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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>Des positions pro-europ&#233;ennes et f&#233;d&#233;ralistes de la R&#233;sistance &#224; la fondation de l'UEF</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Des-positions-pro-europeennes-et-federalistes-de-la-Resistance-a-la-fondation</link>
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		<dc:date>2017-02-16T21:16:35Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Francis Billion</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

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&lt;p&gt;Cet article est pour une large part un r&#233;sum&#233; d'une contribution &#224; un colloque universitaire tenu en 2012 aux Universit&#233;s d'Assise et de P&#233;rouse. Cette recherche faisait suite &#224; une publication ant&#233;rieure en rapport &#224; un colloque &#224; l'Universit&#233; de Pavie sur un aspect m&#233;connu de la R&#233;sistance fran&#231;aise, la cr&#233;ation, dans la clandestinit&#233; en juin 1944, dans Lyon occup&#233;e, du Comit&#233; Fran&#231;ais pour la F&#233;d&#233;ration Europ&#233;enne (CFFE) et elle sera suivie d'une recherche plus sp&#233;cifique sur la presse (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-174-Decembre-2016-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 174 &#8211; D&#233;cembre 2016&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article est pour une large part un r&#233;sum&#233; d'une contribution &#224; un colloque universitaire tenu en 2012 aux Universit&#233;s d'Assise et de P&#233;rouse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J.-F. Billion, &#171; Les revues de la R&#233;sistance fran&#231;aise et l'Europe &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette recherche faisait suite &#224; une publication ant&#233;rieure en rapport &#224; un colloque &#224; l'Universit&#233; de Pavie sur un aspect m&#233;connu de la R&#233;sistance fran&#231;aise, la cr&#233;ation, dans la clandestinit&#233; en juin 1944, dans Lyon occup&#233;e, du Comit&#233; Fran&#231;ais pour la F&#233;d&#233;ration Europ&#233;enne (CFFE)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J.-F. Billion, &#171; Il Comit&#233; Fran&#231;ais pour la F&#233;d&#233;ration Europ&#233;enne : le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et elle sera suivie d'une recherche plus sp&#233;cifique sur la presse li&#233;e &#224; la &#171; France libre &#187; et/ou publi&#233;e hors du territoire m&#233;tropolitain durant la derni&#232;re guerre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quelles sont les conditions et les raisons des d&#233;buts de la R&#233;sistance fran&#231;aise et de l'apparition progressive de la presse clandestine ? Pourquoi la R&#233;sistance est-elle peu spontan&#233;e apr&#232;s la victoire &#233;clair de l'Allemagne et appara&#238;t-elle en zone nord d'abord o&#249; l'occupation nazie suscite une premi&#232;re forme d'opposition &#171; patriotique &#187; et seulement plus tardivement en zone sud o&#249; l'occupant est moins pr&#233;sent et o&#249; la grande majorit&#233; de la population se satisfait jusqu'&#224; l'automne 1941 de l'apparente autonomie du r&#233;gime du mar&#233;chal P&#233;tain ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le contexte de l'entre-deux guerres&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Assembl&#233;e nationale de Vichy conf&#232;re &#224; P&#233;tain les pleins pouvoirs le 10 juillet 1940, par 569 voix contre 80, afin d'instaurer une nouvelle constitution et de r&#233;aliser une &#171; R&#233;volution nationale &#187;, que l'historien allemand de l'int&#233;gration europ&#233;enne Walter Lipgens d&#233;crit comme &lt;i&gt;&#171; principalement inspir&#233;e par les id&#233;es des milieux fran&#231;ais anti-r&#233;publicains d'avant-guerre, avec des tendances marqu&#233;es &#224; l'autoritarisme et &#224; l'antis&#233;mitisme &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Faute de place la majeure partie des r&#233;f&#233;rences bibliographiques et des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il souligne que la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise a &#233;t&#233; tr&#232;s divis&#233;e durant l'entre-deux guerres, rappelle les propositions, au centre-droit, d'Aristide Briand pour cr&#233;er les conditions d'une entente europ&#233;enne r&#233;elle allant jusqu'&#224; un projet d'union f&#233;d&#233;rale et &#233;tablit que la gauche socialiste guid&#233;e par L&#233;on Blum a une inspiration similaire. Il d&#233;nonce qu'aux extr&#234;mes, la droite radicale refuse souvent toute action contre Hitler alors que le Parti communiste (PC), hors-la-loi depuis la signature du Pacte germano-sovi&#233;tique, pr&#233;sente la guerre future comme une entreprise de &#171; brigands capitalistes &#187; pour se partager territoires et profits au risque de faire se massacrer les masses populaires. Lipgens ajoute enfin, qu'un certain nombre d'intellectuels, parfois li&#233;s au personnalisme chr&#233;tien (par exemple, l'&#233;crivain catholique Jacques Maritain, le Directeur de la revue &lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt; Emmanuel Mounier, l'&#233;crivain suisse Denis de Rougemont, le non conformiste Alexandre Marc&#8230;) consid&#232;rent, d&#232;s avant 1940, que les causes d'une nouvelle guerre sont dues aux erreurs et &#224; la duret&#233; du Trait&#233; de Versailles de 1919 ainsi qu'aux faiblesses de la Soci&#233;t&#233; des Nations, non universelle et incapable de faire appliquer et respecter ses d&#233;cisions. Ces auteurs proposent comme &#171; but de guerre &#187; la cr&#233;ation future d'institutions gouvernementales europ&#233;ennes capables de prendre des d&#233;cisions et de les mettre en application si besoin est sans l'accord des gouvernements nationaux : des Etats-Unis d'Europe seuls comp&#233;tents en particulier pour la politique ext&#233;rieure et la d&#233;fense. Blum, lui, dans &lt;i&gt;Le Populaire&lt;/i&gt; du 14 octobre 1939, publie un article dans lequel il pr&#233;cise les &#171; buts de guerre &#187; qui vont rester ceux des socialistes : &lt;i&gt;&#171; Nous en revenons toujours ainsi aux m&#234;mes formules, &#224; la m&#234;me conclusion : l'ind&#233;pendance des nations au sein d'une Europe f&#233;d&#233;r&#233;e et d&#233;sarm&#233;e. Tels sont nos buts de guerre ; ce qui signifie que Telles sont pour nous les conditions de la paix &#187;&lt;/i&gt;. Mais d'autres intellectuels encore, par exemple Albert Camus et Pascal Pia, prennent &#233;galement position, depuis Alger en 1939, pour des solutions f&#233;d&#233;rales ; proches des milieux libertaires et pacifistes, tous deux vont s'engager au sein du mouvement Combat et seront parmi les fondateurs du CFFE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces ant&#233;c&#233;dents permettent de toucher du doigt les th&#232;mes centraux des &#233;crits pro-europ&#233;ens de la presse clandestine&#8230; comme de la presse fran&#231;aise immigr&#233;e et voire les prises de position de nombreux exil&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les d&#233;buts de la R&#233;sistance et le d&#233;veloppement progressif de la presse clandestine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'historien fran&#231;ais de la R&#233;sistance Henri Michel cite les premiers &#171; bulletins ron&#233;otyp&#233;s ou imprim&#233;s, nantis d'un titre, qui sortent avec quelque r&#233;gularit&#233; &#224; Paris, en 1940 comme &lt;i&gt;Pantagruel&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;En captivit&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;R&#233;sistance&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Universit&#233; libre&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La France au Combat&lt;/i&gt; &#187; et confirme qu'en zone sud le r&#233;veil va &#234;tre plus tardif et &lt;i&gt;&#171; qu'il fallut l'entrevue de Montoire entre P&#233;tain et Hitler &#187;&lt;/i&gt;, en octobre 1940, &lt;i&gt;&#171; pour que s'affaiblisse l'influence exerc&#233;e par le gouvernement de Vichy sur la plus grande partie de l'opinion &#187;&lt;/i&gt;. Il &#233;crit que la premi&#232;re t&#226;che donn&#233;e &#224; ces bulletins est de &lt;i&gt;&#171; faire conna&#238;tre ce que cachait la presse officielle &#187;&lt;/i&gt; et &#233;crit que ce n'est qu'&#224; partir de 1941, que &lt;i&gt;&#171; circulent de v&#233;ritables journaux, qui se veulent mensuels, organes de Mouvements de plus en plus nombreux, disposant de grands r&#233;seaux de diffusion, et de services d'imprimeries bien outill&#233;es. Si Valmy et Petites Ailes eurent une courte dur&#233;e, Lib&#233;ration, La Voix du nord et du Pas de Calais et D&#233;fense de la France pour la zone nord, Lib&#233;ration-Sud, Franc-Tireur et Combat pour la zone sud, r&#233;ussissent &#224; vivre jusqu'&#224; la Lib&#233;ration &#187;&lt;/i&gt;. Il signale aussi que tous les Mouvements ne se sont pas structur&#233;s autour d'un journal ; certains groupes pr&#233;f&#232;rent n'&#233;diter que des tracts, des brochures &#233;parses voire de simples bulletins int&#233;rieurs ou circulaires. Il souligne que c'est progressivement qu'aux modestes feuilles initiales vont s'ajouter d'autres titres. &lt;i&gt;&#171; De diffusion plus restreinte, mais de port&#233;e politique plus grande, d'autres publications, plus &#233;paisses, mieux r&#233;dig&#233;es, parce que &#233;crites moins rapidement, sont consacr&#233;es &#224; la pr&#233;paration de l'avenir ; elles ins&#232;rent des &#233;tudes d&#233;taill&#233;es tant sur la situation de la France avant la guerre que sur les probl&#232;mes du moment. Elles ne les &#233;voquent d'ailleurs que pour situer et &#233;tayer leurs vues sur l'avenir. Tels sont Les Cahiers du T&#233;moignage Chr&#233;tien, Les Cahiers politiques, Les Cahiers de l'OCM&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Organisation Civile et Militaire. Mouvement de R&#233;sistance de Zone nord.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Les Cahiers de Lib&#233;ration, La Revue libre, Les Lettres Fran&#231;aises. Avec eux, on passe de la doctrine &#233;difi&#233;e pour la Lib&#233;ration de la France &#224; un programme pour sa R&#233;novation &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; partir de l'automne 1941 que des groupes clandestins significatifs apparaissent et Lipgens rappelle qu'auparavant il n'y a eu, &lt;i&gt;&#171; except&#233; en Alsace, que trois ou quatre feuilles de peu d'influence, publi&#233;es par quelques individus et souvent confisqu&#233;es imm&#233;diatement par la police fran&#231;aise &#187;&lt;/i&gt;. Lipgens est aussi, et cela m&#233;rite d'&#234;tre not&#233;, le premier historien europ&#233;en &#224; mettre en exergue l'importance pour la R&#233;sistance non communiste du d&#233;bat sur la paix future et la place de l'Allemagne. Bien qu'en 1941 et 1942, beaucoup de Fran&#231;ais pensent &#224; l'Europe comme &#224; une id&#233;e monopolis&#233;e par les collaborateurs, m&#234;me si &#171; l'ordre nouveau &#187; hitl&#233;rien n'&#233;tait qu'une perversion de l'id&#233;al d'unit&#233; europ&#233;enne, Lipgens peut &#233;crire que &lt;i&gt;&#171; Combat, le plus grand groupe de R&#233;sistance de la zone non occup&#233;e, a inscrit l'id&#233;e europ&#233;enne &#224; son programme d&#232;s avant 1942 de m&#234;me que le groupe de Toulouse Lib&#233;rer et f&#233;d&#233;rer &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois c'est d&#232;s juin 1940 que certains groupes ont, m&#234;me timidement, int&#233;gr&#233; la dimension europ&#233;enne dans leurs r&#233;flexions. Nous en donnons quelques exemples. Le Front Ouvrier International contre la Guerre (FOI) lance par tract un appel dans leur langue aux &#171; Ouvriers et soldats allemands ! &#187; et les appelle &#224; la solidarit&#233; prol&#233;tarienne et &#224; rentrer chez eux ; le FOI, socialiste de gauche, a &#233;t&#233; fond&#233; en 1938 par l'Independant Labour Party britannique, le Parti socialiste maximaliste italien, le Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP, scission de la SFIO&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Section fran&#231;aise de l'internationale ouvri&#232;re.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; anim&#233;e par Marceau Pivert) et d'autres petits groupes principalement en Europe. En octobre 1940, des membres de la F&#233;d&#233;ration du Nord de la SFIO fondent L'Homme libre - Bulletin d'informations ouvri&#232;res, qui d&#232;s novembre &#233;crit que &lt;i&gt;&#171; La paix ne sera durable que par les &#201;tats-Unis d'Europe lib&#233;r&#233;s du chauvinisme d'une minorit&#233; de poss&#233;dants &#187;&lt;/i&gt;. Le m&#234;me mois, Lipgens cite le premier num&#233;ro d'un autre bulletin Pantagruel, r&#233;alis&#233;, lui, par l'alsacien Raymond Deiss, qui &#233;crit que &lt;i&gt;&#171; l'ennemi n'est pas le peuple allemand mais le nazisme, le racisme et les attaques contre les Juifs, les &#201;glises et les droits de l'homme (&#8230;) le jour de la victoire la France devra &#234;tre la premi&#232;re &#224; tendre la main aux Allemands &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moins deux autres tentatives se d&#233;roulent encore aux marges du mouvement socialiste. Jean Rous, ancien secr&#233;taire de Trotski en Norv&#232;ge, a rompu avec lui et rejoint les Pivertistes en 1939 ; &#224; l'automne 1940 il fonde avec quelques amis le Mouvement National R&#233;volutionnaire (MNR) dont le bulletin, &lt;i&gt;La R&#233;volution fran&#231;aise&lt;/i&gt;, publie trois num&#233;ros (septembre 1940-janvier 1941) et est class&#233;, malgr&#233; certaines h&#233;sitations initiales, parmi les premiers titres de la R&#233;sistance. Apr&#232;s l'interdiction du MNR par Vichy et un bref s&#233;jour en prison, Rous adh&#232;re &#224; Lyon &#224; Lib&#233;rer et F&#233;d&#233;rer. Pierre Rimbert et des camarades comme lui anciens du PC et parfois pass&#233;s par le socialisme et/ou le trotskisme ont fond&#233; avant-guerre, avec le haut responsable du PC et du Komintern Andr&#233; Ferrat, une revue marxiste dissidente : &lt;i&gt;Que Faire ?&lt;/i&gt; Fin 1940, Rimbert cr&#233;e &lt;i&gt;Notre r&#233;volution&lt;/i&gt; qui devient &lt;i&gt;Notre Combat&lt;/i&gt; et enfin &lt;i&gt;Libert&#233;s&lt;/i&gt; et sera hebdomadaire apr&#232;s la Lib&#233;ration. Rimbert r&#233;dige un manifeste, &#171; Notre position &#187; (octobre 1940) dont je veux reprendre les toutes derni&#232;res lignes : &lt;i&gt;&#171; Libert&#233; des peuples de disposer d'eux-m&#234;mes ; (&#8230;) mettre &#224; profit la crise sociale provoqu&#233;e par la guerre actuelle pour renverser le r&#233;gime capitaliste, s'emparer du pouvoir et collectiviser les moyens de production ; assurer une paix d&#233;finitive par l'abolition des fronti&#232;res et la constitution d'une F&#233;d&#233;ration des peuples libres &#187;&lt;/i&gt;. Avant m&#234;me la cr&#233;ation du MNR et de Libert&#233;s, une r&#233;union de certains de leurs futurs responsables a lieu fin juin 1940 &#224; Toulouse. Victor Fay, ami de Rimbert et de Ferrat, en rend compte dans ses m&#233;moires. &lt;i&gt;&#171; Je rejoins Toulouse o&#249; je devais retrouver les camarades de Que Faire ?, (&#8230;) Autour de Zacsas (&#8230;) et d'Andr&#233; Hauriou, un professeur de droit, nous nous sommes regroup&#233;s pour r&#233;agir contre le climat d'abattement g&#233;n&#233;ral et de ralliement &#224; P&#233;tain &#187; &lt;/i&gt; ; il pr&#233;tend qu'aurait &#233;t&#233; convenu &lt;i&gt;&#171; un petit mouvement, Lib&#233;rer et F&#233;d&#233;rer, cr&#233;&#233; autour de Gilbert Zacsas, Rimbert, Pierre Lochac et Rous, avec des implantations &#224; Paris, Lyon et Toulouse. Son but : donner &#224; la R&#233;sistance un contenu r&#233;volutionnaire, d&#233;bouchant &#224; la fois sur la lib&#233;ration du territoire et la r&#233;novation des institutions et emp&#234;chant la reconstitution des structures d'avant la d&#233;faite &#187;&lt;/i&gt;. Il y aurait donc eu une rencontre fin juin 1940 entre de futurs fondateurs du MNR, de Libert&#233;s, de Lib&#233;rer et F&#233;d&#233;rer et, avec Hauriou plus tard responsable de Combat et l'un des auteurs de son Manifeste. Je me suis attard&#233; sur ces initiatives car beaucoup de leurs