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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>L'influence de Robert Lafont sur l'occitanisme politique</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Robert-Lafont-occitanisme-politique</link>
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		<dc:date>2013-09-02T10:41:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>G&#233;rard Tautil</dc:creator>


		<dc:subject>FED'Actualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;gionalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Conf&#233;rence &#224; la Maison de l'Europe et des Europ&#233;ens de Lyon, mars 2012, &#224; l'initiative de l'UEF, des Editions F&#233;d&#233;rop et de R&#233;gions &amp; Peuples Solidaires &lt;br class='autobr' /&gt; Parler de Robert Lafont et de l'occitanisme politique est sans aucun doute ce qui motive cette petite contribution &#224; une &#339;uvre multiforme, au riche contenu dans les domaines de la litt&#233;rature occitane, la recherche, l'enseignement universitaire et la sociolinguistique. Une &#339;uvre qui ne s'est jamais d&#233;partie de son interrogation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-160-Juin-2013-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 160 &#8212; Juin 2013&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-FED-Actualite-+" rel="tag"&gt;FED'Actualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Regionalisme-+" rel="tag"&gt;R&#233;gionalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L105xH150/arton483-660e6.jpg?1729834998' class='spip_logo spip_logo_right' width='105' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Conf&#233;rence &#224; la Maison de l'Europe et des Europ&#233;ens de Lyon, mars 2012, &#224; l'initiative de l'UEF, des Editions F&#233;d&#233;rop et de R&#233;gions &amp; Peuples Solidaires&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parler de Robert Lafont et de l'occitanisme politique est sans aucun doute ce qui motive cette petite contribution &#224; une &#339;uvre multiforme, au riche contenu dans les domaines de la litt&#233;rature occitane, la recherche, l'enseignement universitaire et la sociolinguistique. Une &#339;uvre qui ne s'est jamais d&#233;partie de son interrogation quotidienne sur l'avenir soci&#233;tal d'un peuple r&#233;duit &#224; une destin&#233;e institutionnelle, celle de son statut r&#233;gional dans le cadre d'une tradition centraliste fran&#231;aise dont le poids aujourd'hui ne permet plus de r&#233;pondre aux transformations li&#233;es &#224; la mondialisation &#233;conomique et &#224; l'avenir propre &#224; la construction europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour &#233;clairer mon propos, il est une question que je me suis pos&#233;e et que l'on m'a pos&#233;e &#233;galement sur ce travail : &#034;Est-ce de l'occitanisme politique, dont il s'agit ou de l'apport de Robert Lafont au domaine politique sur l'Occitanie ?&#034; Je r&#233;ponds sans h&#233;sitation que nos cheminements furent parall&#232;les, puis convergents, pour devenir communs au d&#233;but des ann&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2000 avec l'adh&#233;sion de Lafont au &lt;i&gt;Partit Occitan&lt;/i&gt; (POC). Au point qu'il est difficile de faire l'impasse sur cette compl&#233;mentarit&#233; de nos cheminements respectifs. En effet, ce qui est au c&#339;ur de nos analyses ce sont, d'une part, les r&#233;alit&#233;s de la soci&#233;t&#233; occitane brid&#233;e par la formation historique de l'&#201;tat fran&#231;ais et, d'autre part, nos r&#233;ponses pratiques dans le combat politique commun pendant plus de trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai surtout voulu mettre en &#233;vidence le th&#233;oricien de la nouvelle Renaissance occitane et l'acteur politique qui a su donner des r&#233;ponses concr&#232;tes aux questions de soci&#233;t&#233;, et aussi remettre en mouvement une histoire occult&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le fait occitan : soci&#233;t&#233; domin&#233;e et renaissance culturelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comprendre le fait occitan c'est, selon Lafont, analyser son &#233;volution et en tirer les cons&#233;quences. Nous avons donc affaire &#224; une didactique, &#224; une m&#233;thode de mise en perspective qui analyse une p&#233;riode courte d'histoire, celle de la renaissance occitane. On peut parler de &lt;strong&gt;r&#233;cup&#233;ration historique&lt;/strong&gt;, d'une histoire que les Occitans eux-m&#234;mes ignorent dans leur grande majorit&#233; : &lt;q&gt;Je repasse en revue notre mouvement de Renaissance (&#8230;) en trois temps successifs&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;roulement tripartite d'histoire prend effet apr&#232;s plus de plus de cinq si&#232;cles de domination militaire et politique. D&#232;s la sortie du XIIIe si&#232;cle, pendant cinq si&#232;cles, la conqu&#234;te &#233;crase une civilisation et une culture que portent au sommet les troubadours mais aussi les fondement de l'autonomie des cit&#233;s et de la citoyennet&#233; qui fondent les valeurs occidentales positives. l'Occitanie m&#233;di&#233;vale manque sa premi&#232;re mutation politique, ne peut pousser plus avant son alliance avec les Catalans de la Maison d'Aragon. La croisade fran&#231;aise d&#233;fait un destin qui prend appui sur la M&#233;diterran&#233;e et les Pyr&#233;n&#233;es. La monarchie r&#233;ussit sa perc&#233;e vers les march&#233;s, les territoires du Sud et d'Orient. Donc, cinq si&#232;cles de mise en d&#233;pendance des hommes et des territoires, d'acculturation et de perte d'identit&#233; qui conduisent &#224; l'ali&#233;nation cacographique et &#224; la &#034;patoisie&#034;, cette patrie honteuse du domin&#233; face au dominant. Lafont reconna&#238;t au F&#233;librige cette Renaissance culturelle qu'il revendique dans une vision d'histoire et dont le territoire s'&#233;tend &#034;&lt;i&gt;deis aups ai piren&#232;us&lt;/i&gt;&#034; (des Alpes aux Pyr&#233;n&#233;es), qui se pense nation sans le dire et, paradoxe, que Fr&#233;d&#233;ric Mistral veut unifier autour d'une graphie qui est celle d'un &lt;q&gt;sous-dialecte p&#233;riph&#233;rique d'Arles et d'Avignon&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes dans le &lt;strong&gt;temps Un&lt;/strong&gt; de cette Renaissance travers&#233;e par des conflits sociaux sans relais politiques &#034;r&#233;gionaux&#034;. c'est ce que va reprocher Lafont au F&#233;librige qui s'est pos&#233; en r&#233;novateur de l'id&#233;e des pays d'Oc, qui a restaur&#233; les troubadours et qui se trouve confront&#233; au &lt;q&gt;bloc de b&#233;ton &#233;tatique qui date de l'Ancien R&#233;gime auquel succ&#233;da la refondation de la Nation dans le jacobinisme, puis dans le Premier Empire qui ach&#232;ve d'armer de fer la centralisation absolue.&lt;/q&gt;. Les f&#233;libres, reconna&#238;t Lafont, n'ont pas la partie facile. Mais c'est plus un constat qu'une excuse. Car dans ce contexte nationaliste sans pr&#233;c&#233;dent, la bourgeoisie -&#233;clair&#233;e ou non-, ne pense qu'exceptionnellement un destin de diff&#233;renciation interne. &lt;q&gt;Il n'y a personne qui puisse concevoir un autonomisme provincial.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus, elle collabore &#224; la mise sous s&#233;questre d'une &#233;conomie drainant vers Paris les ressources des territoires. c'est le refus de donner la moindre place &#224; la diversit&#233; et &#224; la compl&#233;mentarit&#233; d'une &#233;conomie p&#233;riph&#233;rique. c'est le &lt;q&gt;plus grand &#233;chec nationalitaire qu'a produit le XIXe si&#232;cle, dit des &#034;nationalit&#233;s&#034;&lt;/q&gt;. L'identit&#233; s'inhibe dans ce rapport complexe de provincialit&#233; et de centralit&#233; &#224; la fois &#233;conomique et id&#233;ologique. Rel&#233;gu&#233; au rang d'expression litt&#233;raire (le Prix Nobel de litt&#233;rature pour Mistral en 1905), on comprend alors une des raisons qui font du F&#233;librige un courant culturel sans issue ni porteur de transformation sociale. Il passera &#224; c&#244;t&#233; de la r&#233;volte vigneronne (de 1907) qui secoue la soci&#233;t&#233; occitane comme il est pass&#233; &#224; c&#244;t&#233; du mouvement catalaniste et des r&#233;voltes europ&#233;ennes pour les ind&#233;pendances qu'il a sublim&#233;es dans le domaine litt&#233;raire sans essayer d'y trouver des correspondances ou des adaptations propres &#224; la soci&#233;t&#233; occitane. &lt;q&gt;Dans une France hypercentralis&#233;e, nationaliste et on ne peut plus imp&#233;rialiste, dans une n&#233;gation de toute vari&#233;t&#233; interne&lt;/q&gt;, le F&#233;librige passe &#224; c&#244;t&#233; de la destruction de tout p&#244;le de d&#233;veloppement p&#233;riph&#233;rique. c'est &#034;&lt;i&gt;l'&#233;chec glorieux&lt;/i&gt;&#034; du F&#233;librige.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sortir du culturalisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette critique du F&#233;librige trouvera son pendant dans l'Institut d'&#233;tudes occitanes (&lt;i&gt;Institut d'Estudis Occitanas&lt;/i&gt;, IEO) qui s'est d'abord d&#233;marqu&#233;, d&#232;s sa cr&#233;ation &#224; la Lib&#233;ration, de toute notation graphique li&#233;e au syst&#232;me phonologique fran&#231;ais. l'&#233;criture occitane et son syst&#232;me graphique se prolongent pourtant -et notamment en Provence- dans les &#233;crits notariaux et administratifs jusqu'au d&#233;but du XVIe si&#232;cle. l'&#233;dit de Villers-Cottr&#234;ts (1539) l'interdit et impose le fran&#231;ais comme la langue nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si l'IEO r&#233;tablit la norme classique, ses d&#233;bats internes font aussi &#233;cho &#224; la soci&#233;t&#233; occitane. Nous entrons dans le &lt;strong&gt;Temps Deux&lt;/strong&gt; qui a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; par le renouvellement de ce d&#233;bat dans les ann&#233;es 1930, en liaison avec la mont&#233;e de l'autonomisme catalan qui s'associera en 1931 &#224; la R&#233;publique. Sur ce mod&#232;le na&#238;tra un occitanisme politique avec Carles Campr&#243;s que Lafont d&#233;finit comme &lt;i&gt;f&#233;d&#233;raliste&lt;/i&gt; dans sa forme interne et internationale. Il reconna&#238;t que cet occitanisme politique est m&#233;connu du grand public. Survient la guerre qui va effacer le catalanisme et retarder la construction d'un occitanisme &#224; la fois culturel et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me renaissance culturelle se fait jour. Par surprise, avec la Loi Deixonne en 1951 -qui reprend pour la premi&#232;re fois depuis la cr&#233;ation du f&#233;librige en 1854-, le terme de langue occitane ; et cela dans une France nationaliste et centraliste, dans une Universit&#233; ferm&#233;e &#224; la recherche d'Oc. Et pour aller plus vite, comme le rappelle Lafont, cette g&#233;n&#233;ration nouvelle qui est la sienne, r&#233;pond &#224; cette &lt;q&gt;mission impossible que le F&#233;librige s'&#233;tait donn&#233;e&lt;/q&gt;. Restait &#224; &lt;q&gt;retrouver le souffle initial de la d&#233;mocratie territoriale de la Nation France&lt;/q&gt;. On sortait de la seule question culturelle. Et l&#224; les choses furent aussi difficiles que pr&#233;c&#233;demment. d'abord en interne, car l'IEO devait d&#233;finir le cadre m&#234;me de sa revendication culturelle en tenant compte de tout l'environnement n&#233;o-jacobin. c'est l&#224; qu'interviendra le conflit renaissant du vieux nationalisme f&#233;libr&#233;en, sous la forme nouvelle de la nation occitane, dans sa version ethniste fontanienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le jugement de Lafont sur Fontan est sans appel : Ce th&#233;oricien soucieux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'IEO se divise et manque d'&#233;clater sur les contre-propositions de Lafont (faire une enqu&#234;te sur le comportement linguistique des Occitans) et de Pierre-Louis Berthaud (qui &#224; la suite de la d&#233;couverte du gaz de Lacq pensait pouvoir s'appuyer sur le capitalisme aquitain). Mais l'opposition la plus importante vient de F&#233;lix Castan, communiste, qui avait soutenu jusqu'alors Lafont et qui va manifester toute sa vie durant une opposition strictement culturelle au centralisme. Il se retire de la direction de l'IEO. On peut dire que l'id&#233;e d'un &lt;strong&gt;occitanisme global&lt;/strong&gt; va alors se renforcer au fil des ann&#233;es dans la pens&#233;e de Lafont. l' anticentralisme culturel de Castan, aura &#233;t&#233; paradoxalement l'un des r&#233;v&#233;lateurs de cet &lt;strong&gt;humanisme global qui sous-tend toute la r&#233;flexion occitaniste contemporaine&lt;/strong&gt; et dont Lafont s'affirme de plus en plus comme le porte-drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les luttes sociales vont jouer de plus en plus un r&#244;le d&#233;terminant dans les choix occitanistes. c'est la gr&#232;ve des mineurs de &lt;i&gt;La Sala&lt;/i&gt; (Decazeville) en 1961 qui fait basculer certains membres de l'IEO dans l'action sociale et politique avec la cr&#233;ation du Comit&#233; occitan d'&#233;tudes et d'actions (COEA) &#224; Narbonne, choix symbolique de la ville de Ferroul, au mouvement viticole de 1907, et engagement qui veut chasser le mauvais souvenir du repli f&#233;libr&#233;en face aux r&#233;voltes de son peuple. La cons&#233;quence de cet engagement acc&#233;l&#232;re la crise de l'IEO en 1964 &#224; l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de &lt;i&gt;La Sala&lt;/i&gt;. Mais l'IEO va &#234;tre confront&#233; &#224; de nouveaux &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Faire soci&#233;t&#233; : de la r&#233;gion &#224; l'autonomie le &#034;colonialisme int&#233;rieur&#034; et l'enjeu politique occitan&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En effet, depuis la Lib&#233;ration, on est de nouveau dans la tourmente des guerres coloniales que les &#233;quipes gouvernementales &#224; Paris ont successivement engag&#233;es et soutenues. M&#234;me si le concept de &lt;i&gt;&lt;a href='https://www.pressefederaliste.eu/colonialisme-interieur-France-robert-lafont' class=&#034;spip_in&#034;&gt;colonialisme int&#233;rieur&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est l'expression la plus commode que nous ayons trouv&#233;e &#224; la r&#233;flexion (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est n&#233; en parall&#232;le d'une situation diff&#233;rente (la CECA -Communaut&#233; du charbon et de l'acier, en faveur du Nord et de la Lorraine ), l'Occitanie, &lt;i&gt;dans le temps historique&lt;/i&gt; est un pays colonis&#233;, m&#234;me si le contrat civique initial a remis l'histoire dans le cadre d'une R&#233;publique qui s'affirme d&#233;mocratique et si l'enjeu national se d&#233;finit comme &#233;tant le bien de tous. Aussi, la similitude avec l'exploitation des richesses coloniales est &#233;vidente pour Lafont au niveau des m&#233;canismes d'exploitation, du r&#244;le jou&#233; par l'appareil id&#233;ologique et culturel. Aux plans civique et politique, le centralisme de l'appareil d'&#201;tat r&#233;prime toute construction d'intention f&#233;d&#233;raliste. Cette similitude est au c&#339;ur du d&#233;bat occitaniste pendant ces vingt ann&#233;es, r&#233;currente dans les organisations politiques qui vont se succ&#233;der, du COEA &#224; &lt;i&gt;Vol&#232;m Viure Al Pa&#239;s&lt;/i&gt; (Nous voulons vivre au pays, &lt;i&gt;VVAP&lt;/i&gt;) en passant par &lt;i&gt;Lucha occitana&lt;/i&gt; (Lutte occitane, &lt;i&gt;L Oc.