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Editorial

1er mars 2012

Mondialisation, altermondialisation, démondialisation… … ou démocratie fédérale mondiale

Ce numéro comporte un important Focus sur le thème « mondialisation, altermondialisation, démondialisation ». Ce débat est aujourd’hui en effet primordial pour bien comprendre les enjeux auxquels la politique doit faire face.

La société ayant acquis une dimension planétaire (économie, déplacements et migrations, culture et communication, atteintes à l’environnement et au cadre même de la vie, aspirations à la démocratie, etc.) l’écart entre le niveau national, où se cantonnent les décisions politiques et où s’exerce en principe la légitimité démocratique, et les niveaux continental et mondial, où se posent les principaux problèmes, se creuse de plus en plus dramatiquement. D’où la crise de la politique et de la démocratie, d’une part, et, d’autre part, l’apparition de concepts tels que mondialisation, altermondialisation, démondialisation… qui reflètent des interrogations, des préconisations, des solutions bonnes ou mauvaises à des problèmes globaux de plus en plus insolubles mais dont dépendent à leur tour les problèmes nationaux ou locaux.

Notre Focus (mais aussi une large part de notre rubrique bibliographique) souhaite proposer de premières analyses et réponses fédéralistes à ceux avec qui nous souhaitons dialoguer pour les convaincre : certains partisans de la démondialisation et altermondialistes qui nous semblent être dans des erreurs tragiques, ressassant les vielles chimères de l’internationalisme ou, pire, rêvant parfois de renforcer des cadres nationaux pourtant dépassés. Pour notre part nous sommes au contraire convaincus que la seule alternative qui vaille pour l’humanité est entre la régression nationaliste, avec tout ce qu’elle entraîne... (la « culture de la guerre »), et la vision fédéraliste du cours de l’histoire (« la culture de la paix », comme définies par Mario Albertini).

En bref, pour contrôler la globalisation il faut globaliser la démocratie, sinon la globalisation tuera la démocratie, et répartir différemment les niveaux de pouvoir politique, de la commune au monde, selon le principe fédéraliste de subsidiarité.

Election présidentielle… … élection locale… … et élection « piège à cons »

Notre éditorial du premier trimestre 1988 (reproduit ici dans notre rubrique « il y a ‘30 ans’ nous avons publié ») mettait déjà en évidence l’importance démesurée dans la vie politique française de l’élection présidentielle devenue, dans le cadre de la V° République, la « mère » de toutes les élections en favorisant le clivage de la classe politique en deux blocs forcément antagonistes, majorité présidentielle et opposition, et en interdisant tout positionnement clair sur les questions européenne et régionale qui divisent la droite comme la gauche. Dans cette triste (et trop souvent nauséabonde, en ce qui concerne en particulier le Président sortant) campagne présidentielle de 2012, seul Europe Ecologie, mouvement politique marginal sur l’échiquier politique et qui ne peut accéder à la présidence, a nettement pris des positions fédéralistes. Compte tenu du fonctionnement intergouvernemental actuel de l’Union européenne, le choix du chef de l’exécutif français sera cependant d’une importance cruciale. « Elections, piège à cons » ?... Sans doute en grande partie dans ce cadre national et centralisé obsolète, mais cela ne doit pas nous interdire de vouloir faire avancer la démocratie, du local au global.

Les fédéralistes, qui doivent pratiquer une double opposition : de « communauté », à l’Etat national bureaucratique et centralisé (d’où un carton rouge à M. Mélenchon pour ses déclarations sur la République « une et indivisible » et son refus de tout fédéralisme interne), et de « valeurs », à la droite (et parfois à une certaine gauche !) nationaliste et réactionnaire, n’ont pas à donner de consignes de vote ; mais ils ne peuvent être indifférents au monde qui les entoure.

C’est pourquoi, pour notre part et en tant que citoyens, nous ne saurions voter pour un candidat qui, au-delà de postures et de haussements de menton détestables dans une incessante quête des voies de l’extrême droite, a sans cesse promu le principe de l’intergouvernementalisme dans le cadre de l’Union européenne… tout en se parant, sans crainte du ridicule, des plumes du fédéralisme… !