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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>Introduction au dossier Crises de la d&#233;mocratie, populisme, nationalisme, d&#233;mocraties illib&#233;rales</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Introduction-au-dossier-Crises-de-la-democratie-populisme-nationalisme</link>
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		<dc:date>2020-04-10T07:20:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Fran&#231;ois Richard</dc:creator>


		<dc:subject>Focus</dc:subject>
		<dc:subject>Nationalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Crises de la d&#233;mocratie, populisme, nationalisme, d&#233;mocraties illib&#233;rales : le dossier de ce num&#233;ro va tenter de faire un point d'&#233;tape car le sujet est in&#233;puisable. &lt;br class='autobr' /&gt;
Beaucoup croyaient apr&#232;s la chute des r&#233;gimes communistes que la D&#233;mocratie avait triomph&#233;. D&#233;sormais le terrorisme islamiste apparait comme le principal adversaire des d&#233;mocraties lib&#233;rales. Il n'est pas le seul puisqu'elles ont s&#233;cr&#233;t&#233; en leur sein un ennemi int&#233;rieur largement repr&#233;sent&#233; par le populisme. Les causes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-184-Mars-2020-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 184 - Mars 2020&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Focus-+" rel="tag"&gt;Focus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Nationalisme-+" rel="tag"&gt;Nationalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L150xH113/arton696-e047e.jpg?1729835253' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Crises de la d&#233;mocratie, populisme, nationalisme, d&#233;mocraties illib&#233;rales : le dossier de ce num&#233;ro va tenter de faire un point d'&#233;tape car le sujet est in&#233;puisable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup croyaient apr&#232;s la chute des r&#233;gimes communistes que la D&#233;mocratie avait triomph&#233;. D&#233;sormais le terrorisme islamiste apparait comme le principal adversaire des d&#233;mocraties lib&#233;rales. Il n'est pas le seul puisqu'elles ont s&#233;cr&#233;t&#233; en leur sein un ennemi int&#233;rieur largement repr&#233;sent&#233; par le populisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les causes d'insatisfaction de nos soci&#233;t&#233;s sont facilement rep&#233;rables : le ch&#244;mage, l'ins&#233;curit&#233;, l'immigration, etc. Si on en impute la responsabilit&#233; exclusive aux institutions et aux &#233;lus, le d&#233;bat devient impossible. Et le paradoxe aujourd'hui est que la d&#233;mocratie organise elle-m&#234;me le cadre politique de l'insatisfaction permanente via les &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si l'Europe n'est plus l'unique objectif dans le viseur des forces souverainistes, c'est surtout parce que leur cible principale est d&#233;sormais la d&#233;mocratie elle-m&#234;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;mocratie lib&#233;rale repr&#233;sentative est l'ADN de l'Europe, face &#224; un monde de plus en plus gagn&#233; par l'autoritarisme. Face &#224; la Chine, la Russie, la Turquie, le Br&#233;sil et des Etats-Unis de Donald Trump, le pouvoir d'attraction du mod&#232;le europ&#233;en r&#233;side dans sa tradition d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la d&#233;mocratie en Europe ne se porte pas bien. Elle est contest&#233;e, menac&#233;e ou encore d&#233;tourn&#233;e. Les pouvoirs ont trop souvent ignor&#233; la volont&#233; des peuples, comme lors du r&#233;f&#233;rendum de 2005 en France ou de celui tenu par la Gr&#232;ce en 2015. Il faut aussi tenir compte de ceux qui souhaitent red&#233;finir la d&#233;mocratie dans un sens moins lib&#233;ral. C'est le cas du Hongrois Viktor Orban, devenu &#224; la faveur de la crise migratoire de 2015 le champion des extr&#234;mes droites europ&#233;ennes. Il a mis en place un r&#233;gime ultra-conservateur o&#249; la d&#233;mocratie ne subsiste que de mani&#232;re formelle avec des m&#233;dias sous contr&#244;le, un Parlement sans influence et une justice aux ordres. Les opposants sont