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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>R&#233;flexions sur la &#171; Communaut&#233; d'agglom&#233;ration Pays Basque &#187; : un mod&#232;le d'autonomie locale &#171; &#224; la fran&#231;aise &#187; ?</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Reflexions-sur-la-Communaute-d-agglomeration-Pays-Basque-un-modele-d-autonomie</link>
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		<dc:date>2020-03-19T20:59:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Panos Lipsos</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;gionalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Occitanie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les particularismes locaux sont un sujet sensible &#224; manier avec respect et d&#233;licatesse. Surtout quand on &#233;crit depuis le d&#233;partement des Pyr&#233;n&#233;es-Atlantiques. Cet &#233;crin magnifique abrite &#224; la fois la culture basque, laquelle revendique fi&#232;rement son ant&#233;riorit&#233; par rapport &#224; la culture fran&#231;aise, voire son autochtonie, et la culture b&#233;arnaise. Qu'en est-il de la question de la langue, et de l'organisation administrative ? L&#224; comme ailleurs, dans le d&#233;bat public, l'unanimit&#233; n'est pas de mise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-183-Decembre-2019-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 183 - D&#233;cembre 2019&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Regionalisme-+" rel="tag"&gt;R&#233;gionalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Occitanie-+" rel="tag"&gt;Occitanie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L150xH150/arton689-e204c.jpg?1729834998' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les particularismes locaux sont un sujet sensible &#224; manier avec respect et d&#233;licatesse. Surtout quand on &#233;crit depuis le d&#233;partement des Pyr&#233;n&#233;es-Atlantiques. Cet &#233;crin magnifique abrite &#224; la fois la culture basque, laquelle revendique fi&#232;rement son ant&#233;riorit&#233; par rapport &#224; la culture fran&#231;aise, voire son autochtonie, et la culture b&#233;arnaise. Qu'en est-il de la question de la langue, et de l'organisation administrative ? L&#224; comme ailleurs, dans le d&#233;bat public, l'unanimit&#233; n'est pas de mise : partisans de l'&#201;tat fran&#231;ais unitaire, plus ou moins d&#233;centralis&#233;, ap&#244;tres du d&#233;partement unique, d&#233;fenseurs de la cr&#233;ation d'un d&#233;partement &#171; Pays basque &#187;, autonomistes, militants bascophones, militants de la cause occitane, d&#233;fenseurs du b&#233;arnais (pas toujours d'accord pour &#234;tre assimil&#233;s aux occitanistes). Les options et les sujets de discussion ne manquent pas, sans compter les nuances, culturelles et politiques, les Basco-b&#233;arnais, les Charn&#232;gues (habitant.es des parties des provinces basques o&#249; est parl&#233; le gascon), et la cohorte des indiff&#233;rents...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ses sp&#233;cificit&#233;s, le d&#233;bat local rejoint le d&#233;bat europ&#233;en. Une des questions qui se pose est de savoir s'il faut imposer un mod&#232;le unique partout en Europe : sur le plan linguistique, certains d&#233;fenseurs des langues r&#233;gionales font grief &#224; la France de ne pas avoir ratifi&#233; la Charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales ou minoritaires, sign&#233;e en 1999 ; sur le plan administratif, d'aucuns r&#234;vent d'une &#171; Europe f&#233;d&#233;rale des r&#233;gions &#187;, qui passerait par la dislocation des &#201;tats et des nations. Contrairement &#224; une id&#233;e re&#231;ue, ce courant d&#233;passe largement le clivage droite-gauche, et m&#234;me l'opposition entre extr&#234;me droite et extr&#234;me gauche (cf. Seiler, Daniel-Louis. &#171; Les partis r&#233;gionalistes &#187;, La pens&#233;e de midi, vol. 21, no. 2, 2007, pp. 49-56). Les adversaires de l'Union europ&#233;enne (UE) se servent volontiers de la peur qu'il suscite. Pourtant, les f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens &#171; historiques &#187; n'ont pas toujours rejet&#233; en bloc l'id&#233;e de nation en tant que telle, m&#234;me s'ils en ont soulign&#233; les limites. En 1957, dans son projet de Manifeste des F&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens, Altiero Spinelli pose les principes d'une constitution des &#171; &#201;tats-Unis d'Europe &#187;. Il fustige &#171; l'impuissance nationale &#187; et la &#171; souverainet&#233; factice &#187;, persuad&#233; que les Europ&#233;ens sont &#171; anim&#233;s de l'ambition de donner un avenir &#224; leur civilisation commune &#187;, et qu'ils sont arriv&#233;s &#171; &#224; un point de leur histoire o&#249; ils doivent devenir un peuple : le peuple europ&#233;en. &#187; Dans le m&#234;me temps, pour lui &#171; f&#233;d&#233;rer l'Europe signifie unir les peuple libres d'Europe par un pacte irr&#233;vocable, sur la base duquel les affaires publiques propres aux nations particuli&#232;res seront g&#233;r&#233;es par les &#201;tats nationaux, selon le g&#233;nie particulier de chaque nation, tandis que les affaires publiques d'int&#233;r&#234;t commun seront g&#233;r&#233;es par un gouvernement commun &#187; ; la constitution dont il r&#234;ve laisserait &#171; les &#201;tats nationaux libres de conserver et de modifier leurs propres institutions &#187;, tout en pr&#233;voyant des &#171; garanties juridiques contre le danger d'usurpation de pouvoir &#187; des autorit&#233;s europ&#233;ennes et des autorit&#233;s nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE d'aujourd'hui n'est pas l'Europe f&#233;d&#233;rale de Spinelli, ni celle des r&#233;gions. Mais en son sein, dans les Pyr&#233;n&#233;es-Atlantiques, la France est peut-&#234;tre en train de proposer, sans remettre en cause la nation fran&#231;aise, son propre mod&#232;le d'autonomie locale, qui ne serait ni tout &#224; fait celui de l'&#201;tat jacobin traditionnel, ni celui de &#171; l'Europe f&#233;d&#233;rale des r&#233;gions &#187;. Un mod&#232;le souple &#224; l'avenir encore incertain, qui pourrait coexister avec d'autres modes d'organisation. Une invitation faite &#224; chaque &#201;tat europ&#233;en de penser par lui-m&#234;me son organisation r&#233;gionale, en fonction de sa propre histoire, de sa propre sensibilit&#233;. C'est en tout cas ce que pourrait laisser penser la cr&#233;ation de la &#171; Communaut&#233; d'agglom&#233;ration Pays Basque &#187;, dite &#233;galement &#171; Communaut&#233; Pays Basque &#187;. Voici quelques r&#233;flexions, non-exhaustives, &#224; ce propos...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'apparition de la &#171; Communaut&#233; Pays Basque &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le processus de cr&#233;ation de la Communaut&#233; d'agglom&#233;ration Pays Basque peut para&#238;tre technique et r&#233;barbatif. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'est greff&#233;, d'une fa&#231;on assez surprenante, sur un article de loi qui ne concernait pas directement les identit&#233;s r&#233;gionales, mais la coop&#233;ration intercommunale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 7 ao&#251;t 2015 marque la promulgation de la &#171; Loi portant nouvelle organisation territoriale de la R&#233;publique &#187; ; dite &#171; Loi NOTRe &#187;. Celle-ci modifiait partiellement l'article L 5210-1-1 du Code g&#233;n&#233;ral des collectivit&#233;s territoriales selon lequel &#171; Dans chaque d&#233;partement, il est &#233;tabli, au vu d'une &#233;valuation de la coh&#233;rence des p&#233;rim&#232;tres et d'un &#233;tat des lieux de la r&#233;partition des comp&#233;tences des groupements existants et de leur exercice, un sch&#233;ma d&#233;partemental de coop&#233;ration intercommunale pr&#233;voyant une couverture int&#233;grale du territoire par des &#233;tablissements publics de coop&#233;ration intercommunale &#224; fiscalit&#233; propre et la suppression des enclaves et discontinuit&#233;s territoriales. &#187; La nouvelle l&#233;gislation red&#233;finissait, entre autres, les crit&#232;res &#224; prendre en compte dans la mise en place du &#171; sch&#233;ma de coh&#233;rence territoriale &#187; et des &#233;tablissements publics de coop&#233;ration intercommunale &#224; fiscalit&#233; propre, qui doivent d&#233;sormais regrouper au moins 15 000 habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de d&#233;cision est int&#233;ressant. Sur cet aspect, la loi NOTRe n'a qu'assez peu modifi&#233; l'article L 5210-1-1 du Code g&#233;n&#233;ral des collectivit&#233;s territoriales. Il r&#233;v&#232;le un syst&#232;me mixte. Le Pr&#233;fet, repr&#233;sentant de l'&#201;tat, y joue un r&#244;le moteur, mais demeure contraint de consulter, entre autres, ce pilier de la d&#233;mocratie locale, tr&#232;s proche des citoyens, que sont les conseils municipaux des communes (outre les organes d&#233;lib&#233;rants des &#233;tablissements publics de coop&#233;ration intercommunale et des syndicats mixtes concern&#233;s). Selon le texte, le sch&#233;ma ainsi &#233;labor&#233; est r&#233;vis&#233; selon la m&#234;me proc&#233;dure tous les six ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 mars 2016, le Pr&#233;fet des Pyr&#233;n&#233;es-Atlantiques arr&#234;tait le sch&#233;ma d&#233;partemental de coop&#233;ration intercommunale des Pyr&#233;n&#233;es-Atlantiques, apr&#232;s une consultation qui donnait lieu &#224; divers amendements. Par d&#233;cision du 14 mars 2016, le Pr&#233;fet arr&#234;tait le projet de p&#233;rim&#232;tre de la Communaut&#233; d'agglom&#233;ration Pays Basque issue de la &#171; fusion au 1er janvier 2017 des communaut&#233;s d'agglom&#233;ration C&#244;te Basque Adour et Sud Pays Basque avec les communaut&#233;s de communes du Pays de Bidache, du Pays d'Hasparren, d'Amikuze, de Soule-Xiberoa, de Garazi-Baigorri, d'Iholdi-Ostibarre, de Nive-Adour, d'Errobi &#187;. Soit 158 communes et environ 300 000 habitants. Aux termes de la loi, le projet devait &#234;tre approuv&#233; par la moiti&#233; au moins des conseils municipaux des communes int&#233;ress&#233;es, repr&#233;sentant la moiti&#233; au moins de la population totale de celles-ci. Apr&#232;s un d&#233;bat local tr&#232;s investi par la soci&#233;t&#233; civile, un total de 111 conseils municipaux approuvaient le projet dans les d&#233;lais l&#233;gaux. Par arr&#234;t&#233; du 13 juillet 2016, la Communaut&#233; d'agglom&#233;ration &#233;tait cr&#233;&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi naissait l'&#201;tablissement public de coop&#233;ration intercommunale (EPCI) baptis&#233; &#171; Communaut&#233; d'agglom&#233;ration Pays Basque &#187;, aux termes de cet arr&#234;t&#233;. Des opposants au projet d&#233;posaient des recours devant la justice administrative. Le 23 janvier 2017, la Communaut&#233; &#233;lisait son premier pr&#233;sident, le Maire de Bayonne, Jean-Ren&#233; Etchegaray.