&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;bat a lieu parall&#232;lement dans l'IEO. Le fait d'outre-passer le domaine strictement culturel sera mis en avant par Isma&#235;l Girard et Castan, ce dernier consid&#233;rant que l'on transgressait la vocation initiale de l'Institut. En fait, Castan d&#233;fendit toute sa vie une orientation culturaliste : les questions de soci&#233;t&#233; et leur issue politique devaient revenir aux organisations syndicales et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occitanisme politique ne pouvait qu'&#234;tre en contradiction avec cette strat&#233;gie. Et Lafont par son travail de recherche et sa volont&#233; de trouver un d&#233;bouch&#233; politique condamna cette nouvelle forme d'enfermement culturaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car sur le terrain les luttes sociales d&#232;s 1962 s'acc&#233;l&#232;rent en liaison avec la politique gaulliste qui r&#233;pond &#224; la politique &#233;conomique de la CECA. Les mineurs de &lt;i&gt;La Sala&lt;/i&gt; entrent en r&#233;sistance, suivis par le monde viticole. Et ces r&#233;voltes vont rencontrer l'occitanit&#233; que met en avant le COEA. On retrouve une alliance r&#233;gionale interclassiste qui r&#233;unit 17 d&#233;partements du Sud-Ouest. c'est &#224; ce moment que Lafont th&#233;orise le concept de &lt;i&gt;colonialisme int&#233;rieur&lt;/i&gt; (que l'on va retrouver dans sa premi&#232;re synth&#232;se importante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert Lafont, La r&#233;volution r&#233;gionaliste, &#233;d. Gallimard, collections id&#233;es, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Et c'est dans ce contexte de d&#233;pendance &#233;conomique et de frustration culturelle que pendant pr&#232;s de vingt ans -les &#034;vingt glorieuses&#034;- l'occitanisme va essayer de trouver un chemin d'alliance avec le monde du travail. Dix ans apr&#232;s ce premier ouvrage, est publi&#233; son livre &lt;i&gt;Autonomie : de la r&#233;gion &#224; l'autogestion&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert Lafont, Autonomie ; de la r&#233;gion &#224; l'autogestion, &#233;d. Gallimard, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui affirme que &#034;&lt;i&gt;la propri&#233;t&#233; r&#233;gionale est un outil de d&#233;colonisation et un outil de construction du socialisme&lt;/i&gt;&#034;. La r&#233;gion et l' &#201;tat doivent &#034;entrer en dialogue&#034;. Lafont, en s'appuyant sur les luttes viticoles et celles des paysans du Larzac, confirme ses analyses.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_33 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;72&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L500xH280/lutte-occitane-9138f.png?1729834999' width='500' height='280' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Dessin de Nono, publi&#233; par Lutte Occitane, repris par F&#233;d&#233;choses, 1975
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous sommes entre Temps Deux et Trois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert Lafont, Les trois cibles du temps trois, paru dans Occitania, revue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et nous sommes dans la contradiction la plus grande.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier &#233;l&#233;ment de la contradiction : d'une part, une hostilit&#233; &#224; l'id&#233;e d'autonomie s'affirme dans les d&#233;clarations de responsables du Parti communiste (PCF) du Languedoc Roussillon. Maurice Verdier, responsable de cette f&#233;d&#233;ration du PCF refuse de distinguer l'id&#233;e d'autonomie r&#233;gionale et inter r&#233;gionale de celle d'ind&#233;pendance. Confusion totale ou refus de prendre en compte les cons&#233;quences politiques du concept ? Sans doute les deux. Mais cet amalgame s'explique aussi par la volont&#233; de Lafont de faire participer le mouvement occitan sur une base commune : une transformation de la R&#233;publique, &#224; la fois d&#233;centralisatrice et f&#233;d&#233;rale. Cet amalgame s'explique notamment, depuis la cr&#233;ation de &lt;i&gt;VVAP&lt;/i&gt; &#224; la suite de l'&#233;chec de la candidature de Lafont &#224; la pr&#233;sidentielle de 1974 ; ce mouvement a une certaine &#233;coute et participe &#224; la mobilisation des Comit&#233;s d'action viticoles en Languedoc. Le th&#233;oricien et l'homme politique se compl&#232;tent. Lafont continuera ce travail d'union avec ceux qui, en r&#233;gion, veulent arriver &#224; la cr&#233;ation d'un bloc historique. Ce sera le sens qu'il donnera au manifeste &lt;i&gt;Mon pais escorjat&lt;/i&gt; (Mon pays &#233;corch&#233;, 1979), ancrage symbolique qui veut lancer un pont entre l'id&#233;e occitane et les mouvements sociaux qui pr&#233;c&#232;dent 1981. Mais aussi une certaine id&#233;e de l'union de la gauche occitane, qui &#233;chouera dans le prolongement de l'&#233;chec de l' Union de la gauche au sommet entre les appareils politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me &#233;l&#233;ment de la contradiction, et d'autre part (apr&#232;s ces positions des ann&#233;es 1975/1976), sous la pouss&#233;e des luttes des viticulteurs et des mineurs- une prise de conscience se manifeste dans les luttes sociales, au point que l'id&#233;e r&#233;gionale est un moment une orientation strat&#233;gique du PCF et Du syndicat CGT en Languedoc ; l'id&#233;e de &#034;vivre et travailler&#034; au pays est reprise dans les manifestations et culmine lors du rassemblement de Montpellier du 10 mai 1980. Le projet de loi du PCF reprend les id&#233;es du livre &lt;i&gt;Autonomie&lt;/i&gt;. Parall&#232;lement aux deux ouvrages de Lafont consacr&#233;s &#224; cette id&#233;e qu'il faut &#034;changer la France&#034;, est publi&#233; le statut d'autonomie de &lt;i&gt;VVAP&lt;/i&gt; (octobre 1980) qui est un essai sur le statut juridico-politique d'une France repens&#233;e &#233;galement &#224; partir de ses r&#233;gions. Dans un cas comme dans l'autre, l'exercice a ses limites et l'arriv&#233;e de la gauche aux affaires donnera naissance &#224; la timide d&#233;centralisation de Gaston Defferre. Le contrat social de la R&#233;volution et celui de la F&#234;te de la F&#233;d&#233;ration sont vite oubli&#233;s. La d&#233;centralisation accouche d'une d&#233;concentration du pouvoir central et les nouvelles r&#233;gions vont vite se retrouver, &#224; c&#244;t&#233; des d&#233;partements toujours en place, avec des comp&#233;tences limit&#233;es et des budgets mis&#233;rables. Les &#034;Commissaires de la R&#233;publique&#034;, appellation vite oubli&#233;e, ne changent en rien le r&#244;le des pr&#233;fets qui ma&#238;trisent toujours les grands dossiers d'&#201;tat. La constitution de la V&#176; R&#233;publique demeure inchang&#233;e pour l'essentiel. La R&#233;publique n&#233;o-jacobine et n&#233;o-bonapartiste est sauv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;XXIe si&#232;cle : construire l'Occitanie et l'Europe des peuples et des r&#233;gions, r&#233;pondre &#224; l'urgence d'un &#034;pouvoir f&#233;d&#233;ral d&#233;mocratique mondial&#034;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous passons &#224; une autre &#233;tape du &lt;strong&gt;Temps Trois&lt;/strong&gt;. l'id&#233;e et le travail que nous allons mettre en place au &lt;i&gt;POC&lt;/i&gt; -dans les ann&#233;es 1990- et ensuite avec Lafont jusqu'&#224; la fin de sa vie, prend appui sur ce constat que l'id&#233;e occitane est une construction patiente qui ne peut ignorer la construction europ&#233;enne. l'une ne va pas sans l'autre. Et pourtant cette Europe qui se met en place est &#224; l'oppos&#233; de l'espoir europ&#233;en d'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un texte r&#233;pond globalement &#224; cette construction&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif, Propositions pour un programme occitan, du 1er janvier 2006.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il est comme le dernier texte fondateur de cette pens&#233;e qui avance &#224; contre-courant des mod&#232;les politiques actuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la sortie du dernier conflit mondial, puis l'&#233;croulement du socialisme &#233;tatiste sovi&#233;tique, laissaient entrevoir une autre politique mondiale et europ&#233;enne, la domination d'un n&#233;o-capitalisme sous le bouclier de la super-puissance des &#201;tats-Unis s'est impos&#233;e comme mod&#232;le unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lui, l'id&#233;e d'une Europe nouvelle, f&#233;d&#233;rale, qui prend appui sur le Congr&#232;s de la Haye, 1948, est vite remplac&#233;e &#034;par une entente institutionnelle inter-&#233;tatique&#034;. Avec ses handicaps majeurs qu'est alors l'ouverture brutale &#224; 25 &#201;tats ou gouvernements r&#233;gis par le principe de souverainisme, sur la base d'un march&#233; qui n'est pas r&#233;gul&#233;, mais soumis aux d&#233;r&#233;gulations de la financiarisation comme &#224; toutes ses cons&#233;quences sociales. Avec une &#034;politique de guichet&#034; qui se renforce dans les diff&#233;rentes crises que traverse la globalisation &#233;conomique et leurs cons&#233;quences sur les territoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette Europe n'a pas chang&#233; les classes politiques et leurs relais, &#224; droite comme &#224; gauche ; et celles-ci se maintiennent dans l'alternance ou la cohabitation. Elles sont marqu&#233;es par leur incomp&#233;tence et la corruption aux d&#233;pens des besoins de leurs pays. Dans cette Europe Lafont voit, de fa&#231;on pr&#233;monitoire, un p&#233;ril qui ne pourrait &#034;&lt;i&gt;&#233;chapper &#224; moyen terme &#224; une s&#233;rie de crises entra&#238;nant les soci&#233;t&#233;s dans le d&#233;mant&#232;lement et la d&#233;cadence &lt;/i&gt; &#187;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment prendre en compte cette analyse justifi&#233;e et comment y r&#233;pondre ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Telles sont les questions que nous nous posions avec Lafont dans nos &#233;changes r&#233;guliers puisqu'il nous avait rejoints au d&#233;but des ann&#233;es 2000. On peut se r&#233;f&#233;rer &#224; la r&#233;ponse que nous avions faite aux &#034;&lt;i&gt;Propositions pour un programme du 1er janvier 2006&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous partions d'une critique du trait&#233; dont nous refusions la partie &#233;conomique et les cons&#233;quences sociales. l'entr&#233;e r&#233;serv&#233;e aux Droits fondamentaux nous paraissait une ouverture face &#224; la logique des &#201;tats. Mais le Trait&#233; constitutionnel qui cherchait un &#233;quilibre entre un discours d&#233;mocratique et l'ouverture des march&#233;s restait profond&#233;ment n&#233;o-lib&#233;ral. Il sanctionnait en fait l'Europe lib&#233;rale. Et comme vous le savez, il fut avalis&#233; plus tard par voie parlementaire et ne changeait rien fondamentalement aux transformations sociales et socio-culturelles que nous esp&#233;rions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous tomb&#226;mes d'accord pour renforcer une dynamique qui puisse, sur la base de nos propositions dans le cadre inter-r&#233;gional, faire appara&#238;tre un p&#244;le de regroupement occitan et plus largement f&#233;d&#233;ral. Et donc renforcer le combat id&#233;ologique et politique contre la logique des &#201;tats-nations. Lafont exprime tr&#232;s clairement cette strat&#233;gie dans le Document&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les trois cibles du Temps Trois.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;c'est une pouss&#233;e d'espoir qu'il vous faut assumer (&#8230;) &#201;mergence d'un nouvel &#201;tat-nation ? Il n'y a pas de projet aussi anachronique et pour les gens aussi repoussant : cela pue &#224; des si&#232;cles d'oppression et de guerre. La vision d'avenir qui se pr&#233;pare, &#233;crit-il, est autre : c'est une Europe f&#233;d&#233;raliste d'espaces dynamiques, encore plus que de r&#233;gions. (&#8230;) Mon songe est un espace occitan-catalan, membre fondateur d'une f&#233;d&#233;ration d&#233;mocratique europ&#233;enne. Ce n'est pas demain la veille, probablement, mais j'essaie de songer juste et assez &#233;veill&#233;. l'obstacle c'est l'&#201;tat-nation.