intimid&#233;s et les valeurs traditionnelles ou religieuses instrumentalis&#233;es. Orban a &#233;t&#233; imit&#233; en Pologne. Matteo Salvini s'est impos&#233; un temps en Italie s&#233;duite par ses postures d'homme fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la division traditionnelle du monde entre d&#233;mocraties lib&#233;rales et r&#233;gimes dictatoriaux, les d&#233;mocraties illib&#233;rales occupent une sorte d'entre-deux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Partout en Europe, m&#234;me en Allemagne o&#249; l'extr&#234;me droite &#233;tait tr&#232;s faible, la crise migratoire de 2015, puis les attentats djihadistes, ont encourag&#233; les extr&#233;mistes &#224; prof&#233;rer des slogans anti-immigr&#233;s et islamophobe.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Russie de Poutine a largement particip&#233; &#224; la propagation de ces id&#233;es qui poussent les d&#233;mocraties &#224; remettre en cause la libert&#233; d'expression et &#224; exercer un contr&#244;le sur Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;seaux sociaux ne sont que le support de cette &#233;closion des propos racistes. Et le r&#244;le de l'Internet dans la d&#233;stabilisation des d&#233;mocraties repr&#233;sentatives traditionnelles est attest&#233; dans l'&#233;mergence &#233;clair des Cinq Etoiles en Italie. Mais les &#233;lites traditionnelles doivent s'en prendre &#224; elles m&#234;me, pour faire face au discr&#233;dit qui les frappe. Elles ont &#233;t&#233; incapables de pr&#233;venir la crise financi&#232;re de 2009, elles sont d&#233;sormais incapables de faire face au gouffre qui se creuse entre les urbains surtout pr&#233;occup&#233;s par les menaces environnementales et des minorit&#233;s rurales se sentant abandonn&#233;es, loin de la mondialisation et de ses retomb&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme hamiltonien dont l'&#233;quipe de F&#233;d&#233;choses a toujours &#233;t&#233; un ardent d&#233;fenseur propose une forme de f&#233;d&#233;ralisme devant limiter le pouvoir des &#201;tats f&#233;d&#233;r&#233;s et augmenter les droits des citoyens. Il peut &#234;tre un d&#233;but de r&#233;ponse dans le d&#233;bat qu'ouvre notre dossier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'id&#233;e de nation</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/idee-nation-mario-albertini</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/idee-nation-mario-albertini</guid>
		<dc:date>2018-01-20T07:11:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mario Albertini</dc:creator>


		<dc:subject>FED'Actualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Nationalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au cours de son histoire, le mot &#171; nation &#187; a d&#233;sign&#233; des types de groupes tr&#232;s diff&#233;rents, dont la formation et la coh&#233;sion n'avaient rien &#224; faire, aussi bien mat&#233;riellement que mythiquement, avec les donn&#233;es de la naissance. Kohn rappelle par exemple que, dans le concile de Constance, les votants &#233;taient partag&#233;s par &#171; nations &#187; et que la &#171; nation allemande &#187; comprenait tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s de l'Europe orientale, tandis que la &#171; nation anglaise comprenait tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s de l'Europe (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-177-Decembre-2017-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 177 - D&#233;cembre 2017&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Nationalisme-+" rel="tag"&gt;Nationalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au cours de son histoire, le mot &#171; nation &#187; a d&#233;sign&#233; des types de groupes tr&#232;s diff&#233;rents, dont la formation et la coh&#233;sion n'avaient rien &#224; faire, aussi bien mat&#233;riellement que mythiquement, avec les donn&#233;es de la naissance. Kohn rappelle par exemple que, dans le concile de Constance, les votants &#233;taient partag&#233;s par &#171; nations &#187; et que la &#171; nation allemande &#187; comprenait tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s de l'Europe