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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>Michel D&#233;voluy, Comprendre le d&#233;bat europ&#233;en. </title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Michel-Devoluy-Comprendre-le-debat</link>
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		<dc:date>2014-05-13T08:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ulrich Bohner</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Petit guide &#224; l'usage des citoyens qui ne croient plus &#224; l'Europe, &#233;d. Seuil, Edition Points, janvier 2014, 7 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
A quelques dizaines de jours des &#233;lections europ&#233;ennes du 25 mai prochain, ce petit livre est destin&#233; &#224; devenir un vrai livre de chevet pour tous ceux qui s'int&#233;ressent un tant soit peu s&#233;rieusement aux enjeux de ce scrutin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Michel D&#233;voluy est Professeur &#233;m&#233;rite de l'Universit&#233; de Strasbourg, titulaire d'une chaire Jean Monnet d'&#233;conomie europ&#233;enne, et co-Directeur de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-163-Mars-2014-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 163 &#8211; Mars 2014&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Petit guide &#224; l'usage des citoyens qui ne croient plus &#224; l'Europe, &#233;d. Seuil, Edition Points, janvier 2014, 7 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A quelques dizaines de jours des &#233;lections europ&#233;ennes du 25 mai prochain, ce petit livre est destin&#233; &#224; devenir un vrai livre de chevet pour tous ceux qui s'int&#233;ressent un tant soit peu s&#233;rieusement aux enjeux de ce scrutin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel D&#233;voluy est Professeur &#233;m&#233;rite de l'Universit&#233; de Strasbourg, titulaire d'une chaire Jean Monnet d'&#233;conomie europ&#233;enne, et co-Directeur de l'Observatoire des politiques &#233;conomiques en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier m&#233;rite du livre est de nous fournir une analyse d&#233;taill&#233;e mais succincte du fonctionnement des institutions de l'Union Europ&#233;enne tel qu'il r&#233;sulte notamment des Trait&#233;s de Lisbonne, dans un langage simple, &#224; la port&#233;e de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, bien au-del&#224; du descriptif institutionnel, il pose les questions-cl&#233; , notamment sur la d&#233;finition de l'identit&#233; europ&#233;enne, en concluant (p. 102) que &#171; seule l'&#233;dification d'une Europe f&#233;d&#233;r&#233;e permettra de v&#233;ritablement s&#233;dimenter une forme robuste d'identit&#233; europ&#233;enne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;voluy nous propose aussi une r&#233;flexion sur l'action future, bas&#233;e sur une critique bien argument&#233;e du n&#233;olib&#233;ralisme comme doctrine &#233;conomique dominante, en nous proposant d'&#234;tre plus exigeants sur l'Europe sociale, et en pr&#233;conisant une mobilisation citoyenne, devant aboutir &#224; l'&#233;laboration d'une constitution pour une Europe f&#233;d&#233;rale, &#171; une Europe d&#233;mocratique au service des citoyens &#187; (p.131). Mais pour cela, il faut se convaincre &#171; de l'importance r&#233;elle de l'Europe pour chacun d'entre nous &#187;(p.97) . Il s'oppose r&#233;solument &#224; toute id&#233;e de retour aux Etats-nations ou de repli nationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d&#233;passer le souverainisme en partageant la souverainet&#233; entre les Etats et la f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne, &#171; en combinant efficacit&#233;, solidarit&#233; et d&#233;mocratie &#187; (p. 133)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces propositions semblent assez proches d'une &#171; initiative citoyenne europ&#233;enne &#187; lanc&#233;e cette ann&#233;e par des f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens de huit pays, pour un &#171; New deal 4 Europe &#187;, ou un &#171; Plan europ&#233;en extraordinaire de d&#233;veloppement durable et pour la cr&#233;ation d'emplois &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si l'on ne devait pas partager toutes les propositions qui figurent dans les derni&#232;res pages du livre, il offre beaucoup de mati&#232;re &#224; r&#233;flexion et &#224; d&#233;bat. L'id&#233;e que les citoyens puissent&#171; mettre le Parlement europ&#233;en (nouvellement &#233;lu) au pied du mur de ses responsabilit&#233;s &#187; (p. 154) semble s&#233;duisante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ulrich Bohner&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sident de la Maison de l'Europe Strasbourg Alsace (MESA)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>J&#252;rgen Habermas, La Constitution de l'Europe</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Jurgen-Habermas-La-Constitution-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Jurgen-Habermas-La-Constitution-de</guid>
		<dc:date>2014-05-12T08:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Herland</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#201;d. Gallimard, coll. &#171; nrf essais &#187;, Paris, 2012, 224 p. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ed. originale, Zur Verfassung Europas, ein Essay, publi&#233; en Allemagne en 2011 &lt;br class='autobr' /&gt; Le livre de J&#252;rgen Habermas, Zur Verfassung Europas, ein Essay, publi&#233; en Allemagne en 2011, a &#233;t&#233; traduit en fran&#231;ais l'ann&#233;e suivante aux &#233;ditions Gallimard.[17] Compl&#233;t&#233;e par divers articles, l'&#233;tude sur la constitution europ&#233;enne[18] occupe la partie centrale de l'ouvrage. Habermas y d&#233;veloppe une conception originale, celle de &#171; souverainet&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-163-Mars-2014-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 163 &#8211; Mars 2014&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;d. Gallimard, coll. &#171; nrf essais &#187;, Paris, 2012, 224 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ed. originale, Zur Verfassung Europas, ein Essay, publi&#233; en Allemagne en 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le livre de J&#252;rgen Habermas, Zur Verfassung Europas, ein Essay, publi&#233; en Allemagne en 2011, a &#233;t&#233; traduit en fran&#231;ais l'ann&#233;e suivante aux &#233;ditions Gallimard.[17] Compl&#233;t&#233;e par divers articles, l'&#233;tude sur la constitution europ&#233;enne[18] occupe la partie centrale de l'ouvrage. Habermas y d&#233;veloppe une conception originale, celle de &#171; souverainet&#233; partag&#233;e &#187;, qui peut appara&#238;tre &#224; mi-chemin entre le f&#233;d&#233;ralisme et le conf&#233;d&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;tude part d'un double constat : 1&#176; - &#171; la crise est venue de ce que l'Union europ&#233;enne (UE) n'avait pas la comp&#233;tence pour imposer une n&#233;cessaire harmonisation des &#233;conomies nationales &#187; (p. 68) ; 2&#176; - &#171; depuis que les march&#233;s mondialis&#233;s se sont h&#226;t&#233;s de mettre, entre eux et la politique, la plus grande distance possible, il est devenu de plus en plus difficile aux pays de l'OCDE de stimuler la croissance &#233;conomique en veillant en m&#234;me temps &#224; ce qu'une large partie de la population b&#233;n&#233;ficie non seulement d'une s&#233;curit&#233; sociale mais encore d'une r&#233;partition &#224; peu pr&#232;s &#233;quitable des revenus &#187; (p. 69).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des transferts de comp&#233;tence en faveur de l'Europe sont donc n&#233;cessaires, si l'on admet que seule une Europe plus unie pourrait imposer des r&#232;gles du jeu moins contraires &#224; l'int&#233;r&#234;t des peuples. Encore faudrait-il que ces r&#232;gles traduisent v&#233;ritablement les aspirations du peuple europ&#233;en, car l'&#233;tat actuel des institutions europ&#233;ennes pose un probl&#232;me &#233;vident de l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique. Mais existe-t-il un &#171; peuple europ&#233;en &#187; sur lequel fonder quelque chose qui pourrait ressembler &#224; un &#201;tat europ&#233;en ? On reconna&#238;tra que, avec une Europe &#233;largie d&#233;sormais &#224; vingt-huit membres, la question puisse se poser. Avant de consid&#233;rer la r&#233;ponse d'Habermas, disons tout de suite qu'il choisit de s'en remettre au droit constitutionnel pour &#171; civiliser et humaniser les rapports de force, tant au niveau &#233;tatique que social &#187; (p. 72).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fonctionnement actuel de l'Europe comporte deux innovations remarquables selon notre auteur. &#171; D'une part, les &#201;tats membres, tout en conservant le monopole de la force, se soumettent&#8230; au droit supranational ; d'autre part ils partagent en un certain sens leur &#8216;souverainet&#233;' avec l'ensemble des citoyens de l'Union &#187; (pp. 78-79).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la situation pr&#233;sente, l'Europe demeure n&#233;anmoins une f&#233;d&#233;ration sans &#201;tat f&#233;d&#233;ral, dans laquelle chaque &#201;tat national demeure le garant du droit et de la libert&#233; de ses propres citoyens. En m&#234;me temps, le renforcement de l'int&#233;gration d&#233;j&#224; en &#339;uvre en Europe traduit une n&#233;cessit&#233; puisque nos &#201;tats-nations s'av&#232;rent d&#233;sormais incapables de r&#233;pondre efficacement &#224; un grand nombre de probl&#232;mes concrets en mati&#232;re &#233;conomique et sociale. Ce constat fonde en l&#233;gitimit&#233;, selon Habermas, la transition vers la &#171; d&#233;mocratie transnationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une difficult&#233; subsiste. Dans le droit comme dans les esprits, les rapports qui existent entre les citoyens au sein d'un &#201;tat d&#233;mocratique sont d'une nature diff&#233;rente de ceux qui s'instaurent entre &#201;tats. Tandis que la &#171; libert&#233; l&#233;gale &#187; des citoyens est soumise &#224; l'acceptation de la loi majoritaire, un &#201;tat conserve son &#171; libre arbitre &#187; aussi longtemps qu'il ne lui est pas d&#233;ni&#233; par la force d'un autre &#201;tat (jus ad bellum).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi cette analyse conduit-elle ? Selon Habermas, le maintien des &#201;tats-nations est possible, et donc le maintien de la libert&#233; auxquels leurs citoyens sont attach&#233;s, pourvu que ces derniers &#171; participent selon un processus d&#233;mocratique &#224; la l&#233;gislation supranationale &#187; (p. 83).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ne parvient-on pas &#224; la solution &#233;vidente qui donnerait corps &#224; ce processus supranational : la f&#233;d&#233;ration ? La r&#233;ponse fournie par Habermas para&#238;t suffisamment convaincante : &#224; la diversit&#233; linguistique et culturelle, qui constitue un premier obstacle, s'ajoute le fait que les &#201;tats europ&#233;ens sont les premiers qui sont &#171; parvenus &#224; la maturit&#233; en tant que nations &#187; (p. 94), et que non seulement ils ont le souvenir des guerres qui les ont oppos&#233;s mais que, en outre, ils ont mis en place des syst&#232;mes sociaux qui, sans &#234;tre totalement inconciliables sont n&#233;anmoins clairement diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute donc de parvenir &#224; br&#232;ve &#233;ch&#233;ance &#224; cette f&#233;d&#233;ration que tous les lecteurs de F&#233;d&#233;choses (ou du Federalist Debate) appellent de leurs v&#339;ux, il faut donc selon Habermas imaginer une autre modalit&#233; de coop&#233;ration, la &#171; souverainet&#233; partag&#233;e &#187; (p. 99). Dans l'organisation actuelle de l'Europe, le maintien de la souverainet&#233; &#233;tatique se voit &#224; de nombreux signes, comme le maintien de la proc&#233;dure unanimitaire pour la r&#233;vision des trait&#233;s ou le droit laiss&#233; &#224; chaque &#201;tat de quitter l'Union s'il le souhaite. Selon Habermas, le n&#339;ud du probl&#232;me &#8211; ce qui explique le maintien de ces pr&#233;rogatives &#233;tatiques &#8211; r&#233;side dans l'exigence formul&#233;e (implicitement) par chacun des peuples, que l'Union ne puisse en aucun cas imposer une &#171; offre &#187; concernant les &#171; libert&#233;s civiles &#187;[19] qui serait inf&#233;rieure &#224; celle de leur &#201;tat (p. 100).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ne pas se contenter de la simple application du principe de subsidiarit&#233; dans le cadre d'une f&#233;d&#233;ration ? Parce que, r&#233;pond Habermas, si un &#201;tat f&#233;d&#233;r&#233; peut &#234;tre d&#233;clar&#233; responsable des particularit&#233;s historiques, socioculturelles, de sa population, c'est le niveau f&#233;d&#233;ral qui garantit les libert&#233;s fondamentales. Or, d'apr&#232;s ce qui vient d'&#234;tre dit, les citoyens des divers pays membres ne voudraient pas d'un tel partage des pouvoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les citoyens europ&#233;ens ne sont pas encore m&#251;rs pour une f&#233;d&#233;ration, on ne doit pas en conclure qu'un renforcement de la d&#233;mocratie europ&#233;enne n'est pas n&#233;cessaire ou pas possible. La situation actuelle est caract&#233;ris&#233;e par le r&#244;le pr&#233;dominant du Conseil (des chefs d'&#201;tat et de gouvernement), d'ailleurs renforc&#233; par le Trait&#233; de Lisbonne. Or le traitement par le Conseil de la crise financi&#232;re qui a &#233;clat&#233; en 2008 a conduit &#224; des d&#233;cisions tr&#232;s lourdes de cons&#233;quences pour les peuples des pays les plus atteints par la crise, sans que ces derniers, ou le Parlement europ&#233;en, aient eu v&#233;ritablement leur mot &#224; dire. Plus r&#233;cemment, le fait de soumettre les budgets nationaux &#224; une d&#233;cision prise au niveau europ&#233;en, fait peser sur l'ensemble de la zone euro la menace d'une aust&#233;rit&#233; renforc&#233;e, au moment m&#234;me o&#249; celle-ci s'enfonce dans la r&#233;cession, ce qui ne peut qu'encourager l'hostilit&#233; des citoyens &#224; l'&#233;gard de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de faire &#233;voluer les institutions vers un fonctionnement plus d&#233;mocratique, Habermas propose certaines mesures pour r&#233;&#233;quilibrer les comp&#233;tences entre le Parlement et le Conseil, la Commission &#233;tant rel&#233;gu&#233;e dans un r&#244;le subalterne face &#224; ces deux institutions dont elle d&#233;pendrait simultan&#233;ment. Pour que le Parlement joue mieux son r&#244;le de repr&#233;sentation du peuple europ&#233;en, il conviendrait &#233;videmment d'unifier le droit &#233;lectoral et de cr&#233;er de v&#233;ritables partis transnationaux. Mais les difficult&#233;s auxquelles l'Europe se trouve confront&#233;e exigent davantage. Lorsqu'il a fallu parer dans l'urgence &#224; la situation de crise financi&#232;re aig&#252;e de certains pays, ces derniers &#8211; comme on vient de le rappeler &#8211; ont &#233;t&#233; contraints d'accepter des plans d'aust&#233;rit&#233; extr&#234;mement rigoureux, qui auraient d&#251;, dans le cadre d'une Union v&#233;ritable, &#234;tre accompagn&#233;s par des aides en provenance de l'Union. Or de telles mesures positives supposeraient l'existence d'une &#171; solidarit&#233; civique &#233;largie &#187; (p. 106) qui est encore &#224; cr&#233;er. On sait l'importance de la communication dans la r&#233;flexion d'Habermas. Ce dernier souligne &#224; juste titre le d&#233;ficit qui r&#232;gne en la mati&#232;re dans les pays membres. Autant les m&#233;dias nationaux se montrent prolixes lorsqu'il s'agit de relater des n&#233;gociations au cours desquelles le gouvernement d&#233;fend &#171; de haute lutte &#187; les int&#233;r&#234;ts nationaux, autant ils se font discrets sur les d&#233;cisions du Parlement de Strasbourg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que la zone euro sorte du cercle vicieux de la dette, de l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire et de la r&#233;cession il conviendrait, selon une analyse tr&#232;s commun&#233;ment admise &#8211; sinon &#171; unanime &#187; (p. 111) &#8211; qu'elle soit dot&#233;e des comp&#233;tences n&#233;cessaires pour faire converger les &#233;volutions &#233;conomiques et sociales des pays membres. Or la voie actuelle &#8211; tendant &#224; renforcer le pouvoir du Conseil &#8211; est lourde de danger pour les peuples comme pour la construction europ&#233;enne, puisque, comme d&#233;j&#224; not&#233;, la politique mise en &#339;uvre par le Conseil, qui n'est au fond que soumission aux imp&#233;ratifs du march&#233;, rend l'Europe de moins en moins l&#233;gitime aux yeux de ses peuples. &#192; poursuivre sur cette voie, &#171; les chefs d'&#201;tat et de gouvernement retourneraient le projet europ&#233;en en son contraire &#187; (p. 112).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la &#171; solidarit&#233; civique &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne &#187; ne s'instaurera pas tant que les niveaux de vie ne se seront pas suffisamment rapproch&#233;s (ce qui n'implique en aucune mani&#232;re &#171; l'aplatissement des diff&#233;rences culturelles &#187; &#8211; p. 113). D&#232;s lors, conclut Habermas, la solution de la crise europ&#233;enne r&#233;clame un changement de paradigme (de nouveaux objectifs et un nouveau mode de gestion), puisque le mode de gouvernance en vigueur, insuffisamment d&#233;mocratique, s'av&#232;re au service d'objectifs largement impopulaires. Jusqu'ici, un tel changement de paradigme ne pourrait advenir sans l'accord des chefs d'&#201;tat et de gouvernement, d'o&#249; l'aporie qui n'&#233;chappe pas &#224; Habermas : il faudrait que ces responsables politiques &#171; expriment une volont&#233; qui, allant dans le sens de l'int&#233;r&#234;t d'un bien commun europ&#233;en, entrerait en contradiction avec leur int&#233;r&#234;t personnel dans la sauvegarde de leur propre pouvoir &#187; (p. 112). Alors que faire ? Les tentatives des f&#233;d&#233;ralistes pour passer au-dessus des &#201;tats (Congr&#232;s du peuple europ&#233;en,&#8230;) n'ont pas abouti. N&#233;anmoins le nouveau processus d'Initiative citoyenne europ&#233;enne (ICE), ent&#233;rin&#233; par le Trait&#233; de Lisbonne, offre un cadre d'action porteur d'un v&#233;ritable espoir, s'il n'a pas encore d&#233;montr&#233; son efficacit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La d&#233;mocratie directe : force motrice d'une nouvelle culture de la politique f&#233;d&#233;rale</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/La-democratie-directe-force</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/La-democratie-directe-force</guid>