responsables sont parmi ceux qui &#233;crivent alors les textes les plus avanc&#233;s sur l'Europe de l'apr&#232;s-guerre et que certains vont &#234;tre parmi les fondateurs et les principaux animateurs du CFFE et / ou s'engager dans divers mouvements f&#233;d&#233;ralistes membres de l'Union fran&#231;aise des f&#233;d&#233;ralistes, section fran&#231;aise de l'UEF lors de sa fondation fin 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins orient&#233;s &#224; gauche et / ou chez les d&#233;mocrates-chr&#233;tiens, en novembre 1940, Fran&#231;ois de Menthon cr&#233;e en zone sud le Mouvement Libert&#233;, alors qu'Henri Frenay, futur fondateur de Combat (et apr&#232;s la guerre, Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'UEF) et son amie Bertie Albrecht diffusent de Lyon leurs Bulletins d'information (le premier en 18 exemplaires !). D&#233;but 1941, suite &#224; un accord de Frenay avec le groupe qui &#233;dite les Petites Ailes du Nord et du Pas de Calais, ils d&#233;cident de diffuser &#224; partir de juillet dans les deux zones Les Petites Ailes de France. Lipgens cite un t&#233;moignage important de Frenay : &lt;i&gt;&#171; Un soir du printemps 1941, alors que je travaillais sur le prochain num&#233;ro des Petites ailes, je me suis trouv&#233; en train d'&#233;crire, &#8216;ce que nous voulons c'est une f&#233;d&#233;ration d'Etats &#233;gaux, y compris une Allemagne gu&#233;rie de la m&#233;galomanie'. Cette id&#233;e va cr&#233;er quelque surprise chez beaucoup de mes amis qui ne pouvaient pas imaginer l'Allemagne contre laquelle nous combattions comme un acteur de l'Europe du lendemain sur un pied d'&#233;galit&#233; avec les autres Etats. Mais cette courte phrase sur l'Europe, &#233;crite au printemps 1941, &#233;tait le point de d&#233;part d'une r&#233;flexion qui serait plus tard partag&#233;e par la majeure partie de la R&#233;sistance non communiste &#187;&lt;/i&gt;. L'&#233;t&#233; 1941 voit la cr&#233;ation de deux autres mouvements importants : &#224; Lyon, Lib&#233;ration sud par Emmanuel D'Astier de la Vigerie, et, &#224; Paris, D&#233;fense de la France par Philippe Viannay et Robert Salmon. En novembre Libert&#233;, &#233;crit que, &lt;i&gt;&#171; L'Europe est le continent o&#249; la densit&#233; de la population est la plus &#233;lev&#233;e, le plus petit et 28 nations s'y entassent. Avec la division internationale du travail (&#8230;) ces fronti&#232;res sont devenues insupportables. Il faut les supprimer. Mais chaque peuple conservera sa langue, ses m&#339;urs, ses coutumes, dans l'&#233;galit&#233; des peuples et des races, de fa&#231;on essentiellement d&#233;mocratique &#187;&lt;/i&gt;. Quelques semaines plus tard, Libert&#233; fusionne avec l'organisation de Frenay pour cr&#233;er le principal mouvement de R&#233;sistance : Combat. Parall&#232;lement, &#224; Toulouse se tiennent les premi&#232;res r&#233;unions pour fonder Lib&#233;rer et F&#233;d&#233;rer autour de l'exil&#233; italien Sivio Trentin et de Zacsas tandis qu'&#224; Lyon l'alsacien Jean-Pierre L&#233;vy cr&#233;e Franc-Tireur. En ce qui concerne la SFIO, &#224; la fin de 1941, Socialisme et Libert&#233; sort mensuellement en zone nord ; progressivement, en &#233;troit contact avec Blum emprisonn&#233; et sous la responsabilit&#233; de Daniel Mayer, les socialistes vont se restructurer au sein des Comit&#233;s d'Action Socialiste (CAS), en zone nord puis en zone sud, et s'exprimer dans &lt;i&gt;Le Populaire&lt;/i&gt;, qui repara&#238;t en zone sud &#224; partir de mai 1942.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cadre g&#233;n&#233;ral &#233;tant pos&#233;, la place me manque ici pour reproduire ci-apr&#232;s des extraits de textes que le lecteur int&#233;ress&#233; pourra prochainement retrouver sur le site de Presse F&#233;d&#233;raliste ou dans les Actes publi&#233;s par Peter Lang avec de brefs commentaires introductifs. Notons seulement que ces quelques textes proviennent d'une quinzaine de revues ou de groupes diff&#233;rents des deux zones et sont loin de constituer une anthologie exhaustive.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le CFFE et la Conf&#233;rence f&#233;d&#233;raliste de Paris du printemps 1945 pr&#233;alables &#224; la fondation de l'UEF supranationale en d&#233;cembre 1946&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La fin des hostilit&#233;s et de l'occupation approche et avec elles la fin de cet article, mais auparavant je souhaite revenir sur le CFFE fond&#233; en juin 1944 dans Lyon sous occupation allemande au sein du Mouvement de Lib&#233;ration Nationale (MLN, qui regroupe progressivement l'ensemble des principaux mouvements de R&#233;sistance non communiste des deux zones). L'initiative en revient &#224; Ferrat, de Franc-Tireur, qui d&#232;s fin 1942 et &#224; la t&#234;te semble-t-il d'un Comit&#233; f&#233;d&#233;raliste clandestin, a tent&#233; de contacter l'antifasciste italien Altiero Spinelli dans le but d'organiser un mouvement f&#233;d&#233;raliste transnational. D&#233;port&#233; sur l'&#238;le de Ventotene, dans le golfe de Naples, apr&#232;s de longues ann&#233;es de prison, Spinelli y a r&#233;dig&#233; avec Ernesto Rossi, le &lt;i&gt;Manifeste de Ventotene, pour une Europe libre et unie&lt;/i&gt;, aujourd'hui encore le plus connu des &#233;crits f&#233;d&#233;ralistes de la R&#233;sistance europ&#233;enne. Ce texte arrive clandestinement &#224; Rome et est diffus&#233; de proche en proche d&#232;s 1941 (avant m&#234;me son &#233;dition clandestine pr&#233;fac&#233;e par leur compagnon Eugenio Colorni parue en 1944) et connu apparemment assez t&#244;t de petits noyaux en particulier &#224; Lyon et Toulouse. D&#233;but 1944, Ferrat r&#233;ussit cette fois &#224; entrer en relation par la Suisse avec Spinelli et Rossi, qui s'y sont rendus apr&#232;s avoir fond&#233; le &lt;i&gt;Movimento Federalista Europeo&lt;/i&gt; &#224; Milan durant le r&#233;gime &#233;ph&#233;m&#232;re de l'Amiral Badoglio. Ferrat et ses amis sont ainsi inform&#233;s des rencontres f&#233;d&#233;ralistes de Gen&#232;ve du printemps 1944 qui regroupent, avec la complicit&#233; du f&#233;d&#233;raliste (et personnaliste) Jean-Marie Soutou de la Repr&#233;sentation de la France libre &#224; Gen&#232;ve, des r&#233;sistants de divers pays y compris deux antifascistes allemandes. La &#171; D&#233;claration de Gen&#232;ve &#187; va &#234;tre approuv&#233;e par le CFFE et par le groupe de &lt;i&gt;La Revue libre&lt;/i&gt; (Franc-Tireur) puis reprise en grande partie par la r&#233;gion de Lyon du MLN &#224; l'automne 1944 dans son programme international. Spinelli, toujours interdit de s&#233;jour en France en tant qu'ancien communiste, se rend clandestinement &#224; Lyon avec son &#233;pouse Ursula Hirschmann d&#233;but 1945 pour y rencontrer Ferrat et le groupe qui gravite autour de lui &#224; Lyon libre le quotidien local du MLN. Le but est d'organiser une conf&#233;rence f&#233;d&#233;raliste &#224; Paris apr&#232;s la Lib&#233;ration. La rencontre est positive et Ferrat leur conseille de s'adresser &#224; Camus et ils poursuivent donc leur voyage jusqu'&#224; Paris pour y rencontrer Jacques Baumel, Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du MLN, et Camus tous deux anciens de Combat et associ&#233;s au CFFE depuis sa cr&#233;ation. La Conf&#233;rence f&#233;d&#233;raliste de Paris, convoqu&#233;e par Camus sur en t&#234;te du CFFE, a lieu en mars 1945 en pr&#233;sence de nombreuses personnalit&#233;s fran&#231;aises et de quelques d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le, pour en revenir aux revues de la R&#233;sistance, le CFFE &#233;dite &#224; Lyon le premier des deux num&#233;ros des &lt;i&gt;Cahiers de la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne&lt;/i&gt;. Le second, publi&#233; &#224; Paris, servira comme Actes de la Conf&#233;rence et para&#238;t en ao&#251;t 1945 sous l'&#233;gide du Comit&#233; international pour la F&#233;d&#233;ration europ&#233;nne (le premier CIFE) cr&#233;&#233; &#224; cette occasion en remplacement du CFFE. On trouve &#224; son sommaire des th&#232;mes et des noms connus : &lt;i&gt;&#171; Pour une Union europ&#233;enne d&#233;mocratique &#187;&lt;/i&gt;, de l'ancien haut responsable du PSOP Michel Collinet ; &lt;i&gt;&#171; Les t&#226;ches de la politique ext&#233;rieure fran&#231;aise &#187;&lt;/i&gt;, sign&#233; de A. Altier, l'un des pseudonymes de Spinelli ; &lt;i&gt;&#171; Le probl&#232;me allemand &#187;&lt;/i&gt;, d'Altiero Spinelli ; &lt;i&gt;&#171; M&#233;ditations f&#233;d&#233;ralistes au lendemain de San Francisco &#187;&lt;/i&gt;, sur la cr&#233;ation des Nations unies du c&#233;l&#232;bre juriste Georges Scelle ; &lt;i&gt;&#171; L'Europe se tourne vers l'Angleterre &#187;&lt;/i&gt;, du suisse Fran&#231;ois Bondy, l'un des deux contacts internationaux et clandestins du CFFE et, ancien de &lt;i&gt;Que Faire ?