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	<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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	<description>Presse f&#233;d&#233;raliste diffuse des publications relatives au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en et mondial.</description>
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		<title>Presse f&#233;d&#233;raliste</title>
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		<title>La crise des social-d&#233;mocraties europ&#233;ennes et les d&#233;fis de la globalisation</title>
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		<dc:creator>Giampiero Bordino</dc:creator>



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&lt;p&gt;Dans un contexte de crise &#233;conomique et financi&#232;re mondiale d&#233;but&#233;e en 2008 et de processus de mondialisation, le d&#233;clin &#233;lectoral et politique des social-d&#233;mocraties europ&#233;ennes au cours des derni&#232;res d&#233;cennies est d&#233;sormais reconnu comme une &#233;vidence empirique. The Economist a &#233;crit que, depuis le d&#233;but de cette crise, les social-d&#233;mocraties europ&#233;ennes ont perdu environ un tiers de leurs &#233;lecteurs, ce qui est le pire r&#233;sultat depuis la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale. Publi&#233;e par la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-180-Decembre-2018-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 180 - D&#233;cembre 2018&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un contexte de crise &#233;conomique et financi&#232;re mondiale d&#233;but&#233;e en 2008 et de processus de mondialisation, le d&#233;clin &#233;lectoral et politique des social-d&#233;mocraties europ&#233;ennes au cours des derni&#232;res d&#233;cennies est d&#233;sormais reconnu comme une &#233;vidence empirique. The Economist a &#233;crit que, depuis le d&#233;but de cette crise, les social-d&#233;mocraties europ&#233;ennes ont perdu environ un tiers de leurs &#233;lecteurs, ce qui est le pire r&#233;sultat depuis la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale. Publi&#233;e par la revue on line Social Europe, une r&#233;cente &#233;tude analytique (juillet 2017) sur les donn&#233;es &#233;lectorales en Europe, portant sur 13 partis pendant une p&#233;riode allant de 1993 &#224; 2017, d&#233;crit et confirme le d&#233;clin, pour ne pas dire l'effondrement, des social-d&#233;mocraties et de la gauche europ&#233;enne, plus particuli&#232;rement. Cette &#233;tude distingue trois phases au cours de cette p&#233;riode globale : l'apr&#232;s-Maastricht (1993-2000), l'apr&#232;s-euro (2001-2008) et enfin l'apr&#232;s-crise (2008-2017) qui repr&#233;sente le point culminant du d&#233;clin &#233;lectoral de la gauche. En r&#233;sum&#233;, alors qu'&#224; la fin des ann&#233;es 1990 les partis socialistes gouvernaient et &#233;taient &#224; la t&#234;te de coalitions dans 13 des 15 &#201;tats membres de l'Union europ&#233;enne (UE) de l'&#233;poque, 2017 se termine avec la gauche en minorit&#233; dans la quasi-totalit&#233; des 28 &#201;tats de l'Union, &#224; l'exception du Portugal, o&#249; une coalition entre socialistes, partis de la gauche plus radicale et Verts dirige le gouvernement avec un certain succ&#232;s quant au consensus et aux r&#233;sultats, et de l'Italie o&#249; le PD (Parti D&#233;mocratique), h&#233;ritier en quelque sorte des traditions social-d&#233;mocrate et membre du parti socialiste europ&#233;en (PSE), dirigeait encore le pays (&#224; l'&#233;poque de la r&#233;daction de l'article, ndlr.), m&#234;me si, lui-aussi, d&#233;clineait fortement au niveau &#233;lectoral et conna&#238;t une &#233;vidente crise identitaire. L'article fait porter l'analyse des donn&#233;es &#233;galement sur trois grandes zones g&#233;ographiques : le nord, le centre et le sud, zone dans laquelle le d&#233;clin des partis socialistes / social-d&#233;mocrate est plus marqu&#233;. Entre 2001 et 2009, le pourcentage moyen des votes des partis du sud de l'Europe avait &#233;t&#233; de 36,3 % ; depuis, il y a eu une perte d'environ 15 points (pourcentage moyen de 21,37 % entre 2009 et 2017). La France et l'Allemagne, les deux pays moteurs de l'Union, sont eux aussi dans un contexte de d&#233;clin de leurs partis socialistes respectifs. En France, Beno&#238;t Hamon, candidat du Parti Socialiste aux derni&#232;res &#233;lections pr&#233;sidentielles remport&#233;es par Macron &#224; la t&#234;te d'un mouvement politique tout &#224; fait nouveau et, en m&#234;me temps, fortement europ&#233;iste, n'a recueilli au premier tour que 6 % des voix. Une crise d&#233;vastatrice si l'on songe que, si nous voulons faire une comparaison significative, Mitterrand avait gagn&#233; les &#233;lections pr&#233;sidentielles de 1981 avec 25,9 % au premier tour et 51,8 % au deuxi&#232;me tour. En Allemagne, le SPD n'a comptabilis&#233; que 20,5 % aux derni&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives de septembre 2017, gagn&#233;es encore une fois par le parti de la chanceli&#232;re Merkel. Le d&#233;clin est particuli&#232;rement fort et &#233;vident &#233;galement dans les pays de l'est europ&#233;en, entr&#233;s dans l'Union apr&#232;s la fin du communisme. Pour donner un exemple, en R&#233;publique tch&#232;que, le parti social-d&#233;mocrate avait obtenu 32,3 % des voix en juin 2006 et il est tomb&#233; &#224; 7,3 % lors des &#233;lections politiques d'octobre 2017. Dans ce contexte, le meilleur r&#233;sultat quantitatif est celui du parti travailliste britannique de Jeremy Corbyn qui, lors des &#233;lections politiques de juin 2017, gagn&#233;es cependant par les conservateurs, a obtenu 40 % des voix (+ 9,6 %) avec un programme anti-lib&#233;ral plut&#244;t radical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi remarquer que la crise des mouvements politiques progressistes et de gauche est mondiale et pas uniquement europ&#233;enne. De ce point de vue, il est r&#233;v&#233;lateur de voir que, lors du dernier sommet du G20, qui s'est d&#233;roul&#233; &#224; Hambourg en juillet 2017, &#233;taient pr&#233;sents seulement trois gouvernements reconductibles dans la sph&#232;re politique du centre-gauche, avec une forte pr&#233;sence du centre : ceux du Canada, de la Cor&#233;e du Sud et de l'Italie. Et tr&#232;s r&#233;v&#233;lateur aussi est le fait que les &#201;tats-Unis, qui sont encore &#224; l'heure actuelle, m&#234;me si en fort d&#233;clin, la plus grande puissance mondiale, en tout cas du point de vue militaire, soient gouvern&#233;s par Donald Trump, repr&#233;sentant un populisme de droite n&#233;o-nationaliste qui progresse m&#234;me en dehors des pays occidentaux, comme le d&#233;montre tout particuli&#232;rement le cas de l'Inde indouiste et nationaliste de Narendra Modi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quel cadre g&#233;n&#233;ral, dans quel contexte faut-il placer le d&#233;clin, jusqu'ici sommairement d&#233;fini, des mouvements politiques progressistes et de gauche, aussi bien en Europe que dans le reste du monde ? Le contexte n'est pas seulement repr&#233;sent&#233; par la crise financi&#232;re et &#233;conomique n&#233;e en 2008 aux &#201;tats-Unis, avec toutes ses cons&#233;quences sociales (ch&#244;mage, pr&#233;carit&#233; dans le travail, baisse des revenus, in&#233;galit&#233;s, crise des classes moyennes etc&#8230;) auxquelles s'ajoutent en s'imbriquant les cons&#233;quences de la r&#233;volution scientifique et technologique en cours : automatisation, digitalisation, d&#233;sinterm&#233;diation etc&#8230; et donc une forte r&#233;duction des possibilit&#233;s de travail. Depuis longtemps, une transformation politique, institutionnelle et culturelle plus g&#233;n&#233;rale est en cours qui, dans le cadre du processus de mondialisation, se manifeste par la crise de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative et des grands &#171; interm&#233;diaires &#187; traditionnels de ce mod&#232;le du si&#232;cle dernier (partis politiques de masses, syndicats, grandes institutions publiques de formation, telles l'&#233;cole etc&#8230;) ; par l'&#233;mergence de mouvements populistes et de leaders qui agissent comme des &#171; entrepreneurs de la peur &#187; dans un rapport direct entre le &#171; chef &#187; et le &#171; peuple &#187; ; par la tendancielle h&#233;g&#233;monie culturelle, que personne ne combat de fa&#231;on appropri&#233;e, de perspectives souverainistes, n&#233;o-nationalistes, x&#233;nophobes et identitaires, toutes bas&#233;es sur l'opposition entre &#171; nous &#187; et &#171; eux &#187; (les &#233;trangers, les migrants, mais pas seulement). Cela se passe dans un contexte de d&#233;clin des &#171; grandes histoires &#187; progressistes du si&#232;cle dernier (id&#233;ologies, dans un autre langage) et plus particuli&#232;rement de celles d'inspiration socialiste, qui lisaient l'histoire comme un parcours de progr&#232;s et de lib&#233;ration et la politique comme la participation directe au d&#233;bat public et aux processus d&#233;cisionnels collectifs. L'id&#233;ologie dominante des derni&#232;res d&#233;cennies, le n&#233;o-lib&#233;ralisme et le fondamentalisme de march&#233; (bas&#233; sur la formule : l'&#201;tat est le probl&#232;me, le march&#233; est la solution) est en crise, elle-aussi, apr&#232;s avoir mis en &#233;vidence ses &#233;checs (comme on le sait, les &#201;tats ont d&#251; intervenir, avec l'argent public, pour sauver les march&#233;s) et laisse un vide qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, n'a &#233;t&#233; combl&#233; avec un certain succ&#232;s que par les mouvements n&#233;o-nationalistes et souverainistes. Ce n'est pas un hasard si aujourd'hui, en Occident et non seulement, les &#171; d&#233;mocratures &#187; (hybride de d&#233;mocratie et dictature) personnifi&#233;es, par exemple, par Poutine en Russie, par Erdogan en Turquie ou par Orban en Hongrie ont une bonne capacit&#233; de s&#233;duction. M&#234;me Trump, aux &#201;tats Unis, aspirerait &#224; la &#171; d&#233;mocrature &#187; ; cependant, du moins pour le moment, les contrepouvoirs traditionnels de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative et f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine, les autonomies locales, les &#201;tats f&#233;d&#233;raux, les juges, la presse etc&#8230; l'en emp&#234;chent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation est le cadre incontournable de r&#233;f&#233;rence de tout cela, de cette grande r&#233;gression des mouvements progressistes et de gauche. &#192; la base de la mondialisation, il y a l'extraordinaire r&#233;volution technologique dans les communications, les informations et les transports qui a tendance &#224; compresser et &#224; r&#233;initialiser le temps et l'espace et qui fait que le monde entier est interd&#233;pendant comme jamais auparavant. Une r&#233;volution dont les capacit&#233;s de transformation ont &#233;t&#233;, pour ainsi dire, &#171; lib&#233;r&#233;es &#187;, et donc rendues en grande partie incontr&#244;lables, par les politiques n&#233;o-lib&#233;rales qui ont &#233;t&#233; dominantes au cours des derni&#232;res d&#233;cennies. Par voie de cons&#233;quence, aujourd'hui, les flux globaux (de capitaux, de marchandises, de personnes, d'informations, d'images, de valeurs etc&#8230;) traversent et, pour ainsi dire, &#171; infl&#233;chissent &#187; les lieux qui, &#224; leur tour, sont oblig&#233;s d'interagir et de &#171; n&#233;gocier &#187; avec les flux. La dialectique flux/lieux est devenue d&#233;cisive de partout. Le r&#244;le principal de ces flux est tenu par de nouveaux acteurs transnationaux et mondiaux qui, dans une large mesure, ne sont pas des &#201;tats mais des acteurs priv&#233;s, donc tout &#224; fait d&#233;pourvus de l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique fond&#233;e sur le consensus : entreprises, multinationales financi&#232;res, manufacturi&#232;res ou tertiaires ; criminalit&#233; organis&#233;e transnationale, dont les chiffres d'affaires d&#233;passent souvent en volume les bilans des &#201;tats ; terrorisme transnational. En fait, les &#201;tats nationaux et, dans une certaine mesure, aussi les &#201;tats qui ont des dimensions continentales &#224; caract&#232;re d&#233;mocratique&#8211;f&#233;d&#233;ral, comme les &#201;tats Unis ou l'Inde, et &#224; caract&#232;re autoritaire, comme la Chine ou la Russie, sont travers&#233;s par des flux qu'ils ne sont plus en mesure de contr&#244;ler, et souvent m&#234;me de conna&#238;tre, ce qui rend d&#233;sormais illusoire la revendication d'une souverainet&#233; propre (comprise, suivant les conventions, comme le pouvoir qui ne reconna&#238;t aucun autre pouvoir au-dessus du sien et est la source de tous les pouvoirs en-dessous du sien). Dans la pratique, les &#201;tats ne sont plus en mesure de garantir aux citoyens, qui per&#231;oivent et vivent cette exp&#233;rience, qu'ils ne savent pas le plus souvent comprendre de fa&#231;on rationnelle, les biens publics fondamentaux qui en ont toujours justifi&#233; l'existence et le pouvoir de gouvernement : la paix, le droit, le travail, la stabilit&#233; de la monnaie et de l'&#233;pargne, le savoir, la protection publique par rapport aux grands risques de la vie que sont la perte du travail, la maladie ou la vieillesse (le Welfare State) ; en un mot, la s&#233;curit&#233; sous tous ses aspects et ses dimensions, la s&#233;curit&#233; &#171; humaine &#187;, suivant la terminologie actuellement en vigueur. Le &#171; pacte &#187; traditionnel entre les &#201;tats et les citoyens &#8211; garantie des biens publics versus reconnaissance de l'autorit&#233; de l'&#201;tat &#8211; est, si l'on peut dire, &#171; rompu &#187;. C'est dans ce cadre que s'expliquent l'hostilit&#233; et le ressentiment des peuples de plus en plus r&#233;pandus contre toute institution et toute &#233;lite dirigeante, qu'elles soient nationales, internationales ou supranationales, comme tout particuli&#232;rement l'UE et ses gouvernances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant tout cela, pour faire face &#224; la crise &#233;conomique et financi&#232;re de 2008 et, surtout, &#224; la grande transformation d&#233;crite ci-dessus, g&#233;n&#233;r&#233;e par la mondialisation, quels sont les approches et les projets innovants qu'ont mis en &#339;uvre au cours des derni&#232;res d&#233;cennies les partis et les mouvements socialistes et social-d&#233;mocrate europ&#233;ens, et de fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale la gauche europ&#233;enne, pour tenter de gagner leur bataille politique et, avant m&#234;me cela, leur bataille culturelle ? On serait tent&#233; de dire : rien de nouveau, ou presque rien de nouveau sous le soleil. En effet, presque partout, les projets et les politiques de la gauche se situent entre deux &#171; p&#244;les &#187;, tous deux pour ainsi dire &#171; hors du temps &#187; et aussi en partie &#171; hors sujet &#187; et donc destin&#233;s &#224; dispara&#238;tre. Le premier p&#244;le, celui qui est sorti pendant les ann&#233;es de l'h&#233;g&#233;monie culturelle du n&#233;o-lib&#233;ralisme, est constitu&#233; fondamentalement par la &#171; troisi&#232;me voie &#187; de Tony Blair : redimensionnement de l'&#201;tat social, car impossible &#224; tenir fiscalement, et aussi, en m&#234;me temps, de l'&#201;tat entrepreneur ; flexibilit&#233; plus importante du march&#233; du travail ; d&#233;veloppement de l'auto-entreprenariat et ainsi de suite. Comme on l'a d&#233;j&#224; dit, particuli&#232;rement pr&#233;sent dans le programme des travaillistes de Corbyn mais aussi dans des secteurs minoritaires des partis socialistes eux-m&#234;mes et, plus g&#233;n&#233;ralement, dans les mouvements politiques de la gauche radicale, le deuxi&#232;me p&#244;le s'appuie sur le retour au paradigme keyn&#233;sien de l'&#201;tat social, de la d&#233;pense publique, des politiques fiscales de redistribution, dans un but essentiellement ou exclusivement national. Pourquoi ces deux paradigmes, bien que diff&#233;rents et aussi, d'une certaine fa&#231;on, oppos&#233;s sont-ils tous deux au fond &#171; hors du temps &#187; et &#171; hors sujet &#187; ? &#171; Hors du temps &#187; parce que le premier p&#244;le, le blairiste, appartient &#224; une &#233;poque d'avant-crise (avant 2008) ; il s'est r&#233;v&#233;l&#233; totalement impuissant, d'une part, &#224; gouverner la &#171; grande mutation &#187; li&#233;e &#224; la mondialisation (augmentation des in&#233;galit&#233;s, crise des classes moyennes etc&#8230;) et, d'autre part, &#224; affronter les mouvements identitaires n&#233;o-nationalistes, populistes, souverainistes &#233;mergents et souvent aussi gagnants au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es. &#171; Hors du temps &#187; parce que le deuxi&#232;me p&#244;le renvoie, lui aussi, &#224; un pass&#233; r&#233;volu, &#224; l'&#233;poque de la croissance de la p&#233;riode d'apr&#232;s-guerre, de ce que l'on appelle les &#171; trente glorieuses &#187; (entre 1945 et la crise p&#233;troli&#232;re des ann&#233;es 1970), &#224; l'&#233;poque d'un extraordinaire d&#233;veloppement social fond&#233; sur un grand &#171; pacte &#187; implicite entre le capital et le travail, ce qui ne peut plus &#234;tre reproduit aujourd'hui. Enfin, &#171; Hors sujet &#187; parce que les grands probl&#232;mes de la crise en cours, les grands th&#232;mes litigieux ne sont pas tant et seulement ceux de la d&#233;pense publique, des politiques de redistribution, de la pr&#233;carit&#233; du travail ; mais, avant tout, comme on a essay&#233; de le dire ci-dessus, ce sont ceux de l'impuissance des &#201;tats et du pouvoir politique, dans un contexte de mondialisation, &#224; apporter et garantir les biens publics fondamentaux, de la paix au droit au travail, qui sont n&#233;cessaires &#224; la vie des citoyens et aussi au fonctionnement m&#234;me des march&#233;s. Comment peut-on r&#233;cup&#233;rer la souverainet&#233; perdue afin de pouvoir vraiment mettre en place des politiques de redistribution, des politiques de d&#233;veloppement durable, des politiques de plein emploi et, avant toute chose, vu leur urgence, des politiques de stabilisation et de pacification dans les zones de crise &#224; l'ext&#233;rieur de l'Europe (Moyen-Orient, Afrique) et, donc, &#233;galement des politiques efficaces dans la gestion des flux migratoires ? Est-ce qu'il existe une autre voie que celle du n&#233;onationalisme et du populisme qui promet le salut par l'isolement, le verrouillage et le retour &#224; des formes de souverainet&#233; nationale exclusives et discriminantes rappelant le XVIIIe si&#232;cle ? Une route qui est l'antichambre des guerres, comme toute l'exp&#233;rience historique du XIXe si&#232;cle le d&#233;montre ? Si l'&#233;conomie, la finance, les march&#233;s sont mondialis&#233;s et si, par cons&#233;quent, les impositions fiscales sont partout nomades et &#171; fugitives &#187;, comment peut-on garantir un nouveau bien-&#234;tre social durable ? Si tous les grands d&#233;fis auxquels nous devons faire face (la paix et la guerre, la stabilit&#233; financi&#232;re et mon&#233;taire, la sauvegarde environnementale, la gestion des flux migratoires, la cohabitation dans les m&#234;mes lieux de groupes humains et de personnes d'origines, de culture, de religions etc&#8230; diverses) sont mondialis&#233;s, produits par l'interd&#233;pendance plan&#233;taire et port&#233;s par les flux mondiaux qui traversent chaque lieu, comment peut-on donner l'illusion qu'on peut r&#233;cup&#233;rer la souverainet&#233; perdue au seul niveau national ? Il est bien &#233;vident que la souverainet&#233; ne peut r&#233;ellement &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;e qu'en la partageant avec d'autres, &#224; des niveaux sup&#233;rieurs, supranationaux, continentaux et mondiaux : quel est donc le projet de nouvel &#201;tat et de nouvelle d&#233;mocratie qu'il faut imaginer et construire ? Et quels sont les nouveaux mod&#232;les d'organisation politique et de culture conceptuelle qu'il faut-il mettre en place pour b&#233;n&#233;ficier d'acteurs en mesure de poursuivre ces buts ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe et dans le monde, le futur des gauches et des mouvements progressistes est avant tout li&#233; &#224; leur capacit&#233; &#224; r&#233;pondre &#224; ces questions incontournables. Ceci n&#233;cessite la disponibilit&#233; de penser le futur d'une mani&#232;re nouvelle et la capacit&#233; d'imaginer un v&#233;ritable nouveau paradigme, qui doit &#234;tre construit et ensuite g&#233;r&#233;, bien au-del&#224; de la vision &#224; court terme et du temps restreint qui marquent aujourd'hui, presque toujours, les actions des classes dirigeantes, qu'elles soient politiques ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on arrive &#224; temps car, comme on le sait, le temps n'attend pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Giampiero Bordino&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Professeur d'histoire contemporaine et analyste politique &#8211; Turin&lt;br class='autobr' /&gt;
