&#233;sion turc &#224; l'UE en abordant la question des &#171; dispositions budg&#233;taires &#187; ;&#224; verser 3 nouveaux milliards d'euros au gouvernement d'Ankara (pour l'aide que la Turquie assume &#224; l'&#233;gard des r&#233;fugi&#233;s dont elle a la charge, et qui s'ajoute aux 3 milliards d'euros dont le versement a &#233;t&#233; promis &#224; Ankara pr&#233;c&#233;demment) ; enfin, &#224; anticiper au mois de juin prochain la lev&#233;e du r&#233;gime des visas pour les ressortissants turcs venant dans l'UE, sous r&#233;serve d'un chapelet de 72 conditions &#233;dict&#233;es par la Commission de Bruxelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En admettant que le flux des r&#233;fugi&#233;s &#171; irr&#233;guliers &#187; finisse en vertu du m&#233;canisme con&#231;u par le tandem Merkel-Duvatoglu par s'imposer &#8211; ce qui, pour l'heure est loin d'&#234;tre acquis &#8211; plusieurs questions essentielles ouvertes par cette crise restent ouvertes,&#224; commencer par celles du statut et du sort des 1.200.000 r&#233;fugi&#233;s d&#233;j&#224; en Europe avant le 20 mars dernier ; celle d'un dispositif analogue pour les migrants venus du Maghreb et du Sahel, via la M&#233;diterran&#233;e centrale, pour atteindre Lampedusa ou la Sicile ; celle &#233;galement , d'un statut de Schengen renforc&#233; pour pr&#233;server la libre-circulation des Europ&#233;ens ; celle, non moins fondamentale, d'une politique f&#233;d&#233;rale europ&#233;enne du droit d'asile et des migrations dot&#233;e de moyens ad&#233;quats, tout en sachant d&#232;s maintenant que la fin des luttes arm&#233;es est la condition sine qua non pour mettre un v&#233;ritable terme aux flux migratoires aliment&#233;s par les guerres de Syrie et d'Irak, et que l'Europe invert&#233;br&#233;e dont nous sommes dot&#233;s, continuera &#224; zigzaguer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quand l'Europe se d&#233;glingue</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Quand-l-Europe-se-deglingue</link>
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		<dc:date>2016-01-14T08:31:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Gouzy</dc:creator>


		<dc:subject>Le billet de Jean-Pierre Gouzy</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un distingu&#233; chroniqueur du Figaro a cru devoir titrer son article du 16 d&#233;cembre dernier : &#171; L'Europe se meurt, l'Europe est morte &#187; en nous expliquant pourquoi &#171; en l'espace d'un an &#187;, elle &#171; est devenue une sorte de canard sans t&#234;te qui continue &#224; courir, sans savoir qu'elle n'existe plus &#187; sur le plan industriel &#171; assassin&#233;e par les fonctionnaires bruxellois &#187; ; sur celui de l'&#233;nergie et des transports &#171; assassin&#233;e par Angela Merkel &#187; quand elle a r&#233;pudi&#233; &#171; le recours &#224; l'&#233;nergie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-170-Decembre-2015-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 170 - D&#233;cembre 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Le-billet-de-Jean-Pierre-Gouzy,44-+" rel="tag"&gt;Le billet de Jean-Pierre Gouzy&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un distingu&#233; chroniqueur du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; a cru devoir titrer son article du 16 d&#233;cembre dernier : &lt;i&gt;&#171; L'Europe se meurt, l'Europe est morte &#187;&lt;/i&gt; en nous expliquant pourquoi &#171; en l'espace d'un an &#187;, elle &#171; est devenue une sorte de canard sans t&#234;te qui continue &#224; courir, sans savoir qu'elle n'existe plus &#187; sur le plan industriel &#171; assassin&#233;e par les fonctionnaires bruxellois &#187; ; sur celui de l'&#233;nergie et des transports &#171; assassin&#233;e par Angela Merkel &#187; quand elle a r&#233;pudi&#233; &#171; le recours &#224; l'&#233;nergie nucl&#233;aire &#187; ; sur celui des politiques financi&#232;res et de la croissance quand Bruxelles a voulu imposer co&#251;te que co&#251;te &#171; une doxa grav&#233;e dans le marbre depuis plus de vingt ans &#187; ; celui de la s&#233;curit&#233;, enfin, quand Angela Merkel a choisi &#171; de mani&#232;re unilat&#233;rale d'ouvrir les portes de l'Allemagne &#224; tous les migrants qui le voulaient &#187; et de &#171; tuer, par la m&#234;me occasion Schengen et la libre circulation des citoyens europ&#233;ens &#187;. Il ne resterait, donc plus, qu'une &#171; Europe politique &#187; dont le caract&#232;re assez d&#233;risoire est sommairement mis en lumi&#232;re. Or, pr&#233;cis&#233;ment, c'est l&#224; o&#249; le b&#226;t blesse : il n'y a pas d'Europe politique &#224; proprement parler, aujourd'hui sur notre continent. Comme le d&#233;clare, tout de go, Daniel Cohn-Bendit, dans le &lt;i&gt;Journal du dimanche&lt;/i&gt; du 27 d&#233;cembre, nous sommes en face d'une Europe &#171; ad&#233;mocratique &#187;, au sein de laquelle, on d&#233;cide &#224; l'unanimit&#233;, en imposant &#171; le r&#233;gime de la minorit&#233; &#187;. Il est ais&#233;, dans ces conditions, de mettre &#171; tout sur le dos de l'Europe alors que les Etats-nations sont en r&#233;alit&#233; ceux qui emp&#234;chent les d&#233;cisions &#187;. Que faire dans ces conditions ? Pour D.C-B., on se doit d'affronter une r&#233;alit&#233; incontournable : &#171; revoir l'architecture d&#233;mocratique, aller plus loin avec une Constitution europ&#233;enne, quitte &#224; laisser de c&#244;t&#233; les Etats r&#233;calcitrants qui sortiront de l'espace politique commun, tout en restant dans l'espace &#233;conomique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; tr&#232;s grands traits cette option fondamentale nous convient, quand nous observons le spectacle que donne le continent europ&#233;en o&#249; l'euroscepticisme et l'euro-populisme prosp&#232;rent, o&#249; les formations politiques traditionnelles, incapables de sortir de leurs cloisonnements coutumiers tr&#233;buchent, qu'il s'agisse des &#171; r&#233;fugi&#233;s &#187; ou de l'emploi, de la s&#233;curit&#233; ou de l'&#233;veil r&#233;gional au Royaume-Uni (avec l'Ecosse), en Espagne (avec la Catalogne, voire au Pays-basque), en France (avec la Corse qui vient de se rappeler &#224; son bon souvenir).