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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>Les in&#233;galit&#233;s dans le d&#233;veloppement du nationalisme</title>
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		<dc:date>2020-05-18T06:43:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Devoluy</dc:creator>


		<dc:subject>Focus</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelle est la place des in&#233;galit&#233;s dans le d&#233;veloppement du nationalisme ? Immense question qui demande, au pr&#233;alable, que l'on s'entende sur les mots. Sur le fond, ce court article consid&#232;re la globalisation et son cort&#232;ge de d&#233;r&#233;gulations et de d&#233;mesures comme la cause principale de la hausse des in&#233;galit&#233;s enregistr&#233;e depuis trente ans. Ces in&#233;galit&#233;s ont largement activ&#233; des r&#233;flexes populistes, lesquels se sont traduits en une mont&#233;e des nationalismes. Malgr&#233; des avanc&#233;es que l'on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-184-Mars-2020-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 184 - Mars 2020&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Focus-+" rel="tag"&gt;Focus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L150xH110/arton700-4a8b4.jpg?1730256639' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quelle est la place des in&#233;galit&#233;s dans le d&#233;veloppement du nationalisme ? Immense question qui demande, au pr&#233;alable, que l'on s'entende sur les mots. Sur le fond, ce court article consid&#232;re la globalisation et son cort&#232;ge de d&#233;r&#233;gulations et de d&#233;mesures comme la cause principale de la hausse des in&#233;galit&#233;s enregistr&#233;e depuis trente ans. Ces in&#233;galit&#233;s ont largement activ&#233; des r&#233;flexes populistes, lesquels se sont traduits en une mont&#233;e des nationalismes. Malgr&#233; des avanc&#233;es que l'on esp&#233;rait d&#233;finitivement acquises, l'Union europ&#233;enne n'a pas &#233;t&#233; &#224; l'abris de ce mouvement de fond. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; d'&#234;tre &#224; la fois vigilant et exigeant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des notions &#224; prendre avec pr&#233;caution &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La notion d'in&#233;galit&#233; est multiple et complexe. In&#233;galit&#233;s de quoi ? des revenus, des richesses, des salaires, des sexes. Ou encore, in&#233;galit&#233;s face &#224; la formation, la culture, l'acc&#232;s aux services publics, la maladie, les ressources sanitaires. En se risquant &#224; un classement, on peut distinguer trois formes d'&#233;galit&#233; : juridique (les m&#234;mes droits et les m&#234;mes devoirs pour tous) ; &#233;conomique (assez ais&#233;ment quantifiable, m&#234;me si cette &#233;galit&#233; est impossible - au sens strict- &#224; r&#233;aliser en pratique) ; d'opportunit&#233; (chaque individu est potentiellement dot&#233; des m&#234;mes chances pour sa vie sociale et professionnelle). Au plus on s'&#233;loigne de ces trois types d'&#233;galit&#233;, au plus les in&#233;galit&#233;s augmentent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon certains, le nationalisme rimerait avec la lib&#233;ration des peuples. Il se constituerait en r&#233;action &#224; l'oppression des puissants, des imp&#233;rialismes, des empires coloniaux et du capitalisme sans fronti&#232;res. Mais le nationalisme engendre in&#233;luctablement un culte des valeurs &#8220;nationales&#8221; qui alimentent la x&#233;nophobie, le racisme et l'attraction pour les replis identitaires. Ce nationalisme lib&#233;rateur, qui serait porteur d'&#233;mancipation et de droits pour les citoyens, rel&#232;ve souvent d'une histoire id&#233;alis&#233;e. En revanche, le nationalisme contemporain est bien r&#233;el. C'est celui de la fermeture, de la d&#233;fiance et des rivalit&#233;s d&#233;l&#233;t&#232;res entre les Etats.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ajoute, ce qui ne simplifie pas notre probl&#232;me, que l'ensemble des m&#233;canismes de solidarit&#233;s interpersonnelles et interr&#233;gionales destin&#233;es &#224; r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s sont d&#233;cid&#233;es, financ&#233;es et g&#233;r&#233;es au sein du p&#233;rim&#232;tre politique des Etats, qu'ils soient centralis&#233;s ou de nature f&#233;d&#233;rale. La pr&#233;sence d'organisations internationales et, bien s&#251;r, de l'UE temp&#232;re un peu cette r&#232;gle g&#233;n&#233;rale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Encore une pr&#233;cision : la croissance des in&#233;galit&#233;s des revenus et des patrimoines depuis trois d&#233;cennies fait d&#233;sormais consensus. Nul ne conteste (chercheurs, ONG, Organisations internationales) la baisse de la pauvret&#233; extr&#234;me et la forte croissance du revenu mondial. Mais nul ne conteste non plus que les riches sont devenus plus riches et les pauvres plus pauvres. De nombreux articles et livres (certains &#233;tant des best sellers) attestent de ce vaste mouvement. Il se r&#233;sument en un seul chiffre : les &#8532; de la population mondiale connaissent des in&#233;galit&#233;s croissantes de revenu et de patrimoine. Naturellement il s'agit l&#224; de moyennes. Des exceptions existent. Mais la tendance lourde est bien l&#224;. Partout.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Globalisation et in&#233;galit&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La globalisation n&#233;olib&#233;rale a fait esp&#233;rer une croissance qui profiterait &#224; tous. Certains s'appuyaient pour cela sur la th&#233;orie du ruissellement en affirmant que l'opulence des plus nantis allait se d&#233;verser sur l'ensemble des agents &#233;conomiques. Ce n&#233;olib&#233;ralisme, largement promu &#224; l'origine par Friedrich Hayek et Milton Friedman, a impos&#233; au monde entier une application radicale de la concurrence libre et non fauss&#233;e. Toutes les fronti&#232;res &#233;conomiques devaient tomber ; les Etats &#233;taient fermement invit&#233;s &#224; se retirer du libre jeu des forces du march&#233; ; l'interventionnisme semblait nuisible &#224; l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. L'engouement pour le n&#233;olib&#233;ralisme &#233;tait aussi aliment&#233; par les pi&#232;tres performances des pays socialistes, Chine et URSS en t&#234;te. On conna&#238;t la suite. Le monde s'est globalis&#233;, comme &#8220;s'il n'y avait pas d'autres alternatives&#8221;, pour reprendre la formule de Margaret Thatcher.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les m&#233;canismes &#224; l'&#339;uvre dans l'augmentation des in&#233;galit&#233;s sont d&#233;sormais bien document&#233;s. La concurrence exacerb&#233;e entre tous les acteurs &#233;conomiques (entreprises, salari&#233;s, r&#233;gions, Etats) a organis&#233; de v&#233;ritables guerres &#233;conomiques pour r&#233;duire les co&#251;ts et augmenter les profits. Les notions de dumping fiscal et social se sont impos&#233;es au niveau mondial. La stagnation des salaires a induit une baisse de la part du revenu du travail dans la cr&#233;ation de richesses. Les filets sociaux tiss&#233;s par les &#8220;vieux&#8221; Etats-providence ont &#233;t&#233; rel&#226;ch&#233;s tandis que les autres, dont les anciens &#201;tats socialistes, ont adopt&#233; sans r&#233;serve les nouvelles normes lib&#233;rales. Partout dans le monde la fiscalit&#233; est devenue moins redistributive, avec notamment des baisses radicales des taux d'imposition sur les revenus et les profits. En m&#234;me temps, la d&#233;r&#233;glementation des march&#233; financiers a permis l'explosion de certains revenus. Mais ce n'est pas tout. Une course aux r&#233;mun&#233;rations extravagantes pour les PDG, les sportifs et les &#8220;vedettes&#8221; en tous genres s'est impos&#233;e, alors qu'elle aurait d&#251; &#234;tre clairement invalid&#233;e par la soci&#233;t&#233;. Enfin, les innovations technologiques incessantes ont cr&#233;&#233; des effets d'aubaine et, a contrario, ont marginalis&#233; les individus qui n'&#233;taient plus &#224; la pointe des nouveaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;In&#233;galit&#233;s et populisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e des in&#233;galit&#233;s a fait le lit du populisme, que celui-ci soit de droite ou de gauche. Beaucoup de textes sont produits sur ce sujet. Pour rester simple, le populisme met en conflit le peuple et les &#233;lites, que celles-ci soient politiques, intellectuelles, &#233;conomiques ou financi&#232;res. Il entend d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts du peuple d&#233;pouill&#233; d'une partie de ses droits l&#233;gitimes, amput&#233; des fruits de son travail et souvent m&#233;pris&#233; au regard de ses valeurs traditionnelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les in&#233;galit&#233;s fragilisent les individus. Ils ont peur du pr&#233;sent et du futur, perdent la ma&#238;trise de leurs destins, se sentent ins&#233;curis&#233;s et d&#233;class&#233;s, se vivent insuffisamment respect&#233;s et valoris&#233;s. Leur sentiment de d&#233;classement correspond assez bien &#224; un r&#233;tr&#233;cissement de la classe moyenne qui contraste avec une segmentation plus nette de la soci&#233;t&#233; entre les nantis et tous les autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, le temps n'est plus &#224; une lutte ouverte des classes et &#224; l'espoir du grand soir. Les populistes s'appuient sur les d&#233;senchantements et les craintes pour promettre au peuple des jours meilleurs forg&#233;s sur le rejet des &#233;lites et des &#233;trangers, et sur le retour des valeurs identitaires. Pour eux, la solidarit&#233; n'est pas le produit de l'empathie et du d&#233;sir de soutenir les autres. Elle consiste avant tout &#224; se retrouver entre soi pour se lib&#233;rer des forces obscures et &#233;go&#239;stes des &#233;lites et de se prot&#233;ger de toutes les formes d'internationalisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Populisme et nationalisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation n'a pas emp&#234;ch&#233; la mont&#233;e des nationalismes. Au contraire, en produisant des in&#233;galit&#233;s, elle a engendr&#233; des r&#233;actions populistes qui d&#233;bouchent tr&#232;s vite sur le culte de la nation souveraine et protectrice du peuple. Confront&#233;s &#224; la fragilisation &#233;conomique et &#224; une incertitude croissante sur l'avenir, beaucoup de citoyens se r&#233;fugient dans l'id&#233;e qu'une soci&#233;t&#233; homog&#232;ne et mieux isol&#233;e des influences ext&#233;rieures sera plus rassurante et plus protectrice. C'est en mobilisant les peurs et le rejet des &#233;lites corrompues que les populistes animent le nationalisme. Le national-populisme propose un ordre social et politique qui devrait permettre de lutter efficacement contre la mondialisation et les in&#233;galit&#233;s. Mais les programmes populistes sont construits sur des amalgames et des simplifications. Le populisme tend &#224; invalider le collectif et &#224; d&#233;fendre la nation. Qu'on ne s'y trompe pas, malgr&#233; les appels formels aux int&#233;r&#234;ts du peuple, le populisme reste une forme d'individualisme, de chacun pour soi, chez soi. Ses programmes, g&#233;n&#233;ralement d&#233;magogiques et opportunistes, ont tendance &#224; nier l'id&#233;e que les hommes doivent partager la m&#234;me terre et qu'ils sont confront&#233;s &#224; des d&#233;fis communs et universels.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un d&#233;fi majeur pour l'UE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est ais&#233; et confortable de d&#233;noncer la mont&#233;e des populismes et des nationalismes en se r&#233;f&#233;rant aux cas extr&#234;mes au sein de l'UE, avec la Hongrie de Victor Orban en t&#234;te. De m&#234;me, la critique de certain(e)s leaders politiques fait facilement consensus. Mais en rester l&#224; serait c&#233;der &#224; la facilit&#233; et &#233;luderait les questions qui f&#226;chent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sous beaucoup d'aspects, l'UE s'est plac&#233;e &#224; l'avant-garde du mouvement de globalisation. Les programmes -souvent traduits en injonctions- de d&#233;r&#233;gulations, de privatisations, d'encouragements appuy&#233;s &#224; la concurrence et &#224; la ma&#238;trise des co&#251;ts traversent l'histoire r&#233;cente de l'UE. Il fallait d&#233;graisser les services publics et rationaliser leurs gestions dans une logique n&#233;olib&#233;rale. Le traditionnel Etat-providence n'avait plus bonne presse. Sans compter, en plus, les encouragements &#224; la financiarisation de l'&#233;conomie. Bien s&#251;r, ce tableau n'&#233;puise pas la r&#233;alit&#233; des politiques promues par l'Europe. Mais m&#234;me l'&#233;volution des politiques historiques, qu'elles soient r&#233;gionales ou agricoles, laissent percer un soubassement th&#233;orique d'inspiration tr&#232;s lib&#233;rale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une adh&#233;sion syst&#233;matique, au niveau des Etats membres et des institutions europ&#233;enne, &#224; la doxa &#233;conomique du moment offre l'explication la plus imm&#233;diate de ce vaste mouvement. Mais il y a plus, ce qui interpelle directement l'absence d'union politique. En effet, &#233;tablir un march&#233; unique, puis une monnaie unique sans, concomitamment, cr&#233;er une f&#233;d&#233;ration politique ne peut aboutir qu'&#224; une chose : l'instauration de m&#233;canismes acceptables par tous les Etats. Une sorte de d&#233;nominateur commun qui puisse faire consensus et, surtout, qui &#233;vite que l'ensemble des parties prenantes aient &#224; se mettre unanimement d'accord sur des politiques publiques de nature interventionniste. La solution est alors la mise en place, &#224; pas forc&#233;s, d'une forme de n&#233;olib&#233;ralisme o&#249; des r&#232;gles strictes encadrent les politiques budg&#233;taires nationales et la politique mon&#233;taire unique. En somme, malgr&#233; les ambitions affich&#233;es de construire une f&#233;d&#233;ration, l'Europe lib&#233;rale a laiss&#233; se d&#233;velopper les in&#233;galit&#233;s &#8230;. et en arrive &#224; g&#233;n&#233;rer des formes de nationalismes. Quel paradoxe et quel g&#226;chis !&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;ponse &#224; ce dilemme est connue : construire au plus vite une Europe politique, seule capable de promouvoir un mod&#232;le de soci&#233;t&#233; plus fraternelle qui puisse combattre les in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note : Mon ouvrage &lt;i&gt;L'&#233;conomie : une science &#8220;impossible&#8221; - D&#233;construire pour avancer&lt;/i&gt; (Editions V&#233;rone, 2019, 408 pages) contient des d&#233;veloppements qui rencontrent les th&#232;mes abord&#233;s ci-dessus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Mont&#233;e en puissance du nationalisme et int&#233;grisme hindou : Un p&#233;ril pour l'id&#233;e de f&#233;d&#233;ralisme en Inde ?</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Montee-en-puissance-du-nationalisme-et-integrisme-hindou-Un-peril-pour-l-idee</link>
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		<dc:date>2020-05-14T06:16:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Michel Caillou&#235;t</dc:creator>