Article initialement publi&#233; dans The Federalist Debate &#8211; Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Ivana Graziani &#8211; Vienne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Aspects structurels de la crise de la gauche</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Aspects-structurels-de-la-crise-de-la-gauche</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucio Levi</dc:creator>



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&lt;p&gt;La crise de la gauche est un ph&#233;nom&#232;ne de large ampleur qui n'est pas circonscris &#224; l'Italie (ou &#224; La France, ndt.), mais qui int&#233;resse tout le mode occidental et industrialis&#233;. Ce n'est pas un fait conjoncturel, transitoire, mais il puise ses racines dans les changements de nature structurelle qui concernent le mode de production et l'ordre politique international. La gauche perd progressivement du consensus car elle n'a pas su affronter ces modifications. D'autre part, ces changements (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-180-Decembre-2018-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 180 - D&#233;cembre 2018&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La crise de la gauche est un ph&#233;nom&#232;ne de large ampleur qui n'est pas circonscris &#224; l'Italie (ou &#224; La France, ndt.), mais qui int&#233;resse tout le mode occidental et industrialis&#233;. Ce n'est pas un fait conjoncturel, transitoire, mais il puise ses racines dans les changements de nature structurelle qui concernent le mode de production et l'ordre politique international. La gauche perd progressivement du consensus car elle n'a pas su affronter ces modifications. D'autre part, ces changements sont tellement profonds qu'ils ont entrain&#233; des cons&#233;quences similaires pour la droite mod&#233;r&#233;e de grouvernement, pour laquelle on enregistre un d&#233;clin similaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La fin de la centralit&#233; de la classe ouvri&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu la crise de la gauche est une crise de la repr&#233;sentativit&#233; politique. Les partis communistes et socialistes, de m&#234;me que les syndicats, se sont cr&#233;&#233;s pour repr&#233;senter la classe ouvri&#232;re et en affirmer le pouvoir. Marx insistait sur le d&#233;veloppement de la r&#233;volution industrielle, car elle avait accru le nombre des ouvriers et l'influence parlementaire et syndicale de la classe ouvri&#232;re, cr&#233;ant ainsi les conditions pour porter au pouvoir les partis ouvriers. Aujourd'hui, la r&#233;volution scientifique change la composition de la soci&#233;t&#233; : alors que croit le nombre des membres du secteur tertiaire, la classe ouvri&#232;re, qui &#233;tait le v&#233;hicule des r&#233;volutionnaires et des r&#233;formes socialistes, est en voie d'extinction. Un ph&#233;nom&#232;ne analogue s'&#233;tait d&#233;roul&#233; avec la r&#233;volution industrielle, qui avait entra&#238;n&#233; la diminution du nombre des paysans, qui repr&#233;sente aujourd'hui un pourcentage (en Italie, ndt.) de l'ordre de 3 % du total de la population active.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui la gauche continue de d&#233;fendre les droits des anciens travailleurs (les retrait&#233;s), mais pas des nouveaux (les jeunes), qui doivent lutter contre le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233;, les nouvelles formes d'exploitation et de pauvret&#233;, les in&#233;galit&#233;s croissantes. La classe ouvri&#232;re actuelle est compos&#233;e de travailleurs non qualifi&#233;s form&#233;s dans le meilleur des cas &#224; op&#233;rer dans les domaines de la restauration, de la propret&#233;, des transports, du commerce, etc. avec des contrats &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e ou &#224; temps partiel et des bas salaires. &#192; la diff&#233;rence de la classe ouvri&#232;re de l'&#233;poque des cha&#238;nes de montage, il s'agit d'une masse inorganis&#233;e et indistincte, sensible &#224; la force d'attraction du populisme et &#224; la recherche d'un refuge dans le nationalisme et le protectionisme. L'exploitation a pris l'espect de la pr&#233;carit&#233;. La repr&#233;sentation des personnes marginalis&#233;es et des milieux sociaux les plus faibles est une t&#226;che que la gauche n'arrive plus &#224; remplir. C'est pourquoi ceux-ci se sont senti trahis et abandonn&#233;s par ceux qui devaient les prot&#233;ger. Ne trouvant pas de protection dans un projet collectif progresssiste beaucoup de personnes apparteannt aux classes sociales les plus faibles ont d&#233;cid&#233; de se fier &#224; des id&#233;es r&#233;actionnaires comme le protectionisme et le nationalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle veut continuer &#224; avoir une vocation majoritaire, la gauche doit apporter une r&#233;ponse &#224; ces demandes. Quels sujets sociaux veut-elle rep&#233;rsenter ? &#192; quels besoins et instances sociales veut-elle r&#233;pondre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La centralit&#233; de la classe ouvri&#232;re n'existe plus, mais les in&#233;galit&#233;s produites par une mondialisation non gouvern&#233;e croissent. &#8220; Nous sommes les 99 %&#8221;, criaient les militants du mouvement Occcupy Wall Street. Ils avaient raison, mais ils ont &#233;t&#233; d&#233;faits et ils ont battu en retraite, car ils n'avaient pas une strat&#233;gie pouvant aller au del&#224; de la d&#233;nonciation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;rosion de la souverainet&#233; nationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, l'int&#233;gration europ&#233;enne et la mondialisation ont d&#233;termin&#233; l'&#233;rosion de la souverainet&#233; nationale. Apr&#232;s la seconde guerre mondiale, le pouvoir de d&#233;cider de l'avenir des &#201;tats nationaux (europ&#233;ens plus particuli&#232;rement, ndt.) a &#233;migr&#233; vers Washington et Moscou, en passant sous le contr&#244;le des deux superpuissances, et s'est d&#233;plac&#233; vers des centres de pouvoir productifs et financiers multinationaux, qui ont conquis des positions dominantes sur le march&#233; europ&#233;en et mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre mondial bipolaire s'est &#233;miett&#233; en 1989 avec la chute dy mur de Berlin, la fin des blocs et de la guerre froide. Ce qui est advenu en 1989 n'est pas seulement un chanegment du syst&#232;me mondial des &#201;tats. Cela a &#233;t&#233; &#233;galement le d&#233;but d'un processus dans lequel la mondialisation a commenc&#233; &#224; produire de permiers effets visibles sur le syst&#232;me international &#224; travers de l'&#233;rosion de la soiuverainet&#233; des &#201;tats. Ces derniers ne sont plus en mesure de produire les biens publics fondamentaux qui justifiaient leur existence : la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure et ext&#233;rieure, la protection de l'environnement, la recherche scientifique, un volume d'investissements suffisant &#224; promouvoir le d&#233;veloppement durable, la cr&#233;ation d'emploi et la gestion des flux migratoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouveaux acteurs non &#233;tatiques ont fait leur apparition (les soci&#233;t&#233;s multinationales, les agences de quotation, les mouvements de la soci&#233;t&#233; civile, les organsiations religieuses, la criminalit&#233; organis&#233;e, le terrorisme international, etc.) qui rivalisent avec les &#201;tats pour la conqu&#232;te du pouvoir de d&#233;cision au plan international. Un r&#244;le d&#233;terminant est jou&#233; par les grands groupes financiers, qui ont asservi &#224; leurs int&#233;r&#234;ts l'&#233;conomie r&#233;elle, tandis que l'&#233;conomie a pris le dessus sur la politique. C'est dans cet espace qu'a &#233;clat&#233; la crise financi&#232;re et &#233;conomique globale. Elle n'a pas seulement montr&#233; que les march&#233;s ne sont pas capables de s'autor&#233;guler et que la politique, ne r&#233;sistant pas aux imp&#233;ratifs des march&#233;s, ne sert plus l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Elle a &#233;galement d&#233;menti la th&#232;se selon laquelle le libre jeu des forces du march&#233; promeut la diffusion universelle de la richesse, de la libert&#233; et de la paix. De fait, les in&#233;galit&#233;s sociales se sont accrues, et les lobies &#233;conomiques cherchent &#224; influencer l'&#233;tablissement des lois, &#224; contr&#244;ler l'information et &#224; corrompre les Minist&#232;res et la magistrature. La mondialisation est gouvern&#233;e par la politique, mais cette derni&#232;re est impuissante car les &#201;tats sont rest&#233;s nationaux alors que le march&#233; est devenu global. La globalisation unifie le monde sur le plan structurel, tandis que la politique encore domin&#233;e par l'id&#233;e de la nation, le maintient divis&#233; sur le plan des superstructures qui sont le cadre dans lequel se prennent les d&#233;cisions politiques. Il y a un th&#232;me que la gauche a &#233;lud&#233; : la diff&#233;rence entre le citoyen et le migrant. Les citoyens ont le droit de vote ; les migrants ne l'ont pas. La aguche se comporte comme si la solidarit&#233; internationale ne la concernait pas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La crise de la d&#233;mocratie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;rosion de la souverainet&#233; &#233;tatique porte avec elle la crise de la d&#233;mocratie. Parmi les citoyens s'est diffus&#233;e la sensation que le pouvoir de prendre les d&#233;cisions les plus importantes ont migr&#233;es des institutions soumises &#224; leur contr&#244;le vers des centres de pouvoir internationaux qui ob&#233;issent eclusivement aux imp&#233;ratifs du profit et qui ne sont soumis &#224; aucune forme de contr&#244;le d&#233;mocratique. En fait, les d&#233;cisions qui se prennent au niveau national, l&#224; o&#249; existent les institutions d&#233;mocratiques, ont un caract&#232;re toujours moins important en comparaison avec celles plus importantes qui se prennent au niveau international. L&#224;, n'existent pas d'institutions d&#233;mocratiques, si l'on exclue le Parlement europ&#233;en &#8211; laboratoire de la d&#233;mocratie internationale &#8211; qui n'a toujours pas acc&#233;d&#233; &#224; toutes les pr&#233;roagtives constitutionnelles qu'ont g&#233;n&#233;ralement les parlements. Face &#224; cet &#233;cart entre pouvoir et d&#233;mocratie dans un monde o&#249; les citoyens ont perdu le contr&#244;le des d&#233;cisions dont d&#233;pend leur avenir, nous devons nous demander combien de temps poura encore survivre la d&#233;mocratie. Si l'on veut &#233;viter que la mondialisation ne d&#233;truise la d&#233;mocratie, il convient de d&#233;mocratiser la mondialisation. En l'absence d'une nouvelle pens&#233;e politique capable d'interpr&#233;ter les changements en cours, la gauche a fini par se conformer &#224; la pens&#233;e dominante &#8211; le n&#233;o-lib&#233;ralisme &#8211; et a perdu ainsi le consentement des &#233;lecteurs. D'autre part, bien qu'ils n'aient pas su &#233;viter la crise financi&#232;re et &#233;conomique, les puissants groupes &#233;conomiques qui guident le processus de la mondialisation ont pris le desssu sur les gouvernements et les ont contraint &#224; intervenir pour r&#233;parer les dommages dela crise.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La nouvelle ligne de division entre nationalisme et f&#233;d&#233;ralisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;S'ils veulent gouverner les processus historiques comme l'int&#233;gration europ&#233;enne et la mondialisation, qui transcendent les &#201;tats nationaux et conditionnent tous les aspects de la vie politique et &#233;conomique nationale, les forces politiques doivent d&#233;passer le vieil ordre des priorit&#233;s de leur strat&#233;gie politique : le r&#233;formisme national. La cr&#233;ation d'un nouvel ordre politique europ&#233;en et mondial, qui permette de r&#233;organiser le pouvoir sur plusieurs niveaux de gouvernement, du local &#224; l'europ&#233;en et au mondial, est la pr&#233;misse pour r&#233;soudre tous les probl&#232;mes de politique int&#233;rieure. Ce projet ne comporte pas l'abolition des &#201;tats nationaux. La redistribution des pouvoirs vers le haut et vers le bas selon le mod&#232;le f&#233;d&#233;ral, premettra aux &#201;tats nationaux de trouver un r&#244;le adapt&#233; &#224; leurs dimensions. L'objectif prioritaire est celui d'amener le pouvoir, la d&#233;mocratie et la statalit&#233; au nuveau supranational. Les &#201;tats nationaux une fois d&#233;barasss&#233;s de la responsabilit&#233; accablante de la politique &#233;trang&#232;re et de s&#233;curit&#233;, du gouvernement des march&#233;s et des probl&#232;mes de l'environnement, il sera plus ais&#233; de tranf&#233;rer le pouvoir &#233;galement vers les communaut&#233;s territoriales plus petites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8220;Le probl&#232;me qu'il faut tout d'abord r&#233;soudre, faute de quoi tout autre progr&#232;s n'est qu'apparence &#187;, peut-on lire dans le Manifeste de Ventotene, &#171; est celui de l'abolition d&#233;finitive de la division de l'Europe en &#201;tats nationaux souverains &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Altiero Spinelli, avec Ernesto Rossi, Le Manifeste de Ventotene. Pour une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le centre de la lutte politique doit &#234;tre d&#233;plac&#233; du plan national au plan international, o&#249; se prennent les d&#233;cisions dont d&#233;pendent le destin des peuples et il faut affirmer une nouvelle ligne de division entre les forces du progr&#232;s et celles du conservatisme. &#8220; La ligne de d&#233;marcation entre les partis progressistes et les partis r&#233;actionnaires ne suit donc plus d&#233;sormais la ligne formelle du degr&#233; plus ou moins &#233;lev&#233; de d&#233;mocratie ou de socialisme &#224; constituer, mais la ligne fondamentale la plus r&#233;cente s&#233;parant ceux qui consid&#232;rent comme but essentiel de la lutte l'objectif de jadis, c'est-&#224;-dire la conqu&#234;te du pouvoir politique national, et qui feront, involontairement certes, le jeu des forces r&#233;actionnaires en laissant se solidifier dans le vieux moule la lave incandescente des passions populaires et r&#233;appara&#238;tre les anciennes absurdit&#233;s, et ceux qui consid&#232;rent comme t&#226;che essentielle la cr&#233;ation d'un &#201;tat international stable, qui orienteront vers cet objectif les forces po&#172;pulaires et qui, apr&#232;s avoir conquis le pouvoir national, s'en serviront en tout premier lieu comme d'un instrument pour r&#233;aliser l'unit&#233; internationale. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem, p. 51.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle ligne de division ne vaut plus seulement pour l'Europe. Avec l'affirmation de la mondialisation, elle doit &#234;tre appliqu&#233;e au monde dans son ensemble. La politique, qui s'&#233;tait montr&#233;e impuissante face &#224; la t&#226;che de gouevrner l'&#233;conomie et la soci&#233;t&#233;, revient actuellement sur sc&#232;ne. Deux r&#233;ponses politiques oppos&#233;es &#224; la mondialisation se pr&#233;sentent : celle de la soci&#233;t&#233; ferm&#233;e et de la soci&#233;t&#233; ouverte, de l'unilat&#233;ralisme et du multipolarisme, du nationalisme et du f&#233;d&#233;ralisme. Le nationalisme repr&#233;sente le retour au pass&#233; avec les d&#233;sastres qui l'ont accompagn&#233;. La voie &#224; parcourir est celle de l'ad&#233;quation des institututions politques (les Nations unies) et &#233;conomiques (Fonds mon&#233;taire international, Organisation mondiale du commerce, Banque mondiale) aux dimensions atteintes par l'&#233;conomie et la soci&#233;t&#233; de mani&#232;re &#224; ouvir la vioie au gouvernement de la mondialisation. Durant la p&#233;riodde de transition dans laquelle nous vivons aujourd'hui, les &#201;atts-Unis et la Russie repr&#233;sentent l'ordre ancien, ils chevauchent sur la vague du nationalisme dans el but de prot&#233;ger leurs anciens privil&#232;ges. Mais leurs efforts sont vou&#233;s &#224; l'&#233;chec, car il est impossible d'aller contre le cours de l'histoire. Il y a donc une opportunit&#233; qui puisse permettre de reprendre le chemin evrs l'unification europ&#233;enne et de renforcer et de d&#233;locratiser les organisations inetrnationales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les pi&#232;ges des r&#233;seaux sociaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le passage de la soci&#233;t&#233; industrielle &#224; celle de la connaissance a augment&#233; &#233;norm&#233;ment la circulation des insformations et la possibilit&#233; d'un acc&#232;s universel et pratiquement gratuit &#224; la connaissance. Cela ne signifie pas que les r&#233;seaux soient neutres. Ce ne sont pas seulement les profits astronomiques accumul&#233;s par les patrons des r&#233;seaux qui suscite notre indignation. Il y a quelque chose de plus grave et inquiettant qui &#233;chape &#224; l'observateur n&#233;gligent : la manipulation des cerveaux. La disponibilit&#233; d'une quantit&#233; in&#233;puisable d'informations va au d&#233;triment de la r&#233;flexion, c'est-&#224;-dire de l'usage des cat&#233;gories abstraites qui se contentent de s&#233;lectionner les informations, de les interpr&#233;ter et de les utiliser pour changer un monde mal fait. &#192; quoi peut bien nous servir l'immense patrimoine de donn&#233;es et de connaissances auxquelles nous pouvons acc&#233;der si nous n'avons pas une m&#233;thode pour les organiser ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rapidit&#233; de la circulation des informations pousse les utilisateurs des r&#233;seaux &#224; exprimer des opinions non m&#233;dit&#233;es et &#224; simplifier les termes du d&#233;bat en ligne avec l'exercice d'alternatives pu&#233;riles, telle que celle entre &#8220;j'aime&#8221; et &#8220;j'aime pas&#8221;. Ce qui se traduit par un abrutissement collectif. Au lieu de pr&#233;parer la voie &#224; un nouvelle soci&#233;t&#233; des lumi&#232;res, internet a ouvert la voie au triomphe de l'incomp&#233;tence. Le pi&#232;ge le plus grave r&#233;side dans le fait que l'utilisation des r&#233;seaux &#8211; consid&#233;r&#233; d&#233;sormais par tous comme une n&#233;cessit&#233; &#8211; comporte la confiscation de notre temps par les patrons des r&#233;seaux : une esp&#232;ce de narcose qui schl&#233;rose la pens&#233;e et l'action r&#233;volutionnaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
