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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>&#171; 17 + &#187;</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/article350</link>
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		<dc:date>2011-10-14T11:32:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Barthalay</dc:creator>


		<dc:subject>Crise de la dette</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'euro n'est pas une affaire &#233;trang&#232;re, mais c'est d&#233;j&#224; une affaire f&#233;d&#233;rale, ouverte aux 27 etc. moins les 17 sur la base de crit&#232;res connus, voire sur la base du volontariat. On peut imaginer, avec le ministre f&#233;d&#233;ral des finances d'Allemagne Wolfgang Sch&#228;uble, un sc&#233;nario o&#249; la f&#233;d&#233;ration budg&#233;taire selon Trichet s'ajouterait &#224; la f&#233;d&#233;ration mon&#233;taire sur une base constitutionnelle. Il l'a d&#233;nomm&#233; &#171; 17 + &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; L'id&#233;e de Sch&#228;uble, pr&#233;cis&#233;e le 28 janvier dernier au Forum Constitutionis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-151-mars-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 151 &#8212; 2011/03&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Crise-de-la-dette-+" rel="tag"&gt;Crise de la dette&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'euro n'est pas une affaire &#233;trang&#232;re, mais c'est d&#233;j&#224; une affaire f&#233;d&#233;rale, ouverte aux 27 etc. moins les 17 sur la base de crit&#232;res connus, voire sur la base du volontariat. On peut imaginer, avec le ministre f&#233;d&#233;ral des finances d'Allemagne Wolfgang Sch&#228;uble, un sc&#233;nario o&#249; la f&#233;d&#233;ration budg&#233;taire selon Trichet s'ajouterait &#224; la f&#233;d&#233;ration mon&#233;taire sur une base constitutionnelle. Il l'a d&#233;nomm&#233; &#171; 17 + &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'id&#233;e de Sch&#228;uble, pr&#233;cis&#233;e le 28 janvier dernier au Forum Constitutionis Europae du Walter-Hallstein Institut de l'Universit&#233; Humboldt &#224; Berlin, puis dans Le Monde, est d'accepter dans l'espace de la coordination des politiques &#233;conomiques, qu'elle prenne ou non la forme d'une coop&#233;ration renforc&#233;e, des Etats membres n'utilisant pas l'euro, pour &#233;viter toute division durable. Ces Etats, se pr&#233;parant &#224; l'euro et dispos&#233;s &#224; appliquer des r&#232;gles communes en mati&#232;re budg&#233;taire et fiscale, entreraient dans cette f&#233;d&#233;ration budg&#233;taire sur la base du volontariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette arithm&#233;tique peut para&#238;tre bien &#233;loign&#233;e des soucis quotidiens des citoyens europ&#233;ens, m&#234;me de ceux pour qui l'Europe n'est pas une affaire &#233;trang&#232;re, mais elle illustre la recherche d'un point d'&#233;quilibre ou du bon p&#233;rim&#232;tre pour &#224; la fois sortir de la crise et cr&#233;er une nouvelle dynamique europ&#233;enne, dans un monde d'Etats-continents qui va plus vite que nous. C'est la recherche d'un bon gouvernement pour l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sch&#228;uble r&#233;sume &#224; merveille la situation : personne ne veut, dit-il, d'un super-Etat qui assumerait toutes les responsabilit&#233;s des Etats-nations traditionnels. Personne ne veut en effet de la concentration-fusion en un seul point de tous les pouvoirs des Etats-nations d'Europe, c'est-&#224;-dire de la substitution &#224; ceux-ci d'un Etat territorial europ&#233;en, absolument souverain, bureaucratique et centralis&#233;, qui signifierait la fin de nos libert&#233;s et l'abolition de notre diversit&#233;. Mais Sch&#228;uble rappelle judicieusement ce qu'ont voulu les auteurs de la Loi fondamentale allemande, une Europe reposant sur un &#233;quilibre intelligent des responsabilit&#233;s nationales et europ&#233;ennes, garantissant que toutes les d&#233;cisions soient prises sur une base d&#233;mocratique l&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont d'ailleurs ces principes, voulus par les Alli&#233;s, puis par les parlementaires des L&#228;nder allemands, qui font de la Loi fondamentale une cr&#233;ation &#224; la fois occidentale, europ&#233;enne et allemande. Ils valent aujourd'hui pour l'Europe, qui doit achever son unit&#233; sans perdre sa diversit&#233;, comme ils valaient alors pour l'Allemagne, qui devait recouvrer sa diversit&#233;, abolie par le Reich, et fonder en l&#233;gitimit&#233; un pouvoir politique allemand. L'intelligence de cet &#233;quilibre n'est pas un probl&#232;me neuf : c'est celui qu'avaient r&#233;solu les Am&#233;ricains &#224; la Convention de Philadelphie quand ils invent&#232;rent une nouvelle division des pouvoirs, selon les mati&#232;res o&#249; ils s'exercent, s'ajoutant &#224; l'ancienne, selon la forme des actes pos&#233;s (loi, r&#232;glement, jugement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comparaison n'est pas raison, mais l'Assumption Bill de 1790, qui assura le d&#233;veloppement du Treasury Department des Etats-Unis d'Am&#233;rique, avait pour objet de rassurer les banquiers (les march&#233;s financiers n'existaient pas &#224; l'&#233;poque) sur la consolidation politique de la jeune f&#233;d&#233;ration et sa solvabilit&#233;. On note que l'Europe d'aujourd'hui, n&#233;e &#171; &#233;conomique &#187; faute d'Europe politique, mais aussi &#171; communautaire &#187; pour institutionnaliser et finaliser l'int&#233;gration, a le m&#234;me probl&#232;me que l'Am&#233;rique d'alors, mais sans pouvoir encore l&#233;gif&#233;rer sur la question. L'Europe ne s'est pas construite selon un mod&#232;le pr&#233;&#233;tabli. Elle est comme le dit Sch&#228;uble sui generis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, les mots sont des pi&#232;ges. Pour beaucoup, sui generis voudrait dire que l'Europe n'a pas de finalit&#233;, de but ultime, qu'elle peut s'en passer, qu'elle doit se garder du mod&#232;le f&#233;d&#233;ral comme de la peste, s'abandonner &#224; une errance &#233;ternelle, ce qui pourtant la soumettrait d'&#233;vidence &#224; plus fort ou &#224; plus malin qu'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, nous voyons bien que pour Sch&#228;uble la recherche m&#234;me du point d'&#233;quilibre entre le national et l'europ&#233;en le distancie fermement de l'intergouvernemental, qui n'est &#224; ses yeux qu'un point de d&#233;part. Seul est sui generis &#224; ses yeux le chemin de l'intergouvernemental au f&#233;d&#233;ral. Pour l'Allemagne voulue jadis par les Alli&#233;s et les L&#228;nder, la nature f&#233;d&#233;rale de l'unit&#233; qu'il s'agit d'achever n'est pas n&#233;gociable (elle est constitutionnelle, selon une constitution allemande que les Etats-Unis d'Am&#233;rique, le Royaume-uni et la France ont voulue), moins encore que ne l'&#233;tait l'ind&#233;pendance de la Banque centrale (qui ne figure pas dans la loi fondamentale), mais qui est au coeur du succ&#232;s de l'&#233;conomie sociale de march&#233;, aujourd'hui dans le Trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est ici qu'on rejoint les soucis de nos concitoyens europ&#233;ens face &#224; la crise. Deux chemins existent de l'intergouvernemental, c'est-&#224;-dire les relations diplomatiques classiques entre Etats absolument souverains, et le f&#233;d&#233;ral, seule forme politique o&#249; les responsabilit&#233;s communes sont assum&#233;es d&#233;mocratiquement par des pouvoirs limit&#233;s, mais r&#233;els :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le chemin indirect, qui vaut pour le march&#233; et qui a permis de franchir la distance entre des march&#233;s nationaux ferm&#233;s et un march&#233; unique, le march&#233; int&#233;rieur d'une union &#233;conomique et mon&#233;taire sans politique &#233;conomique g&#233;n&#233;rale commune : c'est le gradualisme dit communautaire, n&#233; du succ&#232;s de la CECA et de l'&#233;chec de la CED ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le chemin direct, invent&#233; par les auteurs du syst&#232;me europ&#233;en de banques centrales, qui a conduit directement du comit&#233; des gouverneurs des banques centrales, ind&#233;pendantes les unes des autres, mais toutes d&#233;pendantes de leurs gouvernements respectifs (sauf deux), &#224; une banque centrale europ&#233;enne, f&#233;d&#233;rant les banques centrales nationales en un &#171; consortium &#187; unique, toutes ind&#233;pendantes des gouvernements et priv&#233;e, faute de Tr&#233;sor europ&#233;en, d'interlocuteur gouvernemental europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier chemin ne vaut pas s'agissant d'union &#233;conomique, si ces mots veulent dire politique &#233;conomique g&#233;n&#233;rale de l'Union europ&#233;enne, voire coordination seulement des politiques &#233;conomiques nationales des Etats membres. A preuve : c'est depuis le Trait&#233; de Rome la mission centrale du Conseil : il ne s'en est jamais acquitt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste le deuxi&#232;me chemin, qui devra payer au gradualisme le lip service habituel : il faut de l'intergouvernemental au