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut le sens du Congr&#232;s occitano-catalan qu'il initia, essayant de rassembler d&#233;cideurs et responsables politiques des deux c&#244;t&#233;s des Pyr&#233;n&#233;es. l'&#233;cho en fut r&#233;duit au Nord et r&#233;v&#233;lateur de l'&#233;tat de conscience de ces m&#234;mes d&#233;cideurs, tout tourn&#233;s vers des logiques de guichet en direction de l'&#201;tat. Le d&#233;calage entre les autonomies d'Espagne, d'Europe et la situation d'un hexagone immuable, fig&#233; dans une caricature de r&#233;gionalisation, est alors immense. Dans un monde qui change rapidement, la r&#233;ponse politique fran&#231;aise demeure archa&#239;que, donc inop&#233;rante aux plans social, &#233;conomique et politique. Les d&#233;coupages territoriaux arbitraires impos&#233;s par l'&#201;tat doivent laisser place &#224; d'autres logiques relationnelles. Celles-ci permettront de retrouver un destin &#224; la fois tourn&#233; vers la M&#233;diterran&#233;e et une articulation entre les Europes du Nord et du Sud. Mais &#233;galement de repenser une gestion d&#233;mocratique des espaces relationnels, &#233;conomiques, culturels des territoires selon le principe de subsidiarit&#233;. &lt;strong&gt;Oc ciutadans-&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Oc&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;citoyens&lt;/strong&gt; fut une de ces associations que Lafont et nous-m&#234;mes avions cr&#233;&#233;es (1999) pour ouvrir le d&#233;bat sur ces &#034;&lt;i&gt;subsidiarit&#233;s reconnues, du pays de base &#224; la r&#233;gion et aux inter-r&#233;gions de diverses &#233;chelles, et sur une v&#233;ritable d&#233;mocratie institutionnelle, dans un cadre g&#233;ographique repens&#233;&lt;/i&gt;.&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Propositions pour un programme occitan du 1er janvier 2006.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Programme Oc du 1er janvier 2006&lt;/strong&gt;. Nous avions relanc&#233; ce d&#233;bat lors de la &lt;strong&gt;Convention occitane&lt;/strong&gt; de 2002 &#224; B&#233;ziers.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et ce retour au local ne pouvait s'entendre que dans le global&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations panoccitanes, les rassemblements autour des luttes de terrain ne pouvaient &#224; leur tour se comprendre que dans une perspective de l'enjeu Monde. La r&#233;f&#233;rence au combat des paysans en m&#233;moire, &lt;strong&gt;le droit au pays&lt;/strong&gt; fut proclam&#233; (&lt;i&gt;Gardarem lo Larzac !&lt;/i&gt;), et la rencontre qu'y firent plusieurs couches populaires, annon&#231;aient Seattle. Lafont s'y engagea en 2003, il &#233;crivit son manifeste &lt;i&gt;Gardarem la T&#232;rra&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous garderons la Terre. Ce texte paru &#224; l'&#233;poque &#233;galement dans F&#233;d&#233;choses&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il rappelait que &#034;&lt;strong&gt;les instances de la vie mondiale&lt;/strong&gt;&#034; passaient par les cellules de base et les diff&#233;rents niveaux de compl&#233;mentarit&#233; territoriale d&#233;mocratiquement g&#233;r&#233;s ( pays, r&#233;gion, Europe, Monde) &#171; contre l'&#233;tatique. Il y revendiquait l'aboutissement de &#034;l'autonomie universelle&#034; et la recherche d'une autorit&#233; du &#034;&lt;strong&gt;Peuple de la Terre&lt;/strong&gt;&#034; seule capable de r&#233;guler le jeu capitaliste, et son exploitation sauvage. Loin d'en faire un appel utopique sans suite, Lafont pariait sur un changement d'&#232;re pour les soci&#233;t&#233;s humaines reposant avant tout sur une capacit&#233;, &#171; &lt;i&gt;dans l'avance et le combat &lt;/i&gt; &#187;, pour trouver les formes d'organisation n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R. Lafont dans les ann&#233;es 1970 avait donn&#233; forme &#224; ce qu'il faut bien appeler &#034;&lt;i&gt;l'occitanisme global &lt;/i&gt; &#187;. Celui-ci se prolongeait dans un alter-mondialisme r&#233;aliste, bien ancr&#233; dans les terres occitanes : le &lt;strong&gt;Temps Trois&lt;/strong&gt; &#233;tait bien &#224; pr&#233;sent celui d'un XXI&#176; si&#232;cle en qu&#234;te d'un &lt;i&gt;syst&#232;me f&#233;d&#233;ral d&#233;mocratique mondial.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions en accord avec lui pour dire que tout syst&#232;me f&#233;d&#233;ral global ne peut se concevoir sans la mise en place d'un &lt;i&gt;f&#233;d&#233;ralisme diff&#233;renci&#233;&lt;/i&gt;. Et donc des autonomies adapt&#233;es &#224; chaque territoire. Nous aurions aim&#233; construire avec lui ces r&#233;ponses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, &#224; la suite de ce compagnonnage qui se construisit dans la r&#233;flexion critique et l'action, pour ne pas conclure sur cette aventure intellectuelle et militante, et puisqu'il doit y avoir une suite au cours de l'histoire, essayons tous de lui donner collectivement corps et sens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;G&#233;rard Tautil&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auteur de &lt;cite&gt;Robert Lafont et l'occitanisme politique&lt;/cite&gt; co-publi&#233; par Presse F&#233;d&#233;raliste et F&#233;d&#233;rop - 2011. Professeur de philosophie. La Seyne-sur-mer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le jugement de Lafont sur Fontan est sans appel : &lt;q&gt;Ce th&#233;oricien soucieux d'une grande abstraction, doctrinaire au tranchant de couteau, venait de nous arriver apr&#232;s une course compliqu&#233;e de droite &#224; gauche, tout d&#233;pourvu de langue et de culture occitanes. Il proposait son pannationalisme ethniste. De la marge sociale o&#249; il vivait, il &#233;tait le premier en date &#224; donner &#224; l'occitanisme le but public de l'ind&#233;pendance nationale. Comment ? La th&#233;orie des moyens &#233;tait remplac&#233;e par la confiance dans une logique id&#233;ale d'&#233;volution. l'ind&#233;pendance mondiale des nations ethniques devait assurer la paix universelle.&lt;/q&gt; Et d'ajouter : &lt;q&gt;Fontan gagna une pinc&#233;e de partisans occitans et avec l'aide de Girard, il faut le dire, fit &#233;clater lors d'une assembl&#233;e de l'IEO la bombe id&#233;ologique(&#8230;).La th&#233;orie &#233;pousait &#224; la vol&#233;e le r&#234;ve imp&#233;nitent cach&#233;. l'IEO aveugl&#233; sombrait dans le marais du F&#233;librige.&lt;/q&gt; (&lt;i&gt;idem&lt;/i&gt;, p.167.).&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;q&gt;Il est l'expression la plus commode que nous ayons trouv&#233;e &#224; la r&#233;flexion pour d&#233;finir un certain nombre de processus &#233;conomiques dont le sous-d&#233;veloppement r&#233;gional est l'enveloppe perceptible. (&#8230;) l'adjectif int&#233;rieur souligne que les processus en question diversifient en colonisateurs et colonis&#233;s une masse humaine qui a les m&#234;mes droits civiques.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert Lafont, &lt;i&gt;La r&#233;volution r&#233;gionaliste&lt;/i&gt;, &#233;d. Gallimard, collections id&#233;es, Paris,1967, pp. 250&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert Lafont, &lt;i&gt;Autonomie ; de la r&#233;gion &#224; l'autogestion&lt;/i&gt;, &#233;d. Gallimard, collection id&#233;es, Paris, 1976&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert Lafont, &lt;i&gt;Les trois cibles du temps trois&lt;/i&gt;, paru dans &lt;i&gt;Occitania&lt;/i&gt;, revue du &lt;i&gt;POC&lt;/i&gt;, n&#176; 149 et n&#176; 150, publi&#233;s de septembre &#224; d&#233;cembre 2006, est repris dans G&#233;rard Tautil, &lt;i&gt;Robert Lafont&#8230;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, annexe 5, pp. 155-190. Traduction de l'occitan par G. Tautil.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Collectif, &lt;i&gt;Propositions pour un programme occitan&lt;/i&gt;, du 1er janvier 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;cite&gt;Propositions pour un programme occitan&lt;/cite&gt; du 1er janvier 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Nous garderons la Terre.&lt;/i&gt; Ce texte paru &#224; l'&#233;poque &#233;galement dans &lt;i&gt;F&#233;d&#233;choses&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sur la notion de colonialisme int&#233;rieur et la France</title>
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		<dc:date>2013-08-30T11:57:00Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Texte extrait de Robert Lafont, La R&#233;volution r&#233;gionaliste, &#233;d. Gallimard, Paris, 1967, chap. III, Le colonialisme int&#233;rieur, pp. 140-142 et 181-183 &lt;br class='autobr' /&gt; Plusieurs fois la comparaison des r&#233;gions sous-d&#233;velopp&#233;es avec des r&#233;gions colonis&#233;es s'est impos&#233;e &#224; nous. Un homme aussi peu suspect d'anti-colonialisme doctrinaire, aussi peu touch&#233; de nationalisme provincial que M. Ren&#233; Pleven, dans son Avenir de la Bretagne, ose le mot. Ce mot est apparu dans une partie de la presse fran&#231;aise, &#224; propos (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-160-Juin-2013-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 160 &#8212; Juin 2013&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Texte extrait de Robert Lafont, &lt;cite&gt;La R&#233;volution r&#233;gionaliste&lt;/cite&gt;, &#233;d. Gallimard, Paris, 1967, chap. III, &lt;cite&gt;Le colonialisme int&#233;rieur&lt;/cite&gt;, pp. 140-142 et 181-183&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Plusieurs fois la comparaison des r&#233;gions sous-d&#233;velopp&#233;es avec des r&#233;gions colonis&#233;es s'est impos&#233;e &#224; nous. Un homme aussi peu suspect d'anti-colonialisme doctrinaire, aussi peu touch&#233; de nationalisme provincial que M. Ren&#233; Pleven, dans son &lt;i&gt;Avenir de la Bretagne&lt;/i&gt;, ose le mot. Ce mot est apparu dans une partie de la presse fran&#231;aise, &#224; propos des &#233;v&#233;nements de Decazeville et des vell&#233;it&#233;s d'organisation de la d&#233;fense r&#233;gionale qui s'ensuivirent. Il n'en est pas pourtant qui choque davantage le pr&#233;jug&#233; fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour nous, cette expression, non pas de &lt;i&gt;colonialisme&lt;/i&gt; tout court, mais de &lt;i&gt;colonialisme&lt;/i&gt; &lt;i&gt;int&#233;rieur&lt;/i&gt; n'est ni une banni&#232;re facile de r&#233;volte, ni un moyen d'attirer l'attention par le scandale. Il est l'expression la plus commode que nous ayons trouv&#233;e &#224; la r&#233;flexion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le mot fut employ&#233; par un certain nombre d'animateurs et d'&#233;crivains (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour d&#233;finir un certain nombre de processus &#233;conomiques dont le sous-d&#233;veloppement r&#233;gional est l'enveloppe perceptible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On fera bien &#224; cet &#233;gard, de ne pas oublier l'adjectif &lt;i&gt;int&#233;rieur&lt;/i&gt; ; il souligne que les processus en question diversifient en colonisateurs et colonis&#233;s une masse humaine qui a les m&#234;mes droits civiques. Le r&#233;gional fran&#231;ais colonis&#233; n'est pas un Alg&#233;rien du temps de la colonisation fran&#231;aise. Les faits de conqu&#234;te qui l'ont fait fran&#231;ais sont si anciens qu'ils n'ont plus de vigueur publique. D'autre part la r&#233;fection progressive de la nation fran&#231;aise, le contrat national de 1789 abolissent th&#233;oriquement les cons&#233;quences n&#233;gatives de la conqu&#234;te. Si donc le citoyen r&#233;gional proteste contre une injustice qui lui est impos&#233;e, il le fait en tant que national fran&#231;ais, soulignant ainsi que le contrat a &#233;t&#233; mal entendu, est devenu un outil d'oppression, alors qu'il devait &#234;tre outil d'&#233;mancipation. Allons plus loin : le r&#233;gional ne proteste que rarement et sous la pes&#233;e de faits ; participant &#224; l'id&#233;ologie centraliste qui lui a &#233;t&#233; inculqu&#233;e, il n'est qu'une conscience ali&#233;n&#233;e ; par suite il sera lui-m&#234;me sollicit&#233; de contribuer aux ph&#233;nom&#232;nes de d&#233;t&#233;rioration de la vie r&#233;gionale. Le colonialisme int&#233;rieur tourne in&#233;luctablement &#224; l'auto-colonisation. C'est l&#224; son aspect le plus grave, le plus d&#233;vastateur. Nous avons en ce sens signal&#233; la &#034;trahison&#034; qui est le fait de la bourgeoisie r&#233;gionale languedocienne, et un peu des industriels bretons. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale les circuits &#233;conomiques nationaux et internationaux restent ouverts aux forces r&#233;gionales qui ainsi entrent dans la collaboration organique avec les forces qui d&#233;truisent la r&#233;gion&#8230; De m&#234;me l'&#201;tat centralis&#233; fournit, &#224; condition que l'on admette les d&#233;placements et le malaxage des populations &#224; l'int&#233;rieur de l'hexagone, un exutoire aux probl&#232;mes sociaux des r&#233;gions sous-d&#233;velopp&#233;es : fonctionnariat d'&#201;tat, industries de zones favoris&#233;es, d&#233;bouch&#233;s outre-mer, puissance d'absorption humaine de l'ensemble parisien. Comme les r&#233;gions les moins d&#233;velopp&#233;es sont celles qui ont le plus recours &#224; cet exutoire, elles fabriquent en m&#234;me temps qu'elles s'appauvrissent les populations les plus ali&#233;n&#233;es. Elles s&#233;cr&#232;tent les moyens m&#234;mes de la destruction d'un esprit r&#233;gional. Ce n'est pas sans raison que le corps des fonctionnaires fran&#231;ais comprend tant de Corses et d'Occitans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;personnalisation r&#233;gionale explique qu'il ait &#233;t&#233; jusqu'&#224; ce jour si difficile de prononcer les mots de colonialisme int&#233;rieur sans susciter l'effroi ou l'incr&#233;dulit&#233;. La collaboration avec la puissance colonisatrice, qui est dans le cas des colonies ext&#233;rieures le fait d'une petite population sur qui p&#232;se l'opprobre, et qui en g&#233;n&#233;ral a la pleine conscience de sa trahison, est un fait normal, institutionnel, quand on parle de l'int&#233;rieur du Territoire. Ce qui est devenu anormal, dans les perspectives de l'&#201;tat centralis&#233; autoritaire, c'est la d&#233;fense des structures r&#233;gionales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Tout se tient dans l'histoire du pays. La R&#233;publique de type gaulliste n'est que le perfectionnement de l'autoritarisme inclus dans la tradition centraliste. Le pouvoir actuellement avou&#233; du grand capitalisme dans l'&#201;tat n'est que le couronnement de la vieille domestication