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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>Hommage &#224; Tommaso PADOA-SCHIOPPA</title>
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		<dc:date>2011-05-18T12:27:46Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Soldini</dc:creator>


		<dc:subject>In memoriam</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Trop peu connu en France, Tommaso Padoa-Schioppa est consid&#233;r&#233; comme le p&#232;re de l'euro, la devise officielle de l'Union europ&#233;enne. Directeur g&#233;n&#233;ral pour l'&#201;conomie et les Affaires financi&#232;res &#224; la Commission europ&#233;enne, il fut aussi ministre de l'&#201;conomie et des Finances du second gouvernement Prodi, pr&#233;sident du comit&#233; directeur du FMI, membre du directoire de la Banque centrale europ&#233;enne, et pr&#233;sident du think tank &#171; Notre Europe &#187;. Padoa-Schioppa s'est &#233;teint le 18 d&#233;cemcembre 2010 &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-150-2010-12-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 150 &#8212; 2010/12&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-In-memoriam-+" rel="tag"&gt;In memoriam&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Trop peu connu en France, Tommaso Padoa-Schioppa est consid&#233;r&#233; comme le p&#232;re de l'euro, la devise officielle de l'Union europ&#233;enne. Directeur g&#233;n&#233;ral pour l'&#201;conomie et les Affaires financi&#232;res &#224; la Commission europ&#233;enne, il fut aussi ministre de l'&#201;conomie et des Finances du second gouvernement Prodi, pr&#233;sident du comit&#233; directeur du FMI, membre du directoire de la Banque centrale europ&#233;enne, et pr&#233;sident du think tank &#171; Notre Europe &#187;. Padoa-Schioppa s'est &#233;teint le 18 d&#233;cemcembre 2010 &#224; l'age de soixante-dix ans. Le Taurillon a voulu rendre hommage &#224; ce grand acteur de la construction europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre d&#233;but de si&#232;cle est marqu&#233; par le triomphe apparent de l'inconstance politique, de la plasticit&#233; des id&#233;es, par le succ&#232;s de ceux capables de changer d'opinion au rythme de Mme. Michu, de se plier, se courber, s'&#233;chiner jusqu'&#224; se fondre en elle. La politique est devenue affaire superficielle et pour durer il faut l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tommaso Padoa Schioppa n'&#233;tait pas de ceux-l&#224;. Pour autant, il n'&#233;tait pas rigide, born&#233; ou but&#233;. Il &#233;tait simplement constant et fid&#232;le aux id&#233;es qu'il retenait justes. Un de ces hommes convaincu qu'un id&#233;al politique sert &#224; autre chose qu'&#224; gagner une &#233;lection ou faire monter une c&#244;te de popularit&#233; ; convaincu que pour esp&#233;rer voir l'humanit&#233; progresser il convient de faire autre chose que simplement se faire &#233;lire ; convaincu aussi que pour se forger ces id&#233;aux n&#233;cessaires et durables l'homme politique doit faire preuve de raison et de temp&#233;rance, r&#233;sister aux sir&#232;nes du populisme. En un mot, il &#233;tait un homme rare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tommaso Padoa-Schioppa cultivait par dessus tout un id&#233;al : le f&#233;d&#233;ralisme ou le r&#234;ve d'une Europe et d'un monde unis pour affronter le pire et construire le meilleur. Cultiver un id&#233;al voulait dire pour lui &#339;uvrer chaque jour pour le voir grandir, se d&#233;velopper, au risque d'affronter des g&#233;ants et des molochs, m&#234;me au risque d'&#233;chouer et de devoir douloureusement se relever apr&#232;s chaque d&#233;faite. Ces traits de caract&#232;re ont fait de lui un homme qui a chang&#233; le monde et qui continue par del&#224; sa disparition physique &#224; le changer encore et pour toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur fran&#231;ais pourra &#234;tre surpris d'un tel hommage &#224; un homme si peu connu en France. Pourtant, Tommaso &#233;tait v&#233;ritablement un Hercule m&#234;me s'il se plaisait &#224; cultiver la discr&#233;tion. Si aujourd'hui nous vivons dans un continent apais&#233;, nous le devons &#224; des hommes comme lui. Tommaso fut le Jean Monnet de l'euro, un architecte affable autant que tenace, un guide et un inspirateur pour une classe politique toujours plus tourment&#233;e par ses d&#233;mons &#233;lectoralistes. Conscient de participer &#224; la plus grande &#339;uvre politique du vingti&#232;me si&#232;cle, il a consacr&#233; sa vie et toute son &#233;nergie &#224; la construction europ&#233;enne et peu importaient la gloire et les hommages. Peut &#234;tre n'aurait il d'ailleurs pas aim&#233; le mien. Qu'&#224; cela ne tienne, il le m&#233;rite et bien plus encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre la grandeur d'une oeuvre telle que la vie de Tommaso, il convient de comprendre son rapport &#224; la politique. Bien qu'il n'ait jamais fuit les responsabilit&#233;s, y compris la lourde t&#226;che de Ministre de l'&#233;conomie italienne, Tommaso n'&#233;tait pas un homme politique au sens moderne et presque vulgaire du terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etait-il alors un technocrate ou un &#171; tecnico &#187; comme disent moins p&#233;jorativement les italiens ? Il n'est pas s&#251;r que ce terme ait v&#233;ritablement un sens en politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Padoa-Schioppa &#233;tait avant tout un b&#226;tisseur, un constructeur de d&#233;mocratie, c'est &#224; dire, comme il aimait &#224; le rappeler, l'alliance du Demos, le peuple, et du gouvernement, le Kratos, le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscient que &lt;i&gt;&#171; le hiatus entre les besoin du Demos et l'action du Kratos constitue aujourd'hui un des dangers majeurs pour la survie de la d&#233;mocratie comme forme de gouvernement fond&#233;e sur les principes de responsabilit&#233;, autonome et &#233;galit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, il opposait au retour triomphant du nationalisme populiste un sage r&#233;alisme f&#233;d&#233;raliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour soigner la d&#233;mocratie malade il faut &lt;i&gt;&#171; agir de mani&#232;re simultan&#233;e sur les diff&#233;rents niveaux de pouvoir (municipal, r&#233;gional, national, europ&#233;en et mondial) &#187;&lt;/i&gt;. Car, &lt;i&gt;&#171; pour la personne qui aspire &#224; la libert&#233; et &#224; la responsable participation &#224; vie de la polis, la d&#233;mocratie en un seul pays est non seulement incompl&#232;te, elle est aussi pr&#233;caire, constamment expos&#233;e au danger de mort. &#187;&lt;/i&gt; Voil&#224; la le&#231;on de d&#233;mocratie que nous laisse Tommaso, outre sa vie exemplaire consacr&#233;e aux autres, &#224; la Cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part, j'entends encore ses paroles r&#233;sonner sur l'&#238;le de Ventotene, sa voix calme et pos&#233;e qui faisait si merveilleusement &#233;cho aux voix qui, des d&#233;cennies auparavant, en 1941, avaient contribu&#233; &#224; faire na&#238;tre le r&#234;ve d'une Europe unie se soulevant les cendres encore fumantes des destructions nationalistes. Il repr&#233;sentait &#224; mes yeux la g&#233;n&#233;ration de la sagesse, qui avait contempl&#233; l'horreur et avait su, patiemment, &#233;laborer une pens&#233;e politique capable de transformer le proph&#233;tique et vain &#171; plus jamais &#231;a &#187; en r&#233;alit&#233;. Il ne nous reste qu'&#224; poursuivre son &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; S'il y aura ou non un jour une f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne, il ne nous est pas donn&#233; de le savoir. Nous savons seulement que cela est souhaitable, que le futur est ouvert, que l'union politique de l'Europe est possible, que sa r&#233;alisation d&#233;pend aussi de nous et que sans elle notre d&#233;mocratie restera inachev&#233;e. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grazie Tommaso.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;David SOLDINI&lt;br class='manualbr' /&gt;Ancien responsable des JE France et Vice-pr&#233;sident de l'UEF France - Paris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.pressefederaliste.eu/Hommage &#224; Tommaso PADOA-SCHIOPPA'&gt;Hommage publi&#233; initialement sur Le Taurillon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Imaginons les &#201;tats-Unis d'Europe&#8230;</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Imaginons-les-Etats-Unis-d-Europe</link>
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		<dc:creator>David Soldini</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;D. SOLDINI a &#233;galement publi&#233; un texte sur le m&#234;me sujet dans la nouvelle revue, Usbek et Rica, Paris, distribu&#233;e en librairie http://www.usbek-et-rica.fr &lt;br class='autobr' /&gt; Et si l'id&#233;e d'&#201;tats-Unis d'Europe &#233;tait aussi ancienne que l'id&#233;e d'&#201;tat italien, fran&#231;ais ou allemand ? Laissons nous quelques instants porter par cette hypoth&#232;se saugrenue et inventons l'histoire imaginaire d'une id&#233;e, les &#201;tats-Unis d'Europe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Puisant ses racines dans le m&#234;me terreau id&#233;ologique que le concept moderne d'&#201;tat, elle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-148-2010-06-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 148 &#8212; 2010/06&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D. SOLDINI a &#233;galement publi&#233; un texte sur le m&#234;me sujet dans la nouvelle&lt;br class='autobr' /&gt;
