<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
	<link>https://www.pressefederaliste.eu/</link>
	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressefederaliste.eu/spip.php?id_mot=29&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
		<url>https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L144xH24/logo-site-121f6.png?1729034532</url>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/</link>
		<height>24</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Trois r&#233;flexions sur les apports de Proudhon &#224; la pens&#233;e f&#233;d&#233;raliste</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Trois-reflexions-sur-les-apports-de-Proudhon-a-la-pensee-federaliste</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Trois-reflexions-sur-les-apports-de-Proudhon-a-la-pensee-federaliste</guid>
		<dc:date>2020-03-19T21:07:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucio Levi</dc:creator>


		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les textes qui suivent, sont extraits de l'ouvrage de Lucio Levi, Lanham (MA), Federalist Thinking, ed. University Press of America Inc., 2008, 160 p., pp. 39-49. Recension de ce livre, Jean-Francis Billion, F&#233;d&#233;choses-pour le f&#233;d&#233;ralisme, n&#176; 141, septembre 2008. Federalist Thinking &#233;tant une premi&#232;re version compl&#233;t&#233;e du livre de Levi, Rome &#8211; Bari, Il Pensiero federalista, &#233;d. Editori Laterza, 2002, 172 p. Une seconde version, &#224; nouveau largement compl&#233;t&#233;e et amend&#233;e de ces deux ouvrages (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-183-Decembre-2019-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 183 - D&#233;cembre 2019&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Pierre-Joseph-Proudhon-+" rel="tag"&gt;Pierre-Joseph Proudhon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L150xH111/arton690-cb28a.jpg?1732190903' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='111' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les textes qui suivent, sont extraits de l'ouvrage de Lucio Levi, Lanham (MA), Federalist Thinking, ed. University Press of America Inc., 2008, 160 p., pp. 39-49. Recension de ce livre, Jean-Francis Billion, F&#233;d&#233;choses-pour le f&#233;d&#233;ralisme, n&#176; 141, septembre 2008. Federalist Thinking &#233;tant une premi&#232;re version compl&#233;t&#233;e du livre de Levi, Rome &#8211; Bari, Il Pensiero federalista, &#233;d. Editori Laterza, 2002, 172 p. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une seconde version, &#224; nouveau largement compl&#233;t&#233;e et amend&#233;e de ces deux ouvrages est actuellement sous presse pour para&#238;tre prochainement en fran&#231;ais dans la collection &#8220;Textes f&#233;d&#233;ralistes&#8221; de Presse f&#233;d&#233;raliste, dans une traduction de Joseph Montchamp et Jean-Luc Prevel.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme de Pierre Joseph Proudhon (et de Constantin Frantz) et la n&#233;gation de l'&#201;tat national&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le courant politique dominant au 18&#176; si&#232;cle avait favoris&#233; l'&#233;tablissement du principe national. Le point de vue f&#233;d&#233;raliste qui &#233;tait pr&#233;sent en m&#234;me temps, bien qu'il n'e&#251;t pas la possibilit&#233; de s'affirmer, &#233;tait capable de montrer les aspects n&#233;gatifs de cette phase de l'histoire europ&#233;enne et les limites de l'&#201;tat national. Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) condamnait la formation de l'&#201;tat italien et Constantin Frantz (1817-1891) avait la m&#234;me r&#233;action &#224; l'&#233;gard de l'&#201;tat allemand ; tous les deux, contrairement &#224; l'opinion la plus r&#233;pandue &#224; leur &#233;poque, consid&#233;raient que le principe national et l'&#201;tat unitaire n'&#233;taient pas des facteurs de d&#233;veloppement de la d&#233;mocratie, mais de nouvelles formes d'oppression, qu'ils n'&#233;taient pas des facteurs de paix mais des sources d'antagonismes et de violences sans pr&#233;c&#233;dents entre les &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos de l'unification de l'Italie, Proudhon &#233;crivait : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un &#201;tat de 26 millions d'&#226;mes, comme serait l'Italie, est un &#201;tat dans lequel toutes les fiert&#233;s provinciales et municipales sont confisqu&#233;es au profit d'une puissance sup&#233;rieure, qui les gouvernent. L&#224;, toute localit&#233; doit se taire, l'esprit de clocher, faire silence : hors le jour des &#233;lections, dans lequel le citoyen manifeste sa souverainet&#233; par un nom propre &#233;crit sur un bulletin, la collectivit&#233; est absorb&#233;e dans le pouvoir central&#8230; La fusion, en un mot, c'est-&#224;-dire l'an&#233;antissement des nationalit&#233;s particuli&#232;res, o&#249; vivent et se distinguent les citoyens, en une nationalit&#233; abstraite o&#249; l'on ne respire ni ne se conna&#238;t plus : voil&#224; l'unit&#233;&#8230; Et qui profite de ce r&#233;gime d'unit&#233; ? Le peuple ? Non, les classes sup&#233;rieures &#187;. (1959, pp. 98-100)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon &#233;tait critique du principe national, c'est &#224; dire de la fusion de l'&#201;tat et de la nation. Avec une clairvoyance surprenante, dans une page publi&#233;e apr&#232;s sa mort, dans la collection de fragments France et Rhin, dans laquelle les r&#233;sultats de sa longue et laborieuse r&#233;flexion intellectuelle sur la question nationale semblent concentr&#233;s, une v&#233;rit&#233; &#233;merge seulement aujourd'hui en pleine lumi&#232;re, en pr&#233;sence du d&#233;clin historique de l'&#201;tat national et des pouss&#233;es r&#233;gionalistes qui sont &#233;videntes partout en Europe, qu'il nous est possible d'appr&#233;cier dans toute sa port&#233;e. &#171; La nation fran&#231;aise actuelle se compose d'au moins vingt nations distinctes, et dont le caract&#232;re observ&#233; dans le peuple et chez les paysans, est encore fortement tranch&#233;&#8230; Le Fran&#231;ais est un &#234;tre de convention, il n'existe pas&#8230; Une nation si grande ne tient qu'&#224; l'aide de la force. L'arm&#233;e permanente sert surtout &#224; cela. Otez cet appui &#224; l'administration et &#224; la police centrales, la France tombe dans le f&#233;d&#233;ralisme. Les attractions locales l'emportent &#187;. (1959, pp. 594-595)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Proudhon sous-entend, c'est qu'il existe une nationalit&#233; spontan&#233;e qui est le r&#233;sultat de liens naturels entre les communaut&#233;s locales, leur territoire et leur culture, et une nationalit&#233; organis&#233;e qui est le r&#233;sultat de liens entre l'&#201;tat et les individus qui vivent sur son territoire et qui est l'expression du besoin d'uniformit&#233; sociale et culturelle, et d'une loyaut&#233; exclusive pour l'&#201;tat bureaucratique et centralis&#233;. De cette fa&#231;on, il apportait une contribution importante &#224; la compr&#233;hension du principe de nationalit&#233; en l'expliquant comme un mythe dont le but est de justifier l'&#201;tat d&#233;mocratique unitaire, n&#233; de la R&#233;volution fran&#231;aise, qui se soutient gr&#226;ce &#224; une arm&#233;e permanente qui exige la conscription obligatoire, &#224; un appareil bureaucratique et policier centralis&#233; et &#224; la fusion de l'&#201;tat et de la nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, Frantz montrait comment les nations qui ne sont pas des &#171; types naturels &#187; mais des &#171; formations historiques, caract&#233;ristique qu'elles partagent avec l'&#201;tat &#187; et comment elles se modifient au cours de l'histoire comme le font les fronti&#232;res des &#201;tats (Frantz, 1879, p. 347). De cette fa&#231;on, il d&#233;voilait la pr&#233;tention de la classe politique allemande qui consistait &#224; pr&#233;senter l'exp&#233;rience unitaire du peuple allemand comme un fait existant depuis un pass&#233; tr&#232;s lointain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les deux, Proudhon et Frantz, furent capables de pr&#233;voir que le m&#233;lange explosif que pr&#233;sentait la fusion de l'&#201;tat et de la nation augmenterait l'agressivit&#233; des &#201;tats et leur caract&#232;re belliqueux et les transformerait en &#171; machines de guerre &#187;. En particulier, ils pressentirent le potentiel perturbateur de l'&#233;tablissement du principe national dans l'Europe centrale et orientale o&#249; il &#233;tait impossible de tracer avec pr&#233;cision des fronti&#232;res d'Etats en conformit&#233; avec ce principe. Ils comprenaient que l'organisation de l'Europe en &#201;tats nationaux finirait par rompre l'&#233;quilibre des puissances, causerait des tensions internationales et jetterait le continent dans une s&#233;rie de &#171; guerres nationales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que l'&#233;tablissement du principe national poussait les &#201;tats &#224; se transformer en groupements centralis&#233;s, ferm&#233;s, hostiles et enclins &#224; la guerre, l'extension de la r&#233;volution industrielle avait tendance &#224; accro&#238;tre et &#224; intensifier les relations sociales et &#224; les unifier sur des r&#233;gions toujours plus vastes, d'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de former de nouveaux espaces &#233;conomiques, politiquement organis&#233;s et de dimensions continentales. Sa perception de cette tendance historique amena Frantz &#224; pr&#233;voir le d&#233;clin du syst&#232;me des &#201;tats europ&#233;ens, confront&#233;s &#224; la mont&#233;e des &#201;tats Unis et de la Russie au rang de puissances mondiales. Une unification f&#233;d&#233;rale &#233;tait la seule solution pour que l'Europe devienne &#171; une troisi&#232;me puissance &#187; et rivalise dans des conditions d'&#233;galit&#233; avec les puissances qui avaient des dimensions continentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme alternative &#224; l'unification de l'Allemagne, Frantz souhaitait et envisageait un nouvel ordre f&#233;d&#233;ral b&#226;ti autour d'un noyau germanique. D'ailleurs l'Allemagne, d'apr&#232;s Schelling (1795-1854), est &#171; un peuple de peuples &#187;, elle est donc mieux adapt&#233;e pour se structurer suivant le principe f&#233;d&#233;ral et multinational de coexistence pacifique de plusieurs peuples, plut&#244;t que de se transformer en un &#201;tat centralis&#233; et bureaucratique. Une f&#233;d&#233;ration allemande aurait pu, ensuite, constituer le premier centre d'un nouvel ordre international, destin&#233; &#224; s'&#233;tendre au reste de l'Europe et &#224; transformer les rapports de force entre les &#201;tats en relations fond&#233;es sur le droit. Comme Proudhon, Frantz insiste sur la compl&#233;mentarit&#233; de l'aspect communautaire et de l'orientation cosmopolite du f&#233;d&#233;ralisme. Il &#233;crit : &#171; Tandis que le f&#233;d&#233;ralisme, d'une part nous am&#232;ne &#224; op&#233;rer sur un espace plus large, d'autre part il d&#233;veloppe la vie locale, les communes, les corporations, les associations [&#8230;]. Nous pouvons affirmer avec certitude que l'avenir, d'un c&#244;t&#233; fera avancer les id&#233;es cosmopolites et, de l'autre, les id&#233;es communautaires et la coop&#233;ration &#187; (Frantz, 1878, p. 206). Cependant, dans l'ensemble, le f&#233;d&#233;ralisme de Frantz est marqu&#233; par la nostalgie de certains aspects pr&#233;-nationaux de la soci&#233;t&#233; et son rejet du principe national se d&#233;finit plus comme une fa&#231;on de donner une continuit&#233; &#224; l'ordre universel poursuivi par l'empire m&#233;di&#233;val qu'en termes de d&#233;passement (au sens dialectique de l'expression) de l'&#201;tat national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, le f&#233;d&#233;ralisme politique de Proudhon tend vers une r&#233;alisation int&#233;grale du principe de souverainet&#233; populaire proclam&#233; par la R&#233;volution fran&#231;aise et inscrit dans des textes constitutionnels, mais vid&#233; de son sens par la centralisation qui met le citoyen au service de l'&#201;tat. Dans une page des Contradictions politiques, l'id&#233;al communautaire de Proudhon qui constitue une composante essentielle de son f&#233;d&#233;ralisme, s'exprime avec une grande vigueur. Il s'incarne dans l'aspiration du peuple &#224; participer activement dans les nombreux aspects de la vie de la commune qui est la cellule de base de l'&#201;tat, et &#224; affirmer son autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La commune est par son essence&#8230; un &#234;tre souverain. En cette qualit&#233;, la commune a le droit de se gouverner elle-m&#234;me, de s'administrer, de s'imposer des taxes, de disposer de ses propri&#233;t&#233;s et de ses revenus, de cr&#233;er pour sa jeunesse des &#233;coles, d'y nommer des professeurs, de faire sa police, d'avoir sa gendarmerie, et sa garde civique ; de nommer ses juges ; d'avoir ses journaux, ses r&#233;unions, ses soci&#233;t&#233;s particuli&#232;res, ses entrep&#244;ts, sa mercuriale, sa banque, etc. La commune prend des arr&#234;t&#233;s, rend des ordonnances : qui emp&#234;che qu'elle n'aille jusqu'&#224; se donner des lois ? Elle a son Eglise, son culte, son clerg&#233;, librement &#233;lus ; elle discute publiquement, en conseil municipal, dans ses journaux ou ses cercles, tout ce qui touche &#224; ses int&#233;r&#234;ts ou excite son opinion&#8230; Il n'y a point de milieu : la commune sera souveraine ou succursale, tout ou rien &#187;. (1952, pp. 245-246)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport gouvernement central-gouvernement local typique de l'&#201;tat national est invers&#233;. La commune est consid&#233;r&#233;e comme le centre principal d'organisation de la vie collective : c'est elle qui est investie de pouvoirs tels que faire les lois, lever les imp&#244;ts, maintenir l'ordre public, nommer les juges, r&#244;les traditionnellement r&#233;serv&#233;s au pouvoir national. Si le f&#233;d&#233;ralisme est une formule politique qui exige l'attribution aux entit&#233;s collectives plus petites d'un plus grand nombre de pouvoirs que jamais auparavant, il permet aussi d'organiser le pouvoir politique &#224; tous les niveaux o&#249; se d&#233;roule la vie sociale, du plus bas (la communaut&#233; territoriale et fonctionnelle) au plus haut (le genre humain), si bien que la soci&#233;t&#233; soit sujette en m&#234;me temps &#224; une &#171; loi d'unit&#233; &#187; et une &#171; loi de divergence &#187; et ob&#233;isse dans le m&#234;me temps &#224; un &#171; mouvement centrip&#232;te &#187; et &#224; un &#171; mouvement centrifuge &#187;. &#171; Le r&#233;sultat de ce dualisme &#187;, selon Proudhon, est de faire en sorte qu'un jour, par la f&#233;d&#233;ration des forces libres et la d&#233;centralisation de l'autorit&#233;, tous les &#201;tats, grands et petits, r&#233;unissent les avantages de l'unit&#233; et de la libert&#233;, de l'&#233;conomie et du pouvoir, de l'esprit cosmopolite et du sentiment patriotique. Ainsi le f&#233;d&#233;ralisme est une formule politique de port&#233;e universelle, &#171; la forme politique de l'humanit&#233; &#187;. (1982, vol. II, p. 288)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il consid&#232;re comme &#171; contradictoire &#187; l'id&#233;e d'une &#171; conf&#233;d&#233;ration universelle &#187;. Ainsi &#171; L'Europe serait encore trop grande pour une conf&#233;d&#233;ration unique : elle ne pourrait former qu'une conf&#233;d&#233;ration de conf&#233;d&#233;rations&#8230; Alors toute nationalit&#233; reviendrait &#224; la libert&#233; ; alors se r&#233;aliserait l'id&#233;e d'un &#233;quilibre europ&#233;en, pr&#233;vu par tous les publicistes et hommes d'&#201;tat, mais impossible &#224; obtenir avec de grandes puissances &#224; constitution unitaire &#187;. (1959, p. 335).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon utilise indiff&#233;remment les termes de f&#233;d&#233;ration et conf&#233;d&#233;ration qui, dans un langage scientifique plus rigoureux, ont des sens oppos&#233;s. Mais la confusion n'est pas seulement verbale. Il n'avait pas conscience de la nouvelle forme d'Etat qui &#233;tait n&#233;e de la Convention de Philadelphie. Il n'&#233;tait pas en position de se repr&#233;senter le fonctionnement d'une f&#233;d&#233;ration qui permet au pouvoir politique de s'organiser sur plusieurs niveaux autonomes, coordonn&#233;s entre eux et qui se limitent mutuellement. Il pensait que l'objectif des institutions f&#233;d&#233;rales &#233;tait &#171; de garantir aux &#201;tats conf&#233;d&#233;r&#233;s leur souverainet&#233; &#187; (1959, p. 319) et donc d'assurer la subordination de l'autorit&#233; centrale aux &#201;tats membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue institutionnel sa th&#233;orie politique a un caract&#232;re conf&#233;d&#233;ral. Cependant il concevait le f&#233;d&#233;ralisme comme l'instrument le plus efficace pour affirmer le droit contre la force dans les relations entre groupes sociaux pour instaurer la paix entre les nations et, en somme, pour organiser l'humanit&#233; suivant un ordre cosmopolite et, en m&#234;me temps, pour concilier l'unit&#233; avec la diversit&#233;, &#224; la fois dans les relations entre Etats et entre les groupes sociaux. D'apr&#232;s Proudhon, la d&#233;mocratie sur le plan national, telle qu'elle avait &#233;t&#233; institu&#233;e par la R&#233;volution fran&#231;aise n'est pas, en principe, en contradiction avec la d&#233;mocratie au niveau local et supranational, donc elle n'est pas en contradiction avec la cr&#233;ation d'institutions d&#233;mocratiques dot&#233;es de pouvoirs ind&#233;pendants &#224; tous les niveaux o&#249; la vie sociale se d&#233;roule. Croire que la d&#233;mocratie ne peut s'exprimer qu'&#224; un seul niveau de gouvernement est la limite la plus s&#233;rieuse de la pens&#233;e nationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1862, en faisant le bilan de son itin&#233;raire politique, Proudhon &#233;crivait : &#171; Si, en 1840, j'ai d&#233;but&#233; par l'anarchie, conclusion de ma critique de l'id&#233;e gouvernementale, c'est que je devais finir par la f&#233;d&#233;ration, base n&#233;cessaire du droit des gens europ&#233;en, et, plus tard, de l'organisation de tous les &#201;tats &#187; (1874-75, vol. XII, p. 220). Son point de vue f&#233;d&#233;raliste permettait &#224; Proudhon de d&#233;noncer le caract&#232;re pathologique et donc transitoire de la formule politique de l'&#201;tat national. Le d&#233;clin du r&#244;le historique de ce type d'&#201;tat est mis en relief en Europe aujourd'hui par le processus d'unification r&#233;gionale et la tendance &#224; la d&#233;centralisation et, dans le monde, par sa subordination aux acteurs du processus de globalisation. Le mod&#232;le d'un &#201;tat ferm&#233; et centralis&#233; qui organise la division politique plut&#244;t que l'unit&#233; du genre humain et poursuit le monisme &#224; la place du pluralisme social n'est plus adapt&#233; au d&#233;veloppement des forces productives et aux nouvelles dimensions prises par les probl&#232;mes &#224; la fois domestiques et de politique internationale. Tout ceci prouve la valeur proph&#233;tique de l'affirmation de Proudhon que &#171; le vingti&#232;me si&#232;cle ouvrira l'&#226;ge des f&#233;d&#233;rations, ou l'humanit&#233; recommencera un purgatoire de mille ans &#187;. (Proudhon, 1959, pp. 355-56).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Proudhon et la critique des limites du lib&#233;ralisme, de la d&#233;mocratie et du socialisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme, de cette fa&#231;on, se qualifie comme la th&#233;orie politique qui permet de r&#233;soudre les probl&#232;mes laiss&#233;s en suspens par la R&#233;volution fran&#231;aise avec son affirmation de principe d'une &#171; R&#233;publique une et indivisible &#187; et de surmonter les contradictions du mod&#232;le de l'&#201;tat national unitaire. La R&#233;volution fran&#231;aise avait &#233;mancip&#233; la nation en reconnaissant la souverainet&#233; populaire, mais les principes de centralisation du pouvoir politique et le nationalisme s'&#233;taient r&#233;v&#233;l&#233;s en opposition avec la libert&#233;, la d&#233;mocratie et le socialisme. C'est la raison pour laquelle Proudhon &#233;crit, &#171; Qui dit libert&#233; dit f&#233;d&#233;ration ou ne dit rien. Qui dit r&#233;publique dit f&#233;d&#233;ration ou, encore une fois, ne dit rien. Qui dit socialisme dit f&#233;d&#233;ration ou encore ne dit rien &#187;. (1959, p. 383)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, Proudhon montre comment la structure de l'&#201;tat unitaire r&#233;duit en une formule juridique vide le principe de s&#233;paration des pouvoirs qui est la garantie du libre gouvernement. Il y a une contradiction insurmontable entre le principe de la s&#233;paration des pouvoirs et celui de la centralisation. Tandis que le premier est bas&#233; sur l'autonomie de certains centres de pouvoirs (le Parlement, les &#233;lus locaux, etc.) par rapport au gouvernement central, et donc sur la pr&#233;sence de contrepoids, d'oppositions, d'antagonismes entre les pouvoirs de l'&#201;tat, le second ne tol&#232;re aucun centre d'initiative politique en dehors du gouvernement central. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'id&#233;e d'une limitation de l'&#201;tat, l&#224; o&#249; r&#232;gne le principe de centralisation des groupes, est donc une incons&#233;quence, pour ne pas dire une absurdit&#233;. Il n'y a d'autres limites &#224; l'&#201;tat, que celles qu'il s'impose de lui-m&#234;me en abandonnant &#224; l'initiative municipale et individuelle certaines choses dont provisoirement il ne se soucie point. Mais, son action &#233;tant illimit&#233;e, il peut arriver qu'il veuille l'&#233;tendre sur les choses qu'il avait d'abord d&#233;daign&#233;es ; et comme il est le plus fort, comme il ne parle et n'agit jamais au nom de l'int&#233;r&#234;t public, non seulement il obtiendra ce qu'il demande ; devant l'opinion et les tribunaux, il aura encore raison &#187;. (1952, p. 246)&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un &#201;tat unitaire, la lutte politique se d&#233;roule dans un seul contexte institutionnel pour la conqu&#234;te d'un seul pouvoir ; il n'est sujet &#224; aucune limitation effective et il est l'arbitre de la Constitution elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, Proudhon est critique de la d&#233;mocratie jacobine qui a perfectionn&#233; la centralisation de l'&#201;tat. &#171; La d&#233;mocratie a peu de consid&#233;ration &#224; l'&#233;gard des libert&#233;s individuelles et pour le respect de la loi, car elle est incapable de gouverner dans des conditions diff&#233;rentes de celles de l'unit&#233;, ce qui n'est rien d'autre que du despotisme [&#8230;] La d&#233;mocratie est surtout centralisatrice et unitaire ; elle abhorre le f&#233;d&#233;ralisme &#187;. (1959, p. 382)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type de d&#233;mocratie qui attribue la souverainet&#233; au peuple, vu comme une entit&#233; ferm&#233;e sur elle-m&#234;me, uniforme, indivisible et qui condamne comme une attaque &#224; la souverainet&#233; populaire tout ce qui peut diviser, diff&#233;rencier, opposer des volont&#233;s qui concourent &#224; former la volont&#233; de la nation, ne devrait pas &#224; proprement parler s'appeler d&#233;mocratie, parce que tous les groupes sociaux &#233;tant sujets &#224; la m&#234;me autorit&#233; et &#224; la m&#234;me administration perdent leur autonomie. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220; Dans le pacte social, convenu &#224; la mani&#232;re de Rousseau et des jacobins, le citoyen se d&#233;met de sa citoyennet&#233; et la commune, et au dessus d'elle le d&#233;partement et la province, absorb&#233;s dans l'autorit&#233; centrale, ne sont plus que des succursales sous la direction imm&#233;diate du minist&#232;re. Les cons&#233;quences ne tardent pas &#224; se faire sentir : le citoyen et la commune sont priv&#233;s de toute dignit&#233;, le sans-g&#234;ne de l'&#201;tat se multiplie et les charges du contribuable croissent en proportion. Ce n'est plus le gouvernement qui est fait par le peuple, c'est le peuple qui est fait par le gouvernement. Le pouvoir envahit tout, s'empare de tout, s'arroge tout, pour toujours&#8221; (1959, p. 345).