		<dc:subject>Focus</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'heure ou ces lignes sont &#233;crites, le gouvernement de l'Union indienne a impos&#233; le confinement de 1,3 milliard de personnes, pand&#233;mie du Covid-19 oblige. T&#226;che impossible, dans ce pays immense et o&#249;, malgr&#233; de grands progr&#232;s dans les 30 derni&#232;res ann&#233;es, la pauvret&#233; reste end&#233;mique. Mesure impos&#233;e au niveau de la f&#233;d&#233;ration indienne dans son enti&#232;ret&#233;, mais celle-ci inspire-t-elle encore confiance &#224; l'ensemble des indiens, alors que les minorit&#233;s, surtout musulmanes, sont de plus en plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L113xH150/arton699-62ebc.jpg?1731959457' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'heure ou ces lignes sont &#233;crites, le gouvernement de l'Union indienne a impos&#233; le confinement de 1,3 milliard de personnes, pand&#233;mie du Covid-19 oblige. T&#226;che impossible, dans ce pays immense et o&#249;, malgr&#233; de grands progr&#232;s dans les 30 derni&#232;res ann&#233;es, la pauvret&#233; reste end&#233;mique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure impos&#233;e au niveau de la f&#233;d&#233;ration indienne dans son enti&#232;ret&#233;, mais celle-ci inspire-t-elle encore confiance &#224; l'ensemble des indiens, alors que les minorit&#233;s, surtout musulmanes, sont de plus en plus consid&#233;r&#233;es comme de &#171; seconde zone &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution indienne, qui a permis la formation de ce qui reste encore la plus grande f&#233;d&#233;ration au monde, a f&#234;t&#233; ses 70 ans le 20 janvier dernier, est la plus longue de toutes les constitutions &#233;crites (395 articles), elle s'inspire largement du &#171; Government of India Act &#187; vot&#233; par le Parlement britannique en 1935. On ignore si les f&#233;d&#233;ralistes britanniques de l'&#233;poque (Lord Lothian), tr&#232;s actifs, ont eu une influence sur ce texte, mais il s'agit d'un texte bien structur&#233;, o&#249; les pouvoirs centraux (d&#233;fense, relations ext&#233;rieures&#8230;) sont convenablement d&#233;finis, et qui laissent l'espace n&#233;cessaire pour l'&#233;panouissement des pouvoirs des 29 &#201;tats indiens qui composent la f&#233;d&#233;ration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette constitution, un article est important, l'article 15 qui interdit toute discrimination concernant la religion, la race, la caste, le sexe ou le lieu de naissance. Cet article est le terreau &#224; partir duquel les valeurs de d&#233;mocratie se sont forg&#233;es, notamment la notion de &#171; s&#233;cularisme &#187; (en fait introduite tardivement dans la constitution, en 1976), que l'on rapproche de notre la&#239;cit&#233;. Dans le s&#233;cularisme indien, toutes les religions y ont leur place, toutes doivent &#234;tre respect&#233;es et d&#233;fendues, sans s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat, comme en France. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la Constitution, une place importante revient &#224; un organisme ind&#233;pendant, la Cour supr&#234;me. Celle-ci dispose du pouvoir d'invalider les lois qui seraient contraires aux dispositions constitutionnelles, notamment celles sur les droits fondamentaux (article 15 en particulier). Face &#224; l'histoire souvent agit&#233;e de l'Inde dans les 70 derni&#232;res ann&#233;es, et les nombreuses mesures d'urgence prises, la Cour a &#233;t&#233; souvent sollicit&#233;e et avait permis, jusqu'&#224; pr&#233;sent, de pr&#233;server le fonctionnement normal de la constitution, tourn&#233;e vers la protection des droits humains.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est que l'Inde a toujours &#233;t&#233;, et est de plus en plus, soumise aux affres de la mont&#233;e en puissance du nationalisme hindou, avec l'arriv&#233;e au pouvoir, au niveau f&#233;d&#233;ral et dans de nombreux &#201;tats, du BJP (Bharatiya Janata Party, ou Parti Indien du Peuple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le BJP en tant que parti politique a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1980. Mais ses racines id&#233;ologiques, l'hindutva, la primaut&#233; &#224; la culture et civilisation hindouiste, sont beaucoup plus anciennes. Ce sont celles du RSS (Rashtriya Swayamsevack Sangh), officiellement groupe d'&#233;ducation destin&#233; &#224; forger l'unit&#233; de la communaut&#233; hindoue, fond&#233; en 1925 par un m&#233;decin, Keslav Baliram Hedgewar. Le RSS pr&#244;ne en fait une id&#233;ologie aryenne, anti-musulmane (les musulmans sont des envahisseurs, les non hindous ne peuvent &#234;tre des citoyens indiens&#8230;) et avec des id&#233;es tr&#232;s proches de l'extr&#234;me droite europ&#233;enne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le BJP, aliment&#233; par l'id&#233;ologie du RSS, compte maintenant 110 millions d'adh&#233;rents, c'est le parti politique le plus important du Monde (devant le parti communiste chinois). Il a obtenu le pouvoir au niveau f&#233;d&#233;ral en 1996, avec un gouvernement de coalition, conduit par Atal Bihari Vaspayee, qui a conduit une politique relativement mod&#233;r&#233;e. &#192; la surprise g&#233;n&#233;rale, le parti du Congr&#232;s a repris le pouvoir en 2003, mais lors des &#233;lections g&#233;n&#233;rales de 2014, le BJP a obtenu cette fois la majorit&#233; quasi absolue, sous le leadership de celui qui &#233;tait Chief Minister du Gujarat, Narendra Modi, qui a fait ses classes au sein du RSS.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;lections en Inde r&#233;unissent 900 millions d'&#233;lecteurs, vu la dimension du pays et la complexit&#233; de l'organisation, elle ne se font pas sur un seul jour, mais sur 40&#8230; Elles sont suivies par une Commission &#233;lectorale puissante et comp&#233;tente, et malgr&#233; un climat de violence possible, leur validit&#233; a toujours &#233;t&#233; reconnue.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le miracle indien qui perdure depuis l'instauration de la f&#233;d&#233;ration, un pays &#171; d&#233;mocratique &#187;. Miracle en 1950 alors que l'Inde &#233;tait tr&#232;s largement non alphab&#233;tis&#233;e (on compte&lt;br class='autobr' /&gt;
encore aujourd'hui un tiers d'analphab&#232;tes, raison pour laquelle le bulletin de vote reprend des symboles, celui du BJP &#233;tant une fleur de lotus).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce miracle de 1950 n'est-t-il pas en train de se transformer en mirage ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Inde devient sans doute l'un des leaders des &#171; d&#233;mocraties illib&#233;rales &#187;, qui fleurissent dans le monde et pire peut &#234;tre, tout en restant une f&#233;d&#233;ration, est-elle en train de bafouer progressivement les valeurs d&#233;mocratiques et de droits humains, qui &#233;taient celles du texte constitutionnel fondateur de 1950 ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Najendra Modi a &#233;t&#233; &#233;lu une premi&#232;re fois en 2014 aussi sur ses promesses &#233;conomiques. Fort de ses succ&#232;s lorsqu'il &#233;tait &#171; Chief Minister &#187; du Gujarat, il a &#233;t&#233; &#233;lu sur base de perspectives de croissance accrue pour l'ensemble de la f&#233;d&#233;ration, effectivement acquises pendant quelques ann&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais les sujets soci&#233;taux, et la mise en place de l'hindutva, ont progressivement pris le dessus, et ce sont ces th&#232;mes qui ont domin&#233; lors de sa r&#233;&#233;lection en 2019 et qui fixent l'agenda politique de l'Inde de 2020.&lt;br class='autobr' /&gt;
La libert&#233; de la presse (l'Inde regroupe 82 000 journaux, 130 millions de lecteurs journaliers&#8230;) a &#233;t&#233; mise &#224; mal, et l'Inde, pourtant pays &#224; la parole tr&#232;s libre, n'est plus que 140&#232;me au niveau mondial pour la libert&#233; de la presse (sur 180 pays class&#233;s) ; les r&#233;seaux sociaux sont habilement manipul&#233;s &#224; la gloire de Narendra Modi, traduisant une tendance vers une personnalisation importante du pouvoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le second mandat du gouvernement Modi voit un harc&#232;lement grandissant vis &#224; vis des intellectuels, enseignement et universit&#233;s (cf. l'article du Monde du 23 mars 2020 : &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/international/article/2020/03/20/inde-les-intellectuels-museles-par-les-nationalistes-hindous_6033823_3210.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/international/article/2020/03/20/inde-les-intellectuels-museles-par-les-nationalistes-hindous_6033823_3210.html&lt;/a&gt;), ceci correspond aux tendance lourdes du pouvoir en place &#171; le RSS consid&#232;re que l'histoire enseign&#233;e dans le syst&#232;me &#233;ducatif indien a &#233;t&#233; &#233;crite par des universitaires marxistes occidentaux qui ont n&#233;glig&#233; la grandeur de l'Inde ancienne, sous-&#233;valu&#233; les dommages dus aux invasions musulmanes et valoris&#233; des h&#233;ros du mouvement pour l'ind&#233;pendance conduit par le parti du Congr&#232;s aux d&#233;pens des nationalistes hindous, leurs contemporains &#187; .&lt;br class='autobr' /&gt;
La violence vis &#224; vis des minorit&#233;s (en infraction avec l'article 15 de la Constitution) n'est pas nouvelle. En 2002, et alors que Najendra Modi &#233;tait aux commandes de l'&#201;tat du Gujarat, un pogrom, commandit&#233; en fait par les Autorit&#233;s locales, avait fait 2 000 victimes, brul&#233;es vives dans leurs maisons. Des enqu&#234;tes avaient alors &#233;t&#233; men&#233;es par l'ensemble des Ambassades de l'UE &#224; New Delhi (le soussign&#233;, en poste alors dans cette capitale, les avait coordonn&#233;es) : les conclusions &#233;taient sans appel et les responsabilit&#233;s claires, l'id&#233;ologie froide de l'hindutva, avait frapp&#233;. Encore aujourd'hui, alors qu'un journaliste a mis en cause le ministre de l'int&#233;rieur Amit Shah, pour son r&#244;le dans les &#233;meutes antimusulmanes de 2002, des techniques d'humiliation extr&#234;mes ont &#233;t&#233; utilis&#233;es pour le faire taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le BJP et le RSS sont maintenant pr&#233;sents et actifs non seulement au niveau f&#233;d&#233;ral, mais aussi dans de nombreux &#201;tats. C'est le cas d'un des plus grands &#201;tats indiens, l'Uttar Prasdesh (200 millions d'habitants). Le Chief Minister, Yogi Adityanah est un ardent militant RSS, condamn&#233; pour tentative de meurtre, incitation &#224; la haine religieuse, &#233;meutes&#8230; C'est lui qui, en 2017, a fait retirer le Taj Mahal des guides officiels indiens : ce monument, class&#233; par l'Unesco, ne refl&#232;terait pas la culture indienne, il est l'&#339;uvre des Moghols, accus&#233;s d'avoir commis un &#171; holocauste &#187; &#8230; Relecture de l'histoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, la r&#233;&#233;criture des programmes scolaires, la promotion du yoga comme symbole de la culture hindouiste &#233;ternelle (il y a maintenant un Ministre du yoga dans le gouvernement f&#233;d&#233;ral indien), la mise en valeur des temples hindous comme &#233;l&#233;ment fondamental (leur libre acc&#232;s est d'ailleurs de plus en plus limit&#233;), la pression syst&#233;matique sur les minorit&#233;s religieuses pour les inf&#233;rioriser, sont maintenant la r&#232;gle dans toute l'Inde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme le dit le Professeur Gurhagal Singh, il ne s'agit pas seulement d'un retour du religieux dans la vie publique mais d' &#171; un projet ethno-nationaliste soutenant la cr&#233;ation d'une nouvelle r&#233;publique indienne &#187;, profond&#233;ment ax&#233; sur l'identit&#233; et les valeurs traditionnelles de l'indouisme et le rejet des autres cultures, et non pas sur une orientation moderne et la&#239;que telle qu'elle a pu &#234;tre promue par le parti du Congr&#232;s dans les d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes, en application de la constitution f&#233;d&#233;rale de 1950.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces mouvements ont pris une nouvelle tournure r&#233;cemment avec la promulgation de la nouvelle loi sur la citoyennet&#233;, le 11 d&#233;cembre dernier. Celle-ci applique la discrimination syst&#233;matique, et la naturalisation automatique d'immigr&#233;s ill&#233;gaux venus des pays voisins, &#224; condition que ceux-ci ne soient pas musulmans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme le dit Ingrid Thermath, journaliste et docteure en sciences politiques, sp&#233;cialiste de l'Inde : &#171; au fond, l'objectif de cette loi n'est pas d'accueillir davantage de r&#233;fugi&#233;s, mais de faire comprendre aux musulmans indiens qu'ils sont des citoyens de second rang &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette nouvelle loi a g&#233;n&#233;r&#233; de graves manifestations &#224; Delhi, durement r&#233;prim&#233;es aussi par des membres du RSS. La grande majorit&#233; des manifestants, dont des femmes, arboraient la Constitution indienne &#224; la main (et non le Coran), pour rappeler les principes de la&#239;cit&#233; et d'&#233;galit&#233; de la Constitution f&#233;d&#233;rale indienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est que, malgr&#233; ces mouvements profonds de mont&#233;e de l'hindutva, la Constitution f&#233;d&#233;rale de 1950 est toujours en application, normalement surveill&#233;e par la Cour supr&#234;me. Mais celle-ci vacille aussi : elle a ainsi donn&#233; r&#233;cemment raison aux int&#233;gristes hindouistes, en consid&#233;rant caduc un contentieux vieux de pr&#232;s de 200 ans, et permettant la construction d'un temple hindou sur un lieu historique musulman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution de l'Inde montre que l'on peut rester une f&#233;d&#233;ration, mais faire fi des valeurs humanistes et des droits de l'homme qui ont permis sa cr&#233;ation et &#233;volution.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'article 5 de la constitution indienne peut toujours faire partie des textes fondamentaux, mais peut &#234;tre vid&#233; de tout sens. La d&#233;mocratie maintenant illib&#233;rale indienne n'est pas la seule dans le monde &#224; choisir cette direction, la f&#233;d&#233;ration br&#233;silienne, sans doute d'autres, suivent ou vont suivre&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Doit-on se satisfaire de f&#233;d&#233;rations sans respect des valeurs ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Quels rem&#232;des &#224; &#171; l'automne d&#233;mocratique &#187; en Europe centrale et orientale ?</title>
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		<dc:date>2020-05-04T19:54:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Th&#233;o Boucart</dc:creator>


		<dc:subject>Focus</dc:subject>

