<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
	<link>https://www.pressefederaliste.eu/</link>
	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressefederaliste.eu/spip.php?id_rubrique=72&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
		<url>https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L144xH24/logo-site-121f6.png?1729034532</url>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/</link>
		<height>24</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;mocratiser l'Europe : pour une approche f&#233;d&#233;raliste</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Democratiser-l-Europe-pour-une-approche-federaliste</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Democratiser-l-Europe-pour-une-approche-federaliste</guid>
		<dc:date>2018-02-19T21:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Jouvenat</dc:creator>


		<dc:subject>Parlement europ&#233;en</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La relance du projet europ&#233;en, la refondation de l'Europe, la d&#233;mocratie europ&#233;enne sont &#224; l'ordre du jour. Alors qu'il existe un consensus sur le besoin de donner ou redonner au citoyen l'envie d'Europe, les propositions allant dans ce sens sont nombreuses et souvent divergentes. Faut-il mieux d&#233;finir les priorit&#233;s de l'Union pour apporter de vraies r&#233;ponses aux pr&#233;occupations des citoyens ? Rendre aussi son fonctionnement plus lisible, ses d&#233;cisions plus transparentes ? Faut-il r&#233;former (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-177-Decembre-2017-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 177 - D&#233;cembre 2017&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Parlement-europeen-+" rel="tag"&gt;Parlement europ&#233;en&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La relance du projet europ&#233;en, la refondation de l'Europe, la d&#233;mocratie europ&#233;enne sont &#224; l'ordre du jour. Alors qu'il existe un consensus sur le besoin de donner ou redonner au citoyen l'envie d'Europe, les propositions allant dans ce sens sont nombreuses et souvent divergentes. Faut-il mieux d&#233;finir les priorit&#233;s de l'Union pour apporter de vraies r&#233;ponses aux pr&#233;occupations des citoyens ? Rendre aussi son fonctionnement plus lisible, ses d&#233;cisions plus transparentes ? Faut-il r&#233;former les institutions, voire en cr&#233;er de nouvelles, plus d&#233;mocratiques ? Tout nouveau processus de refondation doit-il associer directement les citoyens ? Sans doute tout cela &#224; la fois, mais pas n'importe comment. Et surtout, il faut aller plus loin si l'on veut cr&#233;er les conditions d'un nouvel acte fondateur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelles institutions d&#233;mocratiques ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La question des institutions n'est certes pas la plus importante. On ne peut pas l'&#233;luder pour autant, contrairement &#224; ce que pensent certains faux europ&#233;istes qui jugent suffisant le recentrage sur des objectifs prioritaires. Car pense-t-on vraiment faire avancer l'Europe sans se d&#233;partir enfin de la m&#233;thode intergouvernementale ? C'est aussi le d&#233;bat institutionnel qui est aujourd'hui le plus m&#233;diatis&#233;, notamment suite au &#171; Projet pour un trait&#233; de d&#233;mocratisation de la gouvernance de la zone euro &#187; (T-Dem)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte int&#233;gral ici (PDF) ; une version augment&#233;e est disponible en librairie.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, initi&#233; par l'&#233;conomiste Thomas Piketty.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nombreuses questions de fond que soul&#232;ve cette question de la gouvernance de la zone euro, nous oblige &#224; nous y attarder quelque peu. Car elle est centr&#233;e sur la cr&#233;ation d'une nouvelle Assembl&#233;e compos&#233;e, pour l'essentiel, de repr&#233;sentants des parlements nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;sistance souverainiste et la r&#233;ponse f&#233;d&#233;raliste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les promoteurs du T-Dem rejoignent ainsi les souverainistes qui ironisent sur le &#171; grand soir f&#233;d&#233;ral &#187; et consid&#232;rent que seule une plus grande implication des parlements nationaux est &#224; m&#234;me de donner aux institutions europ&#233;ennes une l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique. Les f&#233;d&#233;ralistes, pourtant bien conscients du caract&#232;re sui generis de la construction europ&#233;enne, ne sauraient admettre pour autant toute d&#233;rogation au principe selon lequel les parlements nationaux contr&#244;lent les gouvernements nationaux, y compris dans leur fonction de repr&#233;sentation au niveau de l'Union, et le Parlement europ&#233;en contr&#244;le l'ex&#233;cutif europ&#233;en. Dans une f&#233;d&#233;ration, les institutions non seulement se juxtaposent en respectant la s&#233;paration des pouvoirs l&#233;gislatif, ex&#233;cutif et judiciaire, mais elles se superposent aussi dans le strict respect des comp&#233;tences respectives de la f&#233;d&#233;ration et des entit&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;es. Ainsi, si les entit&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;es participent bien directement &#224; l'&#233;laboration et aux r&#233;visions du pacte f&#233;d&#233;ral, notamment pour l'attribution des comp&#233;tences, elles ne participent ensuite qu'indirectement &#224; la formation de la volont&#233; de l'Union par le biais de leurs repr&#233;sentants dans l'organisation f&#233;d&#233;rale. &#201;voquant les d&#233;put&#233;s europ&#233;ens, Paul Magnette, rare soutien du T-Dem hors de France, avait pourtant relev&#233; que ceux-ci, &#233;lus sur une base nationale, sont peu enclins &#224; agir dans une logique europ&#233;enne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Magnette, Le r&#233;gime politique de l'Union europ&#233;enne, SciencesPo Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pourquoi en serait-il autrement des &#233;lus nationaux ? Une r&#233;vision en 2002 de l'Acte &#233;lectoral europ&#233;en a rendu incompatible le mandat de parlementaire europ&#233;en avec celui de parlementaire national. Le T-Dem repr&#233;senterait un consid&#233;rable retour en arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Trait&#233; de Lisbonne fait une large place aux parlements nationaux. En mati&#232;re l&#233;gislative, ils jouissent de nombreuses pr&#233;rogatives consultatives, dont ils usent abondamment y compris &#224; travers leur coop&#233;ration interparlementaire (COSAC). Surtout, ils disposent d'un pouvoir effectif et incontest&#233; de contr&#244;ler le respect des principes de subsidiarit&#233; et de proportionnalit&#233; par la proc&#233;dure dite du carton orange. Parmi les nombreuses pr&#233;rogatives relatives &#224; la gouvernance, chaque parlement national peut s'opposer &#224; une modification des politiques internes introduite selon la proc&#233;dure simplifi&#233;e de r&#233;vision des Trait&#233;s et dispose d'un droit d'opposition en cas d'utilisation de la &#171; clause passerelle &#187; pour passer de l'unanimit&#233; &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e. On peut bien s&#251;r aller encore plus loin, &#224; condition de ne pas nuire au respect des comp&#233;tences respectives. Ainsi, le Parlement europ&#233;en a propos&#233; de donner aux parlements nationaux un carton vert consistant en un droit d'initiative en mati&#232;re de l&#233;gislation europ&#233;enne. Mais les parlements nationaux ne peuvent en aucun cas avoir la facult&#233; de statuer en dernier ressort, comme le sugg&#232;re le T-Dem. Ce serait une v&#233;ritable d&#233;construction europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La vraie m&#233;thode communautaire &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les f&#233;d&#233;ralistes soutiennent les trois r&#233;solutions sur le futur de l'Union europ&#233;enne (UE) adopt&#233;es le 16 f&#233;vrier 2017 par le Parlement europ&#233;en, celle bas&#233;e sur le rapport de Guy Verhofstadt &#233;tant la plus ambitieuse. Elles recouvrent tous les objectifs du T-Dem, mais proposent, en mati&#232;re institutionnelle, une simplification et une plus grande efficience des institutions actuelles plut&#244;t qu'une complexification du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, il est propos&#233; de :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; (1) renforcer le r&#244;le du Parlement (droit d'initiative l&#233;gislative, notamment),&lt;/li&gt;&lt;li&gt; (2) r&#233;former le Conseil (en faire un &#171; Conseil des &#201;tats &#187; dont l'organisation et la composition serait simplifi&#233;e, les actuelles configurations l&#233;gislatives sp&#233;cialis&#233;es devenant les instances pr&#233;paratoires d'un Conseil l&#233;gislatif unique int&#233;grant le Conseil europ&#233;en et l'Eurogroupe) et&lt;/li&gt;&lt;li&gt; (3) transformer la Commission en v&#233;ritable gouvernement europ&#233;en (taille r&#233;duite, poste de Ministre des Finances).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Tout cela dans un souci d'optimisation, dans le contexte particulier de l'int&#233;gration europ&#233;enne, de l'&#233;quilibre traditionnel et longuement &#233;prouv&#233; du syst&#232;me bicam&#233;ral par lequel une chambre basse et une chambre haute co-l&#233;gif&#232;rent et contr&#244;lent le pouvoir ex&#233;cutif. Il est aussi propos&#233;, comme le font la plupart des observateurs, que le Parlement se r&#233;unisse en &#171; formation euro &#187; pour traiter des questions sp&#233;cifiques &#224; la zone euro. Pour le Conseil, l'accent est mis non seulement sur la transparence du processus d&#233;cisionnel, mais aussi sur la pr&#233;f&#233;rence qui doit &#234;tre donn&#233;e &#224; la &#171; m&#233;thode communautaire &#187; en ayant davantage recours &#224; la &#171; clause passerelle &#187; qui permet de remplacer l'unanimit&#233; par la majorit&#233; qualifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les f&#233;d&#233;ralistes auraient souhait&#233; aller plus loin concernant la chambre haute. Le Rapport Verhofstadt, sans attendre le T-Dem, a propos&#233; qu'il soit compos&#233; de repr&#233;sentants des parlements nationaux ou des gouvernements, ou une combinaison des deux. Logique, s'agissant de la chambre haute. Mais comme ceux-ci auraient vraisemblablement un mandat imp&#233;ratif susceptible de perp&#233;tuer une forme d'intergouvernementalisme, nous pr&#233;f&#233;rons un v&#233;ritable s&#233;nat compos&#233; d'&#233;lus ayant un mandat repr&#233;sentatif. Ceci afin de le rendre encore plus d&#233;mocratique et de s'assurer qu'il exerce ses responsabilit&#233;s dans l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral europ&#233;en. Sans n&#233;cessairement envisager des &#233;lections au suffrage universel direct, comme c'est le cas notamment aux &#201;tats-Unis et en Suisse, les s&#233;nateurs pourraient &#234;tre &#233;lus par les parlements nationaux, ou par des conseils r&#233;gionaux afin de concr&#233;tiser la dimension r&#233;gionale de l'int&#233;gration europ&#233;enne. Quel que soit le mode choisi, afin de respecter la s&#233;paration des pouvoirs europ&#233;ens et nationaux, il est essentiel d'&#233;viter tout cumul de mandats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode communautaire n'emp&#234;che pas le recours &#224; des m&#233;canismes additionnels propres aux relations inter&#233;tatiques. Il s'agit alors, dans une f&#233;d&#233;ration, d'assurer un minimum de coordination et d'harmonisation dans les domaines relevant de la comp&#233;tence exclusive des entit&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;es. C'est la dimension horizontale du f&#233;d&#233;ralisme. Elle doit cependant &#234;tre totalement s&#233;par&#233;e des institutions f&#233;d&#233;rales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut citer l'exemple des conf&#233;rences intergouvernementales permanentes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Aller au-del&#224; du d&#233;bat institutionnel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les trois r&#233;solutions pr&#233;cit&#233;es, le Parlement europ&#233;en a surtout insist&#233; sur la n&#233;cessit&#233; d'accro&#238;tre les comp&#233;tences de l'Union. Le d&#233;bat institutionnel &#224; lui seul est vide de substance. &lt;strong&gt;R&#233;former les institutions sans reconsid&#233;rer les comp&#233;tences respectives n'aurait aucun sens.&lt;/strong&gt; &#192; quoi servirait la cr&#233;ation d'un poste de ministre des Finances si son titulaire ne devait pas avoir plus d'autorit&#233; que l'actuel commissaire aux affaires &#233;conomiques et mon&#233;taires ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Transfert de souverainet&#233; et d&#233;mocratie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La question de la r&#233;partition et du juste &#233;quilibre des comp&#233;tences entre l'Union et les &#201;tats membres est donc tout aussi importante, sinon plus, que les institutions. En mati&#232;re budg&#233;taire et financi&#232;re, Michel Aglietta et Nicolas Leron ont r&#233;cemment d&#233;montr&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Aglietta et Nicolas Leron, La Double D&#233;mocratie &#8211; Une Europe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que la gouvernance par les r&#232;gles de l'UE a pour cons&#233;quence de limiter le champ d'action de la puissance publique nationale, sans qu'il existe pour autant une puissance publique europ&#233;enne qui permettrait de mettre en &#339;uvre des politiques mues par l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral europ&#233;en. Par ailleurs, l'introduction de la monnaie unique a provoqu&#233; une rupture du lien organique entre le souverain national et la monnaie, alors qu'en raison de l'incompl&#233;tude de l'euro les institutions europ&#233;ennes sont incapables de mener les politiques macro-&#233;conomiques qui s'imposent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit donc d'instaurer une &#171; double d&#233;mocratie &#187; r&#233;sultant de la dualit&#233; entre :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; (1) une Europe dot&#233;e de sa propre capacit&#233; budg&#233;taire, exerc&#233;e sous le contr&#244;le d&#233;mocratique du Parlement europ&#233;en, et&lt;/li&gt;&lt;li&gt; (2) le niveau d&#233;mocratique des &#201;tats membres qui recouvrent leur capacit&#233; budg&#233;taire sous contr&#244;le des parlements nationaux.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le Parlement europ&#233;en a propos&#233; notamment de doter la zone euro d'une capacit&#233; budg&#233;taire aliment&#233;e par des ressources propres, d'adopter un &#171; code convergence &#187; dans le cadre de la proc&#233;dure l&#233;gislative ordinaire, d'int&#233;grer le pacte budg&#233;taire (TSCG) et le M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233; dans le cadre juridique de l'Union, de cr&#233;er un Tr&#233;sor europ&#233;en ayant la capacit&#233; d'emprunter et un m&#233;canisme de pr&#234;teur en dernier ressort, ainsi que beaucoup d'autres mesures destin&#233;es &#224; renforcer la gouvernance de la zone euro et de faire de celle-ci une zone mon&#233;taire optimale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, l'Union doit &#234;tre dot&#233;e de comp&#233;tences nouvelles dans tous les domaines n&#233;cessitant une action communautaire : politiques sociales, immigration, s&#233;curit&#233;, politique &#233;nerg&#233;tique, protection de l'environnement&#8230; De tels transferts de comp&#233;tences n'iront pas de soi. &#192; supposer que gr&#226;ce &#224; l'impulsion de quelques chefs d'&#201;tat et de gouvernement il soit d&#233;sormais concevable de parvenir &#224; un accord pour une r&#233;vision des trait&#233;s, il faut compter avec les in&#233;vitables recours aupr&#232;s des cours constitutionnelles. La Bundesverfassungsgericht, la plus influente, a statu&#233; que l'Union, organisation internationale, ne dispose pas de la source de la l&#233;gitimit&#233; : &lt;i&gt;&#171; tant qu'aucun peuple europ&#233;en unifi&#233;&#8230; ne pourra exprimer une volont&#233; majoritaire par des voies politiques effectives, tenant compte de l'&#233;galit&#233; dans le contexte de la fondation d'un &#201;tat europ&#233;en f&#233;d&#233;ral, les peuples de l'Union, constitu&#233;s dans les &#201;tats membres demeurent les titulaires exclusifs de l'autorit&#233; publique &#187;&lt;/i&gt;. Ainsi, s'agissant de la kompetenz kompetenz, seul le pouvoir constitutif lui-m&#234;me, &#224; savoir le peuple, pourrait prendre la d&#233;cision d'une adh&#233;sion de l'Allemagne &#224; un possible &#201;tat f&#233;d&#233;ral europ&#233;en. Il n'est donc aucun transfert de souverainet&#233; possible sans l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La question cruciale du d&#232;mos europ&#233;en&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Si aujourd'hui nous devions &#233;tablir un inventaire de notre propri&#233;t&#233; intellectuelle, nous constaterions que la grande partie de celle-ci ne provient pas de nos patries respectives, mais de notre h&#233;ritage europ&#233;en commun. Chez chacun de nous, l'influence europ&#233;enne est bien plus grande que l'influence allemande, espagnole ou fran&#231;aise : &#8230; quatre cinqui&#232;mes de nos ressources int&#233;rieures rel&#232;vent de la propri&#233;t&#233; europ&#233;enne commune. &#187;&lt;/i&gt; ( Jos&#233; Ortega y Gasset)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, l'inexistence ou m&#234;me l'impossibilit&#233; d'un peuple europ&#233;en est r&#233;guli&#232;rement &#233;voqu&#233;e pour s'opposer &#224; toute &#233;volution de l'Union vers un &#201;tat f&#233;d&#233;ral. Ainsi, Paul Magnette s'est toujours montr&#233; r&#233;serv&#233; face au &#171; mim&#233;tisme institutionnel &#187; consistant &#224; singer le parlementarisme national ou les mod&#232;les f&#233;d&#233;ralistes historiques ; en l'absence d'un peuple europ&#233;en, nous avait-il dit, le r&#233;gime parlementaire de l'Union ne peut &#234;tre qu'une &#171; &#233;corce