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains &#233;v&#232;nements majeurs r&#233;cents ne font que nous renforcer dans nos intimes convictions&#8230; Tel est le cas des &#233;lections en Pologne, le 25 octobre dernier,qui ont donn&#233; la majorit&#233; absolue aux ultraconservateurs et eurosceptiques patent&#233;s du PIS (&#171; Droit et Justice &#187;),leur permettant de prendre le pouvoir &#224; Varsovie, et du m&#234;me coup, de faire tomber un &#201;tat essentiel de l'Union europ&#233;enne (UE) dans leur escarcelle. Tel est le cas du Danemark o&#249; le r&#233;f&#233;rendum du 3 d&#233;cembre suivant a permis , sous la pression de l'extr&#234;me-droite (&#171; Parti du peuple danois &#187;) qui soutient le gouvernement lib&#233;ral minoritaire du cru comme la corde soutient le pendu, de r&#233;pondre formellement &#171; non &#187; &#224; plus d'Europe dans le domaine de la coop&#233;ration judiciaire et polici&#232;re. Tel est le cas en France o&#249; le Front National a &#233;chou&#233; de peu, le 19 d&#233;cembre 2015, &#224; faire main basse sur les nouveaux ex&#233;cutifs r&#233;gionaux, mais qui a permis &#233;lectoralement au parti d'extr&#234;me-droite de monter en puissance dans l'hexagone en revendiquant 6.820.000 voix et plus de 27 % des suffrages exprim&#233;s ainsi que 358 si&#232;ges dans les conseils r&#233;gionaux. En Espagne, les &#233;lections qui se sont tenues le 20 d&#233;cembre, ont confirm&#233; l'avanc&#233;e de nouvelles forces d&#233;mocratiques plus ouvertes &#171; au changement &#187;, que les partis traditionnels. &#192; savoir : &lt;i&gt;Podemos&lt;/i&gt; &#224; gauche de l'&#233;chiquier politique et &lt;i&gt;Ciudadanos&lt;/i&gt; qui se situe au centre, mais avec un r&#233;sultat paradoxal ; personne n'est d'accord avec personne, au sein des partis qui ont monopolis&#233; le bilat&#233;ralisme depuis la fin du franquisme et des jeunes formations nouvelles apparues sur l'&#233;chiquier politique au moment o&#249; pour la premi&#232;re fois depuis 2008, le ch&#244;mage (21 % de la population active) commence &#224; baisser et o&#249; la croissance repart &#224; l'envie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe qui s'introverse et se cloisonne au lieu de s'ouvrir et de se renforcer n'est-elle pas en train, &#224; des degr&#233;s divers et sous diff&#233;rentes formes, de se d&#233;glinguer tout bonnement ? Il faut, &#224; cet &#233;gard, prendre au s&#233;rieux, la derni&#232;re &#171; sortie &#187; de Cohn-Bendit. Les f&#233;d&#233;ralistes devraient &#234;tre les premiers &#224; le comprendre, mais &#224; propos, o&#249; sont les f&#233;d&#233;ralistes en ce d&#233;but d'ann&#233;e 2016 ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le ballon d'essai de Juncker</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Le-ballon-d-essai-de-Juncker</link>
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		<dc:date>2015-04-09T13:40:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Gouzy</dc:creator>


		<dc:subject>Le billet de Jean-Pierre Gouzy</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;fense</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En attendant que la lourde machinerie administrative et juridique qui r&#233;gule la marche de l'Union europ&#233;enne (UE) se mette en branle pour traduire en projets concrets le plan de relance de 315 milliards d'euros qui porte son nom, Jean-Claude Juncker a lanc&#233;, le 8 mars un ballon d'essai dominical sur un sujet o&#249; on ne l'attendait gu&#232;re : la cr&#233;ation d'une arm&#233;e europ&#233;enne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; qui ne peut que r&#233;jouir les seniors du f&#233;d&#233;ralisme auxquels je m'honore d'appartenir. La France qui avait con&#231;u (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En attendant que la lourde machinerie administrative et juridique qui r&#233;gule la marche de l'Union europ&#233;enne (UE) se mette en branle pour traduire en projets concrets le plan de relance de 315 milliards d'euros qui porte son nom, Jean-Claude Juncker a lanc&#233;, le 8 mars un ballon d'essai dominical sur un sujet o&#249; on ne l'attendait gu&#232;re : la cr&#233;ation d'une arm&#233;e europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qui ne peut que r&#233;jouir les seniors du f&#233;d&#233;ralisme auxquels je m'honore d'appartenir. La France qui avait con&#231;u dans les ann&#233;es 1950, la Communaut&#233; europ&#233;enne de d&#233;fense (CED, donc, une arm&#233;e europ&#233;enne int&#233;gr&#233;e) rejeta le b&#233;b&#233; qu'elle avait con&#231;u, &#224; l'issue d'un d&#233;bat hom&#233;rique qui se d&#233;roula dans l'enceinte surchauff&#233;e du Palais bourbon, le 30 ao&#251;t 1954, tant l'id&#233;e d'une arm&#233;e europ&#233;enne con&#231;ue, selon les id&#233;es supranationales de Jean Monnet et de Robert Schuman, insupportait les gros bataillons du gaullisme et du Parti communiste qui dominaient une bonne part de la classe politique fran&#231;aise de l'&#233;poque. Faute de mieux, sous la pression de Washington, Paris accepta de substituer &#224; la CED, avec l'active complicit&#233; de Londres, une sorte de succ&#233;dan&#233; militaire pur jus intergouvernementalement garanti : l'Union de l'Europe Occidentale (UEO). Seuls, les initi&#233;s du s&#233;rail peuvent tenter d'expliquer soixante ans plus tard, &#224; quoi elle a servi, en dehors du r&#233;armement (strictement balis&#233;) de l'Allemagne d'Adenauer, pour calmer les pr&#233;ventions fran&#231;aises. On peut aujourd'hui en parler d'autant plus librement que l'honorable UEO. a totalement disparu du paysage europ&#233;en. Passons sur les initiatives sympathiques mais vell&#233;itaires qui, depuis lors, ont pu se manifester ici et l&#224;, au titre de la coop&#233;ration franco-allemande ou, plus ou moins subrepticement, &#224; l'occasion de r&#233;formes communautaires successives, pour en venir au Trait&#233; de Lisbonne qui r&#233;git de nos jours l'UE. Celui-ci a bien pr&#233;vu une PESC (politique ext&#233;rieure et de s&#233;curit&#233; commune) h&#233;rit&#233;e de trait&#233;s ant&#233;rieurs, elle-m&#234;me agr&#233;ment&#233;e d'une PESDC (politique de s&#233;curit&#233; et de d&#233;fense commune). S&#339;urs siamoises, la PESC et la PESDC sont comme la d&#233;funte UEO de nature intergouvernementale. La premi&#232;re brille par son inefficacit&#233;, m&#234;me si la Haute repr&#233;sentante qui l'incarne fait des pieds et des mains pour manifester sa raison d'&#234;tre, &#224; d&#233;faut de sa consistance. La seconde, la PESDC se caract&#233;rise, elle, par son inexistence, m&#234;me si le Trait&#233; de Lisbonne a pr&#233;vu explicitement qu'elle devrait d&#233;finir &#171; progressivement une politique commune qui conduira &#224; une d&#233;fense europ&#233;enne &#187; en prenant appui sur des dispositions sp&#233;cifiques : &#171; coop&#233;ration structurelle permanente &#187;, agence europ&#233;enne de d&#233;fense, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apparemment, quand J.