&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;&#171; La F&#233;d&#233;ration est-elle antisovi&#233;tique ? &#187;&lt;/i&gt;, de Pierre Brizon, pseudonyme de Lochac. Ce deuxi&#232;me et dernier Cahier se termine sur une revue de presse et par la R&#233;solution de la Conf&#233;rence de Paris. Le premier secr&#233;tariat du CIFE, anim&#233; par Francis G&#233;rard Kumleben, antinazi allemand exil&#233; &#224; Paris dans les ann&#233;es 1930, est compos&#233; de divers membres du CFFE (Camus, le futur haut responsable gaulliste Baumel, Ferrat, le futur s&#233;nateur d&#233;mocrate-chr&#233;tien du Rh&#244;ne Maurice Gu&#233;rin), de Robert Verdier de la SFIO, du parlementaire travailliste britannique John Hynd, d'Altiero Spinelli, de Bondy et de l'antifasciste allemand Willy Eischler r&#233;fugi&#233; &#224; Londres. Plusieurs de ses membres fran&#231;ais ont encore des responsabilit&#233;s importantes au sein du MLN ou restent actifs dans la presse issue de la clandestinit&#233; m&#234;me si certains vont progressivement s'&#233;loigner du combat f&#233;d&#233;raliste. C'est, enfin, Francis G&#233;rard, Secr&#233;taire du CIFE qui en recevant quelques mois plus tard la visite surprise du f&#233;d&#233;raliste et r&#233;sistant hollandais Henri Brugmans dans son bureau de r&#233;dacteur en chef de &lt;i&gt;Libert&#233;s&lt;/i&gt; permet de recr&#233;er les contacts entre les f&#233;d&#233;ralistes de diff&#233;rents pays et d'envisager la fondation de l'UEF au Congr&#232;s de Paris des 15 et 16 d&#233;cembre 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un grand nombre de journaux de la R&#233;sistance non communiste vont poursuivre leur publication, &#233;ventuellement dans de nouvelles formules et parfois sous de nouveaux titres. Cela a &#233;t&#233; le cas longtemps de &lt;i&gt;Combat&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;D&#233;fense de la France&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Franc-Tireur&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Libert&#233;s&#8230;&lt;/i&gt; ou encore aujourd'hui de &lt;i&gt;T&#233;moignage chr&#233;tien&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jean-Francis Billion&lt;br class='autobr' /&gt;
Membre du Comit&#233; directeur de l'UEF France, du Comit&#233; f&#233;d&#233;ral de l'UEF Europe et du Conseil du World Federalist Movement &#8211; Paris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J.-F. Billion, &lt;i&gt;&#171; Les revues de la R&#233;sistance fran&#231;aise et l'Europe &#187;&lt;/i&gt;, pp. 359-396, dans &lt;i&gt;Communicating Europe &#8211; Journals and European Integration&lt;/i&gt; (1939-1979), sous la direction de Daniele Pasquinicci, Daniela Preda et Luciano Tosi, &#233;d. Peter Lang, Bruxelles, 2013, p. 610.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J.-F. Billion, &lt;i&gt;&#171; Il Comit&#233; Fran&#231;ais pour la F&#233;d&#233;ration Europ&#233;enne : le radice, la fondazione i contatti &#187;&lt;/i&gt;, pp. 237-266, dans, Altiero Spinelli il federalismo e la resistenza, sous la direction de Cinzia Rognoni Vercelli, Paolo G. Fontana et Daniela Preda, &#233;d. Il Mulino, Bologne, 2012, p. 622.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Faute de place la majeure partie des r&#233;f&#233;rences bibliographiques et des sources seront pr&#233;cis&#233;es dans les Actes &#224; publier du Colloque organis&#233; par l'UEF &#224; Paris le 3 d&#233;cembre 2016 pour le 70e anniversaire de la fondation de l'UEF.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Organisation Civile et Militaire. Mouvement de R&#233;sistance de Zone nord.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Section fran&#231;aise de l'internationale ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'interpr&#233;tation f&#233;d&#233;raliste des guerres mondiales et du fascisme - La guerre de trente ans du XXe si&#232;cle</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/L-interpretation-federaliste-des-guerres-mondiales-et-du-fascisme-La-guerre-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/L-interpretation-federaliste-des-guerres-mondiales-et-du-fascisme-La-guerre-de</guid>
		<dc:date>2016-01-23T14:41:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sergio Pistone</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a un si&#232;cle a d&#233;but&#233; l'&#233;poque des guerres mondiales et du fascisme, qui, avec sa chute finale, c'est-&#224;-dire l'&#233;croulement de la puissance des Etats europ&#233;ens, a ouvert la voie au d&#233;veloppement du processus d'int&#233;gration europ&#233;enne. Il me semble utile, comme contribution au d&#233;bat li&#233; au centenaire de la premi&#232;re guerre mondiale, de rappeler dans ses grandes lignes l'interpr&#233;tation de l'&#233;poque des guerres mondiales et du fascisme &#233;labor&#233;e par les f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens, qui se sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-170-Decembre-2015-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 170 - D&#233;cembre 2015&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a un si&#232;cle a d&#233;but&#233; l'&#233;poque des guerres mondiales et du fascisme, qui, avec sa chute finale, c'est-&#224;-dire l'&#233;croulement de la puissance des Etats europ&#233;ens, a ouvert la voie au d&#233;veloppement du processus d'int&#233;gration europ&#233;enne. Il me semble utile, comme contribution au d&#233;bat li&#233; au centenaire de la premi&#232;re guerre mondiale, de rappeler dans ses grandes lignes l'interpr&#233;tation de l'&#233;poque des guerres mondiales et du fascisme &#233;labor&#233;e par les f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens, qui se sont efforc&#233;s d'&#233;claircir au-del&#224; de la chronique des &#233;v&#232;nements, la signification profonde de ce temps historique. Je souhaite rappeler que les contributions essentielles de cette interpr&#233;tation ont &#233;t&#233; &#233;labor&#233;es par Altiero Spinelli, Mario Albertini, Luigi Einaudi, Lord Lothian (Philip H. Kerr), Lionel Robbins, Barbara Wootton, et Ludwig Dehio et j'esp&#232;re que mon propos poussera &#224; la lecture de leurs &#233;crits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on veut saisir son noyau essentiel, l'on peut &#233;crire que l'interpr&#233;tation f&#233;d&#233;raliste est caract&#233;ris&#233;e par le fait d'individualiser dans la crise de l'Etat national le fil conducteur de l'&#233;poque des guerres mondiales et du fascisme. Par cette expression l'on entend la contradiction, apparue entre la fin du 19&#176; si&#232;cle et le d&#233;but du 20&#176; si&#232;cle entre, d'une part, l'&#233;volution du mode de production (le commencement de la r&#233;volution industrielle), qui, en amenant une croissante interd&#233;pendance entre les peuples du monde, a pos&#233; le d&#233;fi de la cr&#233;ation d'entit&#233;s &#233;tatiques de dimension continentale et, en perspective, de l'unification du genre humain et, d'autre part, les dimensions historiquement d&#233;pass&#233;es des Etats nationaux europ&#233;ens. Face &#224; cette contradiction la seule r&#233;ponse rationnelle aurait &#233;t&#233; de commencer l'unification f&#233;d&#233;rale de l'Europe comme premi&#232;re &#233;tape vers l'unification de l'humanit&#233; ; une solution que, toutefois, les classes politiques europ&#233;ennes, li&#233;es au dogme de la souverainet&#233; nationale absolue, n'ont pas voulu poursuivre