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;mocratie qui fonctionne seulement au niveau national, sans base de gouvernement local autonome n'est qu'une d&#233;mocratie nominale, parce qu'elle contr&#244;le d'en haut et &#233;touffe les communaut&#233;s, c'est &#224; dire la vie concr&#232;te des gens. Le principe m&#234;me de souverainet&#233; populaire devient un mythe dont le but est de l&#233;gitimer la subordination du peuple au pouvoir central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En troisi&#232;me lieu, Proudhon n'est pas seulement, comme les socialistes de son temps, un critique de l'exploitation capitaliste, mais aussi des aspects autoritaires et centralisateurs du socialisme. Il d&#233;nonce la mystification cach&#233;e derri&#232;re l'expression &#171; propri&#233;t&#233; collective &#187; et il entend d&#233;montrer que, m&#234;me si la propri&#233;t&#233; est transf&#233;r&#233;e des citoyens priv&#233;s &#224; la communaut&#233; repr&#233;sent&#233;e par l'&#201;tat, l'erreur fondamentale qui consiste &#224; attribuer la propri&#233;t&#233; &#224; certains individus, qui s'approprient le fruit du travail des autres, n'est pas &#233;limin&#233;e. Changer le d&#233;tenteur de la propri&#233;t&#233; ne changerait pas substantiellement la nature de cette institution, de fait, cela aboutirait simplement &#224; &#171; reproduire sur un plan invers&#233; toutes ses contradictions &#187;. C'est &#224; dire qu'il y aurait une transformation des relations de production, mais le contr&#244;le et la gestion des moyens de production seraient donn&#233;s &#224; un groupe social particulier et, par cons&#233;quent, l'exploitation ne serait pas &#233;limin&#233;e. Dans sa pol&#233;mique contre le socialisme utopique &#171; le communisme rudimentaire &#187; suivant l'expression de Marx, Proudhon observe : &#171; Chose singuli&#232;re ! La communaut&#233; syst&#233;matique, n&#233;gation r&#233;fl&#233;chie de la propri&#233;t&#233;, est con&#231;ue sous l'influence directe du pr&#233;jug&#233; de priorit&#233; ; et c'est la propri&#233;t&#233; qui se retrouve au fond de toutes les th&#233;ories des communistes. Les membres d'une communaut&#233;, il est vrai, n'ont rien en propre ; mais la communaut&#233; est propri&#233;taire, et propri&#233;taire non seulement des biens, mais des personnes et des volont&#233;s &#187;. (1926, p. 326)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, la fusion du pouvoir &#233;conomique et du pouvoir politique constitue la pr&#233;misse d'une forme nouvelle et plus oppressive de dictature : &#171; De tous leurs pr&#233;jug&#233;s inintelligents et r&#233;trogrades celui que les communistes caressent le plus est la dictature. Dictature de l'industrie, dictature du commerce, dictature de la pens&#233;e, dictature dans la vie sociale et la vie priv&#233;e, dictature partout : tel est le dogme&#8230; Apr&#232;s avoir supprim&#233; toutes les volont&#233;s individuelles, ils les concentrent dans une individualit&#233; supr&#234;me, qui exprime la pens&#233;e collective, et, comme le moteur immobile d'Aristote, donne l'essor &#224; toutes les activit&#233;s subalternes &#187;. (1923, vol. II, p. 301)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Proudhon et le f&#233;d&#233;ralisme int&#233;gral&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La partie n&#233;gative de la pens&#233;e de Proudhon est donc constitu&#233;e par une double n&#233;gation : n&#233;gation du centralisme et de l'autoritarisme de l'&#201;tat et de l'exploitation de l'homme par l'homme. L'un des aspects les plus int&#233;ressants de cette pens&#233;e est repr&#233;sent&#233; par sa conception &#171; int&#233;grale &#187; du f&#233;d&#233;ralisme. En fait, &#224; c&#244;t&#233; de son f&#233;d&#233;ralisme politique, il a formul&#233; l'id&#233;e d'un f&#233;d&#233;ralisme &#233;conomique et social, n&#233;cessaire pour limiter les pouvoirs de l'&#201;tat et des groupes privil&#233;gi&#233;s qui soutiennent son pouvoir. &#171; Toutes mes id&#233;es &#233;conomiques&#8230; peuvent se r&#233;sumer en ces trois mots : F&#233;d&#233;ration agricole-industrielle ; toutes mes vues politiques se r&#233;duisent &#224; une formule semblable : F&#233;d&#233;ration politique ou D&#233;centralisation&#8230; Toutes mes esp&#233;rances actuelles et futures sont exprim&#233;es par ce troisi&#232;me terme, corollaire des deux autres : F&#233;d&#233;ration progressive &#187;. (1959, pp. 361-62)&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Proudhon, le f&#233;d&#233;ralisme &#233;conomique ne co&#239;ncide pas avec l'abolition de la propri&#233;t&#233;. Son id&#233;e de la propri&#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e &#224; la fois comme &#171; vol &#187; et comme une condition de la &#171; libert&#233; &#187; a pu para&#238;tre contradictoire &#224; certains. Pour la pr&#233;senter, je suivrai l'analyse de Mario Albertini (1974). Nous avons vu que Proudhon, dans sa critique du centralisme collectiviste et de la propri&#233;t&#233; d'&#201;tat des moyens de production a mis en lumi&#232;re l'impossibilit&#233; d'&#233;liminer l'aspect individualiste de la propri&#233;t&#233; qui consiste &#224; attribuer &#224; certains les moyens de production. De ce point de vue, nous pouvons saisir pourquoi Proudhon assigne &#224; la propri&#233;t&#233; la t&#226;che de &#171; servir de contrepoids &#224; la puissance publique, contrebalancer l'Etat, par ce moyen assurer la libert&#233; individuelle : tel sera donc, dans le syst&#232;me politique, la fonction, principale, de la propri&#233;t&#233;&#8230; Pour que le citoyen soit quelque chose dans l'Etat, il ne suffit donc pas qu'il soit libre de sa personne ; il faut que sa personnalit&#233; s'appuie, comme celle de l'Etat, sur une portion de mati&#232;re qu'il poss&#232;de en toute souverainet&#233;, comme l'&#201;tat a la souverainet&#233; du domaine public. Cette condition est remplie par la propri&#233;t&#233; &#187;. (1866, p. 138)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit &#224; la propri&#233;t&#233; appara&#238;t, par cons&#233;quent, comme la condition de l'autonomie individuelle et de l'attribution &#224; chacun des fruits de son travail. La propri&#233;t&#233; doit &#234;tre &#233;tudi&#233;e dans le cadre dialectique des relations entre l'&#201;tat et la soci&#233;t&#233;. Son r&#244;le est d'assurer l'autonomie de la vie &#233;conomique et sociale face &#224; l'&#201;tat. &#171; La puissance de l'&#201;tat est une puissance de concentration ; donnez-lui l'essor, et toute individualit&#233; dispara&#238;tra bient&#244;t, absorb&#233;e dans la collectivit&#233; ; la soci&#233;t&#233; tombe dans le communisme ; la propri&#233;t&#233;, au rebours, est une puissance de d&#233;centralisation ; parce qu'elle-m&#234;me est absolue, elle est anti-despotique, anti-unitaire ; c'est en elle qu'est le principe de toute f&#233;d&#233;ration : et c'est pour cela que la propri&#233;t&#233;, transport&#233;e dans une soci&#233;t&#233; politique, devient aussit&#244;t r&#233;publicaine &#187;. (1866, p. 144)&lt;br class='autobr' /&gt;
Proudhon reconna&#238;t l'existence de l'&#233;go&#239;sme individuel dans lequel il trouve &#233;galement un aspect positif et, quoiqu'il en soit, il n'a pas l'illusion qu'il puisse &#234;tre &#233;limin&#233;. Il reste n&#233;anmoins le fait que, la chose importante qui ne peut pas &#234;tre &#233;limin&#233;e, c'est l'attribution &#224; quelqu'un des moyens de production. Mais, en m&#234;me temps, il affronte le probl&#232;me de l'&#233;limination des privil&#232;ges ou, en particulier, les aspects n&#233;gatifs des relations sociales bas&#233;es sur la propri&#233;t&#233;. La propri&#233;t&#233; des moyens de production peut se trouver entre les mains de ceux qui les emploient et cela n'implique pas de forme d'injustice ou d'exploitation. Mais la propri&#233;t&#233; peut &#234;tre s&#233;par&#233;e du travail, ce qui donne lieu au droit d'aubaine, c'est &#224; dire &#224; cette distorsion de la propri&#233;t&#233; qui consiste &#224; s'approprier le fruit du travail des autres. Ceci, c'est l'aspect de la propri&#233;t&#233; qui doit &#234;tre aboli pour &#233;liminer les relations de force de la soci&#233;t&#233;. L'abolition du droit d'aubaine, ou pour utiliser une expression plus ordinaire, de la plus-value, consisterait &#224; accorder la possession des moyens de production &#224; des individus ou groupes qui les emploient. Une fois que la plus-value est &#233;limin&#233;e et que la propri&#233;t&#233; est sous contr&#244;le social, chaque forme d'autoritarisme est destin&#233;e &#224; dispara&#238;tre et le pouvoir de l'&#201;tat se trouve contraint dans des limites efficaces.&lt;br class='autobr' /&gt;
Conform&#233;ment &#224; cette id&#233;e d&#233;centralis&#233;e et anti-autoritaire de la gestion de l'&#233;conomie, Proudhon &#233;labore un mod&#232;le d'organisation des usines et des entreprises qu'on peut d&#233;finir comme autogestion ouvri&#232;re. Les principes les plus importants sur lesquels cette autogestion est bas&#233;e sont les suivants : tous les travailleurs sont co-propri&#233;taires ; toutes les positions sont &#233;lectives et les r&#232;glementations sont sujettes &#224; l'approbation des membres ; chacun a le droit de remplir n'importe quelle position, les salaires sont fonction de la nature du poste occup&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'agriculture, Proudhon est pour la propri&#233;t&#233; individuelle et l'&#233;tablissement de communes rurales ayant pour t&#226;che de distribuer la terre &#224; ceux qui la cultivent et de la r&#233;organiser suivant les buts de coop&#233;ration et d'utilit&#233; sociale. Les travailleurs associ&#233;s en unit&#233; de production de base (entreprises autog&#233;r&#233;es et communes rurales) constituent les cellules de base de cette f&#233;d&#233;ration agricole et industrielle dans laquelle la propri&#233;t&#233; des moyens de production est attribu&#233;e en m&#234;me temps &#224; l'organisation de la soci&#233;t&#233; &#233;conomique dans son ensemble, &#224; chaque r&#233;gion, &#224; chaque association de travailleurs et &#224; chaque travailleur. La f&#233;d&#233;ration agricole et industrielle permet de cette fa&#231;on de r&#233;organiser les structures productives sous le contr&#244;le des travailleurs associ&#233;s en de nombreux groupes autonomes, tandis que la solidarit&#233; entre eux est assur&#233;e par le lien f&#233;d&#233;ral. Ce type d'organisation de la soci&#233;t&#233; et de l'&#233;conomie rend possible de r&#233;aliser ce qu'on pourrait appeler aujourd'hui un plan d&#233;centralis&#233; d&#233;mocratique, fond&#233; sur les besoins des communaut&#233;s fonctionnelles et territoriales. En fait, quand un plan est d&#233;cid&#233; au centre, sans relation r&#233;elle avec les demandes et les besoins des communaut&#233;s locales, il n'est pas seulement autoritaire mais &#233;galement inefficace, parce qu'il n'est pas fond&#233; sur les besoins r&#233;els des hommes. Donc, l'organisation &#233;conomique et sociale f&#233;d&#233;raliste pr&#233;sente une formule qui permet d'&#233;viter le double danger repr&#233;sent&#233; par la domination arbitraire des groupes capitalistes et par celle, tout aussi arbitraire, de groupes dominants qui justifient leurs pouvoirs au nom du communisme. Ce type de plan et l'autogestion semblent donner &#224; la classe ouvri&#232;re une forme d'association capable d'enlever aux groupes dominants les leviers de la direction id&#233;ologique, &#233;conomique et politique et de lib&#233;rer les &#233;nergies n&#233;cessaires pour subordonner le capital au travail. Ici, nous pouvons noter que Proudhon, en essayant de s'imaginer ou de dessiner une soci&#233;t&#233; future lib&#233;r&#233;e de la domination et de l'exploitation, la pr&#233;sente, suivant la situation de son temps, comme une soci&#233;t&#233; d'ouvriers et de paysans qui auraient soumis &#224; leur contr&#244;le les moyens de production et auraient &#233;limin&#233; les classes dominantes qui avaient leurs privil&#232;ges fond&#233;s sur le capital et la rente. La limite de ce point de vue se trouve dans le fait, d&#233;j&#224; per&#231;u par Marx (1970, vol. II, pp. 400-411), que le processus de lib&#233;ration de l'homme et la cr&#233;ation de rapports sociaux communautaires ne peut pas avoir lieu sans transformation en profondeur de la structure de la soci&#233;t&#233; qui &#233;liminerait les r&#244;les m&#234;mes des ouvriers et des paysans, comme cela sera rendu possible aujourd'hui par la &#171; r&#233;volution scientifique et technologique &#187; (Richta R., 1969). Cela permet d'&#233;liminer le travail manuel et la raret&#233; des biens mat&#233;riels et, en m&#234;me temps, la comp&#233;tition pour le n&#233;cessaire ; donc, cela nous laisse esp&#233;rer l'&#233;limination progressive du travail ali&#233;nant comme une possibilit&#233; concr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sources &lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Th&#233;orie de l'imp&#244;t, Paris, &#233;d. Dentu, 1861&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Th&#233;orie de la propri&#233;t&#233;, Paris, &#233;d. Librairie internationale, 1866&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Correspondance, Paris, &#233;d. Lacroix, 14 volumes, 1874-1875&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Syst&#232;me des contradictions &#233;conomiques ou philosophie de la mis&#232;re, dans Oeuvres compl&#232;tes, Paris, &#233;d. Rivi&#232;re, 1923&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Qu'est-ce-que la propri&#233;t&#233; ? Recherches sur le principe du droit et du gouvernement. Premier M&#233;moire, dans, &#338;uvres compl&#232;tes, Paris, &#233;d. Rivi&#232;re, 1926&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Contradictions politiques, dans, Oeuvres compl&#232;tes, Paris, &#233;d. Rivi&#232;re, 1952&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Du principe f&#233;d&#233;ratif et oeuvres diverses sur les probl&#232;mes politiques europ&#233;ens, dans, &#338;uvre compl&#232;tes, Paris, &#233;d. Rivi&#232;re, 1959&lt;/li&gt;&lt;li&gt; De la justice dans la r&#233;volution et dans l'&#233;glise, dans Oeuvres compl&#232;tes, Gen&#232;ve-Paris, &#233;d. Slatkine, 1982&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Proudhon et l'Europe</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Proudhon-et-l-Europe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Proudhon-et-l-Europe</guid>
		<dc:date>2011-04-13T08:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est &#224; partir d'une longue r&#233;flexion sur la question des nationalit&#233;s, si br&#251;lante de son temps et d&#233;j&#224; redoutable, que Proudhon est venu &#224; l'Europe. &lt;br class='autobr' /&gt; D&#232;s l'&#233;poque de ses premiers &#233;crits, alors que ses r&#233;flexions sur la propri&#233;t&#233; paraissent l'accaparer, il confie &#224; un ami son d&#233;sir d'&#233;tendre, d&#232;s qu'il le pourra, ses recherches &#224; bien d'autres sujets, parmi lesquels il inscrit &#171; la psychologie des nations &#187; (Lettre &#224; Micaud, du 18 juillet 1841). Ses oeuvres post&#233;rieures n'en por&#173;tent pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-149-septembre-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 149 &#8212; 2010/09&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Pierre-Joseph-Proudhon-+" rel="tag"&gt;Pierre-Joseph Proudhon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L92xH150/arton269-ce3ff.jpg?1734373030' class='spip_logo spip_logo_right' width='92' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est &#224; partir d'une longue r&#233;flexion sur la question des nationalit&#233;s, si br&#251;lante de son temps et d&#233;j&#224; redoutable, que Proudhon est venu &#224; l'Europe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s l'&#233;poque de ses premiers &#233;crits, alors que ses r&#233;flexions sur la propri&#233;t&#233; paraissent l'accaparer, il confie &#224; un ami son d&#233;sir d'&#233;tendre, d&#232;s qu'il le pourra, ses recherches &#224; bien d'autres sujets, parmi lesquels il inscrit &#171; &lt;i&gt;la psychologie des nations&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Lettre &#224; Micaud&lt;/i&gt;, du 18 juillet 1841). Ses oeuvres post&#233;rieures n'en por&#173;tent pas trace mais on peut croire que sa curiosit&#233; uni&#173;verselle enregistrait d&#233;j&#224;, presque &#224; son insu, des ob&#173;servations qui porteront beaucoup plus tard leurs fruits. En 1848, il c&#232;de &#8212;avec une &#171; fr&#233;n&#233;sie &#187; dont il s'accu&#173;sera, non sans exc&#232;s d'ailleurs, par la suite&#8212; &#224; l'en&#173;gouement ambiant pour la cause de la lib&#233;ration des peuples. Comment, en effet, son sens profond des auto&#173;nomies, son culte pour la libert&#233; et la justice, ne l'au&#173;raient-ils pas entra&#238;n&#233; &#224; quelque enthousiasme &#224; l'&#233;gard du grand &#233;lan qui paraissait soulever l'Europe contre les oppressions s&#233;culaires ? &#171; &lt;i&gt;Le mouvement gagne ad&#173;mirablement, &#233;crit-il. On dit que la Belgique s'est cons&#173;titu&#233;e en r&#233;publique (...). Avec la Belgique, la Suisse, l'Italie bient&#244;t, il y aura une f&#233;d&#233;ration de r&#233;publiques assez imposante pour rendre la guerre &#233;trang&#232;re &#224; peu pr&#232;s impossible&lt;/i&gt; &#187;. (&lt;i&gt;Lettre &#224; Maurice&lt;/i&gt;, du 26 f&#233;vrier 1848). Et, dans la missive suivante, il pr&#233;cise sa pens&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Comme je vous le disais, la conf&#233;d&#233;ration des r&#233;pu&#173;bliques europ&#233;ennes se forme et nous n'aurons devant nous que la question sociale. C'est bien assez.&lt;/i&gt; &#187; (au m&#234;&#173;me, le 21 mars).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re intuition du f&#233;d&#233;ralisme... Mais, tout aus&#173;sit&#244;t, premi&#232;res r&#233;ticences d'un esprit jamais en repos et soucieux de ne pas laisser prendre le pas au senti&#173;ment sur la raison. Car, la bouff&#233;e d'&#233;motion &#233;vanouie, Proudhon entreprend l'analyse du principe nationali&#173;taire et il en discerne vite les &#233;quivoques. Sous la trompeuse apparence des mots, se cachent en effet deux r&#233;alit&#233;s fort diff&#233;rentes et pratiquement contradictoires. D'une part la revendication par les communaut&#233;s oppri&#173;m&#233;es du droit de se gouverner librement et d'&#233;tablir des relations avec qui elles l'entendent ; mais, de l'autre, l'affirmation qu'il existe des affinit&#233;s &#171; naturelles &#187; en&#173;tre tels et tels groupes s&#233;par&#233;s par l'histoire et, en cons&#233;quence, la revendication par ces groupes d'un &#201;tat unitaire qui les rassemblerait contre tous les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre l'aspiration f&#233;conde &#224; l' &#171; autod&#233;termination &#187; et le vertige de la fusion, entre la dignit&#233; collective et la volont&#233; de puissance, il est difficile de faire le par&#173;tage mais ais&#233; de pr&#233;voir qui l'emportera. Proudhon a reconnu, sous son masque d&#233;mocratique, le dernier ava&#173;tar de l'ennemi de toujours, qu'il s'appelle C&#233;sar ou Napol&#233;on, monarque absolu ou peuple souverain. Gou&#173;vernement pour gouvernement, oppression pour oppres&#173;sion, mieux valaient encore les vieilles monarchies qui ne trompaient personne. Tandis que &#171; &lt;i&gt; ce qu'on appelle aujourd'hui r&#233;tablissement de la Pologne, de l'Italie, de la Hongrie, de l'Irlande (...) c'est de l'imitation monarchique au profit de l'ambition d&#233;mocratique ; ceci n'est pas de la libert&#233;, encore moins du progr&#232;s&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Justice&lt;/i&gt;, II, p. 289).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La centralisation, voil&#224; l'ennemi&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au demeurant les pr&#233;tendues &#171; r&#233;alit&#233;s &#187; sur les&#173;quelles se fonde l'aspiration unitaire n'existent que dans l'imagination simplificatrice de ceux qui lisent l'histoire &#224; l'envers. La v&#233;rit&#233; est qu'il n'existe plus, depuis des mill&#233;naires, de peuple homog&#232;ne en Europe. Proudhon ne semble pas avoir connu les vues racistes de Gobi&#173;neau, dont on sait le succ&#232;s qu'elles devaient rencontrer en Allemagne. Mais on peut penser qu'il n'aurait m&#234;me pas cru n&#233;cessaire de les r&#233;futer, tant elles allaient &#224; la fois contre l'&#233;vidence des faits et contre le fond de sa pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand aux pr&#233;tendues &#171; fronti&#232;res naturelles &#187; dont les th&#233;ories nationalitaires faisaient un usage im&#173;mod&#233;r&#233;, il les a, elles, &#233;tudi&#233;es de tr&#232;s pr&#232;s, entrepre&#173;nant &#224; leur sujet de vastes lectures qui devaient le conduire &#224; des vues originales et, de bien des mani&#232;res, en avance sur son temps ; aussi s&#233;dentaire qu'il ait &#233;t&#233;, il tiendra, avant de quitter la Belgique, &#224; faire un voyage le long du Rhin uniquement pour compl&#233;ter, sur le terrain, ses recherches. Ses conclusions, s'il en &#233;tait besoin, s'y trouvent confirm&#233;es : partout les limites ar&#173;bitraires entre &#201;tats non seulement ne divisent rien mais, au contraire, traversent des r&#233;gions de peuple&#173;ment de part et d'autre tr&#232;s semblables. C'est, dit Proudhon, que les groupements humains se sont origi&#173;nairement fix&#233;s soit, comme ici, en suivant la trou&#233;e des grands fleuves, soit ailleurs &#224; partir des cols de montagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi les grands ensembles &#171; &lt;i&gt; produit de la politique bien plus que de la nature&lt;/i&gt; &#187; qui pr&#233;tendent s'enfermer dans les hauts murs de leur souverai&#173;net&#233; &#8212;comme des propri&#233;taires s'attribuant un droit absolu sur une parcelle du sol commun&#8212; loin de join&#173;dre entre elles des affinit&#233;s s&#233;par&#233;es, tranchent au contraire dans le tissu vivant des communaut&#233;s hu&#173;maines. Ces centralisations dites nationales, et qui sont en r&#233;alit&#233; &#233;tatiques, s'efforcent de provoquer l'enthou&#173;siasme pour une lib&#233;ration abstraite alors qu'elles re&#173;pr&#233;sentent souvent, comme en Pologne, le dernier sur&#173;saut des grandes f&#233;odalit&#233;s ; en tout cas, elles ne peu&#173;vent s'&#233;tablir qu'en supprimant ce qui subsistait encore des libert&#233;s locales et personnelles : &#171; &lt;i&gt;Le premier effet de la centralisation, il ne s'agit pas ici d'autre chose, est de faire dispara&#238;tre, dans les diverses localit&#233;s d'un pays, toute esp&#232;ce de caract&#232;re indig&#232;ne ; tan&#173;dis qu'on s'imagine par ce moyen exalter dans la masse la vie politique, on la d&#233;truit dans ses parties constitutives et jusque dans ses &#233;l&#233;ments. Un &#201;tat de 26 millions d'&#226;mes, comme serait l'Italie, est un &#201;tat dans lequel toutes les libert&#233;s provinciales et municipales sont confisqu&#233;es au pro&#173;fit d'une puissance sup&#233;rieure, qui est le gouvernement. L&#224;, toute localit&#233; doit se taire, l'esprit de clocher faire silence : hors le jour des &#233;lections, dans lequel le citoyen manifeste sa souverainet&#233; par un nom propre &#233;crit sur un bulletin, la collectivit&#233; est absorb&#233;e dans le pouvoir central (...). La fusion, en un mot, c'est-&#224;-dire l'an&#233;antissement des nationa&#173;lit&#233;s particuli&#232;res, o&#249; vivent et se distinguent les citoyens, en une nationalit&#233; abstraite o&#249; l'on ne respire ni ne se conna&#238;t plus : voil&#224; l'unit&#233;&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;La F&#233;d&#233;ration et l'Unit&#233; en Italie&lt;/i&gt;, pp. 98-99).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu'on ne vienne pas promettre, avec une incroyable l&#233;g&#232;ret&#233;, comme le font Mazzini et ses amis nationalistes europ&#233;ens, qu'apr&#232;s avoir morcel&#233; les continuit&#233;s naturelles pour les recomposer en grands ensembles nationaux dont l'orgueil est le seul fonde&#173;ment, on obtiendra de ces nations qu'elles abdiquent une seule de leurs pr&#233;rogatives, pour se rassembler paci&#173;fiquement sous la banni&#232;re de quelque r&#233;publique euro&#173;p&#233;enne ! L'Europe des &#201;tats est un mythe, comme, aussi bien, l'Europe unitaire. Ou bien elle se dissoudrait dans l'impuissance, par la r&#232;gle d'unanimit&#233; ; ou bien elle aboutirait, en suivant la logique centralisatrice, &#224; l'h&#233;g&#233;monie d'un super-&#201;tat qui serait encore plus op&#173;pressif que les autres, s'il n'&#233;tait impossible : &#171; &lt;i&gt;...il n'est sainte alliance, congr&#232;s d&#233;mocratique, amphictyonique, comit&#233; central europ&#233;en, qui y puisse quelque chose. De grands corps ainsi constitu&#233;s sont n&#233;cessairement op&#173;pos&#233;s d'int&#233;r&#234;t ; comme ils r&#233;pugnent &#224; se fondre, ils ne peuvent pas davantage reconna&#238;tre de justice par la guerre ou par la diplomatie, non moins immorale, non moins funeste que la guerre, il faut qu'ils luttent et qu'ils se battent (...) ; c'est ce qui explique pourquoi la monarchie n'a jamais pu se rendre universelle. La monarchie universelle est en politique ce que la qua&#173;drature du cercle ou le mouvement perp&#233;tuel est en math&#233;matique, une contradiction (...) ; si le Pouvoir est ext&#233;rieur &#224; la nation, elle le ressent comme une injure ; la r&#233;volte est dans tous les coeurs l'&#233;tablissement ne peut durer&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Id&#233;e g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;, pp. 333-334).