La g&#233;n&#233;ralisation de l'utilisation des medias sociaux a diffus&#233; l'illusion que la possibilit&#233;, qui n'a pas de pr&#233;c&#233;dents dans l'histoire, de communiquer avec tous signifie poss&#233;der une nouvel et puissant instrument de mobilisation politique. La r&#233;alit&#233; est que le potentiel des mouvements de la soci&#233;t&#233; civile globale s'est dispers&#233; en mille ruisselets et s'est st&#233;rilis&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233; d&#233;fi de la r&#233;volution digitale est en premier lieu d'ordre culturel. Pour la gouverner il faut des comp&#233;tences qui permettent de donner un sens aux choses : capacit&#233; de concpetualiser, d'abstraire, de r&#233;fl&#233;chir, d'exercer une pens&#233;e critique. Le gouvernement d&#233;mocratique des r&#233;seaux est une t&#226;che que la gauche doit assumer dans son propre proramme politique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que faire ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Personne n'a de recettes pr&#233;fabriqu&#233;es. La r&#233;ponse ne peut que na&#238;tre de la confrontation des id&#233;es. Mais, &#224; mon avis, cette confrontation des id&#233;es ne peut faire &#224; moins que de partir de deux grands probl&#232;mes que j'ai mis en &#233;vidence pr&#233;c&#233;demment : a) d&#233;finir une nouvelle repr&#233;sentation sociale, l'organiser et la rendre influente ; b) identifier l'espace institutionnel plus large que les vieux &#201;tats nationaux dans lequel &#339;uvrer. Ce sont des probl&#232;mes tellement importants par rapport aux horizons &#233;troits dans lesquels se meut habituellement la politique que la gauche ne s'en est jamais r&#233;ellement pr&#233;occup&#233;e, sauf pour se trouver &#224; par la suite impr&#233;par&#233;e &#224; affronter des d&#233;fis de dimensions globales, comme ceux de la mondialisation non gouvern&#233;e des march&#233;s, des changements climatiques, des flux migratoires, du retour de la guerre ayx confins de l'Europe, du d&#233;sarmement et ainsi de suite. Le moment est maintenant venu d'affronter ces probl&#232;mes. Sino,, la gauche risque de s'isoler dans une non-pertinence politique et en cons&#233;quence de confier les gouvernements des gouvernements europ&#233;ens aux forces r&#233;actionnaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me limite ici &#224; sousligner qu'il y a &#224; l'horizon une occasion &#224; ne pas perdre : les &#233;lections europ&#233;ennes pour les &#233;lections europ&#233;ennes de mai 2019. De la m&#234;me mani&#232;re que Macron a transforme les &#233;lections pr&#233;sidentielles fran&#231;aises en une sorte de referendum pour ou contre l'unit&#233; europ&#233;enne, les &#233;lections europ&#233;ennes de 2019 doivent assumer une signification analogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Trait&#233; de Lisbonne (art. 17) &#233;tablit que le Conseil europ&#233;en, compte tenu des &#233;lections europ&#233;ennes, propose le candidat &#224; la Pr&#233;sidence de la Commission europ&#233;enne, et que le Parlement europ&#233;en l'&#233;lise. Il s'agit d'une proc&#233;dure qui vise &#224; restituer la souverainet&#233; aux citoyens europ&#233;ens et cherche &#224; &#233;quilibrer la puissance excessive du Conseil europ&#233;en avec un Prarlement europ&#233;en d&#233;mocratiquement &#233;lu. Toutefois, les &#233;lections europ&#233;ennes ont toujours &#233;t&#233; une somme d'&#233;lections nationales, dont les enjeux &#233;taient les rapports de force entre les partis dans les divers pays. L'innovation dans la constitution mat&#233;rielle de l'Union europ&#233;enne (UE), apparue durant la campagne &#233;lectorale europ&#233;eenne de 2014, a &#233;t&#233; constitu&#233;e par la d&#233;cision des partis de pr&#233;senter la candidature de la Pr&#233;sidence de la Commission les t&#234;tes de listes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis se sont affront&#233;s dans tout le continent. Il y a eu des d&#233;bats t&#233;l&#233;vis&#233;s retransmis en direct entre les candidats et les medias ont diffus&#233; des informations sur leurs positions. En outre, les candidats ont discut&#233; des th&#232;mes concernant le gouvernement de l'UE. En bref, il y a eu cr&#233;ation d'un embryon d'une politique d&#233;mocratique dans l'UE et d'un d&#233;but d'une d&#233;mocratie parlementaire europ&#233;enne. Bien sur, le syst&#232;me est encore incomplet. Mais le changement s'est effectu&#233; et on ne retournera pas en arri&#232;re. Avec le temps, ce processus a la potentialit&#233; de permettre aux citoyens europ&#233;ens de choisir le chef de l'ex&#233;cutif europ&#233;en et son programme de gouvernement, comme c'est le cas dans les r&#233;gimes d&#233;mocratiques confirm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Orientons le d&#233;bat sur l'avenir de la gauche, dans la perspective de la pr&#233;paration du programme &#233;lectoral du PSE, de la formation d'une coalition de partis acpable de gagner les &#233;lections europ&#233;ennes et de porter &#224; la Pr&#233;sidence de la Commission un leader de la gauche. C'est la seule perspective qui puisse permettre &#224; la gauche de passer la t&#234;te au dessus de la vague d'o&#249; l'on peut voir les horizons europ&#233;ens et mondiaux vers lesquels il convient de porter les regards et l'action politique si l'on veut gouverner la mondialisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucio Levi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Universitaire et &#233;crivain, membre du Comit&#233; f&#233;d&#233;ral de l'UEF Europe, ancien membre du Comit&#233; ex&#233;cutif du WFM et Directeur de The Federalist Debate - Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Jean-Francis Billion - Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Altiero Spinelli, avec Ernesto Rossi, &lt;i&gt;Le Manifeste de Ventotene. Pour une Europe libre et unie. Projet d'un Manifeste. Et autres&lt;/i&gt; (1941-1947), pr&#233;face d'Eugenio Colirni, coll. Textes f&#233;d&#233;ralistes, &#233;d. Presse F&#233;d&#233;raliste, Lyon, 2017, p. 347, cit. p. 48.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;, p. 51.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Ressources europ&#233;ennes et contributions nationales : un d&#233;fi pour l'Europe</title>
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&lt;p&gt;Dans le deuxi&#232;me acte de la c&#233;l&#232;bre trag&#233;die de Shakespeare, Polonio affirme, &#224; propos des r&#233;ponses d&#233;nu&#233;es de conclusions d'Hamlet &#171; though this be madness, yet there is method in't &#187; (&#171; il y a de la logique dans cette folie &#187;). Il est possible de porter un jugement semblable sur les affirmations du ministre Di Maio, lequel pr&#233;tend que si l'Europe n'apportait pas de r&#233;ponse positive &#224; propos de la relocalisation de migrants &#233;rythr&#233;ens tenus en otages depuis longtemps &#224; bord du navire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-180-Decembre-2018-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 180 - D&#233;cembre 2018&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le deuxi&#232;me acte de la c&#233;l&#232;bre trag&#233;die de Shakespeare, Polonio affirme, &#224; propos des r&#233;ponses d&#233;nu&#233;es de conclusions d'Hamlet &#171; though this be madness, yet there is method in't &#187; (&#171; il y a de la logique dans cette folie &#187;). Il est possible de porter un jugement semblable sur les affirmations du ministre Di Maio, lequel pr&#233;tend que si l'Europe n'apportait pas de r&#233;ponse positive &#224; propos de la relocalisation de migrants &#233;rythr&#233;ens tenus en otages depuis longtemps &#224; bord du navire Diciotti, l'Italie cesserait de verser sa contribution &#224; l'Union. Cette position a &#233;t&#233; r&#233;affirm&#233;e par le ministre Salvini quand il a annonc&#233;, finalement, la lib&#233;ration des Erythr&#233;ens maintenus ill&#233;galement &#224; bord d'un navire militaire italien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, apr&#232;s que le Ministre des affaires &#233;trang&#232;res Moavero Milanesi a rappel&#233; que verser sa contribution &#224; l'Union n'est pas une option, mais une obligation juridique, avec les cons&#233;quences in&#233;vitables en cas de manquement, les deux ministres et le Pr&#233;sident du Conseil ont quelque peu corrig&#233; le tir, brandissant la menace que le gouvernement italien n'approuve pas le cadre financier pluriannuel 2021-2027, s'il &#233;tait oppos&#233; une fin de non- recevoir aux requ&#234;tes de relocalisation au sein de l'Union des migrants accost&#233;s en Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif &#233;vident de la man&#339;uvre est de faire pression sur la Commission pour obtenir un vote favorable au cadre financier pluriannuel avec davantage de flexibilit&#233; quand il s'agira d'adopter en Italie la loi sur le bilan. Mais cette position soutenue par le gouvernement de Conte &#8211; au-del&#224; des aspects techniques &#8211; remet en question la m&#233;thode de financement du budget de l'Union. L'exp&#233;rience de ces ann&#233;es a d&#233;montr&#233; clairement deux donn&#233;es fondamentales. En premier lieu, le montant du budget europ&#233;en n'est pas assez important pour faire face aux d&#233;fis auxquels l'Union est confront&#233;e : s&#233;curit&#233; int&#233;rieure et ext&#233;rieure, promotion d'un mod&#232;le de d&#233;veloppement pauvre en carbone, investissements pour favoriser la transition vers une &#233;conomie num&#233;rique, soutien &#224; la comp&#233;titivit&#233; de la production europ&#233;enne gr&#226;ce aux financements pour la recherche et &#224; la garantie d'un emploi digne, en particulier aux jeunes g&#233;n&#233;rations, production de biens publics pour am&#233;liorer la qualit&#233; de vie des citoyens &#8211; aussi &#224; travers des r&#233;formes des syst&#232;mes de welfare pour prendre en compte l'allongement de l'esp&#233;rance de vie, les changements structurels du march&#233; du travail et l'&#233;volution des technologies du secteur sanitaire &#8211;, soutien aux start up innovantes dans le secteur du temps libre, de la production artistique, et de la conservation du patrimoine culturel et naturel, dons financiers adapt&#233;s pour un fond europ&#233;en de stabilisation capable de faire face &#224; un futur choc &#8211; g&#233;n&#233;ral ou asym&#233;trique &#8211; qui frapperait l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude irresponsable du gouvernement italien a, en fait, ouvert la campagne en vue des prochaines &#233;lections europ&#233;ennes, mettant sur la table une question fondamentale pour le futur de l'Union. En d'autres termes : si le budget europ&#233;en continue d'&#234;tre financ&#233; uniquement par des participations nationales, l'Union demeurera paralys&#233;e et incapable de fournir les biens publics n&#233;cessaires &#224; la garantie d'un avenir de paix et de bien-&#234;tre pour les citoyens europ&#233;ens. L'alternative que les partis doivent proposer et soutenir avec force, c'est l'avanc&#233;e du processus entam&#233; par le rapport de la Commission Monti et les suggestions des institutions europ&#233;ennes &#8211; le Parlement et la Commission &#8211; qui vise &#224; introduire des ressources propres pour financer ce budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#233;sident Macron a donn&#233; un coup de pied dans la fourmili&#232;re dans son discours &#224; la Sorbonne quand il a propos&#233;, en plus de la taxe sur les transactions financi&#232;res, une taxe sur les entreprises du num&#233;rique et un pr&#233;l&#232;vement sur une base taxable unifi&#233;e des soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes, une taxe carbone europ&#233;enne, accompagn&#233;e par un pr&#233;l&#232;vement similaire sur les importations en provenance de pays qui n'ont pas de conditions comparables au carbon pricing, et enfin de garantir un level playing field pour &#233;viter une perte de comp&#233;titivit&#233; de l'&#233;conomie europ&#233;enne. Avec le taux de 50 &#8364; par tonne de CO2 recommand&#233; par le High level Commission on Carbon Prices, et avant par Stern et Stiglitz, la recette de la carbon tax tournerait autour de 111 milliards d'euros, avec une augmentation induite sur le prix du litre d'essence, dont la diff&#233;rence n'est que de 11 centimes (en Italie, ndt.). Les autres 24 milliards viendraient des droits de compensation per&#231;us aux fronti&#232;res et 15-20 milliards de la vente aux ench&#232;res des droits n&#233;gociables &#224; polluer issus de l'Emission Trading System, comme le pr&#233;conisait la Commission Monti. Les recettes totales pourraient donc avoisiner les 150 milliards d'euros, ce qui permettrait de doubler le budget actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette proposition doit incarner l'ambition pour une r&#233;forme en profondeur des structures actuelles de l'Union, en particulier de la zone euro. Au cours de la longue crise commenc&#233;e en 2008, la capacit&#233; d'interventions des institutions de l'Union s'est r&#233;v&#233;l&#233;e inadapt&#233;e et la sortie de crise n'a &#233;t&#233; possible que gr&#226;ce &#224; la politique mon&#233;taire commenc&#233;e &#8211; sous l'impulsion de Mario Draghi &#8211; par la BCE, une institution de nature f&#233;d&#233;rale, donc capable de prendre des d&#233;cisions, m&#234;me contre la volont&#233; des pays les plus forts. Aujourd'hui, l'Union doit affronter de nouveaux probl&#232;mes qui vont au-del&#224; du contr&#244;le des migrations, si elle veut reconqu&#233;rir la confiance des citoyens europ&#233;ens. Et la solution de ces probl&#232;mes demande in&#233;vitablement la disponibilit&#233; de ressources financi&#232;res accrues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux menaces pos&#233;es par les partis souverainistes, qui veulent profiter du chantage au paiement de la contribution nationale due &#224; l'Union ou d'un manque d'approvisionnement du budget financier pluriannuel, il faut donc opposer un plan qui pr&#233;voie une &#233;volution progressive de l'Union &#8211; &#224; partir, n&#233;cessairement de la zone euro &#8211; vers une structure de type f&#233;d&#233;ral, en commen&#231;ant par attribuer de v&#233;ritables ressources propres au budget europ&#233;en, et en lan&#231;ant de nouvelles politiques qui doivent &#234;tre mises en &#339;uvre pour r&#233;pondre aux d&#233;fis que l'Europe doit affronter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne pour les prochaines &#233;lections europ&#233;ennes a &#233;t&#233; d&#233;marr&#233;e par Salvini et par des propos souverainistes. Une premi&#232;re r&#233;ponse est venue de la chanceli&#232;re Merkel qui a mis&#233; sur un renoncement allemand &#224; la direction de la BCE pour viser la Pr&#233;sidence de la Commission. Cette r&#233;ponse allemande a parfaitement &#233;clair&#233; que l'enjeu des prochaines &#233;lections europ&#233;ennes est de nature politique, et concerne le processus de d&#233;veloppement et d'unification de l'Europe. &#192; une formation souverainiste qui trace d&#233;j&#224; sa voie, il convient d'opposer rapidement une formation f&#233;d&#233;raliste, avec des propositions claires et l'implication de toutes les forces d&#233;mocratiques et progressistes qui, aujourd'hui, pataugent dans la crise des diff&#233;rents pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alberto Majocchi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Professeur honoraire de sciences de la finance Universit&#233; de Pavie, Vice-pr&#233;sident du Centre d'&#233;tudes sur le f&#233;d&#233;ralisme de Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Alexandre Marin - Bruxelles&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Habermas, Macron : deux lueurs d'espoirs pour l'Europe</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Habermas-Macron-deux-lueurs-d-espoirs-pour-l-Europe</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Herland</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les partisans d'une f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne ont trop souvent l'occasion de pr&#234;cher dans le d&#233;sert pour ne pas se r&#233;jouir de compter parmi eux deux personnalit&#233;s dont le poids peut s'av&#233;rer essentiel, en raison de son prestige intellectuel pour le premier, par le pouvoir qu'il d&#233;tient pour le second. Les deux sont en effet n&#233;cessaires, l'un pour convaincre, l'autre pour agir. &lt;br class='autobr' /&gt; On sait depuis longtemps l'engagement europ&#233;en de J&#252;rgen Habermas. Dans sa derni&#232;re intervention en date, discours de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-180-Decembre-2018-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 180 - D&#233;cembre 2018&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les partisans d'une f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne ont trop souvent l'occasion de pr&#234;cher dans le d&#233;sert pour ne pas se r&#233;jouir de compter parmi eux deux personnalit&#233;s dont le poids peut s'av&#233;rer essentiel, en raison de son prestige intellectuel pour le premier, par le pouvoir qu'il d&#233;tient pour le second. Les deux sont en effet n&#233;cessaires, l'un pour convaincre, l'autre pour agir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On