-C.J. &#233;voque une &#171; arm&#233;e europ&#233;enne &#187;, il pense &#224; une initiative nouvelle qui ne s'inscrirait pas n&#233;cessairement dans le cadre juridique &#233;troit des trait&#233;s. En fait, il tente d'ouvrir un d&#233;bat de fond. Poser la question de &#171; l'arm&#233;e europ&#233;enne &#187;, c'est en effet, quoi qu'on puisse en penser, poser dans un m&#234;me mouvement, la question de l'autorit&#233; politique dont elle d&#233;pendra. Nous sommes au c&#339;ur du sujet f&#233;d&#233;ral, comme ce fut le cas dans les ann&#233;es 1950.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honn&#234;tement, les gouvernements europ&#233;ens sont-ils pr&#234;ts &#224; affronter un tel d&#233;bat en 2015 ? L'Allemagne &#8211;sans dout&#8211; (on assure d'ailleurs &#224; cet &#233;gard que Juncker n'est intervenu qu'apr&#232;s s'&#234;tre concert&#233; avec Angela Merkel) ; l'Espagne de Mariano Rajoy, sans doute &#233;galement, mais le compteur &#233;lectoral a commenc&#233; &#224; tourner &#224; Madrid ; la Pologne et les Pays Baltes, aussi probablement, en raison du voisinage de Poutine et des r&#233;cents &#233;v&#232;nements d'Ukraine. De m&#234;me que l'Italie pr&#233;occup&#233;e par le chaos libyen et les trafics maritimes &#224; ses portes ; avec en prime quelques autres partenaires, comme la Belgique. Mais il faut tenir compte de plusieurs &#233;vidences : les petits pays neutres de l'Union ne se voudront pas concern&#233;s ; aucun des Etats europ&#233;ens potentiellement int&#233;ress&#233;s ne s'engagera sans le feu vert de l'OTAN consid&#233;r&#233;e comme la garantie supr&#234;me du fait de la pr&#233;&#233;minence am&#233;ricaine ; la Grande-Bretagne, pour sa part, n'aura de cesse de torpiller l'initiative, tant qu'elle ne la r&#233;duira pas &#224; une fausse couche ; la France, qu'elle soit &#171; hollandaise &#187; ou d'une complexion diff&#233;rente, veillera jalousement avant tout &#8211;m&#234;me si elle donne un accord de principe&#8211; &#224; la pr&#233;servation des attributs de la souverainet&#233; hexagonale. C'est pourquoi, sa tendance, une fois au pied du mur sera de favoriser la mise en &#339;uvre d'une force exp&#233;rimentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nonobstant, l'arm&#233;e europ&#233;enne reste un objectif potentiellement mobilisateur et r&#233;aliste &#224; une triple condition : faire preuve d'un volontarisme politique dont nous ne percevons malheureusement pas encore les signes avant-coureurs, rallier au projet un nombre cons&#233;quent d'Etats de l'Union susceptibles de lui conf&#233;rer une pleine cr&#233;dibilit&#233;, s'assurer de l'assentiment majoritaire des parties concern&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ballon d'essai junkerien m&#233;rite donc consid&#233;ration, m&#234;me si le silence des m&#233;dia et des chancelleries &#224; son encontre nous para&#238;t, &#224; vrai dire, assourdissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en pense le Parlement europ&#233;en ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le hold-up de Super Poutine</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Le-hold-up-de-Super-Poutine</link>
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		<dc:date>2014-05-01T08:26:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Gouzy</dc:creator>


		<dc:subject>Le billet de Jean-Pierre Gouzy</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les faux-culs qui pr&#233;tendent orchestrer les destin&#233;es de l'Union europ&#233;enne en tournant le dos aux prescriptions des &#171; P&#232;res fondateurs &#187; sont les m&#234;mes personnages, depuis la crise des subprimes (2007) et la faillite de Lehman Brothers (2008), qui ont souteni mordicus que l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire pr&#233;vue &#224; Maastricht devrait permettre &#224; la zone euro de sortir haut la main des difficult&#233;s auxquelles elle se trouvait brutalement confront&#233;e. Or, il n'en a rien &#233;t&#233;, le pilier &#233;conomique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-163-Mars-2014-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 163 &#8211; Mars 2014&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les faux-culs qui pr&#233;tendent orchestrer les destin&#233;es de l'Union europ&#233;enne en tournant le dos aux prescriptions des &#171; P&#232;res fondateurs &#187; sont les m&#234;mes personnages, depuis la crise des subprimes (2007) et la faillite de Lehman Brothers (2008), qui ont souteni mordicus que l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire pr&#233;vue &#224; Maastricht devrait permettre &#224; la zone euro de sortir haut la main des difficult&#233;s auxquelles elle se trouvait brutalement confront&#233;e. Or, il n'en a rien &#233;t&#233;, le pilier &#233;conomique de l'Union existait surtout sur le papier, fragilisant une Union mon&#233;taire encore balbutiante, au moment o&#249; on lui demandait d'affronter des perturbations sans &#233;quivalent depuis les ann&#233;es 1930 et la seconde guerre mondiale. Il a fallu plus de six ans pour rattraper le temps perdu, notamment, en n&#233;gociant un projet d'Union bancaire qui puisse tenir la route et permettre de jeter les premiers fondements d'une Union budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout r&#233;cemment, la crise ukrainienne a permis, &#224; son tour, d'appr&#233;cier l'inanit&#233; de notre politique &#233;trang&#232;re et de s&#233;curit&#233; (PESC) dont la responsabilit&#233; a &#233;t&#233; confi&#233;e &#224; l'ineffable Lady Ashton, avec le mandat de faire respecter la r&#232;gle souveraine de l'unanimit&#233; qui se confond avec celle du plus petit commun d&#233;nominateur, au d&#233;triment de l'&#233;laboration de politiques d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral efficaces comme cela aurait d&#251; &#234;tre le cas ces derni&#232;res ann&#233;es dans le bassin m&#233;diterran&#233;en, dans l'&#233;tablissement de nos relations avec le monde arabo-musulman, les crises du Sahel, notamment au Mali et en R&#233;publique centrafricaine. La m&#234;me PESC a jou&#233; un r&#244;le tout &#224; fait subsidiaire, par ailleurs, dans les n&#233;gociations nucl&#233;aires avec l'Iran, alors que l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la France, traitaient directement, en tant que puissances &#171; souveraines &#187;, avec T&#233;h&#233;ran, comme le firent, pour leur part, trois poids lourds embl&#233;matiques de la politique mondiale : Chine, Etats-Unis, Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte domin&#233;, au surplus, par