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe de Proudhon est aussi &#233;loign&#233;e des men&#173;songes parlementaires que des illuminations des mysti&#173;ques. Ce n'est ni une combinaison diplomatique ni une entit&#233; purement verbale mais une r&#233;alit&#233; politique, &#233;co&#173;nomique, sociale &#8212;humaine en un mot&#8212; qui a son pass&#233;, son pr&#233;sent et, par cons&#233;quent, son avenir. Il la per&#231;oit comme un tout harmonique, un &#171; faisceau &#187; (&lt;i&gt;Lettre &#224; Chaudey&lt;/i&gt;, 11 avril 1859) qui repose sur une commune civilisation et, surtout, sur un &#233;tat de droit, c'est-&#224;-dire un ajustement r&#233;ciproquement garanti des forces et une identit&#233; des principes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers la ruine de l'Europe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, Proudhon le r&#233;volutionnaire (mais il a toujours dit qu'il entendait ce r&#244;le comme celui d'un faiseur d'ordre) est si fermement partisan des trait&#233;s de 1815, au grand scandale des r&#233;publicains et des autocrates qui s'unissaient pour les d&#233;noncer. Ces trait&#233;s n'ont fait, &#224; ses yeux, que couronner un si&#232;cle d'efforts modestes, mais f&#233;conds, pour &#233;tablir un &#233;qui&#173;libre europ&#233;en sur les ruines du vieux r&#234;ve unitaire de la chr&#233;tient&#233;. Or il est toujours grave de modifier un ordre, &#224; moins que ce ne soit en vue d'un ordre sup&#233;&#173;rieur. L'&#233;quilibre est la forme pratique de la justice et on ne fait pas de la justice avec des mots, encore moins avec des pr&#233;f&#233;rences sentimentales. Ceux qui affirment que les trait&#233;s de 1815 &#171; ont cess&#233; d'exister &#187; ne propo&#173;sent, pour les remplacer, qu'un &#233;tat de d&#233;s&#233;quilibre et de conflit permanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trait&#233;s de 1815 sont &#171; &lt;i&gt;l'&#233;bauche de la constitu&#173;tion de l'Europe&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;De la Justice&lt;/i&gt;, II, p. 315) ; s'ils n'ont pas &#233;t&#233; appliqu&#233;s &#171; &lt;i&gt;la vraie tactique pour les amis de la libert&#233;, &#233;tait de rappeler sans cesse les souverains &#224; l'esprit et au respect des trait&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;car il y a toujours plus &#224; perdre &#224; s'affranchir d'une loi n&#233;cessaire, qu'&#224; la respecter dans son application, m&#234;me la plus impar&#173;faite. Or, entre populations agglom&#233;r&#233;es, comme celle de l'Europe moderne, un droit des gens, une l&#233;gislation internationale est n&#233;cessaire, puisque les relations ne peuvent &#234;tre bris&#233;es... &lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Mais, si l'Italie parvient &#224; fonder son unit&#233;, les conditions d'&#233;quilibre sont chang&#233;es pour l'Europe. Dans l'&#233;tat de guerre o&#249; elle est forc&#233;e de se tenir, il ne suffit plus &#224; la France de l'annexion de Nice et de la Savoie (...) il faut un suppl&#233;ment de compensations. L'unit&#233; en Italie signifie la France au Rhin, depuis B&#226;le jusqu'&#224; Dordrecht. Car si les trait&#233;s ne garantissent plus l'&#233;quilibrer il se refait de lui-m&#234;me, et nulle puissance ne saurait l'emp&#234;cher. L'&#233;quilibre est la Justice m&#234;me : c'est le droit des gens, en d&#233;pit des fronti&#232;res naturelles et des nationalit&#233;s. Une fois commenc&#233;, le mouvement compensatoire ne s'arr&#234;te plus (...). &#171; Ainsi, dans la pens&#233;e sup&#233;rieure de 1815. les deux grands principes de l'&#233;quilibre des puissances et de l'&#233;tablissement des garanties constitu&#173;tionnelles &#233;taient li&#233;es l'un &#224; l'autre et solidaires : attenter &#224; celui-ci, c'&#233;tait compromettre celui-l&#224; ; mena&#173;cer une nation dans ses libert&#233;s, c'&#233;tait fomenter la guerre universelle&lt;/i&gt; &#187; (ibidem, pp. 316, 317, 320, 321).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, plus la folle politique des unit&#233;s trompeuses et de l'authentique imp&#233;rialisme se poursuit, plus nettement appara&#238;t &#224; Proudhon ce que seront ses tragiques cons&#233;quences : la guerre entre &#201;tats europ&#233;ens ou la guerre civile europ&#233;enne. Il a, pour les d&#233;noncer, des accents proph&#233;tiques ; mais, ne nous y trompons pas, cette vision exacte de l'avenir n'est nullement le fait d'une transe. Elle ne d&#233;coule que de l'appr&#233;ciation lu&#173;cide des effets directs et des cons&#233;quences plus lointai&#173;nes d'une fausse philosophie de l'histoire : &#171; &lt;i&gt;La vieille Europe se pr&#233;cipite vers la ruine ; (...) Nous marchons &#224; une formation de cinq &#224; six grands empi&#173;res ayant tous pour but de d&#233;fendre et restaurer le droit divin et d'exploiter la vile pl&#232;be. Les petits &#201;tats sont sacri&#173;fi&#233;s d'avance (...). Alors, il n'y aura plus en Europe ni droits, ni libert&#233;s, ni principes, ni moeurs. Alors aussi com&#173;mencera la Grande Guerre des six grands Empires les uns contre les autres (...). L'Europe coupable sera ch&#226;ti&#233;e par l'Europe arm&#233;e. (...) Partout, je vois des guerres nationales, non des guerres politiques en germe&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Correspondance X&lt;/i&gt;, 3 mai 1860, pp. 38-39 et 3 mai 1860, p. 47 ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; l'&#233;tat de l'Europe, &#233;cartel&#233;e entre ses contra&#173;dictions sociales et politiques, d&#233;chir&#233;e entre &#171; &lt;i&gt; le prin&#173;cipe de nationalit&#233;, celui des fronti&#232;res naturelles, le droit dynastique, le droit f&#233;odal, les constitutions, les autonomies... si bien m&#234;l&#233;s, embrouill&#233;s&lt;/i&gt; &#187; que seuls les canons, ultime ratio regum, pourront trancher dans cette inextricable confusion. L'Europe cherche son unit&#233; sans vouloir, ni pouvoir, renoncer &#224; ses diversit&#233;s. Un d&#233;but d'ordre, plus inspir&#233; par la ruse que par la sa&#173;gesse, y &#233;tait apparu ; le funeste ferment du nationa&#173;lisme, invent&#233; par la France r&#233;volutionnaire autant qu'imp&#233;riale, et communiqu&#233; par elle &#224; tous ses voisins, est en train de le d&#233;truire. L'Europe veut vivre, mais elle n'existe pas encore. L'empirisme, le provisoire et les plus redoutables &#233;quivoques la maintiennent au bord de l'ab&#238;me : &#171; &lt;i&gt; L'Allemagne cherche sa f&#233;d&#233;ration : malheur au monde, si elle venait &#224; verser dans l'orni&#232;re unitaire ! La Prusse se d&#233;bat entre sa d&#233;mocratie et sa dynastie ; (...) l'Italie se meurt de la r&#233;union de ses provinces ; la Belgique, &#224; bout de son parlementarisme, maudit cl&#233;ricaux et lib&#233;raux, et se retourne vers ses vieilles institutions communales ; (...) l'Angleterre para&#238;t se trouver bien, tant qu'elle exploite le monde : mais changez sa condition &#233;conomique, et elle tombe en combustion. Quant &#224; ce qui est de nous, Fran&#231;ais, plus avanc&#233;s que les autres, nous sommes en pleine solution&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Contradictions politiques&lt;/i&gt;, pp. 145, 146, .149).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution du droit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En face de ces confusions, tour &#224; tour cyniques et humanitaires, qui pr&#233;parent des r&#233;veils sanglants, Prou&#173;dhon, fid&#232;le &#224; sa m&#233;thode, s'efforce de remonter aux principes et de poser les questions en termes simples et rigoureux, mais non pas rigides ni simplistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi s'agit-il ? Les fronti&#232;res, les &#201;tats, tous les hochets nationalistes, ne sont, au mieux que des moyens. L'Europe elle-m&#234;me n'est pas une fin en soi. Ce sont les hommes qui comptent. Seules la justice et la libert&#233;, son corollaire, valent d'&#234;tre recherch&#233;es pour but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Veut-on r&#233;ellement le progr&#232;s, l'av&#232;nement d'un ordre plus &#233;quitable, et non, sous des mots diff&#233;rents, l'&#233;ternel esclavage ? Que l'on se pr&#233;occupe alors de ce qui y conduit, au lieu de s'enflammer pour ce qui en d&#233;tourne. Cr&#233;er de nouveaux &#201;tats, avec de nouveaux drapeaux, ne changera rien aux privil&#232;ges de classe &#224; l'int&#233;rieur de ces &#201;tats. Convaincre les nationalit&#233;s qu'elles sont opprim&#233;es pour en faire des oppresseurs, ne supprimera pas l'exploitation de l'homme par l'hom&#173;me. Que les dynasties chancelantes et les aventuriers in&#173;certains ne se pr&#233;occupent pas de ces contradictions, c'est normal. Mais que des r&#233;publicains, des d&#233;mocra&#173;tes, ou soi-disant tels, ne voient pas le pi&#232;ge, voil&#224; qui serait d&#233;sesp&#233;rant, si, depuis longtemps, le vide de ces d&#233;magogues n'avait &#233;clat&#233;. Le mouvement des natio&#173;nalit&#233;s se pr&#233;tend r&#233;volutionnaire mais, en r&#233;alit&#233;, ceux qui le dirigent ne font que duper les peuples en &#233;ludant leurs vrais espoirs. Ces hommes-l&#224; ne veulent pas la r&#233;volution, ils en ont peur ; ils ne cherchent qu'&#224; perp&#233;tuer le d&#233;sordre ancien dans un cadre nou&#173;veau qui les avantagerait. Proudhon a t&#244;t fait de d&#233;&#173;busquer dans les ardeurs nationalistes un nouvel alibi de l'incorrigible r&#233;formisme : &#171; &lt;i&gt;Ceux qui parlent tant de r&#233;tablir ces unit&#233;s nationales ont peu de go&#251;t pour les libert&#233;s individuelles. Le nationa&#173;lisme est le pr&#233;texte dont ils se servent pour esquiver la r&#233;volution &#233;conomique. Ils feignent de ne pas voir que c'est la politique qui a fait tomber en tutelle les nations qu'ils pr&#233;tendent aujourd'hui &#233;manciper. Pourquoi donc faire recommencer &#224; ces nations, sous le drapeau de la raison d'&#201;tat, une &#233;preuve faite ?&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;De la Justice&lt;/i&gt;, II, p. 289).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on s'attaquait &#224; ce qui est, selon l'analyse de Proudhon, la premi&#232;re et la principale question &#8212;celle de la propri&#233;t&#233;&#8212; la solution de l'irritant pro&#173;bl&#232;me des nationalit&#233;s serait fournie comme par sur&#173;cro&#238;t : &#171; &lt;i&gt;Donnez aux peuples les libert&#233;s qu'ils r&#233;cla&#173;ment ; ex&#233;cutez, &#244; princes, selon leur v&#233;ritable esprit, les trait&#233;s de 1815 ; faites mieux encore, pr&#233;parez la d&#233;finition du droit &#233;conomique, et m'est avis que vous n'entendrez plus gu&#232;re parler de nationalit&#233;s et de fronti&#232;res naturelles&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;De la Justice&lt;/i&gt;, II p, 323). &#171; &lt;i&gt;Il en est, en effet, de l'&#233;conomie politique comme des autres sciences, elle est fatalement la m&#234;me par toute la terre (...) donc le gouvernement devenant nul, tou&#173;tes les l&#233;gislations de l'univers sont d'accord. Il n'y a plus de nationalit&#233;, plus de patrie dans le sens po&#173;litique du mot. Il n'y a que des lieux de naissance&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Id&#233;e g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;, pp. 328-329) ; &#171; &lt;i&gt; la comp&#233;n&#233;tration li&#173;bre et universelle des races sous la loi unique du contrat, voil&#224; la R&#233;volution &lt;/i&gt; &#187; (ibidem, p. 232). L'Europe unie, le monde uni, et le droit. ne sont qu'une seule et m&#234;me r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'autonomie, fondement de l'Europe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Telle est l'hypoth&#232;se la plus g&#233;n&#233;rale que Prou&#173;dhon a fix&#233;e &#224; ses recherches. Mais elle n'en forme que le projet, non le terme. S'il ne l'a jamais reni&#233;e, il n'a pas cess&#233; de se pencher attentivement sur les struc&#173;tures qui pourront lui donner vie ; et il ne fait gu&#232;re de doute que, si le temps lui en avait &#233;t&#233; laiss&#233;, il aurait pouss&#233; plus loin encore ses propositions concr&#232;tes. De l'anarchie universelle au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en ou, plus exactement, vers l'anarchie par le f&#233;d&#233;ralisme : c'est la formule qui para&#238;t r&#233;sumer le mieux le dernier &#233;tat de la pens&#233;e proudhonienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car Proudhon n'est nullement, comme l'ont pr&#233;&#173;tendu des adversaires sans grande information et sur&#173;tout sans bonne foi, un tenant de l'immobilisme, un r&#233;volutionnaire &#171; petit bourgeois &#187; qui, finalement, se rallie au d&#233;sordre &#233;tabli. A moins que le r&#233;alisme ne soit une qualit&#233; sp&#233;cifiquement (petite) bourgeoise ! Et d'ailleurs, a-t-il r&#233;pondu &#171; &lt;i&gt;on m'appellera comme on voudra : je ne m'en &#233;meus gu&#232;re&lt;/i&gt; &#187; (Si les trait&#233;s..., p. 420). En fait, ce qu'il ex&#232;cre c'est le changement pour le changement ou, ce qui revient au m&#234;me, les &#171; cosmogonies &#187; des id&#233;ologues de tous bords, qui sont &#224; la fois inapplicables et catastrophiques. S'il a d&#233;fen&#173;du les trait&#233;s de 1815, ce n'est nullement qu'il en ait m&#233;connu les imperfections et les hypocrisies ; encore moins parce qu'il les consid&#233;rait comme &#171; &lt;i&gt;le dernier mot du droit des gens&lt;/i&gt; &#187;. Mais parce qu'il savait quelle explosion terrible et quels d&#233;nis de justice r&#233;sulteraient de leur r&#233;vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trait&#233;s de 1815, aboutissement eux-m&#234;mes d'une s&#233;rie de sages ajustements en vue d'&#233;tablir la paix en Europe, ont assur&#233; progressivement un &#233;quilibre entre les puissances, puis ont formul&#233; les r&#232;gles d'une garantie mutuelle de cet &#233;quilibre par les &#201;tats, qui ont ainsi renonc&#233; &#224; toute pr&#233;tention h&#233;g&#233;monique. Prin&#173;cipes f&#233;conds sur lesquels Proudhon a fond&#233; toutes ses conceptions en mati&#232;res philosophique, sociale et politique : quand il les voit r&#233;alis&#233;es, f&#251;t-ce partiellement, dans les rapports europ&#233;ens, il ne peut que les approuver. Mais il veut les compl&#233;ter par un troi&#173;si&#232;me principe qui serait le couronnement de l'&#233;di&#173;fice : celui d'autonomie. Ce qui est bon, en effet, dans les rapports entre &#201;tats, doit l'&#234;tre aussi pour la cons&#173;titution interne de ces &#201;tats. Ce n'est qu'&#224; cette condition que la justice sera respect&#233;e &#224; tous les niveaux de la pyramide humaine, et pas seulement &#224; sa base -dans les rapports entre individus- ou &#224; son sommet -dans les rapports entre grandes puissances qui se respectent uniquement parce qu'elles se craignent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Toute agglom&#233;ration d'hommes, comprise dans un territoire nettement circonscrit, et pouvant y vivre d'une vie ind&#233;pendante, est pr&#233;destin&#233; &#224; l'autonomie&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Nouvelles observations&lt;/i&gt;, p. 211). Voil&#224; l'axiome, ho&#173;mologue de celui des droits de l'homme, sur lequel doit reposer le droit social. Et, d'abord, en Europe, patrie du droit. D&#232;s lors que serait respect&#233;e cette r&#232;&#173;gle primordiale, les questions de nationalit&#233;s et de fronti&#232;res, si &#233;quivoques dans le r&#233;gime actuel des &#201;tats, prendraient leur sens vrai et deviendraient so&#173;lubles. Proudhon, apr&#232;s avoir tant bataill&#233; contre les revendications nationalistes, trouve des accents pau&#173;liniens pour les d&#233;fendre &#224; son tour : ils sont pour l'ind&#233;pendance, moi aussi... ils sont pour l'Europe des patries, moi aussi ! &#171; Autant qu'un autre, plus que bien d'autres qui en parlent sans les conna&#238;tre, je m'incline devant le principe de nationalit&#233; comme de&#173;vant celui de la famille : c'est justement pour cela que je proteste, contre les grandes unit&#233;s politiques, qui ne me paraissent &#234;tre autre chose que des confiscations de nationalit&#233;s &#187; &lt;i&gt;(Nouvelles observations...&lt;/i&gt;, p. 219).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nationalit&#233;s ainsi reconnues et le faux prin&#173;cipe de la souverainet&#233; des grands &#201;tats (improprement appel&#233;s nations) annul&#233; par la redistribution de la souverainet&#233;, l'unit&#233; pourra se faire, sans fusion ni h&#233;g&#233;monie, par la reconnaissance et la garantie mutuelles des autonomies. La premi&#232;re, et finalement l'unique condition de la f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne est ainsi qu'elle soit elle-m&#234;me compos&#233;e de f&#233;d&#233;rations, depuis les plus petites communaut&#233;s capables d'auto&#173;nomie jusqu'aux plus grandes. Dans cet ensemble &#233;ga&#173;litaire, Proudhon n'h&#233;site pas, d'ailleurs, &#224; reconna&#238;tre &#224; l'Occident, une pr&#233;pond&#233;rance, non de droit mais d'impulsion. en raison de son long pass&#233; civilis&#233;. Il ne cache m&#234;me pas la place qu'il voudrait voir r&#233;serv&#233;e &#224; la France, en un texte que son actualit&#233; nous auto&#173;rise &#224; citer, plut&#244;t que d'autres mieux connus : &#171; Il est certain (...) que l'Europe est une f&#233;d&#233;ration d'&#201;tats que leurs int&#233;r&#234;ts rendent solidaires, et que dans cette f&#233;d&#233;ration, fatalement amen&#233;e par le d&#233;veloppement du commerce et de l'industrie, la priorit&#233; d'initiative et la pr&#233;pon&#173;d&#233;rance appartiennent &#224; l'Occident. Cette pr&#233;pond&#233;rance ( ...) l'int&#233;r&#234;t de notre conservation, bien plus que celui de notre gloire, nous commande de la ressaisir. Veut-on, dans ce but, proc&#233;der par la voie des conqu&#234;tes ou par celle des influ&#173;ences ? Veut-on que le chef de l'&#201;tat fran&#231;ais soit le pr&#233;si&#173;dent de la r&#233;publique europ&#233;enne ou, si l'on aime mieux, lui laisser courir la chance d'en devenir le monarque, au risque d'une troisi&#232;me invasion et du d&#233;chirement de la patrie ? &#187; (&lt;i&gt;Philosophie du Progr&#232;s&lt;/i&gt;, avant-propos, pp. 39-90).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit de cette pr&#233;pond&#233;rance et de ce choix, rien ne serait plus contraire &#224; la pens&#233;e proudhonienne que l'id&#233;e d'une Europe limit&#233;e en ex&#173;tension et. &#224; plus forte raison, dominatrice dans son inspiration. Tout nationalisme europ&#233;en est, par d&#233;fi&#173;nition, &#233;tranger &#224; l'auteur du Principe f&#233;d&#233;ratif qui ; fut d'abord, et qui est demeur&#233;, celui de la Justice. Puisque, selon lui, &#171; le f&#233;d&#233;ralisme est la forme politi&#173;que de l'humanit&#233; &#187; (Justice, II, p. 288), ses conqu&#234;tes pacifiques une fois &#233;tablies ne pourront que s'&#233;tendre de proche en proche, par la force d'une invicible at&#173;traction, jusqu'&#224; ce que &#171; l'heure ait sonn&#233; de la f&#233;d&#233;&#173;ration universelle, dans laquelle toute &#233;volution his&#173;torique doit se r&#233;soudre &#187; (&lt;i&gt;Correspondance&lt;/i&gt;, XII, p.. 88).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Andr&#233; HARBERT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; initialement dans &lt;i&gt;L'Europe en formation&lt;/i&gt;, Nice, mai 1965, n&#176; 62 - Revue du Centre international de formation europ&#233;enne -CIFE, fond&#233;e par Alexandre Marc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presse f&#233;d&#233;raliste et F&#233;d&#233;choses remercient le CIFE et L'Europe en formation d'avoir autoris&#233; cette republication et d'autres qui suivront soit dans F&#233;d&#233;choses soit en brochures ou sur notre site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Caricature de Fuhr en couverture d'un livre de B. VOYENNE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Principe f&#233;d&#233;ratif a cent ans</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Le-Principe-federatif-a-cent-ans</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Le-Principe-federatif-a-cent-ans</guid>
		<dc:date>2010-11-06T11:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard VOYENNE</dc:creator>


		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a eu cent ans cette ann&#233;e -exactement &#224; la mi-f&#233;vrier- Pierre-Joseph Proudhon publiait : Du Principe f&#233;d&#233;ratif et de la n&#233;cessit&#233; de reconstituer le parti de la R&#233;volution. C'est le dernier de ses ouvrages importants &#224; avoir vu le jour de son vivant. D&#233;sormais tout ce qu'il &#233;crira sera plac&#233; sous le signe du f&#233;d&#233;ralisme et, notamment, son grand ouvrage posthume, De la Capacit&#233; politique des Classes ouvri&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt; La propagation de l'id&#233;e f&#233;d&#233;raliste lui tient m&#234;me tant &#224; coeur que, le 5 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-148-2010-06-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 148 &#8212; 2010/06&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Pierre-Joseph-Proudhon-+" rel="tag"&gt;Pierre-Joseph Proudhon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a eu cent ans cette ann&#233;e -exactement &#224; la mi-f&#233;vrier-&lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre-Joseph Proudhon publiait : Du Principe f&#233;d&#233;ratif&lt;br class='autobr' /&gt;
et de la n&#233;cessit&#233; de reconstituer le parti de la R&#233;volution. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le dernier de ses ouvrages importants &#224; avoir vu le&lt;br class='autobr' /&gt;
jour de son vivant. D&#233;sormais tout ce qu'il &#233;crira sera plac&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
sous le signe du f&#233;d&#233;ralisme et, notamment, son grand ouvrage&lt;br class='autobr' /&gt;
posthume, De la Capacit&#233; politique des Classes ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La propagation de l'id&#233;e f&#233;d&#233;raliste lui tient m&#234;me tant &#224; coeur&lt;br class='autobr' /&gt;
que, le 5 f&#233;vrier 1863 (quelques jours avant la sortie du&lt;br class='autobr' /&gt;
Principe), Proudhon &#233;crit au Ministre de l'int&#233;rieur pour&lt;br class='autobr' /&gt;
lui demander l'autorisation de faire para&#238;tre un nouveau&lt;br class='autobr' /&gt;
journal qui s'appellera : La F&#233;d&#233;ration. Autorisation qui est,&lt;br class='autobr' /&gt;
bien entendu, refus&#233;e par un r&#233;gime dont le &#171; lib&#233;ralisme &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;servait sa tendresse aux seules r&#234;veries nationalitaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi donc, celui qui demeure &#224; jamais &#171; le p&#232;re du&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ralisme &#187;, au moins en tant que philosophie politique,&lt;br class='autobr' /&gt;
semble avoir attendu les deux ou trois derni&#232;res ann&#233;es de sa&lt;br class='autobr' /&gt;
vie pour parler de f&#233;d&#233;ralisme. Paternit&#233; aussi &#233;clatante que tardive&lt;br class='autobr' /&gt; ! Lorsqu'il s'agissait de d&#233;signer d'un mot l'ensemble de&lt;br class='autobr' /&gt;
sa doctrine, Proudhon a utilis&#233; jusqu'alors des termes&lt;br class='autobr' /&gt;
divers, plus ou moins heureux : &#171; garantisme &#187;, &#171; anarchie &#187;, &#171; &lt;br class='autobr' /&gt;
mutuellisme &#187;, mais jamais celui de &#171; f&#233;d&#233;ralisme &#187;. N'y a-t-il&lt;br class='autobr' /&gt;
pas l&#224; de quoi accr&#233;diter la th&#232;se de ceux qui vont accusant&lt;br class='autobr' /&gt;
Proudhon d'avoir sans cesse chang&#233;, de s'&#234;tre perp&#233;tuellement&lt;br class='autobr' /&gt;
contredit, voire reni&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, il serait possible -croyons-nous- de montrer que&lt;br class='autobr' /&gt;
depuis le d&#233;but de son oeuvre sous des approximations&lt;br class='autobr' /&gt;
successives, c'est de f&#233;d&#233;ralisme qu'il parlait ou, pour mieux&lt;br class='autobr' /&gt;
dire, vers le f&#233;d&#233;ralisme qu'il se dirigeait. En tout cas depuis&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il a ainsi formul&#233; dans le premier m&#233;moire : Qu'estce&lt;br class='autobr' /&gt;
que la Propri&#233;t&#233; ? Ou recherches sur le principe du&lt;br class='autobr' /&gt;
Droit et du Gouvernement (qui est de 1840) ce que l'on&lt;br class='autobr' /&gt;
peut appeler son axiome : &#171; La politique est la science de la&lt;br class='autobr' /&gt;
libert&#233; : le gouvernement de l'homme par l'homme, sous&lt;br class='autobr' /&gt;
quelque nom qu'il se d&#233;guise, est oppression ; la plus haute&lt;br class='autobr' /&gt;
perfection de la soci&#233;t&#233; se trouve dans l'union de l'ordre et de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'anarchie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ed. Rivi&#232;re, p. 346.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais, m&#234;me si l'on tient &#224; se r&#233;f&#233;rer &#224; des origines&lt;br class='autobr' /&gt;
plus explicites, &#224; des formulations plus pr&#233;cises o&#249; l'id&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;raliste et le mot figurent conjointement, il ressort&lt;br class='autobr' /&gt;
indiscutablement de l'&#233;tude de la correspondance, des carnets,&lt;br class='autobr' /&gt;
d'articles plus ou moins oubli&#233;s, que l'int&#233;r&#234;t pour le f&#233;d&#233;ralisme&lt;br class='autobr' /&gt;
appara&#238;t chez Proudhon d&#232;s 1847, d'abord de mani&#232;re &#233;pisodique,&lt;br class='autobr' /&gt;
puis dans une perspective pol&#233;mique, pour s'implanter solidement &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'occasion des vastes recherches qu'il entreprend au cours de son&lt;br class='autobr' /&gt;
premier s&#233;jour &#224; Sainte-P&#233;lagie, de 1849 &#224; 1852.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les circonstances fortuites sont celles de la guerre du&lt;br class='autobr' /&gt;
Sonderbund et des &#233;pisodes qui s'ensuivirent. L'expulsion des&lt;br class='autobr' /&gt;
j&#233;suites, affirme Proudhon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Carnet 6 (1847-1850), Ed. Rivi&#232;re, p. 226.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, n'a &#233;t&#233; au fond qu'un &#171; pr&#233;texte &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
et le v&#233;ritable enjeu de la lutte se trouvait entre les vieilles&lt;br class='autobr' /&gt;
libert&#233;s cantonales et le radicalisme centralisateur, &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
fran&#231;aise, qui pr&#233;tendait les supprimer. Bien entendu, en France,&lt;br class='autobr' /&gt;
le courant jacobin &#233;tait favorable aux centralisateurs suisses et cela d'autant plus qu'il y avait eu l'affaire des j&#233;suites.&lt;br class='autobr' /&gt;
Proudhon, au contraire, prend la d&#233;fense de la libert&#233;, en&lt;br class='autobr' /&gt;
l'occurrence des j&#233;suites qu'il n'h&#233;site pas -lui !- &#224; juger &#171; &lt;br class='autobr' /&gt;
plus de leur si&#232;cle &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que leurs adversaires. Priv&#233;, &#224; cette&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;poque, de moyens d'expression, c'est &#224; ses carnets intimes&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il confie ses fureurs et ses m&#233;ditations. Pendant toute&lt;br class='autobr' /&gt;