		<dc:date>2014-05-09T08:44:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Elisabeth Alber</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans le monde d'aujourd'hui la prise de position est toujours plus complexe. La globalisation, l'int&#233;gration europ&#233;enne et l'individualisation remettent en question les formes d&#233;mocratiques de la prise de position politique. Des acteurs diff&#233;rents avec des l&#233;gitimit&#233;s diff&#233;rentes, jouent tous un r&#244;le dans l'&#233;laboration de presque toutes les politiques. La d&#233;mocratie directe ouvre des possibilit&#233;s pour la participation directe des citoyens dans la prise de position politique. Elle encourage (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-163-Mars-2014-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 163 &#8211; Mars 2014&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le monde d'aujourd'hui la prise de position est toujours plus complexe. La globalisation, l'int&#233;gration europ&#233;enne et l'individualisation remettent en question les formes d&#233;mocratiques de la prise de position politique. Des acteurs diff&#233;rents avec des l&#233;gitimit&#233;s diff&#233;rentes, jouent tous un r&#244;le dans l'&#233;laboration de presque toutes les politiques. La d&#233;mocratie directe ouvre des possibilit&#233;s pour la participation directe des citoyens dans la prise de position politique. Elle encourage la participation et d&#233;veloppe la sensibilisation citoyenne. C'est donc un outil possible pour surmonter les d&#233;ficits d&#233;mocratiques et accro&#238;tre la transparence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 1990, &#224; la fois le nombre des Etats qui offrent des possibilit&#233;s pour un engagement direct des citoyens dans le processus de d&#233;cision et l'utilisation de ces instruments ont consid&#233;rablement augment&#233;. Dans l'ensemble, le mod&#232;le de d&#233;mocratie directe en Europe repr&#233;sente une mosa&#239;que color&#233;e sur quatre niveaux de syst&#232;mes politiques : local, r&#233;gional, national et europ&#233;en[9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'hypoth&#232;se que la d&#233;mocratie directe et la d&#233;mocratie repr&#233;sentative sont des parties constituantes du principe d&#233;mocratique, la d&#233;mocratie directe dans le pr&#233;sent article se r&#233;f&#232;re aux citoyens qui font la politique et les d&#233;cisions l&#233;gales en personne, sans passer par les repr&#233;sentants et les l&#233;gislatures. En d'autres termes, les instruments de la d&#233;mocratie directe sont consid&#233;r&#233;s comme des moyens de changement institutionnel et une exp&#233;rience de la culture f&#233;d&#233;rale, et plus pr&#233;cis&#233;ment, du f&#233;d&#233;ralisme comme, &#224; la fois une forme de d&#233;cision des pouvoirs et des responsabilit&#233;s et un instrument de coordination et de coop&#233;ration entre les niveaux de gouvernement de toutes les parties prenantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article soutient la these que la d&#233;mocratie directe peut ouvrir de nouveaux espaces dans le d&#233;bat pour donner aux peuples une plus grande participation et renforcer la d&#233;mocratie de bas en haut (perspective de science politique). Envelopp&#233;s dans une perspective de droit constitutionnel comparatif, l'&#233;mergence et le d&#233;veloppement de la d&#233;mocratie directe peuvent aussi &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme l'expression d'une version red&#233;finie de la cat&#233;gorisation classique centralisation / d&#233;centralisation (niveau central contre subnational). L'article n'a pas pour but de favoriser ou d&#233;favoriser les formes de d&#233;mocratie directe mais il a pour but de faire r&#233;fl&#233;chir sur, &#224; la fois, la relation entre la d&#233;mocratie directe et le f&#233;d&#233;ralisme, et la relation entre la d&#233;mocratie directe et les droits des minorit&#233;s. Ce dernier point se r&#233;f&#232;re &#224; des contextes ethniquement sensibles o&#249; des instruments de d&#233;mocratie directe (par exemple des r&#233;f&#233;rendums pour abroger une loi et des initiatives l&#233;gislatives directes de la part des citoyens avec des seuils minima) se heurtent &#224; l'int&#233;r&#234;t qu'il y a &#224; prot&#233;ger des groupes minoritaires existants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;mocratie directe et le f&#233;d&#233;ralisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme est une forme politique de division constitutionnalis&#233;e du pouvoir par laquelle l'autorit&#233; est partag&#233;e et les pouvoirs sont divis&#233;s entre plusieurs niveaux de gouvernement. La d&#233;-concentration du pouvoir est un instrument pour &#233;viter l'accumulation du pouvoir et c'est donc un &#233;l&#233;ment esentiel de la d&#233;mocratie. Des possibilit&#233;s plus &#233;tendues pour une prise de d&#233;cision d&#233;mocratique sont au c&#339;ur du f&#233;d&#233;ralisme, de m&#234;me que l'opportunit&#233; d'une participation plus large et d'une contribution plus importante &#224; la prise de d&#233;cision publique par tous les &#233;l&#233;ments de la soci&#233;t&#233; civile. En Europe, pendant les derni&#232;res d&#233;cennies, l'administration territoriale au niveau f&#233;d&#233;ral, r&#233;gional et d&#233;l&#233;gu&#233;s s'est &#233;tabli de fa&#231;on &#224; rendre les politiques plus accessibles aux citoyens et non-citoyens, en les impliquant dans les processus de gouvernement (pour preuve, il suffit de penser aux instruments de d&#233;mocratie participative et d&#233;lib&#233;rative, comme les jurys citoyens et les comit&#233;s consultatifs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur cet arri&#232;re-plan, la realtion entre d&#233;mocratie directe et f&#233;d&#233;ralisme est consid&#233;r&#233;e comme une d&#233;pendance b&#233;n&#233;fique et mutuelle. A la fois l'approche f&#233;d&#233;raliste pour gouverner et les instruments de d&#233;mocratie directe devraient garantir une plus grande efficacit&#233; et une m&#233;illeure d&#233;mocratie. Le f&#233;d&#233;ralisme d&#233;plcae les comp&#233;tences vers un niveau inf&#233;rieur en permettant l'acomodation de dif&#233;frents groupes d'int&#233;r&#234;t et des diversit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale il y a une qu&#234;te pour des sch&#233;mas de d&#233;mocratie participative adapt&#233;s &#224; tous les processus de prise de d&#233;cision, &#224; tous les niveaux de gouvernement ; ils ont souvent pour r&#233;sultat des constructions institutionnelles asym&#233;triques et des politiques diff&#233;renci&#233;es pour mieux r&#233;pondre aux pr&#233;f&#233;rences des &#233;lecteurs et aux n&#233;cessit&#233;s locales. L'introduction de m&#233;canismes d&#233;mocratiques directs dans le pouvoir local et sub-national peut aussi &#234;tre comme un rem&#232;de &#224; des blocages de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative en offrant un syst&#232;me qui permette &#224; l'&#233;lectorat d'exprimer sa volont&#233; assez rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau europ&#233;en, pour la premi&#232;re fois dans l'hitoire, le Trait&#233; d'union europ&#233;enne (TUE) inclue dans son article 11[10] une proc&#233;dure d&#233;mocratique directe, transnationale et trans-frontali&#232;re. C'est un d&#233;veloppement significatif pour l'int&#233;gration europ&#233;enne qui va au-del&#224; de la dimension l&#233;gale et peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme le premier &#233;l&#233;ment d'une d&#233;mocratie transnationale directe ; cependant, il faut garder &#224; l'esprit, que l'Initiative des Citoyens Europ&#233;ens (ICE) n'est pas une initiative directe comme celle offerte par un certain nombre d'Etats qui aboutit &#224; un r&#233;f&#233;rendum au resultat contraignant, mais plut&#244;t une initiative-agenda qui demande &#224; la Commission de r&#233;diger une l&#233;gislation. L'ICE peut aussi &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un moyen effectif de mettre en route des proc&#233;dures d&#233;lib&#233;ratives transnationales en donnant au public une plateforme pour des discussions politiques plus soutenues au niveau europ&#233;en&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;mocratie directe et les droits des minorit&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les deux concepts, d&#233;mocratie directe et droits des minoit&#233;s, sont prima facie deux concepts contradictoires. La nature inh&#233;rente de la d&#233;mocratie directe c'est que la majorit&#233; pr&#233;vaut sur la minorit&#233;. En fait, les instruments de d&#233;mocratie directe permettent &#224; une majorit&#233; de citoyens d'imposer leur loi &#224; une minorit&#233;, tandis que la protection des droits des minorit&#233;s est principalement bas&#233;e sur des garanties qui ne sont pas li&#233;es au facteur num&#233;rique pur et simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les opposants aux instruments de la d&#233;mocratie directe affirment que ces derniers sont susceptibles de mettre en danger les droits de l'homme (et ainsi les droits des minorit&#233;s[11]). Cependant les partisans des instruments de la d&#233;mocratie directe ont tendance &#224; oublier qu'il y a une contradiction entre leur usage et le droit des minorit&#233;s comme partie des droits de l'homme. A leurs yeux la d&#233;mocratie directe est consid&#233;r&#233;e comme le but ultime de l'affirmation des droits civiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences de l'introductiion d'instruments de d&#233;mocratie directe dans des soci&#233;t&#233;s avec majorit&#233;-minorit&#233; et multi-minorit&#233;, doivent &#234;tre prises en compte avec pr&#233;caution en particulier si le syst&#232;me institutionnel du territoire organise des groupes suivant des lignes ethniques. Les cons&#233;quences dans des syst&#232;mes de gouvernement ethniquement divis&#233;s sont nettement diff&#233;rentes dans des soci&#233;t&#233;s compos&#233;es d'une majorit&#233; et minorit&#233;, ou minorit&#233;s distinctes et dans les soci&#233;&#233;ts compos&#233;es d'un certain nombre de minorit&#233;s sans groupe distinct qui soit dans une position de majorit&#233;. Dans le premier cas les groupes minoritaires se sentent vuln&#233;rables &#224; la dominance de la majorit&#233; permanente (et par son utilisation logique et arbitraire d'instruments d&#233;mocratiques directs). Dans le second cas, s'il n'y a pas de groupe majoritaire distinct (et permanent), il est probable qu'il y aura une volont&#233; plus grande de former des alliances bas&#233;es sur le sujet en question. Ceci favorise ce que l'on peut appeler des majorit&#233;s multiples dont les membres respectifs sont suppos&#233;s d&#233;velopper des arguments rationnels bas&#233;s sur la satisfaction plut&#244;t que des arguments du genre &#171; c'est nous contre eux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui compte, ce ne sont pas r&#233;sultats seulement des instruments de la d&#233;mocratie directe (s'ils sont convenablement mis &#224; oeuvre) mais aussi leurs effets sur la population (&#224; la fois dans les phases de marchandage pr&#233;-r&#233;f&#233;rendum et post-r&#233;f&#233;rendum). Les outils de la d&#233;mocratie directe r&#233;v&#232;lent clairement ce que la population pense de la question et montre &#233;galement l'importance du groupe. Des groupes en position minoritaire deviennent visibles et font ainsi partie du processus politique et d'une sph&#232;re publique modifi&#233;e. En g&#233;n&#233;ral, dans la mesure o&#249; l'impact de la d&#233;mocratie directe sur les soci&#233;t&#233;s multinationales est concern&#233;, les sp&#233;cialistes ont tendance &#224; pencher dans des directions oppos&#233;es et n'offrent pas de r&#233;ponse claire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barry[12], par exemple, souligne que la d&#233;mocratie directe est &#8220;l'antith&#232;se&#8221; de la d&#233;mocratie du consensus parce que dans un r&#233;f&#233;rendum une majorit&#233; de 50 % plus un est en g&#233;n&#233;ral suffisante pour l'emporter. Donner le pouvoir &#224; la majotit&#233; de l'Etat par la d&#233;mocratie directe ne poss&#232;de pas les &#233;l&#233;ments d'&#233;quilibre qui fournissent aux groupes minoritaires des projets d'acc&#232;s multiples au processus l&#233;gislatif (Gerbert[13]).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant d'autres observateurs font remarquer que des institutions de d&#233;mocratie directe du bas vers le haut pourraient &#234;tre un bon instrument pour les minorit&#233;s : la combinaison avec des structures classiques &#171; s'est av&#233;r&#233;e efficace pour faire face aux exigences d'une soci&#233;t&#233; h&#233;t&#233;rog&#232;ne &#187; (Kobach[14]). La d&#233;mocratie directe du bas vers le haut pourrait permettre &#224; des minorit&#233;s de mettre &#224; l'agenda politique des questions qui ont &#233;t&#233; ignor&#233;es ou n&#233;glig&#233;es par les institutions de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative.[15] Le concept r&#233;cent de la &#171; division du pouvoir &#187; favorise les institutions de la d&#233;mocratie directe. Rotschild et Roeder soulignent que dans des soci&#233;t&#233;s divis&#233;es certaines d&#233;cisions ne doivent pas &#234;tre laiss&#233;es dans la sph&#232;re priv&#233;e ni &#224; la soci&#233;t&#233; civile. Ils soulignent que la cr&#233;ation d'un contexte de majorit&#233;s et minorit&#233;s multiples est un effet b&#233;n&#233;fique d'un emploi fr&#233;quent de la d&#233;mocratie directe, des contextes multiples de cette sorte &#171; augmentent la possibilit&#233; que des membres des minorit&#233;s ethniques puissent faire partie de majorit&#233;s politiques sur certains sujets et de nombreux membres de n'importe quelle majorit&#233; ethnique seront membres de minorit&#233;s politiques sur certaines questions &#187;. (Rothchild et Roeder[16]).