l'effervescence des tensions en Orient et le reflux des engagements am&#233;ricains, qu'a &#233;clat&#233; la bombe ukrainienne. L'impuissance des Europ&#233;ens face aux &#233;v&#232;nements de Kiev et S&#233;bastopol est la cons&#233;quence d'une s&#233;rie d'&#233;checs : celui des laborieuses n&#233;gociations engag&#233;es depuis 2009 par l'Union europ&#233;enne (UE) avec le Pr&#233;sident Ianoukovitch, sold&#233;es par la volte-face du personnage au profit des Russes, porteurs d'un pr&#233;cieux accord avec Gazprom, agr&#233;ment&#233; d'un ch&#232;que de 15 milliards de dollars destin&#233;s au sauvetage d'une &#233;conomie en pleine d&#233;route ; &#233;chec aussi d'une diplomatie convaincue que le Kremlin respecterait l'engagement de ne pas interf&#233;rer dans les affaires internes du cousin ukrainien ; d&#233;fectuosit&#233; des relations avec les services am&#233;ricains comp&#233;tents (D&#233;partement d'Etat et OTAN). &#171; Que l'Union europ&#233;enne aille se faire foutre ! &#187; aurait, tout de go, d&#233;clar&#233; la dame Norland, Secr&#233;taire d'Etat am&#233;ricain adjoint. Selon maints observateurs bas&#233;s &#224; Bruxelles, Poutine accapar&#233; par les Jeux olympiques d'hiver &#224; Sotchi, laisserait les Ukrainiens se d&#233;brouiller entre eux, pour &#171; s&#233;parer le bon grain de l'ivraie &#187; &#224; l'issue des empoignades de Kiev. &#171; L'ivraie &#187;, en la circonstance, pouvant s'assimiler aussi bien aux matraqueurs policiers dont nous avons pu appr&#233;cier le savoir-faire sur nos &#233;crans de t&#233;l&#233;, qu'aux extr&#233;mistes de Svoboda et de Praviy Sektor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, l'homme-lige du Kremlin, Viktor Ianoukovitch, d&#233;savou&#233; par les siens, a pris la poudre d'escampette, en se r&#233;fugiant dans l'immensit&#233; russe. Quant &#224; Poutine, il a admirablement su tirer parti de la confusion g&#233;n&#233;rale en d&#233;cidant de profiter de l'occasion pour r&#233;gler un vieux compte avec les cousins rebelles, en proc&#233;dant &#224; l'annexion &#233;clair de la Crim&#233;e, ancienne Riviera des tsars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militaires ukrainiens bas&#233;s autour de S&#233;bastopol, la base navale russe de la Mer noire d'o&#249; partent les navires de guerre et les ravitailleurs de Bachar Al Assad, ont &#233;t&#233; invit&#233;s &#224; capituler sans s'opposer aux commandos russes qui surgissaient de partout. Bref, le droit international a &#233;t&#233; copieusement bafou&#233;. L'int&#233;grit&#233; territoriale ukrainienne a vol&#233; en &#233;clats. Les sanctions prises depuis lors par les Am&#233;ricains et les Europ&#233;ens sont des sanctions en trompe l'&#339;il, elles n'affectent pas les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques essentiels de la Russie. Le gaz russe continuera donc a &#234;tre livr&#233; aux Allemands qui en ont grand besoin. Le sacro-saint business ne sera contrari&#233; qu'&#224; la marge. Les oligarques peuvent, du moins pour le moment, continuer &#224; prosp&#233;rer au sein de la City de Londres, toujours si accueillante. La France esp&#232;re bien tirer son &#233;pingle du jeu en &#233;vitant, de son c&#244;t&#233;, de rester en carafe avec ses porte-h&#233;licopt&#232;res &#171; Mistral &#187;, d'autant que 96,6 % des &#233;lecteurs de Crim&#233;e ont ratifi&#233; le hold-up poutinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vraie question qui reste ouverte est donc, la suivante : les grandes villes russophones d'Ukraine ne vont-elles pas commencer &#224; s'interroger s&#233;rieusement sur leur propre statut, au cours des temps qui viennent ? M&#234;me questionnement, &#233;videmment, au sein des minorit&#233;s russophones voisines de l'Ukraine, en Moldavie et en Transnistrie, pour ne pas parler des Pays baltes dont la s&#233;curit&#233; se veut, il est vrai, &#171; garantie &#187; par l'OTAN. Vladimir Vladimirovitch, ancien colonel du KGB promu d&#233;sormais au r&#244;le de Super Poutine, est confront&#233; aujourd'hui aux cons&#233;quences impr&#233;visibles de ses propres actes, depuis les interventions militaires russes de G&#233;orgie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est exclu &#224; cet &#233;gard : la cr&#233;ation d'un nouvel espace euro-asiatique ; le retour &#224; un certain statu quo avec l'UE et les Etats-Unis ; les pr&#233;misses d'une nouvelle guerre continentale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'observait, r&#233;cemment, l'ancien conseiller pr&#233;sidentiel am&#233;ricain d'origine polonaise, Zbigniew Brezczinski, en prenant la Crim&#233;e, Poutine a, en tout cas, du m&#234;me coup, perdu l'Ukraine pour un temps ind&#233;fini. Si le sang coule, le prix &#224; payer n'en sera que plus &#233;lev&#233;. Une seule certitude pour le moment, nous n'en avons pas fini avec les retomb&#233;es du hold-up de Crim&#233;e !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>&#201;chec et mat !</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Echec-et-mat</link>
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		<dc:date>2014-01-07T07:46:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Gouzy</dc:creator>


		<dc:subject>Le billet de Jean-Pierre Gouzy</dc:subject>

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&lt;p&gt;Il n'est pas n&#233;cessaire d'&#233;piloguer longuement sur les r&#233;sultats tordus des r&#233;unions de nos grands argentiers et du Conseil europ&#233;en, qui se sont d&#233;roul&#233;es &#224; Bruxelles en d&#233;cembre. Manifestement, le mariage symbolique CDU-SPD s'incarnant, &#224; l'issue des &#233;lections allemandes, dans les personnages d'Angela Merkel et du nouveau Fabius de la diplomatie germanique, Frank-Walter Steinmeier, n'a produit aucune avanc&#233;e f&#233;d&#233;raliste, &#224; l'issue de leur rencontre &#171; au sommet &#187; avec Fran&#231;ois Hollande et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-162-Decembre-2013-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 162 &#8212; D&#233;cembre 2013&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il n'est pas n&#233;cessaire d'&#233;piloguer longuement sur les r&#233;sultats tordus des r&#233;unions de nos grands argentiers et du Conseil europ&#233;en, qui se sont d&#233;roul&#233;es &#224; Bruxelles en d&#233;cembre. Manifestement, le mariage symbolique CDU-SPD s'incarnant, &#224; l'issue des &#233;lections allemandes, dans les personnages d'Angela Merkel et du nouveau Fabius de la diplomatie germanique, Frank-Walter Steinmeier, n'a produit aucune avanc&#233;e f&#233;d&#233;raliste, &#224; l'issue