sait depuis longtemps l'engagement europ&#233;en de J&#252;rgen Habermas. Dans sa derni&#232;re intervention en date, discours de r&#233;ception du Grand Prix franco-allemand des m&#233;dias, le 4 juillet &#224; Berlin, il ne s'est pas content&#233; de plaider une nouvelle fois en faveur d'une &#171; Union europ&#233;enne capable d'agir politiquement &#187;, il a fustig&#233; &#171; la r&#233;sistance f&#233;roce du gouvernement allemand &#224; toute avanc&#233;e vers plus d'int&#233;gration &#187; et d&#233;nonc&#233; la &#171; politique de l'autruche &#187; de la chanceli&#232;re, tout en saluant la &#171; hauteur de vue &#187; et le &#171; courage &#187; du pr&#233;sident fran&#231;ais. Il lui reconna&#238;t en particulier le m&#233;rite d'avoir &#171; arrach&#233; [&#224; Angela Merkel] la premi&#232;re et modeste avanc&#233;e en direction d'un budget de la zone euro &#187;, l'outil indispensable pour &#171; la convergence des situations &#233;conomiques respectives des Etats membres &#187;, laquelle devrait &#234;tre l'objectif de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Habermas, l'absence patente de volont&#233; politique qui caract&#233;rise l'Union est la cause principale du &#171; populisme de droite &#187; qui se r&#233;pand en Europe. Ainsi la focalisation sur l'immigration et l'identit&#233; s'explique-t-elle selon lui par la d&#233;ception des peuples europ&#233;ens confront&#233;s aux &#171; in&#233;galit&#233;s end&#233;miques &#187; au sein des Etats membres comme entre Etats. Les enqu&#234;tes d'opinion (Habermas fait ici r&#233;f&#233;rence aux travaux de J&#252;rgen Gerhards) mettent en effet en &#233;vidence une conscience europ&#233;enne solidaire, bien distincte de la conscience nationale &#187; et qui ne serait pas compl&#232;tement ferm&#233;e &#224; &#171; d'authentiques politiques de redistribution transnationales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habermas ne prend pas explicitement parti sur le p&#233;rim&#232;tre d'une future f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne Il raisonne le plus souvent au niveau de l'Union telle qu'elle existe actuellement, ce qui laisse entendre qu'il croit encore possible une f&#233;d&#233;ration &#224; vingt-sept. Plus r&#233;aliste, dans un discours prononc&#233; &#224; Lisbonne le 27 juillet, le pr&#233;sident Macron a d&#233;fini trois niveaux d'int&#233;gration pour l'Europe &#224; l'horizon de dix &#224; quinze ans. Le cercle le plus large, d&#233;bordant l'UE dans ses fronti&#232;res actuelles, consisterait en une &#171; union de valeurs, de principes d&#233;mocratiques et de libert&#233;s &#233;conomiques &#187;. Le second cercle, &#171; entre l'UE et la zone euro actuelles &#187;, d&#233;limiterait un &#171; march&#233; unique fort &#187; caract&#233;ris&#233; par une compl&#232;te libert&#233; de circulation, avec des comp&#233;tences d&#233;bordant la politique commerciale, par exemple en mati&#232;re militaire. Enfin le troisi&#232;me cercle, plus &#233;troit que la zone euro, serait celui o&#249; la &#171; convergence sociale &#187; pr&#244;n&#233;e par Habermas devrait &#234;tre effective. Cela supposerait un march&#233; du travail beaucoup plus int&#233;gr&#233; avec, en ligne de mire, non seulement l'unification fiscale mais encore une assurance ch&#244;mage commune. M&#234;me si cette derni&#232;re disposition demeure hypoth&#233;tique dans l'esprit d'E. Macron, il est important qu'il l'ait mentionn&#233;e, la caisse d'assurance ch&#244;mage f&#233;d&#233;rale serait en effet un instrument de redistribution automatique des pays (et non plus simplement des r&#233;gions) proches du plein-emploi, qui abondent les finances de la caisse, vers les pays moins prosp&#232;res caract&#233;ris&#233;s par un fort taux de ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il regretter que le pr&#233;sident fran&#231;ais r&#233;duise la future f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne &#8211; car il s'agit bien de cela, m&#234;me si le mot n'est pas prononc&#233; &#8211; au &#171; c&#339;ur &#187; de l'UE actuelle ? Lequel c&#339;ur reste d'ailleurs &#224; d&#233;finir : si les six pays fondateurs devraient a priori en faire partie, l'incertitude est plus grande quant aux pays susceptibles de les rejoindre : l'Espagne et le Portugal, sans doute, mais quid de l'Autriche, de la Gr&#232;ce, de l'Irlande et au-del&#224; ? Quoi qu'il en soit, on ne saurait reprocher &#224; E. Macron de faire preuve de r&#233;alisme. Dans l'&#233;tat actuel des choses, la perspective d'une f&#233;d&#233;ration &#224; vingt-sept n'existe pas : en prendre acte officiellement est un pr&#233;alable indispensable avant tout progr&#232;s vers une int&#233;gration accrue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela vaut &#233;galement pour la mouvance f&#233;d&#233;raliste. Qui ne voit en effet que se battre pour une f&#233;d&#233;ration dans les fronti&#232;res actuelles de l'UE est vou&#233; &#224; l'&#233;chec ? Il est donc plus que temps d'engager la r&#233;flexion sur les limites de la f&#233;d&#233;ration susceptible d'advenir &#224; l'&#233;chelle d'une g&#233;n&#233;ration, ce qui se produira au-del&#224; des deux ou trois prochaines d&#233;cennies &#233;tant totalement impr&#233;visible. Certes, la t&#226;che n'est pas ais&#233;e. Il ne suffit pas en effet de consid&#233;rer l'&#233;tat de l'opinion en faveur ou non de l'Europe dans les diff&#233;rents pays. L'opinion peut se renverser et c'est justement la tache des militants f&#233;d&#233;ralistes que de forger une conscience europ&#233;enne. Encore faut-il qu'ils disposent d'arguments convaincants. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; d'examiner tous les facteurs structurels (d'ordre &#233;conomique, culturel, historique) qui peuvent rendre l'union au sein d'une f&#233;d&#233;ration authentique b&#233;n&#233;fique &#224; court terme pour toutes les parties prenantes, faute de quoi sa p&#233;rennit&#233; serait compromise (les difficult&#233;s de la zone euro illustrant suffisamment ce qu'il convient de ne pas faire). Sachant pour finir que, en tout &#233;tat de cause, la diversit&#233; linguistique constitue un handicap par rapport aux f&#233;d&#233;rations apparues dans le pass&#233; (quelle sera la lingua franca de la future &#171; petite &#187; f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne ? l'anglais alors que, Brexit ou pas, la Grande-Bretagne n'a pas vocation &#224; en faire partie ?).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Herland&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;conomiste et &#233;crivain, Universit&#233;s d'Aix-en-Provence et des Antilles et de la Guyane &#8211; Martinique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une &#233;lection constituante &#8211; La d&#233;mocratie europ&#233;enne au carrefour entre barbarie et civilisation</title>
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		<dc:date>2019-01-20T16:27:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guido Montani</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les pulsions nationalistes octroyant aux grandes et aux petites puissances ayant des r&#233;gimes ouvertement autoritaires ou des d&#233;mocraties illib&#233;rales d&#233;sagr&#232;gent l'ordre international mis en place pour emp&#234;cher les guerres. Les pays membres de l'Union europ&#233;enne (UE) s'alignent sur cette tendance quand ils ne l'alimentent pas. De la crise financi&#232;re &#224; celle sur les migrations, on n'en a jamais fini des divisions entre gouvernements europ&#233;ens en des fronts oppos&#233;s provoquant un cercle vicieux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-180-Decembre-2018-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 180 - D&#233;cembre 2018&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les pulsions nationalistes octroyant aux grandes et aux petites puissances ayant des r&#233;gimes ouvertement autoritaires ou des d&#233;mocraties illib&#233;rales d&#233;sagr&#232;gent l'ordre international mis en place pour emp&#234;cher les guerres. Les pays membres de l'Union europ&#233;enne (UE) s'alignent sur cette tendance quand ils ne l'alimentent pas. De la crise financi&#232;re &#224; celle sur les migrations, on n'en a jamais fini des divisions entre gouvernements europ&#233;ens en des fronts oppos&#233;s provoquant un cercle vicieux qui pourrait bien avoir raison de notre Union &#224; l'instar de ce qui arriva &#224; l'URSS. Peut-on arr&#234;ter le retour de l'Europe vers les ann&#233;es trente, &#233;poque au cours de laquelle la haine nationaliste faisait fantasmer sur la race des ennemis &#224; marginaliser et &#224; exterminer ? Existe-t-il une alternative ? Une UE renouvel&#233;e pourrait-elle inverser la course de notre continent vers l'anarchie et vers la victoire de la nouvelle barbarie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse &#224; ces questions d&#233;pend de ce qui arrivera en Europe au cours des prochaines ann&#233;es, en particulier de l'&#233;lection europ&#233;enne qui aura lieu du 23 au 26 mai 2019, qui pourrait incarner une constituante, ou au contraire une &#233;rosion, selon ce qui sortira des urnes. Nous ne nous aventurerons pas &#224; pr&#233;dire quoi que ce soit, &#233;tant donn&#233;s les longs mois qui nous s&#233;parent de l'&#233;ch&#233;ance. Nous essaierons, en revanche, de d&#233;montrer comment le r&#233;sultat d&#233;pendra de l'interd&#233;pendance de certaines tendances cruciales qui peuvent se r&#233;sumer en trois paradoxes : l'oxymore souverainet&#233; nationale &#8211; souverainet&#233; europ&#233;enne, la contradiction droite &#8211; gauche, et la dichotomie entre civilisation et barbarie. En outre, il convient de garder &#224; l'esprit que le rendez-vous &#233;lectoral de 2019 n'aura pas lieu dans un contexte de vide institutionnel. L'Union dispose de quelques institutions &#224; caract&#232;re f&#233;d&#233;ral &#8211; la Commission, la Cour de Justice, le Parlement europ&#233;en, et la Banque centrale europ&#233;enne &#8211; qui r&#233;sisteront quelque temps aux plus farouches des nationalistes. Ces derniers risquent d'&#234;tre vaincus si les partis d&#233;mocratiques favorables &#224; une Europe f&#233;d&#233;rale acqui&#232;rent une force morale et intellectuelle suffisante pour contrer l'ascension des partis souverainistes, d&#233;mocrates de pacotille qui avancent cach&#233;s dans le but d'installer des r&#233;gimes semi-autoritaires &#224; l'instar des gouvernements hongrois et polonais, ou, pire, de la Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aspirons maintenant &#224; r&#233;soudre les aspects politiques de nos trois paradoxes. Souverainet&#233; europ&#233;enne et souverainet&#233; nationale s'opposent seulement dans le cadre d'une Union partielle, o&#249; manque une constitution f&#233;d&#233;rale. Comme Hamilton et Madison l'ont d&#233;taill&#233; dans les Federalist Papers, la pr&#233;tention des &#201;tats membres d'exercer une souverainet&#233; propre incarne le d&#233;but de la fin de l'union f&#233;d&#233;rale. Le principe de souverainet&#233; est incompatible avec une constitution f&#233;d&#233;rale o&#249; se r&#233;partissent les pouvoirs et les comp&#233;tences entre les diff&#233;rents gouvernements, en confiant &#224; la Cour supr&#234;me la r&#233;solution des &#233;ventuels et in&#233;vitables litiges surgissant, tant&#244;t entre diff&#233;rents niveaux de gouvernements, tant&#244;t entre citoyens et institutions. Dans l'UE, il est question justement de partager les souverainet&#233;s nationales en une souverainet&#233; europ&#233;enne, parce que les citoyens europ&#233;ens &#8211; en tant que peuple &#8211; peuvent se consid&#233;rer souverains face aux peuples extra-europ&#233;ens. Toutefois, entre pays europ&#233;ens, chaque volont&#233; de faire valoir ses propres int&#233;r&#234;ts &#8211; y compris en ayant recours &#224; l'arrogance et au chantage, qui dispensent de l'usage de la force &#8211; signifie d&#233;truire l'Union. En substance, aux &#233;lections europ&#233;ennes, les partis devront faire face &#224; des questions toujours ouvertes &#224; propos de la consolidation de l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire, pour lesquelles les proposition franco-allemandes sont un bon point de d&#233;part, gr&#226;ce &#224; la cr&#233;ation d'un budget de la zone euro qui favoriserait la convergence entre pays europ&#233;ens et un fond d'investissement pour &#233;viter un ch&#244;mage excessif dans des pays frapp&#233;s. Il y aura &#233;videmment d'autres questions en jeu, en particulier les politiques de gestion des flux migratoires, qui exigent un transfert de souverainet&#233; parce que maintenir les fronti&#232;res nationales et cr&#233;er en m&#234;me temps une fronti&#232;re europ&#233;enne revient &#233;videmment &#224; faire une chose et son contraire. Ces choix valent tout aussi bien pour la d&#233;fense europ&#233;enne et la d&#233;fense nationale ; ou encore pour l'environnement, qu'on ne r&#233;ussira pas &#224; prot&#233;ger sans donner davantage de pouvoirs &#224; la Commission europ&#233;enne. Dans une f&#233;d&#233;ration, certains pouvoirs doivent &#234;tre partag&#233;s, d'autres confi&#233;s au gouvernement f&#233;d&#233;ral, comme ce fut le cas pour la monnaie europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Penchons-nous &#224; pr&#233;sent sur la dialectique droite-gauche. Il s'agit d'une distinction pr&#233;sente dans tous les pays d&#233;mocratiques, bien que se pr&#233;sentant avec des caract&#233;ristiques sociales et culturelles diverses. La diff&#233;rence remonte &#224; la R&#233;volution fran&#231;aise, o&#249; elle indiquait au d&#233;part, l'espace occup&#233; par chacune des forces politiques de l'Assembl&#233;e nationale. Depuis lors, elle exprime une orientation id&#233;ologique qui nourrit le d&#233;bat politique au sein de chaque &#201;tat d&#233;mocratique. Norberto Bobbio (1995) a pr&#233;cis&#233; sa signification de la mani&#232;re suivante : ce qui s&#233;pare la droite et la gauche &#171; est la divergence d'attitude port&#233;e par les hommes qui vivent en soci&#233;t&#233;, devant l'id&#233;al de l'&#233;galit&#233;, qui est, aux c&#244;t&#233;s de la paix et de la libert&#233;, une des finalit&#233;s qu'ils d&#233;sirent atteindre pour lesquelles ils sont pr&#234;ts &#224; se battre &#187;. Plusieurs ann&#233;es auparavant, Luigi Enaudi avait formul&#233; des propos de la m&#234;me teneur, dans son essai plein de lucidit&#233;, qui fait partie de ses Prediche inutile (Pr&#233;dictions inutiles, ndt.). Einaudi affirmait en effet : &#171; le contraste entre l'esprit socialiste, qui vise &#224; une meilleure r&#233;partition, et l'esprit lib&#233;ral, plus motiv&#233; par la lib&#233;ration des inventeurs et des producteurs de toute ing&#233;rence dans leur travail, mais aussi de toute contribution &#224; l'&#339;uvre commune &#187;. Sur ce contraste, Einaudi ajoute une remarque importante pour mesurer la valeur et l'efficacit&#233; d'un r&#233;gime d&#233;mocratique. &#171; Deux hommes adversaires ne sont points ennemis ; parce que tous deux respectent l'opinion d'autrui ; il est sain que ce respect limite les possibilit&#233;s d'actions. Les deux types d'hommes sauront collaborer, en vue d'un travail commun, &#233;panouissant en leurs plus hauts sommets la libert&#233; humaine et de la solidarit&#233; des Hommes vivant en soci&#233;t&#233;. Si la comp&#233;tition est loyale, ce contraste est &#224; l'avantage de chacun parce que le point critique, le point d'&#233;quilibre entre points de vue lib&#233;ral et socialiste ont &#224; c&#339;ur l'int&#233;r&#234;t commun, le bien-&#234;tre collectif le plus &#233;lev&#233; possible. Il s'agit de voir si cette dialectique entre gauche et droite peut s'affirmer, aussi bien dans l'UE que dans la sph&#232;re politique nationale, seul &#233;chelon o&#249; elle se soit jamais manifest&#233;e, car il n'y a qu'ainsi que les citoyens pourront prendre part de mani&#232;re active aux destin&#233;es de l'Union : l'absence de dialectique gauche-droite dans l'Union est le sympt&#244;me le plus frappant de l'existence d'un d&#233;ficit d&#233;mocratique europ&#233;en. Les citoyens doivent pouvoir voter pour un parti et pour un gouvernement qui aura les pouvoirs suffisants pour mettre en &#339;uvre le programme &#233;lectoral majoritaire. L'Union deviendra leur polis uniquement si toutes les forces politiques luttent pour atteindre ce point critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me contradiction est relative &#224; la relation entre civilisation et barbarie. En 2012, il y a peu d'ann&#233;es, l'UE se voyait gratifi&#233;e du Prix Nobel de la paix pour avoir men&#233; avec succ&#232;s la &#171; lutte pour la paix, la r&#233;conciliation, la d&#233;mocratie, et les droits de l'Homme. La stabilisation garantie par l'Union a favoris&#233; le virage de bord de l'Europe, de continent de guerre &#224; continent de paix. &#187; Cet h&#233;ritage fait de conqu&#234;tes civiles se dissout rapidement d&#233;sormais, sous les assauts des forces national-populistes, tant en dehors qu'&#224; l'int&#233;rieur de l'Union. Il s'agit d'un processus que les historiens militaires sp&#233;cialistes de la guerre du P&#233;loponn&#232;se connaissent bien depuis Thucydide. L'Ath&#233;nien Alcibiade a d'abord encourag&#233; la guerre entre Ath&#232;nes et Sparte avant d'aider la seconde &#224; vaincre la premi&#232;re. De nos jours, la crise de l'ordre international d&#233;tricote un niveau plus fugace de pacification atteint apr&#232;s la guerre par les puissances alli&#233;es et victorieuses contre les nazis et les fascistes, en raison de la recherche de la supr&#233;matie mondiale par les grandes puissances. Trump et Poutine sont d'accord sur leur volont&#233; commune de diviser l'UE : divide et impera. Et au sein m&#234;me de l'Union, il y en a qui partagent cette solution, des pays de Visegrad aux souverainistes nationalistes fran&#231;ais, italiens, allemands, autrichiens. Les souverainistes nationalistes montrent ainsi leur vil&#233;nie, recherchant un nouveau ma&#238;tre avant m&#234;me de parvenir &#224; briser les cha&#238;nes de l'UE. Cependant, avant d'arriver au fantasme paradisiaque harmonieux d'&#201;tats souverains et ind&#233;pendants, il est crucial de d&#233;manteler l'Union. Les desseins politiques des forces s&#233;cessionnistes sont clairs : en premier lieu, la fin de l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire, le pilier le plus fourni de la souverainet&#233; europ&#233;enne, et, en second lieu, la fin du Trait&#233; de Schengen, qui garantit la libre circulation des personnes et rend impossible la d&#233;fense de la puret&#233; de la race nationale contre la contamination venue des sauvages. La rh&#233;torique utilis&#233;e contre l'envahisseur alimente un sentiment de crainte, ext&#233;rioris&#233;e par des tons violents et vulgaires qui rappellent douloureusement le climat des ann&#233;es 1930. Les sauvages ne sont pas