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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>Et L'euro, 20 ans d&#233;j&#224;&#8230; Bon anniversaire, l'euro, et longue vie !</title>
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		<dc:date>2019-05-25T06:51:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Malegarie</dc:creator>


		<dc:subject>euro</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour avoir v&#233;cu de pr&#232;s la pr&#233;paration de l'av&#232;nement de la monnaie unique en tant que Directeur de l'Institut de l'euro, je ne peux que saluer et me r&#233;jouir de son vingti&#232;me anniversaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pas mal, pour une monnaie mondiale (la deuxi&#232;me, plus pr&#233;cis&#233;ment), dont beaucoup de commentateurs, experts &#233;conomiques ou mon&#233;taires pr&#233;voyaient la disparition d&#232;s sa premi&#232;re ann&#233;e d'existence. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'euro est n&#233; le 1er janvier 1999, en tant que monnaie officielle de onze pays, mais monnaie scripturale au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-181-Avril-2019-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 181 - Avril 2019&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-euro-+" rel="tag"&gt;euro&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour avoir v&#233;cu de pr&#232;s la pr&#233;paration de l'av&#232;nement de la monnaie unique en tant que Directeur de l'Institut de l'euro, je ne peux que saluer et me r&#233;jouir de son vingti&#232;me anniversaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas mal, pour une monnaie mondiale (la deuxi&#232;me, plus pr&#233;cis&#233;ment), dont beaucoup de commentateurs, experts &#233;conomiques ou mon&#233;taires pr&#233;voyaient la disparition d&#232;s sa premi&#232;re ann&#233;e d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'euro est n&#233; le 1er janvier 1999, en tant que monnaie officielle de onze pays, mais monnaie scripturale au d&#233;part (par exemple, conversion des comptes publics de ces pays en euros, du salaire des fonctionnaires, de la dette, des comptes bancaires, etc). La monnaie fiduciaire, elle (introduction des pi&#232;ces et billets) n'est arriv&#233;e que trois ans plus tard (au 1er janvier 2002) au terme d'une (longue) p&#233;riode de transition (cohabitation avec l'ancienne monnaie nationale) et de pr&#233;paration technique et psychologique. Aujourd'hui, l'exp&#233;rience aidant, au fur et &#224; mesure des arriv&#233;es des nouveaux pays candidats s&#233;lectionn&#233;s (sur des crit&#232;res tr&#232;s stricts), la p&#233;riode de transition est r&#233;duite &#224; six mois environ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendons hommage ici &#224; ses concepteurs : les plans de Raymond Barre (alors Vice-pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne) / Pierre Werner (Responsable politique au Luxembourg) en 1969 et 1970, puis la cr&#233;ation du Syst&#232;me mon&#233;taire europ&#233;en (SME) par Val&#233;ry Giscard d'Estaing / Helmut Schmidt introduisant une monnaie virtuelle, l'&#201;CU (European Currency Unit), unit&#233; de compte europ&#233;enne, soit un pivot fixant des taux de fluctuation pour les monnaies nationales qui lui &#233;taient rattach&#233;es ; et enfin le Trait&#233; de Madrid (1989) puis de Maastricht (1992) qui cr&#233;&#232;rent l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire (UEM).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saluons enfin le r&#244;le d&#233;terminant de Jacques Delors, alors Pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne (1985 &#224; 1995) qui parvint &#224; convaincre les dirigeants des deux premiers &#201;tats de l'Union (Helmut Kohl et Fran&#231;ois Mitterrand pour l'Allemagne et la France) de lancer la monnaie unique. Ce ne fut pas du tout &#233;vident de convaincre le Chancelier allemand de se d&#233;faire du Deutschemark, monnaie tr&#232;s forte et solide par rapport &#224; d'autres devises europ&#233;ennes plus vuln&#233;rables, dont le franc fran&#231;ais&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'esprit de ses concepteurs, la monnaie unique avait trois objectifs majeurs :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Un objectif mon&#233;taire&lt;/strong&gt;, bien s&#251;r. Il s'agissait en effet de mettre un terme au d&#233;sordre &#224; r&#233;p&#233;tition des monnaies les plus faibles qui d&#233;valuaient souvent. L'euro &#233;tait l'aboutissement logique du march&#233; commun, puis unique, et de la libre circulation des hommes, des marchandises, des services et des capitaux. Dans un vaste march&#233; int&#233;rieur europ&#233;en, pourquoi se faire la guerre entre monnaies nationales, alors qu'il n'y avait plus de guerre commerciale ou douani&#232;re ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Un objectif politique&lt;/strong&gt;. Apr&#232;s les &#171; trente glorieuses &#187;, l'Europe est vite devenue un g&#233;ant &#233;conomique, mais depuis 1945 restait quand m&#234;me sous domination du dollar, dont l'h&#233;g&#233;monie &#233;tait totale. La premi&#232;re puissance commerciale du monde aspirait donc l&#233;gitimement &#224; se doter d'une monnaie mondiale (la seule devise europ&#233;enne &#224; avoir eu ce rang, et le premier m&#234;me jusqu'en 1917, fut la livre sterling). L'Europe se devait alors de ma&#238;triser &#171; sa &#187; monnaie avec une banque centrale europ&#233;enne ma&#238;tre de sa politique mon&#233;taire (taux, puis apr&#232;s la crise mondiale de 2008, rachat ou garantie de dettes). L'euro devait nous affranchir du dollar, mais aussi du deutschemark qui faisait office de &#171; monnaie europ&#233;enne &#187;. Une monnaie unique est &#224; l'&#233;vidence un &#233;l&#233;ment cl&#233; de souverainet&#233; europ&#233;enne, un vecteur puissant d'int&#233;gration politique de l'Union. Car malgr&#233; sa force, le deutschemark n'&#233;tait nullement une monnaie &#171; mondiale &#187;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Un objectif citoyen&lt;/strong&gt;. La monnaie, pi&#232;ce ou billet, cela concerne tout le monde, chaque citoyen. Partager une monnaie avec plusieurs &#201;tats, c'est un symbole fort, pour son usage quotidien, pour promouvoir un &#233;l&#233;ment d'identit&#233; voire de citoyennet&#233; europ&#233;enne. En soixante ans, l'Europe a r&#233;alis&#233; de belles choses : la Communaut&#233; europ&#233;enne de charbon et de l'acier (CECA) pour instaurer la paix durable et m&#234;me irr&#233;versible entre anciens bellig&#233;rants, les fonds europ&#233;ens dont la PAC (Politique agricole commune) pour r&#233;&#233;quilibrer des territoires, Erasmus+ pour rapprocher les &#233;tudiants et d&#233;sormais les apprentis et les demandeurs d'emploi. Mais une monnaie unique, cela touche absolument chacune et chacun des 340 millions de citoyens europ&#233;ens de la zone euro, &#233;largie d&#233;sormais &#224; 19 &#201;tats (et plusieurs autres &#201;tats attendent de pouvoir les rejoindre).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un bilan flatteur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le dollar a mis cent ans pour d&#233;tr&#244;ner la livre sterling du statut de &#171; premi&#232;re monnaie mondiale &#187;. L'euro s'est imm&#233;diatement impos&#233; &#224; la seconde place, d&#233;passant le yen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2018, l'euro a &#233;t&#233; utilis&#233; dans 36 % des transactions internationales. Le dollar am&#233;ricain a lui &#233;t&#233; utilis&#233; dans 40 % des paiements. Sur ce plan, les deux monnaies mondiales sont &#224; peu pr&#232;s &#224; &#233;galit&#233;. Par contre, en ce qui concerne les r&#233;serves mondiales de change, le dollar reste la monnaie reine repr&#233;sentant 61 % de tout ce que contiennent tous les coffres forts bancaires de la plan&#232;te. L'euro repr&#233;sentant quant &#224; lui 20 % (2&#232;me place). Au-del&#224; des 19 &#201;tats membres de la zone euro, en attendant d'autres Etats &#224; l'est de l'Europe comme les Balkans d&#232;s qu'ils rempliront tous les crit&#232;res, plusieurs autres &#201;tats ou principaut&#233;s ont fait de l'euro leur monnaie officielle : Andorre, Monaco, San Marin, Cit&#233; du Vatican, Liechtenstein. Pourtant, l'euro est appr&#233;ci&#233; car il rassure par sa force et sa stabilit&#233;, b&#233;n&#233;ficiant aussi de la place de l'Union europ&#233;enne (UE) en tant que premi&#232;re puissance commerciale du monde. Il permet aussi &#224; nombre de pays, notamment &#233;mergents, de diversifier leurs devises et ainsi s'affranchir un peu du roi-dollar pour des raisons financi&#232;res mais aussi politiques ou g&#233;opolitiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les atouts de la monnaie unique europ&#233;enne sont r&#233;els pour les citoyens et les entreprises, gr&#226;ce &#224; sa stabilit&#233; et &#224; sa solidit&#233;, &#233;galement gr&#226;ce &#224; une excellente gestion par le pr&#233;sident de la Banque centrale europ&#233;enne (BCE), Mario Draghi, qui a su prendre de bonnes initiatives et qui ach&#232;vera malheureusement bient&#244;t son mandant (unique, selon les textes) de huit ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'euro rassure dans l'UE mais aussi &#224; l'ext&#233;rieur, les particuliers comme les entreprises, les cr&#233;anciers comme les emprunteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le citoyen, l'euro a permis de donner un peu plus de pouvoir d'achat, avec une inflation contr&#244;l&#233;e &#224; 2 % maximum (contre 10 % et plus avant l'euro !). L'euro permet des taux d'int&#233;r&#234;t tr&#232;s bas pour tout emprunt. Des taux &#224; 2 % &#224; dix ans, jamais un pays europ&#233;en n'avait connu cela auparavant. Pas &#233;tonnant que la c&#233;l&#232;bre City de Londres, premi&#232;re place financi&#232;re mondiale, commerce jusqu'&#224; 30 % en euro !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement que l'on avait l'euro lors de la terrible crise financi&#232;re, puis &#233;conomique de 2008, la plus grande crise mondiale apr&#232;s celle de 1929. L'euro a r&#233;sist&#233; &#224; tout, &#224; une crise &#233;conomique, budg&#233;taire, politique, morale sans pr&#233;c&#233;dent. Mais il n'y a jamais eu de crise mon&#233;taire, l'euro n'a jamais flanch&#233; malgr&#233; les tentatives d'attaques sp&#233;culatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la BCE a fait, pour la faillite de la Gr&#232;ce, ce qu'aucune banque nationale n'aurait pu faire : injecter massivement des liquidit&#233;s (plus de 1 000 milliards d'euros) pour faire baisser les taux d'int&#233;r&#234;t et racheter des dettes. Et cela a march&#233;, les taux d'int&#233;r&#234;t grecs sont retomb&#233;s de 25 % (!) &#224; 6 ou 7 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'euro permet &#224; chacun d'&#233;changer, voyager, &#233;tudier, comparer les prix en toute simplicit&#233;. Tous les &#233;pargnants de la zone euro sont les seuls citoyens au monde &#224; b&#233;n&#233;ficier d'une s&#233;curisation totale de leurs avoirs dans n'importe quelle banque jusqu'&#224; 100 000 &#8364; (m&#234;me si la banque fait totalement faillite).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'euro permet aussi &#224; l'UE de peser davantage &#224; l'Organisation mondiale du commerce (OMC) face aux &#201;tats-Unis et &#224; la Chine. Si nos &#201;tats y si&#233;geaient de fa&#231;on isol&#233;e, avec nos petites monnaies nationales, nous serions balay&#233;s dans les d&#233;cisions prises. Selon la derni&#232;re enqu&#234;te d'Eurobarom&#232;tre (novembre 2018), 74 % des Europ&#233;ens sont convaincus de l'effet positif de l'euro sur l'Union, et 64% pensent qu'il a &#233;t&#233; b&#233;n&#233;fique pour leur pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En toute logique, il n'y a absolument aucun pays (pas m&#234;me la Gr&#232;ce) pour envisager s&#233;rieusement d'abandonner l'euro. Et il y a au contraire beaucoup de candidats &#224; rejoindre la zone euro, m&#234;me en dehors de l'UE !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les faiblesses de l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire (UEM)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'euro n'est pas la cause de ces faiblesses. Il en est plut&#244;t la victime.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis le d&#233;but, il &#233;tait bien pr&#233;vu de r&#233;aliser l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire (UEM). &#192; ce jour, au bout de vingt ans, on n'a r&#233;alis&#233; que l'EM, pas l'U &#171; E &#187; M. Et c'est l&#224; que le b&#226;t blesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'immense responsabilit&#233; n'en incombe ni &#224; la monnaie elle-m&#234;me, ni &#224; ses crit&#232;res, ni &#224; la gouvernance de la BCE (qui a m&#234;me os&#233; prendre des actions salvatrices &#171; non conventionnelles &#187;) pendant la crise, et pas que pour la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle incombe aux dirigeants frileux de la zone euro qui ont trahi, depuis vingt ans, les p&#232;res fondateurs de l'euro : une zone mon&#233;taire unique doit marcher sur ses deux jambes, le mon&#233;taire et l'&#233;conomique. Et non seulement sur sa jambe mon&#233;taire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les rapports depuis les ann&#233;es 1969-70 pr&#233;voyaient bien que l'euro &#233;tait le premier &#233;tage de la fus&#233;e &#171; Int&#233;gration &#233;conomique et politique de l'UE &#187;. L'euro &#233;tait un point de d&#233;part. Les gouvernants en ont fait sciemment, un point d'arriv&#233;e, en refusant de toucher &#224; des pr&#233;rogatives r&#233;galiennes, comme la fiscalit&#233;, un budget autonome, un minist&#232;re de l'euro, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque &#201;tat a profit&#233; des bienfaits de l'euro (stabilit&#233;, s&#233;curisation) pour g&#233;rer &#171; nationalement &#187; son &#233;conomie, sa fiscalit&#233; (d'o&#249; le dumping !), ses d&#233;penses publiques excessives, alors qu'une monnaie unique exige de la coh&#233;rence, de la solidarit&#233;, de la gouvernance partag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2012, Alain R&#233;guillon et moi avons publi&#233; un livre, &lt;i&gt;L'euro, un succ&#232;s inachev&#233;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collection Carnet d'Europe, &#233;d. Presses F&#233;d&#233;ralistes, Lyon, p. 130, &#8364; 12.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, avec beaucoup de propositions. Sept ans apr&#232;s, l'on a tr&#232;s peu &#233;volu&#233; : un peu avec l'Union bancaire, le m&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233; (MES). On a sauv&#233; la Gr&#232;ce. Mais il n'y a toujours pas un &#201;tat pour l'euro, au moins un ministre, des ressources budg&#233;taires propres (taxes sur les transactions financi&#232;res, les GAFA, etc.). Pas de politique de lutte contre les &#233;vasions fiscales (&#233;quivalentes au budget national de l'UE, soit 150 milliards !). Pas de vraie r&#233;plique juridique et judiciaire &#224; l'extraterritorialit&#233; impos&#233;e par nos &#171; alli&#233;s &#187; am&#233;ricains depuis 1993 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons demander la permission &#224; l'Oncle Sam, pour commercer en euro avec des pays, certes douteux sur le plan d&#233;mocratique ! M&#234;me Airbus se vend en dollar &#224; l'int&#233;rieur de la zone euro ! C'est humiliant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne des &#233;lections europ&#233;ennes devrait d&#233;battre de ces sujets majeurs, g&#233;opolitiques, pour l'avenir de l'UE et de son avant-garde, la zone euro. Gr&#226;ce &#224; l'euro, l'UE est la premi&#232;re puissance commerciale mondiale (exc&#233;dentaire sur les USA !). Mais nous sommes toujours des &#171; nains politiques &#187; pour reprendre la formule, qui a 20 ans, de Jacques Delors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'euro est victime des &#233;go&#239;smes nationaux. Le dollar reste de tr&#232;s loin en t&#234;te, car il a un &#201;tat unique, un Tr&#233;sor unique, un budget (f&#233;d&#233;ral) unique. Sa force est donc consid&#233;rable, y compris sa politique mon&#233;taire et la manipulation de ses taux d'int&#233;r&#234;t. Quand les taux d'int&#233;r&#234;t augmentent aux &#201;tats-Unis, ils augmentent en Europe, plusieurs mois apr&#232;s. C'est cela la domination de la premi&#232;re puissance mondiale. Elle impose aux autres sa politique, t&#244;t ou tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'euro seul ne peut faire jeu &#233;gal face &#224; la puissance militaire, &#233;conomique, culturelle, diplomatique des &#201;tats-Unis aujourd'hui, et de la Chine et de l'Inde demain si on ne fait rien...