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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>L'initiative citoyenne europ&#233;enne (ICE) Un nouveau printemps pour la d&#233;mocratie europ&#233;enne ?</title>
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		<dc:date>2011-07-23T09:13:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guido Montani</dc:creator>


		<dc:subject>Initiative citoyenne europ&#233;enne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Parlement europ&#233;en a d&#233;fini l'Union europ&#233;enne (UE) comme une &#171; d&#233;mocratie supranationale &#187;. Malheureusement, le comportement des citoyens affaiblit cette affirmation ; depuis la premi&#232;re &#233;lection de 1979, jusqu'&#224; l'&#233;lection de 2009, le taux de participation a continuellement diminu&#233;. Il existe sans aucun doute un probl&#232;me de participation. Les citoyens sont impliqu&#233;s chaque jour dans les d&#233;bats de politique nationale mais seulement occasionnellement dans ceux de la politique europ&#233;enne. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Initiative-citoyenne-europeenne,47-+" rel="tag"&gt;Initiative citoyenne europ&#233;enne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Parlement europ&#233;en a d&#233;fini l'Union europ&#233;enne (UE) comme une &#171; d&#233;mocratie supranationale &#187;. Malheureusement, le comportement des citoyens affaiblit cette affirmation ; depuis la premi&#232;re &#233;lection de 1979, jusqu'&#224; l'&#233;lection de 2009, le taux de participation a continuellement diminu&#233;. Il existe sans aucun doute un probl&#232;me de participation. Les citoyens sont impliqu&#233;s chaque jour dans les d&#233;bats de politique nationale mais seulement occasionnellement dans ceux de la politique europ&#233;enne. En cons&#233;quence, ils ne consid&#232;rent pas l'UE comme une union politique de peuples nationaux. Quarante ans apr&#232;s la premi&#232;re &#233;lection europ&#233;enne, l'image des institutions europ&#233;ennes aupr&#232;s du public est inqui&#233;tante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, un changement devient possible. Apr&#232;s la ratification du Trait&#233; de Lisbonne, les citoyens europ&#233;ens et les organisations de la soci&#233;t&#233; civile peuvent exploiter un nouveau pouvoir d&#233;mocratique, l'initiative citoyenne europ&#233;enne (ICE). L'article 11 du Trait&#233; de Lisbonne &#233;tablit : &#171; Des citoyens de l'Union, au nombre d'un million au moins, ressortissants d'un nombre significatif d'Etats membres, peuvent prendre l'initiative d'inviter la Commission europ&#233;enne, dans le cadre de ses attributions, &#224; soumettre une proposition appropri&#233;e sur des questions pour lesquelles ces citoyens consid&#232;rent qu'un acte juridique de l'Union est n&#233;cessaire aux fins de l'application des trait&#233;s. &#187; Naturellement, la possibilit&#233; pratique d'exploiter ce nouvel instrument d&#233;mocratique d&#233;pend grandement des proc&#233;dures en cours de discussion &#224; la Commission europ&#233;enne, au Parlement europ&#233;en et au Conseil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains soutiennent que l'ICE conf&#232;re aux citoyens un nouveau droit politique : le droit d'initier un processus l&#233;gislatif sur un pied d'&#233;galit&#233; avec la Commission. Dans un tel cas, l'ICE peut fonctionner comme une passerelle entre la d&#233;mocratie repr&#233;sentative et la d&#233;mocratie directe. La question est &#233;pineuse et n&#233;cessite une discussion approfondie, sp&#233;cialement dans une phase o&#249; le Trait&#233; de Lisbonne montre des limites &#233;videntes pour la gouvernance de l'UE. Nous examinerons l'ICE dans le contexte des institutions et des politiques de l'UE, en consid&#233;rant que l'ICE ne peut avoir un v&#233;ritable impact sur l'avenir de la d&#233;mocratie europ&#233;enne que si les institutions de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, avant tout le Parlement europ&#233;en, soutiennent pleinement la volont&#233; des citoyens. Pour discuter ce probl&#232;me nous examinerons les th&#232;mes suivants :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; le p&#233;ch&#233; originel de l'int&#233;gration europ&#233;enne ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le syst&#232;me europ&#233;en des partis ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la sph&#232;re publique europ&#233;enne ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; un gouvernement pour l'UE.