orientale, tandis que la &#171; nation anglaise comprenait tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s de l'Europe septentrionale, y compris les Scandinaves. Dans ce contexte-l&#224;, &#171; nation &#187; signifiait seulement groupe qui dispose d'une voix, si bien que les cardinaux demand&#232;rent de voter comme &#171; cinqui&#232;me nation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, ce mot, &#224; cause de son &#233;tymologie, a montr&#233; souvent la tendance &#224; d&#233;signer n'importe quelle communaut&#233; politique et n'importe quelle communaut&#233; de civilisation, de culture, etc. Par exemple, au XVIII&#232;me si&#232;cle, en Italie, le mot &#171; nation &#187; &#233;tait employ&#233; soit &#224; propos de la communaut&#233; politique urbaine ou r&#233;gionale, soit &#224; propos de la communaut&#233; de langue litt&#233;raire - l'Italie - soit &#224; propos de l'Europe, entendue comme communaut&#233; de culture : cet emploi, du reste, &#233;tait alors g&#233;n&#233;ralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des emplois analogues se sont reproduits dans la phase initiale des mouvements du nationalisme slave, du nationalisme arabe et du nationalisme africain, o&#249; le mot &#171; nation &#187; a d&#233;sign&#233; soit l'Afrique, soit le territoire colonial en passe de devenir un &#201;tat ind&#233;pendant, soit des communaut&#233;s plus petites de caract&#232;re tribal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, ce qui nous int&#233;resse, c'est l'emploi du mot &#171; nation &#187; : quand celui-ci ne se rapporte plus &#224; n'importe quel type de communaut&#233; et commence, au contraire, &#224; d&#233;signer un type de communaut&#233; bien distinct de toute autre. C'est l&#224; le ph&#233;nom&#232;ne historico-social &#224; &#233;tudier. Naturellement, l&#224; o&#249; celui-ci se pr&#233;sente sous une forme att&#233;nu&#233;e, le mot &#171; nation &#187;, tout en &#233;tant influenc&#233; par son emploi sp&#233;cifique, qui se manifeste ailleurs, ne peut avoir un sens pr&#233;cis. Dans ce cas, le mot porte plus sur l'id&#233;e de communaut&#233; politique que sur l'id&#233;e v&#233;ritable de nation. Ce n'est pas la communaut&#233; politique en g&#233;n&#233;ral que nous devons &#233;tudier, mais la nation, &#224; savoir un type sp&#233;cifique de communaut&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les th&#233;ories&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Habituellement on pense qu'un individu pourrait changer de convictions politiques, mais pas de nationalit&#233;. On se repr&#233;sente l'humanit&#233; comme un ensemble de nations que de profondes diff&#233;rences s&#233;parent les unes des autres, et l'on croit ces diff&#233;rences insurmontables. Dans cette perspective la nation se pr&#233;sente comme le fondement n&#233;cessaire de l'&#201;tat, si bien qu'on n'arrive plus &#224; imaginer un &#201;tat plurinational.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conviction n'emp&#234;che pas, naturellement, que des individus de nations diff&#233;rentes aient entre eux des rapports ; bien au contraire, le progr&#232;s les intensifie chaque jour davantage. Mais si les divisions nationales &#233;taient vraiment insurmontables, de tels rapports seraient destin&#233;s &#224; &#234;tre perp&#233;tuellement expos&#233;s aux vicissitudes de la politique internationale : la paix serait &#233;ternellement pr&#233;caire, les unions &#233;conomiques &#233;ph&#233;m&#232;res, les alliances incertaines, les unions d'&#201;tats impossibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, si nous voulons d&#233;terminer la nature de ces diff&#233;rences en observant la r&#233;alit&#233; sans pr&#233;jug&#233;, nous nous rendons compte qu'un Alsacien et un Rh&#233;nan, un Lombard et un Tessinois, un Turinois et un Lyonnais ont l'un avec l'autre bien plus de ressemblance que n'en ont un Turinois et un Palermitain, un Alsacien et un Marseillais, un Rh&#233;nan et un Prussien, etc. Et alors ? C'est un fait que tous les &#233;l&#233;ments qui sont le plus souvent indiqu&#233;s comme preuves ou causes de l'existence d'un groupe national ne l'expliquent aucunement. Ceux