de l'&#201;tat bourgeois par les trusts. L'&#233;crasement en cours des structures r&#233;gionales subsistantes par l'envahissement colonisateur, qu'il soit national fran&#231;ais, ou &#233;tranger, n'est que l'aboutissement logique du sous-d&#233;veloppement entretenu par la forme de l'&#201;tat et le r&#233;gime du grand capital, ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les m&#234;mes subterfuges se r&#233;pondent en &#233;cho. La d&#233;centralisation promise n'est qu'une d&#233;concentration, c'est-&#224;-dire un renforcement du pouvoir central. L'am&#233;nagement du Territoire consiste &#224; cr&#233;er des structures &#233;conomiques r&#233;gionales qui assurent un plus parfait pouvoir des trusts. Dans ces deux domaines compl&#233;mentaires de la vie nationale, le langage est &#233;galement prostitu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne croyons donc pas que le colonialisme int&#233;rieur puisse &#234;tre arr&#234;t&#233; par un quelconque r&#233;formisme de fa&#231;ade. Nous croyons &#224; la r&#233;alit&#233; d'un n&#233;o-colonialisme qui apprend &#224; cohabiter en Afrique et en Asie avec l'ind&#233;pendance nationale, et qui s'enveloppe en Europe de plans de d&#233;veloppement r&#233;gionaux. Les bonnes intentions qu'il man&#339;uvre ne sont que des outils pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces bonnes intentions existent, la duperie est g&#233;n&#233;rale, c'est pourquoi la lutte pour la r&#233;gion v&#233;ritablement d&#233;mocratique ne peut &#234;tre que dure et fort longue. Ce n'est pas seulement le gaullisme qu'il faut critiquer. Ce sont de vieilles habitudes fran&#231;aises qu'il faut combattre. Nous sommes persuad&#233;s que l'on peut convaincre de la r&#233;alit&#233; du colonialisme int&#233;rieur un certain nombre d'esprits, dans la double mesure o&#249; les faits deviennent plus &#233;vidents et o&#249; la pens&#233;e nationale cherche &#224; se red&#233;finir dans l'opposition au R&#233;gime. Mais les masses ne bougeront que lorsque l'oppression sera devenue intol&#233;rable, c'est-&#224;-dire lorsque les crises s'&#233;largiront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ne peuvent manquer de s'&#233;largir. Les transformations &#233;conomiques en cours apparaissent gigantesques. Leurs effets lointains le sont aussi. La prol&#233;tarisation des r&#233;gions sous-d&#233;velopp&#233;es, l'expropriation agraire s'aggravent sous nos yeux. Les bourgeoisies encore r&#233;gionales, ou qui le sont devenues, vont avoir &#224; livrer des batailles qu'elles ne sont pas arm&#233;es pour gagner. Les masses populaires ne pourront &#233;ternellement trouver dans l'accueil de secteurs sociaux parasitaires une solution &#224; leur malaise. Apr&#232;s Decazeville, Nantes, demain Al&#232;s, Marseille, parleront un langage neuf que la Bretagne essaie pour son compte. Des retardements peuvent se produire. En certains lieux l'implantation artificielle d'usines peut voiler le probl&#232;me, cr&#233;er des emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sur la r&#233;alit&#233; de ce ph&#233;nom&#232;ne, sur sa logique, nous n'avons aucun doute. La France est une nation r&#233;volutionnaire ali&#233;n&#233;e. Elle ne peut retrouver son visage authentique qu'en combattant les forces qui corrompent en elle le contrat national, c'est-&#224;-dire en se d&#233;colonisant. La r&#233;volution sociale est possible en France, elle correspond m&#234;me au g&#233;nie fran&#231;ais le plus authentique. Mais il faut pour cela d&#233;terminer le grand point de rupture dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise actuelle : les probl&#232;mes &#233;conomiques r&#233;gionaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le mot fut employ&#233; par un certain nombre d'animateurs et d'&#233;crivains occitanistes dans un manifeste &#224; propos de Decazeville, 1962. Il est revenu r&#233;guli&#232;rement, assorti d'analyses, dans les publications du Comit&#233; occitan d'Etudes et d'Action. La grande presse vient de lui faire un sort. Une d&#233;finition coh&#233;rente de la colonisation du territoire fran&#231;ais est &#224; lire dans le n&#176; 38-39 du &lt;cite&gt;Courrier de la R&#233;publique&lt;/cite&gt; et dans l'introduction de la brochure &lt;cite&gt;D&#233;coloniser la province&lt;/cite&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Le temps est venu d'un statut des langues et cultures de France</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/statut-langues-et-cultures-de-France</link>
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		<dc:date>2013-08-30T10:52:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Giordan</dc:creator>



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&lt;p&gt;La crise &#233;conomique que nous vivons ne doit pas &#234;tre un pr&#233;texte pour ne pas intervenir &#233;nergiquement dans le domaine de la culture. Tout au contraire : c'est dans l'adversit&#233; qu'il faut mobiliser l'imagination. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette crise a un effet positif : elle a montr&#233; avec violence qu'une solidarit&#233; europ&#233;enne minimale est indispensable. La France et l'Allemagne ne sont pas en mesure d'affronter seules les d&#233;fis de la finance mondiale. Une solution f&#233;d&#233;rale s'impose et plus t&#244;t on y parviendra, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-160-Juin-2013-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 160 &#8212; Juin 2013&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise &#233;conomique que nous vivons ne doit pas &#234;tre un pr&#233;texte pour ne pas intervenir &#233;nergiquement dans le domaine de la culture. Tout au contraire : c'est dans l'adversit&#233; qu'il faut mobiliser l'imagination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise a un effet positif : elle a montr&#233; avec violence qu'une solidarit&#233; europ&#233;enne minimale est indispensable. La France et l'Allemagne ne sont pas en mesure d'affronter seules les d&#233;fis de la finance mondiale. Une solution f&#233;d&#233;rale s'impose et plus t&#244;t on y parviendra, mieux ce sera !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet avenir dessine une Europe multiculturelle, fond&#233;e sur un projet de soci&#233;t&#233; audacieux. Dans une &#233;poque de r&#233;gressions induites par la crise, de retour des nationalismes, de racisme, de x&#233;nophobie, il est tentant, pour les politiques, de surfer sur un populisme renforc&#233;. On le constate &#224; droite. On le constate, h&#233;las, aussi &#224; gauche. En France, en Italie, en Gr&#232;ce&#8230; L'avenir n'est pas dans cette direction. Nous ne b&#226;tirons une Europe forte qu'en recr&#233;ant un espace &#233;conomique, mais aussi culturel et soci&#233;tal qui fondera une Europe souveraine. Un tel projet cr&#233;era une soci&#233;t&#233; capable de vivre avec ses diff&#233;rentes communaut&#233;s, nationales certes mais aussi r&#233;gionales, ethniques, linguistiques, religieuses. L'Europe de demain sera fond&#233;e sur une autorit&#233; publique supranationale et une soci&#233;t&#233; multilingue, multiculturelle et multiethnique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment la France se pr&#233;pare-t-elle &#224; cette mutation ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le chemin &#224; parcourir, pour notre pays, est rude : h&#233;ritiers de deux si&#232;cles de jacobinisme centralisateur, les responsables politiques fran&#231;ais ont facilement tendance &#224; se r&#233;fugier dans le mythe d'une France incr&#233;&#233;e qui est, par nature, incapable de se gouverner hors du carcan d'un centralisme d'un autre &#226;ge&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question qui engage aujourd'hui notre destin est simple : les responsables politiques au pouvoir sauront-ils pr&#233;parer notre pays au d&#233;fi europ&#233;en que je viens de pointer ? Plus prosa&#239;quement, sauront-ils oublier les recettes du petit monde de la &#171; haute &#187; administration pour &#233;couter ce que recommandent les experts les plus comp&#233;tents et que des forces vives s'efforcent de concevoir un peu partout dans le pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions se posent dans l'ensemble des secteurs de la vie sociale et &#233;conomique de notre pays. Je me limiterai ici &#224; deux exemples : la politique concernant les langues r&#233;gionales ou minoritaires et ce que l'on a appel&#233; &#171; l'acte III de la d&#233;centralisation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 56&#176; engagement de campagne du Pr&#233;sident Fran&#231;ois Hollande est de ratifier la &lt;i&gt;Charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales ou minoritaires&lt;/i&gt; que la France a sign&#233;e le 7 mai 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ratifier la &lt;i&gt;Charte ?&lt;/i&gt; Ce serait tout &#224; fait n&#233;cessaire pour un minimum de coh&#233;rence europ&#233;enne. Mais nous sommes en droit de nous interroger sur la possibilit&#233; d'obtenir une majorit&#233; pour faire voter la r&#233;vision constitutionnelle indispensable. M. Jean-Jacques Urvoas, pr&#233;sident de la Commission des lois de l'Assembl&#233;e nationale, a organis&#233; r&#233;cemment une consultation de sp&#233;cialistes de droit constitutionnel et publi&#233; un excellent &lt;i&gt;Rapport d'information sur les implications constitutionnelles d'une ratification par la France de la Charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales ou minoritaires&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut le f&#233;liciter de ces initiatives. Le Parlement est, d&#232;s &#224; pr&#233;sent, bien pr&#233;par&#233; &#224; l'examen de ce difficile probl&#232;me. Mais cela n'emp&#234;chera pas que la ratification de la &lt;i&gt;Charte&lt;/i&gt; ou m&#234;me une simple loi, trouveront sur leur chemin les d&#233;cisions du Conseil constitutionnel qui bloquent toute innovation dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dispositions que de nombreux pays d'Europe, nos partenaires imm&#233;diats, ont prises depuis longtemps se heurtent en France &#224; des obstacles insurmontables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est saisi d'effroi devant ces d&#233;bats d'un autre &#226;ge qui font all&#232;grement liti&#232;re de toute r&#233;alit&#233; contemporaine&#8230; Et on ne voit nulle part une volont&#233; politique r&#233;ellement novatrice enfin capable d'en finir avec ces archa&#239;smes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une question de vision &#224; long terme. Les engagements du Pr&#233;sident comme les r&#233;flexions des parlementaires n'abordent jamais la question des langues non territoriales, de la place de l'amazight, de l'arabe dialectal, du yiddish, du rromani, de l'arm&#233;nien, etc. Ces engagements et ces r&#233;flexions ne nous placent pas sur le chemin d'une soci&#233;t&#233; fran&#231;aise engag&#233;e dans la construction d'une Europe multilingue, multiculturelle et multiethnique ! Nous en sommes loin !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une question de gestion politique du probl&#232;me. Il serait tout &#224; fait possible, sans attendre, que des moyens soient mis en oeuvre pour garantir l'enseignement des langues r&#233;gionales, et pour soutenir les nombreux projets de cr&#233;ation dans tous les champs de l'expression artistique, ainsi que les manifestations culturelles des diff&#233;rentes communaut&#233;s linguistiques de notre pays. Aucune mesure ne figure au budget du Minist&#232;re de l'Education nationale ou de celui de la Culture pour l'exercice 2013 ! Qu'attend le Pr&#233;sident ? Que toutes les associations qui oeuvrent dans ce domaine disparaissent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; craindre, en r&#233;alit&#233;, que les promesses de la campagne &#233;lectorale ne soient que vaines paroles. Deux exemples suffiront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&lt;i&gt;Avant-projet de loi de d&#233;centralisation et de r&#233;forme de l'action publique&lt;/i&gt;, publi&#233; par le Minist&#232;re de la R&#233;forme de l'&#201;tat et de la d&#233;centralisation, a de quoi nous alarmer. Ce texte se borne &#224; pr&#233;voir : &lt;q&gt;Le conseil r&#233;gional peut adopter un plan de d&#233;veloppement des langues et cultures r&#233;gionales&lt;/q&gt;. Mais cela est d&#233;j&#224; possible ! Il est clair que les R&#233;gions n'auront pas la possibilit&#233; d'adopter des l&#233;gislations particuli&#232;res pour organiser le d&#233;veloppement des diff&#233;rentes langues au niveau territorial&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple : il ne n'&#233;chappe pas au Ministre de l'&#201;ducation nationale que &lt;q&gt;les r&#233;sultats des &#233;l&#232;ves fran&#231;ais en langues vivantes sont particuli&#232;rement alarmants. Les enqu&#234;tes internationales montrent [&#8230;] qu'ils arrivent en derni&#232;re position de l'ensemble des &#233;l&#232;ves europ&#233;ens &#233;valu&#233;s pour la ma&#238;trise de ces comp&#233;tences&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on cherche en vain dans le r&#233;cent &lt;i&gt;Projet de loi d'orientation et de programmation pour la refondation de l'&#233;cole de la R&#233;publique&lt;/i&gt; la moindre allusion &#224; l'enseignement des langues r&#233;gionales ! Et les acquis des m&#233;thodes novatrices des &#233;coles basques, bretonnes, occitanes, etc. sont, il fallait s'y attendre, ignor&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a trente ans, Fran&#231;ois Mitterrand, estimait que &#171; le temps est venu d'un statut des langues et cultures de France qui leur reconnaisse une existence r&#233;elle. Le temps est venu de leur ouvrir grandes les portes de l'&#233;cole, de la radio et de la t&#233;l&#233;vision permettant leur diffusion, de leur accorder toute la place qu'elles m&#233;ritent dans la vie publique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1997, Lionel Jospin, alors Premier ministre, avait &#233;voqu&#233; &lt;q&gt;la troisi&#232;me dimension &#224; laquelle aucun Europ&#233;en ne saurait rester insensible : la