juridique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Magnette, Au nom des peuples &#8211; Le malentendu constitutionnel europ&#233;en, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour justifier son appui au T-Dem, il a &#233;voqu&#233; la n&#233;cessaire &#171; socialisation transnationale &#187; des enjeux europ&#233;ens. C'est toute la probl&#233;matique de l'appropriation, au niveau territorial, des d&#233;cisions prises au niveau europ&#233;en. L&#224; o&#249; elles sont effectivement mises en &#339;uvre, o&#249; elles d&#233;ploient tous leurs effets : les d&#233;cisions budg&#233;taires et financi&#232;res de l'Union engageront les contribuables nationaux. Cependant, plut&#244;t que de perp&#233;tuer la confusion entre comp&#233;tences europ&#233;ennes et nationales, il vaut mieux &#233;tablir les bases sociales qui manquent encore &#224; la cr&#233;ation d'une communaut&#233; politique europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on &#233;voque l'incompr&#233;hension ou le d&#233;samour du citoyen &#224; l'&#233;gard du projet europ&#233;en, on se r&#233;f&#232;re g&#233;n&#233;ralement au &#171; d&#233;ficit d&#233;mocratique &#187; des institutions. Mais d&#233;mocratiser les institutions ne suffit pas. Jean Monnet avait l'ambition drunir non seulement des &#201;tats mais surtout des hommes. Ainsi, l'appropriation par les citoyens des d&#233;cisions prises au niveau europ&#233;en n&#233;cessite avant tout le sentiment d'appartenance &#224; une destin&#233;e commune, l'existence d'un d&#232;mos europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; le c&#339;ur du probl&#232;me, et le principal point de d&#233;saccord entre eurosceptiques et f&#233;d&#233;ralistes. Les premiers, fortement impr&#233;gn&#233;s des identit&#233;s nationales, ne croient pas &#224; la confiance mutuelle et la solidarit&#233; des Europ&#233;ens, &#224; une possible &#171; loyaut&#233; &#187; &#224; l'&#233;gard de l'Union. Les seconds, avec J&#252;rgen Habermas, croient possible l'&#233;mergence d'une soci&#233;t&#233; civile europ&#233;enne par le prolongement des processus qui ont construit les consciences nationales, pour une conception post-nationale de la citoyennet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traitant de la d&#233;mocratie, Dominique Rousseau fait la distinction entre le peuple &#171; corps social &#187; et le peuple &#171; corps politique &#187;. Cela caract&#233;rise bien l'UE d'aujourd'hui. Le peuple corps social existe du fait de la multiplication des &#233;changes. Par contre, le peuple corps politique reste &#224; cr&#233;er, celui qui permet de cr&#233;er un lien entre le citoyen et les institutions de l'Union. De fait, un peuple se construit au fil du temps lorsque ses diverses composantes sont confront&#233;es ensemble et de mani&#232;re r&#233;p&#233;t&#233;e aux probl&#233;matiques communes, par une bonne information, par le d&#233;bat politique, par toutes les formes possibles d'expression de la volont&#233; populaire, d&#233;veloppant ainsi des liens de solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un statu quo insatisfaisant &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On en est encore bien loin. &#192; ce jour, L'Initiative citoyenne europ&#233;enne (ICE) pr&#233;vue par les trait&#233;s en est encore &#224; ses balbutiements. Elle est imparfaite, peu d'initiatives aboutissent. Le droit de p&#233;tition au Parlement europ&#233;en, plus ancien, est davantage utilis&#233;, mais ses r&#233;sultats sont incertains et limit&#233;s. Ainsi, pour l'essentiel, l'expression populaire europ&#233;enne s'exerce au travers des seules &#233;lections au Parlement. Or, ces &#233;lections n'ont pas r&#233;ussi jusqu'&#224; pr&#233;sent &#224; &#233;tablir un lien &#233;lectoral entre citoyens europ&#233;ens et les politiques au niveau europ&#233;en. Elles sont consid&#233;r&#233;es par les &#201;tats membres comme &#233;tant de &#171; second ordre &#187; et les partis politiques nationaux les instrumentalisent pour des consid&#233;rations de politique nationale. L'europ&#233;anisation de ces &#233;lections demeure une s&#233;rieuse pr&#233;occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le citoyen manifeste une d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des partis. La d&#233;mocratie repr&#233;sentative est elle-m&#234;me remise en question. Il est ainsi inutile de transposer au niveau europ&#233;en ce qui ne fonctionne pas au niveau national. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de remettre le citoyen au centre du d&#233;bat politique, condition indispensable &#224; la refondation de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers un mouvement citoyen&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il importe aujourd'hui de &lt;strong&gt;cr&#233;er les conditions d'un v&#233;ritable acte fondateur, d'un &#171; moment hamiltonien &#187;&lt;/strong&gt;. Nous sommes actuellement dans un contexte tr&#232;s favorable pour cela. Le discours r&#233;cent, tant dans les milieux politiques qu'au sein de la soci&#233;t&#233; civile, montre qu'un consensus se dessine pour impliquer les citoyens dans toute nouvelle initiative de refondation de l'Union. L'intention est de l&#233;gitimer ex ante le processus, plut&#244;t que de chercher &#224; obtenir ex post un blanc-seing populaire au produit d'une r&#233;flexion aristocratique, comme ce fut le cas en 2005. Ainsi, les propositions de &#171; conventions citoyennes &#187; se multiplient, mais encore faut-il ne pas se tromper sur la d&#233;marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proposition la plus &#171; officielle &#187;, celle du pr&#233;sident fran&#231;ais, suscite nombre d'interrogations. Va-t-on associer &#224; la consultation toutes les cat&#233;gories socio-professionnelles repr&#233;sentatives ? Va-t-on organiser un vrai d&#233;bat, quelle en sera l'ampleur, la dur&#233;e et la port&#233;e ? Quelles seront les questions mises sur la table et comment seront-elles pos&#233;es ? Pourra-t-on obtenir que ces conventions aient lieu dans tous les &#201;tats de l'Union ? Veillera-t-on &#224; ce que les r&#233;sultats soient comparables, que l'on puisse d&#233;gager des points de convergence ou de divergence ? Et surtout, quelle est la finalit&#233; ? S'il s'agit seulement de fournir aux gouvernements des &#233;l&#233;ments d'une feuille de route &#224; nouveau &#233;tablie derri&#232;re des portes closes, selon le plus petit d&#233;nominateur commun, cela &#233;loignera encore davantage les citoyens du projet europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement de telles conventions d&#233;mocratiques doivent suivre une m&#233;thodologie rigoureuse et uniforme &#224; l'&#233;chelle de l'Union, mais elles doivent n&#233;cessairement d&#233;boucher sur un processus constituant. L'Europe doit se construire avec et par ses peuples, le pouvoir constituant appartenant aux citoyens doublement, en tant que citoyens d'Europe et en tant que citoyens des &#201;tats membres. Y&#225;nis Varouf&#225;kis d&#233;clarait r&#233;cemment : &lt;i&gt;&#171; La cr&#233;ation d'un peuple, d'un demos se r&#233;alise au travers de l'action collective. Si les Europ&#233;ens se mettent autour de la table pour r&#233;diger une constitution d&#233;mocratique commune, c'est au travers de ce processus qu'un peuple europ&#233;en pourra se constituer &#187;&lt;/i&gt;. Une conscience d'appartenance ne se d&#233;cr&#232;te pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que d'autres voix pr&#233;conisent une approche ind&#233;pendante des gouvernements. La plus &#171; r&#233;volutionnaire &#187; est celle port&#233;e par Bernard Barthalay, f&#233;d&#233;raliste de la premi&#232;re heure et initiateur du &lt;i&gt;Manifeste continental&lt;/i&gt; de Puissance Europe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le manifeste continental,&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il propose un travail pr&#233;-constituant de type participatif impliquant les citoyens au niveau des villes et tous les acteurs de la soci&#233;t&#233; civile, devant aboutir &#224; un &#171; pacte civique europ&#233;en &#187;. Ce processus, con&#231;u et enti&#232;rement r&#233;alis&#233; &#224; partir du bas, en dehors du cadre institutionnel &#233;tabli afin de cr&#233;er les outils d'une repr&#233;sentativit&#233; parall&#232;le, sous leadership collectif, devrait cr&#233;er une dynamique suffisamment puissante pour s'imposer aux gouvernements. C'est ambitieux mais sans doute la seule mani&#232;re d'aboutir &#224; une constitution politique dont la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique sera incontest&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La sup&#233;riorit&#233; de la f&#233;d&#233;ration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La souverainet&#233; est-elle comme la propri&#233;t&#233;, &#224; laquelle on ne peut renoncer sans que quelqu'un d'autre ne l'acqui&#232;re ? Ou est-elle plut&#244;t comme la virginit&#233;, une chose qui peut &#234;tre perdue par quelqu'un sans que quelqu'un d'autre ne doive l'acqu&#233;rir pour autant &#8211; et dont la perte dans les circonstances appropri&#233;es peut m&#234;me constituer un motif de r&#233;jouissance ? &#187;&lt;/i&gt; (Neil MacCormick)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne soul&#232;ve aucun doute est bien l'in&#233;luctabilit&#233;, pour l'Europe, de s'organiser sous la forme d'une f&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre d'europ&#233;istes, invoquant l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; politique de l'Europe, consid&#232;rent, sous couvert de r&#233;alisme, comme seule possible la voie fonctionnaliste jusqu'ici poursuivie, faite de compromis et d'&#233;quilibres diplomatiques. Elle serait m&#234;me souhaitable. L'ambigu&#239;t&#233; qui en r&#233;sulte aurait, selon Paul Magnette, un certain charme. Ces Europ&#233;ens, que l'on peut au mieux qualifier de peu courageux, plaident donc pour un intergouvernementalisme am&#233;lior&#233;. La proposition T-Dem est dans cette ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les f&#233;d&#233;ralistes consid&#232;rent au contraire que l'intergouvernementalisme ne peut &#234;tre que la somme des &#233;go&#239;smes nationaux. De toutes les formes de coop&#233;ration inter&#233;tatique, la f&#233;d&#233;ration s'av&#232;re la plus &#233;quilibr&#233;e et aussi la plus durable, car elle r&#233;sulte la conjonction de la volont&#233; des &#201;tats et de la volont&#233; du peuple, &#224; travers son syst&#232;me bicam&#233;ral, de poursuivre un id&#233;al commun. La devise de la f&#233;d&#233;ration est &#171; union dans la diversit&#233; &#187;. Tout le contraire d'un &#201;tat unitaire. La f&#233;d&#233;ration n'existe pas par elle-m&#234;me, elle est l'&#233;manation des entit&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;es. Sans elles, elle dispara&#238;t. La f&#233;d&#233;ration n'est donc en aucun cas un super-&#201;tat qui les absorberait, ce que pr&#233;tendent ses d&#233;tracteurs. La cr&#233;ation d'une v&#233;ritable autorit&#233; supranationale, munie des pouvoirs de d&#233;cision et d'ex&#233;cution, n'est n&#233;cessaire que pour affronter efficacement les d&#233;fis communs. Ceci dans le respect de l'individualit&#233; et de l'autonomie constitutionnelle des entit&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;es, qui ne peut &#234;tre limit&#233;e que pour se conformer aux objectifs et principes fondamentaux de la f&#233;d&#233;ration. Il y a partage de souverainet&#233; pour une vraie souverainet&#233; de la f&#233;d&#233;ration dans son ensemble. Tout transfert de souverainet&#233; est librement consenti. Ensuite, les r&#232;gles communes s'imposent bien s&#251;r &#224; tous. La d&#233;mocratie est au c&#339;ur du f&#233;d&#233;ralisme, et le vote majoritaire, aux &#233;chelons respectifs, est un principe essentiel de la d&#233;mocratie. Aucune minorit&#233; ne peut dicter sa loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme consacre la supr&#233;matie du droit, alors que les autres formes de coop&#233;ration lui pr&#233;f&#232;rent le politique. Michel Mouskhely , dans ses r&#233;flexions sur une f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne, nous disait en 1964 d&#233;j&#224; que &lt;i&gt;&#171; quand tout va bien, les &#201;tats acceptent sans rechigner les initiatives statutaires des organes communautaires. Mais que les difficult&#233;s surgissent, qu'elles mettent en cause les int&#233;r&#234;ts sup&#233;rieurs des &#201;tats, la force reprend son empire et le droit s'incline devant le politique &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe sera f&#233;d&#233;rale ou ne sera pas !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pierre Jouvenat est membre du Comit&#233; directeur de l'UEF Auvergne Rh&#244;ne-Alpes (74)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://piketty.pse.ens.fr/files/T-DEM - Version finale 9mars2017.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte int&#233;gral ici&lt;/a&gt; (PDF) ; une &lt;a href=&#034;http://www.seuil.com/ouvrage/pour-un-traite-de-democratisation-de-l-europe-stephanie-hennette/9782021372755&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;version augment&#233;e est disponible en librairie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Magnette, Le r&#233;gime politique de l'Union europ&#233;enne, SciencesPo Les Presses, 2017 [4e &#233;d.].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut citer l'exemple des conf&#233;rences intergouvernementales permanentes (CIGP) qui existent en Allemagne et en Suisse. Les plus connues sont la Conf&#233;rence des ministres de l'&#233;ducation et de la culture (KMK, Allemagne) et la Conf&#233;rence des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP, Suisse), qui &#224; travers des &#171; Staatsvertr&#228;ge &#187; ou &#171; concordats &#187; d&#233;finissent soit des actes contraignants, soit des directives ou recommandations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Aglietta et Nicolas Leron, La Double D&#233;mocratie &#8211; Une Europe politique pour la croissance, Seuil, janvier 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Magnette, Au nom des peuples &#8211; Le malentendu constitutionnel europ&#233;en, Les Editions du Cerf, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le manifeste continental, &lt;a href=&#034;http://manifeste-continental.eu/fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://manifeste-continental.eu/fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pr&#233;vention et gestion des conflits arm&#233;s : le r&#244;le des femmes dans la mise en &#339;uvre de la Responsabilit&#233; de prot&#233;ger</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Prevention-et-gestion-des-conflits-armes-le-role-des-femmes-dans-la-mise-en</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Prevention-et-gestion-des-conflits-armes-le-role-des-femmes-dans-la-mise-en</guid>
		<dc:date>2018-02-16T07:00:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jelena Pia-Comella</dc:creator>


		<dc:subject>WFM</dc:subject>
		<dc:subject>Responsabilit&#233; de prot&#233;ger</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La communaut&#233; internationale est encore aujourd'hui mise &#224; l'&#233;preuve, non seulement par son &#233;chec dans la pr&#233;vention des conflits arm&#233;s mais aussi parce qu'elle parvient difficilement &#224; les g&#233;rer de mani&#232;re rapide et efficace. Les crises actuelles au Burundi, en Syrie et au Y&#233;men, pour ne citer qu'elles, soulignent le besoin d'un leadership et d'un engagement renouvel&#233; mettant l'accent sur la pr&#233;vention. &lt;br class='autobr' /&gt; Un grand nombre de trait&#233;s et de normes sont &#224; disposition de la communaut&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-177-Decembre-2017-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 177 - D&#233;cembre 2017&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-WFM-+" rel="tag"&gt;WFM&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Responsabilite-de-proteger-+" rel="tag"&gt;Responsabilit&#233; de prot&#233;ger&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La communaut&#233; internationale est encore aujourd'hui mise &#224; l'&#233;preuve, non seulement par son &#233;chec dans la pr&#233;vention des conflits arm&#233;s mais aussi parce qu'elle parvient difficilement &#224; les g&#233;rer de mani&#232;re rapide et efficace. Les crises actuelles au Burundi, en Syrie et au Y&#233;men, pour ne citer qu'elles, soulignent le besoin d'un leadership et d'un engagement renouvel&#233; mettant l'accent sur la pr&#233;vention.