l'ann&#233;e 1847, ils abondent en r&#233;f&#233;rences &#224; ce qu'il appelle &#171; &lt;br class='autobr' /&gt;
la question suisse &#187;. Ce qui est pour nous significatif, c'est la&lt;br class='autobr' /&gt;
valeur g&#233;n&#233;rale que Proudhon en vient tr&#232;s vite &#224; donner &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
cette affaire, somme toute mineure. Elle l'aide &#224; voir clair&lt;br class='autobr' /&gt;
dans le probl&#232;me des nationalit&#233;s, alors pos&#233; de fa&#231;on&lt;br class='autobr' /&gt;
dramatique en Europe. De la Suisse, il passe bient&#244;t &#224; l'Italie,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; l'Allemagne. C'est pour remarquer que partout l'on cherche &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;pondre &#224; l'appel de ces nationalit&#233;s selon les principes&lt;br class='autobr' /&gt;
jacobins, en imitant sottement la France. Et Proudhon d'affirmer&lt;br class='autobr' /&gt;
que cette vue est &#171; r&#233;trograde &#187;, qu'elle ressortit au &#171; &lt;br class='autobr' /&gt;
mat&#233;rialisme pur &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Carnet 6, Ed. Rivi&#232;re, p. 257.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En contrepartie, il multiplie les formules&lt;br class='autobr' /&gt;
comme celle-ci o&#249; il exprime, avec une pr&#233;cision croissante, sa&lt;br class='autobr' /&gt;
position personnelle : &#171; L'unit&#233; dans la vari&#233;t&#233;, voil&#224; ce qu'il faut&lt;br class='autobr' /&gt;
chercher, en respectant l'ind&#233;pendance des fueros, des&lt;br class='autobr' /&gt;
cantons, des principaut&#233;s et des cercles &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sa pens&#233;e ne saurait&lt;br class='autobr' /&gt;
faire aucun doute ; cependant il h&#233;site &#224; employer le terme de&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ralisme, parce qu'il le comprend encore -selon l'acception&lt;br class='autobr' /&gt;
re&#231;ue en France depuis la R&#233;volution- dans un sens exclusivement&lt;br class='autobr' /&gt;
centrifuge et quasi s&#233;cessionniste. Un autre texte des&lt;br class='autobr' /&gt;
carnets, quelque peu post&#233;rieur, nous para&#238;t tr&#232;s pr&#233;cieux pour&lt;br class='autobr' /&gt;
fixer cette &#233;tape de la r&#233;flexion proudhonienne : &#171; Le&lt;br class='autobr' /&gt;
Gouvernement. Bien poser la question. Ce que je veux est autre&lt;br class='autobr' /&gt;
chose que le f&#233;d&#233;ralisme. La vraie unit&#233; &#233;conomique, non&lt;br class='autobr' /&gt;
administrative ; tandis que les f&#233;d&#233;ralistes ne veulent ni unit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
administrative, ni &#233;conomique &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Carnet 7, texte dactylographi&#233;, B.N. Dpt des Mss. p.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot qu'en 1847 il h&#233;site encore &#224; adopter, Proudhon s'en&lt;br class='autobr' /&gt;
saisira, comme il est habituel chez lui, dans le feu de la&lt;br class='autobr' /&gt;
pol&#233;mique. A la fin de 1850, au milieu des discussions&lt;br class='autobr' /&gt;
cons&#233;cutives &#224; l'&#233;chec de la R&#233;volution, Victor Consid&#233;rant&lt;br class='autobr' /&gt;
relan&#231;a la vieille id&#233;e du gouvernement direct, en affirmant que&lt;br class='autobr' /&gt;
si le peuple avait pu diriger lui-m&#234;me sa r&#233;volution, celle-ci&lt;br class='autobr' /&gt;
n'aurait pas &#233;t&#233; trahie. Proudhon, de plus en plus attentif aux&lt;br class='autobr' /&gt;
questions politiques, se m&#234;le au d&#233;bat pour tancer vertement&lt;br class='autobr' /&gt;
Consid&#233;rant et ceux qui l'avaient appuy&#233;, en montrant que le gouvernement&lt;br class='autobr' /&gt;
direct -s'il &#233;tait possible- serait le plus oppressif&lt;br class='autobr' /&gt;
puisqu'il instaurerait la souverainet&#233; permanente de tous sur chacun&lt;br class='autobr' /&gt;
et de chacun sur tous. Quelques mois plus tard, Louis Blanc&lt;br class='autobr' /&gt;
intervient &#224; son tour pour s'opposer lui aussi, mais avec de tout&lt;br class='autobr' /&gt;
autres raisons, &#224; l'id&#233;e du gouvernement direct. En bon&lt;br class='autobr' /&gt;
historien de la premi&#232;re R&#233;volution et en fid&#232;le de Robespierre,&lt;br class='autobr' /&gt;
il &#233;voque le spectre du &#171; f&#233;d&#233;ralisme &#187;, comme toujours&lt;br class='autobr' /&gt;
efficace contre ceux qui n'appr&#233;cient pas les charmes de la centralisation&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;mocratique. Proudhon se sent vis&#233; et, `tout d'abord,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;carte presque n&#233;gligemment l'allusion : &#171; L'accusation de&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ralisme est d&#233;sormais surann&#233;e et n'effraie plus personne &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id&#233;e g&#233;n&#233;rale de la R&#233;volution, Ed. Rivi&#232;re, p. 322.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, peu &#224; peu, par une sorte de bravade, il se prend d'affection&lt;br class='autobr' /&gt;
pour le mot tant d&#233;cri&#233; et bient&#244;t l'accusation de f&#233;d&#233;ralisme, si&lt;br class='autobr' /&gt;
surann&#233;e qu'elle soit, n'a plus rien qui lui d&#233;plaise. A partir de&lt;br class='autobr' /&gt;
1851-1852, c'est de plus en plus souvent que l'on trouve le&lt;br class='autobr' /&gt;
terme sous sa plume, avec des r&#233;serves encore mais qui c&#232;dent&lt;br class='autobr' /&gt;
progressivement, puis, marqu&#233; d'une franche sympathie d&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
la fin de 1852. Il faudra attendre encore plusieurs ann&#233;es avant&lt;br class='autobr' /&gt;
d'en arriver au c&#233;l&#232;bre texte de la Justice : &#171; D. Que pensezvous&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'&#233;quilibre europ&#233;en ? R. Pens&#233;e glorieuse d'Henri IV, dont la R&#233;volution peut seule donner la vraie formule. C'est le&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ralisme universel, garantie supr&#234;me de toute libert&#233; et&lt;br class='autobr' /&gt;
de tout droit... &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'Eglise, Ed. Rivi&#232;re, T. II, pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Voil&#224; d&#233;j&#224; le Principe en substance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lent cheminement, donc, d'une dizaine d'ann&#233;es au moins, o&#249; la&lt;br class='autobr' /&gt;
pens&#233;e et le mot se cherchent, se devinent, s'&#233;tudient, pour se&lt;br class='autobr' /&gt;
rejoindre enfin dans des &#233;pousailles indissolubles o&#249; la raison et&lt;br class='autobr' /&gt;
l'intuition ont chacune leur part. Car, on l'a compris, il ne s'agit&lt;br class='autobr' /&gt;
pas d'une simple question de terminologie, aussi peu&lt;br class='autobr' /&gt;
n&#233;gligeable soit-elle. S'il n'y a eu dans la pens&#233;e de Proudhon&lt;br class='autobr' /&gt;
ni changement, ni oubli, on ne saurait douter qu'il s'est produit&lt;br class='autobr' /&gt;
entre les deux termes de son &#233;volution, un approfondissement&lt;br class='autobr' /&gt;
souvent douloureux, toujours intense et laborieux, le plus&lt;br class='autobr' /&gt;
important &#224; coup s&#251;r de toute la vie du Franc-Comtois. Grande&lt;br class='autobr' /&gt;
crise de la quarantaine au cours de laquelle un g&#233;nie imp&#233;tueux&lt;br class='autobr' /&gt;
mais r&#233;fl&#233;chi remet tout en question de ce qu'il a &#233;crit, se&lt;br class='autobr' /&gt;
pose des probl&#232;mes enti&#232;rement nouveaux pour lui, n'h&#233;site&lt;br class='autobr' /&gt;
pas &#224; les affronter de face et, sans se renier, se transforme&lt;br class='autobr' /&gt;
pour retrouver enfin ses anciennes certitudes &#224; un plan&lt;br class='autobr' /&gt;
sup&#233;rieur. D&#232;s le d&#233;but de cette crise intellectuelle, Proudhon en&lt;br class='autobr' /&gt;
avait lucidement mesur&#233; l'ampleur et proph&#233;tiquement devin&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'issue. C'est en 1850, en effet, &#224; la veille de publier L'Id&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
g&#233;n&#233;rale de la R&#233;volution, le plus &#171; anarchiste &#187; de ses livres,&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il &#233;crivait : &#171; Apr&#232;s avoir ni&#233; l'Etat, nous devons faire&lt;br class='autobr' /&gt;
sentir qu'il s'agit d'accomplir un mouvement progressif de&lt;br class='autobr' /&gt;
simplification usque ad nihilum, non de r&#233;aliser une anarchie&lt;br class='autobr' /&gt;
subite et imm&#233;diate (...). Pour moi, je vais commencer une &#233;volution&lt;br class='autobr' /&gt;
nouvelle &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; Darimon, du 14 f&#233;vrier 1850 (Cor. III, p. 96)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1863, donc, lorsque Proudhon publie le Principe, il y a&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; peu pr&#232;s quinze ans qu'il a commenc&#233; de d&#233;couvrir l'id&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;raliste. Ce qui avait &#233;t&#233; tout d'abord un th&#232;me&lt;br class='autobr' /&gt;
circonstanciel, voire pol&#233;mique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette intention ne dispara&#238;tra jamais tout &#224; fait. Pendant qu'il travaille (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, est devenu&lt;br class='autobr' /&gt;
progressivement le leitmotiv qui non seulement domine&lt;br class='autobr' /&gt;
toute la derni&#232;re partie de son oeuvre mais encore,&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;trospectivement, &#233;claire et unifie ce qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;e. Avec&lt;br class='autobr' /&gt;
insistance Proudhon lui-m&#234;me a toujours soulign&#233; cette coh&#233;sion&lt;br class='autobr' /&gt;
profonde qui ne nie pas l'&#233;volution mais, au contraire, l'explique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le temps m&#234;me o&#249; il travaille au Principe, il &#233;crit : &#171; Vous&lt;br class='autobr' /&gt;
serez quelque jour &#233;tonn&#233; d'apprendre apr&#232;s tout ce que vous&lt;br class='autobr' /&gt;
avez entendu dire et suppos&#233; vous-m&#234;me de mes opinions, que&lt;br class='autobr' /&gt;
je suis un des plus grands faiseurs d'ordre, un des progressistes&lt;br class='autobr' /&gt;
les plus mod&#233;r&#233;s, un des r&#233;formateurs les moins utopistes et&lt;br class='autobr' /&gt;
les plus pratiques qui existent (...). Pour ne citer qu'un&lt;br class='autobr' /&gt;
exemple (...) je vous ferai remarquer en passant que si, en&lt;br class='autobr' /&gt;
1840, j'ai d&#233;but&#233; par l'anarchie, conclusion de ma critique de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'id&#233;e gouvernementale, c'est que je devait finir par la&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ration, base n&#233;cessaire du droit des gens europ&#233;en, et,&lt;br class='autobr' /&gt;
plus tard, de l'organisation de tous les Etats (...) ; en sorte que&lt;br class='autobr' /&gt;
l'ordre public reposant directement sur la libert&#233; et la conscience&lt;br class='autobr' /&gt;
du citoyen, l'anarchie, l'absence de toute contrainte, de toute&lt;br class='autobr' /&gt;
police, autorit&#233;, magistrature, r&#233;glementation, etc. se trouve &#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
le corr&#233;latif de la plus haute vertu sociale, et partant, l'id&#233;al du&lt;br class='autobr' /&gt;
gouvernement humain. Nous n'en sommes pas l&#224;, sans doute,&lt;br class='autobr' /&gt;
et il se passera des si&#232;cles avant que cet id&#233;al soit atteint,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais notre loi est de marcher dans cette direction, de nous&lt;br class='autobr' /&gt;
approcher sans cesse du but ; et c'est ainsi, encore une fois, que je soutiens le principe de la f&#233;d&#233;ration &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; Milliet, op. cit., p. 221. Voir aussi, d&#233;j&#224; dans le m&#234;me sens, la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, dans un texte de ce genre &#233;crit au courant de la&lt;br class='autobr' /&gt;
plume, une certaine sch&#233;matisation est-elle in&#233;vitable. Mais, sur&lt;br class='autobr' /&gt;
le fond et pi&#232;ces en mains, on ne peut que donner raison &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
Proudhon. Dans le puissant massif de cette pens&#233;e, si les replis,&lt;br class='autobr' /&gt;
les escarpements sont nombreux, il est impossible de tracer des&lt;br class='autobr' /&gt;
lignes de partage vraiment nettes et, &#224; coup s&#251;r, il n'existe&lt;br class='autobr' /&gt;
aucune ligne de rupture. A qui ignore ce qui le pr&#233;pare et&lt;br class='autobr' /&gt;
l'explique, son f&#233;d&#233;ralisme est proprement incompr&#233;hensible. Car&lt;br class='autobr' /&gt;
ce f&#233;d&#233;ralisme n'est rien d'autre qu'une r&#233;ponse aux questions&lt;br class='autobr' /&gt;
laiss&#233;es ouvertes par les prises de position ant&#233;rieures. Depuis&lt;br class='autobr' /&gt;
longtemps Proudhon avait admis que l'anarchie, fix&#233;e par lui&lt;br class='autobr' /&gt;
comme but ultime au progr&#232;s humain, ne pourrait se r&#233;aliser&lt;br class='autobr' /&gt;
que d'une mani&#232;re &#171; progressive &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; Darimon, du 14 f&#233;vrier 1850, op. cit. , p. 96.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qu'il fallait, par&lt;br class='autobr' /&gt;
cons&#233;quent, en pr&#233;voir les &#233;tapes et les am&#233;nagements. Ceux-ci,&lt;br class='autobr' /&gt;
bien que pos&#233;s comme n&#233;cessaires, n'en restaient pas moins&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;nigmatiques. En fait, Proudhon se rendra compte peu &#224; peu qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
avait &#233;t&#233;, un moment, si cat&#233;gorique, que les cha&#238;nons&lt;br class='autobr' /&gt;
interm&#233;diaires risquaient fort de ne pouvoir &#234;tre plac&#233;s, faute&lt;br class='autobr' /&gt;
d'avoir donn&#233; un r&#244;le suffisant au moteur de tout progr&#232;s qui est,&lt;br class='autobr' /&gt;
selon sa philosophie, la contradiction. L'anarchie &#233;tait la fin :&lt;br class='autobr' /&gt;
comme telle, elle ne pouvait &#234;tre aussi le moyen. Cette anarchie,&lt;br class='autobr' /&gt;
autre nom chez lui de l'autonomie, de toutes les autonomies, ne&lt;br class='autobr' /&gt;
saurait emp&#234;cher l'unit&#233; des personnes et des groupes entre eux, &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
peine de n'&#234;tre plus l'anarchie positive qu'il envisageait, mais un&lt;br class='autobr' /&gt;
pur et simple &#233;miettement. Autrement dit la libert&#233; ne peut se&lt;br class='autobr' /&gt;
penser et s'obtenir que par rapport &#224; une contrainte, et cette&lt;br class='autobr' /&gt;
contrainte elle-m&#234;me est loin d'&#234;tre affect&#233;e d'un signe n&#233;gatif : elle&lt;br class='autobr' /&gt;
peut parfaitement &#234;tre g&#233;n&#233;ratrice de libert&#233;. Il ne s'agit donc&lt;br class='autobr' /&gt;
pas, comme le font les pens&#233;es monistes, de sacrifier l'une &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'autre mais bien de penser dialectiquement l'une et l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or il ne nous para&#238;t gu&#232;re douteux que Proudhon avait &#233;t&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
pendant un temps, tent&#233; de tout sacrifier &#224; l'anarchie. De l&#224; un&lt;br class='autobr' /&gt;
utopisme qui, quoi qu'il en ait dit par la suite, s'&#233;tait fait jour dans&lt;br class='autobr' /&gt;
sa pens&#233;e &#224; l'&#233;poque des d&#233;ceptions de 48 et qui est&lt;br class='autobr' /&gt;
particuli&#232;rement visible dans l'Id&#233;e g&#233;n&#233;rale. De l&#224; aussi, in&#233;vitable&lt;br class='autobr' /&gt;
choc en retour, l'opportunisme qui n'avait pas tard&#233; &#224; r&#233;pondre &#224; cet&lt;br class='autobr' /&gt;
utopisme avec La R&#233;volution sociale d&#233;montr&#233;e par le coup&lt;br class='autobr' /&gt;
d'Etat. Une m&#233;connaissance certaine du p&#244;le d'organisation,&lt;br class='autobr' /&gt;
d'autorit&#233;, d'unit&#233;, ob&#232;re toute cette p&#233;riode et elle se manifeste&lt;br class='autobr' /&gt;
tant&#244;t par des simplifications verbales, tant&#244;t par un&lt;br class='autobr' /&gt;
machiav&#233;lisme na&#239;f qui n'est qu'une simplification mentale. Apr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;chec de la r&#233;volution, Proudhon s'&#233;tait r&#233;fugi&#233; dans un &#233;conomisme&lt;br class='autobr' /&gt;
pur finissant par rejoindre le lib&#233;ralisme du &#171; laissez&lt;br class='autobr' /&gt;
faire &#187; qu'il avait tant critiqu&#233; autrefois. Puis, on contraire, il avait&lt;br class='autobr' /&gt;
c&#233;d&#233; d'une mani&#232;re bien particuli&#232;re au mythe de l'homme&lt;br class='autobr' /&gt;
providentiel en s'imaginant, non sans une sombre ironie, qu'un souverain&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il m&#233;prisait parce qu'il n'avait ni id&#233;es ni moeurs&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;aliserait, en raison de ce vide m&#234;me, les premi&#232;res &#233;tapes de la&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A pr&#233;sent que la crise est pass&#233;e et que, en prenant du recul -&lt;br class='autobr' /&gt;
notamment gr&#226;ce &#224; l'exil- Proudhon a pris conscience des points&lt;br class='autobr' /&gt;
sur lesquels il butait, il comprend aussi plus clairement comment il&lt;br class='autobr' /&gt;
pourra les surmonter. &#171; Nous avons maintenant, &#233;crit-il, chose&lt;br class='autobr' /&gt;
que nous avions d&#233;daign&#233;e et devions d&#233;daigner en 1848, une&lt;br class='autobr' /&gt;
politique &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; Darimon, du 6 f&#233;vrier 1863, lui annon&#231;ant le Principe (Cor. XIII, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Pourquoi &#171; devions d&#233;daigner &#187; ? On peut&lt;br class='autobr' /&gt;
admettre qu'il entre ici un certain d&#233;sir de se justifier apr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
coup mais aussi que, face aux affolements d'un socialisme &#224; la fois autoritaire et impuissant, Proudhon estime qu'il &#233;tait seulement&lt;br class='autobr' /&gt;
possible d'affirmer le primat de la libert&#233; cr&#233;atrice. Quoi qu'il en&lt;br class='autobr' /&gt;
soit, on discerne bien le cheminement de la pens&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
proudhonienne, tel qu'il trouvera son aboutissement dans le Principe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Proudhon ne renie rien, mais corrige et compl&#232;te ; il ne&lt;br class='autobr' /&gt;
retranche pas, mais ajoute. L'anarchie, dans le sens o&#249; il l'entend,&lt;br class='autobr' /&gt;
n'est nullement mise en question. Cependant elle va trouver&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;sormais sa compl&#233;mentaire -sur lequel elle s'arc-boute et avec qui&lt;br class='autobr' /&gt;
elle dialogue- dans l'id&#233;e d'organisation. Chacun des p&#244;les ainsi&lt;br class='autobr' /&gt;
mis en tension empruntera &#224; l'autre et &#224; son tour, lui donnera :&lt;br class='autobr' /&gt;
l'organisation est con&#231;ue comme spontan&#233;e dans le temps m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
o&#249; l'anarchie devient organique. C'est tout le f&#233;d&#233;ralisme&lt;br class='autobr' /&gt;
proudhonien. Comme Proudhon le dit lui- m&#234;me : &#171; le seul&lt;br class='autobr' /&gt;
syst&#232;me politique qui puisse se concilier avec la vraie r&#233;volution&lt;br class='autobr' /&gt;
et r&#233;aliser l'&#233;galit&#233; &#233;conomique est la f&#233;d&#233;ration &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; Chaudey, du 20 novembre 1863 (Cor. XII, p. 241).&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quelles conditions le Principe a-t-il &#233;t&#233; con&#231;u et enfant&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Amnisti&#233; depuis 1860, Proudhon ne s'&#233;tait pas d&#233;p&#234;ch&#233; de rentrer&lt;br class='autobr' /&gt;
en France. Certes, il &#233;tait las de l'exil mais il y avait pris aussi ses&lt;br class='autobr' /&gt;
habitudes et redoutait les difficult&#233;s mat&#233;rielles du retour. Plus&lt;br class='autobr' /&gt;
encore l'&#233;preuve morale &#224; laquelle il s'attendait, le saisit, comme il&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;crit &#224; un ami cher, d'une &#171; v&#233;ritable angoisse &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; Rolland, du 7 juillet 1861, dans, Lettres au Citoyen Rolland, &#233;d. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Il voudrait&lt;br class='autobr' /&gt;
revenir avec une revanche, un coup d'&#233;clat, et compte pour cela sur&lt;br class='autobr' /&gt;
La Guerre et la Paix. Pourtant les incompr&#233;hensions rencontr&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
par le manuscrit avaient &#233;t&#233; grandes. Elle n'&#233;taient rien encore &#224; c&#244;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
du v&#233;ritable &#171; toll&#233; &#187; (le mot est de Proudhon) qui accueillit la&lt;br class='autobr' /&gt;
publication. Comme toujours, l'humeur proudhonienne, aggrav&#233;e &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
cette &#233;poque par quelque amertume, l'a pouss&#233; &#224; d&#233;fendre ses&lt;br class='autobr' /&gt;
th&#232;ses avec les armes &#171; boomerang &#187; de la provocation et du&lt;br class='autobr' /&gt;
paradoxe. On l'accusera d'avoir &#233;crit une apologie de la force,&lt;br class='autobr' /&gt;
quand il s'&#233;tait born&#233; &#224; constater qu'elle &#233;tait souvent&lt;br class='autobr' /&gt;
l'accoucheuse de ce droit des gens dont il s'efforce de&lt;br class='autobr' /&gt;
repenser les principes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me lorsque, l'ann&#233;e suivante, de plus en plus pr&#233;occup&#233; par&lt;br class='autobr' /&gt;
la question des nationalit&#233;s -angoiss&#233; m&#234;me, depuis l'issue de la&lt;br class='autobr' /&gt;
guerre franco-pi&#233;montaise et ce qui lui paraissait &#234;tre la folle politique&lt;br class='autobr' /&gt;
de Napol&#233;on III- Proudhon &#233;crit une s&#233;rie d'articles afin de&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;montrer que la solution &#224; l'unit&#233; italienne ne peut &#234;tre que&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;rative, il va passer aux yeux de ses h&#244;tes belges pour un&lt;br class='autobr' /&gt;
furieux nationaliste fran&#231;ais ! En effet, faisant allusion dans l'un des&lt;br class='autobr' /&gt;
textes qui composeront La F&#233;d&#233;ration et l'Unit&#233; en Italie &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'annexion de Nice et de la Savoie, il remarque -ironiquement,&lt;br class='autobr' /&gt;
est-il besoin de le pr&#233;ciser ?- qu'il n'y a aucune raison de s'arr&#234;ter&lt;br class='autobr' /&gt;
en si bonne voie. Si le crit&#232;re linguistique &#233;tait le seul qui d&#251;t &#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
pris en consid&#233;ration, alors, la France serait parfaitement fond&#233;e &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;clamer aussi l'annexion de la Wallonie. Qu'avait-il dit ! Alert&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
par quelques ombrageux censeurs, les journaux bruxellois -qui&lt;br class='autobr' /&gt;
apparemment ne go&#251;taient pas mieux l'humour proudhonien que ne&lt;br class='autobr' /&gt;
l'avaient fait les propri&#233;taires- accusent Proudhon d'&#171; appeler sur&lt;br class='autobr' /&gt;
leur pays les hordes fran&#231;aises &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Carnet 7, texte dactylographi&#233;, B.N. Dpt des Mss. p.&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, alors qu'il avait voulu dire&lt;br class='autobr' /&gt;
exactement le contraire. C'est une authentique manifestation&lt;br class='autobr' /&gt;
nationaliste que d&#233;clench&#232;rent les imprudents propos de l'antinationaliste&lt;br class='autobr' /&gt;
qui n'&#233;tait encore, au demeurant, qu'un proscrit&lt;br class='autobr' /&gt;
jouissant du droit d'asile. Sa maison d'Ixelles fut assi&#233;g&#233;e par&lt;br class='autobr' /&gt;
un cort&#232;ge de braves gens, brandissant des drapeaux, hurlant &#171; &lt;br class='autobr' /&gt;
La Braban&#231;onne &#187; et paraissant d&#233;cid&#233;s &#224; faire au pol&#233;miste un&lt;br class='autobr' /&gt;
tr&#232;s mauvais parti. Plus &#233;coeur&#233; par tant de sottise que&lt;br class='autobr' /&gt;
v&#233;ritablement alarm&#233;, Proudhon se d&#233;cide n&#233;anmoins &#224; faire le saut et, le lendemain de cette Saint-Barth&#233;lemy en miniature, il&lt;br class='autobr' /&gt;
prendra le train pour Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las ! Ce n'&#233;tait pas pour y trouver le moindre r&#233;confort. Malade,&lt;br class='autobr' /&gt;
aigri, assailli par toutes sortes de difficult&#233;s mat&#233;rielles,&lt;br class='autobr' /&gt;
Proudhon n'est pas plus tendre pour son pays, retrouv&#233; apr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
quatre ans d'exil, que pour celui qu'il venait de quitter. Ce qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
constate l'accable et, en m&#234;me temps, le galvanise, comme c'est&lt;br class='autobr' /&gt;
toujours le cas chez lui : &#171; J'ai trouv&#233; la situation ici dix fois&lt;br class='autobr' /&gt;