de leur rencontre &#171; au sommet &#187; avec Fran&#231;ois Hollande et leurs alter ego du moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, on est, enfin, parvenu &#224; un compromis complexe sur les projets d'Union bancaire en d&#233;bat depuis juin 2012, sous la forme de m&#233;canismes aptes &#224; r&#233;duire les crises comme celles que nous avons v&#233;cues en Belgique, en Espagne, en Irlande et autres lieux s&#233;ants de la zone euro. Mario Draghi avait tr&#232;s clairement fix&#233; l'objectif, en tant que pr&#233;sident de la Banque centrale europ&#233;enne (BCE) : il s'agissait de mettre en place un dispositif &#171; unique &#187;, c'est-&#224;-dire int&#233;gr&#233;. Le dispositif qui s'esquisse pr&#233;voit la cr&#233;ation d'un Conseil de r&#233;solution constitu&#233; par les Etats membres, apte &#224; statuer sur le sort de tel ou tel &#233;tablissement bancaire susceptible d'&#234;tre mis en faillite. En cas de n&#233;cessit&#233;, les actionnaires et les d&#233;tenteurs de dettes obligataires suivis des d&#233;posants dont les comptes franchiraient le seuil de 100.000 euros (comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; le cas &#224; Chypre, l'&#233;t&#233; dernier) seraient les premiers &#224; &#234;tre mis &#224; contribution. Passons sur les d&#233;tails qu'un tel &#171; billet &#187; ne peut prendre en compte, tout en sachant que le diable y r&#233;side plus ou moins n&#233;cessairement, pour pr&#233;ciser qu'au cas o&#249; les pharmacop&#233;es pr&#233;c&#233;dentes s'av&#233;reraient insuffisantes, un fonds de r&#233;solution europ&#233;en financ&#233; par les banques &#224; hauteur de 55 milliards d'euros serait tr&#232;s progressivement mis en place afin d'&#234;tre pleinement op&#233;rationnel en 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qui nous laisse un peu de temps pour souffler, d'autant qu'en attendant l'heureuse &#233;ch&#233;ance, les Etats de la zone euro pourraient faire &#233;ventuellement appel, sous r&#233;serve de confirmation, en cas de n&#233;cessit&#233; et &#224; titre transitoire, au M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233; (MES) d&#233;j&#224; mis en place dans le cadre de l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, l'avenir de ce projet de mutualisation tr&#232;s graduelle d'un fonds de r&#233;solution financ&#233; par le secteur bancaire sous le contr&#244;le des Etats devra &#234;tre n&#233;goci&#233; avec le Parlement europ&#233;en si, comme on peut le penser, celui-ci ne l'entend pas de cette oreille. De m&#234;me, le r&#244;le subsidiaire r&#233;serv&#233; dans le texte intergouvernemental &#224; la Commission europ&#233;enne para&#238;t inacceptable. C'est une rupture de l'&#233;quilibre institutionnel communautaire tel qu'il avait &#233;t&#233; con&#231;u par Jean Monnet d&#232;s les ann&#233;es 1950. A la veille d'une campagne &#233;lectorale d&#233;cisive pour son renouvellement, le Parlement europ&#233;en se serait bien pass&#233; d'une nouvelle &#233;preuve de force avec le Conseil, apr&#232;s des mois et des mois de d&#233;bats budg&#233;taires, mais en la circonstance, semble-t-il, n&#233;cessit&#233; fait loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques mots encore concernant l'autre grand th&#232;me &#224; l'ordre du jour du Conseil europ&#233;en &#224; la veille des f&#234;tes de No&#235;l : l'Europe de la d&#233;fense exclue de ses d&#233;lib&#233;rations depuis 2008, comme s'il ne se passait aucun &#233;v&#233;nement dans le monde qui puisse troubler sa s&#233;r&#233;nit&#233;. A vrai dire, c'est &#224; l'initiative de la France emp&#234;tr&#233;e dans les op&#233;rations militaires du Mali et de la R&#233;publique centrafricaine, que l'honorable grand &#171; Caucus &#187; europ&#233;en s'est d&#233;cid&#233; &#224; mettre la question &#224; l'ordre du jour, comme le souhaitait de son c&#244;t&#233; Herman Van Rompuy, premier Pr&#233;sident permanent du Conseil europ&#233;en, r&#233;cemment bombard&#233; &#171; prix Charlemagne &#187; pour la pers&#233;v&#233;rance dont il a fait preuve dans l'exercice de ses fonctions. Certes, il n'&#233;tait pas question de se lancer dans une politique d'int&#233;gration europ&#233;enne &#224; vocation universelle, mais, plus modestement, d'examiner selon quelles modalit&#233;s et dans quel secteur, il serait possible d'obtenir des avanc&#233;es concr&#232;tes dans le domaine de la d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats, en dehors de la confirmation des bonnes intentions, ont &#233;t&#233; quasiment nuls, comme on pouvait s'y attendre d'ailleurs, les Britanniques s'opposant &#224; tout ce qui, dans leur esprit, rel&#232;ve de la seule comp&#233;tence de l'OTAN et les Allemands faisant montre, en la circonstance, d'une prudence toute merkelienne. Pas question, notamment, de donner vie &#224; un &#233;tat-major europ&#233;en. Pas question d'augmenter les budgets militaires partout &#224; la baisse &#224; la suite de restructurations budg&#233;taires. Dans de telles conditions, le projet de Fran&#231;ois Hollande visant &#224; la cr&#233;ation d'un fonds europ&#233;en pour les op&#233;rations ext&#233;rieures (dont les Fran&#231;ais auraient, par ailleurs, &#233;t&#233; les premiers b&#233;n&#233;ficiaires) a &#233;t&#233; renvoy&#233; &#224; des temps meilleurs. Pas question, &#233;galement, d'augmenter significativement le budget de l'Agence europ&#233;enne de d&#233;fense, m&#234;me si la cyberd&#233;fense devient le point de mire des nouveaux strat&#232;ges qui soulignent, par ailleurs, l'ardente obligation de doter l'Europe en formation d'une base technologique et industrielle digne de ce nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'&#233;chec en France du projet de Communaut&#233; europ&#233;enne de d&#233;fense (CED) voici bient&#244;t soixante ans, force est de constater que tous les projets europ&#233;ens en mati&#232;re de d&#233;fense ont d&#233;p&#233;ri ou, pour le moins, apr&#232;s de br&#232;ves phases euphoriques, stagn&#233;, m&#234;me lorsqu'ils relevaient de la pure coop&#233;ration intergouvernementale (UEO, accords franco-britanniques de Saint-Malo, prolongements militaires de la coop&#233;ration franco-allemande, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, tr&#234;ve d'hypocrisie : en attendant, un miracle f&#233;d&#233;ral &#171; l'Europe de la d&#233;fense &#187; a des allures de mauvaise plaisanterie, n'en d&#233;plaise &#224; la tr&#232;s british Lady Ashton qui en incarne si bien, aujourd'hui, les fantasmagories. Et, ce n'est pas l'&#233;ventuelle pr&#233;sence d'une &#171; mission europ&#233;enne &#187; en Centrafrique qui changera le cours de l'histoire !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fran&#231;ois l'incr&#233;dule</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Francois-l-incredule</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Francois-l-incredule</guid>