dimension linguistique et culturelle. [&#8230;] Plus que jamais, en cette fin du XXe si&#232;cle [&#8230;], l'Europe a besoin d'affirmer son identit&#233; qui est faite de la diversit&#233; de son patrimoine linguistique et culturel&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2012, Fran&#231;ois Hollande a comment&#233; son engagement de faire ratifier la &lt;i&gt;Charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales ou minoritaires&lt;/i&gt; par ces mots : &lt;q&gt;La R&#233;publique indivisible, c'est celle qui est fi&#232;re de sa langue : la langue fran&#231;aise. Belle langue ! Langue de la diversit&#233;, langue de l'exception, langue de la culture. Langue qui s'offre aux autres. Et parce que nous ne craignons rien pour la langue fran&#231;aise, nous ratifierons aussi la &lt;i&gt;Charte des langues r&#233;gionales&lt;/i&gt; &#8211; parce que c'est aussi une demande qui nous est faite et qui est l&#233;gitime&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Belle fa&#231;on de s'engager ! Le Pr&#233;sident Hollande ne fera pas ratifier la &lt;i&gt;Charte&lt;/i&gt; pour ouvrir grandes les portes &#224; la diversit&#233; linguistique dans notre pays. Il s'y r&#233;soudra, s'il le peut, simplement pour satisfaire les souhaits de quelques &#233;lecteurs, la chose &#233;tant de peu de cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors m&#234;me qu'il est prouv&#233; que le bilinguisme est un outil majeur de d&#233;veloppement &#233;conomique, notre pays reste paralys&#233; par d'incroyables archa&#239;smes de la pens&#233;e. Il ne parvient pas &#224; &#233;pouser les priorit&#233;s de notre &#233;poque, priorit&#233;s europ&#233;ennes, priorit&#233;s r&#233;gionales, indispensable invention d'une nouvelle soci&#233;t&#233; multiculturelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Henri Giordan&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Directeur de recherche honoraire au CNRS. Auteur du premier rapport officiel sur les langues r&#233;gionales, &lt;i&gt;D&#233;mocratie culturelle et droit &#224; la diff&#233;rence : rapport pr&#233;sent&#233; &#224; Jack Lang, Ministre de la Culture&lt;/i&gt;. Paris, &#233;d. La Documentation fran&#231;aise, 1982&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Europe vol&#233;e !</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Europe-volee</link>
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		<dc:date>2013-08-29T15:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Paraton</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'Europe que voulaient Jean Monnet et ses amis, ainsi que Konrad Adenauer et Charles De Gaulle, nous a &#233;t&#233; vol&#233;e ! &lt;br class='autobr' /&gt; Cette Europe fraternelle o&#249; l'entraide entre les hommes et les pays devait mettre fin &#224; la haine et au d&#233;sir de vengeance entre les diverses nations europ&#233;ennes est en train de dispara&#238;tre sous nos yeux et nous ne le voyons pas ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque les six pays fondateurs ont sign&#233; le(s) Trait&#233;(s) de Rome en 1957, leur objectif &#233;tait clair : gr&#226;ce &#224; la mise en commun de nos moyens et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-160-Juin-2013-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 160 &#8212; Juin 2013&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Europe que voulaient Jean Monnet et ses amis, ainsi que Konrad Adenauer et Charles De Gaulle, nous a &#233;t&#233; vol&#233;e !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette Europe fraternelle o&#249; l'entraide entre les hommes et les pays devait mettre fin &#224; la haine et au d&#233;sir de vengeance entre les diverses nations europ&#233;ennes est en train de dispara&#238;tre sous nos yeux et nous ne le voyons pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les six pays fondateurs ont sign&#233; le(s) Trait&#233;(s) de Rome en 1957, leur objectif &#233;tait clair : gr&#226;ce &#224; la mise en commun de nos moyens et &#224; une volont&#233; politique sans &#233;quivoque, nous allions &#233;lever le niveau de vie de &lt;strong&gt;tous les citoyens&lt;/strong&gt; des pays membres et aider au d&#233;veloppement des autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela devait nous mettre &#224; l'abri des ressentiments que tel ou tel pays pouvait avoir &#224; l'&#233;gard de tel autre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tout cela est en train de partir en fum&#233;e. Pourquoi ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Parce que les objectifs et les moyens du Trait&#233; initial ont &#233;t&#233;, petit &#224; petit, d&#233;tourn&#233;s au fur et &#224; mesure de l'&#233;largissement de ce qui est devenu l'UE :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'entr&#233;e en 1973 du Royaume Uni, suivie de certains autres membres de l'Association europ&#233;enne de libre &#233;change (AELE) qui a impuls&#233; une nouvelle orientation non d&#233;sir&#233;e, &#224; l'origine ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; les d&#233;clarations de Margaret Thatcher : &#171; &lt;i&gt;I want my money back&lt;/i&gt; &#187; qui a engag&#233; les pays membres au &#171; chacun pour soi &#187; ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; enfin, l'entr&#233;e des pays de l'Europe de l'Est, au 1er mai 2004, sans mise &#224; niveau pr&#233;alable, qui a tir&#233; l'Europe sociale vers le bas.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Comment peut-on aujourd'hui pr&#233;tendre que les salaires fran&#231;ais sont non comp&#233;titifs, alors que depuis des ann&#233;es ils sont index&#233;s sur un indice des &lt;strong&gt;prix moyens&lt;/strong&gt; qui, entre autres, ne prend en compte le logement que pour 16 % ? Tout simplement par comparaison avec ceux de l'Europe de l'Est, deux &#224; trois fois moins &#233;lev&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finie l'Europe sociale qui devait profiter &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls ceux qui disposent de capitaux importants et qui, gr&#226;ce au principe de libre circulation des capitaux, non seulement au sein de l'UE, mais aussi dans le monde entier, peuvent les placer n'importe o&#249;, par exemple dans des paradis fiscaux, peuvent s'enrichir aux d&#233;pens de la grande masse des citoyens europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;C'est quoi cette crise qui n'en finit pas ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Seulement un soubresaut qui permet aux plus riches d'enfoncer un peu plus les divers pays membres de l'UE, pour les obliger &#224; leur livrer ces gisements de profits potentiels que sont les services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recette est connue : si ces services publics, en Gr&#232;ce ou ailleurs, ne sont pas privatis&#233;s, les capitaux d&#233;tenus par les 10 % les plus riches, non seulement de l'UE, mais libre circulation oblige, du monde, vont rench&#233;rir des titres en nombre limit&#233;, ce qui cr&#233;era une bulle qui en explosant risque d'appauvrir, relativement, les derniers &#224; quitter le &#171; navire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors pour &#233;viter cela il faut, face &#224; ces richesses croissantes d&#233;tenues par un nombre limit&#233; de personnes, leur offrir d'acheter les services publics.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;conomie : l'Europe, la ris&#233;e du monde entier</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Economie-Europe-risee-du-monde-entier</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Economie-Europe-risee-du-monde-entier</guid>
		<dc:date>2013-08-29T10:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Herland</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Si les p&#232;res fondateurs de l'Europe pouvaient se manifester, que diraient-ils ? Nous accuseraient-ils de les avoir trahis ou s'accuseraient-ils eux-m&#234;mes pour nous avoir mis sur de si mauvais rails ? Car c'est assez avant pousser le t&#233;moignage / Je m'y tiens et n'en veux, pour moi, pas davantage (Moli&#232;re, Tartuffe) : la preuve est suffisamment faite que l'Europe des petits pas, l'Europe &#034;fonctionnaliste&#034; n'est pas seulement une impasse ; son impuissance fait de nous la ris&#233;e du monde entier. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-160-Juin-2013-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 160 &#8212; Juin 2013&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si les p&#232;res fondateurs de l'Europe pouvaient se manifester, que diraient-ils ? Nous accuseraient-ils de les avoir trahis ou s'accuseraient-ils eux-m&#234;mes pour nous avoir mis sur de si mauvais rails ? &lt;i&gt;Car c'est assez avant pousser le t&#233;moignage / Je m'y tiens et n'en veux, pour moi, pas davantage&lt;/i&gt; (Moli&#232;re, &lt;i&gt;Tartuffe&lt;/i&gt;) : la preuve est suffisamment faite que l'Europe des petits pas, l'Europe &#034;fonctionnaliste&#034; n'est pas seulement une impasse ; son impuissance fait de nous la ris&#233;e du monde entier. Certes, les p&#232;res fondateurs pourraient faire valoir &#224; bon droit que leurs successeurs ne les ont pas aid&#233;s, qu'une strat&#233;gie con&#231;ue pour six &#201;tats (dont trois alors si semblables qu'on les confondait en une seule entit&#233; &#8211; le B&#233;n&#233;lux) n'aurait pas d&#251; &#234;tre &#233;tendue sans examen &#224; un nombre ind&#233;fini de pays (la Croatie deviendra le vingt-huiti&#232;me membre de l'Union le 1er juillet prochain, et la Lettonie le dix-huiti&#232;me membre de la zone euro le 1er janvier 2014). Quoi qu'il en soit, nous sommes arriv&#233;s au point o&#249; ce qui fut longtemps consid&#233;r&#233; comme un mod&#232;le est devenu un objet de d&#233;rision pour le monde et &#8211;plus inqui&#233;tant&#8211; de ranc&#339;ur pour un nombre croissant d'Europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'en tenir &#224; la France, une enqu&#234;te du &lt;i&gt;Pew Research Center&lt;/i&gt; cit&#233;e dans &lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt; (25 au 31 mai 2013) indique que le nombre de nos compatriotes ayant une opinion positive de l'Europe est pass&#233; en un an de 60 % &#224; 41 %. Alors que les Fran&#231;ais ont le sentiment que la politique &#233;conomique de leur pays se fait de plus en plus &#224; Bruxelles et &#224; Francfort, comment n'incrimineraient-ils pas l'Europe face &#224; la mont&#233;e du ch&#244;mage et du &#034;pr&#233;cariat&#034;, pour reprendre un mot du sociologue Robert Castel, r&#233;cemment disparu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La couverture de ce m&#234;me num&#233;ro de &lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt; se pr&#233;sente comme l'affiche d'un film dont le titre serait &#034;&#034;&lt;i&gt;The Sleepwalkers&lt;/i&gt;, le sous-titre &#034;&#034;&lt;i&gt;A euro disaster waiting to happen&lt;/i&gt; et les accroches : &#034;&#034;&lt;i&gt;A snore of force&lt;/i&gt;, &#034;&#034;&lt;i&gt;Fifthy Shades of Grey, without the sex &lt;/i&gt; &#187;, &#034;&#034;&lt;i&gt;Non-stop inaction&lt;/i&gt;. On aura beau dire que &lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt; est un organe anglais, d'orientation lib&#233;rale, pas favorable &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; &#224; une union europ&#233;enne allant au-del&#224; d'une zone de libre-&#233;change, force est de convenir que, ici, la satire fait mouche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre sino-europ&#233;enne &#224; propos des panneaux photovolta&#239;ques est caract&#233;ristique de l'attitude de l'Union. La d&#233;sindustrialisation est en effet un ph&#233;nom&#232;ne gravissime. Rappelons que les emplois industriels ont &#233;t&#233; divis&#233;s par deux, en France, entre 1975 et 2012, de 5 millions &#224; 2,5 millions. S'il est vrai que les gains de productivit&#233; y sont pour quelque chose, il demeure incontestable que ces chiffres correspondent pour une grande part &#224; la disparition de pans entiers de l'industrie nationale, puisque la logique de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale tend &#224; transf&#233;rer la production vers les zones &#224; bas co&#251;t en main d'&#339;uvre. Au temps du &#034;March&#233; commun&#034;, les industries des pays membres se faisaient bien concurrence, mais l'espace concern&#233; &#233;tait suffisamment homog&#232;ne pour que celle-ci ait des effets positifs. N'en d&#233;plaise aux &#233;conomistes orthodoxes, ce n'est plus du tout le cas lorsqu'on jette dans l'ar&#232;ne des pays dont le co&#251;t de la main d'&#339;uvre est &#233;lev&#233; et des pays dont la main d'&#339;uvre est largement aussi qualifi&#233;e mais beaucoup moins co&#251;teuse. Dans ce cas, pour pr&#233;server un savoir-faire et une production nationale &#8211;ce qui correspond souvent &#224; une n&#233;cessit&#233; strat&#233;gique&#8211;, il n'y a d'autre moyen que la protection. Il est admis que les pays neufs puissent se prot&#233;ger pour favoriser la naissance d'une industrie nationale ; la logique veut que les vieux pays se prot&#232;gent &#233;galement pour emp&#234;cher la mort de leur industrie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant le photovolta&#239;que, c'est en avril 2012 que les &#201;tats-Unis ont commenc&#233; &#224; augmenter les droits de douane sur les panneaux solaires chinois. L'Europe a attendu le mois de juin 2013 pour faire de m&#234;me, en fixant d'ailleurs un tarif plus faible que celui d&#233;cid&#233; par les Am&#233;ricains. Comme d'habitude, h&#233;las !