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&lt;p&gt;Il y a trois ans, la r&#233;daction du Taurillon publiait un article sur &#171; l'automne d&#233;mocratique &#187; de l'Europe centrale et orientale (l'expression est &#224; opposer aux &#171; printemps d&#233;mocratiques &#187;, notamment arabes). Ce papier tentait d'&#233;laborer des pistes de r&#233;flexion, surtout historiques, pour comprendre le glissement de ces jeunes d&#233;mocraties lib&#233;rales, membres de l'Union europ&#233;enne depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000, vers une remise en cause des principes d&#233;mocratiques fondamentaux, comme la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-184-Mars-2020-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 184 - Mars 2020&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Focus-+" rel="tag"&gt;Focus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L150xH85/arton698-49b7b.jpg?1730090071' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a trois ans, la r&#233;daction du Taurillon publiait un article sur &#171; l'automne d&#233;mocratique &#187; de l'Europe centrale et orientale (l'expression est &#224; opposer aux &#171; printemps d&#233;mocratiques &#187;, notamment arabes). Ce papier tentait d'&#233;laborer des pistes de r&#233;flexion, surtout historiques, pour comprendre le glissement de ces jeunes d&#233;mocraties lib&#233;rales, membres de l'Union europ&#233;enne depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000, vers une remise en cause des principes d&#233;mocratiques fondamentaux, comme la s&#233;paration des pouvoirs ou la libert&#233; de la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es apr&#232;s cette publication, et tandis que le &#171; mal d&#233;mocratique &#187; s'approfondit en Hongrie et en Pologne et s'&#233;tend &#224; la Slovaquie, la R&#233;publique tch&#232;que ou encore la Roumanie, il me semble n&#233;cessaire d'aller plus loin dans l'analyse et de porter l'&#233;tude sur la p&#233;riode post-1989. Les ann&#233;es 1990 furent en effet particuli&#232;rement importantes dans la formation des structures &#233;tatiques et des soci&#233;t&#233;s civiles actuelles. L'influence des institutions europ&#233;ennes dans la transformation &#233;conomique et politique des anciennes d&#233;mocraties populaires n'est pas &#224; n&#233;gliger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les termes du d&#233;bat doivent &#234;tre sensiblement nuanc&#233;s. Les analyses diverses parlent volontiers d'une fracture de plus en plus importante entre l'Ouest et l'Est de l'Union europ&#233;enne en ce qui concerne l'&#233;tat de droit et le dynamisme des soci&#233;t&#233;s civiles. Seulement voil&#224; : ce mouvement concerne &#233;galement l'Italie, avec l'&#233;ph&#233;m&#232;re coalition gouvernementale entre les populistes du Movimento Cinque Stelle et l'extr&#234;me-droite de la Lega Norte. En Allemagne, un pays connu pour la stabilit&#233; de ses institutions et son mod&#232;le de d&#233;mocratie indirecte et f&#233;d&#233;rale, la recrudescence des mouvements d'extr&#234;me-droite, particuli&#232;rement perceptibles dans les L&#228;nder orientaux comme la Saxe et la Thuringe, est inqui&#233;tante. Enfin, que dire de l'influence grandissante des id&#233;es de la droite radicale dans le d&#233;bat d'id&#233;es en France et en Grande-Bretagne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, les &#233;volutions actuelles montrent que c'est en Europe centrale et orientale que les racines des tendances anti-d&#233;mocratiques sont les plus profondes. Comment l'expliquer, au-del&#224; des clich&#233;s selon lesquels ces pays seraient bien ingrats de se d&#233;tourner des valeurs d&#233;mocratiques cardinales pour l'Europe, tout en acceptant tr&#232;s volontiers les milliards d'euros des fonds r&#233;gionaux ou de coh&#233;sion ? Cet article tentera, de mani&#232;re fort modeste, d'apporter une contribution &#224; la r&#233;flexion, &#224; l'heure o&#249; il est plus que n&#233;cessaire de tordre le cou aux clich&#233;s sur ses partenaires europ&#233;ens pour ainsi construire une sph&#232;re publique transnationale, pr&#233;requis indispensable &#224; l'&#233;tablissement d'une d&#233;mocratie europ&#233;enne digne de ce nom et &#224; terme d'une Europe f&#233;d&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; quel point &#171; l'automne d&#233;mocratique &#187; est-il s&#233;rieux ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour tenter de r&#233;pondre &#224; cette question extr&#234;mement complexe, il est n&#233;cessaire d'&#233;largir notre horizon et de faire une comparaison de l'&#233;tat de la d&#233;mocratie aux niveaux europ&#233;en et mondial. L'indice de d&#233;mocratie du groupe de presse britannique The Economist Group sert souvent de r&#233;f&#233;rence en la mati&#232;re. Cet instrument utilise pr&#232;s de 60 crit&#232;res pour mesurer le pluralisme politique, le fonctionnement du gouvernement, la participation politique, le respect des libert&#233;s civiles et la culture politique des 167 pays inclus dans le classement. Le syst&#232;me de notation va de 0 dans une situation d'absence totale de d&#233;mocratie &#224; 10 pour une d&#233;mocratie parfaite. Les pays sont ainsi divis&#233;s en quatre cat&#233;gories : les d&#233;mocraties &#171; pleines &#187; (full democracies), not&#233;es de 8,01 &#224; 10, les d&#233;mocraties &#171; imparfaites &#187; (flawed democracies) de 6,01 &#224; 8, les r&#233;gimes &#171; hybrides &#187; de 4,01 &#224; 6 et les r&#233;gimes autoritaires de 0 &#224; 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2019, le pays consid&#233;r&#233; comme le plus d&#233;mocratique &#233;tait la Norv&#232;ge, avec un score de 9,87 sur 10. A l'oppos&#233;, la Cor&#233;e du Nord re&#231;oit la &#171; palme &#187; de l'&#201;tat le moins d&#233;mocratique, avec 1,08. Concernant maintenant l'Union europ&#233;enne, la Su&#232;de s'assure la premi&#232;re place avec 9,39. La Roumanie ferme la marche avec une note de 6,49. Cela signifie que l'UE est comparativement un territoire assez d&#233;mocratique par rapport au reste du monde. Les 27 pays sont des d&#233;mocraties &#171; pleines &#187; ou &#171; imparfaites &#187;, et aucun r&#233;gime hybride ou autoritaire ne prosp&#232;re &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res de l'Union. C'est un premier fait &#224; souligner avant de poursuivre l'analyse &#224; l'Europe centrale et orientale : pour le moment, la d&#233;mocratie n'est pas remise en cause fondamentalement dans l'Union europ&#233;enne, les citoyens de l'ensemble des pays participent librement aux scrutins locaux, ainsi qu'aux &#233;lections europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gion qui nous int&#233;resse est parfois appel&#233;e &#171; Europe de l'Est &#187;. Cette d&#233;nomination, impr&#233;cise et d&#233;su&#232;te de surcro&#238;t, est une injustice &#224; double titre : elle rappelle la p&#233;riode de l'autoritarisme sovi&#233;tique et sous-entend que cette vaste r&#233;gion est uniforme. C'est faux, et l'analyse de la d&#233;mocratie sur ces territoires le montre. En reprenant l'indice de 2019, l'on s'aper&#231;oit que la situation des onze anciens pays communistes est tr&#232;s diverse : les pays baltes, la R&#233;publique tch&#232;que, la Slovaquie, la Slov&#233;nie et la Bulgarie sont assez bien class&#233;s (entre 7,9 et 7,03). Suivent ensuite un groupe de pays dont l'indice est situ&#233; amplement en-dessous de 7 (entre 6,63 et 6,49) : la Hongrie, la Pologne, la Croatie et la Roumanie. L&#224; encore, il n'est pas question de parler de r&#233;gime non-d&#233;mocratique (la Mac&#233;doine du Nord, &#224; titre d'exemple, est le premier r&#233;gime hydride du classement, avec une note de 5,97 ; suivie de pr&#232;s par l'Ukraine et l'Albanie), n&#233;anmoins, contrairement &#224; la partie occidentale de l'Union, la &#171; nouvelle Europe &#187; ne compte en 2019 aucune d&#233;mocratie dite &#171; pleine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce crit&#232;re quelque peu subjectif (les indices de d&#233;mocratie et les cat&#233;gories sont assez mouvantes d'une ann&#233;e sur l'autre), s'ajoute un deuxi&#232;me constat, &#233;tayant l&#224; notre r&#233;flexion : la situation s'est globalement d&#233;grad&#233;e durant la derni&#232;re d&#233;cennie. En comparant les r&#233;sultats d&#233;crits plus haut avec l'indice de d&#233;mocratie &#233;tabli en 2010, seuls quatre pays ont vu leur note progresser : les trois &#201;tats baltes et la Bulgarie. Tous les autres pays ont vu leur situation d&#233;mocratique se d&#233;grader, en particulier la Hongrie, la R&#233;publique tch&#232;que et la Pologne qui se sont effondr&#233;es en perdant environ 0,5 point &#224; chaque fois. La chute fut moins rude dans les autres cas, mais elle est ind&#233;niable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment des pays qui r&#233;form&#232;rent tant pour am&#233;liorer leurs syst&#232;mes &#233;conomique et politique, afin de rejoindre l'Union europ&#233;enne, purent-ils &#224; ce point rel&#226;cher leurs efforts ? Certes, d'autres &#201;tats virent leur indice d&#233;mocratique sensiblement baisser durant cette d&#233;cennie, comme l'Italie, la Belgique ou la Gr&#232;ce. N&#233;anmoins, le mal semble bien plus profond en Europe centrale, o&#249; des gouvernements ultraconservateurs (dirig&#233;s par le Fidesz en Hongrie ou le PiS en Pologne) prirent non seulement le pouvoir ces derni&#232;res ann&#233;es, mais le conservent, gagnant &#233;lection sur &#233;lection. Les cons&#233;quences de leurs politiques seront durables, &#224; mesure que la libert&#233; de la presse est bafou&#233;e (tout le monde se souvient de la suspension brutale du N&#233;pszabads&#225;g, principal quotidien hongrois, en octobre 2016), que la s&#233;paration des pouvoirs est remise en cause (l'ind&#233;pendance de la justice est menac&#233;e en Hongrie, en Pologne et en Roumanie) et que la corruption gangr&#232;ne la vie politique (le meurtre en f&#233;vrier 2018 du jeune journaliste J&#225;n Kuciak et l'enqu&#234;te qui suivit montra l'influence de r&#233;seaux mafieux en Slovaquie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont donc surtout la Hongrie, la Pologne, la R&#233;publique tch&#232;que, la Slovaquie et la Roumanie qui pr&#233;sentent des sympt&#244;mes &#171; d'illib&#233;ralisme &#187; (pour reprendre la formule du premier ministre hongrois Viktor Orb&#225;n). Aussi notre &#233;tude se portera-t-elle majoritairement sur ces pays, m&#234;me si des signes inqui&#233;tants sont &#233;galement visibles en Croatie, en Bulgarie et dans une moindre mesure en Slov&#233;nie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la transition chaotique &#224; l'adh&#233;sion de ces pays &#224; l'Union europ&#233;enne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Union europ&#233;enne telle que nous la connaissons aujourd'hui n'existerait pas sans la chute du bloc communiste entre 1989 et 1992. Sans revenir sur l'ensemble des d&#233;tails de cette p&#233;riode complexe, on peut dire sans h&#233;sitation que la transition d'un r&#233;gime communiste et totalitaire vers un syst&#232;me d&#233;mocratique et lib&#233;ral fut tr&#232;s brutale, chaotique, et eut des cons&#233;quences consid&#233;rables pendant plusieurs ann&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces bouleversements concern&#232;rent l'ensemble des anciens pays du bloc communiste, pas uniquement les pays centre-europ&#233;ens. Dans cette r&#233;gion n&#233;anmoins, la transition se construisit principalement autour de la r&#233;forme de trois domaines essentiels (Fran&#231;ois Bafoil) : la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, l'administration publique et territoriale et l'&#201;tat social. Ces r&#233;formes furent jug&#233;es n&#233;cessaires pour stabiliser les pays et les ins&#233;rer dans l'&#233;conomie europ&#233;enne et mondiale, mais cr&#233;&#232;rent des in&#233;galit&#233;s aigu&#235;s et encore perceptibles aujourd'hui entre les territoires et les classes sociales, jouant ainsi un r&#244;le dans le succ&#232;s des partis ultraconservateurs actuels. Les &#233;lecteurs des campagnes, laiss&#233;s pour compte de la transition et de l'int&#233;gration europ&#233;enne, semblent prendre leur revanche sur les &#233;lecteurs privil&#233;gi&#233;s des centres urbains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le recul de plusieurs d&#233;cennies, de nombreux observateurs s'accordent &#224; dire que la transition ne fut pas correctement men&#233;e. Les citoyens des pays concern&#233;s consentirent &#224; des efforts consid&#233;rables au cours de la d&#233;cennie suivant la chute du bloc totalitaire communiste. Pourtant, une telle transition &#233;tait n&#233;cessaire, &#233;tant donn&#233; l'absurdit&#233; et les contradictions du communisme &#171; r&#233;el &#187;. Apr&#232;s des d&#233;cennies de dictature sovi&#233;tique, pr&#233;c&#233;d&#233;es parfois d'une sanglante domination nazie, les populations &#233;taient fortement &#233;prouv&#233;es. Aujourd'hui, le r&#244;le des soci&#233;t&#233;s civiles dans la remise en cause des d&#233;rives autoritaires observ&#233;es est assez divers. Alors que la Roumanie, la Pologne, la Slovaquie et la R&#233;publique tch&#232;que virent r&#233;cemment de grandes protestations dans les rues, la soci&#233;t&#233; civile hongroise semble bien plus timor&#233;e. Andr&#225;s D&#233;si, ancien r&#233;dacteur-en-chef du N&#233;pszabads&#225;g, explique cela par le fait son pays n'eut pas &#224; lutter pour obtenir la chute du r&#233;gime communiste, tandis que dans d'autres, comme en Tch&#233;coslovaquie et surtout en Roumanie, des mouvements populaires puissants eurent finalement raison des gouvernements pro-sovi&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel fut le r&#244;le de l'Union europ&#233;enne dans cette transformation radicale ? Un des meilleurs sp&#233;cialistes du sujet, Luk&#225;&#353; Macek (directeur de l'institut d'&#233;tudes politiques de Dijon), estime que l'UE fut &#171; absolument incontournable et redoutablement efficace dans la phase de pr&#233;adh&#233;sion [&#8230;] la perspective europ&#233;enne a incit&#233; les &#233;lites politiques &#224; adopter un discours rassurant et mobilisant &#187;. Les crit&#232;res de Copenhague formul&#233;s en 1993 et qui exigeaient des pays candidats des institutions stables, une &#233;conomie de march&#233; fonctionnelle et la capacit&#233; de souscrire aux objectifs de l'UE, jou&#232;rent un r&#244;le non n&#233;gligeable dans la consolidation d&#233;mocratique, surtout si l'on regarde le marasme &#233;conomique et politique des anciennes r&#233;publiques sovi&#233;tiques (hormis bien s&#251;r les pays baltes). Toutefois, toujours selon Macek, l'Union put instaurer une relation hi&#233;rarchique, comme &#171; un &#233;l&#232;ve face &#224; un ma&#238;tre, avec un contrecoup au niveau de la fiert&#233; nationale &#187;. Un p&#233;ch&#233; originel qui a nourri un ressentiment au sein d'une partie des citoyens d'Europe centrale et orientale ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sans cadre d&#233;mocratique transnational, les institutions politiques nationales s'affaiblissent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pass&#233; &#171; l'euro-optimisme &#187;, f&#251;t-il mod&#233;r&#233;, au cours des ann&#233;es 2000, une &#171; am&#232;re d&#233;sillusion &#187; (J&#243;zsef P&#233;ter Martin) s'ancra &#224; l'Est de l'Union europ&#233;enne. Cette d&#233;ception ne s'exprima pas de la m&#234;me mani&#232;re n&#233;anmoins. Selon un sondage Eurobarom&#232;tre de 2008, la perception positive de l'Union europ&#233;enne bondit en Pologne (passant de 50% en 2004 &#224; 65% quatre ans plus tard) mais s'effondra en Hongrie (de 49% &#224; 31%). Le cas hongrois est &#224; ce titre instructif : les performances macro-&#233;conomiques du pays furent d&#233;cevantes tout au long des ann&#233;es 2000 et cela se ressentit dans la perception par les Hongrois de l'Union europ&#233;enne. Les d&#233;rives autoritaires des ann&#233;es 2010 dans le pays, mais &#233;galement dans la plupart des autres pays de la r&#233;gion depuis lors, n'est qu'un contre-coup des bouleversements consid&#233;rables subis par la r&#233;gion &#224; la fin du si&#232;cle dernier, ainsi que de la d&#233;mocratisation encore r&#233;cente. Le groupe de Visegr&#225;d, form&#233; en 1991 par la Pologne, la Hongrie et la Tch&#233;coslovaquie, agit d&#233;sormais comme le porte-voix d'un &#171; contre-projet &#187; europ&#233;en, m&#234;me si son unit&#233; est &#224; nuancer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union europ&#233;enne, sous sa forme actuelle, n'est absolument pas arm&#233;e pour faire face &#224; la remise en cause de ses valeurs fondatrices. L'arsenal juridique, s'il n'est pas inexistant, est inop&#233;rant. L'article 7 du Trait&#233; sur l'Union europ&#233;enne (TUE) stipule que sur &#171; proposition d'un tiers des &#201;tats membres, du Parlement ou de la Commission, le Conseil statuant &#224; la majorit&#233; des quatre cinqui&#232;mes de ses membres apr&#232;s approbation du Parlement europ&#233;en, peut constater qu'il existe un risque clair de violation grave par un &#201;tat membre des valeurs vis&#233;es &#224; l'article 2 [l'article pr&#233;sentant les valeurs de l'Union]. Le Conseil europ&#233;en, statuant &#224; l'unanimit&#233; [moins l'&#201;tat membre concern&#233; par la proc&#233;dure] sur proposition d'un tiers des &#201;tats membres ou de la Commission et apr&#232;s approbation du Parlement europ&#233;en, peut constater l'existence d'une violation grave et persistante par un &#201;tat membre des valeurs vis&#233;es &#224; l'article 2 &#187;. Les sanctions encourues peuvent aller jusqu'&#224; la suspension du droit de vote au Conseil. Une proc&#233;dure a &#233;t&#233; enclench&#233;e contre la Pologne et la Hongrie (respectivement en d&#233;cembre 2017 et septembre 2018) et la Commission a menac&#233; en 2019 de faire de m&#234;me contre la Roumanie. N&#233;anmoins, elles n'ont aucune chance d'aboutir &#224; cause de la m&#233;thode de vote &#224; l'unanimit&#233;. D'une part, les &#201;tats membres ne voudront pas faire de d&#233;lation &#224; l'encontre de l'un de leurs partenaires (ce qui est compr&#233;hensible), et d'autre part, les &#201;tats directement concern&#233;s peuvent mettre en place un syst&#232;me de &#171; veto de solidarit&#233; &#187; (Panayotis Soldatos).