dont on parle le plus commun&#233;ment sont : la race, la langue, la religion, le territoire, l'&#201;tat, l'histoire, les m&#339;urs et les traditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'identification de la nation et de la race constitue peut-&#234;tre la tentative d'explication la plus fr&#233;quente - malgr&#233; le discr&#233;dit dans lequel est tomb&#233; le racisme &#224; notre &#233;poque - si bien que la plupart des dictionnaires expliquent le mot &#171; nation &#187; directement par le mot &#171; race &#187;, ou bien par le mot &#171; lign&#233;e &#187;, qui est &#224; son tour expliqu&#233; par le mot &#171; race &#187;. Ce serait discourir en pure perte que de d&#233;montrer longuement la fausset&#233; de cette identification. Il suffit de rappeler :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; que, dans la mesure o&#249; l'on parvient &#224; isoler grossi&#232;rement des groupes humains ayant des caract&#232;res physiques ext&#233;rieurs communs, il se trouve que ces groupes ne co&#239;ncident pas du tout avec les nations modernes ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; qu'il est on ne peut plus douteux qu'il soit possible de d&#233;limiter des groupes raciaux m&#234;me du point de vue g&#233;n&#233;tique ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; qu'il est scientifiquement &#233;tabli qu'il n'existe, chez l'homme, aucun lien constant entre les caract&#232;res physiologiques et les caract&#232;res psychologiques.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La langue, &#224; son tour, n'explique pas la r&#233;alit&#233; nationale, parce qu'il existe des nations plurilingues (comme la Suisse, la Belgique, le Canada) et des langues parl&#233;es dans plusieurs nations (comme l'anglais, l'espagnol, etc.). D'autre part, m&#234;me les nations apparemment monolingues n'&#233;taient point telles &#224; l'origine et souvent ne le sont point encore : la langue &#171; nationale &#187; s'est &#233;tendue &#224; tout le territoire seulement &#224; la suite de l'action du pouvoir politique par le moyen de l'&#233;cole d'&#201;tat et de l'administration. C'est le cas de la France, sur le territoire de laquelle on parlait, avant la R&#233;volution, au moins trois langues outre le fran&#231;ais (langue d'oc, basque, breton), de l'Italie, o&#249;, il y a un si&#232;cle, l'italien n'&#233;tait encore qu'une langue litt&#233;raire qui se superposait aux dialectes r&#233;gionaux, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des propos identiques valent aussi pour la religion. Il existe des nations, comme l'Allemagne, dans lesquelles plusieurs religions sont profess&#233;es et des religions, comme le catholicisme, profess&#233;es dans plusieurs nations. Et, dans les nations dont presque tous les membres professent la m&#234;me religion, l'unit&#233; religieuse a souvent &#233;t&#233; obtenue par le massacre et l'intimidation des minorit&#233;s (par exemple, en France).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut en dire autant du territoire et de l'&#201;tat. Les territoires et les &#201;tats qui ont pris, &#224; un certain stade de leur &#233;volution, le caract&#232;re national n'ont jamais conserv&#233; les m&#234;mes dimensions au cours de l'histoire, mais ont constamment vari&#233; selon les p&#233;rip&#233;ties de la politique internationale, jusqu'&#224; atteindre leur &#233;tendue actuelle. Et les guerres, les conqu&#234;tes, les trait&#233;s, les mariages qui leur ont donn&#233; leurs dimensions actuelles ne furent point assur&#233;ment d&#233;termin&#233;s par des exigences nationales, mais par le jeu des int&#233;r&#234;ts dynastiques des monarchies, par des n&#233;cessit&#233;s politiques et strat&#233;giques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#339;urs et les traditions aussi ne sont point uniformes &#224; l'int&#233;rieur des nations ; bien au contraire, comme l'on a d&#233;j&#224; affirm&#233;, il existe en g&#233;n&#233;ral, &#224; l'int&#233;rieur d'une nation, des diff&#233;rences beaucoup plus importantes que celles qui existent entre r&#233;gions voisines de diverses nations. L'histoire enfin n'explique pas les nations (sinon