ceux qui, pour fuir les conditions d&#233;sesp&#233;r&#233;es dans leur pays aspirent &#224; &#234;tre naturalis&#233;s citoyens europ&#233;ens et &#224; s'int&#233;grer dans une Union r&#233;compens&#233;e par le Prix Nobel. Les migrations sont un aspect du processus historique grandiose que les philosophes appellent l'&#233;mancipation humaine. Les immigr&#233;s sont des citoyens du monde &#224; la recherche d'une nouvelle patrie. Les barbares sont ceux qui leur refusent une quelconque forme d'int&#233;gration alors m&#234;me que celle-ci a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; entam&#233;e, comme projet de vie, en dehors de l'Europe, ce que les politiciens europ&#233;ens se refusent &#224; comprendre afin d'orienter le continent vers le progr&#232;s commun : un autre point critique d'Einaudi. L'horizon culturel national propose seulement la fermeture des fronti&#232;res. Le souverainisme est l'id&#233;ologie qui nie les valeurs fondamentales de la civilisation europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure actuelle, on plaisante sur cette histoire de retour des ann&#233;es 1930, mais cette farce peut tourner au drame si les lib&#233;raux, les d&#233;mocrates, et les socialistes se r&#233;v&#232;lent incapables de d&#233;passer les limites de l'id&#233;ologie pro-europ&#233;enne avec laquelle ils ont construit jusqu'ici l'Europe. Au cours de leur campagne &#233;lectorale, les partis europ&#233;ens ne pourront pas faire comme si de rien &#233;tait en ignorant, plus ou moins consciemment, les trois dichotomies. L'enjeu est de taille : les souverainistes comptent avoir une majorit&#233; pour transformer le Parlement europ&#233;en, dans leur &#233;tape internationaliste, en une sorte d'assembl&#233;e des nations d&#233;sunies d'Europe ; les partis qui se disent pro-europ&#233;ens voudront d&#233;fendre l'acquis communautaire, &#224; savoir les institutions d&#233;j&#224; existantes, mais la vieille rh&#233;torique europhile est d&#233;pass&#233;e. L'id&#233;ologie pro-europ&#233;enne a concili&#233; la construction europ&#233;enne avec ce qui a surv&#233;cu du vieux mythe de la souverainet&#233; nationale. &#192; pr&#233;sent, il est n&#233;cessaire d'accomplir un pas d&#233;cisif en faveur de la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne, donc d'un &#201;tat europ&#233;en, parce que la politique s'exprime &#224; l'&#233;chelon le plus haut quand elle est contrainte de solliciter la participation de l'ensemble des citoyens au gouvernement d'un &#201;tat. Naturellement, il est illusoire de s'attendre &#224; ce qu'un tel saut politico-culturel survienne &#224; tr&#232;s court terme, avant mai 2019. En revanche, il est possible que l'&#233;lection nous offre un pas d&#233;cisif dans cette direction. La voie a &#233;t&#233; trac&#233;e, non par les gouvernements &#8211; qui, en r&#233;alit&#233; la refusent et l'amoindrissent &#8211; mais par le Parlement europ&#233;en : il s'agit de la proposition du Spitzenkandidat d&#233;sign&#233; par chaque parti ou chaque coalition de partis comme futur Pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne. L'initiative a &#233;t&#233; test&#233;e au cours de l'&#233;lection europ&#233;enne de 2014, et Juncker est devenu Pr&#233;sident de la Commission, gr&#226;ce au fait que le PPE ai recueilli plus de voix que les autres parties en lice. En vue des &#233;lections de 2019, Juncker, dans son discours sur l'&#233;tat de l'Union du 13 septembre 2017, a propos&#233; de fusionner les postes de Pr&#233;sident de la Commission et de Pr&#233;sident du Conseil europ&#233;en. Ce serait une r&#233;forme d&#233;cisive. Le Conseil europ&#233;en, terrain d'affrontement des chefs d'&#201;tats et de gouvernements s'est r&#233;serv&#233; le pouvoir de devenir le gouvernement de l'Union durant la crise financi&#232;re. Il a lamentablement &#233;chou&#233;, en engendrant des fractures importantes entre pays du Nord et pays du Sud, failles dans lesquelles se sont engouffr&#233;s les partis souverainistes ; il &#233;choue lamentablement face aux d&#233;fis que pose l'immigration, qu'il se contente d'appr&#233;cier comme un probl&#232;me d'ouverture ou de fermeture des fronti&#232;res. Eh bien, si un ou plusieurs spitzenkandidaten se prononce ouvertement en faveur de la proposition de Juncker, et affirme qu'une fois &#233;lu, il demandera &#224; ce que s'op&#232;re cette fusion des pr&#233;sidences, il aura non seulement de fortes chances d'emporter les &#233;lections, mais en plus, il pourra obtenir les pouvoirs qui le rendront &#224;-m&#234;me de gouverner l'Union, &#224; l'instar des pr&#233;sidents russe et am&#233;ricain. Personne ne peut remettre en cause le fait que la r&#233;forme propos&#233;e ne soit pas le fruit de la volont&#233; populaire des citoyens europ&#233;ens, qui se sont exprim&#233;s l&#233;gitimement au cours d'une &#233;lection. Enfin, comme dirigeant d'un gouvernement d&#233;mocratique europ&#233;en, le Pr&#233;sident europ&#233;en pourra initier un renouveau de la politique mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis politiques r&#233;ussiront-ils &#224; donner une r&#233;alit&#233; &#224; ce projet en le confiant &#224; un leader europ&#233;en pr&#234;t &#224; se battre pour gagner ou perdre ? Telle est la vraie difficult&#233;. Aujourd'hui, il n'est pas de dirigeant europ&#233;en qui ne soit un dirigeant national avant tout, et il est fort difficile que l'un d'entre eux abandonne une position nationale pour affronter un destin europ&#233;en incertain. En outre, au-del&#224; de cette question, une autre interrogation est tout aussi importante : la modernisation id&#233;ologique de la pens&#233;e traditionnelle &#8211; lib&#233;rale, d&#233;mocrate, socialiste, et verte &#8211; qui est internationaliste et pro-europ&#233;enne, mais pas cosmopolite. Songeons au discours d'Emmanuel Macron &#224; la Sorbonne en septembre 2017. Il incarne sans aucun doute une tentative courageuse et &#224; contre-courant de la prudente politique europ&#233;iste d'unification. Il a relanc&#233; la perspective f&#233;d&#233;rale des p&#232;res fondateurs et a introduit la notion cruciale de souverainet&#233; europ&#233;enne. Cependant, il manque dans ces propos de Macron une indication pr&#233;cise sur l'alternative &#224; la crise internationale en cours, on n'indique pas qu'unir l'Europe aujourd'hui signifie en m&#234;me temps renverser les attentes d'implosion de l'ordre mondial international. C'est le premier pas d'un processus de relance de la civilisation europ&#233;enne &#224; l'&#233;chelle mondiale. Une Union politique est un mod&#232;le d'int&#233;gration pacifique entre peuples nationaux qui peut s'exporter sur d'autres continents et &#224; une &#233;chelle mondiale. Qui plus est, un gouvernement europ&#233;en aurait des pouvoirs suffisants pour mener une politique d'unification et de pacification mondiale, un processus qui n'exige pas que l'Union se dote d'une force militaire digne d'une super-puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un gouvernement europ&#233;en voit le jour, il se demandera : un gouvernement europ&#233;en, soit, mais pour quoi faire ? Il existe de nos jours un pr&#233;jug&#233; diffus contre le cosmopolitisme, consid&#233;r&#233; par beaucoup de philosophes et de political scientists comme une illumination sans lien avec le r&#233;el. Pourtant, la r&#233;alit&#233; de la soci&#233;t&#233; bouge constamment, de nouvelles valeurs se diffusent, et quand elles deviennent suffisamment partag&#233;es, elles se retrouvent consolid&#233;es et d&#233;fendues par les institutions. Les grands id&#233;aux qui ont form&#233; le monde moderne ont con&#231;u leurs valeurs &#8211; la libert&#233;, l'&#233;galit&#233; sociale et politique, la paix, en ajoutant de nos jours la d&#233;fense croissante du vivant, menac&#233; par la pollution de notre plan&#232;te &#8211; comme valeurs universelles, qui ne pourront se r&#233;aliser pleinement qu'au sein d'un &#201;tat cosmopolitique, d&#233;passant toute condition de race, de religion, et de culture entre tous les peuples. Les partis europ&#233;ens ne r&#233;ussiront pas &#224; mettre en &#339;uvre cette m&#233;tamorphose culturelle &#8211; de leur internationalisme au cosmopolitisme &#8211; d'ici la prochaine &#233;lection europ&#233;enne, mais un projet politique courageux devrait pr&#233;voir certains pas cruciaux dans cette direction, inversant la direction intergouvernementale n&#233;faste impos&#233;e par le Conseil europ&#233;en. Prenons deux exemples significatifs : la n&#233;cessit&#233; d'une politique supranationale concernant les flux migratoires et un projet de gouvernement global pour r&#233;former les institutions internationales de l'apr&#232;s-guerre afin de diriger la mondialisation et d'&#233;viter le risque d'un &#233;croulement &#233;cologique irr&#233;versible de la biosph&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne des flux migratoires en provenance des pays pauvres et &#224; destination des pays riches est l'une des multiples faces de la mondialisation. Les &#201;tats du monde entier, riches et pauvres, mettent un point d'honneur &#224; attirer des capitaux, alimentant une concurrence fiscale n&#233;faste, qui contribue &#224; enfler leurs dettes publiques, mais ils s'opposent fermement &#224; la libre circulation du travail comme si le travail (et donc les migrants &#233;conomiques, pas les r&#233;fugi&#233;s) n'&#233;tait pas une ressource pr&#233;cieuse. L'Italie a un solde n&#233;gatif important de jeunes Italiens qui s'en vont, &#233;c&#339;ur&#233;s par l'inefficacit&#233; et par la corruption, contre laquelle la politique est incapable de trouver des solutions, et ceux qui entrent comme immigr&#233;s venant de pays pauvres, selon les myopes politiques, volent les postes de travail. Heureusement, certains pays du Nord ont compris que les immigr&#233;s peuvent &#234;tre int&#233;gr&#233;s dans la vie sociale au moyen de formations scolaires et professionnelles, accroissant la richesse nationale. Il faut, bien &#233;videmment, r&#233;guler les flux et contr&#244;ler les fronti&#232;res, r&#244;le de la politique, il s'agit d'un processus d'int&#233;gration &#224; l'&#233;chelle internationale qui se gouverne &#224; travers des accords internationaux, &#233;tant donn&#233; que le statut de citoyen du monde n'existe pas encore. L'UE devrait promouvoir une politique d'int&#233;gration &#224; une &#233;chelle intercontinentale, ainsi que l'a propos&#233; Romano Prodi &#224; l'ISPI. Prodi sugg&#232;re une triangulaire entre l'UE, la Chine, et l'Union africaine, gr&#226;ce &#224; laquelle l'Europe et la Chine offriraient des aides n&#233;cessaires pour un plan de d&#233;veloppement de l'Afrique, dont les dimensions soient suffisantes pour consentir aux jeunes (la moyenne d'&#226;ge en Afrique est de 18 ans) une perspective de vie active dans le pays d'origine, r&#233;duisant ainsi la pression d&#233;mographique vers l'Europe. Les flux migratoires sont un ph&#233;nom&#232;ne qui ne pourra pas &#234;tre arr&#234;t&#233; dans les prochaines d&#233;cennies mais qui pourra &#234;tre r&#233;gul&#233;. Ce devra &#234;tre une des priorit&#233;s du gouvernement europ&#233;en. La fermeture des fronti&#232;res nationales appauvrit tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las, ce n'est pas un tel projet d'int&#233;gration intercontinental qui ressort de l'agenda du futur gouvernement europ&#233;en. La mondialisation peut acc&#233;l&#233;rer le bien-&#234;tre collectif de tous les peuples de la terre uniquement si les institutions internationales cr&#233;&#233;es apr&#232;s la guerre sont r&#233;form&#233;es en profondeur. La crise financi&#232;re de 2008 n'a pas r&#233;ussi &#224; contenir la force de la finance globale pr&#233;datrice dans des limites acceptables. Au contraire, le gouvernement de Trump pense &#224; d&#233;manteler les petites r&#232;gles &#233;dict&#233;es par Obama. Il mettra en &#339;uvre d'autres d&#233;r&#232;glementations de cette mani&#232;re. Des crises identiques &#224; celle de 2008 pourront se produire avec des effets encore plus d&#233;vastateurs dans un futur proche, suscitant des vagues de rejet et un retour &#224; l'autarcie. &#171; America First &#187; est devenu un slogan imit&#233; aussi par des pays qui seront les grands perdants dans un monde de nations agressives qui con&#231;oivent les rapports entre &#201;tats comme une division du butin global. Il est donc n&#233;cessaire que le gouvernement d&#233;mocratique europ&#233;en devienne le fer de lance d'une &#171; direction globale &#187; ouverte &#224; toutes les puissances mondiales favorables &#224; une coop&#233;ration pacifique, &#224; travers un plan de r&#233;formes articul&#233; dont l'objectif crucial doit consister dans la cr&#233;ation de nouvelles institutions pour r&#233;guler la monnaie mondiale, les &#233;changes commerciaux, la finance publique mondiale, ainsi que les innovations technologiques et leur usage. La mondialisation sans direction mondiale favorise aujourd'hui le grand capital alors que beaucoup de ressources fiscales pourraient &#234;tre mises &#224; disposition d'un budget de l'ONU pour affronter les d&#233;fis cruciaux du XXI&#176; si&#232;cle : la convergence &#233;conomique entre pays riches et pays pauvres et la lutte contre la disparition de la biosph&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enjeux qui fondent les devoirs et les responsabilit&#233;s d'un gouvernement europ&#233;en suffisent &#224; montrer la m&#233;tamorphose indispensable que les partis europ&#233;ens devront op&#233;rer s'ils veulent relever le d&#233;fi existentiel contre le souverainisme national. L'Europe ne pourra pas dire au monde &#171; Europe first &#187; parce que la pr&#233;tention selon laquelle il y aurait un peuple &#233;lu, un peuple leader qui d&#233;cide des destin&#233;es du monde, est le fruit d'une pens&#233;e issue du XIX&#176; si&#232;cle. L'Europe a invent&#233; le colonialisme et le nationalisme. Maintenant, elle doit dire humblement aux autres peuples &#171; Europe together with &#187;, ce qui revient &#224; dire aux divers peuples qu'ils peuvent collaborer avec nous pour fonder la coop&#233;ration internationale, que ce soit sur la base d'une bonne volont&#233; entre peuples ind&#233;pendants, ou alors sur le fondement d'institutions solides qui la r&#233;gulent avec les r&#232;gles d'un &#233;tat de droit. La culture de la paix et du d&#233;passement de chaque discrimination fond&#233;e sur la race, la nationalit&#233;, la religion, ou l'id&#233;ologie doit devenir, avant toute chose, la maxime partag&#233;e par les principaux partis europ&#233;ens. Il n'y a qu'avec une classe politique europ&#233;enne renouvel&#233;e qu'on pourra, avec le temps, &#233;tablir entre les citoyens, un patriotisme constitutionnel et une identit&#233; politique europ&#233;enne. Les partis doivent faire face &#224; l'obligation difficile de fonder leurs projets politiques sur de r&#233;els congr&#232;s europ&#233;ens. Il est scandaleux que, quarante ans apr&#232;s sa premi&#232;re &#233;lection au suffrage universel, si&#232;gent encore au Parlement europ&#233;en, des d&#233;put&#233;s fid&#232;les &#224; leurs partis nationaux respectifs, dont ils ont besoin pour leurs r&#233;&#233;lections. La seule exception &#224; cette immoralit&#233;, ce sont les Verts. Si leur exemple n'est pas imit&#233; par les autres partis, r&#233;cents ou anciens, parce que de nouveaux mouvements se forment, le gouvernement europ&#233;en ne jouira pas d'un soutien suffisant du Parlement et des citoyens pour son action interne et mondiale. Dans la politique nationale, les partis sont la courroie de transmission entre les citoyens et le gouvernement : le m&#234;me m&#233;canisme doit se mettre en place &#224; l'&#233;chelle continentale. C'est seulement de cette mani&#232;re qu'on aura un d&#233;bat politique authentique &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne, et c'est seulement ainsi qu'on pourra colmater le d&#233;ficit d&#233;mocratique pour rejoindre un point de convergence critique : le bien commun.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guido Montani&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;conomiste, professeur d'&#233;conomie politique international &#224; l'Universit&#233; de Pavie, Vice-pr&#233;sident honoraire de l'UEF&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Alexandre Marin - Bruxelles&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>France, fin 2018 &#8211; Une lecture de la crise sociale en cours</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/France-fin-2018-Une-lecture-de-la-crise-sociale-en-cours</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Giovanni Stranieri</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je suis un citoyen, tr&#232;s engag&#233; en faveur de l'&#233;cologie et de la construction europ&#233;enne. De plus, la justice sociale passant par la redistribution me semble indispensable pour qu'une soci&#233;t&#233; soit digne de ce nom et non pas de celui de jungle. Historien m&#233;di&#233;viste et italianiste, donc techniquement ignorant en &#233;conomie et gestion des crises sociales, mes &#233;tudes me donnent du moins l'habitude d'analyser structurellement les &#233;v&#233;nements, sortant &#171; le nez du guidon &#187; de la conjoncture. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-180-Decembre-2018-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 180 - D&#233;cembre 2018&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis un citoyen, tr&#232;s engag&#233; en faveur de l'&#233;cologie et de la construction europ&#233;enne. De plus, la justice sociale passant par la redistribution me semble indispensable pour qu'une soci&#233;t&#233; soit digne de ce nom et non pas de celui de jungle. Historien m&#233;di&#233;viste et italianiste, donc techniquement ignorant en &#233;conomie et gestion des crises sociales, mes &#233;tudes me donnent du moins l'habitude d'analyser structurellement les &#233;v&#233;nements, sortant &#171; le nez du guidon &#187; de la conjoncture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tincelle pourrait, en effet, appara&#238;tre presque anecdotique, l'augmentation du prix du carburant. Pourtant, elle a allum&#233; le feu de revendications sans fin et de violences injustifiables et disproportionn&#233;es. Je ne sais pas comment on arr&#234;te tout cela : &#224; nos gouvernants de trouver une strat&#233;gie acceptable par toutes les parties. Ce qui m'int&#233;resse, en revanche, c'est d'affirmer que cette explosion s'explique bien, davantage par des frustrations de long cours que par quelques centimes d'euros de plus &#224; la pompe. Je les r&#233;sumerais en quatre points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1)	Depuis les ann&#233;es 1980, &lt;strong&gt;la vague ultra-lib&#233;rale a emport&#233; sur son passage la redistribution par le biais de la fiscalit&#233;&lt;/strong&gt;. En coupant les taxes sur les multinationales, les tr&#232;s hauts revenus et les grands patrimoines, les imp&#244;ts ont &#233;t&#233; augment&#233;s pour le reste de la population. Aujourd'hui, devant le &#171; ras-le-bol fiscal &#187;, nos dirigeants tournent notre regard soit vers et contre la d&#233;pense publique, en fermant les h&#244;pitaux et les cr&#232;ches (centre-droit et centre-gauche depuis trente ans), soit contre les immigr&#233;s, en expliquant aux pauvres et aux d&#233;class&#233;s que la faute est aux plus pauvres qu'eux (Trump, Salvini, Brexit, etc.). Nos &#201;tats doivent se refinancer et l'argent, surabondant, se trouve dans les immenses caisses des multinationales, des paradis fiscaux, de l'optimisation fiscale organis&#233;e par les &#201;tats m&#234;mes (Irlande, Pays-Bas, etc.