<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
	<link>https://www.pressefederaliste.eu/</link>
	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressefederaliste.eu/spip.php?id_rubrique=45&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
		<url>https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L144xH24/logo-site-121f6.png?1729034532</url>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/</link>
		<height>24</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Anatomie de la paix &#8212; Post scriptum</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Emery-Reves-Anatomie-de-la-paix-Post-scriptum</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Emery-Reves-Anatomie-de-la-paix-Post-scriptum</guid>
		<dc:date>2013-10-04T21:04:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emery Reves</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Quelques semaines apr&#232;s la publication de ce livre aux &#201;tats-Unis, la premi&#232;re bombe atomique explosait sur Hiroshima. Elle mit fin &#224; la Seconde Guerre mondiale. Mais ce fut une fin qui ne causa ni joie ni soulagement. Elle provoqua &#224; la place la peur de la guerre atomique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que l'ann&#233;e 1945 de l'&#232;re chr&#233;tienne ait produit la bombe atomique &#224; des fins militaires et la Charte de San-Francisco &#224; des fins politiques, c'est l&#224; un paradoxe qu'auront &#224; m&#233;diter les historiens de l'avenir. &lt;br class='autobr' /&gt;
De (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Emery-Reves-" rel="directory"&gt;Emery REVES&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quelques semaines apr&#232;s la publication de ce livre aux &#201;tats-Unis, la premi&#232;re bombe atomique explosait sur Hiroshima. Elle mit fin &#224; la Seconde Guerre mondiale. Mais ce fut une fin qui ne causa ni joie ni soulagement. Elle provoqua &#224; la place la peur de la guerre atomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'ann&#233;e 1945 de l'&#232;re chr&#233;tienne ait produit la bombe atomique &#224; des fins militaires et la Charte de San-Francisco &#224; des fins politiques, c'est l&#224; un paradoxe qu'auront &#224; m&#233;diter les historiens de l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes parts, des suggestions sont faites pour &#171; mettre hors la loi &#187;, &#171; abolir &#187;, &#171; contr&#244;ler &#187; ou &#171; tenir secr&#232;te &#187; cette incroyable force de destruction. Apr&#232;s plusieurs mois de d&#233;bats entre savants, hommes d'&#201;tats, industriels et journalistes, il semble que l'on peut convenir des faits suivants :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 1) &#224; pr&#233;sent et dans l'avenir imm&#233;diat on ne peut pr&#233;voir aucune d&#233;fense s&#251;re contre la destruction atomique,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 2) dans tr&#232;s peu d'ann&#233;es, plusieurs nations fabriqueront des bombes atomiques,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 3) la bombe atomique n'est que l'aspect destructif de la physique nucl&#233;aire et les recherches en vue d'utiliser l'&#233;nergie atomique &#224; des fins industrielles constructives peuvent et doivent &#234;tre poursuivies sans rel&#226;che,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 4) le contr&#244;le international des recherches atomiques ou de la fabrication des bombes atomiques est impraticable parce que :
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; a) dans les pays capitalistes un tel contr&#244;le est contraire aux pratiques et aux usages de la libre concurrence,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; b) dans les pays totalitaires un tel contr&#244;le serait illusoire,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; c) ce n'est que si les &#201;tats-nations s'accordent mutuellement une libert&#233; compl&#232;te d'espionnage industriel et militaire (chose &#224; peine concevable) qu'un tel contr&#244;le pourrait &#234;tre effectif,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; d) aussi longtemps qu'existe le danger de guerre entre les &#201;tats-nations, plusieurs gouvernements, sinon tous, s'efforceront d'emp&#234;cher les organismes internationaux o&#249; sont repr&#233;sent&#233;s les &#201;tats ennemis &#233;ventuels d'inspecter et de contr&#244;ler leurs laboratoires et leurs industries. Toute grande puissance fera toujours le maximum pour l'emporter dans le domaine de la science militaire. La production de la bombe atomique dans des r&#233;gions &#233;loign&#233;es de l'Ouest am&#233;ricain, de la Sib&#233;rie, du Sahara, de la Patagonie, dans des usines souterraines n'importe o&#249;, ne pourra jamais &#234;tre efficacement contr&#244;l&#233;e si, en d&#233;pit de leurs engagements, les gouvernements des &#201;tats-nations respectifs d&#233;cident de garder le secret. Tout contr&#244;le efficace, la surveillance des armement et des recherches pr&#233;supposent la collaboration sinc&#232;re et cordiale des gouvernements des &#201;tats-nations. Si cela &#233;tait possible, il n'y aurait ni danger de guerre ni besoin de contr&#244;le. Mais l'avenir ne peut reposer sur une pure hypoth&#232;se, la cause r&#233;elle de nos difficult&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que l'on reconna&#238;t l'impossibilit&#233;, ou du moins la difficult&#233; insurmontable d'un contr&#244;le international efficace de la recherche scientifique et de la production industrielle, la question suivante se pose : un tel contr&#244;le est-il n&#233;cessaire ou m&#234;me d&#233;sirable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne aux &#201;tats-Unis n'a peur des bombes ou des fus&#233;es atomiques fabriqu&#233;es &#224; l'int&#233;rieur de l'&#201;tat-nation souverain des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me aucun citoyen sovi&#233;tique n'a peur des bombes atomiques ou autres armes destructrices fabriqu&#233;es &#224; l'int&#233;rieur de l'&#201;tat-nation souverain de l'Union des R&#233;publiques socialistes sovi&#233;tiques (URSS). Mais le peuple des &#201;tats-Unis a le sentiment que les bombes atomiques fabriqu&#233;es en URSS repr&#233;sentent pour lui un danger &#233;ventuel, et le peuple sovi&#233;tique &#233;prouve le m&#234;me sentiment &#224; l'&#233;gard des bombes atomiques fabriqu&#233;es aux &#201;tats-Unis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce que cela signifie ? Cela signifie qu'aucune bombe atomique, qu'aucune arme con&#231;ue par le g&#233;nie de l'homme n'est dangereuse en elle-m&#234;me. Les armes ne deviennent dangereuses que lorsqu'elles sont entre les mains d'autres &#201;tats souverains que le n&#244;tre. Il s'ensuit que la source ultime du danger n'est pas l'&#233;nergie atomique, mais l'&#201;tat-nation souverain. Le probl&#232;me n'est pas technique, mais purement politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me de la pr&#233;vention d'une guerre atomique est le probl&#232;me de la pr&#233;vention de la guerre, ni plus ni moins. D&#232;s que la guerre &#233;clate et que les nations se battent pour leur existence, elles utilisent n'importe quelle arme concevable pou remporter la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lib&#233;ration de l'&#233;nergie atomique et l'horrible cauchemar de la guerre atomique ont s&#233;rieusement intensifi&#233; le d&#233;bat sur le gouvernement mondial. Beaucoup de gens ont chang&#233; d'id&#233;es du jour au lendemain, la Charte de San Francisco leur parut p&#233;rim&#233;e et incapable de faire face au probl&#232;me cr&#233;&#233; par la bombe atomique. Sans doute, cette d&#233;couverte r&#233;volutionnaire en physique nucl&#233;aire n'a en rien modifi&#233; la n&#233;cessit&#233;, aujourd'hui imp&#233;rative pour plusieurs d&#233;cennies, d'organiser la soci&#233;t&#233; humaine selon une loi universelle. Mais elle l'a incontestablement dramatis&#233;e et l'a fait para&#238;tre plus urgente aux millions de personnes d&#233;bonnaires qui avaient besoin d'une explosion atomique pour les &#233;veiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau fait physique n'a en rien chang&#233; la situation que traite ce livre. Bien qu'il ait &#233;t&#233; &#233;crit et publi&#233; avant l'explosion de Hiroshima, rien en lui n'aurait &#224; &#234;tre exprim&#233; diff&#233;remment s'il avait &#233;t&#233; &#233;crit apr&#232;s le 6 ao&#251;t 1945.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a qu'une m&#233;thode pour cr&#233;er la s&#233;curit&#233; contre la destruction par la bombe atomique. C'est la m&#233;thode qui donne aux &#201;tats de New York et de Californie (non producteurs de la bombe atomique) la s&#233;curit&#233; de ne pas &#234;tre balay&#233;s de la surface de la terre par les &#201;tats du Tennessee et du Nouveau Mexique (producteurs de la bombe atomique). Cette s&#233;curit&#233; est r&#233;elle. C'est la s&#233;curit&#233; donn&#233;e par un ordre l&#233;gal souverain pour tous. En dehors de cela, toute s&#233;curit&#233; n'est qu'illusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effray&#233;s par les effets de cette force nouvelle, beaucoup de savants qui ont lib&#233;r&#233; l'&#233;nergie atomique nous avertissent des dangers qui se produiront si plusieurs &#201;tats souverains poss&#232;dent des armes atomiques et ils r&#233;clament le contr&#244;le par le Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'est-ce que le Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations unies sinon &#171; plusieurs &#201;tats souverains &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la r&#233;alit&#233; du Conseil de s&#233;curit&#233; hors de la r&#233;alit&#233; des &#201;tats-nations souverains qui le composent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'importe si le Secr&#233;taire d'&#201;tat am&#233;ricain, le ministre des Affaires &#233;trang&#232;res de l'URSS et le secr&#233;taire du Foreign Office de sa Majest&#233; britannique se r&#233;unissent en tant que membres du Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU ou en dehors de cette organisation en une &#171; conf&#233;rence des Ministres des Affaires &#233;trang&#232;res &#187; ? Dans l'un et l'autre cas, ils ne sont que les repr&#233;sentants attitr&#233;s de trois &#201;tats-nations souverains en d&#233;saccord ; dans l'un et l'autre cas, les d&#233;cisions finales d&#233;pendent de Washington, de Londres et de Moscou. Ces repr&#233;sentants ne peuvent que signer des accords ou des trait&#233;s et ils n'ont pas le pouvoir de cr&#233;er la loi applicable aux individus de leurs &#201;tats-nations respectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de ceux qui se rendent compte du caract&#232;re inad&#233;quat de l'organisation de San Francisco ont le sentiment que les peuples ne doivent pas &#234;tre d&#233;sillusionn&#233;s, que leur foi dans l'organisation ne doit pas &#234;tre d&#233;truite. Si cette foi n'est pas justifi&#233;e, elle doit &#234;tre d&#233;truite. Il est criminel de tromper les peuples et de leur apprendre &#224; se reposer sur de faux espoirs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les diffuseurs path&#233;tiques de l'ONU font valoir qu'elle est tout ce que nous avons, que nous devons &#234;tre pratiques et partir de ce que nous avons. Suggestion raisonnable. Il n'est gu&#232;re possible de partir d'ailleurs que de l&#224; o&#249; nous sommes. Si un homme a la rougeole, quels que soient ses projets, il doit partir avec la rougeole. Mais cela ne veut pas dire que la rougeole est un &#233;tat agr&#233;able et qu'il ne pourrait pas faire mieux ses affaires sans la rougeole. Le seul fait d'avoir quelque chose ne donne pas automatiquement &#224; cette chose de la valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Charte de San Francisco est un trait&#233; multilat&#233;ral. Cela et rien d'autre. Chaque partie peut se retirer au moment o&#249; elle le d&#233;sire et la guerre seule peut forcer les &#201;tats membres &#224; remplir leurs obligations en vertu du trait&#233;. Pendant des milliers d'ann&#233;es, l'homme a donn&#233; aux trait&#233;s entre puissances souveraines d'innombrables chances de prouver qu'ils peuvent pr&#233;venir la guerre. Mis en pr&#233;sence de la possibilit&#233; d'une guerre atomique, nous ne pouvons nous fier &#224; une m&#233;thode qui a fait mis&#233;rablement faillite des centaines de fois et n'a jamais r&#233;ussi une seule fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re condition de la paix est de comprendre que cette m&#233;thode ne peut jamais pr&#233;venir la guerre. La loi et la