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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>Un mondialiste nomm&#233; Camus</title>
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		<dc:creator>Jo&#235;l LUGUEM</dc:creator>


		<dc:subject>Albert Camus</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En cette ann&#233;e camusienne (2010), o&#249; l'on a abondamment &#233;voqu&#233; le souvenir de l'&#233;crivain et le 50&#232;me anniversaire de sa disparition, les m&#233;dias ont rarement signal&#233; ses convictions mondialistes. Nous sommes tr&#232;s honor&#233;s que celui qui deviendrait prix Nobel de litt&#233;rature f&#251;t un mondialiste de la premi&#232;re heure, l'un des premiers, en effet &#224; avoir soutenu l'action et l'id&#233;al de Gary Davis. Mais laissons la parole, pour raconter ces premiers jours, &#224; un t&#233;moin qui, c'est le moins qu'on puisse (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-151-mars-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 151 &#8212; 2011/03&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Albert-Camus-+" rel="tag"&gt;Albert Camus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En cette ann&#233;e camusienne (2010), o&#249; l'on a abondamment &#233;voqu&#233; le souvenir de l'&#233;crivain et le 50&#232;me anniversaire de sa disparition, les m&#233;dias ont rarement signal&#233; ses convictions mondialistes. Nous sommes tr&#232;s honor&#233;s que celui qui deviendrait prix Nobel de litt&#233;rature f&#251;t un mondialiste de la premi&#232;re heure, l'un des premiers, en effet &#224; avoir soutenu l'action et l'id&#233;al de Gary Davis. Mais laissons la parole, pour raconter ces premiers jours, &#224; un t&#233;moin qui, c'est le moins qu'on puisse dire, ne fut pas franchement favorable &#224; l'initiative de Gary Davis&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Un grand nombre de mouvements pacifistes naquirent ou se d&#233;velopp&#232;rent &#224; ce moment l&#224;. Le plus bruyant fut celui de Gary Davis. Ce &#171; petit homme &#187;, comme on l'appelait alors, s'installa le 14 septembre sous le p&#233;ristyle de l'ONU, consid&#233;r&#233; comme terrain international ; il d&#233;clara dans des interview qu'il renon&#231;ait &#224; la nationalit&#233; am&#233;ricaine pour devenir &#171; citoyen du monde &#187;. Le 22 octobre se constitua autour de lui un &#171; conseil de solidarit&#233; &#187; qui r&#233;unissait Breton, Camus, Mounier, Richard Wright, r&#233;cemment install&#233; &#224; Paris ; le jour o&#249;, en novembre, Davis fit un esclandre &#224; l'ONU Camus donna dans un caf&#233; voisin une conf&#233;rence de presse o&#249; il prit son parti ; Bourdet l'appuya par un &#233;ditorial et d&#233;sormais Combat consacra chaque mois une page au mouvement pour un gouvernement mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 d&#233;cembre, il y eut salle Pleyel une s&#233;ance o&#249; Camus, Breton, Vercors, Paulhan d&#233;fendirent cette id&#233;e. Camus fut bless&#233; que Sartre refus&#226;t d'y participer et il triomphait en nous annon&#231;ant que le meeting du 9 d&#233;cembre avait rassembl&#233; au Vel' d'Hiv, vingt mille personnes. Sartre s'accordait enti&#232;rement avec les communistes pour penser que l'affaire Gary Davis n'&#233;tait que du vent. Cela nous faisait rire lorsque la droite accusait Davis d'&#234;tre &#171; pay&#233; par Moscou &#187;. Son id&#233;e n'&#233;tait pas neuve ; on avait beaucoup parl&#233; depuis un an de &#171; F&#233;d&#233;ration mondiale &#187;. &#171; Sa d&#233;marche n'avait non plus rien d'&#233;tonnant : l'Am&#233;rique fourmille d'excentriques inspir&#233;s qui lancent avec pompe des slogans simplistes &#187;, dans Simone de Beauvoir (Extrait de La force des choses). Ainsi donc, &#224; en croire Mme. de Beauvoir, Albert Camus, Andr&#233; Breton, Emmanuel Mounier (le fondateur de la revue Esprit), l'&#233;crivain am&#233;ricain Richard Wright, les r&#233;sistants Vercors et Claude Bourdet n'&#233;taient que des gogos embobin&#233;s par le slogan simpliste d'un excentrique inspir&#233;&#8230; ; &#171; inspir&#233; &#187; au sens d'&#171; illumin&#233; &#187; &#233;videmment. Ben dis donc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On serait curieux de savoir ce que la compagne de Jean-Paul Sartre a pens&#233; quand la liste de ces esprits cr&#233;dules s'est consid&#233;rablement allong&#233;e et que, parmi tous ces nouveaux gogos figuraient : Lord Bertrand Russell, philosophe et math&#233;maticien, Prix Nobel de litt&#233;rature en 1949, Lord Boyd Orr, premier directeur de la F.A.O et prix Nobel de la Paix en 1949, Linus Pauling, Prix Nobel de chimie en 1954 et Prix Nobel de la Paix en 1962, Shinzo Hamai, qui fut maire d'Hiroshima&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Personnellement je n'&#233;tais pas -je n'ai jamais &#233;t&#233;- sensible au danger (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le biologiste et &#233;crivain Jean Rostand, Josu&#233; de Castro, ancien Pr&#233;sident du Conseil de la F.A.O, l'ancien r&#233;sistant Emmanuel d'Astier de la Vigerie, l'homme politique Robert Buron, le pasteur Georges Casalis (co-fondateur de la Cimade), l'agronome Ren&#233; Dumont, le philosophe Jacques Ellul, le G&#233;n&#233;ral Germain Jousse, le Dr. Alexandre Minkowski, le professeur de droit Paul de la Pradelle, Paul-Emile Victor, la Dr. Lagroua Weill-Halle, fondatrice du planning familial, le P&#232;re Joseph Wresinski, fondateur d'ATD Quart-monde, les &#233;crivains Herv&#233; Bazin, Roger Ikor et Jules Romains, le dramaturge Fran&#231;ois Billetdoux, les journalistes de radio Fr&#233;d&#233;ric Pottecher et Clara Candiani, les scientifiques Th&#233;odore Monod et Henri Laborit mais aussi le pape Jean XXIII, le violoniste Yehudi Menuhin, Teilhard de Chardin et bien s&#251;r Einstein, les &#233;conomistes Jacques Duboin et J. K. Galbraith, le professeur Alfred Kastler, Prix Nobel de physique en 1966, l'auteur et chanteur Jean-Roger Caussimon, le com&#233;dien Claude Pi&#233;plu, l'avocat Jean-Jacques de Felice etc., etc., etc. Autant de gogos auxquels succ&#232;dent aujourd'hui d'autres esprits aussi cr&#233;dules tels que : Hubert Reeves, Albert Jacquard, Edgar Morin, Mgr. Gaillot, Jacques Testart, Yves Coppens, Georges Moustaki, Myl&#232;ne Demongeot, Pierre Barouh, Manu Dibango, Annie Ernaux, Michael Lonsdale, Marcel Amont, Julos Beaucarne, Gilbert Laffaille, Jacques Yvart, Catherine Ribeiro, Leny Escudero, Francesca Solleville, Jean-Fran&#231;ois St&#233;venin, Karim Kacel, Jean-Michel Ribes, etc., etc., etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, c'est une &#233;vidence, il y a dans la mouvance mondialiste des gogos &#224; gogo !&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Gary Davis, il n'a jamais pr&#233;tendu que son id&#233;e &#233;tait neuve : Socrate, &#201;rasme, Cyrano de Bergerac, l'Am&#233;ricain Thomas Paine, Montesquieu, l'&#233;crivain indien Rabindranath Tagore, Anatole France, Gottfried Leibniz (1646-1716), le philosophe indien Sri Aurobindo, Victor Hugo, pour ne citer qu'eux, s'&#233;taient d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233;s citoyens du monde ou avaient d&#233;velopp&#233; une vision mondialiste de l'organisation de la vie des peuples sur la Terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des &#171; excentriques inspir&#233;s &#187; avaient ainsi pr&#233;c&#233;d&#233; celui qui, en 1948, se d&#233;clara &#224; son tour &#171; citoyen du monde &#187;. Connue comme &#233;tant une intellectuelle de haut niveau, l'auteure de La force des choses semblait pourtant ne pas le savoir. Albert Camus, lui, le savait-il ? Nul ne sait s'il le savait. Quoi qu'il en soit l'auteur de La Peste eut l'humanit&#233; et la sagesse de ne pas traiter par le m&#233;pris les actes et les d&#233;clarations d'un jeune pilote de guerre am&#233;ricain traumatis&#233; par les bombardements qu'il avait d&#251; effectuer quelques ann&#233;es plus t&#244;t sur les population civiles d'Allemagne ; et mieux encore : il eut l'intelligence de prendre ces actes et d&#233;clarations en consid&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, avec le recul, on peut le constater : c'est &#224; lui, Albert Camus, que l'avenir a donn&#233; raison.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jo&#235;l LUGUEM&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Responsable des Citoyens du Monde - Article publi&#233; sur le N&#176; 4-5 -3&#176; et 4&#176; trimestres 2010- de Citoyens du monde - &lt;a href=&#034;http://www.citoyensdumonde.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.citoyensdumonde.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Personnellement je n'&#233;tais pas -je n'ai jamais &#233;t&#233;- sensible au danger atomique ; mais il effrayait beaucoup de gens &#187; &#233;crit Simone de Beauvoir dans La force des choses.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Le refus d'ob&#233;ir &#224; la violence Albert Camus, l'Alg&#233;rie et le f&#233;d&#233;ralisme</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Albert-Camus-Algerie-federalisme</link>