pire qu'on ne me l'avait faite. La d&#233;fection est partout, la&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;mocratie est en plein d&#233;sarroi, le ralliement marche et&lt;br class='autobr' /&gt;
l'immoralit&#233; monte comme le flux. On peut se croire &#224; un&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;lude de la fin du monde. C'est justement pour cela que je&lt;br class='autobr' /&gt;
rentre ; j'ai fait le diagnostic, je crois avoir le rem&#232;de &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; Gouvernet, du 10 septembre 1862 (Cor. XII, p. 177).&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rem&#232;de, c'est pr&#233;cis&#233;ment le f&#233;d&#233;ralisme. Dans ce grand&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;sarroi moral et mat&#233;riel, Proudhon pense &#224; d&#233;velopper enfin&lt;br class='autobr' /&gt;
l'id&#233;e qui m&#251;rit en lui depuis tant d'ann&#233;es d&#233;j&#224; et dont La&lt;br class='autobr' /&gt;
Guerre et la Paix a pos&#233; les solides pr&#233;misses. A peine install&#233; dans&lt;br class='autobr' /&gt;
sa nouvelle maison de Passy (celle-l&#224; m&#234;me o&#249; il mourra), il se&lt;br class='autobr' /&gt;
met au travail. Du Principe f&#233;d&#233;ratif et de la n&#233;cessit&#233; de&lt;br class='autobr' /&gt;
reconstituer le parti de la R&#233;volution, tel est le titre en&lt;br class='autobr' /&gt;
forme de programme qu'il trace tout d'abord et ne suivra&lt;br class='autobr' /&gt;
d'ailleurs qu'en partie. Dans les circonstances o&#249; il se trouve, il&lt;br class='autobr' /&gt;
ne croit pas pouvoir faire mieux qu'&#171; un petit pamphlet&lt;br class='autobr' /&gt;
de soixante pages au plus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; Buzon, du 31 janvier 1863 (Cor. XII, p. 267).&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il ne s'agit, dans son esprit,&lt;br class='autobr' /&gt;
que de poser un premier jalon, d'&#233;veiller une r&#233;flexion, en&lt;br class='autobr' /&gt;
tra&#231;ant seulement les grandes lignes de la doctrine f&#233;d&#233;raliste&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il croit commencer &#224; entrevoir mais qu'en fait il porte d&#233;j&#224; en&lt;br class='autobr' /&gt;
lui dans son &#233;tat presque d&#233;finitif. Progressivement il s'&#233;chauffe&lt;br class='autobr' /&gt;
et, plein de son sujet, avance rapidement quoique non sans&lt;br class='autobr' /&gt;
difficult&#233;s. Moins de trois mois plus tard, il se trouve &#224; la t&#234;te d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
manuscrit de deux cents pages dont il a lui-m&#234;me retrac&#233; la&lt;br class='autobr' /&gt;
gen&#232;se, mieux que quiconque ne saurait le faire : &#171; Peu &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
peu je me suis aper&#231;u que je me fourvoyais, que ce qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
fallait, c'&#233;tait un travail s&#233;rieux, solide, et un coup terrible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Me voil&#224; donc refaisant mon ouvrage sur &#233;preuves, tant et&lt;br class='autobr' /&gt;
si bien qu'au bout de deux mois je n'avais pas encore fini&lt;br class='autobr' /&gt; ; seulement au lieu de soixante pages, j'&#233;tais arriv&#233; &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
deux cents. On met sous presse, la premi&#232;re feuille est&lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233;e ; je ne sais combien de rames de papier grand j&#233;sus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais voil&#224; que la nuit une insomnie s'empare de moi ;&lt;br class='autobr' /&gt;
c'&#233;tait le diable ou mon bon ange, je ne sais encore lequel,&lt;br class='autobr' /&gt;
qui venait m'&#233;veiller. Je songe que j'ai fait une oeuvre&lt;br class='autobr' /&gt;
stupide, obscure, violente, digne de mes adversaires, sans&lt;br class='autobr' /&gt;
doute, mais faite pour me d&#233;shonorer comme &#233;crivain. De&lt;br class='autobr' /&gt;
suite je me l&#232;ve, je fais suspendre le tirage et je d&#233;clare &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dentu que j'ai des corrections &#224; faire. Ces corrections&lt;br class='autobr' /&gt;
m'ont pris encore cinq semaines, et ma brochure qui&lt;br class='autobr' /&gt;
devait avoir soixante pages au plus, d&#233;passe trois cents. Il&lt;br class='autobr' /&gt;
est certain qu'un enfant ainsi b&#226;ti, con&#231;u en quatre&lt;br class='autobr' /&gt;
reprises, jet&#233; en fonte par morceaux, doit faire une&lt;br class='autobr' /&gt;
singuli&#232;re figure. Vous y verrez force ratures, lacunes, des&lt;br class='autobr' /&gt;
bosses, des m&#233;plats, des solutions de continuit&#233;. -Un nouvel&lt;br class='autobr' /&gt;
avertissement du ciel ou de l'enfer, vous me le direz, m'a&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;t&#233; donn&#233; cette nuit (31 janvier), et j'avais presque r&#233;solu&lt;br class='autobr' /&gt;
de tout br&#251;ler et de renvoyer la publication &#224; P&#226;ques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, apr&#232;s avoir dormi, j'ai d&#233;cid&#233; de laisser aller les&lt;br class='autobr' /&gt;
choses et de n'y plus regarder. C'est ainsi que je me trouve,&lt;br class='autobr' /&gt;
en ce moment, avoir a peu pr&#232;s termin&#233; cet ouvrage. C'est&lt;br class='autobr' /&gt;
un livre, et ce n'est pas un livre ; c'est quelque chose d'h&#233;t&#233;roclite,&lt;br class='autobr' /&gt;
de tr&#232;s fort par endroits, de soporifique dans&lt;br class='autobr' /&gt;
d'autres ; en somme, une id&#233;e formidable qui, si elle porte&lt;br class='autobr' /&gt;
coup, doit produire un effet &#233;norme. En un mot, je me suis&lt;br class='autobr' /&gt;
dit que le fond sauverait peut-&#234;tre la forme, et c'est ce qui fait que vous recevrez peut-&#234;tre, sous huitaine, ma&lt;br class='autobr' /&gt;
publication. Mais j'ai la cervelle en bouillie et la t&#234;te&lt;br class='autobr' /&gt;
comme une poire molle &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; Buzon, op. cit. , pp. 268-269.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore sous le feu de l'inspiration, l'auteur s'est ici montr&#233; assez&lt;br class='autobr' /&gt;
bon critique, quoiqu' excessif sans doute : mais il est ainsi fait,&lt;br class='autobr' /&gt;
dans le jugement comme dans l'action. On accordera &#224; l'autocenseur&lt;br class='autobr' /&gt;
que le livre n'est pas, litt&#233;rairement parlant, un de ses&lt;br class='autobr' /&gt;
meilleurs et qu'il souffre des conditions d&#233;favorables de sa&lt;br class='autobr' /&gt;
gestation ou, plus exactement, d'&#234;tre demeur&#233; en cet &#233;tat. Il porte&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me, dans son plan et son ton, la marque d'une ambigu&#239;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
fonci&#232;re. De la premi&#232;re intention pol&#233;mique subsiste un certain&lt;br class='autobr' /&gt;
nombre de passages et toute la troisi&#232;me partie qui, avec le recul&lt;br class='autobr' /&gt;
du temps, nous semblent g&#226;ter le civet plut&#244;t qu'ils ne l'&#233;picent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part les excursus historiques de la deuxi&#232;me partie,&lt;br class='autobr' /&gt;
ajout&#233;s au dernier moment et sans documentation suffisante pour&lt;br class='autobr' /&gt;
donner plus de poids &#224; la th&#232;se, sont h&#226;tifs et souvent&lt;br class='autobr' /&gt;
contestables. L'int&#233;r&#234;t essentiel du livre n'est &#233;videmment pas l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Proudhon l'avait, en somme, pressenti. Mais il savait aussi o&#249; se&lt;br class='autobr' /&gt;
trouvait son v&#233;ritable apport, et en quoi il &#233;tait novateur. Il&lt;br class='autobr' /&gt;
poursuit, en effet, en ces termes, la lettre que nous venons de citer&lt;br class='autobr' /&gt;
longuement sans en &#233;puiser les richesses : &#171; Le titre de cet&lt;br class='autobr' /&gt;
ouvrage vous en fera pr&#233;juger le contenu (...). C'est une&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;monstration d'un genre &#224; moi, de cette proposition :&lt;br class='autobr' /&gt;
Que tous les gouvernements connus jusqu'&#224; ce jour sont&lt;br class='autobr' /&gt;
des fragments d&#233;pareill&#233;s de la vraie constitution sociale,&lt;br class='autobr' /&gt;
laquelle est unique, la m&#234;me pour tous les peuples, et peut&lt;br class='autobr' /&gt;
&#234;tre appel&#233;e : R&#233;publique f&#233;d&#233;rative ; que hors de l&#224; il n'y a&lt;br class='autobr' /&gt;
ni libert&#233;, ni droit, ni morale, ni bonne foi (...). Bref, c'est&lt;br class='autobr' /&gt;
ce que j'appelle la solution du probl&#232;me politique ; la d&#233;finition&lt;br class='autobr' /&gt;
de la R&#233;publique, d&#233;finition rest&#233;e &#224; l'&#233;tat de&lt;br class='autobr' /&gt;
desideratum, si peu connue encore que Suisses et&lt;br class='autobr' /&gt;
Am&#233;ricains eux-m&#234;mes n'ont eu jusqu'ici qu'une conscience fort&lt;br class='autobr' /&gt;
imparfaite de leur propre &#233;tat &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; Buzon, op. cit. , pp. 268-269.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Proudhon est-il parfaitement conscient, d&#232;s la parution du&lt;br class='autobr' /&gt;
livre, d'avoir fait non la th&#233;orie des r&#233;gimes f&#233;d&#233;raux existant de&lt;br class='autobr' /&gt;
son temps, mais bien une oeuvre de philosophie sociale et&lt;br class='autobr' /&gt;
politique dans laquelle le principe f&#233;d&#233;ratif est envisag&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
dans son essence plut&#244;t que selon les modalit&#233;s imparfaites de son&lt;br class='autobr' /&gt;
existence. C'est &#224; ce niveau que le livre a poursuivi, &#224; travers&lt;br class='autobr' /&gt;
heurs et malheurs, sa destin&#233;e. Et c'est ainsi &#233;galement qu'apr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
cent ann&#233;es, il demeure pour nous, comme une grande oeuvre&lt;br class='autobr' /&gt;
solitaire, &#233;clairante, et toujours &#224; r&#233;aliser.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;NOTE BIBLIOGRAPHIQUE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;DU PRINCIPE F&#201;D&#201;RATIF ET DE LA N&#201;CESSIT&#201; DE&lt;br class='autobr' /&gt;
RECONSTITUER LE PARTI DE LA R&#201;VOLUTION, par P.-J.&lt;br class='autobr' /&gt;
PROUDHON, a &#233;t&#233; publi&#233; chez E. Dentu, Libraire-Editeur &#224; Paris,&lt;br class='autobr' /&gt;
Galeries d'Orl&#233;ans, 13 et 17, rue du Palais-Royal, en un volume de&lt;br class='autobr' /&gt;
324 pp. in-32 (17,5 X 11), imprim&#233; &#224; Paris par L. Tinterlin et Cie,&lt;br class='autobr' /&gt;
rue Neuve-des-Bons-Enfants, n&#176; 3. Il comprend, outre un &#171; Avantpropos&lt;br class='autobr' /&gt; &#187; et une &#171; Conclusion &#187;, trente-et-un chapitres group&#233;s en&lt;br class='autobr' /&gt;
trois parties : &#171; Premi&#232;re partie : Du principe de F&#233;d&#233;ration &#187; (onze&lt;br class='autobr' /&gt;
chapitres), &#171; Deuxi&#232;me partie : Politique unitaire &#187; (onze&lt;br class='autobr' /&gt;
chapitres), &#171; Troisi&#232;me partie : La Presse unitaire &#187; (neuf&lt;br class='autobr' /&gt;
chapitres). Nous ignorons le tirage du livre mais savons&lt;br class='autobr' /&gt;
seulement, par une lettre de Proudhon, que le 5 mars 1863 -soit une&lt;br class='autobr' /&gt;
quinzaine de jours apr&#232;s la sortie du livre- l'&#233;diteur en &#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;j&#224; au 60 mille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte du Principe a &#233;t&#233; repris sans changements autres que&lt;br class='autobr' /&gt;
typographiques, dans l'&#233;dition des &#171; OEuvres compl&#232;tes de P.-J. Proudhon &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
en 26 volumes, grand in-18 j&#233;sus, publi&#233;e &#224; partir de 1867 par la Librairie&lt;br class='autobr' /&gt;
Internationale A. Lacroix Paris, puis A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie,&lt;br class='autobr' /&gt;
Paris, Bruxelles, Leipzig et Livourne, puis E. Flammarion, Paris, o&#249; il&lt;br class='autobr' /&gt;
forme avec la brochure Si les Trait&#233;s de 1815 ont cess&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
d'exister, le tome VIII. Ce tome, publi&#233; en 1868, compte en tout 220 pages dont le Principe fait les 242 premi&#232;res. Les oeuvres de&lt;br class='autobr' /&gt;
Proudhon &#233;tant alors &#233;puis&#233;es et d'acc&#232;s difficile, Du Principe f&#233;d&#233;ratif a&lt;br class='autobr' /&gt;
fait, en 1921, l'objet d'une r&#233;&#233;dition partielle dans la &#171; Collection des&lt;br class='autobr' /&gt;
chefs-d'oeuvre m&#233;connus &#187;, dirig&#233;e par Gonzague Truc, et publi&#233;e par&lt;br class='autobr' /&gt;
les Editions Bossard, 43, rue Madame &#224; Paris. Ce volume, soigneusement&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sent&#233; dans le format in-16 grand aigle (13,5 X 19,5), ne reproduit&lt;br class='autobr' /&gt;
que la premi&#232;re partie doctrinale, sans l'avant-propos mais avec la&lt;br class='autobr' /&gt;
conclusion g&#233;n&#233;rale et, en appendice, le chapitre premier de la deuxi&#232;me&lt;br class='autobr' /&gt;
partie ainsi que le chapitre IV de la troisi&#232;me, soit au total 145 pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est pr&#233;c&#233;d&#233;e d'une introduction de 41 pages par M. Charles-Brun,&lt;br class='autobr' /&gt;
secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la Soci&#233;t&#233; Proudhon (sur l'instigation de laquelle cette&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;&#233;dition para&#238;t avoir &#233;t&#233; entreprise) et accompagn&#233;e d'un portrait grav&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
sur bois par Achille Ouvr&#233; d'apr&#232;s Gustave Courbet, ainsi que de notes&lt;br class='autobr' /&gt;
et indications bibliographiques. Le tirage &#233;tait limit&#233; &#224; 2.500 exemplaires&lt;br class='autobr' /&gt;
num&#233;rot&#233;s. L'&#233;diteur n'ayant pas &#233;coul&#233; tout ce tirage en librairie, il a &#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
longtemps possible -et il l'est parfois encore- de trouver cette &#233;dition&lt;br class='autobr' /&gt;
chez des bouquinistes parisiens. Enfin la &#171; Nouvelle Edition des&lt;br class='autobr' /&gt;
OEuvres Compl&#232;tes de P.-J. Proudhon &#187;, commenc&#233;e en 1923 &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
Librairie Marcel Rivi&#232;re et entreprise sous la direction de MM. C.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bougl&#233; et H. Moysset, n'a publi&#233; Du Principe f&#233;d&#233;ratif qu'en 1959,&lt;br class='autobr' /&gt;
dans un volume de 608 pages grand in-8&#176; carr&#233; (23 X 14,5) o&#249; il est&lt;br class='autobr' /&gt;
accompagn&#233; d'&#171; OEuvres diverses sur les probl&#232;mes politiques&lt;br class='autobr' /&gt;
europ&#233;ens &#187;, &#224; savoir : La F&#233;d&#233;ration et l'Unit&#233; en Italie,&lt;br class='autobr' /&gt;
Nouvelles observations sur l'Unit&#233; italienne, France et Rhin&lt;br class='autobr' /&gt;
(fragments). Du Principe f&#233;d&#233;ratif occupe les pages 255 &#224; 551 et il&lt;br class='autobr' /&gt;
est, bien entendu, reproduit int&#233;gralement dans le texte de 1863. Le&lt;br class='autobr' /&gt;
volume est pr&#233;c&#233;d&#233; de deux &#233;tudes importantes : &#171; F&#233;d&#233;ralisme et&lt;br class='autobr' /&gt;
proudhonisme &#187; par Georges Scelle, et, &#171; Le f&#233;d&#233;ralisme dans&lt;br class='autobr' /&gt;
l'oeuvre de Proudhon &#187; par J.-L. Puech et Th&#233;odore Ruyssen. Les&lt;br class='autobr' /&gt;
introductions et notes sont &#233;galement de ces deux derniers auteurs. Ce&lt;br class='autobr' /&gt;
volume est toujours disponible en librairie. Sans constituer, &#224; propre.&lt;br class='autobr' /&gt;
ment parler, une &#233;dition critique il peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme&lt;br class='autobr' /&gt;
parfaitement s&#251;r et a &#233;t&#233;, &#224; peu d'ann&#233;es pr&#232;s, l'&#233;dition du centenaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Bernard VOYENNE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; dans L'Europe en Formation, Nice, d&#233;cembre 1963,&lt;br class='autobr' /&gt;
n&#176; 45. Revue du Centre international de formation europ&#233;enne -&lt;br class='autobr' /&gt;
CIFE, fond&#233;e par Alexandre Marc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Presse f&#233;d&#233;raliste et F&#233;d&#233;choses remercient le CIFE et L'Europe&lt;br class='autobr' /&gt;
en formation d'avoir autoris&#233; cette republication et d'autres qui&lt;br class='autobr' /&gt;
suivront soit dans F&#233;d&#233;choses soit en brochures ou sur notre site.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ed. Rivi&#232;re, p. 346.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Carnet 6 (1847-1850), Ed. Rivi&#232;re, p. 226.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibidem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Carnet 6, Ed. Rivi&#232;re, p. 257.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Carnet 7, texte dactylographi&#233;, B.N. Dpt des Mss. p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Id&#233;e g&#233;n&#233;rale de la R&#233;volution, Ed. Rivi&#232;re, p.&lt;br class='autobr' /&gt;
322.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'Eglise, Ed.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rivi&#232;re, T. II, pp. 287-288.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lettre &#224; Darimon, du 14 f&#233;vrier 1850 (Cor. III, p. 96)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette intention ne dispara&#238;tra jamais tout &#224; fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant qu'il travaille au Principe, il &#233;crit : &#171; Je&lt;br class='autobr' /&gt;
plante le drapeau, jusqu'ici proscrit, du&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ralisme &#187;. Lettre &#224; Milliet, du 2 novembre&lt;br class='autobr' /&gt;
1862 (Cor. XII, p. 220).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lettre &#224; Milliet, op. cit., p. 221. Voir aussi, d&#233;j&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
dans le m&#234;me sens, la Lettre &#224; Delhasse, du 8 ao&#251;t&lt;br class='autobr' /&gt;
1861 (Cor. XI, pp. 160-161).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lettre &#224; Darimon, du 14 f&#233;vrier 1850, op. cit. ,&lt;br class='autobr' /&gt;
p. 96.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lettre &#224; Darimon, du 6 f&#233;vrier 1863, lui annon&#231;ant&lt;br class='autobr' /&gt;
le Principe (Cor. XIII, p. 279).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lettre &#224; Chaudey, du 20 novembre 1863 (Cor.&lt;br class='autobr' /&gt;
XII, p. 241).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lettre &#224; Rolland, du 7 juillet 1861, dans, Lettres au&lt;br class='autobr' /&gt;
Citoyen Rolland, &#233;d. Grasset, Paris, 1946, pp. 194-&lt;br class='autobr' /&gt;
195.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Carnet 7, texte dactylographi&#233;, B.N. Dpt des Mss. p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lettre &#224; Gouvernet, du 10 septembre 1862 (Cor. XII,&lt;br class='autobr' /&gt;
p. 177).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lettre &#224; Buzon, du 31 janvier 1863 (Cor. XII, p.&lt;br class='autobr' /&gt;
267).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lettre &#224; Buzon, op. cit. , pp. 268-269.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lettre &#224; Buzon, op. cit. , pp. 268-269.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Proudhon : livres et articles f&#233;d&#233;ralistes</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Proudhon-livres-et-articles</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Proudhon-livres-et-articles</guid>
		<dc:date>2010-01-19T11:38:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Focus</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Livres Alexandre MARC, Proudhon, coll. &#171; Le Cri de la France &#187;, &#233;d. LUF - Librairie de l'universit&#233;, Fribourg, et, Egloff, Paris, 1945 Mario ALBERTINI, Proudhon, &#233;d. Vallechi Editore, collection &#171; Sintesi Vallechi I Filosofi &#187;, Florence, 1974, pp. 188 Bernard VOYENNE, coll. &#171; R&#233;alit&#233;s du pr&#233;sent &#187;, Le f&#233;d&#233;ralisme de P. J. Proudhon. Histoire de l'id&#233;e f&#233;d&#233;raliste - T. 2, pr&#233;face d'A. Marc, &#233;d. Presses d'Europe, Nice, 1973, pp. 206, et, Histoire de l'id&#233;e f&#233;d&#233;raliste, les lign&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-numero-146-2009-04-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 146 &#8212; 2009/04&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Focus-+" rel="tag"&gt;Focus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Pierre-Joseph-Proudhon-+" rel="tag"&gt;Pierre-Joseph Proudhon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Livres&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Alexandre MARC, Proudhon, coll. &#171; Le Cri de la France &#187;, &#233;d. LUF - Librairie de l'universit&#233;, Fribourg, et, Egloff, Paris, 1945&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mario ALBERTINI, Proudhon, &#233;d. Vallechi Editore, collection &#171; Sintesi Vallechi I Filosofi &#187;, Florence, 1974, pp. 188&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Bernard VOYENNE, coll. &#171; R&#233;alit&#233;s du pr&#233;sent &#187;, Le f&#233;d&#233;ralisme de P. J. Proudhon. Histoire de l'id&#233;e f&#233;d&#233;raliste - T. 2, pr&#233;face d'A. Marc, &#233;d. Presses d'Europe, Nice, 1973, pp. 206, et, Histoire de l'id&#233;e f&#233;d&#233;raliste, les lign&#233;es proudhonniennes, T. 3, pp. 284 ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; B. VOYENNE (Textes ordonn&#233;s et pr&#233;sent&#233;s par), Pierre-Joseph PROUDHON, M&#233;moires sur ma vie, coll. &#171; Actes et m&#233;moires du peuple &#187;, &#233;d. La D&#233;couverte - Maspero, Paris, 1983, pp. 223.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Articles de L'Europe en formation (Nice-Paris)&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Bernard Voyenne, &#171; Le &#8216;Principe f&#233;d&#233;ratif' a cent ans &#187;, dans, L'Europe en formation, Paris-Nice, n&#176; 45, d&#233;cembre 1963, pp. 3-8&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Yann Fou&#233;r&#233;, &#171; Proudhon, l'anti-jacobin &#187;, op. cit., p. 8&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'Europe en formation, &#171; Proudhon aujourd'hui &#187;, dans, L'Europe en formation, dossier &#171; P.J. Proudhon - 1865-1965 : Le f&#233;d&#233;ralisme, l'Europe, la propri&#233;t&#233;, la dialectique &#187;, n&#176; 62, mai 1965, p. 1&lt;/li&gt;&lt;li&gt; B. Voyenne, &#171; Le f&#233;d&#233;ralisme de Proudhon &#187;, op. cit., pp. 2-5&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Andr&#233; HARBERT, &#171; Proudhon et l'Europe &#187;, op. cit., pp. 6-8&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jean BANCAL, &#171; Proudhon et la propri&#233;t&#233; &#187;, op. cit., pp. 10-15&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Robert ARON, &#171; Proudhon et Marx &#187;, op. cit., pp. 16-17&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mario ALBERTINI, &#171; Proudhon &#233;tait-il f&#233;d&#233;raliste int&#233;gral ? &#187;, op. cit., pp. 18-20&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Alexandre MARC, &#171; Vers la dialectique ouverte &#187;, op. cit., pp. 21-33&lt;/li&gt;&lt;li&gt; B. Voyenne, &#171; Proudhon, l'&#233;chec de 1848 et le f&#233;d&#233;ralisme &#187;, dans, L'Europe en formation, dossier &#171; Apr&#232;s la r&#233;volte de mai&#8230; &#187;, n&#176; 100, juillet 1968, pp. 9-11&lt;/li&gt;&lt;li&gt; J. BANCAL, &#171; L'anarchisme et l'autogestion de Proudhon &#187;, dans, L'Europe en formation, n&#176; 163-164, &#171; Anarchisme et f&#233;d&#233;ralisme &#187;, octobre-novembre 1973, pp. 15-38&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jean Caroline CAHM, &#171; Kropotkine et Proudhon &#187;, dans, L'Europe en formation, n&#176; 254, novembre-d&#233;cembre 1983, pp. 39-52&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Michel HERLAND, &#171; Proudhon &#233;conomiste &#187;, dans, L'Europe en formation, n&#176; 258, novembre-d&#233;cembre 1984, pp. 43-55&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Gilda Mangarano Favaretto, &#171; A l'origine de la science sociale : la perspective de P.-J. Proudhon &#187;, op. cit., pp. 56-64&lt;/li&gt;&lt;li&gt; B. VOYENNE, &#171; Proudhon et la r&#233;voluyion &#187;, dans, L'Europe en formation &#187;, n&#176; 264, &#233;t&#233; 1986, pp. 33-54&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pierre ANSART, &#171; Proudhon : la dialectique des pouvoirs et des libert&#233;s &#187;, dans, L'Europe en formation, n&#176; 275, hiver 1987, dossier &#171; P.J. Proudhon : la r&#233;volution n&#233;cessaire &#187;, pp. 7-13&lt;/li&gt;&lt;li&gt; B. VOYENNE, &#171; La dialectique &#233;galit&#233;-libert&#233; chez P.J. Proudhon &#187;, op. cit., pp. 15-20&lt;/li&gt;&lt;li&gt; J. BANCAL, &#171; Proudhon : dialectique - Force collective - Libert&#233; - Pouvoir - Economie sociale &#187;, op. cit., pp. 21-32&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Luz ROEMHELD, &#171; Le mutualisme de Proudhon &#187;, op. cit., pp. 33-39&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Al. MARC, &#171; De Proudhon &#224; la m&#233;talectique &#187;, op. cit., pp. 41- 70&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Gaston BORDET, &#171; A propos du Colloque Proudhon - Paris et Besan&#231;on, 22-24 octobre 1987 - Un retour aux sources &#187;, op. cit., pp. 72-80&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Myriam GEAY, &#171; Pierre-Joseph Proudhon face au communisme de son temps &#187;, dans, L'Europe en formation, n&#176; 294-295, automne-hiver 1994, pp. 67-93&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Nicolas PORTIER, &#171; Proudhon : un d&#233;mophile antid&#233;mocrate ? &#187;, op. cit., pp. 95-104&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Lazare KI-ZERBO, &#171; La ph&#233;nom&#233;nologie sociale de Proudhon : s&#233;rie et f&#233;d&#233;ralisme &#187;, dans, L'Europe en formation, n&#176; 300, printemps 1996, pp. 65-86&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mireille MARC-LIPIANSKY, &#171; In Memoriam, Bernard Voyenne - Proudhon et Dieu &#187;, dans, L'Europe en formation, n&#176; 3 - 2004, pp. 5-8&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La F&#233;d&#233;ration selon Proudhon</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/La-Federation-selon-Proudhon</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/La-Federation-selon-Proudhon</guid>