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un grand nombre de trait&#233;s et de normes sont &#224; disposition de la communaut&#233; internationale afin qu'elle puisse g&#233;rer les causes profondes des conflits arm&#233;s et ainsi pr&#233;venir leur r&#233;surgence. En 2015, les Nations unies ont tenu des examens de haut-niveau concernant son Architecture de consolidation de la paix, sur ses op&#233;rations de maintien de la paix et leur mise en &#339;uvre pour les femmes ainsi que sur l'Agenda pour la paix et la s&#233;curit&#233;. Ces examens ont donn&#233; lieu &#224; trois rapports qui ont pos&#233; une base qui permettra de renouveler les efforts dans la pr&#233;vention des conflits arm&#233;s, y compris la pr&#233;vention des crimes puni par le Statut de Rome (de la Cour p&#233;nale internationale (CPI, ndlr) &#8211; crime de guerre, crime contre l'humanit&#233; et crime de g&#233;nocide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces examens ont fait le lien entre la mise en &#339;uvre de la norme relative &#224; la Responsabilit&#233; de prot&#233;ger (RdeP), l'inclusion des femmes dans la construction et le maintien de la paix, la ratification et la mise en &#339;uvre du Statut de Rome de la CPI comme des outils permettant de pr&#233;venir la survenance des conflits arm&#233;s et favorisant l'assurance d'une paix durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rapports ont aussi mis en lumi&#232;re que les violations syst&#233;matiques des droits de l'Homme, en particulier les violations des droits des femmes, ainsi que l'impunit&#233; qui pr&#233;vaut actuellement concernant les situations d'atrocit&#233;s de masse, comptent parmi les causes profondes de la survenance et de la r&#233;currence des conflits arm&#233;s. Plus encore, les rapports nous rappellent que la participation des femmes constitue une dimension essentielle &#224; l'&#233;largissement du caract&#232;re inclusif du maintien de la paix et que les n&#233;gociations et accords de paix conduits localement et qui incluent la soci&#233;t&#233; civile, dont les femmes, ont au moins 50% de chances suppl&#233;mentaires de r&#233;ussite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsabilit&#233; de prot&#233;ger offre un &#233;ventail de mesures permettant de renforcer la souverainet&#233; nationale et de pr&#233;venir les situations d'atrocit&#233; de masse. La responsabilit&#233; de prot&#233;ger est aujourd'hui entendue comme compos&#233;e de trois piliers :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la responsabilit&#233; qu'ont les &#201;tats de prot&#233;ger leur population contre les crimes de guerre, les crimes contre l'humanit&#233; et les crimes de g&#233;nocide ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la responsabilit&#233; qui incombe &#224; la communaut&#233; internationale d'encourager et d'assister les &#201;tats pour qu'ils remplissent cet objectif ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; que, si un &#201;tat fait d&#233;faut &#224; son obligation de prot&#233;ger sa population, la communaut&#233; internationale doit &#234;tre pr&#234;te &#224; prendre une action collective appropri&#233;e, ce en temps opportun et de mani&#232;re d&#233;cisive ; une r&#233;action r&#233;solue en temps voulu tout en respectant la Charte des Nations unies.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La mise en &#339;uvre de la responsabilit&#233; de prot&#233;ger est plus que jamais n&#233;cessaire si la communaut&#233; internationale est r&#233;ellement d&#233;termin&#233;e &#224; pr&#233;venir la survenance d'ult&#233;rieures atrocit&#233;s de masse, et ce de mani&#232;re d&#233;finitive. S'assurer que des consid&#233;rations relatives &#224; la responsabilit&#233; et aux questions li&#233;es au genre sont effectivement prises en compte par les normes r&#233;gissant la responsabilit&#233; de prot&#233;ger permettra de pr&#233;venir les causes profondes r&#233;sultant &#224; la commission d'atrocit&#233;s de masse, renfor&#231;ant ainsi les efforts de pr&#233;vention que la responsabilit&#233; de prot&#233;ger entreprend. &#192; travers la pr&#233;vention de la discrimination et de la violation des droits des femmes, les parties prenantes, au niveau national, agissent en faveur de la pr&#233;vention de la r&#233;surgence des situations d'atrocit&#233; de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus encore, faire le lien entre la responsabilit&#233; de prot&#233;ger et l'Agenda Femmes, paix et s&#233;curit&#233; renforce la capacit&#233; de la communaut&#233; internationale d'assister les &#201;tats mettant en &#339;uvre leur responsabilit&#233; de prot&#233;ger en vertu du second pilier. &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;solution 1325 du Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations unies (CSNU), qui a donn&#233; lieu &#224; l'Agenda Femmes, paix et s&#233;curit&#233;, a &#233;t&#233; une d&#233;cision historique de sorte qu'elle a, pour la premi&#232;re fois, envisag&#233; les questions de genre en mati&#232;re de paix et de s&#233;curit&#233;. Elle a non seulement reconnu que les femmes et les filles sont affect&#233;es de mani&#232;re disproportionn&#233;es par les conflits arm&#233;s, mais aussi qu'elles sont sous-repr&#233;sent&#233;es dans les processus formels de construction et de maintien de la paix. Garantir les droits des femmes et leur participation &#224; la paix et &#224; la s&#233;curit&#233; est essentiel pour que la communaut&#233; internationale puisse promouvoir efficacement les droits de l'Homme et le droit humanitaire et pour renforcer les l&#233;gislations et institutions nationales en mati&#232;re de pr&#233;vention des atrocit&#233;s de masse. D'ult&#233;rieures r&#233;solutions du CSNU, les r&#233;solutions 1820 et 1960, sont all&#233;es plus loin en reconnaissant les violences sexuelles comme arme de guerre et que combattre l'impunit&#233; de ces crimes est essentiel au maintien d'une justice non discriminatoire et d'une paix durable. Ces r&#233;solutions imposent un nouveau standard au multilat&#233;ralisme en reconnaissant non seulement le r&#244;le crucial que jouent les femmes dans la pr&#233;vention des situations d'atrocit&#233; de masse, mais aussi en faisant le lien entre la paix, la s&#233;curit&#233; et la responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Statut de Rome de la CPI est le premier et, jusqu'&#224; aujourd'hui, le seul trait&#233; international qui incrimine et d&#233;finit explicitement les violences sexuelles comme crimes contre l'humanit&#233; (Article 7 [1] g) ; crimes de guerre (Article 8 [2] a (xxii)) et, dans une certaine mesure, crime de g&#233;nocide (Article [6] d). De cette fa&#231;on, le Statut de Rome permet aux victimes de se pr&#233;valoir d'un acc&#232;s &#224; la justice lorsqu'elles sont victimes des crimes les plus gravement condamn&#233;s par le droit international, mais fixe aussi un nouveau standard pour les l&#233;gislations et syst&#232;mes juridiques nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Statut de Rome reconna&#238;t le viol, l'esclavage sexuel, la prostitution sous la contrainte, la grossesse forc&#233;e et la st&#233;rilisation forc&#233;e comme crimes contre l'humanit&#233; et crimes de guerre. Ce faisant, il rend le combat contre l'impunit&#233; plus efficace de trois fa&#231;ons : 1 / en codifiant &#8211; cristallisant &#8211; ces crimes ; 2 / en assurant aux victimes protection, droit de participation et r&#233;paration par leur participation &#224; la proc&#233;dure de la Cour ; et 3 / en affirmant que ces atrocit&#233;s sont effectivement des crimes de guerre et des crimes contre l'humanit&#233; &#8211; et non de simples actes collat&#233;raux in&#233;vitables en situation de conflit. Avec ces dispositions r&#233;volutionnaires, l'assurance que la voix des femmes, souvent n&#233;glig&#233;e lors des poursuites judiciaires, puisse enfin &#234;tre entendue dans les tribunaux &#224; travers le monde est d'autant plus forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Coalition internationale pour la Responsabilit&#233; de prot&#233;ger (ICRtoP en anglais), qui est un r&#233;seau d'acteurs mondiaux de la soci&#233;t&#233; civile, travaille en partenariat avec les gouvernements, les Nations unies et autres r&#233;seaux afin de promouvoir la compr&#233;hension des normes de la responsabilit&#233; de prot&#233;ger ainsi que leur support. Certaines mesures compl&#233;mentaires d&#233;fendues par la Coalition comprennent :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la coordination et le renforcement du support envers une ratification et une mise en &#339;uvre universelle du Statut de Rome (en partenariat avec sa coalition s&#339;ur, la Coalition pour la Cour p&#233;nale internationale, CICC en anglais) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'assurance que les Plans d'action nationaux de la r&#233;solution 1325 du CSNU prennent en compte les quatre piliers : les femmes, la paix et la s&#233;curit&#233; &#8211; pr&#233;vention, protection, participation, et l'aide d'urgence et rel&#232;vement de fa&#231;on holiste ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'assurance que les m&#233;canismes d'alerte pr&#233;coce soient mis en &#339;uvre localement et incluent les positions et droits des femmes ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la coordination et le renforcement du support pour la ratification et la mise en &#339;uvre universelles de la Convention sur l'&#233;limination de toutes les formes de discrimination &#224; l'&#233;gard des femmes ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; effectuer des campagnes de sensibilisation sur la justice pour les femmes et reconna&#238;tre que les violences sexuelles ne sont pas des actes collat&#233;raux aux conflits arm&#233;s mais des crimes de guerre ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; consolider les m&#233;thodes de travail du Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations unies afin qu'elles soient plus consistantes et coh&#233;rentes dans la gestion et la pr&#233;vention des atrocit&#233;s de masse ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; int&#233;grer la r&#233;solution 1325 et la responsabilit&#233; de prot&#233;ger &#224; toutes les d&#233;cisions et r&#233;solutions du Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations unies&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jelena Pia-Comella&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Directrice ex&#233;cutive adjointe &lt;i&gt;World Federalist Movement &#8211; Institute for Global Policy Studies&lt;/i&gt; &#8211; New York&lt;br class='autobr' /&gt;
Article publi&#233; initialement en anglais par &lt;i&gt;Mondial&lt;/i&gt;, publication du WFM - New York &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Traduit de l'anglais par Charly Benyacar &#8211; New York&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi l'Afrique du Sud conteste-t-elle la justice internationale ?</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Pourquoi-l-Afrique-du-Sud-conteste-t-elle-la-justice-internationale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Pourquoi-l-Afrique-du-Sud-conteste-t-elle-la-justice-internationale</guid>
		<dc:date>2018-02-16T06:49:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roberto Toscano</dc:creator>


		<dc:subject>Cour p&#233;nale internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du Sud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Afrique du Sud a annonc&#233; son intention de se retirer de la Cour p&#233;nale internationale (CPI), juridiction qui, depuis 2002, est charg&#233;e, conform&#233;ment au Statut de Rome sign&#233; en 1998, de juger les crimes de g&#233;nocide, les crimes contre l'humanit&#233; et les crimes de guerre. L'annonce sud-africaine est sensationnelle mais certainement pas inattendue. &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis des ann&#233;es maintenant, la Cour est la cible de critiques acerbes de la part de nombreux &#201;tats africains qui l'accusent de discriminations, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-177-Decembre-2017-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 177 - D&#233;cembre 2017&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Cour-penale-internationale-+" rel="tag"&gt;Cour p&#233;nale internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Afrique-du-Sud-+" rel="tag"&gt;Afrique du Sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Afrique du Sud a annonc&#233; son intention de se retirer de la Cour p&#233;nale internationale (CPI), juridiction qui, depuis 2002, est charg&#233;e, conform&#233;ment au Statut de Rome sign&#233; en 1998, de juger les crimes de g&#233;nocide, les crimes contre l'humanit&#233; et les crimes de guerre. L'annonce sud-africaine est sensationnelle mais certainement pas inattendue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis des ann&#233;es maintenant, la Cour est la cible de critiques acerbes de la part de nombreux &#201;tats africains qui l'accusent de discriminations, notant que les huit proc&#233;dures engag&#233;es par le bureau du procureur de la CPI concernent uniquement des &#201;tats africains : la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo, l'Ouganda, la R&#233;publique centrafricaine, le Soudan, le Kenya, la Libye, la C&#244;te d'Ivoire, le Mali ; la R&#233;publique du Burundi, &#224; la veille de l'ouverture d'une enqu&#234;te, a d&#233;j&#224; entam&#233; la proc&#233;dure de retrait de la CPI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique du Sud ne fait l'objet d'aucune enqu&#234;te mais le Ministre de la Justice a expliqu&#233; la d&#233;cision en soulignant la contradiction existant entre la juridiction de la Cour et l'immunit&#233; dont jouissent les principaux dirigeants politiques de chaque pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ainsi deux types de critiques qui convergent pour pousser les africains &#224; se retirer du syst&#232;me de la CPI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Opposer l'immunit&#233; des plus hauts leaders politiques &#224; la comp&#233;tence de la Cour revient &#224; nier la raison m&#234;me d'&#234;tre de cette derni&#232;re, institu&#233;e pr&#233;cis&#233;ment pour &#233;viter que le terme &#034;immunit&#233;&#034; se lise comme comprenant l'impunit&#233; face aux crimes les plus atroces. Si le probl&#232;me est bien l&#224;, alors quelques-uns des 124 &#201;tats (africains ou non) ayant adh&#233;r&#233; au Statut de Rome feraient mieux de s'en d&#233;gager pour des simples raisons de coh&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, en Afrique, plus qu'ailleurs, les leaders criminels soumettent leurs populations respectives &#224; des r&#233;pressions massives pour des raisons ethniques ou tribales qui servent habituellement de couverture &#224; des syst&#232;mes de corruption et d'exclusion, et parfois m&#234;me d'extermination, comme ce fut le cas du g&#233;nocide au Rwanda en 1994. Ainsi, en Afrique, beaucoup de gens per&#231;oivent la CPI comme une protection pour les populations en raison de l'effet dissuasif que la Cour peut produire sur les dirigeants sanguinaires. Mais eux aussi d&#233;noncent une &#233;vidente disproportion entre l'attention port&#233;e au continent africain et celle port&#233;e aux autres continents o&#249; l'on trouve pourtant des situations pr&#233;sentant &#233;galement de graves violations des droits humains. Comme l'a d&#233;clar&#233; un haut responsable de l'Union africaine : &#171; Pourquoi pas l'Argentine ? Pourquoi pas Myanmar ? Pourquoi pas l'Irak ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois encore, ce qui ressort est la faiblesse d'un syst&#232;me international dans lequel les in&#233;galit&#233;s et les asym&#233;tries font que les normes et les institutions qui seraient n&#233;cessaires pour assurer un monde moins violent et moins injuste perdent finalement leur cr&#233;dibilit&#233;. En partant de la pr&#233;sence au sein des Nations Unies d'&#201;tats &#171; plus &#233;gaux que d'autres &#187; (les membres du Conseil de s&#233;curit&#233;), trop nombreuses sont les situations dans lesquelles le crit&#232;re de base, qui est pourtant &#224; l'origine de la reconnaissance et des r&#232;gles communes, a &#233;t&#233; perdu, &#224; savoir celui de &#171; l'&#233;galit&#233; de tous devant la loi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelqu'un peut-il affirmer qu'il existe un droit d'exterminer sa propre population par un g&#233;nocide et que les dirigeants responsables de telles atrocit&#233;s doivent &#234;tre couverts par l'immunit&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas qu'une question d'obligation morale mais aussi une question de rationalit&#233; politique car il serait &#233;trange de ne pas voir comment de telles actions criminelles produisent une grande partie de l'instabilit&#233; mondiale &#8211; du terrorisme aux flux de r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pouvons-nous d&#233;fendre un syst&#232;me qui est fort avec le faible et faible avec le fort ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, &#224; propos de la CPI, il ne serait pas juste de nous limiter aux critiques et au rejet &#233;mis par les seuls pays africains. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous devrions rappeler que les &#201;tats-Unis, bien qu'ils aient particip&#233; &#224; la r&#233;daction du Statut de Rome et qu'ils l'aient sign&#233; sous la Pr&#233;sidence Clinton, non seulement ne l'ont jamais ratifi&#233; mais ont aussi annul&#233; la signature sous la Pr&#233;sidence de Bush. Pourquoi ? Parce qu'il a d&#233;clar&#233; que, compte tenu de leurs responsabilit&#233;s mondiales, il n'&#233;tait pas acceptable que non seulement les hauts responsables mais aussi les soldats fassent l'objet de proc&#233;dures qui pourraient &#234;tre souill&#233;es par des intentions politiques. Sous la pr&#233;sidence Bush, l'hostilit&#233; am&#233;ricaine &#224; la CPI a conduit &#224; l'approbation par le Congr&#232;s d'un m&#233;canisme de sanction (annulation des programmes d'aide militaire) visant les pays qui n'accepteraient pas d'accorder l'immunit&#233; aux citoyens am&#233;ricains contre les poursuites devant la CPI. Avec Obama, Washington est pass&#233;e de l'hostilit&#233; &#224; une coop&#233;ration pragmatique mais est rest&#233;e ferme en maintenant le principe que la Cour ne pourrait jamais juger les citoyens am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, il n'y a pas que les Africains qui veulent &#233;luder la juridiction de la Cour &#8211; une Cour dont la faiblesse actuelle est le r&#233;sultat de ses propres erreurs (la pire pour un Tribunal : appliquer des double standards) mais, en v&#233;rit&#233;, cela concerne un probl&#232;me plus g&#233;n&#233;ral de la politique : celui de la relation g&#234;nante entre le pouvoir et le droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La route vers la justice internationale est tr&#232;s longue, tr&#232;s probl&#233;matique et tr&#232;s cahoteuse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Roberto Toscano&lt;br class='autobr' /&gt;
Ancien Ambassadeur italien en Iran et en Inde &#8211; Editorialiste de &lt;i&gt;La Republica&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; initialement en anglais par &lt;i&gt;The Federalist Debate&lt;/i&gt; - Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'anglais par Marion Larch&#233; - Paris.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Affirmer l'effectivit&#233; du droit international face aux violations des droits de l'homme dans les conflits actuels</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Affirmer-l-effectivite-du-droit-international-face-aux-violations-des-droits-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Affirmer-l-effectivite-du-droit-international-face-aux-violations-des-droits-de</guid>