revue, Usbek et Rica, Paris, distribu&#233;e en librairie&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.usbek-et-rica.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.usbek-et-rica.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et si l'id&#233;e d'&#201;tats-Unis d'Europe &#233;tait aussi ancienne que l'id&#233;e d'&#201;tat italien, fran&#231;ais ou allemand ? Laissons nous quelques instants porter par cette hypoth&#232;se saugrenue et inventons l'histoire imaginaire d'une id&#233;e, les &#201;tats-Unis d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisant ses racines dans le m&#234;me terreau id&#233;ologique que le concept moderne d'&#201;tat, elle aurait les m&#234;mes r&#233;f&#233;rences. Songeons &#224; Kant, &#224; la fin du 18e si&#232;cle, illuminant de son g&#233;nie dialectique tant l'id&#233;e d'&#201;tat de droit que celle de F&#233;d&#233;ration des &#201;tats, r&#233;digeant un manuel pour la paix universelle &#224; l'usage des hommes de son temps. Sa puissance dialectique l'aurait sans doute amen&#233; &#224; indiquer un chemin praticable, des r&#232;gles provisoires &#224; respecter avant le grand bon f&#233;d&#233;ral salutaire pour l'humanit&#233; (&lt;i&gt;Trait&#233; de paix perp&#233;tuelle&lt;/i&gt;, 1795). La F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne et mondiale appara&#238;trait comme un prolongement naturel du concept d'&#201;tat : ce dernier garantirait la paix sociale entre individus alors que l'union f&#233;d&#233;rale des &#201;tats assurerait la paix internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passant de la th&#233;orie &#224; la pratique, les jeunes r&#233;publicains du 19e, observant la consolidation des &#201;tats-Unis d&#8216;Am&#233;rique, auraient pu eux aussi r&#234;ver &#224; un avenir radieux o&#249; les nations europ&#233;ennes unies ne guerroieraient plus. Giuseppe Mazzini, lib&#233;rateur de l'Italie, apr&#232;s avoir cr&#233;&#233; Giovane Italia, son mouvement pour l'unit&#233; italienne, aurait fond&#233; une Giovane Europa, pr&#244;nant la &#171; Sainte alliance &#187; des peuples europ&#233;ens contre celle des souverains (Berne, 1834) En France, alors que l'affrontement entre monarchistes et r&#233;publicains d&#233;chirait le parlement, le jeune Victor Hugo se serait &#233;lev&#233; au dessus de cette triste cohue pour proclamer une ode &#224; l'Europe : &#171; &lt;i&gt;Un jour viendra o&#249; la France, vous Russie,vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualit&#233;s distinctes et votre glorieuse individualit&#233;, vous vous fondrez &#233;troitement dans une unit&#233; sup&#233;rieure, et vous constituerez la fraternit&#233; europ&#233;enne&lt;/i&gt; &#187; (Paris, 1848) Il aurait baptis&#233; cette proph&#233;tie &#171; les &#201;tats-Unis d'Europe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginons alors la fin du 19e si&#232;cle, &#224; l'&#233;poque o&#249; les nations europ&#233;ennes se cristallisent, se renforcent, se renferment, pour pr&#233;parer le grand affrontement du si&#232;cle &#224; venir. Aux quatre coins de l'Europe, des libertaires, des socialistes, des r&#233;publicains, inspir&#233;s par l'id&#233;e de paix se seraient r&#233;unis pour promouvoir les &#201;tats-Unis d'Europe. Giuseppe Garibaldi, Mikhail Bakounine, les saint-simoniens, des intellectuels et des hommes d'action progressistes de toute l'Europe parvenant &#224; d&#233;passer leurs divergences pour d&#233;fendre ensemble ce projet d'union (Gen&#232;ve, 1867. Cr&#233;ation de la revue Les &#201;tats-Unis d'Europe). Proudhon n'aurait pas &#233;t&#233; en reste. Il aurait mis sa formidable verve au service de la conceptualisation d'un principe f&#233;d&#233;ratif, son anarchisme se mutant en f&#233;d&#233;ralisme &lt;i&gt;(Le Principe f&#233;d&#233;ratif&lt;/i&gt;, 1863).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor Hugo, au cr&#233;puscule de sa vie, aurait exhort&#233; une ultime fois ses compagnons politiques, d&#233;crivant encore ce projet universel : &#171; &lt;i&gt;Elle s'appellera l'Europe au vingti&#232;me si&#232;cle, et aux si&#232;cles suivants, plus transfigur&#233;e encore, elle s'appellera l'Humanit&#233;&lt;/i&gt; &#187; (V. Hugo, 1867). Les premiers socialistes n'auraient pu faire autrement qu'&#234;tre internationalistes. La d&#233;fense de Dreyfus par Jean Jaur&#232;s ou Charles P&#233;guy aurait signifi&#233; bien plus que la d&#233;fense de l'&#233;galit&#233; de tous les Fran&#231;ais : elle aurait symbolis&#233; l'union du genre humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Projetons nous au lendemain du premier conflit mondial, alors que la r&#233;action s'organise pour &#233;laborer le projet politique le plus sombre de l'histoire de l'Humanit&#233;, m&#234;lant nationalisme, antis&#233;mitisme et autoritarisme. Des non-conformistes, inspir&#233;s par les premiers anarchistes et socialistes, se seraient lev&#233;s contre ces id&#233;es. En France, les milieux chr&#233;tiens progressistes alli&#233;s aux socialistes antimarxistes pour combattre les visions exclusivement mat&#233;rialistes ou spiritualistes de la politique auraient form&#233; les premiers mouvements politiques pr&#244;nant le f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en pour contrer la progression des id&#233;ologies fasciste et communiste. Un courant philosophique aurait vu le jour, s'inspirant de l'anarchisme proudhonien, pr&#233;c&#233;dant l'existentialisme pessimiste de Sartre,pr&#244;nant un ordre nouveau, une soci&#233;t&#233; nouvelle, forc&#233;ment universelle, au service de la personne humaine. Le &#171; personnalisme &#187; se d&#233;finirait comme un mouvement de r&#233;sistance contre le marxisme mat&#233;rialiste et le fascisme spiritualiste (&lt;i&gt;Ordre nouveau&lt;/i&gt;, 1930 &#8212; &lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt;, 1932).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces utopistes auraient sans doute conflu&#233; dans les mouvements de r&#233;sistance pendant la Seconde Guerre mondiale, luttant pour une lib&#233;ration non nationale mais europ&#233;enne. Imaginons au fin fond des ge&#244;les fascistes, des socialistes, lib&#233;raux, r&#233;publicains, libertaires pensant ensemble un projet politique pour &#171; &lt;i&gt; l'Europe de demain, une Europe libre et unie&lt;/i&gt; &#187; (Ventotene, 1941- &lt;i&gt;Manifeste pour une Europe libre et unie&lt;/i&gt;). Conscients que leurs diff&#233;rences id&#233;ologiques n'avaient gu&#232;re de sens dans une Europe divis&#233;e, en proie &#224; un risque de guerre permanent, ils auraient con&#231;u le projet d'union de l'Europe comme un pr&#233;alable n&#233;cessaire &#224; toute forme de progr&#232;s. L'Europe en guerre aurait assist&#233; &#224; la naissance de nouvelles organisations politiques transnationales, les mouvements f&#233;d&#233;ralistes (Milan, 1943). Se r&#233;unissant dans la clandestinit&#233;, en Suisse, &#224; Paris ou &#224; Milan, ces r&#233;sistants, plut&#244;t que de combattre uniquement pour la lib&#233;ration de leur &#201;tat auraient pr&#244;n&#233; la cr&#233;ation d'une F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne. Imaginons alors les revues r&#233;sistantes, en premier lieu le mythique Combat d'Albert Camus et d'Henry Frenay, multipliant les appels &#224; l'Union : &#171; &lt;i&gt; nous construirons ensemble avec les autres peuples une Europe unie sur une base juridique dans la libert&#233;, l'&#233;galit&#233; et la fraternit&#233;&lt;/i&gt; &#187; (Frenay, &lt;i&gt;Combat&lt;/i&gt;, 1942).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si, au lendemain de la guerre, Winston Churchill lui-m&#234;me, troquant ses habits de chef de guerre pour ceux de b&#226;tisseur de paix aurait appel&#233; &#224; nouveau &#224; la cr&#233;ation des &#201;tats-Unis d'Europe ? &#171; &lt;i&gt;C'est la voie pour que des centaines de millions d'&#234;tres humains aient la possibilit&#233; de s'accorder ces petites joies et ces espoirs qui font que la vie vaut la peine d'&#234;tre v&#233;cue&lt;/i&gt; &#187; (Zurich, 1946). Konrad Adenauer, Alcide De Gasperi, Edouard Daladier, Lord Layton, Paul Reynaud, le jeune Fran&#231;ois Mitterrand, la classe politique europ&#233;enne d'hier et de demain, et pourquoi pas des intellectuels comme Bertrand Russell ou Denis de Rougemont, r&#233;pondant &#224; l'appel, r&#233;unis sous la pr&#233;sidence du &#171; condottiere &#187; britannique, auraient essay&#233; de construire enfin l'Europe unie. (Congr&#232;s de La Haye, 1948).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Ministre des Affaires &#233;trang&#232;res fran&#231;ais aurait alors pu faire son entr&#233;e en sc&#232;ne, la plume inspir&#233;e par un discret haut fonctionnaire. Proposant &#224; l'Allemagne la mise en commun du charbon et de l'acier, il se serait lui m&#234;me pris &#224; r&#234;ver : &#171; &lt;i&gt;Cette proposition r&#233;alisera les premi&#232;res assises concr&#232;tes d'une F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne indispensable &#224; la pr&#233;servation de la paix.