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Observations finales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sans aucun doute il n'y pas de tension significative entre le f&#233;d&#233;ralisme et la d&#233;mocratie directe. Inversement, il n'est pas douteux qu'il y ait un effet restrictif de la d&#233;mocratie directe sur les droits des minorit&#233;s. Ceci ne signifie pas que la d&#233;mocratie directe et la protection des groupes et int&#233;r&#234;ts minoritaires soient incompatibles. Les instruments de la d&#233;mocratie directe ne sont pas des outils du tout ou rien. Ils peuvent &#234;tre appropri&#233;s si des garanties l&#233;gales (c'est-&#224;-dire des seuils, l'exclusion d'int&#233;r&#234;ts vitaux du champ des r&#233;f&#233;rendums) et le syst&#232;me politique (un syst&#232;me multi-parti et une sph&#232;re politique publique) fournissent des garanties suffisantes ou des stimulations contre leur mauvais usage, en &#233;vitant que les groupes minoritaires r&#233;sultant d'un r&#233;f&#233;rendum sur une question sp&#233;cifique co&#239;ncident avec les groupes ethniques, linguistiques ou religieux minoritaires sp&#233;cifiquement prot&#233;g&#233;s par le r&#233;gime local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mergence et le d&#233;veloppement d'outils de d&#233;mocratie directe peuvent, aussi, &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme une expression raffin&#233;e de la cat&#233;gorisation classique centralisation / d&#233;centralisation et comme une r&#233;ponse in&#233;vitable aux faiblesses de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative. La d&#233;mocratie directe peut &#234;tre un instrument compl&#233;mentaire appropri&#233; pour une articulation politique plus pouss&#233;e. Le processus d'initiative lui-m&#234;me, peut-&#234;tre comme un soutien de la d&#233;mocratie, puisque ses artisans ouvrent au d&#233;bat les questions qui sont mises en discussion &#224; l'envers. De cette fa&#231;on, la participation des citoyens dans le processus l&#233;gislatif peut se trouver favoris&#233;e et l'engagement civique augmenter. Ceci est en accord avec la th&#233;orie de la d&#233;mocratie participative, qui veut que plus il y a d'opportunit&#233;s pour une participation significative, plus les &#233;lecteurs s'engagent dans le discours politique. A ceux m&#234;mes qui avancent l'opinion critique que les citoyens ne sont pas capables de comprendre des probl&#232;mes complexes de la d&#233;mocratie directe, l'on peut r&#233;pondre qu'ils ont tendance &#224; n&#233;gliger ce qui est &#233;galement difficile &#224; suivre et &#224; comprendre dans la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, parce que les &#233;lections n'ont pas lieu fr&#233;quemment et qu'on demande &#224; l'&#233;lectorat d'&#233;valuer des questions g&#233;n&#233;rales simplement sur des promesses des candidats.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Elisabeth Alber&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coordinatrice du EURAC-Institute for Studies on Federalism and Regionalism, &lt;a href=&#034;http://www.eurac.edu/sfere&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.eurac.edu/sfere&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'anglais par Joseph Montchamp &#8211; Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Il faut que la gauche bouge et mette l'Europe &#224; la place du nationalisme</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/que-la-gauche-bouge</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/que-la-gauche-bouge</guid>
		<dc:date>2014-05-07T08:36:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fausto Durante</dc:creator>



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&lt;p&gt;S'il existe un espoir pour le r&#233;tablissement de la gauche apr&#232;s la d&#233;faite du XX&#176; si&#232;cle, cette esp&#233;rance s'appelle l'Europe. Dans la bataille politique pour imprimer un nouveau cours &#224; l'histoire de l'int&#233;gration europ&#233;enne qui est aujourd'hui bloqu&#233;e, la gauche peut trouver des r&#233;ponses au traumatisme de 1989 et &#224; la crise qui l'a frapp&#233;e. Le Mur s'&#233;tant effondr&#233;, la gauche europ&#233;enne et mondiale n'a pas su se brancher sur le monde nouveau qui prenait forme et elle a pens&#233; que son objectif (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-163-Mars-2014-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 163 &#8211; Mars 2014&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'il existe un espoir pour le r&#233;tablissement de la gauche apr&#232;s la d&#233;faite du XX&#176; si&#232;cle, cette esp&#233;rance s'appelle l'Europe. Dans la bataille politique pour imprimer un nouveau cours &#224; l'histoire de l'int&#233;gration europ&#233;enne qui est aujourd'hui bloqu&#233;e, la gauche peut trouver des r&#233;ponses au traumatisme de 1989 et &#224; la crise qui l'a frapp&#233;e. Le Mur s'&#233;tant effondr&#233;, la gauche europ&#233;enne et mondiale n'a pas su se brancher sur le monde nouveau qui prenait forme et elle a pens&#233; que son objectif &#233;tait seulement de temp&#233;rer les politiques n&#233;olib&#233;rales en en att&#233;nuant les exc&#232;s. Id&#233;e que la crise monstre d&#233;cha&#238;n&#233;e par le turbo-capitalisme de la finance et de l'&#233;conomie de papier a d&#233;montr&#233; &#234;tre une vell&#233;it&#233; illusoire. Alors que, au contraire, les &#233;nergies auraient d&#251; &#234;tre mises au service d'un processus de reconstruction culturelle des valeurs de la nouvelle gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;sorientation a &#233;t&#233; funeste et a conduit &#224; un manque toujours plus important d'influence des partis d'inspiration socialiste, sociaux-d&#233;mocrates ou progressistes ; en plus de l'affaiblissement du r&#244;le des syndicats. Cependant, le besoin d'une gauche reste intact, il est m&#234;me aujourd'hui plus important. Le monde reste marqu&#233; de profondes injustices, d'in&#233;galit&#233;s croissantes, d'une terrible concentration des richesses dans les mains de quelques-uns et de grandes distorsions dans la distribution des revenus. Le travail qui a chang&#233;, dans le sens o&#249; il n'est plus centr&#233; sur le travailleur de masse ni sous la forme de contrat &#224; temps plein et ind&#233;termin&#233;, a besoin d'&#234;tre r&#233;interpr&#233;t&#233; mais surtout d'&#234;tre d&#233;fendu et prot&#233;g&#233;. Qu'il s'agisse du travail subordonn&#233;, du travail autonome ou des formes multiples de prestations qui se cachent sous le couvert du travail soit-disant flexible mais en r&#233;alit&#233; pr&#233;caire. Aujourd'hui, m&#234;me les travailleurs prot&#233;g&#233;s par un contrat national ou d'entreprise, m&#234;me s'il est &#224; temps plein et pour une dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e, tout en travaillant, ne gagnent pas suffisamment pour vivre dignement. La mobilit&#233; sociale est termin&#233;e, les salaires et les retraites sont insuffisants et les droits de la citoyennet&#233; sont attaqu&#233;s. Telle est la tendance diffuse partout en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, face &#224; tout cela, pouvons-nous dire qu'il n'y a pas de but pour la gauche ? Que des termes comme &#233;galit&#233;, justice sociale et justice du travail, &#233;mancipation par rapport au besoin et &#224; l'exploitation, l'&#233;largissement de la participation et de la d&#233;mocratie, sont destin&#233;es &#224; moisir sur les &#233;tag&#232;res d'une histoire vaincue ? C'est plut&#244;t le contraire qui est vrai ! Tout comme il se confirme que ce sont justement les phases de crises les plus aigu&#235;s qui peuvent ouvrir la voie vers de nouveaux chemins pour la gauche. Il faut alors d&#233;cliner les termes d'une Europe diff&#233;rente qui ne soit pas marqu&#233;e par l'aust&#233;rit&#233; et la rigueur mais par des politiques &#233;conomiques expansives et par la d&#233;fense de son mod&#232;le, le mod&#232;le social europ&#233;en qui a produit le welfare, le bien-&#234;tre, les contrats, les protections sociales que tous nous envient. Il faut se concentrer sur l'&#233;laboration d'une th&#233;orie &#233;conomique qui ait un message lib&#233;rateur, la puissance unificatrice des grandes id&#233;es politiques qui ont orient&#233; vers les valeurs de la gauche de grandes masses de personnes qui &#233;taient jusqu'alors sans espoir. Des masses qui existent encore dans le monde d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es dont il faut partir ne manquent pas. La CGIL a pr&#233;sent&#233; son &#171; Plan de travail &#187;, le syndicat allemand DGB son &#171; Nouveau Plan Marshall pour l'Europe &#187;. Ce qui a amen&#233; la Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats &#224; pr&#233;senter sans d&#233;lai &#171; Un nouveau cours pour l'Europe &#187;, plan extraordinaire d'investissements fond&#233; sur le renversement du paradigme suivi jusqu'&#224; pr&#233;sent par l'Union europ&#233;enne, avec des ressources provenant de cr&#233;dits suppl&#233;mentaires des diff&#233;rents Etats, de l'utilisation des fonds europ&#233;ens non d&#233;pens&#233;s, de taxes sur la richesse et sur les transactions financi&#232;res et l'&#233;mission d'eurobonds et de projectbonds. A cela s'est r&#233;cemment ajout&#233; la proposition d'un &#171; New Deal 4 Europe &#187;, soutenu en Italie par le Movimento federalista europeo et par un vaste r&#233;seau d'associations parmi lesquels des syndicats conf&#233;d&#233;raux, pour une politique industrielle et de d&#233;veloppement en Europe qui vise -&#224; travers l'Initiative citoyenne europ&#233;enne- &#224; obtenir un million de signatures pour engager les institutions europ&#233;ennes dans le sens d'actions concr&#232;tes pour le d&#233;veloppement et la reprise de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;ment commun &#224; ces propositions c'est la rupture avec le sch&#233;ma n&#233;olib&#233;ral de l'obsession de la discipline budg&#233;taire et des coupes dans les d&#233;penses, surtout pour les politiques sociales et pour la dimension publique des interventions dans les domaines de la sant&#233;, de l'instruction, des retraites. Et, &#224; la fois, l'aspiration &#224; une reprise du cours de l'int&#233;gration, avec un d&#233;placement du pouvoir vers le Parlement europ&#233;en, la d&#233;mocratisation des institutions, la transparence du processus d&#233;cisionnel. Ce sont des pas n&#233;cessaires pour arriver, dans une derni&#232;re tentative, &#224; faire que les &#233;lections europ&#233;ennes ne se transforment pas en une d&#233;faite am&#232;re pour les forces de gauche et de progr&#232;s, par la vague vend&#233;enne annonc&#233;e d'instincts x&#233;nophobes, racistes, anti-europ&#233;ens, n&#233;ofascistes. C'est ce qui est maintenant le d&#233;fi qui attend la gauche en Italie et en Europe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Fausto Durante&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Responsable du Secr&#233;tariat europ&#233;en du syndicat italien CGIL, tir&#233; de l'Unita du 15.02.2014. Republi&#233; &#233;galement par Le Taurillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fausto Durante est &#233;galement le Pr&#233;sident du Comit&#233; promoteur europ&#233;en de la Campagne pour l'ICE &#171; NEWDEAL4EUROPE &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Jean-Luc Prevel &#8211; Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les F&#233;d&#233;ralistes et l'exil</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Les-Federalistes-et-l-exil</link>
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		<dc:date>2014-05-06T08:35:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Moos</dc:creator>



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&lt;p&gt;Chers amis f&#233;d&#233;ralistes ! Nous sommes convaincus de notre but. Nous luttons pour une v&#233;ritable f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne. Nous avons besoin d'une union f&#233;d&#233;rale. C'est ce que nous r&#233;clamons. Nous la voulons maintenant ou, du moins, le plus t&#244;t possible. Nous demandons aux leaders europ&#233;ens de se mettre d'accord sur une nouvelle Convention. Et pour assurer une large repr&#233;sentation et une plus grande participation nous demandons l'inclusion de la soci&#233;t&#233; civile europ&#233;enne, des ONG et de ses (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-163-Mars-2014-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 163 &#8211; Mars 2014&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chers amis f&#233;d&#233;ralistes ! Nous sommes convaincus de notre but. Nous luttons pour une v&#233;ritable f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne. Nous avons besoin d'une union f&#233;d&#233;rale. C'est ce que nous r&#233;clamons. Nous la voulons maintenant ou, du moins, le plus t&#244;t possible. Nous demandons aux leaders europ&#233;ens de se mettre d'accord sur une nouvelle Convention. Et pour assurer une large repr&#233;sentation et une plus grande participation nous demandons l'inclusion de la soci&#233;t&#233; civile europ&#233;enne, des ONG et de ses citoyens. Nous croyons encore &#224; l'approfondissement de ce qui a &#233;t&#233; d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; s'user sur les bords. Nous pensons que nous pouvons stopper cette d&#233;rive en acc&#233;l&#233;rant notre rythme et notre vitesse. Cependant nous sommes les t&#233;moins d'une d&#233;saffection massive vis-&#224;-vis de l'id&#233;e europ&#233;enne, des valeurs m&#234;mes que nous autres, f&#233;d&#233;ralistes, partageons et ch&#233;rissons. Sans aucun doute nous devons nous accrocher &#224; notre r&#234;ve, mais, ceci &#233;tant dit, nous devons vraiment r&#233;aliser ce que est en train de se passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardons en face la dure r&#233;alit&#233;. Un r&#233;sultat possible de la s&#233;rie de crises dont nous avons &#233;t&#233; les t&#233;moins depuis que la chute de la banque Lehman Brothers a frapp&#233; nos rivages europ&#233;ens, n'est rien moins que la fin du projet d'int&#233;gration europ&#233;enne tel que nous le connaissions. Le d&#233;clin socio-&#233;conomique dans diff&#233;rents pays europ&#233;ens est si profond, je le crains, qu'il a un potentiel susceptible d'endommager les fondations m&#234;mes de notre maison europ&#233;enne. &#171; L'&#233;conomie stupide &#187;, &#233;tait le slogan de la victoire aux &#233;lections pr&#233;sidentielles am&#233;ricaines en 1992. Je crois fermement que l'avenir de l'Union europ&#233;enne (UE) d&#233;pend, en grande partie, de la simple v&#233;rit&#233; exprim&#233;e dans ces quelques mots. &#171; C'est l'&#233;conomie stupide &#187;. Le ch&#244;mage de masse, sans pr&#233;c&#233;dent, qui frappe les jeunes, avant tout, plus un d&#233;clin &#233;conomique minent la l&#233;gitimit&#233; du projet europ&#233;en qui est bas&#233;, comme il l'a toujours &#233;t&#233;, en premier lieu et avant tout sur le succ&#232;s &#233;conomique. Le processus d'int&#233;gration europ&#233;enne &#233;tait centr&#233; sur l'&#233;tablissement du march&#233; commun et sur la libert&#233; &#233;conomique qui le sous-tend et la prosp&#233;rit&#233; qu'il engendre. Par cons&#233;quent, son acceptation d&#233;pend de sa performance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Croyons-nous r&#233;ellement que nous pouvons construire une union politique sur un terrain aussi glissant ? L'id&#233;e d'une union politique n'est pas nouvelle, et elle a d&#233;j&#224; connu plusieurs morts cons&#233;cutives. La naissance d'une Europe politique avait avort&#233; avant m&#234;me les Trait&#233;s de Rome, en 1954, quand la Communaut&#233; europ&#233;enne de d&#233;fense (CED) n'a pas r&#233;ussi &#224; obtenir la majorit&#233; devant l'Assembl&#233;e nationale fran&#231;aise. L'Union mon&#233;taire recherch&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 1970, c'est un point int&#233;ressant, a &#233;t&#233; abandonn&#233;e &#224; la suite de la premi&#232;re crise p&#233;troli&#232;re et du choc &#233;conomique des vagues qu'elle avait provoqu&#233;es. En, 1999, nous avons finalement introduit l'euro, et 14 ans plus tard la Banque centrale europ&#233;enne (BCE) doit poursuivre des politiques fortement controvers&#233;es en introduisant des mesures peu orthodoxes pour assurer la survie de l'eurozone, ou du moins son int&#233;grit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que tout cela se produit, le ch&#244;mage de masse et l'appauvrissement sont en train de cr&#233;er des conditions de trouble et d'agitation politiques pour les &#233;lections, dans les rues et sur les places de nos villes europ&#233;ennes. En observant le d&#233;veloppement de cette trag&#233;die, nous r&#233;unissons ici les derniers hommes et femmes qui se dressent, qui tiennent &#224; leur foi v&#233;ritable et qui d&#233;veloppent, des id&#233;es &#224; long terme pour la cr&#233;ation d'une nouvelle union f&#233;d&#233;rale. Et, pourtant, sommes-nous tellement dans l'erreur ? Cela d&#233;pend. Nous avons tort si nous ignorons r&#233;ellement ce qui se passe autour de nous. Nous avons tort si nous croyons pouvoir r&#233;ussir quelque chose en restant l&#224; &#224; chanter tranquillement nos cantiques et nos gospels. Est-il cens&#233; de pr&#234;cher aux convertis ? Nous sommes enferm&#233;s dans une belle salle du Parlement europ&#233;en, sans &#234;tre