&#8230;), des grandes fortunes. L'effacement de la dette, les services publics et la r&#233;volution &#233;cologique doivent chercher l'argent l&#224; o&#249; il est, chez ceux qui sont devenus le 1 % de l'humanit&#233; qui d&#233;tient plus de richesse que le 99 % restant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2)	&lt;strong&gt;La financiarisation de l'&#233;conomie&lt;/strong&gt; a cr&#233;&#233; un capitalisme virtuel, logarithmique, sp&#233;culatif qui a &#171; ringardis&#233; &#187; les travailleurs et les vrais entrepreneurs, producteurs de biens et de services. Elle a enrichi scandaleusement les patrons, les managers et les actionnaires qui ont su jouer au poker boursier. En m&#234;me temps, le dumping sur le march&#233; international du travail fait stagner les salaires de tout le monde &#224; l'exception du grand management (temps partiel subi, pr&#233;carisation, ub&#233;risation, prol&#233;tarisation des classes moyennes, etc.). Or, la crise d&#233;cennale que nous avons v&#233;cue depuis 2008 a montr&#233; la nature scandaleuse et monstrueuse d'une telle &#233;conomie ainsi que le cynisme et l'incomp&#233;tence de ses protagonistes et de ses chantres. Et qu'ont fait nos pouvoirs publics, apr&#232;s les cris effarouch&#233;s de 2008 ? Absolument rien. Rien n'a chang&#233;. Apr&#232;s 10 ans, nous avons m&#234;me &#233;lu un pr&#233;sident, Emmanuel Macron, qui appara&#238;t &#8211; &#224; tort ou &#224; raison &#8211; comme &#233;tant le plus solidaire de tous ses pr&#233;d&#233;cesseurs avec ce monde, &#224; la fois par son temp&#233;rament et par son pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3)	&lt;strong&gt;La d&#233;cr&#233;dibilisation constante des corps interm&#233;diaires et des syndicats&lt;/strong&gt; a tu&#233; d&#233;finitivement un dialogue social qui, en France, &#233;tait d&#233;j&#224; mis &#224; mal par le dirigisme intrins&#232;que de la Cinqui&#232;me R&#233;publique. On a voulu voir alors dans les r&#233;seaux sociaux la clef d'une d&#233;mocratie directe qui pouvait se passer des formes d'agr&#233;gation de la pens&#233;e et de formation de l'opinion et des revendications. Aujourd'hui, on peut constater le d&#233;sastre auquel conduit une verticalisation &#224; outrance qui nous ram&#232;ne en arri&#232;re de plusieurs si&#232;cles, avec le &#171; peuple &#187; qui se r&#233;volte dans les rues contre le &#171; roi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4)	La Cinqui&#232;me R&#233;publique vit dans le f&#233;tichisme de l'efficacit&#233; qu'assure la personnalisation archa&#239;que du pouvoir et &lt;strong&gt;le manque de repr&#233;sentativit&#233; du parlement. &lt;/strong&gt; Comment en serait-on autrement ? LaREM gagne le premier tour des l&#233;gislatives avec 28 % des votants (14 % des inscrits) puis le deuxi&#232;me tour avec 43 % (16,5 % des inscrits) ce qui lui donne 309 d&#233;put&#233;s sur 577, soit 53 %. &#192; partir de l&#224;, comme tout gouvernement de la Cinqui&#232;me, le gouvernement Philippe se croit l&#233;gitime &#224; l&#233;gif&#233;rer comme un rouleau compresseur pendant cinq ans, pouvant compter sur une majorit&#233; confortable ! Or, les 86 % (!) de citoyens qui ne l'ont pas vot&#233; d&#232;s le premier tour et les 83,5 % (!) qui ne l'ont pas vot&#233; au second tour ont besoin d'&#234;tre repr&#233;sent&#233;s &#224; tout moment dans leur Assembl&#233;e ! Un gouvernement doit &#234;tre oblig&#233; de composer, chercher le compromis tous les jours. C'est moins efficace mais plus sain. On avance moins vite mais avec plus de consensus. Si des partis d'opposition &#8211; minoritaires certes mais non pas r&#233;duits &#224; la partie congrue &#8211; peuvent mettre des b&#226;tons dans les roues, relayer les revendications, ralentir l&#233;gitimement l'action du gouvernement (les &#171; r&#233;formes &#187;) alors on n'arrivera pas &#224; la gu&#233;rilla de rue que nous vivons en ce moment. D'autant que ce pays manque d'un &lt;strong&gt;r&#233;f&#233;rendum d'initiative populaire&lt;/strong&gt; qui constitue chez nos voisins un autre contrepoids d&#233;mocratique, dangereux pour tout r&#233;gime en place, c'est vrai. C'est un risque &#224; courir : une d&#233;mocratie (une vraie) n'est pas une sin&#233;cure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'esp&#232;re que ces notes d'un simple citoyen engag&#233; pourront servir au d&#233;bat. Ces arguments sont avanc&#233;s par bien d'autres citoyens, qui les analysent souvent mieux que moi. Nos gouvernants devraient &#233;couter et se laisser convaincre car la &#171; p&#233;dagogie &#187; devrait aller dans les deux sens. Ils devraient changer de politique en France et se faire m&#234;me les porte-voix sur la sc&#232;ne internationale d'un renversement des politiques &#233;conomiques et fiscales men&#233;es depuis quarante ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Giovanni Stranieri est historien et professeur &#8211; membre de l'UEF Auvergne Rh&#244;ne-Alpes &#8211; Lyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pouvoir mon&#233;taire et pouvoir fiscal dans un syst&#232;me f&#233;d&#233;ral</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Pouvoir-monetaire-et-pouvoir-fiscal-dans-un-systeme-federal</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Pouvoir-monetaire-et-pouvoir-fiscal-dans-un-systeme-federal</guid>
		<dc:date>2019-01-20T16:27:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alfonso Iozzo</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir cr&#233;&#233; les institutions utiles pour g&#233;rer l'union mon&#233;taire, l'Europe doit maintenant faire face &#224; la n&#233;cessit&#233; de se pourvoir d'institutions ad&#233;quates &#224; g&#233;rer l'augmentation n&#233;cessaire du budget, qu'il faut alimenter tout particuli&#232;rement avec des ressources propres. &lt;br class='autobr' /&gt; Le pouvoir mon&#233;taire &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un syst&#232;me f&#233;d&#233;ral, la monnaie est une comp&#233;tence exclusive du niveau central : une seule institution doit disposer du pouvoir d'&#233;mettre la monnaie et de d&#233;cider de la quantit&#233; &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-180-Decembre-2018-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 180 - D&#233;cembre 2018&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir cr&#233;&#233; les institutions utiles pour g&#233;rer l'union mon&#233;taire, l'Europe doit maintenant faire face &#224; la n&#233;cessit&#233; de se pourvoir d'institutions ad&#233;quates &#224; g&#233;rer l'augmentation n&#233;cessaire du budget, qu'il faut alimenter tout particuli&#232;rement avec des ressources propres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le pouvoir mon&#233;taire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans un syst&#232;me f&#233;d&#233;ral, la monnaie est une comp&#233;tence exclusive du niveau central : une seule institution doit disposer du pouvoir d'&#233;mettre la monnaie et de d&#233;cider de la quantit&#233; &#224; &#233;mettre. En effet, dans les syst&#232;mes f&#233;d&#233;raux comme ceux des &#201;tats Unis et de la Suisse, il existe une institution centrale qui a le monopole mais qui est aussi compos&#233;e de repr&#233;sentants du niveau inf&#233;rieur de gouvernement : la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale et la Banque nationale suisse. La R&#233;publique f&#233;d&#233;rale allemande, avant d'entrer dans la zone euro, avait aussi une institution similaire : la Bundesbank.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La composition des organes d&#233;cisionnels de ces institutions mon&#233;taires est typique. Dans le cas des &#201;tats-Unis, le Conseil d'administration (compos&#233; de 7 membres) est nomm&#233; par le Pr&#233;sident (apr&#232;s consultation du S&#233;nat) mais le mandat de ses membres est tr&#232;s long de fa&#231;on &#224; assurer ainsi leur autonomie d&#233;cisionnelle vis-&#224;-vis du pr&#233;sident en exercice qui, seulement dans des circonstances particuli&#232;res, arrive &#224; en nommer la majorit&#233; (Le cas du Pr&#233;sident Reagan est connu &#224; ce sujet). Cette autonomie est renforc&#233;e par la composition de l'Open Market Committee dont le r&#244;le est d'approuver les op&#233;rations d'achat des titres sur les march&#233;s, d&#233;terminant ainsi le niveau des taux d'int&#233;r&#234;t. En plus des 7 membres du Conseil d'administration, le &#171; Comit&#233; &#187; est compos&#233; par 6 autres membres choisis &#224; tour de r&#244;le au sein des douze r&#233;serves intergouvernementales (mais la FED de New York, qui intervient sur le march&#233; des changes, est toujours pr&#233;sente). La relation entre la FED et le Congr&#232;s est importante car elle doit p&#233;riodiquement lui rendre compte de ses activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque centrale europ&#233;enne a, elle aussi, une structure similaire dans laquelle, &#224; c&#244;t&#233; des 7 membres du Comit&#233; de direction nomm&#233;s par le Conseil europ&#233;en (apr&#232;s avis du Parlement europ&#233;en), les gouverneurs des banques centrales nationales de la zone euro participent aux r&#233;unions du Syst&#232;me europ&#233;en des Banques centrales (SEBC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un syst&#232;me f&#233;d&#233;ral, la monnaie est de la comp&#233;tence du niveau central mais l'organe charg&#233; de sa gestion est de type f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le pouvoir fiscal&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans un syst&#232;me f&#233;d&#233;ral, le pouvoir fiscal est une comp&#233;tence concurrente &#8211; du moins pour les niveaux qui ont une dimension constitutionnelle : aux &#201;tats-Unis, le niveau f&#233;d&#233;ral et le niveau des &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un syst&#232;me national, le pouvoir fiscal peut &#234;tre d&#233;volu aux niveaux locaux (r&#233;gions, communes) mais sur d&#233;cision de l'&#201;tat central, qui peut toujours modifier les crit&#232;res d'attribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les syst&#232;mes f&#233;d&#233;raux, tous les niveaux qui ont une dimension constitutionnelle doivent disposer de pouvoirs fiscaux qui leur sont propres, et non pas seulement de ceux qui leur sont &#171; d&#233;volus &#187; par le niveau sup&#233;rieur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Justement, l'Union europ&#233;enne (UE) est en train d'affronter ce passage difficile : le syst&#232;me actuel est, en fait, une &#171; d&#233;volution &#187; &#224; l'envers, du niveau &#233;tatique &#224; celui europ&#233;en, qui se fait par l'adoption du programme financier pluriannuel, pr&#233;voyant une d&#233;cision &#171; unanime &#187; des &#201;tats membres qui ont donc le pouvoir de d&#233;terminer le montant des ressources dont peut b&#233;n&#233;ficier le budget europ&#233;en commun.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;finition du montant des ressources fiscales qui revient au niveau europ&#233;en peut se faire gr&#226;ce &#224; trois modalit&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; celle actuelle qui laisse les &#201;tats membres, par d&#233;cision unanime, fixer la contribution europ&#233;enne ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la disposition dans la &#171; loi fondamentale &#187; (Trait&#233; ou Constitution) de la contribution qui revient au niveau europ&#233;en ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la d&#233;termination de la contribution par les organes f&#233;d&#233;raux, Commission, Parlement et Conseil d&#233;cid&#233;e par une majorit&#233; qualifi&#233;e.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;termination de la &#171; contribution &#187; dans la &#171; loi fondamentale &#187; introduit un syst&#232;me rigide, qui n'est pas en mesure de s'adapter rapidement (une modification constitutionnelle est en effet n&#233;cessaire) &#224; l'&#233;volution de la situation &#233;conomique et sociale qui peut, dans le temps requ&#233;rir, de donner plus de ressources au budget f&#233;d&#233;ral &#8211; des exigences communes pouvant &#233;merger &#8211; ou aux budgets nationaux par suite de contextes particuliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proc&#233;dure pour la d&#233;termination de la contribution europ&#233;enne par les organes f&#233;d&#233;raux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il n'y a pas de limites au pouvoir des institutions f&#233;d&#233;rales pour qu'elles augmentent la contribution dont elles ont la comp&#233;tence, la tendance centralisatrice sera toujours plus forte aux d&#233;pens des niveaux inf&#233;rieurs m&#234;me lorsque certaines d&#233;penses seraient g&#233;r&#233;es plus efficacement par les &#201;tats nationaux, voire m&#234;me par les R&#233;gions ou les communes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, cette tendance s'est affirm&#233;e : au cours du si&#232;cle dernier, elle a port&#233; l'impact du budget f&#233;d&#233;ral de 2,5 &#224; 20 % du PIB tout en ramenant &#224; 10 % l'impact du budget des &#201;tats. Sous certains aspects, et plus particuli&#232;rement en ce qui concerne l'&#233;volution du budget, on peut dire que les &#201;tats Unis sont aujourd'hui plus un &#201;tat centralisateur qu'un v&#233;ritable syst&#232;me f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'UE, il faut institutionnaliser un syst&#232;me permettant d'&#233;viter une &#171; centralisation forc&#233;e &#187; sans pour autant rester dans le syst&#232;me actuel, bloqu&#233; par la r&#232;gle de l'unanimit&#233; des &#201;tats membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion du d&#233;bat qui a eu lieu au cours de la premi&#232;re l&#233;gislature du Parlement europ&#233;en &#233;lu, qui s'est termin&#233;e, en 1984, par l'approbation du projet Spinelli, Mario Albertini avait indiqu&#233; une proc&#233;dure qui permettait de concilier les deux exigences abord&#233;es ci-dessus (Il Federalista, 1981, n&#176; 2 ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En lieu et place de l'actuel programme financier pluriannuel, la d&#233;cision sur la d&#233;termination du pouvoir fiscal pouvant &#234;tre acquis par le niveau europ&#233;en devrait pr&#233;voir :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; au d&#233;but de chaque &#171; l&#233;gislature &#187;, une proposition de la Commission nouvellement &#233;lue tenant compte du d&#233;bat qui a pr&#233;c&#233;d&#233; l'&#233;lection europ&#233;enne sur les priorit&#233;s d'action, ainsi que des discussions qui ont eu lieu lors du vote d'investiture de la part du Parlement europ&#233;en ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'&#233;valuation par une &#171; Convention fiscale &#187; compos&#233;es par des repr&#233;sentants du Parlement europ&#233;en (1/3) et des Parlements nationaux (2/3) de cette proposition avec un vote &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'approbation finale par le Parlement europ&#233;en et par le Conseil, toujours &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La proposition de la Commission devrait indiquer les nouvelles politiques communes devant &#234;tre financ&#233;es, les &#233;conomies pouvant &#234;tre faites au niveau national gr&#226;ce aux &#233;conomies d'&#233;chelle r&#233;alisables, les ressources pouvant &#234;tre acquises par des imp&#244;ts propres et celles cog&#233;r&#233;es avec les &#201;tats membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, le syst&#232;me introduirait une proc&#233;dure constitutionnelle simplifi&#233;e garantie par la &#171; Convention fiscale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut retrouver une premi&#232;re indication de la validit&#233; de la proc&#233;dure propos&#233;e dans le Trait&#233; sur le Fiscal Compact qui justement introduit, dans son article 13, une convention parlementaire europ&#233;enne/nationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Alfonso Iozzo&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sident du MFE Italien (1995-2005), Pr&#233;sident de la Fondation du Centre d'&#201;tudes sur le f&#233;d&#233;ralisme de Turin, Vice-Pr&#233;sident de la Robert Triffin International (Louvain la Neuve, Be.) &#8211; Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; initialement sur &lt;i&gt;The Federalist Debate&lt;/i&gt; &#8211; Turin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Ivana Graziani &#8211; Vienne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La gauche, tous les autres et nous (F&#233;d&#233;choses, n&#176; 1, d&#233;but 1973)</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/La-gauche-tous-les-autres-et-nous-Fedechoses-no-1-debut-1973</link>
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		<dc:date>2019-01-20T16:27:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Barthalay</dc:creator>


