<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
	<link>https://www.pressefederaliste.eu/</link>
	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressefederaliste.eu/spip.php?id_auteur=87&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
		<url>https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L144xH24/logo-site-121f6.png?1729034532</url>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/</link>
		<height>24</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Martinique : les Europ&#233;ens tropicaux (Extraits)</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Martinique-les-Europeens-tropicaux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Martinique-les-Europeens-tropicaux</guid>
		<dc:date>2010-04-22T08:22:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ma&#238;tre Camille Darsi&#232;res</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On peut dire que les trente derni&#232;res ann&#233;es de l'histoire de la Martinique (soixante aujourd'hui, ndlr !) reposent sur ce que l'on pourrait appeler : &#171; la duperie de la d&#233;partementalisation &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand prit fin le deuxi&#232;me conflit international, les id&#233;es socialistes, jusque l&#224; combattues avec acharnement par la propagande, voire par les armes des pays capitalistes, trouv&#232;rent plus de cr&#233;dits, en tout cas furent davantage tol&#233;r&#233;es, gr&#226;ce au bout de chemin que ces pays, dont la France, durent (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-numero-147-2010-01-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 147 &#8212; 2010/01&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On peut dire que les trente derni&#232;res ann&#233;es de l'histoire de la Martinique (soixante aujourd'hui, ndlr !) reposent sur ce que l'on pourrait appeler : &#171; la duperie de la d&#233;partementalisation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand prit fin le deuxi&#232;me conflit international, les id&#233;es socialistes, jusque l&#224; combattues avec acharnement par la propagande, voire par les armes des pays capitalistes, trouv&#232;rent plus de cr&#233;dits, en tout cas furent davantage tol&#233;r&#233;es, gr&#226;ce au bout de chemin que ces pays, dont la France, durent faire, bon gr&#233; mal gr&#233;, avec l'Union sovi&#233;tique pour an&#233;antir le nazisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Les &#233;lus de la gauche martiniquaise raisonnn&#232;rent alors que l'av&#232;nement au pouvoir en France, de la gauche, dans le climat de justice sociale install&#233;, ne pourrait qu'aider &#224; l'&#233;mancipation de notre classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Il convient &#224; la v&#233;rit&#233; historique de dire qu'aucune &#233;quivoque n'exista sur ce sens donn&#233; &#224; la d&#233;partementalisation par ceux qui la demand&#232;rent. Rapporteur de la loi de d&#233;partementalisation, C&#233;saire avait dit en clair : &#171; &#8230; C'est dire que, pour des raisons non seulement sociales, mais encore &#233;conomiques, nous souhaitons de toutes nos forces l'extension aux Antilles et aux territoires analogues, du grand mouvement qui a &#233;t&#233; inaugur&#233; en France et qui tend, sur la base des nationalisations, &#224; organiser la production et, surtout, &#224; la d&#233;velopper en fonction de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et non plus de quelques int&#233;r&#234;ts priv&#233;s &#187;. A la Comission de la France d'Outre-mer, le 7 mars 1946, le Ministre des finances, Andr&#233; Philip, confiait qu'il avait bien per&#231;u cet aspect des choses : &#171; Au point de vue social et &#233;conomique, l'assimilation entra&#238;nerait l'application automatique de toute la l&#233;gislation m&#233;tropolitaine ; et il s'agit sans doute d'un des principaux objectifs poursuivis par les r&#233;dacteurs du projet de loi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or manifestement, de ce point de vue, la d&#233;partementalisation est un &#233;chec cuisant. (&#8230;) En sorte que la Martinique est un pays d'assist&#233;s, que les fonctionnaires fran&#231;ais de passage, le