perturb&#233;s par les m&#233;cr&#233;ants. Nous ne sommes plus en contact avec le monde ext&#233;rieur ? Peut-&#234;tre n'avons-nous pas tort, si nous profitons de cette occasion pour nous concentrer sur ce qui doit r&#233;ellement &#234;tre fait. Nous avons besoin de red&#233;finir et de redessiner le projet europ&#233;en &#224; la lumi&#232;re de ses d&#233;fauts ind&#233;niables. Il nous faut d&#233;passer, surmonter cette concentration primaire sur l'&#233;conomie, nous devons vaincre le d&#233;ficit d&#233;mocratique et r&#233;&#233;quilibrer la division des pouvoirs entre les niveaux de gouvernance de l'Europe. L'Europe a besoin de proposer &#224; ses citoyens un r&#233;el choix &#233;lectoral. Et le Parlement europ&#233;en est la cl&#233; de ce syst&#232;me. Bon, alors, quels sont les enjeux ? L'&#233;chec du projet europ&#233;en, qui est aujourd'hui une v&#233;ritable possibilit&#233;, signifierait la fin d&#233;termin&#233;e de la libert&#233; de l'Europe, de sa richesse et de son bien-&#234;tre pour les g&#233;n&#233;rations &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le projet europ&#233;en &#233;choue effectivement nous verrons des Etats et des soci&#233;t&#233;s en &#233;chec, en panne, en Europe. Pour l'&#233;viter il ne suffit pas de continuer &#224; r&#233;clamer &#171; plus d'Europe &#187;, car c'est d'une Europe plus intelligente et plus convaincante dont nous avons besoin. Elle doit &#234;tre plus d&#233;mocratique et avec un Parlement europ&#233;en plus fort, et un gouvernement europ&#233;en qui d&#233;pende du Parlement europ&#233;en, avec une implication, une responsabilit&#233; des parlements nationaux qui soit plus grande. Cette nouvelle Europe doit &#234;tre moins technocratique et plus respectueuse de la s&#233;paration des pouvoirs qui est essentielle pour l'&#233;quilibre int&#233;rieur du syst&#232;me europ&#233;en &#224; diff&#233;rents niveaux. Mais, avant toute chose, nous avons besoin de plus de responsabilit&#233; et de plus de solidarit&#233; en Europe &#8211; L'une ne va pas sans l'autre. Ce ne sera qu'&#224; ce moment l&#224; que nous pourrons d&#233;passer, vaincre la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e europ&#233;enne n'aura un avenir prosp&#232;re que si elle implique une vision authentique de l'Europe, c'est-&#224;-dire la &#171; poursuite du bonheur &#187; (Pursuit of Happiness) comme c'est inscrit dans la D&#233;claration d'ind&#233;pendance des treize Etats (am&#233;ricains) qui cherchaient &#224; &#233;tablir une f&#233;d&#233;ration. Je cite : &#171; Nous tenons ces v&#233;rit&#233;s pour &#233;videntes, que les hommes sont cr&#233;&#233;s &#233;gaux, et qu'ils ont re&#231;u de leur Cr&#233;ateur certains Droits inali&#233;nables, parmi lesquels la Vie, la Libert&#233; et la recherche du Bonheur. Les Gouvernements sont &#233;tablis parmi les Hommes, pour garantir ces droits et leur juste pouvoir &#233;mane du consentement des gouvern&#233;s. Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le Peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'&#233;tablir un nouveau Gouvernement, en le fondant sur les principes et en l'organisant dans les formes qui lui para&#238;tront les plus propres &#224; lui donner la S&#233;curit&#233; et le Bonheur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre entre les nations europ&#233;ennes peut, encore, rester impensable, mais la guerre civile, le chaos et l'anarchie peuvent r&#233;gner l&#224; o&#249; l'ordre public ne peut pas &#234;tre maintenu face &#224; des g&#233;n&#233;rations perdues de personnes sans travail et qui n'ont aucun espoir d'am&#233;lioration de leur situation &#233;conomique. A pr&#233;sent, la situation continue &#224; se d&#233;t&#233;riorer. Nous pourrions avoir &#224; survivre dans une sorte de diaspora, dans un exil f&#233;d&#233;raliste. Il se peut que nous ayons &#224; &#234;tre patients et endurants jusqu'&#224; ce qu'un jour nous assistions &#224; la r&#233;alisation d'une Constitution europ&#233;enne f&#233;d&#233;raliste. Mais, ne soyons pas na&#239;fs. La majorit&#233; des Europ&#233;ens, dans la situation actuelle, ne partagent pas notre r&#234;ve f&#233;d&#233;raliste. Ce qui nous est demand&#233; aujourd'hui, c'est de parler aux citoyens europ&#233;ens et d'essayer de maintenir en vie les id&#233;aux qui sont n&#233;cessaires pour une int&#233;gration europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une R&#233;publique europ&#233;enne a besoin de r&#233;publicains et d'un large soutien de ses citoyens. Et nous n'obtiendrons cela, que s'ils ont des emplois, de l'espoir et la s&#233;curit&#233;&#8230;&#171; L'&#233;conomie stupide &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, notre Union est bas&#233;e sur bien plus que sur la seule &#233;conomie, mais la crise du ch&#244;mage actuelle doit &#234;tre r&#233;solue en premier lieu. La r&#233;volution doit venir &#171; d'en bas &#187;, pas &#171; d'en haut &#187;. Serrons nos rangs mais ne fermons pas les yeux. Restons conscients de la diff&#233;rence entre le monde tel qu'il devrait &#234;tre et tel qu'il est r&#233;ellement. Cessons de planer trop haut dans des r&#234;ves et descendons sur la terre pour le labeur dur et ardu d'assurer et de r&#233;aliser le projet de paix europ&#233;en.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Christian Moos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'Europa Union Deutschland, section allemande de l'UEF Europe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; en commun avec The Federalist Debate - Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'anglais par Joseph Montchamp &#8211; Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Que signifie libre circulation en terme de citoyennet&#233; sociale europ&#233;enne ?</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/libre-circulation-citoyennete-sociale-europeenne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/libre-circulation-citoyennete-sociale-europeenne</guid>
		<dc:date>2014-05-05T08:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francesca Lacaita</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il fut un temps, c'&#233;tait le spectre du &#171; plombier polonais &#187; qui hantait l'Europe (de l'Ouest). Il &#233;tait redout&#233; par le petit peuple alors que, en g&#233;n&#233;ral, les &#233;lites dominantes consid&#233;raient cela avec bienveillance. Le plombier polonais &#233;tait entreprenant, il travaillait dur, facile &#224; satisfaire il &#233;tait un exemple pour les travailleurs Ouest-europ&#233;ens g&#226;t&#233;s, paresseux et, en tant que tel, il &#233;tait &#171; sponsoris&#233; &#187;, (ou patronn&#233;), par la Directive sur les services au sein du March&#233; int&#233;rieur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-163-Mars-2014-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 163 &#8211; Mars 2014&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il fut un temps, c'&#233;tait le spectre du &#171; plombier polonais &#187; qui hantait l'Europe (de l'Ouest). Il &#233;tait redout&#233; par le petit peuple alors que, en g&#233;n&#233;ral, les &#233;lites dominantes consid&#233;raient cela avec bienveillance. Le plombier polonais &#233;tait entreprenant, il travaillait dur, facile &#224; satisfaire il &#233;tait un exemple pour les travailleurs Ouest-europ&#233;ens g&#226;t&#233;s, paresseux et, en tant que tel, il &#233;tait &#171; sponsoris&#233; &#187;, (ou patronn&#233;), par la Directive sur les services au sein du March&#233; int&#233;rieur (ainsi nomm&#233;e Directive Bolkenstein).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Environ une d&#233;cennie plus tard, l'abandon des restrictions sur la libert&#233; de circulation des Bulgares et des Roumains au sein de l'Union europ&#233;enne (UE) a donn&#233; lieu &#224; un autre type de spectre, avec des caract&#233;ristiques compl&#232;tement diff&#233;rentes, qui est &#233;voqu&#233; par la presse et des politiciens de quelques pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit apparemment de la crainte que les Bulgares et les Roumains -les ressortissants des pays les plus pauvres de l'UE- tireraient avantage de leur libert&#233; de circulation nouvellement acquise pour fondre en hordes sur la Grande-Bretagne et l'Allemagne pour dilapider leur syst&#232;me de protection sociale par des fraudes et du &#171; tourisme social &#187;. De telles affirmations ont r&#233;guli&#232;rement d&#233;montr&#233; qu'elles &#233;taient largement exag&#233;r&#233;es. Elles ne prennent pas en compte que la mobilit&#233; &#224; l'int&#233;rieur de l'UE a toujours &#233;t&#233; statistiquement faible, que les migrants sont des contributeurs nets pour l'&#233;conomie et les syst&#232;mes de protection sociale de leurs pays d'accueil, plus qu'ils n'en sont b&#233;n&#233;ficiaires, et que les plus grands fraudeurs de syst&#232;mes de protection sociale sont bien plus probablement des &#171; locaux &#187; plut&#244;t que des migrants ou que l'&#233;vasion fiscale et le dumping social s'av&#232;re plus nuisible pour l'&#233;conomie que la fraude &#224; la protection sociale elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Allemagne, des politiciens tels que Horst Seehofer, Pr&#233;sident de la CSU et Elmar Brok, parlementaire europ&#233;en de la CDU, ont pr&#233;conis&#233; l'&#171; expulsion &#187; des fraudeurs -c'est &#224; dire une p&#233;nalit&#233; &#171; suppl&#233;mentaire &#187; r&#233;serv&#233;e aux seuls &#233;trangers. En Grande- Bretagne, des appels vibrants se sont &#233;lev&#233;s pour une extension des restrictions de la libert&#233; de circulation pour les Bulgares et les Roumains, pour une extension de leur exclusion des avantages sociaux, pour une ren&#233;gociation de la libert&#233; de circulation elle-m&#234;me, et m&#234;me pour sa diff&#233;renciation selon le Produit int&#233;rieur brut (PIB) du pays d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Secr&#233;taire aux Affaires &#233;trang&#232;res du gouvernement travailliste fant&#244;me, Chuka Umunna fit chorus avec ceux qui sont en faveur du changement du principe de la libre circulation en ajoutant que &#171; les p&#232;res de l'UE avaient en t&#234;te la libre circulation des travailleurs, pas la libre circulation des demandeurs d'emploi &#187;. Ses affirmations ont par la suite &#233;t&#233; critiqu&#233;es comme &#171; superflues &#187; par un parlementaire travailliste senior. Cependant, en Grande-Bretagne, le d&#233;bat a une malheureuse tendance &#224; s'articuler en termes de d&#233;fi &#224; l'&#233;gard de la supr&#233;matie de la loi europ&#233;enne ou de lutte acharn&#233;e avec &#171; Bruxelles &#187;. &#171; Bruxelles provocatrice tape sur les menaces britanniques de r&#233;&#233;crire les r&#232;gles de l'immigration &#187; &#233;tait le titre de la premi&#232;re page de l'Observer de gauche du 12 janvier. Comme si tout cela venait de &#171; Bruxelles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les origines historiques de la libre circulation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre qu'aucune autre crise d'hyst&#233;rie anti-immigration n'est susceptible de faire oublier aux Europ&#233;ens la relation &#233;troite entre l'int&#233;gration europ&#233;enne, la libert&#233; de circulation (dans ses premi&#232;res &#233;tapes concernant initialement la migration de la classe ouvri&#232;re) et les droits de la citoyennet&#233; europ&#233;enne. Tout cela commen&#231;a &#224; l'initiative de la d&#233;l&#233;gation italienne durant les n&#233;gociations pour la Communaut&#233; europ&#233;enne du charbon et de l'acier (CECA) qui a &#233;t&#233; &#233;tablie par le Trait&#233; de Paris en 1951. L'Italie &#233;tait un pays pauvre, surpeupl&#233;, avec beaucoup de ch&#244;mage, s&#251;rement davantage qu'actuellement en Bulgarie et Roumanie, et recherchant d&#233;sesp&#233;r&#233;ment des opportunit&#233;s d'&#233;migration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; travers des n&#233;gociations serr&#233;es que la libert&#233; de circulation fit son chemin avec l'article 69 du Trait&#233; CECA, m&#234;me si elle &#233;tait limit&#233;e &#224; &#171; des travailleurs (&#8230;) qui avaient des qualifications reconnues dans le travail des mines de charbon et de la fabrication de l'acier &#187;. Cependant, sa pleine r&#233;alisation n'a &#233;t&#233; assur&#233;e qu'en 1957, et pendant ce temps la circulation des travailleurs fonctionnait &#224; travers des accords bilat&#233;raux comme avant. En 1955, un tel accord fut sign&#233; entre les gouvernements allemand et italien et accept&#233; par les syndicats allemands, seulement &#224; la condition qu'on garantirait aux travailleurs immigr&#233;s le m&#234;me salaire et les m&#234;mes droits sociaux qu'aux travailleurs locaux. Ce rejet du dumping social comme inh&#233;rent &#224; l'exp&#233;rience de la migration, comme cela avait &#233;t&#233; le cas jusque l&#224;, sema les graines d'une citoyennet&#233; sociale &#233;quitable- bien que par ailleurs, naturellement, les travailleurs italiens restaient des Gastarbeiter, menant temporairement des vies s&#233;par&#233;es en marge de la soci&#233;t&#233; allemande. C'est quelque chose que nous devrions tous garder aujourd'hui pr&#233;sent &#224; l'esprit en examinant la question des &#171; travailleurs d&#233;tach&#233;s &#187; et de sa Directive de r&#233;f&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Trait&#233; de Rome de 1957 qui a fond&#233; la CEE a d&#233;lib&#233;r&#233;ment marqu&#233; un pas crucial en avant. La libert&#233; de circulation &#233;tait maintenant d&#233;finie comme un droit (comme l'a &#233;tabli l'article 48, le droit d'accepter des offres d'emploi et le droit de circuler librement &#224; l'int&#233;rieur de la Communaut&#233;, ainsi que le droit de r&#233;sider et de rester dans un autre pays de la Communaut&#233; &#233;conomique europ&#233;enne [CEE] apr&#232;s avoir &#233;t&#233; employ&#233;), qui fut &#233;tendu &#224; tous les travailleurs, &#224; l'exception de ceux du secteur public. La mise en &#339;uvre s'effectua cependant lentement et fut pleinement r&#233;alis&#233;e seulement en 1968. En m&#234;me temps, le r&#232;glement 1612/68 interdit toute discrimination entre les travailleurs des Etats membres sur la base de la nationalit&#233; et &#233;tablit le droit aux m&#234;mes avantages sociaux et aux m&#234;mes imp&#244;ts que les travailleurs locaux. Les membres des familles des travailleurs migrants &#233;taient aussi autoris&#233;es &#224; r&#233;sider et travailler dans le pays d'accueil. Et ce n'est pas le moindre, &#234;tre sans emploi ne pouvait pas justifier l'expulsion. Tout cela se mit en place des ann&#233;es avant que le Royaume uni rejoigne la CEE en 1973.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est s&#251;r, c'est que le Trait&#233; de Rome assurait les droits des travailleurs, c'est &#224; dire des acteurs &#233;conomiques, mais pas encore les droits des personnes ou des citoyens. Cependant, justement, les dispositions pour les r&#233;unifications familiales apportaient une dimension nouvelle &#224; la notion de libre circulation. Ce n'&#233;taient pas seulement de jeunes travailleurs, principalement masculins et en bonne sant&#233; qui se d&#233;pla&#231;aient dans d'autres pays de la Communaut&#233; pour une dur&#233;e temporaire, mais aussi des enfants, des adolescents, des personnes &#226;g&#233;es, davantage de femmes, qui devaient choisir de s'&#233;tablir d'une mani&#232;re permanente dans le pays d'accueil. De nouveaux probl&#232;mes furent ainsi mis en avant qui, en soi, allaient bien au-del&#224; de la sph&#232;re des travailleurs &#233;conomiquement actifs : le logement, l'&#233;ducation, le ch&#244;mage, la maladie, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les d&#233;cennies suivantes, la jurisprudence de la Cour europ&#233;enne de justice a jou&#233; un r&#244;le important pour d&#233;velopper une dimension citoyenne &#224; la libre circulation et promouvoir l'int&#233;gration dans toutes les sph&#232;res de la soci&#233;t&#233;. Par exemple, dans les ann&#233;es 1970 et 1980, la libert&#233; de circulation et de r&#233;sidence a &#233;t&#233; &#233;tendue aux travailleurs ind&#233;pendants et aux travailleurs saisonniers ; dans les ann&#233;es 1990, &#224; la suite de l'Acte unique europ&#233;en de 1986, elle &#233;tait explicitement garantie aux personnes actives non-&#233;conomiques (comme les &#233;tudiants, les retrait&#233;s et les ch&#244;meurs) et leurs familles. L'&#233;tape suivante fut le Trait&#233; de Maastricht en 1992 qui, comme on le sait, introduisit le concept de citoyennet&#233; europ&#233;enne qui comprend aussi quelques droits de vote. Actuellement le document le plus exhaustif affirmant la libre circulation comme un droit citoyen est la Directive 2004/38/EC qui, parmi d'autres choses, introduit des dispositions concernant l'acc&#232;s au bien-&#234;tre et prescrit les modalit&#233;s selon lesquelles des expulsions de citoyens de l'UE peuvent &#234;tre effectu&#233;es (pas si souvent ni si facilement que certains politiciens ou &#233;diteurs de journaux le souhaiteraient).