dans le sens g&#233;n&#233;ral selon lequel l'histoire explique tout &#8212; mais alors il faudrait pr&#233;ciser de quelle histoire il s'agit) : elle ne les explique pas si on l'entend comme histoire politique, parce que de cette fa&#231;on elle se r&#233;duit en substance &#224; l'&#201;tat et est sujette &#224; la m&#234;me critique que lui ; elle ne les explique pas si l'on entend comme histoire des m&#339;urs et des traditions, pour les raisons m&#234;mes qui font que les m&#339;urs et les traditions sont des crit&#232;res erron&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, on a voulu trouver le fondement de la nation dans la volont&#233; de vivre ensemble, dans le &#171; pl&#233;biscite de tous les jours. &#187; (Renan). A ce propos, il convient d'observer que cette id&#233;e ne nous avance gu&#232;re tant que l'on n'explique pas mieux &#171; comment &#187; on vit ainsi ensemble. Pr&#233;ciser ce &#171; comment &#187; revient justement &#224; d&#233;finir la nation : cette formule laisse donc, elle aussi, le probl&#232;me sans solution.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'origine des comportements nationaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La nation, qu'est-ce alors ? En d'autres termes, qu'y a-t-il derri&#232;re l'id&#233;e suivant laquelle le genre humain est constitutionnellement divis&#233; en groupes absolument s&#233;par&#233;s ? Habituellement les hommes expliquent la nation, comme nous l'avons vu, par la race, la langue, les m&#339;urs, etc., et nous savons d&#233;sormais qu'il s'agit de repr&#233;sentations th&#233;oriquement inad&#233;quates. Mais, au moyen de ces symboles, &#224; quelle r&#233;alit&#233; pensent-ils, m&#234;me en la d&#233;formant ? La nation ne peut &#234;tre que cela.&lt;br class='autobr' /&gt;
De fait la r&#233;alit&#233; dont on parle avec le langage national est g&#233;n&#233;ralement constitu&#233;e : a) du fait qu'un grand nombre de comportements, concernant presque tous les domaines de l'exp&#233;rience humaine, pr&#233;sentent, &#224; c&#244;t&#233; de leur motivation sp&#233;cifique, une seconde motivation, celle de la r&#233;f&#233;rence &#224; la &#171; France &#187;, &#171; Allemagne &#187;, &#224; &#171; Italie &#187;, etc. (Ceci peut para&#238;tre abstrait, mais il suffit d'un exemple pour l'expliquer. Un Allemand en Allemagne ou un Fran&#231;ais en France, etc., tombe en arr&#234;t devant un chef d'&#339;uvre d'architecture ou un beau paysage et pense : &#171; Comme l'Allemagne est belle ! &#187; Il va de soi que cette merveille de la nature ou de l'art n'est pas une esp&#232;ce du genre esth&#233;tique &#171; Allemagne &#187;, qui n'existe pas, mais bien du genre gothique, roman, montagneux, lacustre, etc. Ceci montre bien qu'&#224; la motivation sp&#233;cifique du comportement esth&#233;tique s'en ajoute une autre : celle de la fid&#233;lit&#233;, ou au moins de la r&#233;f&#233;rence, &#224; l' &#171; Allemagne &#187;) ; b) du groupe qui r&#233;sulte du fait que ces comportements, gr&#226;ce &#224; la r&#233;f&#233;rence commune, se lient les uns les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette constatation suffit pour mettre en lumi&#232;re que tout cela n'existait pas au Moyen Age. La soci&#233;t&#233; agricole, caract&#233;ristique de cette &#233;poque, ne pr&#233;sentait m&#234;me pas, si ce n'est pour une &#233;lite rarissime, de comportements de dimensions &#233;gales &#224; celles des nations actuelles (c'est-&#224;-dire compl&#233;mentaires et interd&#233;pendants sur une telle &#233;chelle). La vie d'environ 90 % de la population se passait presque exclusivement dans le cadre de petites unit&#233;s territoriales, au-del&#224; desquelles ne se manifestaient pas de rapports sociaux concrets, stables et directs. Il s'ensuit que tous ceux qui pensent que les nations existaient, au moins virtuellement, d&#232;s le Moyen Age ne tiennent pas compte du fait que les populations &#233;tablies sur les territoires correspondant &#224; ceux des nations actuelles, m&#234;me si elles se trouvaient quelquefois en partie sous le m&#234;me roi, &#233;taient en r&#233;alit&#233; divis&#233;es socialement par des barri&#232;res territoriales