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une alternative cr&#233;dible est possible, mais il faut donner &#224; la zone euro une structure g&#233;opolitique cr&#233;dible. Ce qui est parfaitement possible (taille, d&#233;mographie, puissance commerciale, innovation). Il faut que nos dirigeants actuels ou futur acceptent d'aller vers plus de souverainet&#233; europ&#233;enne, l'euro, &#224; lui seul, ne suffit pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'euro est encore orphelin. Son succ&#232;s reste encore inachev&#233;. Et c'est un incroyable g&#226;chis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut nous d&#233;p&#234;cher. Les &#201;tats-Unis et Trump passeront, et c&#232;deront la premi&#232;re place mondiale &#224; la Chine. Dans dix ans au plus, ce sera pire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'euro a 20 ans. Il est en pleine forme. Faisons-le grandir. Comme l'&#233;crivait Antoine de Saint Exup&#233;ry : &#171; l'avenir, tu n'as pas &#224; le pr&#233;venir, mais &#224; le permettre ! &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alain Mal&#233;garie&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ancien Directeur de l'Institut de l'euro, co-auteur avec Alain R&#233;guillon de L'euro un succ&#232;s inachev&#233;, Vice-pr&#233;sident de la Maison des Europ&#233;ens &#8211; Membre du Conseil d'administration de Presse F&#233;d&#233;raliste &#8211; Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Collection Carnet d'Europe, &#233;d. Presses F&#233;d&#233;ralistes, Lyon, p. 130, &#8364; 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Europe et la monnaie : intervention de Dario Velo</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/L-Europe-et-la-monnaie-intervention-de-Dario-Velo</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/L-Europe-et-la-monnaie-intervention-de-Dario-Velo</guid>
		<dc:date>2015-11-08T18:46:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dario Velo </dc:creator>


		<dc:subject>euro</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au lendemain de la Guerre du Kippur, face &#224; la r&#233;duction des exportations de p&#233;trole d&#233;cid&#233;e par les pays producteurs, le monde a craint un moment de devoir affronter &#224; court terme une situation de p&#233;nurie dramatique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois, peu apr&#232;s, il s'est rendu compte que le p&#233;trole ne manquerait pas ; paradoxalement, on peut dire que la disponibilit&#233; potentielle d'&#233;nergie n'a jamais &#233;t&#233; aussi importante qu'aujourd'hui ; de nouveaux gisements sont d&#233;couverts et la hausse du prix du p&#233;trole rend (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-9-2e-trimestre-1975-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 9 &#8212; 2e trimestre 1975&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-euro-+" rel="tag"&gt;euro&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au lendemain de la Guerre du Kippur, face &#224; la r&#233;duction des exportations de p&#233;trole d&#233;cid&#233;e par les pays producteurs, le monde a craint un moment de devoir affronter &#224; court terme une situation de p&#233;nurie dramatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, peu apr&#232;s, il s'est rendu compte que le p&#233;trole ne manquerait pas ; paradoxalement, on peut dire que la disponibilit&#233; potentielle d'&#233;nergie n'a jamais &#233;t&#233; aussi importante qu'aujourd'hui ; de nouveaux gisements sont d&#233;couverts et la hausse du prix du p&#233;trole rend &#233;conomique l'exploitation de gisements marginaux. En outre, on peut pr&#233;voir l'utilisation d'autres sources d'&#233;nergie, diversifi&#233;es tant par leur implantation g&#233;ographique. que par leur type.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attention s'est cependant port&#233;e sur les r&#233;percussions de l'augmentation du prix du p&#233;trole sur la balance des paiements, les taux d'inflation et les tendances r&#233;cessives des pays consommateurs. Plus particuli&#232;rement, les pr&#233;occupations majeures se sont rapidement port&#233;es sur le probl&#232;me du financement du d&#233;ficit &#233;nerg&#233;tique que les pays consommateurs devront rencontrer, au moins &#224; moyen terme. Divers pays, vue l'insuffisance de leurs r&#233;serves mon&#233;taires ont recherch&#233; le financement du d&#233;ficit de leur balance des paiements, dans un premier temps, au travers de solutions de march&#233;. En effet, l'utilisation de l'or d&#233;tenu dans les r&#233;serves des principaux pays est rendue difficile par le fait qu'il demeure un instrument peu utilisable et ce malgr&#233; les premiers pas effectu&#233;s en direction de sa r&#233;&#233;valuation et de sa plus grande utilisation comme moyen de paiement international. Les Droits de Tirage Sp&#233;ciaux &#224; qui fait d&#233;faut par ailleurs le consensus n&#233;cessaire &#224; leur pleine affirmation comme instrument de r&#233;serve, sont insuffisants en volume et peu flexibles. Dans ces conditions et compte tenu de la pr&#233;f&#233;rence constamment exprim&#233;e par les pays arabes producteurs de p&#233;trole pour l'argent liquide et anonyme, le recours au march&#233; de l'eurodollar est apparu aux pays en d&#233;ficit comme la solution la plus facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dangers de cette solution sont &#233;vidents. Il a &#233;t&#233; calcul&#233; que l'accroissement de la d&#233;pense pour l'importation de p&#233;trole a &#233;t&#233; en 1974 de pr&#232;s de 80 milliards de dollars ; et l'on peut pr&#233;voir en outre un accroissement constant de ce montant dans le futur (si l'on excepte l'hypoth&#232;se d'une crise &#233;conomique internationale tellement grave qu'elle r&#233;duirait la consommation d'&#233;nergie). Il n'est pas difficile de comprendre qu'une telle masse de liquidit&#233;s deviendra rapidement ingouvernable, d'autant plus que les pays producteurs ne pourront la d&#233;penser sur-le-champ et qu'elle sera ainsi appel&#233;e &#224; augmenter cumulativement d'une ann&#233;e sur l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recours au march&#233; de l'eurodollar - bien connu pour &#233;chapper &#224; toute sorte de contr&#244;le et de r&#233;gularisation d'une organisation centrale - pour recycler les p&#233;trodollars, accro&#238;t leur potentiel de d&#233;stabilisation, alors qu'il est d'autre part illusoire d'esp&#233;rer que ces capitaux viendront s'investir d'eux-m&#234;mes par les m&#233;canismes de march&#233; dans les pays importateurs pour des emplois de longue dur&#233;e r&#233;alisant ainsi un m&#233;canisme de compensation simple et imm&#233;diat. Les d&#233;s&#233;quilibres dans la distribution des capitaux offerts par les pays exc&#233;dentaires sont fatals, mais si leur recyclage est fait par le truchement du march&#233; de l'eurodollar, ces d&#233;s&#233;quilibres deviendront suffisamment graves pour mettre en difficult&#233; le syst&#232;me bancaire international et influencer profond&#233;ment les taux d'int&#233;r&#234;t et de change des monnaies nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats europ&#233;ens seront incapables de contr&#244;ler le stock mondial de monnaie et devront donc subir passivement les pouss&#233;es inflationnistes et d&#233;flationnistes d&#233;termin&#233;es par le manque ou l'exc&#232;s de liquidit&#233;s internationales. En d'autres termes, ils abandonneront l'ambition de r&#233;aliser une quelconque politique &#233;conomique autonome et d&#233;l&#233;gueront les choix fondamentaux du d&#233;veloppement &#233;conomique et social aux m&#233;canismes aveugles des march&#233;s internationaux et aux pays capables de les influencer, c'est-&#224;-dire en pratique aux Etats- Unis. Les autorit&#233;s qui, alors, essayeraient de s'opposer au march&#233; de l'eurodollar seraient irr&#233;sistiblement balay&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le recours au march&#233; financier am&#233;ricain, comme alternative, m&#234;me s'il peut indubitablement recycler les p&#233;trodollars avec un degr&#233; de stabilit&#233; sup&#233;rieur &#224; celui permis par le march&#233; de l'eurodollar, pr&#233;sente des limites semblables. Il est &#233;vident par ailleurs que la d&#233;pendance des pays europ&#233;ens pour le financement du d&#233;ficit de leur balance des paiements leur imposerait de subir passivement les d&#233;cisions de politique mon&#233;taire du gouvernement am&#233;ricain et les exposerait &#224; tout chantage possible de sa part. Cela signifierait la renonciation d&#233;finitive des pays europ&#233;ens &#224; leur autonomie avec les cons&#233;quences &#233;conomiques, politiques et sociales qui en d&#233;couleraient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons de toute fa&#231;on concevoir les alternatives entre le recours au march&#233; de l'eurodollar et celui au march&#233; financier am&#233;ricain. Il est certain que ces mesures aussi bien l'une que l'autre seraient valables seulement &#224; court terme et n'apporteraient pas de solution aux v&#233;ritables probl&#232;mes pos&#233;s par l'accumulation de ressources gigantesques par les pays producteurs. A longue &#233;ch&#233;ance, la seule solution pour &#233;viter une crise catastrophique consiste dans la re cherche. d'un &#233;quilibre r&#233;el des &#233;conomies, c'est-&#224;-dire une juste balance des flux de capitaux avec ceux de biens et services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce cadre que doivent &#234;tre pos&#233;es les propositions formul&#233;es par Carli, le gouverneur de la Banque d'Italie. Son analyse est simple : le probl&#232;me est de garantir que les ressources financi&#232;res accumul&#233;es par les pays producteurs soient utilis&#233;es pour financer l'achat de biens et services aux pays consommateurs de p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors que les pays consommateurs (c'est-&#224; dire industrialis&#233;s) sont &#224; m&#234;me, si n&#233;cessaire au prix de sacrifices, de fournir une masse de ressources r&#233;elles &#233;quivalente &#224; leurs besoins de p&#233;trole, les pays producteurs ne sont pas &#224; m&#234;me d'absorber cette masse de ressources r&#233;elles, &#233;tant donn&#233; leur niveau tr&#232;s bas de d&#233;veloppement &#233;conomique. En outre, dans ce processus, les pays en voie de d&#233;veloppement non producteurs (le quart-monde) verraient leur situation empirer, leur capacit&#233; d'importer les biens essentiels &#224; leur d&#233;veloppement &#233;tant encore r&#233;duite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de lancer un grand plan englobant pays industrialis&#233;s, pays producteurs de p&#233;trole et pays en voie de d&#233;veloppement non producteurs. Les premiers auraient la charge de fournir les ressources r&#233;elles, les pays arabes de fournir le p&#233;trole aux pays industriels et une aide financi&#232;re aux pays en voie de d&#233;veloppement. En ce qui concerne les pays du tiers-monde non producteurs, la n&#233;cessit&#233; de leur insertion dans le plan r&#233;pond &#224; deux exigences : d'un cot&#233; l'aida qui leur est due dans le but de garantir un d&#233;veloppement plus &#233;quilibr&#233; de l'humanit&#233; et au nom du principe d'&#233;quit&#233;, de l'autre cot&#233; la n&#233;cessit&#233; de cr&#233;er un nouveau d&#233;bouch&#233; pour les exportations des pays consommateurs. Le plan Carli donne ainsi une perspective r&#233;volutionnaire et logiquement coh&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parall&#232;le entre le Plan Marshall et le Plan Carli est en partie exact. De m&#234;me que le Plan Marshall a permis de r&#233;soudre dans l'apr&#232;s- guerre les probl&#232;mes des rapports &#233;conomiques entre l'Europe et les Etats-Unis, le Plan Carli, s'il &#233;tait r&#233;alis&#233;, permettrait de r&#233;soudre les probl&#232;mes plus graves existant aujourd'hui sur le plan &#233;conomique &#224; niveau mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a une diff&#233;rence fondamentale entre le Plan Carli et le Plan Marshall. Ce dernier correspondait parfaitement aux rapports de pouvoir existant &#224; niveau international dans l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre et ne peut &#234;tre compris si l'on oublie la convergence d'int&#233;r&#234;ts qui pr&#233;valait entre Europe et Am&#233;rique dans le cadre de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine. Le Plan Carli, au contraire, ne correspond pas &#224; la division du pouvoir existant aujourd'hui dans le monde. Aujourd'hui n'existe pas une convergence d'int&#233;r&#234;ts entre pays industriels, pays arabes et pays en voie de d&#233;veloppement non producteurs. Cela ne veut pas dire que le Plan Carli soit abstrait. Le fait que les propositions de Carli aient &#233;t&#233; reprises par Giscard d&#233;montre qu'elles sont r&#233;alisables. Une profonde convergence d'int&#233;r&#234;ts existe entre les pays europ&#233;ens, les pays arabes et les pays du quart-monde, ma is non pas &#224; niveau mondial. Elle s'est jusqu'ici exprim&#233;e tr&#232;s faiblement car les pays europ&#233;ens divis&#233;s n'ont pu &#234;tre un partenaire valable vis-&#224;-vis de ces deux derniers groupes de pays. Les pays europ&#233;ens n'ont pu leur offrir une alternative au protectorat am&#233;ricain. Le Plan Giscard pour l'&#233;nergie a en partie rempli ce vide et pour la premi&#232;re fois exprim&#233; &#224; niveau politique une position autonome europ&#233;enne sur ces probl&#232;mes cruciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Giscard repr&#233;sente aujourd'hui la seule voie par laquelle s'expriment les revendications autonomes de l'Europe. Il semble qu'il ait d&#233;cid&#233; de se porter sur le plan europ&#233;en et sa proposition d'&#233;lire le parlement europ&#233;en d&#233;montre qu'il a compris que les probl&#232;mes pouvaient trouver une solution seulement &#224; ce niveau. Le point de vue europ&#233;en acquis par Giscard est l'&#233;l&#233;ment qui explique la raison pour laquelle il a pu concevoir un projet semblable au Plan Carli. Naturellement, si Giscard parle aux Arabes au nom de l'Europe, il repr&#233;sente aujourd'hui seulement la France, et ses propositions ne peuvent donc &#234;tre imm&#233;diatement accept&#233;es. Mais, malgr&#233; cela elles restent cr&#233;dibles dans la mesure o&#249; est d&#233;bloqu&#233; le processus d'unification politique de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est que l'Europe aurait des int&#233;r&#234;ts beaucoup plus importants que les Etats-Unis &#224; collaborer sur un pied d'&#233;galit&#233;, soit avec les pays producteurs, soit avec les autres pays du tiers-monde. Elle d&#233;pend trop du reste du monde pour tous ses approvisionnements de mati&#232;res premi&#232;res pour pouvoir se refermer sur elle-m&#234;me et renoncer &#224; la collaboration internationale. L'Europe unifi&#233;e rendrait l'&#233;quilibre international plus progressiste et permettrait aux aspirations des pays du tiers-monde de s'exprimer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Dario Velo &#233;tait professeur d'&#233;conomie internationale &#224; la facult&#233; de sciences &#233;conomiques de Pavie et membre du Comit&#233; F&#233;d&#233;ral Europ&#233;en de l'UEF.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Europe et la monnaie : lntervention d'Andr&#233; Vianes</title>