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		<dc:date>2011-08-07T10:27:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Albert Camus</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entre juillet 1955 et f&#233;vrier 1956, Albert Camus a &#233;labor&#233; une s&#233;rie de textes, publi&#233;s sur L'Express, de la dense &#233;criture desquels &#233;mane une tentative de dialoguer avec l'opinion publique et le monde politique fran&#231;ais et arabe. La guerre d'Alg&#233;rie n'avait pas encore atteint des niveaux insurmontables de violence et Camus croyait avec obstination &#224; une solution pacifique. Il imputait la responsabilit&#233; politique du conflit &#224; la m&#232;re patrie, exhortant la communaut&#233; pied-noir &#224; prendre en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-151-mars-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 151 &#8212; 2011/03&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Albert-Camus-+" rel="tag"&gt;Albert Camus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Entre juillet 1955 et f&#233;vrier 1956, Albert Camus a &#233;labor&#233; une s&#233;rie de textes, publi&#233;s sur L'Express, de la dense &#233;criture desquels &#233;mane une tentative de dialoguer avec l'opinion publique et le monde politique fran&#231;ais et arabe. La guerre d'Alg&#233;rie n'avait pas encore atteint des niveaux insurmontables de violence et Camus croyait avec obstination &#224; une solution pacifique. Il imputait la responsabilit&#233; politique du conflit &#224; la m&#232;re patrie, exhortant la communaut&#233; pied-noir &#224; prendre en main son destin au-del&#224; de la France elle-m&#234;me : &#171; Les Fran&#231;ais qui, en Alg&#233;rie, pensent qu'on peut faire coexister la pr&#233;sence fran&#231;aise et la pr&#233;sence arabe dans un r&#233;gime de libre association, qui croient que cette coexistence rendra justice &#224; toutes les communaut&#233;s alg&#233;riennes, sans exception, et qui sont s&#251;rs en tout cas qu'elle seule peut sauver, aujourd'hui de la mort et demain de la mis&#232;re, le peuple de l'Alg&#233;rie, ces Fran&#231;ais-l&#224; doivent prendre enfin leurs responsabilit&#233;s et pr&#234;cher l'apaisement pour rendre le dialogue &#224; nouveau possible. Leur premier devoir est de demander de toutes leurs forces qu'une tr&#234;ve soit instaur&#233;e en ce qui concerne les civils. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Albert Camus, &#171; Le parti de la tr&#234;ve &#187;, 17 janvier 1956, dans Chroniques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il d&#233;cida de lancer &#224; Alger son &#171; Appel &#224; la tr&#234;ve pour les civils &#187;, les autorit&#233;s lui refus&#232;rent les salles qu'il demandait et c'est ainsi que gr&#226;ce &#224; son amiti&#233; avec le cheikh El Hokbi, le 22 janvier 1956, il r&#233;ussit &#224; organiser une rencontre publique au cercle du Progr&#232;s, lieu symbolique du mouvement islamiste des Ul&#233;mas, dans la partie basse de la Casbah. A l'ext&#233;rieur, la place, occup&#233;e par des milliers de militants de la droite fran&#231;aise, scandait des slogans en faveur de la r&#233;pression et contre toute entente, au cri de &#171; A mort Camus ! &#187;. La proposition qu'il avait lanc&#233;e, &#171; Alger capitale f&#233;d&#233;rale &#187;, leur apparaissait comme un v&#233;ritable sacril&#232;ge : &#171; Puisque la modification de la Constitution est envisag&#233;e en ce qui concerne l'Union Fran&#231;aise, il faut en profiter pour pr&#233;parer la F&#233;d&#233;ration fran&#231;aise, lui donner ses institutions, pr&#233;voir l'installation &#224; Alger du Parlement f&#233;d&#233;ral o&#249; toutes les terres de la F&#233;d&#233;ration enverraient leurs repr&#233;sentants. L'Assembl&#233;e alg&#233;rienne, comme les Parlements des autres pays f&#233;d&#233;raux, recevrait comp&#233;tence pour l'administration interne, tandis que le Parlement f&#233;d&#233;ral, o&#249; l'Alg&#233;rie serait encore repr&#233;sent&#233;e, aurait &#224; r&#233;gler tous les probl&#232;mes concernant la F&#233;d&#233;ration. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Albert Camus, &#171; L'avenir alg&#233;rien &#187;, 23 juillet 1956, dans Albert Camus, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camus &#233;tait convaincu qu'une telle r&#233;forme aurait pu &#233;viter la guerre ; et sa propension &#224; une politique d&#233;mocratique et f&#233;d&#233;raliste pour l'Alg&#233;rie n'&#233;tait pas temporaire, mais elle &#233;tait l'aboutissement naturel d'une sensibilit&#233; politique socialiste et libertaire responsable, remontant aux ann&#233;es de sa formation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Kabilie et le melting post alg&#233;rien&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Alg&#233;rie des ann&#233;es trente la communaut&#233; alg&#233;rienne &#233;tait soumise au statut coranique, appel&#233; encore code de l'indig&#233;nat, qui rel&#233;guait les citoyens arabes dans une cat&#233;gorie de s&#233;rie B, en les s&#233;parant de facto de la population europ&#233;enne. C'est &#224; cette &#233;poque qu'a commenc&#233; &#224; se manifester dans l'opinion publique d&#233;mocratique, arabe et fran&#231;aise, l'exigence de d&#233;passer cette division en mettant en place une politique d'int&#233;gration et de citoyennet&#233;. La prise de conscience politique de la part du peuple arabe avait men&#233; &#224; la naissance de partis d'inspiration nationaliste, socialiste, lib&#233;rale et islamiste, tandis que les dirigeants du PCF, pr&#233;occup&#233;s par le manque d'inscrits parmi les Arabes, commen&#231;aient &#224; discuter de la compatibilit&#233; entre l'Islam et le communisme. Camus connaissait peu l'Islam mais demandait une certaine souplesse sur le plan religieux ; c'est peut-&#234;tre pour cela que le Parti le chargea de s'occuper de la propagande parmi les Arabes. Cela lui permit de suivre de pr&#232;s la naissance du nationalisme alg&#233;rien, d'en conna&#238;tre les mouvements et les protagonistes : du lib&#233;ral Ferhat Abbas &#224; l'islamiste r&#233;formiste El Hokbi et jusqu'&#224; Messali Hadj, le fondateur de l'Etoile Nord-africaine (ENA), qui en 1935, avait adh&#233;r&#233; au Rassemblement Populaire avec le PCF, le Parti socialiste, les Radicaux et la CGT, contre la droite fascisante du Front National.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire du Front Populaire en France en 1936, ouvrit une p&#233;riode de grande esp&#233;rance pour ceux qui souhaitaient de profondes r&#233;formes d&#233;mocratiques en Alg&#233;rie. Camus fut parmi les initiateurs du &#171; Manifeste des intellectuels d'Alg&#233;rie en faveur du Projet Violette &#187;, qui pr&#233;voyait la concession des droits civils et politiques &#224; une &#233;lite arabo-musulmane de quelques 60.000 personnes. Mais cette r&#233;forme, vue comme un premier pas dans &#171; l'&#233;mancipation parlementaire int&#233;grale des Musulmans &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Manifeste des intellectuels d'Alg&#233;rie en faveur du projet Violette &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ne fut m&#234;me pas approuv&#233;e &#224; cause de la dure r&#233;action de la droite et des lobbies coloniaux. Avec la chute du Front populaire dispara&#238;t &#233;galement l'esp&#233;rance de r&#233;formes en Alg&#233;rie et le ressentiment arabe s'est coagul&#233; alors autour de la figure de Messali Hadj qui, en 1937, a fond&#233; le Parti du Peuple Alg&#233;rien (PPA), dont le programme montrait une importante &#233;volution politique, par rapport au populisme des d&#233;buts ; on y soutenait la n&#233;cessit&#233; de faire &#233;voluer les rapports avec la France sous une forme f&#233;d&#233;raliste : &#171; Le Parti du Peuple Alg&#233;rien travaillera pour l'&#233;mancipation totale de l'Alg&#233;rie, sans pour cela se s&#233;parer de la France. [&#8230;] L'Alg&#233;rie &#233;mancip&#233;e, en b&#233;n&#233;ficiant des libert&#233;s d&#233;mocratiques qu'elle aura acquises au cours de son action, en ayant ainsi une autonomie administrative, politique, &#233;conomique, s'int&#233;grera librement dans un syst&#232;me fran&#231;ais de s&#233;curit&#233; collectif dans la M&#233;diterran&#233;e. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Collot, &#171; Le Parti du peuple alg&#233;rien &#187;, dans Revue alg&#233;rienne des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camus n'accepta pas par la suite la criminalisation de Messali Hadj de la part de l'administration et prit sa d&#233;fense &#224; son proc&#232;s. Ces positions l'expos&#232;rent &#224; l'h&#233;r&#233;sie politique et &#224; l'exclusion du Parti communiste. Il connaissait les militants messalistes et en 1939, &#224; la suite des &#233;lections des 23 et 30 avril, gagn&#233;es par un candidat du PPA, il les commenta comme suit : &#171; Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de l'Alg&#233;rie, un prol&#233;taire arabe, repr&#233;sentant un parti qui demande pour la colonie le statut de dominion, va participer aux travaux d'une assembl&#233;e officielle.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Lettre d'Alger &#8211; Le progr&#232;s du nationalisme alg&#233;rien &#187;, Revue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son r&#233;seau de contacts parmi les militants arabes lui permit d'organiser le voyage qui l'amena &#224; &#233;crire le reportage &#171; Mis&#232;re de la Kabylie &#187;, publi&#233; sur Alger r&#233;publicain entre les 5 et 15 juin. Rapportant les revendications des porte parole des communaut&#233;s locales, il proposa l'extension de l'une des quelques rares r&#233;formes mises en place en 1937, qui avait permis &#224; un certain nombre de communes de passer sous administration directe des autochtones. Il fallait accorder une autonomie administrative suppl&#233;mentaire : &#171; Ainsi se trouverait r&#233;alis&#233;e au coeur du pays kabyle une sorte de petite r&#233;publique f&#233;d&#233;rative inspir&#233;e des principes d'une d&#233;mocratie vraiment profonde. Et une vue si lucide des choses, un bon sens si remarquable m'apparaissait, en &#233;coutant le pr&#233;sident des Oumalous, comme un exemple pour beaucoup de nos d&#233;mocrates officiels. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Albert Camus, &#171; L'avenir politique &#187;, Alger R&#233;publicain, 13 juin 1939, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transformer la Kabilie en une entit&#233; autonome et f&#233;d&#233;r&#233;e avec une Alg&#233;rie, &#224; son tour f&#233;d&#233;r&#233;e &#224; la France, afin de garantir les diversit&#233;s sociales de l'Alg&#233;rie, comme celle du peuple berb&#232;re, dot&#233; d'une langue et d'une culture propres, signifiait r&#233;parer un d&#233;g&#226;t du colonialisme : &#171; Car ce statut c'est nous qui l'avons impos&#233; aux Kabyles en arabisant leur pays par le ca&#239;dat et l'introduction de la langue arabe. Et nous sommes mal venus aujourd'hui de reprocher aux Kabyles cela m&#234;me que nous leur avons impos&#233;. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem, p. 72.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme interne et l'occasion perdue dans l'apr&#232;s-guerre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En juin 1940, lorsque le r&#233;gime de Vichy chercha la collaboration de Messali Hadj en lui proposant la cl&#233;mence en &#233;change de l'abandon de son intransigeance, celui-ci refusa avec indignation et se d&#233;fendit &#224; son proc&#232;s en exposant sa pens&#233;e : &#171; Nous ne voulons pas la s&#233;paration, mais une &#233;mancipation avec la France, dans le cadre de la souverainet&#233; fran&#231;aise. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ahmed Mahsas, Le mouvement r&#233;volutionnaire en Alg&#233;rie de la premi&#232;re guerre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1942, apr&#232;s le d&#233;barquement anglo-am&#233;ricain en Alg&#233;rie, Ferhat Abbas pr&#233;senta aux autorit&#233;s alli&#233;es le &#171; Manifeste du peuple alg&#233;rien &#187;, r&#233;dig&#233; avec Messali Hadj, qui pr&#233;voyait la fin de la colonisation et la concession d'une constitution qui garantisse : &#171; La libert&#233; et l'&#233;galit&#233; absolue entre tous ses habitants sans distinction de race ou religion ; la suppression de la propri&#233;t&#233; f&#233;odale avec une grande r&#233;forme agraire ; la reconnaissance de la langue arabe comme langue officielle, au m&#234;me titre que la fran&#231;aise ; libert&#233; de la presse et droit d'association ; l'instruction gratuite et obligatoire pour les jeunes des deux sexes. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans, Laszlo Nagy, La naissance et le d&#233;veloppement du mouvement de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tout dans le cadre d'une Alg&#233;rie autonome et f&#233;d&#233;r&#233;e &#224; la France. Les autorit&#233;s fran&#231;aises elles m&#234;mes firent savoir qu'il s'agissait d'une bonne base de discussion et le Gouverneur Peyrouton se d&#233;clara favorable &#224; la transformation de l'Alg&#233;rie sur le mod&#232;le des dominium britanniques. Cela toutefois allait contre les pr&#233;tentions des grands colons, qui, apr&#232;s de violentes pressions, le contraignirent &#224; la d&#233;mission en juin 1943. A sa place le g&#233;n&#233;ral Catroux normalisa la situation en promettant une vague politique assimilationniste. Mais lors de la F&#234;te du travail du 1er mai 1945 des manifestations se d&#233;roul&#232;rent dans diverses villes alg&#233;riennes, les protestations continu&#232;rent et le 8 mai, &#224; Setif, les forces de l'ordre tir&#232;rent sur la foule. Cela provoqua une r&#233;volte qui mena au meurtre d'une centaine de civils fran&#231;ais et qui d&#233;clencha une dure r&#233;pression se concluant par le massacre de presque vingt mille Arabes. Parmi les cons&#233;quences politiques, l'arrestation de Ferhat Abbas, de l'oul&#233;ma El Okbi et de Messali Hadj. Camus se pr&#233;cipita &#224; Alger, o&#249; il trouva un cadre politique transform&#233;. La politique de l'int&#233;gration ne suffisait plus, car &#171; l'histoire, justement, a march&#233;. Il y a eu la d&#233;faite et la perte du prestige fran&#231;ais. Il y a eu le d&#233;barquement de 1942 qui a mis les Arabes au contact d'autres nations et qui a leur donn&#233; le go&#251;t de la comparaison. [...] Tout cela fait qu'un projet qui aurait &#233;t&#233; accueilli avec enthousiasme en 1936, et qui aurait arrang&#233; bien des choses, ne rencontre plus aujourd'hui que m&#233;fiance. Nous sommes encore en retard. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Albert Camus, &#171; Le malaise politique &#187;, Combat, 18 mai 1945, dans Chroniques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camus d&#233;finissait le mouvement apparu autour du &#171; Manifeste du peuple alg&#233;rien &#187; comme &#171; le plus original et le plus significatif qu'on ait vu para&#238;tre en Alg&#233;rie, depuis les d&#233;buts de la conqu&#234;te. &#187;1 Il fallait prendre acte de &#171; l'&#233;chec de la politique d'assimilation et la n&#233;cessit&#233; de reconna&#238;tre une nation alg&#233;rienne, reli&#233;e &#224; la France, mais munie de caract&#233;ristiques propres. [&#8230;] Cette th&#232;se fondamentale s'accompagne de revendications sociales, qui visent toutes &#224; faire entrer la d&#233;mocratie la plus compl&#232;te dans la politique arabe. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Albert Camus, &#171; Le Parti du manifeste &#187;, Combat, 20-21 mai 1945, dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Ferhat Abbas, fortement soutenu par Camus, dans un article apparu sur Combat le 26 juin 1946 : &#171; Notre &#233;volution ne pourra se r&#233;aliser qu'&#224; travers un parlement alg&#233;rien qui ne repr&#233;sente seulement la population autochtone, mais tous les habitants d'Alg&#233;rie. Il n'a jamais &#233;t&#233; notre intention de cr&#233;er un Etat musulman. Nous poursuivons la cr&#233;ation d'un Etat alg&#233;rien, avec droits civiques &#233;gaux pour tous, sans distinction de religion ou de race. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans Jean Robert Henry-Claude Collot, Le mouvement national alg&#233;rien. Textes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#233;lections de juin 1946, le parti de Abbas, l'Union D&#233;mocratique du Manifeste Alg&#233;rien (UDMA), obtint un succ&#232;s triomphal qui produisit un nouvel &#233;lan r&#233;formateur. Mais les timides mesures adopt&#233;es par le Parlement fran&#231;ais en 1947 et 1948 apparaissent comme de nouvelles modalit&#233;s pour un colonialisme qui ne voulait pas changer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le refus d'ob&#233;ir &#224; la violence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de la guerre, le FLN n'&#233;tait pas tr&#232;s enracin&#233; sur le territoire. Ses cadres s'&#233;taient form&#233;s dans la clandestinit&#233; ou &#224; l'&#233;tranger et ses m&#233;thodes violentes &#233;taient tout autres qu'h&#233;g&#233;moniques. Camus, bon connaisseur de la complexit&#233; de la politique alg&#233;rienne, savait que les diverses tendances politiques, la&#239;co-lib&#233;rale, d&#233;mocratique, communiste, socialiste, islamiste, pouvaient se r&#233;sumer dans un Front unique de caract&#232;re id&#233;ologique islamo-l&#233;niniste seulement par la violence. Il chercha &#224; d&#233;velopper une troisi&#232;me voie au-del&#224; de la terreur coloniale et anticoloniale et, en cela, comme nous l'avons vu, il n'&#233;tait pas isol&#233;. La France devait trouver des interlocuteurs arabes qui, &#224; un certain moment, auraient pu &#234;tre Ferhat Abbas ou Messali Hadj mais, justement, &#171; l'erreur du gouvernement fran&#231;ais depuis le d&#233;but des &#233;v&#233;nements a &#233;t&#233; de ne jamais rien distinguer, et par cons&#233;quent de ne jamais parler nettement, ce qui autorisait tous les scepticismes et toutes les surench&#232;res dans les masses arabes. Le r&#233;sultat a &#233;t&#233; de renforcer de part et d'autre les factions extr&#233;mistes et nationalistes. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Albert Camus, &#171; Alg&#233;rie 1958 &#187;, dans Chroniques alg&#233;riennes 1939-1958 - (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscient que l'&#232;re de la colonisation &#233;tait finie, Camus refusait obstin&#233;ment d'ob&#233;ir &#224; la violence et &#224; l'horreur inter-ethnique, car il &#233;tait oppos&#233; &#224; une ind&#233;pendance bas&#233;e sur l'identit&#233; islamo-sovi&#233;tique. Il consid&#233;rait comme n&#233;cessaire la constitution d'une nation alg&#233;rienne f&#233;d&#233;r&#233;e &#224; la France et f&#233;d&#233;rale en son sein qui garantisse l'&#233;galit&#233;, le pluralisme politique et la survie de la communaut&#233; fran&#231;aise, compos&#233;e &#224; 80 % par des classes populaires. Camus n'&#233;tait donc pas un simple d&#233;fenseur d'une Alg&#233;rie fran&#231;aise, il recherchait plut&#244;t un processus diff&#233;rent de construction nationale, sans effusion de sang, qui sauve le melting pot qui, avec tous ses d&#233;fauts, repr&#233;sentait une richesse pour le pays. Il fallait certainement r&#233;aliser des r&#233;formes structurelles, des modifications &#224; la constitution centraliste de la France, mais &#171; le seul r&#233;gime qui, dans l'&#233;tat actuel des choses, rendrait justice &#224; toutes les parties de la population m'a longtemps paru celui de la f&#233;d&#233;ration articul&#233;e sur des institutions analogues &#224; celles qui font vivre en paix, dans la conf&#233;d&#233;ration helv&#233;tique, des nationalit&#233;s diff&#233;rentes. Mais je crois qu'il faut imaginer un syst&#232;me encore plus original. La Suisse est compos&#233;e de populations diff&#233;rentes qui vivent sur des territoires diff&#233;rents. Ses institutions visent seulement &#224; articuler la vie politique de ses cantons. L'Alg&#233;rie, au contraire, offre l'exemple rarissime de populations diff&#233;rentes imbriqu&#233;es sur le m&#234;me territoire. Ce qu'il faut associer sans fondre (puisque la f&#233;d&#233;ration est d'abord l'union des diff&#233;rences) ce ne sont plus des territoires mais des communaut&#233;s aux personnalit&#233;s diff&#233;rentes. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Albert Camus, &#171; L'Alg&#233;rie nouvelle &#187;, in Actuelles III. Chroniques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une position que seule l'aveuglement de la France et le contexte g&#233;opolitique marqu&#233; par la guerre froide a rendu utopique. En r&#233;alit&#233; le projet f&#233;d&#233;ral ne pr&#233;voyait ni plus ni moins que la naissance d'un commonwealth fran&#231;ais. Aujourd'hui, nous pouvons malheureusement seulement imaginer l'importance qu'aurait eu le fait de doter d&#232;s 1945 l'Alg&#233;rie d'un parlement r&#233;ellement repr&#233;sentatif et d'une r&#233;elle constitution d&#233;mocratique et f&#233;d&#233;rale respectueuse d'un peuple ethniquement et culturellement h&#233;t&#233;rog&#232;ne Cela aurait permis que toute &#233;volution successive de la situation alg&#233;rienne parte sur des bases constitutionnelles solides, plut&#244;t que sur la terreur et la violence, dont le peuple alg&#233;rien paie encore aujourd'hui le prix.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Alessandro BRESOLIN&lt;br class='manualbr' /&gt;Auteur de &#171; Une id&#233;e qui vient de loin, europ&#233;isme et f&#233;d&#233;ralisme dans l'&#339;uvre de Camus &#187; - A para&#238;tre dans les Actes des Rencontres m&#233;diterran&#233;ennes Albert Camus 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction de l'italien par Jean-Francis BILLION - Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Albert Camus, &#171; Le parti de la tr&#234;ve &#187;, 17 janvier 1956, dans Chroniques alg&#233;riennes 1939-1958 - Actuelles III, Paris, Gallimard, 2008, p. 163-164.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Albert Camus, &#171; L'avenir alg&#233;rien &#187;, 23 juillet 1956, dans Albert Camus, Essais, Gallimard, Paris, 1965, p. 1875. La complexit&#233; du cas alg&#233;rien, m&#234;me du point de vue terminologique (f&#233;d&#233;ration, conf&#233;d&#233;ration, autonomie), r&#233;side dans le fait que, du point de vue juridique, l'Alg&#233;rie fran&#231;aise n'&#233;tait pas consid&#233;r&#233;e comme une colonie mais partie int&#233;grante de la R&#233;publique. Pour une analyse plus approfondie sur la th&#233;matique &#8220;Alg&#233;rie et f&#233;d&#233;ralisme chez Camus &#8221;, je renvoie les lecteurs &#224; un essai de moi en cours de pr&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Manifeste des intellectuels d'Alg&#233;rie en faveur du projet Violette &#187;, Jeune M&#233;diterran&#233;e, mai 1937, dans Albert Camus, Essais, Paris, Gallimard, 1965, p. 1328.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Collot, &#171; Le Parti du peuple alg&#233;rien &#187;, dans Revue alg&#233;rienne des sciences juridiques, &#233;conomiques et politiques, vol. VIII, n&#176; I, Alger, mars 1971, p. 149.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Lettre d'Alger &#8211; Le progr&#232;s du nationalisme alg&#233;rien &#187;, Revue M&#233;diterran&#233;enne-Afrique du Nord, n I, juin 1939, dans &#338;uvres compl&#232;tes, Gallimard, Paris, 2006, tome I, p. 871.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Albert Camus, &#171; L'avenir politique &#187;, Alger R&#233;publicain, 13 juin 1939, in Chroniques alg&#233;riennes 1939-1958 - Actuelles III, Paris, Gallimard, 2008, p. 70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibidem, p. 72.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ahmed Mahsas, Le mouvement r&#233;volutionnaire en Alg&#233;rie de la premi&#232;re guerre mondiale &#224; 1954, L'Harmattan, Paris, 1974, p. 159.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans, Laszlo Nagy, La naissance et le d&#233;veloppement du mouvement de lib&#233;ration nationale en Alg&#233;rie (1919-1947), Budapest, Akademiai Kiado, 1989, p. 111.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Albert Camus, &#171; Le malaise politique &#187;, Combat, 18 mai 1945, dans Chroniques alg&#233;riennes 1939-1958 - Actuelles III, Paris, Gallimard, 2008, p. 112.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Albert Camus, &#171; Le Parti du manifeste &#187;, Combat, 20-21 mai 1945, dans Chroniques alg&#233;riennes 1939-1958 - Actuelles III, Paris, Gallimard, 2008, p. 116-117.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans Jean Robert Henry-Claude Collot, Le mouvement national alg&#233;rien. Textes 1912-1954, Paris, L'Harmattan, 1978, p. 224.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Albert Camus, &#171; Alg&#233;rie 1958 &#187;, dans Chroniques alg&#233;riennes 1939-1958 - Actuelles III, Paris, Gallimard, 2008, p. 204.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Albert Camus, &#171; L'Alg&#233;rie nouvelle &#187;, in Actuelles III. Chroniques alg&#233;riennes 1939-1958, dans Albert Camus, &#338;uvres compl&#232;tes IV &#8211; 1957-1959, Paris, Gallimard, 2008, pp. 391-392.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Albert Camus et le Comit&#233; fran&#231;ais pour la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Albert-Camus-et-le-Comite-francais-pour-la-Federation-europeenne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Albert-Camus-et-le-Comite-francais-pour-la-Federation-europeenne</guid>