pratiquement infranchissables et ne pouvaient pour cette raison avoir une quelconque exp&#233;rience, m&#234;me embryonnaire, d'une int&#233;gration qui n'existait pas et ne se dessinait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces barri&#232;res commenc&#232;rent &#224; tomber au d&#233;but de la r&#233;volution industrielle, c'est-&#224;-dire avec la transformation qualitative et l'expansion irr&#233;sistible du secteur marchand de la soci&#233;t&#233; agricole (introduction de la machine &#224; vapeur, des m&#233;tiers m&#233;caniques, etc.). O&#249; l'activit&#233; de la production prenait ce caract&#232;re industriel, les comportements &#233;conomiques acqu&#233;raient rapidement une dimension &#233;gale &#224; celle des nations europ&#233;ennes actuelles. Et pas seulement les comportements &#233;conomiques. Il n'est pas d'acte &#233;conomique qui ne soit aussi juridique, administratif, social, politique, etc. En cons&#233;quence, un nombre toujours croissant de comportements, jusqu'aux comportements politiques, acquirent la r&#233;f&#233;rence &#224; la dimension en question et c'est pourquoi ils se li&#232;rent les uns aux autres, de mani&#232;re diverse en raison de la diversit&#233; des situations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La nature des comportements nationaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais jusqu'ici seul appara&#238;t clairement le ph&#233;nom&#232;ne historico-social qui est &#224; la base du d&#233;veloppement non seulement du nationalisme, mais aussi de l'&#201;tat moderne et de ses composantes lib&#233;rales, d&#233;mocratiques et socialistes. Ce dont on parle sp&#233;cifiquement avec le langage national se manifesta dans les temps et les lieux o&#249; non seulement les comportements &#233;conomiques, juridiques et politiques, mais aussi les comportements constitutifs du sentiment intime de la personnalit&#233; et de l'affinit&#233; fondamentale de groupe, acquirent la r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#201;tat moderne, et, par suite, une seconde motivation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'une situation qui modifia profond&#233;ment l'ordre social auquel les si&#232;cles avaient habitu&#233; les Europ&#233;ens. Le cadre du pouvoir politique supr&#234;me et celui de la vie commune, qui avaient cess&#233;, pour une grande partie de la population, de co&#239;ncider &#224; partir de la fin de la cit&#233;-&#201;tat, se li&#232;rent de nouveau peu &#224; peu. On le constate aussi dans le fait qu'aux nations naissantes fut appliqu&#233;e la terminologie patriotique caract&#233;ristique du patriotisme grec ou h&#233;bra&#239;que, y compris l'application des termes religieux &#224; la vie politique (autels de la patrie, fronti&#232;res sacr&#233;es, martyrs de la patrie, et ainsi de suite, comme si chaque peuple avait un Dieu).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe toutefois une &#233;norme diff&#233;rence entre les exp&#233;riences &#171; nationales &#187; grecque et h&#233;bra&#239;que et les exp&#233;riences modernes. Les premi&#232;res, &#233;tant donn&#233; leurs dimensions r&#233;duites, qui rendaient possibles un grand nombre de rapports personnels entre les membres du groupe, se maintenaient m&#234;me quand elles n'&#233;taient pas soutenues par un pouvoir politique. D'autre part, le fait que la religion et la politique ne s'&#233;taient pas encore diff&#233;renci&#233;es faisait si bien qu'au-dessus de ces rapports quasi personnels, il n'y en avait pratiquement pas d'autre auquel on p&#251;t participer quotidiennement. De la sorte, en naissant dans la cit&#233;-&#201;tat, on acqu&#233;rait effectivement, du seul fait d'y na&#238;tre, le sentiment naturel de sa propre personnalit&#233; et de son propre lien de groupe (nationalit&#233; au sens &#233;tymologique, que nous appellerons nationalit&#233; spontan&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les secondes, au contraire, &#233;tant donn&#233; leurs dimensions qui ne permettent pas du tout l'&#233;tablissement de rapports personnels, ont pourtant cr&#233;&#233; le sentiment de la personnalit&#233; nationale et de liens nationaux, mais