&#8230; l'Europe a agi trop tard, trop peu et en d&#233;montrant une absence de coh&#233;sion qui fait le jeu de la partie adverse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne saurait nier que la division de l'Europe ait des raisons objectives. Si le couple franco-allemand n'est plus que l'ombre de lui-m&#234;me, cela ne tient pas &#224; une absence d'affect entre M. Hollande et Mme Merkel mais tout simplement au fait que l'industrie allemande se maintient contrairement &#224; celle de la France. Alors que la balance des paiements courants de la France est d&#233;ficitaire depuis 2005, l'Allemagne caracole avec un exc&#233;dent qui d&#233;passe m&#234;me, depuis 2009, celui de la Chine. L'exc&#233;dent allemand se faisant en grande partie au d&#233;triment de la France, son principal partenaire commercial, on comprend mieux les raisons de leur divorce. Mais l'Allemagne est-elle pour autant un exemple &#224; imiter ? Ses performances ont pour contrepartie la d&#233;gradation de son mod&#232;le social, avec la multiplication du temps partiel, des travailleurs pauvres et donc des in&#233;galit&#233;s en forte augmentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une Europe qui demeure pour la plus grande part conf&#233;d&#233;rale, l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; ne peut gu&#232;re se r&#233;duire. Les pays membres pr&#233;sentant des int&#233;r&#234;ts divergents, on ne voit pas par quel miracle ils pourraient aboutir &#224; des d&#233;cisions communes qui soient mieux que des compromis boiteux : trop peu, trop tard ! La persistance de la concurrence fiscale, l'incapacit&#233; de lutter contre les paradis fiscaux (jusqu'ici, tout au moins, autrement qu'en paroles), l'impossibilit&#233; de parler d'une seule voix face &#224; un concurrent aussi dangereux que la Chine, l'absence d'une politique du taux de change de l'euro, autant de signes d'une impuissance voulue &#8211;plus qu'elle n'est subie&#8211; par des &#201;tats qui cherchent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; pr&#233;server les sp&#233;cificit&#233;s qui les avantagent, refusant de voir que ces avantages ne cessent de se r&#233;duire et que la &#034;d&#233;saffiliation&#034; (autre mot de Robert Castel) d'un nombre de plus en plus &#233;lev&#233;s d'Europ&#233;ens, aggrav&#233;e par une r&#233;cession qui n'en finit pas de finir, conduit tout droit &#224; la catastrophe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un parlement croupion de la zone euro ?</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Un-parlement-croupion-de-la-zone-euro</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Un-parlement-croupion-de-la-zone-euro</guid>
		<dc:date>2013-07-26T12:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Guy Giraud</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#192; moins d'un an des &#233;lections du Parlement europ&#233;en (PE), la proposition de cr&#233;er un Parlement s&#233;par&#233; de la zone Euro, compos&#233; de parlementaires nationaux, est irr&#233;fl&#233;chie et irresponsable. &lt;br class='autobr' /&gt; Hormis la confusion totale que ce nouveau Parlement cr&#233;erait dans l'opinion publique -d&#233;j&#224; peu familiaris&#233;e avec les institutions existantes- on imagine la totale cacophonie qui s'instaurerait dans une telle assembl&#233;e dont les membres occasionnels -peu au fait des probl&#233;matiques europ&#233;ennes et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-160-Juin-2013-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 160 &#8212; Juin 2013&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; moins d'un an des &#233;lections du Parlement europ&#233;en (PE), la proposition de cr&#233;er un Parlement s&#233;par&#233; de la zone Euro, compos&#233; de parlementaires nationaux, est irr&#233;fl&#233;chie et irresponsable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Hormis la confusion totale que ce nouveau Parlement cr&#233;erait dans l'opinion publique -d&#233;j&#224; peu familiaris&#233;e avec les institutions existantes- on imagine la totale cacophonie qui s'instaurerait dans une telle assembl&#233;e dont les membres occasionnels -peu au fait des probl&#233;matiques europ&#233;ennes et totalement &#233;trangers les uns aux autres- auraient le plus grand mal &#224; traiter avec un minimum d'efficacit&#233; -et &#224; s'entendre sur- les questions &#233;conomiques et mon&#233;taires europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait beaucoup plus raisonnable d'intensifier la participation active des principaux &lt;i&gt;leaders&lt;/i&gt; parlementaires nationaux aux travaux du PE. Cette participation est d'ailleurs d&#233;j&#224; largement mise en oeuvre &#224; l'initiative du PE mais affaiblie par le fait que, au sein m&#234;me des parlements nationaux, la majorit&#233; des membres demeure largement indiff&#233;rente -voire m&#233;fiante- envers cette coop&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution aux probl&#232;mes d'organisation de la zone euro ne peut &#234;tre r&#233;solue qu'au sein des institutions existantes -en utilisant les m&#233;canismes pr&#233;vus en mati&#232;re de coop&#233;ration renforc&#233;e (art. 326 &#224; 334 Trait&#233; de fonctionnement de l'Union europ&#233;enne -TFUE) et d'organisation interne de la zone euro (art. 136 TFUE). Pour ce qui concerne le PE, celui-ci est certainement dispos&#233; &#224; appliquer -&lt;i&gt;mutatis mutandis&lt;/i&gt;- les r&#232;gles de fonctionnement du Conseil de la zone euro pr&#233;vues par le Trait&#233; (c'est-&#224;-dire donner aux parlemetnaires europ&#233;ens &#233;lus dans les &#201;tats de l'Eurogroupe un poids plus important dans les d&#233;lib&#233;rations).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au stade actuel, la proposition fran&#231;aise de gouvernement de la zone euro (curieusement rebaptis&#233;e depuis quelques semaines Union politique) n'est effectivement rien d'autre que la cons&#233;cration d'un directoire intergouvernemental &#224; la recherche d'un minimum de l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique ; lui apporter la caution d'un parlement croupion est irr&#233;fl&#233;chi et irresponsable. Ni l'Allemagne, ni la Commission ni le PE ne sont d'ailleurs pr&#234;ts &#224; donner suite &#224; ces propositions. Enfin, il est inutile d'insister sur les imbroglios juridiques et institutionnels qu'elles provoqueraient &#224; coup s&#251;r.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Discours europ&#233;ens - La voix romaine</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Discours-europeens-La-voix-romaine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Discours-europeens-La-voix-romaine</guid>
		<dc:date>2013-07-26T08:23:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques Fayette</dc:creator>


		<dc:subject>Focus</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Pr&#233;sident Fran&#231;ois Hollande dans l'introduction &#224; sa conf&#233;rence de presse du jeudi 16 mai, a propos&#233; un gouvernement &#233;conomique de l'Europe qui &#171; d&#233;battrait des principales d&#233;cisions de politique &#233;conomique &#224; prendre par les &#201;tats membres, harmoniserait la fiscalit&#233;, commencerait &#224; faire acte de convergence sur le plan social, par le haut, et engagerait un plan de lutte contre la fraude fiscale &#187;. Ce projet a soulev&#233; l'enthousiasme de certains commentateurs. Ainsi le journal Le Monde a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-160-Juin-2013-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 160 &#8212; Juin 2013&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Focus-+" rel="tag"&gt;Focus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Pr&#233;sident Fran&#231;ois Hollande dans l'introduction &#224; sa conf&#233;rence de presse du jeudi 16 mai, a propos&#233; un gouvernement &#233;conomique de l'Europe qui &#171; &lt;i&gt;d&#233;battrait des principales d&#233;cisions de politique &#233;conomique &#224; prendre par les &#201;tats membres, harmoniserait la fiscalit&#233;, commencerait &#224; faire acte de convergence sur le plan social, par le haut, et engagerait un plan de lutte contre la fraude fiscale&lt;/i&gt; &#187;. Ce projet a soulev&#233; l'enthousiasme de certains commentateurs. Ainsi le journal &lt;strong&gt;Le Monde&lt;/strong&gt; a salu&#233; &#171; &lt;i&gt;Une offre fran&#231;aise pour l'Europe, enfin&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#234;mes commentateurs font un rapprochement avec le discours initial du Pr&#233;sident du Conseil Enrico Letta devant la Chambre des D&#233;put&#233;s et y voient une convergence franco-italienne pour faire avancer une nouvelle politique europ&#233;enne, face &#224; l'intransigeance d'une chanceli&#232;re allemande pr&#233;parant ses &#233;lections au &lt;i&gt;Bundestag&lt;/i&gt; le 22 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est caract&#233;ristique des offres de la France et de l'Allemagne est que chacune suscite le silence ou le refus de l'autre. Il en fut ainsi par exemple avec le document Lammers-Sch&#228;uble de 1994 ou du projet de Joschka Fischer en juin 2000 &#224; l'Universit&#233; Humboldt auquel Hubert V&#233;drine (Ministre des Affaires &#233;trang&#232;res de Lionel Jospin) r&#233;pondit imm&#233;diatement par la n&#233;gative dans &lt;strong&gt;Le Monde&lt;/strong&gt;. R&#233;cemment encore, la chanceli&#232;re Angela Merkel et son ministre de l'&#233;conomie Wolfgang Sch&#228;uble ont fait tant &#224; Nicolas Sarkozy qu'&#224; Fran&#231;ois Hollande, des propositions pour aller plus loin dans l'int&#233;gration, propositions rest&#233;es sans r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offre de Fran&#231;ois Hollande s'inscrit sur une ligne constante qui remonte au Plan Fouchet, &#224; celle de Pierre B&#233;r&#233;govoy, ou &#224; celle de Nicolas Sarkozy &#224; Strasbourg en octobre 2008 ; elle privil&#233;gie la m&#233;thode intergouvernementale au d&#233;triment de la m&#233;thode communautaire, ignorant que le Trait&#233; de Lisbonne va donner au Parlement europ&#233;en et &#224; la Commission, une l&#233;gitimit&#233; et une comp&#233;tence nouvelles. Or cette m&#233;thode intergouvernementale est de plus en plus lourde et inefficace, la confrontation de 27 ou 17 int&#233;r&#234;ts nationaux, n'engendre pas un int&#233;r&#234;t europ&#233;en. On se rend compte que, m&#234;me dans les cas o&#249; les trait&#233;s permettent au Conseil de statuer &#224; la majorit&#233;, les &#201;tats continuent &#224; rechercher l'unanimit&#233; comme le d&#233;plore Martin Schulz, Pr&#233;sident du Parlement europ&#233;en dans &lt;strong&gt;La Croix&lt;/strong&gt; du 17 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#233;sident fran&#231;ais a certes d&#233;clar&#233; &#171; &lt;i&gt;L'Allemagne, plusieurs fois, a dit qu'elle &#233;tait pr&#234;te &#224; une Union politique, &#224; une nouvelle &#233;tape d'int&#233;gration. La France est &#233;galement dispos&#233;e &#224; donner un contenu &#224; cette Union politique&lt;/i&gt; &#187;. Mais il y a cette constante dans la politique fran&#231;aise, quelle que soit la majorit&#233; au pouvoir, &#171; r&#233;solvons d'abord les probl&#232;mes de l'Europe et ensuite nous passerons &#224; l'unit&#233; politique &#187; alors que les Allemands (et Descartes) affirment : &#171; donnons-nous les institutions qui permettent de r&#233;soudre les probl&#232;mes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci est &#233;videmment tr&#232;s loin des th&#232;ses italiennes. Dans son discours &#224; l'issue de son &#233;lection, Laura Boldrini a rendu hommage &#224; Altiero Spinelli, inspirateur historique du f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en. A sa suite, Enrico Letta a affirm&#233; &#171; &lt;i&gt;l'Europe est le voyage dans lequel nous sommes embarqu&#233;s pour arriver &#224; l'avenir, l'Europe c'est l'espace politique o&#249; doit &#234;tre relanc&#233;e l'esp&#233;rance&lt;/i&gt; &#187;. Il n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; employer le mot f&#233;d&#233;ral et &#224; affirmer que le port d'arriv&#233;e &#233;tait les &#201;tats-Unis d'Europe, ce que n'ont jamais dit ni Fran&#231;ois Hollande ni Jacques Delors quoi qu'on dise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Croire donc que l'Italie viendra appuyer la France dans une certaine forme d'opposition &#224; la politique allemande, constitue une grave erreur. Guillaume Klossa pr&#233;sident de &lt;i&gt;Europa Nova&lt;/i&gt; qui conna&#238;t particuli&#232;rement bien Enrico Letta, montre dans un article du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; du 30 avril &#171; &lt;i&gt;Enrico Letta, au secours de Paris et Berlin ?&lt;/i&gt; &#187; qu'il n'en n'est rien et qu'au contraire, Enrico Letta en poussant l'int&#233;gration de la zone euro et l'av&#232;nement d'une d&#233;mocratie europ&#233;enne devrait donner le moyen de sortir d'un dangereux face &#224; face franco-allemand. La rencontre euphorisante entre Enrico Letta et Fran&#231;ois Hollande, sur le chemin entre Berlin et Bruxelles, le mercredi 1er mai, ne fera pas de l'Italie un acteur d'une croisade germanophobe &#224; la mani&#232;re de Barbara Spinelli dans &lt;strong&gt;La Repubblica&lt;/strong&gt; du 17 mai &#171; &lt;i&gt;Europa, il sonno della politica&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on voit les probl&#232;mes de nos pays dans &lt;strong&gt;Le Grand basculement&lt;/strong&gt; d&#233;crit par Jean-Michel Severino et Olivier Ray (Odile Jacob, Paris 2011) on ne peut que boire les paroles du Pr&#233;sident Giorgio Napolitano dans son discours inaugural de l'ann&#233;e acad&#233;mique au Coll&#232;ge de Bruges, le 26 octobre 2011 ; rappelant qu'au m&#234;me endroit en 1989, Jacques Delors avait dit qu'il fallait abandonner la politique des petits pas, il concluait &#171; &lt;i&gt;Or, dans ces ann&#233;es-l&#224;, avec le Trait&#233; de Maastricht et l'Euro, un saut de qualit&#233; fut accompli. Il est temps d'en accomplir un autre, encore plus d&#233;cisif&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les voix de Giorgio Napolitano, Enrico Letta et Emma Bonino qui de Rome uniront Berlin, Bruxelles, Paris&#8230; et quelques autres capitales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jacques Fayette&lt;br class='manualbr' /&gt;Professeur honoraire &#224; l'Universit&#233; Lyon III&lt;br class='manualbr' /&gt;Membre de l'UEF Rh&#244;ne-Alpes - Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>St&#233;phane Hessel</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Stephane-Hessel</link>
