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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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<item xml:lang="fr">
		<title>Premi&#232;res r&#233;flexions sur l'Union europ&#233;enne et l'immigration</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Premieres-reflexions-sur-l-Union-europeenne-et-l-immigration</link>
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		<dc:date>2016-01-10T21:53:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Guy Giraud</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
		<dc:subject>FED'Actualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;fugi&#233;s</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Personne ne conteste la gravit&#233; et l'urgence du d&#233;sastre humanitaire sans pr&#233;c&#233;dent qui se d&#233;roule chaque jour - avec une ampleur croissante - en M&#233;diterran&#233;e, c'est &#224; dire sous les yeux m&#234;mes des Europ&#233;ens. &lt;br class='autobr' /&gt;
Personne ne met en doute l'incapacit&#233; mat&#233;rielle des Etats membres de premi&#232;re ligne (notamment l'Italie et la Gr&#232;ce) de faire face seuls &#224; cette mar&#233;e humaine ni les probl&#232;mes internes de toute nature que provoque sur leur territoire cet afflux incontr&#244;lable. &lt;br class='autobr' /&gt;
Personne ne peut nier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-169-Septembre-2015-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 169 - Septembre 2015&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Immigration-+" rel="tag"&gt;Immigration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-FED-Actualite-+" rel="tag"&gt;FED'Actualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Refugies-+" rel="tag"&gt;R&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Personne ne conteste la gravit&#233; et l'urgence du d&#233;sastre humanitaire sans pr&#233;c&#233;dent qui se d&#233;roule chaque jour - avec une ampleur croissante - en M&#233;diterran&#233;e, c'est &#224; dire sous les yeux m&#234;mes des Europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne met en doute l'incapacit&#233; mat&#233;rielle des Etats membres de premi&#232;re ligne (notamment l'Italie et la Gr&#232;ce) de faire face seuls &#224; cette mar&#233;e humaine ni les probl&#232;mes internes de toute nature que provoque sur leur territoire cet afflux incontr&#244;lable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne peut nier que tous les &#201;tats membres soient concern&#233;s - directement ou indirectement - par ce d&#233;sastre se d&#233;roulant sur la grande fronti&#232;re m&#233;diterran&#233;enne de l'Union europ&#233;enne (UE) et affectant un continent africain qui demeure historiquement et durablement li&#233; &#224; l'Europe - &#224; toute l'Europe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Personne ne peut donc contester la l&#233;gitimit&#233; et la n&#233;cessit&#233; d'une implication et d'une entre aide totales et sans r&#233;serve de tous les &#201;tats membres non seulement pour sauver les vies humaines en p&#233;ril mais aussi fournir aux r&#233;fugi&#233;s, au moins &#224; titre provisoire, toute l'assistance mat&#233;rielle n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne peut feindre d'ignorer, en r&#233;sum&#233;, que ce sont les valeurs m&#234;mes sur lesquelles est fond&#233;e l'Union qui lui font un devoir de venir en aide collectivement aux hommes, femmes et enfants en d&#233;tresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il en &#233;tait besoin, il serait d'autre part facile de d&#233;montrer - sur le plan juridique - que ce sont les trait&#233;s eux-m&#234;mes qui pr&#233;voient et organisent cette responsabilit&#233; collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, le refus pur et simple de quelques (rares) &#201;tats membres de prendre part aux actions d'urgence pr&#233;conis&#233;es par la Commission est inacceptable. De m&#234;me, les r&#233;ticences ou retards d'autres &#201;tats &#224; participer &#224; l'effort commun sont condamnables. Enfin, les positions changeantes de certains &#201;tats au fil d'&#233;v&#232;nements politiques internes (nouvelles majorit&#233;s ou nouveaux dirigeants politiques) ne sont pas recevables face &#224; une telle urgence humanitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moins deux institutions de l'Union ont su reconnaitre la gravit&#233; du probl&#232;me et affirmer la responsabilit&#233; de l'UE : la Commission repr&#233;sentant l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral europ&#233;en et le Parlement europ&#233;en repr&#233;sentant les citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'honneur de la Commission Juncker d'avoir pris, dans l'urgence, les initiatives n&#233;cessaires et d'&#234;tre pass&#233;e outre aux divisions internes du Conseil - allant jusqu'&#224; proposer officiellement des m&#233;canismes contraignants tels que des &#034;quotas&#034; nationaux d'accueil de r&#233;fugi&#233;s. Si elle doit &#234;tre soutenue dans ses efforts, il lui appartient aussi de mettre pleinement en oeuvre les moyens propres dont elle dispose tels que :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; le renforcement de Frontex : c'est un v&#233;ritable saut qualitatif et quantitatif de cet organe qui doit &#234;tre accompli &#224; cette occasion,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le renforcement et l'engagement d&#233;termin&#233; des ambassades de l'UE dans les pays d'origine et de passage des flux migratoires sur le continent africain ; ici aussi, l'occasion doit &#234;tre saisie pour faire de ces ambassades de v&#233;ritables relais de l'action ext&#233;rieure de l'UE - avec ou sans la coop&#233;ration des ambassades des &#201;tats membres sur place,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la mobilisation de tous les fonds n&#233;cessaires pour co-financer, avec les &#201;tats, l'ensemble des op&#233;rations de sauvetage et d'accueil.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le Parlement europ&#233;en, pour sa part, peut accentuer sa pression politique sur le Conseil - notamment par la voix de son Pr&#233;sident. Il peut &#233;galement utiliser tous ses pouvoirs budg&#233;taires pour d&#233;bloquer - voire accro&#238;tre - les cr&#233;dits disponibles. Il peut enfin utiliser sa fonction tribunicienne pour alerter et mobiliser l'opinion publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il ne faut certes pas sous-estimer l'ampleur et la complexit&#233; d'un ph&#233;nom&#232;ne migratoire plus large qui p&#232;se &#233;galement sur les fronti&#232;res terrestres de l'Union, le drame m&#233;diterran&#233;en est une urgence absolue et doit &#234;tre trait&#233; comme tel. C'est v&#233;ritablement l'image de l'Europe dans le monde - et en particulier en Afrique - qui est en jeu. L'histoire retiendra durablement si l'Union a &#233;t&#233; - ou pas - capable d'assumer ses responsabilit&#233;s et d'&#234;tre &#224; la hauteur des valeurs qu'elle revendique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jean-Guy Giraud&lt;br class='manualbr' /&gt;Ancien Pr&#233;sident de l'UEF France &#8211; 31&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Italie - Loi du 15 d&#233;cembre 1999, n&#176; 482 &#171; Les normes en mati&#232;re de protection des minorit&#233;s linguistiques historiques &#187;</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Italie-Loi-du-15-decembre-1999-no-482-Les-normes-en-matiere-de-protection-des</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Italie-Loi-du-15-decembre-1999-no-482-Les-normes-en-matiere-de-protection-des</guid>
		<dc:date>2016-01-10T21:42:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Langues</dc:subject>
		<dc:subject>Charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales ou minoritaires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Art. 1. 1. La langue officielle de la R&#233;publique est l'italien. 2. La R&#233;publique, qui valorise le patrimoine linguistique et culturel de la langue italienne, promeut aussi la valorisation des langues et cultures prot&#233;g&#233;es par la pr&#233;sente loi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Art. 2. 1. En application de l'article 6 de la Constitution et en harmonie avec les principes g&#233;n&#233;raux &#233;tablis par les organismes europ&#233;ens et internationaux, la R&#233;publique prot&#232;ge la langue et la culture des populations albanaises, catalanes, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-169-Septembre-2015-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 169 - Septembre 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Italie-+" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Langues-+" rel="tag"&gt;Langues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Charte-europeenne-des-langues-regionales-ou-minoritaires-+" rel="tag"&gt;Charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales ou minoritaires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Art. 1.&lt;br class='autobr' /&gt;
1. La langue officielle de la R&#233;publique est l'italien.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. La R&#233;publique, qui valorise le patrimoine linguistique et culturel de la langue italienne, promeut aussi la valorisation des langues et cultures prot&#233;g&#233;es par la pr&#233;sente loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 2.&lt;br class='autobr' /&gt;
1. En application de l'article 6 de la Constitution et en harmonie avec les principes g&#233;n&#233;raux &#233;tablis par les organismes europ&#233;ens et internationaux, la R&#233;publique prot&#232;ge la langue et la culture des populations albanaises, catalanes, germaniques, grecques, slov&#232;nes et croates et celles parlant le fran&#231;ais, le franco-proven&#231;al, le friulan, le ladino, l'occitan et le sarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 3.&lt;br class='autobr' /&gt;
1. La d&#233;limitation de la zone territoriale et sub-communale dans laquelle s'appliquent les dispositions de protection des minorit&#233;s linguistiques historiques pr&#233;vues par la pr&#233;sente loi est adopt&#233;e par le Conseil provincial, les communes int&#233;ress&#233;es ayant &#233;t&#233; consult&#233;es, sur la demande d'au moins quinze pour cent des citoyens inscrits sur les listes &#233;lectorales et r&#233;sidant dans ces m&#234;mes communes, ou bien d'un tiers des conseillers communaux des m&#234;mes communes.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Dans le cas o&#249; il ne subsiste aucune des deux conditions de l'alin&#233;a 1 et que, sur le territoire communal, une minorit&#233; linguistique comprise dans la liste de l'article 2 insiste, on entame une proc&#233;dure au cas o&#249; la population r&#233;sidente se prononcerait favorablement &#224; travers une consultation appropri&#233;e, promue par des sujets ayant droit et selon les modalit&#233;s pr&#233;vues par les statuts et r&#232;glements communaux respectifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Quand les minorit&#233;s linguistiques consid&#233;r&#233;es &#224; l'article 2 se trouvent r&#233;parties sur des territoires provinciaux ou r&#233;gionaux diff&#233;rents, elles peuvent constituer des organismes de coordination et de proposition et les organismes locaux int&#233;ress&#233;s ont la facult&#233; de les reconna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 4.&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Dans les &#233;coles maternelles des communes concern&#233;es par l'article 3, l'&#233;ducation linguistique pr&#233;voit, &#224; c&#244;t&#233; de l'utilisation de la langue italienne, l'utilisation aussi de la langue de la minorit&#233; pour le d&#233;roulement des activit&#233;s &#233;ducatives. Dans les &#233;coles &#233;l&#233;mentaires et dans les &#233;coles secondaires de premier niveau, il est pr&#233;vu aussi l'usage de la langue de la minorit&#233; comme outil d'enseignement.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Les institutions scolaires &#233;l&#233;mentaires et secondaires de premier niveau, conform&#233;ment &#224; ce qui est pr&#233;vu &#224; l'article 3, alin&#233;a 1 de la pr&#233;sente loi, dans l'exercice de l'autonomie organisationnelle et didactique indiqu&#233; &#224; l'artcle 21, alin&#233;a 8 et 9 de la loi du 15 mars 1997, n&#176; 59, dans les limites de l'horaire des programmes dans leur ensemble, d&#233;fini au niveau national et dans le respect de l'ensemble des obligations de service des enseignants pr&#233;vus dans les conventions collectives, dans le but d'assurer l'apprentissage de la langue de la minorit&#233;, d&#233;lib&#232;rent, aussi sur la base des demandes des parents d'&#233;l&#232;ves, sur les modalit&#233;s du d&#233;roulement des activit&#233;s d'enseignement de la langue et des traditions culturelles des communaut&#233;s locales, en en fixant les rythmes et les m&#233;thodes, et aussi les crit&#232;res d'&#233;valuation des &#233;l&#232;ves et les modalit&#233;s d'emploi des enseignants qualifi&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Les m&#234;mes institutions scolaires concern&#233;es par l'alin&#233;a 2, au sens de l'article 21, alin&#233;a 10, de la loi du 15 mars 1997, n&#176; 59, soit individuellement, soit sous une forme associative, peuvent r&#233;aliser des extensions de l'offre de formation en faveur des adultes. Dans l'exercice de l'autonomie de la recherche, de l'exp&#233;rimentation et du d&#233;veloppement, cit&#233; &#224; l'article 21, alin&#233;a 10, les institutions scolaires adoptent, y compris sous des formes associ&#233;es, des initiatives dans le domaine de l'&#233;tude des langues et des traditions culturelles de ceux qui appartiennent &#224; une minorit&#233; linguistique reconnue au sens des articles 2 et 3 de la pr&#233;sente loi et poursuivent des activit&#233;s de formation et de formation continue des enseignants d&#233;di&#233;s &#224; ces disciplines. Les institutions scolaires, dans cette perspective, peuvent conclure des conventions, au sens de l'article 21, alin&#233;a 12, de la loi n&#176; 59 de 1997 d&#233;j&#224; cit&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
4. Les initiatives pr&#233;vues aux alin&#233;as 2 et 3 sont r&#233;alis&#233;es par les m&#234;mes institutions scolaires en utilisant les ressources humaines &#224; disposition, la dotation financi&#232;re attribu&#233;e au sens de l'article 21, alin&#233;a 5 de la loi n&#176; 59 du 15 mars 1997, mais aussi les ressources suppl&#233;mentaires accessibles par des conventions, en pr&#233;voyant les priorit&#233;s &#233;tablies par le m&#234;me alin&#233;a 5 de la pr&#233;sente loi. Dans la r&#233;partition des ressources cit&#233;es &#224; l'alin&#233;a 5 de l'article 21 de la loi n&#176; 59 de 1997, on tient compte des priorit&#233;s suppl&#233;mentaires du pr&#233;sent alin&#233;a.&lt;br class='autobr' /&gt;
5. Au moment de la pr&#233;inscription, les parents communiquent &#224; l'institution scolaire concern&#233;e s'ils ont l'intention de faire valoir pour leurs enfants, l'enseignement de la langue de la minorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 5.&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Le Ministre de l'instruction publique, par d&#233;crets, donne les crit&#232;res g&#233;n&#233;raux pour la mise en place des mesures contenues dans l'article 4 et peut promouvoir et r&#233;aliser des projets nationaux et locaux dans le domaine de l'&#233;tude des langues et traditions culturelles de ceux qui appartiennent &#224; une minorit&#233; linguistique reconnue au sens des articles 2 et 3 de la pr&#233;sente loi. Pour la r&#233;alisation des projets, on autorise une d&#233;pense de 2 milliards de lires par an, &#224; compter de l'ann&#233;e 1999.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Les mod&#232;les de d&#233;crets cit&#233;s &#224; l'alin&#233;a 1 sont transmis au Parlement pour avis des commissions comp&#233;tentes permanentes qui peuvent s'exprimer dans un d&#233;lai de soixante jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 6.&lt;br class='autobr' /&gt;
1 Au sens des articles 6 et 8 de la loi n&#176; 341 du 19 novembre 1990, les universit&#233;s des r&#233;gions int&#233;ress&#233;es, dans le cadre de leur autonomie et des cr&#233;dits ordinaires de leur budget, assument toute initiative, y compris l'institution de cours de langue et de culture des langues &#233;voqu&#233;es &#224; l'article 2, visant &#224; favoriser la recherche scientifique et les activit&#233;s culturelles et de formation pour soutenir les objectifs de la pr&#233;sente loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 7&lt;br class='autobr' /&gt;
1 Dans les communes &#233;voqu&#233;es &#224; l'article 3, les membres des conseils communaux et des autres organismes &#224; structure coll&#233;giale de l'administration peuvent utiliser, au cours de l'activit&#233; de ces organismes, la langue prot&#233;g&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. La disposition de l'alin&#233;a 2 s'applique aussi aux conseillers des communaut&#233;s de montagne, des provinces et des r&#233;gions dont les territoires comprennent des communes dans lesquelles la langue prot&#233;g&#233;e est reconnue et qui constituent globalement au moins 15% de la population concern&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Au cas o&#249; une ou plusieurs composantes des organes coll&#233;giaux concern&#233;s par les alin&#233;as 1 et 2, d&#233;clarent qu'ils ne connaissent pas la langue prot&#233;g&#233;e, une traduction imm&#233;diate en langue italienne doit &#234;tre garantie.&lt;br class='autobr' /&gt;