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'originalit&#233; de cette &#171; autonomie &#187; fond&#233;e sur les communes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re approche est bien s&#251;r d'analyser la Communaut&#233; d'agglom&#233;ration Pays Basque comme une forme &#171; d'autonomie basque &#187; au sein de l'&#201;tat fran&#231;ais.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'ailleurs, l'arr&#234;t&#233; du Pr&#233;fet des Pyr&#233;n&#233;es-Atlantiques du 14 mars 2016 mentionne bien, dans l'un de ses consid&#233;rants, le &#171; Pays basque &#187; en tant que tel : &#171; Consid&#233;rant que ce projet de fusion permet de faire &#233;voluer le Pays basque vers un EPCI &#224; fiscalit&#233; propre &#187; ; ou encore &#171; Consid&#233;rant que ce projet de fusion renforce la solidarit&#233; financi&#232;re et territoriale entre le Pays basque littoral, o&#249; se concentre le d&#233;veloppement &#233;conomique et urbain, et le Pays basque int&#233;rieur moins dense et plus rural &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'abr&#233;viation &#171; Communaut&#233; Pays Basque &#187; est couramment utilis&#233;e, notamment sur les moyens de communication de l'EPCI (logos, internet &#8211; communaute-paysbasque.fr &#8211; etc.). Elle n'est sans doute pas anodine et inscrit dans les usages l'id&#233;e d'une forme &#171; d'autonomie basque &#187; &#224; la fran&#231;aise faisant &#233;cho, du moins dans le vocabulaire, &#224; la &#171; Comunidad aut&#243;noma &#187; espagnole.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, la &#171; Communaut&#233; d'agglom&#233;ration Pays Basque &#187; ne remet pas en cause les principes sur lesquels reposent la citoyennet&#233; fran&#231;aise et l'appartenance nationale. Elle ne transforme pas les citoyens fran&#231;ais de culture basque en communaut&#233; distincte au sein de la Communaut&#233; nationale. Elle ne d&#233;finit pas une identit&#233; basque particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du reste, la &#171; Communaut&#233; d'agglom&#233;ration Pays Basque &#187; demeure ouverte sur le plan culturel : bien que domin&#233;e, en nombre, par les villes et villages de tradition culturelle basque, elle int&#232;gre des communes o&#249; celle-ci c&#244;toie historiquement l'identit&#233; linguistique gasconne. Une particularit&#233; que n'avait pas manqu&#233; de signaler Louis-Lucien Bonaparte en 1863 dans sa &#171; Carte des sept provinces basques montrant la d&#233;limitation actuelle de l'euscara en dialectes, sous-dialectes et vari&#233;t&#233;s &#187; pour Biarritz, Anglet, Bayonne et le Boucau . Il faut &#233;galement compter avec un certain nombre de petites communes, situ&#233;es en zone &#171; charn&#232;gue &#187; (de langue gasconne-occitane, NdR), &#224; la crois&#233;e des cultures locales et dont l'identit&#233; ne co&#239;ncide pas avec les limites g&#233;ographiques traditionnellement attribu&#233;es au Pays basque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inversement l'article L 5210-1-1 du Code des collectivit&#233;s territoriales vise la continuit&#233; territoriale des EPCI, ce qui rend possible que des communes qui, aux yeux des bascophones, sont basques, ne puissent pas appartenir &#224; la Communaut&#233; d'agglom&#233;ration Pays Basque, si elles n'offrent pas de continuit&#233; territoriale avec celle-ci : c'est le cas de la commune d'Esquiule, dont les panneaux de signalisation sont en fran&#231;ais et en basque, mais qui constitue une &#171; enclave basque &#187; entour&#233;e de communes de tradition b&#233;arnaise, non membres de l'EPCI Pays Basque.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Attributions et ambitions de la &#171; Communaut&#233; Pays Basque &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La question linguistique interroge la nature de la Communaut&#233; d'agglom&#233;ration Pays Basque. Le 4 f&#233;vrier 2017, elle d&#233;lib&#233;rait en faveur de la prise d'une comp&#233;tence &#171; politique linguistique en faveur de la langue basque &#187; en visant l'article L 5211-17 du Code des collectivit&#233;s territoriales selon lequel &#171; Les communes membres d'un &#233;tablissement public de coop&#233;ration intercommunale peuvent &#224; tout moment transf&#233;rer, en tout ou partie, &#224; ce dernier, certaines de leurs comp&#233;tences dont le transfert n'est pas pr&#233;vu par la loi ou par la d&#233;cision institutive ainsi que les biens, &#233;quipements ou services publics n&#233;cessaires &#224; leur exercice. &#187; Il s'agissait de prendre le relais du Syndicat intercommunal &#224; vocation unique pour le Soutien &#224; la Culture Basque (SISCB), cr&#233;&#233; en 1990, dont la dissolution &#233;tait pr&#233;vue dans la partie &#171; rationalisation du r&#233;seau des syndicats &#187; du Sch&#233;ma D&#233;partemental de Coop&#233;ration Intercommunale. Le 23 juin 2018, par une d&#233;lib&#233;ration du conseil communautaire de l'EPCI statuant sur un point de l'ordre du jour intitul&#233; &#171; Politique linguistique et services &#224; la population &#8211; reconnaissance de la langue basque et du gascon occitan &#187;, la Communaut&#233; d'Agglom&#233;ration Pays Basque reconnaissait &#171; officiellement le basque et le gascon occitan comme langues de son territoire, aux c&#244;t&#233;s de la langue fran&#231;aise &#187; et s'engageait &#224; &#171; mettre en &#339;uvre des politiques linguistiques ambitieuses en faveur du basque et du gascon occitan &#187; en s'attachant en particulier &#224; &#171; organiser une offre plurilingue dans les services &#224; la population qui rel&#232;vent de sa comp&#233;tence &#187;, &#171; mettre en &#339;uvre le plurilinguisme dans sa communication et dans les &#233;l&#233;ments constitutifs de son image &#187;, &#171; rendre possible dans les instances communautaires l'usage du basque et du gascon occitan pour les &#233;lus qui le souhaitent : par la mise &#224; disposition d'un dispositif de traduction simultan&#233;e ou, &#224; d&#233;faut, par l'expression en basque ou en gascon occitan dans les m&#234;mes termes que l'&#233;nonc&#233; en fran&#231;ais &#187;, &#171; encourager, lors des prises de parole publiques de ses repr&#233;sentants, l'utilisation de la langue basque et du gascon occitan dans les m&#234;mes termes que l'&#233;nonc&#233; en fran&#231;ais. &#187;. Par ce texte, la Communaut&#233; d'Agglom&#233;ration Pays Basque s'engageait &#224; &#171; assumer un r&#244;le moteur dans la politique linguistique partag&#233;e, d&#233;finie et mise en &#339;uvre au sein de l'Office Public de la Langue Basque. &#187; et &#224; &#171; &#234;tre un interlocuteur privil&#233;gi&#233; de l'Office Public de la Langue Occitane &#187; (d&#233;lib&#233;ration disponible sur le site internet de la Communaut&#233; d'agglom&#233;ration Pays basque).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son expos&#233; des motifs, le Pr&#233;sident de la Communaut&#233; d'agglom&#233;ration citait l'article 75-1 de la Constitution (cr&#233;&#233; en 2008) selon lequel &#171; les langues r&#233;gionales appartiennent au patrimoine de la France &#187;, l'article 2 de la Constitution, qui pr&#233;voit que &#171; la langue de la R&#233;publique est le fran&#231;ais &#187;, et l'article L 1111-4 du Code g&#233;n&#233;ral des collectivit&#233;s territoriales, ainsi libell&#233; : &#171; Les comp&#233;tences en mati&#232;re de promotion de l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes, de culture, de sport, de tourisme, de promotion des langues r&#233;gionales et d'&#233;ducation populaire sont partag&#233;es entre les communes, les d&#233;partements, les r&#233;gions et les collectivit&#233;s &#224; statut particulier. &#187; Il pr&#233;cisait que cette reconnaissance n'entendait pas &#171; s'opposer ni m&#234;me att&#233;nuer les prescriptions juridiques s'appliquant &#224; la langue fran&#231;aise &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