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le principe de la libre circulation des personnes a &#233;t&#233; le socle sur lequel, non seulement les droits de la citoyennet&#233; europ&#233;enne se sont d&#233;velopp&#233;s, mais aussi celui sur lequel la construction europ&#233;enne elle-m&#234;me a &#233;t&#233; fond&#233;e. Naturellement, vous concevez la libre circulation comme un principe et comme un droit (c'est &#224; dire non pas comme un accord sur un avantage mutuel qui pourrait &#234;tre annul&#233; s'il ne convient plus, ni comme un simple moyen pour assurer l'efficacit&#233; du march&#233; unique) si vous voulez rompre avec l'id&#233;e de souverainet&#233; de l'Etat, de citoyen et d'&#233;tranger et si vous voulez construire une nouvelle communaut&#233; sociale et politique. Ainsi &#233;taient ceux qui ont amen&#233; &#224; la construction europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; en 1961, le Commissaire Lionello Levi Sandri estimait que : &#171; le travailleur (migrant), doit ressentir partout sa citoyennet&#233; europ&#233;enne comme une source de force et de fiert&#233;. C'est pour cela (&#8230;) que ce sera le r&#233;sultat politique et social le plus important de la lib&#233;ralisation du march&#233; du travail : c'est &#224; l'&#233;tendue qu'elle atteindra que nous appr&#233;cierons tous la port&#233;e effective de la solidarit&#233; europ&#233;enne et le progr&#232;s de l'id&#233;e d'unit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es plus tard, le premier Pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne, Walter Hallstein, consid&#233;rait la r&#233;alisation de la libre circulation comme l'un &#171; des points les plus spectaculaires dans le programme qui doit conduire &#224; l'int&#233;gration de l'Europe &#187;, un point qui permettait &#224; la Communaut&#233; &#171; de pr&#233;tendre au droit de s'appeler 'Communaut&#233; europ&#233;enne &#233;conomique et sociale' &#187;. Et il s'&#233;merveillait : &#171; les cons&#233;quences en termes de politique constitutionnelle sont incalculables. Indiquent-elles le d&#233;but d'une &#8216;citoyennet&#233;' europ&#233;enne commune ? (Au fait, c'est ce que &#171; les p&#232;res de l'Europe &#187; disaient vraiment).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il vaut mieux &#224; nouveau r&#233;p&#233;ter que les &#171; agents &#187; de ce nouveau concept de &#171; citoyennet&#233; europ&#233;enne &#187; ou de &#171; solidarit&#233; europ&#233;enne &#187; &#233;taient essentiellement des gens de la classe des travailleurs, pratiquement pas les cat&#233;gories de migrants que nous aimons maintenant associer &#224; la libre circulation : les &#233;tudiants, les experts, les universitaires, les Europ&#233;ens du Nord passant leurs ann&#233;es de retraite dans des pays plus chauds, les travailleurs hautement qualifi&#233;s dont les gouvernements europ&#233;ens voudraient limiter la libre circulation, etc. Et la condition de la classe des travailleurs est certainement un point de vue privil&#233;gi&#233; pour prendre en consid&#233;ration la port&#233;e et l'impact des droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant il serait trop facile d'ignorer le probl&#232;me du spectre des fraudeurs sociaux baladeurs -si la libert&#233; de circulation est inscrite dans les Trait&#233;s, les changer requerrait une unanimit&#233; pratiquement impossible avec 28 Etats membres, cette fanfaronnade n'est-elle pas simplement parler pour ne rien dire ? En fait, opposer continuellement &#171; le peuple (national) &#187; et &#171; Bruxelles &#187; en demandant des changements et des mesures qui ne peuvent simplement pas &#234;tre r&#233;alis&#233;es, pourrait bien amener un d&#233;nigrement g&#233;n&#233;ral de la libert&#233; de circulation et m&#234;me des droits de la citoyennet&#233; europ&#233;enne. Une restriction de leur interpr&#233;tation est d&#233;j&#224; en train de se produire maintenant, au moins dans la perception de l'opinion publique, quand on estime qu'ils doivent &#234;tre d'une certaine mani&#232;re &#171; m&#233;rit&#233;s &#187;. Encore une fois, le niveau europ&#233;en court ainsi le risque de devenir le lieu o&#249; les politiques et les relations n&#233;olib&#233;rales forment le &#171; sens commun &#187; et se calcifient, alors m&#234;me qu'elles peuvent &#234;tre critiqu&#233;es &#224; l'interne &#224; travers un exercice rh&#233;torique inepte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vague d'hyst&#233;rie anti-immigration apparemment provoqu&#233;e par une lev&#233;e de restrictions sur la libert&#233; de circulation des Bulgares et des Roumains n'est qu'un nouveau chapitre de la vieille guerre contre les pauvres. Ceux qui ne souhaitent pas voir le projet europ&#233;en r&#233;duit &#224; la d&#233;t&#233;rioration n&#233;olib&#233;rale devraient en &#234;tre conscients et agir en cons&#233;quence. Ils devraient d&#233;fendre les principes essentiels des droits de la citoyennet&#233; europ&#233;enne comme un droit imprescriptible des citoyens europ&#233;ens. Ils devraient affirmer le principe d'un salaire &#233;gal pour un travail &#233;gal, partout dans l'UE, et se prononcer contre des mesures susceptibles de promouvoir le dumping social. Ils devraient lutter contre les in&#233;galit&#233;s et les d&#233;s&#233;quilibres au sein de l'UE et aborder la crise actuelle comme une question europ&#233;enne sans concession &#224; la tentation de croire qu'une solution &#171; nationale &#187; est possible ou souhaitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils devraient &#233;laborer des politiques europ&#233;ennes redistributives et anti-cycliques (par exemple une nouvelle Initiative citoyenne europ&#233;enne pour l'emploi et le d&#233;veloppement durable a r&#233;cemment &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e &#224; la Commission europ&#233;enne). Ils devraient s&#233;rieusement examiner les implications d'une citoyennet&#233; sociale europ&#233;enne et les &#233;tapes &#224; r&#233;aliser pour la d&#233;velopper. Enfin ils devraient faire un travail pr&#233;paratoire pour l'extension des droits de la citoyennet&#233; europ&#233;enne aux ressortissants des pays tiers qui r&#233;sident l&#233;galement dans l'UE, rem&#233;diant ainsi &#224; des situations d'injustice et de discrimination qui ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;es depuis longtemps. Les &#233;lections europ&#233;ennes approchent et ces questions devraient faire l'objet d'un d&#233;bat. C'est maintenant le moment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Willem Maas, Creating European Citizens, &#233;d. Rowman &amp; Littlefield Publishers, Lanham, 2007 ; Ettore Recchi et Adrian Favell (compilateurs), Pioneers of European Integration. Citizenship and Mobility in the EU, &#233;d. Edward Elgar Publishing, Cheltenham and Northampton, 2009 ; Lars Magnusson et Bo Str&#228;th (compilateurs), A European Social Citizenship ? Preconditions for Future Policies from a Historical Perspective, &#233;d. P.I.E. Peter Lang, Bruxelles, 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le d&#233;bat en Allemagne sur la d&#233;mocratie et l'unification europ&#233;enne en consid&#233;rant particuli&#232;rement la discussion entre Habermas et Streek</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/allemagne-habermas-streek</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/allemagne-habermas-streek</guid>
		<dc:date>2014-05-02T08:31:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sergio Pistone</dc:creator>



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&lt;p&gt;La crise existentielle dans laquelle se trouve le processus de l'unification europ&#233;enne est en train de susciter une large discussion dont un aspect particuli&#232;rement important r&#233;side dans la question du rapport entre d&#233;mocratie et unification europ&#233;enne. La contribution fournie &#224; cet &#233;gard par le d&#233;bat entre Wolfgang Streek, l'un des sociologues europ&#233;ens les plus connus[3], et le philosophe J&#252;rgen Habermas[4], qui a connu un &#233;cho tr&#232;s important dans les milieux de l'information, doit &#234;tre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-163-Mars-2014-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 163 &#8211; Mars 2014&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise existentielle dans laquelle se trouve le processus de l'unification europ&#233;enne est en train de susciter une large discussion dont un aspect particuli&#232;rement important r&#233;side dans la question du rapport entre d&#233;mocratie et unification europ&#233;enne. La contribution fournie &#224; cet &#233;gard par le d&#233;bat entre Wolfgang Streek, l'un des sociologues europ&#233;ens les plus connus[3], et le philosophe J&#252;rgen Habermas[4], qui a connu un &#233;cho tr&#232;s important dans les milieux de l'information, doit &#234;tre examin&#233;e attentivement, &#224; la fois parce qu'il s'agit de deux personnalit&#233;s intellectuelles de grande qualit&#233; et parce que l'avenir de l'Europe d&#233;pend fondamentalement de l'Allemagne. Je pr&#233;sente donc ici les lignes essentielles du discours d&#233;velopp&#233; par Streek pour passer ensuite aux consid&#233;rations critiques de Habermas que je consid&#232;re globalement comme tr&#232;s valables et &#233;clairantes, mais avec une limite qui doit &#234;tre mise en &#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Streek d&#233;veloppe une critique radicale &#224; l'&#233;gard de l'int&#233;gration europ&#233;enne (partag&#233;e en substance par de nombreux secteurs de la gauche europ&#233;enne) qui aboutit &#224; la proposition de la d&#233;manteler et de restaurer les souverainet&#233;s nationales. Cette critique se situe dans le cadre d'une vision, vaste et bien articul&#233;e de la strat&#233;gie mise en avant par la classe dirigeante capitaliste apr&#232;s la deuxi&#232;me guerre mondiale et qui a connu un succ&#232;s croissant &#224; partir des ann&#233;es soixante-dix. Le fil conducteur de cette strat&#233;gie, c'est la r&#233;volte du capital contre le r&#233;gime de l'&#233;conomie mixte qui s'est affirm&#233; dans l'ensemble des Etats d&#233;mocratiques occidentaux apr&#232;s la seconde guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par &#233;conomie mixte on entend, en substance, l'intervention structurelle des Etats d&#233;mocratiques dans l'&#233;conomie de march&#233; &#224; travers des politiques &#233;conomiques fortes (avec aussi les nationalisations, mais il s'agit seulement d'un aspect non essentiel) visant &#224; affronter les d&#233;s&#233;quilibres sociaux, territoriaux, sectoriels (et &#224; partir des ann&#233;es soixante-dix aussi &#233;cologiques) produits par le libre jeu des forces &#233;conomiques qui ne sont pas gouvern&#233;es par une volont&#233; politique orient&#233;e vers l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. La classe dirigeante capitaliste a oeuvr&#233; d'une mani&#232;re syst&#233;matique pour substituer au r&#233;gime de l'&#233;conomie mixte (qu'on nomme aussi syst&#232;me keyn&#233;sien, dans la mesure o&#249; il est fondamentalement inspir&#233; par les enseignements de Keynes) un r&#233;gime n&#233;o-lib&#233;ral (qu'on nomme aussi r&#233;gime n&#233;o-hayekien, Hayek &#233;tant son point de r&#233;f&#233;rence[5] tendant &#224; limiter le plus possible l'intervention de l'Etat dans l'&#233;conomie &#224; travers les politiques de r&#233;&#233;quilibrage. En d'autres termes, domination incontest&#233;e de la libre concurrence et donc &#233;limination syst&#233;matique des obstacles &#224; la recherche du profit dans la conviction mythique que de cette mani&#232;re, un &#233;quilibre impliquant le bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral se r&#233;alise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'internationalisation des &#233;changes et des syst&#232;mes de production a &#233;t&#233; la voie essentielle pour poursuivre ce dessein, laquelle a &#233;t&#233; favoris&#233;e par la r&#233;volution dans la technologie de l'information et de la communication et, depuis la fin de la guerre froide, elle est devenue de plus en plus globale. Les cons&#233;quences de la mise en &#339;uvre de plus en plus efficace et incisive de la ligne n&#233;o-lib&#233;rale ont &#233;t&#233; d&#233;vastatrices. Sur le plan &#233;conomique et social, une in&#233;galit&#233; croissante li&#233;e &#224; un affaiblissement important de l'Etat social, une crise &#233;conomique et financi&#232;re toujours plus grave, une progression de la d&#233;gradation &#233;cologique. La d&#233;gradation &#233;conomique, sociale et &#233;cologique s'est accompagn&#233;e sur le plan politique, d'une &#233;pouvantable d&#233;gradation de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre le fait que l'in&#233;galit&#233; rend la participation d&#233;mocratique toujours plus asym&#233;trique, il faut souligner le processus vidant le syst&#232;me d&#233;mocratique de son sens, en raison du fait que les Etats sont ins&#233;r&#233;s dans une &#233;conomie et une soci&#233;t&#233; supranationales qui sont gouvern&#233;es par des organismes technocratiques. Dans un contexte o&#249; les Etats d&#233;mocratiques sont subordonn&#233;s sans &#233;chappatoire aux march&#233;s qu'ils ne contr&#244;lent pas (la n&#233;cessit&#233; dramatique de financer une dette publique croissante, du moment o&#249; les ressources financi&#232;res nationales, ass&#233;ch&#233;es par la concurrence transnationale, sont de moins en moins en mesure de couvrir les d&#233;penses de l'Etat, est l'aspect le plus &#233;vident de cette subordination) et aux d&#233;cisions de technocraties substantiellement contr&#244;l&#233;es par les &#233;lites capitalistes, la d&#233;mocratie tourne &#224; vide. &#171; TINA &#187; (there is no alternative) est en effet le mot d'ordre et la participation populaire d&#233;croissante aux &#233;lections ou la protestation rebelle en sont la cons&#233;quence &#233;vidente. Et, en d&#233;finitive, l'objectif final de la strat&#233;gie n&#233;o-lib&#233;rale mise en avant par le capitalisme actuel, consiste &#224; se lib&#233;rer d&#233;finitivement de la d&#233;mocratie en consolidant un gouvernement supranational libre de conditionnements, inspir&#233; du software hayekien de soutien au libre march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;gration europ&#233;enne, selon Streek, s'inscrit dans ce processus et en repr&#233;sente la pointe la plus avanc&#233;e. En Europe, en effet, avec la Communaut&#233; &#233;conomique europ&#233;enne, une int&#233;gration supranationale des march&#233;s et des processus de production particuli&#232;rement approfondie, s'est r&#233;alis&#233;e. Au-del&#224; du march&#233; unique qui, au d&#233;mant&#232;lement des douanes et des contingentements a ajout&#233; le d&#233;passement (il faut dire incomplet) des barri&#232;res non tarifaires (physiques, techniques et fiscales, l'union mon&#233;taire a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e. Tout au long de cette route, une int&#233;gration &#233;conomique n&#233;gative (&#233;limination des obstacles &#224; la libre circulation des biens, des personnes et des services) s'est essentiellement r&#233;alis&#233;e, en laissant en substance tomber l'engagement initialement proclam&#233; pour une int&#233;gration positive (politiques de r&#233;&#233;quilibrage de l'&#233;conomie de march&#233; &#224; r&#233;aliser au niveau supranational). En cons&#233;quence, les tendances n&#233;o-lib&#233;rales au d&#233;mant&#232;lement de l'&#233;conomie mixte se sont manifest&#233;es d'une mani&#232;re particuli&#232;rement syst&#233;matique, comme aussi la subordination inflexible des Etats au march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, il faut souligner le r&#244;le strat&#233;gique de l'union mon&#233;taire qui a concern&#233; des pays forts et des pays faibles en enlevant &#224; ces derniers l'instrument de protection et de compensation des moindres productivit&#233; et comp&#233;titivit&#233;, repr&#233;sent&#233; par la possibilit&#233; de r&#233;aliser des man&#339;uvres de d&#233;valuation de leur monnaie. L'impossibilit&#233; de &#171; d&#233;valuations externes &#187; a oblig&#233; les Etats les plus faibles &#224; utiliser l'instrument n&#233;o-lib&#233;ral de la &#171; d&#233;valuation