s&#233;rieusement tant que les Etats nationaux europ&#233;ens sont demeur&#233;s des puissances de premier rang. D'o&#249;, dans un premier temps, l'affirmation in&#233;vitable dans une premi&#232;re phase de la r&#233;ponse de type imp&#233;rialiste &#224; la d&#233;cadence des Etats nationaux, c'est-&#224;-dire de la tentative d'unifier l'Europe sous l'h&#233;g&#233;monie de l'Etat &#224; l'&#233;poque le plus puissant du continent. La premi&#232;re guerre mondiale a pr&#233;cis&#233;ment &#233;t&#233; le premier acte de la tentative allemande d'unification h&#233;g&#233;monique de l'Europe et sa conclusion n'a pas apport&#233; de solution durable car &#224; la d&#233;faite de l'Allemagne n'a pas fait suite une politique d'unification pacifique de l'Europe mais plut&#244;t un r&#232;glement qui a exasp&#233;r&#233; la crise du syst&#232;me des Etats nationaux souverains en Europe. Alors que la cr&#233;ation de nouveaux petits Etats accroissait de milliers de kilom&#232;tres la longueur des barri&#232;res &#233;conomiques internes &#224; l'Europe, son &#233;miettement &#233;conomique s'aggravait &#224; cause de l'aggravation du protectionnisme dans un contexte de crise &#233;conomique end&#233;mique d&#251; justement aux dimensions toujours plus inad&#233;quates des Etats nationaux europ&#233;ens. Cette situation a pes&#233; tout particuli&#232;rement sur l'Allemagne, qui avait perdu des territoires et des d&#233;bouch&#233;s &#233;conomiques tr&#232;s importants, mais qui avait encore conserv&#233; les &#233;nergies suffisantes pour tenter une nouvelle fois l'aventure h&#233;g&#233;monique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, s'est affirm&#233; de mani&#232;re quasiment in&#233;luctable le totalitarisme fasciste. Le fascisme &#233;tait, d'une part, la r&#233;ponse r&#233;actionnaire au marasme &#233;conomico-social et &#224; l'exasp&#233;ration des luttes sociales caus&#233;s par l'inad&#233;quation des Etats nationaux europ&#233;ens aux probl&#232;mes de l'&#233;poque. Et cette r&#233;ponse a pr&#233;valu dans les pays o&#249; cette inad&#233;quation s'&#233;tait manifest&#233;e de la mani&#232;re la plus aig&#252;e. Tout d'abord en Italie, pays particuli&#232;rement arri&#233;r&#233; en mati&#232;re &#233;conomico-sociale et qui, en cons&#233;quence, ressentait de mani&#232;re particuli&#232;re le ph&#233;nom&#232;ne g&#233;n&#233;ral de crise de l'Etat national ; puis, en Allemagne, qui n&#8216;&#233;tait certes pas un pays sous-d&#233;velopp&#233;, mais o&#249; la contradiction entre les exigences du d&#233;veloppement &#233;conomique et les dimensions du territoire &#233;tait devenue particuli&#232;rement aig&#252;e. Que la Grande-Bretagne et la France aient r&#233;ussi a conserver leurs r&#233;gimes d&#233;mocratiques est d&#251; au fait que ces pays &#233;taient historiquement enracin&#233;s dans des traditions nationales plus longues, mais &#233;galement, et de mani&#232;re d&#233;cisive, parce que leur d&#233;clin en tant qu'Etats nationaux souverains &#233;tait ralentis par les bou&#233;es de sauvetage repr&#233;sent&#233;es par la possession de grands empires coloniaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part le totalitarisme fasciste &#233;tait parfaitement compatible avec la tentative de donner une r&#233;ponse imp&#233;rialiste et h&#233;g&#233;monique au probl&#232;me de la crise de l'Etat national en Europe. La structure totalitaire de l'Etat ne faisait en effet que pousser &#224; ses cons&#233;quences extr&#234;mes les tendances &#224; la centralisation, &#224; l'autoritarisme et &#224; l'&#233;go&#239;sme nationaliste qui caract&#233;risaient les grandes puissances europ&#233;ennes et qui &#233;taient une cons&#233;quence de la structure anarchique du syst&#232;me europ&#233;en des Etats. Ces tendances s'aggravaient suite &#224; l'exasp&#233;ration de la lutte de puissance dans une &#233;poque o&#249; les Etats europ&#233;ens devenaient toujours plus interd&#233;pendants, mais &#233;taient aussi dans l'incapacit&#233; de se donner une organisation internationale permettant d'organiser et de gouverner pacifiquement leur interd&#233;pendance. Dans une telle situation le totalitarisme fasciste &#233;tait destin&#233; &#224; s'affirmer de la mani&#232;re la plus radicale et par voie de cons&#233;quence dans l'Etat national dont la crise &#233;tait la plus aigue et qui &#233;tait capable de tenter de cr&#233;er un ordre europ&#233;en de type h&#233;g&#233;monique. L'id&#233;ologie raciste elle-m&#234;me, qui, port&#233;e &#224; ses extr&#234;mes cons&#233;quences, justifie le g&#233;nocide, &#233;tait fonction du dessein de domination permanente d'une peuple europ&#233;en sur les autres peuples europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, comme l'a d&#233;clar&#233; Luigi Einaudi (futur Pr&#233;sident de la R&#233;publique italienne, Ndt) avec une image tr&#232;s suggestive, lors d'un fameux discours &#224; l'Assembl&#233;e constituante italienne, les guerres mondiales, et tout particuli&#232;rement la derni&#232;re, doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme la tentative d'unir l'Europe avec le glaive de Satan. Apr&#232;s l'&#233;chec de cette tentative, en 1945, devait pr&#233;valoir, si l'Europe et le monde voulaient se sauver du retour &#224; la barbarie, l'effort d'unir l'Europe avec l'&#233;p&#233;e de Dieu, c'est-&#224;-dire &#224; travers la construction d&#233;mocratique d'une f&#233;d&#233;ration fond&#233;e sur l'&#233;galit&#233; des droits et des devoirs pour tous les peuples et capable de contribuer de mani&#232;re d&#233;civive &#224; l'unification pacifique du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour saisir les aspects les plus innovants et les plus clairvoyants de cette interpr&#233;tation, il faut souligner comment elle implique le refus de la mani&#232;re de voir qui, dans l'interpr&#233;tation de l'&#233;poque des guerres mondiales et du fascisme, attribue une valeur centrale &#224; la th&#232;se d'une culpabilit&#233; collective de la nation allemande. Une th&#232;se, il convient de le rappeler, g&#233;n&#233;ralement li&#233;e &#224; l'id&#233;e que, si la nation allemande est coupable collectivement de crimes aussi odieux, elle doit avoir une &#226;me d&#233;moniaque. Cette mani&#232;re de voir &#233;tait largement diffus&#233;e hors d'Allemagne &#224; l'&#233;poque de l'aventure nazie, mais est encore largement pr&#233;sente aujourd'hui et se manifeste sous quelques aspects y compris dans les jugements exprim&#233;s par de nombreux d&#233;mocrates allemands. Je rappelle ici en particulier Habermas, qui a affirm&#233; que tous les Allemands, y compris ceux de g&#233;n&#233;rations post&#233;rieures au nazisme, devaient continuer &#224; rougir de honte pour les crimes commis par l'Allemagne nazie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, les f&#233;d&#233;ralistes n'ont certainement jamais ni&#233; que face &#224; des faits comme le nazisme et ses crimes il faille affronter &#233;galement le probl&#232;me des culpabilit&#233;s ; ils ont toutefois toujours r&#233;fut&#233; tout &#224; la fois la th&#232;se de la responsabilit&#233; collective et celle de culpabilit&#233; nationale exclusive. Contre la premi&#232;re th&#232;se, il a toujours &#233;t&#233; affirm&#233; que les culpabilit&#233;s peuvent &#234;tre attribu&#233;es, lorsque l'on se r&#233;f&#232;re aux actes des Etats, exclusivement aux classes politiques et jamais aux peuples dans leur ensemble dont les opinions d&#233;pendent en mati&#232;re de bien et de mal de la fonction &#233;ducative, ou de d&#233;s&#233;ducation (par le biais de la manipulation et de la propagande) exerc&#233;e par les classes politiques. Parler de culpabilit&#233; des classes politiques ne signifie &#233;videmment pas mettre sur le m&#234;me plan les nazis, et ceux qui les ont soutenus en toute connaissance de cause, d'un c&#244;t&#233;, et les d&#233;mocrates de l'autre. Dans le premier cas il s'agit d'une responsabilit&#233; plus radicale, essentiellement morale, c'est-&#224;-dire fond&#233;e sur la nature criminelle des buts poursuivis ; dans le second, d'une culpabilit&#233; essentiellement