		<dc:date>2010-01-19T11:32:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Soldini</dc:creator>


		<dc:subject>Focus</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il est utile de se souvenir, alors que le processus d'int&#233;gration et donc de f&#233;d&#233;ralisation de l'Europe semble au point mort, ce que disait le &#171; vieux Proudhon &#187;. Tant que les Etats seront organis&#233;s de fa&#231;on unitaire, tant que subsistera le dogme de l'unicit&#233;, &#171; leur nature sera de commander, non de transiger ni d'ob&#233;ir &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Construire une f&#233;d&#233;ration &lt;br class='autobr' /&gt;
Et pour construire une f&#233;d&#233;ration, pour entrevoir une unit&#233; plus grande et plus forte car fond&#233;e sur la libert&#233; et non sur l'autorit&#233;, il (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-numero-146-2009-04-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 146 &#8212; 2009/04&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Focus-+" rel="tag"&gt;Focus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Pierre-Joseph-Proudhon-+" rel="tag"&gt;Pierre-Joseph Proudhon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est utile de se souvenir, alors que le processus d'int&#233;gration et&lt;br class='autobr' /&gt;
donc de f&#233;d&#233;ralisation de l'Europe semble au point mort, ce que&lt;br class='autobr' /&gt;
disait le &#171; vieux Proudhon &#187;. Tant que les Etats seront organis&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
de fa&#231;on unitaire, tant que subsistera le dogme de l'unicit&#233;, &#171; leur&lt;br class='autobr' /&gt;
nature sera de commander, non de transiger ni d'ob&#233;ir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Construire une f&#233;d&#233;ration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et pour construire une f&#233;d&#233;ration, pour entrevoir une unit&#233; plus&lt;br class='autobr' /&gt;
grande et plus forte car fond&#233;e sur la libert&#233; et non sur l'autorit&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
il faut changer la nature des Etats amen&#233;s &#224; s'unir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut leur apprendre &#224; transiger et, parfois, &#224; ob&#233;ir. La France n'a&lt;br class='autobr' /&gt;
pas encore r&#233;ellement entrepris sa r&#233;volution copernicienne. Sa&lt;br class='autobr' /&gt;
n&#233;cessit&#233; est pourtant &#233;vidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment penser que des Etats dont le principe fondateur est la&lt;br class='autobr' /&gt;
centralisation, d&#233;mocratique ou non, acceptent de s'unir &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
d'autres, de se soumettre &#224; une autorit&#233; commune et de ce simple&lt;br class='autobr' /&gt;
fait en arrivent &#224; nier leur propre nature.&lt;br class='autobr' /&gt;
La fin programm&#233;e du mod&#232;le h&#233;g&#233;lien de l'Etat souverain n'a&lt;br class='autobr' /&gt;
engendr&#233; pour l'heure que le d&#233;veloppement de cet anarchisme&lt;br class='autobr' /&gt;
sauvage que Proudhon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-J. Proudhon (1809-1865), philosophe fran&#231;ais, souvent class&#233; parmi les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; m&#233;prisait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant les classes dirigeantes de nos Etats moribonds se&lt;br class='autobr' /&gt;
complaisent encore dans le culte d&#233;cadent de puissances qui&lt;br class='autobr' /&gt;
n'existent plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi parlait Proudhon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Citation extraite de, Pierre-Joseph Proudhon, Du principe f&#233;d&#233;ratif, 1863, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le syst&#232;me f&#233;d&#233;ratif est l'oppos&#233; de la hi&#233;rarchie ou&lt;br class='autobr' /&gt;
centralisation administrative et gouvernementale par laquelle se&lt;br class='autobr' /&gt;
distinguent, ex aequo, les d&#233;mocraties imp&#233;riales, les&lt;br class='autobr' /&gt;
monarchies constitutionnelles et les r&#233;publiques unitaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa loi fondamentale, caract&#233;ristique, est celle-ci : dans la&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ration, les attributs de l'autorit&#233; centrale se sp&#233;cialisent et se&lt;br class='autobr' /&gt;
restreignent, diminuent de nombre, d'imm&#233;diatet&#233;, et, si j'ose&lt;br class='autobr' /&gt;
ainsi dire, d'intensit&#233;, &#224; mesure que la Conf&#233;d&#233;ration se&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;veloppe par l'accession de nouveaux Etats.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les gouvernements centralis&#233;s, au contraire, les attributs du&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvoir supr&#234;me se multiplient, s'&#233;tendent et s'imm&#233;diatisent,&lt;br class='autobr' /&gt;
attirent dans la comp&#233;tence du prince les affaires des provinces,&lt;br class='autobr' /&gt;
communes, corporations et particuliers, en raison directe de la&lt;br class='autobr' /&gt;
superficie territoriale et du chiffre de la population. De l&#224; cet&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;crasement sous lequel dispara&#238;t toute libert&#233;, non seulement&lt;br class='autobr' /&gt;
communale et provinciale, mais m&#234;me individuelle et nationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une cons&#233;quence de ce fait c'est que, le syst&#232;me unitaire &#233;tant&lt;br class='autobr' /&gt;
l'inverse du syst&#232;me f&#233;d&#233;ratif, une conf&#233;d&#233;ration entre grandes&lt;br class='autobr' /&gt;
monarchies, &#224; plus forte raison entre d&#233;mocraties imp&#233;riales, est&lt;br class='autobr' /&gt;
chose impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des Etats comme la France, l'Autriche, l'Angleterre, la Russie, la&lt;br class='autobr' /&gt;
Prusse, peuvent faire entre eux des trait&#233;s d'alliance ou de&lt;br class='autobr' /&gt;
commerce ; il r&#233;pugne qu'ils se f&#233;d&#233;ralisent, d'abord, parce que&lt;br class='autobr' /&gt;
leur principe y est contraire, qu'il les mettrait en opposition avec&lt;br class='autobr' /&gt;
le pacte f&#233;d&#233;ral ; qu'en cons&#233;quence il leur faudrait abandonner&lt;br class='autobr' /&gt;
quelque chose de leur souverainet&#233;, et reconna&#238;tre au-dessus&lt;br class='autobr' /&gt;
d'eux, au moins pour certains cas, un arbitre. Leur nature est de&lt;br class='autobr' /&gt;
commander, non de transiger ni d'ob&#233;ir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les princes qui, en 1813, soutenus par l'insurrection des masses,&lt;br class='autobr' /&gt;
combattaient pour les libert&#233;s de l'Europe contre Napol&#233;on, qui plus tard form&#232;rent la Sainte Alliance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alliance des grandes puisssances monarchistes conservatruces qui, suite au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, n'&#233;taient pas des&lt;br class='autobr' /&gt;
conf&#233;d&#233;r&#233;s : l'absolutisme de leur pouvoir leur d&#233;fendait d'en&lt;br class='autobr' /&gt;
prendre le titre. C'&#233;taient, comme en 1792, des coalis&#233;s ; l'histoire&lt;br class='autobr' /&gt;
ne leur donnera pas d'autre nom. Il n'en est pas de m&#234;me de la&lt;br class='autobr' /&gt;
Conf&#233;d&#233;ration germanique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Etat conf&#233;d&#233;ral allemand r&#233;gissant les territoires de langue allemande entre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pr&#233;sentement en travail de r&#233;forme,&lt;br class='autobr' /&gt;
et dont le caract&#232;re de libert&#233; et de nationalit&#233; menace de faire&lt;br class='autobr' /&gt;
dispara&#238;tre un jour les dynasties qui lui font obstacle. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;P.-J. Proudhon (1809-1865), philosophe fran&#231;ais, souvent&lt;br class='autobr' /&gt;
class&#233; parmi les socialistes utopistes et anarchistes, est&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;galement compt&#233; parmi les principaux penseurs th&#233;oriciens du&lt;br class='autobr' /&gt;
courant f&#233;d&#233;raliste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Citation extraite de, Pierre-Joseph Proudhon, Du principe&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ratif, 1863, chapitre VII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alliance des grandes puisssances monarchistes&lt;br class='autobr' /&gt;
conservatruces qui, suite au Congr&#232;s de Vienne (1814-1815)&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;tendait- sous l'autorit&#233; de Dieu- mettre un terme aux &#233;pisodes&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;volutionnaires de la p&#233;riode 1792-1815.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Etat conf&#233;d&#233;ral allemand r&#233;gissant les territoires de langue&lt;br class='autobr' /&gt;
allemande entre son instauration par le Congr&#232;s de Vienne et sa&lt;br class='autobr' /&gt;
fin, avec la d&#233;faite de la puissance autrichinenne face aux arm&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
prussiennes en 1866.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bicentenaire de la naissance de Pierre-Joseph Proudhon</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Bicentenaire-de-la-naissance-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Bicentenaire-de-la-naissance-de</guid>
		<dc:date>2010-01-18T11:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Braud</dc:creator>


		<dc:subject>Focus</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2009 a vu, en France et ailleurs, de nombreuses manifestations et publications visant &#224; comm&#233;morer ou &#224; examiner la vie et la pens&#233;e du philosophe bisontin Pierre- Joseph Proudhon (PJP), n&#233; &#224; Besan&#231;on le 15 janvier 1809 et mort &#224; Paris (Passy) le 19 janvier 1865. &lt;br class='autobr' /&gt; Colloques et manifestations &lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les manifestations &#034;proudhoniennes&#034; qui ont &#233;maill&#233; l'ann&#233;e 2009, il faut commencer par celles qui ont eu lieu dans sa ville natale, Besan&#231;on. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s d&#233;but janvier 2009, &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-numero-146-2009-04-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 146 &#8212; 2009/04&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Focus-+" rel="tag"&gt;Focus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Pierre-Joseph-Proudhon-+" rel="tag"&gt;Pierre-Joseph Proudhon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L107xH150/arton202-fefbd.jpg?1730016403' class='spip_logo spip_logo_right' width='107' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2009 a vu, en France et ailleurs, de nombreuses&lt;br class='autobr' /&gt;
manifestations et publications visant &#224; comm&#233;morer ou &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
examiner la vie et la pens&#233;e du philosophe bisontin Pierre-&lt;br class='autobr' /&gt;
Joseph Proudhon (PJP), n&#233; &#224; Besan&#231;on le 15 janvier 1809 et mort&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; Paris (Passy) le 19 janvier 1865.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Colloques et manifestations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Parmi les manifestations &#034;proudhoniennes&#034; qui ont &#233;maill&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'ann&#233;e 2009, il faut commencer par celles qui ont eu lieu dans sa&lt;br class='autobr' /&gt;
ville natale, Besan&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s d&#233;but janvier 2009, &#224; l'anniversaire exact de la naissance de&lt;br class='autobr' /&gt;
PJP, la Ville de Besan&#231;on, l'Universit&#233; de Franche-Comt&#233; et&lt;br class='autobr' /&gt;
plusieurs autres institutions ont organis&#233;, dans le cadre des&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;C&#233;l&#233;brations nationales 2009&#034;, un colloque sur &#171; Proudhon&lt;br class='autobr' /&gt;
lecteur des philosophes &#187;. Apr&#232;s des s&#233;minaires et travaux&lt;br class='autobr' /&gt;
ant&#233;rieurs sur la lecture par Proudhon des &#233;conomistes puis&lt;br class='autobr' /&gt;
auteurs juridiques, l'objet de ces deux journ&#233;es &#233;taient de faire&lt;br class='autobr' /&gt;
un point d&#233;taill&#233; sur la lecture par Proudhon des philosophes, de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'Antiquit&#233; au XIX&#232; si&#232;cle. Vivant en un si&#232;cle o&#249; l'imprim&#233; n'&#233;tait&lt;br class='autobr' /&gt;
pas si fr&#233;quent ni si bon march&#233; qu'aujourd'hui, Proudhon&lt;br class='autobr' /&gt;
recopiait des passages entiers de ses lectures avec ses&lt;br class='autobr' /&gt;
appr&#233;ciations personnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#034;carnets&#034; sont une source pr&#233;cieuse pour suivre&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;laboration de la pens&#233;e de PJP, et leurs publications toujours&lt;br class='autobr' /&gt;
envisag&#233;es mais jamais encore pleinement r&#233;alis&#233;es sont&lt;br class='autobr' /&gt;
assur&#233;ment un objectif auquel les chercheurs et acteurs&lt;br class='autobr' /&gt;
travaillant ou int&#233;ress&#233;s par la pens&#233;e de Proudhon doivent&lt;br class='autobr' /&gt;
s'attacher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Besan&#231;on fut aussi le th&#233;&#226;tre du grand colloque international qui,&lt;br class='autobr' /&gt;
en fin d'ann&#233;e 2009, fut comme l'&#233;cho du grand colloque du&lt;br class='autobr' /&gt;
centenaire du d&#233;c&#232;s de Proudhon tenu en novembre 1965 &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
Bruxelles et dont les actes sont encore recherch&#233;s par tous les&lt;br class='autobr' /&gt;
amateurs atteints de proudhonite aigu&#235;. Les collectivit&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
territoriales (Ville de Besan&#231;on, Conseil r&#233;gional de Franche-&lt;br class='autobr' /&gt;
Comt&#233;, Conseil g&#233;n&#233;ral du Doubs) et les institutions&lt;br class='autobr' /&gt;
acad&#233;miques locales (Universit&#233; de Franche-Comt&#233; et Maison des&lt;br class='autobr' /&gt;
Sciences de l'Homme Nicolas Ledoux) ont en effet organis&#233; un&lt;br class='autobr' /&gt;
colloque de grande qualit&#233; o&#249; non seulement les chercheurs et&lt;br class='autobr' /&gt;
universitaires eurent l'occasion de faire le point sur des aspects&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;cis du parcours et de l'oeuvre de PJP, mais o&#249; les allersretours&lt;br class='autobr' /&gt;
avec des mouvements sociaux contemporains importants&lt;br class='autobr' /&gt;
de la r&#233;gion (Lip, bien s&#251;r) et l'&#233;change avec les Bisontins&lt;br class='autobr' /&gt;
d'aujourd'hui ne furent pas non plus n&#233;glig&#233;s. Nous ne doutons&lt;br class='autobr' /&gt;
pas que les actes &#224; venir de ce grand colloque des 15-16 octobre&lt;br class='autobr' /&gt;
2009 feront, eux aussi, &#224; pr&#232;s de 45 ans de distance avec le&lt;br class='autobr' /&gt;
colloque de Bruxelles, date dans les &#233;tudes proudhoniennes !&lt;br class='autobr' /&gt;
Plusieurs manifestations sur l'oeuvre de Proudhon se sont aussi&lt;br class='autobr' /&gt;
tenues en r&#233;gion parisienne. Le 29 septembre 2009 se tint &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
Biblioth&#232;que nationale de France (site Fran&#231;ois Mitterrand, Grand&lt;br class='autobr' /&gt;
auditorium) une journ&#233;e d'&#233;tude &#034;Proudhon ou quel socialisme ?&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
dont l'objet n'&#233;tait pas &#224; proprement parler d'ouvrir des chantiers&lt;br class='autobr' /&gt;
nouveaux aux &#233;tudes sur Proudhon mais plut&#244;t d'affirmer la&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sence et l'int&#233;r&#234;t des travaux sur Proudhon dans un des&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;temples&#034; de la connaissance parisienne. La pr&#233;sence de&lt;br class='autobr' /&gt;
Jacqueline Lalouette, de R&#233;gis Debray et de Pierre Ansart au&lt;br class='autobr' /&gt;
programme de cette journ&#233;e assurant d'embl&#233;e un minimum de&lt;br class='autobr' /&gt;
rayonnement &#224; l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'ann&#233;e 2009 s'est achev&#233;e pour les proudhoniens par le&lt;br class='autobr' /&gt;
colloque international annuel de la Soci&#233;t&#233; P.J. Proudhon le 5&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;cembre 2009 &#224; Paris sur cette th&#233;matique pour nous centrale :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La question f&#233;d&#233;rale : le retour ? &#034;, avec notamment Pierre&lt;br class='autobr' /&gt;
Ansart (&#034;Proudhon, la R&#233;volution de 1789 et le probl&#232;me de la&lt;br class='autobr' /&gt;
F&#233;d&#233;ration&#034;), Michel Herland (&#034;le f&#233;d&#233;ralisme &#233;conomique : de&lt;br class='autobr' /&gt;
Proudhon aux proudhoniens&#034;), Raimondo Cagiano de Azevedo&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#034;L'Italie f&#233;d&#233;raliste&#034;), sans oublier Ramon Maiz (&#034;Th&#233;orie du&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ralisme multinational&#034;), pour les auteurs d&#233;j&#224; bien connus&lt;br class='autobr' /&gt;
des f&#233;d&#233;ralistes et proudhoniens. mais aussi des&lt;br class='autobr' /&gt;
communications de jeunes chercheurs ou militants qui&lt;br class='autobr' /&gt;
aujourd'hui contribuent diversement mais largement au&lt;br class='autobr' /&gt;
renouvellement des &#233;tudes sur l'oeuvre de Proudhon tout en nous&lt;br class='autobr' /&gt;
interpellant pratiquement dans notre engagement et nos&lt;br class='autobr' /&gt;
convictions f&#233;d&#233;ralistes : Samuel Hayat (&#034;F&#233;d&#233;ralisme et&lt;br class='autobr' /&gt;
probl&#232;me des nationalit&#233;s&#034;), Jorge Cagiao y Conde (&#034;Penser la&lt;br class='autobr' /&gt;
s&#233;cession pour penser le f&#233;d&#233;ralisme&#034;), Fawzia Tobgui (&#034;Le&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ralisme suisse, convergences et divergences avec le projet&lt;br class='autobr' /&gt;
proudhonien&#034;) et Nenad Stojanovic (&#034;F&#233;d&#233;ralisme centrip&#232;te et&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ralisme centrifuge : la Suisse, la Belgique et la vision de&lt;br class='autobr' /&gt;
Proudhon&#034;). Comme tous les ans, le colloque de la Soci&#233;t&#233; PJ&lt;br class='autobr' /&gt;
Proudhon fait l'objet d'une publication, les amateurs et curieux pourront ainsi dans quelques mois avoir acc&#232;s &#224; ces travaux&lt;br class='autobr' /&gt;
passionnants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#233;tudes proudhoniennes aujourd'hui&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette efflorescence de colloques, journ&#233;es d'&#233;tude et s&#233;minaires&lt;br class='autobr' /&gt;
en 2009 n'est pas le fruit de la seule g&#233;n&#233;ration spontan&#233;e et de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'opportunit&#233; acad&#233;mique qu'offrent les anniversaires. Il faut y&lt;br class='autobr' /&gt;
voir aussi le travail d&#233;termin&#233; et organis&#233; de quelques (rares&lt;br class='autobr' /&gt;
alors) universitaires et militants qui, au d&#233;but des ann&#233;es 80 et&lt;br class='autobr' /&gt;
fort modestement, lanc&#232;rent -&#224; c&#244;t&#233; du s&#233;minaire &#034;Atelier&lt;br class='autobr' /&gt;
Proudhon&#034; anim&#233; par Rosemarie Ferenczi &#224; l'Ecole des hautes&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tudes en sciences sociales (EHESS)- une petite soci&#233;t&#233; savante,&lt;br class='autobr' /&gt;
la Soci&#233;t&#233; P.-J. Proudhon. Nous &#233;tions alors peu nombreux &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
fr&#233;quenter chaque semaine le chalet de bois que l'EHESS louait&lt;br class='autobr' /&gt;
rue de la Tour, &#224; deux pas du lieu o&#249; mourut en 1865 Pierre-&lt;br class='autobr' /&gt;
Joseph Proudhon !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosemarie Ferenczi, Bernard Voyenne, avec le concours du&lt;br class='autobr' /&gt;
Professeur Jean Bancal puis de Pierre Ansart, quelques militants&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ralistes (Henri Cartan, Claude-Marcel Hytte), syndicalistes&lt;br class='autobr' /&gt;
(Jacques Langlois) ou enseignants (Chantal Gaillard) sont &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'origine de cette modeste soci&#233;t&#233; &#224; laquelle s'agr&#233;g&#232;rent tr&#232;s vite&lt;br class='autobr' /&gt;
de jeunes philosophes &#224; l'aube de leurs carri&#232;res universitaires,&lt;br class='autobr' /&gt;
pour certains &#233;l&#232;ves de Fran&#231;ois Chatelet, et actifs en ces ann&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
ou un peu plus tard au Coll&#232;ge international de philosophie (dans&lt;br class='autobr' /&gt;
le d&#233;sordre : Patrice Vermeren, Jean-Paul Thomas, Georges&lt;br class='autobr' /&gt;
Navet, Patrick Cingolani, Eric Lecerf,&#8230;). Plus r&#233;cemment, de&lt;br class='autobr' /&gt;
jeunes chercheurs ont rejoint la soci&#233;t&#233; et &#233;largi encore son&lt;br class='autobr' /&gt;
audience (Olivier Cha&#239;bi, Samuel Hayat, Fawzia Tobgui,&#8230;). Il n'est&lt;br class='autobr' /&gt;
pas possible ici de citer toutes celles et tous ceux qui ont apport&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
leur concours &#224; cette entreprise intellectuelle &#224; c&#244;t&#233; des&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sidents pass&#233;s (Jean Bancal et Pierre Ansart) ou actuel&lt;br class='autobr' /&gt;
(Georges Navet), mais il faut particuli&#232;rement citer (et remercier)&lt;br class='autobr' /&gt;
Rosemarie Ferenczi, v&#233;ritable accoucheuse, sans qui rien de&lt;br class='autobr' /&gt;
cette aventure n'aurait pu se d&#233;velopper, et notre (regrett&#233;) ami&lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard Voyenne dont la connaissance joviale et encyclop&#233;dique&lt;br class='autobr' /&gt;
de Proudhon ravissait jusqu'&#224; l'&#233;nervement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette soci&#233;t&#233; savante a une autre caract&#233;ristique : elle a su&lt;br class='autobr' /&gt;
accueillir et donner une place aux militants et &#224; celles et ceux qui&lt;br class='autobr' /&gt;
consid&#232;rent, comme Proudhon, que le travail de la pens&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
devient st&#233;rile s'il ne se nourrit pas de l'action dans la cit&#233; et&lt;br class='autobr' /&gt;
dans le monde. Aussi, avec et parmi les personnalit&#233;s d&#233;j&#224; cit&#233;es,&lt;br class='autobr' /&gt;
il faut y adjoindre les nombreux militants anarchistes, libertaires&lt;br class='autobr' /&gt;
ou f&#233;d&#233;ralistes, actifs dans de nombreuses organisations&lt;br class='autobr' /&gt;
syndicales, politiques et civiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trente ans plus tard, l'&#233;croulement de la pens&#233;e communiste&lt;br class='autobr' /&gt;
dogmatique aidant, la n&#233;cessit&#233; de penser et de construire des&lt;br class='autobr' /&gt;
alternatives &#224; un pr&#233;sent mis&#233;rable ou trop terne demeurant, la&lt;br class='autobr' /&gt;
pens&#233;e de Proudhon retrouve incontestablement une forme&lt;br class='autobr' /&gt;
d'actualit&#233;. C'est pour cela que 2009, plus que l'apog&#233;e d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
entreprise signale un commencement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Publications 2009&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2009 a permis l'&#233;dition, la r&#233;&#233;dition d'oeuvres de Proudhon&lt;br class='autobr' /&gt;
comme de travaux plus ou moins critiques sur lui. Parmi ceux-ci, nous&lt;br class='autobr' /&gt;
avons plus particuli&#232;rement s&#233;lectionn&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Pierre-Joseph PROUDHON, Qu'est-ce que la propri&#233;t&#233; ?, coll. Les classiques de la philosophie, &#233;d. Le Livre de poche 2009 (&#233;dition pr&#233;par&#233;e et annot&#233;e par Edward Castleton) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; PJP, La pornocratie, Editions de L'Herne, coll. des &#034;Carnets&#034;, Paris 2009 ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Anne Sophie Chambost, Proudhon : l'enfant terrible du socialisme, &#233;d. Armand Colin Editeur, Paris novembre 2009 ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Archives proudhoniennes 2009, Bulletin annuel de la Soci&#233;t&#233; P.-J. Proudhon, Paris d&#233;cembre 2009 ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; PJP, Libert&#233;, partout et toujours, textes choisis, ordonn&#233;s et pr&#233;sent&#233;s par Vincent Valentin, &#233;d. Biblioth&#232;que classique de la libert&#233;, Editions Les Belles lettres Paris 2009&lt;/li&gt;&lt;li&gt; PJP, La c&#233;l&#233;bration du dimanche, Editions de L'Herne, coll. des &#034;Carnets&#034;, Paris 2010 (&#224; para&#238;tre).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trois r&#233;flexions sur les apports de Proudhon &#224; la pens&#233;e f&#233;d&#233;raliste</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Trois-reflexions-sur-les-apports</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Trois-reflexions-sur-les-apports</guid>