4. Au cas o&#249; les actes destin&#233;s &#224; un usage public sont r&#233;dig&#233;s dans les deux langues, seuls les actes et les d&#233;lib&#233;rations r&#233;dig&#233;s en langue italienne ont une valeur juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 8&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Dans les communes concern&#233;es par l'article 3, le Conseil communal peut proc&#233;der, les frais &#233;tant &#224; la charge du budget de la commune, en l'absence de ressources disponibles dans ce but, &#224; la publication dans la langue prot&#233;g&#233;e des actes officiels de l'Etat, des r&#233;gions, des collectivit&#233;s locales ainsi que des organismes publics non territoriaux, &#233;tant bien entendu que la valeur l&#233;gale des actes est r&#233;serv&#233;e exclusivement au texte r&#233;dig&#233; en langue italienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 9.&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Sauf pour ce que pr&#233;voit l'article 7, dans les communes concern&#233;es par l'article 3, l'utilisation orale et &#233;crite de la langue prot&#233;g&#233;e est autoris&#233;e dans les bureaux des administrations publiques. Les forces arm&#233;es et les forces de la police d'Etat sont exclues de l'application du pr&#233;sent alin&#233;a.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Pour rendre effective la possibilit&#233; pr&#233;vue &#224; l'alin&#233;a 1, les administrations publiques veilleront, y compris au moyen de conventions avec d'autres organismes, &#224; garantir la pr&#233;sence de personnel qui soit en mesure de r&#233;pondre aux demandes du public en utilisant la langue prot&#233;g&#233;e. Dans ce but, il est institu&#233;, aupr&#232;s de la Pr&#233;sidence du Conseil des ministres- D&#233;partement des affaires r&#233;gionales, un Fonds national pour la protection des minorit&#233;s linguistiques avec une dotation financi&#232;re annuelle de 9.800.000.000 de lires &#224; partir de 1999. Ces ressources, consid&#233;r&#233;es comme la limite maximale de d&#233;pense, sont r&#233;parties chaque ann&#233;e par un d&#233;cret du Pr&#233;sident du Conseil des ministres, les administrations concern&#233;es ayant &#233;t&#233; consult&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. L'utilisation de la langue prot&#233;g&#233;e est autoris&#233;e dans les proc&#233;dures devant le juge de paix. Les dispositions de l'article 109 du code de proc&#233;dure p&#233;nale en restent exclues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art 10.&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Dans les communes concern&#233;es par l'article 3, en suppl&#233;ment aux toponymes officiels, les conseils communaux peuvent d&#233;lib&#233;rer sur l'adoption de toponymes conformes aux traditions et usages locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 11.&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Les citoyens qui font partie d'une minorit&#233; linguistique reconnue au sens des articles 2 et 3 et r&#233;sidant dans les communes concern&#233;es par le m&#234;me article 3, dont les noms et les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s avant la date d'entr&#233;e en vigueur de la pr&#233;sente loi ou qui ont &#233;t&#233; emp&#234;ch&#233;s par le pass&#233; d'apposer leur nom de bapt&#234;me dans la langue de la minorit&#233;, ont le droit d'obtenir, sur la base d'une documentation ad&#233;quate, leur r&#233;tablissement dans la forme originelle. Le r&#233;tablissement du nom prend effet aussi pour les descendants des int&#233;ress&#233;s qui ne sont pas majeurs, ou qui, s'ils le sont, ont donn&#233; leur accord.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Dans les cas de l'alin&#233;a 1, la demande doit indiquer le pr&#233;nom ou le nom que l'on entend assumer et il est pr&#233;sent&#233; au Maire de la commune de r&#233;sidence du requ&#233;rant qui veille &#224; le transmettre d'office au pr&#233;fet, accompagn&#233; d'un extrait d'acte de naissance. Le pr&#233;fet, dans le cas o&#249; il y a recours aux pr&#233;suppos&#233;s pr&#233;vus &#224; l'alin&#233;a 1, promulgue le d&#233;cret de r&#233;tablissement du pr&#233;nom ou du nom. Pour les membres de la famille, le pr&#233;fet peut proc&#233;der avec un d&#233;cret unique. En cas de rejet de la demande, la mesure peut &#234;tre contest&#233;e, dans un d&#233;lai de 30 jours apr&#232;s la communication, par un recours au Ministre de la justice qui d&#233;cide sur avis du Conseil d'Etat. La proc&#233;dure est exempt&#233;e de frais et doit &#234;tre conclue d'ici 90 jours &#224; partir de la demande.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Les bureaux de l'&#233;tat civil des communes int&#233;ress&#233;es veillent aux annotations cons&#233;cutives &#224; la mise en oeuvre des dispositions du pr&#233;sent article. Tous les autres registres, les annuaires et les r&#244;les nominatifs sont rectifi&#233;s d'office par la commune et par les autres administrations comp&#233;tentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 12&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Dans la convention entre le Minist&#232;re des communications et la soci&#233;t&#233; concessionnaire du service public de radio-t&#233;l&#233;vision et dans le contrat de service qui s'ensuit, les conditions sont assur&#233;es pour la protection des minorit&#233;s linguistiques dans les zones d'appartenance.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Les r&#233;gions int&#233;ress&#233;es peuvent aussi souscrire des conventions sp&#233;ciales avec la soci&#233;t&#233; concessionnaire du service public de radio-t&#233;l&#233;vision pour des transmissions journalistiques ou des programmes dans les langues prot&#233;g&#233;es, dans le cadre des programmations radiophoniques et t&#233;l&#233;visuelles r&#233;gionales de la soci&#233;t&#233; concessionnaire ; dans le m&#234;me objectif, les r&#233;gions peuvent souscrire des accords sp&#233;ciaux avec les &#233;metteurs locaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. La protection des minorit&#233;s linguistiques dans le cadre du syst&#232;me des communications de masse est de la comp&#233;tence de l'Autorit&#233; pour les garanties dans les communications conform&#233;ment &#224; la loi n&#176; 249 du 31 juillet 1997, sans pr&#233;judice des fonctions d'orientation de la Commission parlementaire pour l'orientation g&#233;n&#233;rale et la surveillance des services radiot&#233;l&#233;vis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 13&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Les r&#233;gions &#224; statut ordinaire, dans le domaine de leur comp&#233;tence, adaptent leur l&#233;gislation aux principes &#233;tablis par la pr&#233;sente loi, sans pr&#233;judice des dispositions l&#233;gislatives r&#233;gionales en vigueur qui pr&#233;voient des conditions plus favorables pour les minorit&#233;s linguistiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 14&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Dans le cadre de leur disponibilit&#233; budg&#233;taire, les r&#233;gions et les provinces dans lesquelles des groupes linguistiques cit&#233;s &#224; l'article 2 sont pr&#233;sents, ainsi que les communes des provinces susdites peuvent d&#233;terminer, sur la base de crit&#232;res objectifs, de subsides pour l'&#233;dition, pour les organes de presse et pour les &#233;missions radiot&#233;l&#233;vis&#233;es a caract&#232;re priv&#233; qui utilisent une des langues prot&#233;g&#233;es, ainsi que pour les associations reconnues et enracin&#233;es dans le territoire qui ont comme objectif la sauvegarde des minorit&#233;s linguistiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 15&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Au-del&#224; de ce qui est pr&#233;vu par l'article 5, alin&#233;a 1 et 9, alin&#233;a 2, les d&#233;penses faites par les autorit&#233;s locales pour s'acquitter des obligations d&#233;coulant de la pr&#233;sente loi sont mis &#224; la charge du budget de l'Etat dans la limite globale maximale de 8.700.000.000 de lires par an &#224; compter de 1999.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. L'inscription aux budgets des autorit&#233;s locales des pr&#233;visions de d&#233;pense pour les exigences de l'alin&#233;a 1 est subordonn&#233;e &#224; un avis sur la r&#233;partition des ressources concern&#233;es par l'alin&#233;a 1 entre les collectivit&#233;s locales int&#233;ress&#233;es, &#224; fixer par d&#233;cret du Pr&#233;sident du Conseil des ministres.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. L'affectation des sommes r&#233;parties au sens de l'alin&#233;a 2 s'effectue sur la base d'un compte-rendu appropri&#233;, pr&#233;sent&#233; par l'autorit&#233; locale comp&#233;tente, avec les indications des motifs de l'intervention et les justifications sur la pertinence de la d&#233;pense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art 16&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Les r&#233;gions et les provinces peuvent pourvoir, &#224; charge de la disponibilit&#233; de leur budget, &#224; la cr&#233;ation d'instituts sp&#233;ciaux pour la protection des traditions linguistiques et culturelles des populations consid&#233;r&#233;es dans la pr&#233;sente loi, ou bien elles favorisent la constitution de sections autonomes des institutions culturelles d&#233;j&#224; existantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 17&lt;br class='autobr' /&gt;
1. les normes r&#232;glementaires de mise en oeuvre de la pr&#233;sente loi sont adopt&#233;es dans les six mois &#224; partir de la date de son entr&#233;e en vigueur, les r&#233;gions int&#233;ress&#233;es ayant &#233;t&#233; consult&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 18&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Dans les r&#233;gions &#224; statut sp&#233;cial, l'application des dispositions les plus favorables de la pr&#233;sente loi est r&#232;glement&#233;e par des normes d'application des statuts respectifs. Les normes de protection existant dans les r&#233;gions &#224; statut sp&#233;cial et dans les provinces autonomes de Trentin et Bolzano restent inchang&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Jusqu'&#224; l'entr&#233;e en vigueur des normes de mise en oeuvre de l'alin&#233;a 1, dans les r&#233;gions &#224; statut sp&#233;cial dont la l&#233;gislation ne pr&#233;voit pas de normes de protection, les dispositions de la pr&#233;sente loi s'appliquent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 19&lt;br class='autobr' /&gt;
1. La R&#233;publique promeut sous des formes et des modalit&#233;s qui seront pr&#233;vues au cas par cas par des conventions sp&#233;ciales et en cherchant des conditions de r&#233;ciprocit&#233; avec les Etats &#233;trangers, le d&#233;veloppement des langues et des cultures cit&#233;es &#224; l'article 2 r&#233;pandues &#224; l'&#233;tranger, dans le cas o&#249; les citoyens des communaut&#233;s concern&#233;es ont maintenu et d&#233;velopp&#233; l'identit&#233; socio-culturelle et linguistique d'origine.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Le Minist&#232;re des affaires &#233;trang&#232;res promeut les accords opportuns avec les autres Etats afin d'assurer des conditions favorables pour les communaut&#233;s de langue italienne pr&#233;sents sur leur territoire et de diffuser &#224; l'&#233;tranger la langue et la culture italienne. La R&#233;publique favorise la coop&#233;ration transfrontali&#232;re et interr&#233;gionale, y compris dans le cadre des programmes de l'Union europ&#233;enne.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Le gouvernement pr&#233;sente chaque ann&#233;e au Parlement un rapport &#224; propos de la mise en oeuvre des dispositions pr&#233;vues au pr&#233;sent article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 20 &lt;br class='autobr' /&gt;
1 A la charge de la mise en oeuvre de la pr&#233;sente loi, &#233;valu&#233;e &#224; 20.500.000.000, &#224; compter de 1999, on prend les mesures n&#233;cessaires &#224; travers des r&#233;ductions correspondantes des pr&#233;visions de cr&#233;dits inscrits, en vue du budget triennal 1998-2000, dans le cadre de l'unit&#233; pr&#233;visionnelle de base de parties courantes &#034;Fonds sp&#233;cial&#034; de l'&#233;tat des pr&#233;visions du Minist&#232;re du Tr&#233;sor, du budget et de la programmation &#233;conomique pour l'ann&#233;e 1998, en utilisant partiellement dans ce but, quant &#224; 18.500.000.000, la r&#233;serve relative &#224; la Pr&#233;sidence du Conseil des ministres et quant &#224; 2.000.000.000, la r&#233;serve relative au Minist&#232;re de l'instruction publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Le Ministre du Tr&#233;sor, du budget et de la programmation &#233;conomique est autoris&#233; &#224; apporter, par d&#233;cret, les modifications n&#233;cessaires au budget.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233;e sur la Gazzetta Ufficiale n&#176; 297 du 20 d&#233;cembre 1999&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Jean-Luc Prevel - Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales ou minoritaires et le droit fran&#231;ais : quels obstacles juridiques &#224; la ratification ?</title>
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		<dc:date>2016-01-10T21:40:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Woehrling</dc:creator>


		<dc:subject>FED'Actualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Langues</dc:subject>
		<dc:subject>Charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales ou minoritaires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Curieux destin que celui de la Charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales ou minoritaires en France. Alors que celle-ci est le seul pays europ&#233;en &#224; avoir retenu une incompatibilit&#233; de sa Constitution avec la Charte et reste un des rares pays de l'Union europ&#233;enne (UE) &#224; ne pas l'avoir ratifi&#233;e, c'est aussi en France que la Charte a fait l'objet des d&#233;bats les plus intenses. Dans aucun pays, la litt&#233;rature politique et juridique sur le sujet n'a &#233;t&#233; aussi abondante. Pourtant le contenu et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-169-Septembre-2015-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 169 - Septembre 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-FED-Actualite-+" rel="tag"&gt;FED'Actualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Langues-+" rel="tag"&gt;Langues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Charte-europeenne-des-langues-regionales-ou-minoritaires-+" rel="tag"&gt;Charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales ou minoritaires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Curieux destin que celui de la Charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales ou minoritaires en France. Alors que celle-ci est le seul pays europ&#233;en &#224; avoir retenu une incompatibilit&#233; de sa Constitution avec la Charte et reste un des rares pays de l'Union europ&#233;enne (UE) &#224; ne pas l'avoir ratifi&#233;e, c'est aussi en France que la Charte a fait l'objet des d&#233;bats les plus intenses. Dans aucun pays, la litt&#233;rature politique et juridique sur le sujet n'a &#233;t&#233; aussi abondante. Pourtant le contenu et l'objet de la Charte reste encore largement incompris en France. Sujet de beaucoup de fantasmes, elle n'a gu&#232;re donn&#233; lieu &#224; des examens attentifs. R&#233;actions d'autant plus paradoxales que la Charte peut &#234;tre &#233;valu&#233;e comme un instrument bien adapt&#233; autant &#224; la situation des langues r&#233;gionales de France qu'au cadre juridique fran&#231;ais. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est donc n&#233;cessaire de pr&#233;senter le syst&#232;me de protection de la Charte avant de porter une appr&#233;ciation sur la mani&#232;re dont le d&#233;bat juridique s'est d&#233;velopp&#233; &#224; son sujet en France. Le droit fran&#231;ais qui est tr&#232;s d&#233;favorable aux langues r&#233;gionales doit &#233;voluer pour rejoindre les standards europ&#233;ens exprim&#233;s par la Charte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;A. Les caract&#233;ristiques essentielles de la Charte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Charte pr&#233;sente huit caract&#233;ristiques principales.&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Une protection directe des langues. Ce document international se distingue par son objet : la protection d'un bien culturel europ&#233;en, &#224; savoir les langues r&#233;gionales et minoritaires. La Charte ne pose pas la probl&#233;matique des langues r&#233;gionales et minoritaires en termes de groupes minoritaires. Son projet int&#233;resse tous les citoyens europ&#233;ens. La protection des langues r&#233;gionales ou minoritaires est l'affaire de tous. Ce n'est pas seulement le probl&#232;me des locuteurs de ces langues.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Des obligations juridiques pour les Etats plut&#244;t que des droits propres aux locuteurs. La Charte s'adresse &#224; des instances publiques pour les amener &#224; prendre des engagements en faveur de la protection des langues r&#233;gionales minoritaires.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une exigence d'actions positives. La Charte ne se satisfait pas de prohiber des comportements n&#233;gatifs de la part des Etats &#224; l'encontre de certaines langues. Elle veut obtenir des autorit&#233;s publiques des engagements positifs, une politique r&#233;solue de soutien et de promotion &#224; l'&#233;gard des langues r&#233;gionales ou minoritaires.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La compl&#233;mentarit&#233; langue nationale &#8211; langues r&#233;gionales. La Charte ne se place pas dans un contexte d'opposition entre la langue nationale et les langues r&#233;gionales. Elle opte clairement pour un contexte de plurilinguisme et de pluralisme culturel. La Charte est &#233;galement fond&#233;e sur une certaine id&#233;e de tol&#233;rance et de respect de la diff&#233;rence et des identit&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Des r&#233;gimes juridiques diff&#233;renci&#233;s selon les langues. La reconnaissance de l'&#233;gale dignit&#233; des langues et cultures ne nie pas pour autant la diff&#233;rence de position juridique et de fonction sociale des langues et cultures. Respecter d'une mani&#232;re &#233;gale toutes les langues et cultures europ&#233;ennes n'implique pas de vouloir leur appliquer le m&#234;me statut, les m&#234;mes protections juridiques ou la m&#234;me position au plan des instances politiques.