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le p&#233;ch&#233; originel de l'int&#233;gration europ&#233;enne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans ses M&#233;moires, Jean Monnet rappelle que le projet de la Communaut&#233; europ&#233;enne du charbon et de l'acier (CECA) avait &#233;t&#233; gard&#233; secret jusqu'&#224; la derni&#232;re minute, parce que Schuman et Adenauer avaient peur des r&#233;actions n&#233;gatives au sein des bureaucraties nationales et des partis politiques. La D&#233;claration Schuman du 9 mai 1950 fut une surprise dans la politique europ&#233;enne. Le secret fut une condition n&#233;cessaire pour la r&#233;ussite du projet. Apr&#232;s le fait accompli, il &#233;tait facile de demander &#224; d'autres pays de rejoindre le groupe franco-allemand et de r&#233;sister aux tentatives du Royaume uni de diluer les contenus politiques du projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CECA n'&#233;tait pas con&#231;ue comme une organisation internationale, mais comme un embryon d'Etat f&#233;d&#233;ral, avec un organe d&#233;mocratique, l'Assembl&#233;e commune, provisoirement constitu&#233;e de repr&#233;sentants &#233;lus des parlements nationaux jusqu'&#224; son &#233;lection au suffrage universel. Jean Monnet, premier Pr&#233;sident de la Haute Autorit&#233; (aujourd'hui la Commission), dit lors de son premier discours &#224; l'Assembl&#233;e : &#171; l'Assembl&#233;e europ&#233;enne est dot&#233;e d'un pouvoir souverain...Toutes les institutions peuvent &#234;tre modifi&#233;es et am&#233;lior&#233;es avec l'exp&#233;rience. Ce qui ne sera jamais discut&#233; c'est qu'il s'agit d'institutions supranationales et, disons le mot, f&#233;d&#233;rales. Ce sont des institutions qui, dans la limite de leurs comp&#233;tences, sont souveraines &#187;. M&#234;me au sein du Conseil, sauf sur des questionS exceptionnelles, la r&#232;gle de l'unanimit&#233; fut abandonn&#233;e. En v&#233;rit&#233;, ce qu'on appelle aujourd'hui &#224; Bruxelles et &#224; Strasbourg, la m&#233;thode communautaire, c'est la m&#233;thode f&#233;d&#233;rale, &#171; disons le mot &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les circonstances et les conditions historiques sont ce qu'elles sont. Sans le dispositif ing&#233;nieux et l'initiative audacieuse de Jean Monnet, il est difficile d'imaginer comment une institution supranationale aurait pu &#234;tre mise sur pied dans l'Europe de 1950. Mais, tr&#232;s rapidement, quand les Six furent confront&#233;s au probl&#232;me de la d&#233;fense commune, la CECA s'av&#233;ra inad&#233;quate. Le gouvernement fran&#231;ais proposa une Communaut&#233; europ&#233;enne de d&#233;fense (CED), c'est &#224; dire une arm&#233;e europ&#233;enne. Altiero Spinelli et les f&#233;d&#233;ralistes comprirent tout de suite qu'une arm&#233;e europ&#233;enne devait &#234;tre confi&#233;e &#224; une Communaut&#233; politique, d&#233;mocratiquement l&#233;gitim&#233;e par une Assembl&#233;e constituante. L'histoire de l'Assembl&#233;e ad hoc et l'&#233;chec de la CED en 1954 sont bien connus. Nous voulons seulement insister ici sur le fait que les f&#233;d&#233;ralistes firent la premi&#232;re tentative pour mettre les institutions europ&#233;ennes sur un pied d&#233;mocratique. En outre, apr&#232;s l'&#233;chec de la CED, sans d&#233;lai, les f&#233;d&#233;ralistes essay&#232;rent &#224; nouveau de construire une Europe d&#233;mocratique en faisant campagne pour le Congr&#232;s du peuple europ&#233;en (CPE), sorte de Parlement europ&#233;en directement &#233;lu, dont l'objectif principal &#233;tait de r&#233;clamer une Constituante europ&#233;enne. Mais cette tentative &#233;choua &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manque de l&#233;gitimit&#233; des institutions europ&#233;ennes supranationales a des cons&#233;quences n&#233;gatives sur leur avenir. Quand, dans les ann&#233;es soixante, le Pr&#233;sident de la Commission, Walter Hallstein, proposa de compl&#233;ter la r&#233;forme de la Communaut&#233; avec l'institution d'un budget communautaire et du vote &#224; la majorit&#233; au Conseil, le Pr&#233;sident De Gaulle rejeta violemment les propositions de la Commission : elles &#233;taient consid&#233;r&#233;es comme une attaque contre la souverainet&#233; nationale. La France ne pourrait jamais accepter d'&#234;tre battue aux voix. En 1966, &#224; Luxembourg, la France obtint la pr&#233;servation du droit de veto quand un int&#233;r&#234;t majeur de l'un des Etats membres &#233;tait en jeu. Depuis lors, c'est l'unanimit&#233; et non la majorit&#233; qui devint la r&#232;gle d&#233;cisionnelle au Conseil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut lire l'histoire de l'int&#233;gration europ&#233;enne comme la lutte entre le principe supranational et le principe de la souverainet&#233; nationale. Apr&#232;s De Gaulle, l'Europe avan&#231;a