On note donc une volont&#233; de s'inscrire dans la l&#233;gislation existante, m&#234;me si le Pr&#233;sident de la Communaut&#233; d'agglom&#233;ration pr&#233;sentait &#233;galement comme un objectif, dans ce m&#234;me expos&#233;, la modification du cadre juridique et la ratification de la Charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales ou minoritaires &#8211; d&#233;montrant qu'il ne s'agissait &#224; ses yeux que d'un premier pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conseil communautaire, dans sa d&#233;cision du 16 mars 2019, reconnaissait &#233;galement, au titre des comp&#233;tences facultatives de la Communaut&#233; d'Agglom&#233;ration Pays Basque, la comp&#233;tence &#171; Politique linguistique et culturelle occitane gasconne &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le contexte basque, cette &#171; prise de comp&#233;tence &#187; r&#233;sonne comme un acte plus fort, sur le plan symbolique, que les comp&#233;tences express&#233;ment attribu&#233;es par les textes aux communaut&#233;s d'agglom&#233;ration, &#233;num&#233;r&#233;es &#224; l'article L 5216-5 par le Code des collectivit&#233;s territoriales en mati&#232;re de : d&#233;veloppement &#233;conomique, am&#233;nagement de l'espace communautaire, &#233;quilibre social de l'habitat, politique de la ville, gestion des milieux aquatiques et pr&#233;vention des inondations, accueil des gens du voyage, collecte et traitement des d&#233;chets des m&#233;nages et d&#233;chets assimil&#233;s, droit de pr&#233;emption urbain, et autres. Des attributions qui &#233;taient directement transmises par les anciennes intercommunalit&#233;s, &#224; la Communaut&#233; d'agglom&#233;ration Pays Basque, outre diverses comp&#233;tences optionnelles. &lt;br class='autobr' /&gt;
La taille de cette communaut&#233; d'agglom&#233;ration, la diversit&#233; de ses territoires et des probl&#233;matiques qu'elle rencontre, sont autant de d&#233;fis dans l'exercice de ses comp&#233;tences. Ces derni&#232;res constituent les &#171; limites &#187; de cette autonomie, tr&#232;s ancr&#233;e dans les r&#233;alit&#233;s quotidiennes. Il sera &#233;galement int&#233;ressant d'observer son influence sur les orientations du groupement europ&#233;en de coop&#233;ration territoriale de l'Euror&#233;gion Nouvelle-Aquitaine-Euskadi-Navarre qui rassemble la r&#233;gion fran&#231;aise de Nouvelle-Aquitaine, et deux communaut&#233;s autonomes d'Espagne (l'Euskadi et la Communaut&#233; forale de Navarre).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En conclusion : un avenir en point d'interrogation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On le voit, la Communaut&#233; d'agglom&#233;ration Pays Basque est l'enfant inattendu de la Pr&#233;fecture, repr&#233;sentant l'&#201;tat fran&#231;ais, r&#233;put&#233; jacobin, et des communes, repr&#233;sentantes par excellence de la d&#233;mocratie locale. Elle est n&#233;e d'une forme de recherche du consensus entre l'&#201;tat et les citoyens. Ses ambitions en mati&#232;re de politique linguistique sont r&#233;v&#233;latrices du sens que lui donnent les citoyens les plus attach&#233;s &#224; leurs racines. En ces temps changeants, on ne se risquera &#224; pr&#233;dire ni l'avenir de la &#171; Communaut&#233; Pays Basque &#187;, ni celui de la &#171; singularit&#233; du mod&#232;le fran&#231;ais &#187;, notamment en mati&#232;re linguistique (face au mod&#232;le port&#233; par la Charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales ou minoritaires). Il s'agit dans tous les cas, d'un pr&#233;c&#233;dent passionnant, qui m&#233;rite d'&#234;tre mieux connu en Europe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Bernard Abel Lesfargues, &#233;crivain et traducteur, fondateur de la Librairie, puis des &#201;ditions F&#233;d&#233;rop&#8230; f&#233;d&#233;raliste</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Entretien-avec-Bernard-Abel-Lesfargues</link>
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		<dc:date>2018-09-03T20:20:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Francis Billion</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;gionalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Article publi&#233; initialement dans la revue F&#233;d&#233;choses &#8211; pour le f&#233;d&#233;ralisme, 35&#176; ann&#233;e, n&#176; 140, juin 2008. &lt;br class='autobr' /&gt; Tu as &#233;t&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 60 et au d&#233;but des ann&#233;es 70, tout &#224; la fois Pr&#233;sident du MFE Rh&#244;ne-Alpes et du groupe lyonnais du mouvement autonomiste Lutte occitane. Comment conciliais-tu ces deux combats, pour nous compl&#233;mentaires ? Mais tout d'abord, quelles ont &#233;t&#233; les raisons de ton double engagement politique, occitaniste et f&#233;d&#233;raliste europ&#233;en ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La plupart des f&#233;d&#233;ralistes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-179-Aout-2018-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 179 - Ao&#251;t 2018&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Regionalisme-+" rel="tag"&gt;R&#233;gionalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Article publi&#233; initialement dans la revue F&#233;d&#233;choses &#8211; pour le f&#233;d&#233;ralisme, 35&#176; ann&#233;e, n&#176; 140, juin 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu as &#233;t&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 60 et au d&#233;but des ann&#233;es 70, tout &#224; la fois Pr&#233;sident du MFE Rh&#244;ne-Alpes et du groupe lyonnais du mouvement autonomiste Lutte occitane. Comment conciliais-tu ces deux combats, pour nous compl&#233;mentaires ? Mais tout d'abord, quelles ont &#233;t&#233; les raisons de ton double engagement politique, occitaniste et f&#233;d&#233;raliste europ&#233;en ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des f&#233;d&#233;ralistes voyaient assez mal d'&#234;tre tout &#224; la fois f&#233;d&#233;raliste europ&#233;en et autonomiste. Ce double positionnement &#233;tait largement incompris &#224; Lyon, mais peut-&#234;tre encore plus en Italie. Nos amis Altiero Spinelli, et plus tard Mario Albertini, voyaient difficilement la liaison entre f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne et f&#233;d&#233;ralisme interne. Les mouvements autonomistes, catalan, basque, breton, et a fortiori occitan, n'avaient pas leur soutien. Cette m&#233;fiance &#233;tait par ailleurs largement r&#233;ciproque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la marge des deux mouvements, f&#233;d&#233;raliste et autonomiste, il avait pourtant exist&#233;, dans l'entre-deux guerres, un courant f&#233;d&#233;raliste au sein du mouvement occitan, autour de Charles Camproux qui avait publi&#233; en 1935, &lt;i&gt;Per lo camp occitan&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Per lo camp occitan, &#233;d. Lombard, Narbonne, 1935.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, recueil d'articles parus dans diverses revues des ann&#233;es 30. Camproux s'&#233;tait par la suite engag&#233; dans la R&#233;sistance. Mais ce courant &#233;tait dans l'apr&#232;s-guerre de plus en plus marginalis&#233;. Parmi les f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens, certains, comme Guy H&#233;raud, ont progressivement &#233;volu&#233; vers une conception ethnique du f&#233;d&#233;ralisme ; H&#233;raud est, entre autres, devenu tr&#232;s proche de Fran&#231;ois Fontan, fondateur du tr&#232;s nationaliste &lt;i&gt;Parti nationaliste occitan&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir &#224; mon cas personnel, je suis arriv&#233; &#224; Paris en kh&#226;gne fin 1944. En 1945 j'ai adh&#233;r&#233; &#224; L'&lt;i&gt;Institut d'&#233;tudes occitanes&lt;/i&gt;, qui venait d'&#234;tre cr&#233;&#233; apr&#232;s la Lib&#233;ration. C'est apr&#232;s ma rencontre avec Jean-Pierre Gouzy, que j'ai adh&#233;r&#233; au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en ; apr&#232;s la fondation de la br&#232;ve revue po&#233;tique &lt;i&gt;Les Cahiers du triton bleu&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Cahiers du triton bleu, publieront 5 num&#233;ros entre avril 1946 et avril (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dont il a &#233;t&#233; l'un des r&#233;dacteurs. C'est dans ce cadre &#233;galement que j'ai publi&#233;, avec Robert Lafont, une &lt;i&gt;Anthologie de la jeune po&#233;sie occitane&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert Lafont et Bernard Lesfargues, La jeune po&#233;sie occitane. Anthologie, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais nous ne nous int&#233;ressions pas qu'&#224; la po&#233;sie. Nous cherchions &#233;galement comment, en tant qu'intellectuels, intervenir dans le d&#233;bat politique, sans c&#233;der par facilit&#233; au mouvement qui portait nombre d'entre eux vers le Parti communiste ou &#224; se cantonner dans le milieu directement issu de la R&#233;sistance. On r&#234;vait de paix, on voulait oeuvrer &#224; la reconstruction d'une Europe diff&#233;rente, d&#233;barrass&#233;e du nationalisme, en quelque sorte non align&#233;e et capable de compter dans le monde. Avec Jean-Pierre Gouzy, avant d'&#234;tre membres du MFE, nous avions fond&#233; un Comit&#233; d'action f&#233;d&#233;raliste, un tout petit groupe qui publiait son propre bulletin, avant de rejoindre, en 1946 ou 1947, l'Union fran&#231;aise des f&#233;d&#233;ralistes, la section fran&#231;aise de l'UEF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 50, l'&lt;i&gt;Institut d'&#233;tudes occitanes&lt;/i&gt; ne s'int&#233;ressait pas au f&#233;d&#233;ralisme ni &#224; l'int&#233;gration europ&#233;enne ; il &#233;tait plus tent&#233; de s'appuyer sur les partis de gauche hexagonaux, et en particulier le PC, pour faire avancer ses revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que doivent la &lt;i&gt;Librairie&lt;/i&gt;, fond&#233;e en 1969, puis les &lt;i&gt;&#201;ditions F&#233;d&#233;rop&lt;/i&gt;, cr&#233;es en 1975, &#224; l'&#171; esprit de Mai &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Professeur &#224; Lyon &#224; la fin des ann&#233;es 60 mes deux engagements &#233;taient toujours difficiles &#224; porter en m&#234;me temps. Je r&#234;vais depuis longtemps de r&#233;concilier la notion de f&#233;d&#233;ralisme, et de f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en, avec