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Ces caract&#233;ristiques de la Charte en font un instrument d'une grande originalit&#233; et expliquent la difficult&#233; rencontr&#233;e souvent par ses promoteurs pour que celle-ci soit comprise dans ses objectifs et dans ses m&#233;thodes. De plus, la Charte ne se con&#231;oit pas comme une alternative aux autres instruments de protection &#233;labor&#233;s par le Conseil de l'Europe (Convention europ&#233;enne des Droits de l'Homme ou Convention-cadre pour la Protection des Minorit&#233;s nationales). Elle les compl&#232;te au plan des droits culturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Charte est organis&#233;e autour de deux parties principales :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; une partie g&#233;n&#233;rale qui fixe des principes et des objectifs communs &#224; tous les Etats et &#224; toutes les langues ; c'est la Partie II ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; des engagements concrets, particuliers, pouvant varier selon les Etats et les langues ; c'est la Partie III.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas, Partie II ou Partie III, nous avons affaire &#224; des dispositions, &#224; des engagements juridiques qu'il revient aux Etats d'ex&#233;cuter dans leur ordre interne. Cependant, au niveau de la Partie II, ces obligations sont exprim&#233;es de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale , alors que dans la Partie III ils se d&#233;clinent dans des mesures plus concr&#232;tes parmi lesquelles les Etats peuvent effectuer un choix pour mettre en oeuvre la promotion des langues r&#233;gionales ou minoritaires . Les principes g&#233;n&#233;raux figurant dans la Partie II sont valables pour toutes les langues et pour tous les Etats. La Partie III de la Charte propose aux Etats une panoplie de mesures concr&#232;tes en fonction des situations particuli&#232;res des diff&#233;rentes langues, en donnant aux Etats la possibilit&#233; de s'engager pour telle ou telle mesure particuli&#232;re. En quelque sorte, la Charte propose dans la Partie III aux Etats un &#171; menu &#187; de modalit&#233;s pratiques en vue de la concr&#233;tisation des objectifs de la Partie II.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;B. La situation des langues r&#233;gionales en France&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La France est caract&#233;ris&#233;e par un grand nombre de langues r&#233;gionales ou minoritaires pr&#233;sentant de tr&#232;s grandes diff&#233;rences. La France m&#233;tropolitaine comporte une vingtaine de langues traditionnellement parl&#233;es sur son territoire. A cela, il faut ajouter plusieurs dizaines langues pratiqu&#233;es dans les r&#233;gions d'Outre Mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la R&#233;volution, jusqu'&#224; une p&#233;riode r&#233;cente ces langues &#233;taient consid&#233;r&#233;es comme une menace pour l'unit&#233; nationale. Elles &#233;taient combattues par le syst&#232;me de l'instruction publique, ignor&#233;es par l'appareil administratif ou judiciaire et g&#233;n&#233;ralement m&#233;pris&#233;es comme des expressions linguistiques inf&#233;rieures (patois). Depuis une trentaine d'ann&#233;es la l&#233;gislation a m&#234;me renforc&#233; l'obligation du recours au fran&#231;ais dans les domaines administratifs et &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation des langues r&#233;gionales de France est extr&#234;mement pr&#233;caire. Le nombre de leurs locuteurs a fortement baiss&#233;. Elles sont d&#233;sormais profond&#233;ment marginalis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si de timides mesures ont &#233;t&#233; prises en faveur de ces langues depuis les ann&#233;es 1980, par exemple en mati&#232;re de toponymie bilingue, celles-ci restent largement inefficaces pour &#233;viter l'affaiblissement constant de ces langues. Ce n'est que vers le milieu des ann&#233;es 1980 qu'un enseignement bilingue a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;, mais il ne touche qu'un pourcentage tr&#232;s limit&#233; des familles potentiellement int&#233;ress&#233;es et se concentre dans les classes maternelles et primaires. La pr&#233;sence des langues r&#233;gionales dans les m&#233;dias publics est sporadique. Elles sont interdites dans l'administration. La part des budgets culturels qui leur est consacr&#233;e est infinit&#233;simale. En bref, il n'y a pas de soutien public s&#233;rieux et efficace au b&#233;n&#233;fice de ces langues. Pourtant, en 2008 un article 75-I a &#233;t&#233; introduit dans la Constitution, aux termes duquel &#171; les langues r&#233;gionales appartiennent au patrimoine de la France &#187;. Cette disposition exprime la m&#234;me pr&#233;occupation que la Charte europ&#233;enne : les langues r&#233;gionales constituent un patrimoine culturel commun qu'il revient &#224; la collectivit&#233; de prot&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une adh&#233;sion &#224; la Charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales ou minoritaires impliquerait la volont&#233; de d&#233;velopper, comme la Charte le demande, &#171; une action r&#233;solue &#187; en faveur de ces langues de mani&#232;re &#224; permettre leur transmission aux jeunes g&#233;n&#233;rations et leur pr&#233;sence effective dans la vie publique. Les autorit&#233;s fran&#231;aises ne se sont cependant nullement converties &#224; une telle politique. Elles estiment, bien &#224; tort, que ce qu'elles font pour les langues r&#233;gionales satisfait d&#233;j&#224; aux exigences de la Charte. C'est dans cet esprit qu'elles ont r&#233;solu d'adh&#233;rer &#224; la Charte&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;C. La r&#233;ception de la Charte en France&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 7 mai 1999, la France a sign&#233; la Charte &#224; l'occasion du sommet organis&#233; par le Conseil de l'Europe &#224; Budapest. Cette signature &#233;tait toutefois accompagn&#233;e d'une &#171; d&#233;claration interpr&#233;tative &#187; qui avait pour but de limiter significativement les engagements que la France acceptait de souscrire par son adh&#233;sion &#224; la Charte. N&#233;anmoins, le 15 juin 1999, le Conseil constitutionnel a estim&#233; que la Charte est incompatible avec &#171; les principes constitutionnels d'indivisibilit&#233; de la R&#233;publique, d'&#233;galit&#233; devant la loi, d'unicit&#233; du peuple fran&#231;ais et d'usage officiel de la langue fran&#231;aise &#187;, comme le r&#233;sume le Conseil d'Etat dans son avis du 30 juillet 2015 d&#233;favorable &#224; la ratification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette position du Conseil constitutionnel ne peut que surprendre car 25 Etats europ&#233;ens pour qui le principe d'&#233;galit&#233; a &#233;galement une valeur constitutionnelle, qui affirment pareillement l'unit&#233; de leur peuple et qui ont eux aussi une langue officielle n'ont pas consid&#233;r&#233; que la Charte mettait en cause ces principes. En r&#233;alit&#233;, la Charte ne porte pas atteinte &#224; l'&#233;galit&#233; des citoyens, &#224; l'unit&#233; de l'Etat ou aux pr&#233;rogatives de la langue nationale. Le Conseil constitutionnel a d&#233;velopp&#233; une conception de la Charte non fid&#232;le &#224; son contenu et proc&#233;d&#233; &#224; une interpr&#233;tation extr&#234;mement n&#233;gative de la Constitution au regard de la diversit&#233; linguistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, pour ratifier la Charte, une r&#233;forme constitutionnelle est devenue n&#233;cessaire en France. En toute bonne logique, cette r&#233;forme doit manifester le rejet de la position du Conseil constitutionnel. Cependant le gouvernement fran&#231;ais voudrait ratifier la Charte tout en confirmant l'interpr&#233;tation de la Constitution donn&#233;e par le Conseil constitutionnel, ce qui est contradictoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette fin, le projet de loi constitutionnelle tendant &#224; la ratification de la Charte ne se borne pas autoriser cette ratification, mais se r&#233;f&#232;re &#224; la d&#233;claration de 1999 affirmant notamment que cette ratification ne conf&#232;re pas de droits collectifs aux locuteurs des langues r&#233;gionales ou minoritaires, qu'elle ne remet pas en cause le principe selon lequel l'usage du fran&#231;ais s'impose aux usagers dans leurs relations avec l'administration et les services publics et qu'elle pr&#233;serve le caract&#232;re facultatif de l'enseignement des langues r&#233;gionales ou minoritaires. Ces notions font r&#233;f&#233;rence &#224; la jurisprudence du Conseil constitutionnel tr&#232;s restrictive au regard des langues r&#233;gionales, laquelle se trouve ainsi confirm&#233;e. Le Conseil constitutionnel pourra ainsi s'opposer aux mesures qui seraient n&#233;cessaires pour appliquer la Charte. Il pourra &#224; l'avenir s'opposer &#224; ce que l'acquisition d'une langue r&#233;gionale soit reconnue comme un droit car celui-ci serait analys&#233; comme un droit collectif au b&#233;n&#233;fice de locuteurs de langues r&#233;gionales. De m&#234;me, il pourra faire obstacle &#224; l'utilisation de langues r&#233;gionales dans le cadre des autorit&#233;s publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, le projet permettra de ratifier la Charte mais aussi de s'opposer &#224; une mise en &#339;uvre effective de celle-ci. D'ailleurs, aucun projet de loi visant &#224; am&#233;liorer la situation des langues r&#233;gionales dans l'esprit de la Charte n'est pr&#233;vu. Au contraire, la quasi-totalit&#233; des amendements en vue d'am&#233;liorer la situation l&#233;gale des langues r&#233;gionales, propos&#233;s lors de l'examen de propositions de lois diverses, ont &#233;t&#233; rejet&#233;s &#224; la demande du gouvernement, fid&#232;le en cela &#224; la position de tous ses pr&#233;d&#233;cesseurs de gauche ou de droite. A Paris, beaucoup pensent que les engagements que France accepte de souscrire en vertu de la Charte sont d&#233;j&#224; mis en &#339;uvre. Il n'y a pas de mesures l&#233;gales suppl&#233;mentaires &#224; prendre. La ratification permettra par contre de faire taire les revendications des promoteurs des langues r&#233;gionales : ceux-ci ne pourront plus reprocher &#224; la France de ne pas avoir ratifi&#233; la Charte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci explique que de nombreuses organisations de promotion des langues r&#233;gionales sont hostiles &#224; ce projet de loi constitutionnelle s'il conserve une r&#233;f&#233;rence &#224; la d&#233;claration interpr&#233;tative. Par ailleurs, cela ne fait sens de ratifier la Charte que si l'on a l'intention de la mettre en oeuvre effectivement. Ceci implique que les autorit&#233;s fran&#231;aises mettent en place une v&#233;ritable politique de soutien efficace aux langues r&#233;gionales. Cela n&#233;cessiterait une loi donnant un vrai statut &#224; ces langues et garantissant un syst&#232;me d'enseignement accessible pour toutes les familles qui le souhaitent. Si l'on consid&#232;re les langues r&#233;gionales comme un patrimoine culturel commun menac&#233;, des actions &#233;nergiques en faveur de ces langues dans la vie publique et culturelle sont indispensables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de proc&#233;der &#224; une ratification formelle de la Charte d&#233;pourvue de toute suite concr&#232;te, il faudrait que la France s'engage d'abord dans la mise en &#339;uvre effective des principes et des actions figurant dans la Charte. Une fois qu'elle aura r&#233;alis&#233;, de mani&#232;re effective, les orientations de la Charte, elle pourra la ratifier comme couronnement de son action en faveur des langues r&#233;gionales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jean-Marie Woehrling&lt;br class='manualbr' /&gt;Pr&#233;sident de Tribunal administratif honoraire - Strasbourg&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales ou minoritaires : la France et certains trait&#233;s internationaux</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/La-Charte-europeenne-des-langues-regionales-ou-minoritaires-la-France-et</link>
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		<dc:date>2016-01-10T21:37:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ulrich Bohner</dc:creator>


		<dc:subject>FED'Actualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Langues</dc:subject>
		<dc:subject>Charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales ou minoritaires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales ou minoritaires, adopt&#233;e en 1992 par le Comit&#233; des Ministres est bien un trait&#233; international, une convention europ&#233;enne au m&#234;me titre que la Convention europ&#233;enne des droits de l'homme et des libert&#233;s fondamentales. Pour ce qui est des quelques 218 conventions du Conseil de l'Europe ( institution europ&#233;enne de 47 membres si&#233;geant &#224; Strasbourg), elles n&#233;cessitent en effet, pour chaque pays, d'abord la signature, puis la ratification, pour entrer en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-169-Septembre-2015-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 169 - Septembre 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-FED-Actualite-+" rel="tag"&gt;FED'Actualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Langues-+" rel="tag"&gt;Langues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Charte-europeenne-des-langues-regionales-ou-minoritaires-+" rel="tag"&gt;Charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales ou minoritaires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales ou minoritaires, adopt&#233;e en 1992 par le Comit&#233; des Ministres est bien un trait&#233; international, une convention europ&#233;enne au m&#234;me titre que la Convention europ&#233;enne des droits de l'homme et des libert&#233;s fondamentales. Pour ce qui est des quelques 218 conventions du Conseil de l'Europe ( institution europ&#233;enne de 47 membres si&#233;geant &#224; Strasbourg), elles n&#233;cessitent en effet, pour chaque pays, d'abord la signature, puis la ratification, pour entrer en vigueur &#224; l'&#233;gard du pays concern&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le bilan global de la France par rapport &#224; ces trait&#233;s &#233;manant du Conseil de l'Europe est tout &#224; fait honorable (elle en a ratifi&#233; 133 sur 218, avec 38 sign&#233;es en plus).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, dans le d&#233;tail, certaines situations peuvent laisser perplexes ou signifier des difficult&#233;s importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons par exemple : le trait&#233; le plus fondamental du Conseil de l'Europe : la Convention europ&#233;enne des droits de l'Homme (STCE 005). Elle a &#233;t&#233; adopt&#233;e &#224; Rome en 1950, un peu plus d'un an apr&#232;s la cr&#233;ation du Conseil de l'Europe. La France, notamment &#224; travers le professeur Ren&#233; Cassin, a jou&#233; un r&#244;le fondamental dans son processus d'&#233;laboration.&lt;br class='autobr' /&gt;
La ratification de cette convention y compris l'article 34 qui permet des recours individuels &#224; la Cour de Strasbourg, est aujourd'hui obligatoire pour l'ensemble des Etats membres (y compris la Russie, la Turquie,&#8230;). Et c'est chose faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France, qui l'avait sign&#233;e d&#232;s 1950, l'a ratifi&#233;e seulement en mais 1974, sous la pr&#233;sidence int&#233;rimaire d'Alain Poher. Et il a fallu attendre la pr&#233;sidence Mitterrand et Robert Badinter comme Garde des sceaux en 1981 pour que la France reconnaisse la comp&#233;tence de la Cour pour les requ&#234;tes individuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si l'on admet que les proc&#233;dures europ&#233;ennes soient habituellement lentes, 24, voire 21 ans sont quand m&#234;me des p&#233;riodes extr&#234;mement longues. Sans doute la guerre d'Alg&#233;rie et ses exactions y sont-elles pour quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la France, souvent en proie &#224; des sursauts &#171; souverainistes &#187; conna&#238;t aussi d'autres sujets sensibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le Conseil de l'Europe a adopt&#233;, en 1980, la Convention-cadre sur la coop&#233;ration transfrontali&#232;re des collectivit&#233;s ou autorit&#233;s territoriales (STCE 106), la France a &#233;t&#233; tr&#232;s r&#233;ticente, voire hostile, dans un premier temps, craignant pour son int&#233;grit&#233; territoriale, Elle l'a toutefois ratifi&#233;e d&#232;s 1984 (mais apr&#232;s un changement de pr&#233;sidence). Elle a m&#234;me ensuite pouss&#233; &#224; l'adoption de protocoles additionnels et &#224; l'adoption de trait&#233;s allant dans le m&#234;me sens, au sein d'autres structures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre sujet sensible : le droit de vote des &#233;trangers (aux &#233;lections locales). Pour l'Union europ&#233;enne (UE), le Trait&#233; de Maastricht de 1992, ratifi&#233; par la France apr&#232;s r&#233;f&#233;rendum, pr&#233;voit ce droit. Pourtant, la France a laiss&#233; passer une &#233;lection locale avant de le mettre en &#339;uvre, a minima (limit&#233; aux &#233;lections locales, alors que l'article 72 de la Constitution met les communes, les d&#233;partements et les r&#233;gions sur un pied d'&#233;galit&#233;, et ne permet pas aux &#233;trangers de devenir Maire ou Adjoint). Pour ce qui est du Conseil de l'Europe, la Convention sur la participation des &#233;trangers &#224; la vie publique au niveau local (STCE 144) n'a jamais &#233;t&#233; ni sign&#233;e ni ratifi&#233;e par la France. Il est vrai qu'elle ne distingue pas entre les &#233;trangers de l'UE et ceux venus d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre dossier : l'autonomie locale. Les repr&#233;sentants fran&#231;ais ont eu beaucoup de difficult&#233;s lors des n&#233;gociations pour l'adoption d'un autre trait&#233; du Conseil de l'Europe, la Charte europ&#233;enne de l'autonomie locale, (STCE 122) adopt&#233;e, non sans difficult&#233;s en 1985, mais n&#233;anmoins sign&#233;e imm&#233;diatement par la France. Toujours les soucis des &#171; souverainistes &#187;, alors que les lois Defferre venaient de consacrer en France, en 1982, un bon nombre des principes contenus dans la Charte. Il est vrai que la terminologie utilis&#233;e en France parle de &#171; libre administration &#187;, et non d' &#187;autonomie &#187; (Art 72 Constitution). Dans le paysage politique fran&#231;ais, ce dernier mot a en effet &#233;t&#233; souvent utilis&#233; pour qualifier les ind&#233;pendantistes, voire les irr&#233;dentistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;es, la &#171; Charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales ou minoritaires &#187; (STCE 148) serait, pour beaucoup d'esprits chagrin, de nature &#224; porter atteinte &#224; l &#187;'indivisibilit&#233; &#187; de la nation et &#224; l'&#233;galit&#233; des citoyens affirm&#233;es &#224; l'article premier de la Constitution. Ces questions font l'objet de l'article de la Jean-Marie Woehrling dans ce m&#234;me num&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la France a refus&#233; d'embl&#233;e de signer la Convention cadre pour la protection des minorit&#233;s nationales (STCE 157), adopt&#233;e au Conseil de l'Europe en 1995, la notion de &#171; minorit&#233; nationale &#187;, utilis&#233;e fr&#233;quemment dans d'autres parties de l'Europe, surtout de l'Europe centrale et orientale, &#233;tant bannie du vocabulaire politique et constitutionnel dans le contexte fran&#231;ais, comme incitant au &#171; communautarisme &#187; et comme &#233;tant contraire au principe de l'&#233;galit&#233; de tous devant la loi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ulrich Bohner&lt;br class='manualbr' /&gt;Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral honoraire du Congr&#232;s des Pouvoirs Locaux et R&#233;gionaux du Conseil de l'Europe &lt;br class='manualbr' /&gt;Membre du Comit&#233; directeur de l'UEF France - Strasbourg&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La gauche qui ne comprend pas l'Europe</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/La-gauche-qui-ne-comprend-pas-l-Europe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/La-gauche-qui-ne-comprend-pas-l-Europe</guid>