dans de nombreux domaines cruciaux tels que le March&#233; unique et l'Union mon&#233;taire. Ces avanc&#233;es furent accompagn&#233;es par des r&#233;formes institutionnelles telles que l'&#233;lection directe du Parlement europ&#233;en en 1979 qui fut consid&#233;r&#233;e comme une r&#233;alisation f&#233;d&#233;raliste majeure. Le Parlement europ&#233;en &#233;lu, consid&#233;r&#233; au d&#233;but uniquement comme un organe consultatif, eut la capacit&#233; de prendre des pouvoirs significatifs. Aujourd'hui, avec le Trait&#233; de Lisbonne, il partage le pouvoir l&#233;gislatif avec le Conseil dans de nombreux domaines. Dans un tel cas, on peut dire que la m&#233;thode communautaire (ou f&#233;d&#233;raliste) a &#233;t&#233; adopt&#233;e : le Conseil et le Parlement l&#233;gif&#232;rent sur la base de la r&#232;gle de la majorit&#233; ; la Commission europ&#233;enne ex&#233;cute et la Cour europ&#233;enne de justice veille sur l'ex&#233;cution des lois europ&#233;ennes. Le v&#233;ritable probl&#232;me, c'est que, dans des domaines importants tels que la politique ext&#233;rieure et de s&#233;curit&#233; et le niveau du budget europ&#233;en, les pouvoirs principaux restent entre les mains des gouvernements nationaux. Par cons&#233;quent, une Europe intergouvernementale demeure aux c&#244;t&#233;s d'une Europe f&#233;d&#233;rale. Ce n'est pas &#233;tonnant si les citoyens europ&#233;ens ne comprennent pas les fonctionnements de l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans le soutien des citoyens, l'UE est faible et incapable d'agir effectivement. Apr&#232;s la chute du Mur de Berlin et la fin de la guerre froide, l'Europe est confront&#233;e &#224; de nouveaux d&#233;fis : l'instabilit&#233; du march&#233; global, le terrorisme international, la prolif&#233;ration nucl&#233;aire, les migrations, le changement climatique et la comp&#233;tition cro&#238;ssante avec les &#233;conomies &#233;mergentes telles que la Chine, l'Inde et le Br&#233;sil. L'ordre international ancien, construit par les Etats-Unis apr&#232;s la seconde guerre mondiale est sous tension et une d&#233;structuration globale est devenue possible, comme la crise financi&#232;re de 2008 l'a montr&#233;. L'incapacit&#233; de l'Europe &#224; faire face aux d&#233;fis globaux appara&#238;t dans le d&#233;bat sur le d&#233;clin de l'Europe. Mais le d&#233;clin de l'Europe n'est pas in&#233;luctable. L'Europe, par son histoire et les valeurs universelles ancr&#233;es dans sa culture, est capable non seulement de r&#233;soudre ses probl&#232;mes mais aussi de contribuer au progr&#232;s de l'humanit&#233; en montrant la voie vers un nouvel ordre mondial d&#233;mocratique. Si les politiciens nationaux ne sont pas capables de voir comment donner un avenir &#224; l'Europe, les citoyens et la soci&#233;t&#233; civile peuvent montrer la voie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le syst&#232;me des partis europ&#233;ens&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La construction d'une d&#233;mocratie supranationale accompagne la construction d'un Etat supranational m&#234;me si le rythme des deux processus peut &#234;tre diff&#233;rent. La CECA et la CEE ont &#233;t&#233; construites sans aucun am&#233;nagement significatif d'institutions europ&#233;ennes d&#233;mocratiques. Mais, apr&#232;s l'&#233;lection directe du Parlement europ&#233;en, on peut observer une interd&#233;pendance &#233;troite des deux processus, m&#234;me si les partis europ&#233;ens n'ont pas jou&#233; pleinement leur r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un Etat d&#233;mocratique, les partis politiques sont le lien indispensable entre les citoyens et les institutions. Un parti politique reprend les valeurs du peuple et &#233;labore un programme pour les promouvoir. Le d&#233;ficit d&#233;mocratique actuel de l'UE peut s'expliquer en partie par la faiblesse des partis europ&#233;ens. Pendant les trente premi&#232;res ann&#233;es de l'int&#233;gration europ&#233;enne, les partis europ&#233;ens, au sein de l'Assembl&#233;e europ&#233;enne, invoquaient les symboles des valeurs supranationales de leur id&#233;ologie, mais seuls les gouvernements nationaux promouvaient la construction europ&#233;enne. Les partis nationaux &#233;taient habituellement passifs, sauf en p&#233;riode de ratification. L'Europe &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme une question de politique &#233;trang&#232;re de leur gouvernement. Apr&#232;s l'&#233;lection directe du Parlement europ&#233;en, il y eut une relative am&#233;lioration. En fait, le Parlement europ&#233;en pouvait exploiter toutes les r&#233;formes propos&#233;es par les gouvernements pour obtenir plus de pouvoirs. Mais, sauf