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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>Le f&#233;d&#233;ralisme &#233;tasunien est-il apte &#224; contenir le pouvoir pr&#233;sidentiel ?</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Le-federalisme-etasunien-est-il-apte-a-contenir-le-pouvoir-presidentiel</link>
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		<dc:date>2020-04-29T07:07:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucas Tereygeol</dc:creator>


		<dc:subject>Focus</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans son fameux ouvrage intitul&#233; De la d&#233;mocratie en Am&#233;rique, Alexis de Tocqueville d&#233;signait l'organisation politique des &#201;tats-Unis comme &#171; la plus parfaite de toutes les constitutions f&#233;d&#233;rales. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
La v&#233;racit&#233; de cette affirmation est aujourd'hui plus importante que jamais &#224; l'aune de l'arriv&#233;e au pouvoir de Donald Trump, dont le programme menace le progr&#232;s d&#233;mocratique, social et &#233;cologique, bien au-del&#224; des fronti&#232;res de son propre pays. &lt;br class='autobr' /&gt;
En France, la polarisation du pouvoir autour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-184-Mars-2020-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 184 - Mars 2020&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Focus-+" rel="tag"&gt;Focus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Etats-Unis-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L150xH84/arton697-e2343.jpg?1729834818' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans son fameux ouvrage intitul&#233; De la d&#233;mocratie en Am&#233;rique, Alexis de Tocqueville d&#233;signait l'organisation politique des &#201;tats-Unis comme &#171; la plus parfaite de toutes les constitutions f&#233;d&#233;rales. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;racit&#233; de cette affirmation est aujourd'hui plus importante que jamais &#224; l'aune de l'arriv&#233;e au pouvoir de Donald Trump, dont le programme menace le progr&#232;s d&#233;mocratique, social et &#233;cologique, bien au-del&#224; des fronti&#232;res de son propre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, la polarisation du pouvoir autour de l'Ex&#233;cutif, telle qu'elle r&#233;duit le Parlement &#224; la fonction de chambre d'enregistrement des lois, est r&#233;guli&#232;rement d&#233;nonc&#233;e. &#192; l'heure o&#249; une r&#233;forme profonde de la Constitution fran&#231;aise est de plus en plus r&#233;clam&#233;e, la forme f&#233;d&#233;rale du gouvernement &#233;tasunien est-elle une source d'inspiration pour une d&#233;mocratie cherchant &#224; limiter la toute-puissance de son chef d'&#201;tat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En principe, le syst&#232;me f&#233;d&#233;ral &#233;tasunien repose sur la doctrine des checks and balances qui a trait &#224; une s&#233;paration des pouvoirs &#233;quilibr&#233;e. Le L&#233;gislatif, l'Ex&#233;cutif et le Judiciaire se contrebalancent les uns les autres et doivent respecter leurs sph&#232;res d'action respectives. Par ailleurs, les entit&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;es disposent de la comp&#233;tence de droit commun, tandis que l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral b&#233;n&#233;ficie d'une comp&#233;tence r&#233;galienne strictement d&#233;limit&#233;e par la Constitution. Le catalogue des droits &#8211; le Bill of Rights &#8211; est cens&#233; pr&#233;server la libert&#233; et les droits fondamentaux de chaque citoyen. &lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;anmoins, ces garanties impliquent-elles que le f&#233;d&#233;ralisme am&#233;ricain soit suffisamment arm&#233; pour endiguer l'h&#233;g&#233;monie d'un Pr&#233;sident aux valeurs et ambitions dangereuses ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution r&#233;dig&#233;e par Georges Washington et ses amis offre &#224; l'interpr&#232;te une marge d'appr&#233;ciation particuli&#232;rement &#233;tendue, de sorte que le r&#244;le du Pr&#233;sident d&#233;pend de sa personnalit&#233; et de sa fa&#231;on de concevoir la gouvernance. Alors que le f&#233;d&#233;ralisme &#233;tasunien &#233;tait initialement per&#231;u comme congressionnel, les quatre mandats successifs de Franklin Delano Roosevelt ont affermi la position du Pr&#233;sident au sein de l'&#233;ventail institutionnel. En effet, le Pr&#233;sident n'h&#233;site pas &#224; outrepasser les pouvoirs qui lui sont impartis par une lecture raisonnable de la Constitution. Divers exemples suffisent &#224; s'en convaincre. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Ex&#233;cutif se passe r&#233;guli&#232;rement de l'autorisation du Congr&#232;s, pourtant n&#233;cessaire, pour mener une op&#233;ration militaire. R&#233;cemment, Donald Trump a unilat&#233;ralement conduit l'intervention en Syrie, sans se soucier de l'opinion des parlementaires. Mais l'actuel dirigeant n'a pas inaugur&#233; cette pratique : par exemple, les interventions au Kosovo en 1999 et en Libye en 2011 ont &#233;galement &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;es discr&#233;tionnairement par ses pr&#233;d&#233;cesseurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Pr&#233;sident jouit aussi d'une place centrale dans la fabrication de la loi, alors qu'il ne d&#233;tient formellement aucune pr&#233;rogative. Plus pr&#233;cis&#233;ment, le Pr&#233;sident p&#232;se sur l'initiative l&#233;gislative &#224; travers le discours annuel sur l'&#233;tat de l'Union. Surtout, le syst&#232;me du parlementarisme de couloir consiste &#224; demander &#224; un parlementaire de pr&#233;senter un projet de loi confectionn&#233; par l'administration pr&#233;sidentielle. &lt;br class='autobr' /&gt;
En outre, le Pr&#233;sident influence le Congr&#232;s gr&#226;ce &#224; sa capacit&#233; &#224; paralyser la gouvernance. Depuis 1921, le budget est pr&#233;par&#233; par l'Ex&#233;cutif, qui le soumet &#224; l'approbation du Congr&#232;s. Ce dernier est alors incit&#233; &#224; c&#233;der aux vues pr&#233;sidentielles, sous peine de bloquer les recettes et d&#233;penses publiques. Du point de vue de l'&#233;quilibre des pouvoirs, le droit de v&#233;to constitue certainement l'instrument le plus critiquable, entre les mains du Pr&#233;sident &#233;tasunien. Celui-ci peut en user d&#233;mesur&#233;ment pour retarder la proc&#233;dure l&#233;gislative ou obliger le Congr&#232;s &#224; r&#233;unir une majorit&#233; significative, voire inatteignable, de parlementaires en vue d'adopter une loi ind&#233;sirable aux yeux de l'Ex&#233;cutif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t, le processus &#233;lectoral pr&#233;sente deux ambivalences. D'une part, le Pr&#233;sident des &#201;tats-Unis est, de fait, &#233;lu au suffrage universel direct. Depuis 1932, la d&#233;signation des grands &#233;lecteurs ne correspond plus qu'&#224; une &#233;tape purement formelle, &#233;tant donn&#233; qu'ils sont investis d'un mandat imp&#233;ratif. Autrement dit, ils s'engagent irr&#233;vocablement &#224; voter pour l'un des deux candidats, ce qui implique que l'issue du scrutin est connue d&#232;s les r&#233;sultats du vote populaire. Cela favorise la pr&#233;&#233;minence institutionnelle du Pr&#233;sident, qui s'affirme comme un leader national. D'autre part, le syst&#232;me des grands &#233;lecteurs nie la volont&#233; d&#233;mocratique, en ce que le Pr&#233;sident &#233;lu n'est pas forc&#233;ment le candidat ayant suscit&#233; le plus de votes des citoyens. &#192; titre d'exemple, Hilary Clinton, pourtant battue en 2016, avait obtenu 2,7 millions de voix de plus que Donald Trump.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appareil judiciaire, compos&#233; essentiellement de juges d&#233;mocratiquement &#233;lus, est peut-&#234;tre le rempart le plus ind&#233;fectible &#224; l'arbitraire de l'Ex&#233;cutif. Le droit &#233;crit est en retrait par rapport au droit d'origine jurisprudentielle, de sorte qu'Edouard Lambert, juriste fran&#231;ais, a pu qualifier le syst&#232;me &#233;tasunien de &#171; Gouvernement des juges &#187;. La Cour Supr&#234;me des &#201;tats-Unis en est un parfait exemple. Depuis le c&#233;l&#232;bre arr&#234;t Marbury v. Madison (1803), elle s'autorise &#224; contr&#244;ler la conformit&#233; des lois &#224; la Constitution, dont elle retient une interpr&#233;tation dynamique et &#233;volutive. On pourrait notamment citer les d&#233;cisions Roe v. Wade (1973) et Obergefell v. Hodges (2015), par lesquelles elle a respectivement autoris&#233; l'avortement et le mariage pour les couples de m&#234;me sexe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, l'enthousiasme &#224; l'id&#233;e de voir un juge temp&#233;rer les exc&#232;s d'un Pr&#233;sident comme Donald Trump doit &#234;tre singuli&#232;rement nuanc&#233;. En fonction de sa composition, la Cour supr&#234;me alterne entre une lecture conservatrice et une approche progressiste de la Constitution, de sorte qu'elle a pu successivement d&#233;clarer la s&#233;gr&#233;gation raciale contraire et conforme &#224; la Loi fondamentale ! Ne pourrait-on donc pas consid&#233;rer que la Constitution &#233;tasunienne