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		<dc:date>2013-07-13T11:56:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Toulemon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'article de Henri Vautrot dans notre dernier num&#233;ro, F&#233;d&#233;choses poursuit avec ce texte de Robert Toulemon la publication d'une s&#233;rie de t&#233;moignages sur St&#233;phane Hessel &lt;br class='autobr' /&gt; St&#233;phane Hessel est mort &#224; Paris le 27 f&#233;vrier 2013. Il &#233;tait n&#233; le 24 octobre 1917 &#224; Berlin. Il &#233;tait rest&#233; si jeune au physique et au moral que nous ne parvenons pas &#224; croire qu'il nous a quitt&#233;s. Le succ&#232;s inou&#239; de son opuscule nous invitant &#224; nous indigner en a surpris plus d'un. Son charme extraordinaire n'a pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-160-Juin-2013-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 160 &#8212; Juin 2013&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L115xH150/arton468-2fbbb.jpg?1736204936' class='spip_logo spip_logo_right' width='115' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s l'article de Henri Vautrot dans notre dernier num&#233;ro, F&#233;d&#233;choses poursuit avec ce texte de Robert Toulemon la publication d'une s&#233;rie de t&#233;moignages sur St&#233;phane Hessel&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;St&#233;phane Hessel est mort &#224; Paris le 27 f&#233;vrier 2013. Il &#233;tait n&#233; le 24 octobre 1917 &#224; Berlin. Il &#233;tait rest&#233; si jeune au physique et au moral que nous ne parvenons pas &#224; croire qu'il nous a quitt&#233;s. Le succ&#232;s inou&#239; de son opuscule nous invitant &#224; nous indigner en a surpris plus d'un. Son charme extraordinaire n'a pas suffi &#224; faire oublier aux gens s&#233;rieux ce qu'il y avait de na&#239;f dans cette profession de foi d'un jeune homme de 95 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma premi&#232;re rencontre avec St&#233;phane Hessel date de mon engagement au Club Jean Moulin, pour la d&#233;fense de la R&#233;publique menac&#233;e par les soubresauts qui accompagn&#232;rent la prise de pouvoir du g&#233;n&#233;ral de Gaulle et la fin du conflit alg&#233;rien. Face au gaullisme triomphant de la fin des ann&#233;es cinquante, le Club accomplissait une &#339;uvre de formation civique plus ouverte &#224; l'Europe et &#224; l'internationalisme que ne l'&#233;tait la R&#233;publique gaullienne. Connaissant mon int&#233;r&#234;t pour l'Europe, Hessel me conviait parfois dans son appartement du boulevard Saint-Michel pour des r&#233;unions restreintes sur la politique europ&#233;enne. C'est lors d'une de ces r&#233;unions que je fis la connaissance ou plut&#244;t la d&#233;couverte d'Altiero Spinelli. J'ai d&#233;j&#224; confi&#233; &#224; &lt;i&gt;F&#233;d&#233;choses&lt;/i&gt; le choc que me produisit cette rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hessel et Spinelli &#233;taient des personnalit&#233;s bien diff&#233;rentes mais unies par une m&#234;me volont&#233; d'arracher les relations entre nations &#224; l'impitoyable affrontement des souverainet&#233;s, source de violences et de guerres. Pour Spinelli, c'&#233;tait la f&#233;d&#233;ration des nations d'Europe qui &#233;tait l'objectif. Pour Hessel, c'&#233;tait l'affirmation mondiale des droits de l'homme. Dans le Club Jean Moulin o&#249; l'attachement &#224; la souverainet&#233; nationale demeurait vivace, il faisait entendre la voix d'un humanisme universaliste, favorable &#224; une int&#233;gration europ&#233;enne consid&#233;r&#233;e, ainsi que l'&#233;crit Jean Monnet &#224; la fin de ses &lt;i&gt;M&#233;moires&lt;/i&gt;, comme &lt;q&gt;une &#233;tape vers les formes d'organisation du monde de demain&lt;/q&gt;. Dans le Club comme dans tous les cercles qu'il fr&#233;quenta au cours de sa longue existence, sa gentillesse, son extr&#234;me s&#233;duction, alli&#233;es &#224; la plus grande fermet&#233; sur les principes, faisaient merveille et contribuaient &#224; apaiser les conflits. Le regret de la fin de sa vie aura &#233;t&#233; de n'avoir pu contribuer &#224; une solution &#233;quitable du conflit entre Isra&#233;liens et Palestiniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hasards de ma carri&#232;re europ&#233;enne et nationale devaient me faire retrouver ces deux hommes exceptionnels dans une relation de travail exaltante. Ce fut d'abord Spinelli, nomm&#233; &#224; la Commission europ&#233;enne en 1970, charg&#233; des Affaires industrielles alors que j'&#233;tais le Directeur g&#233;n&#233;ral en charge du secteur, ce qui me permit, sous son autorit&#233;, de jeter les premi&#232;res bases de ce qui deviendra la politique europ&#233;enne de l'environnement. Ce fut ensuite la chance d'avoir Hessel pour coll&#232;gue au cabinet de Pierre Abelin, Ministre de la Coop&#233;ration de Val&#233;ry Giscard d'Estaing en 1974-1975. Nous dirige&#226;mes l'un et l'autre en parall&#232;le des &#034;missions de dialogue&#034; dont l'objet &#233;tait de r&#233;nover et d'&#233;tablir sur des bases assainies nos relations avec l'Afrique francophone. L'injuste disgr&#226;ce que subit Abelin ne permit pas de mener &#224; son terme ce rajeunissement. La &lt;i&gt;Fran&#231;afrique&lt;/i&gt; devait perdurer, f&#226;cheusement illustr&#233;e en d&#233;cembre 1977, par le ridicule couronnement, aux frais de la France, de l'empereur Bokassa. Nous particip&#226;mes aussi l'un et l'autre, lui comme charg&#233; de mission aupr&#232;s du Ministre, moi comme Directeur de cabinet aux d&#233;marches d&#233;licates visant &#224; obtenir la lib&#233;ration de l'ethnologue Fran&#231;oise Claustre retenue en otage au Tchad par les rebelles toubous d'Hiss&#232;ne Habr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hessel poursuivit sa carri&#232;re diplomatique aupr&#232;s des Nations unies &#224; Gen&#232;ve, obtint la dignit&#233; d'Ambassadeur de France et continua, au cours d'une longue retraite, &#224; &#339;uvrer pour la d&#233;fense des droits de l'homme et pour la r&#233;forme des Nations unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sident-fondateur de l'Association fran&#231;aise d'&#233;tude pour l'Union europ&#233;enne (AFEUR), je b&#233;n&#233;ficiai de la sympathie et de l'appui de St&#233;phane Hessel qui participa plusieurs fois &#224; nos d&#233;bats et donna sa signature &#224; l'appel pour une relance europ&#233;enne dont l'AFEUR prit l'initiative, en 1996, avec ses amis f&#233;d&#233;ralistes dont Maurice Braud, Henri Cartan et Jean-Pierre Gouzy et qui recueillit l'appui de nombreuses personnalit&#233;s. Nous y affirmions que seul le f&#233;d&#233;ralisme pouvait concilier la sauvegarde des identit&#233;s nationales et r&#233;gionales avec la mise en place d'un pouvoir fort au niveau europ&#233;en. Nous &#233;noncions cette &#233;vidence que l'avenir devait h&#233;las confirmer : &lt;q&gt;Une Union appel&#233;e &#224; s'&#233;largir jusqu'&#224; doubler le nombre de ses membres sera r&#233;duite &#224; l'impuissance si elle ne dispose pas d'un gouvernement d&#233;mocratique distinct des gouvernements nationaux&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La c&#233;l&#233;bration du 50e anniversaire de la D&#233;claration universelle des droits de l'homme fut l'occasion de nouvelles rencontres avec St&#233;phane Hessel que la lecture de ses m&#233;moires, &lt;i&gt;Citoyens sans fronti&#232;res&lt;/i&gt;, me permit de mieux conna&#238;tre. Je d&#233;couvris alors notre go&#251;t commun pour la po&#233;sie. Polyglotte, il pouvait r&#233;citer un grand nombre de po&#232;mes dans les langues fran&#231;aise, anglaise et allemande, la derni&#232;re &#233;tant sa langue maternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me dois enfin de rappeler &#224; ceux des lecteurs de &lt;i&gt;F&#233;d&#233;choses&lt;/i&gt; qui ne le sauraient pas que St&#233;phane Hessel, n&#233; allemand, &#233;tait issu d'une famille non conventionnelle car form&#233;e d'une femme et de deux hommes, dont le c&#233;l&#232;bre film de Fran&#231;ois Truffaut &lt;i&gt;Jules et Jim&lt;/i&gt; nous a dessin&#233; un portrait &#224; la fois surprenant et s&#233;duisant. Immigr&#233; en France &#224; l'&#226;ge de sept ans, le jeune St&#233;phane allait y faire des &#233;tudes brillantes, s'engager dans la R&#233;sistance, conna&#238;tre la d&#233;portation puis, apr&#232;s la victoire, participer &#224; la mise en place de l'Organisation des Nations unies &#224; laquelle il restera toujours attach&#233;. Par un exc&#232;s de z&#232;le admiratif, certains de ses amis lui ont attribu&#233; un r&#244;le majeur dans la r&#233;daction de la D&#233;claration universelle des droits de l'homme qui ne fut pas le sien ainsi qu'il le reconnaissait volontiers. En revanche, nous lui devons ce t&#233;moignage qu'il fut toujours au premier rang parmi ceux qui d&#233;fendent la cause des droits humains et de la paix par la construction patiente d'un ordre international digne de ce nom et qu'il le fit avec un talent in&#233;gal&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Robert Toulemon&lt;br class='manualbr' /&gt;Auteur de Sauvons l'Europe, et, Souvenirs europ&#233;ens&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La voie vers l'Union politique selon Giorgio Napolitano</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/La-voie-vers-l-Union-politique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/La-voie-vers-l-Union-politique</guid>
		<dc:date>2013-07-12T11:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roberto Palea</dc:creator>


		<dc:subject>Italie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les convictions f&#233;d&#233;ralistes profondes du Pr&#233;sident de la R&#233;publique (italienne) Giorgio Napolitano sont connues de tous, au moins depuis son &#233;lection, et se sont manifest&#233;es dans son appel continuel &#224; la n&#233;cessit&#233; de d&#233;passer les &#201;tats nationaux (que Luigi Einaudi, d&#233;j&#224; en 1954, avait d&#233;finis comme &#171; des poussi&#232;res sans substance &#187;), parce que leur avenir ne peut se construire que dans une Europe int&#233;gr&#233;e et politiquement unie. &lt;br class='autobr' /&gt; Crise d&#233;mocratique &lt;br class='autobr' /&gt;
Napolitano a d'autre part toujours (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-160-Juin-2013-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 160 &#8212; Juin 2013&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Italie-+" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les convictions f&#233;d&#233;ralistes profondes du Pr&#233;sident de la R&#233;publique (italienne) Giorgio Napolitano sont connues de tous, au moins depuis son &#233;lection, et se sont manifest&#233;es dans son appel continuel &#224; la n&#233;cessit&#233; de d&#233;passer les &#201;tats nationaux (que Luigi Einaudi, d&#233;j&#224; en 1954, avait d&#233;finis comme &#171; des poussi&#232;res sans substance &#187;), parce que leur avenir ne peut se construire que dans une Europe int&#233;gr&#233;e et politiquement unie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Crise d&#233;mocratique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Napolitano a d'autre part toujours soutenu que la crise de la d&#233;mocratie qui assaille tous les &#201;tats de l'Europe (et qui se manifeste par une d&#233;fiance pr&#233;occupante et un d&#233;tachement croissant des citoyens par rapport &#224; leurs &#233;lus) exige de d&#233;passer l'&#233;troitesse de la lutte politique dans les cadres nationaux toujours plus &#233;touffants pour donner naissance &#224; une dialectique politique enfin europ&#233;enne (c'est-&#224;-dire en ad&#233;quation avec la dimension des probl&#232;mes fondamentaux auxquels les &#201;tats sont confront&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses r&#233;cents discours de Mestre (&#224; la Fondation Pellicani) et de Cernobbio, Napolitano a approfondi ses argumentations et clarifi&#233; le mod&#232;le d'Union politique auquel il aspire et les pas qu'il consid&#232;re comme indispensables pour la r&#233;aliser. Napolitano a soulign&#233; que les changements importants concernant le Trait&#233; de Lisbonne r&#233;alis&#233;s par la voie intergouvernementale (il s'agit en fait des Trait&#233;s budg&#233;taire et sur le M&#233;chanisme europ&#233;en de stabilit&#233;) requi&#232;rent maintenant un processus de renforcement d&#233;mocratique et une &#233;volution institutionnelle cons&#233;quente de l'Union. Du reste, rappelle le Pr&#233;sident, la vision de l'Europe dont on est parti est celle qui visait &#224; g&#233;rer l'int&#233;r&#234;t commun&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#224; travers des institutions d&#233;mocratiques auxquelles seraient d&#233;l&#233;gu&#233;e la souverainet&#233; n&#233;cessaire&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la d&#233;mocratie, il faut donc organiser le passage de la dimension nationale &#224; la dimension supranationale, avec les cessions de souverainet&#233; des &#201;tats &#224; l'Union qui seront n&#233;cessaires. Sur le plan institutionnel, l'Union europ&#233;enne (UE) doit tendre&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#224; une forme f&#233;d&#233;rale &#224; plusieurs niveaux&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; : &#224; une sorte de &#171; polyarchie transnationale &#187;, selon la d&#233;finition du sp&#233;cialiste am&#233;ricain Robert Dahl.