avec le projet Spinelli de 1984, il ne fut jamais capable de prendre une initiative autonome pour une r&#233;forme constitutionnelle. L'attitude passive du Parlement europ&#233;en est difficile &#224; expliquer. Il est le seul repr&#233;sentant l&#233;gitime des citoyens europ&#233;ens et dispose de nombreux pouvoirs -s'il veut les exploiter- pour imposer un large d&#233;bat europ&#233;en sur ce sur quoi les citoyens europ&#233;ens sont d'accord, comme la force europ&#233;enne de r&#233;action rapide ou un plan pour la croissance et un d&#233;veloppement durable. Les citoyens ne peuvent qu'en d&#233;duire que le comportement du Parlement europ&#233;en signifie une subordination implicite au Conseil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le r&#244;le passif du Parlement europ&#233;en est certainement une des causes de son image insignifiante dans l'opinion des citoyens et du faible taux de participation aux &#233;lections europ&#233;ennes. La critique de Jean-Jacques Rousseau de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative correspond tr&#232;s bien au cas europ&#233;en. &#171; La souverainet&#233; ne peut pas &#234;tre repr&#233;sent&#233;e -&#233;crivait Rousseau dans Le Contrat social- &#8230; les d&#233;put&#233;s du peuple ne sont pas et ne pourraient pas &#234;tre ses repr&#233;sentants... Le peuple anglais croit qu'il est libre ; c'est une grave erreur ; il n'est libre que durant l'&#233;lection des membres du Parlement ; d&#232;s que les membres sont &#233;lus, le peuple est asservi ; il n'est rien. &#187; En effet, les citoyens europ&#233;ens votent pour un Parlement qui ne se bat pas pour affirmer une Europe plus d&#233;mocratique ; apr&#232;s le jour de l'&#233;lection, &#171; le Peuple europ&#233;en est asservi ; il n'est rien &#187;. Par cons&#233;quent, il est facile pour les euro-sceptiques d'affirmer que le Peuple europ&#233;en n'existe pas et que le Parlement europ&#233;en est un gaspillage d'argent public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux causes interd&#233;pendantes au r&#244;le passif des partis politiques ; la premi&#232;re, c'est l'id&#233;ologie de la primaut&#233; de la d&#233;mocratie nationale sur la d&#233;mocratie europ&#233;enne ; la seconde, c'est le manque d'autonomie organisationnelle des partis europ&#233;ens &#224; l'&#233;gard des partis nationaux. Pour ce qui concerne la d&#233;mocratie nationale, il suffit de citer l'expos&#233; clair de Carl Schmitt : &#171; La R&#233;volution fran&#231;aise de 1789... consid&#232;re le nation fran&#231;aise comme un fait historique ; &#8230; une nation fa&#231;onne un Etat, un Etat inclut une nation (Verfassungslehre) &#187;. Il est vrai que la formation de l'Etat-nation et la diffusion de la d&#233;mocratie furent deux processus parall&#232;les qui se sont mutuellement renforc&#233;s. N&#233;anmoins, la nation est consid&#233;r&#233;e comme &#171; un fait historique &#187;, une entit&#233; pr&#233;-politique, un mythe. Aujourd'hui, les relations de la soci&#233;t&#233; civile d&#233;bordent au-del&#224; des fronti&#232;res nationales, mais une d&#233;mocratie supranationale ne peut pas avoir des racines nationales : l'Europe n'est pas une nation. Pour des gens qui ont une mentalit&#233; attard&#233;e, il y a l&#224; un obstacle ind&#233;passable. La plupart des leaders nationaux pr&#233;f&#232;re lutter pour les pouvoirs nationaux plut&#244;t que de se battre pour un si&#232;ge au Parlement europ&#233;en pour stimuler la d&#233;mocratie europ&#233;enne. Ce comportement atteste qu'ils croient que l'avenir de leur peuple national d&#233;pend davantage de la survie de la souverainet&#233; nationale que de l'UE en tant qu'union politique de peuples nationaux qui g&#232;rent leurs souverainet&#233;s ensemble. Les leaders nationaux n'acceptent pas de donner davantage de pouvoirs &#224; l'UE, sp&#233;cialement dans les domaines de la politique &#233;trang&#232;re et budg&#233;taire. Chacun d'entre eux pr&#233;f&#232;re &#234;tre l'un des 27 leaders d'une Europe faible et d&#233;sunie au lieu d'&#234;tre l'architecte d'une Europe forte et unie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre face de la supr&#233;matie de la d&#233;mocratie nationale, c'est la faiblesse et parfois l'inexistence de l'organisation d&#233;mocratique des partis europ&#233;ens. Les pr&#233;tendus congr&#232;s europ&#233;ens ne sont rien d'autre que les anciens meetings internationaux avec une nouvelle appellation. Habituellement, seuls les leaders nationaux parlent, parce que la base europ&#233;enne est inexistante. Le v&#233;ritable d&#233;bat politique se passe dans les congr&#232;s des partis nationaux, o&#249; l'Europe est consid&#233;r&#233;e