la gauche. En effet, &#234;tre f&#233;d&#233;raliste, et f&#233;d&#233;raliste europ&#233;en, &#233;tait tr&#232;s mal vu de la gauche hexagonale, ou m&#234;me totalement ignor&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation de la Librairie &lt;i&gt;F&#233;d&#233;rop&lt;/i&gt;, en 1969, a &#233;t&#233; pour moi une tentative de cr&#233;er un espace o&#249; puissent dialoguer, essayer de se comprendre, travailler ensemble, les militants &#171; de la gauche de la gauche &#187; et les f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens, sans oublier les autonomistes, dans l'ensemble tout autant ignor&#233;s des premiers. La librairie, qui n'aurait pu exister sans les &#233;v&#232;nements de 68, a rapidement &#233;t&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 70 consid&#233;r&#233;e comme &#171; le Masp&#233;ro lyonnais &#187; ; comme &lt;i&gt;Masp&#233;ro&lt;/i&gt;, &#224; Paris, nous avons du reste &#233;t&#233; une dizaine de fois victimes d'attaques violentes de groupes d'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux premiers permanents de &lt;i&gt;F&#233;d&#233;rop&lt;/i&gt; &#233;taient membres du MFE. Le second, Pierre-Gilles Flacsu, qui jouera par la suite un r&#244;le important dans la fondation et l'animation des Editions &lt;i&gt;F&#233;d&#233;rop&lt;/i&gt;, a &#233;volu&#233; vers l'extr&#234;me-gauche pure et simple, ce qui ne nous a pas emp&#234;ch&#233; de continuer &#224; travailler ensemble jusqu'&#224; son d&#233;part, en 1978.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et les &#233;ditions, dont &lt;i&gt;F&#233;d&#233;choses&lt;/i&gt;, auquel tu as toujours &#233;t&#233; &#233;troitement associ&#233;, a publi&#233; en 1975, dans ses num&#233;ros 1O &#224; 12, ton &#171; faire-part avis de naissance &#187;, et les textes de pr&#233;sentation des diff&#233;rentes collections ? D'o&#249; venait &#233;galement le nom de F&#233;d&#233;rop ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Editions &lt;i&gt;F&#233;d&#233;rop&lt;/i&gt; ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es en 1975. La fondation des &#233;ditions, par Pierre-Gilles, toi et moi, n'a que partiellement &#233;t&#233; une aventure collective, car elle &#233;tait avant tout une aventure personnelle, la reprise et la poursuite de ce que j'avais r&#234;v&#233; de faire en 1945 et 1946 avec Les Cahiers du triton bleu. Elle est pourtant aussi une aventure collective puisqu'elle n'a &#233;t&#233; envisageable qu'&#224; partir du moment o&#249; nous avions construit avec la librairie une base solide et financi&#232;rement autonome. Nous avons aussi &#233;t&#233; rapidement rejoints par d'autres, les directeurs des diff&#233;rentes collections, Jean-Paul Cortada, Georges Val&#233;ro, Bruno Guichard, Bernard Barthalay (du MFE), puis Alain Kaiser et, un peu plus tard, Jean-Luc Prevel (lui aussi f&#233;d&#233;raliste). Paradoxalement, la fondation des &#233;ditions a rapidement amen&#233; un certain d&#233;sint&#233;r&#234;t pour la librairie qui a malheureusement p&#233;riclit&#233; jusqu'&#224; sa cessation d'activit&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 80.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au nom de &lt;i&gt;F&#233;d&#233;rop&lt;/i&gt;, il faisait &#233;videmment r&#233;f&#233;rence &#224; la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne. &#192; partir du moment o&#249;, gr&#226;ce &#224; la librairie et au travail accompli, il avait acquis une certaine notori&#233;t&#233; nous ne nous sommes pas pos&#233;s la question d'en chercher un autre. Nos partenaires de gauche, ceux qui n'&#233;taient pas f&#233;d&#233;ralistes, et en particulier les permanents salari&#233;s, au nombre de 3 ou 4 apr&#232;s la cr&#233;ation des &#233;ditions, ont d&#251; s'habituer &#224; ce nom, qui a pourtant initialement pos&#233; probl&#232;me &#224; certainss d'entre eux. Par contre, aujourd'hui le nom de F&#233;d&#233;rop , que portent toujours les &#233;ditions depuis que je m'en suis d&#233;gag&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 90 et qu'elles ne publient plus que des textes litt&#233;raires, d'ailleurs de grande qualit&#233;, n'est plus justifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'en est-il de F&#233;d&#233;rop, aujourd'hui, avant quelques mots de conclusion ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les crises et les difficult&#233;s, de 1975 &#224; 1999, date &#224; laquelle j'ai pass&#233; la main &#224; deux amis, Bernadette Paringuaux et Jean-Paul Blot, lui aussi occitaniste, &lt;i&gt;F&#233;d&#233;rop&lt;/i&gt; a publi&#233; pr&#232;s de 180 ouvrages. Dont une vingtaine de titres dans les collections &#171; Textes f&#233;d&#233;ralistes &#187; et &#171; Minorit&#233;s nationales &#187; ; qui, plus particuli&#232;rement politiques, n'ont jamais &#233;t&#233; de vente facile&#8230;, &#224; l'exclusion &#233;ventuellement de L'Envers de la conqu&#234;te, de Miguel Le&#243;n Portilla .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons voulu faire une maison d'&#233;dition s'int&#233;ressant tout particuli&#232;rement &#224; l'occitan et au catalan, mais nous avons toujours refus&#233; d'enfermer nos livres dans un ghetto ou de ne nous int&#233;resser qu'&#224; eux. En t&#233;moigne entre autres le fait que la collection de po&#233;sie, &#171; Pau Froment &#187;, que j'ai dirig&#233;e et qui porte le nom d'un po&#232;te occitan trop t&#244;t suicid&#233;, ait publi&#233; des textes d'origines tr&#232;s diverses, souvent en &#233;dition bilingue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma fiert&#233; est d'avoir contribu&#233; &#224; d&#233;montrer, aussi en tant que f&#233;d&#233;raliste, qu'il n'est pas en France de bonne litt&#233;rature que de Paris. En t&#233;moignent, parmi d'autres, l'importante &#233;dition des trois tomes en occitan de &lt;i&gt;La Festa&lt;/i&gt; , de Robert Lafont, ou le fait que le premier &#233;diteur de &#171; province &#187; &#224; avoir &#233;dit&#233; un futur prix Nobel de litt&#233;rature a &#233;t&#233; &lt;i&gt;F&#233;d&#233;rop&lt;/i&gt;, en 1977, avec l'espagnol Vicente Alexandre .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Per lo camp occitan&lt;/i&gt;, &#233;d. Lombard, Narbonne, 1935.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Les Cahiers du triton bleu&lt;/i&gt;, publieront 5 num&#233;ros entre avril 1946 et avril 1947. Tous indiquent Bernard Lesfargues commme Directeur. Signes d'ouverture au f&#233;d&#233;ralisme, dans son 3e. num&#233;ro, la revue, publie une chronique de Jean-Marc Varenne (pseudonyme de J.-P. Gouzy), sur deux r&#233;cents ouvrages d'Alexandre Marc, &#171; Proudhon, textes choisis et pr&#233;sent&#233;s &#187;, et, &#171; L'Av&#232;nement de la classe ouvri&#232;re &#187;. Il signera sous ce nom plusieurs autres articles, et de son nom une chonique sur le livre d'Arthur Kostler, Le Yogi et le commissaire, dans le dernier num&#233;ro. Le &lt;i&gt;Triton bleu&lt;/i&gt; publiera dans ses deux derniers num&#233;ros en 4e. de couverture, un encart de promotion pour la revue La R&#233;publique moderne, dirig&#233;e par Claude-Marcel Hytte, et un autre pour la revue occitaniste L'Ase negre dirig&#233;e par Robert Lafont.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert Lafont et Bernard Lesfargues, &lt;i&gt;La jeune po&#233;sie occitane&lt;/i&gt;. Anthologie, &#233;d. Le Triton bleu, Paris, 1946, pp. 93.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Gardarem lo Larzac !</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Gardarem-lo-Larzac</link>
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		<dc:date>2015-11-03T13:09:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>R&#233;gionalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Larzac</dc:subject>
		<dc:subject>Occitanie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;DANS 6 MOIS, L'ARM&#201;E PROPRIETAIRE DU LARZAC ? Le Pr&#233;fet de l' Aveyron a annonc&#233; que la proc&#233;dure d' expropriation d es paysans du Larzac entrait dans sa phase finale. L' Enqu&#234;te parcellaire s'est ouverte officiellement le 12 f&#233;vrier : devant le boycott massif des paysans et des Mairies concern&#233;es, le Gouvernement fait accomplir cette formalit&#233; &#224; la Pr&#233;fecture.de Rodez ! L'Arr&#234;t&#233; de cessibilit&#233;, pris &#183;par le Pr&#233;fet &#224; la suite de l'enqu&#234;te parcellaire, d&#233;termine les parcelles &#224; exproprier et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-9-2e-trimestre-1975-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 9 &#8212; 2e trimestre 1975&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Occitanie-+" rel="tag"&gt;Occitanie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;DANS 6 MOIS, L'ARM&#201;E PROPRIETAIRE DU LARZAC ?&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Le Pr&#233;fet de l' Aveyron a annonc&#233; que la proc&#233;dure d' expropriation d es paysans du Larzac entrait dans sa phase finale.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L' Enqu&#234;te parcellaire s'est ouverte officiellement le 12 f&#233;vrier : devant le boycott massif des paysans et des Mairies concern&#233;es, le Gouvernement fait accomplir cette formalit&#233; &#224; la Pr&#233;fecture.de Rodez !&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'Arr&#234;t&#233; de cessibilit&#233;, pris &#183;par le Pr&#233;fet &#224; la suite de l'enqu&#234;te parcellaire, d&#233;termine les parcelles &#224; exproprier et cl&#244;ture la phase administrative.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'Ordonnance d'expropriation qui sera prise dans les 6 mois rendra I'Arm&#233;e l&#233;galement propri&#233;taire des terres. Elle n'aura alors m&#234;me pas besoin de la force pour expulser les paysans : il lui suffira de leur rendre la vie impossible par ses tirs et ses manoeuvres...