d&#233;part (comme pour Schengen), essayer les coop&#233;rations renforc&#233;es dans le champ des politiques budg&#233;taires, &#233;conomiques et sociales, mais les limites sont d&#233;j&#224; trouv&#233;es : du c&#244;t&#233; des march&#233;s comme du c&#244;t&#233; de l'opinion publique. Elles ont nom : cr&#233;dibilit&#233; et acceptabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tapes de Sch&#228;uble ne sont qu'une concession verbale au possibilisme en vogue &#224; Berlin : elles valent surtout par leurs vertus p&#233;dagogiques. C'est en pla&#231;ant les gouvernements et les Parlements nationaux face &#224; l'obligation d'agir et &#224; leur incapacit&#233; de d&#233;cider de concert que la n&#233;cessit&#233; d'un bond en avant dans le f&#233;d&#233;ral sera accept&#233;, comme il le fut pour la monnaie. Quand Sch&#228;uble souhaite que les limites du &#171; gouvernement &#233;conomique &#187; et les d&#233;tails du processus de d&#233;cision sur une base efficace et l&#233;gitime d&#233;mocratiquement soient vite clarifi&#233;s, il parle &#224; mots &#224; peine couverts de comp&#233;tences constitutionnelles, de repr&#233;sentation parlementaire ad hoc et de ressources propres &#224; l'euro-groupe. Il est d&#233;j&#224; dans le sch&#233;ma d'une avant-garde f&#233;d&#233;rale des Etats-Unis d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce chemin ne passe ni par Londres (en tout cas pour longtemps), ni par la Commission europ&#233;enne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Bernard BARTHALAY&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Professeur &#224; l'Universit&#233; Lyon-II, Chaire Jean Monnet d'&#233;conomie de l'int&#233;gration europ&#233;enne, Pr&#233;sident de Puissance Europe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; initialement sur Europe 27 etc&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la crise de l'euro au f&#233;d&#233;ralisme</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/De-la-crise-de-l-euro-au-federalisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/De-la-crise-de-l-euro-au-federalisme</guid>
		<dc:date>2011-10-13T15:11:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Ruiz</dc:creator>


		<dc:subject>Crise de la dette</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Evitons d'abord les termes &#171; abyme &#187;, &#171; fin de la zone euro &#187;, &#171; coupables &#187; et consorts. Cherchons plut&#244;t un diagnostic clair : nous traversons actuellement une p&#233;riode difficile pour l'Union mon&#233;taire europ&#233;enne. Mais un certain nombre de solutions sont d&#233;j&#224; entre nos mains. Propos&#233;es depuis longtemps par les f&#233;d&#233;ralistes, elles ont &#233;t&#233; rejet&#233;es par des pays soumis &#224; de fortes pressions politiques. Mais alors que la crise de la zone euro s'accentue, des experts et politiques se rallient (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-151-mars-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 151 &#8212; 2011/03&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Crise-de-la-dette-+" rel="tag"&gt;Crise de la dette&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Evitons d'abord les termes &#171; abyme &#187;, &#171; fin de la zone euro &#187;, &#171; coupables &#187; et consorts. Cherchons plut&#244;t un diagnostic clair : nous traversons actuellement une p&#233;riode difficile pour l'Union mon&#233;taire europ&#233;enne. Mais un certain nombre de solutions sont d&#233;j&#224; entre nos mains. Propos&#233;es depuis longtemps par les f&#233;d&#233;ralistes, elles ont &#233;t&#233; rejet&#233;es par des pays soumis &#224; de fortes pressions politiques. Mais alors que la crise de la zone euro s'accentue, des experts et politiques se rallient chaque jour &#224; la cause des f&#233;d&#233;ralistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les solutions de sortie de crise abord&#233;es lors d'un r&#233;cent s&#233;minaire de la JEF-Allemagne faisaient &#233;tat notamment de la cr&#233;ation d'eurobonds, soit une communautarisation partielle de la dette des Etats-membres, par l'europ&#233;anisation d'une partie de celle-ci. On pouvait se r&#233;jouir le lendemain d'entendre le Pr&#233;sident de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker et le ministre italien des finances Giulio Tremonti reprendre le m&#234;me projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e fut initialement soumise l'ann&#233;e derni&#232;re par le Think-tank Bruegel. De plus en plus reprise par les m&#233;dias allemands, la question m&#233;rite qu'on s'y arr&#234;te pour comprendre la fa&#231;on dont elle pourrait constituer un pas plus f&#233;d&#233;ral vers la sortie de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; sommes-nous aujourd'hui ? Imaginons le sc&#233;nario suivant : vous marchez accompagn&#233; d'un ami et prenez la d&#233;cision d'acheter un bien, mais sans avoir sur vous l'argent n&#233;cessaire. Vous demandez alors &#224; votre ami de vous pr&#234;ter 100 eurios. Vous &#234;tes donc illiquide : vous n'avez pas l'argent maintenant mais allez le rendre plus tard &#224; votre ami. Que se passe-t-il cependant si vous ne pouvez lui rendre sa somme de d&#233;part ? Vous &#234;tes insolvable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats se retrouvent dans des situations semblables. Ils contractent des dettes en empruntant l'argent sur les march&#233;s financiers, et ils &#233;mettent des emprunts. En tant que particulier, vous pouvez toujours vous rendre dans votre banque et investir dans les emprunts fran&#231;ais ou allemands. Vous pr&#234;tez ainsi &#224; un Etat qui va vous rendre cette somme &#224; l'&#233;ch&#233;ance convenue, par exemple en 3 ans, mais en tirant un certain gain, form&#233; par les int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains pays comme la Gr&#232;ce ne peuvent plus rendre l'argent qui leur fut pr&#234;t&#233;. Ils sont d&#233;s lors insolvables. Ces derni&#232;res semaines, on s'aper&#231;oit que l'Irlande est tomb&#233;e dans la m&#234;me situation d'insolvabilit&#233; et que la peur s'&#233;tend &#224; d'autres pays qui pourraient &#234;tre &#224; leur tour affect&#233;s. Les investisseurs font alors preuve d'une prudence accrue et cessent d'acheter les emprunts nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi les financeraient-ils s'ils craignent de ne pas &#234;tre pay&#233;s en retour ? Les &#171; prix &#187; des emprunts, ou taux d'int&#233;r&#234;ts, de certains membres de la zone euro augmentent en cons&#233;quent. Cette peur sur les march&#233;s rend la situation de ces pays plus difficile encore : ces pays sont d'autant moins solvables que les emprunts deviennent co&#251;teux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire ? On pourrait laisser la Gr&#232;ce et d'autres Etats membres se diriger vers leur ruine ou encore les exclure de la zone euro. Cette id&#233;e n'est pas tr&#232;s sage : ce serait prendre le risque d'une panique bancaire comme en ont connu le Br&#233;sil, l'Argentine, et la Russie. Les banques grecques ne se heurteraient pas seulement &#224; l'&#233;conomie grecque mais aussi aux investisseurs, notamment les banques europ&#233;ennes. Une crise bancaire comparable &#224; la crise post-Lehmann serait alors possible. Le capital quitterait l'UE, le sc&#233;nario serait plus s&#233;rieux qu'il ne l'est aujourd'hui. Exclure des Etats de la zone euro reviendrait &#224; se faire Harakiri !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution adopt&#233;e en mai dernier pour aider la Gr&#232;ce fut de cr&#233;er un m&#233;canisme de crise. 750 milliards d'euros furent mis &#224; disposition des Etats membres. En d'autres mots, les Etats europ&#233;ens ont pr&#234;t&#233; de l'argent &#224; la Gr&#232;ce. Or la Gr&#232;ce est insolvable et non illiquide ! On esp&#233;rait que la Gr&#232;ce retournerait &#224; une situation solvable en coupant radicalement les dettes. Dans le m&#234;me temps, cette haute somme d'argent &#233;tait suppos&#233;e g&#233;n&#233;rer le retour de la confiance sur les march&#233;s et mettre fin au ph&#233;nom&#232;ne de contagion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut un &#233;chec. La crise s'est &#233;tendue &#224; d'autres pays, et d'aucuns calculent que l'argent garanti -750 milliards d'euros- n'est pas suffisant pour sortir de la crise un pays aussi grand que l'Espagne. Si la situation se d&#233;t&#233;riore encore des sommes de l'ordre de plusieurs milliards d'euros pourraient &#234;tre n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me ce sc&#233;nario pourrait n'&#234;tre pas suffisant : le m&#233;canisme de crise n'est valide que trois ans. Que se passe-t-il ensuite ? La r&#233;vision du Trait&#233; de Lisbonne initi&#233;e le 16 d&#233;cembre lors du Conseil europ&#233;en a d&#233;cid&#233; de rendre permanent le m&#233;canisme. Mais cette d&#233;cision ne r&#233;soudra pas le probl&#232;me de l'insolvabilit&#233; -le risque est alors que certains pays doivent encore payer beaucoup de garanties sans r&#233;soudre leurs difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une solution : l'&#233;mission de bonds europ&#233;ens. D'autres solutions sont