		<dc:date>2010-01-17T09:46:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucio Levi</dc:creator>


		<dc:subject>Focus</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme de Proudhon (et de Frantz) et la n&#233;gation de l'Etat national Le courant politique dominant au 18&#176; si&#232;cle avait favoris&#233; l'&#233;tablissement du principe national. Le point de vue f&#233;d&#233;raliste qui &#233;tait pr&#233;sent en m&#234;me temps, bien qu'il n'e&#251;t pas la possibilit&#233; de s'affirmer, &#233;tait capable de montrer les aspects n&#233;gatifs de cette phase de l'histoire europ&#233;enne et les limites de l'Etat national. Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) condamnait la formation de l'Etat italien et Constantin (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-numero-146-2009-04-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 146 &#8212; 2009/04&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Focus-+" rel="tag"&gt;Focus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Pierre-Joseph-Proudhon-+" rel="tag"&gt;Pierre-Joseph Proudhon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme de Proudhon (et de Frantz)
et la n&#233;gation de l'Etat national&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le courant politique dominant au 18&#176; si&#232;cle avait favoris&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;tablissement du principe national. Le point de vue f&#233;d&#233;raliste&lt;br class='autobr' /&gt;
qui &#233;tait pr&#233;sent en m&#234;me temps, bien qu'il n'e&#251;t pas la&lt;br class='autobr' /&gt;
possibilit&#233; de s'affirmer, &#233;tait capable de montrer les aspects&lt;br class='autobr' /&gt;
n&#233;gatifs de cette phase de l'histoire europ&#233;enne et les limites de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'Etat national. Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) condamnait&lt;br class='autobr' /&gt;
la formation de l'Etat italien et Constantin Frantz (1817-1891) avait&lt;br class='autobr' /&gt;
la m&#234;me r&#233;action &#224; l'&#233;gard de l'Etat allemand ; tous les deux,&lt;br class='autobr' /&gt;
contrairement &#224; l'opinion la plus r&#233;pandue &#224; leur &#233;poque,&lt;br class='autobr' /&gt;
consid&#233;raient que le principe national et l'Etat unitaire n'&#233;taient&lt;br class='autobr' /&gt;
pas des facteurs de d&#233;veloppement de la d&#233;mocratie, mais de&lt;br class='autobr' /&gt;
nouvelles formes d'oppression, qu'ils n'&#233;taient pas des facteurs de paix mais des sources d'antagonismes et de violences sans&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;c&#233;dents entre les Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos de l'unification de l'Italie, Proudhon &#233;crivait : &lt;i&gt;&#171; Un Etat&lt;br class='autobr' /&gt;
de 26 millions d'&#226;mes, comme serait l'Italie, est un Etat dans&lt;br class='autobr' /&gt;
lequel toutes les fiert&#233;s provinciales et municipales sont&lt;br class='autobr' /&gt;
confisqu&#233;es au profit d'une puissance sup&#233;rieure, qui les&lt;br class='autobr' /&gt;
gouvernent. L&#224;, toute localit&#233; doit se taire, l'esprit de clocher,&lt;br class='autobr' /&gt;
faire silence : hors le jour des &#233;lections, dans lequel le citoyen&lt;br class='autobr' /&gt;
manifeste sa souverainet&#233; par un nom propre &#233;crit sur un&lt;br class='autobr' /&gt;
bulletin, la collectivit&#233; est absorb&#233;e dans le pouvoir central&#8230; La&lt;br class='autobr' /&gt;
fusion, en un mot, c'est-&#224;-dire l'an&#233;antissement des nationalit&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
particuli&#232;res, o&#249; vivent et se distinguent les citoyens, en une&lt;br class='autobr' /&gt;
nationalit&#233; abstraite o&#249; l'on ne respire ni ne se conna&#238;t plus : voil&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'unit&#233;&#8230; Et qui profite de ce r&#233;gime d'unit&#233; ? Le peuple ? Non, les&lt;br class='autobr' /&gt;
classes sup&#233;rieures &#187;&lt;/i&gt;. (1959, pp. 98-100).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon &#233;tait critique du principe national, c'est &#224; dire de la&lt;br class='autobr' /&gt;
fusion de l'Etat et de la nation. Avec une clairvoyance&lt;br class='autobr' /&gt;
surprenante, dans une page publi&#233;e apr&#232;s sa mort, dans la&lt;br class='autobr' /&gt;
collection de fragments France et Rhin, dans laquelle les&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;sultats de sa longue et laborieuse r&#233;flexion intellectuelle sur la&lt;br class='autobr' /&gt;
question nationale semblent concentr&#233;s, une v&#233;rit&#233; &#233;merge&lt;br class='autobr' /&gt;
seulement aujourd'hui en pleine lumi&#232;re, en pr&#233;sence du d&#233;clin&lt;br class='autobr' /&gt;
historique de l'Etat national et des pouss&#233;es r&#233;gionalistes qui&lt;br class='autobr' /&gt;
sont &#233;videntes partout en Europe, qu'il nous est possible&lt;br class='autobr' /&gt;
d'appr&#233;cier dans toute sa port&#233;e. &lt;i&gt;&#171; La nation fran&#231;aise actuelle se&lt;br class='autobr' /&gt;
compose d'au moins vingt nations distinctes, et dont le caract&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
observ&#233; dans le peuple et chez les paysans, est encore fortement&lt;br class='autobr' /&gt;
tranch&#233;&#8230; Le Fran&#231;ais est un &#234;tre de convention, il n'existe pas&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une nation si grande ne tient qu'&#224; l'aide de la force. L'arm&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
permanente sert surtout &#224; cela. Otez cet appui &#224; l'administration&lt;br class='autobr' /&gt;
et &#224; la police centrales, la France tombe dans le f&#233;d&#233;ralisme. Les&lt;br class='autobr' /&gt;
attractions locales l'emportent &#187;&lt;/i&gt;. (1959, pp. 594-595)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Proudhon sous-entend, c'est qu'il existe une nationalit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
spontan&#233;e qui est le r&#233;sultat de liens naturels entre les&lt;br class='autobr' /&gt;
communaut&#233;s locales, leur territoire et leur culture, et une&lt;br class='autobr' /&gt;
nationalit&#233; organis&#233;e qui est le r&#233;sultat de liens entre l'Etat et les&lt;br class='autobr' /&gt;
individus qui vivent sur son territoire et qui est l'expression du&lt;br class='autobr' /&gt;
besoin d'uniformit&#233; sociale et culturelle, et d'une loyaut&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
exclusive pour l'Etat bureaucratique et centralis&#233;. De cette fa&#231;on,&lt;br class='autobr' /&gt;
il apportait une contribution importante &#224; la compr&#233;hension du&lt;br class='autobr' /&gt;
principe de nationalit&#233; en l'expliquant comme un mythe dont le&lt;br class='autobr' /&gt;
but est de justifier l'Etat d&#233;mocratique unitaire, n&#233; de la&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volution fran&#231;aise, qui se soutient gr&#226;ce &#224; une arm&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
permanente qui exige la conscription obligatoire, &#224; un appareil&lt;br class='autobr' /&gt;
bureaucratique et policier centralis&#233; et &#224; la fusion de l'Etat et de&lt;br class='autobr' /&gt;
la nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, Frantz montrait comment les nations qui ne sont pas&lt;br class='autobr' /&gt;
des &#171; types naturels &#187; mais des &#171; formations historiques,&lt;br class='autobr' /&gt;
caract&#233;ristique qu'elles partagent avec l'Etat &#187; et comment elles&lt;br class='autobr' /&gt;
se modifient au cours de l'histoire comme le font les fronti&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
des Etats (Frantz, 1879, p. 347). De cette fa&#231;on, il d&#233;voilait la&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;tention de la classe politique allemande qui consistait &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;senter l'exp&#233;rience unitaire du peuple allemand comme un fait&lt;br class='autobr' /&gt;
existant depuis un pass&#233; tr&#232;s lointain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les deux, Proudhon et Frantz, furent capables de pr&#233;voir&lt;br class='autobr' /&gt;
que le m&#233;lange explosif que pr&#233;sentait la fusion de l'Etat et de la&lt;br class='autobr' /&gt;
nation augmenterait l'agressivit&#233; des Etats et leur caract&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
belliqueux et les transformerait en &#171; machines de guerre &#187;. En&lt;br class='autobr' /&gt;
particulier, ils pressentirent le potentiel perturbateur de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;tablissement du principe national dans l'Europe centrale et&lt;br class='autobr' /&gt;
orientale o&#249; il &#233;tait impossible de tracer avec pr&#233;cision des&lt;br class='autobr' /&gt;
fronti&#232;res d'Etats en conformit&#233; avec ce principe. Ils&lt;br class='autobr' /&gt;
comprenaient que l'organisation de l'Europe en Etats nationaux&lt;br class='autobr' /&gt;
finirait par rompre l'&#233;quilibre des puissances, causerait des&lt;br class='autobr' /&gt;
tensions internationales et jetterait le continent dans une s&#233;rie de&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; guerres nationales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que l'&#233;tablissement du principe national poussait les Etats&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; se transformer en groupements centralis&#233;s, ferm&#233;s, hostiles et&lt;br class='autobr' /&gt;
enclins &#224; la guerre, l'extension de la r&#233;volution industrielle avait&lt;br class='autobr' /&gt;
tendance &#224; accro&#238;tre et &#224; intensifier les relations sociales et &#224; les&lt;br class='autobr' /&gt;
unifier sur des r&#233;gions toujours plus vastes, d'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de&lt;br class='autobr' /&gt;
former de nouveaux espaces &#233;conomiques, politiquement&lt;br class='autobr' /&gt;
organis&#233;s et de dimensions continentales. Sa perception de cette&lt;br class='autobr' /&gt;
tendance historique amena Frantz &#224; pr&#233;voir le d&#233;clin du syst&#232;me&lt;br class='autobr' /&gt;
des Etats europ&#233;ens, confront&#233;s &#224; la mont&#233;e des Etats Unis et de&lt;br class='autobr' /&gt;
la Russie au rang de puissances mondiales. Une unification&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;rale &#233;tait la seule solution pour que l'Europe devienne &#171; une&lt;br class='autobr' /&gt;
troisi&#232;me puissance &#187; et rivalise dans des conditions d'&#233;galit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
avec les puissances qui avaient des dimensions continentales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme alternative &#224; l'unification de l'Allemagne, Frantz&lt;br class='autobr' /&gt;
souhaitait et envisageait un nouvel ordre f&#233;d&#233;ral b&#226;ti autour d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
noyau germanique. D'ailleurs l'Allemagne, d'apr&#232;s Schelling&lt;br class='autobr' /&gt;
(1795-1854), est &#171; un peuple de peuples &#187;, elle est donc mieux&lt;br class='autobr' /&gt;
adapt&#233;e pour se structurer suivant le principe f&#233;d&#233;ral et&lt;br class='autobr' /&gt;
multinational de coexistence pacifique de plusieurs peuples,&lt;br class='autobr' /&gt;
plut&#244;t que de se transformer en un Etat centralis&#233; et&lt;br class='autobr' /&gt;
bureaucratique. Une f&#233;d&#233;ration allemande aurait pu, ensuite,&lt;br class='autobr' /&gt;
constituer le premier centre d'un nouvel ordre international,&lt;br class='autobr' /&gt;
destin&#233; &#224; s'&#233;tendre au reste de l'Europe et &#224; transformer les&lt;br class='autobr' /&gt;
rapports de force entre les Etats en relations fond&#233;es sur le droit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme Proudhon, Frantz insiste sur la compl&#233;mentarit&#233; de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'aspect communautaire et de l'orientation cosmopolite du&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ralisme. Il &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; Tandis que le f&#233;d&#233;ralisme, d'une part nous&lt;br class='autobr' /&gt;
am&#232;ne &#224; op&#233;rer sur un espace plus large, d'autre part il&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;veloppe la vie locale, les communes, les corporations, les&lt;br class='autobr' /&gt;
associations (&#8230;). Nous pouvons affirmer avec certitude que&lt;br class='autobr' /&gt;
l'avenir, d'un c&#244;t&#233; fera avancer les id&#233;es cosmopolites et, de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'autre, les id&#233;es communautaires et la coop&#233;ration &#187;&lt;/i&gt; (Frantz,&lt;br class='autobr' /&gt;
1878, p. 206). Cependant, dans l'ensemble, le f&#233;d&#233;ralisme de&lt;br class='autobr' /&gt;
Frantz est marqu&#233; par la nostalgie de certains aspects pr&#233;nationaux&lt;br class='autobr' /&gt;
de la soci&#233;t&#233; et son rejet du principe national se d&#233;finit&lt;br class='autobr' /&gt;
plus comme une fa&#231;on de donner une continuit&#233; &#224; l'ordre&lt;br class='autobr' /&gt;
universel poursuivi par l'empire m&#233;di&#233;val qu'en termes de&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;passement (au sens dialectique de l'expression) de l'Etat&lt;br class='autobr' /&gt;
national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, le f&#233;d&#233;ralisme politique de Proudhon tend vers une&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;alisation int&#233;grale du principe de souverainet&#233; populaire&lt;br class='autobr' /&gt;
proclam&#233; par la R&#233;volution fran&#231;aise et inscrit dans des textes&lt;br class='autobr' /&gt;
constitutionnels, mais vid&#233; de son sens par la centralisation qui&lt;br class='autobr' /&gt;
met le citoyen au service de l'Etat. Dans une page des&lt;br class='autobr' /&gt;
Contradictions politiques, l'id&#233;al communautaire de Proudhon qui&lt;br class='autobr' /&gt;
constitue une composante essentielle de son f&#233;d&#233;ralisme,&lt;br class='autobr' /&gt;
s'exprime avec une grande vigueur. Il s'incarne dans l'aspiration&lt;br class='autobr' /&gt;
du peuple &#224; participer activement dans les nombreux aspects de&lt;br class='autobr' /&gt;
la vie de la commune qui est la cellule de base de l'Etat, et &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
affirmer son autonomie. &lt;i&gt;&#171; La commune est par son essence&#8230; un&lt;br class='autobr' /&gt;
&#234;tre souverain. En cette qualit&#233;, la commune a le droit de se&lt;br class='autobr' /&gt;
gouverner elle-m&#234;me, de s'administrer, de s'imposer des taxes,&lt;br class='autobr' /&gt;
de disposer de ses propri&#233;t&#233;s et de ses revenus, de cr&#233;er pour sa&lt;br class='autobr' /&gt;
jeunesse des &#233;coles, d'y nommer des professeurs, de faire sa&lt;br class='autobr' /&gt;
police, d'avoir sa gendarmerie, et sa garde civique ; de nommer&lt;br class='autobr' /&gt;
ses juges ; d'avoir ses journaux, ses r&#233;unions, ses soci&#233;t&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
particuli&#232;res, ses entrep&#244;ts, sa mercuriale, sa banque, etc. La&lt;br class='autobr' /&gt;
commune prend des arr&#234;t&#233;s, rend des ordonnances : qui&lt;br class='autobr' /&gt;
emp&#234;che qu'elle n'aille jusqu'&#224; se donner des lois ? Elle a son&lt;br class='autobr' /&gt;
Eglise, son culte, son clerg&#233;, librement &#233;lus ; elle discute&lt;br class='autobr' /&gt;
publiquement, en conseil municipal, dans ses journaux ou ses&lt;br class='autobr' /&gt;
cercles, tout ce qui touche &#224; ses int&#233;r&#234;ts ou excite son opinion&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a point de milieu : la commune sera souveraine ou&lt;br class='autobr' /&gt;
succursale, tout ou rien &#187;&lt;/i&gt;. (1952, pp. 245-246)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport gouvernement central-gouvernement local typique de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'Etat national est invers&#233;. La commune est consid&#233;r&#233;e comme le&lt;br class='autobr' /&gt;
centre principal d'organisation de la vie collective : c'est elle qui&lt;br class='autobr' /&gt;
est investie de pouvoirs tels que faire les lois, lever les imp&#244;ts,&lt;br class='autobr' /&gt;
maintenir l'ordre public, nommer les juges, r&#244;les&lt;br class='autobr' /&gt;
traditionnellement r&#233;serv&#233;s au pouvoir national. Si le f&#233;d&#233;ralisme&lt;br class='autobr' /&gt;
est une formule politique qui exige l'attribution aux entit&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
collectives plus petites d'un plus grand nombre de pouvoirs que&lt;br class='autobr' /&gt;
jamais auparavant, il permet aussi d'organiser le pouvoir&lt;br class='autobr' /&gt;
politique &#224; tous les niveaux o&#249; se d&#233;roule la vie sociale, du plus&lt;br class='autobr' /&gt;
bas (la communaut&#233; territoriale et fonctionnelle) au plus haut (le&lt;br class='autobr' /&gt;
genre humain), si bien que la soci&#233;t&#233; soit sujette en m&#234;me temps&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; une &#171; loi d'unit&#233; &#187; et une &#171; loi de divergence &#187; et ob&#233;isse dans&lt;br class='autobr' /&gt;
le m&#234;me temps &#224; un &#171; mouvement centrip&#232;te &#187; et &#224; un&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; mouvement centrifuge &#187;. &#171; Le r&#233;sultat de ce dualisme &#187;, selon&lt;br class='autobr' /&gt;
Proudhon, est de faire en sorte qu'un jour, par la f&#233;d&#233;ration des&lt;br class='autobr' /&gt;
forces libres et la d&#233;centralisation de l'autorit&#233;, tous les Etats,&lt;br class='autobr' /&gt;
grands et petits, r&#233;unissent les avantages de l'unit&#233; et de la&lt;br class='autobr' /&gt;
libert&#233;, de l'&#233;conomie et du pouvoir, de l'esprit cosmopolite et du&lt;br class='autobr' /&gt;
sentiment patriotique. Ainsi le f&#233;d&#233;ralisme est une formule&lt;br class='autobr' /&gt;
politique de port&#233;e universelle, &#171; la forme politique de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'humanit&#233; &#187;. (1982, vol.II, p. 288)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il consid&#232;re comme &#171; contradictoire &#187; l'id&#233;e d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; conf&#233;d&#233;ration universelle &#187;. Ainsi &lt;i&gt;&#171; L'Europe serait encore trop&lt;br class='autobr' /&gt;
grande pour une conf&#233;d&#233;ration unique : elle ne pourrait former&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'une conf&#233;d&#233;ration de conf&#233;d&#233;rations&#8230; Alors toute nationalit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
reviendrait &#224; la libert&#233; ; alors se r&#233;aliserait l'id&#233;e d'un &#233;quilibre&lt;br class='autobr' /&gt;
europ&#233;en, pr&#233;vu par tous les publicistes et hommes d'Etat, mais&lt;br class='autobr' /&gt;
impossible &#224; obtenir avec de grandes puissances &#224; constitution&lt;br class='autobr' /&gt;
unitaire &#187;&lt;/i&gt;. (1959, p. 335).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon utilise indiff&#233;remment les termes de f&#233;d&#233;ration et&lt;br class='autobr' /&gt;
conf&#233;d&#233;ration qui, dans un langage scientifique plus rigoureux,&lt;br class='autobr' /&gt;
ont des sens oppos&#233;s. Mais la confusion n'est pas seulement&lt;br class='autobr' /&gt;
verbale. Il n'avait pas conscience de la nouvelle forme d'Etat qui&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait n&#233;e de la Convention de Philadelphie. Il n'&#233;tait pas en&lt;br class='autobr' /&gt;
position de se repr&#233;senter le fonctionnement d'une f&#233;d&#233;ration qui&lt;br class='autobr' /&gt;
permet au pouvoir politique de s'organiser sur plusieurs niveaux&lt;br class='autobr' /&gt;
autonomes, coordonn&#233;s entre eux et qui se limitent&lt;br class='autobr' /&gt;
mutuellement. Il pensait que l'objectif des institutions f&#233;d&#233;rales&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait &#171; de garantir aux Etats conf&#233;d&#233;r&#233;s leur souverainet&#233; &#187; (1959,&lt;br class='autobr' /&gt;
p. 319) et donc d'assurer la subordination de l'autorit&#233; centrale&lt;br class='autobr' /&gt;
aux Etats membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue institutionnel sa th&#233;orie politique a un&lt;br class='autobr' /&gt;
caract&#232;re conf&#233;d&#233;ral. Cependant il concevait le f&#233;d&#233;ralisme&lt;br class='autobr' /&gt;
comme l'instrument le plus efficace pour affirmer le droit contre&lt;br class='autobr' /&gt;
la force dans les relations entre groupes sociaux pour instaurer la&lt;br class='autobr' /&gt;
paix entre les nations et , en somme, pour organiser l'humanit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
suivant un ordre cosmopolite et, en m&#234;me temps, pour concilier&lt;br class='autobr' /&gt;
l'unit&#233; avec la diversit&#233;, &#224; la fois dans les relations entre Etats et&lt;br class='autobr' /&gt;
entre les groupes sociaux. D'apr&#232;s Proudhon, la d&#233;mocratie sur&lt;br class='autobr' /&gt;
le plan national, telle qu'elle avait &#233;t&#233; institu&#233;e par la R&#233;volution&lt;br class='autobr' /&gt;
fran&#231;aise n'est pas, en principe, en contradiction avec la&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;mocratie au niveau local et supranational, donc elle n'est pas&lt;br class='autobr' /&gt;
en contradiction avec la cr&#233;ation d'institutions d&#233;mocratiques&lt;br class='autobr' /&gt;
dot&#233;es de pouvoirs ind&#233;pendants &#224; tous les niveaux o&#249; la vie&lt;br class='autobr' /&gt;
sociale se d&#233;roule. Croire que la d&#233;mocratie ne peut s'exprimer&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'&#224; un seul niveau de gouvernement est la limite la plus s&#233;rieuse&lt;br class='autobr' /&gt;
de la pens&#233;e nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1862, en faisant le bilan de son itin&#233;raire politique, Proudhon&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;crivait : &#171; Si, en 1840, j'ai d&#233;but&#233; par l'anarchie, conclusion de&lt;br class='autobr' /&gt;
ma critique de l'id&#233;e gouvernementale, c'est que je devais finir&lt;br class='autobr' /&gt;
par la f&#233;d&#233;ration, base n&#233;cessaire du droit des gens europ&#233;en, et,&lt;br class='autobr' /&gt;
plus tard, de l'organisation de tous les Etats &#187; (1874-75, vol. XII, p.&lt;br class='autobr' /&gt;
220). Son point de vue f&#233;d&#233;raliste permettait &#224; Proudhon de&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;noncer le caract&#232;re pathologique et donc transitoire de la&lt;br class='autobr' /&gt;
formule politique de l'Etat national. Le d&#233;clin du r&#244;le historique&lt;br class='autobr' /&gt;
de ce type d'Etat est mis en relief en Europe aujourd'hui par le&lt;br class='autobr' /&gt;
processus d'unification r&#233;gionale et la tendance &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;centralisation et, dans le monde, par sa subordination aux&lt;br class='autobr' /&gt;
acteurs du processus de globalisation. Le mod&#232;le d'un Etat ferm&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
et centralis&#233; qui organise la division politique plut&#244;t que l'unit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
du genre humain et poursuit le monisme &#224; la place du pluralisme&lt;br class='autobr' /&gt;
social n'est plus adapt&#233; au d&#233;veloppement des forces&lt;br class='autobr' /&gt;
productives et aux nouvelles dimensions prises par les&lt;br class='autobr' /&gt;
probl&#232;mes &#224; la fois domestiques et de politique internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout ceci prouve la valeur proph&#233;tique de l'affirmation de&lt;br class='autobr' /&gt;
Proudhon que &#171; le vingti&#232;me si&#232;cle ouvrira l'&#226;ge des f&#233;d&#233;rations,&lt;br class='autobr' /&gt;
ou l'humanit&#233; recommencera un purgatoire de mille ans &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
(Proudhon, 1959, pp. 355-56).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Proudhon et la critique des limites du lib&#233;ralisme,
de la d&#233;mocratie et du socialisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme, de cette fa&#231;on, se qualifie comme la th&#233;orie&lt;br class='autobr' /&gt;
politique qui permet de r&#233;soudre les probl&#232;mes laiss&#233;s en&lt;br class='autobr' /&gt;
suspens par la R&#233;volution fran&#231;aise avec son affirmation de&lt;br class='autobr' /&gt;
principe d'une &#171; R&#233;publique une et indivisible &#187; et de surmonter&lt;br class='autobr' /&gt;
les contradictions du mod&#232;le de l'Etat national unitaire. La&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volution fran&#231;aise avait &#233;mancip&#233; la nation en reconnaissant la&lt;br class='autobr' /&gt;
souverainet&#233; populaire, mais les principes de centralisation du&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvoir politique et le nationalisme s'&#233;taient r&#233;v&#233;l&#233;s en&lt;br class='autobr' /&gt;
opposition avec la libert&#233;, la d&#233;mocratie et le socialisme. C'est la&lt;br class='autobr' /&gt;
raison pour laquelle Proudhon &#233;crit, &#171; Qui dit libert&#233; dit f&#233;d&#233;ration&lt;br class='autobr' /&gt;
ou ne dit rien. Qui dit r&#233;publique dit f&#233;d&#233;ration ou, encore une&lt;br class='autobr' /&gt;