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces carences r&#233;v&#232;lent en r&#233;alit&#233; un mal bien plus profond : : l'absence de d&#233;mocratie transnationale a des cons&#233;quences de plus en plus n&#233;fastes sur les institutions d&#233;mocratiques nationales. Depuis l'origine, l'int&#233;gration europ&#233;enne a favoris&#233; le versant &#233;conomique, via la constitution progressive d'un march&#233; commun, au d&#233;triment d'une union politique, indispensable au vu de l'interp&#233;n&#233;tration progressive des &#233;conomies europ&#233;ennes et de l'affaiblissement des structures &#233;tatiques nationales dans la mondialisation. Ce dernier point est tr&#232;s sensible dans les nouveaux pays membres, soucieux de pr&#233;server leur ind&#233;pendance et leur identit&#233; culturelle. Une d&#233;mocratie europ&#233;enne digne de ce nom, avec un parlement bicam&#233;ral repr&#233;sentant aussi bien les citoyens que les entit&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;es, et la constitution d'un espace public, doit permettre de compenser la perte d'influence du politique face &#224; l'&#233;conomique et de relancer le projet europ&#233;en, essouffl&#233; par un statu quo mortif&#232;re. Ici, il n'est pas question d'abolir les souverainet&#233;s nationales, mais plut&#244;t de les ins&#233;rer dans une souverainet&#233; &#224; plusieurs niveaux, en suivant une application raisonn&#233;e du principe de subsidiarit&#233; : ce que le niveau national ne peut plus faire efficacement doit &#234;tre transf&#233;r&#233; au niveau europ&#233;en et la gouvernance locale doit &#234;tre fortement encourag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le citoyen doit &#234;tre au c&#339;ur de cette recomposition politique et on le per&#231;oit clairement en Europe centrale et orientale. Les manifestations montrent une certaine vitalit&#233; des organisations de la soci&#233;t&#233; civile. &#171; L'alliance des villes libres &#187; contre le populisme, conclue en d&#233;cembre dernier par les maires de Prague, Varsovie, Budapest et Bratislava, est un contre-pouvoir exerc&#233; par certains territoires attach&#233;s &#224; la d&#233;mocratie lib&#233;rale et fermement pro-europ&#233;ens face aux gouvernements nationaux plus conservateurs. Cette r&#233;sistance commence m&#234;me &#224; porter ses fruits dans les urnes : en Hongrie, les derni&#232;res &#233;lections municipales d'octobre 2019 constitu&#232;rent un petit revers pour le Fidesz, perdant de nombreuses villes importantes comme Budapest, Erd, P&#233;cs, Tatabanya ou encore Miskolc. Les &#233;lections parlementaires organis&#233;es en Pologne le mois suivant virent le PiS perdre le contr&#244;le du S&#233;nat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, il faut arriver &#224; distinguer les tendances autoritaires des gouvernements nationaux en Europe centrale et orientale et la r&#233;alit&#233; de la soci&#233;t&#233; civile dans ces pays. Les citoyens sont un contre-pouvoir qui peut &#234;tre tr&#232;s efficace en cas de d&#233;rive plus grave. Ces m&#234;mes citoyens doivent maintenant exiger de l'Union europ&#233;enne une v&#233;ritable d&#233;mocratie transnationale pour contrer efficacement &#171; l'automne d&#233;mocratique &#187; dans les anciennes d&#233;mocraties populaires, ainsi que dans les &#171; vieilles d&#233;mocraties &#187; d'Europe occidentale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le f&#233;d&#233;ralisme &#233;tasunien est-il apte &#224; contenir le pouvoir pr&#233;sidentiel ?</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Le-federalisme-etasunien-est-il-apte-a-contenir-le-pouvoir-presidentiel</link>
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		<dc:date>2020-04-29T07:07:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucas Tereygeol</dc:creator>


		<dc:subject>Focus</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans son fameux ouvrage intitul&#233; De la d&#233;mocratie en Am&#233;rique, Alexis de Tocqueville d&#233;signait l'organisation politique des &#201;tats-Unis comme &#171; la plus parfaite de toutes les constitutions f&#233;d&#233;rales. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
La v&#233;racit&#233; de cette affirmation est aujourd'hui plus importante que jamais &#224; l'aune de l'arriv&#233;e au pouvoir de Donald Trump, dont le programme menace le progr&#232;s d&#233;mocratique, social et &#233;cologique, bien au-del&#224; des fronti&#232;res de son propre pays. &lt;br class='autobr' /&gt;
En France, la polarisation du pouvoir autour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-184-Mars-2020-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 184 - Mars 2020&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Focus-+" rel="tag"&gt;Focus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Etats-Unis-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L150xH84/arton697-e2343.jpg?1729834818' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans son fameux ouvrage intitul&#233; De la d&#233;mocratie en Am&#233;rique, Alexis de Tocqueville d&#233;signait l'organisation politique des &#201;tats-Unis comme &#171; la plus parfaite de toutes les constitutions f&#233;d&#233;rales. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;racit&#233; de cette affirmation est aujourd'hui plus importante que jamais &#224; l'aune de l'arriv&#233;e au pouvoir de Donald Trump, dont le programme menace le progr&#232;s d&#233;mocratique, social et &#233;cologique, bien au-del&#224; des fronti&#232;res de son propre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, la polarisation du pouvoir autour de l'Ex&#233;cutif, telle qu'elle r&#233;duit le Parlement &#224; la fonction de chambre d'enregistrement des lois, est r&#233;guli&#232;rement d&#233;nonc&#233;e. &#192; l'heure o&#249; une r&#233;forme profonde de la Constitution fran&#231;aise est de plus en plus r&#233;clam&#233;e, la forme f&#233;d&#233;rale du gouvernement &#233;tasunien est-elle une source d'inspiration pour une d&#233;mocratie cherchant &#224; limiter la toute-puissance de son chef d'&#201;tat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En principe, le syst&#232;me f&#233;d&#233;ral &#233;tasunien repose sur la doctrine des checks and balances qui a trait &#224; une s&#233;paration des pouvoirs &#233;quilibr&#233;e. Le L&#233;gislatif, l'Ex&#233;cutif et le Judiciaire se contrebalancent les uns les autres et doivent respecter leurs sph&#232;res d'action respectives. Par ailleurs, les entit&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;es disposent de la comp&#233;tence de droit commun, tandis que l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral b&#233;n&#233;ficie d'une comp&#233;tence r&#233;galienne strictement d&#233;limit&#233;e par la Constitution. Le catalogue des droits &#8211; le Bill of Rights &#8211; est cens&#233; pr&#233;server la libert&#233; et les droits fondamentaux de chaque citoyen. &lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;anmoins, ces garanties impliquent-elles que le f&#233;d&#233;ralisme am&#233;ricain soit suffisamment arm&#233; pour endiguer l'h&#233;g&#233;monie d'un Pr&#233;sident aux valeurs et ambitions dangereuses ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution r&#233;dig&#233;e par Georges Washington et ses amis offre &#224; l'interpr&#232;te une marge d'appr&#233;ciation particuli&#232;rement &#233;tendue, de sorte que le r&#244;le du Pr&#233;sident d&#233;pend de sa personnalit&#233; et de sa fa&#231;on de concevoir la gouvernance. Alors que le f&#233;d&#233;ralisme &#233;tasunien &#233;tait initialement per&#231;u comme congressionnel, les quatre mandats successifs de Franklin Delano Roosevelt ont affermi la position du Pr&#233;sident au sein de l'&#233;ventail institutionnel. En effet, le Pr&#233;sident n'h&#233;site pas &#224; outrepasser les pouvoirs qui lui sont impartis par une lecture raisonnable de la Constitution. Divers exemples suffisent &#224; s'en convaincre. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Ex&#233;cutif se passe r&#233;guli&#232;rement de l'autorisation du Congr&#232;s, pourtant n&#233;cessaire, pour mener une op&#233;ration militaire. R&#233;cemment, Donald Trump a unilat&#233;ralement conduit l'intervention en Syrie, sans se soucier de l'opinion des parlementaires. Mais l'actuel dirigeant n'a pas inaugur&#233; cette pratique : par exemple, les interventions au Kosovo en 1999 et en Libye en 2011 ont &#233;galement &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;es discr&#233;tionnairement par ses pr&#233;d&#233;cesseurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Pr&#233;sident jouit aussi d'une place centrale dans la fabrication de la loi, alors qu'il ne d&#233;tient formellement aucune pr&#233;rogative. Plus pr&#233;cis&#233;ment, le Pr&#233;sident p&#232;se sur l'initiative l&#233;gislative &#224; travers le discours annuel sur l'&#233;tat de l'Union. Surtout, le syst&#232;me du parlementarisme de couloir consiste &#224; demander &#224; un parlementaire de pr&#233;senter un projet de loi confectionn&#233; par l'administration pr&#233;sidentielle. &lt;br class='autobr' /&gt;
En outre, le Pr&#233;sident influence le Congr&#232;s gr&#226;ce &#224; sa capacit&#233; &#224; paralyser la gouvernance. Depuis 1921, le budget est pr&#233;par&#233; par l'Ex&#233;cutif, qui le soumet &#224; l'approbation du Congr&#232;s. Ce dernier est alors incit&#233; &#224; c&#233;der aux vues pr&#233;sidentielles, sous peine de bloquer les recettes et d&#233;penses publiques. Du point de vue de l'&#233;quilibre des pouvoirs, le droit de v&#233;to constitue certainement l'instrument le plus critiquable, entre les mains du Pr&#233;sident &#233;tasunien. Celui-ci peut en user d&#233;mesur&#233;ment pour retarder la proc&#233;dure l&#233;gislative ou obliger le Congr&#232;s &#224; r&#233;unir une majorit&#233; significative, voire inatteignable, de parlementaires en vue d'adopter une loi ind&#233;sirable aux yeux de l'Ex&#233;cutif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t, le processus &#233;lectoral pr&#233;sente deux ambivalences. D'une part, le Pr&#233;sident des &#201;tats-Unis est, de fait, &#233;lu au suffrage universel direct. Depuis 1932, la d&#233;signation des grands &#233;lecteurs ne correspond plus qu'&#224; une &#233;tape purement formelle, &#233;tant donn&#233; qu'ils sont investis d'un mandat imp&#233;ratif. Autrement dit, ils s'engagent irr&#233;vocablement &#224; voter pour l'un des deux candidats, ce qui implique que l'issue du scrutin est connue d&#232;s les r&#233;sultats du vote populaire. Cela favorise la pr&#233;&#233;minence institutionnelle du Pr&#233;sident, qui s'affirme comme un leader national. D'autre part, le syst&#232;me des grands &#233;lecteurs nie la volont&#233; d&#233;mocratique, en ce que le Pr&#233;sident &#233;lu n'est pas forc&#233;ment le candidat ayant suscit&#233; le plus de votes des citoyens. &#192; titre d'exemple, Hilary Clinton, pourtant battue en 2016, avait obtenu 2,7 millions de voix de plus que Donald Trump.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appareil judiciaire, compos&#233; essentiellement de juges d&#233;mocratiquement &#233;lus, est peut-&#234;tre le rempart le plus ind&#233;fectible &#224; l'arbitraire de l'Ex&#233;cutif. Le droit &#233;crit est en retrait par rapport au droit d'origine jurisprudentielle, de sorte qu'Edouard Lambert, juriste fran&#231;ais, a pu qualifier le syst&#232;me &#233;tasunien de &#171; Gouvernement des juges &#187;. La Cour Supr&#234;me des &#201;tats-Unis en est un parfait exemple. Depuis le c&#233;l&#232;bre arr&#234;t Marbury v. Madison (1803), elle s'autorise &#224; contr&#244;ler la conformit&#233; des lois &#224; la Constitution, dont elle retient une interpr&#233;tation dynamique et &#233;volutive. On pourrait notamment citer les d&#233;cisions Roe v. Wade (1973) et Obergefell v. Hodges (2015), par lesquelles elle a respectivement autoris&#233; l'avortement et le mariage pour les couples de m&#234;me sexe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, l'enthousiasme &#224; l'id&#233;e de voir un juge temp&#233;rer les exc&#232;s d'un Pr&#233;sident comme Donald Trump doit &#234;tre singuli&#232;rement nuanc&#233;. En fonction de sa composition, la Cour supr&#234;me alterne entre une lecture conservatrice et une approche progressiste de la Constitution, de sorte qu'elle a pu successivement d&#233;clarer la s&#233;gr&#233;gation raciale contraire et conforme &#224; la Loi fondamentale ! Ne pourrait-on donc pas consid&#233;rer que la Constitution &#233;tasunienne est un r&#233;ceptacle de principes vagues et abstraits, auxquels les juges peuvent donner n'importe quelle signification, f&#251;t-elle arbitraire ? En outre, l'appartenance assum&#233;e des juges &#224; des courants politiques particuliers et clivants peut appara&#238;tre regrettable, si on &#233;rige l'impartialit&#233; et la neutralit&#233; de la justice au rang des principes cardinaux de l'&#201;tat de droit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Introduction au dossier Crises de la d&#233;mocratie, populisme, nationalisme, d&#233;mocraties illib&#233;rales</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Introduction-au-dossier-Crises-de-la-democratie-populisme-nationalisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Introduction-au-dossier-Crises-de-la-democratie-populisme-nationalisme</guid>
		<dc:date>2020-04-10T07:20:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Fran&#231;ois Richard</dc:creator>


		<dc:subject>Focus</dc:subject>
		<dc:subject>Nationalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Crises de la d&#233;mocratie, populisme, nationalisme, d&#233;mocraties illib&#233;rales : le dossier de ce num&#233;ro va tenter de faire un point d'&#233;tape car le sujet est in&#233;puisable. &lt;br class='autobr' /&gt;