discut&#233;es qui ne s'excluent pas toutes mutuellement. Une id&#233;e qui a gagn&#233; beaucoup ces derni&#232;res semaines est celle d'un &#171; bon bleu &#187; pour l'Europe. L'id&#233;e fut d'abord soumise par le think-tank Bruegel [1] et consiste en l'agr&#233;gation de tous les emprunts des membres de la zone euro en un seul bond bleu. Si quelqu'un souhaite investir de l'argent il n'ach&#232;te plus des emprunts belges ou italiens mais du bond bleu. Alors que le risque d'un investissement est important en Gr&#232;ce et faible en Allemagne, le &#171; prix &#187; ou taux d'int&#233;r&#234;t de cet emprunt commun serait au mod&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'id&#233;e du bond bleu va au-del&#224;, en proposant qu'un certain taux de la dette publique soit &#233;mis de mani&#232;re commune, &#233;quivalent &#224; par exemple 40 % ou 60 % du PIB. Un pays dont le niveau d'endettement d&#233;passe ce seuil doit alors &#233;mettre des emprunts &#171; rouges &#187; nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solution permettrait d'agr&#233;ger le risque, des risques encourus &#224; l'&#233;chelle d'un pays &#233;tant amortis au niveau europ&#233;en. Si un pays fait faillite alors l'argent des bonds rouges doit faire l'objet d'une d&#233;claration concernant l'insolvabilit&#233;, et les investisseurs priv&#233;s perdre une partie de leur argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette proposition pr&#233;sente &#233;galement un attrait pour les pays voulant garder des dettes basses : en effet, les dettes bleues sont meilleurs march&#233; que les dettes rouges car elles refl&#232;tent le risque qu'un certain pays peut faire faillite. Cette solution est aussi meilleur march&#233; pour un pays comme l'Allemagne qui ne devrait plus garantir des hautes sommes d'argent pour la Gr&#232;ce, l'Irlande, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les r&#233;ticences allemandes s'expliquent par le co&#251;t politique consid&#233;rable. Les discussions portent sur les &#171; paresseux Europ&#233;ens du Sud &#187;, un constat injustifi&#233;. Alors que l'id&#233;e d'un bond bleu gagne du cr&#233;dit aupr&#232;s des experts, c'est le moment de soutenir cette id&#233;e. C'est la meilleure solution pour les Etats devant payer la plus grande partie de l'addition, et elle constituerait le prochain pas en avant de l'int&#233;gration europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en &#339;uvre d'un tel sc&#233;nario constituerait-elle une Union de transfert, comme cela est actuellement d&#233;battu ? Probablement pas. Le risque est certes partag&#233;, mais en cas de fin de crise les pays comme l'Allemagne et la France ne devraient plus payer des garanties co&#251;teuses tel que c'est actuellement le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela constituerait un pas important vers plus de confiance mutuelle en termes de fiscalit&#233; au sein de l'Union europ&#233;enne - celle-ci approchant actuellement le n&#233;ant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ajoutant d'autres &#233;l&#233;ments tels qu'une meilleure coordination macro&#233;conomique supranationale sur le long-terme et peut-&#234;tre aussi plus d'investissements supranationaux &#224; moyen-terme, on peut trouver une issue hors de la crise, et plus important encore, en pr&#233;venir de nouvelles. Cette opportunit&#233; ne fortifierait pas seulement la zone euro mais constituerait &#233;galement le prochain &#233;chelon de l'&#233;chelle f&#233;d&#233;raliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Christian RUIZ&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Membre de la JEF-Berlin et diplom&#233; de la Hertie School of Governance. Ancien stagiare au Minist&#232;re allemand des affaires ext&#233;rieures&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.taurillon.org/De-la-crise-de-l-euro-au-federalisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Article publi&#233; initialement sur www.taurillon.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Plan europ&#233;en de reprise, obligations de l'Union et r&#233;forme budg&#233;taire </title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Plan-europeen-de-reprise-obligations-de-l-Union-reforme-budgetaire</link>
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		<dc:date>2011-10-13T09:46:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alberto Majocchi , Alfonso Iozzo</dc:creator>


		<dc:subject>FED'Actualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Crise de la dette</dc:subject>

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&lt;p&gt;1) Le premier faible signe de reprise apparu en Europe apr&#232;s le tsunami financier qui a failli d&#233;sorganiser l'&#233;conomie mondiale, ne peut cacher le fait que la croissance pr&#233;vue pour 2010 est encore assez modeste et qu'il faudra des ann&#233;es pour que les gens retrouvent les niveaux de revenus d'avant la crise. D'autre part, l'impact n&#233;gatif de la baisse de revenu des imp&#244;ts a produit des d&#233;s&#233;quilibres significatifs dans les comptes des finances publiques, rendant difficile la mise en place de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-151-mars-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 151 &#8212; 2011/03&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-FED-Actualite-+" rel="tag"&gt;FED'Actualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Crise-de-la-dette-+" rel="tag"&gt;Crise de la dette&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1) Le premier faible signe de reprise apparu en Europe apr&#232;s le tsunami financier qui a failli d&#233;sorganiser l'&#233;conomie mondiale, ne peut cacher le fait que la croissance pr&#233;vue pour 2010 est encore assez modeste et qu'il faudra des ann&#233;es pour que les gens retrouvent les niveaux de revenus d'avant la crise. D'autre part, l'impact n&#233;gatif de la baisse de revenu des imp&#244;ts a produit des d&#233;s&#233;quilibres significatifs dans les comptes des finances publiques, rendant difficile la mise en place de politiques de croissance. Dans une union mon&#233;taire, une politique de stabilisation de l'emploi et des revenus, conduite au niveau national, produit aujourd'hui des effets tr&#232;s limit&#233;s et doit n&#233;cessairement &#234;tre soutenue par un plan d'interventions g&#233;r&#233;es au niveau europ&#233;en. Une politique de croissance men&#233;e par un seul pays membre de l'Union europ&#233;enne concentre les co&#251;ts &#8212;d'o&#249; l'augmentation de l'endettement des finances publiques&#8212; pour le pays qui la m&#232;ne, tandis que les b&#233;n&#233;fices en terme d'augmentation de la demande se transmettent dans une large mesure &#224; l'&#233;tranger, dans les autres pays du march&#233; int&#233;rieur europ&#233;en. En pr&#233;sence d'externalisations positives significatives, la production d'une &#171; stabilisation &#187; de biens publics est donc peu optimale, dans la mesure o&#249; chaque pays trouve commode d'attendre que les autres prennent l'initiative pour &#233;viter ainsi d'en assumer les co&#251;ts. La n&#233;cessit&#233; de lancer un projet europ&#233;en pour stimuler l'&#233;conomie dans cette phase difficile qui fait suite &#224; la crise financi&#232;re est g&#233;n&#233;ralement admise mais, face aux difficult&#233;s pour construire le support politique n&#233;cessaire dans un cadre institutionnel caract&#233;ris&#233; par l'absence d'un gouvernement europ&#233;en de l'&#233;conomie, il y a toujours un d&#233;sir fort d'essayer d'obtenir un r&#233;sultat similaire avec des mesures de soutien prises au niveau national. Cependant, sur la base de l'exp&#233;rience accumul&#233;e depuis le d&#233;but de la crise, il semble tout &#224; fait illusoire de penser qu'une coordination des politiques nationales pourrait apporter des r&#233;sultats similaires &#224; ceux qu'on pourrait obtenir &#224; l'aide d'un plan europ&#233;en de reprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) L'irruption de la crise a, en plus, mis en &#233;vidence qu'une phase de la croissance &#233;conomique europ&#233;enne &#233;tait maintenant termin&#233;e. Le facteur d&#233;cisif de la croissance &#233;tait repr&#233;sent&#233; par un d&#233;veloppement technologique de type imitatif : principalement, il suffisait d'importer les meilleures technologies des pays les plus avanc&#233;s pour augmenter la productivit&#233; et donc pour &#233;lever d'une mani&#232;re continue le niveau de vie de la population. Mais l'Europe a maintenant atteint une fronti&#232;re technologique et n'est plus &#224; m&#234;me de relancer le d&#233;veloppement en important des technologies de l'&#233;tranger. Si elle veut recommencer &#224; cro&#238;tre, l'Europe ne doit compter que sur ses propres ressources et en particulier sur une capacit&#233; forte et renouvel&#233;e d'innovation productive, de mani&#232;re &#224; promouvoir une augmentation de la productivit&#233; et sur sa capacit&#233; &#224; rivaliser avec succ&#232;s sur les march&#233;s mondiaux. Nous ne sortirons pas de la crise avec une simple politique de soutien de la demande de biens de consommation ; c'est au contraire l'occasion de lancer