&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LE LARZAC NOUS CONCERNE TOUS&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; parce que les 103 paysans se battent pour conserver leur outil de travail.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; parce que l'arm&#233;e qui veut leur prendre plus de 13 000 ha en poss&#232;de d&#233;j&#224; 270 000 dans tout le pays !&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Elle est le plus grand propri&#233;taire terrien en France ! Elle a besoin de ces terrains pour exp&#233;rimenter les armes nouvelles que nous exportons si volontiers, pour s'entra&#238;ner &#224; la lutte &#171; contre l'ennemi int&#233;rieur &#187;,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; pour inviter l es arm&#233;es anglaises, am&#233;ricaines, allemandes &#224; manoeuvrer chez nous...&lt;/li&gt;&lt;li&gt; parce que les paysans du Larzac, en 4 ans de lutte, ont re&#231;u le soutien de tous ceux qui veulent un vrai changement dans notre soci&#233;t&#233; : leur d&#233;faite serait notre d&#233;faite &#224; tous. Nous &#233;tions 80 000 &#224; la Marche des Paysans Travailleurs en 73 ; nous &#233;tions plus de 100 000 &#224; la F&#233;te de la Moisson en 74 ; il est urgent de nous mobiliser &#224; nouveau.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LE LARZAC NOUS CONCERNE EN TANT QUE F&#201;D&#201;RALISTES&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Car il n'y a rien &#224; attendre de la prise du pouvoir parisien par des partis qui, tous, de I'Occitanie &#224; la Bretagne, en passant par Djibouti, imposent le culte de I'&#201;tat-nation.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Car &#224; toutes les ali&#233;nations, les Occitans doivent ajouter l'ali&#233;nation nationale.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Car il est impossible de &#171; r&#233;soudre le probl&#232;me du Larzac &#187;, de d&#233;coloniser I'Occitanie, sans d&#233;passer le cadre national bureaucratique et centralis&#233; parla construction d'un &#201;tat f&#233;d&#233;ral europ&#233;en.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En effet, celui-ci peut seul :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; ouvrir la voie &#224; la lib&#233;ration de I'Occitanie parla destruction de I'&#201;tat-nation ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; ouvrir la voie au socialisme parla suppression de l'hypoth&#232;que imp&#233;rialiste russo&#183;am&#233;ricaine.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;NON &#192; L'EUROPE KAKI DES MILITAIRES !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOUS GARDERONS LE LARZAC&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CONTRE L'ARM&#201;E ET L'&#201;TAT NATIONAL !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOUS LIB&#201;RERONS L'OCCITANIE PAR LA DESTRUCTION DE L'&#201;TAT-NATION !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pour en savoir plus sur le contexte : &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Lutte_du_Larzac&#034; class=&#034;spip_glossaire&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lutte du Larzac&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'influence de Robert Lafont sur l'occitanisme politique</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Robert-Lafont-occitanisme-politique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Robert-Lafont-occitanisme-politique</guid>
		<dc:date>2013-09-02T10:41:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>G&#233;rard Tautil</dc:creator>


		<dc:subject>FED'Actualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;gionalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Conf&#233;rence &#224; la Maison de l'Europe et des Europ&#233;ens de Lyon, mars 2012, &#224; l'initiative de l'UEF, des Editions F&#233;d&#233;rop et de R&#233;gions &amp; Peuples Solidaires &lt;br class='autobr' /&gt; Parler de Robert Lafont et de l'occitanisme politique est sans aucun doute ce qui motive cette petite contribution &#224; une &#339;uvre multiforme, au riche contenu dans les domaines de la litt&#233;rature occitane, la recherche, l'enseignement universitaire et la sociolinguistique. Une &#339;uvre qui ne s'est jamais d&#233;partie de son interrogation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-160-Juin-2013-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 160 &#8212; Juin 2013&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Regionalisme-+" rel="tag"&gt;R&#233;gionalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L105xH150/arton483-660e6.jpg?1729834998' class='spip_logo spip_logo_right' width='105' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Conf&#233;rence &#224; la Maison de l'Europe et des Europ&#233;ens de Lyon, mars 2012, &#224; l'initiative de l'UEF, des Editions F&#233;d&#233;rop et de R&#233;gions &amp; Peuples Solidaires&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parler de Robert Lafont et de l'occitanisme politique est sans aucun doute ce qui motive cette petite contribution &#224; une &#339;uvre multiforme, au riche contenu dans les domaines de la litt&#233;rature occitane, la recherche, l'enseignement universitaire et la sociolinguistique. Une &#339;uvre qui ne s'est jamais d&#233;partie de son interrogation quotidienne sur l'avenir soci&#233;tal d'un peuple r&#233;duit &#224; une destin&#233;e institutionnelle, celle de son statut r&#233;gional dans le cadre d'une tradition centraliste fran&#231;aise dont le poids aujourd'hui ne permet plus de r&#233;pondre aux transformations li&#233;es &#224; la mondialisation &#233;conomique et &#224; l'avenir propre &#224; la construction europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour &#233;clairer mon propos, il est une question que je me suis pos&#233;e et que l'on m'a pos&#233;e &#233;galement sur ce travail : &#034;Est-ce de l'occitanisme politique, dont il s'agit ou de l'apport de Robert Lafont au domaine politique sur l'Occitanie ?&#034; Je r&#233;ponds sans h&#233;sitation que nos cheminements furent parall&#232;les, puis convergents, pour devenir communs au d&#233;but des ann&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2000 avec l'adh&#233;sion de Lafont au &lt;i&gt;Partit Occitan&lt;/i&gt; (POC). Au point qu'il est difficile de faire l'impasse sur cette compl&#233;mentarit&#233; de nos cheminements respectifs. En effet, ce qui est au c&#339;ur de nos analyses ce sont, d'une part, les r&#233;alit&#233;s de la soci&#233;t&#233; occitane brid&#233;e par la formation historique de l'&#201;tat fran&#231;ais et, d'autre part, nos r&#233;ponses pratiques dans le combat politique commun pendant plus de trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai surtout voulu mettre en &#233;vidence le th&#233;oricien de la nouvelle Renaissance occitane et l'acteur politique qui a su donner des r&#233;ponses concr&#232;tes aux questions de soci&#233;t&#233;, et aussi remettre en mouvement une histoire occult&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le fait occitan : soci&#233;t&#233; domin&#233;e et renaissance culturelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comprendre le fait occitan c'est, selon Lafont, analyser son &#233;volution et en tirer les cons&#233;quences. Nous avons donc affaire &#224; une didactique, &#224; une m&#233;thode de mise en perspective qui analyse une p&#233;riode courte d'histoire, celle de la renaissance occitane. On peut parler de &lt;strong&gt;r&#233;cup&#233;ration historique&lt;/strong&gt;, d'une histoire que les Occitans eux-m&#234;mes ignorent dans leur grande majorit&#233; : &lt;q&gt;Je repasse en revue notre mouvement de Renaissance (&#8230;) en trois temps successifs&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;roulement tripartite d'histoire prend effet apr&#232;s plus de plus de cinq si&#232;cles de domination militaire et politique. D&#232;s la sortie du XIIIe si&#232;cle, pendant cinq si&#232;cles, la conqu&#234;te &#233;crase une civilisation et une culture que portent au sommet les troubadours mais aussi les fondement de l'autonomie des cit&#233;s et de la citoyennet&#233; qui fondent les valeurs occidentales positives. l'Occitanie m&#233;di&#233;vale manque sa premi&#232;re mutation politique, ne peut pousser plus avant son alliance avec les Catalans de la Maison d'Aragon. La croisade fran&#231;aise d&#233;fait un destin qui prend appui sur la M&#233;diterran&#233;e et les Pyr&#233;n&#233;es. La monarchie r&#233;ussit sa perc&#233;e vers les march&#233;s, les territoires du Sud et d'Orient. Donc, cinq si&#232;cles de mise en d&#233;pendance des hommes et des territoires, d'acculturation et de perte d'identit&#233; qui conduisent &#224; l'ali&#233;nation cacographique et &#224; la &#034;patoisie&#034;, cette patrie honteuse du domin&#233; face au dominant. Lafont reconna&#238;t au F&#233;librige cette Renaissance culturelle qu'il revendique dans une vision d'histoire et dont le territoire s'&#233;tend &#034;&lt;i&gt;deis aups ai piren&#232;us&lt;/i&gt;&#034; (des Alpes aux Pyr&#233;n&#233;es), qui se pense nation sans le dire et, paradoxe, que Fr&#233;d&#233;ric Mistral veut unifier autour d'une graphie qui est celle d'un &lt;q&gt;sous-dialecte p&#233;riph&#233;rique d'Arles et d'Avignon&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes dans le &lt;strong&gt;temps Un&lt;/strong&gt; de cette Renaissance travers&#233;e par des conflits sociaux sans relais politiques &#034;r&#233;gionaux&#034;. c'est ce que va reprocher Lafont au F&#233;librige qui s'est pos&#233; en r&#233;novateur de l'id&#233;e des pays d'Oc, qui a restaur&#233; les troubadours et qui se trouve confront&#233; au &lt;q&gt;bloc de b&#233;ton &#233;tatique qui date de l'Ancien R&#233;gime auquel succ&#233;da la refondation de la Nation dans le jacobinisme, puis dans le Premier Empire qui ach&#232;ve d'armer de fer la centralisation absolue.