loi seule peut amener la paix parmi les hommes, mais jamais les trait&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'arriverons jamais &#224; un ordre l&#233;gal en amendant un syst&#232;me de trait&#233;s. Pour comprendre la t&#226;che qui nous incombe, il faudrait lire et relire dans chaque maison et dans chaque &#233;cole les d&#233;bats passionn&#233;s de Hamilton, Madison et Jay &#224; Philadelphie, en 1781. Ils ont d&#233;montr&#233; que les articles de la Conf&#233;d&#233;ration (bas&#233;s sur les m&#234;mes principes que les Nations unies) ne pouvaient pr&#233;venir la guerre entre les &#201;tats, que l'amendement de ces articles ne pouvait r&#233;soudre le probl&#232;me, que les articles de la Conf&#233;d&#233;ration devaient &#234;tre &#233;cart&#233;s et une Constitution nouvelle r&#233;dig&#233;e et adopt&#233;e, &#233;tablissant un gouvernement f&#233;d&#233;ral ayant pouvoir de l&#233;gif&#233;rer, d'appliquer et d'imposer la loi aux individus des &#201;tats-Unis. C'&#233;tait alors l'unique rem&#232;de et c'est &#233;galement l'unique rem&#232;de aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle critique de l'ONU peut choquer ceux qui sont convaincus que l'ONU est un instrument propre &#224; maintenir la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Ligue de San Francisco n'est pas un premier pas vers un ordre l&#233;gal universel. Passer du trait&#233; &#224; la loi constitue un seul pas, une seule op&#233;ration et il est impossible de la d&#233;composer en parties ou fractions. La d&#233;cision doit &#234;tre prise et l'op&#233;ration effectu&#233;e d'un seul coup. Il n'y a pas de &#171; premier pas &#187; vers le gouvernement mondial. Le gouvernement mondial est le premier pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains remarquent paternellement : &#171; Mais c'est l&#224; de l'id&#233;alisme. Soyons r&#233;alistes, donnons &#224; l'organisation de San Francisco la possibilit&#233; de travailler. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que l'id&#233;alisme ? Et qu'est-ce que le r&#233;alisme ? Est-il r&#233;aliste de croire que les trait&#233;s -que l'on a maintes et maintes fois essay&#233;s et qui ont toujours fait faillite- vont maintenant op&#233;rer miraculeusement ? Et est-il id&#233;aliste de croire que la loi -qui a toujours r&#233;ussi partout et quand elle a &#233;t&#233; appliqu&#233;e- continuera d'op&#233;rer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque fois que nos ministres des Affaires &#233;trang&#232;res ou les chefs de nos gouvernements se r&#233;unissent et d&#233;cident de ne pas d&#233;cider, se h&#226;tent d'ajourner, s'engagent &#224; ne pas contracter d'engagements, les h&#233;rauts officiels proclament triomphalement &#224; l'univers : &#171; Voil&#224; un commencement plein d'espoir. C'est le premier pas dans la bonne direction. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes toujours au commencement... Nous ne continuons jamais, jamais nous n'ex&#233;cutons, n'achevons ni ne concluons. Nous ne faisons jamais un second pas ni -Dieu nous en garde !- un troisi&#232;me. Notre vie internationale se compose d'une suite infinie de commencements qui ne commencent pas, de premiers pas qui ne m&#232;nent nulle part. Quand nous lasserons-nous de ce jeu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d'une extr&#234;me importance d'examiner ces choses dans leur vraie perspective. Nous devons repousser les exhortations des r&#233;actionnaires qui disent : &#171; Bien s&#251;r, le gouvernement mondial est le but final. Mais nous ne pouvons l'atteindre maintenant. Nous devons proc&#233;der lentement, pas &#224; pas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement mondial n'est pas un &#171; but final &#187; mais une n&#233;cessit&#233; imm&#233;diate. En fait, il s'impose depuis 1914. Les convulsions des d&#233;cennies r&#233;volues sont les sympt&#244;mes clairs d'un syst&#232;me politique mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le but final de nos efforts doit &#234;tre la solution de nos probl&#232;mes &#233;conomiques et sociaux. Ce que deux milliards d'hommes et de femmes veulent r&#233;ellement sur cette mis&#233;rable terre, c'est assez de nourriture, l'am&#233;lioration du logement, du v&#234;tement, des soins m&#233;dicaux et de l'&#233;ducation, plus de jouissance de la culture et un peu de loisir. Tels sont les buts r&#233;els de la soci&#233;t&#233; humaine, les aspirations des hommes et des femmes ordinaires dans tous les pays. Nous tous pourrions avoir ces choses. Mais nous ne pourrons en avoir aucune si tous les dix ou vingt ans nous nous laissons entra&#238;ner par nos institutions &#224; nous massacrer les uns les autres et &#224; d&#233;truire nos richesses naturelles. Un syst&#232;me mondial de gouvernement n'est que la premi&#232;re condition pour atteindre ces buts sociaux et &#233;conomiques &#224; la fois pratiques et essentiels. Ce n'est nullement un but lointain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que le passage du syst&#232;me de trait&#233; &#224; un ordre l&#233;gal s'op&#232;re ind&#233;pendamment des Nations unies ou au sein de l'ONU, peu importe. Pour amender la Charte de San Francisco -si c'est la route que nous choisissons- nous aurons &#224; la r&#233;crire si fondamentalement pour obtenir ce que nous d&#233;sirons, que rien ne demeurera du document, sinon les deux premiers mots : &#171; Chapitre permier &#187;. Le changement doit se faire dans nos esprits, dans nos conceptions. D&#232;s que nous savons ce que nous voulons, peu importe que la r&#233;forme soit ex&#233;cut&#233;e au sommet de la Tour Eiffel, sur les bancs du Yankee Stadium ou sur le seuil de l'assembl&#233;e des Nations unies.&lt;br class='autobr' /&gt;