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		<dc:date>2015-11-08T18:23:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Vianes</dc:creator>


		<dc:subject>euro</dc:subject>

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&lt;p&gt;Mesdames et Messieurs, et pour beaucoup d'entre vous, Chers Amis F&#233;d&#233;ralistes. Bernard Barthalay m'a demand&#233; de vous pr&#233;senter le syst&#232;me mon&#233;taire international. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je pense que si Bernard Barthalay m'a demand&#233; ce genre d'expos&#233;, c'est essentiellement pour deux types de raisons. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'une part, parce que monnaie et souverainet&#233; nationale sont deux ph&#233;nom&#232;nes li&#233;s, deux aspects indissociables d'une m&#234;me r&#233;alit&#233;. D'autre part, nous assistons depuis l'apr&#232;s-guerre essentiellement, &#224; un ph&#233;nom&#232;ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-9-2e-trimestre-1975-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 9 &#8212; 2e trimestre 1975&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-euro-+" rel="tag"&gt;euro&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mesdames et Messieurs, et pour beaucoup d'entre vous, Chers Amis F&#233;d&#233;ralistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard Barthalay m'a demand&#233; de vous pr&#233;senter le syst&#232;me mon&#233;taire international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que si Bernard Barthalay m'a demand&#233; ce genre d'expos&#233;, c'est essentiellement pour deux types de raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, parce que monnaie et souverainet&#233; nationale sont deux ph&#233;nom&#232;nes li&#233;s, deux aspects indissociables d'une m&#234;me r&#233;alit&#233;. D'autre part, nous assistons depuis l'apr&#232;s-guerre essentiellement, &#224; un ph&#233;nom&#232;ne fondamental qui marque les &#233;conomies occidentales et notamment les plus d&#233;velopp&#233;es, celui de leur internationalisation. Cela signifie que la production, les &#233;changes, le commerce ont de plus en plus une sph&#232;re d&#233;passant celle traditionnelle de l'Etat national. Ce ph&#233;nom&#232;ne international, supranational, transnational comme on le dit parfois, a maintenant toute une sc&#232;ne de r&#233;percussions concr&#232;tes qui frappent chacun d'entre nous. Notre emploi, notre pouvoir d'achat, les possibilit&#233;s de politique &#233;conomique de nos gouvernements sont de plus en plus conditionn&#233;s par des ph&#233;nom&#232;nes ext&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc internationalisation financi&#232;re, internationalisation de la production de m&#234;me par le ph&#233;nom&#232;ne des firmes multinationales dont l'aire d'action, de production, de d&#233;cision d&#233;passe tr&#232;s largement le traditionnel Etat national, et internationalisation des &#233;changes sous forme d'importations et d'exportations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment a-t-on reconstruit le syst&#232;me mon&#233;taire international au lendemain de la seconde guerre mondiale ? Les pays europ&#233;ens de l'Ouest, principalement la France et l'Allemagne, dans une moindre mesure l'Italie, avaient un besoin immense d'&#233;changes ne serait-ce que pour se procurer les biens d'&#233;quipement et les mati&#232;res premi&#232;res n&#233;cessaires &#224; la reconstruction de leurs &#233;conomies. Il fallait donc reconstruire de toutes pi&#232;ces un syst&#232;me r&#233;gissant ces &#233;changes et il va de soi qu'il fallait une monnaie internationale (en termes plus techniques une devise) ; n&#233;cessit&#233; &#233;galement d'un certain niveau de liquidit&#233;s permettant aux &#233;conomies d'avoir la tr&#233;sorerie suffisante pour organiser leurs &#233;changes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs syst&#232;mes &#233;taient possibles, et le d&#233;bat s'est orient&#233;, au cours d'une conf&#233;rence si&#233;geant &#224; Bretton-Woods, autour des diff&#233;rentes solutions envisageables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re solution, solution disons traditionnelle, qui apparaissait par certains cot&#233;s archa&#239;que et par d'autres impossible, &#233;tait celle du retour &#224; l'&#233;talon-or. Cette solution n'&#233;tait pas possible, car le syst&#232;me de l'&#233;talon-or fait subir aux diff&#233;rents pays des contraintes inacceptables ou supportables seulement au prix de tr&#232;s longues p&#233;riodes d'inflation ou de d&#233;flation successives. Notamment au prix de l'acceptation, en cas de d&#233;s&#233;quilibre commercial, d'un taux de ch&#244;mage apparaissant contradictoire avec ce qui &#233;tait politiquement ou socialement acceptable. Egalement refus de l'or, car durant la guerre, par le ph&#233;nom&#232;ne de fourniture d'armes et autres biens aux diff&#233;rents pays de la part des Etats-Unis, la r&#233;partition mondiale du stock &#233;tait telle que les pays ayant le plus grand besoin d'&#233;changer &#233;taient justement ceux dont les r&#233;serves &#233;taient les plus ass&#233;ch&#233;es. A cause d'une mauvaise r&#233;partition des r&#233;serves, ce syst&#232;me n'aurait pu d&#232;s le d&#233;part que fonctionner tr&#232;s mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En refusant l'or, on s'orientait vers deux autres types de solution ; le premier consistant &#224; retourner au syst&#232;me ayant fonctionn&#233; notamment pendant la crise &#233;conomique de l'entre-deux-guerres, celui dit des taux de change flottants ; le second, propos&#233; par l'&#233;conomiste britannique Keynes, consistant &#224; cr&#233;er de fait une sorte de banque centrale internationale, ayant pouvoir de battre monnaie et de la r&#233;partir, ainsi que le cr&#233;dit, entre les diff&#233;rents pays. Pour un tel syst&#232;me, la difficult&#233; est de trouver sur le pian politique et international une autorit&#233; accept&#233;e par les diff&#233;rentes souverainet&#233;s nationales. Toutes les exp&#233;riences du type propos&#233; par Keynes ont &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;es comme utopiques, et je crois que c'est le probl&#232;me que vous retrouverez quand vous vous interrogerez sur les possibilit&#233;s de cr&#233;ation d'une monnaie europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, au lendemain de la seconde guerre mondiale, refus de l'&#233;talon-or, refus &#233;galement d'une solution supranationale. On s'est orient&#233; vers un syst&#232;me visant &#224; m&#234;ler un certain maintien du r&#234;le de l'or avec la prise en compte des monnaies dominantes sur le pian international, qu'on a appel&#233;es monnaies de r&#233;serve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait le syst&#232;me de Bretton-Woods recherchait essentiellement trois qualit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La stabilit&#233; du prix des monnaies les unes par rapport aux autres (parit&#233;s fixes) et c'est cette contrainte qui a &#233;t&#233; la plus difficile &#224; tenir en raison, il faut le dire, d'espaces &#233;conomiques nationaux ayant des lois et des rythmes d'&#233;volution &#233;conomique diff&#233;rents.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Seconde r&#232;gle : la tendance &#224; la lev&#233;e progressive des restrictions, des obstacles douaniers et tarifaires restreignant les &#233;changes entre les diff&#233;rents pays.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Troisi&#232;me point : l'id&#233;e que dans un syst&#232;me mon&#233;taire international, o&#249; la force &#233;conomique et politique des diff&#233;rentes nations est in&#233;gale, il fallait instaurer au plan mondial un syst&#232;me de cr&#233;dit.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Il faut bien voir que le syst&#232;me mis en oeuvre a &#233;t&#233; soumis &#224; d'importantes contradictions venant essentiellement du r&#244;le des monnaies de r&#233;serve. Celles-ci sont consid&#233;r&#233;es comme rendant le syst&#232;me relativement instable et dangereux pour deux s&#233;ries de raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier point est que ce syst&#232;me est instable par d&#233;finition, c'est ce que l'on appelle, du nom de son inventeur, le dilemme de Triffin. L'&#233;conomiste am&#233;ricain Triffin raisonne ainsi : pour qu'une monnaie de r&#233;serve puisse jouer correctement son r&#244;le, il faut bien sur qu'elle soit pr&#233;sente dans les r&#233;serves des pays autres que celui qui l'&#233;met. Si l'on prend le cas du dollar, pour qu'il se trouve dans les caisses de pays autres que les U.S.A., il faut que ceux-ci aient connu un d&#233;ficit sur une longue p&#233;riode ou &#224; tout le moins un d&#233;ficit portant sur des quantit&#233;s importantes. Il faut par exemple qu'ils aient export&#233; des capitaux en quantit&#233; sup&#233;rieure &#224; leurs importations de capitaux. Mais s'il y a des sorties de monnaie de r&#233;serve trop importantes du pays &#233;metteur vers les pays qui l'accueillent dans les caisses, ce d&#233;ficit va finalement porter atteinte &#224; la confiance dans la monnaie consid&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;ficit n&#233;cessaire du pays &#233;metteur de monnaie de r&#233;serve rend donc impossible la deuxi&#232;me condition n&#233;cessaire : celle de confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays qui recevront cette monnaie auront tendance &#224; chercher &#224; s'en d&#233;barrasser. L'autre p&#244;le de ce dilemme est le suivant : le pays &#233;mettant la monnaie de r&#233;serve peut &#234;tre titulaire d'une monnaie tr&#232;s forte, et dans ce cas la confiance est r&#233;alis&#233;e, mais cela exige alors du pays &#233;metteur l'&#233;quilibre de sa balance des paiements et de sa balance commerciale. Alors la condition de confiance est remplie mais une condition pratique et de fait ne peut l'&#234;tre : la monnaie reste dans les coffres du pays &#233;metteur. Le syst&#232;me du Gold Exchange Standard &#233;volue donc sur une ligne de cr&#234;te et dans une tr&#232;s grande instabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me point qui explique la faiblesse de ce syst&#232;me est ce que l'on appela le privil&#232;ge des monnaies de r&#233;serve. Passons sur le dilemme de Triffin et imaginons que le syst&#232;me puisse fonctionner. En effet, le pays titulaire d'une monnaie de r&#233;serve a un privil&#232;ge consid&#233;rable sur tous les autres pays membres du m&#234;me syst&#232;me, il n'est pas oblig&#233; de maintenir l'&#233;quilibre de sa balance commerciale et de sa balance des paiements. A condition que ce privil&#232;ge soit accept&#233; par les autres pays, il aura la possibilit&#233; de mener, comme l'ont fait les U.S.A., des guerres lointaines, d'effectuer des d&#233;penses militaires et politiques d'intervention dans d'autres pays, d'acheter des firmes &#224; l'&#233;tranger en exportant des capitaux d'une fa&#231;on massive, vu que chaque fois qu'il sera en d&#233;ficit il pourra le r&#233;sorber d'une fa&#231;on factice en payant ce qu'il ach&#232;te &#224; l'ext&#233;rieur avec sa propre monnaie. Pour le cas des U.S.A., on a pu parler longtemps du dollar comme un moyen de d&#233;velopper un certain type d'imp&#233;rialisme, l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Andr&#233; Vianes &#233;tait assistant de sciences &#233;conomiques &#224; l'Universit&#233; de Lyon II et membre du Comit&#233; Directeur du Parti Socialiste&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lettre europ&#233;enne n&#176; 65, ao&#251;t 2015</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Lettre-europeenne-no-65-aout-2015</link>
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		<dc:date>2015-11-06T13:39:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>euro</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Lettre europ&#233;enne est diffus&#233;e en trois langues par la Fondation Luciano Bolis de Pavie &lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit de l'italien par Jean-Luc Prevel - Lyon &lt;br class='autobr' /&gt; S'il &#233;tait besoin d'une d&#233;monstration que l'Europe ne peut pas se limiter &#224; la &#171; maintenance de l'existant &#187;, pour utiliser une expression du Premier ministre italien Matteo Renzi, on aurait difficilement pu penser &#224; un meilleur exemple que celui que la crise grecque a offert. Les semaines anim&#233;es qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; l'accord ont montr&#233; pour le mieux que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-169-Septembre-2015-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 169 - Septembre 2015&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-euro-+" rel="tag"&gt;euro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Grece-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Lettre europ&#233;enne est diffus&#233;e en trois langues par la Fondation Luciano Bolis de Pavie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Jean-Luc Prevel - Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'il &#233;tait besoin d'une d&#233;monstration que l'Europe ne peut pas se limiter &#224; la &#171; maintenance de l'existant &#187;, pour utiliser une expression du Premier ministre italien Matteo Renzi, on aurait difficilement pu penser &#224; un meilleur exemple que celui que la crise grecque a offert. Les semaines anim&#233;es qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; l'accord ont montr&#233; pour le mieux que l'organisation actuelle de l'eurozone alimente une spirale de m&#233;fiance r&#233;ciproque qui requiert des efforts immenses pour r&#233;ussir &#224; trouver, chaque fois que n&#233;cessaire, les solutions minimales qui, plut&#244;t que partag&#233;es, appara&#238;ssent souvent comme le fruit de rapports de force et laissent par la suite des traces de rancoeurs dangereuses. C'est le syst&#232;me qui est aujourd'hui &#224; la base du fonctionnement de la zone euro, que l'on appelle la m&#233;thode intergouvernementale (c'est &#224; dire la recherche d'accords entre les gouvernements qui pr&#233;tend pallier le manque de pouvoirs et d'instruments europ&#233;ens f&#233;d&#233;raux supranationaux), qui constitue le terrain o&#249; prosp&#232;rent les mouvements anti-euro et anti-syst&#232;me, dont la d&#233;magogie a la part belle pour exploiter la protestation et l'opposition au changement, tant que la politique est limit&#233;e au niveau national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne voulons pas ainsi minimiser la valeur positive du r&#233;sultat issu de l'accord entre la Gr&#232;ce et l'Eurogroupe. On a, en fait, &#233;vit&#233; une sortie d'Ath&#232;nes de l'euro qui aurait ouvert des sc&#233;narios potentiellement d&#233;vastateurs pour tous et une banqueroute du pays, qui aurait entra&#238;n&#233; des co&#251;ts &#233;normes pour les citoyens ; et le choix d'Alexis Tsipras semble lui ouvrir finalement et r&#233;ellement, l'opportunit&#233; de faire repartir la Gr&#232;ce avec des politiques de gouvernement en mesure d'influer sur les aspects d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s du syst&#232;me hell&#233;nique. C'est surtout que le principe de la pr&#233;tention &#224; maintenir une souverainet&#233; absolue s'est affirm&#233; comme incompatible avec l'appartenance &#224; l'euro, comme l'explique bien Sabino Cassese (sur le &lt;i&gt;Corriere della Sera&lt;/i&gt; du 15 juillet) ; apr&#232;s le libre choix mais, une fois acquis, contraignant, de d&#233;cider de faire partie d'une communaut&#233; qui partage la m&#234;me monnaie et donc aussi des valeurs et des principes, ainsi que des choix politiques et &#233;conomiques, un gouvernement n'est plus responsable