comme une question de politique &#233;trang&#232;re. C'est seulement le congr&#232;s du parti national qui &#233;lit les leaders et d&#233;cide la ligne politique. Dans les congr&#232;s europ&#233;ens, les leaders nationaux n&#233;gocient un compromis entre plusieurs programmes nationaux et, naturellement, le programme europ&#233;en est le plus petit d&#233;nominateur commun. L'inexistence d'une r&#233;elle vie de parti europ&#233;en d&#233;mocratique a plusieurs effets n&#233;gatifs : les citoyens ordinaires ne connaissent pas l'existence de leur propre parti europ&#233;en et les d&#233;cisions prises au niveau europ&#233;en sont pratiquement ineffectives pour les partis nationaux. Les vicissitudes de la Constitution europ&#233;enne sont un bon exemple. Une grande majorit&#233; du Parlement europ&#233;en -incluant le Parti socialiste- a invit&#233; les citoyens europ&#233;ens et les Parlements nationaux &#224; ratifier la Constitution. Mais, en France, une fraction du PS, contestant la d&#233;cision du parti europ&#233;en, d&#233;cida de lancer une campagne pour rejeter le projet &#224; l'occasion du r&#233;f&#233;rendum national (disons que ce comportement fut possible en raison d'une mauvaise proc&#233;dure de ratification : un r&#233;f&#233;rendum europ&#233;en, approuv&#233; par une double majorit&#233; de citoyens et d'Etats aurait rendu impossible d'exploiter les divisions du parti national).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction d'une d&#233;mocratie europ&#233;enne ne s'oppose pas &#224; la d&#233;mocratie nationale. Au contraire, aujourd'hui, l'Etat-nation est si affaibli qu'il y a de s&#233;rieux dangers de s&#233;cessions dans plusieurs pays ainsi que la naissance de partis populistes dans lesquels un leader peut montrer qu'il (ou elle), avec le soutien direct des citoyens, pourra surmonter l'impuissance de l'Etat. En v&#233;rit&#233;, la politique nationale ne constitue plus l'ar&#232;ne dans laquelle les citoyens peuvent affronter les d&#233;fis globaux. C'est pour ces raisons que l'ICE peut progressivement &#233;largir l'horizon de la politique europ&#233;enne. L'ICE peut &#234;tre exploit&#233;e de diff&#233;rentes mani&#232;res :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la soci&#233;t&#233; civile peut attirer l'attention des partis europ&#233;ens sur des probl&#232;mes sp&#233;ciaux ignor&#233;s ou sous-estim&#233;s jusqu'&#224; pr&#233;sent ; en v&#233;rit&#233;, les lobbies &#233;conomiques sont aujourd'hui plus influents que les citoyens au Parlement europ&#233;en ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; les membres des partis europ&#233;ens qui veulent renforcer l'organisation europ&#233;enne de leur parti peuvent promouvoir une ICE, en accord avec des organisations de la soci&#233;t&#233; civile ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la cr&#233;ation d'un r&#233;seau d'organisations de la soci&#233;t&#233; civile, dans la perspective d'une ou plusieurs ICE, renforcera la base europ&#233;enne des partis politiques et favoriser la transformation de l'actuelle coalition de partis nationaux en un v&#233;ritable parti f&#233;d&#233;ral europ&#233;en bas&#233; sur un congr&#232;s d&#233;mocratique et avec des leaders europ&#233;ens.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La sph&#232;re publique europ&#233;enne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jour apr&#232;s jour, l'opinion publique aspire &#224; un Etat d&#233;mocratique. Les institutions publiques deviennent une bureaucratie si la classe politique, les mass m&#233;dias, les intellectuels, les universit&#233;s et la soci&#233;t&#233; civile ne d&#233;battent pas tous les jours des probl&#232;mes les plus urgents de la communaut&#233;. Naturellement, comme l'a d'abord not&#233; Hegel, on trouve dans l'opinion publique des affirmations contradictoires. N&#233;anmoins, une soci&#233;t&#233; pluraliste telle qu'une d&#233;mocratie ne peut pas survivre sans un d&#233;bat permanent entre les gouvernants et les gouvern&#233;s. La d&#233;mocratie est une forme de gouvernement qui vise, en dernier ressort, &#224; &#233;radiquer toutes les diff&#233;rences entre les citoyens en &#233;voluant vers l'auto-gouvernement du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour ces raisons que certaines critiques &#224; l'&#233;gard de la Constitution europ&#233;enne affirmaient que la l&#233;gitimit&#233; de l'UE &#233;tait bas&#233;e uniquement sur la volont&#233; des Etats- nations et pas sur celle du Peuple europ&#233;en. Sans une sph&#232;re publique europ&#233;enne, les seules d&#233;mocraties qui fonctionnent sont les d&#233;mocraties nationales : le Peuple europ&#233;en n'existe pas et la Constitution