&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;D&#233;claration Schuman&lt;/i&gt;, 1950).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un Ministre de la R&#233;publique fran&#231;aise et un haut fonctionnaire, victime de r&#234;veries, d&#233;cid&#233;ment nous aurons vraiment tout imagin&#233;. Mais rassurez-vous, si une once de tout cela eut &#233;t&#233; vraie, nul doute que nous serions aujourd'hui citoyens d'Europe et pourquoi pas, citoyens du monde.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Frise chronologique&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1713&lt;/strong&gt; : Charles-Ir&#233;n&#233;e Castel de Saint-Pierre (1658-1743), connu sous le nom d'Abb&#233; de Saint-Pierre, r&#233;dige un Projet de paix universelle entre les nations. Il s'inspire des difficiles discussions diplomatiques ayant pr&#233;c&#233;d&#233; le trait&#233; d'Utrecht (1712-13).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1727&lt;/strong&gt; : Charles-Louis de Secondat, baron de La Br&#232;de et de Montesquieu(1689-1755) &#233;crit ses R&#233;flexions sur la monarchie universelle en Europe. Il affirme : &#171; &lt;i&gt;L'Europe n'est plus qu'une nation compos&#233;e de plusieurs, la France et l'Angleterre ont besoin de l'opulence de la Pologne et de la Moscovie, comme une de leurs provinces a besoin des autres : et l'&#201;tat qui croit augmenter sa puissance par la ruine de celui qui le touche s'affaiblit ordinairement avec lui&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1756&lt;/strong&gt; : Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) &#233;crit son Jugement du projet de paix perp&#233;tuelle de Monsieur l'Abb&#233; de Saint-Pierre qui ne sera publi&#233; qu'en1782.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1795&lt;/strong&gt; : Parution du &lt;i&gt;Projet de paix perp&#233;tuelle - Projet philosophique&lt;/i&gt; d'Emmanuel Kant (1724-1804). Le philosophe allemand propose la constitution d'une f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne puis mondiale comme seul rem&#232;de &#224; la guerre.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1834&lt;/strong&gt; : Giuseppe Mazzini (1805-1872) fonde &#224; Gen&#232;ve un mouvement r&#233;volutionnaire transnational, Giovane Europa. L'objectif est de coordonner l'ensemble des mouvements politiques aspirant &#224; l'ind&#233;pendance nationale en Europe.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1849&lt;/strong&gt; : Le 21 ao&#251;t, Victor Hugo (1802-1885) prononce le discours d'ouverture au Congr&#232;s de la paix de Paris et pr&#244;ne la constitution des &#201;tats-Unis d'Europe.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1863&lt;/strong&gt; : Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) &#233;crit&lt;i&gt; Du principe f&#233;d&#233;ratif&lt;/i&gt;. Cette oeuvre est consid&#233;r&#233;e comme une des premi&#232;res th&#233;orisation du f&#233;d&#233;ralisme politique en Europe.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1867&lt;/strong&gt; : Cr&#233;ation de la revue, &lt;i&gt;Les &#201;tats-Unis d'Europe&lt;/i&gt;, par les participants &#224; la Conf&#233;rence de la Paix organis&#233;e &#224; Gen&#232;ve. Il s'agit de la premi&#232;re r&#233;union de la Ligue internationale de la Paix et de la libert&#233;. Giuseppe Garibaldi (1805-1882) et Michel Bakounine (1814-1876) figurent parmi les participants.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La m&#234;me ann&#233;e Victor Hugo &#233;crit la pr&#233;face au Paris guide, publi&#233; &#224;24 l'occasion de l'exposition universelle dans laquelle il proph&#233;tise une nouvelle fois l'av&#232;nement des &#201;tats-Unis d'Europe. Il renouvelle son appel en 1872 dans une lettre adress&#233;e au Congr&#232;s de la Paix de Lausanne.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1903&lt;/strong&gt; : Le terme personnaliste appara&#238;t pour la premi&#232;re fois. Charles Renouvier (1815-1903), philosophe fran&#231;ais, publie Le personnalisme,faisant remonter cette id&#233;e &#224; Kant.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1930&lt;/strong&gt; : Alexandre Marc (1904-2000) cr&#233;&#233; le mouvement Ordre Nouveau,&#171; &lt;i&gt;contre le d&#233;sordre capitaliste et l'oppression communiste, contre le nationalisme homicide et l'internationalisme impuissant, contre le parlementarisme et le fascisme, l'Ordre nouveau met les institutions au service de la personnalit&#233; et subordonne l'&#201;tat &#224; l'homme&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1932&lt;/strong&gt; : Emmanuel Mounier (1905-1950) fonde la revue Esprit qui s'affirme comme la principale revue philosophique personnaliste.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1941&lt;/strong&gt; : &#192; Ventotene, minuscule &#238;le au large de Rome, des anti-fascistes italiens, parmi lesquels figure notamment Altiero Spinelli (1907-1986), r&#233;digent le Manifeste pour une Europe libre et unie, connu sous le nom de Manifeste de Ventotene.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1940-1945&lt;/strong&gt; : Combat, multiplie les appels &#224; l'union de l'Europe. Le texte reproduit dans l'article est tir&#233; d'un manifeste de 1942 et sign&#233; Henry Frenay (1905-1988).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1943&lt;/strong&gt; : Les 27 et 28 ao&#251;t, Altiero Spinelli, en compagnie notamment d'Ernesto Rossi (1897-1967), fonde le Movimento Federalista Europeo &#224; Milan.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1945&lt;/strong&gt; : En mars, diff&#233;rents mouvements f&#233;d&#233;ralistes de la r&#233;sistance se rencontrent &#224; Paris. On retrouve notamment le MFE de Spinelli, le Comit&#233; fran&#231;ais pour la f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne organis&#233; &#224; l'initiative du groupe de r&#233;sistants Franc-Tireur (Lyon) ou Lib&#233;rer et f&#233;d&#233;rer (Toulouse) cr&#233;&#233; par Silvio Trentin (1885-1944). Ils cr&#233;ent le Comit&#233; international pour la f&#233;d&#233;ration europ&#233;en. Albert Camus fait partie du premier secr&#233;tariat de l'organisation.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1946&lt;/strong&gt; : Le 19 septembre, Winston Churchill (1874-1965), prononce &#224; l'Universit&#233; de Zurich un discours dans lequel il invite les pays europ&#233;ens &#224; constituer les &#201;tats-unis d'Europe.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1947&lt;/strong&gt; : Premier congr&#232;s de l'Union Europ&#233;enne des F&#233;d&#233;ralistes &#224; Montreux. L'UEF a vocation &#224; r&#233;unir l'ensemble des mouvements f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens. Alexandre Marc devient le premier Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'organisation.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1948&lt;/strong&gt; : Du 7 au 10 mai, quelques 750 d&#233;l&#233;gu&#233;s de toute l'Europe se r&#233;unissent &#224; La Haye. Le Congr&#232;s de La Haye d&#233;bouche sur la cr&#233;ation du Mouvement europ&#233;en et du Conseil de l'Europe en 1949.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1950&lt;/strong&gt; : Le 9 mai, le Ministre des Affaires &#233;trang&#232;res fran&#231;ais, Robert Schuman (1886-1963), inspir&#233; par Jean Monnet, propose &#224; l'Allemagne la cr&#233;ation d'une Communaut&#233; europ&#233;enne du charbon et de l'acier. C'est l'acte fondateur de l'Union europ&#233;enne que nous connaissons.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;David SOLDINI&lt;br class='manualbr' /&gt;Ancien responsable des &lt;a href=&#034;http://www.jeunes-europeens.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jeunes Europ&#233;ens-France&lt;/a&gt; et Vice-pr&#233;sident de l'&lt;a href=&#034;http://europe-federale.asso.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;UEF France&lt;/a&gt; &#8212; Paris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La F&#233;d&#233;ration selon Proudhon</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/La-Federation-selon-Proudhon</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Soldini</dc:creator>


		<dc:subject>Focus</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il est utile de se souvenir, alors que le processus d'int&#233;gration et donc de f&#233;d&#233;ralisation de l'Europe semble au point mort, ce que disait le &#171; vieux Proudhon &#187;. Tant que les Etats seront organis&#233;s de fa&#231;on unitaire, tant que subsistera le dogme de l'unicit&#233;, &#171; leur nature sera de commander, non de transiger ni d'ob&#233;ir &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Construire une f&#233;d&#233;ration &lt;br class='autobr' /&gt;
Et pour construire une f&#233;d&#233;ration, pour entrevoir une unit&#233; plus grande et plus forte car fond&#233;e sur la libert&#233; et non sur l'autorit&#233;, il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-numero-146-2009-04-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 146 &#8212; 2009/04&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Focus-+" rel="tag"&gt;Focus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Pierre-Joseph-Proudhon-+" rel="tag"&gt;Pierre-Joseph Proudhon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est utile de se souvenir, alors que le processus d'int&#233;gration et&lt;br class='autobr' /&gt;