seulement face &#224; ses propres &#233;lecteurs, mais aussi face &#224; la nouvelle communaut&#233; &#224; laquelle il a adh&#233;r&#233; (et aux peuples qui la composent). Les protestations qui se sont &#233;lev&#233;es contre l'offense qui aurait &#233;t&#233; faite &#224; la d&#233;mocratie grecque ne prennent pas en compte que l'Europe, et surtout l'euro, constituent des dimensions fondamentales de la vie politique d'un pays qui a d&#233;cid&#233; d'en faire partie, dimensions dont on ne peut faire abstraction en pr&#233;tendant qu'on n'a pas accompli un pas irr&#233;versible de partage de la souverainet&#233; ; le fait est, au contraire, que le partage de la souverainet&#233; doit &#234;tre rendu explicite pour tous et soutenu par la naissance d'un syst&#232;me europ&#233;en supranational et en tant que tel, d&#233;mocratique. C'est justement ce dernier aspect, en fait, qui est apparu comme &#233;vident par suite des tensions constat&#233;es ces derniers mois. Et, comme on pouvait s'y attendre, le fait d'avoir d&#233;nou&#233; le probl&#232;me de la Gr&#232;ce semble ouvrir la possibilit&#233; d'acc&#233;l&#233;rer le processus d'ach&#232;vement de l'Union mon&#233;taire, qui a &#233;t&#233; laiss&#233; en suspens depuis d&#233;j&#224; plus de deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est donc pas un hasard si, une fois l'affaire la plus urgente de la Gr&#232;ce termin&#233;e, les propositions du gouvernement fran&#231;ais et celles attribu&#233;es au Ministre allemand des finances Sch&#228;uble, qui semblent pr&#233;cis&#233;ment r&#233;pondre &#224; ce nouveau climat, ont rapidement commenc&#233; &#224; circuler. L'objectif d&#233;clar&#233; des deux, m&#234;me si elles sont encore en cours de d&#233;finition, consiste justement &#224; cr&#233;er rapidement un v&#233;ritable gouvernement europ&#233;en de la monnaie. Sur le front allemand, le projet semble se dessiner, ce qui se confirme toujours davantage, de vouloir progresser dans le sens d'une union fiscale &#224; travers la nomination d'un Ministre du Tr&#233;sor de la zone euro, responsable devant le Parlement europ&#233;en, dans une configuration restreinte &#224; d&#233;finir, avec le pouvoir d'intervenir en cas de violation de la part des Etats membres, des contraintes budg&#233;taires n&#233;cessaires dans toute union mon&#233;taire ; et aussi de g&#233;rer un budget autonome de la zone euro, aliment&#233; par un pourcentage de la TVA ou de l'imp&#244;t sur le revenu des entreprises, per&#231;u par les &#201;tats. De cette mani&#232;re, comme l'a observ&#233; le pr&#233;sident du &lt;i&gt;Think Tank&lt;/i&gt; allemand DIW, se cr&#233;erait de facto &#171; un pouvoir d'imposition fiscale et d'&#233;mission de titres europ&#233;ens qui pourrait &#234;tre employ&#233; pour alimenter un fonds contre le ch&#244;mage et pour promouvoir les investissements &#187; (Marcel Fratzscher, &lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt; du 27 juillet 2015). Le fait que le th&#232;me du transfert de souverainet&#233; dans le domaine fiscal reste au centre des pr&#233;occupations allemandes est confirm&#233; aussi par le rapport du Conseil allemand des cinq experts &#233;conomiques (&lt;i&gt;&#171; l'eurozone collectivement responsable de co&#251;ts potentiels, sans renonciation &#224; une part de la souverainet&#233; nationale pour la politique fiscale et &#233;conomique, rendrait - t&#244;t ou tard - l'Union mon&#233;taire davantage instable &#187;&lt;/i&gt; - 28 juillet 2015) ; rapport qui, d'autre part, montre bien les obstacles que doivent affronter ceux qui, en Allemagne, soutiennent des avanc&#233;es imm&#233;diates vers l'union &#233;conomique et politique et comment, pour que le gouvernement de Berlin puisse vaincre les r&#233;sistances internes, il est n&#233;cessaire que des signaux d'une volont&#233; sans ambigu&#239;t&#233; &#233;manent des partenaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, la France, &#224; travers le Pr&#233;sident Hollande et le Premier ministre Valls, a d&#233;clar&#233; vouloir avancer vers un gouvernement et un budget de l'eurozone, sans toutefois sp&#233;cifier comment aborder le probl&#232;me du transfert au niveau europ&#233;en des pouvoirs de contr&#244;le sur les budgets nationaux et en maintenant une certaine ambigu&#239;t&#233; pour ce qui concerne le contr&#244;le parlementaire europ&#233;en en mati&#232;re fiscale et &#233;conomique. Pour l'heure, dans l'optique fran&#231;aise, ce contr&#244;le parlementaire devrait rester li&#233; &#224; une repr&#233;sentation au second niveau de parlementaires nationaux de l'eurozone (c'est &#224; dire &#224; une repr&#233;sentation subordonn&#233;e aux souverainet&#233;s populaires nationales, comme avant les &#233;lections directes de 1979). Sur ce th&#232;me, &#224; travers le Ministre Padoan, l'Italie a d&#233;j&#224; exprim&#233; des r&#233;serves opportunes et n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, si les distances entre les deux propositions sont encore nombreuses et profondes dans la mesure o&#249; elles sont le fruit de deux approches antith&#233;tiques de la France et de l'Allemagne sur le processus europ&#233;en, le point central, c'est qu'il semble qu'un dialogue sur la r&#233;forme du gouvernement de l'euro peut repartir. Pour pouvoir r&#233;ussir, le r&#244;le des autres gouvernements-cl&#233; et celui des instances europ&#233;ennes elles-m&#234;mes, sera fondamental. Les principes que l'Allemagne d&#233;fend et dont d&#233;pendent les futures avanc&#233;es de l'eurozone sont sacro-saints. C'est pour cela que, si l'Italie choisissait de s'aligner en faveur de la proposition de cr&#233;er un Ministre du Tr&#233;sor pour la zone euro, avec des pouvoirs limit&#233;s mais effectifs d'intervention sur les politiques budg&#233;taires nationales, dont il devrait &#234;tre responsable &#224; la fois devant le Parlement europ&#233;en (dans une composition restreinte &#224; d&#233;finir) et la majorit&#233; des membres de l'Eurogroupe ; et si, sur cette base, elle soutenait la n&#233;cessit&#233; de cr&#233;er dans le m&#234;me temps un budget pour l'eurozone, aliment&#233; par des ressources ad hoc (en avan&#231;ant aussi des propositions sur la nature des imp&#244;ts n&#233;cessaires dans cet objectif) et des m&#233;canismes de solidarit&#233;, ce geste pourrait &#234;tre d&#233;terminant dans la dialectique actuelle et pourrait m&#234;me imposer aux partenaires de la zone euro l'agenda des r&#233;formes et l'acc&#233;l&#233;ration n&#233;cessaire requise par la gravit&#233; de la situation. Le Rapport des cinq Pr&#233;sidents pr&#233;sent&#233; fin juin qui renvoie &#224; 2017 l'ouverture du chantier institutionnel a &#233;t&#233; d&#233;menti et surtout d&#233;pass&#233; par les faits. Mais il a d&#233;montr&#233; qu'au sein des institutions europ&#233;ennes la volont&#233; d'arriver &#224; la construction d'un syst&#232;me f&#233;d&#233;ral de gouvernement de la monnaie unique ne recule pas. Il appartient donc aux gouvernements, apr&#232;s avoir donn&#233; la derni&#232;re et difficile contribution pour la survie et la consolidation de l'Union mon&#233;taire, d'accomplir l'acte ultime d&#233;cisif de transfert de souverainet&#233; &#224; travers la naissance d'un v&#233;ritable embryon de gouvernement supranational europ&#233;en.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Europe et la monnaie : intervention d'Albert M. Gordiani</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/L-Europe-et-la-monnaie-intervention-d-Albert-M-Gordiani</link>
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		<dc:date>2015-11-05T13:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert M. Gordiani</dc:creator>


		<dc:subject>euro</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Vous vous demandez pourquoi nous avons organis&#233; cette journ&#233;e d'&#233;tudes sur les probl&#232;mes mon&#233;taires et dans une perspective europ&#233;enne. Pourquoi sur les probl&#232;mes mon&#233;taires ? Car les probl&#232;mes mon&#233;taires et &#233;conomiques sont cruciaux et repr&#233;sentent la clef de toute action politique. Pourquoi dans une perspective europ&#233;enne ? Car il faut reconna&#238;tre que la politique nationale, celle de l'&#201;tat-nation est totalement d&#233;pass&#233;e, les gouvernements nationaux quels qu'ils soient ne pouvant plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-9-2e-trimestre-1975-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 9 &#8212; 2e trimestre 1975&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-euro-+" rel="tag"&gt;euro&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vous vous demandez pourquoi nous avons organis&#233; cette journ&#233;e d'&#233;tudes sur les probl&#232;mes mon&#233;taires et dans une perspective europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Pourquoi sur les probl&#232;mes mon&#233;taires ? Car les probl&#232;mes mon&#233;taires et &#233;conomiques sont cruciaux et repr&#233;sentent la clef de toute action politique.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pourquoi dans une perspective europ&#233;enne ? Car il faut reconna&#238;tre que la politique nationale, celle de l'&#201;tat-nation est totalement d&#233;pass&#233;e, les gouvernements nationaux quels qu'ils soient ne pouvant plus prendre aucune d&#233;cision.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Quelques exemples le d&#233;montreront, des exemples frappants. En tout premier lieu, la derni&#232;re d&#233;claration de Kissinger, tout &#224; fait scandaleuse, dans laquelle il d&#233;clare que les Europ&#233;ens doivent leur prosp&#233;rit&#233; et leur s&#233;curit&#233; aux &#201;tats-Unis. Cette d&#233;claration fait ressortir un &#233;tat de d&#233;pendance aggrav&#233; par la servilit&#233; des gouvernants de la Communaut&#233;, les Britanniques et les Allemands en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, je ne sais si vous avez &#233;t&#233; frapp&#233;s comma moi par la derni&#232;re d&#233;claration du Pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne, M. Ortoli, parue dans la presse r&#233;gionale d'avant-hier : &lt;i&gt;&#171; la domination des &#201;tats-Unis sur l'Europe s'est accrue. Les grands bouleversements que conna&#238;t le monda placent les &#201;tats-Unis et les grands producteurs d'&#233;nergie et de mati&#232;res premi&#232;res dans une position plus dominante que par le pass&#233;, tandis que l'ind&#233;pendance de l'Europe a r&#233;gress&#233; &#187;&lt;/i&gt;. M. Ortoli a d'ailleurs ajout&#233; que cette impuissance de l'Europa &#233;tait imputable aux Europ&#233;ens eux-m&#233;mes. Lorsque l'on sait d'o&#249; vient M. Ortoli, une telle d&#233;claration est plus que satisfaisante. Le dernier exemple est celui des entreprises multinationales que les &#201;tats-nations sont totalement incapables de controler, car elles ont souvent un budget sup&#233;rieur au leur, alors qu 'il est inadmissible qu'un pouvoir &#233;conomique soit plus fort que le pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut prendre conscience que la France et ses partenaires europ&#233;ens ne repr&#233;sentent plus rien &#224; l'heure actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une politique purement fran&#231;aise, qu'elle soit faite par Giscard ou par Mitterrand, ne conduit &#224; rien, et l'on ne peut dire que la France ait un mod&#232;le quelconque de soci&#233;t&#233; &#224; proposer car de toute fa&#231;on elle n'aurait pas l'influence n&#233;cessaire pour cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons enfin prendre conscience qu'une action politique men&#233;e dans un cadre national est une action politique du pass&#233; et que la seule qui soit aujourd'hui r&#233;volutionnaire est celle pour le pouvoir europ&#233;en et l' unit&#233; f&#233;d&#233;rale de l'Europe. Elle est, en effet, la seule visant &#224; d&#233;truire, et je dis bien d&#233;truire, une superstructure d&#233;pass&#233;e, conservatrice et inutile, l'&#201;tat-nation et avec lui sa souverainet&#233;, pour la remplacer par quelque chose de fondamentalement nouveau et diff&#233;rent : l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral europ&#233;en.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Albert M. Gordiani &#233;tait D&#233;l&#233;gu&#233; G&#233;n&#233;ral de l'U.E.F. - Rhone-Alpes&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Union budg&#233;taire : un enjeu d&#233;mocratique</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Union-budgetaire-enjeu-democratique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Union-budgetaire-enjeu-democratique</guid>
		<dc:date>2012-09-26T12:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Barthalay</dc:creator>


		<dc:subject>euro</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelques &#233;conomistes, ceux qui n'ont pas vers&#233; dans la croyance quasi-religieuse &#224; l'auto-r&#233;gulation &#171; naturelle &#187; des march&#233;s, et n'ont pas anticip&#233; les risques d'une financiarisation excessive de l'&#233;conomie mondiale au d&#233;triment de l'activit&#233; productive r&#233;elle, ceux aussi que le bon sens et la m&#233;moire historique ont tenu &#224; l'&#233;cart d'un recours excessif &#224; des mod&#232;les math&#233;matiques fond&#233;s sur des pr&#233;misses fausses, comprennent aujourd'hui l'erreur de d&#233;part de l'Union mon&#233;taire. Il ne s'agit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-156-juin-2012-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 156 &#8212; 2012/06&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-euro-+" rel="tag"&gt;euro&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quelques &#233;conomistes, ceux qui n'ont pas vers&#233; dans la&lt;br class='autobr' /&gt;
croyance quasi-religieuse &#224; l'auto-r&#233;gulation &#171; naturelle &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
des march&#233;s, et n'ont pas anticip&#233; les risques d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
financiarisation excessive de l'&#233;conomie mondiale au&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;triment de l'activit&#233; productive r&#233;elle, ceux aussi que le&lt;br class='autobr' /&gt;
bon sens et la m&#233;moire historique ont tenu &#224; l'&#233;cart d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
recours excessif &#224; des mod&#232;les math&#233;matiques fond&#233;s sur&lt;br class='autobr' /&gt;
des pr&#233;misses fausses, comprennent aujourd'hui l'erreur&lt;br class='autobr' /&gt;
de d&#233;part de l'Union mon&#233;taire. Il ne s'agit pas seulement&lt;br class='autobr' /&gt;
comme on le dit souvent d'un d&#233;faut de coordination des&lt;br class='autobr' /&gt;
politiques &#233;conomiques g&#233;n&#233;rales des &#201;tats. Il ne fallait&lt;br class='autobr' /&gt;
pas &#234;tre grand clerc pour pr&#233;voir que cette fonction,&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;volue au Conseil depuis le Trait&#233; de Rome, ne serait&lt;br class='autobr' /&gt;
pas remplie apr&#232;s la cr&#233;ation de l'euro plus qu'avant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Encore fallait-il d&#233;finir l'objet de cette fonction, et&lt;br class='autobr' /&gt;
convenir qu'une instance intergouvernementale &#233;tait hors&lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#233;tat de la remplir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un monde o&#249; les Allemands m&#233;riteraient seuls de&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;ussir, par leur travail, Angela Merkel aurait raison sur&lt;br class='autobr' /&gt;
presque tout : des finances publiques soutenables sont&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;f&#233;rables &#224; des d&#233;ficits et &#224; un endettement excessifs ;&lt;br class='autobr' /&gt;
un exc&#233;dent commercial structurel est pr&#233;f&#233;rable &#224; un&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;ficit ; chaque euro lev&#233; par l'imp&#244;t ou par l'emprunt&lt;br class='autobr' /&gt;