		<dc:date>2011-08-05T10:18:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Francis Billion</dc:creator>


		<dc:subject>Albert Camus</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En juin 1944, quelques jours avant le d&#233;part des Allemands, le Comit&#233; fran&#231;ais pour la f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne (CFFE) rend publique son existence &#224; Lyon. Il diffuse une &#171; D&#233;claration &#187; et adopte un &#171; Manifeste &#187; et un &#171; Projet de travail concret &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le CFFE se pr&#233;sente comme un &#171; organe &#187; du Mouvement de lib&#233;ration nationale (MLN). &lt;br class='autobr' /&gt;
L'un de ses principaux responsables est Andr&#233; Ferrat, ancien haut responsable communiste exclu du PCF en 1936, deux ans apr&#232;s avoir fond&#233; une revue (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-151-mars-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 151 &#8212; 2011/03&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Albert-Camus-+" rel="tag"&gt;Albert Camus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En juin 1944, quelques jours avant le d&#233;part des Allemands, le Comit&#233; fran&#231;ais pour la f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne (CFFE) rend publique son existence &#224; Lyon. Il diffuse une &#171; D&#233;claration &#187; et adopte un &#171; Manifeste &#187; et un &#171; Projet de travail concret &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fonds Altiero Spinelli, Archives historiques des Communaut&#233;s europ&#233;ennes ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CFFE se pr&#233;sente comme un &#171; organe &#187; du Mouvement de lib&#233;ration nationale (MLN).&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Issu de la fusion des Mouvements Unis de R&#233;sistance (MUR) regroupant les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un de ses principaux responsables est Andr&#233; Ferrat, ancien haut responsable communiste exclu du PCF en 1936, deux ans apr&#232;s avoir fond&#233; une revue oppositionnelle, Que Faire ?, qui para&#238;tra jusqu'en 1939. Que Faire ? est aussi un mouvement, clandestin au sein du PC, et, officiel &#224; l'ext&#233;rieur, regroupant anciens communistes, trotskistes ou socialistes de gauche&#8230; (fran&#231;ais ou &#233;trangers) dont plusieurs se retrouvent durant la guerre, et apr&#232;s la Lib&#233;ration, parmi les animateurs du CFFE, puis du Comit&#233; international pour la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne (CIFE) et enfin du Comit&#233; pour une F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne et mondiale (CFEM) qui prend sa suite en 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Manifeste revendique le r&#244;le du MLN comme &lt;i&gt;&#171; avant-garde du peuple fran&#231;ais dans la lutte contre l'oppression nazie &#187;&lt;/i&gt;, revendique&lt;i&gt; &#171; le droit de participer &#224; l'&#233;dification de la paix et de l'Europe de demain &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; cr&#233;e dans son sein un CFFE &#187; et &#233;num&#232;re les &#171; t&#226;ches imm&#233;diates &#224; accomplir &#187;&lt;/i&gt; (diffusion et d&#233;veloppements de ses th&#232;ses ; adh&#233;sions nombreuses individuelles ou collectives ; publications et documentations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deux num&#233;ros sont publi&#233;s en f&#233;vrier et ao&#251;t 1945 des Cahiers de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; comit&#233;s d&#233;partementaux&#8230; ; liaisons avec les divers mouvements nationaux pour la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La D&#233;claration, r&#233;dig&#233;e en particulier par Ferrat, Gilbert Zacsas (lui aussi ancien du PC et de Que Faire ?) et Albert Camus, signale que &lt;i&gt;&#171; depuis de longs mois la propagande en faveur d'une f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne&#8230; est commenc&#233;e dans plusieurs des principaux journaux clandestins de la R&#233;sistance en France, en Belgique, en Hollande, en Pologne, en Norv&#232;ge&#8230; ; que l'id&#233;e d'une Europe lib&#233;r&#233;e et f&#233;d&#233;r&#233;e unit&#8230; nombre de militants antifascistes allemands &#187;&lt;/i&gt; ; que le mouvement s'est organis&#233; en Angleterre et qu'un comit&#233; de liaison s'est cr&#233;&#233; en Suisse ; enfin, qu'en Italie, il groupe &lt;i&gt;&#171; de nombreux militants antifascistes&#8230;, enfin lib&#233;r&#233;s des prisons et des &#238;les &#187; &lt;/i&gt; et que &lt;i&gt;&#171; en France, des militants membres des principaux courants ou mouvements de la R&#233;sistance d&#233;cident de cr&#233;er le CFFE &#187;&lt;/i&gt;. Elle r&#233;sume les &#171; id&#233;es fondamentales &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; 1 / impensable de reconstruire une Europe prosp&#232;re, d&#233;mocratique et pacifique, sous la forme d'un assemblage d'Etats souverains, s&#233;par&#233;s par leurs fronti&#232;res politiques et douani&#232;res&#8230; ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 2 / toute tentative d'organiser la prosp&#233;rit&#233;, la d&#233;mocratie et la paix par une Soci&#233;t&#233; des Nations du type d'une ligue d'Etats est vou&#233;e &#224; la faillite&#8230; ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 3 / l'Europe ne peut se d&#233;velopper dans la voie du progr&#232;s &#233;conomique, de la d&#233;mocratie et de la paix que si les Etats nationaux se f&#233;d&#232;rent et remettent &#224; l'Etat f&#233;d&#233;ral europ&#233;en : l'organisation &#233;conomique et commerciale&#8230;, le droit d'avoir seul une arm&#233;e et d'intervenir contre toute tentative de r&#233;tablissement de r&#233;gime autoritaire, la direction des relations ext&#233;rieures, l'administration des territoires coloniaux&#8230;, la cr&#233;ation de la citoyennet&#233; europ&#233;enne en plus de la citoyennet&#233; nationale &#187;&#8230; ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 4 / &#171; &#8230; les gouvernements nationaux ne seront subordonn&#233;s au gouvernement f&#233;d&#233;ral que lorsqu'il s'agira de questions int&#233;ressant l'ensemble des Etats f&#233;d&#233;r&#233;s&#8230; &#187; ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 5 / &#171; le Mouvement&#8230; entend s'appuyer sur les mouvements nationaux qui luttent pour la justice &#233;conomique et sociale, contre l'oppression politique, pour le libre et pacifique &#233;tablissement de leur g&#233;nie national sp&#233;cifique &#187;. Mais le texte, aussi, &#171; met en garde contre l'illusion &#187; des &#171; patriotes d&#233;mocrates, socialistes, communistes (qui) pensent souvent que ces buts doivent d'abord &#234;tre atteints dans chaque pays s&#233;par&#233;ment et qu'en fin de compte surgira une situation internationale dans laquelle tous les peuples pourront fraterniser &#187; et d&#233;clare que &#171; l'ordre de ces buts est exactement inverse&#8230; La F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne est le premier des buts que doivent se fixer les &#233;l&#233;ments patriotes d&#233;mocrates, socialistes et communistes &#187; ; enfin,&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 6 / &#171; le Mouvement pour la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne repousse l'opinion suivant laquelle il convient de remettre &#224; plus tard l'&#233;tude de ces questions sous pr&#233;texte qu'il s'agit uniquement aujourd'hui de combattre pour la lib&#233;ration nationale &#187;. Le CFFE affirme la n&#233;cessit&#233; que ces t&#226;ches soient men&#233;es conjointement, &#171; sinon, comme en 1919, une organisation r&#233;actionnaire de l'Europe risque d'&#234;tre impos&#233;e aux peuples &#187;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#224; quelle date a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; le CFFE ? A t'il &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; par un Comit&#233; clandestin ? Les informations laiss&#233;es par Ferrat tiennent en quelques lignes dans un curriculum vitae et une note pour le Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier. Dans le premier document, il pr&#233;cise que,&lt;i&gt; &#171; (il) fonde et dirige La Revue libre, en &#233;t&#233; 1943&#8230;, fonde avec Pia, Baumel, Maurice Gu&#233;rin, etc., le Comit&#233; clandestin pour la f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne (d&#233;but 1944), organise le contact avec les organisations de R&#233;sistance &#233;trang&#232;res par la Suisse &#187;&lt;/i&gt; ; dans le second il ajoute que, &lt;i&gt;&#171; pendant le premier semestre 1944, avec un groupe de membres du MLN dont F-T (Franc-Tireur) faisait partie, il cr&#233;a le Comit&#233; fran&#231;ais pour la f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne, en liaison avec le MFE (Movimento Federalista Europeo) fond&#233; &#224; Milan en ao&#251;t 1943 par des R&#233;sistants italiens &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Fonds Ferrat, cit.