		<dc:subject>edito</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bernard Barthalay, &#233;ditorialiste du premier num&#233;ro de F&#233;d&#233;choses, non dat&#233; mais paru au premier semestre 1973, n'&#233;tait d&#233;j&#224; plus membre des Jeunes du Mouvement F&#233;d&#233;raliste Europ&#233;en dont il avait &#233;t&#233; l'un des fondateurs &#224; Z&#252;rich. Dans ce 1er num&#233;ro l'&#233;dito visait &#224; d&#233;finir les raisons d'&#234;tre de notre publication (f&#233;d&#233;rer les groupes &#233;pars de Jeunes f&#233;d&#233;ralistes de l'hexagone pour fonder la section fran&#231;aise de la Jeunesse Europ&#233;enne F&#233;d&#233;raliste r&#233;unifi&#233;e) et s'accompagnait du texte que nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-180-Decembre-2018-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 180 - D&#233;cembre 2018&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-edito-+" rel="tag"&gt;edito&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bernard Barthalay, &#233;ditorialiste du premier num&#233;ro de F&#233;d&#233;choses, non dat&#233; mais paru au premier semestre 1973, n'&#233;tait d&#233;j&#224; plus membre des Jeunes du Mouvement F&#233;d&#233;raliste Europ&#233;en dont il avait &#233;t&#233; l'un des fondateurs &#224; Z&#252;rich. Dans ce 1er num&#233;ro l'&#233;dito visait &#224; d&#233;finir les raisons d'&#234;tre de notre publication (f&#233;d&#233;rer les groupes &#233;pars de Jeunes f&#233;d&#233;ralistes de l'hexagone pour fonder la section fran&#231;aise de la Jeunesse Europ&#233;enne F&#233;d&#233;raliste r&#233;unifi&#233;e) et s'accompagnait du texte que nous r&#233;&#233;ditions ci-dessous et qui &#233;tait en fait l'editorial politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Tous les autres &#187; ont gagn&#233;. Pompidou garde la majorit&#233;. Mais l'&#233;quation de son pouvoir a vari&#233;. Le Gaullisme a perdu les voix de gauche qui se portaient sur de Gaulle. La fa&#231;ade d'ind&#233;pendance nationale se l&#233;zarde. Mais l'&#201;tat autoritaire est sauf. Au fond, la France &#233;lectorale est stable et l'UDR n'est qu'un RPF r&#233;nov&#233; o&#249; l'Europ&#233;isme affich&#233; et les concessions &#224; peine voil&#233;es &#224; l'Am&#233;rique s'ajoutent aux institutions d'un &#201;tat techno-bureautique centralis&#233; et &#224; l'anticommunisme le plus violent pour ramener tous les mod&#233;r&#233;s au bercail de la droite coalis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union de la gauche a &#171; perdu &#187;. Une bataille seulement si elle sait tirer la le&#231;on de cet &#233;chec. Pour gagner, elle doit capter &#224; son profit les voix r&#233;formistes et europ&#233;ennes gagn&#233;es &#224; l'apr&#232;s-gaullisme sans pour autant s'ali&#233;ner le courant socialiste autogestionnaire. Elle doit vouloir l'autre Europe, le socialisme dans l'Europe. C'est un choix difficile, qui incombe d'abord aux communistes : le choix d'une Europe occidentale, unie, d&#233;mocratique, ouverte, ind&#233;pendante, qui ait &#171; des rapports d'amiti&#233; avec l'URSS et les pays socialistes comme avec les &#201;tats-Unis et &#233;tablisse des rapports nouveaux avec les pays en voie de &#171; d&#233;veloppement &#187; (Comit&#233; Central du PCI du 9 f&#233;vrier 1973) ; le choix de la &#171; d&#233;mocratie avanc&#233;e &#187;, d'un suppl&#233;ment de d&#233;mocratie, du passage de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative &#224; la d&#233;mocratie f&#233;d&#233;rale, dans, par et pour cette Europe-l&#224;. C'est &#224; ce prix seulement que les communistes, et par voie de cons&#233;quence la gauche unie, seront reconnus comme parti de gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que les gaullistes orthodoxes ne peuvent plus &#224; eux seuls mettre le parlement en coupe r&#233;gl&#233;e et que l'homme de droit le mieux plac&#233; pour les pr&#233;sidentielles est un europ&#233;iste (Giscard), le refus imb&#233;cile des &#233;lections directes (du Parlement europ&#233;en, ndr) a dans la classe politique des assises moins solides. Cependant la mobilisation contre le dessein conf&#233;d&#233;ral de la triarchie franco-germano-britannique, contre l'Europe technocratique et r&#233;actionnaire du capital mondial passe plus que jamais par l'union populaire, par l'unit&#233; de tous les antifascistes pour l'Europe des citoyens et des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture avec l'&#201;tat techno-bureautique et le contr&#244;le de la production par les travailleurs ne sont plus possibles dans le cadre national. L'autogestion n'est qu'un vain mot d'ordre &#224; moins de signifier accialisme et libert&#233; r&#233;concili&#233;s dans le f&#233;d&#233;ralisme. Le choix est simplissime : une Europe conf&#233;d&#233;rale, domin&#233;e et exploit&#233;e, dominante et exploiteuse, sous la double h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine-sovi&#233;tique ; l'&#201;tat-nation ex&#233;cuteur des basses &#339;uvres des multinationales : r&#233;pression polici&#232;re et d&#233;m&#233;nagement du territoire ; une collection de pions nationaux sur l'&#233;chiquier des imp&#233;rialismes complices ; un continent menac&#233; de finlandisation, de balkanisation, de paup&#233;risation relative, voire absolue : c'est la mort ; une Europe d&#233;mocratique, o&#249; l'articulation f&#233;d&#233;rale du pouvoir reconnaitrait aux citoyens et aux travailleurs le droit de contr&#244;ler la production et, dans l'&#201;tat, de d&#233;cider d&#233;mocratiquement &#224; tous les niveaux : c'est la vie, la vie chang&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Choisir l'Europe aujourd'hui ne signifie plus se mettre &#224; l'abri du parapluie am&#233;ricain pour prot&#233;ger les libert&#233;s formelles de l'avance des chars sovi&#233;tiques. C'est un choix de soci&#233;t&#233; : d'un c&#244;t&#233;, les technocraties nationales, les libert&#233;s menac&#233;es et d'intol&#233;rables privil&#232;ges ; de l'autre, la d&#233;mocratie europ&#233;enne, un socialisme &#224; visage humain, esp&#233;rance des nouvelles couches moyennes salari&#233;es et de la jeunesse g&#233;n&#233;reuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections fran&#231;aises ont r&#233;v&#233;l&#233; les &#233;l&#233;ments de mobilit&#233; de la politique fran&#231;aise (aile gauche du PS, PSU, CFDT, un communiste comme Juquin etc.). Le courant socialiste autogestionnaire est le noyau vif de l'union populaire. C'est avec lui que les f&#233;d&#233;ralistes doivent prendre langue sans attendre. Mobiliser ces &#233;l&#233;ments en un contre-sommet n'est pas une mince affaire. La strat&#233;gie f&#233;d&#233;raliste de lutte pour la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne et une strat&#233;gie europ&#233;enne de lutte pour ce socialisme-l&#224; ne pourraient-elles pas aller du m&#234;me pas. Et si, de ce pas, la gauche fran&#231;aise gagnait les pr&#233;sidentielles et le peuple europ&#233;en en bataille constitutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, les f&#233;d&#233;ralistes se sont donn&#233; le premier moyen de cette bataille : une p&#233;tition pour l'&#233;lection directe du Parlement europ&#233;en et la constitution de la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne. Mais le succ&#232;s de cette p&#233;tition d&#233;pend aussi de la contribution qu'y apporteront les syndicats, les pouvoirs locaux et toutes les forces populaires et d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sans tarder qu'il faut les mobiliser tout &#224; la fois contre le service militaire obligatoire, pour la reconnaissance des droits civiques et syndicaux des travailleurs immigr&#233;s, pour le contr&#244;le de la production par les communaut&#233;s, pour la d&#233;colonisation de la province, bref pour l'autre Europe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Union europ&#233;enne et Communaut&#233; europ&#233;enne : deux ordres constitutionnels incompatibles</title>
		<link>https://www.pressefederaliste.eu/Union-europeenne-et-Communaute-europeenne-deux-ordres-constitutionnels</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressefederaliste.eu/Union-europeenne-et-Communaute-europeenne-deux-ordres-constitutionnels</guid>
		<dc:date>2019-01-20T16:27:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antonio Padoa-Schioppa</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Suite &#224; la d&#233;cision de la revue Il Federalista de Pavie, dirig&#233;e aujourd'hui par Giulia Rossolillo, de republier en italien le compte-rendu d'un Colloque tenu aupr&#232;s de la Facult&#233; de Jurisprudence de l'Universit&#233; des &#233;tudes de Milan, le 16 novembre 1987 (n&#176; 1, 2018, 60&#176; ann&#233;e, pp. 69-76) nous le reproduisons &#224; notre tour ci-apr&#232;s. Ce texte avait &#233;t&#233; initialement publi&#233; en 1988 dans l'&#233;dition fran&#231;aise de Le F&#233;d&#233;raliste la revue fond&#233;e &#224; Milan en 1959 par Mario Alebrtini (&#233;d. fran&#231;aise, pp. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-180-Decembre-2018-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 180 - D&#233;cembre 2018&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Suite &#224; la d&#233;cision de la revue Il Federalista de Pavie, dirig&#233;e aujourd'hui par Giulia Rossolillo, de republier en italien le compte-rendu d'un Colloque tenu aupr&#232;s de la Facult&#233; de Jurisprudence de l'Universit&#233; des &#233;tudes de Milan, le 16 novembre 1987 (n&#176; 1, 2018, 60&#176; ann&#233;e, pp. 69-76) nous le reproduisons &#224; notre tour ci-apr&#232;s. Ce texte avait &#233;t&#233; initialement publi&#233; en 1988 dans l'&#233;dition fran&#231;aise de Le F&#233;d&#233;raliste la revue fond&#233;e &#224; Milan en 1959 par Mario Alebrtini (&#233;d. fran&#231;aise, pp. 221-227, 30&#176; ann&#233;e, n&#176; 3, 1988).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte d'Antonio Padoa Schioppa, est suivi en &#171; Appendice &#187; du document qu'il avait pr&#233;sent&#233; au colloque, &#233;tabli suite &#224; des discussions avec Franco Mosconi et Francesco Rossolillo. La collection de la revue, dans ses trois &#233;ditions (italienne, anglaise et fran&#231;aise) peut &#234;tre consult&#233;e ais&#233;ment sur le site &lt;a href=&#034;http://www.ilfederalista.eu&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ilfederalista.eu&lt;/a&gt; ; signalons enfin que la r&#233;daction fran&#231;aise a toujoiurs &#233;t&#233; assur&#233;e &#224; Lyon, plus particuli&#232;rement sous la responsabilt&#233; de Bernard Lesfargues puis de Jean-Luc Prevel, et au sein de Presse F&#233;d&#233;raliste de 1984 &#224; 1988 (Ndr.).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand, en 1984, le Parlement europ&#233;en (PE) approuva, &#224; une large majorit&#233;, le Projet de trait&#233; sur l'Union europ&#233;enne, il choisit de subordonner l'entr&#233;e en vigueur du nouveau trait&#233; &#224; la ratification d'un certain nombre d'&#201;tats membres de la CEE (art. 82 du Projet du 14 f&#233;vrier 1984). Les raisons de cette orientation sont les m&#234;mes qui, il y a deux si&#232;cles, en 1787, pouss&#232;rent la Convention de Philadelphie &#224; d&#233;cider que les ratifications de neuf &#201;tats sur treize &#233;taient suffisantes pour permettre l'entr&#233;e en vigueur de la constitution f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine : dans les deux cas, on voulut &#233;viter qu'une minorit&#233; r&#233;duite d'&#201;tats, voire m&#234;me qu'un seul tat, puisse bloquer le processus d'unification f&#233;d&#233;rale voulu par la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de 1984, au contraire, n'a pas pris en consid&#233;ration la nature et la discipline des rapports juridiques qu'il y aurait entre les &#201;tats de la future Union europ&#233;enne (UE) et les &#201;tats de la Communaut&#233; qui n'auraient pas accept&#233; &#8211; du moins dans un premier temps &#8211; d'adh&#233;rer &#224; cette m&#234;me Union : le projet se limita &#224; &#233;tablir que les gouvernements des &#201;tats de l'Union &#171; se r&#233;uniront pour d&#233;cider d'un commun accord&#8230; des relations avec les &#201;tats membres qui n'ont pas encore ratifi&#233; &#187; (art. 82 du Projet). La question est importante, &#233;tant donn&#233; que l'attitude des &#201;tats &#233;ventuellement contraires &#224; la transition de la Communaut&#233; &#224; l'Union pourra &#234;tre bien diff&#233;rente suivant que cette derni&#232;re se pr&#233;sente comme une rupture des engagements communautaires ou, par contre, comme une construction nouvelle sauvegardant ces engagements. M&#234;me dans le cas, non improbable, que certains &#201;tats soient, de toute fa&#231;on, contraires &#224; la perspective de l'Union, la mise en place institutionnelle de l'Union et un engagement formel de ses membres, qui ne compromettraient pas l'acquis communautaire &#224; l'&#233;gard des &#201;tats de la CEE non-adh&#233;rents &#224; l'Union, aboutiraient &#224; enlever aux &#201;tats contraires &#224; l'Union m&#234;me, un motif d'opposition politiquement et juridiquement tr&#232;s fort. Le moment pourra venir &#8211; t&#244;t ou tard, cela n'est pas actuellement pr&#233;visible &#8211; o&#249; les circonstances et la volont&#233; politique de certains &#201;tats mettront de nouveau &#224; l'ordre du jour l'objectif de l'Union, dans une perspective institutionnelle comparable &#224; celle d&#233;finie par le projet de 1984 : pouvoir de cod&#233;cision du PE dans le domaine du l&#233;gislatif, abolition du droit de veto, renforcement du pouvoir de gouvernement de la Commission. Il est tout juste n&#233;cessaire de rappeler que ces propositions de r&#233;forme institutionnelle sont dues, &#224; la base, &#224; des instances d'une plus grande efficacit&#233; (&#233;tant donn&#233; que la r&#232;gle de l'unanimit&#233; a pour effet in&#233;vitable de paralyser toute d&#233;cision lors de controverses) et &#224; des raisons de principe (&#233;tant donn&#233; que les institutions communautaires actuelles violent aussi bien le crit&#232;re de la s&#233;paration des pouvoirs que les r&#232;gles fondamentales de la d&#233;mocratie, vu que l'organe qui repr&#233;sente le peuple ne poss&#232;de pas le pouvoir l&#233;gislatif).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sera alors important d'avoir, au pr&#233;alable, explor&#233; et mis au point toute une s&#233;rie de crit&#232;res juridiques et institutionnels de compatibilit&#233; entre l'Union europ&#233;enne possible et la Communaut&#233; actuelle, et cela pour les motifs d&#233;j&#224; expliqu&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur ce th&#232;me, jusqu'ici n&#233;glig&#233;, s'est tenu &#224; Milan, le 16 novembre 1987, un Colloque organis&#233; par la Facult&#233; de Droit de l'Universit&#233;, auquel ont particip&#233; un certain nombre de sp&#233;cialistes italiens en droit international, droit constitutionnel, droit communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;misses politologiques, les raisons et les perspectives qui conduisent &#224; poser le probl&#232;me de la compatibilit&#233; entre Communaut&#233; et Union ont &#233;t&#233; expos&#233;es par Francesco Rossolillo, Vice-pr&#233;sident de l'Union europ&#233;enne des f&#233;d&#233;ralistes. Le fait de supposer qu'il existe une m&#234;me volont&#233; de progr&#232;s dans tous les pays de la Communaut&#233; n'&#233;tant pas r&#233;aliste &#8211; a-t-il dit &#8211; il faut pr&#233;voir des proc&#233;dures et des solutions qui ne bloquent pas le processus, tout en donnant des garanties &#224; tous. D'ailleurs, ni la CECA, ni la CEE ne seraient n&#233;es si l'on avait voulu, &#224; tout prix, d&#232;s le d&#233;but, l'adh&#233;sion de l'Angleterre, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me juridico-institutionnel de la compatibilit&#233; entre Union et Communaut&#233; a &#233;t&#233; pos&#233; par Antonio Padoa Schioppa (Universit&#233; de Milan), qui a expos&#233; une hypoth&#232;se de solution sur laquelle il a sollicit&#233; l'avis des experts en droit international et communautaire, pr&#233;sents au Colloque. La base fondamentale de cette hypoth&#232;se est le principe selon lequel l'Union ne serait, en aucun cas, habilit&#233;e &#224; violer le droit communautaire et l'acquis communautaire. Les ressources de l'Union seraient diff&#233;rentes et ult&#233;rieures par rapports aux entr&#233;es de la Communaut&#233;. Les organes de l'Union, bien que formellement distincts de ceux de la Communaut&#233;, seraient compos&#233;s des m&#234;mes personnes, dans les limites toutefois des membres des pays adh&#233;rents &#224; l'Union. Les comp&#233;tences de l'Union seraient en partie concurrentes (conform&#233;ment au principe pr&#233;cit&#233;), en partie s&#233;par&#233;es. Le Colloque a d&#233;battu de ces propositions de fa&#231;on articul&#233;e et anim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la question de base de cette rencontre, les rapporteurs ont r&#233;pondu d'un commun accord que, sur le plan technico-juridique, des m&#233;canismes institutionnels comparables &#224; celui d&#233;fini dans la proposition peuvent tr&#232;s certainement &#234;tre con&#231;us dans le but de rendre possible la compatibilit&#233; entre la Communaut&#233; et l'&#233;ventuelle Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s sont cependant d'un ordre diff&#233;rent pour ce qui concerne les divers organes et secteurs de comp&#233;tence. Pour ce qui est des organes, le fait de pr&#233;voir un fonctionnement &#224; deux niveaux du PE et du Conseil des Ministres est relativement plus simple ; par contre, le fait d'imaginer que cela puisse se faire &#224; l'int&#233;rieur de la Commission est relativement plus complexe. Pour ce qui est des comp&#233;tences, le terrain des mati&#232;res qui ne sont pas reprises dans les Trait&#233;s de Rome (de la monnaie &#224; l'&#233;nergie, &#224; la d&#233;fense elle-m&#234;me) peut &#234;tre plus facilement parcouru par l'Union, plut&#244;t que par la Communaut&#233;, m&#234;me s'il n'est certainement pas impossible de cr&#233;er un m&#233;canisme de comp&#233;tence concurrent qui, toutefois, attribuerait la priorit&#233; au droit communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale, l'article 41 de la Convention de Vienne sur les trait&#233;s internationaux pr&#233;voit la possibilit&#233; d'un nouveau trait&#233; entre une partie des &#201;tats signataires d'un pr&#233;c&#233;dent trait&#233;, &#224; condition que ce dernier ne l'interdise pas et ne lui soit pas incompatible. Le trait&#233; d'Union pourrait se situer dans cette perspective, d'apr&#232;s Francesco Capotorti (Universit&#233; de Rome), qui fait cependant observer que la construction europ&#233;enne pourrait en r&#233;sulter moins compacte et que le PE pourrait avoir des difficult&#233;s pour s'engager dans cette voie. D'autre part, a fait remarquer Fausto Pocar (Universit&#233; de Milan), cette m&#234;me Convention de Vienne ne requiert pas n&#233;cessairement que tous les &#201;tats adh&#233;rents au premier trait&#233; donnent leur consensus &#224; la d&#233;cision d'une partie d'entre eux d'en signer un deuxi&#232;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres interventions ont mis l'accent sur les potentialit&#233;s positives des institutions communautaires actuelles, pas encore pleinement utilis&#233;es, selon l'avis des intervenants. Antonio Tizzano (Universit&#233; de Naples) a reconstruit les &#233;v&#233;nements qui ont conduit &#224; l'approbation de l'Acte unique &#8211; au cours desquelles un pays (l'Italie) a, pour la premi&#232;re fois, subordonn&#233; son propre accord &#224; celui du PE &#8211; en soulignant les aspects qui comportent un engagement plus actif du PE et en estimant que le temps n'est pas encore venu pour des progr&#232;s ult&#233;rieurs en mati&#232;re institutionnelle. Le r&#244;le cr&#233;atif de la jurisprudence communautaire a &#233;t&#233; mis en relief par Alberto Santa Maria (Universit&#233; de Milan), en faisant r&#233;f&#233;rence aux r&#233;sultats profond&#233;ment innovateurs qui sont n&#233;s du principe de l'efficacit&#233; directe du droit communautaire &#224; l'int&#233;rieurs des institutions de chaque &#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alberto Predieri (Universit&#233; de Florence), &#233;galement, a attir&#233; l'attention sur les obstacles importants que la perspective de l'Union pr&#233;sente dans cette phase, m&#234;me si l'insuffisance des institutions communautaires actuelles, tout particuli&#232;rement dans le domaine de la l&#233;gitimation d&#233;mocratique, est &#233;vidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mandat constituant attribu&#233; au PE pourrait &#234;tre d&#233;cisif et, dans ce but, un referendum organis&#233; dans chaque &#201;tat (voire m&#234;me au niveau communautaire) pourrait constituer un fort aiguillon. Un &#233;ventuel referendum consultatif pour l'Europe pourrait &#234;tre mis en place, en Italie, &#233;galement par voie ordinaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'est pas dit qu'il ne soit pas possible et opportun de recourir de nouveau, dans le futur, &#224; la proc&#233;dure pr&#233;vue par l'article 236 pour la r&#233;vision des trait&#233;s de Rome &#8211; a observ&#233; Franco Mosconi (Universit&#233; de Pavie) &#8211; au moins dans le but de v&#233;rifier concr&#232;tement les perspectives d'un engagement de tous les &#201;tats de la Communaut&#233; actuelle dans la voie future vers l'Union. S'il devait ensuite s'av&#233;rer que certains &#201;tats ne sont, en aucune fa&#231;on, dispos&#233;s &#224; avancer, ni &#224; consentir que les autres avancent, il faudrait se poser la question &#8211; sur laquelle Riccardo Luzzatto (Universit&#233; de Milan) a attir&#233; l'attention &#8211; de savoir s'il ne sera pas in&#233;vitable de devoir payer (ou d'&#234;tre, de toute fa&#231;on, dispos&#233;s &#224; payer) le prix de la rupture. On aper&#231;oit ici le n&#339;ud central de la discussion sur laquelle le Colloque a voulu ouvrir le d&#233;bat. Il s'agit justement du probl&#232;me concernant le consensus de tous &#8211; consensus souhait&#233;, bien entendu, mais aussi indispensable pour progresser ? &#8211; qui rend plus significative l'interrogation sur la compatibilit&#233; entre Communaut&#233; et Union. Une r&#233;ponse positive &#224; la question sur la compatibilit&#233; aurait comme r&#233;sultat de placer les &#201;tats favorables &#224; l'Union dans une condition assez forte, &#233;galement sur le plan des n&#233;gociations, par rapport aux autres &#201;tats de la Communaut&#233;. C'est pourquoi il ne faut absolument pas exclure la possibilit&#233; que tous les &#201;tats finissent par adh&#233;rer. Dans le cas o&#249; cela n'arriverait pas, non seulement l'entr&#233;e dans l'Union serait toujours possible, mais aussi l'engagement de ne pas violer le droit communautaire devrait &#234;tre scrupuleusement observ&#233; par l'Union, la Cour de Justice communautaire s'en portant garante.