		<dc:date>2016-01-10T21:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michele Ballerin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La gauche qui ne comprend pas l'Europe est une assez vieille histoire et l'on s'abstiendrait de revenir dessus une fois de plus si ce n'&#233;tait du fait que c'est toujours malheureusement un sujet d'actualit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; En Italie, une r&#233;flexion sur la question a &#233;t&#233; soulev&#233;e &#224; nouveau apr&#232;s que des repr&#233;sentants de gauche du Parti D&#233;mocrate &#8211; fort heureusement, une minorit&#233; &#8211; ont adopt&#233; une position ferme contre l'Union mon&#233;taire europ&#233;enne, se retrouvant avec des forces politiques traditionnellement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-169-Septembre-2015-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 169 - Septembre 2015&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La gauche qui ne comprend pas l'Europe est une assez vieille histoire et l'on s'abstiendrait de revenir dessus une fois de plus si ce n'&#233;tait du fait que c'est toujours malheureusement un sujet d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Italie, une r&#233;flexion sur la question a &#233;t&#233; soulev&#233;e &#224; nouveau apr&#232;s que des repr&#233;sentants de gauche du Parti D&#233;mocrate &#8211; fort heureusement, une minorit&#233; &#8211; ont adopt&#233; une position ferme contre l'Union mon&#233;taire europ&#233;enne, se retrouvant avec des forces politiques traditionnellement europhobes, comme la Ligue et le Mouvement 5 &#233;toiles. Une fois encore, rien de nouveau sous le soleil (levant) ; le fait que le nationalisme parvienne &#224; r&#233;unir les &#233;l&#233;ments les plus disparates est aussi une vieille histoire, et par le pass&#233;, nous avons vu maintes fois la gauche radicale si&#233;ger avec la droite la moins glorieuse. En France, les communistes et les gaullistes ont &#233;paul&#233; la m&#234;me arme lorsqu'il a fallu, en 1954, descendre le projet d'une d&#233;fense commune.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et il pourrait y avoir de nombreux exemples&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre n'est-il pas si &#233;vident de faire le lien entre une telle idiosyncrasie de la gauche vis-&#224;-vis de l'Europe et sa condition de crise perp&#233;tuelle. Dire que la gauche est en crise n'est pas seulement une platitude (sa crise remonte &#224; si longtemps que les deux termes &#8211; &#8220;gauche&#8221; et &#8220;crise&#8221; &#8211; vont bient&#244;t devenir synonymes), mais cela devient carr&#233;ment un euph&#233;misme : aujourd'hui, la gauche europ&#233;enne est aux abois, ou plut&#244;t sur le ring ; et ce sont les accords internationaux de libre-&#233;change des ann&#233;es 90 qui l'ont conduite &#224; cette situation. Le dernier round &#8211; celui du coup de gr&#226;ce &#8211; c'est celui de Doha en 2001, qui a vu l'entr&#233;e de la Chine dans l'Organisation mondiale du commerce (OMC) apr&#232;s quinze ans de n&#233;gociations. L'ann&#233;e 2001 a ouvert la bo&#238;te de Pandore de la mondialisation, en d&#233;ployant dans le monde entier des processus qui ont &#233;limin&#233; les derni&#232;res barri&#232;res protectrices d'un mod&#232;le social &#8211; le mod&#232;le europ&#233;en &#8211; que de nombreuses personnes consid&#233;raient atteint dans l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, incontest&#233; et incontestable. Deux parmi tant d'autres : la mobilit&#233; du capital d&#233;sormais &#233;tendue &#224; une &#233;chelle plan&#233;taire et le dumping social que font les &#233;conomies &#233;mergentes sur les &#233;conomies avanc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas difficile d'imaginer le dilemme auquel les syndicats ont &#233;t&#233; confront&#233;s, au cours des quinze derni&#232;res ann&#233;es. Dans une telle situation, comment pr&#233;server les salaires sans condamner les soci&#233;t&#233;s &#224; la faillite ou les conduire &#224; la d&#233;localisation ? La r&#233;ponse : c'est absolument impossible. Donc les salaires ont commenc&#233; &#224; baisser, faisant chuter la demande de biens et de services, et provoquant d'abord la r&#233;cession de la zone euro, puis sa d&#233;flation. Apr&#232;s la fin de l'exp&#233;rience communiste et celle du paradigme th&#233;orique qui lui servait de guide, la gauche s'est retrouv&#233;e dans un piteux &#233;tat, mais ce n'&#233;tait encore rien par rapport &#224; ce qui l'attendait. Maintenant, elle n'a plus qu'&#224; s'interroger sur les raisons de sa faiblesse, les raisons pour lesquelles la mondialisation du march&#233; l'a prise par surprise, si vuln&#233;rable et impuissante. Il y a de nombreuses r&#233;ponses possibles mais l'une d'entre elles arrive en t&#234;te. La gauche doit payer pour une lacune particuli&#232;rement grave dans la gestion d'un probl&#232;me europ&#233;en, une lacune qui, en Italie, par exemple, a &#233;t&#233; critiqu&#233;e par Altiero Spinelli et les autres f&#233;d&#233;ralistes ; mais ce qui manque &#224; la gauche en g&#233;n&#233;ral, c'est une r&#233;flexion sur les institutions, sur le probl&#232;me de l'Etat, de la nation et de la souverainet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut d&#232;s lors s'&#233;tonner. La question des institutions fait partie de la pens&#233;e lib&#233;rale qui a commenc&#233; par l'approfondissement du sujet, alors que quelques accusations ont &#233;t&#233; davantage m&#233;rit&#233;es par le marxisme que celle qui l'accusait d'&#234;tre &#171; une philosophie sans Etat. &#187;. On sait bien que dans ses &#233;crits, Marx, &#224; c&#244;t&#233; d'intuitions incisives sur les dynamiques sociales et &#233;conomiques, a montr&#233; une &#233;tonnante insouciance vis-&#224;-vis des institutions, rejetant l'ensemble du cadre juridique de l'Etat comme une simple &#171; superstructure &#187; et en le rel&#233;guant dans les limbes de l'&#233;piph&#233;nom&#232;ne. Par cons&#233;quent, le soin que les lib&#233;raux ont toujours pris par rapport aux aspects institutionnels (par exemple, le sujet de la loi-constitutionnelle) a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233; par les marxistes comme une tentative visant &#224; d&#233;tourner la discussion du sujet principal, c'est &#224; dire, en fin de compte, comme une mystification id&#233;ologique. C'est une mauvaise interpr&#233;tation substantielle, qui explique aussi pourquoi, partout o&#249; les gens ont essay&#233; de le mettre en pratique, le communisme est &#224; l'origine de syst&#232;mes politiques assez &#233;loign&#233;s de la r&#232;gle du droit, tels que les syst&#232;mes politiques nord-cor&#233;en, chinois et sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Certaines imprudences sont pay&#233;es assez cher &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est sans doute pourquoi, ce qui est tout &#224; fait naturel pour les f&#233;d&#233;ralistes s'av&#232;re aussi difficile pour la classe politique progressiste qui a du mal &#224; concentrer son attention sur les inad&#233;quations institutionnelles de l'Union europ&#233;enne (UE) en y reconnaissant non pas un probl&#232;me d&#233;riv&#233;, mais l'origine premi&#232;re de tous les probl&#232;mes sociaux, &#233;conomiques et politiques qui doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s &#224; leur tour comme les sous-produits in&#233;vitables d'une organisation &#233;tatique encore inachev&#233;e, alors que ceci se fait naturellement pour les f&#233;d&#233;ralistes. Il en r&#233;sulte que la gauche a abandonn&#233; toute fonction publique sauf l'appel &#224; des r&#233;formes sociales qu'aucune institution en Europe, &#224; l'heure actuelle, n'est en position de promulguer : ni les gouvernements des Etats, bafou&#233;s et ignor&#233;s par des processus qui &#233;chappent aux fronti&#232;res politiques et juridiques, ni l'UE, dont la capacit&#233; &#224; gouverner a &#233;t&#233; syst&#233;matiquement &#233;branl&#233;e et qui de nos jours m&#233;rite au plus le nom peu reluisant de &#171; gouvernance &#187;, otage impuissant de nations tout aussi impuissantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etablir des r&#232;gles pour les march&#233;s financiers, instituer des r&#233;gimes fiscaux plus &#233;quitables, relancer des investissements publics, jeter les bases d'un mod&#232;le de d&#233;veloppement plus durable &#224; l'&#233;gard des aspects environnementaux et sociaux, sont autant d'intentions louables. Mais qui agira concr&#232;tement, dans l'anarchie de vingt-huit politiques &#233;conomiques ind&#233;pendantes ? L'id&#233;e d'un &#171; New Deal &#187; europ&#233;en est attractive et fond&#233;e, ou toujours la meilleure, admettons enfin qu'elle est sacro-sainte. Toutefois, nous n'avons pas de Roosevelt &#224; notre &#233;poque &#8211; ou plut&#244;t, nous n'avons pas l'instrument institutionnel qui a permis &#224; Roosevelt dans les ann&#233;es trente de r&#233;aliser ses r&#233;formes en Am&#233;rique : le gouvernement f&#233;d&#233;ral dot&#233; de ressources suffisantes et de l'autonomie politique n&#233;cessaire. L'impuissance de la gauche pourrait bien consister en cette d&#233;formation optique persistante qui finit par transformer chacune de ses propositions en une simple &#8211; et vaine &#8211; protestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confin&#233;s aux marges du d&#233;bat et de l'action, il est alors naturel que cela finisse par d&#233;raper vers des id&#233;es d&#233;raisonnables, comme le retour &#224; la souverainet&#233; mon&#233;taire. Parmi les d&#233;combres que l'implosion du mat&#233;rialisme historique a &#233;parpill&#233;s un peu partout, c'est peut-&#234;tre le plus troublant. Le seul fait de voir dans la monnaie une question clef, laisse pr&#233;sager que l'id&#233;e des questions &#233;conomiques repose sur des bases tr&#232;s friables, et cela semble m&#234;me &#233;trange qu'un secteur entier de la pens&#233;e progressiste caresse l'id&#233;e que d'&#233;mettre de la monnaie soit un rem&#232;de &#224; tous les maux, et c'est pourtant le cas. Sur ce principe, une doctrine a m&#234;me &#233;t&#233; fond&#233;e, sous le nom plut&#244;t pompeux de &#171; Th&#233;orie mon&#233;taire moderne &#187;. Il faut croire qu'aucun de ses adeptes n'a lu Pinocchio, sinon ils ne sauraient ignorer qu'il ne suffit pas d'enterrer une pi&#232;ce pour en r&#233;colter une centaine, et m&#234;me si le miracle se produisait, ces cent pi&#232;ces n'auraient aucune valeur. Mais, il en est ainsi. C'est dommage, car on aurait bien besoin aujourd'hui d'une gauche intelligente et de politiques sociales solides, dans un monde o&#249; les in&#233;galit&#233;s sociales se d&#233;veloppent et o&#249; le d&#233;veloppement &#233;conomique se retrouve partout confront&#233; &#224; une crise de revendication et &#224; laquelle on ne peut trouver aucune solution. De plus, il est ironique que la gauche traverse ses pires moments alors que les faits semblent mettre justement en &#233;vidence les pires critiques du libre march&#233;. C'est un paradoxe auquel il lui est impossible de se r&#233;signer. L'ann&#233;e 1929 a ouvert l'&#232;re keyn&#233;sienne, et l'ann&#233;e 2008 ne devrait pas avoir de moindres cons&#233;quences. Quel que soit l'angle sous lequel vous l&#8216;observez, la question a l'air grotesque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peut-&#234;tre en Gr&#232;ce que l'on risque de voir des signes de renaissance de la gauche europ&#233;enne, o&#249; Syriza, apr&#232;s un d&#233;but incertain proche d'un euroscepticisme couru d'avance, a chang&#233; de position en prenant une heureuse d&#233;cision au bon moment alors que Tsipras d&#233;cidait qu'il ne fallait pas lutter contre l'Europe, mai au sein de l'Europe. Aujourd'hui, il est facile de mettre en d&#233;faut celui qui accuse la gauche grecque d'avoir voulu faire sortir la Gr&#232;ce de l'UEM, car Tsipras a clairement d&#233;clar&#233; &#8211; et il le r&#233;p&#232;te &#224; chaque fois que cela s'av&#232;re n&#233;cessaire &#8211; que si Syriza &#233;tait au gouvernement, celui-ci ne manoeuvrerait pas pour faire sortir la Gr&#232;ce de l'euro, mais qu'il demanderait &#224; la Commission et au Conseil de changer le cours des politiques &#233;conomiques en orientant la discussion sur la question de la dette grecque. Il a &#233;t&#233; &#233;galement tr&#232;s clair sur la nature f&#233;d&#233;raliste de ses principes, en citant Spinelli et le Manifeste de Ventotene. Il est vrai que cela devient une mode plut&#244;t qu'une garantie, mais il est &#233;galement vrai que ceux qui se livrent &#224; de telles affirmations auraient ensuite de la peine &#224; se montrer enclins &#224; brandir l'arme de l'antif&#233;d&#233;ralisme. Au pire, il aurait pu ne jamais avoir lu Spinelli et Rossi, une faute commune susceptible d'&#234;tre corrig&#233;e, voire davantage si les f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens pouvaient faire leur travail et chuchoter leurs bonnes paroles &#224; l'oreille du prince qui pourrait les entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute autre consid&#233;ration mise &#224; part, Syriza est aujourd'hui synonyme de bonne nouvelle pour l'Europe, car cela pourrait &#234;tre l'occasion pour la gauche radicale de rejoindre le mouvement pour une position pro-europ&#233;enne critique mais constructive, loin des incitations du nationalisme et des recettes mon&#233;taires magiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pourrions m&#234;me dire que cela pourrait &#234;tre la derni&#232;re chance pour la gauche tout-court ; et, osons esp&#233;rer que, pour une fois, elle sera capable de se d&#233;mentir et de disperser avec un peu de lucidit&#233;, la brume id&#233;ologique qui l'enveloppe. L'Europe a besoin de la gauche, mais l'inverse est vrai aussi. Et maintenant, attendons de voir venir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Michele Ballerin&lt;br class='manualbr' /&gt;Analyste politique, journaliste et blogueur&lt;br class='manualbr' /&gt;Article publi&#233; en commun avec The Federalist Debate - Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'anglais par Agn&#232;s Sampere Volta &#8211; Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La crise de l'Europe est constitutionnelle</title>