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra consid&#233;rer la diversit&#233; comme une richesse mais aussi reconna&#238;tre&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;le pouvoir d&#233;cisionnel supr&#234;me r&#233;serv&#233; aux instances europ&#233;ennes dans la d&#233;finition et la r&#233;alisation de l'int&#233;r&#234;t commun&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix de Napolitano est clairement en faveur de la conclusion du processus de l'unification europ&#233;enne avec la cr&#233;ation d'un &#201;tat f&#233;d&#233;ral qui identifie et indique les cat&#233;gories fondamentales qui co&#239;ncident avec les cat&#233;gories classiques du constitutionnaliste am&#233;ricain Kennet C. Wheare : &#171; autonomie et coordination &#187; et &#171; unit&#233; dans la diversit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La sph&#232;re publique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie que le Pr&#233;sident sugg&#232;re pour en arriver &#224; la constitution de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral est tout aussi claire : elle n&#233;cessite un processus constituant, &#224; r&#233;aliser probablement &#224; travers une Assembl&#233;e constituante, parce que, pour obtenir le changement, il faut se baser sur le potentiel d&#233;mocratique de la composante parlementaire, comprenant &#224; la fois le Parlement europ&#233;en et les parlements nationaux qui,&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;sans se superposer dans l'exercice de leurs fonctions distinctes, partageraient l'exercice du pouvoir constituant de l'Union&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que ce processus puisse fonctionner, la participation directe du peuple europ&#233;en et de ses expressions organis&#233;es est n&#233;cessaire : les mouvements de la soci&#233;t&#233; civile et surtout les partis. En harmonie avec la pens&#233;e de Giorgio Napolitano, je rappelle que Altiero Spinelli avertissait toujours que &#171; l'Europe ne tombe pas du ciel &#187; et que la pression de l'opinion publique sur les gouvernants pour &#171; les forcer &#187; &#224; c&#233;der la souverainet&#233; n&#233;cessaire &#224; la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne est essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il manque aujourd'hui &#171; une sph&#232;re publique europ&#233;enne &#187; qui permette la circulation et la confrontation des opinions, tout comme &#034;il manque aussi l'impulsion d&#233;cisive des leaders politiques auxquels il reviendrait de conduire le processus&#034; de construction de l'Union f&#233;d&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il apparait indispensable au Pr&#233;sident Napolitano que les partis se renouvellent, en Italie et en Europe et ce renouvellement ne peut pas advenir s'ils ne trouvent pas &lt;q&gt;le sens de la mission commune pour unir l'Europe, de la faire vivre et peser dans le monde d'aujourd'hui et de demain&lt;/q&gt;. Les partis ne peuvent se renouveler que s'ils s'europ&#233;anisent dans leurs dialectiques, leurs organisations, leurs programmes, y compris avant tout dans les options qu'ils proposent pour la construction de la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne et pour la solution des probl&#232;mes communs de tous les pays europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La feuille de route&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce sur quoi je veux insister, c'est que, des discours r&#233;cents de Napolitano, &#233;merge une claire nouveaut&#233; par rapport &#224; ses positions pr&#233;c&#233;dentes. Napolitano propose en fait de r&#233;aliser toutes les innovations possibles sur la base du Trait&#233; de Lisbonne et des amendements qu'il est possible d'introduire par la proc&#233;dure simplifi&#233;e, mais aussi et avant tout de mettre la main &#224; la r&#233;forme organique des Trait&#233;s &#224; travers la convocation d'une nouvelle Convention au sens de l'art. 48 du Trait&#233;, avec l'objectif de transformer l'Union en une f&#233;d&#233;ration d'&#201;tats et de citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mon avis, donc, la nouvelle Convention devrait avoir des fonctions constituantes et prendre en main les centres de comp&#233;tence de l'UE, le r&#233;&#233;quilibrage entre les institutions de l'Union et entre les &#201;tats membres et l'Union, &#224; travers l'introduction, aussi, dans des domaines d&#233;termin&#233;s, de la r&#232;gle du vote &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e au Conseil europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception de la Convention constituante comporte l'exigence d'une int&#233;gration diff&#233;renci&#233;e afin que les pays qui veulent avancer plus rapidement sur la voie de l'Union f&#233;d&#233;rale ne puissent pas &#234;tre bloqu&#233;s par les pays r&#233;calcitrants. Toutes ces phases, de maintenant jusqu'&#224; la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne, devraient, &#224; mon avis, &#234;tre mises dans une &#171; &lt;i&gt;road map&lt;/i&gt; &#187; dans laquelle seraient sp&#233;cifi&#233;es les diff&#233;rentes &#233;tapes et les &#233;ch&#233;ances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; &lt;i&gt;road map&lt;/i&gt; &#187; devrait &#234;tre approuv&#233;e par les &#201;tats dispos&#233;s &#224; la suivre et &#234;tre accompagn&#233;e par une d&#233;claration solennelle de volont&#233; politique analogue dans ses objectifs &#224; la D&#233;claration Schuman du 9 mai 1950, qui repr&#233;sente l'acte de naissance de l'Europe communautaire. Comme l'&#233;crivait Tommaso Padoa-Schioppa dans une r&#233;flexion cit&#233;e par Napolitano,&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;l'incompl&#233;tude rend pr&#233;caire ce qui est d&#233;j&#224; construit&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;. Mais l'approbation d'un plan pr&#233;cis, avec des &#233;ch&#233;ances temporelles, dont &#233;merge clairement le sens de la marche et le point d'arriv&#233;e, produirait des effets imm&#233;diats, non seulement sur les attentes des march&#233;s mais surtout sur la confiance et l'esp&#233;rance des citoyens, aujourd'hui fortement d&#233;prim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne nous reste plus qu'&#224; esp&#233;rer que toutes les propositions avanc&#233;es par le Pr&#233;sident Napolitano soient adopt&#233;es par le gouvernement italien et traduites, aux niveaux national et europ&#233;en, en actes cons&#233;quents de gouvernement marqu&#233;s par l'urgence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Roberto Palea&lt;br class='manualbr' /&gt;Responsable du MFE italien, R&#233;gion Pi&#233;mont&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; initialement sur le site &lt;a href=&#034;http://www.affarinternazionali.it/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;AffarInternazionali&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'italien par Jean-Luc Prevel - Lyon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'int&#233;gration r&#233;gionale, requiem ou r&#233;surrection ?</title>
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		<dc:date>2013-07-12T09:40:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bertrand Badie</dc:creator>



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&lt;p&gt;C'&#233;tait la fiert&#233; de notre apr&#232;s-guerre et l'un des rares mod&#232;les que notre Vieux Continent s&#251;t offrir aux autres alors qu'il perdait son statut h&#233;g&#233;monique. En inventant l'int&#233;gration europ&#233;enne, on militait pour une paix cr&#233;dible, on mettait fin &#224; cette &#171; guerre civile &#187; qui &#233;tait presque chronique depuis la paix de Westphalie en 1648. On assurait aussi la reconstruction en mettant des &#201;tats exsangues &#224; l'abri d'une p&#233;nurie de charbon. On allait ensuite plus loin : on se dotait des moyens (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Fedechoses-160-Juin-2013-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 160 &#8212; Juin 2013&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait la fiert&#233; de notre apr&#232;s-guerre et l'un des rares mod&#232;les que notre Vieux Continent s&#251;t offrir aux autres alors qu'il perdait son statut h&#233;g&#233;monique. En inventant l'int&#233;gration europ&#233;enne, on militait pour une paix cr&#233;dible, on mettait fin &#224; cette &#171; guerre civile &#187; qui &#233;tait presque chronique depuis la paix de Westphalie en 1648. On assurait aussi la reconstruction en mettant des &#201;tats exsangues &#224; l'abri d'une p&#233;nurie de charbon. On allait ensuite plus loin : on se dotait des moyens de tenir la concurrence face aux &#201;tats-Unis, puis on s'&#233;quipait pour relever les d&#233;fis de la mondialisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'entreprise avait du sens, ce dont d'ailleurs beaucoup d'autres convenaient en nous imitant. Un peu partout, l'entr&#233;e dans la mondialisation suivait la m&#234;me voie : l'Am&#233;rique latine en lan&#231;ant le Mercosur en 1995, et les &#201;tats-Unis eux-m&#234;mes, pourtant si r&#233;tifs &#224; des accords de ce type, en dotant l'Am&#233;rique du Nord d'un Nafta-Alena, en 1994, c'est-&#224;-dire &#224; la consensuelle jointure d'une administration r&#233;publicaine et d'une autre, d&#233;mocrate. l'Asie ne fut pas en reste, mais &#224; sa mani&#232;re, en promouvant des formes de coop&#233;ration r&#233;gionale beaucoup plus informelles, d'autant plus impressionnantes qu'elles amenaient &#224; des modes d'int&#233;gration entre pays souvent au bord de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci semble appartenir au pass&#233; : partout, la construction r&#233;gionale r&#233;gresse et semble m&#234;me parfois abandonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au profit d'un n&#233;osouverainisme, en faveur d'un regain de bilat&#233;ralisme, ou carr&#233;ment pour donner naissance &#224; des formes plus sophistiqu&#233;es de coop&#233;ration transr&#233;gionale, &#224; l'instar de ce qui se fait avec l'Ibas (liant l'Inde, le Br&#233;sil et l'Afrique du Sud, soit trois continents) ou les Brics (Br&#233;sil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe unie n'est plus que l'ombre d'elle-m&#234;me : incapable de faire face &#224; la crise, elle appara&#238;t d&#233;sormais comme une machine &#224; fabriquer du nationalisme ou, au mieux, &#224; bricoler des compromis ; elle n'a plus de politique &#233;trang&#232;re commune et n'a pas su cr&#233;er un sentiment de citoyennet&#233; europ&#233;enne. Comme si l'Union ne pouvait aller bien que lorsque la conjoncture lui &#233;tait favorable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire encore : elle sert de bouc &#233;missaire, &#224; destination d'opinions publiques en col&#232;re. Le jeu des dirigeants nationaux est d'abord d'afficher leur esprit de r&#233;sistance face aux d&#233;cisions communes, tandis que leur art est de porter aux postes cl&#233;s de l'Union ceux dont le faible charisme prot&#232;ge les princes europ&#233;ens de toute ombre et de tout risque de dessaisissement. Comment expliquer un tel &#233;chec et les blocages qu'on retrouve un peu partout ? Comment y rem&#233;dier ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; quel prix ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Passons sur les erreurs ponctuelles, qui pourtant firent du mal &#224; l'Union : un &#233;largissement mal ma&#238;tris&#233; qui effectivement &#233;teignit la politique &#233;trang&#232;re commune, des rendez-vous dramatiquement manqu&#233;s avec une opinion publique europ&#233;enne, tour &#224; tour &#233;loign&#233;e de l'Europe par un exc&#232;s de technicit&#233;, convoqu&#233;e par des r&#233;f&#233;rendums b&#226;cl&#233;s qui ne furent pas pris en compte, contourn&#233;e par des voies parlementaires qui firent l'exact contraire. Il y eut bien pire : trois tragiques faillites qui expliquent les impasses d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, l'int&#233;gration est un choix strat&#233;gique reposant sur un triple pari : le premier, celui de la paix, a &#233;t&#233; pris avec bonheur ; le deuxi&#232;me, celui de l'utilit&#233; &#233;conomique, a &#233;t&#233; lucidement pens&#233;, m&#234;me s'il n'a pas &#233;t&#233; vraiment actualis&#233; ; le troisi&#232;me, celui de la solidarit&#233;, n'a jamais &#233;t&#233; compris. Or, il n'y a pas d'union sans solidarit&#233; : celle-ci ne veut pas dire charit&#233; ni m&#234;me entraide, mais simplement &#171; indissociabilit&#233; &#187;, obligation r&#233;ciproque, engagement commun. l'Union ne peut pas &#234;tre une addition n&#233;goci&#233;e d'&#233;go&#239;smes nationaux s'adaptant laborieusement les uns aux autres, &#224; l'instar du couple franco-allemand aujourd'hui : en devenant forum de compromis, l'Europe se nie comme int&#233;gration et fatalement se d&#233;fait face &#224; chaque crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'int&#233;gration est, en deuxi&#232;me lieu, ins&#233;parable de celle de communaut&#233; politique, surtout &#224; l'heure de l'int&#233;gration mon&#233;taire : le paradoxe tient &#224; conduire cette derni&#232;re au moment m&#234;me o&#249; on a d&#233;c&#233;l&#233;r&#233; l'int&#233;gration politique. On vote &#224; un niveau et on d&#233;cide &#224; un autre : on pousse la d&#233;mocratie vers la crise et on affaiblit les institutions en s'attaquant &#224; leur l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'int&#233;gration ne peut pas se penser sans concevoir l'alt&#233;rit&#233;, c'est-&#224;-dire 'une place &#224; tenir dans la mondialisation, dans un contexte d'interd&#233;pendance g&#233;n&#233;ralis&#233;e. &#192; l'heure o&#249; dispara&#238;t toute politique &#233;trang&#232;re europ&#233;enne, cette n&#233;cessit&#233; appara&#238;t comme un trou b&#233;ant qui casse tout espoir de red&#233;marrage de l'Europe. Alors que les puissances &#233;mergentes se distinguent, l'effet de partenariat manqu&#233; est catastrophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce la fin d'une histoire ou sommes-nous &#224; la veille d'une r&#233;surrection possible ? Quand la mondialisation vient affaiblir l'&#233;chelle des nations et r&#233;clame de banaliser l'inclusion et l'interd&#233;pendance comme mode de gouvernance, la r&#233;flexion m&#233;rite d'&#234;tre men&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Bertrand Badie&lt;br class='manualbr' /&gt;Professeur &#224; Sciences-Po Paris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; dans le quotidien, &lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt; du mardi 14 mai 2013. F&#233;d&#233;choses remercie M. Badie et &lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt; de l'autoriser &#224; reproduire ce texte&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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