europ&#233;enne est une construction institutionnelle vide. Pour r&#233;pondre &#224; ces critiques, apr&#232;s les r&#233;f&#233;rendums fran&#231;ais et n&#233;erlandais n&#233;gatifs sur la Constitution, la Commission europ&#233;enne lan&#231;a un plan, appel&#233; Plan D -D pour d&#233;mocratie, dialogue et d&#233;bat- afin de &#171; mettre sur pied un processus visant &#224; encourager un large d&#233;bat sur l'avenir des institutions et des citoyens de l'UE &#187;. En 2005-2006, le destin de la Constitution europ&#233;enne &#233;tait extr&#234;mement incertain et la Commission europ&#233;enne fit un effort pour faire avancer un d&#233;bat public sur les moyens possibles pour s'en sortir. L'objectif du Plan D &#233;tait de trouver &#171; les moyens pour d&#233;velopper une sph&#232;re publique europ&#233;enne, particuli&#232;rement &#224; travers les m&#233;dias audiovisuels et aussi une histoire europ&#233;enne &#187;. Il s'adressait aussi au r&#244;le de la soci&#233;t&#233; civile et &#224; sa contribution active au dialogue europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Plan D fut un &#233;chec. Les citoyens ne montr&#232;rent pas un nouvel int&#233;r&#234;t sensible au probl&#232;me et aucune sph&#232;re publique europ&#233;enne n'&#233;mergea non plus des efforts de la Commission. Le Plan D est un cas particulier d'un probl&#232;me plus vaste. En th&#233;orie, la Commission a une l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique, plus ou moins comme celle qu'ont les gouvernements nationaux. Apr&#232;s l'&#233;lection europ&#233;enne, le Pr&#233;sident de la Commission pr&#233;sente son &#233;quipe de commissaires au Parlement qui a le pouvoir d'approuver ou de d&#233;mettre la Commission dans son ensemble ou un seul commissaire. Mais cela ne suffit pas &#224; transformer la Commission en un gouvernement d&#233;mocratiquement responsable. Le probl&#232;me c'est que les pouvoirs principaux dans les domaines des affaires &#233;trang&#232;res et du financement du budget communautaire sont entre les mains des gouvernements nationaux. Mais il y a autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie de la communication de J&#252;rgen Habermas peut nous aider &#224; comprendre le pi&#232;ge de la communication europ&#233;enne. Habermas fait la distinction entre deux types de pouvoir : le pouvoir produit par la communication et le pouvoir employ&#233; administrativement. Dans un Etat d&#233;mocratique les deux pouvoirs sont mutuellement corr&#233;l&#233;s et l'un peut renforcer l'autre. Un gouvernement, un parti, un leader capable de soulever un consensus populaire peut aussi s'appuyer sur le pouvoir administratif pour r&#233;aliser une certaine politique. En Europe, le pouvoir produit par la communication se situe au niveau national tandis que le pouvoir employ&#233; administrativement est au niveau europ&#233;en. Le r&#233;sultat c'est que l'image qu'a le public d'une Commission europ&#233;enne en tant qu'instance bureaucratique est cr&#233;&#233;e par le Conseil des ministres (ou le Conseil europ&#233;en) qui revendique d'&#234;tre le v&#233;ritable gouvernement de l'UE. Tant que cette image de la gouvernance de l'UE est rendue publique par les mass m&#233;dias, la Commission appara&#238;t comme &#233;tant le secr&#233;tariat du Conseil et le Parlement une instance consultative. Dans tous les cas, on se moque de la d&#233;mocratie europ&#233;enne : 27 gouvernements nationaux ne sont pas un gouvernement d&#233;mocratiquement responsable devant le Parlement europ&#233;en. La v&#233;rit&#233;, c'est que l'euroscepticisme est soutenu par les gouvernements nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi les efforts de la Commission pour communiquer quelque chose aux citoyens sont vou&#233;s &#224; l'&#233;chec. Les citoyens recherchent une information politique quand ils sentent qu'une telle information est importante pour leur vie et pour leur opinion politique en vue de la prochaine &#233;lection. Les citoyens actifs veulent participer au d&#233;bat politique et -peut-&#234;tre simplement par leur vote- au gouvernement de leur communaut&#233;. S'ils comprennent que certaines informations proviennent d'une bureaucratie mais pas d'un gouvernement capable d'agir, le message ne peut pas cr&#233;er un &#171; dialogue &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour changer cet &#233;tat de choses et construire une sph&#232;re publique europ&#233;enne, la solution franche, c'est une r&#233;forme institutionnelle de la gouvernance europ&#233;enne. Dans cette perspective, l'ICE peut jouer un r&#244;le substantiel. L'UE actuelle est une sorte d'Etat minimal -un &#171; Etat veilleur de nuit &#187;- comme cela a &#233;t&#233; propos&#233; par certains penseurs lib&#233;raux du 19&#176; si&#232;cle et ceux qu'on appelle les &#171; libertaires &#187; contemporains (en opposition aux communautaristes). L'int&#233;r&#234;t pr&#233;&#233;minent du citoyen unidimensionnel de l'Etat minimal, c'est la d&#233;fense de son bien-&#234;tre : pour ce type de citoyen, un march&#233; europ&#233;en unique qui fonctionne bien est suffisant. En v&#233;rit&#233;, une Union &#233;conomique et mon&#233;taire a &#233;t&#233; accept&#233;e mais seule l'Union mon&#233;taire a &#233;t&#233; pleinement r&#233;alis&#233;e dans ce projet. L'Union &#233;conomique attend toujours. L'UE, telle qu'elle est aujourd'hui peut &#234;tre compar&#233;e &#224; un Etat minimal. Le volume du budget &#233;tait de plus ou moins 1 % du PIB avant Maastricht et il a le m&#234;me volume aujourd'hui. Le budget est l'instrument financier qui apporte aux citoyens les biens publics (ou les politiques europ&#233;ennes). En fait la part la plus importante du budget actuel de l'UE est d&#233;volue &#224; la Politique agricole commune et au Fonds structurel (pour le d&#233;veloppement r&#233;gional). Il reste tr&#232;s peu de moyens financiers pour d'autres politiques. Mais, au 21&#176; si&#232;cle, l'Europe est confront&#233;e &#224; de nouveaux d&#233;fis. Aujourd'hui, l'Etat europ&#233;en minimal devrait devenir une r&#233;publique, c'est &#224; dire une communaut&#233; politique dans laquelle les valeurs et les attentes des citoyens multidimensionnels sont prises en compte par les pouvoirs publics. La Commission europ&#233;enne sera capable de communiquer avec les citoyens si elle commence &#224; r&#233;pondre &#224; leurs questions, en leur procurant de nouveaux et meilleurs biens publics europ&#233;ens : une politique environnementale efficace, un plan pour combattre la pauvret&#233; en Europe et dans le monde, une politique de s&#233;curit&#233; efficace et un service civil europ&#233;en pour les jeunes, un plan pour promouvoir la recherche dans les technologies avanc&#233;es et les sciences humaines, la mobilit&#233; des &#233;tudiants, l'aide aux pays pauvres, une politique commune de l'immigration, etc. Une s&#233;rie d'ICE demandant de nouveaux biens publics europ&#233;ens peut attirer l'attention des mass m&#233;dias et obliger la Commission europ&#233;enne &#224; &#171; d&#233;battre &#187; avec les citoyens. Des citoyens actifs peuvent forcer l'Europe &#224; agir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un gouvernement pour l'UE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;clin europ&#233;en n'est pas caus&#233; par un myst&#233;rieux destin contraire, ni par un peuple bon &#224; rien, dans la mesure o&#249; dans toutes les soci&#233;t&#233;s cohabitent des individus passifs et des citoyens talentueux, ni par une &#233;conomie faible qui a plusieurs probl&#232;mes s&#233;rieux mais qui est aussi, avec l'euro, une des plus riches et des plus fortes dans le monde. La cause fondamentale du d&#233;clin de l'Europe r&#233;side dans ses divisions politiques. Nonobstant soixante ann&#233;es d'int&#233;gration, l'unit&#233; politique de l'Europe est faible. La revendication des gouvernements nationaux d'agir en tant que puissances souveraines, en subordonnant l'UE &#224; leur int&#233;r&#234;t national, est &#224; la source de la division de l'Europe. Les gouvernements nationaux disent que l'Europe devrait parler d'une seule voix, mais ils pr&#233;f&#232;rent si&#233;ger divis&#233;s au FMI et au Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU au lieu de demander un si&#232;ge unique pour l'UE. Ils ont cr&#233;&#233; un march&#233; unique et une monnaie unique, mais ils prot&#232;gent, becs et ongles, leurs champions nationaux dans les secteurs de l'&#233;nergie et des technologies avanc&#233;es. Ils d&#233;cid&#232;rent, il y a vingt ans &#224; Maastricht, de construire une arm&#233;e europ&#233;enne mais, jusqu'&#224; pr&#233;sent, pratiquement rien n'a &#233;t&#233; fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE a besoin d'un gouvernement. Ce qui est tragique c'est qu'elle en a deux. Le premier c'est la Commission europ&#233;enne. Elle est l&#233;gitim&#233;e et d&#233;mocratiquement responsable devant le Parlement europ&#233;en. Mais cela reste invisible pour les citoyens parce que les gens ordinaires croient que le v&#233;ritable pouvoir europ&#233;en est entre les mains des gouvernements nationaux. L'autre gouvernement, plus &#171; visible &#187;, c'est le Conseil au sein duquel 27 repr&#233;sentants des gouvernements nationaux d&#233;cident dans certains domaines importants &#224; l'unanimit&#233;. Mais le Conseil n'est pas d&#233;mocratiquement responsable : les