politique fond&#233;e sur l'incapacit&#233; de la part des gardiens du bien public d'emp&#234;cher que la b&#234;te fauve ne s'&#233;chappe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre la deuxi&#232;me th&#232;se, il a toujours &#233;t&#233; soulign&#233; qu'elle se fonde sur l'erreur de consid&#233;rer les Etats nationaux europ&#233;ens et, donc, leurs classes politiques, comme des entit&#233;s isol&#233;es, dont les comportements auraient d&#233;pendu uniquement de processus internes aux cadres nationaux. En r&#233;alit&#233;, les Etats nationaux europ&#233;ens appartiennent &#224; un syst&#232;me d'Etats caract&#233;ris&#233; par une &#233;troite interd&#233;pendance de tous les acteurs nationaux par rapport &#224; l'autre et par rapport &#224; l'ensemble. A un syst&#232;me d'interd&#233;pendance, c'est-&#224;-dire, qui conditionne de mani&#232;re d&#233;cisive l'affirmation dans les divers Etats de classes politiques d&#233;termin&#233;es et de leurs choix. A l'&#233;poque des guerres mondiales et surtout durant l'entre-deux guerres la manifestation fondamentale de cette interd&#233;pendance a &#233;t&#233; repr&#233;sent&#233;e, comme nous l'avons vu, par l'existence du probl&#232;me crucial de la crise de l&#8216;Etat national qui pouvait &#234;tre affront&#233;e de mani&#232;re efficace exclusivement par le choix commun de la part des classes politiques d&#233;mocratiques des principaux Etats europ&#233;ens de mener une politique courageuse et &#224; long terme d'unification europ&#233;enne. Au lieu de ce choix a pr&#233;valu et a atteint son point culminant apr&#232;s la crise de 1929 la politique de l'&#233;go&#239;sme national, dont ont &#233;t&#233; responsables toutes les classes politiques d&#233;mocratiques europ&#233;ennes et, en particulier, celles des pays alors les plus forts, la Grande-Bretagne et la France. Cela a &#233;t&#233; d&#233;terminant pour la victoire des nazis en Allemagne. La propagande d'Hitler, qui &#224; l'id&#233;e de solidarit&#233; entre les d&#233;mocraties opposait celle d'une lutte &#224; mort entre les nations con&#231;ues comme des races, a en fait trouv&#233; une apparente confirmation dans la r&#233;alit&#233;. Et, le peuple allemand a pu devenir une proie facile de la propagande nazie et &#234;tre entra&#238;n&#233; dans la derni&#232;re et la plus terrible aventure h&#233;g&#233;monique en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on recadre les guerres mondiales, en ayant comme fil conducteur la pouss&#233;e h&#233;g&#233;monique de l'Allemagne (d'abord prussienne puis nationale-socialiste) dans le contexte plus vaste de l'histoire du syst&#232;me europ&#233;en des Etats, de ses origines, au d&#233;but de l'&#232;re moderne, jusqu'en 1945, il apparait clairement comment elles s'ins&#232;rent dans une tendance structurelle de ce syst&#232;me c'est-&#224;-dire dans la tendance de l'Etat du continent tour &#224; tour le plus puissant du moment d'imposer son h&#233;g&#233;monie au syst&#232;me tout entier. Il y a une &#233;vidente continuit&#233; entre la tentative h&#233;g&#233;monique allemande et celles de l'Espagne de Charles V et de Philippe II, ou de la France de Louis XIV et de Napol&#233;on. Dans le m&#234;me temps les guerres mondiales scellent la fin de l'histoire du syst&#232;me europ&#233;en des Etats comme centre de domination du monde. Le fait d&#233;cisif est que pour la premi&#232;re fois l'Europe s'est montr&#233;e incapable de r&#233;tablir son &#233;quilibre par ses seules forces. Si, en effet lors de l'&#233;chec des tentatives h&#233;g&#233;moniques pr&#233;c&#233;dentes des puissances relativement p&#233;riph&#233;riques mais partie prenante du syst&#232;me europ&#233;en (des Etats) avaient jou&#233; un r&#244;le fondamental, comme l'Empire ottoman (alli&#233; &#224; la France contre Charles Quint) et principalement l'Angleterre et la Russie, la d&#233;faite de la tentative h&#233;g&#233;monique de l'Allemagne (nazie) a &#233;t&#233; due de mani&#232;re d&#233;terminante &#224; la force d'une puissance totalement ext&#233;rieure au syst&#232;me europ&#233;en et d'une puissance comme l'Union sovi&#233;tique qui avait des caract&#233;ristiques plus eurasiatiques qu'europ&#233;ennes (le totalitarisme communiste est en d&#233;finitive une version modernis&#233;e du despotisme asiatique). Si les reconstructions pr&#233;c&#233;dentes de l'&#233;quilibre europ&#233;en avaient eu pour prix une migration lente mais constante du pouvoir du centre vers les puissances p&#233;riph&#233;riques, cette fois l'affaiblissement de l'Europe a atteint un tel degr&#233; qu'il a conduit &#224; la fin de son autonomie et, en cons&#233;quence, &#224; l'absorption du syst&#232;me europ&#233;en dans le syst&#232;me mondial des Etats domin&#233; par les Etats-Unis et l'URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation, en se combinant avec l'exp&#233;rience de la destructivit&#233; mat&#233;rielle, &#233;thique et politique (le totalitarisme et la syst&#233;matisation du g&#233;nocide) des guerres mondiales, qui ont montr&#233; l'incompatibilit&#233; entre le progr&#232;s d&#233;mocratique et la poursuite de l'&#233;tat de conflit entre les Etats europ&#233;ens, a fait que l'alternative de &#171; s'unir ou p&#233;rir &#187; indiqu&#233;e par le ministre fran&#231;ais Aristide Briand en 1929 &#224; l'occasion de sa proposition d'unification europ&#233;enne a aliment&#233; un processus d'int&#233;gration qui a accompli d'importants progr&#232;s, mais qui n'a pas encore r&#233;ussi, &#224; cause de la persistance des r&#233;sistances nationalistes, &#224; cr&#233;er une r&#233;elle f&#233;d&#233;ration. C'est proprement l'inach&#232;vement de l'int&#233;gration qui est &#224; la base de d&#233;s&#233;quilibres non plus en termes de puissance &#8211; la politique de puissance des Etats nationaux et europ&#233;ens est historiquement d&#233;pass&#233;e &#8211; mais en termes &#233;conomiques et sociaux, qui alimentent des acrimonies nationalistes jusqu'&#224; l'accusation de tendances h&#233;g&#233;moniques adress&#233;e &#224; l'Allemagne, qui mettent en danger l'unification atteinte &#224; ce jour et tous ses importants b&#233;n&#233;fices. Dans cette situation la mani&#232;re la plus s&#233;rieuse de f&#234;ter le centenaire de l'&#233;poque des guerres mondiales et du fascisme, c'est l'engagement &#224; porter &#224; terme avec la plus grande rapidit&#233; l'unification f&#233;d&#233;rale de l'Europe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Sergio Pistone&lt;br class='autobr' /&gt;
Professeur honoraire d'histoire de l'int&#233;gration europ&#233;enne &#8211; Universit&#233; de Turin &#8211; Vice-pr&#233;sident honoraire de l'UEF&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Jean-Francis Billion &#8211; Paris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Emmanuel Todd ou le retour &#224; avant 1914 ?</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Emmanuel-Todd-ou-le-retour-a-avant-1914</link>
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		<dc:date>2015-11-03T22:40:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;mi Busnel</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