donc de f&#233;d&#233;ralisation de l'Europe semble au point mort, ce que&lt;br class='autobr' /&gt;
disait le &#171; vieux Proudhon &#187;. Tant que les Etats seront organis&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
de fa&#231;on unitaire, tant que subsistera le dogme de l'unicit&#233;, &#171; leur&lt;br class='autobr' /&gt;
nature sera de commander, non de transiger ni d'ob&#233;ir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Construire une f&#233;d&#233;ration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et pour construire une f&#233;d&#233;ration, pour entrevoir une unit&#233; plus&lt;br class='autobr' /&gt;
grande et plus forte car fond&#233;e sur la libert&#233; et non sur l'autorit&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
il faut changer la nature des Etats amen&#233;s &#224; s'unir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut leur apprendre &#224; transiger et, parfois, &#224; ob&#233;ir. La France n'a&lt;br class='autobr' /&gt;
pas encore r&#233;ellement entrepris sa r&#233;volution copernicienne. Sa&lt;br class='autobr' /&gt;
n&#233;cessit&#233; est pourtant &#233;vidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment penser que des Etats dont le principe fondateur est la&lt;br class='autobr' /&gt;
centralisation, d&#233;mocratique ou non, acceptent de s'unir &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
d'autres, de se soumettre &#224; une autorit&#233; commune et de ce simple&lt;br class='autobr' /&gt;
fait en arrivent &#224; nier leur propre nature.&lt;br class='autobr' /&gt;
La fin programm&#233;e du mod&#232;le h&#233;g&#233;lien de l'Etat souverain n'a&lt;br class='autobr' /&gt;
engendr&#233; pour l'heure que le d&#233;veloppement de cet anarchisme&lt;br class='autobr' /&gt;
sauvage que Proudhon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-J. Proudhon (1809-1865), philosophe fran&#231;ais, souvent class&#233; parmi les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; m&#233;prisait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant les classes dirigeantes de nos Etats moribonds se&lt;br class='autobr' /&gt;
complaisent encore dans le culte d&#233;cadent de puissances qui&lt;br class='autobr' /&gt;
n'existent plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi parlait Proudhon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Citation extraite de, Pierre-Joseph Proudhon, Du principe f&#233;d&#233;ratif, 1863, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le syst&#232;me f&#233;d&#233;ratif est l'oppos&#233; de la hi&#233;rarchie ou&lt;br class='autobr' /&gt;
centralisation administrative et gouvernementale par laquelle se&lt;br class='autobr' /&gt;
distinguent, ex aequo, les d&#233;mocraties imp&#233;riales, les&lt;br class='autobr' /&gt;
monarchies constitutionnelles et les r&#233;publiques unitaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa loi fondamentale, caract&#233;ristique, est celle-ci : dans la&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ration, les attributs de l'autorit&#233; centrale se sp&#233;cialisent et se&lt;br class='autobr' /&gt;
restreignent, diminuent de nombre, d'imm&#233;diatet&#233;, et, si j'ose&lt;br class='autobr' /&gt;
ainsi dire, d'intensit&#233;, &#224; mesure que la Conf&#233;d&#233;ration se&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;veloppe par l'accession de nouveaux Etats.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les gouvernements centralis&#233;s, au contraire, les attributs du&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvoir supr&#234;me se multiplient, s'&#233;tendent et s'imm&#233;diatisent,&lt;br class='autobr' /&gt;
attirent dans la comp&#233;tence du prince les affaires des provinces,&lt;br class='autobr' /&gt;
communes, corporations et particuliers, en raison directe de la&lt;br class='autobr' /&gt;
superficie territoriale et du chiffre de la population. De l&#224; cet&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;crasement sous lequel dispara&#238;t toute libert&#233;, non seulement&lt;br class='autobr' /&gt;
communale et provinciale, mais m&#234;me individuelle et nationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une cons&#233;quence de ce fait c'est que, le syst&#232;me unitaire &#233;tant&lt;br class='autobr' /&gt;
l'inverse du syst&#232;me f&#233;d&#233;ratif, une conf&#233;d&#233;ration entre grandes&lt;br class='autobr' /&gt;
monarchies, &#224; plus forte raison entre d&#233;mocraties imp&#233;riales, est&lt;br class='autobr' /&gt;
chose impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des Etats comme la France, l'Autriche, l'Angleterre, la Russie, la&lt;br class='autobr' /&gt;
Prusse, peuvent faire entre eux des trait&#233;s d'alliance ou de&lt;br class='autobr' /&gt;
commerce ; il r&#233;pugne qu'ils se f&#233;d&#233;ralisent, d'abord, parce que&lt;br class='autobr' /&gt;
leur principe y est contraire, qu'il les mettrait en opposition avec&lt;br class='autobr' /&gt;
le pacte f&#233;d&#233;ral ; qu'en cons&#233;quence il leur faudrait abandonner&lt;br class='autobr' /&gt;
quelque chose de leur souverainet&#233;, et reconna&#238;tre au-dessus&lt;br class='autobr' /&gt;
d'eux, au moins pour certains cas, un arbitre. Leur nature est de&lt;br class='autobr' /&gt;
commander, non de transiger ni d'ob&#233;ir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les princes qui, en 1813, soutenus par l'insurrection des masses,&lt;br class='autobr' /&gt;
combattaient pour les libert&#233;s de l'Europe contre Napol&#233;on, qui plus tard form&#232;rent la Sainte Alliance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alliance des grandes puisssances monarchistes conservatruces qui, suite au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, n'&#233;taient pas des&lt;br class='autobr' /&gt;
conf&#233;d&#233;r&#233;s : l'absolutisme de leur pouvoir leur d&#233;fendait d'en&lt;br class='autobr' /&gt;
prendre le titre. C'&#233;taient, comme en 1792, des coalis&#233;s ; l'histoire&lt;br class='autobr' /&gt;
ne leur donnera pas d'autre nom. Il n'en est pas de m&#234;me de la&lt;br class='autobr' /&gt;
Conf&#233;d&#233;ration germanique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Etat conf&#233;d&#233;ral allemand r&#233;gissant les territoires de langue allemande entre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pr&#233;sentement en travail de r&#233;forme,&lt;br class='autobr' /&gt;
et dont le caract&#232;re de libert&#233; et de nationalit&#233; menace de faire&lt;br class='autobr' /&gt;
dispara&#238;tre un jour les dynasties qui lui font obstacle. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;P.-J. Proudhon (1809-1865), philosophe fran&#231;ais, souvent&lt;br class='autobr' /&gt;
class&#233; parmi les socialistes utopistes et anarchistes, est&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;galement compt&#233; parmi les principaux penseurs th&#233;oriciens du&lt;br class='autobr' /&gt;
courant f&#233;d&#233;raliste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Citation extraite de, Pierre-Joseph Proudhon, Du principe&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ratif, 1863, chapitre VII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alliance des grandes puisssances monarchistes&lt;br class='autobr' /&gt;
conservatruces qui, suite au Congr&#232;s de Vienne (1814-1815)&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;tendait- sous l'autorit&#233; de Dieu- mettre un terme aux &#233;pisodes&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;volutionnaires de la p&#233;riode 1792-1815.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Etat conf&#233;d&#233;ral allemand r&#233;gissant les territoires de langue&lt;br class='autobr' /&gt;
allemande entre son instauration par le Congr&#232;s de Vienne et sa&lt;br class='autobr' /&gt;
fin, avec la d&#233;faite de la puissance autrichinenne face aux arm&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
prussiennes en 1866.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La mont&#233;e des n&#233;o-nationalismes en Europe</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/La-montee-des-neo-nationalismes-en</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/La-montee-des-neo-nationalismes-en</guid>