d'une mani&#232;re tout artificielle et forc&#233;e, gr&#226;ce au pouvoir politique. En fait, en Europe, les grandes nations actuelles sont le r&#233;sultat de l'extension forc&#233;e, par l'&#201;tat, &#224; tous les citoyens, de la langue d'une nationalit&#233; spontan&#233;e pr&#233;existant sur son territoire (la langue d'o&#239;l pour la France, le toscan pour l'Italie, etc.) et de la propagation impos&#233;e de l'id&#233;e, m&#234;me si elle ne correspondait pas tout &#224; fait &#224; la r&#233;alit&#233;, de l'existence de m&#339;urs uniques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce que la nation ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour arriver &#224; une d&#233;finition v&#233;ritable de la nation et de l'&#201;tat national, il ne reste plus qu'&#224; r&#233;pondre &#224; deux questions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment cette fusion de l'&#201;tat et de ces comportements s'est-elle produite dans les seuls &#201;tats du continent et non en Grande-Bretagne ? &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une donn&#233;e de fait : a) qu'en Grande- Bretagne les comportements &#233;conomiques, juridiques et politiques se sont rattach&#233;s &#224; l'&#201;tat, mais non les comportements constitutifs de la personnalit&#233; et du sentiment fondamental de groupe ; b) que malgr&#233; l'existence d'un patriotisme britannique, les Ecossais, les Gallois et les Anglais estiment appartenir respectivement aux nations &#201;cosse, Galles et Angleterre ; c) qu'ils distinguent encore, par cons&#233;quent, bien qu'imparfaitement, la nation de l'&#201;tat. Comment, en d'autres termes, les nations se sont-elles constitu&#233;es pleinement sur le seul continent, mais non en Grande- Bretagne ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait est que le syst&#232;me europ&#233;en des &#201;tats a contraint les &#201;tats du continent &#224; la centralisation, mais n'a pas fait na&#238;tre une telle tendance en Grande-Bretagne. Et l'&#201;tat centralis&#233; ne pouvait subsister sans cr&#233;er l'id&#233;e d'un groupe aussi homog&#232;ne que le pouvoir &#233;tait concentr&#233;. D'autre part, il en avait les moyens : l'&#233;cole d'&#201;tat, la conscription militaire obligatoire, les grandes c&#233;r&#233;monies publiques, un m&#234;me syst&#232;me administratif et la tutelle pr&#233;fectorale impos&#233;s &#224; toutes les villes, si diff&#233;rentes soient-elles, et ainsi de suite. Le fondement des nations modernes est par suite constitu&#233; au point de vue &#233;conomique par la premi&#232;re phase de la r&#233;volution industrielle et au point de vue politique par l'&#201;tat bureaucratique centralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi cet &#201;tat a-t-il &#233;t&#233; pens&#233; au moyen des symboles d&#233;formants de l'id&#233;e de nation, et non au moyen de l'id&#233;e, correspondant &#224; la r&#233;alit&#233; objective, d'un certain type de communaut&#233; politique ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est que chaque situation de pouvoir est pens&#233;e par les individus qui la subissent, non au moyen de repr&#233;sentations conformes &#224; la r&#233;alit&#233;, mais au moyen de repr&#233;sentations d&#233;form&#233;es par les pr&#233;jug&#233;s et par les passions politiques : les id&#233;ologies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de remarquer que l'&#201;tat bureaucratique centralis&#233;, protagoniste de guerres continuelles et terribles, a engendr&#233; non seulement une forte communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts d'importance individuelle (&#233;conomiques, politiques, etc.), mais aussi une situation militaire qui a pris dans son &#233;tau tous les citoyens, m&#234;me en temps de paix, et qu'il les a en temps de guerre form&#233;s par une &#233;ducation de masse au devoir de tuer et au risque de mourir non pour la d&#233;fense de leurs libert&#233;s individuelles, mais pour le groupe con&#231;u comme une entit&#233; transcendante, pour comprendre que ce groupe devait &#234;tre pens&#233; comme une r&#233;alit&#233; &#224; part, comme sup&#233;rieur aux individus, comme naturel, sacr&#233;, &#233;ternel