est un r&#233;ceptacle de principes vagues et abstraits, auxquels les juges peuvent donner n'importe quelle signification, f&#251;t-elle arbitraire ? En outre, l'appartenance assum&#233;e des juges &#224; des courants politiques particuliers et clivants peut appara&#238;tre regrettable, si on &#233;rige l'impartialit&#233; et la neutralit&#233; de la justice au rang des principes cardinaux de l'&#201;tat de droit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>&#171; Diner at Jefferson's &#187; ou comment les &#201;tats-Unis cr&#233;&#232;rent la dette publique f&#233;d&#233;rale</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/comment-les-Etats-Unis-creerent-la-dette-publique-federale</link>
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		<dc:date>2011-10-09T14:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Guy Giraud</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il est 15.00 &#224; New York (si&#232;ge provisoire du Congr&#232;s) ce 20 juin 1790 .Dans sa r&#233;sidence de Maiden Lane , Thomas Jefferson (Secretary of State ) choisit les vins-fran&#231;ais- qu'il offrira &#224; ses convives pour le d&#238;ner le plus fameux de l'histoire de la f&#233;d&#233;ration am&#233;ricaine . &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 16.00 pr&#233;cises se pr&#233;sentent ses deux seuls invit&#233;s : James (&#034;floor leader&#034; du parti d&#233;mocrate-r&#233;publicain du Congr&#232;s) et Alexander Hamilton ( Secretary of the Treasury) . &lt;br class='autobr' /&gt;
L'invitation avait &#233;t&#233; lanc&#233;e la veille lors (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-151-mars-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 151 &#8212; 2011/03&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Etats-Unis-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est 15.00 &#224; New York (si&#232;ge provisoire du Congr&#232;s) ce 20 juin 1790 .Dans sa r&#233;sidence de Maiden Lane , Thomas Jefferson (Secretary of State ) choisit les vins-fran&#231;ais- qu'il offrira &#224; ses convives pour le d&#238;ner le plus fameux de l'histoire de la f&#233;d&#233;ration am&#233;ricaine .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 16.00 pr&#233;cises se pr&#233;sentent ses deux seuls invit&#233;s : James (&#034;floor leader&#034; du parti d&#233;mocrate-r&#233;publicain du Congr&#232;s) et Alexander Hamilton ( Secretary of the Treasury) .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'invitation avait &#233;t&#233; lanc&#233;e la veille lors d'une br&#232;ve rencontre inopin&#233;e entre Jefferson et Hamilton devant la r&#233;sidence du Pr&#233;sident George Washington sur Broadway- rencontre ainsi relat&#233;e par Jefferson :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#034;Going to the President's , I met Hamilton as I approached the door . His look was somber , haggard ...He asked to speak with me ... We stood in the street near the door . He opened the subject of the assumption of the States debt , the necessity of it in the general fiscal arrangement and its indispensable necessity towards the preservation of the Union ...&#034; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois hommes savaient pertinemment sur quels sujets- apparemment sans liens l'un avec l'autre- allait porter leur conversation :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'autorisation par le Congr&#232;s de la prise en charge des dettes des Etats par le nouveau Gouvernement f&#233;d&#233;ral (&#034;the assumption plan&#034;),&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le choix du si&#232;ge d&#233;finitif de la capitale f&#233;d&#233;rale .&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Sur le deuxi&#232;me sujet , Thomas Jefferson et James Madison sont les demandeurs .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'ind&#233;pendance (1776) le si&#232;ge du Gouvernement de la Conf&#233;d&#233;ration- puis de l' Union (1789)- demeure provisoire . Le premier US Congress a si&#233;g&#233; &#224; Philadelphie avant de se d&#233;placer (chass&#233; par une mutinerie de soldats de la guerre d'ind&#233;pendance r&#233;clamant leurs arri&#233;r&#233;s de solde) &#224; Princeton (NJ) , Annapolis (MD) , Trenton (NJ) puis New York o&#249; il si&#232;ge encore en juin 1790 . Pour mettre fin &#224; cette errance , Jefferson et Madison souhaitaient- en application de l'article I , section 8 , par. 17 de la Constitution- fixer rapidement le si&#232;ge d&#233;finitif de la capitale en bordure du Potomac et &#224; proximit&#233; de Mount Vernon , r&#233;sidence familiale de Washington . Pour ce faire ils avaient besoin du soutien des Etats du Nord , repr&#233;sent&#233;s par Alexander Hamilton , &#233;lu de l'Etat de New York, et regroup&#233;s au sein du parti &#034;f&#233;d&#233;raliste&#034; du Congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le pemier sujet qui nous int&#233;resse d'avantage ici, Alexander Hamilton est le demandeur .