doit &#234;tre d&#233;pens&#233; utilement et efficacement ; la seule&lt;br class='autobr' /&gt;
richesse est le travail ; une croissance saine se fonde sur&lt;br class='autobr' /&gt;
l'am&#233;lioration de la productivit&#233; ; les salaires ne peuvent&lt;br class='autobr' /&gt;
pas progresser plus vite que la productivit&#233; ; la&lt;br class='autobr' /&gt;
mod&#233;ration salariale est un gage de comp&#233;titivit&#233; ;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'exportation est le seul moteur de la croissance quand la&lt;br class='autobr' /&gt;
demande int&#233;rieure est satur&#233;e, etc. On pourrait allonger&lt;br class='autobr' /&gt;
cette liste de principes d'une gestion de bon p&#232;re de&lt;br class='autobr' /&gt;
famille &#224; l'usage des peuples au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui vaut pour une &#233;conomie sp&#233;cialis&#233;e dans des&lt;br class='autobr' /&gt;
productions &#224; forte valeur ajout&#233;e et environn&#233;e de pays&lt;br class='autobr' /&gt;
dont les choix de sp&#233;cialisation ont &#233;t&#233; moins pertinents,&lt;br class='autobr' /&gt;
ne vaut pas quand ces pays aspirent l&#233;gitimement &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
rattraper la productivit&#233;, le niveau et la qualit&#233; de vie de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;conomie la plus productive. Dans une &#233;conomie&lt;br class='autobr' /&gt;
relativement ferm&#233;e comme celle de l'Europe, les d&#233;ficits&lt;br class='autobr' /&gt;
commerciaux des partenaires de l'Allemagne sont, &#224; peu&lt;br class='autobr' /&gt;
de choses pr&#232;s, l'exacte contrepartie de l'exc&#233;dent&lt;br class='autobr' /&gt;
allemand. Dans le monde fini qui vient, pour parler&lt;br class='autobr' /&gt;
comme Paul Val&#233;ry, ce d&#233;s&#233;quilibre ne sera plus&lt;br class='autobr' /&gt;
europ&#233;en mais mondial, avec la Chine. Tous les pays&lt;br class='autobr' /&gt;
d'Europe aujourd'hui, du monde demain, ne peuvent pas&lt;br class='autobr' /&gt;
maintenir des exc&#233;dents commerciaux. Il y a&lt;br class='autobr' /&gt;
n&#233;cessairement &#224; chaque instant un d&#233;ficit pour&lt;br class='autobr' /&gt;
compenser un exc&#233;dent. C'est l'impasse du&lt;br class='autobr' /&gt;
mercantilisme, connue depuis le XVIIIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la longue, les pays d&#233;ficitaires sont structurellement&lt;br class='autobr' /&gt;
endett&#233;s et les pays exc&#233;dentaires sont les cr&#233;anciers des&lt;br class='autobr' /&gt;
premiers. Si d'aventure, ces pays se donnent une monnaie&lt;br class='autobr' /&gt;
unique, sans autre pr&#233;caution, cette union mon&#233;taire est&lt;br class='autobr' /&gt;
vou&#233;e &#224; l'&#233;clatement (l'accumulation des dettes d'un c&#244;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
et des exc&#233;dents de l'autre ne peut pas durer&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;ternellement) ou &#224; l'unit&#233;, soit par l'h&#233;g&#233;monie d'un &#201;tat&lt;br class='autobr' /&gt;
sur tous les &#201;tats (un empire), soit par la f&#233;d&#233;ration&lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#201;tats &#233;gaux en droits et en obligations. Pourquoi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
John Maynard Keynes a donn&#233; la r&#233;ponse en 1944 &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
Conf&#233;rence de Bretton-Woods : une union mon&#233;taire (il&lt;br class='autobr' /&gt;
avait le projet d'une monnaie mondiale, le bancor) n'est&lt;br class='autobr' /&gt;
viable qu'&#233;quip&#233;e d'un m&#233;canisme de recyclage des&lt;br class='autobr' /&gt;
exc&#233;dents (MRE) ou, pour le dire autrement, de&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;&#233;quilibrage, par transfert des exc&#233;dents vers les pays en&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;ficit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Am&#233;ricains, apr&#232;s la guerre, ont d&#233;montr&#233; par le Plan&lt;br class='autobr' /&gt;
Marshall qu'ils avaient compris l'id&#233;e. L'h&#233;g&#233;monie du&lt;br class='autobr' /&gt;
dollar alla de pair avec un recyclage massif des exc&#233;dents&lt;br class='autobr' /&gt;
am&#233;ricains sur l'Europe et le Japon. Ce qu'ils ont rejet&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
c'est l'id&#233;e d'une institution supranationale qui&lt;br class='autobr' /&gt;
accomplirait ce recyclage en dehors du contr&#244;le politique&lt;br class='autobr' /&gt;
de Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe en est exactement &#224; ce point. Ou bien le&lt;br class='autobr' /&gt;
Tribunal constitutionnel allemand et le Bundestag&lt;br class='autobr' /&gt;
refusent la cr&#233;ation d'un Tr&#233;sor f&#233;d&#233;ral (donc, en&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;finitive, un gouvernement d&#233;mocratique de l'Europe),&lt;br class='autobr' /&gt;
et la zone euro est plac&#233;e, comme l'Ouest de l'apr&#232;sguerre,&lt;br class='autobr' /&gt;
sous l'h&#233;g&#233;monie de l'&#201;tat le plus puissant, ou&lt;br class='autobr' /&gt;
bien les &#201;tats membres de la zone euro, tous ensemble,&lt;br class='autobr' /&gt;
adoptent d&#232;s maintenant un plan par &#233;tapes vers la&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;alisation de l'union budg&#233;taire (donc, en r&#233;alit&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
politique), dont la premi&#232;re &#233;tape inclurait une forme de&lt;br class='autobr' /&gt;
MRE, dans le respect des trait&#233;s et du fiscal compact,&lt;br class='autobr' /&gt;
sans mon&#233;tisation de la dette, sans garantie de la dette des&lt;br class='autobr' /&gt;
pays p&#233;riph&#233;riques par les pays en exc&#233;dent, sans&lt;br class='autobr' /&gt;
transfert de souverainet&#233;, sans r&#233;forme ou ren&#233;gociation&lt;br class='autobr' /&gt;
des trait&#233;s, seulement en utilisant intelligemment les&lt;br class='autobr' /&gt;
outils existants : MES-FESF, BEI, FEI, ABE. C'est la&lt;br class='autobr' /&gt;
voie (&#233;troite) de la solidarit&#233; europ&#233;enne vers une&lt;br class='autobr' /&gt;
solution de la crise des dettes souveraines dans la zone&lt;br class='autobr' /&gt;
euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce plan existe. C'est la &#034;proposition modeste&#034; de Stuart&lt;br class='autobr' /&gt;
Holland et Yanis Varoufakis. Il est connu des milieux&lt;br class='autobr' /&gt;
acad&#233;miques et des experts, il a re&#231;u l'aval de la&lt;br class='autobr' /&gt;
Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats, les&lt;br class='autobr' /&gt;
encouragements du financier George Soros, il ne soul&#232;ve&lt;br class='autobr' /&gt;
pas d'objections solides ni de la part des &#233;conomistes, ni&lt;br class='autobr' /&gt;
de la part des march&#233;s, il a &#233;t&#233; adopt&#233; par une majorit&#233; de&lt;br class='autobr' /&gt;
trois contre un au Comit&#233; &#233;conomique et social de l'Union europ&#233;enne (avis Cedrone), mais il ne semble pas&lt;br class='autobr' /&gt;
encore avoir retenu l'attention des capitales, ou des&lt;br class='autobr' /&gt;
institutions habilit&#233;es &#224; le mettre en oeuvre, pour autant&lt;br class='autobr' /&gt;
que les &#201;tats membres le leur demandent, d'un commun&lt;br class='autobr' /&gt;
accord. Pour la m&#234;me raison que celle du refus initial par&lt;br class='autobr' /&gt;
les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique de l'id&#233;e de Keynes. Berlin et,&lt;br class='autobr' /&gt;
probablement, la Bundesbank, et plus g&#233;n&#233;ralement les&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tats, ne veulent pas voir grandir, &#224; c&#244;t&#233; d'eux, un&lt;br class='autobr' /&gt;
puissant pouvoir financier capable de rendre en quelques&lt;br class='autobr' /&gt;
mois, par l'efficacit&#233; de son action, toute sa l&#233;gitimit&#233; et&lt;br class='autobr' /&gt;
sa pertinence &#224; l'objectif des Fondateurs, les &#201;tats-Unis&lt;br class='autobr' /&gt;
d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Europ&#233;ens n'ont cependant pas &#224; trembler. Berlin&lt;br class='autobr' /&gt;
n'&#233;tablira pas sur l'Europe une nouvelle forme d'empire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Berlin ne le peut pas, ne peut pas le vouloir : la Loi&lt;br class='autobr' /&gt;
fondamentale l'oblige &#224; vouloir une Europe&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;mocratique, f&#233;d&#233;rale et sociale. Berlin n'a pas d'autre&lt;br class='autobr' /&gt;
choix. On pourrait d'ailleurs d&#233;montrer que tout retard&lt;br class='autobr' /&gt;
pris maintenant dans cette voie sera pr&#233;judiciable &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
stabilit&#233; financi&#232;re de notre continent, au redressement de&lt;br class='autobr' /&gt;
son &#233;conomie et, si l'on veut bien entendre les Grecs, &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'avenir de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Bernard Barthalay&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Economiste - Ancien titulaire de Chaire Jean Monnet&lt;br class='autobr' /&gt;
Universit&#233; Lyon II - Pr&#233;sident de Puissance Europe -&lt;br class='autobr' /&gt;
Paris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La zone euro : des Piigs aux Piifs</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/zone-euro-Piigs-Piifs</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/zone-euro-Piigs-Piifs</guid>
		<dc:date>2012-09-25T16:40:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Herland</dc:creator>


		<dc:subject>euro</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bien que la situation de la zone euro soit particuli&#232;rement instable, ce qui complique la t&#226;che du commentateur, il est quand m&#234;me possible de s'entendre sur quelques constats. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'unification mon&#233;taire de l'Europe en l'absence d'une v&#233;ritable structure &#233;tatique europ&#233;enne &#233;tait en tout &#233;tat de cause risqu&#233;e ; elle le devenait encore davantage &#224; partir du moment o&#249; l'euro s'installait durablement comme une monnaie &#171; forte &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Commen&#231;ons par le premier point. Les unions mon&#233;taires (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-154-decembre-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 154 &#8212; 2011/12&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-euro-+" rel="tag"&gt;euro&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bien que la situation de la zone euro soit particuli&#232;rement&lt;br class='autobr' /&gt;
instable, ce qui complique la t&#226;che du commentateur, il&lt;br class='autobr' /&gt;
est quand m&#234;me possible de s'entendre sur quelques&lt;br class='autobr' /&gt;
constats.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'unification mon&#233;taire de l'Europe en l'absence d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
v&#233;ritable structure &#233;tatique europ&#233;enne &#233;tait en tout &#233;tat&lt;br class='autobr' /&gt;
de cause risqu&#233;e ; elle le devenait encore davantage &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
partir du moment o&#249; l'euro s'installait durablement&lt;br class='autobr' /&gt;
comme une monnaie &#171; forte &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par le premier point. Les unions mon&#233;taires&lt;br class='autobr' /&gt;
inter&#233;tatiques ont toujours &#233;chou&#233;. Voir par exemple&lt;br class='autobr' /&gt;
l'Union latine&#8230; Par contre, lorsqu'une f&#233;d&#233;ration se&lt;br class='autobr' /&gt;
constitue, elle adopte tout naturellement une monnaie&lt;br class='autobr' /&gt;
unique qui devient pour elle un attribut parmi d'autres de&lt;br class='autobr' /&gt;
sa souverainet&#233;. La diff&#233;rence entre l'union mon&#233;taire&lt;br class='autobr' /&gt;
inter&#233;tatique et la f&#233;d&#233;ration tient &#224; l'existence d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
ex&#233;cutif f&#233;d&#233;ral et d'autres institutions non &#233;tatiques&lt;br class='autobr' /&gt;
pourvues de ressources propres (imp&#244;ts, cotisations&lt;br class='autobr' /&gt;
sociales) en provenance de toute la f&#233;d&#233;ration et qui sont&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;pens&#233;es dans toute la f&#233;d&#233;ration. Ce double flux de&lt;br class='autobr' /&gt;
recettes et de d&#233;penses a pour effet de redistribuer les&lt;br class='autobr' /&gt;
ressources entre les collectivit&#233;s composantes. Par&lt;br class='autobr' /&gt;
exemple si l'un d'elle est affect&#233;e par la r&#233;cession et le&lt;br class='autobr' /&gt;
ch&#244;mage, elle versera moins d'imp&#244;ts et de cotisation&lt;br class='autobr' /&gt;
sociales &#224; la f&#233;d&#233;ration dont elle recevra par contre des&lt;br class='autobr' /&gt;
transferts plus importants (subventions diverses,&lt;br class='autobr' /&gt;
indemnit&#233;s vers&#233;es aux ch&#244;meurs, etc.). Inversement, une&lt;br class='autobr' /&gt;
collectivit&#233; composante prosp&#232;re versera au niveau&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ral davantage qu'elle n'en re&#231;oit. Ces transferts,&lt;br class='autobr' /&gt;
appel&#233;s stabilisateurs automatiques par les &#233;conomistes,&lt;br class='autobr' /&gt;
jouent un r&#244;le essentiel pour aider les collectivit&#233;s en&lt;br class='autobr' /&gt;
difficult&#233;s. Ils leur permettent de d&#233;penser plus qu'elles&lt;br class='autobr' /&gt;
ne gagnent -ce qui est n&#233;cessaire aussi bien pour&lt;br class='autobr' /&gt;
stabiliser le niveau de vie que pour relancer l'&#233;conomiesans&lt;br class='autobr' /&gt;
avoir obligatoirement besoin de s'endetter. Il est au&lt;br class='autobr' /&gt;
demeurant possible -et sans doute souhaitable- que la&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ration d&#233;cide de limiter la capacit&#233; d'endettement des&lt;br class='autobr' /&gt;
collectivit&#233;s membres ou des organismes sociaux. Une&lt;br class='autobr' /&gt;
interdiction pure et simple pour les collectivit&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
composantes ne serait cependant pas opportune, la&lt;br class='autobr' /&gt;
variation de la dette restant l'un des instruments sur&lt;br class='autobr' /&gt;
lesquels peut jouer une collectivit&#233; en d&#233;calage&lt;br class='autobr' /&gt;
conjoncturel par rapport au reste de la f&#233;d&#233;ration pour&lt;br class='autobr' /&gt;
modifier sa situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout &#233;tat de cause l'arme budg&#233;taire doit &#234;tre mani&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
avec pr&#233;caution. Dans une f&#233;d&#233;ration o&#249; les capitaux se&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;placent librement, les taux d'imposition du capital ne&lt;br class='autobr' /&gt;
peuvent gu&#232;re se diff&#233;rencier d'une composante &#224; l'autre,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; moins d'avoir de tr&#232;s bonnes raisons pour accepter la&lt;br class='autobr' /&gt;
concurrence fiscale. On peut ainsi imaginer qu'une&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;gion particuli&#232;rement d&#233;prim&#233;e soit autoris&#233;e &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
pratiquer des taux d'imposition nettement inf&#233;rieurs &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
ceux du reste de la f&#233;d&#233;ration, &#224; condition que ce soit&lt;br class='autobr' /&gt;
pour une dur&#233;e limit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il manque &#224; la zone euro, qui demeure pour l'essentiel&lt;br class='autobr' /&gt;
une construction inter&#233;tatique, aussi bien l'Etat f&#233;d&#233;ral et&lt;br class='autobr' /&gt;
ses stabilisateurs que les r&#232;gles limitant la d&#233;rive&lt;br class='autobr' /&gt;