		<dc:date>2013-10-18T07:40:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Gouzy</dc:creator>


		<dc:subject>Le billet de Jean-Pierre Gouzy</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est un fait &#8211; pour reprendre une remarque judicieuse de Jean Pisani-Ferry &#8211; que &#171; l'Europe garde une grande capacit&#233; de d&#233;cevoir &#187;. Cependant, de temps &#224; autre, il n'est pas interdit de manifester un optimisme mesur&#233; &#224; propos de tel ou tel &#233;v&#232;nement ou d'interventions des individualit&#233;s susceptibles d'en orienter le cours. Sans remonter &#224; Mathusalem, je dirai que ce fut le cas de Delors quand il pr&#233;sidait la Commission europ&#233;enne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le m&#234;me esprit, nous pouvions raisonnablement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-161-Septembre-2013-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 161 &#8212; Septembre 2013&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Le-billet-de-Jean-Pierre-Gouzy,44-+" rel="tag"&gt;Le billet de Jean-Pierre Gouzy&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est un fait &#8211; pour reprendre une remarque judicieuse de Jean&lt;br class='autobr' /&gt;
Pisani-Ferry &#8211; que &#171; l'Europe garde une grande capacit&#233; de&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;cevoir &#187;. Cependant, de temps &#224; autre, il n'est pas interdit de&lt;br class='autobr' /&gt;
manifester un optimisme mesur&#233; &#224; propos de tel ou tel&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;v&#232;nement ou d'interventions des individualit&#233;s susceptibles&lt;br class='autobr' /&gt;
d'en orienter le cours. Sans remonter &#224; Mathusalem, je dirai&lt;br class='autobr' /&gt;
que ce fut le cas de Delors quand il pr&#233;sidait la Commission&lt;br class='autobr' /&gt;
europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me esprit, nous pouvions raisonnablement esp&#233;rer&lt;br class='autobr' /&gt;
que le dernier n&#233; des pr&#233;sidents de la R&#233;publique fran&#231;aise&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;pondrait au moins pour une part &#224; nos attentes, d'autant&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'on le disait proche du m&#234;me Jacques Delors. Or, qu'avons-nous&lt;br class='autobr' /&gt;
observ&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis qu'il est aux affaires, Fran&#231;ois Hollande s'est efforc&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
dans la tradition de la Ve R&#233;publique, de maintenir les&lt;br class='autobr' /&gt;
traditionnels rapports privil&#233;gi&#233;s nou&#233;s par ses pr&#233;d&#233;cesseurs&lt;br class='autobr' /&gt;
avec les d&#233;cideurs d'Outre-Rhin, en commen&#231;ant par l'actuelle&lt;br class='autobr' /&gt;
chanceli&#232;re, Angela Merkel, qui vient d'&#234;tre brillamment r&#233;&#233;lue&lt;br class='autobr' /&gt;
pour un troisi&#232;me mandat ; ensuite, de participer &#224; la remise en&lt;br class='autobr' /&gt;
marche de la zone euro, apr&#232;s avoir abandonn&#233; l'id&#233;e de&lt;br class='autobr' /&gt;
ren&#233;gocier le pacte budg&#233;taire officiellement baptis&#233; &#171; Trait&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
sur la stabilit&#233;, la coordination et la gouvernance &#187;. La question&lt;br class='autobr' /&gt;
essentielle qui s'est vite pos&#233;e parmi nos partenaires &#224; propos&lt;br class='autobr' /&gt;
de Fran&#231;ois Hollande &#233;tait donc toute simple&#8230; Que souhaitait&lt;br class='autobr' /&gt;
vraiment l'h&#244;te de l'Elys&#233;e pour l'Europe ? Pencherait-il en&lt;br class='autobr' /&gt;
faveur d'un syst&#232;me politique peu ou prou f&#233;d&#233;ral, ou bien&lt;br class='autobr' /&gt;
envisagerait-il un autre modus vivendi europ&#233;en am&#233;lior&#233;, mais&lt;br class='autobr' /&gt;
lequel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On savait seulement que Hollande &#233;tait favorable aux&lt;br class='autobr' /&gt;
eurobonds ; &#224; la taxation financi&#232;re des banques (qui&lt;br class='autobr' /&gt;
n'int&#233;resse qu'une minorit&#233; de pays de l'Union europ&#233;enne) ; &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
un r&#233;&#233;quilibrage de l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire ; &#224; un&lt;br class='autobr' /&gt;
gouvernement de la zone euro ; &#171; &#224; une Europe apte &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
fonctionner &#224; g&#233;om&#233;trie variable selon les sujets &#187;. Resterait &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
savoir qui la gouvernerait effectivement, la Commission ou, &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'inverse, les ministres nationaux concern&#233;s des pays de la&lt;br class='autobr' /&gt;
zone euro, avec des modalit&#233;s appropri&#233;es qui n'excluraient&lt;br class='autobr' /&gt;
pas l'usage du veto en dernier recours ? Rien n'est bien clair&lt;br class='autobr' /&gt;
encore dans ce fatras&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, sur un point central, le suspens pr&#233;sidentiel n'est&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me plus un secret de polichinelle&#8230; Un de nos dynamiques coll&#232;gues du &#171; Taurillon &#187; a attir&#233; notre attention sur une&lt;br class='autobr' /&gt;
interview du 30 ao&#251;t dernier, de Fran&#231;ois Hollande, parue dans&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le Monde &#187;, laconique mais d&#233;grisante. &#192; la question&lt;br class='autobr' /&gt;
(pourtant pas vraiment compromettante) : &#171; &#192; terme, cette&lt;br class='autobr' /&gt;
Europe pourrait-elle &#234;tre f&#233;d&#233;rale ? &#187;, l'&#233;lys&#233;en personnage&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;pond sans d&#233;tour : &#171; je ne vois pas encore suffisamment de&lt;br class='autobr' /&gt;
volont&#233; de participer &#224; un id&#233;al commun. Je ne crois pas aux&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tats-Unis d'Europe. Commen&#231;ons &#224; faire en sorte que les&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tats soient unis pour l'Europe &#187;. Autrement dit, l'Europe est&lt;br class='autobr' /&gt;
l'affaire des &#201;tats comme dans la vision gaullienne, les peuples&lt;br class='autobr' /&gt;