et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors on peut dire que la nation est, au sens sp&#233;cifique, l'id&#233;ologie de l'&#201;tat bureaucratique centralis&#233;. &#201;tant donn&#233; un tel caract&#232;re id&#233;ologique, dans l'id&#233;e de nation, plus que le contenu repr&#233;sentatif, qui varie suivant les situations, ce qui compte, c'est qu'en tout &#233;tat de cause, celui-ci se r&#233;f&#232;re toujours &#224; un &#201;tat bureaucratique centralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le d&#233;passement des nations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le facteur m&#234;me qui a cr&#233;&#233; les pr&#233;misses des nations les d&#233;truira. Nous avons observ&#233; que la r&#233;volution industrielle influe sur la dimension des comportements &#233;conomiques dans le sens d'une tendance constante &#224; leur &#233;largissement. Aux U. S. A., o&#249; il n'existait pas de barri&#232;res nationales, les comportements &#233;conomiques ont pris depuis longtemps une dimension continentale. En Europe, ils sont en train de la prendre de nos jours. Il va de soi que cela donnera lieu &#224; la formation d'un peuple et &#224; la ruine de la souverainet&#233; exclusive des vieux &#201;tats nationaux. Et, comme on ne peut pas arr&#234;ter l'&#233;volution de la production, cela se produira aussi sur les autres continents et finira par d&#233;passer les dimensions continentales elles-m&#234;mes jusqu'&#224; unifier le genre humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, si les nations sont ainsi destin&#233;es &#224; la ruine, il n'en sera pas de m&#234;me de ce que nous avons appel&#233; &#171; nationalit&#233; spontan&#233;e &#187;. Les nations &#233;tant seulement le reflet id&#233;ologique de l'&#201;tat bureaucratique centralis&#233;, ne survivront pas &#224; sa disparition. Il en ira tout autrement des &#171; nationalit&#233;s spontan&#233;es &#187; qui d&#233;pendent de la spontan&#233;it&#233; des rimeurs (&#171; nationalit&#233;s spontan&#233;es &#187; de territoire) et de la culture (&#171; nationalit&#233;s spontan&#233;es &#187; de culture). Dante, Descartes, Cervantes, Shakespeare, Kant, Dosto&#239;evski n'ont pas &#233;t&#233; engendr&#233;s par le pouvoir politique et aucun pouvoir politique ne pourra les supprimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition de la nation comme &#171; id&#233;ologie de l'&#201;tat bureaucratique centralis&#233; &#187; concerne la r&#233;alit&#233; historico-sociale seulement d'une mani&#232;re indirecte. De fait, une communaut&#233; politique pr&#233;sentant seulement, et d'une fa&#231;on exclusive, les caract&#232;res de la nation n'a exist&#233; nulle part ni en aucun temps. Cela n'emp&#234;che que, pour d&#233;crire certaines communaut&#233;s politiques, il est n&#233;cessaire de tenir pr&#233;sente &#224; l'esprit l'id&#233;e pr&#233;cise de nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#234;mes observations pourraient &#234;tre faites &#224; propos de n'importe quelle autre r&#233;alit&#233; historico-sociale, f&#233;odale ou capitaliste, par exemple. Elles ne correspondent jamais exactement au mod&#232;le du f&#233;odalisme ou de capitalisme, mais ne peuvent &#234;tre d&#233;crites sans ces mod&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces observations montrent que la d&#233;finition de la nation que j'ai propos&#233;e a la nature th&#233;orique d'un Id&#233;altypes dans le sens de Weber, c'est-&#224;-dire d'un concept-limite, qui ne correspond &#224; aucune r&#233;alit&#233; historiquement donn&#233;e, mais qui syst&#233;matise certaines r&#233;alit&#233;s historiquement donn&#233;es dans le but de permettre leur description.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mario Albertini&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Professeur de philosophie de la politique &#224; l'Universit&#233; de Pavie, ancien Pr&#233;sident du MFE italien et de l'UEF Europe, fondateur et directeur de la revue de politique Il Federalista, Pavie. D&#233;c&#233;d&#233; en 1997&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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