temps d'un s&#233;jour avec primes, ne manquent pas d'humilier, consid&#233;rant les ch&#244;meurs comme des &#171; mendiants &#187;, et les cadres locaux, mieux trait&#233;s, comme des &#171; alimentaires &#187;. Il est clair que les parlementaires martiniquais de 1946 ont &#233;t&#233; dup&#233;s et, avec eux, le peuple martiniquais qui fit confiance &#224; une France socialiste et passa contrat avec un parlement &#224; majorit&#233; socialiste. Mais l'orientation socialiste de cette France et de ce parlement ne dura pas longtemps (&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi de d&#233;partementalisation n'impliquait pas, dans l'esprit de ses promoteurs, une renonciation &#224; la personnalit&#233; martiniquaise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chantre de la N&#233;gritude, auteur du Cahier du retour au pays natal, C&#233;saire n'&#233;tait pas homme &#224; nier la personnalit&#233; de son peuple. Et, dans le rapport qu'il fit &#224; l'Assembl&#233;e constituante fran&#231;aise pour d&#233;crocher la d&#233;partementalisation, il &#233;mit les plus expresses r&#233;serves quant &#224; une gestion centralis&#233;e des d&#233;partements d'Outre-mer. Ici &#233;galement, tout est dit sans &#233;quivoque : &#171; &#8230; Tout en affirmant le principe de l'unit&#233; fran&#231;aise&#8230;, les propositions qui vous sont pr&#233;sent&#233;es, n'emp&#234;chent pas de laisser &#233;ventuellement au Conseil g&#233;n&#233;ral de la Martinique, de la Guadeloupe, de la R&#233;union et de la Guyane, certains pouvoirs qui leur seraient propres &#187;. Confiant en la droiture des interlocuteurs il se contentait de prendre date. &#171; Toutes choses &#187;, ajoutait-il aussit&#244;t, &#171; dont il sera d&#233;battu quand viendra devant l'Assembl&#233;e la discussion sur les pouvoirs des Assembl&#233;es locales et d&#233;partementales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous devons nous rappeler, c'est qu'au moment o&#249; les parlementaires &#233;taient invit&#233;s &#224; voter la loi de d&#233;partementalisation, la France n'avait pas encore vot&#233; sa nouvelle constitution (octobre 1946). C&#233;saire pensait donc, avec d'ailleurs tout un courant r&#233;gionaliste, qu'elle pourrait pr&#233;voir une d&#233;centralisation de la France, voire donc des DOM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contractant fran&#231;ais ne se dissimula pas cet aspect des choses. Marius Mouttet, Ministre des colonies, posera &#224; l'Assembl&#233;e les seules vraies questions r&#233;alistes : &#171; Comment se pose le probl&#232;me ? Les unit&#233;s politiques que sont les &#238;les de la R&#233;union et des Antilles sont &#224; des milliers de lieues de la m&#233;tropole. Elles &#233;lisent des Assembl&#233;es locales. Le r&#233;gime dont nous discutons sera-t'il toujours et exclusivement celui de la loi ? Est-ce que, pour appliquer la loi, des d&#233;crets n'interviendront pas ? Ces d&#233;crets devront-ils &#233;maner du Minist&#232;re de la France d'Outre-mer ou, devrons-nous, au contraire, d&#233;l&#233;guer aux Assembl&#233;es locales un certain pouvoir r&#233;glementaire qui s'apparentera au pouvoir l&#233;gislatif ? Les populations de ces vieilles colonies seront-elles toujours gouvern&#233;es de Paris, ou est-ce que, au contraire, elles se gouverneront largement d'elles-m&#234;mes ? &#187;. Et d'interroger sommairement, mais &#224; tr&#232;s bon escient : &#171; Centralisation ou d&#233;centralisation ? Suj&#233;tion ou autonomie ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais on n'aura &#233;t&#233; aussi clair. Il fut tout autant lumineux que le constituant fran&#231;ais demeura le s&#233;culaire jacobin, ne concevant l'ordre que dans la centralisation recherch&#233;e par les rois et appliqu&#233;e par Napol&#233;on ; n'admettant pas que Paris d&#233;l&#232;gue quoi que ce soit &#224; qui que ce soit. En sorte que, la d&#233;partementalisation de la Martinique s'accompagna d'un renforcement de la centralisation aboutissant au renforcement des pr&#233;rogatives du Pr&#233;fet. Ce n'&#233;tait pas l'autonomie. C'&#233;tait et c'est, la suj&#233;tion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On