La pierre d'achoppement pour transformer la Ligue de San Francisco en une institution gouvernementale est la conception fondamentale de la Charte exprim&#233;e &#224; la premi&#232;re phrase du second chapitre : &#171; Les membres sont les &#201;tats &#187;. Cela fait de la Charte un trait&#233; multilat&#233;ral. Aucun amendement du texte ne peut rien y faire, tant que la base elle-m&#234;me ne sera pas chang&#233;e de telle sorte que l'institution soit en relation directe non pas avec des &#201;tats, mais avec des individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, disent les d&#233;fenseurs de la Charte, le pr&#233;ambule d&#233;clare : &#171; Nous, les peuples&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposons que quelqu'un publie une proclamation commen&#231;ant ainsi : &#171; Nous, empereur de Chine&#8230; &#187; cela ferait-il de lui l'empereur de Chine ? Cet acte l'enverrait probablement plut&#244;t dans un asile d'ali&#233;n&#233;s que sur le tr&#244;ne de Chine. &#171; Nous, les peuples&#8230; &#187; -ces mots symboliques du gouvernement d&#233;mocratique- ne conviennent pas &#224; la Charte de San Francisco. Leur usage dans le pr&#233;ambule est en contradiction totale avec tout le reste, et seuls les historiens pourront d&#233;cider s'ils ont &#233;t&#233; employ&#233;s par ignorance ou par mauvaise foi. La simple v&#233;rit&#233; exige que &#171; Nous, les peuples &#187; du pr&#233;ambule de la Charte soit lu plus exactement ainsi : &#171; Nous, les Hautes Parties contractantes&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objection la plus courante de toutes est cette assertion absurde de tant d' &#171; hommes publics &#187; : &#171; Les peuples ne sont pas encore m&#251;rs pour une f&#233;d&#233;ration mondiale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut se demander comment ils le savent. Ont-ils jamais eux-m&#234;mes pr&#233;conis&#233; la f&#233;d&#233;ration mondiale ? Croient-ils eux-m&#234;mes en elle ? Se sont-ils jamais efforc&#233;s d'expliquer aux peuples ce qui provoque la guerre et quel est le m&#233;canisme de la paix dans la soci&#233;t&#233; humaine ? Apr&#232;s avoir compris le probl&#232;me, les peuples ont-ils rejet&#233; la solution et d&#233;cid&#233; qu'ils ne voulaient pas la paix par la loi et le gouvernement, mais pr&#233;f&#233;raient la guerre par la souverainet&#233; nationale ? Tant que cela n'aura pas eu lieu, personne n'a le droit de pr&#233;tendre qu'il sait ce que les peuples sont pr&#234;ts &#224; accepter. -Les id&#233;aux paraissent toujours pr&#233;matur&#233;s- jusqu'&#224; ce qu'ils deviennent p&#233;rim&#233;s. Chacun a parfaitement le droit de dire qu'il ne croit pas dans le gouvernement f&#233;d&#233;ral mondial et qu'il ne le veut pas. Mais sans avoir la foi en lui et sans l'avoir tent&#233;, personne n'a le droit d'anticiper sur la d&#233;cision des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains hommes d'&#201;tat disent qu'il est criminel de parler de la possibilit&#233; d'une guerre entre les sph&#232;res russe et anglo-am&#233;ricaine. Ce n'est qu'une opinion. Je crois, moi, qu'il est criminel de ne pas en parler. Personne n'a jamais sauv&#233; la vie d'un malade en refusant de faire le diagnostic de son mal ou d'essayer de le gu&#233;rir. Les peuples du monde doivent comprendre les forces qui les poussent vers le prochain holocauste. Cela n'a rien &#224; faire avec le communisme ou le capitalisme, avec l'individualisme ou le collectivisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'in&#233;vitable conflit entre des souverainet&#233;s non int&#233;gr&#233;es qui sont en contact. Nous pourrions mettre un communiste &#224; la Maison-Blanche ou &#233;tablir la d&#233;mocratie jeffersonienne la plus pure en Russie, et la situation resterait la m&#234;me. Si une organisation de gouvernement mondial ne peut &#234;tre &#233;tablie &#224; temps par la persuasion et le consentement, aucun miracle diplomatique n'emp&#234;chera l'explosion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se pr&#233;cipiter vers un cataclysme parfaitement &#233;vitable est indigne d'hommes raisonnables. Des centaines de millions d'&#234;tres civilis&#233;s, pleins de bonne humeur, amis de la musique et de la danse, des peuples laborieux qui pourraient collaborer en paix et jouir de la vie au sein d'une seule souverainet&#233;, sont comme des esclaves encha&#238;n&#233;s de leurs &#201;tats-nations souverains et, guid&#233;s par la crainte et la superstition, ils sont pouss&#233;s les yeux band&#233;s dans une guerre insens&#233;e. Aucun effort de n&#233;gociation, de &#171; bonne volont&#233; &#187; ou de bonne pens&#233;e, ne changera rien. Seule une compr&#233;hension claire par les peuples de ce qui les pousse vers ce conflit pourra amener sa suppression et la gu&#233;rison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle chance avons-nous de cr&#233;er un gouvernement mondial avant la prochaine guerre ? Pas beaucoup. -Supposons que nous rendions le probl&#232;me clair aux peuples d&#233;mocratiques- est-il probable que la Russie sovi&#233;tique accepte la proposition d'entrer avec nous dans une organisation gouvernementale commune ? Je crois que la r&#233;ponse sera non. Est-il possible ? Peut-&#234;tre. Mais l'alternative -une nouvelle guerre mondiale aboutissant &#224; la destruction de toutes les libert&#233;s individuelles et au r&#232;gne d'un &#201;tat totalitaire, soit le n&#244;tre soit celui de la Russie- c'est une perspective qui ne permet pas d'h&#233;siter au sujet de l'action &#224; entreprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la guerre, l'horrible guerre entre les deux groupes de nations souveraines domin&#233;es par les &#201;tats-Unis et l'URSS doit &#233;clater, que ce soit au moins la guerre civile. N'allons pas &#224; la bataille pour des bases, des territoires, pour le prestige, pour des fronti&#232;res. Combattons au moins pour un id&#233;al. La fin d'un tel combat doit automatiquement terminer les guerres entre nations et donner la victoire &#224; la f&#233;d&#233;ration mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; que nous devons constamment avoir &#224; l'esprit en luttant pour la paix est clairement exprim&#233;e par Alexandre Hamilton dans son Federalist n&#176; 6 : &#171; Esp&#233;rer le maintien de l'harmonie entre plusieurs &#201;tats ind&#233;pendants et voisins, ce serait perdre de vue le cours uniforme des &#233;v&#232;nements humains et aller contre l'exp&#233;rience des si&#232;cles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire prouve combien Hamilton avait raison et combien avaient tort ces &#171; partisans du premier pas &#187; qui pensaient que le peuple am&#233;ricain pourrait prosp&#233;rer et vivre en paix sous une l&#226;che conf&#233;d&#233;ration d'&#201;tats souverains. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans aucun doute, si les habitants de Mars ou d'une autre plan&#232;te descendaient soudain sur la Terre et mena&#231;aient de nous conqu&#233;rir, toutes les nations de notre petit monde se coaliseraient imm&#233;diatement. Nous oublierions toutes nos ridicules querelles internationales et nous consentirions avec joie &#224; nous mettre sous une m&#234;me loi, rien que pour survivre. Sommes-nous certains que l'utilisation sans frein et nationale de l'&#233;nergie atomique, l'apocalypse d'une guerre atomique mondiale, ne constituent pas une &#233;gale menace &#224; notre civilisation et &#224; l'humanit&#233;, une menace qui nous oblige imp&#233;rativement de nous &#233;lever au-dessus de nos conflits inter-nationaux p&#233;rim&#233;s et d'organiser politiquement la soci&#233;t&#233; humaine de telle sorte qu'une guerre mondiale atomique puisse &#234;tre &#233;vit&#233;e ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons tr&#232;s peu de temps pour emp&#234;cher la prochaine guerre et arr&#234;ter notre glissement vers le totalitarisme. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une requ&#234;te populaire irr&#233;sistible devrait &#234;tre formul&#233;e dans chaque pays le plus t&#244;t possible. Et quand, dans deux ou plusieurs pays, les peuples auront clairement exprim&#233; leur volont&#233;, le processus de f&#233;d&#233;ration devra commencer. Naturellement, si tous les peuples du monde &#233;taient persuad&#233;s simultan&#233;ment, ce serait la solution id&#233;ale. Mais un tel &#233;v&#233;nement est improbable. Le processus doit commencer le plus t&#244;t possible, m&#234;me avec un minimum de deux pays, parce qu'aucun argument ne peut rivaliser avec la force persuasive &#233;norme des faits. Il est absolument certain qu'une fois que le processus d'int&#233;gration inter-nationale aura commenc&#233;, son attraction sera si grande que des nations de plus en plus nombreuses y adh&#233;reront jusqu'&#224; ce que, finalement, par la force des &#233;v&#233;nements, nous arrivions &#224; un gouvernement f&#233;d&#233;ral mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous d&#233;sirons sinc&#232;rement un ordre l&#233;gal mondial, si nous abordons de plein c&#339;ur le probl&#232;me de cr&#233;er des institutions gouvernementales qui permettraient aux diff&#233;rents groupes nationaux de continuer d'organiser leurs vies &#224; leur gr&#233; dans le domaine religieux, culturel, social et &#233;conomique, qui les prot&#233;geraient, par la loi, de l'intervention des autres dans leurs affaires locales et nationales, nous n'avons aucune raison de supposer que la Russie refuserait obstin&#233;ment sa participation. Si, &#224; aucune condition, elle ne veut se joindre &#224; nous, laissons-lui la responsabilit&#233; de sa d&#233;cision. Mais ne faisons pas d&#233;pendre notre propre action de la conduite hypoth&#233;tique d'autrui. Avec un tel manque de foi, avec un tel manque de courage, aucun progr&#232;s n'est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons &#234;tre aussi parfaits dans notre poursuite de la paix que Franklin D. Roosevelt, Winston Churchill et Joseph Staline le furent dans leur poursuite de la victoire pendant la guerre. Ils n'ont pas dit : &#171; Construisons une centaine d'avions, gagnons une petite bataille, contentons nous de cela et attendons &#187;. Ils ont brandi les &#233;tendards et, quand ils eurent proclam&#233; que nous voulions une victoire compl&#232;te, totale, une capitulation sans conditions dans le plus court d&#233;lai, des centaines de millions d'entre nous les suivirent avec enthousiasme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous voulions la bombe atomique, nous n'avons pas dit que c'&#233;tait &#171; impossible &#187;, &#171; impraticable &#187;, &#171; non r&#233;aliste &#187; , nous n'avons pas dit que &#171; les peuples n'&#233;taient pas pr&#233;par&#233;s &#224; cela &#187;. Nous avons dit : nous voulons cela, nous avons besoin de cela et nous l'aurons. Et nous nous sommes mis tous &#224; y travailler avec le plus extr&#234;me &#171; perfectionnisme &#187;. Nous avons construit des villes enti&#232;res, employ&#233; deux cent mille ouvriers, d&#233;pens&#233; deux milliards de dollars et achev&#233; en moins de quatre ans l'&#339;uvre d'un demi-si&#232;cle. Le r&#233;sultat de ce perfectionnisme a &#233;t&#233; un r&#233;sultat parfait. L' &#171; impossible &#187; est devenu r&#233;alit&#233;, l' &#171; impraticable &#187; a explos&#233; au-dessus d'Hiroshima et le &#171; non r&#233;aliste &#187; a amen&#233; ce que nous voulions : la Victoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aucun probl&#232;me humain n'a jamais &#233;t&#233; r&#233;solu par une autre m&#233;thode que le perfectionnisme. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons obtenir la paix -entreprise beaucoup plus ardue et m&#234;me plus h&#233;ro&#239;que que la guerre- si nous devenons tous brusquement modestes et si nous nous contentons de ce que l'on se pla&#238;t &#224; consid&#233;rer comme un &#171; premier pas &#187;, et si, au m&#233;pris de tout le pass&#233;, nous nous ber&#231;ons de l'espoir sans espoir que quelque chose peut maintenant survenir, ce qui serait comme l'a dit justement Hamilton &#171; perdre de vue m&#233;conna&#238;tre le cours uniforme des &#233;v&#233;nements humains &#187;. Nous n'aurons jamais la paix si nous n'avons pas le courage de comprendre ce qu'elle est, si nous ne voulons pas la payer &#224; son prix et si, au lieu de travailler &#224; sa r&#233;alisation avec la plus extr&#234;me &#233;nergie, nous avons la l&#226;chet&#233; de nous r&#233;signer nous-m&#234;mes &#224; subir le syst&#232;me impraticable dont nous avons h&#233;rit&#233; et qui nous r&#233;duit tous &#224; l'esclavage. [...]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Emery Reves</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Emery-Reves-introduction</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Emery-Reves-introduction</guid>