		<dc:date>2009-10-27T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Soldini</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Intervention &#224; l'Universit&#233; f'automne des F&#233;d&#233;ralistes de Rh&#244;ne-Alpes 2007 &lt;br class='autobr' /&gt; Un politologue ou un sociologue aurait sans doute pu expliquer ce ph&#233;nom&#232;ne bien mieux que moi&#8230; Comment se d&#233;finissent les nouveaux groupes d'extr&#234;me droite ? Quels sont les liens aujourd'hui entre les discours social et national ? Quelle est la distinction entre le nationalisme et le patriotisme ?&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne peux naturellement pas me substituer &#224; eux et r&#233;pondre &#224; ces nombreuses questions. C'est donc en simple (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-144-2009-02-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 144 &#8212; 2009/02&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Intervention &#224; l'Universit&#233; f'automne des F&#233;d&#233;ralistes de Rh&#244;ne-Alpes 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un politologue ou un sociologue aurait sans doute pu expliquer ce ph&#233;nom&#232;ne bien mieux que moi&#8230; Comment se d&#233;finissent les nouveaux groupes d'extr&#234;me droite ? Quels sont les liens aujourd'hui entre les discours social et national ? Quelle est la distinction entre le nationalisme et le patriotisme ?&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne peux naturellement pas me substituer &#224; eux et r&#233;pondre &#224; ces nombreuses questions. C'est donc en simple militant politique f&#233;d&#233;raliste que je vais m'exprimer, laissant &#224; d'autres sp&#233;cialistes le soin de d&#233;finir et expliquer cette nouvelle &#233;volution de nos soci&#233;t&#233;s. Ainsi, c'est dans une perspective exclusivement politique que j'aborderai cette question douloureuse. En r&#233;alit&#233;, il s'agit ici de d&#233;finir, de tracer les contours, d'appr&#233;hender les nouvelles m&#233;tamorphoses de notre ennemi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avant tout en essayant de d&#233;finir ce que nous sommes -ou plus pr&#233;cis&#233;ment ce que je suis- que je propose d'approcher cet ennemi. Quelle est la sp&#233;cificit&#233; du f&#233;d&#233;ralisme par rapport aux autres id&#233;ologies ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop souvent le f&#233;d&#233;ralisme est confondu avec une vision exclusivement vou&#233;e &#224; l'objectif unitaire europ&#233;en. Il s'agirait alors d'aborder la politique &#171; en plus grand &#187;. Pourtant, de nombreuses autres id&#233;ologies se caract&#233;risent par cette volont&#233; de s'adresser &#224; un ensemble plus grand que la nation. Il ne s'agit nullement d'une sp&#233;cificit&#233; du f&#233;d&#233;ralisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parfois le f&#233;d&#233;ralisme est confondu avec une forme de localisme. Pourtant souvent, le localisme, qu'il soit r&#233;gionaliste ou autre se confond avec des formes de nationalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, le f&#233;d&#233;ralisme c'est avant tout la recherche d'un &#233;quilibre. Il s'agit de s'interroger sur le meilleur niveau possible de gouvernance, d&#233;finir le point d'&#233;quilibre entre l'autonomie ou la libert&#233; et l'autorit&#233;. Il n'existe naturellement aucune transcendance, aucun mythe, susceptible de r&#233;soudre cette question pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit l&#224; d'un trait caract&#233;ristique du f&#233;d&#233;ralisme : la distinction entre la question de l'identit&#233; et la question politique. Le f&#233;d&#233;ralisme peut &#233;galement &#234;tre pr&#233;sent&#233; comme une red&#233;finition de la question identitaire : qui sommes nous ? A quelles collectivit&#233;(s) appartenons nous ? Par rapport &#224; quoi / &#224; qui devons nous d&#233;finir nos droits et nos devoirs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme se caract&#233;rise des autres id&#233;ologies politiques car il n'offre aucune r&#233;ponse a priori &#224; ces questions. Le f&#233;d&#233;ralisme appara&#238;t comme une m&#233;thode qui n'est pas conditionn&#233;e par une &#171; fin &#187; fix&#233;e &#224; l'avance. Ainsi, il est &#233;vident pour les f&#233;d&#233;ralistes aussi europ&#233;ens soit-ils que tout ne se r&#233;sout pas par l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nationalisme, c'est pr&#233;cis&#233;ment l'inverse. C'est une id&#233;ologie fond&#233;e sur une transcendance, sur une v&#233;rit&#233; a priori. Pour le nationalisme, il existe donc un lien &#233;troit entre la question politique et un aspect de notre identit&#233; (la langue, le territoire, la religion, la couleur de la peau&#8230;). Cette identit&#233; est h&#233;g&#233;monique et attractive. Tout le reste s'efface au profit d'une seule et unique appartenance fond&#233;e sur un crit&#232;re qui est d&#232;s lors mythifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cet exclusivisme identitaire d&#233;coule une croyance politique (c'est le propre du nationalisme politique) : tous les probl&#232;mes peuvent &#234;tre r&#233;solus par un seul pouvoir organis&#233; autour de la collectivit&#233; unique. Il s'agit en quelque sorte de la reproduction du mod&#232;le familial traditionnel : l'enfant doit tout &#224; ses parents. Le nationalisme appara&#238;t comme un infantilisme politique. Ce caract&#232;re simpliste constitue paradoxalement sa force principale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque fois que l'homme a peur, qu'il se sent menac&#233;, qu'il redoute la crise, il s'infantilise et recherche des solutions simplistes. Il faut alors s'armer de bonne volont&#233; pour r&#233;sister au simplisme et respecter la complexit&#233; qui caract&#233;rise la personne humaine et le r&#233;el et qui doit donc &#234;tre au c&#339;ur de la politique. Aujourd'hui le ch&#244;mage, l'impuissance politique, la peur de l'avenir, des changements, des mutations sociales et soci&#233;tales alimentent de nouveau le d&#233;mon nationaliste. Il change de visage -certains groupes d'extr&#234;me droite pr&#244;nant une unit&#233; europ&#233;enne nationaliste et fond&#233;e sur une introuvable identit&#233;, l'extr&#234;me gauche abandonnant d&#233;finitivement les r&#234;ves internationalistes et unissant in&#233;luctablement la question sociale et la question nationale- mais sa nature reste identique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sister &#224; cette vague de fond il faut permettre aux citoyens de sortir de l'infantilisme politique. Cela d&#233;pend naturellement de l'&#233;ducation mais aussi des choix soci&#233;taux et politiques propos&#233;s, des discours politiques et m&#233;diatiques, de l'environnement culturel&#8230; A tous les niveaux, il faut s'employer &#224; casser d&#233;finitivement le mythe. C'est donc une bataille politique, id&#233;ologique et culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, le f&#233;d&#233;ralisme ne pr&#244;ne pas une totale r&#233;volution culturelle. Il vise simplement le progr&#232;s de la connaissance, de la libert&#233; et la promotion du d&#233;bat public d&#233;mocratique. En somme, il &#339;uvre au progr&#232;s de l'&#233;mancipation humaine. Cela peut para&#238;tre simple, banal, et pourtant c'est sans doute le combat le plus difficile : Etre libre vis-&#224;-vis des dogmes et parfois aussi vis-&#224;-vis de nous-m&#234;mes et de nos croyances.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;David SOLDINI&lt;br class='manualbr' /&gt;Vice-pr&#233;sident de l'UEF &#8211; France&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alexandre Marc, Mai 68 et la r&#233;volution </title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Alexandre-Marc-Mai-68-et-la</link>
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		<dc:date>2008-07-09T07:47:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Soldini</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En mai 68, Alexandre Marc saluait &#171; l'explosion printani&#232;re &#187;. C'est ainsi qu'il qualifiait ces moments intenses pour une partie de la jeunesse et du monde ouvrier. Mais, fid&#232;le &#224; lui-m&#234;me, le penseur f&#233;d&#233;raliste ajoutait : il n'y aura pas de &#171; r&#233;volution &#233;tudiante, sinon mystificatrice, sans r&#233;volution de l'entreprise, de l'agriculture, des communes, des r&#233;gions, des ethnies, sans une transformation libertaire &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; En effet, les &#233;v&#232;nements de mai devaient plaire &#224; Marc : voir ensemble et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-140-2008-2-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 140 &#8212; 2008/2&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En mai 68, Alexandre Marc saluait &#171; l'explosion printani&#232;re &#187;. C'est ainsi qu'il qualifiait ces moments intenses pour une partie de la jeunesse et du monde ouvrier. Mais, fid&#232;le &#224; lui-m&#234;me, le penseur f&#233;d&#233;raliste ajoutait : il n'y aura pas de &#171; r&#233;volution &#233;tudiante, sinon mystificatrice, sans r&#233;volution de l'entreprise, de l'agriculture, des communes, des r&#233;gions, des ethnies, sans une transformation libertaire &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En effet, les &#233;v&#232;nements de mai devaient plaire &#224; Marc : voir ensemble et spontan&#233;ment se lever des jeunes de toute l'Europe, assister aux premi&#232;res manifestations transnationales et europ&#233;ennes, voir se concr&#233;tiser l'id&#233;e d'une communaut&#233; de destin, d'avenir, entre la jeunesse, le monde ouvrier, les Fran&#231;ais, les Italiens, les Allemands&#8230; Et puis, la composante libertaire, au c&#339;ur de l'&#233;v&#232;nement. Tout cela devait sans doute fasciner le militant f&#233;d&#233;raliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, si la spontan&#233;it&#233; des &#233;v&#232;nements, &#171; l'explosion &#187;, stimulait probablement Marc, sa conception de la r&#233;volution &#233;tait assez &#233;loign&#233;e de ce qui se passait en Europe, &#224; ce moment l&#224;. Pas de r&#233;volution &#233;tudiante sans r&#233;volution int&#233;grale. Pas de transformation de la soci&#233;t&#233; sans participation r&#233;volutionnaire et consciente de l'ensemble de ses composantes. Voila le credo de Marc. La r&#233;volution sera int&#233;grale ou ne sera pas. Que signifie cette affirmation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a deux fa&#231;ons de voir la r&#233;volution : celle autocratique et celle libertaire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La premi&#232;re, communiste, fasciste, ou nationaliste, consiste &#224; croire qu'une transformation radicale de la soci&#233;t&#233; est possible en agissant de fa&#231;on autoritaire, c'est-&#224;-dire en permettant &#224; certains &#233;l&#233;ments de la soci&#233;t&#233; (classe, ethnie, nationalit&#233;&#8230;) de mettre en &#339;uvre, pour tous, la r&#233;volution. D'imposer donc un ordre nouveau &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, sans n&#233;cessairement que ses composantes acceptent et int&#232;grent r&#233;ellement les principes nouveaux issus de la r&#233;volution. Cette conception de la r&#233;volution a pr&#233;valu au XIX&#232;me et au d&#233;but du XX&#232;me si&#232;cle et a &#233;t&#233; le pr&#233;lude aux catastrophes du si&#232;cle dernier.