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		<dc:creator>Andrew Duff</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le dilemme dans lequel Mario Draghi s'est trouv&#233; avec le quantitative easing (QE) est embl&#233;matique de l'&#233;tat de l'Union europ&#233;enne (UE) dans son ensemble. Comme d'autres mesures de gestion de la crise de l'UE, le recours au QE a &#233;t&#233; critiqu&#233; comme &#233;tant trop peu et trop tard. L'impact du QE est certainement min&#233; par le fait qu'il repose lourdement sur les banques centrales nationales comme filet de s&#233;curit&#233; : seules 20% des acquisitions d'obligations effectu&#233;es par la Banque centrale (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-169-Septembre-2015-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 169 - Septembre 2015&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le dilemme dans lequel Mario Draghi s'est trouv&#233; avec le quantitative easing (QE) est embl&#233;matique de l'&#233;tat de l'Union europ&#233;enne (UE) dans son ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme d'autres mesures de gestion de la crise de l'UE, le recours au QE a &#233;t&#233; critiqu&#233; comme &#233;tant trop peu et trop tard. L'impact du QE est certainement min&#233; par le fait qu'il repose lourdement sur les banques centrales nationales comme filet de s&#233;curit&#233; : seules 20% des acquisitions d'obligations effectu&#233;es par la Banque centrale europ&#233;enne (BCE) doivent &#234;tre sujettes &#224; la responsabilit&#233; commune et partag&#233;es par le collectif de l'eurozone. Autrement dit 20% sont f&#233;d&#233;rales et 80% ne le sont pas -avec la part la plus importante, si tout cela tourne mal, risquant de diviser l'Union mon&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Draghi ne doit pas &#234;tre tenu pour responsable de cette situation embarrassante. Ce n'est pas sa faute si l'Allemagne a abandonn&#233; son engagement l&#233;gendaire d'alors pour l'ind&#233;pendance de la BCE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;contentement allemand ne se limite pas &#224; la BCE. Sa Cour constitutionnelle, le Bundesverfassungsgericht, est &#233;galement en d&#233;saccord avec la Cour europ&#233;enne de Justice (CEJ) pour sa d&#233;cision pr&#233;liminaire sur la l&#233;galit&#233; des op&#233;rations mon&#233;taires sur titres de la BCE (Opinion de l'Avocat G&#233;n&#233;ral Cruz Villalon dans le Cas C-62/14).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un autre cas &#233;galement sensible, la CEJ a rejet&#233; la base sur laquelle l'Allemagne et les autres Etats n&#233;goci&#232;rent l'accession de l'UE &#224; la Convention europ&#233;enne des Droits de l'Homme (Opinion 2/13). Ce sont trois exemples significatifs des difficult&#233;s constitutionnelles croissantes de l'UE. Le Trait&#233; de Lisbonne, apr&#232;s quelques neuf ann&#233;es de gestation et juste cinq ann&#233;es d'application, a &#233;t&#233; test&#233; et jug&#233; insuffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alexis Tsipras sait maintenant avec certitude, s'il ne le savait pas avant, que le Conseil europ&#233;en est bloqu&#233; par les tensions entre les d&#233;biteurs et les cr&#233;diteurs de l'eurozone. Matteo Renzi touche maintenant aux limites de la capacit&#233; de l'Etat italien &#224; entreprendre les r&#233;formes structurelles sur lesquelles l'Allemagne insiste. D'autres leaders, notamment ceux d'Espagne, de Grande-Bretagne et de Belgique sont en difficult&#233; pour ma&#238;triser la mar&#233;e montante des n&#233;o-provincialismes : des forces centrifuges &#224; l'int&#233;rieur rivalisent avec la force centrip&#232;te de l'int&#233;gration europ&#233;enne pour affaiblir la capacit&#233; et la cr&#233;dibilit&#233; des anciens Etats nations. Dans l'Union, pas seulement en France, mais maintenant m&#234;me en Allemagne, la mont&#233;e du nationalisme de droite contrecarre l'ordre politique &#233;tabli du courant europ&#233;en dominant. Le Royaume Uni pense m&#234;me &#224; quitter compl&#232;tement l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effet g&#233;n&#233;ral des diverses r&#233;ponses &#224; la crise financi&#232;re, certaines plus r&#233;ussies que d'autres, a consist&#233; &#224; renforcer le caract&#232;re technocratique de l'UE et de compromettre sa l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique. La BCE a obtenu de nouveaux pouvoirs importants pour superviser le syst&#232;me bancaire, mais &#171; l'Union bancaire &#187; compl&#232;te tant vant&#233;e restera inatteignable jusqu'au changement de trait&#233; permettant &#224; la BCE d'acqu&#233;rir le statut d'une banque centrale normale en dernier ressort. L&#224; o&#249; en sont les choses, l'UE est investie du pouvoir de coordonner les politiques &#233;conomiques nationales des Etats membres, mais elle n'a pas le droit d'avoir une politique commune pour l'Union dans son ensemble combinant des mesures fiscales, mon&#233;taires et &#233;conomiques. Les finances &#224; sa disposition sont limit&#233;es et ses recettes sont enti&#232;rement contr&#244;l&#233;es par les Tr&#233;sors nationaux. Il est presque surprenant, compte tenu de l'ampleur de la r&#233;cession et de la faiblesse de la gouvernance &#233;conomique, que l'&#233;conomie europ&#233;enne reste stagnante.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conf&#233;d&#233;rale ou f&#233;d&#233;rale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233;, c'est que l'Union est pi&#233;g&#233;e dans une situation d'incertitude entre une organisation conf&#233;d&#233;rale (dont il est prouv&#233; qu'elle ne marche pas bien) et une union f&#233;d&#233;rale qui n'a pas encore &#233;t&#233; essay&#233;e). Il y a toujours eu dans l'Union, une tension naturelle entre la m&#233;thode intergouvernementale et la m&#233;thode supranationale. Les institutions communes du Parlement europ&#233;en, de la Commission, de la Cour de Justice et maintenant de la Banque centrale ont toujours &#233;t&#233; davantage tol&#233;r&#233;es qu'admir&#233;es : aujourd'hui les fronti&#232;res de l'intol&#233;rance d&#233;passent le m&#233;pris. L'UE est g&#233;r&#233;e d'une mani&#232;re croissante par le Conseil europ&#233;en des chefs de gouvernements nationaux, &#224; temps partiel et avec une responsabilit&#233; impr&#233;cise -dont la plupart sont issus des partis politiques nationaux et des parlements qui ont cess&#233; depuis longtemps de soutenir le projet europ&#233;en d'une mani&#232;re significative. Malheureusement, confront&#233;s &#224; ces difficult&#233;s politiques intenses, ainsi qu'&#224; d'autres -nous ne disons rien ici concernant M. Poutine, ni le fondamentalisme islamiste- l'UE est tent&#233;e de bricoler des ajustements marginaux &#224; son syst&#232;me de gouvernance. Beaucoup se plaignent concernant le besoin de &#171; r&#233;forme &#187;, mais si l'on creuse plus profond, leur objectif de gagner du temps appara&#238;t simplement. &#171; Le danger &#187;, comme me l'a dit l'un des conseillers de Mme. Merkel, &#171; c'est que maintenant nous gagnons du temps, mais nous ne l'utilisons pas &#187;. Ainsi, que faut-il faire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans mon nouveau livre Pandora, Penelope, Polity : How to Change the European Union, je soutiens qu'on ne peut plus longtemps &#233;viter une r&#233;vision radicale des trait&#233;s de l'Union. Le th&#232;me principal d'une telle r&#233;forme constitutionnelle sera d'approfondir l'int&#233;gration fiscale et de pr&#233;voir une mutualisation progressive de la dette souveraine alors qu'il devient politiquement acceptable de partager la charge entre les citoyens-contribuables de l'UE. Mais une union fiscale ne peut &#234;tre g&#233;r&#233;e que par un gouvernement f&#233;d&#233;ral, et cet ex&#233;cutif, avec son Tr&#233;sor, ne peut fonctionner que s'il est bas&#233; sur la Commission europ&#233;enne supranationale mais pas sur le Conseil europ&#233;en intergouvernemental. D'autres points feront leur chemin dans l'agenda constitutionnel : la n&#233;cessit&#233; d'un nouveau syst&#232;me financier ; l'attribution de davantage de comp&#233;tences &#224; l'Union dans les domaines des sources d'&#233;nergie et de l'immigration ; la modernisation de nombreuses autres politiques communes, telles que le transport et l'agriculture ; la correction de certaines des moins bonnes prescriptions institutionnelles de Lisbonne ; la r&#233;forme &#233;lectorale du Parlement europ&#233;en ; et, bien s&#251;r, un accord concernant le probl&#232;me britannique.&lt;br class='autobr' /&gt;
En bref, le but de l'exercice consiste &#224; rendre les trait&#233;s moins prohibitifs et plus facilitateurs pour que l'Union se dessine avec une capacit&#233; plus importante d'agir efficacement et d&#233;mocratiquement dans l'&#233;ventail des politiques publiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Se tenir pr&#234;t pour la Convention&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, cela requiert de la sagesse, du courage et du leadership, pas seulement de la part de la Commission europ&#233;enne de Jean-Claude Juncker, soutenue par une solide majorit&#233; de membres du Parlement europ&#233;en. La prochaine phase de l'&#233;volution constitutionnelle de l'UE n&#233;cessite d'&#234;tre bien pr&#233;par&#233;e apr&#232;s une r&#233;flexion approfondie. Une nouvelle Convention ayant pour t&#226;che d'amender le Trait&#233; de Lisbonne rassemblera les quatre composantes des Chefs de gouvernements, de la Commission, du Parlement europ&#233;en et des parlements nationaux. Les r&#233;dacteurs travailleront en sachant bien que leur produit final devra affronter le d&#233;fi de r&#233;f&#233;rendums dans nombre de pays. Les citoyens europ&#233;ens seraient prudents de faire attention &#224; ce qu'il se passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le public britannique et les m&#233;dias auront &#224; effectuer un effort sp&#233;cial. Il n'est pas vrai que le changement de trait&#233; de l'UE pourrait se faire simplement gr&#226;ce &#224; un accord entre David Cameron et Angela Merkel. Il n'y a pas non plus d'astuce de David Cameron pour une ren&#233;gociation des termes de l'appartenance britannique, mais aucun parti ne sait o&#249; se situerait le Royaume Uni dans le contexte d'une Europe f&#233;d&#233;rale. Les partis d'opposition, y compris les Verts et les Nationalistes &#233;cossais devraient bien r&#233;fl&#233;chir, notamment parce que, le mois de mai venu, ils pourraient se trouver au sein d'une coalition gouvernementale. Ce serait bien, pour une fois, d'avoir un gouvernement britannique essayant d'aider l'Europe &#224; s'unir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Andrew Duff&lt;br class='autobr' /&gt;
Ancien parlementaire europ&#233;en du groupe ALDE, &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sident honoraire de l'UEF Europe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'anglais par Jean-Luc Prevel &#8211; Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La dette grecque et un New Deal pour Europe</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/La-dette-grecque-et-un-New-Deal-pour-Europe</link>
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		<dc:date>2015-11-10T08:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antonio Mosconi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;On a dit : les g&#233;ants contre les nains, les riches contre les pauvres, la m&#233;chante Banque centrale europ&#233;enne (BCE) contre le gouvernement Tsipras, l'arrogance des Etats nationaux contre la pacifique Union europ&#233;enne (UE), Wall Street contre l'euro. Des arguments vrais, et d'autres faux, mettent en &#233;vidence une division politique bien connue de ceux qui ont eu la chance d'&#234;tre form&#233;s par la pens&#233;e d'Altiero Spinelli ou de Mario Albertini : non pas la division entre la gauche et la droite (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-169-Septembre-2015-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 169 - Septembre 2015&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On a dit : les g&#233;ants contre les nains, les riches contre les pauvres, la m&#233;chante Banque centrale europ&#233;enne (BCE) contre le gouvernement Tsipras, l'arrogance des Etats nationaux contre la pacifique Union europ&#233;enne (UE), &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt; contre l'euro. Des arguments vrais, et d'autres faux, mettent en &#233;vidence une division politique bien connue de ceux qui ont eu la chance d'&#234;tre form&#233;s par la pens&#233;e d'Altiero Spinelli ou de Mario Albertini : non pas la division entre la gauche et la droite mais celle entre les f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens et les nationalistes. &#192;yant pour cons&#233;quence ennuyeuse que les nationalistes, qui enflamment la rue non pas pour l'ind&#233;pendance de l'Europe mais pour la d&#233;fense pr&#233;sum&#233;e de leur petit jardin national, mendient des appuis l&#224; o&#249; ils pensent pouvoir &#234;tre pr&#233;sents dans des secteurs &#339;uvrant pour la division de l'Europe par l'implosion de l'Union mon&#233;taire. Heureusement, jusqu'&#224; pr&#233;sent, il s'agit plus de trafic d'influence que de r&#233;elles accr&#233;ditations : une aum&#244;ne de Poutine, un d&#233;jeuner &#224; la Villa Taverna (Restaurant italien renomm&#233; &#224; San Francisco, ndt.). Quoi qu'il en soit, il s'agit de haute trahison ! Je ne veux pas rajouter des d&#233;cibels au vacarme sur la dette grecque. Il me semble plus utile de remettre de l'ordre dans les papiers et de ramener &#224; la surface, pour que chacun puisse se faire une juste opinion, des donn&#233;es r&#233;elles et tir&#233;es de l'exp&#233;rience qui ne devraient pas &#234;tre ignor&#233;es concernant les origines de la dette, sa durabilit&#233; et sa solvabilit&#233;, le rapport co&#251;ts/b&#233;n&#233;fices de la politique d'aust&#233;rit&#233;, les facilit&#233;s ult&#233;rieures accord&#233;es par l'UE pour r&#233;duire le co&#251;t de la dette ; et enfin la proposition f&#233;d&#233;raliste d'un plan europ&#233;en pour la d&#233;veloppement et l'emploi, n&#233;cessitant un budget avec des ressources propres, par rapport au Plan Juncker qui en per&#231;oit l'exigence mais qui s'affaiblit en tentant de le r&#233;aliser sans contrarier les Etats nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les origines de la dette&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La fin de la guerre, pour nous les Italiens, a une date exacte : le 25 avril 1945, jour de la Lib&#233;ration. &#192;vec l'intelligence et la prudence de De Gasperi et de Togliatti, on commen&#231;a une interpr&#233;tation italienne originale de l'ordre de Yalta et la reconstruction. Par contre, en Gr&#232;ce, apr&#232;s l'occupation allemande, il fallut encore trois ann&#233;es d'une sanglante guerre civile (1946-1949) avant d'aboutir au choix &#171; occidental &#187;, confirm&#233; ensuite par l'entr&#233;e dans l'OTAN (1952). Toutefois, les blessures de la guerre civile continu&#232;rent &#224; rendre la vie politique du pays peu productive. Une r&#233;ponse communiste de la d&#233;mocratie grecque n'aurait pas &#233;t&#233; tol&#233;r&#233;e par les Etats-Unis, en pleine guerre froide. Les cellules &lt;i&gt;stay-behind&lt;/i&gt; &#233;taient d'autant plus puissantes que le niveau d'alarme &#233;tait &#233;lev&#233;. En Europe, seule la France de De Gaulle s'en &#233;tait affranchie. Dans ce contexte, un coup d'Etat (en Italie, nous avions parfois entendu le &#171; bruit des &#233;p&#233;es &#187;, qui s'&#233;tait cependant rapidement limit&#233; au bruit) a produit, en Gr&#232;ce, la longue et f&#233;roce dictature des colonels (1967-1974), selon un mod&#232;le bien connu en Am&#233;rique latine. La chute du r&#233;gime des colonels et le r&#233;f&#233;rendum qui a instaur&#233; la R&#233;publique (1975) ne pourraient pas &#234;tre expliqu&#233;s par la seule pression int&#233;rieure du pays ; cette fois-ci, la r&#233;sistance &#224; la dictature et &#224; la monarchie complice avait eu le soutien d'une perspective politique europ&#233;enne, capable de rassurer les Am&#233;ricains et, &#224; l'int&#233;rieur, de rassurer les militaires, l'Eglise orthodoxe et la bourgeoisie. L'adh&#233;sion &#224; la CEE fut concr&#233;tis&#233;e en 1981. En 2001, les citoyens grecs commenc&#232;rent &#224; utiliser l'euro, ce que les grands groupes financiers et les grandes entreprises faisaient d&#233;j&#224; depuis trois ans. Nous savons d&#233;sormais tr&#232;s exactement comment le gouvernement grec, aid&#233; dans l'escroquerie par les banques am&#233;ricaines, a occult&#233; une grande partie du d&#233;ficit de son budget et de la dette publique pour satisfaire aux conditions requises par l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire. Lorsque, en 2009, Papandr&#233;ou d&#233;non&#231;a la v&#233;rit&#233;, ce fut son gouvernement que l'on culpabilisa et non pas le pr&#233;c&#233;dent, qui avait truqu&#233; les comptes. &#192;lors on se demande : dormaient-ils, &#224; Bruxelles, au moment o&#249; ils lisaient ces comptes ? Bien entendu, cela est possible. Cependant, l'utilisation de la v&#233;rit&#233; contre Papandr&#233;ou et non contre le gouvernement de droite de Papadopoulos, auteur du forfait, sugg&#232;re une histoire diff&#233;rente : les gouvernements &#171; ne pouvaient pas ne pas savoir &#187;, la Gr&#232;ce &#171; devait entrer &#187; pour des raisons strat&#233;giques. &#192;ujourd'hui, Goldman Sachs admet &#171; l'erreur &#187;, qui lui rapporta un profit imm&#233;diat de 600 millions de dollars, d&#233;plore les &#171; erreurs de pr&#233;vision &#187; successives qui, par contre, lui ont caus&#233; des pertes importantes et d&#233;conseille &#224; la Gr&#232;ce toute tentative de sortir de l'euro, consid&#233;r&#233;e comme ruineuse. Ce que Lloyd Blankfein, son pr&#233;sident directeur g&#233;n&#233;ral, omet de reconna&#238;tre, c'est la nature de ces erreurs. Il me semble permis de supposer que Goldman Sachs a mis&#233; sur la destruction de l'euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que, entre 2001 et 2011, euros en poche et avec les march&#233;s qui interpr&#233;taient la monnaie unique comme si elle &#233;tait soutenue par une solidarit&#233; fiscale, les taux d'int&#233;r&#234;t tr&#232;s bas ont donn&#233; envie au gouvernement grec de mener joyeuse vie. La d&#233;pense publique a tripl&#233;, le d&#233;ficit de l'Etat a atteint 15% du PIB (occult&#233;, jusqu'&#224; la d&#233;claration de Papandr&#233;ou), la d&#233;pense militaire est arriv&#233;e &#224; 5% du PIB &#8211; le niveau le plus haut d'Europe &#8211; et, en 2004, les Jeux Olympiques d'Ath&#232;nes ont ajout&#233; 15 milliards d'euros au m&#233;daillier de la dette grecque qui, en 2007, &#224; la veille de la grande banqueroute frauduleuse de &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt;, avait d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233; 107% pour atteindre ensuite les 175% actuels du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que tout cela porte &#224; condamner le d&#233;biteur et &#224; acquitter le cr&#233;diteur ? Certainement pas. Les fournisseurs allemands de chars d'assauts, fran&#231;ais d'avions de combat, italiens de fr&#233;gates, assist&#233;s par leurs banques respectives, savaient bien que l'Union mon&#233;taire ne comportait pas de solidarit&#233; fiscale ; ils ont cependant continu&#233; d'avancer &#171; comme si &#187; (risque moral) en mettant ensuite leurs gouvernements au pied du mur au moment fatal de l'insolvabilit&#233; : sauvez-nous pour ne pas faire sauter la Gr&#232;ce, l'euro, voire l'Union europ&#233;enne elle-m&#234;me. Les banques am&#233;ricaines, qui avaient manipul&#233; les comptes grecs, en les occultant sous des montagnes de produits d&#233;riv&#233;s, ont cri&#233; au scandale quand Papandr&#233;ou a d&#233;nonc&#233; la v&#233;rit&#233;. Les agences de notation, dont la d&#233;pendance aux grandes banques n'est un secret pour personne, ont d&#233;grad&#233; la dette grecque au niveau &#171; poubelle &#187;. Les taux d'int&#233;r&#234;t ont atteint des sommets et les banques cr&#233;ditrices, tels ces &#171; entrepreneurs &#187; (plus mafieux que schump&#233;t&#233;riens) heureux &#224; cause du tremblement de terre de L'Aquila, ont cru bon de b&#233;n&#233;ficier encore de cette chance avant de crier &#224; l'insolvabilit&#233; et de demander l'aide des Etats. Angela Merkel a oppos&#233; une forte r&#233;sistance et a obtenu qu'au moins une partie des pertes soit support&#233;e par les banques. La r&#233;sistance a n&#233;cessit&#233; du temps, a caus&#233; des retards dans le sauvetage, a cumul&#233; des int&#233;r&#234;ts passifs sur la dette grecque.