une nouvelle phase de croissance de l'&#233;conomie europ&#233;enne, dans l'objectif de promouvoir un d&#233;veloppement qui doit &#234;tre soutenable sur les plans, &#233;conomique, social et environnemental. Le moteur de cette nouvelle phase de d&#233;veloppement sera alors l'investissement public qui aura des effets &#224; court terme en soutenant la demande et l'emploi, mais aussi des effets &#224; long terme sur le plan de l'offre en augmentant le revenu potentiel et en rendant le syst&#232;me &#233;conomique europ&#233;en plus comp&#233;titif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Une croissance durable de l'&#233;conomie europ&#233;enne implique, en fait, une augmentation de la productivit&#233; qui, &#224; son tour, requiert une s&#233;rie de mesures qui devront &#234;tre prises et r&#233;alis&#233;es au niveau europ&#233;en pour qu'elles soient efficaces, dans le cadre d'une &#233;volution de l'&#233;conomie mondiale qui appara&#238;t aujourd'hui bien diff&#233;rente par rapport au pass&#233;. Une nouvelle r&#233;volution technologique a maintenant pris place et les &#201;tats-Unis ont pu en tirer les plus grands b&#233;n&#233;fices avec des taux de croissance tr&#232;s &#233;lev&#233;s dans la productivit&#233; et le rendement, tandis que les pays &#233;mergents nouvellement industrialis&#233;s rivalisent maintenant dans de nombreux secteurs (et pas seulement dans ceux &#224; forte technologie) avec les pays qui disposent d'une industrialisation install&#233;e de longue date. Ainsi, l'Europe est coinc&#233;e sur deux c&#244;t&#233;s et rencontre des difficult&#233;s pour trouver une voie nouvelle vers une croissance stable et durable. Aux &#201;tats-Unis, l'augmentation de la productivit&#233; a &#233;t&#233; soutenue par un d&#233;veloppement technologique qui a pris sa source et s'est acc&#233;l&#233;r&#233; gr&#226;ce &#224; la demande publique, issue particuli&#232;rement du secteur de la d&#233;fense qui a fait des investissements d'une nature tr&#232;s novatrice. Mais un tel &#233;l&#233;ment moteur ne peut pas &#234;tre envisag&#233; en Europe o&#249; les d&#233;penses militaires sont n&#233;cessairement limit&#233;es apr&#232;s l'exp&#233;rience tragique du nationalisme et les ruines caus&#233;es par la seconde guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) La croissance des investissements est cependant li&#233;e &#224; la n&#233;cessit&#233; de lancer un plan qui mette en avant un d&#233;veloppement soutenable et am&#233;liore le niveau de vie des Europ&#233;ens &#224; travers des projets de d&#233;penses pour la recherche et pour un niveau d'&#233;ducation plus &#233;lev&#233;, l'am&#233;lioration du r&#233;seau d'infrastructures mat&#233;rielles et immat&#233;rielles, la promotion d'une &#233;nergie efficace et l'utilisation d'&#233;nergies renouvelables, le soutien &#224; une mobilit&#233; douce et qui garantisse la conservation du patrimoine des richesses artistiques et naturelles et favorise la r&#233;novation urbaine. Mais la mise en oeuvre d'un tel plan est bloqu&#233;e d'un c&#244;t&#233; par les contraintes pesant sur les budgets nationaux et de l'autre par la dimension limit&#233;e du budget europ&#233;en et l'incapacit&#233; de prendre des d&#233;cisions constructives dans une structure institutionnelle de type conf&#233;d&#233;ral comme celle qui domine encore au niveau europ&#233;en. Le plan de reprise pourra &#234;tre financ&#233; par l'&#233;mission de titres de la Banque europ&#233;enne d'investissement (BEI) dans la mesure o&#249; il s'agit d'investissements dans des infrastructures ou dans des projets susceptibles de g&#233;n&#233;rer des revenus sur le march&#233;, tandis qu'il devra &#234;tre couvert par l'&#233;mission d'obligations garanties par le budget de l'Union, s'il s'agit de financer des d&#233;penses ayant le caract&#232;re d'investissements visant &#224; produire des biens publics europ&#233;ens. L'&#233;mission atteindra un montant &#233;gal &#224; au moins un point de PIB de la zone euro &#8212;c'est &#224; dire de l'ordre de 100 milliards d'euros&#8212; de mani&#232;re &#224; ce qu'elle ait un impact macro-&#233;conomique significatif et une influence positive sur la confiance des familles et du monde des affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Le soutien au d&#233;veloppement en recourant &#224; des obligations de l'Union, en plus des ressources budg&#233;taires, a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; dans le pass&#233; par les institutions europ&#233;ennes. Dans les ann&#233;es 50, la CECA a financ&#233; par des obligations propres la reconversion de l'industrie charbonni&#232;re (qui repr&#233;sentait le probl&#232;me &#233;nerg&#233;tique de l'&#233;poque), tandis que dans les ann&#233;es 80, la Commission, sur proposition du Commissaire Ortoli intervint avec le NIC (Nouvel instrument communautaire) en soutien &#224; la reconversion industrielle rendue n&#233;cessaire par les changements apport&#233;s par la crise du p&#233;trole. Gr&#226;ce au prestige de l'Union sur le march&#233; mondial et le poids qu'avait &#224; l'&#233;poque la monnaie europ&#233;enne, les obligations de l'Union purent &#234;tre &#233;mises &#224; un taux d'int&#233;r&#234;t bas et contribuer, tout en renfor&#231;ant le march&#233; financier europ&#233;en en absorbant une partie du surplus de liquidit&#233;s (ce qui constitue une de ses caract&#233;ristiques actuelle), &#224; aider &#224; attirer une grande part de l'&#233;pargne mondiale qui, alors qu'elle manque d'alternatives ad&#233;quates, continue &#224; s'investir sur le march&#233; am&#233;ricain, malgr&#233; la perte de valeur progressive du dollar. Si cette manoeuvre devait se r&#233;aliser pour le montant recommand&#233;, le budget europ&#233;en atteindrait un montant global &#233;gal &#224; presque 2 % du PIB &#8212;comme cela avait &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233; en 1993 par la commission d'experts charg&#233;e d'&#233;tudier le r&#244;le de la politique fiscale dans une union &#233;conomique et mon&#233;taire dans son rapport Stable Money-Sound Finances. Community Public Finance in the Perspective of EMU&#8212;, et il serait compos&#233; de deux sections : une section en cr&#233;dit de capital, financ&#233;e par des obligations de l'Union et destin&#233;e &#224; financer le plan de d&#233;veloppement, et une section en &#233;quilibre &#8212;en accord avec les r&#232;gles de l'art. 310 du Trait&#233; sur le fonctionnement de l'Union europ&#233;enne&#8212;, qui finance la politique agricole et les politiques de redistribution et de coh&#233;sion. Dans le nouveau contexte de l'&#233;conomie europ&#233;enne &#8212;caract&#233;ris&#233; par la n&#233;cessit&#233; d'une reconversion pour faire face au d&#233;fi de la durabilit&#233; environnementale et du changement de la structure du march&#233; mondial caus&#233;e par la transformation de la demande, apport&#233;e par le pouvoir d'achat croissant des pays &#233;mergents et la n&#233;cessit&#233; qui en d&#233;coule d'augmenter l'&#233;pargne des pays d&#233;j&#224; d&#233;velopp&#233;s&#8212; nous pouvons distinguer diff&#233;rentes modalit&#233;s d'intervention qui peuvent &#234;tre men&#233;es par l'action d'agences f&#233;d&#233;rales europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) L'exp&#233;rience am&#233;ricaine montre comment il est possible pour le gouvernement, dans un syst&#232;me f&#233;d&#233;ral, de mobiliser d'&#233;normes ressources pour soutenir la croissance &#233;conomique, &#224; condition que, dans le m&#234;me temps, une transparence et une responsabilit&#233; enti&#232;res soient assur&#233;es dans l'utilisation des fonds collect&#233;s au niveau f&#233;d&#233;ral. Les deux exemples les plus significatifs d'agences f&#233;d&#233;rales sont repr&#233;sent&#233;es par la Tennessee Valley Authority, institu&#233;e par Roosevelt comme un instrument exemplaire du New Deal, et dans la p&#233;riode apr&#232;s la seconde guerre mondiale, par la NASA, institu&#233;e pour faire face &#224; la comp&#233;tition avec l'URSS dans la course pour l'espace, qui fut plus tard &#224; l'origine des grands progr&#232;s dans les technologies de l'information dont le symbole embl&#233;matique est la Silicon Valley. Un syst&#232;me d'agences f&#233;d&#233;rales permettrait, d'une part de laisser entre les mains des institutions politiques (la Commission, le Conseil et le Parlement) le choix des objectifs &#224; poursuivre et les priorit&#233;s pour leur mise en oeuvre et, de l'autre, de confier aux agences la mission de r&#233;aliser des programmes particuliers, en contr&#244;lant les r&#233;sultats et l'utilisation de l'argent public (ce qui serait tr&#232;s difficile &#224; faire si les ressources investies faisaient partie du budget g&#233;n&#233;ral). Un tel syst&#232;me a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; avec succ&#232;s en Europe, d'abord avec la CECA, puis plus tard avec la BEI, o&#249; le Conseil des Gouverneurs (compos&#233; des Ministres des finances) donne les priorit&#233;s, tandis que le Conseil des Directeurs (o&#249; si&#232;ge un repr&#233;sentant de la Commission) met en oeuvre les d&#233;cisions op&#233;rationnelles. Et, en