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet- tout aussi d&#233;terminant pour l'avenir de la F&#233;d&#233;ration que le choix de sa capitale- concernait le &#034;public credit&#034; des Etats Unis . Il s'agissait , en r&#233;sum&#233; , d'autoriser le Gouvernement f&#233;d&#233;ral &#224; assumer (&#034;assumption&#034; plan) les dettes de guerre des Etats et de la Conf&#233;d&#233;ration contract&#233;es aupr&#232;s des Gouvernements &#233;trangers et des citoyens am&#233;ricains- et de les financer par de nouveaux emprunts cette fois souscrits au nom de la nouvelle F&#233;d&#233;ration .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'esprit d'Hamilton , il fallait tout d'abord rem&#233;dier en urgence &#224; l'&#233;tat catastrophique des finances de plusieurs Etats et de la F&#233;d&#233;ration qui mena&#231;ait l'unit&#233; m&#234;me de la jeune r&#233;publique ( et notamment la solidarit&#233; entre les Etats du Nord et du Sud de l'Union) et de restaurer l'indispensable cr&#233;dit politique et financier de l'Union vis &#224; vis de ses bailleurs de fonds europ&#233;ens (banques et gouvernements d'Angleterre , des Pays Bas et de France) .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il s'agissait aussi de cr&#233;er la base d'une large structure financi&#232;re f&#233;d&#233;rale, fondement du syst&#232;me mon&#233;taire et fiscal du Gouvernement national -de contribuer &#224; &#171; cimenter l'Union par l'existence d'une dette publique permanente et contr&#244;l&#233;e &#187; et de disposer d' &#171; un outil financier pour le d&#233;veloppement de l'agriculture, de l'industrie et du commerce &#187; des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Madison et Jefferson, toutefois, ce plan pr&#233;sentait le risque d'acc&#233;l&#233;rer la cr&#233;ation d'une puissante administration centrale (un &#171; Tr&#233;sor &#187;) au b&#233;n&#233;fice principal des Etats commer&#231;ants et en voie d'industrialisation du Nord. Le fervent f&#233;d&#233;ralisme constitutionnel de Madison (artisan de la Constitution &#224; Philadelphie, 1797) h&#233;sitait &#224; franchir le pas de l'organisation centralis&#233;e d'un pouvoir financier f&#233;d&#233;ral. Jefferson y voyait pour sa part la confirmation de ses craintes anciennes &#224; l'endroit d'un &#171; big government &#187; d'inspiration anglaise et au service d'int&#233;r&#234;ts particuliers : son septicisme &#233;tait toutefois temp&#233;r&#233; par son sens des responsabilit&#233;s vis &#224; vis d'un Gouvernement et d'un Etat dont il &#233;tait- en tant que State Secretary- le troisi&#232;me personnage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons au d&#238;ner&#8230; Les invit&#233;s arriv&#232;rent ensemble et en avance : Madison parce que c'&#233;tait son habitude depuis Philadelphie- et Hamiton parce qu'il prenait particuli&#232;rement &#224; coeur ce qui sera la grande affaire de sa (br&#232;ve) carri&#232;re minist&#233;rielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le service &#224; table fut assur&#233; par de discrets &#171; servants &#187; qui garantirent la confidentialit&#233; de la conversation . Le menu fut &#224; la hauteur de la r&#233;putation de la table de Jefferson dont la francophilie (critiqu&#233;e par ses adversaires sur le plan politique) et le go&#251;t pour la gastronomie fran&#231;aise (unanimement appr&#233;ci&#233;) &#233;taient bien connus de la haute soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordonnancement du repas fut d'ailleurs supervis&#233; par Andr&#233; Petit , ma&#238;tre d'hotel ramen&#233; de Paris dans ses bagages par Jefferson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les salades -arros&#233;es de Carbonnieux blanc 1786- fut servi un chapon, farci de jambon de Virginie et de pur&#233;e de chata&#238;gne, assaisonn&#233; de Calvados et accompagn&#233; d'un Montepulciano de Toscane (car un vin fran&#231;ais aurait affadi la sauce...). Vint ensuite une version new yorkaise de boeuf &#224; la mode servi avec un Chambertin . Les desserts (meringues et macarons) furent suivis d'une &#171; glace &#224; la vanille en cro&#251;te &#187; d&#233;gust&#233;e avec un pr&#233;cieux &#171; champagne sans bulles &#187; dont Jefferson se targuait d'&#234;tre le seul importateur au nouveau monde .