		<dc:date>2018-02-15T06:45:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; Wadlow</dc:creator>


		<dc:subject>Droits humains</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Comit&#233; sp&#233;cial pour la Syrie cr&#233;&#233; par le Conseil des Droits de l'Homme de Nations Unies a pr&#233;sent&#233; son rapport le 2 mars dernier &#224; Gen&#232;ve. Le comit&#233; est pr&#233;sid&#233; par Paulo Pinhero, une personnalit&#233; respect&#233;e de l'ONU. Le rapport souligne les violations syst&#233;matiques des droits de l'homme lors de la bataille d'Alep, les bombardements d&#233;lib&#233;r&#233;s de cibles civiles, les attaques d'h&#244;pitaux, les ex&#233;cutions sommaires de prisonniers de guerre, l'utilisation de bombes &#224; fragmentation et de gaz (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-177-Decembre-2017-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 177 - D&#233;cembre 2017&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Droits-humains-+" rel="tag"&gt;Droits humains&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Comit&#233; sp&#233;cial pour la Syrie cr&#233;&#233; par le Conseil des Droits de l'Homme de Nations Unies a pr&#233;sent&#233; son rapport le 2 mars dernier &#224; Gen&#232;ve. Le comit&#233; est pr&#233;sid&#233; par Paulo Pinhero, une personnalit&#233; respect&#233;e de l'ONU. Le rapport souligne les violations syst&#233;matiques des droits de l'homme lors de la bataille d'Alep, les bombardements d&#233;lib&#233;r&#233;s de cibles civiles, les attaques d'h&#244;pitaux, les ex&#233;cutions sommaires de prisonniers de guerre, l'utilisation de bombes &#224; fragmentation et de gaz chlorine, tous deux interdits par les trait&#233;s internationaux. L'&#233;tendue de ces violations est telle qu'elles doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme intentionnelles et non comme des dommages collat&#233;raux. Elles montrent que les lois de la guerre les mieux &#233;tablies destin&#233;es &#224; prot&#233;ger les populations sont de moins en moins respect&#233;es, faute de susciter des r&#233;actions suffisamment vigoureuses des grandes puissances&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conflits en cours en Afghanistan, au Y&#233;men, en Iraq, en Lybie, en Somalie et ailleurs sont marqu&#233;s par des violations des droits de l'homme semblables &#224; celles observ&#233;es en Syrie, accompagn&#233;es de la capture et l'assassinat d'otages, de l'utilisation de boucliers humains, de l'usage d'armes bannies par les trait&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a donc un besoin pressant d'initiatives nouvelles pour r&#233;pondre aux d&#233;fis de notre &#233;poque.&lt;/strong&gt; Les Citoyens du Monde plaident pour la convocation d'une conf&#233;rence de l'ONU qui r&#233;affirmerait l'effectivit&#233; du droit international humanitaire, y compris pour les bellig&#233;rants non &#233;tatiques. Ces derniers, comme l'EI ou les talibans qui s'impliquent d&#233;sormais de plus en plus dans les conflits arm&#233;s sont rest&#233;s largement ignor&#233;s des lois internationales qui furent r&#233;dig&#233;es &#224; l'intention des gouvernements. D'o&#249; le besoin d'une conf&#233;rence internationale qui insisterait sur l'application du droit humanitaire aux organisations non-&#233;tatiques autant qu'aux &#201;tats&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andrew Chaplan, Human Rights Obligations of Non-State Actors, &#233;d. Oxford (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conf&#233;rence permettrait de mettre en coh&#233;rence les quatre axes principaux du droit humanitaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sydney D. Bailey, Prohibitions and Restraints in War, &#233;d. Oxford (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La Convention de Gen&#232;ve (concernant la Croix-Rouge, etc.)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La Convention de La Haye concernant les armes prohib&#233;es (y compris les mines terrestres et les bombes &#224; fragmentation qui ont fait l'objet de trait&#233;s r&#233;cents)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les principes et les conventions portant sur les droits de l'homme, valables en tout temps mais qui sont particuli&#232;rement viol&#233;s &#224; l'occasion des guerres&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La protection des sites et monuments d&#233;sign&#233;s comme &#8220;patrimoine de l'humanit&#233;&#8221; par l'UNESCO (sans oublier les mausol&#233;es chiites d&#233;truits au Nord-Mali)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rene Wadlow, &#171; Guilty Plea in Cultural Destruction Case &#187;, in, Peace (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Une campagne destin&#233;e &#224; renforcer la conscience des populations &#224; l'&#233;gard des r&#232;gles des droits de l'homme et de leur motivation est un compl&#233;ment indispensable de la r&#233;affirmation officielle de ces droits. Cette campagne peut passer par l'introduction des consid&#233;rations propres aux droits de l'homme dans les manuels d'enseignement ou gr&#226;ce &#224; des guides sp&#233;cifiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Freymond, Guerres, R&#233;volutions, Croix-Rouge, &#233;d, Institut de hautes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Je peux citer ma propre exp&#233;rience pendant la guerre du Biafra. Je faisais alors partie du groupe de travail cr&#233;&#233; par le Comit&#233; international de la Croix Rouge afin d'apporter une r&#233;ponse &#224; la situation particuli&#232;re de ce conflit qui, pour la premi&#232;re fois en Afrique, n'impliquait aucune puissance coloniale. L'interruption des approvisionnements en denr&#233;es alimentaires et la famine qui en r&#233;sulta &#233;taient au premier rang de nos pr&#233;occupations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Bonard, Les Modes d'action des Acteurs Humanitaires. Crit&#232;res d'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe de travail a conclu qu'il &#233;tait urgent de faire mieux conna&#238;tre en Afrique les termes de la Convention de Gen&#232;ve et de r&#233;diger &#224; cette fin des ouvrages d'enseignement sp&#233;cifiquement destin&#233;s aux Africains. Alors professeur et directeur de recherches &#224; l'Institut sup&#233;rieur d'&#233;tudes du d&#233;veloppement, &#224; Gen&#232;ve, j'ai particip&#233;, avec le professeur Jiri Toman, directeur de l'Institut Henri Dunant, &#224; l'&#233;laboration d'un tel manuel. C'est des ouvrages de ce genre, attentifs aux sp&#233;cificit&#233;s culturelles, qu'il convient de pr&#233;parer aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conf&#233;rence souhait&#233;e par les Citoyens du Monde int&#233;resserait toutes les ONG actives en direction des r&#233;fugi&#233;s et en mati&#232;re de secours, de droits de l'homme, de r&#232;glement des conflits. Certaines d'entre elles ont d&#233;j&#224; attir&#233; l'attention sur les violations des droits de l'homme et le besoin d'une action internationale. Il est &#224; souhaiter qu'un gouvernement (ou plusieurs) prenne(nt) une initiative forte en faveur d'une telle action, afin que le droit international humanitaire redevienne le fondement de la protection et de la dignit&#233; de chaque personne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Rene Wadlow&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sident de la World Citizens Association, ONG avec statut consultatif aupr&#232;s de l'ECOSOC, organe de l'ONU charg&#233; de promouvoir la coop&#233;ration internationale en mati&#232;re &#233;conomique et sociale - Ard&#232;che&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'anglais par Michel Herland - Martinique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Andrew Chaplan, &lt;i&gt;Human Rights Obligations of Non-State Actors&lt;/i&gt;, &#233;d. Oxford University Press, Oxford, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sydney D. Bailey, &lt;i&gt;Prohibitions and Restraints in War&lt;/i&gt;, &#233;d. Oxford Universitary Press, Oxford, 1972.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rene Wadlow, &lt;i&gt;&#171; Guilty Plea in Cultural Destruction Case &#187;&lt;/i&gt;, in, Peace Magazine, Canada, octobre-d&#233;cembre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Freymond, &lt;i&gt;Guerres, R&#233;volutions, Croix-Rouge&lt;/i&gt;, &#233;d, Institut de hautes &#201;tudes Inetrnationales, Gen&#232;ve, 1976, et, Thierry Hentsch, &lt;i&gt;Face au blocus. La Croix Rouge internationale dans le Nig&#233;ria en guerre&lt;/i&gt;, &#233;d, Institut de hautes &#201;tudes Inetrnationales, Gen&#232;ve, 1973.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Bonard, &lt;i&gt;Les Modes d'action des Acteurs Humanitaires. Crit&#232;res d'une Compl&#233;mentarit&#233; Op&#233;rationnelle&lt;/i&gt;, &#233;d. CICR, Gen&#232;ve, n. d.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Adoption de d&#233;cisions contraignantes de l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations unies sans amendement de la Charte</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Adoption-de-decisions-contraignantes-de-l-Assemblee-generale-des-Nations-unies</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Adoption-de-decisions-contraignantes-de-l-Assemblee-generale-des-Nations-unies</guid>
		<dc:date>2018-02-15T06:33:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Joseph E. Schwartzberg</dc:creator>


		<dc:subject>ONU</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis environ un demi-si&#232;cle, les partisans d'une ONU forte ont r&#233;clam&#233; des r&#233;formes qui octroieraient la possibilit&#233; &#224; l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale d'adopter des r&#233;solutions contraignantes sur les &#171; probl&#232;mes importants &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; L'article 18 de la Charte des Nations unies stipule en son second paragraphe que ces questions : &#171; doivent &#234;tre d&#233;cid&#233;es &#224; la majorit&#233; des deux-tiers&#8230; des membres pr&#233;sents et disposant du droit de vote &#187;. En d&#233;pit de mon rejet de cette clause, je conc&#232;de qu'elle conf&#232;re une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-177-Decembre-2017-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 177 - D&#233;cembre 2017&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-ONU-+" rel="tag"&gt;ONU&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis environ un demi-si&#232;cle, les partisans d'une ONU forte ont r&#233;clam&#233; des r&#233;formes qui octroieraient la possibilit&#233; &#224; l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale d'adopter des r&#233;solutions contraignantes sur les &#171; probl&#232;mes importants &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'article 18 de la Charte des Nations unies stipule en son second paragraphe que ces questions : &#171; doivent &#234;tre d&#233;cid&#233;es &#224; la majorit&#233; des deux-tiers&#8230; des membres pr&#233;sents et disposant du droit de vote &#187;. En d&#233;pit de mon rejet de cette clause, je conc&#232;de qu'elle conf&#232;re une influence importante &#224; de nombreux petits voire minuscules &#201;tats (une partie d'entre eux ne comprenant gu&#232;re plus de dix mille habitants), qui constituent la grande majorit&#233; des membres de l'Assembl&#233;e. A l'heure actuelle, seuls soixante-cinq &#201;tats &#8211; les moins peupl&#233;s, qui rassemblent un tiers des gouvernements de la plan&#232;te, mais seulement 1% des citoyens &#8211; sont en mesure de bloquer les souhaits de 99% des habitants de la plan&#232;te. Autrement dit, les cent-vingt-neuf &#201;tats les moins peupl&#233;s &#8211; r&#233;unissant deux tiers des gouvernements repr&#233;sent&#233;s &#224; l'Assembl&#233;e pour 8% de la population &#8211; disposent d'assez de votes pour mener &#224; bien une r&#233;solution. Est-il &#233;tonnant que les d&#233;cisions de l'Assembl&#233;e soient consid&#233;r&#233;es comme facultatives et abondamment ignor&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une modification de la Charte chassant les privil&#232;ges de la majorit&#233; faible des membres des Nations unies serait excessivement compliqu&#233;e. La m&#234;me consid&#233;ration pourrait &#234;tre &#233;mise sur une r&#233;forme du Conseil de s&#233;curit&#233;, qui montre chaque jour davantage son inefficacit&#233;, notamment &#224; cause des droits de v&#233;to accord&#233;s aux cinq membres permanents (Chine, France, Russie, &#201;tats-Unis, et Royaume-Uni). Par cons&#233;quent, malgr&#233; le besoin de r&#233;formes des deux organismes, admettons, pour les besoins de cette note, la conjecture selon laquelle la Charte demeurera inchang&#233;e dans un futur pr&#233;visible. Se trouve-t-il une quelconque solution &#224; l'impasse des n&#233;gociations portant sur les affaires importantes, au cours desquelles r&#232;gne fatalement la discorde au sein du Conseil de s&#233;curit&#233;, ou encore &#224; l'entrave de d&#233;cisions priv&#233;es de tout effet par une alliance d'&#201;tats abritant une faible population ? Mais encore existe-t-il un moyen de rendre obligatoires et ex&#233;cutoires les r&#233;solutions prises par l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. Dans ce qui suit, j'esp&#232;re d&#233;montrer qu'il y en a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appr&#233;cions la proposition suivante (d&#233;pouill&#233;e de tous les consid&#233;rants :&lt;br class='autobr' /&gt;
Maintenant, qu'il soit r&#233;solu que (les nombres ou les mots entre parenth&#232;ses seraient n&#233;gociables) :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; dans les circonstances o&#249; le Conseil de s&#233;curit&#233; n'agirait pas ou ne pourrait pas agir de mani&#232;re effective, certaines r&#233;solutions de l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale peuvent &#234;tre d&#233;clar&#233;es &#171; obligatoires et ex&#233;cutoires &#187;. Pour qu'une r&#233;solution acqui&#232;re une telle qualit&#233;, elle doit &#234;tre approuv&#233;e par les deux tiers des membres pr&#233;sents et disposant du droit de vote, ainsi que le stipule l'article 18 de la Charte ; elle doit &#234;tre valid&#233;e par un ensemble d'&#201;tats membres repr&#233;sentant au moins (50%) de la population mondiale, selon une date d'enregistrement stipul&#233;e, qui doit &#234;tre mise &#224; jour &#224; chaque (d&#233;cennie) ; et doit aussi obtenir l'aval d'un ensemble d'&#201;tats membres qui, r&#233;unis, doivent atteindre (deux tiers) au moins des votes attribu&#233;s &#224; travers une formule de vote pond&#233;r&#233;e, approuv&#233;e par l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La formule selon laquelle le nombre de voix d'un &#201;tat serait proportionnel &#224; son poids devrait se calculer selon une &#233;quation facile &#224; comprendre, incluant des facteurs &#233;conomiques et d&#233;mographiques, ainsi que le principe d'&#233;galit&#233; entre &#201;tats souverains. Cette m&#233;thode de calcul devrait s'appliquer de la m&#234;me mani&#232;re &#224; tous les &#201;tats membres. Les valeurs empiriques utilis&#233;es pour d&#233;terminer les donn&#233;es de l'&#233;quation seront mises &#224; jour &#224; (10 ans d'intervalle) &#224; la lumi&#232;re des changements &#233;conomiques et d&#233;mographiques au niveau mondial. L'&#233;quation elle-m&#234;me pourra &#234;tre ajust&#233;e de temps en temps en fonction des r&#233;alit&#233;s sur lesquelles elle se fonde (mais pas plus que tous les dix ans).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le manquement, par chaque &#201;tat, dans la mise en &#339;uvre des obligations d&#233;coulant de la lettre d'une d&#233;cision obligatoire et ex&#233;cutoire, sera sanctionn&#233; selon ce que recommandera l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. De telles sanctions pourront &#234;tre progressivement appliqu&#233;es, soit par le Conseil de s&#233;curit&#233;, soit, en cas d'&#233;chec de ce dernier, par l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, selon la gravit&#233; et la dur&#233;e du manquement commis par l'&#201;tat membre dont il est question. (Ces sanctions pourront affecter les pr&#233;rogatives d'agences internationales et, si des circonstances extr&#234;mes le justifient, et seront susceptibles de concerner des individus en &#233;tat d'arrestation &#224; l'issue d'une op&#233;ration arm&#233;e de la police).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Les changements propos&#233;s ne requi&#232;rent aucune r&#233;vision de l'article 18, ni d'aucun autre article de la Charte existante. Le poids des divers votes propos&#233; est flexible et r&#233;pond aux changements d&#233;mographiques, &#233;conomiques, et politiques. Et ils pourraient &#234;tre annul&#233;s par un vote de l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale &#224; l'issue d'une p&#233;riode d'essai d'un nombre d'ann&#233;es d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite majorit&#233; des &#201;tats membres de l'ONU seraient toujours en capacit&#233; de bloquer les r&#233;solutions contraires &#224; leurs int&#233;r&#234;ts. Et la fa&#231;on dont un facteur &#233;conomique sera compris dans le poids des diff&#233;rents votes devraient rassurer les pays riches qui craindraient d'&#234;tre mis en minorit&#233; face aux &#201;tats peupl&#233;s du sud.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les formes possibles du poids donn&#233; aux droits de vote peuvent &#234;tre infinies, et il va sans dire que nombre de chamailleries auront lieu avant d'arriver &#224; un accord. N&#233;anmoins, je suis convaincu que les chances qu'un simple compromis tel que discut&#233; dans mon ouvrage, &lt;cite&gt;Transforming the United Nations System&lt;/cite&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jooseph E. Schwartzebrg, Transforming the United Nations System, Foreword by (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , soit adopt&#233; sont loin d'&#234;tre n&#233;gligeables. La formule est la suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;W = (P + C + M) / 3&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre sch&#233;ma, W repr&#233;sente le poids (&lt;i&gt;weight&lt;/i&gt; en anglais) du vote d'un &#201;tat membre sous la forme d'un pourcentage du total des votes pour l'ensemble des &#201;tats ; P repr&#233;sente le nombre d'habitants d'un &#201;tat membre, &#233;galement par un pourcentage du nombre total d'habitants dans toutes les nations membres ; C nous donne la contribution financi&#232;re d'un &#201;tat membre au budget des Nations unies au cours des cinq derni&#232;res ann&#233;es, encore sous la forme du pourcentage des contributions de tous les &#201;tats membres ; M est la constante qui indique l'adh&#233;sion d'un &#201;tat sous la forme du pourcentage du total des &#201;tats membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre P de l'&#233;quation devrait favoriser les &#201;tats pauvres et peupl&#233;s ; le nombre C donnerait, quant &#224; lui, un avantage aux grandes puissances &#233;conomiques ; et le nombre M mettrait sur un pied d'&#233;galit&#233;, les &#201;tats les plus petits et les plus grands, les riches et les pauvres. Chaque &#201;tat devra accepter la n&#233;cessit&#233; d'un compromis pour arriver &#224; un accord qui favorise le plus possible le bien commun et l'adh&#233;sion du plus grand nombre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Joseph E. Schwartzberg&lt;br class='autobr' /&gt;