fait, le succ&#232;s de la BEI conduisit le Congr&#232;s am&#233;ricain &#224; examiner une proposition pour instituer une banque nationale f&#233;d&#233;rale d'investissements qui tire justement son inspiration du mod&#232;le europ&#233;en et cette proposition est soutenue avec d&#233;termination par l'Administration Obama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7) L'activit&#233; historique de la BEI peut aujourd'hui aller main dans la main avec les agences cr&#233;&#233;es conjointement par l'Union europ&#233;enne, avec la m&#234;me BEI, et des institutions financi&#232;res publiques (Caisse des d&#233;p&#244;ts, Cassa Depositi e Prestiti, KFW, etc.) orient&#233;es sur le long terme, capables de s'associer au capital de compagnies concessionnaires de r&#233;seaux, comme dans le cas du fonds de la &#171; Marguerite &#187;, actuellement dans une phase de d&#233;marrage. Les obligations de l'Union &#233;mises par ces agences peuvent &#234;tre rembours&#233;es par les revenus de leurs investissements respectifs, m&#234;me si c'est avec des plans de remboursement &#224; long terme, compte tenu des caract&#233;ristiques de ce type de projets, auxquels les institutions du march&#233; financier, orient&#233;es sur le court terme, ne peuvent pas apporter de r&#233;ponses efficaces. De telles agences qui g&#232;rent des biens publics pr&#233;sentant les caract&#233;ristiques de monopoles, sont en mesure d'imposer le paiement de droits (&#171; taxes &#187;) sur les op&#233;rateurs du march&#233; qui utilisent de tels biens. Sur ce point, il faut consid&#233;rer le fait que l'&#233;volution technologique et les contraintes de la durabilit&#233; environnementale &#233;largissent consid&#233;rablement la n&#233;cessit&#233; des biens publics (il suffit de penser &#224; la qualit&#233; de l'air dans les villes). Un exemple particuli&#232;rement significatif de projet commun est constitu&#233; par le projet &#171; Galileo &#187; pour l'utilisation des satellites mais il pourrait y avoir d'autres cas d'utilisation partag&#233;e de l'espace. L'instrument juridique auquel il faut recourir dans de tels cas, est l &#171; entreprise commune &#187; fourni par l'art. 187 du Trait&#233; de Lisbonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8) Pour ce qui concerne le financement de la recherche et de l'innovation, un v&#233;ritable programme se substituant &#224; l'&#233;chec de la Strat&#233;gie de Lisbonne lanc&#233;e il y a dix ans, devrait identifier un nombre limit&#233; de projets strat&#233;giques &#8212;comme l'ont fait les &#201;tats-Unis avec la NASA&#8212; dans lesquels se concentreraient les ressources europ&#233;ennes communes. A c&#244;t&#233; du secteur de l'&#233;nergie et en particulier des nouvelles sources d'&#233;nergies renouvelables, il ne faut pas oublier la recherche m&#233;dicale de base qui ne peut pas &#234;tre enti&#232;rement laiss&#233;e dans les mains des multinationales. Le financement de telles &#171; agences &#187; ne peut advenir que par une &#171; garantie &#187; de l'Union qui doit assurer &#224; travers son budget, le remboursement des fonds r&#233;colt&#233;s avec les obligations de l'Union. Le projet, d&#233;j&#224; mis en avant par Delors, de recourir &#224; une taxe carbone europ&#233;enne &#8212;repris aujourd'hui par la pr&#233;sidence su&#233;doise&#8212; redevient donc d'une grande actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9) L'augmentation du budget destin&#233;e &#224; promouvoir le plan europ&#233;en de d&#233;veloppement, permettrait aussi de proc&#233;der &#224; une premi&#232;re rationalisation (et donc &#224; une r&#233;duction parall&#232;le) des d&#233;penses militaires des &#201;tats membres avec la cr&#233;ation d'un premier embryon d'arm&#233;e europ&#233;enne, comme le Ministre des Affaires &#233;trang&#232;res allemand Westerwelle l'a r&#233;cemment propos&#233; lors de la Munich Security Conference, et &#224; la cr&#233;ation d'un Plan Marshall pour les pays qui bordent la M&#233;diterran&#233;e pour promouvoir des processus de d&#233;veloppement endog&#232;nes, capables de freiner le flux migratoire vers l'Union europ&#233;enne, avec les probl&#232;mes sociaux qui y sont li&#233;s dans les pays d'immigration. Le fait est donc que, si l'augmentation des dimensions du budget reste initialement limit&#233;e &#224; 1 % du PIB europ&#233;en, l'ampleur du march&#233; potentiel des obligations de l'Union est donc conditionn&#233;e par la dimension r&#233;duite du budget europ&#233;en qui en garantit le service et le remboursement. En cons&#233;quence, dans la mesure o&#249; les exigences d'investissements &#224; financer par la dette europ&#233;enne sont destin&#233;es &#224; cro&#238;tre dans les ann&#233;es prochaines, la n&#233;cessit&#233; de proc&#233;der &#224; une r&#233;forme en profondeur du budget europ&#233;en, s'accentue parall&#232;lement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10) Dans la perspective d'une r&#233;forme du budget europ&#233;en, en mesure de garantir le financement des investissements pr&#233;vus par un plan europ&#233;en de d&#233;veloppement, par l'&#233;mission de titres de dette publique, il faut donc pr&#233;voir le retour &#224; un v&#233;ritable syst&#232;me de ressources propres. En fait la soi-disant quatri&#232;me ressource n'est pas une v&#233;ritable ressource propre, car elle n'est rien d'autre qu'une contribution nationale proportionnelle au PIB &#224; laquelle devrait &#234;tre substitu&#233;e une sur-taxe europ&#233;enne sur les imp&#244;ts nationaux sur le revenu &#8212;qui ne seraient pas touch&#233;s par la r&#233;forme&#8212; vers&#233;e directement par les citoyens au budget europ&#233;en, de mani&#232;re &#224; garantir une plus grande transparence du pr&#233;l&#232;vement et, en m&#234;me temps, renforcer la responsabilit&#233; de ceux qui pr&#233;l&#232;vent la ressource. Une nouvelle ressource pour le budget europ&#233;en pourrait &#234;tre assur&#233;e avec la relance de la proposition de Directive pour introduire une taxe carbone/&#233;nergie. Dans une situation dans laquelle les risques li&#233;s au changement climatique apparaissent d&#233;sormais plus &#233;vidents et o&#249; la n&#233;cessit&#233; de substituer des sources d'&#233;nergie alternatives aux combustibles fossiles se manifeste d'une mani&#232;re toujours plus urgente, un imp&#244;t proportionnel au contenu de carbone des sources d'&#233;nergie appara&#238;t comme un instrument ad&#233;quat pour initier des processus vertueux d'&#233;conomie d'&#233;nergie et de remplacement du fuel par des sources d'&#233;nergie renouvelables, en r&#233;duisant l'impact n&#233;gatif sur l'environnement de la consommation d'&#233;nergie, en favorisant l'introduction de processus de production moins d&#233;voreurs d'&#233;nergie et en promouvant ainsi la transition vers une &#233;conomie low carbon. Cet imp&#244;t &#8212;dont la structure est pr&#233;figur&#233;e par la proposition de Directive approuv&#233;e par la Commission europ&#233;enne en 1992, avec une recette pr&#233;vue pour atteindre &#224; plein r&#233;gime 1 % du PIB europ&#233;en&#8212; aurait donc un double objectif : financer le budget pour garantir le service de la dette et, en m&#234;me temps, promouvoir la reconversion de l'&#233;conomie europ&#233;enne sur la voie du d&#233;veloppement durable. L'imp&#244;t pourrait &#234;tre introduit par l'Union d'une mani&#232;re unilat&#233;rale &#8212;pour &#233;viter la situation d'impasse provoqu&#233;e dans chaque pays par la crainte que les autres partenaires se comportent en francs-tireurs et pour exercer une pression significative en vue d'atteindre un accord multilat&#233;ral pour l'apr&#232;s-Copenhague&#8212;, sans porter pr&#233;judice &#224; la comp&#233;titivit&#233; vers l'ext&#233;rieur de la production europ&#233;enne qui serait alors accompagn&#233;e par un imp&#244;t compensatoire per&#231;u sur les produits import&#233;s &#224; la hauteur de celui qui p&#232;serait sur les producteurs europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'av&#232;nement d'un plan europ&#233;en de d&#233;veloppement, avec l'&#233;mission d'obligations de l'Union et l'introduction d'une taxe carbone/&#233;nergie pour garantir une augmentation des dimensions du budget europ&#233;en et promouvoir la transition vers une &#233;conomie soutenable, pr&#233;sente &#233;videmment des difficult&#233;s du point de vue politique dans la mesure o&#249; il pr&#233;suppose l'accord de tous les gouvernements. Au-del&#224; des objections de principe de la part de pays, comme la Grande-Bretagne, qui s'opposent &#224; toute initiative pr&#233;figurant un niveau europ&#233;en de gouvernement de l'&#233;conomie, il existe aussi une r&#233;sistance de la part de l'Allemagne, dans la mesure o&#249; le gouvernement de Berlin croit que le co&#251;t d'une &#233;mission d'obligations de l'Union serait sup&#233;rieur au co&#251;t des &#233;missions allemandes. En r&#233;alit&#233;, le risque de d&#233;faut de certains pays de la zone euro a tir&#233; vers le haut le niveau des taux et affaibli la valeur de la monnaie europ&#233;enne, tandis que la crise de ces pays toucherait in&#233;vitablement les exportations