Beaucoup croyaient apr&#232;s la chute des r&#233;gimes communistes que la D&#233;mocratie avait triomph&#233;. D&#233;sormais le terrorisme islamiste apparait comme le principal adversaire des d&#233;mocraties lib&#233;rales. Il n'est pas le seul puisqu'elles ont s&#233;cr&#233;t&#233; en leur sein un ennemi int&#233;rieur largement repr&#233;sent&#233; par le populisme. Les causes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-184-Mars-2020-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 184 - Mars 2020&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L150xH113/arton696-e047e.jpg?1729835253' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Crises de la d&#233;mocratie, populisme, nationalisme, d&#233;mocraties illib&#233;rales : le dossier de ce num&#233;ro va tenter de faire un point d'&#233;tape car le sujet est in&#233;puisable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup croyaient apr&#232;s la chute des r&#233;gimes communistes que la D&#233;mocratie avait triomph&#233;. D&#233;sormais le terrorisme islamiste apparait comme le principal adversaire des d&#233;mocraties lib&#233;rales. Il n'est pas le seul puisqu'elles ont s&#233;cr&#233;t&#233; en leur sein un ennemi int&#233;rieur largement repr&#233;sent&#233; par le populisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les causes d'insatisfaction de nos soci&#233;t&#233;s sont facilement rep&#233;rables : le ch&#244;mage, l'ins&#233;curit&#233;, l'immigration, etc. Si on en impute la responsabilit&#233; exclusive aux institutions et aux &#233;lus, le d&#233;bat devient impossible. Et le paradoxe aujourd'hui est que la d&#233;mocratie organise elle-m&#234;me le cadre politique de l'insatisfaction permanente via les &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si l'Europe n'est plus l'unique objectif dans le viseur des forces souverainistes, c'est surtout parce que leur cible principale est d&#233;sormais la d&#233;mocratie elle-m&#234;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;mocratie lib&#233;rale repr&#233;sentative est l'ADN de l'Europe, face &#224; un monde de plus en plus gagn&#233; par l'autoritarisme. Face &#224; la Chine, la Russie, la Turquie, le Br&#233;sil et des Etats-Unis de Donald Trump, le pouvoir d'attraction du mod&#232;le europ&#233;en r&#233;side dans sa tradition d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la d&#233;mocratie en Europe ne se porte pas bien. Elle est contest&#233;e, menac&#233;e ou encore d&#233;tourn&#233;e. Les pouvoirs ont trop souvent ignor&#233; la volont&#233; des peuples, comme lors du r&#233;f&#233;rendum de 2005 en France ou de celui tenu par la Gr&#232;ce en 2015. Il faut aussi tenir compte de ceux qui souhaitent red&#233;finir la d&#233;mocratie dans un sens moins lib&#233;ral. C'est le cas du Hongrois Viktor Orban, devenu &#224; la faveur de la crise migratoire de 2015 le champion des extr&#234;mes droites europ&#233;ennes. Il a mis en place un r&#233;gime ultra-conservateur o&#249; la d&#233;mocratie ne subsiste que de mani&#232;re formelle avec des m&#233;dias sous contr&#244;le, un Parlement sans influence et une justice aux ordres. Les opposants sont intimid&#233;s et les valeurs traditionnelles ou religieuses instrumentalis&#233;es. Orban a &#233;t&#233; imit&#233; en Pologne. Matteo Salvini s'est impos&#233; un temps en Italie s&#233;duite par ses postures d'homme fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la division traditionnelle du monde entre d&#233;mocraties lib&#233;rales et r&#233;gimes dictatoriaux, les d&#233;mocraties illib&#233;rales occupent une sorte d'entre-deux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Partout en Europe, m&#234;me en Allemagne o&#249; l'extr&#234;me droite &#233;tait tr&#232;s faible, la crise migratoire de 2015, puis les attentats djihadistes, ont encourag&#233; les extr&#233;mistes &#224; prof&#233;rer des slogans anti-immigr&#233;s et islamophobe.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Russie de Poutine a largement particip&#233; &#224; la propagation de ces id&#233;es qui poussent les d&#233;mocraties &#224; remettre en cause la libert&#233; d'expression et &#224; exercer un contr&#244;le sur Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;seaux sociaux ne sont que le support de cette &#233;closion des propos racistes. Et le r&#244;le de l'Internet dans la d&#233;stabilisation des d&#233;mocraties repr&#233;sentatives traditionnelles est attest&#233; dans l'&#233;mergence &#233;clair des Cinq Etoiles en Italie. Mais les &#233;lites traditionnelles doivent s'en prendre &#224; elles m&#234;me, pour faire face au discr&#233;dit qui les frappe. Elles ont &#233;t&#233; incapables de pr&#233;venir la crise financi&#232;re de 2009, elles sont d&#233;sormais incapables de faire face au gouffre qui se creuse entre les urbains surtout pr&#233;occup&#233;s par les menaces environnementales et des minorit&#233;s rurales se sentant abandonn&#233;es, loin de la mondialisation et de ses retomb&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme hamiltonien dont l'&#233;quipe de F&#233;d&#233;choses a toujours &#233;t&#233; un ardent d&#233;fenseur propose une forme de f&#233;d&#233;ralisme devant limiter le pouvoir des &#201;tats f&#233;d&#233;r&#233;s et augmenter les droits des citoyens. Il peut &#234;tre un d&#233;but de r&#233;ponse dans le d&#233;bat qu'ouvre notre dossier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Brexit et l'avenir de l'Union</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Le-Brexit-et-l-avenir-de-l-Union</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Le-Brexit-et-l-avenir-de-l-Union</guid>
		<dc:date>2016-11-06T20:07:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roberto Castaldi</dc:creator>


		<dc:subject>Focus</dc:subject>
		<dc:subject>Brexit</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Royaume-Uni sortira de l'Union europ&#233;enne. Le vote britannique peut &#234;tre analys&#233; selon plusieurs perspectives et il entra&#238;ne des implications selon plusieurs points de vue, &#224; diff&#233;rents niveaux d'analyse. &lt;br class='autobr' /&gt;
Du point de vue historique nous avons peut-&#234;tre assist&#233; en direct &#224; l'exp&#233;rience du suicide politique d'un &#201;tat tout entier. Au moment o&#249; il sort de l'Union, le Royaume-Uni s'engage probablement &#224; cesser d'&#234;tre le m&#234;me. En &#201;cosse et en Irlande du Nord, le Remain a nettement pr&#233;valu. La (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Royaume-Uni sortira de l'Union europ&#233;enne. Le vote&lt;br class='autobr' /&gt;
britannique peut &#234;tre analys&#233; selon plusieurs perspectives et&lt;br class='autobr' /&gt;
il entra&#238;ne des implications selon plusieurs points de vue, &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
diff&#233;rents niveaux d'analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue historique nous avons peut-&#234;tre assist&#233; en&lt;br class='autobr' /&gt;
direct &#224; l'exp&#233;rience du suicide politique d'un &#201;tat tout&lt;br class='autobr' /&gt;
entier. Au moment o&#249; il sort de l'Union, le Royaume-Uni&lt;br class='autobr' /&gt;
s'engage probablement &#224; cesser d'&#234;tre le m&#234;me. En &#201;cosse&lt;br class='autobr' /&gt;
et en Irlande du Nord, le &lt;i&gt;Remain&lt;/i&gt; a nettement pr&#233;valu. La&lt;br class='autobr' /&gt;
Premi&#232;re ministre &#233;cossaise a d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; son intention de&lt;br class='autobr' /&gt;
convoquer un nouveau referendum pour l'ind&#233;pendance et&lt;br class='autobr' /&gt;
sa permanence au sein de l'UE. L'&#201;cosse aurait un grand&lt;br class='autobr' /&gt;
int&#233;r&#234;t &#224; figurer comme &#201;tat successeur du Royaume-Uni&lt;br class='autobr' /&gt;
sans devoir ouvrir une n&#233;gociation complexe pour&lt;br class='autobr' /&gt;
l'adh&#233;sion. Et ensemble avec l'Irlande, elle pourrait attirer&lt;br class='autobr' /&gt;
de nombreuses entreprises qui avaient choisi l'Angleterre&lt;br class='autobr' /&gt;
comme base &#224; l'int&#233;rieur du march&#233; unique europ&#233;en, y&lt;br class='autobr' /&gt;
compris pour des raisons linguistiques. L'id&#233;e de r&#233;tablir les&lt;br class='autobr' /&gt;
fronti&#232;res entre l'Irlande et l'Irlande du Nord pourrait&lt;br class='autobr' /&gt;
amener un retour de la violence dans un contexte&lt;br class='autobr' /&gt;
particuli&#232;rement fragile de la part des ind&#233;pendantistes&lt;br class='autobr' /&gt;
irlandais, au nom de la r&#233;unification de l'&#238;le dans le cadre de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Royaume-Uni avait un &#233;norme int&#233;r&#234;t politique et&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;conomique &#224; rester dans l'UE. Toutes les organisations&lt;br class='autobr' /&gt;
internationales, les think tanks, les centres d'&#233;tude&lt;br class='autobr' /&gt;
indiquaient les co&#251;ts significatifs et les cons&#233;quences&lt;br class='autobr' /&gt;
n&#233;fastes en cas de Brexit. Boris Johnson a simplement&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;pondu &lt;i&gt;&#171; ayez confiance, ils ont tort &#187;&lt;/i&gt;. La modernit&#233; a &#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
fond&#233;e, dans une large mesure, sur la confiance en la raison.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la postmodernit&#233; on se m&#233;fie de la raison. Mais on se&lt;br class='autobr' /&gt;
tromperait si on pensait simplement que &#171; les tripes &#187; l'ont&lt;br class='autobr' /&gt;
emport&#233; sur &#171; la t&#234;te &#187;. Ce sont des &#171; tripes &#187; &#233;duqu&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
durant des si&#232;cles dans le cadre d'une culture politique et&lt;br class='autobr' /&gt;
d'un sens de l'identit&#233; dominantes qui ont pr&#233;valu et qui ne&lt;br class='autobr' /&gt;
sont m&#234;me plus per&#231;ues comme &#171; une culture &#187;, mais&lt;br class='autobr' /&gt;
comme un fait naturel : le nationalisme. La campagne du&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Leave&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; centr&#233;e sur l'attaque des migrants (europ&#233;ens),&lt;br class='autobr' /&gt;
sur l'orgueil national et l'appel &#224; une souverainet&#233; absolue&lt;br class='autobr' /&gt;
inspir&#233;e du XIX&#176; si&#232;cle, sur la sollicitation des pulsions de&lt;br class='autobr' /&gt;
fermeture, sur le &#171; nous &#187; contre les autres &#8211;comme au bon&lt;br class='autobr' /&gt;
temps de la seconde guerre mondiale dans &lt;i&gt;&#171; the finest hours &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et celui qui pense autrement peut finir par &#234;tre consid&#233;r&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
comme un tra&#238;tre, comme l'a estim&#233; l'assassin de Jo Cox &#8211;&lt;br class='autobr' /&gt;
et comme le soutiennent certains Italiens &#171; anti-euro &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui David Cameron passe &#224; la post&#233;rit&#233; ; il vient&lt;br class='autobr' /&gt;
tout juste d'annoncer sa d&#233;mission et l'on risque de s'en&lt;br class='autobr' /&gt;
souvenir comme du dernier Premier ministre du Royaume&lt;br class='autobr' /&gt;
Uni dans sa composition actuelle, l'homme qui en un seul&lt;br class='autobr' /&gt;
coup a ouvert la voie &#224; la destruction du Royaume-Uni et&lt;br class='autobr' /&gt;
(peut-&#234;tre) de l'Union europ&#233;enne. Victime des sondages et&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'interaction toujours plus dangereuse entre politique&lt;br class='autobr' /&gt;
nationale et politique europ&#233;enne. Pour conserver l'unit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
du parti conservateur plut&#244;t que gagner les &#233;lections &#8211;qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
ne pensait pas gagner en fait- il a promis le referendum en&lt;br class='autobr' /&gt;
comptant gouverner avec les lib&#233;raux qui l'auraient&lt;br class='autobr' /&gt;
emp&#234;ch&#233; de le tenir. Au contraire il a gagn&#233; et il a d&#251; le&lt;br class='autobr' /&gt;
fixer en construisant lui-m&#234;me la sc&#232;ne sur laquelle il serait&lt;br class='autobr' /&gt;
pendu. Et apr&#232;s avoir tir&#233; sur l'UE pendant des ann&#233;es et&lt;br class='autobr' /&gt;
n&#233;goci&#233; un accord sp&#233;cial pour le Royaume-Uni, il s'est&lt;br class='autobr' /&gt;
soudainement avis&#233; de devoir faire campagne pour le&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Remain&lt;/i&gt; et de devoir d&#233;fendre la m&#234;me UE qu'il avait utilis&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
comme bouc &#233;missaire pendant des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entreprise difficile et rat&#233;e, si l'on consid&#232;re surtout que le&lt;br class='autobr' /&gt;
Royaume-Uni a toujours &#233;t&#233; un membre r&#233;ticent de l'UE &#8211;&lt;br class='autobr' /&gt;
mais dont il ne pouvait pas se passer &#233;conomiquement.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Union re&#231;oit un nouveau coup &#224; sa cr&#233;dibilit&#233;. Apr&#232;s 66&lt;br class='autobr' /&gt;
ann&#233;es durant lesquelles les &#201;tats n'ont toujours fait que&lt;br class='autobr' /&gt;
s'ajouter, passant de 6 &#224; 28, un &#201;tat d&#233;cide maintenant de&lt;br class='autobr' /&gt;
sortir, montrant que l'UE est per&#231;ue toujours plus comme&lt;br class='autobr' /&gt;
une partie du probl&#232;me, plut&#244;t que sa solution. L'UE est un&lt;br class='autobr' /&gt;
projet incomplet. Elle n'est pas (encore) une v&#233;ritable&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ration mais elle est d&#233;j&#224; un syst&#232;me de gouvernement &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
plusieurs niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle lie les &#201;tats membres mais elle n'offre pas de&lt;br class='autobr' /&gt;
politiques f&#233;d&#233;rales ad&#233;quates. C'est le seul niveau de&lt;br class='autobr' /&gt;
gouvernement qui permettrait d'affronter les grands d&#233;fis&lt;br class='autobr' /&gt;
de notre &#233;poque auxquels nous sommes confront&#233;s &#8211;le&lt;br class='autobr' /&gt;
terrorisme, la s&#233;curit&#233;, la stabilisation du voisinage, la&lt;br class='autobr' /&gt;
relance de l'&#233;conomie, le d&#233;fi environnemental, mais elle ne&lt;br class='autobr' /&gt;
dispose pas des pouvoirs et des comp&#233;tences n&#233;cessaires ce&lt;br class='autobr' /&gt;
qui alimente donc des attentes qui, dans les faits, sont&lt;br class='autobr' /&gt;
frustr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, concr&#232;tement, le Brexit change peu de choses. Le&lt;br class='autobr' /&gt;
Royaume-Uni &#233;tait d&#233;j&#224; au dehors de presque tout avec des&lt;br class='autobr' /&gt;
opting out sp&#233;cifiques &#8211;de la monnaie unique, de la Charte&lt;br class='autobr' /&gt;
des droits fondamentaux, de la justice et des affaires&lt;br class='autobr' /&gt;
int&#233;rieures et, en partie, de Schengen- et, en substance, il ne&lt;br class='autobr' /&gt;
participait qu'au march&#233; unique comme la Norv&#232;ge et la&lt;br class='autobr' /&gt;
Suisse qui sont en dehors de l'UE mais qui qui sont&lt;br class='autobr' /&gt;
oblig&#233;es d'en respecter les normes et de contribuer au&lt;br class='autobr' /&gt;
budget de l'UE. S'il veut continuer &#224; participer au march&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
unique, le Royaume-Uni devra passer un accord analogue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au lieu d'&#234;tre plus ind&#233;pendant et autonome, il le sera&lt;br class='autobr' /&gt;
moins en devant appliquer des r&#232;gles qu'il n'aura pas&lt;br class='autobr' /&gt;
contribu&#233; &#224; &#233;crire et continuer &#224; contribuer &#224; l'odieux&lt;br class='autobr' /&gt;
budget communautaire &#8211;qui est une mis&#232;re avec 0,9% du&lt;br class='autobr' /&gt;
PIB europ&#233;en ! L'UE a int&#233;r&#234;t &#224; offrir au Royaume-Uni des&lt;br class='autobr' /&gt;
accords photocopi&#233;s par rapport &#224; ceux avec la Norv&#232;ge et&lt;br class='autobr' /&gt;
la Suisse, ou moins bons, pour &#233;viter de cr&#233;er des&lt;br class='autobr' /&gt;
incitations &#224; en sortir. Et la Grande Bretagne se trouvera&lt;br class='autobr' /&gt;
vite en condition de devoir ren&#233;gocier dans une position de&lt;br class='autobr' /&gt;
faiblesse des accords commerciaux avec le monde entier&lt;br class='autobr' /&gt;
puisque ceux de l'UE ne s'appliqueront plus. Les citoyens&lt;br class='autobr' /&gt;
britanniques risquent de payer leur choix un prix assez sal&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
en termes &#233;conomiques. Les citoyens europ&#233;ens qui vivent&lt;br class='autobr' /&gt;
au Royaume-Uni pourront en subir les contrecoups &#8211;au&lt;br class='autobr' /&gt;
terme de la n&#233;gociation pour la sortie- de m&#234;me que les citoyens britanniques au sein des pays europ&#233;ens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#201;tats les moins favorables &#224; l'int&#233;gration ont&lt;br class='autobr' /&gt;
aujourd'hui perdu leur leader et leur position peut&lt;br class='autobr' /&gt;
paradoxalement &#234;tre affaiblie par le succ&#232;s eurosceptique de&lt;br class='autobr' /&gt;
Farage et Johnson. L'UKIP a gagn&#233; sa bataille et perdu sa&lt;br class='autobr' /&gt;
raison d'&#234;tre et pourra difficilement survivre comme force&lt;br class='autobr' /&gt;
autonome sur le long terme. Pour les Pays Bas, le&lt;br class='autobr' /&gt;
Danemark, la Hongrie, la Pologne, il &#233;tait possible de faire&lt;br class='autobr' /&gt;
un front commun derri&#232;re le leadership britannique, mais&lt;br class='autobr' /&gt;
maintenant ce sera beaucoup plus difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats les plus europ&#233;istes ont perdu leur alibi &#171; nous&lt;br class='autobr' /&gt;