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Durabilit&#233; et solvabilit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'introduis la distinction entre durabilit&#233; et solvabilit&#233; parce qu'elle peut &#234;tre utile pour voir &#224; travers les nuages de poussi&#232;re, du moins avec un &#339;il. Par le terme &#171; durabilit&#233; &#187;, j'indique la possibilit&#233; de la stabilisation, &#224; savoir que l'Etat grec maintient le rapport dette/PIB au niveau actuel de 175%. Pour que cela se r&#233;alise, un exc&#233;dent primaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par &#8220;exc&#233;dent primaire&#8221; nous entendons l'exc&#233;dent de revenus courants sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est n&#233;cessaire qui, dans le cas de la Gr&#232;ce, est de z&#233;ro, voire n&#233;gatif (&#224; condition que persiste la confiance des march&#233;s qui refinancent la dette existante). Pour bien comprendre, l'Italie a par contre besoin d'un exc&#233;dent primaire de 4.5% du PIB pour maintenir le rapport dette/PIB au niveau actuel de 137%&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous utiliserons i pour le r&#233;el taux d'int&#233;r&#234;t moyen (c'est-&#224;-dire nettoy&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les variables qui d&#233;terminent ces r&#233;sultats sont le taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;el et le taux de croissance r&#233;el. L'Italie paie un taux d'int&#233;r&#234;t d&#233;cid&#233;ment plus haut que le grec et son taux de croissance pr&#233;vu est plus bas (c'est l&#224; le prix pay&#233; pour ne pas avoir &#224; Rome ni la &lt;i&gt;tro&#239;ka&lt;/i&gt; ni Cottarelli, actuel directeur ex&#233;cutif du FMI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par rapport aux pr&#233;visions sur lesquelles se basent ces calculs, diff&#233;rents facteurs concomitants, sources d'am&#233;liorations, sont entr&#233;s en jeu. Le plus important concerne la politique mon&#233;taire de la BCE qui comportera : 1/ des taux d'int&#233;r&#234;t durablement bas, favorables aux investissements &#224; condition que soient men&#233;es les r&#233;formes internes indispensables ; 2/ un taux d'inflation fondamentalement plus &#233;lev&#233; avantageant ainsi les d&#233;biteurs ; 3/ un taux de change favorable aux exportateurs. Les co&#251;ts plus importants des importations, par contre, seront contrebalanc&#233;s par la r&#233;duction du prix du p&#233;trole (avec des effets comparables &#224; ceux d'une politique fiscale expansive d&#233;cid&#233;e non pas &#224; Bruxelles mais &#224; Riyad).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois donc que l'on peut tranquillement affirmer que la dette grecque est durable ; mais est-elle aussi solvable ? La solvabilit&#233; est la capacit&#233; de rembourser la dette, et non pas seulement de la garder en l'&#233;tat. Ici aussi, les bilans et les pr&#233;visions les plus optimistes, qui ont &#233;t&#233; faits (au cours de ces derniers jours (cf. la date ant&#233;rieure de la premi&#232;re publication de cet article par rapport &#224; notre traduction, ndlr), semblent indiquer que la Gr&#232;ce peut atteindre durablement un exc&#233;dent primaire, probablement inf&#233;rieur aux 4.5% fix&#233;s par le gouvernement Samaras avec la &lt;i&gt;tro&#239;ka&lt;/i&gt;, mais certainement sup&#233;rieur &#224; l'objectif r&#233;alisable de 1.5% indiqu&#233; par le gouvernement Tsipras lors de ses premi&#232;res rencontres europ&#233;ennes. L'exc&#233;dent effectivement atteint pourra &#234;tre affect&#233; &#224; une r&#233;duction, lente et graduelle, de la dette. D&#233;j&#224; aujourd'hui, la Gr&#232;ce enregistre un exc&#233;dent primaire dans le budget public et, ce qui est encore plus important, elle a atteint et d&#233;pass&#233; l'&#233;quilibre de la balance des paiements courants. Ceci veut dire que, de nouveau, le pays (et non pas seulement l'Etat) ne d&#233;pense pas plus que ce qu'il produit. Le traitement de la &lt;i&gt;tro&#239;ka&lt;/i&gt; fonctionne mais le patient, lui, ne se sent pas tr&#232;s bien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; quel prix ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le prix &#233;conomique et social pay&#233; par la Gr&#232;ce pour obtenir les r&#233;sultats qui viennent d'&#234;tre mentionn&#233;s a &#233;t&#233; excessif. Comme l'a admis Christine Lagarde, la &lt;i&gt;tro&#239;ka&lt;/i&gt; a sous-&#233;valu&#233; les effets qu'une r&#233;duction soudaine de la d&#233;pense publique aurait sur le PIB grec si elle n'&#233;tait pas compens&#233;e par un plan d'investissements. Une &#233;tude du FMI, cit&#233;e par Lagarde, d&#233;montre que le multiplicateur de la d&#233;pense publique a &#233;t&#233; sous-&#233;valu&#233;. &#192;lors qu'on pensait qu'un point de r&#233;duction aurait provoqu&#233; &#8211; sur cette courte p&#233;riode &#8211; une r&#233;duction du PIB d'un demi-point, la r&#233;duction effective du PIB a &#233;t&#233; d'un point et demi : encore une revanche posthume de Keynes. Je crois qu'il faut aussi reconna&#238;tre que l'exp&#233;rience concernant les r&#233;ductions de la d&#233;pense est encore limit&#233;e vu que, jusqu'&#224; pr&#233;sent, on a surtout enregistr&#233; des augmentations de la d&#233;pense. Le point central de la question n'est cependant pas cette erreur des &#233;conomistes du FMI (bien qu'ils aiment &#224; le penser aussi bien quand ils ont raison que quand ils reconnaissent leurs torts). Entre 2001 et 2007, le PIB de la Gr&#232;ce a augment&#233; en moyenne de 6% par an. Entre 2008 et 2012, la baisse cumul&#233;e du PIB a &#233;t&#233; de 25% (- 4.4% en moyenne annuellement) et le revenu des familles a baiss&#233; de 30-40%. Le ch&#244;mage a atteint 27% et celui des jeunes frappe un jeune sur deux. La dette publique n'a pas diminu&#233;. Maintenant nous pouvons nous demander : pourquoi serait-il plus facile de rembourser une dette publique, de r&#233;duire la demande int&#233;rieure et d'augmenter les exportations lorsqu'on dispose d'un revenu de 75% par rapport &#224; un revenu de 100% ? Est-ce que cela n'est pas paradoxal par rapport au comportement de n'importe quelle famille qui, pour rembourser ses emprunts, cherche &#224; augmenter ses propres revenus soit par un double travail, soit en travaillant &#224; deux ? Si nous posons cette question aux &#233;conomistes n&#233;o-lib&#233;raux, qui sont le main-stream (courant dominant), ils nous r&#233;pondent que la rigidit&#233; vers le bas des salaires nominaux, si elle ne peut pas &#234;tre corrig&#233;e par un processus d'inflation (qui &#233;rode les salaires r&#233;els) et de d&#233;valuation mon&#233;taire (qui rend les exportations plus comp&#233;titives &#224; br&#232;ve &#233;ch&#233;ance), entra&#238;ne une d&#233;flation int&#233;rieure, un choc &#233;conomique. Il est inutile de poser cette m&#234;me question aux &#233;conomistes n&#233;o-keyn&#233;siens car Stiglitz, Krugman et bien d'autres nous envoient tous les jours leur &#171; infaillible &#187; recette : il faut augmenter la d&#233;pense publique et la dette au niveau national. Je suis certain qu'ils sont de bonne foi et que leur perspective erron&#233;e vient du fait que les Etats-Unis d'Am&#233;rique sont leur base d'observation. Cependant, cette justification ne tient pas la route non plus. &#192;-t-on jamais vu le gouvernement f&#233;d&#233;ral &#8211; m&#234;me avec une d&#233;pense correspondant &#224; 33% du PIB am&#233;ricain et non &#224; 1% - prendre &#224; sa charge la dette de la Californie ou d'autres Etats en &#233;tat de faillite ? Ou alors, ces prix Nobel pensent-ils que le service de la dette, en suivant uniquement l'indication &#233;lectorale sans tenir compte aussi de celle des march&#233;s, pourrait &#234;tre moins on&#233;reux que celui d&#233;j&#224; consid&#233;rablement r&#233;duit de la solidarit&#233; financi&#232;re europ&#233;enne ? Remonter &#224; Hamilton, comme cela devient habituel chez les non-f&#233;d&#233;ralistes &#233;galement, me para&#238;t plut&#244;t incongru. &#192; cette &#233;poque-l&#224;, les dettes contract&#233;es par les Colonies pour combattre ensemble lors de la guerre d'ind&#233;pendance avaient &#233;t&#233; rendues f&#233;d&#233;rales (en &#233;change de r&#233;ductions substantielles de pouvoir). Nous devons par contre appliquer la r&#232;gle de Tommaso Padoa-Schioppa : les Etats nationaux doivent assainir leurs comptes et corriger leurs erreurs mais l'UE, elle, doit s'occuper du d&#233;veloppement (elle doit donc financer une nouvelle dette, la distribuer et en contr&#244;ler l'utilisation directement). Padoa-Schioppa pensait que chaque gouvernement est responsable devant deux constituencies (instances) : son propre &#233;lectorat et les march&#233;s financiers (&#224; moins qu'il ne soit capable de faire payer les imp&#244;ts &#224; ses propres citoyens et qu'il d&#233;pense dans la limite de cette rentr&#233;e, sans s'endetter).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La restructuration de la dette grecque r&#233;alis&#233;e sans crier gare enexc&#233;dent primaire 2012 &#8211; &#224; la limite de la capacit&#233; d'Angela Merkel de tenir face &#224; ses propres &#233;lecteurs et &#224; la Cour constitutionnelle allemande &#8211; a totalis&#233; &#224; la charge de la zone euro (BCE, FESF, MES et pr&#234;ts bilat&#233;raux accord&#233;s par chaque Etat proportionnellement &#224; sa quote-part dans la BCE) plus des 2/3 de la dette grecque &#224; un taux moyen de 1.5%, avec une p&#233;riode de gr&#226;ce jusqu'&#224; fin 2018, les remboursements intervenant seulement &#224; partir de 2019 et jusqu'en 2048. On pourrait encore proc&#233;der &#224; des r&#233;ductions : sur les taux, sur la p&#233;riode de gr&#226;ce et sur celle du remboursement. On pourrait &#233;galement penser &#224; remplacer le pr&#234;t du FMI, au fur et &#224; mesure des &#233;ch&#233;ances, plus rapproch&#233;es et &#224; un taux de 4.5%, par des pr&#234;ts europ&#233;ens plus favorables mais qui s'engagerait vis-&#224;-vis d'un d&#233;biteur qui d&#233;clare ne pas &#234;tre solvable ? De toute fa&#231;on, sur le front de la r&#233;duction du co&#251;t de la dette, il n'y a pas bien d'autres choses &#224; faire mais elles se feront, &#224; condition que Tsipras propose un programme appropri&#233; et cr&#233;dible. Il faudra r&#233;soudre la contradiction entre les contenus positifs de ses propositions, telle la demande de d&#233;veloppement &#233;conomique et de d&#233;mocratie europ&#233;enne, et les tons populistes de sa propagande, telle la promesse de revenir au deficit spending (d&#233;ficit budg&#233;taire) national, sans en payer la facture. Le vrai d&#233;fi est sur le front de l'augmentation de la croissance. Si le g&#226;teau est plus grand, le cr&#233;diteur en aura aussi une part. C'est ce que disaient Menenius Agrippa et Keynes. Cependant, le moyen d'y parvenir ne peut pas &#234;tre celui des PIB bonds pr&#233;conis&#233; par Varoufakis car il manque aujourd'hui l'&#233;l&#233;ment de base : la confiance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Apr&#232;s la monnaie, il faut le budget&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une politique keyn&#233;sienne grecque serait impossible (n'en d&#233;plaise aux prix Nobel) non pas parce qu'elle serait emp&#234;ch&#233;e par la Commission europ&#233;enne ou la &lt;i&gt;tro&#239;ka&lt;/i&gt; mais parce qu'aucun gouvernement national europ&#233;en ne pourrait mettre en &#339;uvre des politiques de solidarit&#233; plus avanc&#233;es que ce que ses deux constituencies (instances) seraient pr&#234;tes &#224; comprendre et accepter, sous peine de d&#233;faite &#233;lectorale et/ou de vote, tout aussi dur, que les march&#233;s expriment par le spread (marge actuarielle) par rapport &#224; un benchmark (aujourd'hui le taux du bund). Imaginons-nous donc dans le cas d'un gouvernement qui, aujourd'hui, demande un pr&#234;t &#224; Bruxelles ou &#224; Berlin, et qui, demain, donne des interviews incendiaires &#224; Ath&#232;nes en d&#233;clarant que la Gr&#232;ce n'est pas solvable ! Sauf &#224; s'attendre &#224; ce que la BCE ach&#232;te, ou accepte comme du collat&#233;ral, des titres que le gouvernement &#233;metteur lui-m&#234;me a d&#233;clar&#233;s comme non-recouvrables ! Et Draghi a su d&#233;m&#234;ler cet incroyable enchev&#234;trement non seulement en gardant ouvert le dispositif ELA (Emergency Liquidity Assistance) mais m&#234;me en l'&#233;largissant, ce qui est un risque pour la Banque centrale grecque qui, cependant, fait partie du Syst&#232;me europ&#233;en des banques centrales. De plus, Draghi a d&#233;clar&#233; que le retour &#224; la raison &#8211; qui devra &#234;tre jug&#233; par l'Eurogroupe et non pas par la BCE &#8211; pourra permettre aux titres grecs d'&#234;tre de nouveau accept&#233;s dans les achats pr&#233;vus dans le cadre du QE (Quantitative Easing).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse au probl&#232;me met en cause Keynes, mais pas au niveau des Etats nationaux. Un grand plan de relance des investissements et de l'emploi, capable d'&#233;pouser les exigences des territoires et d'affronter les probl&#232;mes de durabilit&#233; sociale des sacrifices dans certaines parties de l'Union et de concentration excessive dans d'autres, ne peut &#234;tre lanc&#233; qu'au niveau europ&#233;en, sur le mod&#232;le du plan Delors, mis &#224; jour dans ses contenus. Du Plan Delors au New Deal for Europe (ND4E), la ligne politique &#233;conomique des f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens n'a pas chang&#233;. Ce n'est pas un hasard si le premier Pr&#233;sident &#233;lu de la Commission a un &#171; regard europ&#233;en &#187; (Ulrich Beck), une &#171; vision &#224; long terme &#187; (Padoa-Schioppa), s'il utilise des mots jusqu'&#224; pr&#233;sent mis &#224; l'index : plan, durabilit&#233; sociale, investissements europ&#233;ens, d&#233;veloppement, emploi. Junker est un fin politique et il conna&#238;t la &#171; machine &#187; de Bruxelles comme peu la connaissent. Il sait bien que le pouvoir a &#233;t&#233; de plus en plus concentr&#233; au niveau du Conseil, organe intergouvernemental / conf&#233;d&#233;ral. Il essaie de faire le plus possible avec des moyens qui sont d'ores et d&#233;j&#224; utilisables parce que, et Keynes le savait, &#171; &#224; long terme, nous serons tous morts &#187; et, Albertini nous l'enseignait, nous devons rester sur le &#171; plan inclin&#233; &#187; qui oblige les Etats au &#171; gradualisme constitutionnel &#187; pour affronter une contradiction apr&#232;s l'autre. Le devoir des f&#233;d&#233;ralistes est d'encourager la nouvelle conscience d&#233;mocratique de la Commission apr&#232;s le silence long et destructeur de Barroso, qui a permis la centralisation du pouvoir dans les mains du Conseil. Toutefois, comme toujours, nous devons aussi sugg&#233;rer l'action n&#233;cessaire et possible pour r&#233;soudre la nouvelle contradiction. Pendant cette phase, il faut lutter pour obtenir le budget europ&#233;en, qui pourrait devenir le budget de la seule zone euro si les pays membres de l'UE mais pas ceux de l'UEM refusaient cette nouvelle avanc&#233;e vers l'int&#233;gration. Le Plan Junker a besoin de ressources propres suffisantes pour garantir le service d'une dette europ&#233;enne. M&#234;me lorsque tout cela sera mis en place, le syst&#232;me financier europ&#233;en et mondial restera pr&#233;caire et cela aussi longtemps que les monnaies nationales feront fonction de monnaies internationales. J'en ai parl&#233; dans d'autres articles mais je dois le rappeler ici comme la base constante de toute question d'ordre financier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Antonio Mosconi&lt;br class='manualbr' /&gt;Pr&#233;sident du Centre Einstein d'&#233;tudes internationales - Turin&lt;br class='manualbr' /&gt;Article publi&#233; en commun avec The Federalist Debate - Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'itallien par Ivana Graziani &#8211; Vienne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par &#8220;exc&#233;dent primaire&#8221; nous entendons l'exc&#233;dent de revenus courants sur les d&#233;penses courantes dans le budget public, avant paieement des int&#233;r&#234;ts de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous utiliserons i pour le r&#233;el taux d'int&#233;r&#234;t moyen (c'est-&#224;-dire nettoy&#233; de l'inflation) ; g pour le r&#233;el taux de croissance du PIB ; D pour la dette, et Y pour le PIB. La condition de soutenabilit&#233; (afin de conserver le ratio D/Y constant) est un exc&#233;dent primiare du budget public &#233;gal &#224; (i-g)-D/Y.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Retour sur la crise grecque</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Retour-sur-la-crise-grecque</link>
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		<dc:date>2015-11-10T07:50:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Herland</dc:creator>


		<dc:subject>Focus</dc:subject>