budg&#233;taire des Etats membres. La crise interne dont nous&lt;br class='autobr' /&gt;
observons tous les jours les nouvelles p&#233;rip&#233;ties n'a pas&lt;br class='autobr' /&gt;
d'autre explication. Certes des garde-fous &#233;taient pr&#233;vus :&lt;br class='autobr' /&gt;
le d&#233;ficit budg&#233;taire annuel de chaque Etat membre&lt;br class='autobr' /&gt;
devait rester inf&#233;rieur &#224; 3 % du PIB et l'endettement&lt;br class='autobr' /&gt;
cumul&#233; ne pas d&#233;passer 60 % de ce m&#234;me PIB. On sait ce&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il en est advenu ! C'est que, dans une organisation&lt;br class='autobr' /&gt;
conf&#233;d&#233;rale, chacun fait ce qu'il veut. Sans s'appesantir&lt;br class='autobr' /&gt;
sur le cas de la Gr&#232;ce dont le d&#233;ficit s'&#233;tablit &#224; 10 % et la&lt;br class='autobr' /&gt;
dette &#224; 165 % du PIB, les chiffres correspondants, pour la&lt;br class='autobr' /&gt;
France, atteignent presque 6 % et 90 %, bien loin donc&lt;br class='autobr' /&gt;
des crit&#232;res de Maastricht. Le budget vot&#233; pour 2011 est&lt;br class='autobr' /&gt;
tout &#224; fait symptomatique, &#224; cet &#233;gard : &#171; l'impasse &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
budg&#233;taire s'&#233;l&#232;ve &#224; 90 milliards sur des d&#233;penses totales&lt;br class='autobr' /&gt;
de 360 milliards. Vous avez bien lu : les recettes&lt;br class='autobr' /&gt;
normales (imp&#244;ts et taxes, soit 270 milliards) ne&lt;br class='autobr' /&gt;
repr&#233;sentent que les trois quarts des d&#233;penses. L'Etat&lt;br class='autobr' /&gt;
fran&#231;ais finance le quart de ses d&#233;penses par&lt;br class='autobr' /&gt;
l'endettement ! Ce chiffre mesure l'ampleur de l'effort &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
accomplir pour supprimer le d&#233;ficit : r&#233;duire d'un quart les d&#233;penses ou augmenter d'un tiers les recettes&lt;br class='autobr' /&gt;
fiscales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le gouvernement fran&#231;ais compte &#233;galement d&#233;gager quelques recettes en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel effort, on ne voit pas que le Pr&#233;sident fran&#231;ais&lt;br class='autobr' /&gt;
actuel en soit capable, et encore moins son challenger de&lt;br class='autobr' /&gt;
gauche. Au demeurant, comme le montre l'exemple grec,&lt;br class='autobr' /&gt;
adopter aujourd'hui une politique de rigueur, alors que la&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;cession est &#224; notre porte, a toutes les chances d'aboutir&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; un r&#233;sultat inverse de celui souhait&#233;, c'est-&#224;-dire&lt;br class='autobr' /&gt;
d'alourdir le d&#233;ficit (par baisse des rentr&#233;es d'imp&#244;ts,&lt;br class='autobr' /&gt;
puisque celles-ci d&#233;pendent du niveau d'activit&#233;) au lieu&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'all&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut donc pas s'attendre &#224; ce que l'endettement de la&lt;br class='autobr' /&gt;
France se r&#233;duise suffisamment pour rassurer les&lt;br class='autobr' /&gt;
march&#233;s : la perte du &#171; triple A &#187; para&#238;t programm&#233;e. Les&lt;br class='autobr' /&gt;
rodomontades pr&#233;sidentielles n'y changeront rien. Des&lt;br class='autobr' /&gt;
ann&#233;es de laxisme budg&#233;taire, y compris dans les&lt;br class='autobr' /&gt;
p&#233;riodes de croissance o&#249; l'on aurait pu redresser la&lt;br class='autobr' /&gt;
barre, finissent toujours par se payer d'une mani&#232;re ou&lt;br class='autobr' /&gt;
d'une autre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a beaucoup glos&#233;, avec quelques ricanements -en&lt;br class='autobr' /&gt;
particulier du c&#244;t&#233; fran&#231;ais-, sur les &#171; PIIGS &#187;, ces pays&lt;br class='autobr' /&gt;
fragilis&#233;s par un endettement excessif (Portugal, Irlande,&lt;br class='autobr' /&gt;
Italie, Gr&#232;ce et Espagne (Spain). Au point o&#249; nous en&lt;br class='autobr' /&gt;
sommes rendus, il est permis de douter que la Gr&#232;ce -en&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;pit de ses efforts, et malgr&#233; l'aide apport&#233;e par les&lt;br class='autobr' /&gt;
autres pays europ&#233;ens et le FMI- puisse demeurer encore&lt;br class='autobr' /&gt;
tr&#232;s longtemps dans la zone euro. Par contre, il est plus&lt;br class='autobr' /&gt;
que vraisemblable que la France basculera sous peu dans&lt;br class='autobr' /&gt;
le camp des pays consid&#233;r&#233;s comme critiques. Exit donc&lt;br class='autobr' /&gt;
la Gr&#232;ce et les &#171; PIIGS &#187; et bienvenue &#224; la France au sein&lt;br class='autobr' /&gt;
des &#171; PIIFS &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux qui pourraient en douter, le spread (&#233;cart) des&lt;br class='autobr' /&gt;
taux entre les emprunts (&#224; dix ans) du gouvernement&lt;br class='autobr' /&gt;
fran&#231;ais et du gouvernement allemand atteint d&#233;sormais&lt;br class='autobr' /&gt;
1,25 %. C'est certes moins que pour la Gr&#232;ce (plus de 20&lt;br class='autobr' /&gt;
%) ou m&#234;me l'Italie (4,5 %) mais ce n'est que le d&#233;but&lt;br class='autobr' /&gt;
d'un processus qui semble in&#233;luctable. Or, faut-il le&lt;br class='autobr' /&gt;
rappeler, chaque fois que le taux auquel un gouvernement&lt;br class='autobr' /&gt;
s'endette augmente, cela creuse m&#233;caniquement son&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;ficit (en ce qui concerne la France, 1 point de taux&lt;br class='autobr' /&gt;
d'int&#233;r&#234;t suppl&#233;mentaire entra&#238;ne une charge&lt;br class='autobr' /&gt;
suppl&#233;mentaire de 15 milliards d'euros).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont alors les perspectives de la zone euro ? Face&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; l'urgence on peut r&#234;ver que les pays membres, enfin&lt;br class='autobr' /&gt;
convaincus que les seules unions mon&#233;taires stables&lt;br class='autobr' /&gt;
s'inscrivent dans un cadre f&#233;d&#233;ral, d&#233;cident la&lt;br class='autobr' /&gt;
transformation de la zone euro en une f&#233;d&#233;ration. H&#233;las,&lt;br class='autobr' /&gt;
nul ne croit s&#233;rieusement &#224; une telle &#233;ventualit&#233;, m&#234;me si&lt;br class='autobr' /&gt;
elle comblerait d'aise, &#233;videmment, les lecteurs de&lt;br class='autobr' /&gt;
F&#233;d&#233;choses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un num&#233;ro r&#233;cent du journal Lib&#233;ration (4&lt;br class='autobr' /&gt;
novembre 2011), un certaine Pierre Haroche, pr&#233;sent&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
comme doctorant en science politique, propose un&lt;br class='autobr' /&gt;
sc&#233;nario diff&#233;rent. Selon lui, la construction europ&#233;enne&lt;br class='autobr' /&gt;
n'est pas la r&#233;alisation progressive d'un id&#233;al qui serait&lt;br class='autobr' /&gt;
port&#233; par une &#233;lite volontariste. Tout au contraire, il la&lt;br class='autobr' /&gt;
voit comme &#171; un processus largement involontaire, port&#233; par des acteurs ne cherchant qu'&#224; pr&#233;server leur pouvoir&lt;br class='autobr' /&gt;
sous l'emprise de contraintes nouvelles &#187;. S'il faut en&lt;br class='autobr' /&gt;
croire cet auteur, les gouvernants des pays europ&#233;ens&lt;br class='autobr' /&gt;
accepteront que les budgets nationaux soient mis sous&lt;br class='autobr' /&gt;
contr&#244;le parce qu'ils veulent &#233;chapper aux inconv&#233;nients&lt;br class='autobr' /&gt;
du laxisme budg&#233;taire des autres ! Or chacun d'eux ne&lt;br class='autobr' /&gt;
peut obtenir la discipline des autres que s'il l'accepte lui&lt;br class='autobr' /&gt;
aussi. C'est seulement ainsi qu'un progr&#232;s vers&lt;br class='autobr' /&gt;
l'int&#233;gration budg&#233;taire pourrait &#234;tre r&#233;alis&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;cisions r&#233;centes au sein de la zone euro ne&lt;br class='autobr' /&gt;
contredisent pas cette analyse. Il n'est pas garanti pour&lt;br class='autobr' /&gt;
autant que les gouvernements se plient mieux &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
nouvelle discipline qu'&#224; celle de Maastricht. Les&lt;br class='autobr' /&gt;
perspectives seraient certes diff&#233;rentes en cas d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
croissance suffisante mais celle-ci n'est pas, pour l'heure,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; l'ordre du jour. La Chine ralentit -comme, en Europe&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me l'Allemagne- et ce n'est pas le l&#233;ger sursaut de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;conomie am&#233;ricaine qui apportera &#224; l'&#233;conomie&lt;br class='autobr' /&gt;
mondiale le sursaut dont elle a besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation actuelle a quelque chose de paradoxal :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;jusqu'ici la crise de la zone euro n'a pas d&#233;bouch&#233; sur&lt;br class='autobr' /&gt;
une crise de l'euro. Le taux de change euro/dollar reste&lt;br class='autobr' /&gt;
bloqu&#233; en effet autour de 1,40 $, un taux beaucoup trop&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;lev&#233; pour permettre &#224; la plupart des pays de la zone de&lt;br class='autobr' /&gt;
retrouver leur comp&#233;titivit&#233;. Malgr&#233; le confortable&lt;br class='autobr' /&gt;
exc&#233;dent de la balance courante de l'Allemagne, la zone&lt;br class='autobr' /&gt;
euro est d&#233;sormais d&#233;ficitaire. Tel est particuli&#232;rement le&lt;br class='autobr' /&gt;
cas de la France, longtemps exc&#233;dentaire mais dont le&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;ficit des comptes courants &#171; grignote &#187; d&#233;sormais &#224; lui&lt;br class='autobr' /&gt;
seul pr&#232;s de la moiti&#233; du surplus allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cette divergence de fait entre les situations&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;conomiques de la France et de l'Allemagne, il n'est plus&lt;br class='autobr' /&gt;
imaginable que le &#171; couple franco-allemand &#187; continue&lt;br class='autobr' /&gt;
bien longtemps d'imposer son leadership politique sur la&lt;br class='autobr' /&gt;
zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous esp&#233;rons nous tromper, mais enfin tout porte &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
redouter un divorce entre les deux pays moteurs de la&lt;br class='autobr' /&gt;
construction europ&#233;enne. Si cette hypoth&#232;se se r&#233;alise, il&lt;br class='autobr' /&gt;
en sera fait de la zone euro.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Michel Herland&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Professeur de sciences &#233;conomiques &#224; l'Universit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
des Antilles et de la Guyane. Directeur adjoint du&lt;br class='autobr' /&gt;
Centre de recherches sur l'insularit&#233; et la&lt;br class='autobr' /&gt;
mondialisation (Martinique). Membre du Centre&lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#233;conomie et de finances internationales (Aix-en-&lt;br class='autobr' /&gt;
Provence - CNRS et Universit&#233; de la M&#233;diterran&#233;e)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le gouvernement fran&#231;ais compte &#233;galement d&#233;gager quelques recettes&lt;br class='autobr' /&gt;
en vendant ses &#171; bijoux de famille &#187; (h&#244;tels particuliers des ministres, par&lt;br class='autobr' /&gt;
exemple). Il ne peut s'agir que d'un exp&#233;dient qui appauvrit l'Etat et&lt;br class='autobr' /&gt;
trouve rapidement ses limites.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pas de r&#233;pit pour l'euro !</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Pas-de-repit-pour-l-euro</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Pas-de-repit-pour-l-euro</guid>
		<dc:date>2012-09-23T16:07:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Gouzy</dc:creator>


		<dc:subject>euro</dc:subject>
		<dc:subject>Le billet de Jean-Pierre Gouzy</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'euro-grande messe du Conseil europ&#233;en s'est d&#233;roul&#233;e &#224; Bruxelles, jusqu'aux aurores du 29 juin. Il s'agissait pour nos excellences &#171; d'apaiser les march&#233;s &#187;. Pas de tr&#234;ve estivale possible, en effet, si les march&#233;s et les bourses des valeurs continuent &#224; bouger erratiquement dans la torpeur de l'&#233;t&#233;, parce que la dette continue &#224; s'alourdir et les d&#233;ficits &#224; se creuser. D'autant qu'en France les premiers r&#232;glements budg&#233;taires vont encore mobiliser assembl&#233;es et minist&#232;res plong&#233;s dans la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-156-juin-2012-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 156 &#8212; 2012/06&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-euro-+" rel="tag"&gt;euro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Le-billet-de-Jean-Pierre-Gouzy,44-+" rel="tag"&gt;Le billet de Jean-Pierre Gouzy&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'euro-grande messe du Conseil europ&#233;en s'est d&#233;roul&#233;e &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
Bruxelles, jusqu'aux aurores du 29 juin. Il s'agissait pour nos&lt;br class='autobr' /&gt;
excellences &#171; d'apaiser les march&#233;s &#187;. Pas de tr&#234;ve estivale&lt;br class='autobr' /&gt;
possible, en effet, si les march&#233;s et les bourses des valeurs&lt;br class='autobr' /&gt;
continuent &#224; bouger erratiquement dans la torpeur de l'&#233;t&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
parce que la dette continue &#224; s'alourdir et les d&#233;ficits &#224; se&lt;br class='autobr' /&gt;
creuser. D'autant qu'en France les premiers r&#232;glements&lt;br class='autobr' /&gt;
budg&#233;taires vont encore mobiliser assembl&#233;es et minist&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
plong&#233;s dans la lecture de la bible r&#233;publicaine : le rapport de&lt;br class='autobr' /&gt;
la Cour des comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pensez donc, apr&#232;s la Gr&#232;ce, l'Irlande et la Portugal, &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
marge de la zone euro, voici que l'Espagne et l'Italie&lt;br class='autobr' /&gt;
commen&#231;aient &#224; donner de s&#233;rieux signes d'acc&#232;s de fi&#232;vre. &#171; Il&lt;br class='autobr' /&gt;
professore &#187; (Mario Monti) avait beau prescrire des cures&lt;br class='autobr' /&gt;
d'aust&#233;rit&#233; et son coll&#232;gue hispanique, Mariano Rajoy,&lt;br class='autobr' /&gt;
accumuler les potions magiques, tous deux se sentaient&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;pourvus d'un &#171; bouclier anti-spread &#187;, efficace pour financer &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
des taux acceptables des dettes qui ne cessaient de grimper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, pour ajouter aux d&#233;sagr&#233;ments du moment, voici que&lt;br class='autobr' /&gt;
le gouvernement chypriote appel&#233; &#224; pr&#233;sider l'Union&lt;br class='autobr' /&gt;
europ&#233;enne (UE) pour six mois en compagnie du stimulant&lt;br class='autobr' /&gt;
Herman Van Rompuy, &#224; partir du 1er juillet, venait &#224; son tour de&lt;br class='autobr' /&gt;
demander &#224; b&#233;n&#233;ficier du concours financier de l'UE et du&lt;br class='autobr' /&gt;
Fonds mon&#233;taire international, pour recapitaliser ses propres&lt;br class='autobr' /&gt;
banques soudainement per&#231;ues en d&#233;tresse. Si la France, de&lt;br class='autobr' /&gt;
son c&#244;t&#233;, malgr&#233; un paquet de 1.789,4 milliards d'euros de&lt;br class='autobr' /&gt;
dettes (au 31 mars 2012, soit 89,3 % de son PIB) n'est pas&lt;br class='autobr' /&gt;
apparue frapp&#233;e de plein fouet par la bourrasque qui menace&lt;br class='autobr' /&gt;