imagine combien sur le plan culturel ce fut et c'est, l'aberrante ali&#233;nation. L'Antillais est convi&#233; &#224; se fondre dans la culture d'autrui, au lieu d'asseoir et d'&#233;panouir la sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les nuances ne manquent pas : l'histoire de la Martinique ne peut pas se lire avec les m&#234;mes yeux ni avec le m&#234;me c&#339;ur que se lit l'histoire de France. Ainsi, la D&#233;claration des Droits de l'homme est, pour le Fran&#231;ais d'Europe, une fiert&#233;. Cette d&#233;claration n'eut pas cours chez nous, o&#249; les esclaves demeur&#232;rent dans les cha&#238;nes, sans patrimoine, sans &#226;me, &#171; propri&#233;t&#233;s pensantes &#187;, objet de commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;ographiquement, la Martinique est &#224; 7.000 kilom&#232;tres de l'Europe, en pleine Cara&#239;be. Elle fait partie de l'Am&#233;rique latine et c'est le pacte colonial qui fait qu'elle commerce plus avec le H&#226;vre, Bordeaux ou Rouen, qu'avec les ports de Trinidad, de la Jama&#239;que ou Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Notre Martinique est une parfaite r&#233;ussite coloniale : elle produit fort peu ; elle ach&#232;te tout de France, de l'&#339;uf (oui, de l'&#339;uf !) au tracteur, du papier journal au trousseau, des m&#233;dicaments au riz et au lait en conserve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brassage de races, la noire, la blanche, la jaune, les Martiniquais forment un peuple original quant &#224; l'ethnie. Et c'est d&#233;risoire fiction que de vouloir les faire descendre des Gaulois aux yeux bleus. Et ridicule. Bref, le peuple martiniquais constitue bel et bien la nation martiniquaise et, comme toutes les nations, il devrait d&#233;tenir les moyens de s'exprimer, de se d&#233;fendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure de la d&#233;colonisation, il n'est pas d'autre voie pour lui que de lui reconna&#238;tre le droit &#224; l'autod&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France du capital n'est pas &#224; la veille de reconna&#238;tre aux Martiniquais un droit aussi naturel. Elle poursuit anachroniquement sa politique de centralisation, d'exploitation, d'ali&#233;nation. Elle va m&#234;me jusqu'&#224; convier notre peuple cara&#239;b&#233;en &#224; voter pour ou contre l'entr&#233;e dans le March&#233; commun de telle ou telle nation d'Europe. Elle croit cela possible en nous qualifiant, sans humour, d'&#171; Europ&#233;ens tropicaux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, nous n'avons rien &#224; attendre de l'Europe des six ou des neuf, rassemblement d'Etats capitalistes d&#233;velopp&#233;s, en qu&#234;te, tous, de d&#233;bouch&#233;s pour leurs produits finis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Ce qui signifie que, politiquement, les Martiniquais n'ont rien &#224; attendre d'une Europe qui se f&#233;d&#233;raliserait sous la houlette des Etats capitalistes. Un gouvernement europ&#233;en super-&#233;tatique ainsi constitu&#233; voudrait dire le maintien, voire l'&#233;largissement du champ d'exploitation aux colonies. Cela voudrait dire qu'apr&#232;s avoir &#233;t&#233; la colonie de la seule France, la Martinique deviendrait colonie et de la France, et de l'Italie, et de l'Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes une Europe des peuples serait une autre chose. Entendons une Europe con&#231;ue, r&#233;alis&#233;e, g&#233;r&#233;e par les masses et non par les &#233;tats-majors du capitalisme inter-europ&#233;en. Une Europe qui se ferait de la base au sommet et non point du sommet. Bref, cette Europe qui se b&#226;tirait dans le cadre de l'internationalisme prol&#233;tarien, ne nous appara&#238;t pas, &#224; nous colonis&#233;s, comme une construction indiff&#233;rente. Mais elle ne nous semble pas perspective actuelle ni actuellement raisonnable (&#8230;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ma&#238;tre Camille DARSIERES&lt;br class='autobr' /&gt;
Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Parti progressiste martiniquais (PPM)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