Professeur honoraire &#224; l'Universit&#233; du Minnesota &#8211; Directeur et fondateur du Workable World Trust &#8211; Bear Lake - MN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; initialement par &lt;i&gt;Mondial, revue du WFM &#8211; New York&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'anglais par Alexandre Marin - Paris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jooseph E. Schwartzebrg, &lt;i&gt;Transforming the United Nations System&lt;/i&gt;, Foreword by Ramesh Thakur, Unites Nations Univesity Press, Tokyo &#8211; New York &#8211; Paris, 2013, p. 364 ; en particulier le chapitre n&#176; 2, &#171; Reform of the United Nations General Assembly &#187;, pp. 13-35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; &#201;tat de l'Union 2017 &#187;, le parti de la d&#233;mocratie europ&#233;enne et celui du mouvement Pour une Europe unitaire, strat&#233;gique et d&#233;mocratique</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Etat-de-l-Union-2017-le-parti-de-la-democratie-europeenne-et-celui-du-mouvement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Etat-de-l-Union-2017-le-parti-de-la-democratie-europeenne-et-celui-du-mouvement</guid>
		<dc:date>2018-02-15T06:15:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Catherine Vielledent</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce 13 septembre &#224; Strasbourg, devant les eurod&#233;put&#233;s r&#233;unis dans l'h&#233;micycle, Jean Claude Juncker a donn&#233; sa vision et ses priorit&#233;s pour l'Union europ&#233;enne (UE). Une vision qui se veut strat&#233;gique, unitaire et d&#233;mocratique et qui vise &#224; mettre l'Europe en &#233;tat de saisir la fen&#234;tre d'opportunit&#233; qui s'ouvre &#224; elle d'ici mi-2019. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le monde ne sera pas convaincu par le bilan qui est dress&#233; de l'&#233;conomie europ&#233;enne. Depuis 2015, l'UE sort effectivement lentement de la &#171; multicrise &#187; et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-177-Decembre-2017-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 177 - D&#233;cembre 2017&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L150xH88/arton624-ff9d6.jpg?1730090670' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='88' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce 13 septembre &#224; Strasbourg, devant les eurod&#233;put&#233;s r&#233;unis dans l'h&#233;micycle, Jean Claude Juncker a donn&#233; sa vision et ses priorit&#233;s pour l'Union europ&#233;enne (UE). Une vision qui se veut strat&#233;gique, unitaire et d&#233;mocratique et qui vise &#224; mettre l'Europe en &#233;tat de saisir la fen&#234;tre d'opportunit&#233; qui s'ouvre &#224; elle d'ici mi-2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde ne sera pas convaincu par le bilan qui est dress&#233; de l'&#233;conomie europ&#233;enne. Depuis 2015, l'UE sort effectivement lentement de la &#171; multicrise &#187; et retrouve peu &#224; peu le chemin de la croissance (1,8% peut-&#234;tre en 2017) mais la zone euro continue &#224; souffrir d'un diff&#233;rentiel n&#233;gatif : le taux de croissance attendu y est de 1,6% en 2017 avec un taux de ch&#244;mage &#233;lev&#233; de 9,6%. Les fractures laiss&#233;es par dix ann&#233;es de gestion de crise sont profondes : la persistance d'un ch&#244;mage &#233;lev&#233; dans certains pays ou certaines r&#233;gions, une concurrence fiscale et sociale continue qui appauvrit les &#201;tats, l'accumulation des exc&#233;dents au nord, des d&#233;ficits au Sud, etc. Le pr&#233;sident Juncker rel&#232;ve que la Commission a fait une application intelligente du pacte de stabilit&#233; et de croissance mais rien ne garantit que les in&#233;galit&#233;s et les d&#233;s&#233;quilibres seront corrig&#233;s, que les menaces pesant sur les syst&#232;mes sociaux seront lev&#233;es &#224; la faveur de la r&#233;forme des finances publiques et qu'un consensus fort &#233;mergera entre les gouvernements nationaux pour relancer l'investissement et dynamiser le moteur de la redistribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, ne boudons pas notre plaisir : le Pr&#233;sident s'&#233;tait engag&#233; en 2016 sur un ordre du jour positif, celui d'une Europe qui prot&#232;ge, donne les moyens d'agir et d&#233;fend. Force est d'observer qu'il a suivi cette ligne en annon&#231;ant des mesures pour une Europe plus ambitieuse dans la lutte contre le r&#233;chauffement climatique, la cybercriminalit&#233;, la maitrise des flux migratoires et des d&#233;tachements de travailleurs. Et en appelant &#224; un compromis sur les propositions de la Commission relatives au contr&#244;le des d&#233;tachements de travailleurs et de syst&#232;me d'asile commun. Et il a invit&#233; aussi les &#201;tats membres &#224; s'accorder sur le pilier europ&#233;en des droits sociaux avant le sommet pr&#233;vu en novembre &#224; Gothenburg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est d'une Europe plus soucieuse de ses int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques dans le monde qu'a parl&#233; le Pr&#233;sident, en renouvelant le vocabulaire de la politique commerciale, un peu comme l'avait fait le pr&#233;sident fran&#231;ais : &#171; Nous ne sommes pas des partisans na&#239;fs du libre-&#233;change &#187;, a-t-il promis tout en rappelant que le principe de la r&#233;ciprocit&#233; pr&#233;vaut dans les accords commerciaux. Il y aura donc un examen des investissements directs &#233;trangers. En r&#233;ponse aux pr&#233;occupations des citoyens et des associations, il a soulign&#233; la n&#233;cessit&#233; d'une plus grande transparence dans les n&#233;gociations &#8211; en particulier du Conseil - et propos&#233; de r&#233;orienter la politique commerciale vers le portage des normes environnementales, sociales et commerciales europ&#233;ennes, ce qui r&#233;pond clairement aux critiques adress&#233;es aux TTIP et au CETA. Comme pour confirmer que l'ambition est bien l&#224;, outre le nouveau partenariat tout juste conclu avec le Japon, le Pr&#233;sident s'est engag&#233; &#224; conclure d'ici fin 2017 des accords avec le Mexique et les pays d'Am&#233;rique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel &#224; une nouvelle strat&#233;gie de politique industrielle est une autre dimension mobilisatrice et importante de ce discours. Il passe par une critique expresse de l'industrie automobile europ&#233;enne qui a non seulement tromp&#233; les consommateurs (scandale diesel) mais qui tarde &#224; innover dans les technologies propres de l'avenir. L'agenda num&#233;rique est lui aussi ambitieux, m&#234;me si certains s'&#233;tonneront qu'il faille une nouvelle agence europ&#233;enne pour la cybers&#233;curit&#233;, et on sait que la Commission a plac&#233; la r&#233;gulation du march&#233; unique num&#233;rique tout en haut de ses priorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas d'Europe Forteresse. C'est un satisfecit qu'a donn&#233; le Pr&#233;sident Juncker &#224; la gestion des fronti&#232;res ext&#233;rieures en rappelant que 1700 garde-c&#244;tes et gardes-fronti&#232;res europ&#233;ens appuient d&#233;sormais les forces nationales dans les pays expos&#233;s du Sud de l'Europe. M&#234;me si certains pays font de la r&#233;sistance, l'Europe dans son ensemble est solidaire tant envers les demandeurs d'asile qu'envers l'Afrique, l'aide aux r&#233;gions voisines et la cr&#233;ation d'une voie l&#233;gale pour l'immigration constituant des mesures indispensables. Mais il importe de faire beaucoup plus, tant pour la politique du retour que pour l'action humanitaire aupr&#232;s des migrants dans les centres d'accueil ou de d&#233;tention en Lybie. L'Europe, selon lui, reste accueillante et c'est ainsi qu'il a ouvert la double perspective d'une entr&#233;e de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'espace Schengen et celle de l'int&#233;gration des pays de l'Ouest des Balkans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouverture et int&#233;gration mais le pr&#233;sident Juncker a rappel&#233; le socle de valeurs qui est &#224; la base de l'int&#233;gration : la libert&#233;, l'&#233;galit&#233; et surtout l'&#201;tat de droit. Il a ainsi affirm&#233; que &#171; notre Union n'est pas un &#201;tat, elle est une communaut&#233; de droit &#187;. En mati&#232;re sociale, J.-C. Juncker &#233;voque par exemple la cr&#233;ation d'un corps d'inspection du travail d&#233;tach&#233;, afin de r&#233;concilier libre circulation et justice sociale. Et il a rappel&#233; &#224; l'ordre certains &#201;tats membres en insistant sur le caract&#232;re essentiel de l'&#201;tat de droit, la n&#233;cessit&#233; d'une justice ind&#233;pendante mais aussi l'existence d'une hi&#233;rarchie des normes. Et contre toute attente, il ne s'est pas ralli&#233; &#224; la perspective d'une Union &#224; plusieurs vitesses (le sc&#233;nario 3 du Livre Blanc) mais il a affirm&#233; au contraire une vision r&#233;solument unitaire de l'Union dot&#233;e de deux poumons, &#224; l'Est et &#224; l'Ouest. Une Union o&#249; pr&#233;vaut partout le principe d'&#233;galit&#233; entre les &#201;tats, les citoyens, les travailleurs et les consommateurs et dont la Commission europ&#233;enne est garante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, on est frapp&#233; par la vision personnelle du pr&#233;sident Juncker sur les grandes r&#233;formes politiques. Le Pr&#233;sident reprend la ligne du &#171; faire mieux avec moins &#187; (le sc&#233;nario 4 du Livre blanc !) dont plusieurs responsables europ&#233;ens avaient fait leur mantra, mais c'est pour refuser la multiplication des organes et structures dont l'UE n'est pas avare. Exit l'union &#224; plusieurs vitesses et la g&#233;om&#233;trie variable pour les politiques europ&#233;ennes. Plut&#244;t qu'un budget et un parlement sp&#233;cifiques pour l'Eurozone qui complexifieraient la machine communautaire, proposition du pr&#233;sident de la R&#233;publique fran&#231;aise, il propose un instrument d'assistance technique et financi&#232;re aux &#233;tats qui veulent rejoindre l'euro. JC Juncker affirme la vision r&#233;solument centrip&#232;te d'une Europe plus f&#233;d&#233;rale : un sixi&#232;me sc&#233;nario pour l'avenir de l'Europe qui ambitionne de combiner efficacit&#233; et audace, avec un Schengen pour tous, un euro pour tous, l'union bancaire et celle de la d&#233;fense, un socle europ&#233;en des droits sociaux et qu'il privil&#233;gie sur celui des coop&#233;rations renforc&#233;es dont on comprend qu'il craint qu'elles divisent et fragmentent plus avant. La Commission reste la maison commune des grands et des petits &#233;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JC Juncker ne veut donc pas ouvrir une r&#233;forme des Trait&#233;s dont on peut s'attendre &#224; ce qu'elle soit longue et lourde. Mais, au nom de l'efficacit&#233;, il propose de cr&#233;er un ministre europ&#233;en de l'&#233;conomie et des finances, fonction qui regrouperait le poste de Commissaire en charge des affaires &#233;conomiques, vice-pr&#233;sident de la Commission et Pr&#233;sident de l'Eurogroupe. L'enjeu est de d&#233;mocratiser la gouvernance de la zone euro et d'en assurer le contr&#244;le par le Parlement europ&#233;en, au lieu des c&#233;nacles intergouvernementaux &#224; portes closes comme l'Eurogroupe. Autre audace, il rappelle que les trait&#233;s permettent d'adopter des d&#233;cisions &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e dans les domaines cl&#233;s comme la fiscalit&#233; ou la politique &#233;trang&#232;re ; ce sont les &#171; passerelles &#187; qui permettent de d&#233;passer l'unanimit&#233;, facteur de tous les blocages, mais dont le principe est d&#233;cid&#233; lui-m&#234;me &#224; l'unanimit&#233;. Le pr&#233;sident y fait r&#233;f&#233;rence pour l'assiette consolid&#233;e commune de l'imp&#244;t des soci&#233;t&#233;s, l'imposition des g&#233;ants du num&#233;rique et pour la taxe sur les transactions financi&#232;res, trois chantiers tr&#232;s sensibles et tr&#232;s politiques o&#249; la Commission joue un r&#244;le moteur ; pour la TTF par contre, il faut se souvenir que la coop&#233;ration renforc&#233;e d&#233;cid&#233;e en d&#233;cembre 2011 n'avance pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident Juncker propose une autre simplification institutionnelle, la fusion des postes de Pr&#233;sident de la Commission et de Pr&#233;sident du Conseil europ&#233;en qui est en pointill&#233; depuis le trait&#233; de Lisbonne au moins : la pr&#233;sidence du Conseil europ&#233;en &#233;tait sans doute une concession faite aux premiers ministres lors des n&#233;gociations sur le Trait&#233; Constitutionnel mais elle a surv&#233;cu &#224; son &#233;chec. L'int&#233;r&#234;t d'une telle fusion des pr&#233;sidences serait d'accroitre la visibilit&#233; et le poids de l'ex&#233;cutif europ&#233;en, tout en clarifiant la s&#233;paration des pouvoirs au sommet d'une union dont JC Juncker rappelle qu'elle est une Union des &#233;tats et une Union des citoyens. Mais les incertitudes sont grandes en ce qui concerne son impact sur l'&#233;quilibre institutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le pr&#233;sident Juncker a solidement soulign&#233; l'urgence de mesures de d&#233;mocratisation de l'Union pour la gouvernance de l'euro et au-del&#224; : outre de nouvelles r&#232;gles de financement des partis politiques, il a plaid&#233; pour des listes transnationales pour l'&#233;lection du PE et a invit&#233; les partis politiques &#224; commencer la campagne &#233;lectorale plus t&#244;t afin d'&#233;viter que les programmes &#233;lectoraux ne soient &#224; nouveau qu'une juxtaposition des programmes nationaux. Il a rappel&#233; qu'on ne peut revenir sur des avanc&#233;es d&#233;mocratiques comme les &#171; t&#234;tes de listes &#187; (Spitzenkandidaten) qui ont largement contribu&#233; &#224; renforcer la l&#233;gitimit&#233; de l'ex&#233;cutif europ&#233;en. Ce faisant, Jean-Claude Juncker invite chacun &#224; se mettre en ordre de combat d'ici la fin de son mandat mi 2019. Et il fait sienne l'id&#233;e du pr&#233;sident Macron d'organiser des conventions d&#233;mocratiques tout au long de 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours sur l'&#233;tat de l'Union dessine les contours d'une UE plus int&#233;gr&#233;e et simplifi&#233;e dans son ensemble. Non pas que les visions concurrentes n'existent pas, notamment celle d'une Union &#224; plusieurs vitesses. Mais la vision de JC Juncker, strat&#233;gique, unitaire et d&#233;mocrate, vient nous rappeler que la fen&#234;tre de tir est &#233;troite pour sortir l'Europe de son inertie. D'ici &#224; fin mars 2019, date du rendez-vous qu'il a donn&#233; aux Chefs d'&#233;tat et de gouvernement &#224; Sibiu en Roumanie pour ent&#233;riner les r&#233;formes propos&#233;es, les &#201;tats membres auront d&#251; concilier leurs int&#233;r&#234;ts et visions divergents. A d&#233;faut d'une r&#233;forme audacieuse mais en douceur propos&#233; par le pr&#233;sident de la Commission, il faudrait alors trouver un autre chemin que plusieurs appellent de leurs v&#339;ux, celui de la Convention et de l'ambition constitutionnelle&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Catherine Vieilledent&lt;br class='autobr' /&gt;
Membre du Groupe Europe de l'UEF - Bruxelles&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi l'Union a besoin d'un noyau politique ?</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Pourquoi-l-Union-a-besoin-d-un-noyau-politique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Pourquoi-l-Union-a-besoin-d-un-noyau-politique</guid>