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Une lettre de L&#233;o Valiani &#224; Spinelli plaide pour l'existence d'un comit&#233; clandestin ant&#233;rieur au CFFE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ancien compagnon de prison de Spinelli &#224; Rome, responsable du PCI puis membre de Que Faire ?, Valiani &#233;crit que &lt;i&gt;&#171; il serait int&#233;ressant que tu puisses retrouver la trace -pour le congr&#232;s f&#233;d&#233;raliste- du directeur de la revue (Que Faire ?), Andr&#233; Ferrat, un Fran&#231;ais, actuellement peut-&#234;tre membre du Parti socialiste, qui il y a un an tentait de te contacter ; je ne sais pas s'il y a r&#233;ussi &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Lettre du 2 janvier 1944 de Valiani &#224; Spinelli, dans, Edmondo Paolini, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cette lettre &#233;tablit que, d&#233;but 1943 ou fin 1942, Ferrat, voire d'autres avec lui, avaient commenc&#233; une action f&#233;d&#233;raliste et essay&#233; de contacter Spinelli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est probable que ce groupe &#233;tait pour partie issu de Franc-Tireur et de La Revue libre dont Ferrat et ses proches &#233;taient charg&#233;s.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le groupe de La Revue libre sera &#224; l'&#233;t&#233; 1944, avec le CFFE, le premier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; C'est sans doute dans le processus de rapprochement entre les organisations de R&#233;sistance aboutissant &#224; la fondation des MUR (automne 1942) puis &#224; celle du MLN (d&#233;cembre 1943) que d'autres, Jacques Baumel, tent&#233; par le PC puis gagn&#233; par le gaullisme, Pascal Pia, proche des milieux libertaires, ou Maurice Gu&#233;rin, d&#233;mocrate-chr&#233;tien, d'autres encore&#8230; le rejoignent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des anciens de &lt;i&gt;Que Faire ?&lt;/i&gt; &#233;galement ; agissant parfois au nom d'autres organisations : Zacsas, au nom du mouvement toulousain Lib&#233;rer et F&#233;d&#233;rer, puis apr&#232;s le rapprochement des deux mouvements pour le mouvement lyonnais L'Insurg&#233; ; Pierre Rimbert au nom de Libert&#233;s qu'il a fond&#233; &#224; Paris d&#232;s l'arriv&#233;e des Allemands avec d'autres membres de &lt;i&gt;Que Faire ?&lt;/i&gt;, dont Pierre Lochac. Les Suisses Robert Bondy, ancien de&lt;i&gt; Que Faire ?&lt;/i&gt;, et Ren&#233; Bertholet, assurent les contacts internationaux de la R&#233;sistance via Gen&#232;ve o&#249; Jean-Marie Soutou, membre de la Repr&#233;sentation de la France libre et li&#233; avant guerre aux milieux f&#233;d&#233;ralistes et personnalistes, participe (comme eux) aux r&#233;unions f&#233;d&#233;ralistes de Gen&#232;ve de 1944.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quelle &#233;poque Albert Camus s'est-il impliqu&#233; dans le CFFE ? Je ne suis pas un camusien patent&#233; et ne peux que faire des hypoth&#232;ses, je l'esp&#232;re confort&#233;es et pr&#233;cis&#233;es &#224; l'occasion de la publication de l'intervention d'Alessandro Bresolin, &lt;i&gt;&#171; &#8216;La m&#234;me id&#233;e qui revient de loin'. Europ&#233;isme et f&#233;d&#233;ralisme chez Camus &#187;&lt;/i&gt; aux &#171; XXVIIes Journ&#233;es de Lourmarin : L'Europe selon Albert Camus &#187; dont les Actes doivent prochainement &#234;tre publi&#233;s. Ferrat ne mentionne pas Camus &#224; l'origine du CFFE. Par contre il est possible qu'ils se soient connus &#224; Alger avant guerre quand Ferrat y allait en tant que responsable du PC pour les questions coloniales (1934-1935) et que Camus &#233;tait charg&#233; par le PC &lt;i&gt;&#171; de la propagande parmi les Arabes &#187;&lt;/i&gt; (cf. article de Bresolin ci-apr&#232;s). Ferrat connaissait-il alors l'int&#233;r&#234;t de Camus pour le f&#233;d&#233;ralisme ? C'est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, je pense que Pascal Pia, intellectuel de sensibilit&#233; libertaire, ami de Camus &#224; Alger o&#249; ils ont collabor&#233; avant guerre, au journal Alger r&#233;publicain, a pu &#234;tre le lien originel entre lui et le CFFE ; mais, quels ant&#233;c&#233;dents peuvent-ils &#233;clairer cet engagement ? Lorsque Pia vient diriger le quotidien cr&#233;&#233; par la gauche locale, Alger r&#233;publicain (&#233;t&#233; 1938), Camus, devient son collaborateur avant de prendre la r&#233;daction en chef. C'est l&#224;, et dans l'&#233;ph&#233;m&#232;re Le Soir r&#233;publicain cr&#233;&#233; par Camus &#224; la suite, que sont publi&#233;s une s&#233;rie de sept articles (avril 1939 &#224; janvier 1940).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces textes, sign&#233;s de Camus ou de divers pseudonymes, sont parfois cossign&#233;s par Pia. Dans trois d'entre-eux, le f&#233;d&#233;ralisme est pr&#233;sent&#233; comme la solution pour cr&#233;er apr&#232;s guerre un nouvel ordre politique international d&#233;mocratique, juste et stable.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Cahiers Albert Camus, 3, Fragments d'un combat 1938-1940, Alger (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ces prises de position culminent avec un texte commun, &#171; Profession de foi &#187;, en r&#233;ponse &#224; une attaque du journal L'&#233;mancipation nationale, du Parti populaire fran&#231;ais de Jacques Doriot.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Profession de foi &#187; (pp. 726-729), cf. Cahiers Albert Camus, op. cit., (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son intervention &#224; Lourmarin, Bresolin donne d'autres pr&#233;cisions importantes que j'avais sous estim&#233;es : l'int&#233;r&#234;t de Camus pour l'Espagne, pays d'origine de sa m&#232;re (caract&#232;re f&#233;d&#233;ral de la R&#233;publique espagnole, socialisme-libertaire espagnol et travaux de Pi y Margall ou Francisco Ferrer) ; ses contacts &#224; Alger avec le professeur de droit Robert-Edouard Charlier dont il a comment&#233; plusieurs conf&#233;rences dans Alger R&#233;publicain et avec lequel il a r&#233;dig&#233; avec Pia divers articles sur la guerre en 1939 dans Le Soir r&#233;publicain ; sa rencontre &#224; Alger, en 1941, avec l'italien Nicola Chiaramonte, collaborateur des Quaderni di Giustizia e Libert&#224; et li&#233; avec les milieux des exil&#233;s antifascistes et peut-&#234;tre m&#234;me avec Silvio Trentin, principal &#171; inspirateur &#187; de Lib&#233;rer et F&#233;d&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rentr&#233; en m&#233;tropole, Pia s'installe &#224; Lyon (fin 1940), int&#232;gre Combat (d&#233;but 1942) avant d'&#234;tre appel&#233; &#224; Paris comme Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral adjoint des MUR (&#233;t&#233; 1943) puis de parcourir la Zone sud pour y installer des Comit&#233;s d&#233;partementaux de lib&#233;ration (d&#233;but 1944). Pia am&#232;ne Camus &#224; rejoindre Combat puis lui demande de le remplacer &#224; la direction du journal clandestin. Fin 1943, Camus, malade et install&#233; dans la Haute-Loire, s'engage dans la r&#233;sistance active et rejoint Combat fin 1943. Son engagement, y compris au CFFE, est indissociable de la publication de ses Lettres &#224; un ami allemand, les plus importants de ses &#233;crits clandestins dont la troisi&#232;me oppose deux visions de l'Europe : celle des nazis ou de la collaboration, et celle humaniste de la R&#233;sistance.