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&lt;p&gt;S'il fallait caract&#233;riser d'un mot les temps que nous vivons en Europe, ces jours-ci, le premier qui me viendrait &#224; l'esprit serait certainement &#171; confusion &#187;&#8230; Rarement, le sujet europ&#233;en dont la connaissance qu'en ont nos concitoyens ne figure gu&#232;re parmi la plus d&#233;velopp&#233;e, n'aura donn&#233; lieu &#224; tant de d&#233;clarations crois&#233;es extr&#234;mes et contradictoires : certains class&#233;s parmi les &#171; europ&#233;istes &#187; pr&#244;nant l'exclusion d'un &#201;tat- membre, et non pour cryptofascisme ordinaire &#224; la Victor Orban, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-169-Septembre-2015-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 169 - Septembre 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'il fallait caract&#233;riser d'un mot les temps que nous vivons en Europe, ces jours-ci, le premier qui me viendrait &#224; l'esprit serait certainement &#171; confusion &#187;&#8230; Rarement, le sujet europ&#233;en dont la connaissance qu'en ont nos concitoyens ne figure gu&#232;re parmi la plus d&#233;velopp&#233;e, n'aura donn&#233; lieu &#224; tant de d&#233;clarations crois&#233;es extr&#234;mes et contradictoires : certains class&#233;s parmi les &#171; europ&#233;istes &#187; pr&#244;nant l'exclusion d'un &#201;tat- membre, et non pour cryptofascisme ordinaire &#224; la Victor Orban, mais pour dette et vote d&#233;mocratique excessifs ! D'autres malheureusement nombreux parmi nos soi-disant &#233;lites, profitant de l'acharnement id&#233;ologique des principaux dirigeants des &#201;tats de l'Eurogroupe, vitup&#233;rant contre une Europe n&#233;cessairement anti-d&#233;mocratique parce que fondamentalement pens&#233;e pour l'int&#233;r&#234;t principal du capitalisme financier&#8230; Comment dans ces conditions, comprendre o&#249; est le vrai ? Retrouver ses marques id&#233;ologiques ? Ne pas se jeter dans les bras du premier nationaliste qui passe ?&#8230; Mais, le pire reste d'entendre ou de lire, certains qui, par leurs fonctions savantes ou scientifiques, devraient avoir pour t&#226;che d'&#233;clairer l'opinion, se laisser aller au d&#233;lire le plus irresponsable par simple addiction &#224; la drogue &#171; m&#233;diatique &#187; ! Ainsi en est-il de l'&#233;minent et c&#233;l&#232;bre historien et anthropologue Emmanuel Todd qui s'est r&#233;pandu en propos &#171; essentialistes &#187; sur les positions des politiciens allemands sur la crise grecque, les assimilant &#171; n&#233;cessairement &#187; &#224; leur origine luth&#233;rienne psycho-rigide d'Allemagne du Nord ou catholique, fondamentalement in&#233;galitaire et autoritaire d'Allemagne du Sud...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se trouve qu'en plus, Emmanuel Todd, persiste et signe : je venais justement d'achever la lecture de son dernier livre paru le 7 mai dernier : &lt;i&gt;&#171; Qui est Charlie ? &#187;&lt;/i&gt; lequel avait d&#233;j&#224; d&#233;clench&#233; une &#233;norme pol&#233;mique. J'avoue qu'ayant appr&#233;ci&#233; la finesse d'analyse de ses anciens ouvrages, j'avais pr&#233;c&#233;demment utilis&#233; ses &#233;crits dans le cadre de mes recherches en histoire des sciences religieuses et des la&#239;cit&#233;s.... et j'avoue &#233;galement &#234;tre tomb&#233; de haut comme lui d'ailleurs, puisque comme disaient les anciens romains : &#171; La roche Tarp&#233;enne est proche du Capitol ! &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'instar d'Alain Finkelkraut, Emmanuel Todd fait effectivement partie de ces intellectuels &#224; la mode, r&#233;guli&#232;rement invit&#233;s sur les plateaux m&#233;diatiques pour pourfendre la pens&#233;e unique par une contre pens&#233;e devenant &#224; son tour unique, ce qui est le propre de la mode. Dans son cas, la consultation r&#233;guli&#232;re de ses oracles remonte &#224; 1976 o&#249; dans un ouvrage faisant sensation : &lt;i&gt;La chute finale &#8211; Essai sur la d&#233;composition de la sph&#232;re sovi&#233;tique&lt;/i&gt;, il avait pr&#233;dit avec plus d'une d&#233;cennie d'avance la &#171; fin de l'Empire sovi&#233;tique &#187;&#8230; Il est vrai qu'un peu plus tard au d&#233;but des ann&#233;es 1980, j'avais lu un roman de politique fiction portant ce titre, et qui pr&#233;voyait la m&#234;me chose, mais un romancier, ce n'est pas aussi s&#233;rieux qu'un historien de la famille (et non, un d&#233;mographe comme le pr&#233;sentent les journalistes)&#8230; Mais qui ne proph&#233;tise pas dans notre civilisation, et notamment nos m&#233;dias qui passent leurs temps &#224; demander &#224; leurs invit&#233;s &#171; toujours experts &#187; ce qui va se passer demain ? !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus s&#233;rieusement, il me para&#238;t donc important de reprendre les critiques formul&#233;es sur la m&#233;thode utilis&#233;e par Todd, par de vrais d&#233;mographes qui remettent en cause ses conclusions. Et notamment, Fran&#231;ois H&#233;ran, ancien Directeur de l'Institut National d'&#201;tudes D&#233;mographiques (INED), cit&#233; par Joseph Confavreux dans son excellent article de M&#233;diapart dat&#233; du 8/5/2015 : &lt;i&gt;&#171; Emmanuel Todd est titulaire d'une th&#232;se d'anthropologie historique men&#233;e &#224; Cambridge. C'est un historien de la famille et non un d&#233;mographe &#224; proprement parler. Il est dommage qu'il ne soumette pas ses publications au jugement des pairs dans des revues scientifiques.&lt;/i&gt; Le Rendez-vous des civilisations &lt;i&gt;fait exception : c'est un excellent livre, &#224; la fois document&#233; et novateur, o&#249; le souffle ind&#233;niable de Todd se combine &#224; la science de Youssef Courbage, sp&#233;cialiste reconnu de la d&#233;mographie du monde arabe. Combinaison tr&#232;s productive. En revanche, quand il est livr&#233; &#224; lui-m&#234;me, Todd manque de m&#233;thode. Pour &#233;tablir les conclusions qu'il avance dans son ouvrage, il faudrait manier une analyse d&#233;mographique et statistique autrement plus pouss&#233;e. Le rapprochement direct de deux cartes ne suffit pas &#224; d&#233;montrer un lien de causalit&#233;. Les corr&#233;lations qu'il &#233;tablit entre la carte des pratiques religieuses anciennes et la carte des manifestations sont correctes, mais elles ne permettent pas de conclure que les unes commandent aux autres. Deux cartes ou deux s&#233;ries de nombres peuvent se ressembler sans &#234;tre n&#233;cessairement li&#233;es, pour peu qu'interagissent d'autres variables. C'est l'objet d'une technique complexe, qu'on appelle l''analyse spatiale' et que Todd ignore. Avec sa m&#233;thode, on montrerait ais&#233;ment que le vote aux extr&#234;mes est li&#233; aux temp&#233;ratures extr&#234;mes et qu'il s'acclimate ensuite aux aires plus temp&#233;r&#233;es. Il faut aussi &#233;tudier les interactions entre les variables. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bornons-nous donc &#224; lire Todd dans sa sp&#233;cialit&#233; : l'histoire. Mais, l&#224; aussi, il y a beaucoup &#224; dire. Notamment, sur l'usage l&#224; aussi abusif des cartes et de leur coloriage...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En comparant des cartes de France remontant &#224; la R&#233;volution&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans son ouvrage, Apr&#232;s la D&#233;mocratie, Paris, &#233;d. Gallimard, 2008, E.Todd (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou aux votes des Fran&#231;ais &#224; la fin du XIX&#232; si&#232;cle et au XX&#232; si&#232;cle, Emmanuel Todd affirme la concordance d'opinion de populations selon qu'elles appartiennent &#224; des zones anciennement christianis&#233;es ou d&#233;christianis&#233;es. Ce concept de &#171; christianisation &#187; ou de &#171; d&#233;christianisation &#187; reprend les hypoth&#232;ses qu'avait analys&#233;es en son temps (1955-1956) Gabriel Le Bras&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gabriel Le Bras, &#201;tudes de sociologie religieuse, 2 vol., &#233;d. PUF, Paris &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et que Todd reprend comme des faits av&#233;r&#233;s. Or, il se trouve que depuis les travaux de G. Le Bras, la recherche historique a consid&#233;rablement avanc&#233; et que le principe de &#171; d&#233;christianisation &#187; est remis en question. Par ailleurs, on ne peut pas parler indiff&#233;remment du catholicisme, sans pr&#233;ciser &#224; quelle &#233;poque, on se rapporte et quelle population le pratique, notamment la cl&#233;ricature ou les fid&#232;les ou le peuple... Mais surtout comment peut-on passer sous silence que le catholicisme, jusqu'en 1789 &#224; minima, a &#233;t&#233; la religion du pouvoir en France, et que donc, son imposition &#233;tait le pouvoir lui-m&#234;me, c'est &#224; dire absolu et incontestable. Faut-il rappeler ce qui est arriv&#233; au Chevalier de la Barre pour lequel Voltaire s'est tant engag&#233; ? Quel a &#233;t&#233; l'horreur de son supplice pour le simple fait de ne pas s'&#234;tre d&#233;couvert devant une procession ? Alors