		<dc:date>2018-02-14T21:58:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dusan Sidjanski</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'Europe dans le tourbillon du monde &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s une p&#233;riode de l'h&#233;g&#233;monie de la &#171; superpuissance am&#233;ricaine &#187;, le monde bascule dans une nouvelle distribution multipolaire des pouvoirs. L'univers de la civilisation de haute technologie subit une double tension : l'attraction de la mondialisation sous l'effet de la r&#233;volution technologique et la r&#233;action contre la mondialisation du singulier culturel, national et r&#233;gional. En parall&#232;le, on assiste &#224; l'&#233;mergence de nouvelles superpuissances (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-177-Decembre-2017-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 177 - D&#233;cembre 2017&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Europe dans le tourbillon du monde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une p&#233;riode de l'h&#233;g&#233;monie de la &#171; superpuissance am&#233;ricaine &#187;, le monde bascule dans une nouvelle distribution multipolaire des pouvoirs. L'univers de la civilisation de haute technologie subit une double tension : l'attraction de la mondialisation sous l'effet de la r&#233;volution technologique et la r&#233;action contre la mondialisation du singulier culturel, national et r&#233;gional. En parall&#232;le, on assiste &#224; l'&#233;mergence de nouvelles superpuissances telles la Chine, l'Inde, le Japon, le Br&#233;sil, ainsi qu'au retour d'une Russie qui repart &#224; la conqu&#234;te de sa place de grande puissance qu'elle avait perdue apr&#232;s l'&#233;clatement de l'Union sovi&#233;tique. D'o&#249; son intervention militaire en G&#233;orgie, suivie de la projection de ses forces a&#233;riennes en Syrie, ainsi que sa r&#233;cup&#233;ration de la Crim&#233;e et sa participation &#224; la guerre civile en Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les moyens semblent bons contre la marginalisation que les &#201;tats-Unis cherchent &#224; lui imposer en l'excluant du groupe des huit, en renfor&#231;ant leur pr&#233;sence dans les pays voisins.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Compl&#233;mentarit&#233; franco-allemande&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des conflits r&#233;gionaux se multiplient depuis l'invasion de l'Irak dont la France et l'Allemagne se sont abstenues. Le monde entre dans une phase chaotique o&#249; la force s'impose au droit. Quel r&#244;le incombe &#224; l'Union europ&#233;enne (UE), grande puissance &#233;conomique mais toujours sans une souverainet&#233; politique partag&#233;e ? Apr&#232;s le Brexit, la France demeure la seule puissance dot&#233;e de pouvoirs r&#233;galiens qui font d&#233;faut &#224; l'Allemagne, grande puissance &#233;conomique. Deux &#201;tats membres compl&#233;mentaires destin&#233;s &#224; assumer le r&#244;le de moteur de l'Union. La France dispose d'un si&#232;ge permanent au Conseil de s&#233;curit&#233;, d'une force de dissuasion nucl&#233;aire et des forces conventionnelles, &#224; ce titre elle a le leadership en mati&#232;re de d&#233;fense. A son tour, l'Allemagne domine l'&#233;conomie europ&#233;enne et exerce le r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant au sein de la Zone euro. En mettant leurs capacit&#233;s en commun, le couple franco-allemand constituerait un p&#244;le d'attraction au sein de la Zone euro comme dans l'Union des 27. Or, chacun semble se complaire dans l'exercice unilat&#233;ral de son pouvoir. La France s'engage militairement au Mali sans consultation pr&#233;alable tout en demandant ensuite le soutien de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de migration, l'Allemagne signe un accord avec la Turquie qu'elle fait ent&#233;riner par l'Union divis&#233;e sur la question des migrants, tout en l'exposant &#224; la merci du Pr&#233;sident turc.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Equilibre entre libert&#233; et s&#233;curit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La menace ext&#233;rieure prend aussi la forme d'une &#171; guerre des civilisations et des religions &#187; visant &#224; l&#233;gitimer les attaques terroristes contre l'Europe attribu&#233;es &#224; Daesh et &#224; d'autres groupes islamistes. Les printemps arabes comme l'intervention de la Grande Bretagne et de la France en Lybie contribuent &#224; la d&#233;stabilisation de la r&#233;gion et &#224; l'explosion de conflits qui sont &#224; l'origine des vagues de r&#233;fugi&#233;s. Ces conflits crois&#233;s s'intensifient avec l'utilisation des moyens de haute technologie de communication et d'armements, y compris des plus sophistiqu&#233;s. Dans ce monde chaotique et incertain, le Pr&#233;sident impr&#233;visible des &#201;tats-Unis ne fait qu'ajouter au risque d'une conflagration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux dangers devant les attentats perp&#233;tr&#233;s par les djihadistes, l'Union a cr&#233;&#233; un fichier commun des voyageurs en Europe - Passenger Name Record (PNR) - et dispose d'un syst&#232;me de contr&#244;le et d'&#233;change d'informations dans l'espace Schengen qu'elle cherche &#224; perfectionner. Quant au mandat d'arr&#234;t europ&#233;en, il a &#233;t&#233; utilis&#233; par la France, de m&#234;me que la coop&#233;ration Europol et Eurojust qui regroupent des procureurs, juges et officiers de police exp&#233;riment&#233;s et autorisent la formation d'&#233;quipes d'enqu&#234;teurs communes dont un exemple est fourni par l'&#233;quipe franco-belge. A cette fin, la Commission europ&#233;enne a impos&#233; le contr&#244;le des plateformes sur internet de monnaies virtuelles, la fin de l'anonymat des cartes pr&#233;pay&#233;es et plus d'efficacit&#233; entre les cellules de renseignements. Cette situation illustre la complexit&#233; et la dimension europ&#233;enne, voire mondiale en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;. Ce qui soul&#232;ve dans les r&#233;gimes d&#233;mocratiques la question de l'&#233;quilibre entre libert&#233; et s&#233;curit&#233;, d'autant que l'Europe est souvent en &#233;tat d'alerte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, les actions ambigu&#235;s de certains &#201;tats de la r&#233;gion soutiennent en secret l'&#201;tat islamique qui, de surcro&#238;t, a acc&#232;s aux g&#233;ants de l'internet. La lutte contre le fanatisme islamiste ne repose pas uniquement sur les moyens s&#233;curitaires mais n&#233;cessite un long apprentissage, d&#232;s les premi&#232;res ann&#233;es de la vie, du respect mutuel des personnes sans discrimination, de la pratique d&#233;mocratique des d&#233;bats et du dialogue des cultures &#224; tous les niveaux, &#224; l'interne comme &#224; l'externe. Et aussi le respect des diverses croyances et la reconnaissance des personnes. D'ailleurs ce sont des valeurs de la plupart des religions qui portent dans leurs c&#339;urs le message de la paix. La lutte contre les r&#233;seaux de recrutement de kamikazes et les pr&#234;cheurs de guerre contre notre civilisation, demande une large mobilisation des peuples et des individus, des id&#233;es et des projets : depuis l'Union et ses &#201;tats, jusqu'aux r&#233;gions et communes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pluralisme d'id&#233;es, de partis et de m&#233;dias dans le respect de nos valeurs et nos principes d&#233;mocratiques fait partie de notre h&#233;ritage europ&#233;en que tout nouveau venu est appel&#233; &#224; vivre dans le quotidien si l'Europe veut ma&#238;triser les flux de migrants dont elle a besoin. Cette conception est aussi le meilleur rem&#232;de contre les courants extr&#233;mistes, nationalistes et populistes, qui forment des menaces insensibles et brutales qui rongent le tissu culturel de l'Europe. Un projet de civilisation que porte l'UE dans ses Chartes fondamentales et qu'elle est appel&#233;e &#224; mettre en &#339;uvre et &#224; faire respecter pour assurer l'avenir ouvert de notre Cap d'Asie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Relations avec la Russie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Que devient le r&#244;le de l'UE dans cette situation qui risque d'&#233;chapper &#224; tout contr&#244;le ? Divis&#233;e et fragilis&#233;e, l'Union est-elle capable de faire entendre son message de paix et de dialogue des cultures ? Le moment n'est-il pas venu de renforcer l'Union pour la rendre capable de r&#233;pondre aux multiples dangers qui la guettent ? Et pour prot&#233;ger ses citoyens contre la crainte des migrants et des terroristes qui incitent au repli sur soi, au r&#233;tablissement des fronti&#232;res et &#224; l'&#233;dification de murs de protection.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette perspective, le probl&#232;me qui demande &#224; &#234;tre revisit&#233; est la politique de l'Union &#224; l'&#233;gard de la Russie. Dans les ann&#233;es 1990, le Pr&#233;sident Mitterrand a propos&#233; une conf&#233;d&#233;ration entre l'UE et la Russie, tr&#232;s motiv&#233;e &#224; se rapprocher de l'Union. Ce projet n'a pas eu de suite en raison de l'opposition des pays r&#233;cemment lib&#233;r&#233;s de l'emprise communiste, mais qui en portent encore des traces durables. Quelle position adopter face &#224; la Russie, voisin g&#233;ographique qui partage la culture europ&#233;enne fond&#233;e sur l'h&#233;ritage de la Gr&#232;ce antique, de Rome et du christianisme ? En 2008, la Commission cr&#233;e le Partenariat oriental sans la participation de la Russie, laquelle aurait pu apporter, ensemble avec l'UE, sa garantie au bon fonctionnement du Partenariat. Dans un ordre mondial d&#233;stabilis&#233; par l'inconnu Trump, ne serait-il pas sage de chercher &#224; reconstruire des relations pacifiques et s&#251;res avec le voisinage de l'Union et notamment avec la Russie ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;fense europ&#233;enne et politique ext&#233;rieure&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde plein de dangers impr&#233;visibles, l'Union qui est une grande puissance &#233;conomique et un foyer culturel cr&#233;atif souffre d'un manque de d&#233;fense europ&#233;enne et de politique ext&#233;rieure. Les propositions se suivent mais demeurent &#224; l'&#233;tat de projets. Aussi les hauts responsables italiens ont-ils invit&#233; les &#201;tats membres qui le veulent &#224; cr&#233;er un &#171; Schengen de la d&#233;fense europ&#233;enne &#187;. La France n'est pas en reste d'autant qu'elle est, en tant que premi&#232;re puissance en Europe, destin&#233;e &#224; porter ce projet en commun avec l'Allemagne et l'Italie. Ici, la le&#231;on de la CED est &#224; rappeler, de m&#234;me que le principe d&#233;mocratique selon lequel le pouvoir civil dirige et contr&#244;le le pouvoir militaire. La d&#233;marche qui inverse cette logique d&#233;mocratique est &#224; bannir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Noyau d'une Union politique europ&#233;enne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme pour les autres mati&#232;res faisant partie de pouvoirs souverains, il est urgent et indispensable de commencer par mettre en place un noyau d'Union politique comprenant un pouvoir ex&#233;cutif, l&#233;gislatif et judiciaire au sein de l'UE et au c&#339;ur de la Zone euro &#8211; en recourant de pr&#233;f&#233;rence &#224; la coop&#233;ration renforc&#233;e et en s'appuyant sur les institutions existantes mais dans leur dimension correspondant au noyau d'Union politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'autant plus n&#233;cessaire qu'une d&#233;fense europ&#233;enne est destin&#233;e &#224; suivre une strat&#233;gie g&#233;n&#233;rale et coh&#233;rente d&#233;finie par une Autorit&#233; politique en mati&#232;re de relations ext&#233;rieures, de d&#233;fense et de s&#233;curit&#233;, comme de politique migratoire. Cette approche de strat&#233;gie globale, donc politique, d&#233;terminera le mode de coop&#233;ration avec l'OTAN, dont le confort qu'il procurait &#224; ses membres est remis en question. C'est ce que laisse entendre le Pr&#233;sident de la puissance qui en assure le leadership et la domination. L'Union politique serait de ce fait confront&#233;e au dilemme d'une politique de d&#233;fense et d'alliance autonome, ou d'un alignement sur les &#201;tats-Unis et l'OTAN qui s'est av&#233;r&#233; &#224; plusieurs occasions contraire &#224; l'int&#233;r&#234;t de l'UE. Ce sont des choix qui d&#233;passent de toute &#233;vidence les comp&#233;tences et les capacit&#233;s de l'UE et qui rel&#232;vent d'une Autorit&#233; politique dont sera dot&#233; le noyau d'Union politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le partage des souverainet&#233;s soul&#232;vera de nombreuses interrogations qui sont pass&#233;es souvent sous silence. Faudrait-il envisager que le noyau de l'Union politique soit consult&#233; avant des prises de positions de la France en sa qualit&#233; de membre permanent du Conseil de s&#233;curit&#233;, voire envisager une repr&#233;sentation de l'Union politique en accord avec sa strat&#233;gie g&#233;n&#233;rale des relations ext&#233;rieures ? Et quid de la force de dissuasion nucl&#233;aire que seule la France poss&#232;de &#224; la suite du Brexit ? L'exp&#233;rience de la CED revient en m&#233;moire comme un avertissement &#224; l'&#233;gard de l'opposition de de Gaulle &#224; l'arm&#233;e europ&#233;enne, qui a eu des effets inverses &#224; ceux r&#233;sultant de l'&#233;chec de la CED. En effet, &#224; l'encontre de son objectif d'emp&#234;cher le r&#233;armement de l'Allemagne f&#233;d&#233;rale, le rejet d'une arm&#233;e europ&#233;enne a eu pour cons&#233;quence la renaissance d'une arm&#233;e allemande autonome. Dans la situation pr&#233;sente, il n'est pas absurde d'envisager une croissance rapide de l'arm&#233;e allemande, voire une d&#233;fense nucl&#233;aire que confirme le d&#233;bat discret qui semble se d&#233;rouler dans certains cercles en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette hypoth&#232;se, quelle serait la position de la France et d'autres membres de l'Union politique ? Va-t-elle proposer d'&#233;largir sa protection nucl&#233;aire &#224; la disposition de l'Union politique et de la d&#233;fense europ&#233;enne ou, au contraire, s'efforcerait-elle de faire obstacle au projet &#233;ventuel de l'Allemagne ? Ce sont des questions qui sortent de l'orbite de l'UE et qui interpellent les hauts responsables de l'Union politique. Quel sera le choix d&#233;terminant de la France, compte tenu des strat&#233;gies des deux superpuissances nucl&#233;aires, les &#201;tats-Unis et la Russie, ainsi que des agissements impr&#233;visibles d'autres &#201;tats dot&#233;s d'armes nucl&#233;aires op&#233;rationnelles comme la Cor&#233;e du Nord ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Survie de l'euro&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La future Union politique est la cl&#233; de la r&#233;ussite de l'Union mon&#233;taire. C'est l'affirmation de la Bundesbank en 1992 . Suit le projet de &#171; noyau dur &#187; de Lamers et Scha&#252;ble de 1994 pr&#233;voyant un gouvernement et des pouvoirs r&#233;galiens dont fait partie la monnaie. En effet, l'histoire ne conna&#238;t pas de monnaie unique sans pouvoir souverain. Or, l'euro vit &#224; cr&#233;dit gr&#226;ce &#224; la BCE, alors que seul un noyau politique est en mesure d'assurer la p&#233;rennit&#233; de l'euro. Cette situation est inqui&#233;tante, d'autant que la fin de l'euro porterait un coup mortel &#224; l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tomb&#233; longtemps dans l'oubli, le &#171; projet Scha&#252;ble &#187; revient dans l'actualit&#233; avec la crise financi&#232;re import&#233;e des &#201;tats-Unis en 2008, mu&#233;e en crise &#233;conomique, sociale, d&#233;stabilisant les soci&#233;t&#233;s et leurs syst&#232;mes politiques. En t&#233;moignent les d&#233;rives autoritaires en Hongrie et en Pologne. De surcro&#238;t, les menaces s'accumulent : effets de l'aust&#233;rit&#233; sur le ch&#244;mage, la paup&#233;risation et la d&#233;pression qui provoquent des pouss&#233;es des nationalismes, soutenus par une vague populiste, voire extr&#233;miste et anti-europ&#233;enne. L'image de l'UE est ternie aux yeux de ses citoyens. Or, le recours d'au moins 9 membres de la Zone euro &#224; la clause de la coop&#233;ration renforc&#233;e permettrait de surcroit de doter la Zone euro d'une dimension sociale ainsi que d'&#233;largir les comp&#233;tences de la Banque centrale europ&#233;enne pour lui permettre de soutenir avec force la croissance et l'emploi. De cette fa&#231;on, elle serait en mesure de donner une impulsion &#224; l'union &#233;conomique, aux grands travaux communs financ&#233;s par les eurobonds, tout en entra&#238;nant dans sa dynamique l'ensemble des 27. La Zone euro est appel&#233;e &#224; donner cette impulsion &#224; l'&#233;conomie de l'UE et &#224; soutenir solidairement les &#233;conomies les plus fragiles. De la sorte, l'Union retrouverait gr&#226;ce aupr&#232;s des citoyens europ&#233;ens en d&#233;montrant sa capacit&#233; &#224; honorer ses promesses et &#224; respecter les valeurs fondamentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps d'admettre que l'UE a un urgent besoin d'un noyau dynamique au sein de la Zone euro, dot&#233; de pouvoirs r&#233;galiens afin de redonner l'&#233;lan vital susceptible d'entra&#238;ner dans son sillage d'autres membres. A cette fin, le trait&#233; de Lisbonne a pr&#233;vu &#171; la coop&#233;ration renforc&#233;e &#187; qui permet la cr&#233;ation d'un noyau politique d'avant-garde capable de riposter au faisceau de menaces et d'assurer la survie de l'euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Int&#233;gr&#233; dans l'Union, ce noyau utiliserait les m&#234;mes structures r&#233;duites &#224; la dimension des 19 : un Conseil europ&#233;en, un Conseil des Ministres et surtout un Ex&#233;cutif et la BCE, une Commission des 19 au sein du Parlement europ&#233;en et une Chambre de la Cour. De plus, il disposerait des pouvoirs r&#233;galiens, et ses d&#233;cisions seraient prises selon la m&#233;thode communautaire &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e dans les domaines mon&#233;taire et &#233;conomique, mais aussi&lt;br class='autobr' /&gt;