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La premi&#232;re para&#238;t dans le num&#233;ro 2 de La Revue libre (f&#233;vrier 1944), la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camus, sollicit&#233; par Spinelli sur conseil de Ferrat durant son s&#233;jour &#224; Lyon (d&#233;but 1945), va &#234;tre l'un des promoteurs de la Conf&#233;rence f&#233;d&#233;raliste de Paris de mars 1945 sur laquelle Cinzia Rognoni a pr&#233;sent&#233; une contribution qui devrait l&#224; encore &#234;tre prochainement publi&#233;e. La Conf&#233;rence de Paris voit la transformation du CFFE en CIFE, qui, dirig&#233; par Francis G&#233;rard Kumleben, allemand anti-nazi et ancien secr&#233;taire du CFFE, rend possible la r&#233;union f&#233;d&#233;raliste internationale de Herstenstein de l'automne 1946 ; il y est repr&#233;sent&#233; de m&#234;me qu'&#224; celle de Luxembourg organis&#233;e par la Federal Union britannique puis &#224; celle qui pr&#233;pare la fondation de l'Union des F&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens (UEF) dans les locaux du mouvement La F&#233;d&#233;ration en d&#233;cembre 1946. Le CIFE, transform&#233; en CFEM, sera repr&#233;sent&#233; &#224; Montreux en septembre 1947 o&#249; se r&#233;unissent en parall&#232;le l'UEF et le Mouvement universel pour une conf&#233;d&#233;ration mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est indubitable que Camus accompagne encore les f&#233;d&#233;ralistes apr&#232;s la Lib&#233;ration, en particulier par ses prises de position journalistiques, m&#234;me s'il abandonne progressivement nombre d'engagements militants et r&#233;pugne parfois &#224; donner son nom &#224; des activit&#233;s dans lesquelles il n'a plus le temps ou le d&#233;sir de s'engager personnellement et activement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; de ma communication, &#171; Le Comit&#233; fran&#231;ais pour la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne - Lyon juin 1944 - Racines, fondation et contacts (1944-1949) &#187;, au Colloque de Pavie d'avril 2008, sur &#171; Altiero Spinelli et le f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en de la R&#233;sistance &#187; dont les Actes doivent &#234;tre prochainement publi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Francis BILLION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vice-pr&#233;sident de l'UEF France - Membre du Comit&#233; f&#233;d&#233;ral de l'UEF Europe et du Conseil du World Federalist Movement - Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fonds Altiero Spinelli, Archives historiques des Communaut&#233;s europ&#233;ennes ; dossier A 4. D&#233;claration, aussi aux Archives d&#233;partementales du Rh&#244;ne, Lyon. D&#233;claration et autres textes &#224; l'Office universitaire de recherches socialistes (OURS), fonds Ferrat et Pierre Rimbert, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Issu de la fusion des Mouvements Unis de R&#233;sistance (MUR) regroupant les principaux mouvements de Zone sud (Combat, Franc-Tireur et Lib&#233;ration) et des principaux Mouvements de Zone nord ; regroupe l'essentiel de la R&#233;sistance non communiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Deux num&#233;ros sont publi&#233;s en f&#233;vrier et ao&#251;t 1945 des Cahiers de la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne ; nous n'avons pas &#224; ce jour trouv&#233; de trace de bulletin de liaison.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Fonds Ferrat, cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Lettre du 2 janvier 1944 de Valiani &#224; Spinelli, dans, Edmondo Paolini, Altiero Spinelli. &lt;i&gt;Dalla lotta antifascista alla battaglia per la federazione europea&lt;/i&gt;, 1920-1948 : &lt;i&gt;Documenti e testimonianze&lt;/i&gt;, &#233;d. Il Mulino, 1996, pp. 623, p. 353.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le groupe de La Revue libre sera &#224; l'&#233;t&#233; 1944, avec le CFFE, le premier groupe fran&#231;ais &#224; adh&#233;rer &#224; la &#171; D&#233;claration f&#233;d&#233;raliste des R&#233;sistances europ&#233;ennes de Gen&#232;ve &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Cahiers Albert Camus, 3, Fragments d'un combat 1938-1940, Alger r&#233;publicain, 2&#176; tome, &#233;d. NRF, Gallimard, Paris, pp. 768, &#233;dition &#233;tablie, pr&#233;par&#233;e et annot&#233;e par Jacqueline L&#233;vi-Valensi et Andr&#233; Abbou, chap. 5, &#171; Combat pour la vraie paix &#187;, pp. 611-657.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Profession de foi &#187; (pp. 726-729), cf. Cahiers Albert Camus, op. cit., chap. 7, &#171; Pour une &#233;thique du journalisme &#187;, pp. 711-741.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La premi&#232;re para&#238;t dans le num&#233;ro 2 de La Revue libre (f&#233;vrier 1944), la seconde dans les Cahiers de Lib&#233;ration (d&#233;but 1944) ; la troisi&#232;me &#224; nouveau destin&#233;e &#224; La Revue libre ne peut para&#238;tre avant la Lib&#233;ration, le troisi&#232;me num&#233;ro de la revue &#233;tant d&#233;truit avant diffusion, et elle sort dans le num&#233;ro 58 de l'hebdomadaire Libert&#233;s dirig&#233; par Rimbert apr&#232;s la Lib&#233;ration ; la quatri&#232;me para&#238;t en 1944 chez Gallimard. Albert Camus, Lettres &#224; un ami allemand, &#233;d. Gallimard, Paris, 1946.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; XXVIIes Journ&#233;es de Lourmarin : L'Europe selon Albert Camus &#187;</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Europe-selon-Albert-Camus</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Europe-selon-Albert-Camus</guid>
		<dc:date>2011-08-04T10:12:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Louis MEUNIER</dc:creator>


		<dc:subject>Albert Camus</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les 8 et 9 octobre 2010, au cours des XXVIIes Journ&#233;es de Lourmarin organis&#233;es par les Rencontres M&#233;diterran&#233;ennes Albert Camus autour de &#171; L'Europe selon Albert Camus &#187;, la th&#233;matique propos&#233;e a &#233;t&#233; cern&#233;e et pr&#233;sent&#233;e de fa&#231;on constructive par des camusiens confirm&#233;s. Il n'a pas &#233;t&#233; question de l'Europe de Camus, mais de l'Europe selon Camus, une Europe en mouvement au sein d'une &#339;uvre dont la pr&#233;sence et l'actualit&#233; sont toujours et de plus en plus n&#233;cessaires. Les Actes seront publi&#233;s en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-151-mars-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 151 &#8212; 2011/03&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Albert-Camus-+" rel="tag"&gt;Albert Camus&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les 8 et 9 octobre 2010, au cours des XXVIIes Journ&#233;es de Lourmarin organis&#233;es par les Rencontres M&#233;diterran&#233;ennes Albert Camus autour de &#171; L'Europe selon Albert Camus &#187;, la th&#233;matique propos&#233;e a &#233;t&#233; cern&#233;e et pr&#233;sent&#233;e de fa&#231;on constructive par des camusiens confirm&#233;s. Il n'a pas &#233;t&#233; question de l'Europe de Camus, mais de l'Europe selon Camus, une Europe en mouvement au sein d'une &#339;uvre dont la pr&#233;sence et l'actualit&#233; sont toujours et de plus en plus n&#233;cessaires. Les Actes seront publi&#233;s en 2011, pour les Journ&#233;es des 7 et 8 octobre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jean-Yves GU&#201;RIN a fix&#233; les cadres dans &#171; Camus et la construction europ&#233;enne &#187;. De 1939 &#224; sa mort, Camus s'est int&#233;ress&#233; &#224; la construction europ&#233;enne, dont il a &#233;t&#233; l'un des partisans les plus r&#233;solus. Cet aspect de sa r&#233;flexion politique est pourtant peu connu. A partir des Lettres &#224; un ami allemand jusqu'&#224; la pr&#233;face &#224; Chroniques alg&#233;riennes, par les articles de Combat et des &#233;crits peu connus r&#233;unis dans ses &#338;uvres compl&#232;tes, Jean-Yves Gu&#233;rin s'est interrog&#233; sur l'&#233;volution des conceptions de Camus et sur leurs r&#233;sonances dans la France et l'Union europ&#233;enne d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Selon Manfred STASSEN, il n'y a pas une id&#233;e cl&#233; et politiquement applicable de l'Europe chez Camus, mort trop t&#244;t pour avoir pu se prononcer sur l'architecture politique et culturelle d'une Union Europ&#233;enne. Dans &#171; L'Europe de Camus, n&#233;e de la mythologie grecque &#187;, il a d&#233;gag&#233; trois &#171; Europes &#187; : celle du mythe, de l'origine, de l'id&#233;al -de la m&#233;moire (axe sud-nord). L'Europe de situation, de l'avant &#224; l'apr&#232;s 2e guerre mondiale -Europe unie (axe est-ouest). L'Europe de vision, retour &#224; l'Europe de la m&#233;moire au jour de l'engagement -une r&#233;alit&#233; europ&#233;enne diverse et libertaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Alessandro BRESOLIN a montr&#233; qu'une f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne et mondiale &#233;tait pour Camus, f&#233;d&#233;raliste convaincu, la meilleure th&#233;rapie contre les guerres et les exc&#232;s des nationalismes. Sa communication &#171; &#8216;La m&#234;me id&#233;e qui revient de loin'. Europ&#233;isme et f&#233;d&#233;ralisme chez Camus &#187; pr&#233;cise cette vision politique europ&#233;iste de Camus. La guerre, la R&#233;sistance, les &#233;crits de Spinelli et de Rossi fortifi&#232;rent son engagement pour une f&#233;d&#233;ration politique de l'Europe et l'ont aid&#233; dans sa r&#233;flexion et ses prises de position vis-&#224;-vis du nationalisme, de l'Etat-nation et dans ses interventions politiques d'apr&#232;s guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Guy BASSET, dans sa communication &#171; L'Europe sous observation : les regards d'Albert Camus et de Simone Weil &#187;, a dit que l'attention soutenue au devenir de l'Europe manifest&#233;e par Camus et Simone Weil &#224; la veille de la seconde guerre mondiale, leur engagement contre les mont&#233;es de totalitarisme et ses cons&#233;quences sur le sort des d&#233;mocraties, leur ont permis de tracer la voie &#224; une reconstruction de la France et plus largement de l'Europe, pr&#233;serv&#233;es des pi&#232;ges et des maux qui l'avaient atteinte auparavant. L'Enracinement, publi&#233; posthum&#233;ment par Camus dans la collection qu'il dirigeait chez Gallimard, fait ainsi r&#233;f&#233;rence de matrice intellectuelle et pose les questions du d&#233;passement du nihilisme et de la &#171; crise de l'homme &#187;. Questions toujours actuelles, dans la modernit&#233; et la post-modernit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Maurice WEYEMBERG a analys&#233; dans &#171; Regards crois&#233;s de Camus sur l'Europe &#187; ce que dit Camus de l'Europe, dans des circonstances particuli&#232;res : raisons qui justifient que l'on r&#233;ponde &#224; la violence de certains Europ&#233;ens (Lettres &#224; un ami allemand, juillet 1943-juillet 1944), explication de l'Europe aux Am&#233;ricains du Nord (&#171; La Crise de l'homme &#187;, 28 mars 1946), aux Am&#233;ricains du Sud (&#171; Le Temps des meurtriers &#187;, 30 juin-31 ao&#251;t 1949), commentaire sur les &#233;lections en Angleterre en 1951, r&#233;ponses lorsqu'on l'interroge sur les origines et l'avenir de la civilisation europ&#233;enne. Camus n'oublie jamais, s'il s'identifie &#224; l'Europe, qu'il est n&#233; en Afrique. De l&#224; un regard particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sophie DOUDET, dans &#171; Combat pour l'Europe : de la crise &#224; la renaissance d'une conscience europ&#233;enne &#187;, a montr&#233; que la seconde guerre mondiale et la d&#233;couverte des camps de concentration semblent avoir irr&#233;m&#233;diablement bris&#233; les r&#234;ves de &#171; la jeunesse europ&#233;enne &#187; de l'entre-deux-guerres, bien que l'id&#233;e d'Europe ne soit pas morte (la construction de l'Union le d&#233;montrera dans les ann&#233;es 50). Les articles dans Combat et d'autres textes contemporains, t&#233;moignent de l'&#233;mergence et peut-&#234;tre de la mutation de l'image que l'&#233;crivain se forme de l'Europe : obscure tentation du pouvoir totalitaire face &#224; ce qui deviendra la solaire &#171; pens&#233;e de midi &#187;. S'il pr&#233;f&#232;re un temps l'id&#233;e de nation &#224; celle de communaut&#233;, d&#232;s la Lib&#233;ration Camus dessine lucidement les contours d'un continent et d'une id&#233;e : une solidarit&#233; europ&#233;enne et une communaut&#233; de destins plus vaste qui s'appuie sur les valeurs de Dignit&#233;, de V&#233;rit&#233;, de Justice et finalement du Bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est un subtil portrait de Camus que Lucien CASTELA a trac&#233; dans &#171; Dialectique et miroitement de la pr&#233;sence de l'Espagne chez Albert Camus &#187;. Albert Camus a l'Espagne au c&#339;ur, il est &#224; moiti&#233; espagnol par sa m&#232;re, fille d'un couple originaire des Bal&#233;ares, venu en Alg&#233;rie avec l'espoir de vivre. La vie quotidienne en Alg&#233;rie est tr&#232;s proche de la vie espagnole. L'Espagne de la jeunesse de Camus, c'est la deuxi&#232;me R&#233;publique, la r&#233;volte des Asturies et Franco. La conscience de l'absurdit&#233; de la vie, du monde, de l'action se retrouve dans la question pos&#233;e depuis le Moyen-Age : et tout cela, pourquoi ? La recherche vaine du sens est la mort pour certains, mais pas la soumission pour Camus, qui reprend les oeuvres de Calder&#243;n et de Lope de Vega (refus du pouvoir arbitraire), qui admire Don Quichotte (lutte contre toutes les formes d'injustice). Les &#233;crivains espagnols de sa g&#233;n&#233;ration ou de la suivante sont tr&#232;s proches de l'inspiration de Camus : Camilo Jos&#233; Cela, Ignacio Aldecoa, Rafael Sanchez Ferlosio, Jes&#250;s Fernandez Santos et Antonio Buero Vallejo au th&#233;&#226;tre. Camus est la r&#233;f&#233;rence, consciente ou non, de tout ce moment de la cr&#233;ation p&#233;ninsulaire. Sa vision de l'irr&#233;versible, de l'absence de sens, de l'&#233;tranget&#233; de l'individu devant le monde, se retrouve chez les auteurs espagnols qui atteignent souvent dans leurs oeuvres la profondeur de la d&#233;tresse et de l'angoisse humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il revenait &#224; Marc FIROUD de prolonger cette part de l'Espagne dans l'Europe selon Camus par une approche originale : &#171; Albert Camus lecteur de Jos&#233; Ortega y Gasset. &#192; propos de L'avenir de la civilisation europ&#233;enne &#187;. Le 27 novembre 1954, dans ses Carnets, Albert Camus &#233;crit qu'il a lu la principale &#339;uvre de Jos&#233; Ortega y Gasset (1883-1955), La r&#233;volte des masses (1930). L'on y lit cette remarque essentielle : &#171; Ortega y Gasset. [&#8230;] La libert&#233; et le pluralisme sont les deux dominantes de l'Europe. &#187; Et le 28 avril 1955, &#224; l'occasion d'un colloque sur &#171; L'avenir de la civilisation europ&#233;enne &#187; organis&#233; &#224; Ath&#232;nes par l'Union culturelle gr&#233;co-fran&#231;aise, Camus reprend l'id&#233;e ort&#233;guienne de l'av&#232;nement des masses, en citant &#224; nouveau ce livre. Le point essentiel de son intervention est que la &#171; civilisation europ&#233;enne est d'abord une civilisation pluraliste [&#8230; ce] qui a toujours &#233;t&#233; le fondement de la notion de libert&#233; europ&#233;enne me semble l'apport le plus important de notre civilisation. &#187; Ces r&#233;ponses de Camus se nourrissent des influences ort&#233;guiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Dernier intervenant, Anatoli KOVLER a parl&#233; de &#171; L'Europe des droits de l'homme et les id&#233;es d'Albert Camus &#187;. L'anthropologie juridique s'inspire largement de l'anthropologie philosophique qui compte Albert Camus parmi ses classiques. Dans ses articles pour Alger R&#233;publicain, les probl&#232;mes de la justice sociale et de la seule justice sont soulev&#233;s, dans L'&#201;tranger, la question du proc&#232;s &#233;quitable appara&#238;t au grand jour. Pour Camus, d&#233;fendre les droits de l'homme et les libert&#233;s avait le m&#234;me fondement : l'universalit&#233; de ces droits et libert&#233;s. Bien qu'europ&#233;en, Camus n'a jamais cherch&#233; &#224; imposer son mod&#232;le au reste du monde et n'a pas ni&#233; les acquis de la civilisation europ&#233;enne. La Convention europ&#233;enne des Droits de l'Homme, adopt&#233;e le 4 novembre 1950, est contemporaine d'Albert Camus, la pens&#233;e europ&#233;enne est en qu&#234;te d'instrument universel, juridiquement contraignant, de la sauvegarde de droits de l'homme et des libert&#233;s fondamentales. Et soixante ann&#233;es apr&#232;s, la jurisprudence de la Cour Europ&#233;enne des Droits de l'Homme donne &#224; son tour de multiples exemples de la p&#233;rennit&#233; des probl&#232;mes d'ordre moral et humanitaire, mais aussi juridique, soulev&#233;s par Albert Camus. Dans cette nouvelle Europe, les id&#233;es d'Albert Camus trouvent une nouvelle interpr&#233;tation : le droit regarde enfin au miroir de la morale et des cultures. Ainsi, l'acquis de ce nouveau syst&#232;me pan-europ&#233;en de protection des droits de l'homme est la reconnaissance pour l'individu de sa capacit&#233; juridique internationale, l'homme n'&#233;tant plus l'otage de &#171; son &#187; Etat -ph&#233;nom&#232;ne nouveau qui n'existait pas du vivant de Camus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est de saine tradition que des lectures de textes de Camus, choisis en rapport avec la th&#233;matique des Journ&#233;es, soient donn&#233;es. Vincent SIANO, responsable th&#233;&#226;tral en Vaucluse, a lu avec conviction et sensibilit&#233; des extraits des Lettres &#224; un ami allemand, des Carnets et d'articles de journaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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