citoyens europ&#233;ens et leurs repr&#233;sentants ne peuvent pas le renverser. La d&#233;mocratie europ&#233;enne est ainsi s&#233;rieusement d&#233;tourn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Trait&#233; de Lisbonne permet quelques pas en avant avec, par exemple, la cr&#233;ation d'un Service europ&#233;en d'action ext&#233;rieure, ainsi que la possibilit&#233; de permettre &#224; un groupe de pays de mettre sur pied des coop&#233;rations renforc&#233;es. En m&#234;me temps, avec la cr&#233;ation d'un Pr&#233;sident permanent du Conseil europ&#233;en, le Trait&#233; de Lisbonne a aussi renforc&#233; l'image du Conseil en tant que gouvernement r&#233;el de l'UE. Le Parlement europ&#233;en a d&#233;fendu, &#224; de multiples reprises, la m&#233;thode communautaire (ou f&#233;d&#233;raliste) et critiqu&#233; certaines d&#233;cisions intergouvernementales. Mais le Parlement europ&#233;en n'a encore pris aucune initiative s&#233;rieuse pour surmonter le d&#233;ficit d&#233;mocratique. C'est seulement r&#233;cemment qu'un groupe de MPE a cr&#233;&#233; le &#171; Groupe Spinelli &#187; pour protester contre l'intergouvernementalisme qui &#171; est non seulement en guerre contre l'esprit europ&#233;en mais aussi une addiction &#224; l'impuissance politique. &#187; L'objectif du groupe est &#171; une Europe f&#233;d&#233;rale et post-nationale, une Europe des citoyens. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;vidence, une ICE, quelque soit le sujet demand&#233;, renforcera l'action pour une Europe d&#233;mocratique et f&#233;d&#233;rale au Parlement europ&#233;en et alertera l'opinion en focalisant l'attention des mass m&#233;dias. Mais, construire un gouvernement europ&#233;en est une t&#226;che difficile. Pour poursuivre et acc&#233;l&#233;rer une nouvelle s&#233;rie de r&#233;formes institutionnelles, les citoyens et la soci&#233;t&#233; civile devraient prendre en consid&#233;ration quelques &#233;tapes interm&#233;diaires cruciales. La prise de la Bastille, symbole de l'Ancien r&#233;gime, pr&#233;c&#233;da la proclamation de la R&#233;publique fran&#231;aise et l'ex&#233;cution du Roi. Dans l'Europe d'aujourd'hui l'Ancien r&#233;gime europ&#233;en est bien symbolis&#233; &#224; travers les photos des 27 Chefs d'Etat et de gouvernement publi&#233;es par les mass m&#233;dias &#224; la fin de tous les Conseils europ&#233;ens. L'UE a besoin d'un gouvernement, avec un Pr&#233;sident, un Ministre des affaires &#233;trang&#232;res, un Ministre de l'&#233;conomie et des finances, etc. Heureusement, le Trait&#233; de Lisbonne autorise un pas en avant significatif : rien n'emp&#234;che que le Pr&#233;sident de la Commission et le Pr&#233;sident du Conseil europ&#233;en soient la m&#234;me personne. Si cela arrivait, l'UE aurait un Pr&#233;sident. Cela ne signifie pas que tous les probl&#232;mes du gouvernement europ&#233;en seraient r&#233;solus : certaines r&#233;formes institutionnelles importantes devraient suivre. Mais le Pr&#233;sident unique de l'UE serait responsable devant le Parlement europ&#233;en et ce serait un pas d&#233;cisif vers une Europe politiquement unie et une v&#233;ritable d&#233;mocratie supranationale. En outre, si la revendication d'un Pr&#233;sident de l'UE &#233;manait d'une ICE, tout le monde pourrait comprendre qu'un mouvement de citoyens souverains pour une Europe souveraine est n&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le moment de corriger le p&#233;ch&#233; originel de l'int&#233;gration europ&#233;enne. Les p&#232;res fondateurs con&#231;urent une Europe supranationale, mais leur r&#234;ve reste inaccompli. Construire une d&#233;mocratie supranationale est une entreprise r&#233;volutionnaire, pas seulement pour les Europ&#233;ens. Carl Schmitt l'a dit : &#171; L'objet essentiel de la d&#233;mocratie, c'est un peuple et non l'humanit&#233;. &#187; Schmitt expliqua ici clairement que seul le peuple national existe : pour Schmitt, un monde sans Etats-nations et guerre &#233;tait impensable. Extirper la d&#233;mocratie de sa prison nationale n'est pas seulement une grande innovation institutionnelle, c'est aussi une r&#233;volution : la d&#233;mocratie cosmopolitaine devient pensable et possible. C'est la v&#233;ritable contribution de l'Europe &#224; l'avenir de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Guido MONTANI &lt;br class='manualbr' /&gt;Universit&#233; de Pavie. Vice-pr&#233;sident de l'UEF Europe&lt;br class='manualbr' /&gt;Publi&#233; dans &lt;i&gt;Europe's Word&lt;/i&gt;, 25 octobre 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'anglais par Jean-Luc PREVEL - Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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