concernant des relations ext&#233;rieures, de s&#233;curit&#233; et de d&#233;fense, ou concernant les flux migratoires. Cet Acte d&#233;cisif permettrait d'assurer la survie de l'euro gr&#226;ce &#224; la mise en place des unions fiscales et bancaires, d'un budget propre de 3% du PIB. Ainsi la dynamique insuffl&#233;e par ce noyau redonnerait l'impulsion &#224; l'ensemble des 27 en leur redonnant confiance et espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps de porter rem&#232;de &#224; la maladie infantile de l'Union qui depuis l'&#233;chec de la CED n'a pu se doter d'un projet politique alors qu'&#224; pr&#233;sent le politique a pris le pas sur le tout &#233;conomique. C'est au prix de cette relance que l'Union europ&#233;enne retrouvera son r&#244;le de phare de la d&#233;mocratie dans notre monde globalement d&#233;stabilis&#233;. C'est l'attente des peuples europ&#233;ens de la r&#233;union &#224; Rome.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#244;le de l'&#233;ducation et de la culture&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;fis existentiels nous incitent &#224; r&#233;fl&#233;chir au r&#244;le de la culture et de l'&#233;ducation europ&#233;ennes. La premi&#232;re est le fondement de l'Union europ&#233;enne qui englobe, tel que d&#233;fini par Denis de Rougemont, l'ensemble de l'h&#233;ritage et des cr&#233;ations des Europ&#233;ens : philosophie, religions, arts, au m&#234;me titre que l'organisation des communaut&#233;s politiques, l'&#233;ducation, la science et la technologie, les valeurs et les principes communs. La culture europ&#233;enne est &#224; la fois commune et diversifi&#233;e, caract&#233;ristique qui appelle une forme f&#233;d&#233;rative, soit un foyer central responsable des principaux domaines r&#233;galiens et la participation des &#201;tats, des r&#233;gions et des citoyens &#224; la prise de d&#233;cision en mode d&#233;mocratique. Cette projection &#224; long terme n&#233;cessite de s'appuyer sur un Erasmus &#233;largi, mais surtout sur une &#233;ducation civique europ&#233;enne g&#233;n&#233;ralis&#233;e, comprenant une histoire et une g&#233;ographie dans la vision europ&#233;enne, l'initiation aux valeurs et principes et au respect de notre environnement, comme au destin partag&#233; par tous les habitants de la plan&#232;te expos&#233;e &#224; de nombreux dangers d'un monde globalis&#233; menac&#233; par des in&#233;galit&#233;s. Autant de questions qui s'imposent &#224; nous et aux g&#233;n&#233;rations futures. Le choix de l'Europe est crucial entre sursaut ou effondrement de l'UE.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Dusan Sidjanski&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sident d'honneur du Centre europ&#233;en de la culture de Gen&#232;ve&lt;br class='autobr' /&gt;
Conseiller sp&#233;cial du Pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne (2004-2014)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; initialement en anglais par &lt;i&gt;The Federalist Debate &#8211; Turin&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les f&#233;d&#233;ralistes et la Catalogne</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Les-federalistes-et-la-Catalogne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Les-federalistes-et-la-Catalogne</guid>
		<dc:date>2018-02-14T21:36:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Herland</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Catalogne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'exception des &#201;cossais, les responsables politiques de tous bords condamnent &#224; qui mieux mieux les aspirations des Catalans &#224; l'ind&#233;pendance. Que les chefs d'&#201;tat et le pr&#233;sident de leur Conseil se montrent oppos&#233;s &#224; une telle volont&#233; d'&#233;mancipation se comprend ais&#233;ment : ils redoutent qu'une Catalogne ind&#233;pendante n'encourage des mouvements s&#233;paratistes &#224; l'int&#233;rieur de leurs propres fronti&#232;res. Les &#201;tats centralis&#233;s sont hostiles par nature &#224; une autonomie un tant soit peu pouss&#233;e ; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-177-Decembre-2017-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 177 - D&#233;cembre 2017&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Catalogne-+" rel="tag"&gt;Catalogne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'exception des &#201;cossais, les responsables politiques de tous bords condamnent &#224; qui mieux mieux les aspirations des Catalans &#224; l'ind&#233;pendance. Que les chefs d'&#201;tat et le pr&#233;sident de leur Conseil se montrent oppos&#233;s &#224; une telle volont&#233; d'&#233;mancipation se comprend ais&#233;ment : ils redoutent qu'une Catalogne ind&#233;pendante n'encourage des mouvements s&#233;paratistes &#224; l'int&#233;rieur de leurs propres fronti&#232;res. Les &#201;tats centralis&#233;s sont hostiles par nature &#224; une autonomie un tant soit peu pouss&#233;e ; m&#234;me les &#201;tats f&#233;d&#233;raux (comme la Bundesrepublik Deutschland) n'ont aucune envie que leur territoire se r&#233;duise, ni m&#234;me de d&#233;l&#233;guer &#224; l'&#233;chelon inf&#233;rieur davantage de comp&#233;tences que celles qui sont d&#233;j&#224; les siennes. La r&#232;gle, en l'occurrence, est simple : nul ne souhaite la diminution de ses pouvoirs. En France, l'enchev&#234;trement des comp&#233;tences entre les diff&#233;rents niveaux de la puissance publique (d&#233;partements, r&#233;gions, &#201;tat, pour s'en tenir &#224; quelques-uns !) illustre bien l'impossibilit&#233; d'une v&#233;ritable d&#233;centralisation dans un pays dont la tradition est &#224; l'oppos&#233;. Ainsi, alors que la construction et l'entretien des b&#226;timents des &#233;tablissements d'enseignement sont de la comp&#233;tence des autorit&#233;s locales, le minist&#232;re de l'&#201;ducation &#171; nationale &#187; demeure une administration tentaculaire (le &#171; mammouth &#187;) et toute puissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de meilleure preuve de la soumission de la Commission europ&#233;enne aux &#201;tats que la prise de position de son pr&#233;sident contre l'ind&#233;pendance de la Catalogne. Aux yeux des f&#233;d&#233;ralistes, la Commission devrait &#234;tre l'embryon du futur gouvernement de l'Europe. En r&#233;alit&#233;, elle n'est que l'instrument du Conseil, ce qui s'explique ais&#233;ment puisque ses membres sont nomm&#233;s par les chefs d'&#201;tat. Ceci l'emp&#234;che de se laisser aller &#224; la tendance &#224; l'accroissement de ses pouvoirs qui serait naturellement la sienne si elle proc&#233;dait directement d'un vote populaire. Faut-il rappeler que le principal obstacle &#224; la naissance de la f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne est d&#251; &#224; la pr&#233;sence des &#201;tats qui conservent des pr&#233;rogatives r&#233;galiennes (arm&#233;e, justice, police, diplomatie, d&#233;fense) qui devraient &#234;tre confi&#233;es au niveau f&#233;d&#233;ral ? Seule la monnaie a &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;e jusqu'ici. Encore cela ne concerne-t-il que les pays de la zone euro, lesquels, d'ailleurs, se soucient comme une guigne des engagements souscrits &#224; Maastricht (d&#233;ficit budg&#233;taire maximum de 3% - poids de la dette publique inf&#233;rieur &#224; 60% du PIB).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettons que la Catalogne (et l'&#201;cosse, etc.) acc&#232;dent &#224; l'ind&#233;pendance. Ces provinces n'ont ni arm&#233;e, ni r&#233;seau diplomatique, etc. Leur int&#233;r&#234;t serait d'int&#233;grer une Europe f&#233;d&#233;ralis&#233;e qui remplirait pour elles ces fonctions indispensables de mani&#232;re bien plus efficace que si elles devaient s'en charger elles-m&#234;mes. Nul n'ignore, en effet, que l'&#233;parpillement des fonctions r&#233;galiennes entre les &#201;tats, tel qu'il existe actuellement, est source non seulement de gaspillages mais encore d'impuissance. Or les &#201;tats, plus pr&#233;cis&#233;ment leurs repr&#233;sentants au niveau europ&#233;en, les &#171; chefs d'&#201;tat et de gouvernement &#187; &#8211; ne souhaitent &#233;videmment pas renoncer &#224; des pouvoirs qui, bien que souvent illusoires sur le plan de l'action, leur apportent des avantages symboliques consid&#233;rables (et dans une moindre mesure des avantages p&#233;cuniaires). La preuve en est que, m&#234;me apr&#232;s avoir mesur&#233; leur impuissance, m&#234;me au comble de l'impopularit&#233;, m&#234;me s&#233;v&#232;rement battus, les leaders politiques ne pensent qu'&#224; reconqu&#233;rir leur poste. Autre preuve s'il en &#233;tait besoin : le nombre d'aspirants au poste supr&#234;me alors que, regard&#233; de sang-froid, il n'y a rien de s&#233;duisant &#224; se retrouver oblig&#233;, une fois &#233;lu, de renier la plupart de ses promesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; &#224; reconna&#238;tre que le roi est nu, il y a en effet une distance que les politiques ne savent pas franchir. C'est pourquoi ils s'accrochent aux apparences du pouvoir. Ils travaillent dur ; ils prennent toute sorte de d&#233;cisions. Sans nul doute conscients &#8211; ils ne sont pas idiots &#8211; qu'ils ne sont pas en mesure de choisir la bonne, ils se rabattent sur des politiques sous-optimales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons un autre exemple. Le nouveau chef d'&#201;tat fran&#231;ais a d&#233;cid&#233; de baisser la fiscalit&#233; sur le capital au d&#233;triment en particulier des retrait&#233;s ais&#233;s qui subiront de plein fouet la hausse de la CSG. Pourquoi a-t-il pris cette d&#233;cision ? Tout simplement parce que les chefs d'&#201;tat europ&#233;ens n'ont pas r&#233;ussi &#224; se mettre d'accord pour mettre fin &#224; la concurrence fiscale entre leurs pays. Aussi absurde que cela puisse para&#238;tre, des &#201;tats europ&#233;ens ont la possibilit&#233; d'attirer les investisseurs en leur proposant un taux d'imposition sur les b&#233;n&#233;fices quasi nul ! Alors, &#233;videmment, les autres sont &#171; oblig&#233;s &#187; d'abaisser &#224; leur tour les imp&#244;ts sur les entreprises. N'importe quel observateur ext&#233;rieur ne manquerait pas de remarquer que dans un espace o&#249; les capitaux, les marchandises et les hommes circulent librement, il est indispensable d'harmoniser les imp&#244;ts (et les charges sociales), sauf &#224; cr&#233;er des distorsions indispensables. Eh bien, ce n'est pas ainsi que fonctionne l'Europe ! On ne s'&#233;tonnera pas qu'elle fonctionne si mal&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ind&#233;pendance de certaines provinces et autres r&#233;gions qui en ont le d&#233;sir (&#224; condition, &#233;videmment, qu'il soit confirm&#233; par un vote de la population concern&#233;e apportant toutes les garanties n&#233;cessaire ) est la meilleure des nouvelles pour les f&#233;d&#233;ralistes. Rappelons que le partage des pouvoirs, dans une f&#233;d&#233;ration bien construite, ob&#233;it &#224; la r&#232;gle &#171; d'exacte ad&#233;quation &#187; : chaque collectivit&#233;, de la plus locale &#224; la f&#233;d&#233;ration elle-m&#234;me, d&#233;tient les pouvoirs qui sont les mieux assur&#233;s &#224; son niveau . Dans une Europe f&#233;d&#233;rale il n'y a plus de place pour les &#201;tats. La d&#233;fense, la diplomatie, le commerce ext&#233;rieur et le contr&#244;le des fronti&#232;res sont &#224; l'instar de la monnaie pr&#233;rogatives de la f&#233;d&#233;ration. La culture, l'&#233;ducation, le d&#233;veloppement &#233;conomique, etc. rel&#232;vent du niveau imm&#233;diatement infra-&#233;tatique (la province ou la grande r&#233;gion). Les entit&#233;s constitutives de ce niveau se distinguent principalement les unes des autres par des diff&#233;rences culturelles, linguistiques souvent, h&#233;rit&#233;es de l'histoire (Catalogne / Castille ; Flandre / Wallonie, etc.). La construction des &#201;tats a cr&#233;&#233; des s&#233;parations artificielles (comme entre les Catalans et les Basques espagnols et fran&#231;ais) qu'il serait opportun de supprimer tant que le sentiment d'appartenance &#224; une culture commune demeure suffisamment fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il subsiste des comp&#233;tences partag&#233;es entre entit&#233;s composantes et compos&#233;es dans une f&#233;d&#233;ration bien ordonn&#233;e, il n'y a pas cependant de recouvrement. Par exemple, les polices municipales, provinciales et f&#233;d&#233;rale coexistent avec des missions diff&#233;rentes. De m&#234;me pour le pouvoir l&#233;gislatif, etc. Reste l'&#233;conomie. L'objection soulev&#233;e &#224; l'&#233;gard des provinces qui souhaitent prendre leur ind&#233;pendance est de cet ordre-l&#224;. On refuse leur &#233;mancipation au pr&#233;texte que leur d&#233;part appauvrirait le reste du pays . Dans l'UE actuelle, la redistribution s'exer&#231;ant principalement au niveau national, c'est effectivement le cas mais, d'une part, on ne voit pas quel droit invoquer pour s'opposer au principe d'autod&#233;termination, d'autre part et surtout, dans une f&#233;d&#233;ration bien organis&#233;e l'essentiel de la redistribution serait confi&#233;e au niveau f&#233;d&#233;ral , ce qui permettrait de r&#233;duire bien plus efficacement les disparit&#233;s que le syst&#232;me actuel qui laisse subsister des &#233;carts consid&#233;rables entre r&#233;gions appartenant &#224; des pays diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, l'accession &#224; &#171; l'ind&#233;pendance &#187; (&#224; l'int&#233;rieur de l'UE) des provinces les plus riches de certains &#201;tats devrait acc&#233;l&#233;rer la disparition de ces &#201;tats, une &#233;volution &#233;minemment favorable &#224; la construction d'une authentique f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne, puisque les provinces devenues autonomes (au sens de la th&#233;orie du f&#233;d&#233;ralisme) n'auraient aucune incitation &#224; briguer les comp&#233;tences de l'&#201;tat-nation qui sont mieux exerc&#233;es au niveau f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Michel Herland&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;conomiste et &#233;crivain. Professeur honoraire aux universit&#233;s des Antilles et de la Guyane et d'Aix-en-Provence - Martinique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le festival du film de Douarnenez 2017 et les fronti&#232;res</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Le-festival-du-film-de-Douarnenez-2017-et-les-frontieres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Le-festival-du-film-de-Douarnenez-2017-et-les-frontieres</guid>
		<dc:date>2018-02-14T21:34:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lem&#233;e</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pas question ici d'une description &#171; journalistique &#187;, mais plut&#244;t d'un ensemble d'impressions, d'&#233;motions, de r&#233;flexion, qui &#171; restent quand on a tout oubli&#233; &#187; ! Du 18 au 26 aout s'est tenu le quaranti&#232;me &#171; Festival du film de Douarnenez &#187;. &#171; K&#233;zako &#187; ? Peut-on se demander en reprenant le titre du petit journal quotidien (&#171; &#224; prix libre &#187; !) diffus&#233; sur place. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis sa cr&#233;ation en 1978, le Festival (il n'est pas question ici d'en faire l'historique !) s'interroge sur le monde tel qu'il (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-177-Decembre-2017-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 177 - D&#233;cembre 2017&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pas question ici d'une description &#171; journalistique &#187;, mais plut&#244;t d'un ensemble d'impressions, d'&#233;motions, de r&#233;flexion, qui &#171; restent quand on a tout oubli&#233; &#187; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Du 18 au 26 aout s'est tenu le quaranti&#232;me &#171; Festival du film de Douarnenez &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; K&#233;zako &#187; ? Peut-on se demander en reprenant le titre du petit journal quotidien (&#171; &#224; prix libre &#187; !) diffus&#233; sur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis sa cr&#233;ation en 1978, le Festival (il n'est pas question ici d'en faire l'historique !) s'interroge sur le monde tel qu'il est, tel qu'il va ou essaie d'aller. Par-del&#224; les al&#233;as li&#233;s &#224; toute histoire vivante, de chair et de sang, le maitre mot du Festival, de ses cr&#233;ateurs et animateurs successifs a &#233;t&#233; de relier, de faire &#171; vivre ensemble &#187;, bien avant que l'expression ne soit dans l'air du temps, comme un t&#233;moignage en creux de la difficult&#233; ainsi r&#233;v&#233;l&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette quaranti&#232;me &#233;dition, le th&#232;me retenu &#8211; &#244; combien d'actualit&#233; &#8211; &#233;tait celui de &#171; Fronti&#232;re &#187;. L'id&#233;e &#233;tant de questionner cette notion au c&#339;ur des interrogations, d&#233;bats, voire querelles et empoignades actuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Fronti&#232;re : limite arbitraire (mais n&#233;anmoins construite !), mur (de plus en plus nombreux), couperet tranchant le vif des v&#233;cus &#8211; collectifs, individuels, historiques, culturels, ethniques, religieux&#8230;), zone de d&#233;tresses multiples et tragiques. Mais aussi zone d'&#233;changes qu'il convient d'investir, lieux du m&#233;lange, du croisement (dans toutes les acceptions du mot !), du m&#233;tissage, de l'enrichissement mutuel. Il s'agit de questionner l'individualit&#233;. D'o&#249; l'&#233;vidence naturelle proclam&#233;e haut et fort du &#171; Gouel ar filmou &#187; (festival du cin&#233;ma) dit et v&#233;cu en breton : revendication d'une identit&#233; vivante comme enrichissement d'un pluriel sans fronti&#232;res&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, le breton &#8211; comme langue et comme v&#233;cu &#8211; est non pas simplement ouverture, mais consubstantialit&#233; avec la palestinienne (lumineuse pr&#233;sence de Le&#239;la Shahid&#8230;), ou la djiboutienne Sabreen Al'Rassace, r&#233;fugi&#233;e politique en France et co-fondatrice du Groupe &#171; Lesbiennes of color &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible (ce serait injuste !) de les citer toutes et tous (il y en eu 84 !), t&#233;moins, intervenant-e-s, venu-e-s d'Irak, de Guyanne, des Balkans&#8230; Qui sont-ils /elles ? Inconnu-e-s fuyant un enfer, sp&#233;cialistes &#171; reconnu-e-s &#187; (psychiatres, anthropologues, ethnologues ou autres universitaires, syndicalistes, militant-e-s d'ONG&#8230;). &#171; Races &#187; diverses ? Qui le voit ? &#171; Genres &#187; divers ? Assur&#233;ment. Diversit&#233; : LGBTQI, sourds&#8230; t&#233;moignent. Douloureusement. Chaleureusement. Une certitude au moins : on est toutes et tous le/la breton-ne noir-e homosexuel-le de quelqu'un !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrogations, d&#233;bats, discussions, conf&#233;rences se succ&#232;dent &#224; rythme soutenu, appuy&#233;s sur une programmation cin&#233;matographique d'importance (quelques dizaines de films dans quatre cin&#233;mas de la ville, loin des paillettes et du star-syst&#232;me !) : palestiniens, mexicains, bretons, belges, uruguayens, turcs, tch&#232;ques, marocains, Stop : la liste est sans fin ! &#171; No border &#187; !