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conversation fut brillante entre ces trois plus hautes figures de la R&#233;publique (apr&#232;s bien s&#251;r la &#171; statut de Commandeur &#187; am&#233;ricaine , George Washington). Elle fut principalement anim&#233;e par le bouillant Hamilton, p&#233;n&#233;tr&#233; comme &#224; son habitude par la justesse de sa cause et soucieux d'en convaincre ses interlocuteurs. Madison tint le r&#244;le du n&#233;gociateur calme, prudent et m&#233;ticuleux qui fut le sien lors de la Convention (et qui lui permit alors de rallier Hamilton &#224; sa cause...). Le ma&#238;tre des lieux parla peu -si ce n'est pour commenter savamment ses choix culinaires- soucieux de maintenir l'&#233;quanimit&#233; des propos mais surtout conscient qu'il lui appartiendrait in fine de d&#233;cider de l'issue de la n&#233;gociation (sous r&#233;serve de l'accord du Pr&#233;sident) et d'en porter principalement la responsabilit&#233; en tant que premier personnage du gouvernement .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le sait , l'issue fut positive et peut &#234;tre ainsi r&#233;sum&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; le si&#232;ge de la capitale serait install&#233; sur le (spendide mais sauvage...) site pr&#233;vu en bordure du Potomac &#224; l'issue d'une p&#233;riode de dix ans n&#233;cessaire pour son am&#233;nagement ; dans l'intervalle le si&#232;ge serait transf&#233;r&#233; de New York &#224; Philadelphie (capitale initiale et ville la plus peupl&#233;e des Etats Unis de l'&#233;poque ) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; sur l' &#171; assumption plan &#187; , Jefferson et Madisson s'engageaient &#224; faire passer en deuxi&#232;me lecture le texte du &#171; First Report on the public debt &#187; moyennant une prise en compte de la situation de certains Etats (dont la Virginie) qui s'&#233;taient d&#233;j&#224; acquitt&#233; de l'essentiel de leurs dettes .&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;L'accord fut rapidement mis en oeuvre :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; le &#171; residence bill &#187; fut vot&#233; par le Congr&#232;s le 10 juillet 1790 (soit 3 semaines apr&#232;s &#171; le d&#238;ner &#187;) .Comme pr&#233;vu , dix ans plus tard , la capitale fut transf&#233;r&#233;e de Philadelphie vers le District of Columbia en bordure de la Virginie et du Maryland et incorporant la petite bourgade de Georgetown ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l' &#171; assumption bill &#187; fut vot&#233; le 18 juillet 1790 . Son adoption rassura les banquiers europ&#233;ens sur la consolidation politique de la jeune f&#233;d&#233;ration et sur sa solvabilit&#233; . Cette loi permit aux Etats-Unis de se procurer les capitaux &#233;trangers n&#233;cessaires &#224; son d&#233;veloppement- mais aussi de financer, en 1803, l'achat de la Louisiane (repr&#233;sentant en fait plus de la moiti&#233; du territoire actuel des Etats-Unis ) brad&#233;e par Napol&#233;on ! Sur le plan interne, cette loi assura le d&#233;veloppement du &#171; treasury department &#187;, non sans de multiples p&#233;rip&#233;ties dues &#224; l'opposition persistante des partisans des Etats contre ceux de la F&#233;d&#233;ration, opposition qui demeure d'ailleurs aujourd'hui encore sous jacente dans la vie politique am&#233;ricaine.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En guise de conclusion, on laissera le lecteur imaginer la conversation que pourraient avoir nos trois protagonistes s'ils pouvaient se retrouver, 220 ans plus tard, lors d'un nouveau d&#238;ner &#224; Washington... La puissance financi&#232;re actuelle de la f&#233;d&#233;ration- et notamment l'utilisation de sa &#171; dette &#187; tant sur le plan interne qu'international- les laisseraient certainement r&#234;veurs ! De l'importance des d&#238;ners en ville...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N.B. : Toute comparaison de l'exp&#233;rience am&#233;ricaine avec la situation actuelle de l' &#171; Union europ&#233;enne &#187; -et en particulier avec ses d&#233;bats en cours sur la cr&#233;ation d'un &#171; public credit &#187; europ&#233;en- serait bien entendue d&#233;plac&#233;e et hors sujet . Disons donc seulement que &#171; Comparaison n'est pas raison mais attise la r&#233;flexion &#187;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jean-Guy GIRAUD&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sident de l'UEF France. Membre du Bureau de l'UEF Europe&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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