voudrions plus d'int&#233;gration mais le Royaume-Uni freine &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Renzi, Merkel et Hollande ont souvent fait de grands&lt;br class='autobr' /&gt;
discours sur &#171; la relance de l'int&#233;gration &#187;, sur l'union&lt;br class='autobr' /&gt;
politique, sur la vision de Spinelli. Tous disent que l'UE&lt;br class='autobr' /&gt;
doit changer. Ils ont maintenant une extraordinaire fen&#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
d'opportunit&#233; pour transformer une crise de rejet de cette&lt;br class='autobr' /&gt;
Union incompl&#232;te et imparfaite, en s'engageant dans une&lt;br class='autobr' /&gt;
voie pour la rendre plus compl&#232;te et parfaite &#8211;ce qui fut&lt;br class='autobr' /&gt;
l'objectif que les Am&#233;ricains se donn&#232;rent &#224; travers la&lt;br class='autobr' /&gt;
Convention de Philadelphie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous verrons rapidement si ce sont les gouvernements&lt;br class='autobr' /&gt;
nationaux des grands &#201;tats ou les institutions&lt;br class='autobr' /&gt;
supranationales europ&#233;ennes, &#224; commencer par le&lt;br class='autobr' /&gt;
Parlement, qui prendront l'initiative de r&#233;pondre &#224; cette&lt;br class='autobr' /&gt;
crise de consensus au sein de l'Union. Le risque le plus&lt;br class='autobr' /&gt;
grand, c'est que tous cherchent rapidement &#224; &#233;liminer le&lt;br class='autobr' /&gt;
probl&#232;me et &#224; retourner au &lt;i&gt;&#171; business as usual &#187;&lt;/i&gt;. Ce serait la&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;monstration qu'en Europe, il n'y a plus de leadership&lt;br class='autobr' /&gt;
disponible en mesure de prendre une telle initiative. Et en&lt;br class='autobr' /&gt;
jouant seulement sur la d&#233;fense d'un statu quo insatisfaisant,&lt;br class='autobr' /&gt;
ils ouvriraient la route &#224; l'affirmation des populismes &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
toutes les sauces. Le processus de crise de la civilisation&lt;br class='autobr' /&gt;
europ&#233;enne moderne &#8211;dont les tendances &#224; la fermeture de&lt;br class='autobr' /&gt;
type x&#233;nophobe et nationaliste t&#233;moignent- en serait&lt;br class='autobr' /&gt;
acc&#233;l&#233;r&#233;. C'est parce que dans le monde global, seuls les&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tats de dimensions continentales comptent &#8211;comme les&lt;br class='autobr' /&gt;
USA, la Chine, l'Inde, la Russie- que le choix pour les&lt;br class='autobr' /&gt;
Europ&#233;ens continue d'&#234;tre &#171; s'unir ou p&#233;rir &#187; comme le&lt;br class='autobr' /&gt;
rappelaient, entre autres, les Britanniques Lord Beveridge et&lt;br class='autobr' /&gt;
Toynbee.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Roberto Castaldi est professeur associ&#233; de philosophie politique et Directeur du Centro di Ricerca sui processi d'integrazione e governance multi-livello dell'Universit&#224; eCampus. Pour le Centre d'&#233;tudes sur le f&#233;d&#233;ralisme de Turin, &#233;diteur de Perspectives on Federalism et du Bibliographical Bulletin on Federalism - Pise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; initialement sur The Federalist Debate &#8211; Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Jean-Luc Prevel - Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Retour sur la crise grecque</title>
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		<dc:date>2015-11-10T07:50:52Z</dc:date>
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		<dc:creator>Michel Herland</dc:creator>


		<dc:subject>Focus</dc:subject>

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&lt;p&gt;Rappel des faits &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise de la dette grecque &#233;clate en 2010, comme une suite de la crise des subprimes en 2008. Mais, en l'occurrence, c'est surtout la r&#233;v&#233;lation dans le courant de l'ann&#233;e 2009 des &#171; tricheries &#187; du gouvernement grec &#224; propos de l'ampleur de son d&#233;ficit qui provoqua la crise de confiance des investisseurs priv&#233;s, la tr&#232;s forte hausse des taux d'int&#233;r&#234;t et l'incapacit&#233; pour le gouvernement de se financer sur le march&#233;. Depuis cette ann&#233;e-l&#224;, la croissance de la Gr&#232;ce est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-169-Septembre-2015-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 169 - Septembre 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Focus-+" rel="tag"&gt;Focus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rappel des faits&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise de la dette grecque &#233;clate en 2010, comme une suite de la crise des subprimes en 2008. Mais, en l'occurrence, c'est surtout la r&#233;v&#233;lation dans le courant de l'ann&#233;e 2009 des &#171; tricheries &#187; du gouvernement grec &#224; propos de l'ampleur de son d&#233;ficit qui provoqua la crise de confiance des investisseurs priv&#233;s, la tr&#232;s forte hausse des taux d'int&#233;r&#234;t et l'incapacit&#233; pour le gouvernement de se financer sur le march&#233;. Depuis cette ann&#233;e-l&#224;, la croissance de la Gr&#232;ce est devenue n&#233;gative (avec un l&#233;ger sursaut en 2014) et depuis 2013 ce pays conna&#238;t m&#234;me la d&#233;flation (les prix diminuent en cons&#233;quence de la baisse du pouvoir d'achat). C'est dire que la crise n'est pas que financi&#232;re : elle impacte l'&#233;conomie r&#233;elle plus s&#233;v&#232;rement que n'importe quel autre pays de l'Union europ&#233;enne ((UE). L'UE n'est pourtant pas rest&#233;e inerte, loin de l&#224;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant m&#234;me la crise, selon certains calculs, les transferts nets de l'UE (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un premier plan d'urgence de 110 milliards &#8364; a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; en mai 2010, financ&#233; par des pr&#234;ts bilat&#233;raux des &#201;tats europ&#233;ens. En 2012, la Gr&#232;ce s'av&#233;rant toujours incapable de se financer sur le march&#233;, un nouveau plan de 130 milliards &#8364; a &#233;t&#233; annonc&#233;, cette fois financ&#233; pour la plus grande part par le Fonds europ&#233;en de stabilit&#233; financi&#232;re (FESF cr&#233;&#233; en 2010), le reste par le FMI. En contrepartie, la &#171; tro&#239;ka &#187; (Commission, BCE et FMI) s'arrogeait le droit de v&#233;rifier que les r&#233;formes demand&#233;es &#224; la Gr&#232;ce &#233;taient bien r&#233;alis&#233;es. Ces r&#233;formes visant &#224; r&#233;tablir l'&#233;quilibre budg&#233;taire se traduisent principalement par la r&#233;duction des d&#233;penses et sont douloureusement ressenties par le peuple grec. Du coup, les r&#233;formes tardent &#224; se mettre en place et c'est ainsi que l'on a assist&#233; &#224; la fin juin 2015 &#224; une situation de blocage, les chefs d'&#201;tat et de gouvernement refusant que soient vers&#233;s les derniers milliards du deuxi&#232;me plan d'aide (dont le total &#233;tait mont&#233; alors &#224; 165 milliards), sans engagement plus cr&#233;dible de la part de la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretemps, deux &#233;v&#233;nements tr&#232;s importants avaient eu lieu. D'abord, sur le plan strictement financier, en 2012, les cr&#233;anciers priv&#233;s du gouvernement grec durent abandonner la moiti&#233; de leur cr&#233;ance tandis que la dette publique port&#233;e par le FESF &#233;tait elle aussi &#171; restructur&#233;e &#187; (allongement de l'&#233;ch&#233;ance et moratoire des int&#233;r&#234;ts jusqu'en 2023). Ensuite, sur le plan politique, une force nouvelle s'est affirm&#233;e, incarnation du &#171; ras-le-bol &#187; populaire face aux cons&#233;quences des politiques de rigueur. Apr&#232;s sa victoire aux &#233;lections europ&#233;ennes du printemps 2014, puis aux &#233;lections l&#233;gislatives qui suivirent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;lections anticip&#233;es provoqu&#233;es par Antonis Samaras, le premier ministre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les Grecs confi&#232;rent ainsi, en janvier 2015, leur sort &#224; &lt;i&gt;Syriza&lt;/i&gt;, le parti qui promettait de les affranchir des diktats de la tro&#239;ka. D&#233;buta alors une partie de bras de fer entre le nouveau premier ministre Alexis Tsipras et son ministre de l'&#233;conomie Yanis Varoufakis, d'une part, les autres chefs d'&#201;tat et de gouvernement de l'UE, d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partie grecque plaidait pour des r&#233;formes moins radicales, tout en laissant planer implicitement la menace d'une sortie de la zone euro, le &lt;i&gt;grexit&lt;/i&gt;, accompagn&#233; d'un d&#233;faut sur la dette. La dette de la Gr&#232;ce envers des institutions publiques s'&#233;levait alors &#224; un peu plus de 250 milliards &#8364;, dont quelques 30 milliards envers le FMI, le reste &#233;tant partag&#233; entre le M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233; (MSE, nouvel intitul&#233; du FESF, 142 milliards), les pr&#234;ts directs des autres &#201;tats europ&#233;ens (53 milliards) et la BCE (25 milliards).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perspective d'un &lt;i&gt;grexit&lt;/i&gt; a eu pour premier effet d'inciter les Grecs &#224; sortir leurs euros des banques, lesquelles, bien qu'ayant &#233;t&#233; d&#233;j&#224; recapitalis&#233;es, se sont retrouv&#233;es &#224; cours de liquidit&#233;s. Malgr&#233; le contingentement des tirages de billets par les particuliers, l'instauration d'un contr&#244;le des changes et les concours suppl&#233;mentaires de la BCE, les banques ont encore besoin d'un apport de capitaux. Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; les Grecs de voter majoritairement (&#224; 61%) en faveur d'Alexis Tsipras lors du r&#233;f&#233;rendum du 5 juillet. En d&#233;montrant &#224; ses partenaires europ&#233;ens qu'il b&#233;n&#233;ficiait toujours du soutien de son peuple, Tsipras entendait renforcer ainsi sa position dans les n&#233;gociations en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dits partenaires, n&#233;anmoins, avaient fait leur compte. Nombreux &#233;taient les gouvernements europ&#233;ens d&#233;cid&#233;s &#224; vider l'abc&#232;s, c'est-&#224;-dire en l'occurrence &#224; laisser la Gr&#232;ce quitter la zone euro. Son maintien signifie en effet n&#233;cessairement l'octroi d'aides suppl&#233;mentaires. Alors que les &#233;conomistes, au d&#233;but de la crise, concluaient majoritairement que le d&#233;part de la Gr&#232;ce serait une catastrophe pour l'euro, plus le temps passait et plus nombreux, au contraire, &#233;taient ceux qui minoraient les inconv&#233;nients &#233;ventuels de ce retrait. Par ailleurs, le poids d'un d&#233;faut pour chaque pays europ&#233;en n'aurait pas &#233;t&#233; consid&#233;rable. Par exemple l'&#201;tat fran&#231;ais, si l'on cumule les pr&#234;ts bilat&#233;raux et sa part dans le MSE, n'est engag&#233; que pour une quarantaine de milliards vis-&#224;-vis de la Gr&#232;ce : une goutte d'eau dans l'oc&#233;an de sa propre dette !&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les partisans du grexit pouvaient faire valoir par ailleurs que la Gr&#232;ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cependant le Pr&#233;sident Hollande &#8211; au nom de la n&#233;cessaire solidarit&#233; entre les pays europ&#233;ens ou parce qu'il redoutait les cons&#233;quences pour notre pays d'un &lt;i&gt;grexit&lt;/i&gt; qui aurait pu laisser pr&#233;sager la sortie d'autres pays lourdement endett&#233;s &#8211; s'est employ&#233; avec succ&#232;s &#224; trouver un compromis acceptable aussi bien par M. Tsipras que par Mme Merkel. Faut-il rappeler ici que la France elle-m&#234;me n'arrive pas &#224; contenir la croissance de sa dette publique, laquelle fr&#244;le d&#233;sormais les 100% du PIB (derri&#232;re l'Italie et le Portugal &#224; 130% et naturellement la Gr&#232;ce &#224; 175%)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alors que tous les pays membres de la zone euro ont souscrit aux accords de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;grexit&lt;/i&gt; n'a pas eu lieu. Malgr&#233; sa victoire au r&#233;f&#233;rendum, Alexis Tsipras est venu &#224; Canossa d&#232;s le 13 juillet. Apr&#232;s s'&#234;tre d&#233;barrass&#233; de son ministre Varoufakis, jug&#233; infr&#233;quentable par les partenaires europ&#233;ens, il a accept&#233; de mettre en &#339;uvre des r&#233;formes plus s&#233;v&#232;res que celles qui se trouvaient sur la table les 25 et 26 juin. &#192; la cl&#233;, un troisi&#232;me plan d'aide &#224; la Gr&#232;ce de 80 milliards &#8364; sur trois ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir dira ce qu'il adviendra de la Gr&#232;ce et de l'euro. Tout porte &#224; croire n&#233;anmoins qu'il aura &#233;t&#233; vain de s'ent&#234;ter dans des plans de rigueur aux cons&#233;quences socialement inacceptables, de surcro&#238;t incapables de r&#233;duire la dette. Que faudrait-il faire dans ces conditions ? La solution optimale consisterait sans nul doute &#224; r&#233;former la zone euro de telle sorte qu'elle devienne durablement viable. Pour expliquer de quoi il s'agit, il suffira de prendre l'exemple d'un pays comme la France, puisqu'il pr&#233;sente tous les caract&#232;res d'une zone mon&#233;taire durable. Ce n'est pourtant pas qu'elle soit constitu&#233;e de r&#233;gions homog&#232;nes, de niveaux de d&#233;veloppement comparables : la question n'est pas celle-l&#224;. Pourquoi une r&#233;gion fran&#231;aise dont l'&#233;conomie est sinistr&#233;e ne conna&#238;t-elle pas un d&#233;s&#233;quilibre financier majeur, c'est-&#224;-dire une dette astronomique du conseil r&#233;gional ou des autres collectivit&#233;s locales ? Simplement en raison de la pr&#233;sence de m&#233;canismes r&#233;&#233;quilibrants qui ont prouv&#233; leur efficacit&#233;. Ainsi les recettes fiscales collect&#233;es au niveau national sont-elles redistribu&#233;es de telle sorte que les r&#233;gions d&#233;prim&#233;es re&#231;oivent davantage de &#171; ressource fiscale &#187; qu'elles n'en &#171; produisent &#187;. Cette forme de p&#233;r&#233;quation n'est pas pourtant la plus importante. Comme il y a peu d'emplois dans une r&#233;gion d&#233;prim&#233;e, sa population compte une forte proportion de personnes &#226;g&#233;es revenues au pays &#224; l'&#226;ge de la retraite. Or les retraites ne sont pas financ&#233;es par une caisse r&#233;gionale mais par la caisse, organis&#233;e au niveau national, &#224; laquelle les habitants actuels de la r&#233;gion ont cotis&#233; quand ils travaillaient ailleurs, dans une r&#233;gion plus prosp&#232;re. Par ailleurs les vieilles personnes sont souvent malades, ce qui entra&#238;ne des d&#233;penses de sant&#233; &#233;lev&#233;es : comme les retraites, elles n'ont pas &#224; &#234;tre financ&#233;es au niveau r&#233;gional. Idem pour le ch&#244;mage : l'assurance ch&#244;mage &#233;tant nationale, les ch&#244;meurs d'une r&#233;gion d&#233;prim&#233;e ne sont pas particuli&#232;rement p&#233;nalis&#233;s. &#201;videmment, si l'&#233;conomie de la France enti&#232;re se porte mal &#8211; comme c'est le cas aujourd'hui &#8211; cela aura des cons&#233;quences sur les subventions, les retraites, les allocations ch&#244;mage, le remboursement des frais m&#233;dicaux, mais ces difficult&#233;s ne seront en aucune mani&#232;re ressenties comme &#233;tant sp&#233;cifiquement celles de la r&#233;gion. Or si la Gr&#232;ce, en tant que membre de l'UE, b&#233;n&#233;ficie bien de subventions en provenance de l'UE, elle est priv&#233;e de tous les autres &#171; stabilisateurs automatiques &#187; que l'on vient d'&#233;num&#233;rer, si bien que, en cas de ressources budg&#233;taires insuffisantes, elle n'a d'autre solution que l'endettement. La solution optimale pour elle consisterait donc dans la transformation de la zone euro en une f&#233;d&#233;ration, avec suffisamment de responsabilit&#233;s confi&#233;es au niveau f&#233;d&#233;ral pour que les stabilisateurs en question soient op&#233;rants. &#201;videmment, cela ne r&#232;glerait pas le probl&#232;me de la p&#233;nurie d'emplois et de nombreux Grecs