ne sont pas encore m&#251;rs. Quant aux &#201;tats-Unis d'Europe, il&lt;br class='autobr' /&gt;
s'agit d'une utopie. Chacun &#224; leur mani&#232;re, et pour ne citer&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'eux, Victor Hugo, po&#232;te visionnaire, Jean Monnet,&lt;br class='autobr' /&gt;
autodidacte de g&#233;nie, comptent parmi les pr&#233;curseurs de cette&lt;br class='autobr' /&gt;
utopie. Pourtant, Monnet &#233;tait typiquement un r&#233;alisateur, aux&lt;br class='autobr' /&gt;
antipodes des id&#233;ologies. Quand en 1955, il fonda le Comit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
d'action pour les &#201;tats-Unis d'Europe, &#224; qui fit-il appel ? Aux&lt;br class='autobr' /&gt;
leaders responsables des principaux partis et syndicats de la&lt;br class='autobr' /&gt;
premi&#232;re Europe communautaire, celle du Charbon et de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'acier. Des socialistes comme Guy Mollet, Erich Ollenhauer,&lt;br class='autobr' /&gt;
Matteo Matteotti, Max Buset ; des chr&#233;tiens-d&#233;mocrates&lt;br class='autobr' /&gt;
comme Fanfani, Kurt Kiesinger, Robert Lecourt, Th&#233;o Lefevre .&lt;br class='autobr' /&gt;
Idem pour les lib&#233;raux dont Maurice Faure, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral&lt;br class='autobr' /&gt;
du Parti radical socialiste qui signa les Trait&#233;s de Rome au nom&lt;br class='autobr' /&gt;
de la France, avec le socialiste Christian Pineau ; les&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sidents et secr&#233;taires g&#233;n&#233;raux des syndicats europ&#233;en, &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
la seule exception des communistes. L'un des premiers gestes&lt;br class='autobr' /&gt;
symboliques de Fran&#231;ois Mitterrand devenu pr&#233;sident de la Ve&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;publique ne consista-t-il pas d'ailleurs &#224; assumer le transfert&lt;br class='autobr' /&gt;
des cendres de Jean Monnet au Panth&#233;on ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, tous ces hommes avaient connu la guerre et savaient,&lt;br class='autobr' /&gt;
par d&#233;finition, ce qui leur en avait co&#251;t&#233;, mais nous ne sommes&lt;br class='autobr' /&gt;
pas les seuls &#224; nous en souvenir. Loin de l&#224; ! Jean Monnet,&lt;br class='autobr' /&gt;
d'ailleurs, demeure tr&#232;s pr&#233;sent dans les universit&#233;s fran&#231;aises.&lt;br class='autobr' /&gt;
Attention, donc ! Au-del&#224; des apparences et des faux&lt;br class='autobr' /&gt;
semblants, des jeux de go d'&#233;narques qui composent&lt;br class='autobr' /&gt;
l'oligarchie d'&#201;tat, ne nous m&#233;prenons pas sur le sens de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'histoire et la v&#233;ritable signification de l'entreprise&lt;br class='autobr' /&gt;
communautaire. L'incr&#233;dulit&#233; ne dessert pas l'euroscepticisme,&lt;br class='autobr' /&gt;
bien au contraire, comme nous aurons fort probablement&lt;br class='autobr' /&gt;
l'occasion de le v&#233;rifier lors des prochaines &#233;lections&lt;br class='autobr' /&gt;
europ&#233;ennes. Malheureusement !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Grisaille europ&#233;enne</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Grisaille-europeenne</link>
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		<dc:date>2013-07-10T09:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Gouzy</dc:creator>


		<dc:subject>Le billet de Jean-Pierre Gouzy</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un Conseil europ&#233;en s'est tenu les 27 et 28 juin dernier au cours duquel les &#171; excellences &#187; les plus repr&#233;sentatives des &#171; nations souveraines &#187; qui composent l'Union europ&#233;enne (UE) ont eu tout loisir de faire le point de concert avec Jose-Manuel Barroso, Pr&#233;sident de la Commission en fin de mandat, sur l'&#233;tat de l'Union, en vue de donner, conform&#233;ment &#224; l'article 15 du Trait&#233; de Lisbonne, &#171; les impulsions n&#233;cessaires &#224; son d&#233;veloppement &#187; et de &#171; d&#233;finir les orientations et les priorit&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-160-Juin-2013-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 160 &#8212; Juin 2013&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Le-billet-de-Jean-Pierre-Gouzy,44-+" rel="tag"&gt;Le billet de Jean-Pierre Gouzy&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un Conseil europ&#233;en s'est tenu les 27 et 28 juin dernier au cours duquel les &#171; excellences &#187; les plus repr&#233;sentatives des &#171; nations souveraines &#187; qui composent l'Union europ&#233;enne (UE) ont eu tout loisir de faire le point de concert avec Jose-Manuel Barroso, Pr&#233;sident de la Commission en fin de mandat, sur l'&#233;tat de l'Union, en vue de donner, conform&#233;ment &#224; l'article 15 du Trait&#233; de Lisbonne, &#171; les impulsions n&#233;cessaires &#224; son d&#233;veloppement &#187; et de &#171; d&#233;finir les orientations et les priorit&#233;s &#187; du moment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Premier constat&lt;/strong&gt; : la r&#233;union s'est d&#233;roul&#233;e dans l'indiff&#233;rence quasi g&#233;n&#233;rale. Les media ne l'ont &#233;voqu&#233;e qu'&#224; la marge. Les grandes cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision en ont parl&#233; fragmentairement. Dans la presse &#233;crite, les quelques r&#233;sultats positifs de la rencontre ont &#233;t&#233; &#224; peine &#233;voqu&#233;s. Ainsi, le taux de ch&#244;mage ayant atteint l'ampleur que l'on sait sous l'effet de la crise, l'annonce d'un budget de 6 milliards d'euros au niveau europ&#233;en en faveur des jeunes dans les r&#233;gions europ&#233;ennes o&#249; le taux de ch&#244;mage des moins de 25 ans d&#233;passe les 25 % de la population active, a &#233;t&#233; &#224; peine mentionn&#233;. Pourquoi ? Parce que si l'effort est louable, il n'est pas &#224; la mesure des enjeux. On estime, en effet, dans les cercles communautaires, qu'au moins 20 milliards d'euros seraient n&#233;cessaires ; 5,6 millions de jeunes se trouvant aujourd'hui concern&#233;s. De plus, &#171; l'approche globale &#187; choisie fera l'objet d'une proc&#233;dure complexe (&#224; Bruxelles, on ne sait pas faire autrement !).