interne &#187;, &#224; savoir l'augmentation de la productivit&#233; et de la comp&#233;titivit&#233; gr&#226;ce &#224; la cr&#233;ation de march&#233;s du travail plus flexibles, de salaires plus bas, d'horaires de travail plus longs, &#224; la marchandisation de l'Etat social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique et institutionnel, l'ass&#232;chement de la d&#233;mocratie poursuivi g&#233;n&#233;ralement par la strat&#233;gie n&#233;o-lib&#233;rale, s'est manifest&#233; par une &#233;volution qui a transf&#233;r&#233; au niveau supranational les pouvoirs fondamentaux du gouvernement de l'&#233;conomie, mais en les concentrant dans des organes non d&#233;mocratiques ou technocratiques tels que le Conseil europ&#233;en, la Commission et la Banque centrale europ&#233;ennes. En d&#233;finitive, c'est ici la consolidation d'un nouveau mod&#232;le de syst&#232;me politique supranational qui se poursuit, centr&#233; sur la technocratie au lieu de la d&#233;mocratie, qui devrait &#234;tre l'avant-garde d'une &#233;volution globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si telle est la situation de l'int&#233;gration europ&#233;enne, l'alternative propos&#233;e par les f&#233;d&#233;ralistes qui partagent une vision par de nombreux aspects, convergente avec celle de Streek (en particulier pour ce qui concerne les critiques de l'int&#233;gration &#233;conomique purement n&#233;gative et du n&#233;o-lib&#233;ralisme) c'est la lutte pour la cr&#233;ation d'un syst&#232;me d&#233;mocratique f&#233;d&#233;ral europ&#233;en (qui agirait en tant que mod&#232;le et impulsion d&#233;terminante par rapport &#224; une &#233;volution d&#233;mocratique et f&#233;d&#233;rale au niveau global) qui est le cadre irrempla&#231;able pour r&#233;aliser une int&#233;gration &#233;conomique positive et donc pour r&#233;tablir le gouvernement d&#233;mocratique de l'&#233;conomie. Mais Streek n'est pas de cet avis. En effet, au-del&#224; des difficult&#233;s qu'une telle lutte comporte dans les circonstances actuelles, il estime qu'une d&#233;mocratie supranationale ne serait pas une solution valable pour l'Europe et il avance quatre arguments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier argument concerne la m&#233;diocre efficacit&#233; des politiques europ&#233;ennes de r&#233;&#233;quilibrage territorial visant &#224; renforcer la capacit&#233; de concurrence et la productivit&#233; et, en substance, &#224; moderniser les pays de l'Union europ&#233;enne qui sont en retard. Comme exemples fondamentaux de cette inefficacit&#233; sont &#233;voqu&#233;s la RDA apr&#232;s la r&#233;unification allemande et le Mezzogiorno italien &#224; l'&#233;gard desquels les politiques r&#233;gionales des Etats nationaux et la politique r&#233;gionale europ&#233;enne ont clairement obtenu des r&#233;sultats tr&#232;s faibles. En r&#233;alit&#233;, selon Streek, la d&#233;valuation serait plus profond&#233;ment et rapidement efficace et avant tout plus facile &#224; r&#233;aliser parce qu'elle ne demanderait pas, &#224; la diff&#233;rence d'une politique r&#233;gionale europ&#233;enne solide, le consensus des opinions publiques des pays donateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second argument se r&#233;f&#232;re &#224; l'int&#233;gration sociale fragile des Etats nationaux inachev&#233;s tels que la Belgique et l'Espagne, mais son discours s'&#233;largit au ph&#233;nom&#232;ne des tendances s&#233;paratistes pr&#233;sentes dans de nombreux Etats membres de l'UE, y compris au micro-nationalisme mis en avant en Italie, avant tout par la Ligue du Nord. Si les probl&#232;mes d'int&#233;gration li&#233;s aux diff&#233;rences et aux &#233;carts r&#233;gionaux rel&#232;vent de solutions tr&#232;s difficiles au niveau national, elles seraient encore plus compliqu&#233;es dans le cadre d'une Europe que les europ&#233;istes proposent de rendre plus unie &#224; travers une f&#233;d&#233;ration politique qui ne pourrait qu'&#234;tre politiquement instable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les deux premiers arguments mettent en discussion la capacit&#233; de fonctionnement et la stabilit&#233; d'une union politique plus &#233;troite, les deux autres arguments contestent son caract&#232;re souhaitable. D'une part, imposer politiquement une assimilation des cultures &#233;conomiques du Sud de l'Europe &#224; celle du Nord de l'Europe, comporterait aussi un nivellement inacceptable des formes de vie respectives. D'autre part, la substance &#233;galitaire de l'Etat de droit d&#233;mocratique n'est r&#233;alisable que sur la base de l'appartenance nationale parce que, autrement, la marginalisation et au bout du compte, l'&#233;radication des cultures minoritaires serait in&#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, selon Streek, au lieu de poursuivre le projet d'une union f&#233;d&#233;rale europ&#233;enne (incapable de fonctionner et non souhaitable pour des raisons de principe) il faut poursuivre la reconqu&#234;te des souverainet&#233;s nationales, seul cadre possible de la d&#233;mocratie sociale. En termes &#233;conomiques, cela signifie le d&#233;mant&#232;lement de l'union mon&#233;taire europ&#233;enne, le retour aux changes flottants, avec la possibilit&#233; connexe de d&#233;valuation comme instrument fondamental pour affronter les d&#233;s&#233;quilibres territoriaux, un syst&#232;me de protectionnisme nomm&#233; &#171; &#233;clair&#233; &#187; dans la mesure o&#249; l'on ne devrait pas d&#233;valuer trop souvent pour &#233;viter de possibles pouss&#233;es nationalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre les th&#232;ses de Sreek, que j'ai essay&#233; de r&#233;sumer dans leur essence, Habermas d&#233;veloppe des consid&#233;rations qui co&#239;ncident substantiellement avec la vision qu'ont les f&#233;d&#233;ralistes de l'unification europ&#233;enne. En effet, il s'oppose, comme Sreek, &#224; la ligne n&#233;o-lib&#233;rale qui vise &#224; substituer la justice du march&#233; &#224; la justice sociale. Cette opposition, il faut le souligner, est propre aux f&#233;d&#233;ralistes, depuis le Manifeste de Ventotene, pour lesquels la d&#233;mocratie -c'est &#224; dire la valeur qui requiert la paix pour &#234;tre pleinement r&#233;alis&#233;e- doit &#234;tre en m&#234;me temps lib&#233;rale et sociale (ce qui exige un engagement structurel contre les in&#233;galit&#233;s entre les personnes et entre les territoires) pour &#234;tre v&#233;ritable[6]. Habermas partage d'autre part avec les f&#233;d&#233;ralistes la conviction que l'interd&#233;pendance au-del&#224; des Etats nationaux constitue un processus irr&#233;versible (et avec les immenses potentialit&#233;s progressives li&#233;es &#224; l'&#233;largissement des march&#233;s) et que la pr&#233;dominance, dans le processus de l'int&#233;gration europ&#233;enne, des tendances n&#233;o-lib&#233;rales (de l'int&#233;gration essentiellement n&#233;gative) est structurellement li&#233;e au d&#233;ficit d'efficacit&#233; et de d&#233;mocratie des institutions supranationales europ&#233;ennes[7].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;passer le d&#233;ficit d'efficacit&#233; signifie en effet, doter les institutions europ&#233;ennes des comp&#233;tences et des pouvoirs fiscaux et macro&#233;conomiques n&#233;cessaires pour r&#233;aliser un effort commun (avec les transferts &#233;conomiques relatifs et la ferme responsabilit&#233; des Etats membres), qui seul (et non la pr&#233;tention abstraite d'am&#233;liorer la comp&#233;titivit&#233; nationale) peut faire avancer, outre un progr&#232;s social g&#233;n&#233;ral, la modernisation des pays europ&#233;ens qui ont des probl&#232;mes de retard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;passer le d&#233;ficit de d&#233;mocratie signifie passer de l'actuel &#171; f&#233;d&#233;ralisme des ex&#233;cutifs &#187;, dans lequel la formation de la volont&#233; politique d&#233;pend seulement de compromis ext&#233;nuants entre repr&#233;sentants d'int&#233;r&#234;ts nationaux qui se bloquent r&#233;ciproquement, &#224; une situation dans laquelle les choix faits &#224; la majorit&#233; par les parlementaires europ&#233;ens ont un r&#244;le de cod&#233;cision, d'&#233;gal &#224; &#233;gal avec les gouvernements. Il s'agit, en substance, non pas de retourner &#224; des souverainet&#233;s nationales structurellement impuissantes, mais plut&#244;t de r&#233;aliser une union politique europ&#233;enne de caract&#232;re f&#233;d&#233;ral et d&#233;mocratique qui seule peut permettre de r&#233;cup&#233;rer, au niveau supranational, l'&#233;conomie mixte et donc le contr&#244;le de la politique d&#233;mocratique sur les march&#233;s. N&#233;anmoins, on doit proc&#233;der rapidement, en d&#233;passant la proc&#233;dure des petits pas qui ne sont &#233;videmment plus &#224; la hauteur des d&#233;fis, &#224; une modification s&#233;rieuse du Trait&#233; de Lisbonne qui, dans un premier temps concernerait seulement les pays membres de la communaut&#233; mon&#233;taire europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En partant de cette approche dont on soulignera avec une grande satisfaction, la convergence avec celle des f&#233;d&#233;ralistes, Habermas d&#233;veloppe des r&#233;pliques ponctuelles aux arguments sp&#233;cifiques avec lesquels Streek justifie son choix de repli national en opposition &#224; celui d'une Union europ&#233;enne en conformit&#233; avec la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, il soutient que si une union mon&#233;taire doit savoir &#233;quilibrer ou au moins contenir dans des formes permanentes les d&#233;s&#233;quilibres structurels de capacit&#233; de concurrence entre les &#233;conomies nationales pour pouvoir rester intacte, l'efficacit&#233; de cette politique supranationale n'est pas rendue impossible par l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; motiv&#233;e historiquement par les cultures &#233;conomiques des pays europ&#233;ens, mais elle est plut&#244;t min&#233;e par la faiblesse des pouvoirs fiscaux et macro&#233;conomiques attribu&#233;s aux institutions europ&#233;ennes et au manque d'une l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique ad&#233;quate au niveau supranational. D'autre part, l'id&#233;e selon laquelle les d&#233;valuations mon&#233;taires sont un moyen de r&#233;cup&#233;rer les retards est un mythe bas&#233; sur l'absence de prise en compte, au-del&#224; des d&#233;sastres &#233;conomiques qui d&#233;couleraient du d&#233;mant&#232;lement de l'union mon&#233;taire europ&#233;enne et des d&#233;sastres politiques qui s'ensuivraient, du plus important qui serait repr&#233;sent&#233; par le d&#233;chainement, consubstantiel aux d&#233;valuations comp&#233;titives, des nationalismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux tendances micro-nationalistes et s&#233;paratistes, il observe que les conflits li&#233;s &#224; ces tendances se manifestent toujours quand les parties les plus vuln&#233;rables de la population glissent dans des conditions de crise &#233;conomique ou de bouleversement historique, c'est-&#224;-dire quand ils se trouvent dans des conditions d'ins&#233;curit&#233; et qu'ils r&#233;pondent &#224; la peur de perdre leur statut en s'accrochant &#224; des identit&#233;s naturelles pr&#233;sentes bas&#233;es sur l'origine, la r&#233;gion, la langue ou la nation. La r&#233;ponse valable, c'est le progr&#232;s &#233;conomique et social, dont un aspect fondamental est constitu&#233; par une politique de r&#233;&#233;quilibrage territorial et de modernisation que seule une union politique europ&#233;enne efficace et d&#233;mocratique peut r&#233;aliser. Il ne s'agit pas &#233;videmment d'&#233;liminer les diversit&#233;s socio-culturelles des r&#233;gions et des nations, c'est-&#224;-dire d'une richesse qui distingue l'Europe des autres continents et qui ne constitue pas du tout une barri&#232;re &#224; l'int&#233;gration. La bonne voie est d'autre part le f&#233;d&#233;ralisme &#224; plusieurs niveaux, efficace et d&#233;mocratique &#8211;en substance, le f&#233;d&#233;ralisme supranational int&#233;grant le f&#233;d&#233;ralisme interne, comme le soutiennent les f&#233;d&#233;ralistes- et non la cr&#233;ation de micro-Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il en vient au discours que Streek soutient sur le fait qu'une union politique europ&#233;enne plus &#233;troite n'est pas souhaitable, Habermas se concentre sur la critique de la th&#232;se selon laquelle la substance &#233;galitaire de l'Etat de droit ne serait r&#233;alisable que sur la base de l'appartenance nationale et donc seulement &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res d'un Etat national sur la base, fondamentalement, de deux argumentations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re argumentation propose &#224; nouveau le discours qu'il a commenc&#233; &#224; d&#233;velopper syst&#233;matiquement il y a plus de vingt ans, en v&#233;rit&#233;, &#224; partir des ann&#233;es cinquante, et qui est devenu, sur la base des enseignements de Mario Albertini, une composante essentielle du patrimoine th&#233;orique du MFE. En substance, les Etats nationaux se basent sur la forme, hautement artificielle, g&#233;n&#233;r&#233;e par la construction juridique du statut de citoyen. M&#234;me dans des soci&#233;t&#233;s relativement homog&#232;nes sur le plan ethnique et linguistique, la conscience nationale n'a rien de naturel. C'est plut&#244;t le produit, valoris&#233; sur le plan administratif, de l'historiographie, de la presse et du service militaire. Il se manifeste de mani&#232;re exemplaire dans la conscience nationale de soci&#233;t&#233;s h&#233;t&#233;rog&#232;nes d'immigr&#233;s que n'importe quelle population peut endosser le r&#244;le d'un Etat nation capable d'une formation commune de la volont&#233; politique, sur la base d'une culture politique partag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, le probl&#232;me n'est donc pas l'impossibilit&#233; de cr&#233;er une union politique qui exprime une volont&#233; commune solidaire, du moment qu'il n'y a pas d'homog&#233;n&#233;it&#233; nationale. L'Europe est une r&#233;alit&#233; profond&#233;ment interd&#233;pendante, avec un niveau avanc&#233; d'int&#233;gration &#233;conomique et institutionnelle (l'aspect le plus avanc&#233; est le primat du droit europ&#233;en), mais dans laquelle le statut de citoyen ne s'est pas encore pleinement construit. Celui-ci requiert la cr&#233;ation d'une union politique f&#233;d&#233;rale et d&#233;mocratique dans laquelle se r&#233;alise la cod&#233;cision d'&#233;gal &#224; &#233;gal entre l'organe repr&#233;sentant les gouvernements nationaux et l'organe repr&#233;sentant les citoyens europ&#233;ens, c'est-&#224;-dire le Parlement europ&#233;en. De cette mani&#232;re, se mettraient c&#244;te &#224; c&#244;te les compromis entre les int&#233;r&#234;ts nationaux et, &#224; travers les d&#233;cisions &#224; la majorit&#233; des parlementaires europ&#233;ens &#233;lus selon les pr&#233;f&#233;rences de parti, une g&#233;n&#233;ralisation des int&#233;r&#234;ts transversaux par rapport aux fronti&#232;res nationales. C'est-&#224;-dire que les partis doivent recueillir un consensus dans tout le territoire de l'Union, dans les zones avanc&#233;es comme dans celles en retard. De cette mani&#232;re, la perspective g&#233;n&#233;ralis&#233;e d'un &#171; nous &#187; des citoyens de l'UE peut se renforcer jusqu'&#224; devenir un pouvoir institutionnalis&#233;. Un tel changement de perspective est indispensable pour substituer aux r&#232;gles communes qui coordonnent actuellement les Etats, souverains seulement en apparence, une formation commune d'une volont&#233; politique solidaire dans laquelle les int&#233;r&#234;ts nationaux s'allient &#224; l'int&#233;r&#234;t europ&#233;en en pr&#233;sence duquel ils se relativisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde argumentation conteste d'une mani&#232;re sp&#233;cifique la crainte exprim&#233;e par Streek, selon laquelle une d&#233;mocratie supranationale aurait des aspects unitaires et jacobins puisque, sur la voie d'une marginalisation permanente des minorit&#233;s, elle ne pourrait que conduire &#224; un nivellement des communaut&#233;s &#233;conomiques identitaires bas&#233;es sur le voisinage spatial. Le discours de Habermas est ici seulement partiellement valable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, il rappelle que le f&#233;d&#233;ralisme est fond&#233; sur la synth&#232;se entre unit&#233; et diversit&#233; et donc qu'il garantit les Etats plus petits. Il rappelle en particulier la proc&#233;dure de la double majorit&#233; des Etats et de la population et la composition pond&#233;r&#233;e du