allemandes qui repr&#233;sentent la principale composante dont d&#233;pend la croissance de la demande pour les entreprises allemandes. En r&#233;alit&#233;, comme l'a observ&#233; Tommaso Padoa Schioppa &#8212; une opinion similaire a &#233;t&#233; exprim&#233;e par Eichengreen &#8212;, la crise grecque n'a pas repr&#233;sent&#233;, comme beaucoup l'ont soutenu, l'antichambre de la fin de l'euro ; au contraire, c'est justement quand la crise a frapp&#233; un pays et menac&#233; l'euro que les gouvernements ont &#171; commenc&#233; &#224; comprendre que l'on ne pouvait plus faire sans un &#201;tat de l'euro &#187; et que s'est ouvert le processus pour conduire de l'Union mon&#233;taire &#8212;une monnaie sans &#201;tat&#8212; &#224; l'Union politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Alberto MAJOCCHI&lt;br class='manualbr' /&gt;Pr&#233;sident du Institute for Studies and Economic Analyzes - Rome&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alfonso IOZZO&lt;br class='manualbr' /&gt;Membre honoraire du Bureau de l'UEF Europe - Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Jean-Luc PREVEL - Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Gouvernement &#233;conomique europ&#233;en et souverainet&#233; fiscale : la strat&#233;gie europ&#233;enne de sortie de la crise financi&#232;re </title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/strategie-europeenne-sortie-crise-financiere</link>
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		<dc:date>2011-10-12T11:37:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guido Montani</dc:creator>


		<dc:subject>FED'Actualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Crise de la dette</dc:subject>

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&lt;p&gt;La crise au sein de l'Union mon&#233;taire est &#224; un tournant crucial. Le 9 mai, les gouvernements de l'Union europ&#233;enne (UE) ont cr&#233;&#233; un m&#233;canisme de stabilisation de 750 milliards d'euros, dans une tentative pour &#233;viter une faillite financi&#232;re &#224; des Etats membres lourdement endett&#233;s, mais comme la France et l'Allemagne ne sont pas d'accord sur la nature du gouvernement &#233;conomique europ&#233;en, il y a un risque pour que cette d&#233;cision s'av&#232;re insuffisante. Par ailleurs, le Parlement europ&#233;en a, il y (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-151-mars-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 151 &#8212; 2011/03&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-FED-Actualite-+" rel="tag"&gt;FED'Actualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Crise-de-la-dette-+" rel="tag"&gt;Crise de la dette&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise au sein de l'Union mon&#233;taire est &#224; un tournant crucial. Le 9 mai, les gouvernements de l'Union europ&#233;enne (UE) ont cr&#233;&#233; un m&#233;canisme de stabilisation de 750 milliards d'euros, dans une tentative pour &#233;viter une faillite financi&#232;re &#224; des Etats membres lourdement endett&#233;s, mais comme la France et l'Allemagne ne sont pas d'accord sur la nature du gouvernement &#233;conomique europ&#233;en, il y a un risque pour que cette d&#233;cision s'av&#232;re insuffisante. Par ailleurs, le Parlement europ&#233;en a, il y a un certain temps, pris une position commune, r&#233;cemment r&#233;affirm&#233;e par les leaders des quatre principaux partis (Parti populaire, Socialistes, Lib&#233;raux et Verts), soutenant que la seule mani&#232;re de r&#233;soudre le probl&#232;me complexe de la crise &#233;conomique et institutionnelle actuelle consiste &#224; recourir &#224; la &#171; m&#233;thode communautaire &#187; (ou &#171; m&#233;thode f&#233;d&#233;raliste &#187;, selon Jean Monnet). En bref, le Parlement europ&#233;en veut que la Commission devienne le &#171; gouvernement &#233;conomique &#187; de l'UE. Mais le Pr&#233;sident Sarkozy et la Chanceli&#232;re Merkel ne sont pas d'accord. Dans leur perspective, c'est le Conseil, pas la Commission, qui devrait &#234;tre le gouvernement &#233;conomique de l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mettre en lumi&#232;re ce d&#233;saccord, nous devons remarquer que la souverainet&#233; fiscale est en jeu dans ce d&#233;bat : c'est &#224; dire que, gouvernement &#233;conomique et souverainet&#233; fiscale sont les deux faces d'une m&#234;me pi&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; fiscale - Les origines de la crise actuelle de l'UEM remontent au Trait&#233; de Maastricht qui avait prudemment institu&#233; l'Union mon&#233;taire avec sa propre Banque centrale tout en laissant ind&#233;termin&#233;e l'issue de l'Union &#233;conomique. En fait, le budget de l'UE, c'est &#224; dire les moyens &#224; disposition de la Commission et du Parlement europ&#233;en pour les politiques europ&#233;ennes, devient maintenant inad&#233;quat car il repr&#233;sente seulement 1 % du PIB europ&#233;en, tandis que 90 % de ses recettes proviennent des budgets nationaux. Le budget de l'UE n'est donc pas consid&#233;r&#233; comme un instrument suffisamment puissant pour une politique &#233;conomique europ&#233;enne. Cela explique pourquoi l'UE n'a pas de gouvernement &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut facilement voir que la cause principale de la crise actuelle de l'UEM r&#233;side dans le manque de ressources financi&#232;res ad&#233;quates de l'UE. Les ratios entre le d&#233;ficit et le PNB d'un c&#244;t&#233; et la dette publique totale et le PNB de l'Eurozone de l'autre, sont meilleurs que ceux des Etats-Unis. Mais, comme l'UE dispose d'un syst&#232;me fiscal divis&#233; en compartiments nationaux &#233;tanches, la sp&#233;culation financi&#232;re internationale a &#233;t&#233; en mesure de toucher le point faible : la Gr&#232;ce. En comparaison, si les Etats-Unis n'avaient pas de budget f&#233;d&#233;ral mais seulement 50 budgets individuels, certains de ces Etats auraient certainement souffert des m&#234;mes attaque sp&#233;culatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en r&#233;f&#233;rence &#224; cela que le Pr&#233;sident de la BCE, Jean-Claude Trichet a affirm&#233; : &#171; Nous sommes un f&#233;d&#233;ration mon&#233;taire. Nous avons maintenant besoin de l'&#233;quivalent d'une f&#233;d&#233;ration budg&#233;taire &#187; (Le Monde, 1&#176;juin 2010). M. Trichet a raison. Si l'UE &#233;tait une f&#233;d&#233;ration fiscale -avec une r&#233;forme similaire &#224; la proposition de Delpa-Weizs&#228;cker du Centre Bruegel, c'est &#224; dire en consolidant 60 % de la dette des Etats membres europ&#233;ens remplac&#233;s par une &#233;mission de Blue Bonds- le march&#233; financier europ&#233;en pourrait atteindre une taille similaire &#224; celui des Etats-Unis : une perspective s&#233;duisante pour beaucoup d'investisseurs internationaux. De v&#233;ritables ressources propres europ&#233;ennes constituent la cl&#233; du renforcement de l'euro comme monnaie mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant l'Allemagne s'oppose fortement &#224; cette perspective parce qu'elle ne veut pas d'une &#171; union de transferts fiscaux &#187;. Les &#233;changes rudes entre les Allemands, qui ne veulent pas payer pour les M&#233;diterran&#233;ens d&#233;pensiers, et les Grecs, qui ne veulent pas &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des voleurs, indiquent clairement que le moment est venu pour une solution capable d'&#233;viter une renaissance du nationalisme. La bonne conduite &#224; tenir serait d'aller vers un f&#233;d&#233;ralisme fiscal europ&#233;en, c'est &#224; dire que les citoyens apporteraient &#224; chaque niveau de gouvernement ses ressources fiscales &#171; propres &#187;. L'Union mon&#233;taire a &#233;t&#233; fond&#233;e sur un transfert de pouvoirs mon&#233;taires des nations vers l'UE avec la cr&#233;ation de la Banque centrale europ&#233;enne. La souverainet&#233; fiscale est une proc&#233;dure plus complexe par laquelle les Europ&#233;ens d&#233;cident combien donner aux institutions de l'UE et combien garder au sein de l'Etat national. La pression fiscale sur les citoyens europ&#233;ens devrait naturellement rester inchang&#233;e. N&#233;anmoins, les citoyens devraient &#234;tre conscients que les ressources propres de l'UE, quelque soit leur montant, doivent &#234;tre attribu&#233;es &#224; des institutions europ&#233;ennes &#171; l&#233;gitimes et autonomes &#187;, c'est &#224; dire &#224; la Commission responsable devant un parlement bicam&#233;ral (ce qui implique la co-d&#233;cision entre le Parlement europ&#233;en et le Conseil). Aujourd'hui, les citoyens ne sont probablement pas conscients que l'UE d&#233;pense 1 % de leur revenu. La transparence des finances publiques est une &#233;tape cruciale vers la d&#233;mocratie europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le probl&#232;me des finances de l'UE est consid&#233;r&#233; sous cet angle, toute querelle &#233;ventuelle entre les gouvernements nationaux dispara&#238;t. Les citoyens europ&#233;ens accepteront certainement un minimum de solidarit&#233; fiscale pour financer des politiques qui am&#233;liorent le bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral de tous, qu'il