fois, ne dit rien. Qui dit socialisme dit f&#233;d&#233;ration ou encore ne dit&lt;br class='autobr' /&gt;
rien &#187;. (1959, p. 383)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, Proudhon montre comment la structure de l'Etat&lt;br class='autobr' /&gt;
unitaire r&#233;duit en une formule juridique vide le principe de&lt;br class='autobr' /&gt;
s&#233;paration des pouvoirs qui est la garantie du libre&lt;br class='autobr' /&gt;
gouvernement. Il y a une contradiction insurmontable entre le&lt;br class='autobr' /&gt;
principe de la s&#233;paration des pouvoirs et celui de la&lt;br class='autobr' /&gt;
centralisation. Tandis que le premier est bas&#233; sur l'autonomie de&lt;br class='autobr' /&gt;
certains centres de pouvoirs (le Parlement, les &#233;lus locaux, etc.)&lt;br class='autobr' /&gt;
par rapport au gouvernement central, et donc sur la pr&#233;sence de&lt;br class='autobr' /&gt;
contrepoids, d'oppositions, d'antagonismes entre les pouvoirs de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'Etat, le second ne tol&#232;re aucun centre d'initiative politique en&lt;br class='autobr' /&gt;
dehors du gouvernement central. &lt;i&gt;&#171; L'id&#233;e d'une limitation de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'Etat, l&#224; o&#249; r&#232;gne le principe de centralisation des groupes, est&lt;br class='autobr' /&gt;
donc une incons&#233;quence, pour ne pas dire une absurdit&#233;. Il n'y a&lt;br class='autobr' /&gt;
d'autres limites &#224; l'Etat, que celles qu'ils &#8216;impose de lui-m&#234;me en&lt;br class='autobr' /&gt;
abandonnant &#224; l'initiative municipale et individuelle certaines&lt;br class='autobr' /&gt;
choses dont provisoirement il ne se soucie point. Mais, son&lt;br class='autobr' /&gt;
action &#233;tant illimit&#233;e, il peut arriver qu'il veuille l'&#233;tendre sur les&lt;br class='autobr' /&gt;
choses qu'il avait d'abord d&#233;daign&#233;es ; et comme il est le plus&lt;br class='autobr' /&gt;
fort, comme il ne parle et n'agit jamais au nom de l'int&#233;r&#234;t public,&lt;br class='autobr' /&gt;
non seulement il obtiendra ce qu'il demande ; devant l'opinion et&lt;br class='autobr' /&gt;
les tribunaux, il aura encore raison &#187;&lt;/i&gt;. (1952, p. 246)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un Etat unitaire, la lutte politique se d&#233;roule dans un seul&lt;br class='autobr' /&gt;
contexte institutionnel pour la conqu&#234;te d'un seul pouvoir ; il&lt;br class='autobr' /&gt;
n'est sujet &#224; aucune limitation effective et il est l'arbitre de la&lt;br class='autobr' /&gt;
Constitution elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, Proudhon est critique de la d&#233;mocratie jacobine&lt;br class='autobr' /&gt;
qui a perfectionn&#233; la centralisation de l'Etat. &lt;i&gt;&#171; La d&#233;mocratie a&lt;br class='autobr' /&gt;
peu de consid&#233;ration &#224; l'&#233;gard des libert&#233;s individuelles et pour&lt;br class='autobr' /&gt;
le respect de la loi, car elle est incapable de gouverner dans des&lt;br class='autobr' /&gt;
conditions diff&#233;rentes de celles de l'unit&#233;, ce qui n'est rien d'autre&lt;br class='autobr' /&gt;
que du despotisme (&#8230;) La d&#233;mocratie est surtout centralisatrice&lt;br class='autobr' /&gt;
et unitaire ; elle abhore le f&#233;d&#233;ralisme &#187;&lt;/i&gt;. (1959, p. 382)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type de d&#233;mocratie qui attribue la souverainet&#233; au peuple, vu&lt;br class='autobr' /&gt;
comme une entit&#233; ferm&#233;e sur elle-m&#234;me, uniforme, indivisible et&lt;br class='autobr' /&gt;
qui condamne comme une attaque &#224; la souverainet&#233; populaire&lt;br class='autobr' /&gt;
tout ce qui peut diviser, diff&#233;rencier, opposer des volont&#233;s qui&lt;br class='autobr' /&gt;
concourent &#224; former la volont&#233; de la nation, ne devrait pas &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
proprement parler s'appeler d&#233;mocratie, parce que tous les&lt;br class='autobr' /&gt;
groupes sociaux &#233;tant sujets &#224; la m&#234;me autorit&#233; et &#224; la m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
administration perdent leur autonomie. &lt;i&gt;&#8220;Dans le pacte social,&lt;br class='autobr' /&gt;
convenu &#224; la mani&#232;re de Rousseau et des jacobins, le citoyen se&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;met de sa citoyennet&#233; et la commune, et au dessus d'elle le&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;partement et la province, absorb&#233;s dans l'autorit&#233; centrale, ne&lt;br class='autobr' /&gt;
sont plus que des succursales sous la direction imm&#233;diate du&lt;br class='autobr' /&gt;
minist&#232;re. Les cons&#233;quences ne tardent pas &#224; se faire sentir : le&lt;br class='autobr' /&gt;
citoyen et la commune sont priv&#233;s de toute dignit&#233;, le sans-g&#234;ne&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'Etat se multiplie et les charges du contribuable croissent en&lt;br class='autobr' /&gt;
proportion. Ce n'est plus le gouvernement qui est fait par le&lt;br class='autobr' /&gt;
peuple, c'est le peuple qui est fait par le gouvernement. Le&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvoir envahit tout, s'empare de tout, s'arroge tout, pour&lt;br class='autobr' /&gt;
toujours&#8221;&lt;/i&gt; (1959, p. 345).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;mocratie qui fonctionne seulement au niveau national,&lt;br class='autobr' /&gt;
sans base de gouvernement local autonome n'est qu'une&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;mocratie nominale, parce qu'elle contr&#244;le d'en haut et &#233;touffe&lt;br class='autobr' /&gt;
les communaut&#233;s, c'est &#224; dire la vie concr&#232;te des gens. Le&lt;br class='autobr' /&gt;
principe m&#234;me de souverainet&#233; populaire devient un mythe dont&lt;br class='autobr' /&gt;
le but est de l&#233;gitimer la subordination du peuple au pouvoir&lt;br class='autobr' /&gt;
central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En troisi&#232;me lieu, Proudhon n'est pas seulement, comme les&lt;br class='autobr' /&gt;
socialistes de son temps, un critique de l'exploitation capitaliste,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais aussi des aspects autoritaires et centralisateurs du&lt;br class='autobr' /&gt;
socialisme. Il d&#233;nonce la mystification cach&#233;e derri&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
l'expression &#171; propri&#233;t&#233; collective &#187; et il entend d&#233;montrer que,&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me si la propri&#233;t&#233; est transf&#233;r&#233;e des citoyens priv&#233;s &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
communaut&#233; repr&#233;sent&#233;e par l'Etat, l'erreur fondamentale qui&lt;br class='autobr' /&gt;
consiste &#224; attribuer la propri&#233;t&#233; &#224; certains individus, qui&lt;br class='autobr' /&gt;
s'approprient le fruit du travail des autres, n'est pas &#233;limin&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Changer le d&#233;tenteur de la propri&#233;t&#233; ne changerait pas&lt;br class='autobr' /&gt;
substantiellement la nature de cette institution, de fait, cela&lt;br class='autobr' /&gt;
aboutirait simplement &#224; &#171; reproduire sur un plan invers&#233; toutes&lt;br class='autobr' /&gt;
ses contradictions &#187;. C'est &#224; dire qu'il y aurait une transformation&lt;br class='autobr' /&gt;
des relations de production, mais le contr&#244;le et la gestion des&lt;br class='autobr' /&gt;
moyens de production seraient donn&#233;s &#224; un groupe social&lt;br class='autobr' /&gt;
particulier et, par cons&#233;quent, l'exploitation ne serait pas&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;limin&#233;e. Dans sa pol&#233;mique contre le socialisme utopique &#171; le&lt;br class='autobr' /&gt;
communisme rudimentaire &#187; suivant l'expression de Marx,&lt;br class='autobr' /&gt;
Proudhon observe : &lt;i&gt;&#171; Chose singuli&#232;re ! La communaut&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
syst&#233;matique, n&#233;gation r&#233;fl&#233;chie de la propri&#233;t&#233;, est con&#231;ue sous&lt;br class='autobr' /&gt;
l'influence directe du pr&#233;jug&#233; de priorit&#233; ; et c'est la propri&#233;t&#233; qui&lt;br class='autobr' /&gt;
se retrouve au fond de toutes les th&#233;ories des communistes. Les&lt;br class='autobr' /&gt;
membres d'une communaut&#233;, il est vrai, n'ont rien en propre ;&lt;br class='autobr' /&gt;
mais la communaut&#233; est propri&#233;taire, et propri&#233;taire non&lt;br class='autobr' /&gt;
seulement des biens, mais des personnes et des volont&#233;s &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
(1926, p. 326)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, la fusion du pouvoir &#233;conomique et du pouvoir&lt;br class='autobr' /&gt;
politique constitue la pr&#233;misse d'une forme nouvelle et plus&lt;br class='autobr' /&gt;
oppressive de dictature : &lt;i&gt;&#171; De tous leurs pr&#233;jug&#233;s inintelligents et&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;trogrades celui que les communistes caressent le plus est la&lt;br class='autobr' /&gt;
dictature. Dictature de l'industrie, dictature du commerce,&lt;br class='autobr' /&gt;
dictature de la pens&#233;e, dictature dans la vie sociale et la vie&lt;br class='autobr' /&gt;
priv&#233;e, dictature partout : tel est le dogme&#8230; Apr&#232;s avoir&lt;br class='autobr' /&gt;
supprim&#233; toutes les volont&#233;s individuelles, ils les concentrent&lt;br class='autobr' /&gt;
dans une individualit&#233; supr&#234;me, qui exprime la pens&#233;e collective,&lt;br class='autobr' /&gt;
et, comme le moteur immobile d'Aristote, donne l'essort &#224; toutes&lt;br class='autobr' /&gt;
les activit&#233;s subalternes &#187;&lt;/i&gt;. (1923, vol. II, p. 301)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Proudhon et le f&#233;d&#233;ralisme int&#233;gral&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La partie n&#233;gative de la pens&#233;e de Proudhon est donc constitu&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
par une double n&#233;gation : n&#233;gation du centralisme et de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'autoritarisme de l'Etat et de l'exploitation de l'homme par&lt;br class='autobr' /&gt;
l'homme. L'un des aspects les plus int&#233;ressants de cette pens&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
est repr&#233;sent&#233; par sa conception &#171; int&#233;grale &#187; du f&#233;d&#233;ralisme. En&lt;br class='autobr' /&gt;
fait, &#224; c&#244;t&#233; de son f&#233;d&#233;ralisme politique, il a formul&#233; l'id&#233;e d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;d&#233;ralisme &#233;conomique et social, n&#233;cessaire pour limiter les&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvoirs de l'Etat et des groupes privil&#233;gi&#233;s qui soutiennent son&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvoir. &lt;i&gt;&#171; Toutes mes id&#233;es &#233;conomiques&#8230; peuvent se r&#233;sumer&lt;br class='autobr' /&gt;
en ces trois mots : F&#233;d&#233;ration agricole-industrielle ; toutes mes&lt;br class='autobr' /&gt;
vues politiques se r&#233;duisent &#224; une formule semblable :&lt;br class='autobr' /&gt;
F&#233;d&#233;ration politique ou D&#233;centralisation&#8230; Toutes mes&lt;br class='autobr' /&gt;
esp&#233;rances actuelles et futures sont exprim&#233;es par ce trois&#232;me&lt;br class='autobr' /&gt;
terme , corollaire des deux autres : F&#233;d&#233;ration progressive &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
(1959, pp. 361-62)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Proudhon, le f&#233;d&#233;ralisme &#233;conomique ne co&#239;ncide pas avec&lt;br class='autobr' /&gt;
l'abolition de la propri&#233;t&#233;. Son id&#233;e de la propri&#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
fois comme &#171; vol &#187; et comme une condition de la &#171; libert&#233; &#187; a pu&lt;br class='autobr' /&gt;
para&#238;tre contradictoire &#224; certains. Pour la pr&#233;senter, je suivrai&lt;br class='autobr' /&gt;
l'analyse de Mario Albertini (1974). Nous avons vu que Proudhon,&lt;br class='autobr' /&gt;
dans sa critique du centralisme collectiviste et de la propri&#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
d'Etat des moyens de production a mis en lumi&#232;re l'impossibilit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#233;liminer l'aspect individualiste de la propri&#233;t&#233; qui consiste &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
attribuer &#224; certains les moyens de production. De ce point de vue,&lt;br class='autobr' /&gt;
nous pouvons saisir pourquoi Proudhon assigne &#224; la propri&#233;t&#233; la&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#226;che de &lt;i&gt;&#171; servir de contrepoids &#224; la puisssance publique, bancer&lt;br class='autobr' /&gt;
l'Etat, par ce moyen assurer la libert&#233; individuelle : tel sera&lt;br class='autobr' /&gt;
donc, dans le syst&#232;me politque, la fonction, principale, de la&lt;br class='autobr' /&gt;
propri&#233;t&#233;&#8230; Pour que le citoyen soit quelque chose dans l'Etat, il&lt;br class='autobr' /&gt;
ne suffit donc pas qu'il soit libre de sa personne ; il faut que sa&lt;br class='autobr' /&gt;
personnalit&#233; s'appuie, comme celle de l'Etat, sur une portion de&lt;br class='autobr' /&gt;
mati&#232;re qu'il poss&#232;de en toute souverainet&#233;, comme l'Etat a la&lt;br class='autobr' /&gt;
souverainet&#233; du domaine public. Cette condition est remplie par&lt;br class='autobr' /&gt;
la propri&#233;t&#233; &#187;&lt;/i&gt;. (1866, p. 138)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit &#224; la propri&#233;t&#233; appara&#238;t, par cons&#233;quent, comme la&lt;br class='autobr' /&gt;
condition de l'autonomie individuelle et de l'attribution &#224; chacun&lt;br class='autobr' /&gt;
des fruits de son travail. La propri&#233;t&#233; doit &#234;tre &#233;tudi&#233;e dans le&lt;br class='autobr' /&gt;
cadre dialectique des relations entre l'Etat et la soci&#233;t&#233;. Son r&#244;le&lt;br class='autobr' /&gt;
est d'assurer l'autonomie de la vie &#233;conomique et sociale face &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'Etat. &lt;i&gt;&#171; La puissance de l'Etat est une puissance de&lt;br class='autobr' /&gt;
concentration ; donnez lui l'essor, et toute individualit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
dispara&#238;tra bient&#244;t, absorb&#233;e dans la collectivit&#233; ; la soci&#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
tombe dans le communisme ; la propri&#233;t&#233;, au rebours, est une&lt;br class='autobr' /&gt;
puissance de d&#233;centralisation ; parce qu'elle-m&#234;me est absolue,&lt;br class='autobr' /&gt;
elle est anti-despotique, anti-unitaire ; c'est en elle qu'est le&lt;br class='autobr' /&gt;
principe de toute f&#233;d&#233;ration : et c'est pour cela que la propri&#233;t&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
transport&#233;e dans une soci&#233;t&#233; politique, devient aussit&#244;t&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;publicaine &#187;&lt;/i&gt;. (1866, p. 144)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon reconna&#238;t l'existence de l'&#233;go&#239;sme individuel dans&lt;br class='autobr' /&gt;
lequel il trouve &#233;galement un aspect positif et, quoiqu'il en soit, il&lt;br class='autobr' /&gt;
n'a pas l'illusion qu'il puisse &#234;tre &#233;limin&#233;. Il reste n&#233;anmoins le&lt;br class='autobr' /&gt;
fait que, la chose importante qui ne peut pas &#234;tre &#233;limin&#233;e, c'est&lt;br class='autobr' /&gt;
l'attribution &#224; quelqu'un des moyens de production. Mais, en&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me temps, il affronte le probl&#232;me de l'&#233;limination des&lt;br class='autobr' /&gt;
privil&#232;ges ou, en particulier, les aspects n&#233;gatifs des relations&lt;br class='autobr' /&gt;
sociales bas&#233;es sur la propri&#233;t&#233;. La propri&#233;t&#233; des moyens de&lt;br class='autobr' /&gt;
production peut se trouver entre les mains de ceux qui les&lt;br class='autobr' /&gt;
emploient et cela n'implique pas de forme d'injustice ou&lt;br class='autobr' /&gt;
d'exploitation. Mais la propri&#233;t&#233; peut &#234;tre s&#233;par&#233;e du travail, ce&lt;br class='autobr' /&gt;
qui donne lieu au droit d'aubaine, c'est &#224; dire &#224; cette distorsion de&lt;br class='autobr' /&gt;
la propri&#233;t&#233; qui consiste &#224; s'approprier le fruit du travail des&lt;br class='autobr' /&gt;
autres. Ceci, c'est l'aspect de la propri&#233;t&#233; qui doit &#234;tre aboli pour&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;liminer les relations de force de la soci&#233;t&#233;. L'abolition du droit&lt;br class='autobr' /&gt;
d'aubaine, ou pour utiliser une expression plus ordinaire, de la&lt;br class='autobr' /&gt;
plus-value, consisterait &#224; accorder la possession des moyens de&lt;br class='autobr' /&gt;
production &#224; des individus ou groupes qui les emploient. Une fois&lt;br class='autobr' /&gt;
que la plus-value est &#233;limin&#233;e et que la propri&#233;t&#233; est sous&lt;br class='autobr' /&gt;
contr&#244;le social, chaque forme d'autoritarisme est destin&#233;e &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
dispara&#238;tre et le pouvoir de l'Etat se trouve contraint dans des&lt;br class='autobr' /&gt;
limites efficaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conform&#233;ment &#224; cette id&#233;e d&#233;centralis&#233;e et anti-autoritaire de la&lt;br class='autobr' /&gt;
gestion de l'&#233;conomie, Proudhon &#233;labore un mod&#232;le&lt;br class='autobr' /&gt;
d'organisation des usines et des entreprises qu'on peut d&#233;finir&lt;br class='autobr' /&gt;
comme autogestion ouvri&#232;re. Les principes les plus importants&lt;br class='autobr' /&gt;
sur lesquels cette autogestion est bas&#233;e sont les suivants : tous&lt;br class='autobr' /&gt;
les travailleurs sont co-propri&#233;taires ; toutes les positions sont&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;lectives et les r&#232;glementations sont sujettes &#224; l'approbation des&lt;br class='autobr' /&gt;
membres ; chacun a le droit de remplir n'importe quelle position,&lt;br class='autobr' /&gt;
les salaires sont fonction de la nature du poste occup&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En ce qui concerne l'agriculture, Proudhon est pour la propri&#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
individuelle et l'&#233;tablissement de communes rurales ayant pour&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#226;che de distribuer la terre &#224; ceux qui la cultivent et de la&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;organiser suivant les buts de coop&#233;ration et d'utilit&#233; sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs associ&#233;s en unit&#233; de production de base&lt;br class='autobr' /&gt;
(entreprises autog&#233;r&#233;es et communes rurales) constituent les&lt;br class='autobr' /&gt;
cellules de base de cette f&#233;d&#233;ration agricole et industrielle dans&lt;br class='autobr' /&gt;
laquelle la propri&#233;t&#233; des moyens de production est attribu&#233;e en&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me temps &#224; l'organisation de la soci&#233;t&#233; &#233;conomique dans son&lt;br class='autobr' /&gt;
ensemble, &#224; chaque r&#233;gion, &#224; chaque association de travailleurs&lt;br class='autobr' /&gt;
et &#224; chaque travailleur. La f&#233;d&#233;ration agricole et industrielle&lt;br class='autobr' /&gt;
permet de cette fa&#231;on de r&#233;organiser les structures productives&lt;br class='autobr' /&gt;
sous le contr&#244;le des travailleurs associ&#233;s en de nombreux&lt;br class='autobr' /&gt;
groupes autonomes, tandis que la solidarit&#233; entre eux est&lt;br class='autobr' /&gt;
assur&#233;e par le lien f&#233;d&#233;ral. Ce type d'organisation de la soci&#233;t&#233; et&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'&#233;conomie rend possible de r&#233;aliser ce qu'on pourrait appeler&lt;br class='autobr' /&gt;
aujourd'hui un plan d&#233;centralis&#233; d&#233;mocratique, fond&#233; sur les&lt;br class='autobr' /&gt;
besoins des communaut&#233;s fonctionnelles et territoriales. En fait,&lt;br class='autobr' /&gt;
quand un plan est d&#233;cid&#233; au centre, sans relation r&#233;elle avec les&lt;br class='autobr' /&gt;
demandes et les besoins des communaut&#233;s locales, il n'est pas&lt;br class='autobr' /&gt;
seulement autoritaire mais &#233;galement inefficace, parce qu'il n'est&lt;br class='autobr' /&gt;
pas fond&#233; sur les besoins r&#233;els des hommes. Donc,&lt;br class='autobr' /&gt;
l'organisation &#233;conomique et sociale f&#233;d&#233;raliste pr&#233;sente une&lt;br class='autobr' /&gt;
formule qui permet d'&#233;viter le double danger repr&#233;sent&#233; par la&lt;br class='autobr' /&gt;
domination arbitraire des groupes capitalistes et par celle, tout&lt;br class='autobr' /&gt;
aussi arbitraire, de groupes dominants qui justifient leurs&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvoirs au nom du communisme. Ce type de plan et&lt;br class='autobr' /&gt;
l'autogestion semblent donner &#224; la classe ouvri&#232;re une forme&lt;br class='autobr' /&gt;
d'association capable d'enlever aux groupes dominants les&lt;br class='autobr' /&gt;
leviers de la direction id&#233;ologique, &#233;conomique et politique et de&lt;br class='autobr' /&gt;
lib&#233;rer les &#233;nergies n&#233;cessaires pour subordonner le capital au&lt;br class='autobr' /&gt;
travail. Ici, nous pouvons noter que Proudhon, en essayant de&lt;br class='autobr' /&gt;
s'imaginer ou de dessiner une soci&#233;t&#233; future lib&#233;r&#233;e de la domination et de l'exploitation, la pr&#233;sente, suivant la situation de&lt;br class='autobr' /&gt;
son temps, comme une soci&#233;t&#233; d'ouvriers et de paysans qui&lt;br class='autobr' /&gt;
auraient soumis &#224; leur contr&#244;le les moyens de production et&lt;br class='autobr' /&gt;
auraient &#233;limin&#233; les classes dominantes qui avaient leurs&lt;br class='autobr' /&gt;
privil&#232;ges fond&#233;s sur le capital et la rente. La limite de ce point de&lt;br class='autobr' /&gt;
vue se trouve dans le fait, d&#233;j&#224; per&#231;u par Marx (1970, vol. II, pp.&lt;br class='autobr' /&gt;
400-411), que le processus de lib&#233;ration de l'homme et la cr&#233;ation&lt;br class='autobr' /&gt;
de rapports sociaux communautaires ne peut pas avoir lieu sans&lt;br class='autobr' /&gt;
transformation en profondeur de la structure de la soci&#233;t&#233; qui&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;liminerait les r&#244;les m&#234;mes des ouvriers et des paysans, comme&lt;br class='autobr' /&gt;
cela sera rendu possible aujourd'hui par la &#171; r&#233;volution&lt;br class='autobr' /&gt;
scientifique et technologique &#187; (Richta R., 1969). Cela permet&lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#233;liminer le travail manuel et la raret&#233; des biens mat&#233;riels et, en&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me temps, la comp&#233;tition pour le n&#233;cessaire ; donc, cela nous&lt;br class='autobr' /&gt;
laisse esp&#233;rer l'&#233;limination progressive du travail ali&#233;nant comme&lt;br class='autobr' /&gt;
une possibilit&#233; concr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sources&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Th&#233;orie de l'imp&#244;t, Paris, &#233;d. Dentu, 1861&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Th&#233;orie de la propri&#233;t&#233;, Paris, &#233;d. Librairie internationale, 1866&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Correspondance, Paris, &#233;d. Lacroix, 14 volumes, 1874-1875&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Syst&#232;me des contradictions &#233;conomiques ou philosophie de la mis&#232;re, dans Oeuvres compl&#232;tes, Paris, &#233;d. Rivi&#232;re, 1923&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Qu'est-ce-que la propri&#233;t&#233; ? Recherches sur le principe du droit et du gouvernement. Premier M&#233;moire, dans, OEuvres compl&#232;tes, Paris, &#233;d. Rivi&#232;re, 1926&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Contradictions politiques, dans, Oeuvres compl&#232;tes, Paris, &#233;d.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rivi&#232;re, 1952&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Du principe f&#233;d&#233;ratif et oeuvres diverses sur les probl&#232;mes&lt;br class='autobr' /&gt;
politiques europ&#233;ens, dans, OEuvre compl&#232;tes, Paris, &#233;d.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rivi&#232;re, 1959&lt;/li&gt;&lt;li&gt; De la justice dans la r&#233;volution et dans l'&#233;glise, dans Oeuvres&lt;br class='autobr' /&gt;
compl&#232;tes, Gen&#232;ve-Paris, &#233;d. Slatkine, 1982&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Lucio LEVI&lt;br class='manualbr' /&gt;Pr&#233;sident du MFE Italien - Bureau ex&#233;cutif du WFM - Comit&#233; f&#233;d&#233;ral de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'UEF Europe - Directeur de The Federalist Debate - Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Joseph MONTCHAMP - Lyon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte extrait de Lucio Levi, Federalist Thinking, ed. University&lt;br class='autobr' /&gt;
Press of America Inc., Lanham (MA &#8211; USA), 2008, pp. 160 (pp. 39-&lt;br class='autobr' /&gt;
49). Recension de ce livre, Jean-Francis Billion, F&#233;d&#233;choses, n&#176;&lt;br class='autobr' /&gt;
141, septembre 2008. Federalist Thinking est par ailleurs une&lt;br class='autobr' /&gt;
version compl&#233;t&#233;e de Il Pensiero federalista, &#233;d. Editori Laterza,&lt;br class='autobr' /&gt;
Rome-Bari, 2002, pp. 172.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