Parlement europ&#233;en qui, justement en vue d'une juste repr&#233;sentation, tient compte des fortes diff&#233;rences num&#233;riques entre les populations des pays les plus petits et celles des plus grands. D'autre part, il nie que l'approfondissement de l'Union europ&#233;enne doive conduire &#224; une sorte de r&#233;publique f&#233;d&#233;rale europ&#233;enne. L'Etat f&#233;d&#233;ral est consid&#233;r&#233; comme un mauvais mod&#232;le, du moment o&#249; les conditions de l&#233;gitimation d&#233;mocratique peuvent aussi &#234;tre satisfaites par une communaut&#233; d&#233;mocratique supranationale mais supra-&#233;tatique qui permette un gouvernement commun. Dans celle-ci, toutes les d&#233;cisions politiques seraient l&#233;gitim&#233;es par les citoyens dans leur double r&#244;le de citoyens europ&#233;ens et de citoyens des divers Etats membres. Dans une telle union politique, clairement distincte d'un super-Etat, les Etats membres, en tant que garants du niveau des droits et de la libert&#233;, conserveraient un r&#244;le plus important, compar&#233; aux articulations infranationales d'un Etat f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Habermas entend avec ces affirmations, est d&#233;velopp&#233; d'une mani&#232;re plus articul&#233;e et pr&#233;cise dans le texte Questa Europa &#232; in crisi[8] , dans lequel il fait explicitement r&#233;f&#233;rence &#224; la recension du livre de Streek. En substance, la th&#232;se selon laquelle, dans une f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne d&#233;pourvue d'une nature &#233;tatique, les Etats nationaux auraient un r&#244;le plus important par rapport aux articulations infranationales d'un Etat f&#233;d&#233;ral, signifie concr&#232;tement que l'union d&#233;mocratique europ&#233;enne ne doit pas avoir la comp&#233;tence de la comp&#233;tence, c'est-&#224;-dire qu'elle doit d&#233;cider &#224; l'unanimit&#233; des amendements &#224; la constitution et que le Conseil europ&#233;en, qui devrait op&#233;rer dans un r&#233;gime de cod&#233;cision d'&#233;gal &#224; &#233;gal avec le Parlement europ&#233;en, devrait d&#233;cider sur les questions essentielles, &#224; l'unanimit&#233;. Il convient ici de souligner que les f&#233;d&#233;ralistes, s'ils affirment que l'Etat f&#233;d&#233;ral europ&#233;en sera diff&#233;rent, parce que fond&#233; sur des Etats nationaux historiquement consolid&#233;s, des Etats f&#233;d&#233;raux qui existent jusqu'&#224; pr&#233;sent (c'est-&#224;-dire qu'il sera plus d&#233;centralis&#233; et avec un r&#244;le plus important des Etats membres par rapport &#224; celui qui existe dans les Etats f&#233;d&#233;raux actuels &#8211;en substance, une &#171; f&#233;d&#233;ration l&#233;g&#232;re &#187;, c'est-&#224;-dire une v&#233;ritable f&#233;d&#233;ration), ils r&#233;futent d'autre part in&#233;luctablement le maintien de toute forme de droit de veto national qui est l'essence du syst&#232;me conf&#233;d&#233;ral. Quant au lien entre le r&#244;le si d&#233;cisif que les Etats nationaux doivent maintenir selon Habermas dans une union d&#233;mocratique europ&#233;enne et le fait qu'ils sont les garants des droits de libert&#233; des citoyens des diff&#233;rents Etats, il pr&#233;cise que les Etats nationaux, comme Etats de droit d&#233;mocratiques ne sont pas seulement acteurs, dans le long cours de l'histoire vers la civilisation, du noyau violent du pouvoir politique, mais plut&#244;t des conqu&#234;tes permanentes et des illustrations vivantes d'une justice existante (il fait r&#233;f&#233;rence &#224; Hegel). Ils sont donc davantage qu'une simple incarnation de cultures nationales dignes d'&#234;tre conserv&#233;s &#8211;c'est-&#224;-dire qu'ils garantissent un niveau de justice et de libert&#233; que les citoyens veulent voir conserv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut relever deux contradictions dans ce discours. Tout d'abord on ne peut pas r&#233;aliser un syst&#232;me d&#233;mocratique supranational (indispensable selon Habermas pour garantir l'uniformit&#233; des conditions de vie, &#224; savoir pour vaincre le n&#233;o-lib&#233;ralisme) si un pouvoir national demeure, qui peut bloquer, pas seulement peser sur les d&#233;cisions prises &#224; la majorit&#233; par le Parlement europ&#233;en. Quelle est cette d&#233;mocratie dans laquelle un Etat peut imposer sa volont&#233; de ne pas d&#233;cider &#224; tous les autres Etats, ainsi qu'&#224; la majorit&#233; du Parlement europ&#233;en ? Le droit de veto national n'est-il pas justement l'alli&#233; structurel du n&#233;o-lib&#233;ralisme ? En second lieu, la perp&#233;tuation des Etats nationaux (et donc le maintien de leur droit de veto dans une union d&#233;mocratique europ&#233;enne) n'est pas coh&#233;rente avec le discours tout &#224; fait valable, relatif au caract&#232;re artificiel et non naturel des Etats nationaux. On ne per&#231;oit pas en particulier d'une mani&#232;re ad&#233;quate que, sans l'ach&#232;vement de l'unification europ&#233;enne, la capacit&#233; des Etats nationaux de conserver un syst&#232;me d&#233;mocratique vivace sera in&#233;vitablement min&#233;e, comme on le dit dans le Manifeste de Ventotene.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces limites de l'argumentation de Habermas en faveur d'une union d&#233;mocratique europ&#233;enne affaiblissent son appel final valable, contenu dans la recension du livre de Streek, dans lequel il invite les partis europ&#233;ens de gauche &#224; ne pas r&#233;p&#233;ter leurs erreurs historiques de 1914, &#224; savoir &#224; ne pas reculer dans le choix pour la d&#233;mocratie europ&#233;enne par peur de la propension au populisme pr&#233;sente dans la soci&#233;t&#233; europ&#233;enne en lien avec la grave crise financi&#232;re, &#233;conomique et sociale actuelle. En conclusion, on peut affirmer que dans la lutte difficile pour l'unification europ&#233;enne, un objectif d'importance d&#233;cisive pour les f&#233;d&#233;ralistes, r&#233;side dans l'effort pour contester non seulement les timidit&#233;s, mais aussi les logiques incons&#233;quentes des europ&#233;istes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Jean-Luc Prevel &#8211; Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Campagne pour un New Deal europ&#233;en : la r&#233;colte de signatures en ligne d&#233;bute.</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Campagne-pour-un-New-Deal-europeen</link>
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		<dc:date>2014-05-01T09:50:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;L'Initiative des Citoyens Europ&#233;ens (ICE) &#171; New Deal 4 Europe - pour un Plan europ&#233;en extraordinaire de d&#233;veloppement durable et pour l'emploi &#187;, enregistr&#233;e le 7 mars 2014 par la Commission europ&#233;enne peut maintenant commencer la r&#233;colte de signatures sur son site web : www.newdeal4europe.eu &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s le lancement officiel de la Campagne le weekend du 24 mars avec des conf&#233;rences qui se sont tenues &#224; Bruxelles, &#224; Rome et &#224; Paris et des douzaines d'initiatives de r&#233;coltes de signatures (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-163-Mars-2014-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 163 &#8211; Mars 2014&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Initiative des Citoyens Europ&#233;ens (ICE) &#171; New Deal 4 Europe - pour un Plan europ&#233;en extraordinaire de d&#233;veloppement durable et pour l'emploi &#187;, enregistr&#233;e le 7 mars 2014 par la Commission europ&#233;enne peut maintenant commencer la r&#233;colte de signatures sur son site web : &lt;a href=&#034;http://www.newdeal4europe.eu&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.newdeal4europe.eu&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s le lancement officiel de la Campagne le weekend du 24 mars avec des conf&#233;rences qui se sont tenues &#224; Bruxelles, &#224; Rome et &#224; Paris et des douzaines d'initiatives de r&#233;coltes de signatures (utilisant la forme papier), il est maintenant possible de donner un support en ligne &#224; l'Initiative des Citoyens Europ&#233;ens qui demande aux institutions europ&#233;ennes d'aller au-del&#224; de l'aust&#233;rit&#233; et de s'engager pour relancer l'&#233;conomie europ&#233;enne et l'emploi, en mettant en &#339;uvre un Plan europ&#233;en extraordinaire financ&#233; par des ressources propres issues de la taxe sur les transactions financi&#232;res et de la taxe carbone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du site web &lt;a href=&#034;http://www.newdeal4europe.eu&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.newdeal4europe.eu&lt;/a&gt; il est possible, d'un seul click et en quelques minutes, d'activer l'outil de d&#233;mocratie participative le plus important que le Trait&#233; de Lisbonne a rendu possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but du Comit&#233; europ&#233;en pr&#233;sid&#233; par Fausto Durante et Philippe Grosjean et soutenu par les f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens, des syndicats, des organisations de la soci&#233;t&#233; civile, des Maires de villes importantes et des personnalit&#233;s du monde de la culture, est d'obtenir un million de signatures dans les onze mois qui restent jusqu'au terme de la r&#233;colte de signatures, le 7 mars 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s de notre initiative qui cible en particulier les jeunes pour lesquels l'ICE demande &#224; l'institution un Fonds europ&#233;en pour l'emploi important, sera la meilleure r&#233;ponse pour stopper la vague eurosceptique et nationaliste qui traverse notre vieux continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lien : &lt;a href=&#034;http://www.newdeal4europe.eu/fr/nouvelles-et-e-venements/149-campagne-pour-un-new-deal-europeen-la-recolte-de-signatures-en-ligne-debute&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.newdeal4europe.eu/fr/nouvelles-et-e-venements/149-campagne-pour-un-new-deal-europeen-la-recolte-de-signatures-en-ligne-debute&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Emp&#234;cher le d&#233;membrement de l'Ukraine</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Empecher-le-demembrement-de-l</link>
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		<dc:date>2014-05-01T08:30:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucio Levi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le triomphe de l'insurrection populaire qui a abattu la dictature sanguinaire et corrompue de Yanoukovitch signe la reprise du processus d&#233;mocratique en Ukraine. Mais la crise n'est pas finie. Le reflux que le printemps arabe a connu montre que la chute des dictatures oppressives repr&#233;sente seulement le premier pas d'une longue et difficile transition. La transition vers la d&#233;mocratie n&#233;cessite deux pr&#233;suppos&#233;s : le d&#233;veloppement &#233;conomique et la stabilit&#233; internationale. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Ukraine est au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-163-Mars-2014-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 163 &#8211; Mars 2014&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le triomphe de l'insurrection populaire qui a abattu la dictature sanguinaire et corrompue de Yanoukovitch signe la reprise du processus d&#233;mocratique en Ukraine. Mais la crise n'est pas finie. Le reflux que le printemps arabe a connu montre que la chute des dictatures oppressives repr&#233;sente seulement le premier pas d'une longue et difficile transition. La transition vers la d&#233;mocratie n&#233;cessite deux pr&#233;suppos&#233;s : le d&#233;veloppement &#233;conomique et la stabilit&#233; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ukraine est au bord du d&#233;sastre &#233;conomique. Les oligarques qui se sont empar&#233;s du pouvoir &#233;conomique en profitant de la transition sauvage vers le capitalisme, ont saccag&#233; le pays et soumis la classe politique &#224; leur pouvoir. Le plan d'aides d'urgence que Moscou avait activ&#233; apr&#232;s la renonciation du gouvernement de Kiev &#224; signer l'accord d'association avec l'Union europ&#233;enne (UE) a &#233;t&#233; suspendu apr&#232;s la chute de Yanoukovitch. Il est maintenant un aspect de l'accord d'association entre l'Ukraine et l'UE auquel participe aussi le Fonds mon&#233;taire international (FMI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette h&#233;sitation entre l'Est et l'Ouest montre comment l'Ukraine est devenue l'enjeu d'une querelle qui semble nous reporter &#224; l'&#233;poque de la guerre froide. Le risque le plus grave que court le pays dans ce moment dramatique, c'est celui du d&#233;membrement. Si la situation devait &#233;chapper au contr&#244;le des forces politiques qui se disputent le gouvernement du pays et aux acteurs ext&#233;rieurs dont d&#233;pend l'ordre mondial, alors s'ouvrirait la crise internationale la plus grave depuis la fin de la guerre froide le long de la ligne qui s&#233;pare deux grandes r&#233;gions du monde : l'UE et la Communaut&#233; des Etats ind&#233;pendants (CEI). Le pays est divis&#233; : en Ukraine occidentale c'est l'&#226;me europ&#233;enne qui pr&#233;vaut et en Ukraine orientale c'est l'&#226;me russe. Mais la d&#233;cision sur son avenir se prend ailleurs. Ce qu'il faut absolument &#233;viter, c'est que la d&#233;cision soit impos&#233;e en termes de choix entre l'Est et l'Ouest. Malheureusement l'annexion de la Crim&#233;e par la Russie repr&#233;sente un pas irr&#233;versible vers une spirale de r&#233;torsions r&#233;ciproques qui risque de remettre en cause les r&#233;sultats positifs que la collaboration de l'Occident avec la Russie avait obtenus les mois pr&#233;c&#233;dents dans les dossiers syrien et iranien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En passant, on peut observer que Poutine a viol&#233; le droit international et, bien que la l&#233;gitimit&#233; du r&#233;f&#233;rendum sur l'annexion de la Crim&#233;e ait &#233;t&#233; vici&#233;e par l'occupation militaire russe, sur le plan politique que le vote a de toute fa&#231;on respect&#233; la volont&#233; de la majorit&#233; des habitants de la r&#233;gion. Le fait est toutefois qu'il y a aussi en Crim&#233;e des minorit&#233;s ethniques et linguistiques (en plus des Tatars, il y a aussi une minorit&#233; italienne) qui ont droit &#224; &#234;tre prot&#233;g&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan militaire, la Russie a une sup&#233;riorit&#233; indiscutable. En Crim&#233;e, il y a des bases militaires russes qui assurent &#224; la flotte russe un d&#233;bouch&#233; vers la M&#233;diterran&#233;e. L'Ukraine est assi&#233;g&#233;e par la Russie qui contr&#244;le une grande partie de ses fronti&#232;res terrestres et maritimes. Il est dans l'int&#233;r&#234;t de l'Occident, et surtout de l'UE, d'&#233;loigner l'option militaire qui risque de mettre en cause les fondements de l'ordre mondial et de le pr&#233;cipiter dans un conflit aux dimensions catastrophiques. Il faut aussi reconna&#238;tre que la proposition d'association de l'Ukraine &#224; l'UE a contribu&#233; &#224; d&#233;clencher la crise. Ce pays qui a fait partie de la Russie durant des si&#232;cles, repr&#233;sente un &#233;l&#233;ment strat&#233;gique du projet de Poutine d'instituer une union douani&#232;re euro-asiatique et, plus g&#233;n&#233;ralement, de la tentative de faire que la Russie r&#233;cup&#232;re le statut de grande puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE doit clarifier quelles sont ses fronti&#232;res et o&#249; doit s'arr&#234;ter le processus de l'&#233;largissement vers l'Est qui aujourd'hui int&#233;resse les Balkans occidentaux. C'est en effet l&#224; que passent les fronti&#232;res de l'Europe. Sur le plan politique, cela signifie que l'Europe doit reconna&#238;tre le droit des Etats situ&#233;s &#224; ses fronti&#232;res orientales de se doter d'une organisation r&#233;gionale. En particulier, dans cette r&#233;gion, un processus d'int&#233;gration peut se d&#233;velopper, permettant d'atteindre les &#233;conomies d'&#233;chelle et les dimensions politiques n&#233;cessaires pour assurer le d&#233;veloppement &#233;conomique et l'ind&#233;pendance politique dans un monde o&#249; les regroupements r&#233;gionaux d'Etats -&#224; c&#244;t&#233; des Etats qui ont d&#233;j&#224; acquis une dimension macro-r&#233;gionale- sont destin&#233;s &#224; s'imposer comme acteurs de la politique mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une possibilit&#233; d'accord sur la crise pr&#233;suppose que l'Ukraine renonce &#224; adh&#233;rer &#224; des organisations internationales dont la Russie n'est pas membre comme l'UE et