imaginons comment un simple paysan ni noble, ni libertin pouvait ne pas &#234;tre un bon catholique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, sans m&#234;me citer les travaux de Fran&#231;ois Andr&#233; Isambert sur la &#171; religion populaire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Andr&#233; Isambert, Le sens du sacr&#233; : f&#234;te et religion populaire, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il est courant de montrer comment le catholicisme a su int&#233;grer les croyances populaires et s'est remarquablement adapt&#233; au contexte local quelque soient les continents dans lesquels il &#233;tait impos&#233;. Mais pour revenir &#224; la France et &#224; son histoire, en se pla&#231;ant du c&#244;t&#233; du peuple dit &#171; christianis&#233; &#187; ou dit &#171; d&#233;christianis&#233; &#187; et non des clercs qui le dirigeaient, comment peut-on m&#233;langer tous les peuples de la Gaule romanis&#233;e ou de l'ancienne Francie sous cette m&#234;me binarit&#233; ? Chacun des peuples de l'empire ou du royaume se sont adapt&#233;s diff&#233;remment &#224; cette &#171; imposition &#187; de la religion, donc du pouvoir de l'empereur ou du roi. En pays celte, par exemple, la religion catholique a remplac&#233; syst&#233;matiquement les divinit&#233;s et les bretons ont compl&#232;tement &#171; syncr&#233;tis&#233; &#187; la religion nouvelle, donc en apparence, l'ont adopt&#233; sans probl&#232;me. En pays occitan, c'est &#224; dire romanis&#233; tr&#232;s t&#244;t ; la religion catholique faisait partie de la culture romaine. On ne peut donc pas m&#233;langer dans une m&#234;me couleur et sur des cartes remontant &#224; la r&#233;volution ou au XIX&#233; si&#232;cle, des peuples appartenant au centre ou &#224; la p&#233;riph&#233;rie de la Chr&#233;tient&#233;, en pr&#233;tendant que ces gens sont de culture &#171; catholique &#187; alors que clairement, ils ne pratiquaient pas le m&#234;me catholicisme &#171; populaire &#187;. De m&#234;me, pour les r&#233;gions du centre du royaume de France que Todd qualifie de &#171; d&#233;christianis&#233;e &#187; au XVIII&#232; si&#232;cle, il y a toujours eu dans ces r&#233;gions, une r&#233;sistance populaire &#171; pa&#239;enne &#187; au catholicisme du pouvoir royal. Certes, il ne s'agissait de r&#233;sistance frontale comme on l'imagine &#224; notre &#233;poque, mais que dire des pratiques de sorcelleries courantes dans des r&#233;gions comme le Berry par exemple ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le terme m&#234;me de &#171; christianisation &#187; ou surtout de &#171; d&#233;christianisation &#187; n'a pas de sens en soi dans un pass&#233; &#171; imp&#233;rial romain &#187; ou &#171; royal fran&#231;ais &#187; o&#249; depuis l'empereur Th&#233;odose qui le d&#233;cr&#233;ta religion d'&#201;tat, le christianisme est le fondement m&#234;me du pouvoir. Car, de Th&#233;odose jusqu'&#224; Louis XVI, le fondement du pouvoir est identique : la souverainet&#233; de Dieu. Et c'est ici, que se noue la probl&#233;matique qui oppose Todd au projet f&#233;d&#233;ral europ&#233;en. Car, cette fameuse &#171; souverainet&#233; &#187; si ch&#232;re aux nationalistes de tout bord, et dont chaque perte de parcelle est v&#233;cue comme une livre de chair absorb&#233;e par le moloch europ&#233;en, que signifie-t-elle aujourd'hui par rapport au sens coh&#233;rent qui fut le sien pendant une dizaine de si&#232;cles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, Dieu par d&#233;finition est tout puissant. Sa souverainet&#233; est l'expression de cette toute puissance. Mais &#224; partir du XV&#232; si&#232;cle commence la grande R&#233;volution occidentale que chaque historiographie nationale va r&#233;duire au champ &#233;troit de son territoire en la pr&#233;sentant comme unique et surtout initiatrice : nous aurons ainsi la R&#233;forme protestante au XVI&#232; si&#232;cle (ou la r&#233;volution allemande), puis la r&#233;volution anglaise au XVII&#232; si&#232;cle, puis les r&#233;volutions am&#233;ricaine puis fran&#231;aise au XVIII&#232; et jusqu'&#224; la r&#233;volution russe au XX&#232; si&#232;cle. Sachant que chacune d'entre elles ont des dur&#233;es diff&#233;rentes plus ou moins longues ; on peut ainsi consid&#233;rer que l'octroi du droit de vote aux femmes, ou aux indig&#232;nes lors de la d&#233;colonisation cl&#244;t provisoirement la r&#233;volution fran&#231;aise&#8230; Bref, cette grande r&#233;volution occidentale inverse totalement la pyramide du pouvoir : la souverainet&#233; de Dieu est transf&#233;r&#233;e au Peuple, &#8230; ou &#224; l'Individu, &#8230; ou &#224; la Nation ! Car, si on s'accorde bien sur le transfert, le d&#233;bat n'est pas clos sur le b&#233;n&#233;ficiaire. Et les cons&#233;quences sont fondamentalement diff&#233;rentes. En France, c'est la th&#232;se de l'Abb&#233; Sieyes de la souverainet&#233; de la Nation qui a pr&#233;valu, malgr&#233; les apparences. C'est &#224; dire le transfert &#224; une personne morale d&#233;sincarn&#233;e, c'est &#224; dire essentiellement &#224; ses repr&#233;sentants qui l'expriment, c'est &#224; dire principalement de nos jours au Pr&#233;sident de la R&#233;publique, repr&#233;sentant &#233;lu tous les 5 ans apr&#232;s avoir &#233;t&#233; pr&#233;s&#233;lectionn&#233; par la classe m&#233;diatico-sondagi&#232;re sur la forme de sa &#171; communication &#187; !!!...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, au final, je ne sais pas si je fais partie des &#171; catholiques-zombies &#187; qui ont d&#233;fil&#233; le 11 janvier pour d&#233;fendre la libert&#233; d'expression (m&#234;me de leurs adversaires pour reprendre la formule attribu&#233;e &#224; Voltaire), je ne croyais pas jusqu'&#224; ce que je lise sous la plume de Monsieur Todd faire partie des &#171; antis&#233;mites, islamophobes et fonci&#232;rement in&#233;galitaires &#187;.... mais je sais bien que la &#171; souverainet&#233; &#187; que m'avait attribu&#233; Jean-Jacques Rousseau et fait partager avec mes autres concitoyens, est loin d'&#234;tre une toute puissance ; qu'elle n'est que la facult&#233; de choisir entre Charybde et Scylla une fois tous les 5 ans ; mais que le candidat finalement &#233;lu, lui l'exercera sans grande entrave en se cachant &#233;ventuellement derri&#232;re ses coll&#232;gues des autres &#201;tats europ&#233;ens pour leurs faire endosser ses d&#233;cisions d&#233;sagr&#233;ables !...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;R&#233;mi Busnel&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tudiant chercheur en sciences religieuses&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; l'&#201;cole pratique des hautes &#233;tudes (EPHE)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans son ouvrage, Apr&#232;s la D&#233;mocratie, Paris, &#233;d. Gallimard, 2008, E.Todd constatait que depuis 1791 et la carte &#233;tablie par l'historien am&#233;ricain Timothy Tackett (La R&#233;volution, l'&#201;glise, La France, &#201;ditions du Cerf, 1986, p. 70) pour d&#233;crire la r&#233;partition du choix des pr&#234;tres qui accept&#232;rent ou refus&#232;rent la Constitution civile du clerg&#233;, &#171; une France d&#233;christianis&#233;e &#187; s'&#233;tendait sur un &#171; bloc central, un Bassin parisien &#233;tir&#233; le long d'un axe oblique allant des Ardennes &#224; Bordeaux, auquel il faut ajouter la majeure partie de la fa&#231;ade m&#233;diterran&#233;enne &#187; ; &#171; la France fid&#232;le &#224; l'&#201;glise est constitu&#233;e d'une constellation de provinces p&#233;riph&#233;riques, &#224; l'ouest,au nord, &#224; l'est, dans le Massif central et le Sud-Ouest. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gabriel Le Bras, &#201;tudes de sociologie religieuse, 2 vol., &#233;d. PUF, Paris &#171; Biblioth&#232;que de Sociologie contemporaine &#187;, 1955 ; 1956.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Andr&#233; Isambert, Le sens du sacr&#233; : f&#234;te et religion populaire, Le sens commun, &#233;d. &#201;ditions de Minuit Paris 1982.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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