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La r&#233;volution libertaire au contraire est une r&#233;volution qui ne peut se faire qu'avec l'appui conscient de l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. La r&#233;volution f&#233;d&#233;raliste voulue par Marc est en ce sens une r&#233;volution de type libertaire. Si mai 68 tranche nettement avec les tentatives r&#233;volutionnaires qui se sont succ&#233;d&#233;es au cours de la fin du XIX&#232;me si&#232;cle et du d&#233;but du XX&#232;me, repla&#231;ant la personne ou l'individu au c&#339;ur de la probl&#233;matique r&#233;volutionnaire, l'esprit de mai n'a pas r&#233;ussi &#224; p&#233;n&#233;trer l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. Du moins pas sur l'instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quarante ans apr&#232;s les &#233;v&#233;nements pourtant, il serait st&#233;rile de refuser le fait que l'esprit de mai a effectivement impr&#233;gn&#233; l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. Il a fallu des ann&#233;es, mais il est certain que du point de vue des m&#339;urs, du respect de l'individu et de la libert&#233;, mai 68 a marqu&#233; un tournant et ouvert une nouvelle phase d'&#233;volution de notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit sans doute d'un &#233;l&#233;ment fondamental qui oppose les r&#233;volutions autocratiques &#224; celles libertaires. Les premi&#232;res triomphent &#224; un instant pr&#233;cis : les forces r&#233;volutionnaires s'emparent du pouvoir et imposent le nouvel ordre. Les secondes ne se concr&#233;tisent pas imm&#233;diatement, la prise de conscience g&#233;n&#233;rale n&#233;cessaire &#224; l'&#233;tablissement d'un nouvel ordre ne pouvant &#234;tre imm&#233;diate et ne pouvant se faire dans la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, mai 68 apparait comme un &#233;v&#233;nement dans l'histoire r&#233;volutionnaire libertaire. Un &#233;v&#232;nement qui a permis une &#233;volution de la soci&#233;t&#233; vers plus de libert&#233; et plus d'autonomie personnelle. Mai 68 fait en ce sens partie de l'h&#233;ritage culturel des f&#233;d&#233;ralistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trois le&#231;ons d'Altiero Spinelli</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Trois-lecons-d-Altiero-Spinelli</link>
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		<dc:date>2008-06-10T07:17:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Soldini</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Comment j'ai d&#233;couvert Altiero Spinelli J'ai vraiment d&#233;couvert Spinelli en 2000, 14 ans apr&#232;s sa mort. Certes, je connaissais d&#233;j&#224; le Trait&#233; Spinelli de 1983, je l'avais &#233;tudi&#233; pendant mes &#233;tudes universitaires, mais le nom de Spinelli ne m'&#233;tait gu&#232;re plus familier que celui de nombreux hommes politiques ayant particip&#233;, de pr&#232;s ou de loin, &#224; la grande aventure europ&#233;enne. En 2000 j'habitais Rome, et gr&#226;ce &#224; Edmondo Paolini 3 , son biographe et ami, que je venais de rencontrer en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-139-2008-1-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 139 &#8212; 2008/1&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment j'ai d&#233;couvert Altiero Spinelli&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai vraiment d&#233;couvert Spinelli en 2000, 14 ans apr&#232;s sa&lt;br class='autobr' /&gt;
mort. Certes, je connaissais d&#233;j&#224; le Trait&#233; Spinelli de 1983,&lt;br class='autobr' /&gt;
je l'avais &#233;tudi&#233; pendant mes &#233;tudes universitaires, mais le&lt;br class='autobr' /&gt;
nom de Spinelli ne m'&#233;tait gu&#232;re plus familier que celui de&lt;br class='autobr' /&gt;
nombreux hommes politiques ayant particip&#233;, de pr&#232;s ou de&lt;br class='autobr' /&gt;
loin, &#224; la grande aventure europ&#233;enne.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2000 j'habitais Rome, et gr&#226;ce &#224; Edmondo Paolini&lt;br class='autobr' /&gt;
3&lt;br class='autobr' /&gt;
, son&lt;br class='autobr' /&gt;
biographe et ami, que je venais de rencontrer en&lt;br class='autobr' /&gt;
m'inscrivant &#224; la GFE (Giovent&#249; Federalista Europea) j'eus&lt;br class='autobr' /&gt;
la chance de pouvoir travailler pour une exposition sur&lt;br class='autobr' /&gt;
Altiero Spinelli. Vinrent ensuite diverses rencontres&lt;br class='autobr' /&gt;
romaines, Raimondo Cagiano, Pier Virgilio Dastoli et bien&lt;br class='autobr' /&gt;
d'autres, des hommes qui l'avaient connu et qui semblaient&lt;br class='autobr' /&gt;
avoir pour cet ancien ami un respect et une d&#233;votion&lt;br class='autobr' /&gt;
particuli&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme beaucoup de jeunes f&#233;d&#233;ralistes, les lectures du&lt;br class='autobr' /&gt;
Manifeste pour une Europe libre et unie (le Manifesto de&lt;br class='autobr' /&gt;
Ventotene, dont c'est, en fran&#231;ais le titre exact), lors du&lt;br class='autobr' /&gt;
s&#233;minaire annuel de Ventotene, et les nombreuses&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;ditations qui d&#233;coul&#232;rent de ces lectures, renforc&#232;rent&lt;br class='autobr' /&gt;
mon admiration pour le g&#233;ant politique. Les travers&#233;es de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#238;le, sur laquelle il avait &#233;t&#233; confin&#233; plusieurs ann&#233;es et sur&lt;br class='autobr' /&gt;
laquelle il avait &#233;labor&#233; les fondements de son combat et de&lt;br class='autobr' /&gt;
sa pens&#233;e politique, les visites &#224; l'&#238;le voisine de Santo&lt;br class='autobr' /&gt;
Stefano o&#249; tant d'antifascistes avaient croupi en attendant la&lt;br class='autobr' /&gt;
lib&#233;ration, la d&#233;couverte de son autobiographie, les&lt;br class='autobr' /&gt;
discussions avec ceux qui l'avaient connu, simples p&#234;cheurs&lt;br class='autobr' /&gt;
ou responsables politiques, chaque nouvelle approche du&lt;br class='autobr' /&gt;
personnage renfor&#231;ait mon admiration et fa&#231;onnait&lt;br class='autobr' /&gt;
irr&#233;m&#233;diablement mon esprit. Si aujourd'hui je poss&#232;de une&lt;br class='autobr' /&gt;
profonde conviction f&#233;d&#233;raliste, une conviction qui&lt;br class='autobr' /&gt;
probablement&lt;br class='autobr' /&gt;
ne&lt;br class='autobr' /&gt;
s'effondrera&lt;br class='autobr' /&gt;
jamais,&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
si,&lt;br class='autobr' /&gt;
naturellement, elle sera encore amen&#233;e &#224; &#233;voluer, c'est sans&lt;br class='autobr' /&gt;
nul doute gr&#226;ce &#224; Altiero Spinelli.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment un homme, que je n'ai pas rencontr&#233;, a-t-il pu &#224; se&lt;br class='autobr' /&gt;
point me changer ? Si la figure, l'homme Spinelli, m'a&lt;br class='autobr' /&gt;
fascin&#233;, ce sont les id&#233;es qu'il a d&#233;fendues toute sa vie qui&lt;br class='autobr' /&gt;
m'ont v&#233;ritablement transform&#233;. Parmi ces id&#233;es, je&lt;br class='autobr' /&gt;
voudrais rappeler trois des &#171; le&#231;ons &#187; de Spinelli.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le f&#233;d&#233;ralisme, la seule pens&#233;e politique r&#233;aliste&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque l'id&#233;e f&#233;d&#233;raliste est pr&#233;sent&#233;e rapidement,&lt;br class='autobr' /&gt;
superficiellement elle appara&#238;t souvent comme relevant de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'utopie. L'objectif, la paix universelle, et les moyens,&lt;br class='autobr' /&gt;
notamment la fin de la souverainet&#233; nationale, apparaissent&lt;br class='autobr' /&gt;
comme irr&#233;alisables. Pourtant, en se penchant plus&lt;br class='autobr' /&gt;
s&#233;rieusement sur l'&#339;uvre de Spinelli, les solutions&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ralistes apparaissent comme les seules r&#233;alistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mitterrand affirmait, &#171; le nationalisme, c'est la guerre. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Inutile de d&#233;montrer la justesse de ce syllogisme. Un simple&lt;br class='autobr' /&gt;