d'emporter la zone euro, il a sembl&#233; &#224; tout un chacun qu'elle&lt;br class='autobr' /&gt;
pourrait bien, &#224; son tour, se trouver concern&#233;e par les&lt;br class='autobr' /&gt;
cons&#233;quences de ces turbulences dans les mois qui viennent,&lt;br class='autobr' /&gt;
alors m&#234;me que son nouveau pr&#233;sident avait fait du &#171; retour &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
la croissance &#187; l'objectif phare de sa campagne &#233;lectorale,&lt;br class='autobr' /&gt;
notamment en pr&#233;conisant la vulgarisation de la m&#233;thode des&lt;br class='autobr' /&gt;
eurobonds pour mutualiser tout ou partie de la dette au niveau&lt;br class='autobr' /&gt;
europ&#233;en afin de pouvoir, &#224; ce niveau, bloquer la furia&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;sordonn&#233;e des march&#233;s. La mise au point du syst&#232;me&lt;br class='autobr' /&gt;
supposait l'accord de l'Allemagne, en raison de son poids&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;conomique et financier au coeur du continent. Celle-ci a fait&lt;br class='autobr' /&gt;
rapidement savoir que -redoutant d'avoir &#224; faire les frais de&lt;br class='autobr' /&gt;
cette mutualisation- elle ne pouvait en accepter l'augure que&lt;br class='autobr' /&gt;
dans la perspective d'une Union politique europ&#233;enne, avec&lt;br class='autobr' /&gt;
ceux de ses partenaires qui accepteraient d'assumer la&lt;br class='autobr' /&gt;
responsabilit&#233; d'un &#171; saut f&#233;d&#233;ral &#187;, tel qu'il s'est envisag&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
depuis les premiers pas de la construction communautaire&lt;br class='autobr' /&gt;
dans les ann&#233;es 1950. Autrement dit, l'objectif f&#233;d&#233;ral&lt;br class='autobr' /&gt;
longtemps consid&#233;r&#233; comme &#224; &#233;ch&#233;ance lointaine devenait,&lt;br class='autobr' /&gt;
sous la pression des &#233;v&#232;nements, d'une pr&#233;gnante actualit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La chanceli&#232;re a m&#234;me pr&#233;cis&#233; les contours du projet&lt;br class='autobr' /&gt;
politique : &#233;lection d'un pr&#233;sident europ&#233;en au suffrage&lt;br class='autobr' /&gt;
universel, transformation de l'actuelle Commission en v&#233;ritable&lt;br class='autobr' /&gt;
gouvernement de l'Union, renforcement des pr&#233;rogatives du&lt;br class='autobr' /&gt;
Parlement europ&#233;en (pour lui permettre d'exercer les fonctions&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;quivalentes &#224; celles de la Chambre am&#233;ricaine des&lt;br class='autobr' /&gt;
repr&#233;sentants), instauration d'un S&#233;nat europ&#233;en qui ne serait&lt;br class='autobr' /&gt;
autre que le Conseil europ&#233;en transform&#233;. L'actuel&lt;br class='autobr' /&gt;
gouvernement allemand est-il v&#233;ritablement pr&#234;t, aujourd'hui &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
promouvoir un projet global d'une telle ambition ? On peut en&lt;br class='autobr' /&gt;
douter, mais alors les partenaires europ&#233;ens de l'Allemagne -et&lt;br class='autobr' /&gt;
notamment la France- auraient d&#251; accepter d'ouvrir le d&#233;bat de&lt;br class='autobr' /&gt;
fond, au lieu de l'esquiver, avec Angela Merkel et son mentor,&lt;br class='autobr' /&gt;
Wolfgang Sch&#228;uble, qui joue un r&#244;le incontournable outre-Rhin,&lt;br class='autobr' /&gt;
pas seulement comme Ministre des Finances mais comme&lt;br class='autobr' /&gt;
personnalit&#233; appr&#233;ci&#233;e au sein du parti majoritaire et au-del&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
dans la classe politique allemande. Esp&#233;rons que ce moment&lt;br class='autobr' /&gt;
de v&#233;rit&#233; auquel il faudra bien finir par consentir n'est que partie&lt;br class='autobr' /&gt;
remise. Beaucoup d&#233;pendra de l'affirmation d'un large courant&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;raliste transpartisan, par exemple dans un pays comme la&lt;br class='autobr' /&gt;
France o&#249; des personnalit&#233;s ind&#233;pendantes, appartenant au&lt;br class='autobr' /&gt;
monde de l'&#233;conomie et &#224; celui de la culture, proclament en&lt;br class='autobr' /&gt;
nombre accru, la n&#233;cessit&#233; de poser la question de l'exercice&lt;br class='autobr' /&gt;
de la souverainet&#233; &#233;conomique, financi&#232;re, mon&#233;taire et&lt;br class='autobr' /&gt;
budg&#233;taire au niveau de la gestation de l'Europe, pour ouvrir de&lt;br class='autobr' /&gt;
nouvelles perspectives d'avenir et renouveler un d&#233;bat politique&lt;br class='autobr' /&gt;
fig&#233; dans des normes qui ne correspondent plus &#224; la nature&lt;br class='autobr' /&gt;
transnationale des r&#233;alit&#233;s affront&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, revenons &#224; Bruxelles, ces 28 et 29 juin &#233;coul&#233;s : le&lt;br class='autobr' /&gt;
Conseil europ&#233;en qui s'y est d&#233;roul&#233;, est loin d'avoir &#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
compl&#232;tement inutile. Il a permis &#224; Fran&#231;ois Hollande&lt;br class='autobr' /&gt;
d'annoncer pour la premi&#232;re fois son intention de faire ratifier le&lt;br class='autobr' /&gt;
Trait&#233; budg&#233;taire, fruit des cogitations de la d&#233;funte&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Merkozie &#187;, mais aussi des engagements pris par 25 des 27&lt;br class='autobr' /&gt;
Etats-membres de l'UE. Le pr&#233;sident fran&#231;ais a estim&#233;, en&lt;br class='autobr' /&gt;
effet, que les r&#233;centes n&#233;gociations avaient permis d'obtenir &#171; la&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;orientation &#187; attendue de l'UE, en consid&#233;rant que les&lt;br class='autobr' /&gt;
dispositions acquises en mati&#232;re de croissance, m&#234;me si elles&lt;br class='autobr' /&gt;
ne faisaient pas l'objet d'un Trait&#233; qui &#233;quilibre juridiquement le&lt;br class='autobr' /&gt;
Trait&#233; budg&#233;taire en cours de ratification, lui donnaient&lt;br class='autobr' /&gt;
satisfaction. Reste &#224; savoir si, entre autres, les m&#233;lanchonistes&lt;br class='autobr' /&gt;
et habituels contestataires de &#171; l'Europe lib&#233;rale &#187; qui peuplent&lt;br class='autobr' /&gt;
les all&#233;es du pouvoir &#224; Paris, l'entendront de cette fa&#231;on. Le PS&lt;br class='autobr' /&gt;
qui dispose, &#224; lui seul, de la majorit&#233; absolue &#224; l'Assembl&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
nationale sera consid&#233;r&#233; comme le ma&#238;tre du jeu, mais au-del&#224;,&lt;br class='autobr' /&gt;
se pose la question de l'autorit&#233; du pr&#233;sident de la R&#233;publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Angela Merkel qui a obtenu, le 29 juin, une ratification-canon&lt;br class='autobr' /&gt;
par le Bundestag du Trait&#233; budg&#233;taire et du m&#233;canisme&lt;br class='autobr' /&gt;
europ&#233;en de s&#233;curit&#233; (avec l'appui du SPD) a &#233;galement&lt;br class='autobr' /&gt;
accept&#233; d&#8216;avaliser le document sur la croissance voulu par son&lt;br class='autobr' /&gt;
vis-&#224;-vis fran&#231;ais. (&#171; vis-&#224;-vis &#187;, en effet, et non &#171; alter ego &#187;, les&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;rogatives d'un pr&#233;sident constitutionnel allemand n'ayant&lt;br class='autobr' /&gt;
rien &#224; voir avec celles que la constitution de la V&#232;me R&#233;publique&lt;br class='autobr' /&gt;
attribue aux chefs d'Etat fran&#231;ais, m&#234;me quand il s'agit de&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sidents &#171; ordinaires &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cr&#233;dits seront, en principe d&#233;gag&#233;s, en faisant appel aux&lt;br class='autobr' /&gt;
cinquante cinq milliards d'euros scandaleusement inemploy&#233;s,&lt;br class='autobr' /&gt;
qui dorment, faute de projets, dans les tiroirs des fonds&lt;br class='autobr' /&gt;
structurels communautaires ; puis &#224; une soixantaine de&lt;br class='autobr' /&gt;
milliards de pr&#234;ts g&#233;n&#233;r&#233;s par une augmentation du capital de&lt;br class='autobr' /&gt;
la Banque europ&#233;enne d'investissements (BEI) et, enfin, une&lt;br class='autobr' /&gt;
poign&#233;e d'autres milliards d'euros affect&#233;s au lancement du&lt;br class='autobr' /&gt;
pilotage de projets destin&#233;s &#224; financer de nouvelles&lt;br class='autobr' /&gt;
infrastructures intercontinentales. 120 milliards d'euros (soit 1% approximativement du PIB), repr&#233;sentent, il faut le savoir,&lt;br class='autobr' /&gt;
une mise de fonds relativement modeste au niveau europ&#233;en,&lt;br class='autobr' /&gt;
si on compare ce montant, par exemple, &#224; ceux qui ont d&#251; &#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;gag&#233;s pour emp&#234;cher la seule Gr&#232;ce de se noyer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mario Monti a obtenu, de son c&#244;t&#233;, les &#171; assouplissements &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il ambitionnait, gr&#226;ce au rachat de titres souverains par les&lt;br class='autobr' /&gt;
fonds de sauvetage mis en place par l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mariano Rajoy, enfin, s'est vu conc&#233;der la recapitalisation&lt;br class='autobr' /&gt;
directe des banques espagnoles par les fonds de sauvetage&lt;br class='autobr' /&gt;
europ&#233;ens, afin d'&#233;viter qu'elle ne prenne la forme de pr&#234;ts&lt;br class='autobr' /&gt;
consentis aux Etats et n'alourdisse leur dette. Ces dispositions,&lt;br class='autobr' /&gt;
cependant, ne seront applicables qu'en 2013. Ce qui donne&lt;br class='autobr' /&gt;
des marges appr&#233;ciables &#224; la sp&#233;culation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les &#171; f&#233;d&#233;ralistes &#187; auraient le droit de dire qu'ils sont&lt;br class='autobr' /&gt;
partie prenante au processus en cours, puisque, au nom du&lt;br class='autobr' /&gt;
concept &#171; d'int&#233;gration solidaire &#187; auquel s'est ralli&#233; Fran&#231;ois&lt;br class='autobr' /&gt;
Hollande, ils ont obtenu le renforcement de la capacit&#233; de&lt;br class='autobr' /&gt;
supervision du secteur bancaire par la Banque centrale&lt;br class='autobr' /&gt;
europ&#233;enne, pr&#233;conis&#233; par Mario Draghi dans la perspective de&lt;br class='autobr' /&gt;
la mise en oeuvre d'une Union bancaire europ&#233;enne dont l'un&lt;br class='autobr' /&gt;
des objectifs serait de mettre fin aux jeux s&#233;par&#233;s des&lt;br class='autobr' /&gt;
superviseurs nationaux, qui peuvent conduire &#224; des chocs&lt;br class='autobr' /&gt;
destructeurs, comme celui qui vient d'aboutir &#224; la quasibanqueroute&lt;br class='autobr' /&gt;
de la quatri&#232;me banque espagnole, avec 23,5 milliards d'euros &#224; la cl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout baigne donc ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes pas&#8230; On s'en apercevra, en France, avec le &#171; casset&#234;te&lt;br class='autobr' /&gt;
de la r&#232;gle d'or &#187;, au cours de l'automne et plus&lt;br class='autobr' /&gt;
g&#233;n&#233;ralement quand les tenants de la classe politique&lt;br class='autobr' /&gt;
prendront conscience de l'ampleur des changements que la&lt;br class='autobr' /&gt;
crise de l'euro sont encore appel&#233;s &#224; provoquer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; propos des d&#233;cisions prises par la r&#233;union des Chefs d'&#201;tat et de gouvernement de la zone euro (Bruxelles, 21 juillet 2011) concernant la crise financi&#232;re en Gr&#232;ce et le renforcement des instruments europ&#233;ens pour la gouvernance financi&#232;re</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/eurozone-crise-financiere-grece</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/eurozone-crise-financiere-grece</guid>
		<dc:date>2012-08-17T09:56:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alberto Majocchi </dc:creator>


		<dc:subject>euro</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lors de la r&#233;union des Chefs d'Etat et de gouvernement de l'Eurozone, tenue &#224; Burxelles le 21 juillet 2011, les sommes disponibles aupr&#232;s du Fonds Europ&#233;en de Solidarit&#233; Financi&#232;re (FESF) ont &#233;t&#233; consid&#233;rablement augment&#233;es -jusqu'&#224; 40 milliards d'euros- et, de plus, la possibilit&#233; a &#233;t&#233; ouverte d'acheter les obligations de tout pays de la zone euro sur le second march&#233; (ainsi que la possibilit&#233; d'am&#233;liorer substantiellement les termes auxquels ces pr&#234;ts peuvent &#234;tre accord&#233;s et d'en reculer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-153-septembre-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 153 &#8212; 2011/09&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-euro-+" rel="tag"&gt;euro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Grece-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lors de la r&#233;union des Chefs d'Etat et de gouvernement&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'Eurozone, tenue &#224; Burxelles le 21 juillet 2011, les&lt;br class='autobr' /&gt;
sommes disponibles aupr&#232;s du Fonds Europ&#233;en de&lt;br class='autobr' /&gt;
Solidarit&#233; Financi&#232;re (FESF)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Fonds Europ&#233;en de Stabilit&#233; Financi&#232;re est une soci&#233;t&#233; qui &#233;tablit des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont &#233;t&#233; consid&#233;rablement&lt;br class='autobr' /&gt;
augment&#233;es -jusqu'&#224; 40 milliards d'euros- et, de plus, la&lt;br class='autobr' /&gt;
possibilit&#233; a &#233;t&#233; ouverte d'acheter les obligations de tout&lt;br class='autobr' /&gt;
pays de la zone euro sur le second march&#233; (ainsi que la&lt;br class='autobr' /&gt;
possibilit&#233; d'am&#233;liorer substantiellement les termes&lt;br class='autobr' /&gt;
auxquels ces pr&#234;ts peuvent &#234;tre accord&#233;s et d'en reculer&lt;br class='autobr' /&gt;
les dates d'&#233;ch&#233;ance).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;cisions m&#234;nent &#224; une transformation radicale du&lt;br class='autobr' /&gt;
FESF qui, de simple instrument pour accorder des pr&#234;ts&lt;br class='autobr' /&gt;
afin d'&#233;viter la mise en d&#233;faut de pays confront&#233;s &#224; une&lt;br class='autobr' /&gt;
crise de leur dette souveraine, tend dor&#233;navant &#224; acqu&#233;rir&lt;br class='autobr' /&gt;
les caract&#233;ristiques d'un pr&#234;teur de derni&#232;re instance,&lt;br class='autobr' /&gt;
susceptible d'acqu&#233;rir des titres publics y compris au&lt;br class='autobr' /&gt;
second march&#233; afin de d&#233;fendre leur valeur et de r&#233;duire&lt;br class='autobr' /&gt;
le fardeau de la dette (les titres sont d&#233;valu&#233;s et ainsi&lt;br class='autobr' /&gt;
achet&#233;s &#224; un cours plus bas que leur valeur initiale. En&lt;br class='autobr' /&gt;
cons&#233;quence, les pays vuln&#233;rables deviennent d&#233;biteurs&lt;br class='autobr' /&gt;
du FESF pour un montant inf&#233;rieur &#224; la valorisation&lt;br class='autobr' /&gt;
nominale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouveau pas sera franchi, sur le plan insitutionnel,&lt;br class='autobr' /&gt;
avec la transformation du FESF en M&#233;canisme Europ&#233;en&lt;br class='autobr' /&gt;
de Stabilit&#233; (MES), une institution intergouvernementale&lt;br class='autobr' /&gt;
fond&#233;e par le Trait&#233; sign&#233; par les pays de l'eurozone. Le&lt;br class='autobr' /&gt;
MES sera dirig&#233; par un Comit&#233; de gouverneurs&lt;br class='autobr' /&gt;
comprenant les Ministres des finances et adoptera ses&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;cisions &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e. Seuls l'accord et les&lt;br class='autobr' /&gt;
termes d'un pr&#234;t &#224; un pays &#233;conomiquement en difficult&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