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Appendice&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Formulons l'hypoth&#232;se qu'un groupe assez nombreux d'&#201;tats membres de la Communaut&#233; europ&#233;enne (par exemple, les six &#201;tats fondateurs plus l'Espagne et l'Irlande) manifeste la volont&#233; politique d'avancer vers l'Union europ&#233;enne par l'adoption de r&#233;formes institutionnelles correspondant &#224; celles pr&#233;vues par le Projet du PE du 14 f&#233;vrier 1984 : attribution au PE lui-m&#234;me du pouvoir l&#233;gislatif communautaire, &#224; exercer de concert avec le Conseil des Ministres, d&#233;lib&#233;rant &#224; la majorit&#233; ; renforcement des pouvoirs de gouvernement de la Commission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question sur laquelle nous souhaiterions engager une r&#233;flexion est la suivante : est-il possible d'imaginer un cadre institutionnel de l'Union qui ne porte pas pr&#233;judice au fonctionnement des institutions communautaires, de fa&#231;on &#224; d&#233;fendre les &#201;tats membres de la Communaut&#233; qui n'ont pas retenu opportun d'adh&#233;rer &#224; l'Union elle-m&#234;me ? Si la r&#233;ponse &#233;tait affirmative, il serait concevable que le nouveau trait&#233; sur l'Union europ&#233;enne puisse &#234;tre pr&#233;par&#233; avec l'accord de tous les &#201;tats membres et &#233;galement de ceux qui &#8211; du moins au d&#233;but, mais la porte devrait tout naturellement rester toujours ouverte &#8211; n'auraient pas jug&#233; n&#233;cessaire d'adh&#233;rer &#224; l'Union. Au pire, cela supprimerait ainsi un alibi pour s'opposer &#224; l'Union au nom de la Communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Essayons d'&#233;noncer, de fa&#231;on sch&#233;matique, certains principes de r&#233;ponse positive (c'est-&#224;-dire dans le sens de la compatibilit&#233;) &#224; la question que nous avons formul&#233;e : les rapporteurs et les intervenants au Colloque exprimeront leur avis sur la mise en pratique et la coh&#233;rence de ces principes &#8211; en plus que sur les autres aspects de la th&#233;matique dont il est ici question.&lt;br class='autobr' /&gt;
Consid&#233;rons le probl&#232;me de la compatibilit&#233; entre Union et Communaut&#233; sous quatre aspects : les principes, les ressources, les organes, les comp&#233;tences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Les principes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) Aucune d&#233;cision qui soit en opposition avec le droit communautaire et avec l'acquis communautaire ne devrait &#234;tre interdite &#224; l'Union.&lt;br class='autobr' /&gt;
b) Les limites juridiques qui devraient &#234;tre attribu&#233;es &#224; l'Union sont les m&#234;mes que celles qui sont actuellement en vigueur pour les &#201;tats membres &#224; l'&#233;gard de la Communaut&#233; : l&#224; o&#249; un &#201;tat peut d&#233;cider de fa&#231;on autonome sans violer les trait&#233;s de Rome et le droit communautaire, l'Union devrait pouvoir le faire.&lt;br class='autobr' /&gt;
c) L'Union devrait donc pouvoir d&#233;cider &#8211; gr&#226;ce aux proc&#233;dures et aux organes qui lui sont propres &#8211; secundum legem et praeter legem, non contra legem (lex indiquant le droit communautaire).&lt;br class='autobr' /&gt;
d) Si l'Union prenait des d&#233;cisions sur un terrain pas encore cultiv&#233; par la Communaut&#233;, mais qui ferait partie de ses comp&#233;tences, les organes de la Communaut&#233; devraient pouvoir d&#233;cider, en tant que tels, conform&#233;ment aux proc&#233;dures communautaires, &#224; tout moment.&lt;br class='autobr' /&gt;
e) On pourrait consentir aux &#201;tats membres de l'Union la possibilit&#233; d'adopter &#8211; en vue de d&#233;lib&#233;rations communautaires &#8211; des proc&#233;dures pr&#233;liminaires coh&#233;rentes avec les principes de l'Union, qui, par rapport &#224; la Communaut&#233;, auraient la valeur de simples interna corporis (par exemple, vote pr&#233;liminaire du PE).&lt;br class='autobr' /&gt;
f) La Cour de Justice garantirait le respect de ce qui pr&#233;c&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Les ressources&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moyens financiers et le budget de l'Union devraient &#234;tre distincts de ceux de la Communaut&#233;. Les initiatives de l'Union seraient financ&#233;es par des ressources additionnelles par rapport aux ressources communautaires, en attribuant, par exemple, au budget de l'Union une quote-part suppl&#233;mentaire de la TVA nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Les organes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union europ&#233;enne pourrait adopter les m&#234;mes organes de la Communaut&#233; (PE, Conseil des Ministres, Commission, Cour de Justice) qui, pour les sessions de l'Union, seraient compos&#233;s par les m&#234;mes personnes qui en font partie pour les sessions de la Communaut&#233;, mais sans la participation (si ce n'est en tant qu'auditeurs) des membres des &#201;tats non adh&#233;rents &#224; l'Union. Les pouvoirs et les rapports entre les organes de l'Union seraient d&#233;finis dans le trait&#233; de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les parlementaires europ&#233;ens, les ministres, les commissaires et les juges provenant des &#201;tats de l'Union agiraient donc &#224; double titre, qu'il s'agisse de d&#233;cisions de la Communaut&#233; ou de d&#233;cisions de l'Union. Si, du point de vue de l'identit&#233; juridique et des pouvoirs, les organes des deux institutions seraient naturellement distincts, l'unicit&#233; de la proc&#233;dure de nomination et la correspondance des personnes simplifieraient grandement les choses. Jours de r&#233;union et pr&#233;sidents seraient distincts. Les structures administratives de la Communaut&#233;, d&#251;ment augment&#233;es et subventionn&#233;es pour couvrir le co&#251;t du travail additionnel, pourraient &#233;galement servir &#224; l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Les comp&#233;tences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les probl&#232;mes qui na&#238;tront de la compatibilit&#233; des deux structures de la Communaut&#233; et de l'Union m&#233;ritent un examen attentif &#224; effectuer s&#233;par&#233;ment dans chaque secteur. Dans cette r&#233;union, nous nous limitons &#224; souligner le fait qu'il y aura certainement des secteurs o&#249; la compatibilit&#233; sera mineure et minime et d'autres o&#249; elle sera majeure ou maximale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agriculture : s'agissant du secteur le plus compl&#232;tement cadr&#233; de la CEE, il pourrait se situer en dehors du rayon d'action de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;March&#233; unique : les &#201;tats de l'Union pourraient &#8211; en respectant les principes pr&#233;cit&#233;s &#8211; donner au processus une impulsion suppl&#233;mentaire, en proc&#233;dant, par exemple, avec plus de rapidit&#233; &#224; l'adoption des mesures sugg&#233;r&#233;es par le Livre blanc. Il serait n&#233;cessaire d'effectuer sur ce point une &#233;tude sp&#233;cifique de compatibilit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Politique sociale et politique r&#233;gionale : les &#201;tats de l'Union pourraient attribuer &#224; ces secteurs une quote-part importante du budget de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monnaie : l'exemple du SME a montr&#233; la praticabilit&#233; d'accords de grande port&#233;e assum&#233;s par un groupe d'&#201;tats de la Communaut&#233;. Les progr&#232;s institutionnels ult&#233;rieurs &#8211; jusqu'&#224; la cr&#233;ation d'une Banque centrale de l'Union &#8211; pourraient &#234;tre accomplis sans cr&#233;er des probl&#232;mes de compatibilit&#233; juridique par rapport aux principes de droit communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je termine en soulignant que celles formul&#233;es pr&#233;sentement, constituent seulement quelques-unes des possibilit&#233;s de solution du probl&#232;me &#233;nonc&#233; en introduction. Ce sont des possibilit&#233;s qui pourront &#234;tre appliqu&#233;es seulement en vertu d'une volont&#233; politique dont il ne nous appartient pas, en ce lieu, d'&#233;valuer l'entit&#233; et la port&#233;e. C'est aux sp&#233;cialistes qui ont accept&#233; de participer au Colloque &#8211; et d&#232;s &#224; pr&#233;sent je les remercie au nom de la Facult&#233; &#8211; de donner une premi&#232;re &#233;valuation technique de cet &#233;ventail complexe de probl&#232;mes. Pour une fois, nous nous livrerons ici &#224; un exercice intellectuel sur le terrain du ius condendum, en partant toutefois de la base, maintenant consistante, du ius conditum communautaire. Pour tous, et plus particuli&#232;rement pour les &#233;tudiants qui sont ici nombreux, il pourra s'agir d'une exp&#233;rience int&#233;ressante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antonio Padoa Schioppa&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juriste, historien et universitaire, dipl&#244;m&#233; de l'Universit&#233; de droit de Pavie en 1961, professseur aux Universit&#233;s de Pavie puis de Milan, professeur honoraire depuis 2007, militant et auteur, en particulier, de Verso la Federazione Europea ? Tappe e svolte di un lungo camino, &#233;d. Il Mulino, Bologne, 2014&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rapprocher l'Europe du citoyen : la d&#233;mocratie en question !</title>
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		<dc:date>2019-01-20T16:26:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain R&#233;guillon</dc:creator>


		<dc:subject>Le &#171; billet d'humeur &#187; d'Alain R&#233;guillon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne des gilets jaunes, au-del&#224; des revendications et d'actions condamnables de quelques-uns, doit nous interroger sur les limites de notre organisation d&#233;mocratique. La coupure qui s'est &#233;tablie au fil du temps entre &#233;lus et citoyens va de pair avec l'affaiblissement des corps interm&#233;diaires que sont les partis politiques, les syndicats, les associations. Elle est li&#233;e aussi &#224; un r&#233;gime politique trop centralis&#233; dont tout d&#233;coule du Pr&#233;sident de la R&#233;publique, monarque absolu. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/-Numero-180-Decembre-2018-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 180 - D&#233;cembre 2018&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressefederaliste.eu/+-Le-billet-d-humeur-d-Alain-Reguillon-+" rel="tag"&gt;Le &#171; billet d'humeur &#187; d'Alain R&#233;guillon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne des gilets jaunes, au-del&#224; des revendications et d'actions condamnables de quelques-uns, doit nous interroger sur les limites de notre organisation d&#233;mocratique. La coupure qui s'est &#233;tablie au fil du temps entre &#233;lus et citoyens va de pair avec l'affaiblissement des corps interm&#233;diaires que sont les partis politiques, les syndicats, les associations. Elle est li&#233;e aussi &#224; un r&#233;gime politique trop centralis&#233; dont tout d&#233;coule du Pr&#233;sident de la R&#233;publique, monarque absolu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les citoyens ont leur part de responsabilit&#233; dans cette coupure, car leur regard, leur engagement pour la &#171; chose publique &#187; se sont d&#233;lit&#233;s au fil du temps, l'int&#233;r&#234;t particulier l'ayant emport&#233; sur l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, ce que l'on pourrait appeler le vivre ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les corps interm&#233;diaires, particuli&#232;rement les partis et les syndicats, ont aussi leur part de responsabilit&#233;. Les premiers sont devenus des machines &#224; gagner les &#233;lections, les seconds des c&#233;nacles pour le maintien des avantages acquis sans perspective sur l'&#233;volution du monde. Tant que ces acteurs de la d&#233;mocratie ne redeviendront pas des &#233;coles de formation civique et sociale, ils ne joueront plus leur r&#244;le de corps interm&#233;diaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains groupes de gilets jaunes r&#233;clament des referenda d'initiative citoyenne. Le souhait de participer directement &#224; la prise de d&#233;cision va dans le sens d'une d&#233;mocratie participative. Mais celle-ci est-elle bien un progr&#232;s ? Personnellement je ne le pense pas. Cela pourrait se concevoir sur quelques projets locaux tr&#232;s cibl&#233;s et encore ! La d&#233;mocratie dite participative est une forme de populisme qui ne servira jamais l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et confortera cet &#233;go&#239;sme, cet individualisme qui fait que l'on ne s'implique que d&#232;s lors que nos propres int&#233;r&#234;ts sont en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute l'organisation des soci&#233;t&#233;s humaines est bas&#233;e sur la d&#233;mocratie participative. C'est cette forme qu'il faut pr&#233;server, qu'il faut muscler, qu'il faut am&#233;liorer. Pour cela, il faut remplir trois conditions. La premi&#232;re, que les &#233;lus soient davantage sur le terrain, &#224; l'&#233;coute des citoyens. La deuxi&#232;me, que les corps interm&#233;diaires se r&#233;forment en profondeur pour de nouveau jouer leur r&#244;le d'interface entre les pouvoirs et les citoyens. La troisi&#232;me, que les citoyens s'impliquent et cessent de vouloir tout tout de suite ; le syndrome du supermarch&#233; doit dispara&#238;tre de notre mode de vie !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quel lien avec les &#233;lections europ&#233;ennes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rapprocher l'Europe du citoyen est r&#233;guli&#232;rement affirm&#233; par tous les gouvernants et les responsables politiques de tous les pays. Mais que fait-on vraiment, concr&#232;tement pour cela ? Comment mobiliser nos concitoyens &#224; l'approche des &#233;lections europ&#233;ennes ? Nombre d'associations, dont les f&#233;d&#233;ralistes et les Maisons de l'Europe, font un bon travail d'information sur le terrain. Mais quel est leur poids ? Quel est l'impact de leurs actions ? Ils n'ont que peu de moyens !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'on interroge les citoyens, une majorit&#233; ne conna&#238;t pas les eurod&#233;put&#233;s &#233;lus dans leur circonscription, pire, ils ne savent pas qu'il y aura des &#233;lections en mai 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le travail d'un eurod&#233;put&#233;, s'il s'investit s&#233;rieusement au Parlement, ne lui permet pas d'&#234;tre suffisamment sur le terrain ; il faudra que cette institution fasse &#233;voluer son organisation du travail pour am&#233;liorer cette pr&#233;sence. Mais comment imaginer que des d&#233;put&#233;s, &#233;lus au niveau national, puissent &#234;tre repr&#233;sentatifs des territoires ? C'est donc une faute politique d'Emmanuel Macron que d'avoir r&#233;tabli des listes nationales alors que nous avions d&#233;sormais des r&#233;gions de taille suffisante pour que nos d&#233;put&#233;s soient &#233;lus dans un tel espace. La proximit&#233; aurait &#233;t&#233; favorable &#224; une meilleure identification de nos &#233;lus et &#224; l'instauration d'un dialogue structur&#233; sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe s'&#233;loigne du terrain, donc des citoyens. Cela ne va pas dans le sens d'une demande de plus de d&#233;mocratie. Il ne faut donc pas s'&#233;tonner de r&#233;actions telles que celle des gilets jaunes, ni de la mont&#233;e des populismes qui se nourrissent d'une d&#233;mocratie repr&#233;sentative inadapt&#233;e et trop &#233;litiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une organisation f&#233;d&#233;rale de l'Union europ&#233;enne, comme de la France, serait la bonne r&#233;ponse &#224; la demande d'une d&#233;mocratie plus proche du citoyen ; &#224; quand un parti qui porte cette esp&#233;rance ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Alain R&#233;guillon est le pr&#233;sident de la Maison des Europ&#233;ens de Lyon, ancien pr&#233;sident de l'UEF France, membre du Bureau de Presse F&#233;d&#233;raliste &#8211; Vienne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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