survol du XX&#232;me si&#232;cle suffit pour comprendre toute la&lt;br class='autobr' /&gt;
profondeur de cette affirmation. Or, &#224; l'oppos&#233; du&lt;br class='autobr' /&gt;
3&lt;br class='autobr' /&gt;
Edmondo Paolini &#233;tait alors pr&#233;sident de la section romaine&lt;br class='autobr' /&gt;
du MFE. IL est l'auteur de plusieurs livres sur Spinelli, dont sa&lt;br class='autobr' /&gt;
biographie.&lt;br class='autobr' /&gt;
nationalisme, il y a le f&#233;d&#233;ralisme. Les doctrines&lt;br class='autobr' /&gt;
internationalistes sont en effet elles-m&#234;mes fond&#233;es sur le&lt;br class='autobr' /&gt;
paradigme nationaliste, &#224; savoir que l'unit&#233; politique repose&lt;br class='autobr' /&gt;
sur des facteurs d'ordre sociologiques, culturels ou&lt;br class='autobr' /&gt;
mythologiques, c'est-&#224;-dire sur le concept de Nation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, le f&#233;d&#233;ralisme, ce n'est pas uniquement la construction&lt;br class='autobr' /&gt;
d'un pouvoir supranational, mais l'&#233;laboration d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
solution r&#233;aliste permettant de diviser le pouvoir en&lt;br class='autobr' /&gt;
diff&#233;rents centres, chacun ayant les moyens d'apporter des&lt;br class='autobr' /&gt;
solutions efficaces aux probl&#232;mes qui le concernent. Cette&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;marche se situe donc &#224; l'oppos&#233; de la d&#233;marche&lt;br class='autobr' /&gt;
nationaliste. Le paradigme nationaliste repr&#233;sente une&lt;br class='autobr' /&gt;
impasse pour le progr&#232;s de l'humanit&#233; car il emp&#234;che le&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;veloppement de la seule solution efficace pour affronter&lt;br class='autobr' /&gt;
les d&#233;fis globaux. Cette solution, le f&#233;d&#233;ralisme, suppose&lt;br class='autobr' /&gt;
donc la fin des structures de pouvoirs fond&#233;es sur le&lt;br class='autobr' /&gt;
paradigme nationaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, tr&#232;s rapidement, ce sont les nationalistes, les&lt;br class='autobr' /&gt;
conservateurs, ceux qui croient qu'il est possible de faire&lt;br class='autobr' /&gt;
progresser l'humanit&#233; en maintenant la division du monde&lt;br class='autobr' /&gt;
en Etats nations, que l'Europe peut progresser sans&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;finitivement d&#233;truire le mythe de l'Etat national ou qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
est possible de construire l'Europe autrement que sur les&lt;br class='autobr' /&gt;
cendres de l'ancien ordre politique -fondement du d&#233;sordre&lt;br class='autobr' /&gt;
international actuel- qui apparaissent comme des utopistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
S&#233;v&#232;re contre les antieurop&#233;ens, douloureuse pour certains&lt;br class='autobr' /&gt;
Europ&#233;ens sinc&#232;res, pr&#232;s &#224; se satisfaire d'expressions&lt;br class='autobr' /&gt;
mystificatrices comme l'Europe des Nations ou m&#234;me la&lt;br class='autobr' /&gt;
F&#233;d&#233;ration d'Etats-nations, la premi&#232;re le&#231;on de Spinelli&lt;br class='autobr' /&gt;
appara&#238;t chaque jour plus juste : agir pour la cr&#233;ation d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne, c'est agir pragmatiquement.&lt;br class='autobr' /&gt;
La n&#233;cessit&#233; personnelle de l'action&lt;br class='autobr' /&gt;
La seconde le&#231;on a trait &#224; des comportements personnels. Il&lt;br class='autobr' /&gt;
ne s'agit pas uniquement de penser la politique mais de&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;fl&#233;chir &#224; notre propre comportement politique. Spinelli&lt;br class='autobr' /&gt;
m'a appris &#224; me soucier de la politique. A ne pas me laver&lt;br class='autobr' /&gt;
les mains des affaires qui concernent la collectivit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette conscience politique n'est pas fond&#233;e sur la&lt;br class='autobr' /&gt;
mis&#233;ricorde, ou sur un sentiment d'empathie. Il ne s'agit pas&lt;br class='autobr' /&gt;
de s'apitoyer sur le sort de nos semblables pour trouver les&lt;br class='autobr' /&gt;
ressources n&#233;cessaires pour agir politiquement. La seconde&lt;br class='autobr' /&gt;
le&#231;on de Spinelli nous enseigne que l'engagement politique&lt;br class='autobr' /&gt;
repose sur la conviction de la justesse du chemin que l'on&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;cide d'emprunter. C'est parce que Spinelli entrevoyait des&lt;br class='autobr' /&gt;
solutions qu'il ne pouvait s'emp&#234;cher d'agir. Ainsi, cet&lt;br class='autobr' /&gt;
imp&#233;ratif moral, la n&#233;cessit&#233; d'agir, se d&#233;veloppe avec le&lt;br class='autobr' /&gt;
renforcement de la conviction politique. C'est en quelque&lt;br class='autobr' /&gt;
sorte, son corollaire n&#233;cessaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Spinelli raconte dans son autobiographie son entr&#233;e au Parti&lt;br class='autobr' /&gt;
communiste italien, &#224; l'age de 17 ans. Il commente ainsi :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; je suis entr&#233; au PCI comme on entre en religion &#187;. Cela&lt;br class='autobr' /&gt;
signifie qu'il est entr&#233; dans un parti politique par croyance,&lt;br class='autobr' /&gt;
par d&#233;votion, aveugle et b&#233;at en quelque sorte. La cr&#233;ation&lt;br class='autobr' /&gt;
du Movimento Federalista Europeo (MFE) et les batailles&lt;br class='autobr' /&gt;
politiques qu'il m&#232;nera par la suite seront aux antipodes de&lt;br class='autobr' /&gt;
cette approche passionnelle et irraisonn&#233;e de la politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une attitude politique toujours empreinte de r&#233;alisme, de&lt;br class='autobr' /&gt;
pragmatisme, bien que naturellement, l'objectif qu'il s'&#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
fix&#233; paraissait parfois tellement lointain qu'il semblait&lt;br class='autobr' /&gt;
appartenir au domaine de l'utopie.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;laboration d'une nouvelle ligne de division entre&lt;br class='autobr' /&gt;
progressistes et conservateurs, d&#233;passant la division&lt;br class='autobr' /&gt;
droite/gauche traditionnelle, les strat&#233;gies &#171; bipartisanes &#187;,&lt;br class='autobr' /&gt;
le rejet syst&#233;matique des opinions toutes faites ou le refus&lt;br class='autobr' /&gt;
constant d'&#233;riger en obstacle insurmontable de simples&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;flexes politiciens, proc&#232;dent de cette m&#234;me logique de&lt;br class='autobr' /&gt;
conviction. Spinelli &#233;tait un h&#233;ro politique au sens weberien,&lt;br class='autobr' /&gt;
capable de r&#234;ver l'impossible pour r&#233;aliser le possible,&lt;br class='autobr' /&gt;
capable d'entrevoir l'objectif lointain tout en consacrant&lt;br class='autobr' /&gt;
l'essentiel de son &#233;nergie &#224; lever les obstacles&lt;br class='autobr' /&gt;
d'aujourd'hui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne jamais renoncer&lt;br class='autobr' /&gt;
La troisi&#232;me le&#231;on de Spinelli est de celles qui ne&lt;br class='autobr' /&gt;
s'apprennent pas vraiment, ou que l'on apprend peut &#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
avec le temps, avec beaucoup de temps. C'est celle qui&lt;br class='autobr' /&gt;
illustre le mieux peut &#234;tre la vie de Spinelli. Il s'agit de la&lt;br class='autobr' /&gt;
capacit&#233; de se relever apr&#232;s chaque d&#233;faite. Lors de chaque&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;chec, d'abord la Communaut&#233; europ&#233;enne de d&#233;fense, puis&lt;br class='autobr' /&gt;
le Congr&#232;s du Peuple europ&#233;en, puis ses initiatives&lt;br class='autobr' /&gt;
institutionnelles, Spinelli repartait au combat, convaincu&lt;br class='autobr' /&gt;
plus qu'hier de la justesse de son combat. Car, en effet, ce&lt;br class='autobr' /&gt;
qui fait la justesse d'une id&#233;e ce n'est pas le fait qu'elle se&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;alise, tout de suite, rapidement, ou m&#234;me jamais, mais le&lt;br class='autobr' /&gt;
fait qu'elle d&#233;veloppe la combativit&#233; d'hommes qui, m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
battus, continuent &#224; se battre.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; cette capacit&#233; que l'on reconna&#238;t une vraie id&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
politique. Ce n'est pas parce qu'elle correspond &#224; la r&#233;alit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
mais bien parce qu'elle est possible (&#171; La politique c'est ce&lt;br class='autobr' /&gt;
qui est faisable &#187; affirmait Max Weber), parce qu'elle&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;ussit &#224; ne jamais mourir et continue d'animer le combat&lt;br class='autobr' /&gt;
d'hommes libres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour que ce soit le dernier des trait&#233;s !</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Pour-que-ce-soit-le-dernier-des</link>
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		<dc:date>2008-02-25T07:52:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Soldini</dc:creator>