&lt;/q&gt;. Les f&#233;libres, reconna&#238;t Lafont, n'ont pas la partie facile. Mais c'est plus un constat qu'une excuse. Car dans ce contexte nationaliste sans pr&#233;c&#233;dent, la bourgeoisie -&#233;clair&#233;e ou non-, ne pense qu'exceptionnellement un destin de diff&#233;renciation interne. &lt;q&gt;Il n'y a personne qui puisse concevoir un autonomisme provincial.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus, elle collabore &#224; la mise sous s&#233;questre d'une &#233;conomie drainant vers Paris les ressources des territoires. c'est le refus de donner la moindre place &#224; la diversit&#233; et &#224; la compl&#233;mentarit&#233; d'une &#233;conomie p&#233;riph&#233;rique. c'est le &lt;q&gt;plus grand &#233;chec nationalitaire qu'a produit le XIXe si&#232;cle, dit des &#034;nationalit&#233;s&#034;&lt;/q&gt;. L'identit&#233; s'inhibe dans ce rapport complexe de provincialit&#233; et de centralit&#233; &#224; la fois &#233;conomique et id&#233;ologique. Rel&#233;gu&#233; au rang d'expression litt&#233;raire (le Prix Nobel de litt&#233;rature pour Mistral en 1905), on comprend alors une des raisons qui font du F&#233;librige un courant culturel sans issue ni porteur de transformation sociale. Il passera &#224; c&#244;t&#233; de la r&#233;volte vigneronne (de 1907) qui secoue la soci&#233;t&#233; occitane comme il est pass&#233; &#224; c&#244;t&#233; du mouvement catalaniste et des r&#233;voltes europ&#233;ennes pour les ind&#233;pendances qu'il a sublim&#233;es dans le domaine litt&#233;raire sans essayer d'y trouver des correspondances ou des adaptations propres &#224; la soci&#233;t&#233; occitane. &lt;q&gt;Dans une France hypercentralis&#233;e, nationaliste et on ne peut plus imp&#233;rialiste, dans une n&#233;gation de toute vari&#233;t&#233; interne&lt;/q&gt;, le F&#233;librige passe &#224; c&#244;t&#233; de la destruction de tout p&#244;le de d&#233;veloppement p&#233;riph&#233;rique. c'est &#034;&lt;i&gt;l'&#233;chec glorieux&lt;/i&gt;&#034; du F&#233;librige.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sortir du culturalisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette critique du F&#233;librige trouvera son pendant dans l'Institut d'&#233;tudes occitanes (&lt;i&gt;Institut d'Estudis Occitanas&lt;/i&gt;, IEO) qui s'est d'abord d&#233;marqu&#233;, d&#232;s sa cr&#233;ation &#224; la Lib&#233;ration, de toute notation graphique li&#233;e au syst&#232;me phonologique fran&#231;ais. l'&#233;criture occitane et son syst&#232;me graphique se prolongent pourtant -et notamment en Provence- dans les &#233;crits notariaux et administratifs jusqu'au d&#233;but du XVIe si&#232;cle. l'&#233;dit de Villers-Cottr&#234;ts (1539) l'interdit et impose le fran&#231;ais comme la langue nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si l'IEO r&#233;tablit la norme classique, ses d&#233;bats internes font aussi &#233;cho &#224; la soci&#233;t&#233; occitane. Nous entrons dans le &lt;strong&gt;Temps Deux&lt;/strong&gt; qui a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; par le renouvellement de ce d&#233;bat dans les ann&#233;es 1930, en liaison avec la mont&#233;e de l'autonomisme catalan qui s'associera en 1931 &#224; la R&#233;publique. Sur ce mod&#232;le na&#238;tra un occitanisme politique avec Carles Campr&#243;s que Lafont d&#233;finit comme &lt;i&gt;f&#233;d&#233;raliste&lt;/i&gt; dans sa forme interne et internationale. Il reconna&#238;t que cet occitanisme politique est m&#233;connu du grand public. Survient la guerre qui va effacer le catalanisme et retarder la construction d'un occitanisme &#224; la fois culturel et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me renaissance culturelle se fait jour. Par surprise, avec la Loi Deixonne en 1951 -qui reprend pour la premi&#232;re fois depuis la cr&#233;ation du f&#233;librige en 1854-, le terme de langue occitane ; et cela dans une France nationaliste et centraliste, dans une Universit&#233; ferm&#233;e &#224; la recherche d'Oc. Et pour aller plus vite, comme le rappelle Lafont, cette g&#233;n&#233;ration nouvelle qui est la sienne, r&#233;pond &#224; cette &lt;q&gt;mission impossible que le F&#233;librige s'&#233;tait donn&#233;e&lt;/q&gt;. Restait &#224; &lt;q&gt;retrouver le souffle initial de la d&#233;mocratie territoriale de la Nation France&lt;/q&gt;. On sortait de la seule question culturelle. Et l&#224; les choses furent aussi difficiles que pr&#233;c&#233;demment. d'abord en interne, car l'IEO devait d&#233;finir le cadre m&#234;me de sa revendication culturelle en tenant compte de tout l'environnement n&#233;o-jacobin. c'est l&#224; qu'interviendra le conflit renaissant du vieux nationalisme f&#233;libr&#233;en, sous la forme nouvelle de la nation occitane, dans sa version ethniste fontanienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le jugement de Lafont sur Fontan est sans appel : Ce th&#233;oricien soucieux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'IEO se divise et manque d'&#233;clater sur les contre-propositions de Lafont (faire une enqu&#234;te sur le comportement linguistique des Occitans) et de Pierre-Louis Berthaud (qui &#224; la suite de la d&#233;couverte du gaz de Lacq pensait pouvoir s'appuyer sur le capitalisme aquitain). Mais l'opposition la plus importante vient de F&#233;lix Castan, communiste, qui avait soutenu jusqu'alors Lafont et qui va manifester toute sa vie durant une opposition strictement culturelle au centralisme. Il se retire de la direction de l'IEO. On peut dire que l'id&#233;e d'un &lt;strong&gt;occitanisme global&lt;/strong&gt; va alors se renforcer au fil des ann&#233;es dans la pens&#233;e de Lafont. l' anticentralisme culturel de Castan, aura &#233;t&#233; paradoxalement l'un des r&#233;v&#233;lateurs de cet &lt;strong&gt;humanisme global qui sous-tend toute la r&#233;flexion occitaniste contemporaine&lt;/strong&gt; et dont Lafont s'affirme de plus en plus comme le porte-drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les luttes sociales vont jouer de plus en plus un r&#244;le d&#233;terminant dans les choix occitanistes. c'est la gr&#232;ve des mineurs de &lt;i&gt;La Sala&lt;/i&gt; (Decazeville) en 1961 qui fait basculer certains membres de l'IEO dans l'action sociale et politique avec la cr&#233;ation du Comit&#233; occitan d'&#233;tudes et d'actions (COEA) &#224; Narbonne, choix symbolique de la ville de Ferroul, au mouvement viticole de 1907, et engagement qui veut chasser le mauvais souvenir du repli f&#233;libr&#233;en face aux r&#233;voltes de son peuple. La cons&#233;quence de cet engagement acc&#233;l&#232;re la crise de l'IEO en 1964 &#224; l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de &lt;i&gt;La Sala&lt;/i&gt;. Mais l'IEO va &#234;tre confront&#233; &#224; de nouveaux &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Faire soci&#233;t&#233; : de la r&#233;gion &#224; l'autonomie le &#034;colonialisme int&#233;rieur&#034; et l'enjeu politique occitan&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En effet, depuis la Lib&#233;ration, on est de nouveau dans la tourmente des guerres coloniales que les &#233;quipes gouvernementales &#224; Paris ont successivement engag&#233;es et soutenues. M&#234;me si le concept de &lt;i&gt;&lt;a href='https://www.pressefederaliste.eu/colonialisme-interieur-France-robert-lafont' class=&#034;spip_in&#034;&gt;colonialisme int&#233;rieur&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est l'expression la plus commode que nous ayons trouv&#233;e &#224; la r&#233;flexion (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est n&#233; en parall&#232;le d'une situation diff&#233;rente (la CECA -Communaut&#233; du charbon et de l'acier, en faveur du Nord et de la Lorraine ), l'Occitanie, &lt;i&gt;dans le temps historique&lt;/i&gt; est un pays colonis&#233;, m&#234;me si le contrat civique initial a remis l'histoire dans le cadre d'une R&#233;publique qui s'affirme d&#233;mocratique et si l'enjeu national se d&#233;finit comme &#233;tant le bien de tous. Aussi, la similitude avec l'exploitation des richesses coloniales est &#233;vidente pour Lafont au niveau des m&#233;canismes d'exploitation, du r&#244;le jou&#233; par l'appareil id&#233;ologique et culturel. Aux plans civique et politique, le centralisme de l'appareil d'&#201;tat r&#233;prime toute construction d'intention f&#233;d&#233;raliste. Cette similitude est au c&#339;ur du d&#233;bat occitaniste pendant ces vingt ann&#233;es, r&#233;currente dans les organisations politiques qui vont se succ&#233;der, du COEA &#224; &lt;i&gt;Vol&#232;m Viure Al Pa&#239;s&lt;/i&gt; (Nous voulons vivre au pays, &lt;i&gt;VVAP&lt;/i&gt;) en passant par &lt;i&gt;Lucha occitana&lt;/i&gt; (Lutte occitane, &lt;i&gt;L Oc.