seraient toujours contraints de s'exiler en attendant que les &#171; fonds structurels &#187; europ&#233;ens produisent &#233;ventuellement leur effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la France est elle-m&#234;me en mauvaise posture (le ch&#244;mage ne cesse d'augmenter, le nombre d'emplois industriels de diminuer, la balance commerciale est d&#233;ficitaire), si bien qu'elle aurait, elle aussi, bien besoin de cette f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne. Celle-ci, malheureusement, n'est pas &#224; l'ordre du jour. Certes, l'id&#233;al europ&#233;en existe encore chez nombre de citoyens de l'Europe mais il n'est pas assez puissant pour vaincre les &#233;go&#239;smes nationaux. Car la solidarit&#233; des habitants de l'&#206;le de France envers les Aveyronnais ou les Ari&#233;geois n'a rien de naturel : elle est le r&#233;sultat de si&#232;cles d'une histoire souvent douloureuse au fil desquels s'est constitu&#233;e une identit&#233; nationale. Et si les Fran&#231;ais, aujourd'hui, se montrent solidaires d'une r&#233;gion &#224; l'autre, ils continuent &#8211; beaucoup d'entre eux en tout cas &#8211; &#224; consid&#233;rer les &#233;trangers sur le sol de France ou les Fran&#231;ais de fra&#238;che date comme des intrus qui viennent prendre leurs emplois. Comment esp&#233;rer dans ces conditions que les transferts qui sont accept&#233;s entre les r&#233;gions d'un m&#234;me pays le soient entre pays diff&#233;rents ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une f&#233;d&#233;ration aurait n&#233;anmoins pu sans doute se constituer entre les six pays fondateurs de la CEE, tant que le souvenir de la deuxi&#232;me guerre mondiale demeurait bien pr&#233;sent dans les esprits. Pour diverses raisons &#8211; en particulier l'attitude de la France &#8211; cela ne s'est pas produit et la chance para&#238;t d&#233;sormais pass&#233;e. Pour ne prendre qu'un exemple, les travailleurs des pays europ&#233;ens les plus prosp&#232;res, au Nord, ne sont certainement pas d'accord pour que leurs cotisations ch&#244;mage servent &#224; indemniser les ch&#244;meurs du Sud qu'ils consid&#232;rent &#224; tort ou &#224; raison comme des &#171; paresseux &#187;. &#192; cela s'ajoutent aussi bien l'impossibilit&#233; de s'entendre &#224; 19 (le nombre actuel de pays de la zone euro), a fortiori &#224; 28, que les r&#233;ticences des gouvernements aussi bien du Sud que du Nord, jaloux de conserver les attributs de leur &#171; souverainet&#233; &#187;, celle-ci f&#251;t-elle d&#233;sormais en grande partie illusoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas que la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne ne puisse pas &#234;tre profitable pour l'ensemble des Europ&#233;ens. Tous les pays europ&#233;ens se trouvent confront&#233;s peu ou prou &#224; des d&#233;fis qui ne peuvent &#234;tre relev&#233;s que dans le cadre d'une Europe puissance : l'expansionnisme russe, la puissance &#233;conomique d'une Chine qui tend de plus en plus clairement vers l'h&#233;g&#233;monie, les flux migratoires, la crise &#233;cologique. Dans tous ces domaines il serait indispensable que l'Europe puisse non seulement parler d'une seule voix mais mettre en &#339;uvre sans tergiverser sa politique. La question n'est donc pas de savoir si l'Europe serait n&#233;cessaire mais de savoir comment elle serait possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir au probl&#232;me de la Gr&#232;ce, la preuve est faite qu'un gouvernement seul, m&#234;me port&#233; dans son pays par un &#233;lan populaire incontestable, ne saurait changer les r&#232;gles de l'Europe. On a certes pu imaginer que d'autres pays, se trouvant dans des situations semblables sans &#234;tre tout-&#224;-fait les m&#234;mes, se seraient unis &#224; la Gr&#232;ce afin de peser davantage sur les institutions europ&#233;ennes. D'aucuns ont m&#234;me r&#234;v&#233; un moment que le Pr&#233;sident Hollande prendrait la t&#234;te d'un tel mouvement contestataire ! Peut-&#234;tre cela adviendra-t-il un jour ? Force est de constater qu'il n'en a rien &#233;t&#233; jusqu'ici. Donc si la Gr&#232;ce &#8211; comme c'est probable &#8211; ne parvient pas &#224; sortir rapidement de la r&#233;cession malgr&#233; les aides suppl&#233;mentaires qui lui sont promises (puisque ces derni&#232;res demeurent conditionn&#233;es &#224; des r&#233;formes qui contribuent &#224; appauvrir le pays), le &lt;i&gt;grexit&lt;/i&gt; appara&#238;t la seule option possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'aucuns diront qu'elle n'est pas r&#233;aliste. On peut d'abord leur r&#233;pondre que le retrait (temporaire ?) de la zone euro ne signifie pas plus l'abandon de la Gr&#232;ce par l'Europe que l'abandon de l'Europe par la Gr&#232;ce : celle-ci continuera &#224; b&#233;n&#233;ficier des fonds structurels europ&#233;ens. Quant &#224; la &#171; catastrophe &#187; qui r&#233;sulterait du passage de l'euro &#224; une drachme n&#233;cessairement sous-&#233;valu&#233;e (faute de quoi l'abandon de l'euro n'aurait aucun impact positif), la r&#233;ponse est simple : si manipuler le taux de change, d&#233;valuer sa monnaie, favoriser l'inflation sont des pratiques aussi courantes (dont la France a elle-m&#234;me &#233;t&#233; longtemps coutumi&#232;re), ce n'est certainement pas par masochisme mais parce que cela produit des effets positifs sur les pays qui les utilisent. Reste alors la question de la dette. L'abandon de l'euro devrait &#233;videmment s'accompagner d'un d&#233;faut quasi-total, puisque la Gr&#232;ce ne recevrait plus aucun pr&#234;t pendant un certain temps et qu'elle se trouverait de ce fait dans l'incapacit&#233; de rembourser ce qu'elle doit. Il suffit de noter &#224; ce propos que les d&#233;fauts sur les dettes souveraines ne sont nullement des exceptions : la Gr&#232;ce y a eu plusieurs fois recours ; l'Allemagne elle-m&#234;me l'a pratiqu&#233; apr&#232;s la premi&#232;re guerre mondiale. C'est une solution de d&#233;sespoir mais la Gr&#232;ce se trouve justement dans une situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e. L'histoire d&#233;montre d'ailleurs que les pays qui font d&#233;faut ne doivent pas attendre tr&#232;s longtemps avant de pouvoir s'endetter &#224; nouveau sur le march&#233; international des capitaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Michel Herland&lt;br class='manualbr' /&gt;Economiste &#8211; Fort-de-Francce&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avant m&#234;me la crise, selon certains calculs, les transferts nets de l'UE vers la Gr&#232;ce au titre des divers fonds structurels auraient &#233;t&#233; de l'ordre de 3 &#224; 4% du PIB grec chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;lections anticip&#233;es provoqu&#233;es par Antonis Samaras, le premier ministre conservateur de l'&#233;poque, pour sortir de la crise de r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les partisans du &lt;i&gt;grexit&lt;/i&gt; pouvaient faire valoir par ailleurs que la Gr&#232;ce n'&#233;tait pas, loin s'en faut, le pays de l'UE qui &#171; m&#233;ritait &#187; d'&#234;tre aid&#233; aussi largement. Bien que les calculs du revenu par t&#234;te en dollar PPA &#8211; c'est-&#224;-dire apr&#232;s correction pour tenir compte des diff&#233;rences entre les co&#251;ts de la vie &#8211; ne soient pas d'une pr&#233;cision absolue, les ordres de grandeur peuvent &#234;tre retenus. Pour la Gr&#232;ce, il s'&#233;tablit &#224; 25.000 $, soit au m&#234;me niveau que le Portugal, un chiffre sup&#233;rieur &#224; celui de la Pologne, par exemple (23 000 $), et a fortiori de la Bulgarie et la Roumanie (17.000 $ - donn&#233;es de 2013).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alors que tous les pays membres de la zone euro ont souscrit aux accords de Maastricht qui imposent de ne pas d&#233;passer 60% du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Europe en crise ou crise de l'Europe ?</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/L-Europe-en-crise-ou-crise-de-l-Europe</link>
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		<dc:date>2015-11-06T13:35:03Z</dc:date>
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		<dc:subject>Focus</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Editorial de la revue Cahier, n&#176; 25, juin 2015, du Graspe, Groupe de r&#233;flxion sur l'avenir du service public Europ&#233;n &#8211; Bruxelles &lt;br class='autobr' /&gt; L'Europe traverse la crise plus grave de son histoire depuis la p&#233;riode de l'apr&#232;s-guerre. Elle n'est pas seulement &#233;conomique, mais aussi sociale, politique et morale. O&#249; est l'Europe des id&#233;aux et des valeurs humaines qui a mobilis&#233; des g&#233;n&#233;rations de citoyens et qui nous a transmis un message d'espoir et de confiance ? &lt;br class='autobr' /&gt;
L'heure n'est gu&#232;re &#224; l'optimisme. Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-169-Septembre-2015-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 169 - Septembre 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Focus-+" rel="tag"&gt;Focus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Grece-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Editorial de la revue Cahier, n&#176; 25, juin 2015, du Graspe, Groupe de r&#233;flxion sur l'avenir du service public Europ&#233;n &#8211; Bruxelles&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Europe traverse la crise plus grave de son histoire depuis la p&#233;riode de l'apr&#232;s-guerre. Elle n'est pas seulement &#233;conomique, mais aussi sociale, politique et morale. O&#249; est l'Europe des id&#233;aux et des valeurs humaines qui a mobilis&#233; des g&#233;n&#233;rations de citoyens et qui nous a transmis un message d'espoir et de confiance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure n'est gu&#232;re &#224; l'optimisme. Le continent europ&#233;en est malade. Le PIB par habitant reste inf&#233;rieur &#224; son niveau de 2007. Le niveau d'investissement productif a chut&#233; de plus de 20 % par rapport &#224; la situation d'avant-crise. Malgr&#233; les timides signes de reprise, le ch&#244;mage reste tr&#232;s &#233;lev&#233; en Europe, atteignant 27 % en Gr&#232;ce et 23 % en Espagne, dont plus de la moiti&#233; sont des jeunes. Les classes moyennes ont &#233;t&#233; frapp&#233;es par la pauvret&#233; &#224; cause de la baisse des salaires r&#233;els impos&#233;e par la Troika.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La zone euro appara&#238;t plus que jamais en voie de d&#233;sint&#233;gration. Au lieu de combler les &#233;carts de d&#233;veloppement entre les Etats, elle a produit une divergence croissante aliment&#233;e par des transferts de ressources des pays pauvres vers les riches. Il n'y a pas eu de r&#233;ponse solidaire &#224; la crise, et les atermoiements de l'Union europ&#233;enne (UE) n'ont fait qu'aggraver celle-ci. L'Europe a r&#233;agi tardivement pour mettre en place des instruments de gestion de la crise. Le but de l'euro n'est-il pas de cr&#233;er une Europe plus unie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les sauvetages successifs, la Gr&#232;ce est aujourd'hui incapable de faire face &#224; sa dette et de collecter les imp&#244;ts et en m&#234;me temps elle doit r&#233;pondre aux besoins urgents d'une partie de la population vivant dans des conditions pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2009, l'&#233;conomie grecque a perdu 88 milliards de son produit int&#233;rieur brut soit une diminution de plus d'un quart. Alors que l'Europe et le FMI s'obstinent &#224; mener un bras de fer avec le gouvernement de gauche radicale Syriza, on finit par oublier que la crise grecque est d'abord humaine. On ne parle pas assez de la grave crise humanitaire que traverse le pays o&#249; une partie de la population ne parvient pas &#224; se nourrir. En mars, la Commission europ&#233;enne a d&#233;bloqu&#233; une aide d'urgence de 2 milliards pour des raisons humanitaires mais s'est interdit de pr&#233;ciser que ces fonds devaient &#234;tre d&#233;pens&#233;s pour la &#171; croissance et la coh&#233;sion sociale &#187; (!). Cette somme est minuscule par rapport aux pr&#234;ts conc&#233;d&#233;s &#224; la Gr&#232;ce pour payer ses cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cr&#233;diteurs veulent pousser la Gr&#232;ce vers une situation de cessation de paiements. Il est aujourd'hui &#233;vident que l'aust&#233;rit&#233; a mis en faillite l'&#233;conomie grecque qui de ce fait se retrouve confront&#233;e &#224; une grave crise de &#171; liquidit&#233; &#187;. Des &#233;conomistes s&#233;rieux, non suspects de sympathie &#171; gauchiste &#187; comme Charles Wyplosz ou Paul de Grauwe avouent que la Gr&#232;ce a &#233;t&#233; punie s&#233;v&#232;rement en lui imposant des surplus primaires &#233;lev&#233;s difficilement acceptables en pleine r&#233;cession. Certes, la Gr&#232;ce a besoin de r&#233;formes pour sa survie &#233;conomique. Toutefois, il faut s'accorder sur la signification de ces r&#233;formes dont certaines sont n&#233;cessaires en particulier dans le domaine fiscal pour mettre fin &#224; une situation insoutenable d'&#233;vasion fiscale. D'autres r&#233;formes concernant le march&#233; du travail, par exemple, viseraient &#224; baisser les salaires r&#233;els pour faciliter les ajustements structurels ou encore les privatisations qui deviendraient difficiles &#224; assumer par un Etat exsangue disposant de peu d'actifs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes &#224; un point de non-retour. Si l'Union mon&#233;taire est r&#233;versible, la sp&#233;culation repartira. Si la Gr&#232;ce faisait partie d'un v&#233;ritable syst&#232;me f&#233;d&#233;ral, elle pourrait b&#233;n&#233;ficier de garanties du syst&#232;me f&#233;d&#233;ral. Si le Texas ou la Californie se d&#233;clarait en faillite, il n'y aurait aucun effet domino, c'est-&#224;-dire que la crise de la dette se transformerait en crise bancaire. Si cela s'av&#233;rait impossible pour la Gr&#232;ce de faire face &#224; ses dettes, elle n'aurait pas d'autre possibilit&#233; que de sortir de l'Union mon&#233;taire. Car elle ne pourrait pas permettre que son syst&#232;me bancaire soit insolvable en entra&#238;nant davantage de ch&#244;mage et d'instabilit&#233; politique. Le fonds de la question est de savoir si la BCE est dispos&#233;e &#224; soutenir le syst&#232;me bancaire grec en cas de d&#233;faut de l'Etat grec sur la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Crise de citoyennet&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'autre crise est la crise de la citoyennet&#233; europ&#233;enne, sans doute plus grave que celle de la zone euro, car elle mine les fondements de la d&#233;mocratie europ&#233;enne. La d&#233;saffection vis-&#224;-vis des institutions europ&#233;ennes a atteint des sommets. Le Parlement europ&#233;en s'est vu octroyer au fil des trait&#233;s, des pouvoirs accrus pour faire face au &#171; d&#233;ficit d&#233;mocratique &#187; de la construction europ&#233;enne. En revanche, les taux de participation aux &#233;lections europ&#233;ennes n'ont jamais &#233;t&#233; aussi bas. Dans le pays qui a le plus b&#233;n&#233;fici&#233; des aides europ&#233;ennes, la Pologne, un conservateur anti-europ&#233;en a &#233;t&#233; &#233;lu. Au Royaume Uni, le Premier ministre Cameron a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu sur la base d'un programme qui pr&#233;voit un r&#233;f&#233;rendum sur la sortie de l'UE. Les populismes de tout bord font flor&#232;s sur les th&#232;mes de l'euro, de l'immigration et du protectionnisme. Dans le Sud de l'Europe, s'organisent des mouvements de r&#233;action aux politiques d'aust&#233;rit&#233;, en Gr&#232;ce avec Syriza et en Espagne avec Podemos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la crise, on assiste &#224; un &#233;chec du projet de solidarit&#233; europ&#233;enne. L'Union est guid&#233;e aujourd'hui par des int&#233;r&#234;ts purement &#233;conomiques, qui se r&#233;duisent souvent &#224; un terrain d'affrontement entre les pays cr&#233;anciers et les pays d&#233;biteurs. Le projet d'int&#233;gration politique est pass&#233; au second