		<dc:date>2013-10-04T20:52:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maria Luisa Majocchi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Introduction publi&#233;e dans la revue Il Federalista, Pavie, XXVIII&#232;me. ann&#233;e, 1986, N&#176; 2-3, pp. 157-170. &lt;br class='autobr' /&gt; Au lendemain du lancement de la premi&#232;re bombe atomique, un groupe de scientifiques de Oak Ridge r&#233;digea une d&#233;claration o&#249; l'on demandait de confier la puissance nucl&#233;aire &#224; un Conseil de s&#233;curit&#233; mondial auquel tous les &#201;tats auraient d&#251; permettre des inspections de leurs structures scientifiques, techniques, industrielles et militaires &#8212; et o&#249; l'on exigeait une publicit&#233; totale pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Emery-Reves-" rel="directory"&gt;Emery REVES&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Introduction publi&#233;e dans la revue Il Federalista, Pavie, XXVIII&#232;me. ann&#233;e, 1986, N&#176; 2-3, pp. 157-170.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au lendemain du lancement de la premi&#232;re bombe atomique, un groupe de scientifiques de Oak Ridge r&#233;digea une d&#233;claration o&#249; l'on demandait de confier la puissance nucl&#233;aire &#224; un Conseil de s&#233;curit&#233; mondial auquel tous les &#201;tats auraient d&#251; permettre des inspections de leurs structures scientifiques, techniques, industrielles et militaires &#8212; et o&#249; l'on exigeait une publicit&#233; totale pour tout progr&#232;s scientifique et technologique. En septembre 1945, Emery Reves&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;N&#233; en 1904 en Hongrie, licenci&#233; en &#233;conomie politique de l'Universit&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; porta cette d&#233;claration &#224; la connaissance d'Einstein en pr&#233;cisant que, pour lui, ces recommandations montraient que les scientifiques &lt;q&gt;n'ont pas saisi le probl&#232;me politique et restent prisonniers d'un internationalisme qui a fait son temps, puisqu'ils estiment qu'une ligue d'&#201;tats nationaux souverains soit en mesure de garantir la paix entre ses &#201;tats membres&#8230; Il n'est qu'un seul moyen d'emp&#234;cher la guerre atomique, c'est d'emp&#234;cher la guerre&#8230; En &#233;tudiant toutes les guerres de l'histoire&#8230; je pense que l'on peut cerner la seule et unique condition dans la soci&#233;t&#233; humaine qui donne lieu &#224; la guerre : la coexistence non int&#233;gr&#233;e de pouvoirs souverains... La paix est la loi. La paix entre des entit&#233;s sociales souveraines oppos&#233;es... ne peut &#234;tre obtenue que par l'int&#233;gration de ces entit&#233;s en conflit au sein d'une souverainet&#233; sup&#233;rieure... par la cr&#233;ation d'un gouvernement mondial... Aucun groupe de personnes n'a aujourd'hui plus d'influence sur le public que les physiciens nucl&#233;aires. Leur responsabilit&#233; dans la cr&#233;ation d'opinions politiques est consid&#233;rable... Ils devraient toujours garder pr&#233;sente &#224; l'esprit l'affirmation fondamentale de Hamilton dans The Federalist : &#034;Esp&#233;rer le maintien de l'harmonie entre plusieurs &#201;tats ind&#233;pendants et voisins, ce serait perdre de vue le cours uniforme des &#233;v&#232;nements humains et aller contre l'exp&#233;rience des si&#232;cles&#034;&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s une lettre de Emery Reves &#224; Albert Einstein, publi&#233;e dans O. Nathan, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reves reformula par la suite ces observations et les publia en postface (nous la proposons ici) &#224; son livre &lt;cite&gt;Anatomy of Peace&lt;/cite&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Traduction fran&#231;aise, Anatomie de la paix, &#233;d. Tallandier, Paris, 1947, pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, paru pour la premi&#232;re fois &#224; New York, chez Harper and Brothers, le 13 juin 1945. Cette premi&#232;re &#233;dition rencontra un succ&#232;s consid&#233;rable. Le 10 octobre de cette m&#234;me ann&#233;e, dans le &lt;cite&gt;New York Times&lt;/cite&gt;, et de nombreux et importants quotidiens des &#201;tats-Unis, fut publi&#233;e une lettre sign&#233;e, entre autres, par Albert Einstein et Thomas Mann, qui soulignait avec vigueur l'importance de ce livre et en recommandait la lecture et la discussion. Les r&#233;&#233;ditions se succ&#233;d&#232;rent avec rapidit&#233; : en janvier 1947 on avait atteint les 160 000 exemplaires, et quelques ann&#233;es plus tard le demi-million, avec des traductions dans plus de vingt langues et la publication d'extraits sur le &lt;cite&gt;Reader's Digest&lt;/cite&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour mieux &#233;valuer le climat &#233;motif qui a indubitablement favoris&#233; l'int&#233;r&#234;t (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre, n&#233; d'une r&#233;flexion sur les &#233;v&#233;nements des ann&#233;es vingt et trente, issu en droite ligne des tragiques &#233;v&#233;nements de la Seconde Guerre mondiale, soutenu par une forte charge &#233;motive et morale, et, enfin, conduit avec une intention didactique et persuasive &#233;vidente (les concepts sont r&#233;p&#233;t&#233;s avec insistance, les exemples fr&#233;quents et choisis avec grand soin font toujours r&#233;f&#233;rence &#224; des &#233;v&#233;nements historiques) nous semble &#234;tre encore aujourd'hui d'une actualit&#233; br&#251;lante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#232;me central est l'analyse des causes de la guerre et de la nature de la paix : la mise en &#233;vidence des racines de la guerre dans l'anarchie internationale et l'identification de la paix avec l'&#201;tat, avec l'ordre l&#233;gal, placent Reves dans le courant de pens&#233;e des Anglais de Federal Union. Autour de ce noyau central, on trouve aussi toute une s&#233;rie d'observations et d'intuitions qui, bien qu'elles ne parviennent pas au niveau d'une d&#233;finition rigoureuse, n'en sont pas moins d'un grand int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre commence par une d&#233;nonciation efficace : toute interpr&#233;tation des &#233;v&#233;nements historiques qui se d&#233;veloppe &#224; partir d'un point d'observation strictement national est une mystification et de ce fait, les solutions propos&#233;es par les doctrines politiques et &#233;conomiques traditionnelles pour des probl&#232;mes qui d&#233;passent la dimension nationale sont inadapt&#233;es, dans un monde que la r&#233;volution industrielle a rendu interd&#233;pendant. Une