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Deuxi&#232;me constat&lt;/strong&gt; : Hermann van Rompuy, en tant que co-pr&#233;sident p&#233;renne du Conseil europ&#233;en, avait annonc&#233; en d&#233;cembre dernier qu'il soumettrait une &#171; feuille de route &#187; &#224; l'approbation de ses coll&#232;gues pour cette rencontre de fin juin 2013, dans laquelle il aurait pr&#233;cis&#233; quels devraient &#234;tre les grands axes possibles des futures orientations communautaires. Il a &#233;t&#233; amen&#233; &#224; renoncer de facto &#224; ce projet jug&#233;, dans la conjoncture politique d&#233;testable que nous traversons, comme ambitieusement pr&#233;matur&#233;. Toute d&#233;cision, relative &#224; l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire est renvoy&#233;e &#224; d&#233;cembre 2013, &#224; l'exception d'une disposition favorisant le financement des petites et moyennes entreprises.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Troisi&#232;me constat&lt;/strong&gt; : l'Union bancaire europ&#233;enne dont le projet est sur les rails depuis plusieurs mois, se trouve toujours en voie de finalisation, m&#234;me si les ministres comp&#233;tents de l'Union ont fini par s'accorder sur un texte pr&#233;voyant qu'&#224; l'avenir les &#171; investisseurs &#187; (actionnaires, certains d&#233;tenteurs d'obligations et les d&#233;posants, pour des sommes sup&#233;rieures &#224; 100 000 euros) supporteront les risques bancaires prioritaires, le recours au M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233; (MES) agissant pour le compte des &#201;tats n'&#233;tant plus envisag&#233; qu'en &#171; dernier ressort &#187;, et selon une approche restrictive. Si tout va bien, une sorte de fonds d'assurance interbancaire pourrait &#234;tre mis en place avant la fin de l'ann&#233;e en cours, m&#234;me si le volet &#171; restructuration &#187; du cadre financier int&#233;gr&#233; ne devrait &#234;tre boucl&#233; qu'au printemps prochain. Comme on le voit, les d&#233;bats &#224; haut niveau du Conseil europ&#233;en sont faits pour passionner les foules&#8230;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, &#224; d&#233;faut de r&#233;gler les probl&#232;mes fondamentaux du temps, l'Europe en formation continue &#224; s'&#233;largir. L'Eurozone vient d'agr&#233;er la Lettonie comme nouvel &#201;tat membre &#224; partir du 1er janvier 2014. L'an prochain, la Lituanie voisine (qui va pr&#233;sider l'ensemble de l'Union au cours du second semestre 2013) suivra le mouvement. D'autre part, l'UE a accueilli, le 1er juillet, la Croatie comme nouvel &#201;tat membre et, pour faire bonne mesure, en attendant le grand bazar turc, elle vient &#233;galement d'approuver le lancement de n&#233;gociations en vue de l'adh&#233;sion de la Serbie et d'un accord d'association avec le Kosovo, nouvel &#171; &#201;tat &#187; balkanique albanophone qui, &#224; l'instar du Mont&#233;n&#233;gro voisin, s'est d&#233;tach&#233; de la Serbie telle qu'elle se profilait dans l'ancien cadre yougoslave. Ces &#171; avanc&#233;es &#187; de l'Union ne nous importeraient gu&#232;re si le &#171; noyau dur &#187; (comme on dit) des pays fondateurs donnait le sentiment de poursuivre l'objectif qui lui avait &#233;t&#233; fix&#233; par Robert Schuman et Jean Monnet, &#224; l'origine : la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, &#224; mesure que le temps passe et que l'Union s'&#233;largit, nous ne savons plus &#224; quoi nous voulons aboutir. J'en veux pour [nouvelle] preuve, cette d&#233;claration toute r&#233;cente du gouvernement n&#233;erlandais : &lt;q&gt;Les Pays-Bas sont convaincus que le temps d'une &#8216;Union toujours plus &#233;troite' dans tous les domaines d'action possibles est derri&#232;re nous. Comme les r&#233;sultats du r&#233;f&#233;rendum de 2005 sur le Trait&#233; constitutionnel l'ont montr&#233;, la population n&#233;erlandaise &#233;tait, et est toujours, m&#233;contente vis-&#224;-vis d'une Union dont le champ d'activit&#233; s'accroit constamment comme si cela &#233;tait un objectif en soi&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces propos ont d&#251; ravir David Cameron et les Tories qui ont d&#233;j&#224; annonc&#233; la couleur : en cas de victoire lors des prochaines &#233;lections l&#233;gislatives, ils ne resteront dans l'UE qu'&#224; l'issue d'un r&#233;f&#233;rendum qui permettra aux Britanniques d'en fixer les conditions conform&#233;ment &#224; leurs seuls int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps l&#224;, les Fran&#231;ais pourront continuer &#224; se quereller, s'ils le souhaitent, avec &#171; Bruxelles &#187;, &#224; propos de &#171; l'exception culturelle &#187; et du mandat de n&#233;gociation avec les &#201;tats-Unis sur le libre-&#233;change atlantique ou encore des &#171; recommandations &#187; de la Commission concernant les r&#233;formes jug&#233;es indispensables &#224; la r&#233;duction des d&#233;ficits, qu'il s'agisse de Fran&#231;ois Hollande quand il fait savoir &#224; la cantonade qu'il ne se laissera pas &#171; dicter &#187; ce qu'il a &#171; &#224; faire &#187; pour r&#233;tablir les comptes publics ; de Jos&#233; Manuel Barroso pointant Montebourg (&lt;q&gt;certains de ceux qui d&#233;fendent l'exception culturelle disent &#234;tre de gauche, mais sont en fait extr&#234;mement r&#233;actionnaires&lt;/q&gt;) ; de Montebourg visant Jos&#233; Manuel (&lt;q&gt;Barroso est le carburant du Front National&lt;/q&gt;) ; de Michel Barnier qui renvoie Montebourg dans ses cordes (&lt;q&gt;Se d&#233;fausser ainsi sur l'Europe et la Commission europ&#233;enne est insupportable ... Ce que dit M. Montebourg est absurde et faux. Qu'il s'occupe de son travail qui consiste &#224; redresser la comp&#233;titivit&#233; de la France&lt;/q&gt;). Passons sur les autres am&#233;nit&#233;s du m&#234;me tabac&#8230; Angela Merkel, cette fois, a &#233;t&#233; &#224; peu pr&#232;s &#233;pargn&#233;e par les pol&#233;miques qu'elle n'a pas manqu&#233; cependant de susciter de ce c&#244;t&#233; du Rhin, pour se concentrer sur les &#233;lections l&#233;gislatives allemandes de septembre. C'est tout le sens de l'accord qu'elle aurait fini par conclure avec l'&#201;lys&#233;e, au mois de mai dernier, en acceptant de souscrire &#224; l'id&#233;e de l'&#233;ventuelle mise en &#339;uvre d'un gouvernement &#171; intergouvernemental &#187; de la zone euro, nanti d'un double viatique : &#171; Sommets &#187; &#224; cadence r&#233;guli&#232;re et pr&#233;sidence &#224; plein temps. Comme on le voit, entre coll&#232;gues souverains de bonne compagnie, &#224; d&#233;faut de toujours se comprendre, on finit n&#233;anmoins par trouver, au-del&#224; des petites phrases assassines, des compromis de bon aloi. C'est-&#224;-dire &#224; leur commune convenance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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