plan, renvoy&#233; aux calendes grecques. &#171; Il faut unir non pas des Etats, mais des citoyens &#187;, disait Jean Monnet. Aujourd'hui, cet id&#233;al semble trahi par la supr&#233;matie des &#233;go&#239;smes nationaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un New Deal pour l'Europe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2010, l'UE et ses Etats membres ont entrepris des politiques &#233;conomiques qui n'ont fait qu'aggraver la crise plus s&#233;v&#232;re qu'ailleurs et sa propre coh&#233;sion interne. Si l'&#233;conomie europ&#233;enne avait &#233;t&#233; g&#233;r&#233;e selon les pr&#233;ceptes de la &#171; bonne &#233;conomie &#187;, nous aurions, disent les experts un surplus de produit int&#233;rieur brut d'environ 17 % &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne. En revanche, il s'est produit au cours de ces derni&#232;res une terrible d&#233;vastation des biens publics sacrifi&#233;s sur l'autel de la grande finance au nom de la stabilit&#233; macro&#233;conomique ! M&#234;me si elle a mis en place des instruments de gestion de crise, son syst&#232;me de gouvernance &#233;conomique doit &#234;tre largement r&#233;form&#233; dans le sens d'un renforcement des institutions europ&#233;ennes. Mais ces r&#233;formes, sans lesquelles la zone euro reste vuln&#233;rable &#224; d'autres crises, doit s'accompagner d'une v&#233;ritable strat&#233;gie de croissance et d'emplois car la politique mon&#233;taire, aussi vigoureuse soit-elle, ne saurait suffire &#224; assurer un d&#233;veloppement &#233;conomique sur des bases durables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Plan Juncker, avec la constitution d'un fonds de garantie g&#233;r&#233; par la Banque Europ&#233;enne d'Investissement (BEI) est un pas important allant dans cette direction. Etant donn&#233; que les int&#233;r&#234;ts restent voisins de z&#233;ro, il convient de r&#233;aliser des investissements publics structurants &#8211; soutenus par la BEI et autres institutions financi&#232;res internationales &#8211; qui puissent cr&#233;er des emplois &#224; court terme et engendrer des retours &#233;lev&#233;s sur le long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lanc&#233;e en 2014, l'initiative citoyenne pour un plan sp&#233;cial pour le d&#233;veloppement durable et l'emploi va dans ce sens. Elle r&#233;clamait un programme d'investissements publics pour la production et le financement de biens publics europ&#233;ens, notamment en mati&#232;re d'&#233;nergie renouvelables, recherche et innovation, r&#233;seaux d'infrastructure, agriculture &#233;cologique, protection de l'environnement et patrimoine culturel ; un Fonds de Solidarit&#233; Europ&#233;en pour financer des emplois pour les jeunes ; l'augmentation des ressources propres du budget europ&#233;en &#224; travers une taxe sur les transactions financi&#232;res et la taxe sur les &#233;missions de carbone. Un plan ambitieux, certes, mais r&#233;aliste, qui s'est heurt&#233; au mur de l'indiff&#233;rence des Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, le philosophe allemand J&#252;rgen Habermas a d&#233;montr&#233; que les d&#233;ficiences de l'Union mon&#233;taire &#233;taient dues au manque de r&#233;gulation politique au niveau europ&#233;en. La m&#233;thode inter-gouvernementale a montr&#233; ses limites car elle est fondamentalement inefficace et non d&#233;mocratique, donc sans l&#233;gitimit&#233;. Cette tension entre les imp&#233;ratifs &#233;conomiques et financiers de r&#233;soudre la crise et l'absence d'un pouvoir politique europ&#233;en d&#233;mocratiquement &#233;lu conduit &#224; la fragmentation politique de l'Europe. Il est plus que jamais n&#233;cessaire d'inventer des proc&#233;dures de transfert de la souverainet&#233; au niveau supranational sans affaiblir des proc&#233;dures d&#233;mocratiques nationales. C'est au niveau de la zone euro qu'il faut faire preuve d'imagination pour formaliser des institutions capables de coordonner les politiques &#233;conomiques pertinentes qui puissent r&#233;pondre aux besoins et aux aspirations des citoyens. Bref, notre mod&#232;le europ&#233;en doit &#234;tre profond&#233;ment remani&#233; pour mettre l'Europe sur la voie d'une croissance soutenable et largement inclusive.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Guerre civile europ&#233;enne</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Guerre-civile-europeenne</link>
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		<dc:date>2015-11-06T13:21:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rudolf Kalman</dc:creator>


		<dc:subject>Focus</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'historien allemand Ernst Nolte avait qualifi&#233; les deux guerres mondiales de &#034;Europ&#228;ischer B&#252;rgerkrieg&#034;, guerre civile europ&#233;enne. &lt;br class='autobr' /&gt;
A pr&#233;sent, l'Europe se trouve &#224; nouveau en guerre avec elle m&#234;me : celle de l'Europe des banques contre l'Europe des peuples. Fracture qui passe au sein de nos peuples, de nos nations, mais que deux d'entre elles ont choisi, chacune d'un c&#244;t&#233;, d'incarner plus particuli&#232;rement : l'Allemagne et la Gr&#232;ce. Il ne s'agit certes plus d'une guerre arm&#233;e, nul (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'historien allemand Ernst Nolte avait qualifi&#233; les deux guerres mondiales de &#034;Europ&#228;ischer B&#252;rgerkrieg&#034;, guerre civile europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A pr&#233;sent, l'Europe se trouve &#224; nouveau en guerre avec elle m&#234;me : celle de l'Europe des banques contre l'Europe des peuples. Fracture qui passe au sein de nos peuples, de nos nations, mais que deux d'entre elles ont choisi, chacune d'un c&#244;t&#233;, d'incarner plus particuli&#232;rement : l'Allemagne et la Gr&#232;ce. Il ne s'agit certes plus d'une guerre arm&#233;e, nul parachutiste n'a &#233;t&#233;, cette fois-ci, largu&#233; sur la Cr&#232;te, et nous pouvons raisonnablement admettre que, m&#234;me en cas de victoire de Podemos aux prochaines &#233;lections espagnoles, Guernica ne sera pas bombard&#233;e. Cette guerre n'en a pas moins, d&#233;j&#224;, co&#251;t&#233; des vies humaines : celles de malades priv&#233;s de soins dans les h&#244;pitaux grecs, ceci pour les raisons que chacun conna&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette guerre civile, car, ne nous voilons pas la face, c'en est une, chacun de nous doit prendre parti. Fran&#231;ois Hollande, dirigeant socialiste et donc naturellement plac&#233; du c&#244;te de l'Europe des peuples, aurait d&#251; le faire en refusant de recevoir Mme Merkel, et en recevant &#224; sa place les chefs de gouvernement portugais, espagnol, italien&#8230;et surtout grec&#8230; Isoler Mme Merkel dans le champ politique est la premi&#232;re des mesures &#224; prendre pour le peuple grec, notre alli&#233; dans la lutte, notre fr&#232;re, notre nous-m&#234;me&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons enfin quelques faits plus prosa&#239;quement g&#233;opolitiques : face &#224; ses ennemis, la Gr&#232;ce n'est pas d&#233;pourvue d'armes. Quel que soit l'attachement des grecs &#224; une Europe qu'ils ont fond&#233;e il y a trois mille ans, la sortie (demain ou apr&#232;s demain) de la Gr&#232;ce de la zone euro ne sera pas sans cons&#233;quences. Elle entra&#238;nera un basculement, un changement de camp global en direction de la Russie, une sortie de l'UE, et m&#234;me du Pacte Atlantique. Que l'Occident ne pousse pas la Gr&#232;ce &#224; ces extr&#233;mit&#233;s, comme jadis l'Am&#233;rique a pouss&#233; le jeune Fidel Castro dans le camp sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou alors, souhaitons nous r&#233;ellement offrir &#224; M. Poutine les bases navales dont il r&#234;ve, en Cr&#232;te, au coeur de la M&#233;diterran&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caveant consules !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Rudolf Kalman est membre de la Maison de l'Europe et des Europ&#233;ens de Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Discours europ&#233;ens - La voix romaine</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Discours-europeens-La-voix-romaine</link>
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		<dc:date>2013-07-26T08:23:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques Fayette</dc:creator>


		<dc:subject>Focus</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le Pr&#233;sident Fran&#231;ois Hollande dans l'introduction &#224; sa conf&#233;rence de presse du jeudi 16 mai, a propos&#233; un gouvernement &#233;conomique de l'Europe qui &#171; d&#233;battrait des principales d&#233;cisions de politique &#233;conomique &#224; prendre par les &#201;tats membres, harmoniserait la fiscalit&#233;, commencerait &#224; faire acte de convergence sur le plan social, par le haut, et engagerait un plan de lutte contre la fraude fiscale &#187;. Ce projet a soulev&#233; l'enthousiasme de certains commentateurs. Ainsi le journal Le Monde a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-160-Juin-2013-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 160 &#8212; Juin 2013&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Focus-+" rel="tag"&gt;Focus&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Pr&#233;sident Fran&#231;ois Hollande dans l'introduction &#224; sa conf&#233;rence de presse du jeudi 16 mai, a propos&#233; un gouvernement &#233;conomique de l'Europe qui &#171; &lt;i&gt;d&#233;battrait des principales d&#233;cisions de politique &#233;conomique &#224; prendre par les &#201;tats membres, harmoniserait la fiscalit&#233;, commencerait &#224; faire acte de convergence sur le plan social, par le haut, et engagerait un plan de lutte contre la fraude fiscale&lt;/i&gt; &#187;. Ce projet a soulev&#233; l'enthousiasme de certains commentateurs. Ainsi le journal &lt;strong&gt;Le Monde&lt;/strong&gt; a salu&#233; &#171; &lt;i&gt;Une offre fran&#231;aise pour l'Europe, enfin&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#234;mes commentateurs font un rapprochement avec le discours initial du Pr&#233;sident du Conseil Enrico Letta devant la Chambre des D&#233;put&#233;s et y voient une convergence franco-italienne pour faire avancer une nouvelle politique europ&#233;enne, face &#224; l'intransigeance d'une chanceli&#232;re allemande pr&#233;parant ses &#233;lections au &lt;i&gt;Bundestag&lt;/i&gt; le 22 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est caract&#233;ristique des offres de la France et de l'Allemagne est que chacune suscite le silence ou le refus de l'autre. Il en fut ainsi par exemple avec le document Lammers-Sch&#228;uble de 1994 ou du projet de Joschka Fischer en juin 2000 &#224; l'Universit&#233; Humboldt auquel Hubert V&#233;drine (Ministre des Affaires &#233;trang&#232;res de Lionel Jospin) r&#233;pondit imm&#233;diatement par la n&#233;gative dans &lt;strong&gt;Le Monde&lt;/strong&gt;. R&#233;cemment encore, la chanceli&#232;re Angela Merkel et son ministre de l'&#233;conomie Wolfgang Sch&#228;uble ont fait tant &#224; Nicolas Sarkozy qu'&#224; Fran&#231;ois Hollande, des propositions pour aller plus loin dans l'int&#233;gration, propositions rest&#233;es sans r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offre de Fran&#231;ois Hollande s'inscrit sur une ligne constante qui remonte au Plan Fouchet, &#224; celle de Pierre B&#233;r&#233;govoy, ou &#224; celle de Nicolas Sarkozy &#224; Strasbourg en octobre 2008 ; elle privil&#233;gie la m&#233;thode intergouvernementale au d&#233;triment de la m&#233;thode communautaire, ignorant que le Trait&#233; de Lisbonne va donner au Parlement europ&#233;en et &#224; la Commission, une l&#233;gitimit&#233; et une comp&#233;tence nouvelles. Or cette m&#233;thode intergouvernementale est de plus en plus lourde et inefficace, la confrontation de 27 ou 17 int&#233;r&#234;ts nationaux, n'engendre pas un int&#233;r&#234;t europ&#233;en. On se rend compte que, m&#234;me dans les cas o&#249; les trait&#233;s permettent au Conseil de statuer &#224; la majorit&#233;, les &#201;tats continuent &#224; rechercher l'unanimit&#233; comme le d&#233;plore Martin Schulz, Pr&#233;sident du Parlement europ&#233;en dans &lt;strong&gt;La Croix&lt;/strong&gt; du 17 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#233;sident fran&#231;ais a certes d&#233;clar&#233; &#171; &lt;i&gt;L'Allemagne, plusieurs fois, a dit qu'elle &#233;tait pr&#234;te &#224; une Union politique, &#224; une nouvelle &#233;tape d'int&#233;gration. La France est &#233;galement dispos&#233;e &#224; donner un contenu &#224; cette Union politique&lt;/i&gt; &#187;. Mais il y a cette constante dans la politique fran&#231;aise, quelle que soit la majorit&#233; au pouvoir, &#171; r&#233;solvons d'abord les probl&#232;mes de l'Europe et ensuite nous passerons &#224; l'unit&#233; politique &#187; alors que les Allemands (et Descartes) affirment : &#171; donnons-nous les institutions qui permettent de r&#233;soudre les probl&#232;mes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci est &#233;videmment tr&#232;s loin des th&#232;ses italiennes. Dans son discours &#224; l'issue de son &#233;lection, Laura Boldrini a rendu hommage &#224; Altiero Spinelli, inspirateur historique du f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en. A sa suite, Enrico Letta a affirm&#233; &#171; &lt;i&gt;l'Europe est le voyage dans lequel nous sommes embarqu&#233;s pour arriver &#224; l'avenir, l'Europe c'est l'espace politique o&#249; doit &#234;tre relanc&#233;e l'esp&#233;rance&lt;/i&gt; &#187;. Il n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; employer le mot f&#233;d&#233;ral et &#224; affirmer que le port d'arriv&#233;e &#233;tait les &#201;tats-Unis d'Europe, ce que n'ont jamais dit ni Fran&#231;ois Hollande ni Jacques Delors quoi qu'on dise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Croire donc que l'Italie viendra appuyer la France dans une certaine forme d'opposition &#224; la politique allemande, constitue une grave erreur. Guillaume Klossa pr&#233;sident de &lt;i&gt;Europa Nova&lt;/i&gt; qui conna&#238;t particuli&#232;rement bien Enrico Letta, montre dans un article du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; du 30 avril &#171; &lt;i&gt;Enrico Letta, au secours de Paris et Berlin ?&lt;/i&gt; &#187; qu'il n'en n'est rien et qu'au contraire, Enrico Letta en poussant l'int&#233;gration de la zone euro et l'av&#232;nement d'une d&#233;mocratie europ&#233;enne devrait donner le moyen de sortir d'un dangereux face &#224; face franco-allemand. La rencontre euphorisante entre Enrico Letta et Fran&#231;ois Hollande, sur le chemin entre Berlin et Bruxelles, le mercredi 1er mai, ne fera pas de l'Italie un acteur d'une croisade germanophobe &#224; la mani&#232;re de Barbara Spinelli dans &lt;strong&gt;La Repubblica&lt;/strong&gt; du 17 mai &#171; &lt;i&gt;Europa, il sonno della politica&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on voit les probl&#232;mes de nos pays dans &lt;strong&gt;Le Grand basculement&lt;/strong&gt; d&#233;crit par Jean-Michel Severino et Olivier Ray (Odile Jacob, Paris 2011) on ne peut que boire les paroles du Pr&#233;sident Giorgio Napolitano dans son discours inaugural de l'ann&#233;e acad&#233;mique au Coll&#232;ge de Bruges, le 26 octobre 2011 ; rappelant qu'au m&#234;me endroit en 1989, Jacques Delors avait dit qu'il fallait abandonner la politique des petits pas, il concluait &#171; &lt;i&gt;Or, dans ces ann&#233;es-l&#224;, avec le Trait&#233; de Maastricht et l'Euro, un saut de qualit&#233; fut accompli. Il est temps d'en accomplir un autre, encore plus d&#233;cisif&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les voix de Giorgio Napolitano, Enrico Letta et Emma Bonino qui de Rome uniront Berlin, Bruxelles, Paris&#8230; et quelques autres capitales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jacques Fayette&lt;br class='manualbr' /&gt;Professeur honoraire &#224; l'Universit&#233; Lyon III&lt;br class='manualbr' /&gt;Membre de l'UEF Rh&#244;ne-Alpes - Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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