analyse claire et minutieuse des contradictions qu'engendre cette interd&#233;pendance entre des &#201;tats nationaux qui pr&#233;tendent maintenir intacte leur souverainet&#233; conduit Reves &#224; mettre en &#233;vidence les cons&#233;quences de l'existence d'un syst&#232;me d'&#201;tats anarchique : une situation de conflit permanent, la tendance &#224; la centralisation du pouvoir au sein de chaque &#201;tat (au d&#233;triment de la libert&#233;, de la d&#233;mocratie et de la justice sociale), l'impossibilit&#233; pour l'&#201;tat national d'atteindre les buts pour lesquels il a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; (garantie de la s&#233;curit&#233;, de l'ind&#233;pendance), l&#8216;impossibilit&#233; de progresser sur la voie du d&#233;veloppement qui s'&#233;tait ouverte gr&#226;ce au processus d'industrialisation, en l'absence d'un pouvoir qui puisse am&#233;nager la nouvelle dimension du march&#233; et donner le jour &#224; une seule monnaie, retirant du m&#234;me coup leur comp&#233;tence mon&#233;taire aux diff&#233;rentes souverainet&#233;s nationales qui la pr&#233;servent jalousement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un examen critique de toutes les th&#233;ories se rapportant aux causes de la guerre, qui l'am&#232;ne &#224; affirmer que sa seule v&#233;ritable cause est la division de l'humanit&#233; en &#201;tats souverains, Reves examine les solutions envisageables pour assurer la paix : il &#233;carte, car il les estime inefficaces, tant la r&#233;duction ou la limitation g&#233;n&#233;rale des armements que l'accroissement de l'arsenal militaire ; il ne croit pas &#224; l'utilit&#233; des trait&#233;s et des ligues pour la s&#233;curit&#233; collective (Soci&#233;t&#233; des nations, Nations unies) qu'il consid&#232;re m&#234;me comme &#171; un pas en arri&#232;re &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un pas qui nous &#233;loigne du but&#8230; Un conseil de nations souveraines nous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; il remet en cause le bien fond&#233; des th&#233;ories internationalistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034;Au moment o&#249; les travailleurs socialistes organis&#233;s des diff&#233;rents pays (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; il juge anachronique, &#171; ptol&#233;ma&#239;que &#187;, l'id&#233;e de favoriser l'autod&#233;termination des peuples&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parce que cet id&#233;al fut autrefois consid&#233;r&#233; comme bon &#8212; dans un monde plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il affirme que la paix est un ordre bas&#233; sur la loi et organis&#233; en institutions de type f&#233;d&#233;ral, les seules capables de garantir d&#233;mocratie et libert&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La souverainet&#233; d&#233;mocratique du peuple ne peut &#234;tre vraiment exprim&#233;e et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un tel ordre doit n&#233;cessairement s'&#233;tendre au monde entier : &lt;q&gt;Pour parler net, la crise du vingti&#232;me si&#232;cle signifie que notre plan&#232;te doit &#234;tre plac&#233;e, &#224; un certain degr&#233;, sous un contr&#244;le unifi&#233;. Notre t&#226;che, notre devoir, est d'essayer d'instituer ce contr&#244;le unifi&#233; d'une mani&#232;re d&#233;mocratique&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., p. 290.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui doit mener cette bataille ? &lt;q&gt;Laisser le probl&#232;me aux gouvernements nationaux serait sans espoir, une entreprise condamn&#233;e &#224; l'&#233;chec avant m&#234;me d'avoir commenc&#233;. Les repr&#233;sentants des &#201;tats nationaux souverains sont incapables de penser et d'agir autrement que d'apr&#232;s leurs conceptions natio-centriques&#8230; De gens qui sont les b&#233;n&#233;ficiaires du vieux syst&#232;me &#8212; incapables de penser par eux-m&#234;mes et victimes de la m&#233;thode scandaleuse dont on enseigne l'histoire dans tous les pays civilis&#233;s &#8212;, nous ne pouvons attendre des id&#233;es constructives&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., p. 280-281.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'entreprise revient donc &#224; un &lt;q&gt;mouvement conduit par des hommes qui ont appris des Eglises et des partis politiques comment on diffuse les id&#233;es et comment on met sur pied une organisation dynamique &#224; l'appui d'une id&#233;e&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., p. 282. Cette sollicitation semblait alors avoir &#233;t&#233; recueillie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et c'est cela qui sera la vraie r&#233;volution : &lt;q&gt;Au milieu du vingti&#232;me si&#232;cle, aucun mouvement ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme r&#233;volutionnaire s'il ne concentre son action et sa puissance sur la destruction de cette institution tyrannique (l'&#201;tat national) qui transforme les hommes en meurtriers et en esclaves, pour sa propre pr&#233;servation et sa propre glorification&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., p. 292.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;N&#233; en 1904 en Hongrie, licenci&#233; en &#233;conomie politique de l'Universit&#233; de Zurich, Emery Reves fonda en 1930 la Cooperation Press Service et la Cooperation Publishing Company (avec si&#232;ge social &#224; Paris et &#224; Londres) qui devinrent des points d'observation attentifs des &#233;v&#233;nements internationaux. Auteur de plusieurs publications d'information contre le nazisme, il &#233;chappa par trois fois &#224; la Gestapo. En 1941, il quitta la France et s'installa &#224; New York, o&#249; il travailla comme journaliste, activit&#233; qu'il poursuivit en Europe o&#249; il se r&#233;installa apr&#232;s la guerre. &#192; la fin de sa vie il se retira en France, sur la C&#244;te d'Azur o&#249; il est mort dans les ann&#233;es quatre-vingt.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s une lettre de Emery Reves &#224; Albert Einstein, publi&#233;e dans O. Nathan, H. Norden, &lt;cite&gt;Einstein on Peace&lt;/cite&gt;, &#233;d. Avenel Books, New York, 1981, pp. 337-338.