s'agisse des Allemands, des Grecs ou de toute autre nationalit&#233; de l'UE. La d&#233;fense europ&#233;enne est un bien public europ&#233;en ainsi que le syst&#232;me de satellite Galileo et ainsi de suite. Chacun peut b&#233;n&#233;ficier de ces services. Personne n'est exclu. C'est pour cette raison qu'il est n&#233;cessaire de distinguer certaines taxes, comme le Parlement europ&#233;en l'a fait, comme &#233;tant particuli&#232;rement adapt&#233;es aux finances europ&#233;ennes. La meilleure solution et la plus plausible serait un m&#233;lange de taxe &#233;cologique et de taxe sur le capital, plus un pourcentage de TVA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement &#233;conomique europ&#233;en - La proposition franco-allemande de baser le gouvernement &#233;conomique sur le Conseil soul&#232;ve de nombreuses questions. Il serait, en particulier, impossible d'&#233;viter un directoire des pays forts. Les effets d'une gouvernance de ce type sont d&#233;j&#224; visibles. L'Allemagne, par exemple est en train d'imposer l'aust&#233;rit&#233; financi&#232;re &#224; tous les autres pays membres. Une telle politique n'est pas fausse, en soi. Un r&#233;&#233;quilibrage des budgets nationaux est certainement n&#233;cessaire. Mais il est mauvais qu'un gouvernement doive imposer sa politique aux autres et d'imaginer que cette politique est la seule dont l'Europe a besoin. La France, par exemple, rappelle justement que la croissance est &#233;galement n&#233;cessaire. Sans la croissance, les politiques d'aust&#233;rit&#233; dans certains pays (pensons &#224; la Gr&#232;ce) deviennent rapidement insoutenables et conduisent &#224; un m&#233;contentement social et &#224; des &#233;meutes politiques. N&#233;anmoins, la position fran&#231;aise est st&#233;rile dans la mesure o&#249; seule une croissance tr&#232;s modeste peut se r&#233;aliser en Europe au moyen de politiques purement nationales. M&#234;me la grande Allemagne conna&#238;tra des difficult&#233;s croissantes dans la mesure o&#249; au moins la moiti&#233; de ses exportations s'effectuent vers les pays europ&#233;ens. Soit l'UE lance un plan efficace soutenu par l'opinion publique -similaire au plan &#171; 2020 &#187; de la Commission- soit la crise s'aggravera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour devenir un v&#233;ritable gouvernement &#233;conomique, la Commission europ&#233;enne devrait disposer d'un montant important de ressources financi&#232;res. Le m&#233;canisme europ&#233;en de stabilisation financi&#232;re qui vient d'&#234;tre cr&#233;&#233;, atteint presque la moiti&#233; du budget actuel de la Communaut&#233;. Avec un budget de 2 &#224; 2,5 % du PIB de l'UE, comme l'a propos&#233; le rapport McDougall, il est probable qu'une bonne r&#233;partition entre les ressources financi&#232;res nationales et europ&#233;ennes puisse &#234;tre r&#233;alis&#233;e. Avec un montant ad&#233;quat du budget de la Communaut&#233;, des &#233;conomies significatives pour les citoyens europ&#233;ens deviennent possibles gr&#226;ce aux &#233;conomies d'&#233;chelle pour apporter les biens publics europ&#233;ens de base, la rationalisation des d&#233;penses et la r&#233;duction des taux d'int&#233;r&#234;ts. En v&#233;rit&#233;, une solution du type Blue Bonds pourrait se faire &#224; des taux d'int&#233;r&#234;ts plus bas que ceux du Bund allemand, parce qu'il deviendra possible de r&#233;colter des capitaux sur une aire g&#233;ographique plus vaste qu'actuellement et de la part d'investisseurs mondiaux qui pr&#233;f&#232;rent aujourd'hui les bons du tr&#233;sor am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, il faudrait abandonner l'id&#233;e que l'Europe peut surmonter la crise actuelle avec des mesures provisoires telles que celles qui ont &#233;t&#233; propos&#233;es par le Conseil. Le m&#233;canisme europ&#233;en de stabilisation financi&#232;re n'est pas si cr&#233;dible parmi les investisseurs internationaux depuis qu'il est &#224; nouveau bas&#233; sur le potentiel des budgets nationaux. Si, par exemple, l'Italie honore dans leur totalit&#233; les engagements du 9 mai, la dette publique italienne pourrait passer des 106 % actuels &#224; plus de 120 %. La v&#233;ritable garantie pour une dette publique est ancr&#233;e dans la confiance des citoyens &#224; l'&#233;gard des institutions dont elle &#233;mane. Aujourd'hui, un gouvernement europ&#233;en serait plus cr&#233;dible que des gouvernements agissant divis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concevoir une strat&#233;gie europ&#233;enne de sortie de crise est difficile parce qu'elle implique des probl&#232;mes institutionnels et politiques. Le Parlement europ&#233;en doit donc prendre la responsabilit&#233; d'ouvrir un large d&#233;bat sur la souverainet&#233; fiscale, sans tabous. Aujourd'hui, deux r&#233;formes parall&#232;les sont sur la table : la r&#233;forme du budget de la Communaut&#233; et un nouveau Pacte de croissance et de stabilit&#233;. Ces deux r&#233;formes doivent &#234;tre r&#233;unies. Un nouveau pacte fiscal europ&#233;en devrait &#234;tre adopt&#233;. Cela ne sera pas facile. Les gouvernements des Etats membres manquent de confiance en la Commission et leurs instincts nationaux r&#233;siduels entravent le f&#233;d&#233;ralisme fiscal et ils doivent &#234;tre d&#233;pass&#233;s. C'est pour ces raisons qu'il est n&#233;cessaire d'impliquer dans le d&#233;bat tous les citoyens et leurs repr&#233;sentants, &#224; la fois au sein du Parlement europ&#233;en et au sein des parlements nationaux. Des pas substantiels vers un f&#233;d&#233;ralisme fiscal europ&#233;en peuvent &#234;tre accomplis sans amender le Trait&#233; de Lisbonne, m&#234;me si une nouvelle Convention pourrait &#234;tre r&#233;unie si le Parlement europ&#233;en le juge n&#233;cessaire. Ce qui importe, c'est que les citoyens europ&#233;ens soient impliqu&#233;s dans toute r&#233;forme concernant la souverainet&#233; fiscale. Toute autre voie, telle qu'un comit&#233; d'experts rendant un avis au Conseil, serait non seulement anti-d&#233;mocratique, mais aussi illusoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Guido MONTANI&lt;br class='manualbr' /&gt;Vice-Pr&#233;sident de l'UEF Europe -Universit&#233; de Pavie- article publi&#233; initialement dans Europe's World&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'anglais par Jean-Luc PREVEL - Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise irlandaise, crise de l'euro, crise de l'Europe</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Crise-irlandaise-crise-de-l-euro-crise-de-l-Europe</link>
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		<dc:date>2011-10-10T09:17:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Toulemon</dc:creator>


		<dc:subject>euro</dc:subject>
		<dc:subject>Crise de la dette</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les f&#233;d&#233;ralistes ont toujours affirm&#233; que l'union mon&#233;taire europ&#233;enne demeurerait fragile tant qu'elle ne prendrait pas appui sur une union politique. La crise actuelle en apporte une &#233;clatante d&#233;monstration. Pour &#234;tre durables, les solutions &#224; la crise doivent marquer un renforcement concomitant de la discipline et de la solidarit&#233; au sein d'une union renforc&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt; Les faiblesses d'une monnaie sans Etat &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la crise grecque, celle que traverse l'Irlande est en fait le d&#233;fi le plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-Numero-151-mars-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 151 &#8212; 2011/03&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Crise-de-la-dette-+" rel="tag"&gt;Crise de la dette&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les f&#233;d&#233;ralistes ont toujours affirm&#233; que l'union mon&#233;taire europ&#233;enne demeurerait fragile tant qu'elle ne prendrait pas appui sur une union politique. La crise actuelle en apporte une &#233;clatante d&#233;monstration. Pour &#234;tre durables, les solutions &#224; la crise doivent marquer un renforcement concomitant de la discipline et de la solidarit&#233; au sein d'une union renforc&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les faiblesses d'une monnaie sans Etat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la crise grecque, celle que traverse l'Irlande est en fait le d&#233;fi le plus grave auquel est confront&#233;e la monnaie europ&#233;enne depuis sa cr&#233;ation. Les cr&#233;ateurs de l'euro avaient cru pallier l'absence d'un Etat et d'un budget f&#233;d&#233;ral par un &#171; pacte de stabilit&#233; et de croissance &#187;. Bien que le trait&#233; ait exclu tout renflouement d'un pays en difficult&#233;, les march&#233;s ont longtemps consid&#233;r&#233; que la zone euro constituait un tout. Tous les pays membres b&#233;n&#233;ficiaient de conditions de cr&#233;dit avantageuses, proches de celles consenties &#224; l'Allemagne. Certes des entorses au pacte auraient pu &#233;veiller quelque soup&#231;on : Italie et Belgique avaient &#233;t&#233; admises bien que leur endettement d&#233;pass&#226;t de loin la limite de 60 % du PIB, les donn&#233;es