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les cin&#233;mas de la ville, se trouve dans l'action aussi (entre autres) la MJC o&#249; chaque matin &#224; 10 heures se tient une &#171; Palabre &#187; &#224; l'intitul&#233; riche d'&#233;changes : &#171; Roya citoyenne &#187; ou &#171; Le Maroni, fronti&#232;re symbolique &#187;. Par exemple. Le public peut y d&#233;battre avec des r&#233;alisateurs, des acteurs de la vie sociale, des migrants &#233;voquant leurs p&#233;r&#233;grinations (souvent dramatiques) &#224; travers l'Afrique, l'Asie, l'Europe. Chaque soir &#224; 18 heures, sous le chapiteau dress&#233; pour la semaine au c&#339;ur de la ville, quelques centaines de personnes se retrouvent pour &#171; le D&#233;bat &#187; du jour, citons (au hasard !) : &#171; Agir ! Hospitalit&#233; et solidarit&#233; &#187; avec SOS M&#233;diterran&#233;e et Roya Citoyenne, ou bien &#171; Mexique-USA : quelles r&#233;sistances et imaginaires &#224; la fronti&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous n'avons rien dit des expositions diverses qui &#233;maillent la ville. Un exemple : les &#339;uvres de Zehra Dogan, journaliste et artiste kurde emprisonn&#233;e en Turquie, propos&#233;e par l'association Kedistan&#8230; A moins que vous ne pr&#233;f&#233;riez-vous informer (et, encore et toujours, discuter !) au stand d'une des ONG invit&#233;es &#224; exposer ses luttes et ses espoirs au village &#171; autog&#233;r&#233; &#187;, face au chapiteau, comme le fit, parmi bien d'autres &#171; Amiti&#233;s Kurdes de Bretagne qui anima m&#234;me un &#171; stage de formation &#187; de deux jour sur &#171; la question kurde &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pr&#233;alable, il va sans dire que vous &#234;tes pass&#233;s &#224; la librairie du festival faire provision de livres introuvables ailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un coup de fatigue &#8211; ou de blues ! - une rencontre, une discussion &#224; terminer ? Rendez-vous au bar, les bi&#232;res bretonnes ne font pas d&#233;faut ! Histoire de retrouver la forme pour le fest-noz o&#249; le concert du soir&#8230; Et rendez-vous demain, &#224; 10 heures, pour la &#171; Palabre &#187; du jour !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et vous ? Eh bien : rendez-vous, au mois d'aout 2018. &#192; Douarnenez, pour la quarante et uni&#232;me &#233;dition du &#171; Gouel ar filmou &#187; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'h&#233;ritage de Todorov : Le d&#233;bat sur l'affrontement des civilisations, le nouveau d&#233;sordre mondial et l'Europe</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Tsvetan-Todorov-desordre-mondial-europe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Tsvetan-Todorov-desordre-mondial-europe</guid>
		<dc:date>2018-02-14T18:43:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Giampiero Bordino</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le d&#233;c&#232;s de Tsvetan Todorov, &#224; la fois laisse un grand vide et nous l&#232;gue un h&#233;ritage important. L'&#233;crivain et philosophe bulgare naturalis&#233; fran&#231;ais est mort en f&#233;vrier 2017, peu de temps apr&#232;s deux autres intellectuels de renom &#8211; cela constitue, certes, une co&#239;ncidence, mais &#233;galement un signe des temps &#8211; n&#233;s dans les pays d'Europe de l'Est aux temps du communisme : Zygmunt Bauman, sociologue n&#233; en Pologne et &#233;migr&#233; par la suite en Grande Bretagne, et Predrag Matvejevic, qui vit le jour &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-177-Decembre-2017-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 177 - D&#233;cembre 2017&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_157 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;47&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressefederaliste.eu/local/cache-vignettes/L308xH500/nouveau-desordre-mondial-todorov-dc46b.jpg?1729835187' width='308' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Tsvetan Todorov : Le Nouveau D&#233;sordre mondial
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;c&#232;s de Tsvetan Todorov, &#224; la fois laisse un grand vide et nous l&#232;gue un h&#233;ritage important. L'&#233;crivain et philosophe bulgare naturalis&#233; fran&#231;ais est mort en f&#233;vrier 2017, peu de temps apr&#232;s deux autres intellectuels de renom &#8211; cela constitue, certes, une co&#239;ncidence, mais &#233;galement un signe des temps &#8211; n&#233;s dans les pays d'Europe de l'Est aux temps du communisme : Zygmunt Bauman, sociologue n&#233; en Pologne et &#233;migr&#233; par la suite en Grande Bretagne, et Predrag Matvejevic, qui vit le jour &#224; Mostar, en Bosnie Herz&#233;govine, d'un p&#232;re russe et d'une m&#232;re croate, et qui v&#233;cut longtemps en Italie, fabuleux &#171; chantre de la m&#233;diterran&#233;e &#187; comme lieu de dialogue et de culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Todorov, comme Bauman et Matvejevic, &#233;tait l'incarnation, le t&#233;moin vivant d'une Europe accessible et d&#233;sirable. L'Europe des identit&#233;s plurielles, des citoyens aux multiples appartenances, l'Europe du dialogue entre cultures, l'Europe de la rencontre entre les peuples et les &#201;tats, capable de penser et de r&#233;aliser &#171; l'unit&#233; dans la diversit&#233; &#187; telle que l'&#233;nonce la devise de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En des temps comme ceux d'aujourd'hui, marqu&#233;s, en Europe et ailleurs, par la r&#233;&#233;mergence, dans un contexte de mondialisation, de mouvements nationalistes et x&#233;nophobes inspir&#233;s par des formes pathologiques d'hypertrophie identitaire, leur h&#233;ritage humain et culturel est d&#233;cisif pour notre pr&#233;sent et notre avenir. Todorov, en particulier, a &#233;labor&#233; au cours du temps, des r&#233;flexions fondamentales sur le caract&#232;re &#171; relationnel &#187; et &#171; construit &#187; de l'identit&#233;, &#224; partir d'une &#339;uvre des ann&#233;es 1980 sur le th&#232;me de la conqu&#234;te de l'Am&#233;rique par les Europ&#233;ens (La conqu&#234;te de l'Am&#233;rique. La question de l'autre, Paris, Robert Laffont, 1982), un &#233;v&#233;nement qui, comme on peut s'en apercevoir, a occup&#233; dans la culture occidentale une grande valeur symbolique. Comme chacun peut en faire l'exp&#233;rience, la perception que nous avons de notre propre identit&#233; passe &#224; travers la perception qu'en ont les autres et le regard qu'ils jettent sur nous. Par la force des choses, nous ne nous connaissons qu'en raison des relations et des conflits que nous entretenons. Seules la distance et la diff&#233;rence rendent possible la connaissance de soi-m&#234;me et du monde qui nous entoure. Le sujet de la diversit&#233;, la r&#233;flexion sur le rapport entre &#171; nous &#187; et &#171; autrui &#187; irriguent la vie et l'&#339;uvre intellectuelle de Todorov. &#171; Nous et les autres &#187; est d'ailleurs le titre d'un ouvrage publi&#233; en 1989 (Nous et les autres. La r&#233;flexion fran&#231;aise sur la diversit&#233; humaine, Editions du seuil, Paris), dans lequel la nation et le nationalisme sont l'objet d'une analyse sp&#233;cifique. La nation, selon Todorov et la culture d'inspiration f&#233;d&#233;raliste, est une construction, &#171; ce n'est pas un groupe qui a vu le jour spontan&#233;ment &#187;, et surtout, contrairement &#224; la famille, &#171; ce n'est ni une vraie &#233;cole de solidarit&#233;&#8230;ni une simple transition vers le respect de l'ensemble des &#234;tres humains de tous horizons. Voil&#224; pourquoi le pass&#233; est abreuv&#233; d'exemples o&#249; la d&#233;votion familiale souffre la tol&#233;rance de l'&#233;tranger, quand le nationalisme, jamais ne satisfait aucune aspiration &#224; l'universel &#187;. En substance, la nation et l'humanit&#233;, l'universel sous la plume de Todorov, forment entre eux un oxymore inconciliable. La culture f&#233;d&#233;raliste, en ces cas, offre au contraire une autre vision via les possibilit&#233;s de gouvernement &#224; diff&#233;rents niveaux dans lesquels la nation et le monde ne sont que des degr&#233;s distincts, li&#233;s entre eux par un syst&#232;me politique identique. Dans ce sc&#233;nario, l'appartenance nationale n'est plus exclusive et peut se marier avec cet universel, &#224; l'instar des diff&#233;rents niveaux de citoyennet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barbares et gens &#233;clair&#233;s, &#224; nouveau, nous et les autres, une autre contradiction fondamentale observ&#233;e et diss&#233;qu&#233;e par Todorov. Nous sommes, dans cette approche ethnocentrique qui pr&#233;vaut souvent dans l'Histoire humaine et dont le nationalisme de l'&#232;re moderne est l'expression la plus aboutie, ceux que la fortune a fait na&#238;tre en cette partie du fleuve, sujets aux m&#339;urs &#233;volu&#233;es ; les autres, ceux qui sont n&#233;s, non moins par hasard, sur l'autre rive, sont les sauvages, pour paraphraser une maxime c&#233;l&#232;bre de Pascal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en v&#233;rit&#233;, qui sont les barbares ? s'interroge Todorov, reprenant l'ancien dicton de Montaigne : &#171; les barbares &#8211; remarque-t-il, sont ceux qui nient la pleine humanit&#233; de leurs semblables. Cela ne signifie pas qu'ils ignorent leur propre nature humaine, ni qu'ils l'oublient, mais qu'ils se comportent comme si les autres n'&#233;taient pas humains, o&#249; ne l'&#233;taient que partiellement &#187;. Comment donc &#244;ter la barbarie de ce monde ? Uniquement en reconnaissant r&#233;ciproquement une humanit&#233; commune passant outre l'affrontement des civilisations qui menace le monde. Il est &#233;vident aux yeux de tous qu'il reste, aujourd'hui encore, un long chemin &#224; parcourir dans cette direction. Todorov rel&#232;ve, dans un essai publi&#233; en France en 2008 &#224; propos de la crise d&#233;mocratique europ&#233;enne (La peur des barbares. Au-del&#224; du choc des civilisations, Paris, Robert Laffont), qu'au-del&#224; des d&#233;saccords politiques et culturels typiques du vingti&#232;me si&#232;cle, entre l'Est et l'Ouest, le Nord et le Sud, une grande fissure se dessine d&#233;sormais en cette &#233;poque de mondialisation hors de contr&#244;le, entre les r&#233;gions domin&#233;es par la peur et celles o&#249; la rancune et le ressentiment r&#232;gnent en ma&#238;tres. Ces passions collectives, toujours plus nourries et l&#233;gitim&#233;s par des dirigeants opportunistes et, de fait, criminels, destinent des Hommes &#224; nier l'humanit&#233; de leur prochain. &#171; Nos d&#233;mons &#8211; note l'&#233;crivain &#8211; nous incitent &#224; ressembler &#224; l'ennemis pour mieux l'abattre. Mais terroriser un terroriste veut dire aussi lui &#234;tre semblable &#187;. Todorov &#233;crit &#233;galement un propos similaire, suivant une ligne de pens&#233;e qui va de Montesquieu &#224; Camus : &#171; un dessein noble ne justifie jamais un moyen ignoble&#8230; les m&#233;thodes ainsi mises &#224; profit peuvent annuler la r&#233;solution entreprise &#187;. Il convient de le pr&#233;ciser, sur les traces de ce m&#234;me Todorov, nous sommes, aujourd'hui, moins en face d'un &#171; conflit entre civilisations &#187; qu'au c&#339;ur d'une m&#233;sentente au sein m&#234;me de &#171; ces civilisations &#187;. Pensons simplement aux blessures profondes engendr&#233;es par les discordes qui secouent le monde musulman (nous omettons trop souvent que les premi&#232;res victimes des terroristes islamistes sont musulmanes), ou &#224; la fracture sociale et culturelle qui marque en leur for int&#233;rieur les soci&#233;t&#233;s occidentales. Craintes et amertume se retrouvent dans toutes les soci&#233;t&#233;s, sans pour autant se situer aux fronti&#232;res entre les &#201;tats et les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Todorov situe le nouveau d&#233;sordre mondial, ainsi qu'il l'affirme dans un livre publi&#233; en 2003 (Le nouveau d&#233;sordre mondial. R&#233;flexions d'un Europ&#233;en, Robert Laffont, Paris), dans la p&#233;riode qui fait suite aux attentats terroristes de septembre 2001, au cours de laquelle la sc&#232;ne internationale pr&#233;senta des conflits, autant entre civilisations qu'&#224; l'int&#233;rieur de celles-ci, ainsi que nous l'avons &#233;voqu&#233; pr&#233;c&#233;demment. L'Occident en g&#233;n&#233;ral, et l'Europe en particulier ont un nouvel ennemi interne, les &#171; n&#233;ocons &#187; (n&#233;o-fondamentalistes) am&#233;ricains, partisans de la &#171; guerre pr&#233;ventive &#187; &#224; l'image de celle qui a failli en Irak et de la strat&#233;gie, elle aussi vou&#233;e &#224; l'&#233;chec, de l'expansion de la d&#233;mocratie par les armes. Todorov oppose au mod&#232;le Outre-Atlantique fond&#233; sur la puissance militaire, celui d'une puissance d&#233;mocratique repr&#233;sent&#233;e par l'Europe qui se caract&#233;rise par une capacit&#233; &#224; limiter son propre pouvoir gr&#226;ce au droit et &#224; l'habitude de la coop&#233;ration et des accords internationaux. Cela ne signifie pas, aux dires de l'&#233;crivain, que l'Union europ&#233;enne ne doive pas se doter d'une force militaire commune, c'est m&#234;me une n&#233;cessit&#233;, mais que cette derni&#232;re doit avoir une fin bien d&#233;limit&#233;e : d&#233;fendre le territoire de l'Union, emp&#234;cher d'&#233;ventuelles guerres en Europe, jouir d'une capacit&#233; de dissuasion, &#234;tre en mesure d'intervenir sur des th&#233;&#226;tres ext&#233;rieurs &#224; l'Europe, pour emp&#234;cher un g&#233;nocide en cours ou si des gouvernements en expriment le besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de la d&#233;mocratie participative, en Europe et ailleurs, escorte ce nouveau d&#233;sordre mondial. L'&#233;crivain, qui, dans sa &#171; Lecture d'Altiero Spinelli &#187; en mai 2005 au centre d'&#233;tudes sur le f&#233;d&#233;ralisme de Turin, parle deux jours seulement avant le rejet du projet de constitution europ&#233;enne par un r&#233;f&#233;rendum tenu en France (interpr&#233;t&#233; comme une victoire du populisme et une grogne contre la d&#233;mocratie), identifie trois facteurs essentiels qui expliquent la crise de ce mod&#232;le, tous susceptibles de concerner quelques individus au m&#234;me titre que la collectivit&#233; dans son ensemble : la domination par des d&#233;magogues soutenue par de nouveaux moyens de communication de masse ; le pouvoir &#233;conomique et financier d'une &#233;conomie mondiale qui &#233;chappe d&#233;sormais &#224; tout contr&#244;le politique des &#201;tats ; et enfin le terrorisme qui a soustrait aux &#201;tats leurs ressources fondamentales, le &#171; monopole de la force l&#233;gitime &#187; pour reprendre les termes de Max Weber.&lt;br class='autobr' /&gt;
Todorov affirme que cette situation rend n&#233;cessaire le &#171; renforcement des institutions publiques, des &#201;tats comme des groupes d'&#201;tats &#187;, sans omettre de pr&#233;ciser que &#171; ce qu'il faut limiter, ce n'est pas la libert&#233; des particuliers, mais leur pouvoir &#187;. En substance, l'auteur reconna&#238;t l'importance d&#233;cisive de la dimension institutionnelle, juridique, et statutaire dans la vie des hommes, une vision qui correspond &#233;troitement &#224; la culture f&#233;d&#233;raliste, &#224; laquelle Todorov n'appartenait pas vraiment. &#171; L'absence d'une quelconque forme d'&#201;tat est pire qu'un mauvais &#201;tat &#187; : dans cette actualit&#233; fa&#238;te d'&#201;tats faillis (songeons aux Moyen-Orient et aux catastrophes qui s'y d&#233;roulent), ce jugement montre toute sa pertinence. L'Europe, pour finir ; Todorov s'explique, au cours d'une interview, sur ce th&#232;me : &#171; le sens de la citoyennet&#233; europ&#233;enne demeure tr&#232;s fort en moi, je d&#233;ambule, fier de la tradition de ce continent et je suis fier d'&#234;tre ressortissant de cette entit&#233; qui fait du pluralisme et de la complexit&#233; ses caract&#233;ristiques les plus remarquables&#8230; L'Europe tra&#238;ne &#233;galement, cela va de soi, de nombreuses pages sombres et douloureuses, mais je reste convaincu qu'il est possible de se projeter en un mod&#232;le positif &#224; partir de son histoire, et en ce mod&#232;le, je m'identifie en tant que personne &#187;. Todorov reconnaissait, on l'a vu, l'importance des institutions communes, de la souverainet&#233; statutaire partag&#233;e par tous les Europ&#233;ens. Ce ne fut pourtant pas le sommet de son &#339;uvre intellectuelle, laquelle se centrait pour l'essentiel aux aspects anthropologiques et culturels du processus de construction de l'unit&#233; de l'Europe, en raison de sa formation de s&#233;miologue et de philosophe de la communication. Il observe que la culture doit devenir &#171; le troisi&#232;me pilier de la construction de l'europ&#233;enne avec l'&#233;conomie et les institutions politiques et juridiques. Nous gardons l'espoir d'un suppl&#233;ment d'&#226;me, une dimension spirituelle et affective, absent autre part &#187;. Et encore, une id&#233;e politique accro&#238;t son efficacit&#233; uniquement si elle est port&#233;e, non seulement par des int&#233;r&#234;ts communs, mais aussi par des passions partag&#233;es &#187;. Ce sont justement ces passions, qui aujourd'hui, en ces temps difficiles, devraient &#234;tre retrouv&#233;es pour essayer de construire un nouveau r&#233;cit &#171; chaleureux &#187; sur l'Europe, qui ne saurait se limiter au march&#233; ou &#224; la monnaie. L'h&#233;ritage de Todorov, mais &#233;galement ceux de Bauman et de Matvejevic &#224; qui il fut fait allusion au d&#233;but de cet article, peuvent, dans une certaine mesure nous aider &#224; le raconter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Giampiero Bordino&lt;br class='autobr' /&gt;
Professeur d'histoire contemporaine et analyste politique &#8211; Pr&#233;sident du Centre Einstein d'&#233;tudes internationales de Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; initialement en anglais par The Federalist Debate &#8211; Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Alexandre Marin &#8211; Paris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