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&lt;p&gt;Rappel des faits &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise de la dette grecque &#233;clate en 2010, comme une suite de la crise des subprimes en 2008. Mais, en l'occurrence, c'est surtout la r&#233;v&#233;lation dans le courant de l'ann&#233;e 2009 des &#171; tricheries &#187; du gouvernement grec &#224; propos de l'ampleur de son d&#233;ficit qui provoqua la crise de confiance des investisseurs priv&#233;s, la tr&#232;s forte hausse des taux d'int&#233;r&#234;t et l'incapacit&#233; pour le gouvernement de se financer sur le march&#233;. Depuis cette ann&#233;e-l&#224;, la croissance de la Gr&#232;ce est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-169-Septembre-2015-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 169 - Septembre 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Focus-+" rel="tag"&gt;Focus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rappel des faits&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise de la dette grecque &#233;clate en 2010, comme une suite de la crise des subprimes en 2008. Mais, en l'occurrence, c'est surtout la r&#233;v&#233;lation dans le courant de l'ann&#233;e 2009 des &#171; tricheries &#187; du gouvernement grec &#224; propos de l'ampleur de son d&#233;ficit qui provoqua la crise de confiance des investisseurs priv&#233;s, la tr&#232;s forte hausse des taux d'int&#233;r&#234;t et l'incapacit&#233; pour le gouvernement de se financer sur le march&#233;. Depuis cette ann&#233;e-l&#224;, la croissance de la Gr&#232;ce est devenue n&#233;gative (avec un l&#233;ger sursaut en 2014) et depuis 2013 ce pays conna&#238;t m&#234;me la d&#233;flation (les prix diminuent en cons&#233;quence de la baisse du pouvoir d'achat). C'est dire que la crise n'est pas que financi&#232;re : elle impacte l'&#233;conomie r&#233;elle plus s&#233;v&#232;rement que n'importe quel autre pays de l'Union europ&#233;enne ((UE). L'UE n'est pourtant pas rest&#233;e inerte, loin de l&#224;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant m&#234;me la crise, selon certains calculs, les transferts nets de l'UE (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un premier plan d'urgence de 110 milliards &#8364; a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; en mai 2010, financ&#233; par des pr&#234;ts bilat&#233;raux des &#201;tats europ&#233;ens. En 2012, la Gr&#232;ce s'av&#233;rant toujours incapable de se financer sur le march&#233;, un nouveau plan de 130 milliards &#8364; a &#233;t&#233; annonc&#233;, cette fois financ&#233; pour la plus grande part par le Fonds europ&#233;en de stabilit&#233; financi&#232;re (FESF cr&#233;&#233; en 2010), le reste par le FMI. En contrepartie, la &#171; tro&#239;ka &#187; (Commission, BCE et FMI) s'arrogeait le droit de v&#233;rifier que les r&#233;formes demand&#233;es &#224; la Gr&#232;ce &#233;taient bien r&#233;alis&#233;es. Ces r&#233;formes visant &#224; r&#233;tablir l'&#233;quilibre budg&#233;taire se traduisent principalement par la r&#233;duction des d&#233;penses et sont douloureusement ressenties par le peuple grec. Du coup, les r&#233;formes tardent &#224; se mettre en place et c'est ainsi que l'on a assist&#233; &#224; la fin juin 2015 &#224; une situation de blocage, les chefs d'&#201;tat et de gouvernement refusant que soient vers&#233;s les derniers milliards du deuxi&#232;me plan d'aide (dont le total &#233;tait mont&#233; alors &#224; 165 milliards), sans engagement plus cr&#233;dible de la part de la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretemps, deux &#233;v&#233;nements tr&#232;s importants avaient eu lieu. D'abord, sur le plan strictement financier, en 2012, les cr&#233;anciers priv&#233;s du gouvernement grec durent abandonner la moiti&#233; de leur cr&#233;ance tandis que la dette publique port&#233;e par le FESF &#233;tait elle aussi &#171; restructur&#233;e &#187; (allongement de l'&#233;ch&#233;ance et moratoire des int&#233;r&#234;ts jusqu'en 2023). Ensuite, sur le plan politique, une force nouvelle s'est affirm&#233;e, incarnation du &#171; ras-le-bol &#187; populaire face aux cons&#233;quences des politiques de rigueur. Apr&#232;s sa victoire aux &#233;lections europ&#233;ennes du printemps 2014, puis aux &#233;lections l&#233;gislatives qui suivirent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;lections anticip&#233;es provoqu&#233;es par Antonis Samaras, le premier ministre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les Grecs confi&#232;rent ainsi, en janvier 2015, leur sort &#224; &lt;i&gt;Syriza&lt;/i&gt;, le parti qui promettait de les affranchir des diktats de la tro&#239;ka. D&#233;buta alors une partie de bras de fer entre le nouveau premier ministre Alexis Tsipras et son ministre de l'&#233;conomie Yanis Varoufakis, d'une part, les autres chefs d'&#201;tat et de gouvernement de l'UE, d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partie grecque plaidait pour des r&#233;formes moins radicales, tout en laissant planer implicitement la menace d'une sortie de la zone euro, le &lt;i&gt;grexit&lt;/i&gt;, accompagn&#233; d'un d&#233;faut sur la dette. La dette de la Gr&#232;ce envers des institutions publiques s'&#233;levait alors &#224; un peu plus de 250 milliards &#8364;, dont quelques 30 milliards envers le FMI, le reste &#233;tant partag&#233; entre le M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233; (MSE, nouvel intitul&#233; du FESF, 142 milliards), les pr&#234;ts directs des autres &#201;tats europ&#233;ens (53 milliards) et la BCE (25 milliards).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perspective d'un &lt;i&gt;grexit&lt;/i&gt; a eu pour premier effet d'inciter les Grecs &#224; sortir leurs euros des banques, lesquelles, bien qu'ayant &#233;t&#233; d&#233;j&#224; recapitalis&#233;es, se sont retrouv&#233;es &#224; cours de liquidit&#233;s. Malgr&#233; le contingentement des tirages de billets par les particuliers, l'instauration d'un contr&#244;le des changes et les concours suppl&#233;mentaires de la BCE, les banques ont encore besoin d'un apport de capitaux. Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; les Grecs de voter majoritairement (&#224; 61%) en faveur d'Alexis Tsipras lors du r&#233;f&#233;rendum du 5 juillet. En d&#233;montrant &#224; ses partenaires europ&#233;ens qu'il b&#233;n&#233;ficiait toujours du soutien de son peuple, Tsipras entendait renforcer ainsi sa position dans les n&#233;gociations en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dits partenaires, n&#233;anmoins, avaient fait leur compte. Nombreux &#233;taient les gouvernements europ&#233;ens d&#233;cid&#233;s &#224; vider l'abc&#232;s, c'est-&#224;-dire en l'occurrence &#224; laisser la Gr&#232;ce quitter la zone euro. Son maintien signifie en effet n&#233;cessairement l'octroi d'aides suppl&#233;mentaires. Alors que les &#233;conomistes, au d&#233;but de la crise, concluaient majoritairement que le d&#233;part de la Gr&#232;ce serait une catastrophe pour l'euro, plus le temps passait et plus nombreux, au contraire, &#233;taient ceux qui minoraient les inconv&#233;nients &#233;ventuels de ce retrait. Par ailleurs, le poids d'un d&#233;faut pour chaque pays europ&#233;en n'aurait pas &#233;t&#233; consid&#233;rable. Par exemple l'&#201;tat fran&#231;ais, si l'on cumule les pr&#234;ts bilat&#233;raux et sa part dans le MSE, n'est engag&#233; que pour une quarantaine de milliards vis-&#224;-vis de la Gr&#232;ce : une goutte d'eau dans l'oc&#233;an de sa propre dette !&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les partisans du grexit pouvaient faire valoir par ailleurs que la Gr&#232;ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cependant le Pr&#233;sident Hollande &#8211; au nom de la n&#233;cessaire solidarit&#233; entre les pays europ&#233;ens ou parce qu'il redoutait les cons&#233;quences pour notre pays d'un &lt;i&gt;grexit&lt;/i&gt; qui aurait pu laisser pr&#233;sager la sortie d'autres pays lourdement endett&#233;s &#8211; s'est employ&#233; avec succ&#232;s &#224; trouver un compromis acceptable aussi bien par M. Tsipras que par Mme Merkel. Faut-il rappeler ici que la France elle-m&#234;me n'arrive pas &#224; contenir la croissance de sa dette publique, laquelle fr&#244;le d&#233;sormais les 100% du PIB (derri&#232;re l'Italie et le Portugal &#224; 130% et naturellement la Gr&#232;ce &#224; 175%)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alors que tous les pays membres de la zone euro ont souscrit aux accords de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;grexit&lt;/i&gt; n'a pas eu lieu. Malgr&#233; sa victoire au r&#233;f&#233;rendum, Alexis Tsipras est venu &#224; Canossa d&#232;s le 13 juillet. Apr&#232;s s'&#234;tre d&#233;barrass&#233; de son ministre Varoufakis, jug&#233; infr&#233;quentable par les partenaires europ&#233;ens, il a accept&#233; de mettre en &#339;uvre des r&#233;formes plus s&#233;v&#232;res que celles qui se trouvaient sur la table les 25 et 26 juin. &#192; la cl&#233;, un troisi&#232;me plan d'aide &#224; la Gr&#232;ce de 80 milliards &#8364; sur trois ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir dira ce qu'il adviendra de la Gr&#232;ce et de l'euro. Tout porte &#224; croire n&#233;anmoins qu'il aura &#233;t&#233; vain de s'ent&#234;ter dans des plans de rigueur aux cons&#233;quences socialement inacceptables, de surcro&#238;t incapables de r&#233;duire la dette. Que faudrait-il faire dans ces conditions ? La solution optimale consisterait sans nul doute &#224; r&#233;former la zone euro de telle sorte qu'elle devienne durablement viable. Pour expliquer de quoi il s'agit, il suffira de prendre l'exemple d'un pays comme la France, puisqu'il pr&#233;sente tous les caract&#232;res d'une zone mon&#233;taire durable. Ce n'est pourtant pas qu'elle soit constitu&#233;e de r&#233;gions homog&#232;nes, de niveaux de d&#233;veloppement comparables : la question n'est pas celle-l&#224;. Pourquoi une r&#233;gion fran&#231;aise dont l'&#233;conomie est sinistr&#233;e ne conna&#238;t-elle pas un d&#233;s&#233;quilibre financier majeur, c'est-&#224;-dire une dette astronomique du conseil r&#233;gional ou des autres collectivit&#233;s locales ? Simplement en raison de la pr&#233;sence de m&#233;canismes r&#233;&#233;quilibrants qui ont prouv&#233; leur efficacit&#233;. Ainsi les recettes fiscales collect&#233;es au niveau national sont-elles redistribu&#233;es de telle sorte que les r&#233;gions d&#233;prim&#233;es re&#231;oivent davantage de &#171; ressource fiscale &#187; qu'elles n'en &#171; produisent &#187;. Cette forme de p&#233;r&#233;quation n'est pas pourtant la plus importante. Comme il y a peu d'emplois dans une r&#233;gion d&#233;prim&#233;e, sa population compte une forte proportion de personnes &#226;g&#233;es revenues au pays &#224; l'&#226;ge de la retraite. Or les retraites ne sont pas financ&#233;es par une caisse r&#233;gionale mais par la caisse, organis&#233;e au niveau national, &#224; laquelle les habitants actuels de la r&#233;gion ont cotis&#233; quand ils travaillaient ailleurs, dans une r&#233;gion plus prosp&#232;re. Par ailleurs les vieilles personnes sont souvent malades, ce qui entra&#238;ne des d&#233;penses de sant&#233; &#233;lev&#233;es : comme les retraites, elles n'ont pas &#224; &#234;tre financ&#233;es au niveau r&#233;gional. Idem pour le ch&#244;mage : l'assurance ch&#244;mage &#233;tant nationale, les ch&#244;meurs d'une r&#233;gion d&#233;prim&#233;e ne sont pas particuli&#232;rement p&#233;nalis&#233;s. &#201;videmment, si l'&#233;conomie de la France enti&#232;re se porte mal &#8211; comme c'est le cas aujourd'hui &#8211; cela aura des cons&#233;quences sur les subventions, les retraites, les allocations ch&#244;mage, le remboursement des frais m&#233;dicaux, mais ces difficult&#233;s ne seront en aucune mani&#232;re ressenties comme &#233;tant sp&#233;cifiquement celles de la r&#233;gion. Or si la Gr&#232;ce, en tant que membre de l'UE, b&#233;n&#233;ficie bien de subventions en provenance de l'UE, elle est priv&#233;e de tous les autres &#171; stabilisateurs automatiques &#187; que l'on vient d'&#233;num&#233;rer, si bien que, en cas de ressources budg&#233;taires insuffisantes, elle n'a d'autre solution que l'endettement. La solution optimale pour elle consisterait donc dans la transformation de la zone euro en une f&#233;d&#233;ration, avec suffisamment de responsabilit&#233;s confi&#233;es au niveau f&#233;d&#233;ral pour que les stabilisateurs en question soient op&#233;rants. &#201;videmment, cela ne r&#232;glerait pas le probl&#232;me de la p&#233;nurie d'emplois et de nombreux Grecs seraient toujours contraints de s'exiler en attendant que les &#171; fonds structurels &#187; europ&#233;ens produisent &#233;ventuellement leur effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la France est elle-m&#234;me en mauvaise posture (le ch&#244;mage ne cesse d'augmenter, le nombre d'emplois industriels de diminuer, la balance commerciale est d&#233;ficitaire), si bien qu'elle aurait, elle aussi, bien besoin de cette f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne. Celle-ci, malheureusement, n'est pas &#224; l'ordre du jour. Certes, l'id&#233;al europ&#233;en existe encore chez nombre de citoyens de l'Europe mais il n'est pas assez puissant pour vaincre les &#233;go&#239;smes nationaux. Car la solidarit&#233; des habitants de l'&#206;le de France envers les Aveyronnais ou les Ari&#233;geois n'a rien de naturel : elle est le r&#233;sultat de si&#232;cles d'une histoire souvent douloureuse au fil desquels s'est constitu&#233;e une identit&#233; nationale. Et si les Fran&#231;ais, aujourd'hui, se montrent solidaires d'une r&#233;gion &#224; l'autre, ils continuent &#8211; beaucoup d'entre eux en tout cas &#8211; &#224; consid&#233;rer les &#233;trangers sur le sol de France ou les Fran&#231;ais de fra&#238;che date comme des intrus qui viennent prendre leurs emplois. Comment esp&#233;rer dans ces conditions que les transferts qui sont accept&#233;s entre les r&#233;gions d'un m&#234;me pays le soient entre pays diff&#233;rents ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une f&#233;d&#233;ration aurait n&#233;anmoins pu sans doute se constituer entre les six pays fondateurs de la CEE, tant que le souvenir de la deuxi&#232;me guerre mondiale demeurait bien pr&#233;sent dans les esprits. Pour diverses raisons &#8211; en particulier l'attitude de la France &#8211; cela ne s'est pas produit et la chance para&#238;t d&#233;sormais pass&#233;e. Pour ne prendre qu'un exemple, les travailleurs des pays europ&#233;ens les plus prosp&#232;res, au Nord, ne sont certainement pas d'accord pour que leurs cotisations ch&#244;mage servent &#224; indemniser les ch&#244;meurs du Sud qu'ils consid&#232;rent &#224; tort ou &#224; raison comme des &#171; paresseux &#187;. &#192; cela s'ajoutent aussi bien l'impossibilit&#233; de s'entendre &#224; 19 (le nombre actuel de pays de la zone euro), a fortiori &#224; 28, que les r&#233;ticences des gouvernements aussi bien du Sud que du Nord, jaloux de conserver les attributs de leur &#171; souverainet&#233; &#187;, celle-ci f&#251;t-elle d&#233;sormais en grande partie illusoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas que la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne ne puisse pas &#234;tre profitable pour l'ensemble des Europ&#233;ens. Tous les pays europ&#233;ens se trouvent confront&#233;s peu ou prou &#224; des d&#233;fis qui ne peuvent &#234;tre relev&#233;s que dans le cadre d'une Europe puissance : l'expansionnisme russe, la puissance &#233;conomique d'une Chine qui tend de plus en plus clairement vers l'h&#233;g&#233;monie, les flux migratoires, la crise &#233;cologique. Dans tous ces domaines il serait indispensable que l'Europe puisse non seulement parler d'une seule voix mais mettre en &#339;uvre sans tergiverser sa politique. La question n'est donc pas de savoir si l'Europe serait n&#233;cessaire mais de savoir comment elle serait possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir au probl&#232;me de la Gr&#232;ce, la preuve est faite qu'un gouvernement seul, m&#234;me port&#233; dans son pays par un &#233;lan populaire incontestable, ne saurait changer les r&#232;gles de l'Europe. On a certes pu imaginer que d'autres pays, se trouvant dans des situations semblables sans &#234;tre tout-&#224;-fait les m&#234;mes, se seraient unis &#224; la Gr&#232;ce afin de peser davantage sur les institutions europ&#233;ennes. D'aucuns ont m&#234;me r&#234;v&#233; un moment que le Pr&#233;sident Hollande prendrait la t&#234;te d'un tel mouvement contestataire ! Peut-&#234;tre cela adviendra-t-il un jour ? Force est de constater qu'il n'en a rien &#233;t&#233; jusqu'ici. Donc si la Gr&#232;ce &#8211; comme c'est probable &#8211; ne parvient pas &#224; sortir rapidement de la r&#233;cession malgr&#233; les aides suppl&#233;mentaires qui lui sont promises (puisque ces derni&#232;res demeurent conditionn&#233;es &#224; des r&#233;formes qui contribuent &#224; appauvrir le pays), le &lt;i&gt;grexit&lt;/i&gt; appara&#238;t la seule option possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'aucuns diront qu'elle n'est pas r&#233;aliste. On peut d'abord leur r&#233;pondre que le retrait (temporaire ?) de la zone euro ne signifie pas plus l'abandon de la Gr&#232;ce par l'Europe que l'abandon de l'Europe par la Gr&#232;ce : celle-ci continuera &#224; b&#233;n&#233;ficier des fonds structurels europ&#233;ens. Quant &#224; la &#171; catastrophe &#187; qui r&#233;sulterait du passage de l'euro &#224; une drachme n&#233;cessairement sous-&#233;valu&#233;e (faute de quoi l'abandon de l'euro n'aurait aucun impact positif), la r&#233;ponse est simple : si manipuler le taux de change, d&#233;valuer sa monnaie, favoriser l'inflation sont des pratiques aussi courantes (dont la France a elle-m&#234;me &#233;t&#233; longtemps coutumi&#232;re), ce n'est certainement pas par masochisme mais parce que cela produit des effets positifs sur les pays qui les utilisent. Reste alors la question de la dette. L'abandon de l'euro devrait &#233;videmment s'accompagner d'un d&#233;faut quasi-total, puisque la Gr&#232;ce ne recevrait plus aucun pr&#234;t pendant un certain temps et qu'elle se trouverait de ce fait dans l'incapacit&#233; de rembourser ce qu'elle doit. Il suffit de noter &#224; ce propos que les d&#233;fauts sur les dettes souveraines ne sont nullement des exceptions : la Gr&#232;ce y a eu plusieurs fois recours ; l'Allemagne elle-m&#234;me l'a pratiqu&#233; apr&#232;s la premi&#232;re guerre mondiale. C'est une solution de d&#233;sespoir mais la Gr&#232;ce se trouve justement dans une situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e. L'histoire d&#233;montre d'ailleurs que les pays qui font d&#233;faut ne doivent pas attendre tr&#232;s longtemps avant de pouvoir s'endetter &#224; nouveau sur le march&#233; international des capitaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Michel Herland&lt;br class='manualbr' /&gt;Economiste &#8211; Fort-de-Francce&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avant m&#234;me la crise, selon certains calculs, les transferts nets de l'UE vers la Gr&#232;ce au titre des divers fonds structurels auraient &#233;t&#233; de l'ordre de 3 &#224; 4% du PIB grec chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;lections anticip&#233;es provoqu&#233;es par Antonis Samaras, le premier ministre conservateur de l'&#233;poque, pour sortir de la crise de r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les partisans du &lt;i&gt;grexit&lt;/i&gt; pouvaient faire valoir par ailleurs que la Gr&#232;ce n'&#233;tait pas, loin s'en faut, le pays de l'UE qui &#171; m&#233;ritait &#187; d'&#234;tre aid&#233; aussi largement. Bien que les calculs du revenu par t&#234;te en dollar PPA &#8211; c'est-&#224;-dire apr&#232;s correction pour tenir compte des diff&#233;rences entre les co&#251;ts de la vie &#8211; ne soient pas d'une pr&#233;cision absolue, les ordres de grandeur peuvent &#234;tre retenus. Pour la Gr&#232;ce, il s'&#233;tablit &#224; 25.000 $, soit au m&#234;me niveau que le Portugal, un chiffre sup&#233;rieur &#224; celui de la Pologne, par exemple (23 000 $), et a fortiori de la Bulgarie et la Roumanie (17.000 $ - donn&#233;es de 2013).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alors que tous les pays membres de la zone euro ont souscrit aux accords de Maastricht qui imposent de ne pas d&#233;passer 60% du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;mocratisation du syst&#232;me des Nations-unies Cr&#233;ation d'un Parlement mondial </title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Democratisation-du-systeme-des-Nations-unies-Creation-d-un-Parlement-mondial</link>