statistiques venant de Gr&#232;ce &#233;taient douteuses, mais surtout les deux principaux pays de la zone, l'Allemagne et la France avaient obtenu en 2005 un assouplissement du pacte les exon&#233;rant de toute sanction financi&#232;re pour d&#233;ficit excessif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le climat d'inqui&#233;tude cr&#233;&#233; par la crise des cr&#233;dits immobiliers am&#233;ricains contribua &#224; dissiper les illusions concernant l'unit&#233; de la zone euro. La Gr&#232;ce, dont le d&#233;ficit budg&#233;taire et l'endettement avaient &#233;t&#233; dissimul&#233;s, fut la premi&#232;re &#224; susciter la m&#233;fiance de ses cr&#233;anciers. La n&#233;cessit&#233; de lui venir en aide se heurta plusieurs mois durant &#224; l'hostilit&#233; de l'Allemagne, bien que les banques allemandes eussent &#233;t&#233; les premi&#232;res &#224; souffrir d'un d&#233;faut grec. Ce temps d'attente impos&#233; par la Chanceli&#232;re Angela Merkel eut l'avantage de convaincre l'opinion grecque que le programme de rigueur qui lui &#233;tait impos&#233; &#233;tait un moindre mal. Un accord associant le FMI intervint enfin dans la nuit du 10 mai 2010, mobilisant 750 millions d'euros. Le Fonds de stabilisation ainsi constitu&#233; empruntera sur les march&#233;s en b&#233;n&#233;ficiant du triple A et pr&#234;tera &#224; un taux plus &#233;lev&#233; mais bien inf&#233;rieur &#224; celui qu'exigent des cr&#233;anciers redoutant un d&#233;faut de remboursement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Irlande allait &#234;tre &#224; l'automne la seconde cible de la m&#233;fiance des march&#233;s. Son cas est diff&#233;rent de celui de la Gr&#232;ce. Elle est le pays qui a tir&#233; le plus de profit de son appartenance &#224; l'Union europ&#233;enne (UE), devenant en quelques ann&#233;es le plus riche, alors qu'elle en &#233;tait jadis le plus pauvre. Son d&#233;ficit gigantesque de plus de 30 % du PIB s'explique par l'obligation o&#249; s'est trouv&#233; le gouvernement irlandais de sauver des banques surdimensionn&#233;es et qui s'&#233;taient livr&#233;es &#224; une v&#233;ritable orgie de cr&#233;dits immobiliers. A la diff&#233;rence de la Gr&#232;ce qui avait d&#251; attendre pendant des mois le bon vouloir de l'Allemagne, le gouvernement de Dublin ne se r&#233;signa que p&#233;niblement &#224; faire appel &#224; une aide consid&#233;r&#233;e par une large part de la population comme humiliante et attentatoire &#224; la souverainet&#233; nationale. En revanche, les partenaires de l'Irlande et les Autorit&#233;s europ&#233;ennes souhaitaient une solution rapide afin d'&#233;viter la contagion de m&#233;fiance qui mena&#231;ait de s'&#233;tendre au Portugal et &#224; l'Espagne. L'accord intervenu fin novembre met l'Irlande &#224; l'abri de la faillite. Le gouvernement irlandais s'est impos&#233; un plan draconien d'&#233;conomies comportant une baisse du salaire minimum et des allocations sociales mais s'est refus&#233;, en d&#233;pit des pressions, &#224; relever le taux de son imp&#244;t sur les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s qui, &#224; 13,5 %, lui a permis d'attirer nombre de firmes internationales, notamment am&#233;ricaines. Les plans d'assainissement grec et irlandais s'accompagnent de mesures s&#233;v&#232;res de restriction budg&#233;taire dans la plupart des pays, y compris le Royaume-Uni qui ne fait pas partie de la zone euro mais qui participe cependant au sauvetage de l'Irlande.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des progr&#232;s significatifs mais insuffisants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Fonds de stabilisation cr&#233;&#233; pour la Gr&#232;ce et dont les interventions s'&#233;tendront &#224; l'Irlande sera vraisemblablement p&#233;rennis&#233;. La Banque centrale, dont le soutien aux banques en difficult&#233; a jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif tout au long de la crise des cr&#233;dits immobiliers, continue &#224; intervenir pour assurer la liquidit&#233; des banques. La mise en place de trois agences de r&#233;gulation, pour les march&#233;s boursiers, pour les banques et pour les assurances et d'un comit&#233; de surveillance syst&#233;mique aupr&#232;s de la Banque centrale devrait r&#233;duire l'opacit&#233; des transactions et limiter la sp&#233;culation. Enfin une surveillance pr&#233;ventive des politiques budg&#233;taires nationales s'appliquera d&#232;s 2011 dans la zone euro. Bien que ces mesures, dont certaines concernent l'ensemble de l'Union, repr&#233;sentent un progr&#232;s consid&#233;rable, il n'est pas certain qu'elles apportent une solution durable &#224; la crise, soit que l'Irlande et la Gr&#232;ce ne puissent respecter les &#233;ch&#233;ances de cr&#233;dits assortis de taux d'int&#233;r&#234;t relativement &#233;lev&#233;s, soit que la m&#233;fiance des march&#233;s ne s'&#233;tende &#224; d'autres pays. Les plans d'assainissement draconiens risquent de provoquer des troubles sociaux et politiques majeurs. La g&#233;n&#233;ralisation des politiques de rigueur menace l'&#233;conomie europ&#233;enne d'une longue p&#233;riode de stagnation. Enfin l'image de l'Europe est fortement d&#233;t&#233;rior&#233;e &#224; la fois aupr&#232;s des d&#233;biteurs soumis &#224; une cure d'aust&#233;rit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent et des principaux cr&#233;diteurs, tout particuli&#232;rement allemands, irrit&#233;s de payer pour l'impr&#233;voyance de leurs partenaires. Le d&#233;veloppement de l'euroscepticisme ne facilite &#233;videmment pas la recherche de solutions coop&#233;ratives par les gouvernements. Certains en viennent &#224; pr&#233;voir l'&#233;clatement de la zone euro, &#224; tort car le co&#251;t pour tous, y compris l'Allemagne, serait inacceptable, sans parler de l'&#233;chec politique collectif qu'il signifierait pour les Europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Peut-on esp&#233;rer un sursaut ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face au risque d'un prolongement, voire d'une extension de la crise, on peut souhaiter, sans trop y croire, qu'un sursaut se produise qui permettrait une sortie par le haut. Une d&#233;claration en faveur d'un progr&#232;s concomitant de la solidarit&#233; et de la discipline r&#233;tablirait la cr&#233;dibilit&#233; entam&#233;e de la zone euro. Les responsabilit&#233;s de la crise sont partag&#233;es entre d&#233;biteurs imprudents et autorit&#233;s europ&#233;ennes n&#233;gligentes, Commission, Conseil et Banque centrale. Aussi serait-il justifi&#233; de consentir aux pays endett&#233;s des taux plus mod&#233;r&#233;s et de plus longs d&#233;lais pour le remboursement de leurs dettes, voire pour l'assainissement de leurs finances et le r&#233;tablissement de leur comp&#233;titivit&#233;. Transf&#233;rer une part de l'endettement au niveau de l'UE aurait sans doute pour cons&#233;quence de faire baisser l'euro, ce qui serait un facteur favorable &#224; la croissance et une r&#233;plique justifi&#233;e aux politiques de dumping mon&#233;taire pratiqu&#233;es par la Chine et les Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, pour compenser l'effet r&#233;cessif des plans d'assainissement mais aussi pour donner une image plus positive de la politique europ&#233;enne, conviendrait-il de mutualiser les moyens d'intervention en faveur des &#233;conomies d'&#233;nergie, de la croissance verte, de l'innovation et de la recherche ainsi que de la lutte contre la pauvret&#233;. Un budget f&#233;d&#233;ral aliment&#233; par des ressources propres vot&#233;es par le Parlement europ&#233;en et compl&#233;t&#233; par l'&#233;mission d'euro-obligations donnerait quelque chance au programme 2020 de ne pas conna&#238;tre l'&#233;chec du d&#233;cevant Programme de Lisbonne. Les reproches qui sont adress&#233;s aux Allemands qui ont accompli de grands efforts pour mettre en ordre leurs finances lourdement affect&#233;es par le co&#251;t de la r&#233;unification sont contreproductifs et mal fond&#233;s. Cependant l'int&#233;r&#234;t de l'Allemagne comme celui de ses partenaires est de pr&#233;server l'acquis politique, &#233;conomique et humain que repr&#233;sente, au-del&#224; de l'euro, l'Union europ&#233;enne. Aussi n'est-il pas exclu que l'Allemagne, face &#224; la menace d'un &#233;clatement de l'euro, accepte un jour ce qui lui parait aujourd'hui inacceptable. Mais ses partenaires, notamment la France, devront comprendre que la solidarit&#233; ne saurait se limiter au domaine &#233;conomique et mon&#233;taire. Seule une union politique d'inspiration f&#233;d&#233;rale pourrait assurer durablement l'avenir de l'euro.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Robert TOULEMON&lt;br class='autobr' /&gt;
Ancien Directeur &#224; la Commission europ&#233;enne - Auteur de Aimer l'Europe - Paris - Article initialement publi&#233; sur le site de L'id&#233;e f&#233;d&#233;rale - Montr&#233;al - Janvier 2001 - &lt;a href=&#034;http://www.ideefederale.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ideefederale.ca&lt;/a&gt; - info@ideefederale.ca&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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