l'OTAN. Zbigniew Brzezinski et Henry Kissinger&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Z. Brzezinski, &#171; Russia Needs to be Offered a 'Finland Option' for Ukraine&#8221;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont r&#233;cemment &#233;voqu&#233; le mod&#232;le de la Finlande pour l'Ukraine ce qui veut dire, le choix d'un statut international ni anti-europ&#233;en, ni anti-russe. La proposition est s&#233;duisante parce qu'elle oriente la pens&#233;e vers des solutions qui &#233;loignent les perspectives d'affrontement entre des positions inconciliables et le d&#233;membrement. Toutefois, ce mod&#232;le appartient &#224; la guerre froide, &#224; un monde qui &#233;tait divis&#233; en deux et qui aujourd'hui n'existe plus et ne pourra plus revenir. Il n'y a plus d'Union sovi&#233;tique, ni d'affrontement entre communisme et capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me politique international est en train d'&#233;voluer d'une mani&#232;re irr&#233;versible vers un &#233;quilibre multipolaire. Mais ce qui est nouveau, c'est que les relations entre les Etats sont envelopp&#233;es dans un r&#233;seau touffu d'organisations internationales qui sont l'expression de la n&#233;cessit&#233; de cog&#233;rer un nombre croissant de probl&#232;mes qui ne peuvent plus &#234;tre r&#233;solus isol&#233;ment par les diff&#233;rents Etats. On peut aujourd'hui projeter et exp&#233;rimenter de nouvelles formes d'organisations internationales capables d'ouvrir des perspectives innovantes par rapport aux anciennes formules neutralistes dans le sens d'une Ukraine qui d&#233;velopperait des relations de coop&#233;ration &#224; la fois avec la Russie et avec l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit ouvrir rapidement une n&#233;gociation entre les Etats Unis, la Russie et l'UE qui associe toutes les forces politiques internes et qui les engage dans la construction d'un accord qui maintienne l'unit&#233; du pays et d&#233;veloppe de nouvelles formes de coop&#233;ration entre l'UE et la CEI. Il existe diverses institutions interr&#233;gionales qui regroupent tous les acteurs int&#233;ress&#233;s par la n&#233;gociation, c'est &#224; dire les Etats-Unis, la Russie et l'UE : en premier lieu l'Organisation pour la s&#233;curit&#233; et la coop&#233;ration en Europe (OSCE), mais aussi le Conseil OTAN-Russie et le Conseil de l'Europe (o&#249; les Etats-Unis sont observateurs). Au lieu d'appliquer la logique traditionnelle &#171; ou d'ici, ou de l&#224; &#187; de l'&#233;poque du nationalisme, pourquoi ne pas adopter celle du &#171; &#224; la fois d'ici et de l&#224; &#187; du mod&#232;le f&#233;d&#233;raliste ? Un f&#233;d&#233;ralisme d'un type nouveau peut ouvrir la voie &#224; l'exp&#233;rimentation d'une formule institutionnelle qui permette l'association de l'Ukraine &#224; la fois &#224; l'espace &#233;conomique europ&#233;en et &#224; l'union douani&#232;re centre-asiatique : formule qui permettrait d'&#233;viter la guerre civile et de sauvegarder l'int&#233;grit&#233; territoriale du pays. L'Ukraine n'est pas un cas isol&#233;. Il existe des exemples analogues d'Etats charni&#232;res entre deux grandes r&#233;gions du monde (par exemple la Turquie, &#224; la fronti&#232;re entre l'Europe et le Moyen-Orient ou le Mexique &#224; la fronti&#232;re entre l'Am&#233;rique du nord et l'Am&#233;rique latine), qui peuvent jouer le r&#244;le de pont et &#234;tre le vecteur de nouvelles formes de solidarit&#233; interr&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ukraine, comme l'UE, d&#233;pend du robinet du gaz et du p&#233;trole russe. D'une part, comme l'Europe sera encore longtemps tributaire de la Russie pour l'approvisionnement en ressources &#233;nerg&#233;tiques, il est urgent que l'UE adopte une politique &#233;nerg&#233;tique pour r&#233;duire sa d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard des importations de carburants fossiles et unir les forces pour acc&#233;l&#233;rer la transition vers les &#233;nergies renouvelables. D'autre part, la Russie n'est pas, pour le moment, en mesure d'affronter la concurrence de l'UE, mais elle a besoin de son march&#233;. Elle est consciente des faiblesses structurelles de son syst&#232;me de production bas&#233; sur les exportations de gaz et de p&#233;trole -qui lui a offert le b&#233;n&#233;fice temporaire d'une force financi&#232;re significative- et vise &#224; moderniser son &#233;conomie &#224; travers la formation d'une union douani&#232;re euro-asiatique. Un accord &#233;conomique qui assure la coop&#233;ration entre l'Europe et la Russie sur le plan des approvisionnements &#233;nerg&#233;tiques (de la part de la Russie) et des technologies avanc&#233;es (de la part de l'UE) et qui lie l'accord &#224; l'affirmation au sein de la CEI des principes de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative et de l'Etat de droit, repr&#233;sente la condition pour mettre sur pied la solution de la crise de l'Ukraine dans un cadre de stabilit&#233; et de coop&#233;ration entre des communaut&#233;s r&#233;gionales contigu&#235;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, pour maintenir l'unit&#233; politique de l'Ukraine, la coexistence entre les diverses composantes ethniques, linguistiques et religieuses pr&#233;sentes dans le pays, ne peut &#234;tre garantie que par une r&#233;forme des institutions dans un sens f&#233;d&#233;ral -et plus sp&#233;cifiquement de l'application d'une forme de f&#233;d&#233;ralisme asym&#233;trique- qui pr&#233;voie la concession aux r&#233;gions orientales principalement russophones, de marges plus larges d'auto-gouvernement dans les secteurs de l'instruction, de la culture et de la gestion des forces de police. La flexibilit&#233; du f&#233;d&#233;ralisme asym&#233;trique est telle qu'elle permet la concession d'un statut sp&#233;cial d'autonomie &#224; la Crim&#233;e qui rende compatible son inclusion dans le syst&#232;me d&#233;fensif russe, avec l'appartenance &#224; l'Etat ukrainien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insignifiance politique dont l'UE a fait preuve dans cette circonstance dramatique montre que le cha&#238;non manquant pour construire un nouvel ordre politique et &#233;conomique international, c'est une Europe qui soit capable de parler d'une seule voix. C'est en endiguant l'agressivit&#233; des Etats-Unis &#224; l'&#233;gard de la Russie, qu'une UE plus forte et coh&#233;rente acquerrait l'autorit&#233; pour corriger le dessein &#224; caract&#232;re imp&#233;rial et nationaliste de Poutine qui tend &#224; r&#233;organiser la r&#233;gion euro-asiatique en faisant appel &#224; la grande m&#232;re Russie. C'est en cr&#233;ant un climat plus propice &#224; la coop&#233;ration internationale dans les secteurs de la s&#233;curit&#233; et de l'&#233;conomie qu'elle pourrait d&#233;samorcer les facteurs qui ont pouss&#233; la Russie &#224; choisir le nationalisme et l'autoritarisme et favoriser l'&#233;volution de la Russie vers la r&#233;organisation dans un sens f&#233;d&#233;ral, &#224; la fois de ses propres institutions et des relations avec les ex- r&#233;publiques sovi&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Promouvoir et consolider la construction des institutions d&#233;mocratiques en Ukraine en cr&#233;ant les conditions pour impliquer dans ce projet la Russie et les ex r&#233;publiques sovi&#233;tiques : voil&#224; un objectif ambitieux qui doit &#234;tre mis au centre de la campagne &#233;lectorale europ&#233;enne. Nous avons vu que le d&#233;veloppement &#233;conomique et la stabilit&#233; internationale sont les conditions pour affirmer la d&#233;mocratie &#224; laquelle l'Europe peut apporter une contribution d&#233;cisive. Mener &#224; son terme la r&#233;volution d&#233;mocratique pour laquelle le peuple de la place Ma&#239;dan a montr&#233; qu'il &#233;tait dispos&#233; &#224; sacrifier sa vie, c'est l'objectif auquel l'Europe doit consacrer toute son &#233;nergie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Z. Brzezinski, &#171; Russia Needs to be Offered a 'Finland Option' for Ukraine&#8221;, Financial Times, 22 f&#233;vrier 2014 ; H. Kissinger, &#171; Ukraine Crisis : Kiev Should Bridge East and West &#187;, The Independent, 9 mars 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Le hold-up de Super Poutine</title>
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		<dc:date>2014-05-01T08:26:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Gouzy</dc:creator>


		<dc:subject>Le billet de Jean-Pierre Gouzy</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les faux-culs qui pr&#233;tendent orchestrer les destin&#233;es de l'Union europ&#233;enne en tournant le dos aux prescriptions des &#171; P&#232;res fondateurs &#187; sont les m&#234;mes personnages, depuis la crise des subprimes (2007) et la faillite de Lehman Brothers (2008), qui ont souteni mordicus que l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire pr&#233;vue &#224; Maastricht devrait permettre &#224; la zone euro de sortir haut la main des difficult&#233;s auxquelles elle se trouvait brutalement confront&#233;e. Or, il n'en a rien &#233;t&#233;, le pilier &#233;conomique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Le-billet-de-Jean-Pierre-Gouzy,44-+" rel="tag"&gt;Le billet de Jean-Pierre Gouzy&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les faux-culs qui pr&#233;tendent orchestrer les destin&#233;es de l'Union europ&#233;enne en tournant le dos aux prescriptions des &#171; P&#232;res fondateurs &#187; sont les m&#234;mes personnages, depuis la crise des subprimes (2007) et la faillite de Lehman Brothers (2008), qui ont souteni mordicus que l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire pr&#233;vue &#224; Maastricht devrait permettre &#224; la zone euro de sortir haut la main des difficult&#233;s auxquelles elle se trouvait brutalement confront&#233;e. Or, il n'en a rien &#233;t&#233;, le pilier &#233;conomique de l'Union existait surtout sur le papier, fragilisant une Union mon&#233;taire encore balbutiante, au moment o&#249; on lui demandait d'affronter des perturbations sans &#233;quivalent depuis les ann&#233;es 1930 et la seconde guerre mondiale. Il a fallu plus de six ans pour rattraper le temps perdu, notamment, en n&#233;gociant un projet d'Union bancaire qui puisse tenir la route et permettre de jeter les premiers fondements d'une Union budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout r&#233;cemment, la crise ukrainienne a permis, &#224; son tour, d'appr&#233;cier l'inanit&#233; de notre politique &#233;trang&#232;re et de s&#233;curit&#233; (PESC) dont la responsabilit&#233; a &#233;t&#233; confi&#233;e &#224; l'ineffable Lady Ashton, avec le mandat de faire respecter la r&#232;gle souveraine de l'unanimit&#233; qui se confond avec celle du plus petit commun d&#233;nominateur, au d&#233;triment de l'&#233;laboration de politiques d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral efficaces comme cela aurait d&#251; &#234;tre le cas ces derni&#232;res ann&#233;es dans le bassin m&#233;diterran&#233;en, dans l'&#233;tablissement de nos relations avec le monde arabo-musulman, les crises du Sahel, notamment au Mali et en R&#233;publique centrafricaine. La m&#234;me PESC a jou&#233; un r&#244;le tout &#224; fait subsidiaire, par ailleurs, dans les n&#233;gociations nucl&#233;aires avec l'Iran, alors que l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la France, traitaient directement, en tant que puissances &#171; souveraines &#187;, avec T&#233;h&#233;ran, comme le firent, pour leur part, trois poids lourds embl&#233;matiques de la politique mondiale : Chine, Etats-Unis, Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte domin&#233;, au surplus, par l'effervescence des tensions en Orient et le reflux des engagements am&#233;ricains, qu'a &#233;clat&#233; la bombe ukrainienne. L'impuissance des Europ&#233;ens face aux &#233;v&#232;nements de Kiev et S&#233;bastopol est la cons&#233;quence d'une s&#233;rie d'&#233;checs : celui des laborieuses n&#233;gociations engag&#233;es depuis 2009 par l'Union europ&#233;enne (UE) avec le Pr&#233;sident Ianoukovitch, sold&#233;es par la volte-face du personnage au profit des Russes, porteurs d'un pr&#233;cieux accord avec Gazprom, agr&#233;ment&#233; d'un ch&#232;que de 15 milliards de dollars destin&#233;s au sauvetage d'une &#233;conomie en pleine d&#233;route ; &#233;chec aussi d'une diplomatie convaincue que le Kremlin respecterait l'engagement de ne pas interf&#233;rer dans les affaires internes du cousin ukrainien ; d&#233;fectuosit&#233; des relations avec les services am&#233;ricains comp&#233;tents (D&#233;partement d'Etat et OTAN). &#171; Que l'Union europ&#233;enne aille se faire foutre ! &#187; aurait, tout de go, d&#233;clar&#233; la dame Norland, Secr&#233;taire d'Etat am&#233;ricain adjoint. Selon maints observateurs bas&#233;s &#224; Bruxelles, Poutine accapar&#233; par les Jeux olympiques d'hiver &#224; Sotchi, laisserait les Ukrainiens se d&#233;brouiller entre eux, pour &#171; s&#233;parer le bon grain de l'ivraie &#187; &#224; l'issue des empoignades de Kiev. &#171; L'ivraie &#187;, en la circonstance, pouvant s'assimiler aussi bien aux matraqueurs policiers dont nous avons pu appr&#233;cier le savoir-faire sur nos &#233;crans de t&#233;l&#233;, qu'aux extr&#233;mistes de Svoboda et de Praviy Sektor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, l'homme-lige du Kremlin, Viktor Ianoukovitch, d&#233;savou&#233; par les siens, a pris la poudre d'escampette, en se r&#233;fugiant dans l'immensit&#233; russe. Quant &#224; Poutine, il a admirablement su tirer parti de la confusion g&#233;n&#233;rale en d&#233;cidant de profiter de l'occasion pour r&#233;gler un vieux compte avec les cousins rebelles, en proc&#233;dant &#224; l'annexion &#233;clair de la Crim&#233;e, ancienne Riviera des tsars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militaires ukrainiens bas&#233;s autour de S&#233;bastopol, la base navale russe de la Mer noire d'o&#249; partent les navires de guerre et les ravitailleurs de Bachar Al Assad, ont &#233;t&#233; invit&#233;s &#224; capituler sans s'opposer aux commandos russes qui surgissaient de partout. Bref, le droit international a &#233;t&#233; copieusement bafou&#233;. L'int&#233;grit&#233; territoriale ukrainienne a vol&#233; en &#233;clats. Les sanctions prises depuis lors par les Am&#233;ricains et les Europ&#233;ens sont des sanctions en trompe l'&#339;il, elles n'affectent pas les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques essentiels de la Russie. Le gaz russe continuera donc a &#234;tre livr&#233; aux Allemands qui en ont grand besoin. Le sacro-saint business ne sera contrari&#233; qu'&#224; la marge. Les oligarques peuvent, du moins pour le moment, continuer &#224; prosp&#233;rer au sein de la City de Londres, toujours si accueillante. La France esp&#232;re bien tirer son &#233;pingle du jeu en &#233;vitant, de son c&#244;t&#233;, de rester en carafe avec ses porte-h&#233;licopt&#232;res &#171; Mistral &#187;, d'autant que 96,6 % des &#233;lecteurs de Crim&#233;e ont ratifi&#233; le hold-up poutinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vraie question qui reste ouverte est donc, la suivante : les grandes villes russophones d'Ukraine ne vont-elles pas commencer &#224; s'interroger s&#233;rieusement sur leur propre statut, au cours des temps qui viennent ? M&#234;me questionnement, &#233;videmment, au sein des minorit&#233;s russophones voisines de l'Ukraine, en Moldavie et en Transnistrie, pour ne pas parler des Pays baltes dont la s&#233;curit&#233; se veut, il est vrai, &#171; garantie &#187; par l'OTAN. Vladimir Vladimirovitch, ancien colonel du KGB promu d&#233;sormais au r&#244;le de Super Poutine, est confront&#233; aujourd'hui aux cons&#233;quences impr&#233;visibles de ses propres actes, depuis les interventions militaires russes de G&#233;orgie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est exclu &#224; cet &#233;gard : la cr&#233;ation d'un nouvel espace euro-asiatique ; le retour &#224; un certain statu quo avec l'UE et les Etats-Unis ; les pr&#233;misses d'une nouvelle guerre continentale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'observait, r&#233;cemment, l'ancien conseiller pr&#233;sidentiel am&#233;ricain d'origine polonaise, Zbigniew Brezczinski, en prenant la Crim&#233;e, Poutine a, en tout cas, du m&#234;me coup, perdu l'Ukraine pour un temps ind&#233;fini. Si le sang coule, le prix &#224; payer n'en sera que plus &#233;lev&#233;. Une seule certitude pour le moment, nous n'en avons pas fini avec les retomb&#233;es du hold-up de Crim&#233;e !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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