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		<dc:date>2015-11-10T07:38:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Yves Maurice</dc:creator>


		<dc:subject>UNPA</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une Assembl&#233;e Parlementaire des Nations unies (APNU) d&#233;signe la proposition d'ajouter &#224; l'ONU une chambre de repr&#233;sentation qui permettrait une forme de participation des corps l&#233;gislatifs des &#201;tats membres, et &#224; terme l'&#233;lection directe par les citoyens du monde. L'id&#233;e avait &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;e &#224; la Soci&#233;t&#233; des Nations dans les ann&#233;es 1920 et &#224; nouveau apr&#232;s la seconde guerre mondiale en 1945, mais est rest&#233;e en sommeil durant la guerre froide. Dans les ann&#233;es1990 et 2000, le d&#233;veloppement du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-169-Septembre-2015-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 169 - Septembre 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-UNPA-+" rel="tag"&gt;UNPA&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une Assembl&#233;e Parlementaire des Nations unies (APNU) d&#233;signe la proposition d'ajouter &#224; l'ONU une chambre de repr&#233;sentation qui permettrait une forme de participation des corps l&#233;gislatifs des &#201;tats membres, et &#224; terme l'&#233;lection directe par les citoyens du monde. L'id&#233;e avait &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;e &#224; la Soci&#233;t&#233; des Nations dans les ann&#233;es 1920 et &#224; nouveau apr&#232;s la seconde guerre mondiale en 1945, mais est rest&#233;e en sommeil durant la guerre froide. Dans les ann&#233;es1990 et 2000, le d&#233;veloppement du commerce mondial et des organisations internationales sp&#233;cialis&#233;es qui en assurent la gouvernance ont conduit &#224; des appels en faveur d'une assembl&#233;e parlementaire pour assurer le suivi de leurs activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un regain tr&#232;s s&#233;rieux pour une telle id&#233;e se fait de plus en plus ressentir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Une campagne internationale pour la cr&#233;ation d'une Assembl&#233;e parlementaire des Nations unies a &#233;t&#233; lanc&#233;e en 2007 afin de coordonner tous les efforts en faveur d'une APNU. En juillet 2013, la campagne &#233;tait soutenue par 5212 individus de 153 pays, parmi eux 865 parlementaires et plus de 400 organisations non gouvernementales du monde entier &#339;uvrant pour la repr&#233;sentation des citoyens aux Nations-unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Les d&#233;put&#233;s europ&#233;ens ont appel&#233; &#224; la cr&#233;ation de toute urgence d'une Assembl&#233;e parlementaire des Nations unies (ONU). La meilleure solution selon eux pour parer aux lacunes d&#233;mocratiques de la gouvernance mondiale. &#171; Une Assembl&#233;e parlementaire des Nations unies est un &#233;l&#233;ment essentiel pour renforcer la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique de l'ONU &#187;, a indiqu&#233; l'eurod&#233;put&#233; de centre-gauche Jo Leinen lors d'une conf&#233;rence internationale, le 17 octobre 2014. Jo Leinen et Graham Watson, le pr&#233;sident de l'ADLE, sont &#224; l'avant-garde de cette initiative depuis 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Enfin, tr&#232;s r&#233;cemment, un rapport de la Commission sur la s&#233;curit&#233;, la justice et la gouvernance mondiales a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; au Palais de la Paix &#224; La Haye (mi-juin 2015) pour redynamiser le syst&#232;me des Nations-unies. Ce rapport recommande la cr&#233;ation d'une &#171; r&#233;seau parlementaire des Nations-unies &#187;. Selon le rapport intitul&#233; &#171; Affronter la crise de la gouvernance globale &#187;, un tel nouveau corps parlementaire pourrait constituer une &#171; approche pragmatique afin de renforcer les relations entre l'ONU et les citoyens et surmonter le d&#233;ficit d&#233;mocratique de la communaut&#233; mondiale &#187;. Le document montre que ce r&#233;seau parlementaire pourrait &#234;tre &#233;tabli par l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations-unies en vertu de l'article 22 de la Charte de l'ONU. La cr&#233;ation de cette assembl&#233;e est d&#233;finie comme &#171; une &#233;tape vitale qui peut &#234;tre franchie &#224; court terme &#187; et qui permettrait, &#224; plus long terme, &#171; la cr&#233;ation d'une seconde chambre des Nations-unies permanente et formellement constitu&#233;e &#187;. Les recommandations mises en &#233;vidence incluent la cr&#233;ation d'une &#171; capacit&#233; de nouvelle g&#233;n&#233;ration des Nations-unies en mati&#232;re de m&#233;diation des conflits et d'op&#233;rations de maintien de la paix &#187;, le renforcement de la responsabilit&#233; &#224; &#171; pr&#233;venir, prot&#233;ger et reconstruire &#187;, l'innovation dans le domaine de la gouvernance climatique, l'am&#233;lioration de la coordination institutionnelle G20/Nations-unies/Institutions issues des accords de Bretton-Woods, l'&#233;largissement du Conseil de S&#233;curit&#233; des Nations-unies, la diminution du l'usage du droit de veto et le renforcement de la Cour Internationale de Justice.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pierre-Yves Maurice est membre du Comit&#233; directeur de l'UEF France - 42&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lettre europ&#233;enne n&#176; 65, ao&#251;t 2015</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Lettre-europeenne-no-65-aout-2015</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Lettre-europeenne-no-65-aout-2015</guid>
		<dc:date>2015-11-06T13:39:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>euro</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Lettre europ&#233;enne est diffus&#233;e en trois langues par la Fondation Luciano Bolis de Pavie &lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit de l'italien par Jean-Luc Prevel - Lyon &lt;br class='autobr' /&gt; S'il &#233;tait besoin d'une d&#233;monstration que l'Europe ne peut pas se limiter &#224; la &#171; maintenance de l'existant &#187;, pour utiliser une expression du Premier ministre italien Matteo Renzi, on aurait difficilement pu penser &#224; un meilleur exemple que celui que la crise grecque a offert. Les semaines anim&#233;es qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; l'accord ont montr&#233; pour le mieux que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-169-Septembre-2015-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 169 - Septembre 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Grece-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Lettre europ&#233;enne est diffus&#233;e en trois langues par la Fondation Luciano Bolis de Pavie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Jean-Luc Prevel - Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'il &#233;tait besoin d'une d&#233;monstration que l'Europe ne peut pas se limiter &#224; la &#171; maintenance de l'existant &#187;, pour utiliser une expression du Premier ministre italien Matteo Renzi, on aurait difficilement pu penser &#224; un meilleur exemple que celui que la crise grecque a offert. Les semaines anim&#233;es qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; l'accord ont montr&#233; pour le mieux que l'organisation actuelle de l'eurozone alimente une spirale de m&#233;fiance r&#233;ciproque qui requiert des efforts immenses pour r&#233;ussir &#224; trouver, chaque fois que n&#233;cessaire, les solutions minimales qui, plut&#244;t que partag&#233;es, appara&#238;ssent souvent comme le fruit de rapports de force et laissent par la suite des traces de rancoeurs dangereuses. C'est le syst&#232;me qui est aujourd'hui &#224; la base du fonctionnement de la zone euro, que l'on appelle la m&#233;thode intergouvernementale (c'est &#224; dire la recherche d'accords entre les gouvernements qui pr&#233;tend pallier le manque de pouvoirs et d'instruments europ&#233;ens f&#233;d&#233;raux supranationaux), qui constitue le terrain o&#249; prosp&#232;rent les mouvements anti-euro et anti-syst&#232;me, dont la d&#233;magogie a la part belle pour exploiter la protestation et l'opposition au changement, tant que la politique est limit&#233;e au niveau national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne voulons pas ainsi minimiser la valeur positive du r&#233;sultat issu de l'accord entre la Gr&#232;ce et l'Eurogroupe. On a, en fait, &#233;vit&#233; une sortie d'Ath&#232;nes de l'euro qui aurait ouvert des sc&#233;narios potentiellement d&#233;vastateurs pour tous et une banqueroute du pays, qui aurait entra&#238;n&#233; des co&#251;ts &#233;normes pour les citoyens ; et le choix d'Alexis Tsipras semble lui ouvrir finalement et r&#233;ellement, l'opportunit&#233; de faire repartir la Gr&#232;ce avec des politiques de gouvernement en mesure d'influer sur les aspects d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s du syst&#232;me hell&#233;nique. C'est surtout que le principe de la pr&#233;tention &#224; maintenir une souverainet&#233; absolue s'est affirm&#233; comme incompatible avec l'appartenance &#224; l'euro, comme l'explique bien Sabino Cassese (sur le &lt;i&gt;Corriere della Sera&lt;/i&gt; du 15 juillet) ; apr&#232;s le libre choix mais, une fois acquis, contraignant, de d&#233;cider de faire partie d'une communaut&#233; qui partage la m&#234;me monnaie et donc aussi des valeurs et des principes, ainsi que des choix politiques et &#233;conomiques, un gouvernement n'est plus responsable seulement face &#224; ses propres &#233;lecteurs, mais aussi face &#224; la nouvelle communaut&#233; &#224; laquelle il a adh&#233;r&#233; (et aux peuples qui la composent). Les protestations qui se sont &#233;lev&#233;es contre l'offense qui aurait &#233;t&#233; faite &#224; la d&#233;mocratie grecque ne prennent pas en compte que l'Europe, et surtout l'euro, constituent des dimensions fondamentales de la vie politique d'un pays qui a d&#233;cid&#233; d'en faire partie, dimensions dont on ne peut faire abstraction en pr&#233;tendant qu'on n'a pas accompli un pas irr&#233;versible de partage de la souverainet&#233; ; le fait est, au contraire, que le partage de la souverainet&#233; doit &#234;tre rendu explicite pour tous et soutenu par la naissance d'un syst&#232;me europ&#233;en supranational et en tant que tel, d&#233;mocratique. C'est justement ce dernier aspect, en fait, qui est apparu comme &#233;vident par suite des tensions constat&#233;es ces derniers mois. Et, comme on pouvait s'y attendre, le fait d'avoir d&#233;nou&#233; le probl&#232;me de la Gr&#232;ce semble ouvrir la possibilit&#233; d'acc&#233;l&#233;rer le processus d'ach&#232;vement de l'Union mon&#233;taire, qui a &#233;t&#233; laiss&#233; en suspens depuis d&#233;j&#224; plus de deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est donc pas un hasard si, une fois l'affaire la plus urgente de la Gr&#232;ce termin&#233;e, les propositions du gouvernement fran&#231;ais et celles attribu&#233;es au Ministre allemand des finances Sch&#228;uble, qui semblent pr&#233;cis&#233;ment r&#233;pondre &#224; ce nouveau climat, ont rapidement commenc&#233; &#224; circuler. L'objectif d&#233;clar&#233; des deux, m&#234;me si elles sont encore en cours de d&#233;finition, consiste justement &#224; cr&#233;er rapidement un v&#233;ritable gouvernement europ&#233;en de la monnaie. Sur le front allemand, le projet semble se dessiner, ce qui se confirme toujours davantage, de vouloir progresser dans le sens d'une union fiscale &#224; travers la nomination d'un Ministre du Tr&#233;sor de la zone euro, responsable devant le Parlement europ&#233;en, dans une configuration restreinte &#224; d&#233;finir, avec le pouvoir d'intervenir en cas de violation de la part des Etats membres, des contraintes budg&#233;taires n&#233;cessaires dans toute union mon&#233;taire ; et aussi de g&#233;rer un budget autonome de la zone euro, aliment&#233; par un pourcentage de la TVA ou de l'imp&#244;t sur le revenu des entreprises, per&#231;u par les &#201;tats. De cette mani&#232;re, comme l'a observ&#233; le pr&#233;sident du &lt;i&gt;Think Tank&lt;/i&gt; allemand DIW, se cr&#233;erait de facto &#171; un pouvoir d'imposition fiscale et d'&#233;mission de titres europ&#233;ens qui pourrait &#234;tre employ&#233; pour alimenter un fonds contre le ch&#244;mage et pour promouvoir les investissements &#187; (Marcel Fratzscher, &lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt; du 27 juillet 2015). Le fait que le th&#232;me du transfert de souverainet&#233; dans le domaine fiscal reste au centre des pr&#233;occupations allemandes est confirm&#233; aussi par le rapport du Conseil allemand des cinq experts &#233;conomiques (&lt;i&gt;&#171; l'eurozone collectivement responsable de co&#251;ts potentiels, sans renonciation &#224; une part de la souverainet&#233; nationale pour la politique fiscale et &#233;conomique, rendrait - t&#244;t ou tard - l'Union mon&#233;taire davantage instable &#187;&lt;/i&gt; - 28 juillet 2015) ; rapport qui, d'autre part, montre bien les obstacles que doivent affronter ceux qui, en Allemagne, soutiennent des avanc&#233;es imm&#233;diates vers l'union &#233;conomique et politique et comment, pour que le gouvernement de Berlin puisse vaincre les r&#233;sistances internes, il est n&#233;cessaire que des signaux d'une volont&#233; sans ambigu&#239;t&#233; &#233;manent des partenaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, la France, &#224; travers le Pr&#233;sident Hollande et le Premier ministre Valls, a d&#233;clar&#233; vouloir avancer vers un gouvernement et un budget de l'eurozone, sans toutefois sp&#233;cifier comment aborder le probl&#232;me du transfert au niveau europ&#233;en des pouvoirs de contr&#244;le sur les budgets nationaux et en maintenant une certaine ambigu&#239;t&#233; pour ce qui concerne le contr&#244;le parlementaire europ&#233;en en mati&#232;re fiscale et &#233;conomique. Pour l'heure, dans l'optique fran&#231;aise, ce contr&#244;le parlementaire devrait rester li&#233; &#224; une repr&#233;sentation au second niveau de parlementaires nationaux de l'eurozone (c'est &#224; dire &#224; une repr&#233;sentation subordonn&#233;e aux souverainet&#233;s populaires nationales, comme avant les &#233;lections directes de 1979). Sur ce th&#232;me, &#224; travers le Ministre Padoan, l'Italie a d&#233;j&#224; exprim&#233; des r&#233;serves opportunes et n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, si les distances entre les deux propositions sont encore nombreuses et profondes dans la mesure o&#249; elles sont le fruit de deux approches antith&#233;tiques de la France et de l'Allemagne sur le processus europ&#233;en, le point central, c'est qu'il semble qu'un dialogue sur la r&#233;forme du gouvernement de l'euro peut repartir. Pour pouvoir r&#233;ussir, le r&#244;le des autres gouvernements-cl&#233; et celui des instances europ&#233;ennes elles-m&#234;mes, sera fondamental. Les principes que l'Allemagne d&#233;fend et dont d&#233;pendent les futures avanc&#233;es de l'eurozone sont sacro-saints. C'est pour cela que, si l'Italie choisissait de s'aligner en faveur de la proposition de cr&#233;er un Ministre du Tr&#233;sor pour la zone euro, avec des pouvoirs limit&#233;s mais effectifs d'intervention sur les politiques budg&#233;taires nationales, dont il devrait &#234;tre responsable &#224; la fois devant le Parlement europ&#233;en (dans une composition restreinte &#224; d&#233;finir) et la majorit&#233; des membres de l'Eurogroupe ; et si, sur cette base, elle soutenait la n&#233;cessit&#233; de cr&#233;er dans le m&#234;me temps un budget pour l'eurozone, aliment&#233; par des ressources ad hoc (en avan&#231;ant aussi des propositions sur la nature des imp&#244;ts n&#233;cessaires dans cet objectif) et des m&#233;canismes de solidarit&#233;, ce geste pourrait &#234;tre d&#233;terminant dans la dialectique actuelle et pourrait m&#234;me imposer aux partenaires de la zone euro l'agenda des r&#233;formes et l'acc&#233;l&#233;ration n&#233;cessaire requise par la gravit&#233; de la situation. Le Rapport des cinq Pr&#233;sidents pr&#233;sent&#233; fin juin qui renvoie &#224; 2017 l'ouverture du chantier institutionnel a &#233;t&#233; d&#233;menti et surtout d&#233;pass&#233; par les faits. Mais il a d&#233;montr&#233; qu'au sein des institutions europ&#233;ennes la volont&#233; d'arriver &#224; la construction d'un syst&#232;me f&#233;d&#233;ral de gouvernement de la monnaie unique ne recule pas. Il appartient donc aux gouvernements, apr&#232;s avoir donn&#233; la derni&#232;re et difficile contribution pour la survie et la consolidation de l'Union mon&#233;taire, d'accomplir l'acte ultime d&#233;cisif de transfert de souverainet&#233; &#224; travers la naissance d'un v&#233;ritable embryon de gouvernement supranational europ&#233;en.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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