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Traduction fran&#231;aise, &lt;cite&gt;Anatomie de la paix&lt;/cite&gt;, &#233;d. Tallandier, Paris, 1947, pp. 313.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour mieux &#233;valuer le climat &#233;motif qui a indubitablement favoris&#233; l'int&#233;r&#234;t pour cet ouvrage, il faut peut-&#234;tre rappeler ici quelques passages de l'appel lanc&#233; par l'organisation des Student Federalists de New York dans l'&#171; Appel aux &#233;tudiants d'Angleterre &#187; : &lt;q&gt;Nous, Etudiants f&#233;d&#233;ralistes, qui repr&#233;sentons des groupes d'&#233;tudiants de soixante universit&#233;s et Coll&#232;ges am&#233;ricains, parmi lesquels, Yale, Smith, Vassar, Wellesley, Chicago et Stanford, nous vous demandons, Etudiants d'Angleterre, de lire, d'&#233;tudier et de discuter le livre d'Emery Reves, &lt;cite&gt;Anatomie de la paix&lt;/cite&gt;. Beaucoup d'entre nous &#233;taient soldats durant la derni&#232;re guerre et nous sommes d&#233;mobilis&#233;s depuis peu de temps. Nous sommes encore assez jeunes pour &#234;tre des soldats dans la prochaine guerre. Nous sommes certains que vous conviendrez avec nous que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour emp&#234;cher une autre guerre mondiale, qui pourrait cette fois, avec la bombe atomique, d&#233;truire compl&#232;tement notre plan&#232;te. Nous avons attentivement &#233;tudi&#233; le probl&#232;me et nous sommes parvenus &#224; la conclusion qu'aucun trait&#233;, aucune alliance, aucune ligue comme celle des Nations unies, ne peut nous prot&#233;ger d'une autre catastrophe. La loi seule peut apporter la paix, seul un gouvernement f&#233;d&#233;ral mondial pourra apporter la paix mondiale&lt;/q&gt;. (Cet appel est publi&#233; dans l'introduction &#224; l'&#233;dition anglaise de &lt;cite&gt;The Anatomy of Peace&lt;/cite&gt;, Penguin Books, Londres, 1947, pp. 11-12).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;q&gt;Un pas qui nous &#233;loigne du but&#8230; Un conseil de nations souveraines nous ram&#232;ne en arri&#232;re : il plonge artificiellement la vie de la structure du monde en &#201;tats-nations, et c'est par suite un pas vers la guerre.&lt;/q&gt;. &lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, p. 263.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;Au moment o&#249; les travailleurs socialistes organis&#233;s des diff&#233;rents pays eurent &#224; choisir d'une part entre la fid&#233;lit&#233; envers leurs camarades des organisations internationales, pour la lutte de classes internationalement organis&#233;e au sein des nations, et la fid&#233;lit&#233; envers leurs compatriotes dans la lutte naturellement organis&#233;e entre nations d'autre part, ils choisirent invariablement cette derni&#232;re&#034; (&lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 193) ; et, encore, &#034;L'internationalisme renferme le nationalisme&#8230; Il reconna&#238;t comme supr&#234;mes les institutions de l'&#201;tat-nation souverain et emp&#234;che l'int&#233;gration des peuples dans une soci&#233;t&#233; supranationale&#034;(&lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, pp. 203 204).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;q&gt;Parce que cet id&#233;al fut autrefois consid&#233;r&#233; comme bon &#8212; dans un monde plus &#233;tendu, plus simple, moins enchev&#234;tr&#233; &#8212;, il garde une formidable puissance d'attraction... Le chaos actuel du monde... Il n'y sera pas rem&#233;di&#233; le moins du monde par la cr&#233;ation de nouvelles unit&#233;s souveraines... Tout au contraire, le mal qui ravage aujourd'hui notre globe s'intensifierait puisqu'il est, dans une large mesure, le r&#233;sultat direct du mythe de l'ind&#233;pendance politique totale dans un monde de totale interd&#233;pendance &#233;conomique et sociale&lt;/q&gt;. (&lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, pp. 209-210).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;q&gt;La souverainet&#233; d&#233;mocratique du peuple ne peut &#234;tre vraiment exprim&#233;e et institu&#233;e effectivement que si les affaires locales sont aux mains d'un gouvernement local, les affaires nationales aux mains d'un gouvernement national, et les affaires internationales aux mains d'un gouvernement international mondial. C'est seulement si le peuple, en qui repose tout pouvoir souverain, d&#233;l&#232;gue une partie de sa souverainet&#233; &#224; des institutions cr&#233;&#233;es sp&#233;cialement pour r&#233;soudre des probl&#232;mes sp&#233;cifiques, que nous pouvons dire que nous avons un gouvernement de forme d&#233;mocratique... C'est seulement dans un ordre mondial fond&#233; sur la s&#233;paration des souverainet&#233;s que la libert&#233; individuelle peut &#234;tre une r&#233;alit&#233;... La d&#233;mocratie a besoin de la s&#233;paration des souverainet&#233;s et d'institutions s&#233;par&#233;es pour r&#233;gler les affaires aux diff&#233;rents degr&#233;s, afin d'exprimer d'une mani&#232;re ad&#233;quate la souverainet&#233; de la communaut&#233;&lt;/q&gt;. &lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, pp. 152-153.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, p. 290.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, p. 280-281.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, p. 282. Cette sollicitation semblait alors avoir &#233;t&#233; recueillie par le groupe des &#201;tudiants f&#233;d&#233;ralistes am&#233;ricains qui, dans l'Appel pr&#233;c&#233;demment cit&#233;, ajoutaient : &lt;q&gt;Si vous &#234;tes d'accord avec nous&#8230; organisez vous avec vos amis &#233;tudiants pour cr&#233;er un mouvement actif dans toutes vos universit&#233;s et vos Colleges comme nous l'avons fait aux &#201;tats-Unis. Si cela marche, avertissez-nous, comme cela nous pourrons unir nos forces rapidement et cr&#233;er un mouvement de jeunes mondial et fort qui fera conna&#238;tre aux gouvernements concern&#233;s sa volont&#233; de vivre et sa volont&#233; d'unir les &#201;tats nationaux en conflit, au sein d'un ordre l&#233;gal mondial qui est pour nous le seul moyen de jouer notre r&#244;le et de promouvoir le progr&#232;s humain&lt;/q&gt;. &#192; quarante ans de distance nous devons h&#233;las constater que cela ne s'est pas produit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, p. 292.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