et la modification de l'importance et de la composition&lt;br class='autobr' /&gt;
des instruments mis &#224; disposition du MES devront &#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
adopt&#233;s selon la proc&#233;dure de l'accord mutuel (mutual&lt;br class='autobr' /&gt;
agreement) ce qui signifie qu'une telle d&#233;cision&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;clamerait l'accord unanime de tous les pays participant au vote et que, donc, l'abstention de l'un de ces&lt;br class='autobr' /&gt;
pays n'annulerait pas la d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de limites demeurent dans cette nouvelle&lt;br class='autobr' /&gt;
institution &#233;tant donn&#233; que toute d&#233;cision concernant&lt;br class='autobr' /&gt;
l'attribution de fonds d&#233;pendra de l'accord unanime des&lt;br class='autobr' /&gt;
gouvernements participant &#224; la d&#233;cision. De plus, les&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#234;ts seront accord&#233;s &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t &#233;lev&#233;s (le co&#251;t&lt;br class='autobr' /&gt;
du pr&#234;t plus 200 points de base) et conditionn&#233;s &#224; une&lt;br class='autobr' /&gt;
correction fiscale qui aura un co&#251;t social &#233;lev&#233; et sera de&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me irr&#233;aliste tant qu'il n'y aura pas de politique au&lt;br class='autobr' /&gt;
niveau europ&#233;en pour assurer un retour &#224; la croissance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, dans la mesure o&#249; cette &#233;volution sera per&#231;ue par le&lt;br class='autobr' /&gt;
march&#233; comme une &#233;tape vers la cr&#233;ation d'un r&#233;el&lt;br class='autobr' /&gt;
syst&#232;me fiscal f&#233;d&#233;ral, bas&#233; sur un Tr&#233;sor europ&#233;en&lt;br class='autobr' /&gt;
responsable pour d&#233;finir et mettre en application les&lt;br class='autobr' /&gt;
lignes g&#233;n&#233;rales de la politique &#233;conomique et pouvant&lt;br class='autobr' /&gt;
s'appuyer sur un budget f&#233;d&#233;ral dot&#233; de ressources&lt;br class='autobr' /&gt;
propres et en mesure de lancer des obligations&lt;br class='autobr' /&gt;
europ&#233;ennes pour financer un plan europ&#233;en de&lt;br class='autobr' /&gt;
croissance, il sera possible de garantir imm&#233;diatement la&lt;br class='autobr' /&gt;
stabilit&#233; des pays les plus faibles et, avec comme r&#233;sultat,&lt;br class='autobr' /&gt;
de r&#233;duire l'&#233;cart avec les obligations des pays les plus&lt;br class='autobr' /&gt;
forts de la zone euro, comme cela avait &#233;t&#233; le cas en 1990&lt;br class='autobr' /&gt;
avec la r&#233;duction des taux d'int&#233;r&#234;t des pays d&#233;sireux de&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;unir les conditions leur permettant de rejoindre la&lt;br class='autobr' /&gt;
monnaie unique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Alberto Majocchi&lt;br class='manualbr' /&gt;Pr&#233;sident du Institute for Studies and Economic&lt;br class='autobr' /&gt;
Analyzes - Rome&lt;br class='autobr' /&gt;
_&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit de l'anglais par Jean-Francis Billion - Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Fonds Europ&#233;en de Stabilit&#233; Financi&#232;re est une&lt;br class='autobr' /&gt;
soci&#233;t&#233; qui &#233;tablit des obligations (bonds) et&lt;br class='autobr' /&gt;
d'autres instruments de dette sur le march&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
garantis par les Etats membres, afin d'offrir un&lt;br class='autobr' /&gt;
soutien financier aux Etats membres ayant des&lt;br class='autobr' /&gt;
difficult&#233;s &#224; emprunter ; de tels pr&#234;ts sont&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;pendants de l'adoption par les pays se les voyant&lt;br class='autobr' /&gt;
accorder de mesures d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise irlandaise, crise de l'euro, crise de l'Europe</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Crise-irlandaise-crise-de-l-euro-crise-de-l-Europe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Crise-irlandaise-crise-de-l-euro-crise-de-l-Europe</guid>
		<dc:date>2011-10-10T09:17:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Toulemon</dc:creator>


		<dc:subject>euro</dc:subject>
		<dc:subject>Crise de la dette</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les f&#233;d&#233;ralistes ont toujours affirm&#233; que l'union mon&#233;taire europ&#233;enne demeurerait fragile tant qu'elle ne prendrait pas appui sur une union politique. La crise actuelle en apporte une &#233;clatante d&#233;monstration. Pour &#234;tre durables, les solutions &#224; la crise doivent marquer un renforcement concomitant de la discipline et de la solidarit&#233; au sein d'une union renforc&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt; Les faiblesses d'une monnaie sans Etat &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la crise grecque, celle que traverse l'Irlande est en fait le d&#233;fi le plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-151-mars-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 151 &#8212; 2011/03&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-euro-+" rel="tag"&gt;euro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Crise-de-la-dette-+" rel="tag"&gt;Crise de la dette&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les f&#233;d&#233;ralistes ont toujours affirm&#233; que l'union mon&#233;taire europ&#233;enne demeurerait fragile tant qu'elle ne prendrait pas appui sur une union politique. La crise actuelle en apporte une &#233;clatante d&#233;monstration. Pour &#234;tre durables, les solutions &#224; la crise doivent marquer un renforcement concomitant de la discipline et de la solidarit&#233; au sein d'une union renforc&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les faiblesses d'une monnaie sans Etat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la crise grecque, celle que traverse l'Irlande est en fait le d&#233;fi le plus grave auquel est confront&#233;e la monnaie europ&#233;enne depuis sa cr&#233;ation. Les cr&#233;ateurs de l'euro avaient cru pallier l'absence d'un Etat et d'un budget f&#233;d&#233;ral par un &#171; pacte de stabilit&#233; et de croissance &#187;. Bien que le trait&#233; ait exclu tout renflouement d'un pays en difficult&#233;, les march&#233;s ont longtemps consid&#233;r&#233; que la zone euro constituait un tout. Tous les pays membres b&#233;n&#233;ficiaient de conditions de cr&#233;dit avantageuses, proches de celles consenties &#224; l'Allemagne. Certes des entorses au pacte auraient pu &#233;veiller quelque soup&#231;on : Italie et Belgique avaient &#233;t&#233; admises bien que leur endettement d&#233;pass&#226;t de loin la limite de 60 % du PIB, les donn&#233;es statistiques venant de Gr&#232;ce &#233;taient douteuses, mais surtout les deux principaux pays de la zone, l'Allemagne et la France avaient obtenu en 2005 un assouplissement du pacte les exon&#233;rant de toute sanction financi&#232;re pour d&#233;ficit excessif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le climat d'inqui&#233;tude cr&#233;&#233; par la crise des cr&#233;dits immobiliers am&#233;ricains contribua &#224; dissiper les illusions concernant l'unit&#233; de la zone euro. La Gr&#232;ce, dont le d&#233;ficit budg&#233;taire et l'endettement avaient &#233;t&#233; dissimul&#233;s, fut la premi&#232;re &#224; susciter la m&#233;fiance de ses cr&#233;anciers. La n&#233;cessit&#233; de lui venir en aide se heurta plusieurs mois durant &#224; l'hostilit&#233; de l'Allemagne, bien que les banques allemandes eussent &#233;t&#233; les premi&#232;res &#224; souffrir d'un d&#233;faut grec. Ce temps d'attente impos&#233; par la Chanceli&#232;re Angela Merkel eut l'avantage de convaincre l'opinion grecque que le programme de rigueur qui lui &#233;tait impos&#233; &#233;tait un moindre mal. Un accord associant le FMI intervint enfin dans la nuit du 10 mai 2010, mobilisant 750 millions d'euros. Le Fonds de stabilisation ainsi constitu&#233; empruntera sur les march&#233;s en b&#233;n&#233;ficiant du triple A et pr&#234;tera &#224; un taux plus &#233;lev&#233; mais bien inf&#233;rieur &#224; celui qu'exigent des cr&#233;anciers redoutant un d&#233;faut de remboursement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Irlande allait &#234;tre &#224; l'automne la seconde cible de la m&#233;fiance des march&#233;s. Son cas est diff&#233;rent de celui de la Gr&#232;ce. Elle est le pays qui a tir&#233; le plus de profit de son appartenance &#224; l'Union europ&#233;enne (UE), devenant en quelques ann&#233;es le plus riche, alors qu'elle en &#233;tait jadis le plus pauvre. Son d&#233;ficit gigantesque de plus de 30 % du PIB s'explique par l'obligation o&#249; s'est trouv&#233; le gouvernement irlandais de sauver des banques surdimensionn&#233;es et qui s'&#233;taient livr&#233;es &#224; une v&#233;ritable orgie de cr&#233;dits immobiliers. A la diff&#233;rence de la Gr&#232;ce qui avait d&#251; attendre pendant des mois le bon vouloir de l'Allemagne, le gouvernement de Dublin ne se r&#233;signa que p&#233;niblement &#224; faire appel &#224; une aide consid&#233;r&#233;e par une large part de la population comme humiliante et attentatoire &#224; la souverainet&#233; nationale. En revanche, les partenaires de l'Irlande et les Autorit&#233;s europ&#233;ennes souhaitaient une solution rapide afin d'&#233;viter la contagion de m&#233;fiance qui mena&#231;ait de s'&#233;tendre au Portugal et &#224; l'Espagne. L'accord intervenu fin novembre met l'Irlande &#224; l'abri de la faillite. Le gouvernement irlandais s'est impos&#233; un plan draconien d'&#233;conomies comportant une baisse du salaire minimum et des allocations sociales mais s'est refus&#233;, en d&#233;pit des pressions, &#224; relever le taux de son imp&#244;t sur les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s qui, &#224; 13,5 %, lui a permis d'attirer nombre de firmes internationales, notamment am&#233;ricaines. Les plans d'assainissement grec et irlandais s'accompagnent de mesures s&#233;v&#232;res de restriction budg&#233;taire dans la plupart des pays, y compris le Royaume-Uni qui ne fait pas partie de la zone euro mais qui participe cependant au sauvetage de l'Irlande.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des progr&#232;s significatifs mais insuffisants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Fonds de stabilisation cr&#233;&#233; pour la Gr&#232;ce et dont les interventions s'&#233;tendront &#224; l'Irlande sera vraisemblablement p&#233;rennis&#233;. La Banque centrale, dont le soutien aux banques en difficult&#233; a jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif tout au long de la crise des cr&#233;dits immobiliers, continue &#224; intervenir pour assurer la liquidit&#233; des banques. La mise en place de trois agences de r&#233;gulation, pour les march&#233;s boursiers, pour les banques et pour les assurances et d'un comit&#233; de surveillance syst&#233;mique aupr&#232;s de la Banque centrale devrait r&#233;duire l'opacit&#233; des transactions et limiter la sp&#233;culation. Enfin une surveillance pr&#233;ventive des politiques budg&#233;taires nationales s'appliquera d&#232;s 2011 dans la zone euro. Bien que ces mesures, dont certaines concernent l'ensemble de l'Union, repr&#233;sentent un progr&#232;s consid&#233;rable, il n'est pas certain qu'elles apportent une solution durable &#224; la crise, soit que l'Irlande et la Gr&#232;ce ne puissent respecter les &#233;ch&#233;ances de cr&#233;dits assortis de taux d'int&#233;r&#234;t relativement &#233;lev&#233;s, soit que la m&#233;fiance des march&#233;s ne s'&#233;tende &#224; d'autres pays. Les plans d'assainissement draconiens risquent de provoquer des troubles sociaux et politiques majeurs. La g&#233;n&#233;ralisation des politiques de rigueur menace l'&#233;conomie europ&#233;enne d'une longue p&#233;riode de stagnation. Enfin l'image de l'Europe est fortement d&#233;t&#233;rior&#233;e &#224; la fois aupr&#232;s des d&#233;biteurs soumis &#224; une cure d'aust&#233;rit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent et des principaux cr&#233;diteurs, tout particuli&#232;rement allemands, irrit&#233;s de payer pour l'impr&#233;voyance de leurs partenaires. Le d&#233;veloppement de l'euroscepticisme ne facilite &#233;videmment pas la recherche de solutions coop&#233;ratives par les gouvernements. Certains en viennent &#224; pr&#233;voir l'&#233;clatement de la zone euro, &#224; tort car le co&#251;t pour tous, y compris l'Allemagne, serait inacceptable, sans parler de l'&#233;chec politique collectif qu'il signifierait pour les Europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Peut-on esp&#233;rer un sursaut ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face au risque d'un prolongement, voire d'une extension de la crise, on peut souhaiter, sans trop y croire, qu'un sursaut se produise qui permettrait une sortie par le haut. Une d&#233;claration en faveur d'un progr&#232;s concomitant de la solidarit&#233; et de la discipline r&#233;tablirait la cr&#233;dibilit&#233; entam&#233;e de la zone euro. Les responsabilit&#233;s de la crise sont partag&#233;es entre d&#233;biteurs imprudents et autorit&#233;s europ&#233;ennes n&#233;gligentes, Commission, Conseil et Banque centrale. Aussi serait-il justifi&#233; de consentir aux pays endett&#233;s des taux plus mod&#233;r&#233;s et de plus longs d&#233;lais pour le remboursement de leurs dettes, voire pour l'assainissement de leurs finances et le r&#233;tablissement de leur comp&#233;titivit&#233;. Transf&#233;rer une part de l'endettement au niveau de l'UE aurait sans doute pour cons&#233;quence de faire baisser l'euro, ce qui serait un facteur favorable &#224; la croissance et une r&#233;plique justifi&#233;e aux politiques de dumping mon&#233;taire pratiqu&#233;es par la Chine et les Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, pour compenser l'effet r&#233;cessif des plans d'assainissement mais aussi pour donner une image plus positive de la politique europ&#233;enne, conviendrait-il de mutualiser les moyens d'intervention en faveur des &#233;conomies d'&#233;nergie, de la croissance verte, de l'innovation et de la recherche ainsi que de la lutte contre la pauvret&#233;. Un budget f&#233;d&#233;ral aliment&#233; par des ressources propres vot&#233;es par le Parlement europ&#233;en et compl&#233;t&#233; par l'&#233;mission d'euro-obligations donnerait quelque chance au programme 2020 de ne pas conna&#238;tre l'&#233;chec du d&#233;cevant Programme de Lisbonne. Les reproches qui sont adress&#233;s aux Allemands qui ont accompli de grands efforts pour mettre en ordre leurs finances lourdement affect&#233;es par le co&#251;t de la r&#233;unification sont contreproductifs et mal fond&#233;s. Cependant l'int&#233;r&#234;t de l'Allemagne comme celui de ses partenaires est de pr&#233;server l'acquis politique, &#233;conomique et humain que repr&#233;sente, au-del&#224; de l'euro, l'Union europ&#233;enne. Aussi n'est-il pas exclu que l'Allemagne, face &#224; la menace d'un &#233;clatement de l'euro, accepte un jour ce qui lui parait aujourd'hui inacceptable. Mais ses partenaires, notamment la France, devront comprendre que la solidarit&#233; ne saurait se limiter au domaine &#233;conomique et mon&#233;taire. Seule une union politique d'inspiration f&#233;d&#233;rale pourrait assurer durablement l'avenir de l'euro.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Robert TOULEMON&lt;br class='autobr' /&gt;
Ancien Directeur &#224; la Commission europ&#233;enne - Auteur de Aimer l'Europe - Paris - Article initialement publi&#233; sur le site de L'id&#233;e f&#233;d&#233;rale - Montr&#233;al - Janvier 2001 - &lt;a href=&#034;http://www.ideefederale.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ideefederale.ca&lt;/a&gt; - info@ideefederale.ca&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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