		<dc:subject>Trait&#233; de Lisbonne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ou ce que devraient penser et faire les progressistes en Europe f&#226;ce &#224; ce trait&#233; insatisfaisant&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
David SOLDINI Universitaire - Vice-Pr&#233;sident de l'UEF France - Paris &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Trait&#233; de Lisbonne est une premi&#232;re dans l'histoire europ&#233;enne. C'est la premi&#232;re fois depuis le d&#233;but de l'aventure europ&#233;enne qu'un trait&#233; a comme ambition affich&#233;e de renoncer aux objectifs que s'&#233;taient fix&#233; les p&#232;res fondateurs de l'Europe. Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de l'int&#233;gration, les Chefs d'Etats et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-138-2007-4-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 138 &#8212; 2007/4&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Traite-de-Lisbonne-+" rel="tag"&gt;Trait&#233; de Lisbonne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ou ce que devraient penser et faire&lt;br class='autobr' /&gt;
les progressistes en Europe&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#226;ce &#224; ce trait&#233; insatisfaisant&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;David SOLDINI&lt;br class='autobr' /&gt;
Universitaire - Vice-Pr&#233;sident de l'UEF France - Paris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Trait&#233; de Lisbonne est une premi&#232;re dans l'histoire europ&#233;enne. C'est la premi&#232;re fois depuis le d&#233;but de l'aventure europ&#233;enne qu'un trait&#233; a comme ambition affich&#233;e de renoncer aux objectifs que s'&#233;taient fix&#233; les p&#232;res fondateurs de l'Europe. Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de l'int&#233;gration, les Chefs d'Etats et de gouvernements ont tranquillement et consciemment essay&#233; d'enterrer la perspective d'union politique. C'est &#233;crit noir sur blanc dans les protocoles. Le retrait des symboles europ&#233;en, du drapeau, de l'hymne, de la devise, de la Charte des droits fondamentaux, ne figurant plus dans le corps du Trait&#233;, l'abandon du nom m&#234;me de Constitution et d'une d&#233;nomination normale des textes europ&#233;ens (qui continuent &#224; se nommer directives, d&#233;cisions, r&#232;glements, au lieu de lois et lois cadres) sont des &#233;l&#233;ments qui n'ont pour seule fonction de mettre un frein &#224; l'&#233;volution de l'Union vers un syst&#232;me politique et d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est v&#233;ritablement une premi&#232;re dans l'histoire europ&#233;enne (UE). Car si l'UE est habitu&#233;e aux stop and go, aux propositions ambitieuses accouchant de souris, le Trait&#233; de Lisbonne se caract&#233;rise par le fait qu'il renonce clairement &#224; l'objectif fix&#233; par les p&#232;res fondateurs : faire de l'Europe une f&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le Trait&#233; de Lisbonne reprend certaines innovations pr&#233;vues par la Constitution et am&#233;liore sans doute le cadre institutionnel de l'UE. Mais il serait irr&#233;aliste de se servir de ces maigres avanc&#233;es pour justifier ou excuser ces reculs symboliques, mais lourds de sens. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, les non fran&#231;ais et n&#233;erlandais ont bien servi aux nationalistes et aux anti-europ&#233;ens. Il n'y a, de ce point de vue, aucune am&#233;lioration quelle qu'elle soit par rapport au projet de trait&#233; constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant il faut &#233;galement admettre que ce Trait&#233; est le fruit d'une n&#233;gociation entre des gouvernants de moins en moins europhiles. Pouvait-on faire mieux ? Sans doute pas, &#233;tant donn&#233; la composition actuelle de la classe politique europ&#233;enne. Fallait il faire mieux ? Sans aucun doute, et le texte constitutionnel, &#233;tait effectivement un pas important dans la bonne direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que faire aujourd'hui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un trait&#233; mauvais, presque insultant pour ceux qui, depuis cinquante ans, se battent pour l'unit&#233; europ&#233;enne ; une classe politique faible, l'&#339;il riv&#233; sur les opinions publiques nationales, et soucieuse, avant toute chose, de maintenir son faible pouvoir. Faut-il dire non ? S'insurger, au risque de paralyser encore une fois les institutions ? Sans doute pas. &lt;br class='autobr' /&gt;
Faut il accepter cela et consid&#233;rer que l'affaire est r&#233;gl&#233;e, comme le souhaitent les dirigeants nationalistes qui se sont press&#233;s aux micros des journalistes pour annoncer, tout contents, que ce Trait&#233; &#233;tait bon pour dix, quinze, vingt ans ? Certainement pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Trait&#233; de Lisbonne pr&#233;sente quelques r&#233;formes int&#233;ressantes, sur lesquelles, sans doute, il est possible de construire. La disposition probablement la plus novatrice est la clause de r&#233;vision. En effet, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire europ&#233;enne, un texte communautaire pr&#233;voit une proc&#233;dure d&#233;mocratique pour la r&#233;forme des Trait&#233;s : une Convention doit &#234;tre r&#233;unie pour d&#233;cider des changements majeurs &#224; apporter aux Trait&#233;s. Tout gouvernement, le Parlement europ&#233;en ou la Commission peuvent soumettre au Conseil une proposition de modification du Trait&#233;. Le Conseil d&#233;cide alors &#224; la majorit&#233; simple s'il y a lieu de r&#233;unir une Convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, il est fort probable que le prochain texte fondamental communautaire ne sera pas n&#233;goci&#233; par les Chefs d'Etats et de gouvernements, suivant la proc&#233;dure honteuse (du point de vue de la d&#233;mocratie) de l'intergouvernementalisme, mais sera le fruit d'un travail d&#233;mocratique, r&#233;alis&#233; par les repr&#233;sentants des citoyens et des gouvernements. Le prochain texte fondamental ne sera donc pas n&#233;goci&#233; comme un trait&#233; classique car il sera le fruit du travail d'une Assembl&#233;e. Une proc&#233;dure de ratification uniforme en Europe pourrait renforcer le caract&#232;re v&#233;ritablement europ&#233;en et d&#233;mocratique de la proc&#233;dure. Enfin, l'id&#233;e que ce nouveau texte, qu'il faudra bien appeler Constitution, puisse entrer en vigueur sans que l'ensemble des Etats l'ait ratifi&#233;, cassant ainsi la r&#232;gle de l'unanimit&#233;, pourrait effectivement permettre l'&#233;mergence d'une v&#233;ritable union politique d&#233;mocratique. Certes, cela n'est pas pr&#233;vu par le pr&#233;sent Trait&#233;. Cependant la r&#233;union d'une nouvelle Convention pourrait cr&#233;er un bras de fer, une tension utile, entre le pouvoir constituant d&#233;mocratique -la Convention- et le pouvoir diplomatique des Chefs d'Etats et de gouvernements. Ce conflit pourrait permettre de finalement sortir d'une situation qui favorise la position la plus prudente, la plus nationaliste, la plus populiste et la moins efficace, comme ce fut le cas lors des derni&#232;res n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces politiques progressistes devraient aujourd'hui conditionner l'approbation de ce nouveau et mauvais Trait&#233; &#224; la r&#233;ouverture imm&#233;diate des n&#233;gociations, dans le cadre d'une Convention. Une telle perspective pourrait permettre de rassembler ceux qui consid&#232;rent qu'il est impossible de dire non car l'Europe est dans un &#233;tat dramatique et ceux qui consid&#232;rent qu'il faut dire encore une fois non car ce texte est lui-m&#234;me dramatique et largement insuffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, le pr&#233;sident Sarkozy a clairement &#233;cart&#233; cette perspective, rejoignant dans ses d&#233;clarations les eurosceptiques Gordon Brown et Lech Kaczynski. Les progressistes ne doivent pas accepter un tel &#233;tat de fait. Le Trait&#233; de Lisbonne ne permet pas &#224; l'UE de fonctionner, il ne donne pas &#224; l'Europe les comp&#233;tences qui devraient &#234;tre les siennes en mati&#232;re de politique &#233;trang&#232;re et de politique &#233;conomique notamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que les Chefs d'Etat et de gouvernement d&#233;cideront seuls, &#224; l'unanimit&#233; et dans le secret, l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral europ&#233;en ne sera pas repr&#233;sent&#233; lors des n&#233;gociations et elles aboutiront n&#233;cessairement &#224; un compromis insuffisant. Le nouveau Trait&#233;, malgr&#233; toutes ces imperfections, permet de rouvrir la question constitutionnelle que des gouvernants nationalistes ont voulu enterrer &#224; jamais. Il permet de le faire dans des conditions qui pourraient marquer une v&#233;ritable rupture dans l'histoire europ&#233;enne. S'il y a une bonne raison pour soutenir ce mauvais texte, c'est bien celle-ci : qu'il soit le dernier d'une longue s&#233;rie et surtout qu'il soit vite, tr&#232;s vite, balay&#233; par l'histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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