&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;bat a lieu parall&#232;lement dans l'IEO. Le fait d'outre-passer le domaine strictement culturel sera mis en avant par Isma&#235;l Girard et Castan, ce dernier consid&#233;rant que l'on transgressait la vocation initiale de l'Institut. En fait, Castan d&#233;fendit toute sa vie une orientation culturaliste : les questions de soci&#233;t&#233; et leur issue politique devaient revenir aux organisations syndicales et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occitanisme politique ne pouvait qu'&#234;tre en contradiction avec cette strat&#233;gie. Et Lafont par son travail de recherche et sa volont&#233; de trouver un d&#233;bouch&#233; politique condamna cette nouvelle forme d'enfermement culturaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car sur le terrain les luttes sociales d&#232;s 1962 s'acc&#233;l&#232;rent en liaison avec la politique gaulliste qui r&#233;pond &#224; la politique &#233;conomique de la CECA. Les mineurs de &lt;i&gt;La Sala&lt;/i&gt; entrent en r&#233;sistance, suivis par le monde viticole. Et ces r&#233;voltes vont rencontrer l'occitanit&#233; que met en avant le COEA. On retrouve une alliance r&#233;gionale interclassiste qui r&#233;unit 17 d&#233;partements du Sud-Ouest. c'est &#224; ce moment que Lafont th&#233;orise le concept de &lt;i&gt;colonialisme int&#233;rieur&lt;/i&gt; (que l'on va retrouver dans sa premi&#232;re synth&#232;se importante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert Lafont, La r&#233;volution r&#233;gionaliste, &#233;d. Gallimard, collections id&#233;es, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Et c'est dans ce contexte de d&#233;pendance &#233;conomique et de frustration culturelle que pendant pr&#232;s de vingt ans -les &#034;vingt glorieuses&#034;- l'occitanisme va essayer de trouver un chemin d'alliance avec le monde du travail. Dix ans apr&#232;s ce premier ouvrage, est publi&#233; son livre &lt;i&gt;Autonomie : de la r&#233;gion &#224; l'autogestion&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert Lafont, Autonomie ; de la r&#233;gion &#224; l'autogestion, &#233;d. Gallimard, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui affirme que &#034;&lt;i&gt;la propri&#233;t&#233; r&#233;gionale est un outil de d&#233;colonisation et un outil de construction du socialisme&lt;/i&gt;&#034;. La r&#233;gion et l' &#201;tat doivent &#034;entrer en dialogue&#034;. Lafont, en s'appuyant sur les luttes viticoles et celles des paysans du Larzac, confirme ses analyses.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_33 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;72&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L500xH280/lutte-occitane-9138f.png?1729834999' width='500' height='280' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Dessin de Nono, publi&#233; par Lutte Occitane, repris par F&#233;d&#233;choses, 1975
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous sommes entre Temps Deux et Trois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert Lafont, Les trois cibles du temps trois, paru dans Occitania, revue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et nous sommes dans la contradiction la plus grande.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier &#233;l&#233;ment de la contradiction : d'une part, une hostilit&#233; &#224; l'id&#233;e d'autonomie s'affirme dans les d&#233;clarations de responsables du Parti communiste (PCF) du Languedoc Roussillon. Maurice Verdier, responsable de cette f&#233;d&#233;ration du PCF refuse de distinguer l'id&#233;e d'autonomie r&#233;gionale et inter r&#233;gionale de celle d'ind&#233;pendance. Confusion totale ou refus de prendre en compte les cons&#233;quences politiques du concept ? Sans doute les deux. Mais cet amalgame s'explique aussi par la volont&#233; de Lafont de faire participer le mouvement occitan sur une base commune : une transformation de la R&#233;publique, &#224; la fois d&#233;centralisatrice et f&#233;d&#233;rale. Cet amalgame s'explique notamment, depuis la cr&#233;ation de &lt;i&gt;VVAP&lt;/i&gt; &#224; la suite de l'&#233;chec de la candidature de Lafont &#224; la pr&#233;sidentielle de 1974 ; ce mouvement a une certaine &#233;coute et participe &#224; la mobilisation des Comit&#233;s d'action viticoles en Languedoc. Le th&#233;oricien et l'homme politique se compl&#232;tent. Lafont continuera ce travail d'union avec ceux qui, en r&#233;gion, veulent arriver &#224; la cr&#233;ation d'un bloc historique. Ce sera le sens qu'il donnera au manifeste &lt;i&gt;Mon pais escorjat&lt;/i&gt; (Mon pays &#233;corch&#233;, 1979), ancrage symbolique qui veut lancer un pont entre l'id&#233;e occitane et les mouvements sociaux qui pr&#233;c&#232;dent 1981. Mais aussi une certaine id&#233;e de l'union de la gauche occitane, qui &#233;chouera dans le prolongement de l'&#233;chec de l' Union de la gauche au sommet entre les appareils politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me &#233;l&#233;ment de la contradiction, et d'autre part (apr&#232;s ces positions des ann&#233;es 1975/1976), sous la pouss&#233;e des luttes des viticulteurs et des mineurs- une prise de conscience se manifeste dans les luttes sociales, au point que l'id&#233;e r&#233;gionale est un moment une orientation strat&#233;gique du PCF et Du syndicat CGT en Languedoc ; l'id&#233;e de &#034;vivre et travailler&#034; au pays est reprise dans les manifestations et culmine lors du rassemblement de Montpellier du 10 mai 1980. Le projet de loi du PCF reprend les id&#233;es du livre &lt;i&gt;Autonomie&lt;/i&gt;. Parall&#232;lement aux deux ouvrages de Lafont consacr&#233;s &#224; cette id&#233;e qu'il faut &#034;changer la France&#034;, est publi&#233; le statut d'autonomie de &lt;i&gt;VVAP&lt;/i&gt; (octobre 1980) qui est un essai sur le statut juridico-politique d'une France repens&#233;e &#233;galement &#224; partir de ses r&#233;gions. Dans un cas comme dans l'autre, l'exercice a ses limites et l'arriv&#233;e de la gauche aux affaires donnera naissance &#224; la timide d&#233;centralisation de Gaston Defferre. Le contrat social de la R&#233;volution et celui de la F&#234;te de la F&#233;d&#233;ration sont vite oubli&#233;s. La d&#233;centralisation accouche d'une d&#233;concentration du pouvoir central et les nouvelles r&#233;gions vont vite se retrouver, &#224; c&#244;t&#233; des d&#233;partements toujours en place, avec des comp&#233;tences limit&#233;es et des budgets mis&#233;rables. Les &#034;Commissaires de la R&#233;publique&#034;, appellation vite oubli&#233;e, ne changent en rien le r&#244;le des pr&#233;fets qui ma&#238;trisent toujours les grands dossiers d'&#201;tat. La constitution de la V&#176; R&#233;publique demeure inchang&#233;e pour l'essentiel. La R&#233;publique n&#233;o-jacobine et n&#233;o-bonapartiste est sauv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;XXIe si&#232;cle : construire l'Occitanie et l'Europe des peuples et des r&#233;gions, r&#233;pondre &#224; l'urgence d'un &#034;pouvoir f&#233;d&#233;ral d&#233;mocratique mondial&#034;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous passons &#224; une autre &#233;tape du &lt;strong&gt;Temps Trois&lt;/strong&gt;. l'id&#233;e et le travail que nous allons mettre en place au &lt;i&gt;POC&lt;/i&gt; -dans les ann&#233;es 1990- et ensuite avec Lafont jusqu'&#224; la fin de sa vie, prend appui sur ce constat que l'id&#233;e occitane est une construction patiente qui ne peut ignorer la construction europ&#233;enne. l'une ne va pas sans l'autre. Et pourtant cette Europe qui se met en place est &#224; l'oppos&#233; de l'espoir europ&#233;en d'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un texte r&#233;pond globalement &#224; cette construction&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif, Propositions pour un programme occitan, du 1er janvier 2006.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il est comme le dernier texte fondateur de cette pens&#233;e qui avance &#224; contre-courant des mod&#232;les politiques actuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la sortie du dernier conflit mondial, puis l'&#233;croulement du socialisme &#233;tatiste sovi&#233;tique, laissaient entrevoir une autre politique mondiale et europ&#233;enne, la domination d'un n&#233;o-capitalisme sous le bouclier de la super-puissance des &#201;tats-Unis s'est impos&#233;e comme mod&#232;le unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lui, l'id&#233;e d'une Europe nouvelle, f&#233;d&#233;rale, qui prend appui sur le Congr&#232;s de la Haye, 1948, est vite remplac&#233;e &#034;par une entente institutionnelle inter-&#233;tatique&#034;. Avec ses handicaps majeurs qu'est alors l'ouverture brutale &#224; 25 &#201;tats ou gouvernements r&#233;gis par le principe de souverainisme, sur la base d'un march&#233; qui n'est pas r&#233;gul&#233;, mais soumis aux d&#233;r&#233;gulations de la financiarisation comme &#224; toutes ses cons&#233;quences sociales. Avec une &#034;politique de guichet&#034; qui se renforce dans les diff&#233;rentes crises que traverse la globalisation &#233;conomique et leurs cons&#233;quences sur les territoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette Europe n'a pas chang&#233; les classes politiques et leurs relais, &#224; droite comme &#224; gauche ; et celles-ci se maintiennent dans l'alternance ou la cohabitation. Elles sont marqu&#233;es par leur incomp&#233;tence et la corruption aux d&#233;pens des besoins de leurs pays. Dans cette Europe Lafont voit, de fa&#231;on pr&#233;monitoire, un p&#233;ril qui ne pourrait &#034;&lt;i&gt;&#233;chapper &#224; moyen terme &#224; une s&#233;rie de crises entra&#238;nant les soci&#233;t&#233;s dans le d&#233;mant&#232;lement et la d&#233;cadence &lt;/i&gt; &#187;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment prendre en compte cette analyse justifi&#233;e et comment y r&#233;pondre ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Telles sont les questions que nous nous posions avec Lafont dans nos &#233;changes r&#233;guliers puisqu'il nous avait rejoints au d&#233;but des ann&#233;es 2000. On peut se r&#233;f&#233;rer &#224; la r&#233;ponse que nous avions faite aux &#034;&lt;i&gt;Propositions pour un programme du 1er janvier 2006&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous partions d'une critique du trait&#233; dont nous refusions la partie &#233;conomique et les cons&#233;quences sociales. l'entr&#233;e r&#233;serv&#233;e aux Droits fondamentaux nous paraissait une ouverture face &#224; la logique des &#201;tats. Mais le Trait&#233; constitutionnel qui cherchait un &#233;quilibre entre un discours d&#233;mocratique et l'ouverture des march&#233;s restait profond&#233;ment n&#233;o-lib&#233;ral. Il sanctionnait en fait l'Europe lib&#233;rale. Et comme vous le savez, il fut avalis&#233; plus tard par voie parlementaire et ne changeait rien fondamentalement aux transformations sociales et socio-culturelles que nous esp&#233;rions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous tomb&#226;mes d'accord pour renforcer une dynamique qui puisse, sur la base de nos propositions dans le cadre inter-r&#233;gional, faire appara&#238;tre un p&#244;le de regroupement occitan et plus largement f&#233;d&#233;ral. Et donc renforcer le combat id&#233;ologique et politique contre la logique des &#201;tats-nations. Lafont exprime tr&#232;s clairement cette strat&#233;gie dans le Document&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les trois cibles du Temps Trois.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;c'est une pouss&#233;e d'espoir qu'il vous faut assumer (&#8230;) &#201;mergence d'un nouvel &#201;tat-nation ? Il n'y a pas de projet aussi anachronique et pour les gens aussi repoussant : cela pue &#224; des si&#232;cles d'oppression et de guerre. La vision d'avenir qui se pr&#233;pare, &#233;crit-il, est autre : c'est une Europe f&#233;d&#233;raliste d'espaces dynamiques, encore plus que de r&#233;gions. (&#8230;) Mon songe est un espace occitan-catalan, membre fondateur d'une f&#233;d&#233;ration d&#233;mocratique europ&#233;enne. Ce n'est pas demain la veille, probablement, mais j'essaie de songer juste et assez &#233;veill&#233;. l'obstacle c'est l'&#201;tat-nation.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut le sens du Congr&#232;s occitano-catalan qu'il initia, essayant de rassembler d&#233;cideurs et responsables politiques des deux c&#244;t&#233;s des Pyr&#233;n&#233;es. l'&#233;cho en fut r&#233;duit au Nord et r&#233;v&#233;lateur de l'&#233;tat de conscience de ces m&#234;mes d&#233;cideurs, tout tourn&#233;s vers des logiques de guichet en direction de l'&#201;tat. Le d&#233;calage entre les autonomies d'Espagne, d'Europe et la situation d'un hexagone immuable, fig&#233; dans une caricature de r&#233;gionalisation, est alors immense. Dans un monde qui change rapidement, la r&#233;ponse politique fran&#231;aise demeure archa&#239;que, donc inop&#233;rante aux plans social, &#233;conomique et politique. Les d&#233;coupages territoriaux arbitraires impos&#233;s par l'&#201;tat doivent laisser place &#224; d'autres logiques relationnelles. Celles-ci permettront de retrouver un destin &#224; la fois tourn&#233; vers la M&#233;diterran&#233;e et une articulation entre les Europes du Nord et du Sud. Mais &#233;galement de repenser une gestion d&#233;mocratique des espaces relationnels, &#233;conomiques, culturels des territoires selon le principe de subsidiarit&#233;. &lt;strong&gt;Oc ciutadans-&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Oc&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;citoyens&lt;/strong&gt; fut une de ces associations que Lafont et nous-m&#234;mes avions cr&#233;&#233;es (1999) pour ouvrir le d&#233;bat sur ces &#034;&lt;i&gt;subsidiarit&#233;s reconnues, du pays de base &#224; la r&#233;gion et aux inter-r&#233;gions de diverses &#233;chelles, et sur une v&#233;ritable d&#233;mocratie institutionnelle, dans un cadre g&#233;ographique repens&#233;&lt;/i&gt;.&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Propositions pour un programme occitan du 1er janvier 2006.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Programme Oc du 1er janvier 2006&lt;/strong&gt;. Nous avions relanc&#233; ce d&#233;bat lors de la &lt;strong&gt;Convention occitane&lt;/strong&gt; de 2002 &#224; B&#233;ziers.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et ce retour au local ne pouvait s'entendre que dans le global&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations panoccitanes, les rassemblements autour des luttes de terrain ne pouvaient &#224; leur tour se comprendre que dans une perspective de l'enjeu Monde. La r&#233;f&#233;rence au combat des paysans en m&#233;moire, &lt;strong&gt;le droit au pays&lt;/strong&gt; fut proclam&#233; (&lt;i&gt;Gardarem lo Larzac !&lt;/i&gt;), et la rencontre qu'y firent plusieurs couches populaires, annon&#231;aient Seattle. Lafont s'y engagea en 2003, il &#233;crivit son manifeste &lt;i&gt;Gardarem la T&#232;rra&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous garderons la Terre. Ce texte paru &#224; l'&#233;poque &#233;galement dans F&#233;d&#233;choses&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il rappelait que &#034;&lt;strong&gt;les instances de la vie mondiale&lt;/strong&gt;&#034; passaient par les cellules de base et les diff&#233;rents niveaux de compl&#233;mentarit&#233; territoriale d&#233;mocratiquement g&#233;r&#233;s ( pays, r&#233;gion, Europe, Monde) &#171; contre l'&#233;tatique. Il y revendiquait l'aboutissement de &#034;l'autonomie universelle&#034; et la recherche d'une autorit&#233; du &#034;&lt;strong&gt;Peuple de la Terre&lt;/strong&gt;&#034; seule capable de r&#233;guler le jeu capitaliste, et son exploitation sauvage. Loin d'en faire un appel utopique sans suite, Lafont pariait sur un changement d'&#232;re pour les soci&#233;t&#233;s humaines reposant avant tout sur une capacit&#233;, &#171; &lt;i&gt;dans l'avance et le combat &lt;/i&gt; &#187;, pour trouver les formes d'organisation n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R. Lafont dans les ann&#233;es 1970 avait donn&#233; forme &#224; ce qu'il faut bien appeler &#034;&lt;i&gt;l'occitanisme global &lt;/i&gt; &#187;. Celui-ci se prolongeait dans un alter-mondialisme r&#233;aliste, bien ancr&#233; dans les terres occitanes : le &lt;strong&gt;Temps Trois&lt;/strong&gt; &#233;tait bien &#224; pr&#233;sent celui d'un XXI&#176; si&#232;cle en qu&#234;te d'un &lt;i&gt;syst&#232;me f&#233;d&#233;ral d&#233;mocratique mondial.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions en accord avec lui pour dire que tout syst&#232;me f&#233;d&#233;ral global ne peut se concevoir sans la mise en place d'un &lt;i&gt;f&#233;d&#233;ralisme diff&#233;renci&#233;&lt;/i&gt;. Et donc des autonomies adapt&#233;es &#224; chaque territoire. Nous aurions aim&#233; construire avec lui ces r&#233;ponses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, &#224; la suite de ce compagnonnage qui se construisit dans la r&#233;flexion critique et l'action, pour ne pas conclure sur cette aventure intellectuelle et militante, et puisqu'il doit y avoir une suite au cours de l'histoire, essayons tous de lui donner collectivement corps et sens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;G&#233;rard Tautil&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auteur de &lt;cite&gt;Robert Lafont et l'occitanisme politique&lt;/cite&gt; co-publi&#233; par Presse F&#233;d&#233;raliste et F&#233;d&#233;rop - 2011. Professeur de philosophie. La Seyne-sur-mer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le jugement de Lafont sur Fontan est sans appel : &lt;q&gt;Ce th&#233;oricien soucieux d'une grande abstraction, doctrinaire au tranchant de couteau, venait de nous arriver apr&#232;s une course compliqu&#233;e de droite &#224; gauche, tout d&#233;pourvu de langue et de culture occitanes. Il proposait son pannationalisme ethniste. De la marge sociale o&#249; il vivait, il &#233;tait le premier en date &#224; donner &#224; l'occitanisme le but public de l'ind&#233;pendance nationale. Comment ? La th&#233;orie des moyens &#233;tait remplac&#233;e par la confiance dans une logique id&#233;ale d'&#233;volution. l'ind&#233;pendance mondiale des nations ethniques devait assurer la paix universelle.&lt;/q&gt; Et d'ajouter : &lt;q&gt;Fontan gagna une pinc&#233;e de partisans occitans et avec l'aide de Girard, il faut le dire, fit &#233;clater lors d'une assembl&#233;e de l'IEO la bombe id&#233;ologique(&#8230;).La th&#233;orie &#233;pousait &#224; la vol&#233;e le r&#234;ve imp&#233;nitent cach&#233;. l'IEO aveugl&#233; sombrait dans le marais du F&#233;librige.&lt;/q&gt; (&lt;i&gt;idem&lt;/i&gt;, p.167.).&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;q&gt;Il est l'expression la plus commode que nous ayons trouv&#233;e &#224; la r&#233;flexion pour d&#233;finir un certain nombre de processus &#233;conomiques dont le sous-d&#233;veloppement r&#233;gional est l'enveloppe perceptible. (&#8230;) l'adjectif int&#233;rieur souligne que les processus en question diversifient en colonisateurs et colonis&#233;s une masse humaine qui a les m&#234;mes droits civiques.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert Lafont, &lt;i&gt;La r&#233;volution r&#233;gionaliste&lt;/i&gt;, &#233;d. Gallimard, collections id&#233;es, Paris,1967, pp. 250&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert Lafont, &lt;i&gt;Autonomie ; de la r&#233;gion &#224; l'autogestion&lt;/i&gt;, &#233;d. Gallimard, collection id&#233;es, Paris, 1976&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert Lafont, &lt;i&gt;Les trois cibles du temps trois&lt;/i&gt;, paru dans &lt;i&gt;Occitania&lt;/i&gt;, revue du &lt;i&gt;POC&lt;/i&gt;, n&#176; 149 et n&#176; 150, publi&#233;s de septembre &#224; d&#233;cembre 2006, est repris dans G&#233;rard Tautil, &lt;i&gt;Robert Lafont&#8230;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, annexe 5, pp. 155-190. Traduction de l'occitan par G. Tautil.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Collectif, &lt;i&gt;Propositions pour un programme occitan&lt;/i&gt;, du 1er janvier 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;cite&gt;Propositions pour un programme occitan&lt;/cite&gt; du 1er janvier 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Nous garderons la Terre.&lt;/i&gt; Ce texte paru &#224; l'&#233;poque &#233;galement dans &lt;i&gt;F&#233;d&#233;choses&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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